- il y a 18 heures
Avec Charlotte Dauphin, réalisatrice du
long-métrage ‘Melpomene’
"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République.
Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
Merci au Groupe Connect Travail Temporaire !
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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-06-06##
long-métrage ‘Melpomene’
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Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
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00:00La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belay.
00:09Bonjour, bonjour, dans Parlons Femmes sur Sud Radio, on explore la réussite aux féminins
00:13et la force de celles qui font la différence.
00:16Charlotte Dauphin, c'est une figure singulière du cinéma d'auteurs français contemporains,
00:20réalisatrice, sénatrice, actrice, productrice.
00:22Charlotte, vous êtes à la tête de votre propre boîte de prod Dauphin Films.
00:26Bienvenue, avec plaisir.
00:28Votre actualité est marquée par Melpomen, votre deuxième long-métrage Charlotte qui a été présenté à Cannes.
00:35Vous jouez aussi le rôle principal aux côtés de Pascal Grégory, Andy McDowell, c'est pas rien,
00:40Marisa Berenson et Finnegan Oldfield, autant dire que rien ne vous arrête.
00:44Allez, welcome, c'est parti.
00:46Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belay.
00:49Alors, les questions de Parlons de Femmes.
00:51Parlons de Femmes ou Parlons Femmes, d'ailleurs, j'ai refait le titre de l'émission aujourd'hui.
00:55Vous êtes prête Charlotte, quelles femmes incarnent pour vous le courage sans compromis ?
01:00Approchez-vous du micro, je vous en prie.
01:03Le courage sans compromis, les femmes qui sont elles-mêmes, qui osent aller au bout de leur désir.
01:11D'accord. Il faut bien vous mettre devant le micro pour parler, c'est comme c'est un micro directionnel.
01:16Voilà. Donc, les femmes qui vont au bout de leur désir, c'est ce que vous faites, vous ?
01:19Oui, exactement.
01:20Voilà. Vous avez du mal à en parler ?
01:22Non, pas du tout, pas du tout. Je suis un petit peu intimidée parce que je n'ai pas l
01:25'habitude de faire de la radio.
01:26Oui, vous allez voir, je suis gentille.
01:28Charlotte, quel nom a changé votre vie ?
01:31Quel nom ?
01:32Ouais.
01:33Le prénom, c'est ça ?
01:34Le nom que vous voulez.
01:35Ça peut être un prénom, ça peut être un nom complet.
01:38Bah, puisqu'on parle de film, je dirais, je dirais, je dirais, chérie.
01:47Oui.
01:48Chérie, parce que c'est, j'avais un jour rencontré une productrice à Los Angeles qui s'appelait Chérie.
01:55Et qui, c'est un joli prénom.
01:57Ouais, c'est vrai.
01:59Chérie.
01:59Chérie.
02:00Chérie.
02:01Et qui m'avait parlé de son travail, qui m'avait parlé de cinéma, à l'époque j'étais étudiante.
02:06Et en fait, c'est elle qui m'a un petit peu mise le pied à l'étrier.
02:10Voilà.
02:10D'accord.
02:10Chérie.
02:12Alors, cette chérie, elle vous a mis le pied à l'étrier.
02:15Elle vous a donné envie d'un travail que vous aviez déjà envie de faire, en fait ?
02:18Oui, j'avais déjà fait des études dans ce domaine.
02:20Donc, effectivement, elle m'a ouvert des perspectives.
02:26En fait, on avait regardé un film ensemble et j'ai aimé sa curiosité intellectuelle.
02:31On en a parlé pendant des heures après.
02:33Et je trouvais que c'était passionnant d'avoir cette curiosité intellectuelle.
02:37Et de se l'autoriser en tant que femme aussi.
02:39Et de vouloir pas nécessairement être devant la caméra, mais aussi derrière.
02:44C'est ça.
02:45C'est ça qui vous plaît aussi.
02:46C'est l'œil.
