- il y a 3 mois
Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Cornelia Findeisen, cheffe du département RH de la filière numérique de l'État et fondatrice L-Impact
"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !
Une émission de Judith Beller.
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/ Nous suivre sur les réseaux sociaux ▪ Facebook : / https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel . ▪ Instagram : / https://www.instagram.com/sudradioofficiel/ . ▪ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio ▪ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : • 🌞 Grand Matin Sud Radio
##DESTIN_DE_FEMMES-2025-09-27##
"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !
Une émission de Judith Beller.
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/ Nous suivre sur les réseaux sociaux ▪ Facebook : / https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel . ▪ Instagram : / https://www.instagram.com/sudradioofficiel/ . ▪ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio ▪ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : • 🌞 Grand Matin Sud Radio
##DESTIN_DE_FEMMES-2025-09-27##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:16Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:23Aujourd'hui, je reçois Violaine de Philippi Abat, avocate féministe et autrice de La Résistance Écarlate, publiée aux éditions Payot.
00:30Elle nous alerte, les droits des femmes que l'on croyait acquis sont à nouveau menacés.
00:34Mais avant d'ouvrir cet échange, ratons-nous un instant sur cet appel, s'engager pour une résistance écarlate.
00:40Parce qu'aujourd'hui, les droits des femmes ne reculent plus par accident, ils sont attaqués méthodiquement.
00:45En France, on a vu se défoyer le récit du MeToo qui va trop loin.
00:49On a parlé de chasse aux hommes, de chasse aux sorcières, de société de la délation, de tribunaux médiatiques.
00:55On a dénoncé la moralisation des rapports femmes-hommes ou encore la dictature du politiquement correct.
01:00C'est toujours la même stratégie.
01:02Présenter l'égalité comme une menace.
01:05Inverser la charge, transformer les victimes en coupables et les coupables en victimes d'un excès.
01:10Nous sommes face à une offensive large où les extrêmes s'emparent des concepts pour les déformer et les retourner contre les droits des femmes.
01:16Ailleurs, le retour en force des conservatismes religieux frappe de plein fouet.
01:21En Pologne, en Turquie, dans de nombreux états américains, l'avortement recule.
01:25Partout, les femmes sont renvoyées à des rôles imposés au nom de la tradition.
01:29Les grandes ONG le confirment.
01:31Montée de l'autoritarisme égale recul des droits et banalisation progressive des idées anti-droits dans l'espace public.
01:38Et comme si tout cela ne suffisait pas, un troisième front existe.
01:41Celui que vous connaissez, celui d'un monde numérique sans régulation.
01:44D'effects sexuels, diffusion virale, dépossession du corps et de l'image.
01:49Des outils soi-disant neutres qui renforcent en réalité les rapports de domination.
01:53C'est l'un des visages techno du Baclash.
01:55L'attaque contre les droits des femmes est autant culturelle que politique.
01:59On rend discutable des évidences à coups de tribunes, d'émissions, jusqu'à ce que les messages paraissent légitimes.
02:05Une normalisation qui s'appuie sur trois relais puissants.
02:08Des médias réactionnaires qui légitiment l'antiféminisme.
02:11Une pop culture, c'est d'acromance qui plaît tant et qui romantise la violence.
02:16Des discours sociaux et des réseaux sociaux qui amplifient le sexisme à grande échelle.
02:21Et bien sûr, cette imprégnation commence dès l'enfance.
02:24Le Haut Conseil à l'égalité alerte.
02:2577% des vidéos pour enfants sur Youtube véhiculent des dialogues sexistes.
02:30Appelons papa, il est fort.
02:31Maman fait le ménage.
02:32Maman a peur, papa protège.
02:34Papa bricole, il est habile.
02:35Les stéréotypes s'installent très tôt.
02:37Ajoutons l'instrumentalisation du féminisme avec comme objectif de brouiller les repères et de détourner un vocabulaire émancipateur.
02:45Alors, me direz-vous, que faire ?
02:47Eh bien, peut-être pourrions-nous nous interroger sérieusement et analyser les dominations.
02:52Refuser leur récupération.
02:53Repolitiser la notion de choix.
02:55Car le libre arbitre, vous le savez, n'est jamais absolu.
02:58Il est façonné par des conditions sociales, économiques, culturelles.
03:01Alors oui, il faut résister, résistons, dans l'espace public comme dans le privé,
03:06par un micro-féminisme du quotidien autant que par une action collective,
03:09en dépolarisant les rapports femmes-hommes,
03:11en rappelant que le féminisme bénéficie aussi aux hommes,
03:15en faisant front malgré nos divergences.
