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  • il y a 7 heures
Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Stéphanie Brillant, journaliste, réalisatrice et productrice

"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !

Une émission de Judith Beller.

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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-02-28##

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Transcription
00:00La Caisse d'épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Vous êtes sur Sud Radio et vous écoutez Parlons Femmes, l'émission qui met en avant les parcours
00:13et les femmes aussi qui font la différence.
00:15Bonjour et bienvenue.
00:17Aujourd'hui, je reçois la journaliste, réalisatrice, productrice, conférencière et auteure,
00:20c'est en fait, Stéphanie Briand.
00:22Bienvenue Stéphanie.
00:23Bonjour Judith.
00:24Bonjour.
00:24Vous venez dans ce studio avec votre tout dernier livre,
00:28comment arrêter de foirer ses relations, moi ça m'a beaucoup amusée.
00:31Ça m'a parlé aussi, c'est paru chez Actes Sud.
00:33Et vous analysez les mécanismes inconscients qui sabotent nos liens affectifs
00:37et vous nous donnez quelques clés concrètes en fait pour en sortir tout un programme.
00:41Ça nous parle à toutes et à tous a priori.
00:42C'est parti pour Parlons Femmes.
00:44Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:47Alors Parlons Femmes vous pose des questions ma chère Stéphanie, vous êtes prête ?
00:51Je suis prête.
00:52Quelle femme connue ou inconnue selon vous vous inspire une force radicale ?
00:58Maya Angelou, qui est une activiste des droits aux Etats-Unis,
01:03qui est aussi une poétesse, une productrice, une scénariste.
01:06Donc elle a ce rôle de multicasquette et qui est une femme, je trouve, de principe.
01:09Et en fait, moi j'ai beaucoup d'admiration pour les femmes de principe
01:12qui ont ces structures très fortes et intenses.
01:15Voilà.
01:15Et côté français, ce serait Simone Veil aussi.
01:19Et toutes les deux d'ailleurs, elles ont un point commun,
01:20c'est qu'elles ont vécu des histoires d'amour très longues, très intenses et très riches.
01:27Donc les hommes ont été pour elles toujours des alliés et des appuis.
01:31Et ça, ça m'inspire beaucoup chez les femmes.
01:32Ça, c'est ça le féminisme qui vous inspire en fait.
01:34C'est les femmes alliées des hommes.
01:36Parce qu'on ne peut pas avancer sans être ensemble.
01:38Absolument.
01:39Alors, quelle rencontre, s'il y en a une, a profondément changé votre regard sur vous-même, Stéphanie Brien ?
01:45La rencontre avec la neurobiologie interpersonnelle.
01:50On va pousser un peu parce que, oui, neurobiologie interpersonnelle.
01:56Quand j'ai découvert le fonctionnement du cerveau et je vivais aux Etats-Unis
02:00et que soudainement j'ai eu un clic en me disant, mais waouh, je comprends l'adulte que je suis
02:05devenue.
02:05Je comprends qu'en réalité, je ne suis pas si originale que ça.
02:10Ma pensée ne m'appartient pas seulement à moi dans ma structure que je croyais très indépendante.
02:15Mais aussi, j'ai des mécaniques et des mécanismes qui se sont mis en place.
02:20Et donc, à partir de ce moment-là, j'ai commencé une petite révolution intérieure et extérieure.
02:25Vous n'êtes pas passée par la thérapie ?
02:27Non, je n'ai pas fait particulièrement de thérapie.
02:29J'ai fait plein de choses différentes.
02:30J'ai expérimenté plein de choses, mais non, je n'ai pas eu de thérapie au sens proprement dit.
02:36Oui, parce que finalement, si on réfléchit au cerveau, on se dit que c'est mécanique.
02:39Donc, on a moins besoin de réfléchir, paradoxalement.
02:43Oui, et puis il y a quelque chose qui est dans l'oralité aussi.
02:46La thérapie, c'est quand même de mettre des mots sur des choses.
02:48Mais je crois aussi beaucoup au corps.
02:50Donc, parfois, on a besoin d'aller débloquer des choses sans la compréhension, sans la mentalisation.