02:47Exactement.
02:47L'œil précis.
02:48Quel compliment adressé aux femmes vous exaspère le plus ?
02:50Il y en a un.
02:52Le compliment ?
02:53Ouais.
02:56Euh...
02:56C'est mignon.
02:59Elle est mignonne.
03:01Elle est bien mignonne, celle-là.
03:03Du coup, forcément, être une femme, ça a ajouté votre phrase de caractère à vous.
03:07Ouais.
03:07Oui, peut-être.
03:08Hein, Charlotte Duffin ?
03:08Oui.
03:09Ouais.
03:10Est-ce que si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes du monde, ça serait quoi ?
03:19La capacité à avoir la vérité et avoir le courage de la regarder.
03:25C'est ça.
03:26C'est plutôt ça.
03:26C'est plutôt le deuxième point, le premier nom en général.
03:28Ouais, le super pouvoir, c'est celui-là peut-être...
03:30D'assumer, quoi.
03:31D'assumer et de ne pas se voiler la face.
03:33Ouais.
03:35Qu'est-ce que vous diriez à l'adulte, vous, l'adulte que vous êtes, à l'enfant que vous
03:39étiez, Charlotte ?
03:45Ça va être un peu plus compliqué que prévu.
03:47Ah ouais ? Est-ce que vous pensez que ça allait être tout droit ?
03:50Ouais.
03:50J'ai un petit côté.
03:52J'ai un petit côté.
03:53On avance tout droit.
03:55Ouais, en général.
03:56Mais ça ne se passe pas toujours comme ça.
03:57Il faut faire des pas de côté.
03:58En même temps, vous continuez à avancer toujours tout droit, quoi.
04:00Même si vous faites un pas de côté derrière.
04:02En fait, la force, c'est de continuer à avancer tout droit.
04:04Oui, c'est ça.
04:05Mais de marcher, quoi.
04:05Et de se relever aussi.
04:07Alors, il est un peu près de votre second long métrage, c'est ça ?
04:10Absolument.
04:11Melpomen.
04:12Melpomen, que vous avez réalisé, que vous produisez, dans lequel vous tenez le rôle principal,
04:18aux côtés, j'ai dit tout à l'heure, de Pascal Grégory, Andy McDoelle, Marisa Berenson et Finnegan-Holfil.
04:23Alors, je vais dire un peu le pitch pour les auditeurs.
04:25Les auditrices, c'est Marthe qui revient dans le sud de la France, 30 ans après la mort mystérieuse de
04:30sa maman.
04:31Et puis, elle cherche la vérité sur ce drame familial.
04:33Et puis, en cherchant la vérité, c'est une jeune professeure d'art.
04:36Elle bascule dans un espèce de labyrinthe psychologique où les frontières entre mémoire, réalité et folie deviennent de plus en
04:41plus floues.
04:42On ne sait plus très bien si c'est vrai ou pas ce qu'elle vit.
04:45Recherche de la vérité, j'ai envie de dire.
04:47Exactement.
04:48C'est un titre révélateur parce que Melpomène, c'est la muse grecque de la tragédie.
04:52C'est ça.
04:53Donc, qu'est-ce que vous cherchez à nous raconter ?
04:55Je pense que j'envisageais Marthe quand je l'ai pensée, quand je l'ai sculptée comme un personnage tragique.
05:04Et puis, au fur et à mesure que je sortais, que je la formais, que j'atterrais de son bloc
05:13de pierre.
05:15Oui, parce que vous passez, vous, quand même, de la matérialisation, vous touchez la matière, en fait, avant de réaliser,
05:20finalement.
05:21Oui, oui, absolument.
05:22C'est important de le préciser.
05:23En tant que scénariste, bien sûr.
05:24Donc, effectivement, j'ai vu émerger cette sculpture, je dirais, ce personnage, cette chose.
05:33Et d'ailleurs, Melpomène est une sculpture très connue qui est au musée du Louvre.