03:17La résistance écarlate, c'est maintenant visible, solidaire, éclairée,
03:21parce qu'il n'y a pas d'accès à vouloir l'égalité
03:23et parce que la fiction de la servante écarlate ne doit jamais devenir notre réalité.
03:27Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
03:32Aujourd'hui, dans la force de l'engagement,
03:33je donne la parole à Violaine de Philippe Yabat,
03:36avocate féministe et autrice de La Résistance écarlate,
03:39publiée aux éditions Payot.
03:40Bonjour, Violaine.
03:41Merci de me recevoir.
03:42Merci d'être là.
03:43Alors, dans votre livre, vous dites que les droits des femmes ne reculent pas par hasard,
03:47mais qu'ils sont attaqués de manière ciblée.
03:49Alors, j'ai envie de vous demander,
03:50qui sont les principaux acteurs de cette offensive ?
03:53Je dirais qu'ils sont à plusieurs niveaux.
03:55Il y a bien sûr l'échelle individuelle et l'échelle politique collective.
04:00Je voudrais m'arrêter quelques secondes sur le terme « backlash »,
04:04qui est le sous-titre du livre, c'est-à-dire « Les femmes face au nouveau backlash ».
04:09Que veut dire « backlash » ?
04:10Eh bien, c'est ce retour de bâton, finalement, réactionnaire,
04:14qui fait suite à une vague d'émancipation des femmes.
04:17On en a déjà eu une de vagues de backlash dans les années 90 et même 80,
04:23suite à la vague d'émancipation des années 70.
04:26Et ça, c'est Suzanne Faludi, une journaliste américaine,
04:29qui l'avait très bien analysée et résumée dans le livre « backlash »,
04:34qui, justement, se penchait sur cette situation aux États-Unis,
04:37spécifiquement dans les années 80-90.
04:39Et donc, une journaliste féministe avait posé la question à Suzanne Faludi,
04:43selon vous, sommes-nous face à un nouveau backlash ?
04:46Elle avait répondu « Oui, nous y sommes et il n'y a pas à chercher très loin
04:50pour voir finalement les indices et ce backlash sera encore plus violent ».
04:54Donc, qui nous attaque ?
04:55Comme je disais, c'est à la fois des attaques individuelles et collectives.
04:58Ça va être à l'échelle individuelle des personnes qui se sentent menacées
05:03par la vague MeToo et l'émancipation de la parole,
05:07le fait que ce soit moins difficile pour certaines femmes de parler de leurs agressions.
05:11C'est toujours moins difficile parce que c'est jamais facile
05:13de parler d'une agression, peu importe sa nature.
05:17Et donc, à l'échelle finalement du quotidien,
05:19ce sont des hommes qui vont penser que ça va trop loin
05:22parce qu'ils se sentent en insécurité.
05:24Ils ont perdu leurs repères.
05:26C'est vrai que cette vague de « moi aussi, moi aussi j'ai été violée,
05:29moi aussi j'ai été agressée »,
05:31ce n'était pas prévu, ça a déferlé.
05:34Et donc, ces hommes-là, finalement, sont en perte de repères.
05:39Je ne les excuse pas dans la mesure où je pense que ce sont de grands garçons
05:42et qu'ils sont capables de s'informer.
05:43Mais on peut comprendre aussi que quand ils ont grandi à une époque
05:46où ce n'étaient pas les mêmes codes,
05:51finalement, tout d'un coup pour eux, tout change.
05:54Et donc, leur réaction, ça va être de dire « ça va trop loin,
05:57c'est exagéré, elles ne sont pas si traumatisées,
06:00pourquoi est-ce qu'elles ont mis autant de temps à parler ? »
06:01Pourquoi d'un coup tout ce monde ?
06:03Donc, c'est ça, finalement, la réaction à l'échelle individuelle
06:05anti-droit des femmes.
06:07Mais il y a aussi une recherche, une analyse collective,
06:10le populisme identitaire, vous parlez du conservatisme religieux,
06:14vous parlez aussi de technolibertarisme.
06:16Alors, qu'est-ce que ça veut dire, ça, exactement ?
06:18Alors, à l'échelle collective, finalement,
06:20les réactions individuelles vont se cristalliser
06:24dans différents mouvements
06:26qui ne partagent pas forcément les mêmes idées,
06:29mais qui se retrouvent sur le fait que, oui,
06:31le féminisme va trop loin, on en fait trop,
06:33on veut tuer l'amour, etc.
