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  • il y a 7 heures
Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Claire Geronimi, fondatrice d'Eclats de femmes et autrice de “le Le hall d'entrée : Pour eux, je n'avais pas le bon profil”

"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !

Une émission de Judith Beller.

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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-02-14##

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Transcription
00:00La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Sud Radio, il est 13h30, bienvenue dans Parlons Femmes, l'émission de celles qui font bouger les lignes.
00:14Ravie d'être avec vous.
00:15Je reçois aujourd'hui Claire Géronimi, qui est entrepreneur, fondatrice de l'association Éclats de Femmes,
00:20vice-présidente de l'UDR et auteure du livre Bouleversant, le hall d'entrée pour eux, je n'avais pas
00:24le profil.
00:25C'est sorti chez Fayard. Bienvenue Claire.
00:27Bonjour, merci.
00:28Avec plaisir.
00:30Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:33Parlons Femmes vous pose des questions Claire. Vous êtes prête ?
00:37Merciz-vous.
00:38Quelle femme, connue ou inconnue, vous inspire une force radicale ?
00:43Marlène Schiappa, qui a écrit la préface de mon livre. Je pense, à mon sens, c'est une féministe engagée
00:50et qui sait faire la distinction entre soutenir toutes les victimes, peu importe le message politique qu'une victime peut
00:58incarner.
00:58Oui. Ça, c'est vraiment important, effectivement.
01:00En effet. Marlène Schiappa m'a... D'ailleurs, j'en parle dans mon livre. Marlène Schiappa m'a gentiment ouvert
01:08ses portes 3-4 mois après mon agression,
01:11au moment où j'essayais de contacter beaucoup de figures féministes et...
01:15Qui vous répondait pas ?
01:17Qui malheureusement ne me répondait pas parce que je pense que mon viol était un peu trop politique au vu
01:23du profit de mon agresseur,
01:25qui était un agresseur sous OQTF.
01:27Oui. Exactement. Donc, Marlène Schiappa a su faire cette distinction et, justement, on a échangé ensemble.
01:33Et c'est elle qui m'a poussée, justement, à écrire...
01:35Claire, pardon, je vous arrête, mais moi, je suis toujours choquée par les réactions de certaines féministes
01:39qui, effectivement, prennent partie quand ça les concerne en termes politiques ou en termes de vision.
01:44On peut parler aussi des femmes israéliennes qui n'ont pas été soutenues ou d'autres types de femmes qui
01:48sont victimes
01:48et qui sont méprisées, les iraniennes aussi, on en parle très peu en ce moment.
01:53C'est quand même très étonnant que ces mouvements féministes ne prennent pas fait et cause pour les victimes, quelles
01:57qu'elles soient.
01:58Et écoutez, je trouve ça autant étonnant que vous, malheureusement.
02:00Je trouve qu'à mon sens, quand on défend des femmes, on ne devrait pas mettre de couleur politique là
02:05-dedans.
02:05En fait, on défend toutes les femmes et c'est ce que j'essaye d'incarner.
02:08Moi, je n'ai pas été soutenue par ces féministes de gauche.
02:11Je n'ai pas eu mon nom sur les pancartes lors de la manifestation du 8 mars.
02:15C'est-à-dire que pourtant, j'avais pris la parole.
02:18Et pour autant, il y a des victimes qui sont plus facilement défendables.
02:20Peut-être parce que, moi, en politique, on le voit, justement, les victimes, malheureusement, du 7 octobre, ne sont pas
02:25défendues
02:25parce que ce n'est pas dans leur idéologie politique.
02:27Et c'est ça qui, à mon sens, est dérangeant.
02:29Ça pose problème, oui, clairement.
02:31Est-ce qu'il y a une rencontre, du coup, qui a profondément changé votre regard sur vous-même ?
02:36Vous allez me redire Marlène ?
02:38Je dirais Marlène.
02:40Je dirais également...
02:42Qui a écrit un livre très bien qui s'appelle La Machosphère, qui vient de sortir.
02:44Exactement, on a presque sorti notre livre ensemble, donc comme quoi, on se suit par elle.
02:49Non, je dirais, sinon, je pense à mon chien, Léon, où j'accorde un petit passage sur lui.
02:57Léon est arrivé au moment où c'était le plus compliqué dans ma vie.
03:01C'était vraiment après tout le stress post-traumatique.
03:04Donc, deux, trois mois après mon agression, vraiment, j'étais dans...
03:08Dans un au plus bas.
03:09Exactement, au plus bas.