05:38Et elle m'a semblé vraiment tragique, oui.
05:44Et finalement, cette dimension mythologique, c'est la tragédie absolue, c'est le destin, c'est le poids de l
05:49'héritage, c'est la folie totale aussi.
05:52Ça raconte l'humanité, j'ai envie de dire.
05:53Ça raconte l'humanité, et c'est intéressant de revenir au berceau de l'humanité avec Melpomène.
05:58C'est-à-dire d'aller chercher l'archétype un petit peu.
06:02C'est aussi une oeuvre qui est construite autour de cette idée que le passé, en fait, il disparaît jamais
06:06vraiment.
06:07Non, ça c'est vrai.
06:09Et je pense que le passé, effectivement, revient toujours d'une manière ou d'une autre.
06:15C'est ça qui est...
06:17On ne peut pas s'en débarrasser.
06:18Je crois que c'est difficile de s'en débarrasser.
06:20Je crois que les choses remontent à la surface.
06:24Alors, ce n'est pas que le mystère familial que vous racontez, c'est aussi ces traumatismes,
06:29cette transmission des traumatismes qui s'imprime pas que dans les lieux ou dans notre mémoire collective,
06:35mais aussi dans nos corps, finalement, cette espèce de transgénérationnalité du traumatisme
06:40auquel on est tous confrontés, finalement.
06:42Oui, c'est vrai qu'on parle beaucoup de cela aujourd'hui.
06:45Je pense qu'on parle davantage de ces choses-là, qui étaient à une certaine époque,
06:50que j'imagine à l'époque de Melpomène, peut-être...
06:54Encore que les Grecs étaient assez...
06:55Oui, ils assumaient, tranquilles.
06:57Il y avait déjà une recherche assez approfondie.
07:00Ils osaient, quoi.
07:02Donc, je ne sais pas ce qui s'est passé entre-temps, mais c'est vrai qu'en tout cas...
07:08On a perdu de la save, vous trouvez ?
07:09Je ne sais pas, peut-être qu'on a perdu un peu de...
07:12On a été peut-être un peu sclérosé par un certain nombre de choses, de codes,
07:17de ce qu'on pense qu'il faut faire, pas faire, tout ça.
07:18Et en tout cas, effectivement, j'ai mis en scène dans ce film
07:31les traumas psychologiques, mais qui peuvent aussi se manifester
07:34à travers le corps, effectivement, des hommes et des femmes.
07:39Bien sûr.
07:40Et alors, il y a aussi une idée centrale du film, j'ai l'impression,
07:45parce que vous nous parlez de vérité, mais finalement, la réalité,
07:47ce n'est jamais objectif.
07:49La réalité, ce n'est jamais objectif.
07:51Effectivement, je pense que c'est ce qui est intéressant dans cette recherche
07:55que Marthe fait dans ce film, c'est qu'elle se rend compte
07:58qu'effectivement, la vérité est beaucoup plus complexe qu'elle ne le pense
08:02et qu'au fond, toute la galerie de personnages qu'elle va rencontrer
08:05au fur et à mesure de son enquête, parce que c'est une enquête, en fait,
08:08qu'elle mène, cette vérité va prendre différentes formes, finalement.
08:17Et donc, elle se rend compte que peut-être, elle n'arrivera jamais
08:20à atteindre la vérité vraie.
08:25Existe-t-elle ? La question.
08:28Votre oeuvre, c'est en fait, à la frontière entre, on dit thriller psychologique,
08:33il y a quand même du drame intime là-dedans,
08:35et puis il y a les sens qui sont très à l'affût, j'ai envie de dire.
08:40Les sens sont malmenés, oui.
08:42Mais ça, ça vient aussi du fait que vous travaillez beaucoup sur le rythme,
08:45les variations de lumière, les répétitions, les cadres.
08:47Oui, il y a une grande attention portée au choix des lieux.