06:35Ce qui est faux, bien sûr, mais j'y reviendrai.
06:37Donc, il y a effectivement les conservateurs religieux
06:39qui vont cristalliser ces rôles.
06:42Mais que ce n'est pas nouveau, ça ?
06:43Non, ce n'est pas nouveau, mais aujourd'hui,
06:44il y a quand même un regain, finalement,
06:47une hausse, par exemple, de l'adhésion à des religions.
06:51On le sait, peu importe, finalement,
06:53les institutions religieuses.
06:55Alors, bien sûr, aujourd'hui,
06:57on sait que dans les théocraties,
06:59ce sont les pires endroits pour les femmes,
07:00notamment en Afghanistan, en Iran, c'est terrible.
07:04Là, récemment, à la rentrée,
07:05il y a des femmes qui n'ont pas pu être secourues en Afghanistan.
07:08Elles étaient sous des gravats.
07:10Et comme la loi islamique interdit d'être touchée
07:14par des hommes qui ne sont pas leurs conjoints ou leurs pères,
07:17on les a laissées mourir sous les décombres.
07:19Donc, évidemment, dans les théocraties,
07:21la régression, elle est assumée,
07:22elle est revendiquée comme quelque chose de normal.
07:26Finalement, on serait des sous-êtres humains.
07:28Là-bas, c'est clair, c'est net.
07:30Dans d'autres religions qui, actuellement,
07:32sont moins oppressantes pour les femmes,
07:33mais qui le sont quand même,
07:35on note, par exemple, que l'ancien pape,
07:37le pape François, disait que, par exemple,
07:39avorter, ce n'était pas possible,
07:41que c'était un crime.
07:42Il a aussi rappelé que l'homosexualité,
07:44c'était un péché.
07:45Donc, certes, il a fait des choses,
07:46il est allé en avant, par exemple,
07:48sur l'union des personnes homosexuelles,
07:49mais on voit bien que, dans la religion catholique aussi,
07:52on a des visions très genrées
07:55de ce que doit être une femme
07:56et de ce qu'on doit faire ou pas.
07:57Visiblement, ce n'est pas la même chose pour les hommes.
07:59Mais la grande différence,
08:00c'est que ce ne sont pas ces couches
08:00qui se cumulent aujourd'hui,
08:01c'est-à-dire la religion,
08:03plus le populisme,
08:04plus les réseaux sociaux,
08:06plus, etc.
08:07Donc là, on parlait des conservateurs religieux.
08:09Je tiens quand même à préciser
08:10que, loin de moi,
08:11l'idée de critiquer la foi personnelle,
08:12qui est, on ne peut plus, intime,
08:14et qui est, bien sûr,
08:15la liberté la plus personnelle
08:19et intouchable,
08:21c'est-à-dire la liberté de penser, de croire.
08:22En revanche, ce que je critique dans le livre,
08:24notamment, ce sont les institutions de pouvoir,
08:26c'est-à-dire la façon
08:27dont vont s'organiser les cultes
08:29et qui, en fait,
08:30résultent quasi systématiquement
08:32sur une oppression des femmes.
08:33Donc ça, c'est pour les conservateurs religieux
08:35qui ont le vent en poupe.
08:36En ce moment, on le voit avec,
08:37par exemple,
08:38l'argent qui met le milliardaire
08:41ce terrain
08:41pour financer l'idéologie,
08:43notamment religieuse,
08:45avec une certaine vision
08:47de là où devraient être les femmes.
08:48À côté de ça,
08:49on a aussi tout un mouvement
08:51qui n'a rien à voir,
08:51mais qui est un mouvement de colère sociale
08:53qui est, je crois,
08:55tout à fait légitime
08:55avec une politique
08:57depuis plusieurs années
08:58qui précarise
08:58les Françaises et les Français.
09:00Il y a une colère
09:00qui monte, qui monte.
09:02Et on l'avait vu
09:02avec les Gilets jaunes,
09:03on le voit encore aujourd'hui
09:05à la rentrée
09:05avec les mouvements
09:06de blocage en France.
09:09Cette colère sociale,
09:10elle se catalyse
09:11et, en fait,
09:12finalement,
09:13l'épouvantail,
09:14la personne à viser,
09:15une des...
09:16On va dire un des épouvantails,
09:18une des cibles,
09:19ce sont les associations féministes
09:22qui, finalement,
09:24seraient la cause
09:25de plein, plein de maux,
09:26notamment de la perte
09:28d'identité
09:29soi-disant européenne.
