- il y a 13 minutes
Avec Maurice Berger, pédopsychiatre
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
00:05Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gilles Gansman, bonjour Valérie, bonjour Félix Mathieu,
00:09bonjour Valérie, bonjour tout le monde.
00:10On va reparler de la canicule, mais d'un point de vue, hier ça a fait le buzz, Sandrine Rousseau
00:17sur Sud Radio,
00:18Sébastien Lecornu lui a répondu de façon assez véhémente, on va revenir sur ce congé maternité,
00:24ce congé de naissance plus précisément qui risque de changer, d'être allongé,
00:30et puis c'est quoi le problème ?
00:32Eh bien on va revenir sur cette violence débridée d'une partie de la jeunesse,
00:37des faits divers avec des jeunes qui paraissent sans limite,
00:40on aura en ligne avec nous Maurice Berger, pédopsychiatre,
00:43qui alerte depuis déjà de nombreuses années sur cette violence des mineurs
00:49et sur ces causes contre lesquelles on n'a pas fait grand chose.
00:52Gilles, vous allez parler de quoi dans votre zapping ?
00:55Je vais parler de Poutine, est-il en train de perdre la guerre ?
00:58Car ce n'est plus les Ukrainiens qui lui mettent la pression, mais son propre peuple,
01:03et puis je vous parlerai du plus grand barbecue vegan, chipolata et merguez vegan,
01:09est-ce que ça vous tente pour votre été ? 0826 300 300 ?
01:12Pas franchement, mais bon, on en parlera.
01:15Félix Mathieu, c'est quoi le problème ?
01:16Bien la problème c'est cette violence des jeunes, de plus en plus jeunes, de plus en plus violents,
01:22la violence débridée d'une partie de cette jeunesse, expression récemment employée par le ministre de l'Intérieur
01:29après l'assassinat de Louis, 17 ans, battu à mort à Narbonne, mais il réfute le terme d'ensauvagement.
01:35En tout cas, Laurent Nunez réagissait effectivement à cette terrible scène qui a été filmée, diffusée sur les réseaux sociaux.
01:40Plusieurs jeunes en train de porter de violents coups de poing, de pied à Louis,
01:44qui est lui prostré au sol dans une cage d'escalier.
01:47Un individu a croupi au-dessus de lui, notamment le frappe vraiment violemment au visage.
01:51C'était il y a une dizaine de jours à Narbonne.
01:52L'ado de 17 ans a été retrouvé inanimé au petit matin.
01:55Il a été transporté à l'hôpital où malheureusement il avait succombé à ses blessures.
01:59Cinq jeunes ont été identifiés puis interpellés.
02:02On parle d'un gars tapant.
02:03L'un d'eux aurait attiré Louis pour un motif fallacieux.
02:05Louis qui a été accueilli depuis mai dans une structure de l'aide sociale à l'enfance de Narbonne.
02:10Certains de ses agresseurs d'ailleurs étaient connus aussi des services de l'ASE.
02:14L'un d'eux en tout cas entretenait apparemment indifférent avec la victime.
02:17Louis qui avait déposé plainte en mai pour des faits mettant en cause d'autres jeunes sans lien avec les
02:22mises en examen.
02:23Encore pour d'autres faits de violence.
02:25Il s'était aussi rendu dans une gendarmerie du Tarn 11 jours seulement avant sa mort pour y dénoncer des
02:31faits de violence en Réunion.
02:32Et alors l'affaire a rapidement pris une tournure politique.
02:36Oui, de Gabriel Attal qui en a appelé un choc d'autorité.
02:39A Marine Le Pen, Jordan Bardella qui sont allés de leurs expressions.
02:42Barbarie du quotidien, en sauvagement, symbole d'un pays à la dérive.
02:47Tout en parlant de violences débridées, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, on en parlait, condamne, je le cite,
02:52une récupération politique de l'extrême droite.
02:55Parce que des identitaires ont avancé ou bien en tout cas ont suggéré qu'il y aurait un mobile racial
02:59dans cette histoire.
03:00Élément contesté par le parquet.
03:02De son côté, l'ancien ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui était invité ce matin sur Sud Radio,
03:08estime que la question du langage est au cœur de ces violences.
03:13Et on l'écoute Bruno Le Maire.
03:14Alors, oui, il y a des questions d'autorité, évidemment.
03:17Oui, l'excuse de minorité doit être revue, évidemment.
03:19Oui, il faut une chaîne pénale, j'en ai parlé.
03:21Mais si on va plus loin dans le raisonnement, à force d'avoir des enfants qui ne savent pas exprimer
03:25leurs sentiments,
03:27discuter entre eux, formuler leurs idées, l'absence de langue les conduit à être violents.
03:32Défendre la lecture, relancer la lecture, s'assurer que les gamins à 5 ans, 6 ans, 7 ans,
03:37ont le nombre de mots de vocabulaire nécessaires pour s'exprimer, qu'ils retrouvent le goût du silence et la
03:42lecture,
03:43qu'ils sont coupés des réseaux sociaux sur lesquels ils peuvent passer 4, 5, 6, 7 heures par jour.
03:48Ça, c'est un combat vital.
03:50C'est le combat pour la langue française et pour la lecture.
03:53En tout cas, quelques jours plus tôt, avant Narbonne, c'est l'incroyable futilité du mobile d'un autre meurtre
03:58qui avait consterné cette fois à Rennes.
04:00Souvenez-vous, un enfant de 11 ans, étranglé par deux ados qui voulaient cette fois se venger,
04:06récupérer du matériel de pêche d'une valeur de quelques dizaines d'euros.
04:09Maurice Berger, bonjour.
04:11Vous êtes médecin, pédopsychiatre.
04:13Vous avez publié notamment « Mineurs violents, états inconsistants » pour une révolution pénale aux éditions L'Artilleur.
04:20Et vous aviez publié chez Duneau en 2008, 2008, c'était presque 20 ans.
04:26« Voulons-nous des enfants barbares ? »
04:28C'est un livre qui, moi, m'avait profondément marqué.
04:30Je vous avais reçu à l'époque sur LCI.
04:33Et vous décriviez ce qui est en train de se passer, ce à quoi on est en train d'assister.
04:40Qu'est-ce que vous avez envie de dire ce matin devant finalement ces prédictions,
04:46ce que vous aviez vu arriver et qui n'a pas été entendu ?
04:52Oui, effectivement, c'est totalement anticipable.
04:56Et la situation actuelle, je la décris comme ce que j'appelle une violence en « open space ».
05:01« Open space », c'est-à-dire qu'on a atteint un niveau où les mineurs violents disent «
05:09je fais ce que je veux »,
05:10« je le fais où je veux », à l'école, « je le fais sur qui je veux »,
05:14des éducateurs, des soignants.
05:17Tout ce qui me gêne dans l'expression de mes souhaits est considéré comme une entrave qu'il faut abattre.
05:25C'est-à-dire que le mot « open space » n'a pas de sens pour ces mineurs.
05:29« Refuse d'open space » n'a pas de sens puisqu'ils ne savent pas ce que c'est
05:32qu'open space.
05:33Donc il faut abattre l'obstacle, le policier.
05:37Un contrôle de type de transport est vécu aussi comme une provocation.
05:41Et l'acte commis est immédiatement filmé avec certé.
05:46C'est-à-dire qu'il y a une appartenance au groupe qui fait qu'on est fier de montrer
05:51qu'on a tapé très fort.
05:52Et c'est diffusé tout de suite sur la nette.
05:55Donc avec plus aucune limite.
05:57– Mais en même temps, comment on en est arrivé là ?
06:02Ce que vous décriviez en 2008 dans ce livre,
06:05ça fait plus de 40 ans que vous travaillez avec des enfants délinquants, mineurs,
06:10vous avez vu évoluer cette violence, cette désinhibition, ce non-sens.
06:17Je crois que c'était dans ce livre-là que vous racontiez cet enfant,
06:19je donne souvent cet exemple, qui avait failli tuer un de ses camarades.
06:23Vous lui aviez dit « Pourquoi tu ne l'as pas tué ? »
06:25et il vous avait répondu « Parce que mon copain m'a retenu par le coup ».
06:28C'est-à-dire qu'il n'y a pas la notion de vie et de mort.
06:30Mais comment on a évolué depuis 40 ans vers cette désinhibition,
06:35vers cette négation de l'humain finalement ?
06:39– Eh bien, je ne vais pas répondre directement à votre question.
06:44Parce que je l'ai déjà écrit à nombreuses ouvrises.
06:47Et je pense que là où nous en sommes, la question, c'est qu'on est au-delà de la
06:55parole
06:55et qu'on est au-delà de l'éducatif.
06:59La seule question qui compte, c'est quelle limite on pose ?
07:03Et j'avais écrit, vous le savez, que ces mineurs avaient une absence complète d'empathie,
07:09c'est-à-dire d'identification à autrui qu'ils peuvent taper.
07:12Mais il y a un autre facteur qui est tout aussi important,
07:15à savoir qu'ils n'ont aucune capacité d'anticiper les conséquences de leur acte pour eux.
07:23C'est-à-dire que quand un meurtrier réalise qu'il va aller en prison, il s'effondre.
07:29Alors, ça signifie une atteinte de la pensée absolument colossale.
07:35Et ça, ça ne peut...
07:36Alors, je donne l'exemple d'un mineur qui vient de faire 4 ans de prison.
07:41Et je lui dis, qu'est-ce que vous pourriez me donner comme conseil,
07:45ou qu'est-ce que vous donniez comme conseil à un autre jeune,
07:48pour qu'il n'ait pas le même parcours ?
07:50Et il m'a répondu, les paroles, ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre.
07:55Ce qu'il faut, c'est des actes forts.
07:56Visiter une prison, être sûr que ça va tomber, aller montrer une tombe, etc.
08:02Donc nous, nous sommes dans...
08:05Regardez l'affaire d'Elias.
08:07Des paroles, les assassins en ont eu, de la part des éducateurs,
08:11de la part des vues, ça n'a servi à rien.
08:13Donc nous devons donner aux mineurs les moyens d'anticiper ce qui va leur arriver.
08:20Et pour cela, il faut d'abord centrer notre système pénal
08:25sur la gravité de l'acte, et non pas sur la personnalité de l'auteur.
08:31D'abord, qu'est-ce qui est grave ?
08:33Et là, je peux vous dire qu'il y a vraiment du travail à faire.
08:35Quand je vois des jugements pour des personnes,
08:38même des personnes âgées, qui ont une atteinte cérébrale
08:42suite à une agression et les peines ridicules en face,
08:46donc on doit centrer sur la gravité.
08:47Et telle gravité égale telle peine.
08:52Après, il y a à refonder totalement la justice des mineurs.
08:57Quand je dis totalement, le risque, c'est le bricolage.
09:01C'est-à-dire une mesure par-ci, une mesure par-là.
09:04C'est impossible, ça ne marchera pas.
09:06Il faut des grands axes.
09:08Le premier axe, c'est que la justice a pour fonction de protéger la société.
09:14Et dans cette fondation, moi, je crois qu'il faut distinguer
09:19la délinquance sans atteinte à l'intégrité physique.
09:23Et là, pour moi, ce sont des peines de prison avec certitude.
09:27C'est-à-dire qu'il faut que ces mineurs puissent anticiper.
09:31Et l'autre fausse, c'est la délinquance non-violente.
09:35Allez-y, oui.
09:36Vous voulez me questionner ?
09:37Oui, absolument.
09:38Mais avant d'arriver en prison, est-ce qu'il n'y a pas un souci d'éducation ?
09:43Un souci où la société n'a plus cette dureté dont vous parlez ?
09:47La justice n'a plus de dureté.
09:49Mais aujourd'hui, l'enfant est roi.
09:51Ça a été un grand mouvement.
09:54J'ai vu là avec beaucoup de gens qui réagissaient, vous savez, à Hamza,
10:00qui disaient un bon coup de pied au cul.
10:03Et ça révoltait beaucoup de gens que des gens reviennent à cette ancienne méthode.
10:08Est-ce que, finalement, on n'a plus d'autorité sur son enfant ?
10:15C'est vrai que la société, je vais vous dire pourquoi, est moins porteuse d'interdits.
10:22C'est-à-dire qu'il y a une trentaine, peut-être, ou une quarantaine d'années,
10:28des parents élevaient leurs enfants avec des valeurs
10:31parce qu'elles leur avaient été transmises par leurs propres parents.
10:34Et puis, il y a un autre niveau d'interdit, et c'est le niveau d'interdit groupal.
10:40C'est-à-dire, j'élève mon enfant parce que je crains le camp du raton.
10:48Qu'est-ce qu'on va penser de moi que mon enfant est mal élevé ?
10:50Ça, ça a complètement lâché.
10:53C'est-à-dire qu'il y a une mentalité de groupe.
10:55Oui, mais tous les enfants font ça, etc.
10:58Et quand ça a lâché, on s'est rendu compte que beaucoup de parents
11:02n'arrivaient à tenir des interdits que parce qu'ils craignaient le regard des groupes.
11:09Alors, je vais vous donner un exemple très simple.
11:12Là où je travaillais, où je travaille encore dans un autre endroit,
11:16il y a une majorité, mais très large, d'éducateurs maghrébins, d'origine maghrébine,
11:22et de mineurs d'origine maghrébine, délinquants, violents.
11:25Donc, je demandais à ces éducateurs,
11:29pourquoi ils ont été élevés dans les mêmes quartiers que vous,
11:32les mêmes condéphémies ?
11:33Pourquoi est-ce que vous, vous n'êtes pas devenus délinquants comme eux ?
11:35Et la réponse est toujours la même.
11:38Tout d'abord, mes parents exigeaient que je rentre directement de l'école à la maison
11:44et ils vérifiaient que mes noirs, ça fait même des parents illétrés.
11:48Deuxièmement, mes parents ne voulaient pas que je leur fasse honte
11:53et ils voulaient avoir un enfant présentable et aimable en société.
11:57Et troisième point, ces parents voulaient s'enraciner dans le pays.
12:01Donc, il y a eu, c'est vrai, un lâchage collectif.
12:06Et le premier lâchage, alors on ne sera sans doute pas,
12:09tout le monde ne sera sans doute pas d'accord,
12:11mais ça a été la loi qui interdit les châtiments corporels.
12:16C'est-à-dire qu'une fessée que je vis bien tempérée
12:21au moment où un enfant nargue ses parents
12:24et quand on le met en chambre, c'est-à-dire une sorte d'isolement,
12:29que ça ne donne aucun effet et qui détruit tout, etc.
12:33Il y a des circonstances où c'est la seule butée qui permet
12:37et une seule suffit dans la vie.
12:38Alors, vous savez, Hamza, refus d'obtempérer à pied,
12:43code pénal, deux ans de prison, 15 000 euros d'amende.
12:47Raquette, sept ans de prison, 100 000 euros d'amende.
12:49Il ne s'agit pas d'aller aussi loin,
12:51mais ça veut simplement dire que pour lui,
12:54je pense qu'une courte peine, ça serait quelque chose,
12:57alors qu'il n'a pas commis d'atteinte à l'intégrité physique,
13:01ça serait quelque chose, il nous bloquerait sérieusement.
13:03Et si les parents devaient payer,
13:06sans aller aussi loin, bien sûr,
13:07mais une partie de cette amende,
13:09je pense que ça se calmerait.
13:11Oui, mais c'est effectivement,
13:13la société visiblement n'est pas tout à fait prête.
13:17On se retrouve dans un instant avec vous,
13:18Maurice Berger, pour évoquer ces mineurs
13:21et puisque vous préconisez effectivement
13:23une révolution pénale et des sanctions directes
13:26et adaptées à ces mineurs violents.
13:29A tout de suite.
13:3010h midi, mettez-vous d'accord.
13:33Sud Radio.
13:34Midi, mettez-vous d'accord.
13:36Valérie Expert.
13:36Et nous sommes ensemble jusqu'à 10h30
13:39avec le professeur Maurice Berger, pédopsychiatre.
13:42Je rappelle votre dernier livre,
13:44« Mineurs violents, états inconsistants »
13:49pour une révolution pénale.
13:52C'est le dernier, oui.
13:53C'est le dernier.
13:53Aux éditions, l'artilleur,
13:55nous parlons donc de ces mineurs ultra-violents.
13:59Pour vous, aujourd'hui, il n'est plus qu'effectivement,
14:01vous avez longuement évoqué les causes.
14:04Aujourd'hui, il faut sanctionner.
14:06Et on évoquait l'affaire Hamza, ce que disait Gilles Ganzmann,
14:10c'est qu'il y a des débats depuis quelques jours à la télévision
14:14de gens qui s'échappent en disant « mais c'est un jeune, il faut le laisser faire ».
14:17Quand on pousse comme il l'a fait une jeune femme dans l'eau
14:20sans savoir si elle sait nager, c'est une atteinte à la personne.
14:25Alors on a une auditrice qui voulait réagir.
14:28Liliana, bonjour.
14:29Oui, bonjour.
14:31Je suis maman d'un enfant de 18 ans.
14:35Il a 18 ans.
14:37Oui.
14:38Et depuis, bien sûr, qu'il est entré à l'adolescence,
14:41on vit avec la peur, comme tout parent,
14:46qu'il puisse lui arriver quelque chose.
14:48Oui.
14:49Et je constate depuis qu'il est tout petit
14:53que dans la société, on a un problème.
14:57Tes parents.
14:59Et je me permets de dire ça
15:01puisque j'ai accompagné les enfants de la classe de mon fils
15:06tout le temps en sortie
15:07et j'ai discuté avec la directrice de l'école,
15:10avec les maîtresses d'école.
15:13Et dès tout petit,
15:15il y a par exemple des parents
15:17qui sont convoqués à l'école
15:20et ils ne viennent jamais.
15:22Oui.
15:23Donc vous vous interrogez sur la responsabilité
15:27des parents,
15:28ce qu'évoquait Gilles tout à l'heure,
15:30à savoir effectivement ce courant d'enfants rois
15:33à qui est-ce que disait Maurice Berger tout à l'heure,
15:35d'un enfant à qui on ne met pas de barrières
15:39ni de contraintes.
15:42Exactement.
15:42Oui.
15:43Maurice Berger, mais ça, vous dites que c'est déjà presque trop tard.
15:49Écoutez,
15:51il est intéressant
15:52justement,
15:54il est intéressant
15:55de lire ce qui se fait à Orléans
15:58comme mode de prévention
16:00dès la petite enfance,
16:02dès le début de chèque scolaire,
16:03où c'est quelque chose qui est extrêmement structuré.
16:06Et des parents qui se comportent comme ça
16:08vont être tout de suite convoqués
16:10au Conseil des droits et devoirs des parents
16:13qui sont dans la ville.
16:15Il va être proposé un étayage scolaire.
16:18Et surtout, il y a des parents médiateurs.
16:20C'est-à-dire que ça se passe de manière horizontale
16:22des parents qui vont aider les autres parents aux difficultés.
16:26Mais ce que dit madame est tout à fait important.
16:29C'est-à-dire qu'on a de plus en plus de parents
16:32qui laissent à l'école
16:36la tâche,
16:37le devoir de dire non
16:38et de poser des interdits.
16:40Donc moi, je trouve que c'est tout à fait lâche
16:42comme position.
16:44Ce sont des parents qui renoncent
16:46à faire grandir leur enfant.
16:47Donc cela complexifie,
16:49rend beaucoup plus difficile le travail des enseignants
16:52qui passent beaucoup de temps à maintenir
16:54l'ordre à l'école
16:55au lieu de transmettre du savoir.
16:59Je crois que ça doit être contractualisé.
17:02J'ai travaillé avec une enseignante du 9-3.
17:05C'était tout à fait passionnant.
17:07Sa première question, ça a été
17:08qu'est-ce qu'on dit aux enfants de 3 ans
17:11qui mordent les autres ?
17:12Première question, comme ça.
17:14Donc, qu'est-ce qu'on leur a appris à la maison ?
17:17Est-ce qu'on leur a appris un nom structurant ?
17:20C'est-à-dire que tu ne fais pas autrui
17:22ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.
17:23De toute évidence, ce n'a pas été le cas.
17:26Donc, je pense qu'il faut littéralement
17:28des contrats signés par les parents
17:31à savoir que
17:33s'ils n'acceptent pas ce contrat,
17:35s'ils ne viennent pas, etc.,
17:37il faut des systèmes d'exclusion,
17:39des systèmes de sanctions.
17:41Très, très vite,
17:42des systèmes de retrait,
17:44des aides sociales diverses
17:47et qu'on ne doit plus être dans le moindre laxisme,
17:55la moindre acceptation de ce genre d'attitude.
17:58Ce que j'ai conseillé dans le 9-3,
18:01dans l'établissement en question,
18:02c'est des contrats précis et signés.
18:05– Et ça a fonctionné ?
18:09– C'est ce que j'ai préconisé.
18:14De ce que mes enseignants étaient soulagés
18:16de cette idée,
18:17je ne sais pas si ça s'est mis en place.
18:19– Mais oui, c'est ça en fait.
18:20– Tout ce que vous dites est logique
18:23et on a tous envie que la société évolue,
18:26aussi bien pour que ces enfants
18:28puissent ensuite grandir comme adultes,
18:30même s'ils ont fait, on va dire,
18:33des bêtises quand ils étaient jeunes,
18:34leur donner une autre chance.
18:35Mais tout ce que vous dites
18:37est totalement impossible.
18:38La prison pour mineurs, c'est impossible.
18:41Changer les mentalités,
18:43je ne pense pas qu'on reviendra
18:46sur les comportements des enfants rois.
18:49Tout ça me paraît à la fois intéressant,
18:53mais à la fois utopique.
18:58Est-ce que vous, vous avez ce sentiment-là ?
19:01– Moi, je n'ai absolument pas ce sentiment.
19:05Il y a des grands points.
19:08Ça va être l'enjeu de l'élection de 2027.
19:12Ce qu'il ne me faut pas,
19:13ce sont des demi-mesures.
19:14Prenons le cas du projet de loi Attal.
19:17C'était certes une petite avancée,
19:20bon, balayée par le Conseil constitutionnel
19:22comme on pouvait s'y avancer,
19:23mais regardez, il y avait dedans
19:25la comparution immédiate pour les mineurs.
19:27On se disait chic,
19:28et puis quand on regardait, c'était
19:29si le mineur avait plus de saison,
19:32s'il était en état de récidive,
19:34s'il a eu un délit en courant plus de 50 prisons,
19:37et s'il était d'accord pour la comparution immédiate.
19:39Si c'est des modifications législatives comme cela, non.
19:42Il faut d'abord supprimer totalement la loi Belloubet,
19:47qui interdit les incarcérations rapides.
19:49Et il faut supprimer un grand tabou,
19:53un grand principe,
19:54qui est le principe de la récidive.
19:56C'est-à-dire qu'il y a en France
19:58un droit de premier pillage
19:59et premier tabassage pour un mineur.
20:02Non.
20:02Ce qui compte, c'est la gravité du fait.
20:05Et je suis en train de...
20:09Dans mon livre, il y a des préconisations.
20:12Je sais que ces préconisations
20:13seront reprises par certains politiques.
20:17Je vais les réécrire de manière différente encore.
20:20Mais c'est tout à fait réalisable.
20:24Je ne suis pas un utopiste.
20:26Moi, je suis sur le terrain.
20:28Et je suis vraiment convaincu
20:32que nous avons la possibilité de modifier les choses.
20:35Alors, je vois à l'instant
20:36une dépêche adressée par le ministère de la Justice
20:39au parquet confirme
20:40que pour les décisions prises à compter
20:42de ce mercredi, donc d'aujourd'hui,
20:43le maintien d'un mineur renvoyé en cours d'assises
20:46sera dépourvu de toute base légale.
20:48Et donc, les magistrats vont se retrouver
20:50face à un casse-tête juridique.
20:52Donc, on est...
20:53Ça rejoint ma question.
20:55C'est...
20:56On est dans des errements
21:00par rapport à la justice aussi,
21:02par rapport à la justice des mineurs.
21:05Oui, mais je crois qu'en même temps,
21:06les représentants des parquets
21:09ont demandé
21:10que ça ne soit pas mis à exécution.
21:12Oui.
21:13Voilà.
21:15C'est...
21:17Je vais vous donner un autre petit exemple.
21:19Il nous reste peu de temps.
21:20Oui.
21:21Nous avons actuellement des juges des mineurs.
21:23Les enfants.
21:23Les juges des mineurs ont deux fonctions.
21:25Celle de protéger.
21:26C'est la protection quand on est maltraitant.
21:28C'est une négligence,
21:29c'est une agression sexuelle.
21:30Et en même temps, la fonction pénale.
21:32Et on se rend compte
21:33qu'ils n'arrivent pas
21:34à obtenir les deux positions.
21:37C'est-à-dire protéger d'un côté
21:38et d'un autre sanctionné.
21:40Donc, il faut qu'il y ait
21:42deux sortes de magistrats.
21:43Et que le pénal mineur
21:45soit gonfié
21:46à des magistrats correctionnels
21:49d'adultes
21:50avec une spécificité,
21:52une spécialisation mineure.
21:54Et déjà,
21:54ça changement au niveau idéologique.
21:56Mais, je vous assure,
21:57nous avons maintenant
21:58les outils de compréhension,
22:00l'expérience d'autres pays,
22:03les outils de compréhension cliniques.
22:05La prison,
22:06ce n'est pas la prison pour la prison.
22:07C'est une butée dans les actes.
22:10La seule butée possible.
22:11Et c'est le seul moment
22:13où un mineur peut réfléchir,
22:15c'est-à-dire arrêter
22:16d'être dans l'agir
22:17et dans l'émotion brute.
22:18Nous avons tous les outils
22:20pour mettre ça en place.
22:22Je ne lâche pas.
22:23Et c'est jouable.
22:25Bon, écoutez,
22:26espérons que vous soyez...
22:27Vous êtes reçu
22:27par les différents ministères
22:29intérieurs, justice ou autres ?
22:31Est-ce que vous êtes entendu ?
22:34J'ai été trois fois
22:35au ministère de la Justice,
22:37vous m'en rappelez sans doute,
22:38en 2008,
22:39où on m'a appris le livre en question,
22:41où on m'a répondu
22:41qu'il n'y a que 10 adolescents
22:45hautement perturbateurs
22:45dans les écoles.
22:46Mais nous, on en a...
22:47On en avait sans arrêt.
22:49Par contre, c'est vrai
22:50qu'il y a une personnalité politique
22:53qui m'a reçu plusieurs fois,
22:55je le dis clairement,
22:55et qui, je pense,
22:56a intégré la plus grande partie
22:59de ces notions cliniques
23:01et judiciaires,
23:02c'est Bruno Rotaillot,
23:04qui lui a pris conscience de ça.
23:08Merci beaucoup, Maurice Berger.
23:10Je conseille vraiment la lecture.
23:11Tous vos livres sont disponibles.
23:13Voulons-nous des enfants barbares 2008 ?
23:15Mais beaucoup de choses,
23:17je pense à notre auditrice,
23:18sont dites dans ce livre gratuit.
23:22Non, il n'est pas gratuit dans ce livre-là.
23:24Et puis le dernier est un inconsistant.
23:26mineur violent est un inconsistant
23:27pour une révolution pénale
23:29aux éditions L'Artilleur.
23:30Merci à vous, Maurice Berger,
23:31d'avoir été avec nous ce matin.
23:34J'espère que vous serez entendus.
23:35On se retrouve dans un instant
23:36pour commenter l'actualité.
23:37A tout de suite.
23:3910h30, mettez-vous d'accord.
23:41Sud Radio.
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