03:11Et j'ai décidé de prendre ce petit chien.
03:13Je rêvais d'en prendre un depuis un petit moment.
03:15Et puis, en fait, le fait de devoir être à charge d'un animal,
03:20de devoir le sortir, de promener, de l'éduquer,
03:22c'est ça qui m'a permis de retrouver un peu de ma force,
03:25de me réapproprier aussi l'espace urbain, tout simplement.
03:29Et je pense que c'est lui, oui, qui a été une de mes plus belles rencontres
03:33et qui, maintenant, fait partie prenante de ma vie.
03:36C'est beau.
03:37Est-ce que, pour vous, le leadership au féminin,
03:39il est enfin accepté ou il est juste toléré en ce moment ?
03:42Le leadership au féminin, moi, je trouve qu'il est accepté.
03:45Je ne vois pas en quoi il ne serait pas accepté.
03:47Alors, oui, il y a certains encore sujets, je pense,
03:55comme le dirait Marianne Chappé avec son livre
03:57de la Machosphère, où elle a reçu énormément de critiques
04:00et de commentaires assez désobligeants.
04:03Encore une fois, moi, je pense que je n'ai jamais forcément
04:06vécu ça non plus dans mon milieu, là où je travaillais,
04:10je n'ai jamais eu ce genre de problème-là.
04:13Forcément, on se pose des questions quand il y a des quotas
04:15pour rentrer dans telle ou telle école,
04:17où il faut des quotas de femmes, où il faut 50% absolument de femmes.
04:22Encore une fois, je pense que la femme a toute sa place
04:25et tout son leadership aujourd'hui, en France,
04:27comparé à d'autres pays, en tout cas.
04:29Et alors, pour continuer sur cette idée,
04:31est-ce que le patriarcat, c'est un système qui est complètement dépassé aujourd'hui
04:33ou qui est toujours à l'œuvre, selon vous ?
04:36Pour moi, il n'y a pas forcément de patriarcat non plus.
04:40Je trouve que...
04:40Il y a une machosphère.
04:42Il y a une machosphère, oui.
04:43Alors, bien sûr, il y a des commentaires désobligeants,
04:45mais les femmes, vous savez, sont très méchantes aussi
04:46avec les autres femmes.
04:47Et ça, je trouve que c'est assez dérangeant.
04:49Non, je pense que...
04:50De toute façon, il y a un peu de tout pour faire un monde.
04:51Encore une fois, moi, je trouve qu'on ne doit pas dire
04:55à bas le patriarcat, comme certaines féministes le disent
04:58et le crient haut et fort.
04:59Moi, je pense que les hommes peuvent avancer avec nous
05:04et doivent construire une société plus juste avec nous
05:06et ils sont capables aussi de pouvoir...
05:08Enfin, ils sont capables et ils doivent aussi nous protéger,
05:11protéger leurs femmes, protéger leurs filles.
05:13Ça passe par eux, quoi.
05:15Exactement.
05:15Je pense que ça passe par tout un système.
05:17Et si, justement, on les met sur le côté,
05:19c'est là que ça posera des problèmes.
05:21Une société qui est fracturée, divisée.
05:25Si vous pouviez faire bouger une ligne en particulier aujourd'hui,
05:28ça serait laquelle, Claire Géronimi ?
05:30Je dirais celle de la sécurité pour les femmes.
05:33Aujourd'hui, quand on voit qu'il y a une femme sur deux
05:35qui se sent en insécurité lorsqu'elle prend un transport en commun.
05:38Même là, tout à l'heure, juste avant de venir sur votre plateau,
05:40j'étais dans le métro.
05:42Forcément, je ne me sens pas très, très à l'aise.
05:45J'étais en jupe, en plus.
05:46Donc, on le voit, les femmes, aujourd'hui, ont peur de sortir dans la rue.
05:52Moi, avec mon association, Claire de Femmes,
05:53on échange avec beaucoup de femmes, beaucoup de victimes.
05:55Et elles me disent souvent qu'elles ont peur de prendre les transports en commun.
06:00Donc, je pense que la sécurité, à mon sens, est primordiale.
06:04Parce que sans sécurité, on n'a plus de liberté.
06:06C'est très juste aussi.
06:07Est-ce qu'il y a un message que vous aimeriez transmettre aux jeunes filles
06:09qui nous écoutent aujourd'hui ?
06:11De faire attention à elles.
06:13Je pense que c'est le plus important pour les jeunes filles.
06:16De faire attention à elles.