08:52On attendait dans le sud de la France, donc il y a eu une recherche...
08:57Moi, j'aime énormément l'architecture, donc c'est vrai que j'ai mis une attention particulière
09:00au choix des lieux, ce n'est pas une représentation réaliste,
09:03on est quand même dans quelque chose d'assez formellement,
09:06je dirais presque dans une forme de dystopie.
09:12Et c'est vrai qu'on tourne dans des lieux, par exemple,
09:16des architectures de Jacques Coel,
09:18il y a une attention portée à la couleur, le film est tourné en 35 mm.
09:21Voilà, donc c'est vrai.
09:22Cinéma d'auteur.
09:23Cinéma d'auteur.
09:24Alors, vous faites tout, scénariste, production, réalisation, vous jouez,
09:28comment vous faites tout ça, Charlotte ?
09:31Je ne suis pas toute seule dans ma société de production.
09:34Oui, ça j'ai vu, mais quand même.
09:37Oui, ça m'arrive de dormir.
09:38C'est des défis que vous vous lancez ?
09:40J'aime bien aller toujours un peu plus loin,
09:42j'aime bien voir de quoi je suis capable.
09:46Alors, justement, ces variations, ces répétitions, ce cadre et tout,
09:51ça nous fait ressentir une espèce de perte de repère.
09:53Moi, je suis très très fan de David Lynch.
09:57Ce trouble perceptif que lui met en place dans ses films,
10:00vous avez réussi à en récupérer une petite partie, à réinterpréter.
10:04J'aime beaucoup David Lynch.
10:05Est-ce que ça fait partie de vos inspirations ?
10:06C'était ça, ma question.
10:08Je ne m'inspire pas directement d'un artiste ou d'un metteur en scène.
10:14C'est tout ça en même temps.
10:15C'est une chose vraiment organique qui se produit.
10:18Et si le résultat se rapproche de David Lynch, je dirais tant mieux.
10:23Enfin, j'aime beaucoup son travail, donc évidemment.
10:26Mais après, bien sûr, je suis cinéphile et j'ai...
10:28Hitchcock aussi ?
10:29Hitchcock, voilà.
10:31La suggestion, quoi.
10:32J'aime énormément.
10:33La suggestion, le minimalisme aussi, dans le côté direct.
10:40La simplicité, je dirais, de la dramaturgie chez Hitchcock, bien sûr.
10:43Je trouve ça fascinant.
10:47Donc, oui, oui, il y a toutes ces références-là, bien sûr.
10:49Mais elles sont très inconscientes.
10:52Et je ne suis pas quelqu'un qui travaille nécessairement avec la volonté.
10:57Enfin, avec des moodboards, avec des choses comme ça.
11:00En tout cas, pas immédiatement.
11:01Vous écrivez, d'abord ?
11:02C'est vraiment l'écriture.
11:03Au départ, c'est vraiment l'écriture.
11:04Après, pour ce film, c'était vraiment ce lieu que je connaissais
11:12qui a vraiment déterminé cette ambiance.
11:14Et les acteurs, alors, Andy McDowell, notamment, c'est pas n'importe qui.
11:19Comment vous faites pour la rencontrer, elle ?
11:20Vous êtes allée la voir avec votre scénario en main ?
11:22Je lui ai transmis le scénario, oui.
11:24Et c'est comme ça qu'elle a aimé, quoi, et qu'elle a voulu ?
11:27Elle a eu un coup de cœur absolu sur l'histoire.
11:32Comme quoi, le talent, ça paye.
11:33J'espère, j'espère.
11:35Votre volonté, c'est de défendre un cinéma d'auteur ambitieux, mais accessible.
11:39Charlotte, on va en parler un peu plus.
11:40On est dans Parlons Femmes sur Sud Radio, vous le savez.
11:43On est avec la réalisatrice, scénariste, actrice, productrice.