02:55Donc, moi, j'aime beaucoup comprendre.
02:56Mais je trouve que de ne pas se limiter à ça aussi, ça permet d'avancer.
02:59Et je vois des gens autour de moi qui ont une faculté d'évoluer absolument dingue,
03:02parce qu'ils sont dans le mouvement.
03:04Et j'aime aussi cette notion-là.
03:06Donc, je crois qu'il y a des bonnes recettes qui sont très personnelles à chacun, en fait.
03:10Bien sûr.
03:11Est-ce que le leadership au féminin, il est enfin accepté, selon vous, ou simplement toléré, Stéphanie ?
03:16Non, moi, je pense qu'il est accepté.
03:18En revanche, il n'est pas toujours exercé de la bonne façon.
03:21Et je crois que quand on emprunte au code du pouvoir, en oubliant la notion d'autorité naturelle,
03:28et qu'on veut prendre l'ascendant, et bien là, on se trempe.
03:32Pas la conquête, parce qu'en fait, la conquête, c'est d'aller vers une direction.
03:35Oui, parce que d'aucuns vous dirait que la conquête, c'est masculin.
03:37Oui, mais je crois qu'on a des polarités masculines et féminines dans chacun de nos êtres.
03:42Donc, ce que vous dites, finalement, c'est que les femmes qui exacerbent leur pouvoir par l'autorité, par exemple,
03:49pour en imposer, parce qu'elles considèrent qu'il faut en faire plus quand elles sont femmes à des rôles
03:53de leadership,
03:54elles desservent les autres. C'est ça que vous dites ?
03:55Oui, je trouve que tous les êtres qui vont être dans ce pouvoir-là, très ascendant,
03:59et qui n'ont pas d'autorité légitime, moi, je trouve ça formidable, en fait, d'avoir de l'autorité
04:03légitime et du pouvoir.
04:04Et là, on peut aller très loin, parce que ça veut dire qu'on a la capacité de mettre en
04:08œuvre des choses.
04:08Mais quand le pouvoir est seulement d'ordre décisionnel, souvent, ça fait du mal.
04:14Et parfois, c'est ça qui peut poser problème.
04:16Et on le voit aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
04:18Bien sûr.
04:19Si vous pouviez faire bouger une ligne aujourd'hui, Stéphanie, laquelle ça serait ?
04:26Davantage de sororité.
04:28Oui.
04:28On sait qu'il n'y en a pas assez.
04:30Non.
04:30C'est un peu utopiste, non ?
04:32La sororité, tout court.
04:33C'est vrai ? Pourquoi ?
04:34C'est une question.
04:35Non ?
04:36Je ne sais pas.
04:37Et la fraternité aussi, on a l'impression que c'est des idées maîtresses qui nous guident vers un mieux,
04:43mais que ce n'est pas forcément toujours très applicable dans notre société aujourd'hui.
04:46C'est pour mieux m'exprimer.
04:47Alors, je crois qu'il y a aussi une réponse biologique à cela.
04:51J'avais écrit un livre sur l'amour et j'avais observé ce qui se passait quand des femmes rentraient
04:56dans une pièce avec un homme.
04:58Et en fait, elles ne regardent pas les autres hommes, elles regardent les autres femmes pour jauger la compétition.
05:03Donc, biologiquement, on a quelque chose qui est de l'ordre de je protège ma tribu, mon clan, mais de
05:09fait, je suis en compétition avec les autres femmes.
05:12Donc, comme toujours, on a une partie qui est de l'ordre de l'évolution et puis il y a
05:17aussi le besoin de mieux s'adapter au monde.
05:18Donc, je pense qu'on peut quand même changer cette codification-là et ne pas percevoir les autres femmes comme
05:24des dangers.
05:25Et c'est peut-être, vous avez raison, utopiste.
05:27Mais je crois que tout commence par une utopie.
05:30Il faut espérer dans la vie.
05:31Quel message, si vous en avez un, Stéphanie Briand, auriez-vous envie de transmettre aux jeunes filles du monde ?
