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  • il y a 8 heures
"Parlons femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République.
Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-05-16##
Transcription
00:00La Caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Sud Radio, il est 13h30, bienvenue dans Parlons Femmes, l'émission de celles qui font bouger les lignes.
00:14Ravie d'être avec vous, je reçois aujourd'hui Jessica Simmerman, qui est journaliste, écrivaine,
00:19cofondatrice notamment de l'application YouPies.
00:21Elle a été connue du grand public grâce à son blog Cyril Mother,
00:25sans oublier à l'origine, attention du recueil collectif Chevelure, ça vient de sortir.
00:30Chez vos éditions, Charleston et 1€ sont reversés par exemplaire à l'association de Sarah Baruc,
00:35que l'on connaît bien ici.
00:36125 et après, Jessica, bienvenue.
00:38Merci.
00:39Avec plaisir.
00:40Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:44Parlons Femmes vous pose des questions, Jessica, vous êtes prête ?
00:47Je suis prête.
00:48Quelle femme vous inspire une force radicale ?
00:51C'est très banal, mais je dirais Simone Veil.
00:54On l'entend souvent ici, oui.
00:56Et Judith Belair, bien sûr.
00:58On l'adore Simone, la résilience absolue, la force absolue.
01:03Elle est formidable, survivante, guerrière, fragile et forte à la fois, inspirante,
01:10et surtout, elle n'a jamais rien lâché.
01:13Ça c'est formidable.
01:14Il faut rien lâcher, Jessica.
01:17Trop ambitieuse, trop visible, trop directe.
01:20Ça vous parle ça ?
01:21Non.
01:23Vous avez déjà entendu ça ou pas ?
01:25J'ai déjà entendu ça, je ne crois pas me concernant, mais trop ambitieuse.
01:30On n'est jamais trop, je crois.
01:31Surtout quand on est une femme, on a besoin peut-être d'aller très loin pour arriver à un juste
01:37milieu.
01:37C'est pas qu'ils disent trop après.
01:38On n'est jamais trop, on n'est jamais trop, trop rien.
01:42Alors, on continue.
01:43Si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes du monde, ça serait quoi ?
01:47La confiance en soi.
01:49Ah, c'est-à-dire se séparer, se débarrasser du sentiment d'imposture.
01:53Exactement, qui a un sentiment très féminin, je crois.
01:56Enfin, il y a eu des études là-dessus qui prouvent que le syndrome de l'imposteur, c'est plutôt
02:00le syndrome de l'impostrice.
02:02Je ne sais pas si c'est l'impostrice.
02:03C'est pas très joli, mais voilà.
02:05Et j'avais lu un...
02:06C'est un imposteur.
02:08J'avais lu un essai là-dessus qui était formidable et dans lequel il y avait notamment une interview de
02:14Michelle Obama,
02:16qui, elle, aussi haut qu'elle ait été placée, disait qu'elle avait encore ce syndrome de l'impost...
02:22Michelle Obama, un imposteur...
02:25Bah dis donc, on n'imagine pas ça.
02:26Donc en fait, si même Michelle Obama a ce syndrome, on peut se douter que nous autres, c'est pire.
02:36Alors le patriarcat, qu'est-ce qu'on en fait ?
02:38Il se confronte, il se contourne, il s'embrasse, il s'ignore ? Qu'est-ce qu'on en fait
02:42de ce patriarcat ?
02:43Un petit peu tout ça à la fois.
02:45Je crois qu'il faut le contourner à certains moments, le combattre.
02:51Tous les jours ?
02:52Tous les jours.
02:54Et puis, il faut surtout enseigner à nos enfants, à nos fils.
02:58Moi, j'ai trois fils et une fille.
03:00À ne pas faire partie de cette team patriarcale.
03:05Comment vous les élevez, vos fils ?
03:06Bien, je crois.
03:07Mais c'est quoi les valeurs principales ?
03:08Non, non, non, ils sont très féministes parce qu'on parle de tout à la maison.
03:13D'abord, ils suivent mes combats, mes engagements, plus que mes combats à vrai dire.
03:19On parle de tout, il n'y a pas de « t'es un garçon et tu fais ça ».