11:45Charlotte Dauphin, à la tête de Dauphin Films et réalisatrice du film Melpomène,
11:50sélectionnée à vue à Cannes.
11:52Vue à Cannes, au marché du film de Cannes.
11:55Restez avec nous, à tout de suite.
11:57La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes,
12:01vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
12:05Parlons Femmes sur Sud Radio donne la parole à celle qui parle vrai.
12:08Et oui, on est avec Charlotte Dauphin, qui est réalisatrice, scénariste, actrice, productrice,
12:13directrice de Dauphin Films et à l'affiche de son deuxième long-métrage Melpomène,
12:16où elle joue le rôle principal au côté de pas n'importe qui.
12:19Pascal Grégory, Andy McDowell, Marisa Berenson et Finegan-Holftuil.
12:24Alors vous me l'avez dit hors antenne, Charlotte, je vous repose la question à l'antenne,
12:28parce que j'ai cherché partout, je n'ai pas trouvé.
12:30Il sort quand ce film ?
12:31Au mois de septembre.
12:32D'accord, et c'est dans toutes les salles j'imagine ?
12:35Dans beaucoup de salles.
12:35Dans beaucoup de salles ?
12:37Vous avez un peu le trac ou pas ?
12:39Oui, un petit peu, un petit peu.
12:40Après le film est fait, j'avais plutôt le trac au moment où je le montais.
12:45Oui, c'est ça.
12:46Et alors quand on monte un film où on est dedans,
12:50est-ce que c'est pas bizarre ?
12:51Parce que moi perso, quand je me regarde, je déteste m'écouter, je déteste me regarder.
12:55C'est pas quelque chose que j'apprécie forcément non plus.
12:58Vous avez un deuxième regard aussi ?
13:00Pardon ?
13:01Vous avez un deuxième regard ?
13:03Oui, oui, toutes les personnes avec qui je travaille au fur et à mesure du film
13:06sont déjà des regards en soi que je consulte assez régulièrement.
13:11Notamment mon chef opérateur et ma monteuse est un regard très important, bien sûr.
13:18Ce qui est intéressant, c'est que vous ne produisez pas seulement des films français,
13:20vous construisez des ponts entre le cinéma européen, américain, asiatique, avec votre boîte.
13:24Votre catalogue, il mélange des auteurs confirmés, des projets émergents,
13:28des trucs très artistiques, très psychologiques.
13:30Il y en a quelques-uns qui sont quand même à noter.
13:33Par exemple, de Species, de Justine Chadwick avec Anthony Hopkins et Charlotte Rampling,
13:38où le film réalisé, le premier film réalisé par Scarlett Johansson et Leonard the Great.
13:44Depuis combien de temps vous faites ça ?
13:47Comment vous êtes arrivés à rencontrer ces projets ?
13:50Parce que je pense qu'il y a plein de jeunes femmes qui aimeraient bien faire la même chose que
13:53vous
13:53et qui voudraient connaître le chemin à suivre, Charlotte Dauphin.
13:56Écoutez, comme je vous ai dit tout à l'heure, déjà j'ai fait des études.
14:01J'ai commencé par faire des études à Los Angeles, mais c'était un très court moment.
14:06Ce n'était pas un très long programme, mais j'ai commencé déjà par essayer de comprendre
14:11comment on fait un film.
14:12J'ai fait mon premier court-métrage à ce moment-là.
14:14J'ai monté, j'ai réalisé, j'ai joué dedans.
14:18Student film, le film d'école, le film d'étudiant.
14:23Donc, j'ai voulu vraiment mettre les mains dans le moteur.
14:26Et essayer de comprendre un petit peu comment ça marche.
14:28Et puis après ça, j'ai fait des rencontres d'auteurs, de réalisateurs.
14:35Et c'est comme ça que les choses sont arrivées.
14:37Et quand vous avez monté votre boîte alors ?
14:38Parce que ce n'est pas n'importe quoi de monter une boîte de preuve et de tenir des films
14:42de ce genre-là.