09:31Donc, en fait,
09:31la colère sociale
09:32va se catalyser
09:33pour se projeter
09:34contre, notamment,
09:35les féministes
09:36comme si on était responsable
09:37de la perte des valeurs
09:39et que si on revenait
09:41à des soi-disant
09:41valeurs précédentes
09:43qui auraient été mieux
09:44pour les femmes,
09:44alors tout s'arrangerait.
09:46Alors qu'en fait,
09:46bien sûr, c'est faux.
09:47Et là, c'est ce que j'appelle
09:48dans le livre
09:48le populisme identitaire
09:49post-MeToo
09:50qui est de dire
09:51bon, ok,
09:52la crise,
09:53la colère sociale,
09:54au lieu de la régler
09:55et de prendre des bonnes mesures,
09:56on va désigner des responsables
09:57et les féministes
09:59en premier lieu.
09:59On en a marre,
10:00elle crie trop fort,
10:01etc.
10:01C'est hystérique
10:02qui veulent tuer les hommes.
10:04Alors, vous affirmez
10:05que cette offensive
10:06envers les femmes
10:06n'est pas seulement politique
10:07mais aussi culturelle
10:09jusque dans nos vies quotidiennes.
10:10Dans un instant,
10:11vous allez nous éclairer
10:12sur ce que signifie
10:13cette offensive culturelle.
10:14A tout de suite
10:15sur Sud Radio.
10:17Retrouvez la force
10:19de l'engagement
10:20avec Agipi,
10:22épargne,
10:23retraite,
10:23assurance emprunteur,
10:25prévoyance,
10:25santé.
10:26Agipi !
10:28Sud Radio,
10:29la force de l'engagement
10:3015h, 15h30,
10:32Muriel Rius.
10:33Donnez la parole
10:34à celles et ceux
10:35qui font bouger la société,
10:37c'est sur Sud Radio
10:38et c'est la force
10:39de l'engagement.
10:40Aujourd'hui,
10:40nous nous engageons
10:41pour la résistance
10:42avec Violaine de Philippi Abat,
10:44avocate féministe
10:45et autrice
10:45de La Résistance Écarlate,
10:47publiée aux éditions
10:48Payot ou Violaine.
10:49Vous l'affirmez
10:49dans votre livre.
10:50L'offensive
10:51envers les femmes
10:52n'est pas seulement
10:53une bataille politique
10:54mais une véritable
10:55offensive culturelle.
10:56Alors concrètement,
10:57comment ça se traduit
10:58dans nos vies quotidiennes
10:59à nous les femmes ?
11:00Dans nos vies quotidiennes,
11:02les conséquences directes,
11:03là, ça va être
11:03une difficulté
11:04pour avorter en France.
11:06Il y a eu
11:06sept centres
11:07du planning familial
11:08qui ont fermé
11:09dans la Drôme,
11:10par exemple.
11:11La Fondation des femmes
11:12a pointé que
11:13les subventions
11:13pour les associations féministes
11:14c'était 15% de baisse
11:15en un an.
11:16Là, c'est leur rapport
11:17de la rentrée.
11:18Et donc, typiquement,
11:19un exemple,
11:20c'est une femme
11:20qui a voulu avorter
11:21en juin à Perpignan.
11:23L'hôpital lui a dit
11:24de revenir
11:25parce que c'était trop tôt
11:26et qu'il fallait
11:26qu'elle ait une échographie avant.
11:29Donc, comme elle est formée
11:30sur ces questions,
11:30elle aura répondu
11:31du tac au tac
11:32que je ne veux pas
11:32écouter les battements
11:33du cœur.
11:34Une prise de sang suffit.
11:36Ils lui ont dit
11:36si vous n'êtes pas contente,
11:37vous trouvez
11:38une sage-femme en libéral.
11:39Elle a appelé
11:39une sage-femme en libéral.
11:41Elle a réussi
11:42à en trouver une
11:43qui était disponible
11:44et rebelote
11:46pendant le rendez-vous.
11:47Mais vous êtes sûre
11:47que vous voulez avorter ?
11:49C'est quand même tôt.
11:50Est-ce que vous ne voulez
11:50pas réfléchir ?
11:51Elle a dit
11:51non, non, je veux avorter.
11:53Et la sage-femme
11:54lui a répondu
11:54écoutez,
11:55je vais vous prescrire
11:56les médicaments
11:56mais sachez
11:58que je n'ai pas fait
11:58ce métier
11:59pour faire des avortements.
12:00Donc voilà,
12:00une illustration très concrète
12:01du backlash actuel,
12:03donc du retour
12:04de bâton
12:04contre les droits
12:05des femmes.