03:23Moi, j'ai un fils qui a fait de la danse classique, j'ai une fille qui a fait du
03:26Krav Maga.
03:26Il n'y a pas de… voilà, déjà, ça passe, je pense, par là.
03:31Et puis…
03:32Parce qu'on éduque les filles à faire attention quand elles sortent.
03:34Il faut faire la même chose avec les garçons, leur apprendre à faire attention aux filles, en fait.
03:38Exactement, il faut leur apprendre dès le berceau, je crois, le respect, le vivre ensemble,
03:45et vis-à-vis d'eux-mêmes, et vis-à-vis des autres hommes, et évidemment vis-à-vis des
03:49autres femmes.
03:50Donc, je crois que tout se passe dans l'éducation.
03:54Et voilà, j'ai trois fils, et j'espère les emmener sur un chemin joyeux.
04:01Ils ont quel âge, vos enfants ?
04:0420 ans, l'aîné, ma fille 18, et les deux derniers garçons ont bientôt 13 et 9.
04:10D'accord, donc vous avez vraiment la totale.
04:13C'est du boulot, c'est du boulot, mais bon, ils sont sympas.
04:17Est-ce que vous avez un message pour les femmes qui nous écoutent aujourd'hui ?
04:21Il faut leur dire qu'on n'est pas seules.
04:24Elles ne sont pas seules.
04:27Moi, je crois beaucoup à la sororité et à l'entraide entre femmes.
04:31J'adore les femmes, j'adore, il y a une chanson comme ça, mais j'adore les meufs.
04:34J'adore les projets de femmes, m'entourer de filles.
04:38Je crois que c'est très important.
04:41Et puis, encore une fois, de croire en elles et de se débarrasser de ce syndrome de l'imposture.
04:48Et ça fait peut-être très Disney de dire ça, mais tout est possible.
04:52Libérer, délivrer.
04:53Non, libérer, délivrer, bien sûr, et croire en ses rêves.
04:56Oui, bien sûr.
04:57Alors, votre recueil collectif, c'est vous qui êtes à l'initiative de ce recueil, Jessica Zimmerman, qui s'appelle
05:02Chevelure.
05:02Il est publié aux éditions Charleston.
05:05Un euro sont reversés, on va en parler deux minutes, à l'association de Sarah Baruc, qui est 125 et
05:08après.
05:09C'est une association de lutte contre les violences conjugales, en particulier des femmes et des enfants, évidemment.
05:13Et c'est sur tout le territoire français, sur les territoires d'outre-mer.
05:17Pourquoi avez-vous décidé ? Je sais que c'est le deuxième livre pour lequel vous reversez un euro, justement,
05:23à cette association.
05:24Pourquoi c'est aussi important, ça ?
05:27J'ai connu Sarah il y a quelques années, au tout début de son histoire et de ses engagements.
05:33Et donc, ça fait une petite dizaine d'années que je suis ces combats, que je la trouve extraordinaire.
05:39Je crois qu'il faut un village pour lutter contre les violences faites aux femmes.
05:47Et j'ai la chance de ne pas être victime, de ne pas être touchée et de ne jamais avoir
05:52été...
05:53Vous n'êtes pas touchée, mais concernée.
05:54Je suis concernée et je crois qu'en fait, il ne faut pas être touchée, il ne faut pas être
05:59soi-même nécessairement victime
06:00pour s'intéresser à cette cause et en parler autour de soi et la faire vivre.
06:07Sarah, avec l'association 125 et après, dans laquelle je suis membre, de laquelle je suis membre,
06:14fait des choses extraordinaires.
06:15Et donc, il m'est paru complètement évident que quand j'ai décidé de faire reverser un euro
06:22par livre vendu à une association, eh bien, ça devait être celle-là.
06:26Alors, vous avez rassemblé 12 auteurs.
06:28Sophie Debert, Sarah Baruc, Tony Béart, Adèle Bréau, Nora Bussini, j'ai vous-même,
06:34Gabrielle Dédier, Dominique Dienz, Michel Fitoussi, Alix Giraud-Delin, Sandrine Rudex, Agathe Ruga.
06:41Il n'y en a pas une qui a été payée ?
06:43Non.
06:44Toute bénévole ?