06:17De savoir se préserver un maximum.
06:20De connaître aussi sa force.
06:22Parce que je pense qu'en tant que femme,
06:24bien sûr, on se pose beaucoup plus de questions que les hommes.
06:25On ose moins aussi, bien sûr.
06:28Et juste s'écouter.
06:30Et puis se protéger.
06:31Je pense que c'est la meilleure des choses qui puisse arriver pour une femme.
06:35Et comme ça, devenir même femme par la suite, en tout cas.
06:38Bien sûr.
06:39Alors, vous avez écrit ce livre qui est bouleversant,
06:41qui raconte votre agression.
06:42Claire Géronimie, ça s'appelle Le Hall d'entrée.
06:44Et le sous-titre, c'est Pour eux, je n'avais pas le profil.
06:47Alors, j'ai envie de...
06:48Voilà.
06:48Expliquez-nous ce que c'est que ce sous-titre.
06:50C'est un sous-titre qui est très fort, qui dénonce beaucoup de choses.
06:54Le sous-titre, Pour eux, je n'avais pas le bon profil.
06:58C'est parce que, en fait, depuis le début,
06:59où j'ai voulu justement parler de mon histoire
07:01pour dénoncer le profil de mon agresseur,
07:04également dénoncer cette insécurité que les femmes vivaient.
07:06Parce que, à mon sens, de toute façon, aucun viol n'est normal.
07:09Mais là, on parlait quand même d'un viol sauvage extrêmement terrible
07:12où il y avait en même temps une autre victime juste avant moi
07:15qui s'appelle Mathilde, avec menace de mort, avec couteau.
07:19Et on en a juste eu deux, trois lignes.
07:22Donc, à mon sens, c'était hyper important d'en parler.
07:24En fait, j'ai été confrontée à tout ce système
07:28que je ne connaissais pas du tout d'occultation, je pense,
07:32de mon histoire.
07:34Parce que mon profil...
07:35Enfin, mon agresseur était un individu sous OQTF.
07:39Donc, moi, je dis souvent que je n'étais pas le bon profil de victime,
07:43mon agresseur non plus.
07:45Donc, je me suis heurtée à des médias qui n'ont pas voulu.
07:48Vous voulez dire que si vous aviez été une victime de couleur
07:50avec un agresseur blanc, par exemple,
07:52ça aurait mieux fonctionné ?
07:54Écoutez, j'ai l'impression que oui.
07:56Quand j'ai essayé de contacter des associations féministes
07:59et qu'au final, je disais texto que mon agresseur était sous OQTF,
08:03en fait, c'était des portes fermées.
08:04Quand j'ai vu tous les commentaires assez agressifs
08:08de la part également de certaines féministes,
08:11elle ne...
08:12En fait, quel effet ça vous a fait ?
08:14C'est un abandon, c'est un double abandon, en fait.
08:18On est déjà abandonné par l'État
08:20parce que l'État n'a pas su nous protéger,
08:22Mathilde et moi,
08:23parce que si mon agresseur...
08:25Avait été renvoyée.
08:26Exactement, si mon agresseur avait été renvoyée,
08:28il ne nous aurait pas violés.
08:31Je pense que c'est vraiment un double abandon.
08:33À la fois, moi, j'ai perdu totalement confiance
08:35en ces féministes qui se proclament
08:37vraiment défenseuses de toutes les femmes.
08:40Claire Jéronymy, le 11 novembre 2023,
08:42dans le hall de votre immeuble,
08:43vous auriez dû mourir.
08:45Vous avez choisi de survivre.
08:46Vous avez choisi de parler.
08:48Le texte, votre texte,
08:50issu sur une phrase fondatrice,
08:51je suis une survivante,
08:52le bourreau et la survivante,
08:54deux points dans l'espace.
08:56Écoutez, j'ai, je pense,
08:58une chance inouïe d'être en vie aujourd'hui.
09:01D'ailleurs, j'adresse mon livre
09:04à Philippine et à Lola
09:05qui ont, elles aussi, été tuées
09:08par des personnes qui n'auraient pas dû
09:10être là et violées également.
09:12Et tout aussi, j'adresse mon livre
09:14aussi à toutes les victimes
09:15qui ne peuvent pas parler
09:16ou qui n'arrivent pas à parler.
09:18Et moi, j'essaie de prendre cette parole.
09:19J'ai sûrement eu la chance
09:23à cinq minutes près de vivre
09:26et non de mourir.
09:28Et cette chance, il faut que...