14:42Oui, il faut effectivement avoir des notions de...
14:47J'ai fait aussi une école de commerce.
14:48Oui, c'est ce que j'allais dire.
14:50Donc en fait, il ne faut pas hésiter à aller chercher, à toujours être cherchant en fait.
14:54C'est ça.
14:54Oui, oui, et ouvert aussi.
14:56Par exemple, j'ai aussi fait le premier long-métrage d'Arthur Harari,
14:59qui aujourd'hui était au Festival de Cannes et aussi a été le scénariste d'Anatomie d'une chute,
15:08pour lequel il a gagné un Oscar.
15:10Donc je pense qu'il faut aussi être capable de prendre des risques,
15:13d'aller soutenir des auteurs dont on sent le potentiel.
15:18Comment vous savez si un auteur a un potentiel ou pas ?
15:20C'est bon, évidemment avec l'œuvre.
15:23Lui, en l'occurrence, il avait fait déjà quelques courts-métrages.
15:25Donc il y avait déjà quelque chose de l'ordre de la voix unique qui émergeait déjà à ce moment
15:30-là.
15:31Et c'est vraiment l'idée de ressentir ça.
15:35Je pense qu'il faut être aussi...
15:35Donc il faut avoir, quoi qu'il arrive, une sensibilité artistique,
15:39que moi, je développe plus qu'un producteur classique.
15:42Voilà, c'est ce que j'allais dire.
15:43C'est que vous faites partie vraiment d'une nouvelle génération de producteurs auteurs
15:46qui considèrent la production comme un geste artistique à part entière, en fait.
15:49Oui, absolument.
15:50Mais pour moi, de toute façon, c'est pas...
15:52Je veux dire, quoi qu'on fasse dans la vie,
15:54à un moment, on est obligé de voir ce qu'il y a un petit peu derrière...
16:01Enfin, comment les choses se passent.
16:03Je veux dire, quand on apprend à jouer au piano, on est un petit peu obligé de passer aussi par
16:07le solfège.
16:08Donc il faut essayer de comprendre.
16:09Et puis si on peut réparer le piano soi-même, je dirais que c'est encore mieux, quoi.
16:13Ah oui, vous pourriez aller jusque-là.
16:15Non, mais je veux dire...
16:16Réparer la caméra.
16:17Essayer de comprendre, voilà, d'aller un petit peu...
16:19D'être autonome, en fait.
16:21Mais j'ai un grand besoin d'autonomie, personnellement.
16:23Et donc quand vous créez, en fait, quand vous produisez,
16:25parce que pour vous produire, c'est créer, mais bon, vous créez aussi derrière,
16:28c'est vraiment un écosystème, en fait, créatif que vous mettez en place
16:32et qui vous permet de créer une œuvre unique, quoi.
16:34Oui, absolument, absolument.
16:36Et puis après, on se constitue un peu une famille artistique autour de soi.
16:41Donc voilà.
16:41On suit les choses qui se font plus facilement.
16:43quand on a mis un petit peu...
16:47Au bout d'un moment, les choses se font plus simplement, je pense.
16:53Alors, les thèmes que vous choisissez de produire, en général,
16:56une espèce de cohérence, il y a beaucoup sur la mémoire, les héritages,
17:00les identités fragmentées, les figures féminines,
17:03la solitude contemporaine aussi, c'est un de vos thèmes.
17:07Ce sont que des choses qui vous touchent directement ?
17:09Qu'est-ce qui vous inspire ?
17:10Je pense que, effectivement, Marthe, comme je le disais tout à l'heure...
17:15Donc Marthe, qui est le personnage principal de Melpomen,
17:18qui sortira en septembre.
17:19Absolument.
17:20Voilà.
17:20Marthe, je pense qu'effectivement, j'ai vraiment été aussi, à travers elle,
17:25chercher vraiment les confins de la solitude, en fait, existentielle, quoi.