06:45Toute bénévole.
06:46C'est bon.
06:46Donc ça, il faut le dire.
06:48Toute bénévole parce que la cause a réussi à mobiliser toutes ces femmes.
06:54Alors, on est toutes concernées.
06:56On est toutes concernées.
06:57Et tous.
06:58Ce ne sont que des auteurs, autrices, auteureux.
07:02Je vais proposer à des hommes, mais bon, le sujet des cheveux, ne les attirait pas, la cause.
07:08Et en fait, c'est ça finalement, c'est que c'est le sujet des hommes aussi.
07:13Bon, on les entend moins, donc faisons-en.
07:17On en connaît des hommes féministes quand même, heureusement.
07:20Et pas assez.
07:21Et donc, j'ai décidé d'avancer avec ces autrices formidables qui ont toutes dit oui de façon généreuse et
07:31joyeuse.
07:32Et c'est chouette.
07:33Alors, chevelure, parce que les cheveux des femmes, ils racontent souvent bien plus que leur apparence.
07:38Ils racontent leur rapport à la société, par la vieillesse, par la volonté qu'on a de cacher leurs cheveux.
07:46Par celles qui coupent leurs cheveux pour être libres et assumées dans certaines périodes.
07:51Pour la rousseur qu'ils ont.
07:54En fait, les cheveux, c'est ce qui définit une femme.
07:56C'est ça qu'on comprend.
07:59Et c'est pour ça que vous avez envie de nous la raconter, cette histoire-là.
08:01Oui, en fait, j'ai réalisé, et la première personne à qui j'en ai parlé, c'était justement Sarah.
08:07Un matin, en me réveillant, je me suis dit oui, mais qu'est-ce qui symbolise les femmes, la féminité,
08:14partout dans le monde, sur tous les territoires, sur tous les continents.
08:17Et qu'est-ce qui est attaqué en premier ?
08:19Et qu'est-ce qui est bizarrement attaqué en premier ?
08:21Eh bien, ce sont les cheveux des femmes.
08:24C'est pas les seins, c'est pas les fesses, c'est pas le ventre, c'est pas forcément le
08:28visage.
08:29C'est la partie apparente.
08:30C'est la partie la plus apparente, qui finalement, c'est assez curieux, parce que c'est pas la chose
08:35la plus sensuelle.
08:38Et bien pourtant, dans certains pays, on cache les cheveux des femmes, on assassine, on pend des femmes pour une
08:45mèche de cheveux qui dépasse.
08:47On pense à Massa Amini, bien sûr.
08:49On a humilié par d'autres temps les femmes.
08:53Alors, aucune nouvelle ne parle de ça, mais on a décidé à la fin de la guerre d'humilier les
08:57femmes par la tonte.
08:58C'est quand même pareil.
08:59À la fin de la Seconde Guerre mondiale.
09:02C'est vrai qu'on n'a pas tondu les hommes.
09:03On n'a pas tondu les hommes.
09:06Celles qui couchaient avec les nazis, on les tondèrent.
09:08Exactement.
09:08Et les cheveux sont un lieu d'emprise de la société sur les femmes, où qu'elles soient.
09:14Et par ailleurs, oui, en effet, ça constitue un atout incroyable dans la vie d'une femme, de sa naissance,
09:21depuis sa naissance jusqu'à son plus vieillage.
09:23Puisqu'en effet, les cheveux blanchissent, les cheveux se perdent.
09:30On dit d'une femme souvent où elle a une belle chevelure, elle a l'air en forme, elle n
09:34'est pas en forme, elle est malade, elle a vieilli.
09:36Ouh, mon Dieu, elle est rousse.
09:37Alors, Alix Giraudelin en parle très bien dans le livre.
09:41Voilà, elle est rousse.
09:42Et ça a été un sujet, peut-être moins maintenant, mais ça a été un sujet dans les années 70,
09:46le fait d'être rousse.
09:48On a souvent dit que les rousse étaient des sorcières, puets, etc.
09:52Donc, les cheveux des femmes sont un sujet partout, tout le temps.
09:58Et du coup, je me suis dit, il faut en faire quelque chose.
10:01Et j'ai décidé de contacter ces formidables autrices, de leur proposer d'écrire, chacune avec un biais différent, un
10:08prisme différent.