09:30Qu'est-ce qui vous a sauvée ?
09:31Écoutez, c'est une voisine
09:33qui est descendue.
09:34C'est une voisine qui est descendue
09:35et qui a fait fuir l'agresseur.
09:38Cependant, la voisine m'a laissée
09:40dénudée, ensanglantée
09:40dans mon hall d'entrée
09:41à appeler toute seule la police.
09:44Elle l'a fait fuir
09:44et elle n'est pas restée avec vous ?
09:46Elle n'est pas restée avec moi
09:47parce qu'elle avait plus son train à prendre
09:49que c'était quelque chose de plus important.
09:51Et comme c'était un événement
09:51un peu hors normes dans sa journée,
09:55voilà.
09:56Moi, je pense que ça révèle une société
09:57qui est très individualiste aussi
09:58et c'est ce que j'essaie de dénoncer.
10:00Je pense que quand demain,
10:01en fait, on voit une femme
10:02se faire agresser,
10:03quand on voit une agression,
10:04on essaye de faire
10:05avec les moyens qu'on peut,
10:06bien sûr,
10:07de rester avec la personne.
10:08Là, l'agresseur était parti.
10:10C'était une maman en plus.
10:11Elle avait des filles aussi.
10:12Donc, je pense qu'en tant que maman,
10:15en fait, on se rend compte
10:15que quand on voit une jeune fille
10:16qui est totalement traumatisée,
10:18on reste avec elle
10:19au moins jusqu'à l'arrivée des secours,
10:20même s'il y a un train à prendre.
10:23Votre témoignage, il est brut,
10:24il est sans détour, Claire Jéronymy.
10:25Vous avez du courage.
10:27Merci.
10:27J'essaye, dans le livre,
10:29en tout cas,
10:29d'en parler avec les mots
10:31les plus justes,
10:31quand même, avec pudeur,
10:32parce que je pense que ça ne sert à rien
10:34de rentrer dans le gore,
10:36dans le trash.
10:36Ce n'est pas du tout l'idée.
10:38L'idée de ce livre aussi,
10:40c'est de sensibiliser,
10:42de montrer vraiment
10:43ce que les victimes peuvent vivre
10:45aussi pendant une agression.
10:47Normalement, en moyenne,
10:48une agression,
10:49c'est entre 2 et 5 minutes.
10:50Là, moi, ça a duré 30 minutes,
10:52donc on a le temps
10:53d'écrire beaucoup de choses aussi,
10:54c'est-à-dire la peur,
10:55la sidération,
10:56la perte totale de contrôle.
10:58Puis après, l'hôpital,
10:59les auditions,
11:00les cauchemars,
11:00le face-à-face
11:01avec votre agresseur au tribunal.
11:02Exactement.
11:03On rentre dans le livre,
11:04justement,
11:05avec ce face-à-face
11:07à huis clos
11:08où je le tiens du regard
11:10pendant 3 jours
11:11où, en fait,
11:12je veux lui montrer
11:12que c'est lui qui a perdu
11:14et c'est moi qui ai gagné.
11:16C'était très important
11:17de, je pense,
11:19montrer qu'en fait,
11:21au moment du tribunal,
11:23c'est quand même
11:24un événement
11:24qui est très...
11:26C'est vraiment,
11:26j'ai de la chance,
11:27on a eu la chance
11:28avec Mathilde déjà
11:28d'avoir eu
11:30ce procès.
11:31Malheureusement,
11:32aujourd'hui,
11:32il y a 80% des plaintes
11:33qui sont classées sans suite.
11:36Nous,
11:36on a la chance
11:37d'avoir eu,
11:38en plus,
11:39un très beau procès,
11:40c'est-à-dire que mon agresseur
11:41a eu 18 ans de prison
11:43plus une interdiction définitive
11:44du territoire.
11:46C'était important aussi
11:47de décrire.
11:48C'est important de prison,
11:49pardon,
11:49on va parler vrai
11:50sur Sud Radio
11:50et dégager, quoi.
11:51Exactement.
11:52C'est qu'au moins,
11:53demain,
11:53il ne croisera pas
11:54mes enfants.
11:57Vous écoutez
11:57Parlons Femmes
11:58sur Sud Radio
11:59et le témoignage bouleversant
12:00de Claire Gironimi
12:02et son livre
12:02Le Hall d'entrée
12:03pour eux,
12:04je n'avais pas le profil,
12:05c'est sorti chez Fayard.
12:07Je vous le recommande
12:08pour vos filles,
12:09vos mères,
12:09vos tantes,
12:10pour nous,
12:10pour nous toutes.
12:11Restez avec nous.
12:12La Caisse d'épargne
12:13Île-de-France,
12:14fière de soutenir
12:15toutes les femmes,
12:15vous présente
12:17Sud Radio
12:18Parlons Femmes
12:19Judith Belair.
12:20C'est le retour
12:21de Parlons Femmes
12:22sur Sud Radio
12:22comme chaque samedi
12:23à 13h30.
12:24Aujourd'hui,
12:25un témoignage important,
12:26essentiel,
12:26celui de Claire Gironimi
12:27qui a écrit un livre
12:29bouleversant,
12:30une histoire vraie,
12:31une histoire qui lui est arrivée,
12:32le Hall d'entrée.
12:33Pour eux,
12:33je n'avais pas le profil,
12:34c'est sorti chez Fayard.
12:35Claire,
12:36je précise quand même
12:37que vous êtes fondatrice
12:38de l'association
12:38Éclat de Femmes,
12:39on va en parler,
12:39vous êtes aussi vice-présidente
12:40de l'UDR.
12:42Donc,
12:42vous faites pas mal de choses
12:45il y a une autre violence
12:47que vous racontez
12:48dans ce livre,
12:49une violence froide.
12:51Celle des lenteurs judiciaires,
12:53celle des institutions
12:53qui défaillent,
12:54celle du regard social aussi.
12:57Alors,
12:57on a parlé des féminismes,
12:58le regard des gens en général.
13:00Et ça,
13:01c'est assez glaçant,
13:02je dois dire.
13:03C'est assez glaçant.
13:04À la fois,
13:05on veut essayer
13:07de se reconstruire
13:08au plus vite.
13:09Moi,
13:09en tout cas,
13:10après avoir déposé plainte,
13:11après m'être fait
13:12recoudre le doigt
13:13parce que
13:15mon agresseur
13:15m'avait coupé
13:16le doigt pendant,
13:17enfin,
13:17une partie du doigt
13:18pendant l'agression
13:20après avoir déposé plainte,
13:21après avoir fait les tests
13:22aux unités médico-judiciaires,
13:23après avoir dû prendre
13:25une trité rapide.
13:25Et vous a découpé le doigt ?
13:27Il m'a découpé
13:28une partie du doigt
13:29et en fait,
13:30on doit se faire recoudre.
13:31Mais avant de se faire recoudre,
13:33on doit porter plainte
13:35parce que...
13:36Il faut le faire
13:36pendant que vous êtes encore blessée
13:38pour que la plainte fonctionne,
13:39c'est ça ?
13:39En fait,
13:40il faut surtout
13:41porter plainte
13:42parce que mon agresseur
13:43était arrêté
13:44et qu'il était
13:46en garde à vue
13:47et que s'il n'y a pas de plainte,
13:49en fait,
13:49il est relâché dans la nature.
13:51Donc voilà,
13:52on a eu vraiment...
13:53Vous êtes allé aux urgences
13:54médico-judiciaires,
13:55du coup ?
13:56Oui,
13:56on a dû faire les tests
13:57et la première violence
13:58où on est confronté
13:59justement à un homme
14:00qui nous teste
14:01à 23h
14:02et qui,
14:03en plus,
14:04omet de faire certains tests
14:05parce que je pense
14:06qu'il était juste fatigué
14:07ou juste...
14:08Il ne savait pas bien
14:09faire son travail.
14:09Donc,
14:10excusez-moi,
14:11il y a déjà un problème
14:12dans les formations,
14:13je pense.
14:14Et d'ailleurs,
14:15je le dénonce
14:15assez brutalement
14:17dans le livre.
14:19Il y a un problème
14:20de formation
14:20des équipes
14:21des unités médico-judiciaires,
14:23un manque de moyens aussi,
14:24ils sont très peu.
14:26Le service est tout le temps
14:27à flux tendu
14:27au vu du nombre
14:28de femmes
14:29qui doivent se faire...
14:29Et d'hommes, bien sûr,
14:31mais qui doivent se faire tester
14:34pour diverses agressions.
14:37Et puis, en fait,
14:37ce qui est assez hallucinant,
14:39c'est qu'après avoir déposé plainte,
14:40après tout ce tourbillon
14:42qui dure entre 48h
14:44et 72h,
14:45en fait,
14:45il n'y a plus rien.
14:46Et ça,
14:46c'est vraiment...
14:47Vous n'avez pas de suivi psychologique.