05:38De ne pas déserter ni leur vie sociale, ni leur vie amoureuse, ni leur vie professionnelle, ni leur vie intérieure.
05:47Tout faire, quoi.
05:48Oui.
05:49Mais ce n'est pas facile de tout faire.
05:51Ce n'est pas facile quand on met de l'excellence dans tout.
05:53Mais quand on prend soin, je pense que c'est plus facile, en fait.
05:57D'accord.
05:58Alors, votre livre, c'est quand même « Comment arrêter de foirer ses relations ».
06:01C'est paru chez Actes Sud.
06:03Alors, ce que vous nous dites, c'est qu'il n'y a pas de recette magique en amour, grosso
06:05modo, déjà.
06:06Donc, ça, c'est sympa à savoir.
06:08C'est vrai que le prince charmant n'existe pas.
06:09Non, sauf pour certains qu'on appelle des évitants et qui pensent qu'il y a un prince charmant et
06:13une princesse charmante.
06:14D'accord.
06:14C'est des évitants, donc.
06:16Alors, expliquez-nous ce que c'est un évitant.
06:17Un évitant, c'est justement quelqu'un qui a une espèce de mystification comme ça de l'amour
06:21et qui a beaucoup de mal à s'engager et à être dans les relations.
06:24Donc, c'est plus facile de se dire qu'il y a quelqu'un quelque part qui nous attend
06:27et que, de fait, on ne sera jamais pleinement les pieds dans une relation.
06:31D'accord.
06:33Et alors, ce qui est intéressant, c'est que vous nous dites qu'on connaît très bien
06:35les mécanismes qui font dérailler les relations en question.
06:39Donc, vous nous entraînez les mécanismes, c'est nos insécurités, quoi.
06:43C'est ça que vous nous dites.
06:43On réagit à la menace, oui.
06:45Dès qu'on est insécurisé dans le lien, en fait, on se défend.
06:48Et c'est là qu'on sabote la relation.
06:50Et donc, dans votre livre, vous nous apprenez à comprendre d'où ça vient, tout ça.
06:55Comment est-ce que ça se manifeste au quotidien ?
06:58Pourquoi est-ce qu'elle sabote, souvent malgré nous, ce qui compte le plus sur le moment ?
07:02C'est-à-dire la personne avec qui on partage notre temps.
07:09Alors ?
07:09Quand vous avez peur, c'est logique.
07:12Vous avez un instinct de survie.
07:14Sauf que l'instinct de survie, en général, il ne va pas permettre de préserver ce qu'il y a
07:20autour de nous.
07:21Non, il va fermer.
07:22Et puis, il va être ou dans le combat ou dans la fuite.
07:25Donc, c'est ça, notre grande problématique.
07:26C'est d'avoir du mal, déjà, à comprendre qu'on est menacé et qu'on a une réaction à
07:31ça.
07:31Quand on voit ces menaces et qu'on connaît bien ces mécanismes, on peut se dire,
07:35là, je ne vais pas mettre les deux pieds dedans parce que je vois bien que je suis activée par
07:40quelque chose
07:40qui n'a rien à voir avec ce qui est en train de se passer à l'instant T.
07:45Donc, on peut, en apprenant à mieux se connaître et en comprenant mieux aussi les autres,
07:49ne pas tomber dans les pièges.
07:51Et donc, pour apprendre à mieux se connaître et sortir de ces pièges-là, vous vous donnez des clés, en
07:56fait.
07:56Donc, il y a des explications claires, il y a des exemples parlants, il y a des outils concrets, il
07:59y a des tests, il y a des trucs dans votre bouquin.
08:02Et en fait, l'idée, c'est quand on l'a terminé, on est censé être guéri, c'est ça
08:05?
08:07En tout cas, d'avoir une relation à peu près normale.
08:10Avoir pris conscience de certaines choses, avoir des outils aussi et puis moins dramatiser.
08:17Je trouve que quand on comprend déjà, on est moins dans le mode de l'inquiétude et de se dire,
08:23mais comment on va faire ?
08:25Donc, je pense que ça donne un petit peu de réassurance.
08:30Et finalement, souvent, les origines de nos insécurités, on le sait, elles sont dans nos blessures à nous, sur notre
08:35chemin, dans notre histoire personnelle, etc.
08:38Est-ce qu'elle est colmatée, ou en tout cas soignée, d'une certaine manière, même si on a toujours
08:43une cicatrice, ces blessures-là ?
08:44Ça ne nous aide pas, finalement, tout simplement à être aussi mieux dans notre vie, pas que dans la relation,
08:49quoi.
08:49Parce que c'est ça que vous nous expliquez, en fait.
08:51C'est que pour être bien dans une relation, il faut être bien avec soi.
08:53Oui, et ça permet d'être moins sensible.
08:57C'est un peu comme si vous aviez une plaie ouverte et que là, vous avez une cicatrice, vous allez
09:00la regarder, vous vous rappellerez de la trace, mais ça ne fait plus mal.
09:04C'est vrai.
09:05C'est un petit peu, il y a un art comme ça, vous savez, au Japon, le kitsungi, ou kitsuni,
09:10qui, en fait, est un art où, quand un vase est cassé, au lieu de le jeter, on va le
09:15recoller, mais avec de l'or.
09:17C'est-à-dire que le vase prend plus de valeur quand il a été cassé.
09:21Est-ce que nous, finalement, on ne prend pas plus de valeur au fur et à mesure de notre vie,
09:25quand on a réussi à recoudre ces blessures-là, justement ?
09:29Mais si, et en plus, il y a une chose qui est assez essentielle, c'est que le trauma fait
09:32partie de la vie.
09:34Donc, rien ne sert de chercher à l'éviter, puisque structurellement, il est là et on n'est pas tous
09:39traumatisés par les mêmes choses.
09:41En revanche, c'est bien que ce ne soit pas lui qui dirige nos existences.
09:45Et c'est là que, souvent, on se retrouve dans des situations un peu confrontantes,
09:50quand on s'aperçoit qu'on n'est pas à la commande, on n'est pas à la barre.
09:54Même si, évidemment, on ne décide pas de tout, l'idée, ce n'est pas d'être dans le contrôle,
09:57mais c'est de ne pas être dans le regret.
10:00Alors, cette neurologie interpersonnelle, elle vous a poussé à faire plein de trucs, notamment à monter des académies.
10:06L'académie du souffle et l'académie de l'amour.
10:08Alors, en fait, vous proposez des formations en ligne ?
10:11Oui.
10:12Expliquez-nous, parce que c'est intéressant.
10:14Il y a beaucoup autour de la respiration.
10:16J'ai écrit un livre qui s'appelle « L'incréable pouvoir du souffle » et j'ai monté cette
10:18académie du souffle,
10:19où aujourd'hui, on forme des professionnels, notamment des professionnels de santé, aux techniques de respiration,
10:24parce qu'on peut vraiment avoir un accès direct au cerveau et au système nerveux.
10:28Et il y a des tonnes d'études scientifiques qui démontrent qu'on peut tout à fait réguler.
10:35Exactement, améliorer la santé cardiovasculaire, améliorer le sommeil, avoir un impact sur l'asthme, sur la sinusite.
10:42On a développé un programme aussi d'accompagnement pour le cancer, pour les personnes malades et pour les aidants.
10:48Donc, cet outil de respiration que nous avons tous, mon objectif, c'est de faire connaître ces techniques de plus
10:54largement possible.
10:55Il y a beaucoup de médecins aujourd'hui qui s'intéressent.
10:57C'est que demain, les généralistes puissent prescrire aussi une technique de respiration qui soit adaptée.
11:05Alors, vous avez une bronchite, vous allez respirer quatre fois par jour.
11:08Oui, respirer quatre fois par jour, mais d'une certaine façon.
11:11Parce qu'il y a une façon de libérer les bronches.
11:13Alors, c'est quoi que vous faites ? C'est comme au théâtre, un, deux, trois, quatre, on bloque quatre
11:15et on souffle six, par exemple ?
11:17Il y en a une multitude, donc je ne peux pas vous en donner une seule.
11:20C'est quoi la meilleure qui vous vient tout de suite, là ?
11:22Si moi, je tape un stress avant de prendre le micro, par exemple.
11:24Ah, voilà, la respiration du soupir, elle a été étudiée notamment à l'université de Harvard.
11:28Ça consiste à inspirer en deux temps.
11:30Donc, vous faites une première inspiration par le nez, vous bloquez, deuxième inspiration.
11:36Et s'il y a du monde autour et que vous ne voulez pas ouvrir la bouche, vous pouvez faire
11:40la même chose, mais par le nez.
11:41D'accord.
11:42Et ça, ça calme tout de suite ?
11:43Oui.
11:44En trois fois ?
11:46Parce que vous activez votre système nerveux parasympathique et vous revenez donc à un apaisement physiologique.
11:51Chères auditrices, chers auditeurs, vous avez le droit de le faire à la maison, ce n'est pas interdit, c
11:55'est même recommandé.
11:56C'est Parlons Femmes aujourd'hui, c'est l'espace libre de parole pour celles qui avancent sans renoncer.
12:01Sur ce plateau, vous êtes avec la journaliste, rédactrice, productrice, conférencière et auteure Stéphanie Briand.
12:06Et puis son tout dernier livre, Comment arrêter de foirer ses relations, c'est chez Actes Sud.
12:09A tout de suite.
12:11La Caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith
12:18Belair.
12:19Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est votre rendez-vous du samedi à 13h30.
12:23Mon invité du jour est Stéphanie Briand, qui est journaliste, réalisatrice, productrice, conférencière et auteure avec son livre
12:28Comment arrêter de foirer ses relations, c'est sorti chez Actes Sud et je vous le conseille si vous êtes
12:34comme moi,
12:35parfois dans les marasmes de vos relations que vous n'arrivez pas à comprendre.
12:38Non, sincèrement, vraiment ça a marché.
12:41Stéphanie, en fait finalement, votre message central c'est quand même d'aimer mieux, commence par se comprendre soi-même.
12:46On le redit ça, c'est pas nos relations qui échouent, ce que vous dites, mais les peurs non identifiées
12:52qu'on projette,
12:54qui font qu'à un moment donné ça ne marche pas.
12:56Alors si les deux le font, c'est encore pire.
12:58Exactement, oui.
13:00Évidemment.
13:02Sur ces relations hommes-femmes, pour pousser un peu, est-ce que vous pensez que les schémas amoureux ne sont
13:07pas encore,
13:08peut-être dans notre génération à nous, peut-être moins chez les jeunes en tout cas,
13:11marqués par ces rapports de pouvoir en fait et ces héritages patriarcaux dont on est tous issus finalement ?
13:17Oui, je crois qu'il y a des rapports de pouvoir qui sont aussi liés à l'identité et des
13:20territoires qu'on ne veut pas déserter.
13:23Et ça crée évidemment des frictions.
13:26C'est pour ça que j'ai abordé aussi les choses sous forme de polarité.
13:28Je pense qu'il faut qu'on intervertisse les polarités dans le couple.
13:32Donc quand l'un est dans la polarité féminine, l'autre doit être dans une polarité masculine et puis on
13:35alterne.
13:37Et dans ce cas-là, ça met un peu de...
13:37Et ça, ça peut se réfléchir ?
13:40Se réfléchir, on va peut-être pas faire non plus une réunion au sommet pour en parler,
13:43mais on peut observer et se dire, voilà, dès qu'on est sur la même polarité,
13:47c'est vrai que le conflit naît et le rapport de pouvoir et le rapport de force,
13:51surtout quand on a des personnalités où on a cette capacité aussi à vouloir faire avancer les choses,
13:57où on peut se retrouver et qu'il y ait de la friture sur la ligne.
14:00Donc c'est bien de se poser la question des moments comme ça.
14:04Il y a une théorie que j'appelle la théorie des miettes sur le tapis
14:07et qui explique que dans toutes les relations, on a une espèce de gros bloc problématique
14:14qui crée de la tension en permanence.