10:09Et ça donne un résultat assez riche.
10:12Alors, et là, je ne peux pas parler de toutes les nouvelles.
10:14Je voudrais quand même parler deux minutes de celle de Sarah Baruc, justement, qui parle de l'Iran et d
10:20'une femme qui est sous la garde, sous la pression, sous l'interrogation des gardes de la révolution de là
10:28-bas.
10:29Et il y a quelques petits mots, comme qui disent,
10:31« Téhéran a disparu sous la misère, la ville se meurt, la jeunesse se suicide, la vieille révolution a trop
10:35duré, celle des justes tarde à renverser le régime, une quatrième décennie de sacrifiés.
10:40Elle et sa fille, la quatrième génération de femmes prisonnières de la police des mœurs. »
10:44J'en parle parce qu'en ce moment, le peuple iranien souffre, que moi, ça me transcende, ça me traverse,
10:50et que je trouve qu'effectivement, on n'en parle pas assez de ce peuple qui souffre sous ces bombes
10:54et de ces femmes qui sont prises en otage,
10:56de ces jeunes qui sont pendus tous les jours.
10:58Je voudrais que vous en disiez deux mots, s'il vous plaît, Jessica.
11:01Le texte de Sarah, qui part d'un fait réel de cette femme qui a décidé de se promener cheveux
11:08libres et en sous-vêtements dans l'université où elle était étudiante,
11:14et dont on apprend, en tout cas moi, j'ai appris par la nouvelle de Sarah qu'elle était mère
11:17de famille.
11:18Elle pense à ses enfants.
11:20Elle pense à ses enfants.
11:21Il y a quelque chose d'extrêmement puissant et qui, tout de suite, nous donne des...
11:25Enfin, en tout cas, moi, me donne des frissons.
11:27Ça, moi aussi.
11:28C'est d'une force inouïe de se dire que la libération de cette femme passe par une mise en
11:36danger complètement folle
11:38et que tous ces gens, toute cette jeunesse, ils sont en effet pris en otage dans une prison à ciel
11:47ouvert
11:47parce qu'il n'y a plus Internet, il n'y a plus de droits, il n'y a plus
11:50rien.
11:50Ce n'est pas le seul pays du monde où ça se passe.
11:54Et évidemment, les femmes sont les premières victimes de ça
11:57parce que les femmes sont toujours les premières victimes des sociétés.
12:08Et justement, ici, nous, qui avons la chance d'être des femmes libres dans un pays où, il faut le
12:14rappeler quand même,
12:15on peut faire ce qu'on veut, s'habiller comme on veut, dire ce qu'on veut.
12:19Et il y a des gens qui disent, ouais, en France, on ne peut rien faire, mais...
12:21Si, on peut en faire des choses en France.
12:24On est bien en France.
12:25On est bien, on est très bien.
12:26Parlons femmes, c'est l'émission des femmes.
12:28Sur Sud Radio, Jessica Zimmerman est journaliste, auteur, cofondatrice de l'application YouPies,
12:33créatrice d'un blog aussi, c'est Elle Mother, mais surtout à l'origine, là, aujourd'hui, du recueil collectif
12:39que je vous recommande d'ailleurs.
12:40Chevelure, c'est publié aux éditions Charles Eston.
12:42Restez avec nous, on revient tout de suite.
12:44La Caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
12:50Sud Radio, parlons femmes, Judith Belair.
12:53Ici, quand il s'agit de femmes, pas de tabou, pas de détour.
12:57Sur Sud Radio, on dit les choses telles qu'elles sont.
12:59Aujourd'hui, vous êtes avec Jessica Zimmerman, qui est journaliste, auteur, cofondatrice
13:02de l'application YouPies, elle en fait des choses, créatrice du blog Cérial Mother.
13:06Et puis à l'origine du recueil collectif Chevelure, c'est publié aux éditions Charles Eston.
13:11Un euro sont reversés à 125 et après, c'est l'association de lutte contre les violences
13:15conjugales de Sarah Baruc.
13:17Alors vous, votre texte, dans ce recueil, Jessica Zimmerman, il parle de Britney Spears et de
13:22son crâne rasé.