14:49Exactement.
14:50Alors,
14:50on nous donne une petite feuille
14:53A4
14:53où on va nous expliquer
14:54un petit peu
14:54les effets secondaires,
14:56un peu comme une notice
14:56de médicaments
14:57assez sulfureuse
14:59de ce qu'on va ressentir,
15:00c'est-à-dire bipolarité,
15:02trop noir...
15:04Vous avez une fiche
15:04qui vous dit
15:05que vous allez être bipolaire.
15:06Exactement.
15:06Et en fait,
15:07on nous conditionne
15:08à ce qu'on va ressentir.
15:11Et ça m'a assez traumatisée,
15:12j'avoue,
15:13on m'a donné le numéro
15:13de la psychologue de la police
15:14que j'ai appelée,
15:15qui m'a dit qu'en fait,
15:17au vu du nombre de victimes
15:18qu'elle devait accompagner,
15:19elle n'était pas disponible
15:20avant trois semaines.
15:21Qu'est-ce que vous avez fait, du coup ?
15:23Écoutez, j'ai attendu,
15:24j'avais quand même
15:25pris mon rendez-vous,
15:25j'ai attendu,
15:26et puis au final,
15:27en fait,
15:28on se retrouve chez soi,
15:29on se retrouve à broiller du noir,
15:31à avoir des flashbacks,
15:32à avoir des ennemis,
15:34en fait,
15:34qui juste ne riment
15:35strictement à rien,
15:36en plus à être arrêtée,
15:38parce qu'au final,
15:39même moi,
15:39je voulais continuer mon travail,
15:40mais c'était mieux
15:41d'arrêter
15:42pour quand même
15:42prendre un peu le temps
15:43de se poser
15:44et comprendre vraiment
15:45ce qui venait de se passer.
15:45J'ai quand même frôlé la mort
15:47à deux minutes près,
15:49et puis ce viol
15:50qui était aussi
15:52juste terrible.
15:54Après tout ça,
15:56on doit trouver un psychologue,
15:58on doit trouver
15:59un avocat aussi,
16:00bien sûr.
16:02Moi,
16:03à un moment donné,
16:03un matin,
16:03je me suis réveillée,
16:04je me suis dit
16:04je ne peux plus.
16:05J'avais des envies suicidaires aussi,
16:07des envies suicidaires
16:07qui ont duré quand même
16:08pendant un an,
16:11même si,
16:12bien sûr,
16:12j'ai commencé à être suivie,
16:13et c'est au moment
16:14où j'ai commencé à avoir
16:15ces envies suicidaires
16:15que je me suis dit
16:17il faut que tu te reprennes en main.
16:20Je suis allée voir également
16:21une psychiatre
16:21qui m'avait proposé
16:23de m'interner
16:24et de prendre
16:25des antidépresseurs,
16:26des anxiolytiques.
16:27À mon sens,
16:27les antidépresseurs,
16:28les anxiolytiques
16:28doivent être une béquille,
16:29mais ne doivent pas
16:32être un...
16:33une habitude.
16:34ne doivent pas soigner,
16:34ne doivent pas être
16:35une accoutumance.
16:37Marie-Salle Dupont,
16:38d'ailleurs,
16:38que j'ai rencontrée,
16:39le dit très bien aussi.
16:41C'est vrai que tout ça,
16:43malheureusement,
16:43ça révèle dans un système
16:45qui est assez défaillant
16:45sur l'accompagnement
16:46des victimes,
16:47et c'est pour ça
16:47qu'il y a aussi
16:47des associations qui existent,
16:49dont la vôtre,
16:50Éclat de Femmes,
16:51parce que vous avez
16:52refusé le silence
16:53et la place assignée
16:53à la victime,
16:54justement,
16:54et c'est pour ça
16:55que vous l'avez fondée,
16:56pour accompagner
16:56d'autres survivantes
16:57et qu'elles ne se retrouvent
16:57pas dans la même situation
16:58que vous,
16:58Claire Géronimi.
16:59Exactement.
17:00Après avoir été confrontée
17:03à des associations
17:03qui ne voulaient pas
17:04forcément m'aider
17:05et qui juste me disaient
17:07de contacter une psy
17:08et qui ne voulaient pas
17:10relayer mon histoire non plus,
17:12je me suis dit
17:13qu'il faut absolument
17:14créer une association.
17:15J'ai rencontré
17:15beaucoup de victimes,
17:17surtout au moment
17:18où mon histoire
17:20commençait à être médiatisée
17:20parce que je n'ai jamais
17:21caché mon nom.