12:05Autre exemple,
12:07tant qu'on n'aura pas
12:07d'argent
12:08pour les écoles
12:09pour éduquer,
12:10eh bien on générera
12:11sans cesse
12:12une société
12:12avec des stéréotypes sexistes
12:14qui font que
12:15les petits garçons
12:16et les petites filles
12:16se retrouveront à jouer
12:17tout le temps
12:18la même partition
12:18avec soi-disant
12:20le rôle de la femme
12:21qui serait d'avoir
12:21les enfants
12:22et de s'en occuper
12:23plus que l'homme
12:24qui lui devrait
12:24gagner de l'argent,
12:25être viril, fort
12:25et donc après ça,
12:28parfois ils se sentent
12:29en capacité
12:30de forcer le consentement,
12:31d'agresser
12:32et de pouvoir soutenir
12:34ensuite
12:34qu'ils n'étaient pas au courant
12:35que c'était une agression.
12:36On l'a entendu
12:37notamment au procès
12:38des agresseurs
12:39de Gisèle Pellicot,
12:40des violeurs
12:40de Gisèle Pellicot,
12:41il y en a quand même
12:42beaucoup qui ont dit
12:42qu'ils n'étaient pas au courant
12:43de ce que c'était
12:43qu'un viol.
12:45On marche sur la tête
12:46bien sûr
12:46d'entendre des propos pareils,
12:48surtout dans les circonstances
12:49dans lesquelles
12:49elle a été violée.
12:51Néanmoins,
12:51la justice française
12:52a longtemps autorisé
12:54les viols conjugaux.
12:55La première mise
12:56en accusation
12:56pour un viol conjugal
12:57reconnu par la Cour
12:58de cassation
12:59c'était 1990.
13:00Donc maintenant
13:01peut-on vraiment s'étonner
13:02qu'on arrive à une société
13:03où on doit faire
13:05marche in arrière
13:06et expliquer
13:06que tout ce qu'on a dit
13:08au début du 20ème
13:10et même après 1950
13:11jusqu'en 1990
13:12oublier tout,
13:14reset,
13:15effectivement
13:16il ne faut pas violer
13:16les femmes.
13:17Est-ce que vraiment
13:17c'est étonnant
13:18qu'en 2025
13:18on en soit encore
13:19à devoir faire l'éducation
13:20là-dessus ?
13:21Je ne crois pas
13:22mais donc il faut de l'argent.
13:23Il faut faire les séances
13:23d'éducation à la vie
13:24affective et sexuelle
13:25dans les écoles
13:26et il faut aussi
13:26de l'argent pour la justice.
13:28Aujourd'hui
13:28la justice c'est
13:30le même état
13:31que les urgences
13:31des hôpitaux.
13:32Quand vous déposez plainte
13:33vous n'êtes pas tenu au courant
13:34de où on est votre plainte
13:35parce qu'il n'y a pas de sous.
13:36S'il n'y a pas de sous
13:36il n'y a pas d'équipe.
13:37S'il n'y a pas d'équipe
13:38pour traiter les dossiers
13:39vous n'êtes pas tenu au courant
13:40et il n'y a pas d'acte
13:41d'investigation.
13:42Exemple concret
13:43en Ile-de-France
13:44une enquêtrice m'expliquait
13:46qu'ils étaient 5
13:47sur son secteur
13:49c'est-à-dire
13:49sur les violences intrafamiliales
13:50dans le commissariat
13:51pour gérer
13:51tenez-vous bien
13:52entre 1400
13:53et 1500 dossiers d'enquête.
13:555.
13:56Oui alors ça
13:56on est vraiment confronté
13:57à ces difficultés
13:58là sur le terrain.
13:59Alors il n'y a pas d'argent
14:01effectivement
14:01pour accompagner les femmes
14:03et pour trouver des solutions
14:05à toutes ces violences
14:06mais certains groupes
14:07en ont
14:07pour eux
14:08utiliser
14:09parfois
14:10le vocabulaire féministe
14:12pour démontrer
14:13qu'en fait
14:14ils cherchent
14:15à défendre les femmes
14:15mais en réalité
14:16c'est une inversion
14:17de ce vocabulaire.
14:18Là aussi
14:19est-ce que c'est une tendance
14:21de fond
14:21ou est-ce qu'on est face
14:22à des micro-exemples ?