13:23Moi, j'étais, je m'en souviens très très bien, c'est ma génération ça.
13:28Ça a été longtemps considéré comme un craquage en fait, et elle a été déconsidérée
13:34terriblement, tout le monde l'a pris pour une folle derrière, etc.
13:36Alors que ce qu'on comprend dans votre texte, déjà vous lui dites, vous prenez le jeu,
13:39donc c'est elle qui parle.
13:41Ce qu'on comprend, c'est que c'est reprendre possession de son corps en fait à ce moment-là
13:45pour elle.
13:47Et que c'est très bizarre que les gens n'aient pas pu voir cette chose-là qui était en
13:51fait
13:51un acte courageux.
13:55C'était un acte courageux et comme on l'a dit précédemment, les cheveux des femmes
13:59sont un lieu d'emprise.
14:01D'emprise des autres, mais en fait de nous-mêmes, des femmes.
14:06Et c'est vrai que cet épisode, à chaque fois que je dis à quelqu'un, j'ai écrit sur
14:10Britney
14:10Spears, la fois, tout le monde me fait le geste comme ça, de la main qui se rase le
14:14crâne.
14:14Ça a marqué curieusement finalement beaucoup les esprits, alors qu'on aurait pu se dire
14:19oh ça va, c'est une pop star, c'est pas intéressant.
14:21Mais en fait, si, c'est intéressant parce que c'est pas juste une pop star, c'était
14:25une star internationale.
14:27Tout le monde connaît Britney Spears, on l'aime, on n'aime pas, mais en tout cas
14:31on la connaît.
14:32Et elle était finalement tellement dans une détresse, cette femme, que le seul moyen
14:42pour elle d'appeler au secours et de dire j'existe, mon corps m'appartient, ça a été
14:47à mon sens, je ne suis pas intime de Britney.
14:51Elle le dit elle-même, j'ai été scrutée tellement souvent grandissant, me regardait
14:55de haut en bas, des gens me disaient ce qu'ils pensaient de mon corps depuis l'adolescence,
14:59me raser le crâne et agir de la sorte, ça a été ma façon de rejeter ça.
15:02Ça c'est une phrase qu'elle dit dans sa biographie et dont je me suis inspirée pour
15:05en effet écrire ce texte.
15:07Elle reprend ce soir-là où elle entre dans un salon de coiffure à Los Angeles sous les
15:13mitraillés par les paparazzi, comme on n'a pas idée, comme c'est pas une vie en fait.
15:19Elle entre et c'est un geste à la fois de courage et de désespoir et de reprise, elle
15:24reprend la main en fait, elle reprend la main sur son corps, sur sa vie, elle dit en
15:28fait, fuck quoi, vous allez arrêter de me dire que je dois être blonde, rousse,
15:32verte, avec des nattes sur le côté, des cheveux bouclés, c'est mes cheveux, c'est
15:37un peu ceci et mon corps et ceci et ma chevelure et je vais, je fais faire ce que j
15:43'ai envie
15:43de faire.
15:44Suite à ça, la malheureuse a été traitée de folle, mais parce que je pense que c'est
15:49quelqu'un qui a été rendu folle de fait.
15:51Elle a été écrasée par la machine, j'ai envie de dire hollywoodienne, on n'en est
15:57pas loin encore.
15:58C'est le même genre d'histoire que Marilyn Monroe, c'est des femmes qui ont tellement
16:02souffert.
16:03J'adore les stars, non mais je trouve que c'est, non mais les vrais stars, je veux dire
16:05c'est passionnant, c'est pas juste le côté paillettes, au contraire, c'est cette solitude,
16:11finalement cette détresse qu'elles ont en elles, c'est Diana, Marilyn Monroe, Britney
16:15Spears et sans doute d'autres.
16:18Et aujourd'hui, on voit le résultat, je crois qu'elle ne va pas bien et suite à
16:22cet épisode où elle s'est rasée la tête, voilà, elle a été mise sous curaté.