17:22Des victimes m'ont raconté
17:23leur histoire
17:24et m'ont raconté
17:25plus ou moins la même chose,
17:26comme quoi elles étaient
17:26totalement lâchées dans la nature.
17:28C'est pour ça qu'aujourd'hui
17:29avec Eclat de Femmes
17:30que j'ai créé du coup
17:31il y a un an,
17:32on accompagne toutes les femmes
17:34mais je dis bien
17:34toutes les femmes,
17:35c'est très important,
17:36c'est une association
17:37qui est totalement
17:38apolitique.
17:39Exactement.
17:40Et on les accompagne
17:41du dépôt de plainte
17:41jusqu'au procès.
17:42On a une équipe
17:43de psychologues,
17:45bénévoles,
17:46de juristes,
17:47d'avocats
17:47et on essaye
17:47de faire au mieux
17:48pour déposer plainte avec elles,
17:50pour organiser des week-ends
17:51entre victimes
17:52et d'ailleurs je donne
17:53la parole à 5 survivantes
17:54à la fin de mon livre
17:56qui je trouve
17:56que c'était important
17:58qu'elles soient présentes
18:00parce que sans elles
18:01en fait j'aurais jamais
18:02créé Eclat de Femmes.
18:04C'est bouleversant
18:05votre histoire.
18:06Comment est-ce que vous allez
18:06aujourd'hui Claire ?
18:08Écoutez, ça va.
18:10C'est pas facile
18:11tous les jours on imagine ?
18:12Bien sûr que non.
18:13Je pense que la réponse...
18:14Vous continuez à vous soigner ?
18:15Je vois toujours
18:16une psychologue, oui.
18:18Excusez-moi,
18:19je vois toujours
18:19une psychologue, oui.
18:20Dans tous les cas
18:21c'est quand même
18:23primordial
18:24même qu'on ait vécu
18:25des agressions ou non.
18:26Je pense que tous les jours,
18:27toute personne un jour
18:28devrait aller voir un psy
18:30dans tous les cas.
18:31Avoir un confident
18:32qui à la fois
18:33n'est pas un proche
18:34je trouve que c'est
18:35qui ne donne pas d'opinion
18:35je trouve que c'est
18:36une très bonne chose.
18:37Mais la reconstruction
18:38n'est pas linéaire en fait.
18:40Il y a des moments
18:40où on rechute,
18:41on retombe
18:41et le procès
18:43m'a fait énormément
18:45rechuter
18:45mais maintenant...
18:46Ça nous a permis
18:47de confronter aussi
18:48on imagine ?
18:48Je pense que ça permet
18:50aussi de se dire
18:51que son...
18:51de passer à autre chose après.
18:53Exactement.
18:53Et que son agresseur
18:54est derrière les barreaux
18:55et que...
18:56Comme quoi ça marche
18:56quand même la justice ?
18:57La justice peut être implacable.
19:01Je pense que quand il y a une victime
19:02à son histoire
19:03qui est reconnue
19:03par la justice
19:04ça change tout.
19:06On n'est plus considéré
19:06comme victime.
19:07Et alors
19:08sur ces histoires
19:09d'OQTF
19:09pour vous l'OQTF
19:11donc l'obligation
19:11de quitter le territoire français
19:13elle doit être appliquée
19:13réellement rapidement
19:14quel que soit le sujet
19:15finalement
19:16il faut que ça soit appliqué
19:17parce que c'est vrai
19:18qu'on entend beaucoup parler
19:19de viol en ce moment
19:20par des OQTF.
19:21Je reprends l'exemple encore
19:23de cette nonagénaire
19:25à Nice
19:25qui a été violée
19:26par un ressortissant tunisien
19:30sous OQTF.
19:31A mon sens
19:32en fait
19:33c'est des...
19:33Si on parle d'OQTF
19:35qui ont déjà été appliqués
19:36en plus pour des crimes
19:37et des délits
19:38en fait
19:40on est obligé.
19:41C'est insensé
19:42qu'ils soient encore là.
19:42En fait il devrait limite
19:43y avoir deux distinctions
19:45d'OQTF
19:45les OQTF
19:46qui n'ont juste
19:46pas renouvelé leur papier
19:47et qui n'ont jamais commis
19:48de crimes et délits
19:49et les OQTF
19:50qui ont commis
19:50des crimes et délits.
19:51Dans le cas de mon agresseur
19:52il avait déjà 3 OQTF
19:5411 condamnations
19:54à son actif.
19:55Donc bon
19:563 OQTF
19:5711 condamnations
19:58Bien sûr
19:59le profil était assez chargé
20:00et souvent
20:01en plus
20:01on le voit
20:02dans tous les cas
20:04les détenus en prison
20:05souvent
20:06pour les viols
20:07sont déjà récidivistes
20:08à 40%
20:09et ça
20:10c'est assez étonnant
20:11et en plus de ça
20:12il y a 25%
20:13d'étrangers
20:14en prison
20:14donc en fait
20:15c'est assez significatif
20:16toute cette application.
20:17Ce qui est intéressant
20:17c'est que vous
20:18c'est pas le terrain
20:19identitaire qui vous intéresse
20:20c'est juste que les victimes
20:21soient protégées
20:22et que l'Etat
20:22prenne ses responsabilités
20:23en fait
20:24on est d'accord.
20:25Exactement
20:25et c'est pour ça
20:25qu'avec l'UDR
20:26on a travaillé
20:27sur une proposition de loi.
20:28Oui parce que vous êtes
20:28vice-présidente de l'UDR
20:30et ça me prouve aussi
20:31que vous allez en venir
20:32à votre proposition de loi
20:33mais ça prouve aussi
20:34que votre engagement
20:35c'est pas que du témoignage
20:36ou de l'associatif
20:37c'est un engagement politique
20:38aujourd'hui.
20:38Je pense qu'il y a
20:40l'engagement
20:41le fait de dénoncer
20:42qui a été mon combat personnel
20:43le fait de
20:46tout simplement
20:47accompagné
20:47qui est avec mon engagement
20:48avec Éclat de Femmes
20:49et puis il y a
20:50Agir aussi
20:52Agir
20:52c'était pour moi
20:54essentiel
20:54d'être aussi
20:55de rentrer dans le cœur
20:57du système
20:58en politique
20:59et puis
20:59tout simplement
21:00d'intégrer
21:01le parti
21:02d'Eric Souti
21:02l'UDR.
21:03Bravo.
21:06Finalement
21:07après tout ce que
21:08vous avez vécu
21:09aujourd'hui
21:09avec un peu de recul
21:10avec ce livre
21:11avec vos combats
21:12votre engagement
21:15si vous aviez
21:16une phrase
21:17pour résumer
21:18là où vous en êtes
21:19en termes de résilience
21:20et de positionnement
21:22aujourd'hui
21:22ça serait quoi ?
21:25Je pense que
21:27le chemin a été
21:28chemé d'embûche
21:29et sera encore
21:29chemé d'embûche
21:31mais avec conviction
21:32on peut y arriver
21:33et encore une fois
21:34je pense que
21:37dans tous les cas
21:37la vie
21:38est chemée d'embûche
21:39donc si on a
21:42confiance en ce qu'on fait
21:42parce que dans tous les cas
21:43moi ce que je fais
21:44c'est
21:45ça m'anime
21:45ça n'a pas amené
21:45votre confiance en vous
21:46au contraire
21:47si bien sûr que si
21:49on est blessé
21:50au plus profond de soi
21:51en tant que femme
21:52on n'a plus confiance
21:53en son corps
21:53bien sûr
21:54il y a plein de sujets
21:55mais il y a quelque chose
21:56qui m'anime
21:57qui est beaucoup plus fort
21:58et c'est celui peut-être
21:58de l'engagement collectif
22:00et que si je ne le faisais pas
22:02je pense que
22:03peut-être que
22:04je s'enverais
22:06bravo
22:07bravo pour votre engagement
22:08vraiment
22:09c'est très touchant
22:10on vous souhaite
22:12la lumière en fait
22:13Claire
22:14vers la lumière
22:15merci beaucoup
22:15je rappelle votre livre
22:17le hall d'entrée
22:18pour que je n'avais pas le profil
22:19c'est sorti chez Fayard
22:20je le recommande
22:21pour tout le monde
22:22voilà
22:23c'était Parlons Femmes
22:24sur Sud Radio
22:24merci pour votre écoute
22:25on se retrouve samedi prochain
22:26à 13h30
22:27demain 19h
22:28pour cet excellent
22:28merci à Julien Delmas
22:29qui réalise
22:30et très bonne suite
22:31sur Sud Radio
22:32Sud Radio
22:33Parlons Femmes
22:34Judith Belair
22:36avec la Caisse d'épargne
22:37Île-de-France
22:38fière de soutenir
22:39toutes les femmes
22:40c'est la même
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