14:24Malheureusement
14:25ça a pu être des micro-exemples
14:26par le passé
14:26mais là ça prend
14:27beaucoup d'ampleur
14:28parce que comme vous l'avez dit
14:29et rappelé justement
14:30c'est des groupes
14:30qui sont plus financés
14:32maintenant
14:32que les associations
14:33pour les droits des femmes
14:35donc c'est des groupes
14:37qui ont du pouvoir
14:38pour être diffusés
14:39pour faire entendre
14:41leur voix
14:41plus
14:41donc par exemple
14:43ça va être
14:43vider le sens des mots
14:45se revendiquer féministe
14:46alors qu'on n'est pas capable
14:47de dire qu'on est un groupement
14:48pour l'avortement
14:49à mon sens
14:49ça n'a pas de sens
14:50ça n'a pas de
14:51c'est juste illogique
14:53là je pense notamment
14:54à Nemesis
14:54j'ai regardé
14:55leurs posts
14:56sur leur page Instagram
14:57puisque c'est
14:58leur principal
14:59biais de diffusion
15:00je crois en tout cas
15:01et bien il y avait
15:02une vidéo
15:03je crois du printemps
15:04dernier
15:04en tout cas de cette année
15:05où une des dirigeantes
15:06expliquait qu'elle ne se prononcerait
15:08pas sur l'avortement
15:09parce que ça faisait pas
15:10consensus
15:10dans leur groupe
15:11mais enfin je veux dire
15:12si la liberté
15:13de disposer du corps
15:14et de choisir
15:14si oui ou non
15:15on a le droit
15:15on veut cet enfant ou pas
15:18si ça c'est pas la base
15:19du féminisme
15:19qu'est-ce que le féminisme ?
15:21alors c'est pareil
15:22quand on les écoute
15:23par exemple
15:24les violeurs
15:24seraient essentiellement
15:25des étrangers sans papier
15:26sous OQTF
15:27elles ont même des mugs
15:28qu'elles prennent
15:29clairement en photo
15:29sur leur page
15:30oui leur page
15:31marquée
15:32violeurs étrangers
15:33dehors
15:33des mugs
15:34donc des tasses de café
15:35et donc tout ça
15:37diffuse de fausses informations
15:38je rappellerais que
15:39on encourt
15:40beaucoup plus de risques
15:41d'être violés
15:42par un proche
15:42ou agressés par un proche
15:43les agressions et les viols
15:45dans la rue
15:45évidemment c'est grave
15:46évidemment il faut les combattre
15:48et c'est intolérable
15:49en revanche on ne peut pas
15:50faire croire aux personnes
15:51que c'est ça
15:52la majorité des viols et des agressions
15:5390% des viols
15:55sont commis par des gens
15:55que l'on connait
15:56qui sont nos propres factures
15:57nos propres familles
15:59alors il y a aussi un élément
16:00on peut aussi nous-mêmes
16:02les femmes
16:03et certaines associations
16:04s'interroger
16:05sur nos postures
16:07on ne peut pas nier
16:08que le féminisme
16:09est traversé par des fractures
16:11on ne peut pas nier
16:12que ces fractures
16:13ou ces divisions
16:13on a envie de les appeler
16:15sont parfois générationnelles
16:16elles sont parfois idéologiques
16:17mais évidemment
16:18elles servent
16:19les adversaires du féminisme
16:20est-ce que
16:21comment est-ce qu'on peut faire
16:23pour éviter ces faiblesses ?
16:25déjà se parler
16:25c'est-à-dire
16:26accepter de ne pas être
16:27tout le temps d'accord
16:28entre nous
16:29puisque
16:29à force de chercher
16:31qui est l'activiste
16:32la plus puriste
16:34qui boit le plus de thé matcha
16:36qui couche avec le moins d'hommes
16:37possible
16:38je caricature bien sûr
16:39c'est pour la blague
16:39on a bien compris
16:40et bien on ne se concentre pas
16:42sur l'essentiel
16:42c'est-à-dire que
16:43l'essentiel
16:44c'est aujourd'hui
16:45d'arriver à proposer
16:46un programme
16:47pour les droits des femmes
16:49qui soit commun
16:49et qui puisse
16:51permettre
16:52de contrer l'extrême droite
16:53qui fait croire
16:54que eux
16:54seraient les défenseurs
16:55des femmes
16:56et qui diffusent
16:57de fausses informations
16:58tant qu'on n'a pas
16:59cette approche commune
17:00et cette capacité
17:01à se parler
17:02et bien
17:03je crains le pire
17:04pour 2027
17:05et je comprends
17:07presque parfois
17:07certaines personnes
17:08qui peuvent se laisser
17:09tenter par un vote
17:10parce que
17:12la gauche
17:12maintenant
17:13ne répond plus
17:14à certaines de leurs inquiétudes
17:15c'est aussi pour ça
17:16que j'ai voulu écrire ce livre
17:17puisque j'ai commencé
17:18à l'écrire après
17:18les législatives de 2024
17:20après avoir appris
17:21qu'une de mes très très proches
17:22avait voté pour Bardella
17:23donc je me suis dit
17:25voilà
17:25je crois que
17:26si cette personne pense
17:27que effectivement
17:28c'est pas dangereux
17:29pour les droits des femmes
17:29le RN
17:30et que la gauche
17:31ne répond pas
17:32à certaines de ses questions
17:33je vais essayer
17:34de m'y pencher
17:34et c'est comme ça
17:35que j'ai commencé
17:35à écrire ce livre
17:36en réalité
17:36et alors
17:37quelle est votre vision
17:38vous de la place des hommes
17:39dans ce combat
17:40qui est celui
17:42des droits des femmes
17:43est-ce que
17:43comment on les embarque
17:46et comment vous
17:47vous pensez pouvoir
17:47les embarquer ?