16:26Et alors là, elle raconte tout ça à son psy et en fait, le psy, il y a une mécanique
16:31d'emprise glaçante parce que c'est lui en fait qui va aller la dénoncer à son père,
16:36dire qu'elle ne prend pas les médicaments qu'elle lui donne alors qu'elle ne veut pas
16:39et qu'elle lui demande de ne pas être médiquée, qu'en fait, on ne comprend pas très
16:42bien tout ça et c'est finalement lui, cet homme encore, qui va aller dire à son père,
16:46à elle, de la faire enfermer.
16:49En fait, j'ai pris ce point de vue-là parce qu'elle qui est si seule, elle se dit
16:56waouh, enfin j'ai quelqu'un à qui je peux avoir confiance, cet homme, ce psychiatre
17:00qui est donc censé être neutre à minima et qui finalement ne l'est pas.
17:06Et elle qui n'a pas d'amis parce que les stars n'ont pas d'amis finalement, c'est
17:10dur d'être une star.
17:12Ou alors c'est des stars quoi, d'autres stars.
17:14Oui, bon après je ne sais pas comment ça se passe entre stars mais un jour peut-être
17:20je vous raconterai.
17:22Et en fait, elle pense que c'est son amie, elle pense que c'est quelqu'un de bienveillant
17:25et en fait non parce qu'elle est finalement tellement seule.
17:29Un peu comme le psy de Marilyn aussi.
17:31Un petit peu comme le psy de Marilyn, exactement.
17:34Alors Jessica, vous, au fil des années, vous avez publié une trentaine d'ouvrages,
17:37il y a de l'humour, il y a de la chronique sociale, il y a un regard en tout
17:39cas très
17:39lucidant sur l'époque qu'on vit.
17:43Alors je dis quelques titres parce qu'ils sont très divers.
17:46Journal intime d'une mère indigne, bon ça...
17:49C'est moi, oui.
17:49Oui, c'est la liberté décomplexée en fait, le droit d'avoir, dire que c'est relou des fois.
17:53Stop aux injonctions, on a le droit et le devoir surtout d'être imparfaites.
17:58Le devoir, pourquoi le devoir ?
18:00Parce que c'est embêtant d'être...
18:02Parce que c'est ça l'humanité.
18:03C'est ça l'humanité, puis ça n'existe pas la perfection, soyons clairs.
18:07On peut y tendre mais en tout cas on n'y arrive jamais.
18:09Voilà ce mythe de la mère parfaite, déjà qu'est-ce que ça veut dire ?
18:12Et puis personne n'est parfait, clairement.
18:13Et puis surtout en fait, je pense qu'être un parent parfait, ce n'est pas forcément une bonne chose
18:17non plus.
18:18On fait ce qu'on peut, on fait ce qu'on peut.
18:20Alors deuxième livre que je vais citer, 40 ans, c'était « Vieux avant ».
18:24C'est-à-dire qu'aujourd'hui on n'est plus vieux quand on a 40 ans.
18:26Non, je crois que ça se voit, non ?
18:29Oui, vous qui nous regardez sur YouTube, nous sommes si jeunes.
18:3340 ans, oui, c'est un livre d'humour sur le fait qu'en effet...
18:37Fortis, the new thirties, c'est ça ?
18:39Exactement, voir the new twenties maintenant.
18:41Maintenant que j'avance en âge, je me dis...
18:43En fait on sort à peine de l'adolescence, quoi.
18:45C'est ça.
18:45Je me dis mon dieu, non non mais voilà.
18:47Et pourquoi manger du gluten ?
18:49Parce que ça, c'est un autre titre encore, parce que vous êtes pour le gluten ?
18:52Non, non mais...
18:53Pour le pain, les pâtes et tout.
18:54Non, c'était un titre que je trouvais marrant.
18:56En fait j'avais vu ce...
18:58Parce que, je vais continuer le titre.
18:59Oui, continuer.
19:00Manger du gluten, boire de l'alcool et baiser le premier soir.
19:03Parlons vrai sur Sud Radio.
19:05Parlons vrai.
19:05Non mais parce qu'en fait je voulais un petit peu tordre le coup aux injonctions qui nous sont données.
19:10Mangeons du pain, buvons des jeans toniques et puis pourquoi pas au bout d'une heure quand même.
19:15Et pourquoi pas ?
19:16Alors, c'est pas du tout moi, évidemment.
19:18Ah bon ?