14:15Et quels que soient les types de disputes,
14:18les plus petites choses vont déclencher cette problématique de fond.
14:23Donc on met des miettes sur le tapis,
14:25et bien le conflit qui va être créé, en fait,
14:27il revient à cette problématique initiale.
14:31Et souvent, c'est dans les rapports de pouvoir.
14:33Donc finalement, c'est la même chose que ce soit entre homme et femme
14:37ou entre femme et femme et homme et homme,
14:39quelle que soit la relation amoureuse dont on parle, c'est le même sujet.
14:43Oui, quand il y a du lien exactement.
14:45C'est une histoire de genre, en fait.
14:46C'est ni une histoire de genre, ni une histoire d'amour, au sens amour-amoureux.
14:51Voilà, c'est ça.
14:53Alors, vos livres en général, Stéphanie Briand,
14:55ils s'articulent autour de trois grands pôles.
14:56J'ai remarqué, le corps, donc cette respiration, ce souffle,
14:59le cerveau, beaucoup, puis les relations humaines.
15:02Vous mêlez finalement la science, une pratique scientifique,
15:07et puis le concret et l'introspection.
15:10C'est un peu vos trois pôles d'expression, j'ai envie de dire.
15:13Aux Etats-Unis, j'ai habité assez longtemps et on m'a appelé un philosophe d'investigation.
15:17Je mets bien le terme.
15:19Ça vous va bien.
15:20Et c'est un peu ça.
15:22Et alors, le cerveau, c'est votre dada, comme vous l'avez dit.
15:24Cette neurobiologie interpersonnelle que vous avez rencontrée, qui vous a changé la vie.
15:29Vous avez écrit d'ailleurs un guide du cerveau pour parents éclairés.
15:31C'était sorti en 2019.
15:33C'est un guide pratique qui aide les parents et éducateurs
15:35à mieux comprendre le développement cérébral des enfants.
15:37Finalement, ça aide à mieux nous comprendre nous-mêmes.
15:39On en revient toujours au même endroit.
15:40Exactement.
15:41Et à aussi essayer de structurer mieux la transmission qu'on donne à ces enfants.
15:47Il y a plein de choses qu'on fait et puis on évolue
15:50parce qu'on comprend qu'en effet, ça ne va pas dans le bon sens.
15:52Donc, c'est assez essentiel.
15:53Il devrait y avoir des écoles pour parents, non ?
15:55Oui, des écoles pour...
15:56Non, mais sans rire.
15:57Parce que souvent, on se dit qu'on doit travailler sur les enfants
15:59pour améliorer la société.
16:00Mais en réalité, il faut travailler sur les parents
16:02parce que ce sont les parents qui élèvent les enfants.
16:05Donc, c'est fondamental.
16:07Le lien affectif sûr est la base de toute personne équilibrée,
16:12j'ai envie de dire, non, Stéphanie Briand ?
16:14C'est-à-dire que quand tu as la maison, c'est solide.
16:16Après, dehors, ça va ?
16:17Oui, exactement.
16:18Il y a un espace de sécurité à créer.
16:20D'ailleurs, c'est hyper intéressant parce que la démocratie,
16:23elle est aussi très liée à cette notion de sécurité.
16:25Quand on a de la sécurité, on n'a pas nécessairement besoin de confort.
16:28On ne fait pas la révolution, quoi.
16:30Non, mais cette notion de confort que beaucoup cherchent aujourd'hui...
16:33C'est parce qu'il n'y a pas de sécurité ?
16:34Eh oui.
16:35Quand vous avez de la sécurité, ce n'est pas très grave le confort.
16:39On crée sa bulle quand on manque de sécurité dehors.
16:43Sur ce cerveau, justement, vous avez aussi fait des documentaires,
16:48notamment le cerveau des enfants.
16:50L'image, là, pour le coup, ça devient un outil pédagogique.
16:52Ça vous obsède un peu, ça, quand même, Stéphanie Briand ?
16:57Là, ce film, je l'ai fait, mais absolument pas en pensant qu'il sortirait au cinéma,
17:01qu'il rencontrera un grand succès en salle.
17:02En plus, je vivais à l'époque aux Etats-Unis, je l'ai fait en anglais,
17:05donc je n'avais pas du tout ciblé le marché français.
17:07Et c'est tombé à un moment où ça répondait vraisemblablement à des tonnes de questionnements
17:12et ça a fait écho.
17:14La mise en image, ce n'est pas tant ça.
17:15C'est aussi que vous amenez les gens à travers un parcours.
17:18Ce film, je le raconte aussi à la première personne.
17:21On rit, on découvre des choses sans...
17:24Je n'aime pas cette notion d'être trop dans la posture de sachant non plus.
17:27Je trouve que la vie, elle se vit justement à l'épreuve des situations, des expériences.
17:34Donc l'image amène à ça.
17:35Et puis moi, je viens du monde de l'audiovisuel,
17:37donc j'ai commencé ma carrière dans les médias, la télévision.
17:40Et j'adore l'image.
17:41Et là, d'ailleurs, maintenant, j'écris des séries aussi.
17:43Donc ça fait partie de ma façon de narrer les choses.
17:48Et alors, vous faites aussi des conférences
17:50où vous abordez toujours ces histoires de potentiel humain,
17:53de respiration, de relations affectives.
17:56Mais en fait, c'est la vulgarisation scientifique.
18:01Je l'ai descendue, j'y ai réussi.
18:03L'idée, c'est quand même de toujours rendre accessible ce savoir
18:06qu'on ne comprend pas toujours pour faire progresser la société.
18:09C'est ça, Stéphanie Brion ?
18:10Il y a beaucoup de personnes qui ont besoin d'être sûres que ça tient
18:13et que c'est dans le marbre.
18:15Et pour qui, la science est un vecteur rassurant.
18:18Donc ce que je trouve intéressant, c'est d'aller valider justement
18:21de la philosophie, des sagesses ancestrales,
18:24avec une explication scientifique.
18:26Et quand on s'intéresse aux deux, ça apporte.
18:30Et ça permet à beaucoup de gens de mieux comprendre.
18:32Moi, j'adore dans les conférences, quand je sens dans le regard de quelqu'un
18:34le « Ah, ok, j'ai fait un lien que je n'avais pas fait jusque-là ».
18:38Donc pour vous, mystic et science sont étroitement liées en fait ?
18:41Non, pas nécessairement.
18:43D'accord.
18:43Mais je trouve qu'il y a des choses qui sont totalement vérifiables en fait.
18:47Et c'est ça qui est intéressant.
18:48Mais pas toujours.
18:49Parce qu'il y a aussi des choses qui ne le sont pas
18:51et qu'on ne comprend pas et qu'on ne ressent pas.
18:54Et il y a aussi une sensation très forte, je trouve,
18:57de se dire que quelque chose est juste ou que quelque chose est vrai.
19:01Souvent, on n'a pas besoin d'avoir l'explication pour le sentir.
19:04Mais là, quand on peut l'expliquer derrière,
19:06avec une démonstration ou de la science,
19:08ça permet de faire un lien entre la pensée justement et la preuve
19:13et puis le ressenti qu'on pouvait avoir.
19:15Alors ce qui est sympa quand même dans tout ce que vous nous dites,
19:18Stéphanie Briand, c'est qu'on se rend compte qu'il nous appartient à nous
19:20de changer la donne, de changer les choses autour de nous.
19:23En général ?
19:24Pas toujours.
19:26En revanche, notre posture face à ce qui se passe autour de nous,
19:29oui.
19:30La façon dont on le perçoit.
19:31C'est la manière dont on regarde qui change la situation elle-même.
19:34Et de savoir aussi si on va en souffrir ou non.
19:37Parce qu'il y a plein de choses sur lesquelles on n'a absolument aucun contrôle.
19:40Moi, je ne crois pas à la projection du monde qu'on a dans sa tête.
19:43En revanche, comment est-ce qu'on choisit d'y réagir ?
19:46D'accord.
19:47Et alors, vous dites que vous avez passé beaucoup de temps aux Etats-Unis.
19:50Qu'est-ce qui a fait que vous êtes rentrée en France ?
19:52J'avais envie d'avoir mes enfants au contact aussi de la France.
19:56Et puis, il y a plein de choses qui me manquaient ici.
19:58Je trouve ça très enrichissant de partir à Los Angeles.
20:02De partir, c'est comme la famille.
20:04Vous savez, vous vous éloignez de la famille un temps.
20:06Vous allez faire des expériences.
20:07Et puis, vous y revenez une fois que vous êtes gorgé d'autres choses.
20:10Donc, c'est très enrichissant de vivre ailleurs, de comprendre.
20:13Partir pour revenir.
20:14Partir pour revenir.
20:15Et aussi, d'avoir cette chance d'avoir ces enfants à l'école, dans un autre pays.
20:20Parce que c'est là que vous comprenez vraiment ce qui est enseigné aux plus jeunes.
20:23Quand vous avez des enfants.
20:25Ce n'est pas pareil de s'expatrier quand on n'a pas d'enfant.
20:27Est-ce que vous appliquez vos propres techniques à vos enfants, Stéphanie Brille ?
20:30Mais non, pas du tout.
20:31Je suis parfaitement incohérente.
20:33Oui, bien sûr.
20:34Et ce sont de grands partenaires de travail.
20:36Ils vous aident, ils vous donnent des idées.
20:39Parfois, ils m'aident.
20:40Ils ont quel âge vos enfants ?
20:41J'ai un fils qui a 15 ans et une fille qui a 10 ans.
20:44Et surtout, ils m'inspirent et ils me poussent à comprendre des tas de choses.
20:48Parce que j'ai envie d'avancer.
20:50Et je co-construis aussi avec eux.
20:53Bien sûr.
20:53Donc, oui.
20:55Je vous remercie d'être venue partager avec nous votre livre.
20:58Je le recommande aux jeunes femmes qui nous regardent aujourd'hui.
21:01Comment arrêter de foirer ses relations.
21:02C'est paru chez Actes Sud.
21:03Si vous aviez un conseil comme ça à donner aux auditrices qui nous écoutent,
21:07qui sont dans des relations un peu compliquées, un truc un peu comme ça, un peu large.
21:11Le premier conseil qui vous vient, c'est quoi Stéphanie Brille ?
21:14Apprendre l'art de la dispute.
21:15Apprendre à se disputer.
21:17C'est bien de se disputer ?
21:18C'est sain.
21:19D'accord.
21:20Et c'est quoi l'art de la dispute alors ?
21:21Justement, c'est de savoir mener des conflits pour que le reproche rapproche.
21:26Vous êtes trop forte.
21:27C'est une punchline ça ?
21:28Comment ça peut rapprocher un reproche ?
21:30Parce qu'on apprend à comprendre mieux l'autre, à voir exactement ce qu'il a dans la tête et
21:36dans le cœur.
21:36Donc en réalité, il s'ouvre à nous.
21:40Donc la dispute, ce n'est pas la rupture, ça crée le lien.
21:43C'est ça que vous nous dites.
21:44Ça crée du lien.
21:45Et justement, il faut apprendre à bien le faire pour ne pas abîmer le lien.
21:48Et puis surtout...
21:49Comment on fait pour bien se disputer Stéphanie Brille ?
21:51Il y a tout dans le livre, justement.
21:53Et puis aussi, il faut savoir que les conflits n'ont pas vocation de se résoudre.
21:59Donc 70% des conflits ne se résolvent jamais.
22:02En revanche, ça peut nous rapprocher véritablement.
22:04Merci beaucoup.
22:05Je rappelle donc votre livre, Comment arrêter de foirer ses relations chez Actes Sud.
22:09C'est le livre de Stéphanie Briand.
22:11C'est la fin de Parlons Femmes sur Sud Radio.
22:12Merci pour votre écoute, pour votre fidélité.
22:14On se retrouve samedi prochain à 13h30.
22:16Et puis demain soir à 19h, vous le savez, pour cet excellent.
22:19Un grand merci à Juju, à la réalisation, puis à très vite.
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