17:49je pense que
17:49c'est vraiment pas nouveau
17:51finalement l'idée
17:51d'expliquer que
17:52le féminisme bénéficie
17:54à tout le monde
17:54que c'est un projet
17:55de société
17:56et de vivre ensemble
17:57il y a déjà des autrices
17:58du 19ème siècle
18:00qui l'expliquaient très bien
18:02je pense notamment
18:03à Harriet Taylor
18:04voilà de dire en fait
18:06le féminisme est utile
18:08aussi pour les hommes
18:09parce que
18:10on parlait en début
18:11d'émission
18:11de cette peur
18:13qu'ont certains hommes
18:14à l'échelle individuelle
18:15de plus comprendre
18:16vraiment les relations
18:18femmes-hommes
18:18mais si cette peur
18:20elle peut être légitime
18:21de toute façon
18:22c'est un sentiment
18:22donc je veux dire
18:23on n'est personne
18:23pour juger un sentiment
18:25en revanche
18:26il est important
18:27de discuter
18:28et de faire de la pédagogie
18:29en fait
18:30pour effectivement
18:31expliquer que
18:32voilà
18:32le consentement
18:33c'est important
18:34mais c'est important
18:35pour les deux personnes
18:36et de la même manière
18:36que la place des hommes
18:37dans la société
18:37ça n'a pas nécessairement
18:38à être celui
18:39qui ne pleure pas
18:40qui est viril
18:41qui est fort
18:42qui est beau
18:42qui est intelligent
18:43et que eux aussi
18:44finalement
18:45se libérer
18:47de cette espèce
18:48de rôle théâtral
18:49qui est absolument ridicule
18:50ça peut aussi
18:51leur enlever un poids
18:52et que bien sûr
18:53le féminisme profite
18:54d'abord aux femmes
18:55parce que c'est nous
18:55la classe oppressée
18:56entre les femmes
18:57et les hommes
18:57mais en revanche
18:58les hommes
18:59ce n'est pas un cadeau
19:00non plus je crois
19:01de devoir supporter
19:02ne serait-ce que
19:02la charge financière
19:03en fait
19:03à quel moment
19:04c'est sympa
19:04de se dire
19:05qu'on doit payer
19:05toutes les factures
19:06comment peuvent-ils
19:0730 secondes
19:07c'est pour ça
19:08que je ne comprends pas
19:08je ne comprends pas
19:10cette réaction
19:10de dire non
19:11les femmes
19:12sont venues à la maison
19:13les hommes au travail
19:14mais pour qui
19:14aucun des deux
19:16en fait
19:16c'est bien ce type
19:17de schéma
19:18alors résistance
19:19écarlate
19:20et servante écarlate
19:21je ne peux pas
19:21m'empêcher
19:22de faire cette analogie
19:23dans cette fiction
19:24absolument terrible
19:25les femmes sont réduites
19:26exploitées
19:27menacées
19:27elles sont violées
19:28pour en santé
19:29est-ce que
19:30vous faites un parallèle
19:31entre cet univers
19:32dystopique
19:33et la réalité
19:34des menaces
19:34qui pèsent aujourd'hui
19:35sur les femmes
19:36est-ce qu'on peut
19:36aller aussi loin ?