19:18Non, non mais en fait je voulais...
19:21Voilà, on est quand même envahis d'injonctions nous les femmes.
19:25Et d'autant plus à l'ère des réseaux sociaux, des réseaux genre Instagram, TikTok, etc.
19:33qui nous montrent des femmes formidables qui se lèvent, qui font leur salut au soleil, qui font une heure de
19:39yoga.
19:39Puis ensuite, il n'est jamais que 6h30 du matin.
19:42Elles vont réveiller les enfants en chantant parce qu'en plus elles chantent bien.
19:45Elles les amènent à l'école en vélo parce que...
19:47Sinon elles ferment le coffre avec le pied droit aussi.
19:49Bien sûr, elles lèvent la jambe haut.
19:51Elles ont des jobs formidables.
19:53Elles font l'amour 18 fois par mois, par semaine, que dis-je, par jour.
19:57Elles ont plein d'amis, elles se fassent jamais.
19:59Elles lisent trois bouquins par jour.
20:02Elles sont merveilleuses.
20:03Elles sont merveilleuses.
20:04Et en fait, je trouve que c'est pas possible.
20:07Parlons vrai sur Sud Radio, c'est un putain de nouveau dictat.
20:10C'est-à-dire qu'avant, il fallait être mère au foyer, machin, machin.
20:13Et aujourd'hui, il faut être tout.
20:14Tout, très bien.
20:15Tout, et donc on ne peut pas être tout.
20:18Soyons clairs, on ne peut pas être tout.
20:20On peut essayer d'être un petit peu partout ou super quelque part.
20:24Mais on ne peut pas être à la fois...
20:25Ou alors, il y a un mensonge quelque part.
20:28Et on a toutes plein d'amis qui sont un petit peu tout ça.
20:31mais pas tout à la fois.
20:33Vous, vous avez quand même toujours cherché, en fait, Jessica,
20:36à régler les problèmes que vous rencontriez en tant que femme
20:38à travers des propositions d'écriture,
20:40des propositions de dénonciation,
20:42de ce qui ne vous convenait pas, etc.
20:45Et quand vous avez créé Youpis, en fait, c'est la même chose.
20:47Vous étiez jeune mère, c'était compliqué, les gardes et tout ça.
20:51Donc, il fallait trouver une solution.
20:52En fait, quand il n'y a pas de solution, vous les proposez,
20:54vous les cherchez, vous les créez.
20:57J'essaye d'aider.
20:58En fait, encore une fois, je trouve qu'on porte beaucoup de choses,
21:01nous, les femmes.
21:03Alors, ça va de mieux en mieux.
21:04La société avance, en tout cas ici, en France.
21:07Mais c'est vrai que ça reste quand même un sujet.
21:09Alors, moi, mes enfants sont grands maintenant.
21:11Mais quand on est jeune mère,
21:13qu'on doit à la fois, donc encore ces injonctions,
21:15on doit travailler, mais on doit s'occuper des enfants
21:17et on doit faire à manger et on doit faire du sport
21:18et on doit être, etc.
21:21On n'a pas encore beaucoup, beaucoup de solutions
21:23pour garder les enfants.
21:24Donc, il faut retourner au travail au bout de deux mois.
21:26Mais qui va garder les enfants ?
21:27Et puis, il n'y a pas de place en crèche.
21:28Donc, je me suis dit, à l'époque, avec un ami d'enfance,
21:33Benjamin Suchard, on s'est dit,
21:34bon, il faut qu'on trouve quelque chose
21:38pour aider, pour, en tout cas, donner des solutions.
21:42Et donc, on a mis en place ce site internet, YouPease,
21:46qui a été ensuite développé dans pas mal de temps.
21:47Alors, moi, je l'ai utilisé quand ma fille était petite.
21:50Ça m'a sauvé la vie un nombre incalculable de fois.
21:52Donc, je vous remercie, Jessica.
21:53Plaisir.
21:54Mais c'est vrai qu'il faut essayer de rendre la vie plus douce
21:59pour les femmes, qu'elles soient mères ou pas, d'ailleurs,
22:02en l'occurrence mères.
22:03C'est une histoire de douceur, je suis bien d'accord.
22:06Est-ce que ce n'est pas ça qui nous manque, finalement,
22:08un petit peu dans ce monde de brutes ?
22:09Non, mais sincèrement.
22:10C'est-à-dire qu'à un moment donné, est-ce que...
22:13Même le féminisme, je peux vous en parler deux minutes,
22:15il y a quand même beaucoup de clivages entre femmes,
22:17entre les différents mouvements,
22:19qui ne se reconnaissent pas,
22:19qui ne soutiennent pas les uns les autres, etc.
22:22Est-ce qu'à un moment donné,
22:23on ne changera pas vraiment les choses
22:25en injectant de la douceur dans tout ça
22:27et en se regardant telle qu'on est,
22:29en se tendant la main ?
22:30C'est un peu utopique, ce que je vous dis,
22:32mais on en rêve, quoi.
22:33On va faire une chanson, Judith.
22:35Non, mais...
22:35Je suis tout à fait d'accord.
22:38Il y a des guerres entre femmes,
22:40entre féministes,
22:41et ça, ça me sidère totalement,
22:45alors qu'on devrait avancer toutes
22:47pour le même but,
22:48c'est-à-dire le bien-être des femmes,
22:51le mieux-être,
22:52la santé des femmes,
22:53la santé physique,
22:54la santé mentale.
22:57Bon, je crois que l'humain est fait ainsi
22:59qu'il y a des guéguerres.
23:02Alors, est-ce que la question,
23:03ce n'est pas aussi que finalement,
23:04ce patriarcat dans ton père,
23:05là, il n'est pas encore complètement présent ?
23:07C'est-à-dire qu'en fait, en général,
23:08quand les femmes se déchirent entre elles,
23:10c'est parce qu'il y a une ode masculine
23:13quelque part à faire.
23:15Peut-être, mais c'est vrai que,
23:16encore une fois, moi,
23:18j'essaye en tout cas de réunir des femmes
23:19autour de projets qui me tiennent à cœur
23:22et que je...
23:23Ce n'est pas ça qui change le monde,
23:24mais petit à petit,
23:26je crois déjà par la lecture,
23:29ensuite par le fait de se réunir,
23:31de réunir des femmes
23:32pour un même projet,
23:33déjà, c'est déjà pas mal.
23:35Bravo.
23:36Et qu'en fait, oui, effectivement,
23:39il faudrait qu'on avance tous,
23:40toutes et toutes, ensemble,
23:43main dans la main.
23:43Allez, pour terminer,
23:44je vais lire le pitch de votre livre Chevelure
23:46que je recommande, encore une fois,
23:48aux auditrices, aux auditeurs,
23:49parce qu'évidemment,
23:50les hommes peuvent et doivent être féministes.
23:52C'est l'histoire d'une femme
23:53dans les chevelures blanchissent
23:55d'une Iranienne qui libère sa chevelure
23:56sur la place publique au péril de sa vie.
23:58D'une femme qui, dans les années 20,
23:59se coiffe à la garçonne
24:00d'un homme qui tombe amoureux
24:01des cheveux d'une inconnue,
24:02d'une femme jugée pour sa rousseur,
24:04d'une popstar qui se rase la tête
24:05sous les flèches des paparazzis,
24:07de jeunes filles tondues par erreur.
24:09Grosso modo,
24:10c'est l'histoire des chevelures,
24:11des femmes d'aujourd'hui,
24:13d'hier et de demain.
24:14Et c'est pas n'importe quoi.
24:15Merci beaucoup d'être venue,
24:16Jessica Zimmerman.
24:17Merci.
24:18Je vous le recommande,
24:19c'est sorti aux éditions Charleston.
24:211 euro sont reversés par exemplaires
24:23achetés à l'association 125 et après,
24:27qui est une association de lutte
24:28contre les violences conjugales.
24:30Merci à tous, à toutes,
24:32de nous avoir écoutés aujourd'hui.
24:33Rendez-vous samedi prochain à 13h30
24:35pour découvrir une nouvelle femme
24:36d'exception.
24:37Et puis demain à 19h pour cet excellent,
24:39vous le savez.
24:39Merci à Julien en régie
24:41et prenez soin de vous,
24:42je vous embrasse, bye.
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