17:30La solitude, vraiment, de l'être humain, c'est-à-dire la compréhension, en fait.
17:36Cette incompréhension, c'est ce qu'on parlait tout à l'heure, par rapport à la vérité,
17:41la compréhension et la solitude, je pense, vient probablement d'une incapacité à communiquer
17:45quelque chose et à comprendre parfaitement ce que l'autre essaie de nous communiquer aussi.
17:50Donc, voilà, je pense que c'était ça que je voulais à travers Marthe.
17:53Et je crois que dans mes choix de productrice, il y a aussi quelque chose de l'ordre,
17:57de l'autobiographie qui ressort, peut-être, bien sûr, d'une certaine façon.
18:03Alors, justement, vous, vous venez de l'univers exigeant de la danse classique.
18:07Vous êtes produit sur des scènes lyriques très tôt.
18:10Puis c'est une blessure qui a mis fin à votre trajectoire pendant l'adolescence.
18:13Donc, forcément, réorientation totale.
18:16Mais cette rigueur nécessaire aux danseurs, le travail acharné, aller au bout des choses,
18:22savoir comment ça marche, comment notre corps marche, etc.
18:25Tout ça, on imagine que, bien évidemment, c'est votre structure de base.
18:28C'est ma structure de base, absolument.
18:30Et je n'ai pas que de la danse, ça vient aussi un petit peu de mon éducation.
18:33Mais la danse, clairement, a été vraiment extraordinairement fondatrice dans ma personnalité.
18:43Et cette blessure à 16 ans qui vous réoriente vers un autre parcours,
18:47qui n'est pas un parcours décidé au départ, puisque vous voulez être danseuse,
18:50comment vous avez fait pour passer ce moment de difficulté,
18:54pour le transformer en résilience, finalement, et en faire quelque chose, comme vous l'avez fait ?
18:58C'est quoi le déclic ?
19:00Le déclic, d'abord, il y a eu un rejet.
19:02J'ai vraiment divorcé violemment avec la danse.
19:05Je ne voulais plus du tout voir de la danse.
19:07C'était trop pénible.
19:08C'était trop pénible pour vous, oui.
19:12Et après ça, on fait d'autres choses.
19:16Donc, ces choses-là, on essaie de reconstruire quelque chose ailleurs.
19:20Mais à un moment, on est toujours obligés de revenir.
19:22Enfin, mon premier film, le tout premier long métrage que j'ai fait,
19:24parlait déjà de la danse, d'une danseuse.
19:26J'allais en parler.
19:27Je pense qu'on ne peut pas être...
19:28The other, c'est ça.
19:29L'autre.
19:30On ne peut pas être exilé toute sa vie.
19:32À un moment, il faut revenir à ses racines, à ce qui vous constitue.
19:36Et ça vous a fait du bien de vous reconnecter ?
19:37Ça m'a fait beaucoup de bien.
19:38Ça m'a fait beaucoup de bien.
19:39Ça m'a fait aussi...
19:41Ça m'a fait un petit peu du mal, parce que je me suis rendu compte
19:45que j'avais un petit peu laissé mon cœur là-bas.
19:47Mais oui, ça m'a fait du bien.
19:49Ce film, votre premier long métrage, il est sorti en 2020.
19:52L'autre, il a été salué sur le circuit international des festivals.
19:56C'est un pied d'appel, ça évidemment, quand vous produisez un film
19:59qui est reconnu par les pères.
20:00En tant que femme aussi, j'imagine que ce n'est pas rien.
20:03Parce qu'il n'y a pas tellement de femmes réalisatrices encore aujourd'hui.
20:06Pas assez, absolument.
20:08Un petit mot là-dessus, justement, sur vos conseils.
20:10Effectivement, quand je suis arrivée dans cette industrie,
20:14j'ai été confrontée à la dure réalité du fait que c'est plus difficile pour les femmes, bien sûr.
20:18Même quand on est une femme entrepreneur, même quand on a fait des études,
20:23ça n'est pas simple.
20:24Donc, c'est vrai que je pense que c'est important que les femmes en parlent.
20:29Je crois que toutes les actrices, même les plus primées,
20:33les plus reconnues auxquelles on peut penser,
20:36sont extraordinairement loquaces sur ce sujet-là.
20:42Et elles se battent.
20:43Et en fait, le fait est qu'elles ont raison.
20:46Je crois que c'est important.
20:48On a encore beaucoup de progrès à faire.
20:49Je crois qu'il y a quand même pas mal de progrès à faire.
20:51Vous avez été confrontée au sexisme directement ou pas ?
20:54Oui.
20:54Plusieurs fois ?
20:55Oui, ça m'est arrivé.
20:56Et en particulier sur les plateaux ?
20:59Oui.
20:59Quand vous dirigez, en fait, peut-être ?
21:00Quand je suis confrontée à une équipe composée majoritairement de femmes.
21:04Le technicien, le téco, ça, on peut le dire.
21:06Quand je suis dans mon société de production, ça va, jusque-là, tout va bien.
21:09Et ensuite, quand on se confronte à la réalité, là, c'est plus compliqué.
21:13Ils n'aiment pas trop ça.
21:15On dirait.
21:16Bon.
21:17Et après, comment vous faites pour vous faire entendre, du coup ?
21:20Écouter ?
21:20Il faut écouter sa vision.
21:22Il faut être très clair et être extraordinairement précis et déterminé.
21:30Et parler tout doucement.
21:32On peut aussi parler tout doucement.
21:34Parce qu'on est obligé de tendre l'oreille si vous parlez tout doucement.
21:36C'est pas mal comme technique.
21:37Oui, peut-être.
21:40Vos projets sont forcément transdisciplinaires.
21:42Il y a de la performance, il y a de l'art visuel, il y a du design, il y
21:44a du cinéma.
21:45Il y a tout ce que vous aimez, en fait.
21:47Vous avez besoin de tout exprimer, Charlotte Dauphin.
21:49Je crois qu'à partir du moment où j'ai dû arrêter la danse, forcément, la question s'est posée
21:53d'ouvrir d'autres portes.
21:55Et à partir du moment où j'ai ouvert une autre porte, je me suis dit pourquoi je n'irais
21:57pas ouvrir une autre, et puis une autre, et puis une autre.
21:59Donc j'ai commencé peut-être un peu à me dire, finalement, un mal pour un bien, allons ouvrir toutes
22:06ces portes.
22:07Je vais dire une petite phrase un peu idiote, mais c'est une blague que j'aime bien.
22:10Soit t'as la dalle, soit t'as pas la dalle.
22:11Quand t'as pas la dalle, t'as que dalle.
22:13Vous avez bien raison, Charlotte Dauphin.
22:15Vous êtes bien jeune.
22:16On vous souhaite de bien continuer comme ça, surtout d'avoir bien des succès.
22:19Et puis ce film, Melpomen, qui sort du coup en septembre, dans toutes les salles, je le recommande aux auditeurs
22:25et aux auditrices d'aller le voir.
22:26Merci beaucoup, Charlotte Dauphin.
22:26Merci beaucoup, Juliette.
22:27Vous serez au côté, donc, dans ce deuxième long-métrage que vous produisez, que vous réalisez,
22:32aux côtés de Pascal Grégory, Andy McDowell, Marisa Berenson, Finnegan Oudfield.
22:36Bravo pour votre implication.
22:38Merci à tous et à toutes d'être fidèles à Parlons Femmes sur Sud Radio.
22:41Rendez-vous samedi prochain à 13h30, sans oublier demain à 19h pour cet excellent.
22:44Merci à Julien qui réalise pour vous.
22:45Je vous embrasse. Bye.
22:47Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair, avec la Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes.
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