19:37comme vous l'avez dit
19:38en introduction
19:38on est quand même
19:40en train de pencher
19:41dangereusement
19:41dans cette dystopie
19:43c'est-à-dire
19:44par exemple
19:44quand j'ai fini
19:45d'écrire le livre
19:46j'ai revisionné
19:47la série
19:48effectivement
19:49qui est l'adaptation
19:49du livre
19:50de Margaret Atwood
19:50la servante écarlate
19:51il y a un épisode
19:52où une femme
19:53est maintenue
19:53en vie
19:54artificiellement
19:55pour qu'elle puisse
19:55accoucher
19:56parce que l'avortement
19:56est interdit
19:57et bien en même temps
19:58en Géorgie
19:59aux Etats-Unis
20:00une femme
20:00était vraiment
20:01maintenue
20:01en vie artificiellement
20:02parce que
20:03l'état interdit
20:03l'avortement
20:04et que donc
20:04elle devait accoucher
20:05avant qu'on puisse
20:06la débrancher
20:06donc on est en train
20:07de glisser petit à petit
20:08là-dedans
20:08on l'a vu
20:09à la rentrée
20:10ou à la fin de l'été
20:11il y a le ministre
20:11de la Défense de Trump
20:12qui a reposté
20:13un appel d'un masculiniste
20:15à remettre en question
20:17le droit de vote
20:17des femmes
20:17comme quoi on se sentirait
20:18beaucoup mieux
20:19si on ne devait pas
20:20réfléchir aux questions politiques
20:21donc ça c'est
20:22voilà
20:22on y va petit à petit
20:23et bien sûr
20:24les premières touchées
20:25par ces menaces
20:27et ces régressions
20:28c'est les femmes
20:29qui sont victimes
20:29de plusieurs discriminations
20:31en même temps
20:31donc avec une analyse
20:32intersectionnelle
20:33il ne faut pas oublier
20:34que voilà
20:34les femmes qui sont victimes
20:35par exemple de racisme
20:37vont être les premières touchées
20:38par ces problématiques
20:39alors on va terminer
20:41cette conversation
20:42par un mot peut-être
20:43ou une phrase
20:44qui pourrait résumer
20:45l'urgence de votre livre
20:46vous feriez un appel
20:48de quelle nature ?
20:49moi je ferais un appel
20:49à deux échelles en fait
20:51un appel aux politiques
20:52pour débloquer de l'argent
20:53parce que
20:55j'ose espérer
20:56qu'un jour
20:57existera une société
20:58où on ne sera pas là
20:59à faire de la répression
21:00parce qu'on aura su éduquer
21:02et l'éducation
21:03pour avoir une société
21:03demain
21:04qui soit justement
21:05non sexiste
21:06et non violente
21:06elle se fait maintenant
21:07donc là c'est de l'argent
21:08pour les écoles
21:09pour qu'on puisse
21:10enfin tenir
21:10les séances d'éducation
21:11à la vie affective
21:12et relationnelle
21:13et je ferais aussi
21:14cet appel
21:15pour les individus
21:16je crois qu'il ne faut pas
21:19se braquer
21:19contre les féministes
21:21qu'il faut aussi
21:22prendre du recul
21:23sur les messages
21:24qu'on veut passer
21:24et arrêter de nous caricaturer
21:25que finalement
21:26c'est un mouvement
21:27qui prenne aussi
21:28le bien-être de tout le monde
21:30et du vivre ensemble
21:31qu'à aucun moment
21:32on veut
21:32que les femmes vivent
21:34d'un côté de la rue
21:34et les hommes de l'autre
21:35et qu'à aucun moment
21:37on veut faire une société
21:38à deux vitesses
21:39Vivre ensemble
21:40on va finir
21:41sur ce mot important
21:42sur cet engagement
21:43merci Violaine de Philippi Abad
21:45je rappelle le titre
21:46de votre dernier livre
21:47La résistance écarlate
21:49publié aux éditions Payot
21:50La force de l'engagement
21:51c'est chaque dimanche
21:54à 15h
21:54sur Sud Radio
21:55et en podcast
21:56sur sudradio.fr
21:57je vous retrouve
21:58dimanche prochain
21:59pour une nouvelle rencontre
22:00avec celles et ceux
22:01qui font bouger la société
22:02et tout de suite
22:03je vous laisse
22:03en compagnie
22:04d'Anthony Martin-Smith
22:05pour Faut que ça change
22:06c'était la force
22:08de l'engagement
22:09avec AJP
22:11épargne
22:11retraite
22:12assurance emprunteur
22:13prévoyance
22:14santé
22:15AJP
22:15Sous-titrage Société Radio-Canada
22:17Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire