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Avec Edouard Piens, directeur stratégie et innovation du groupe InVivo.

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##PARLONS_DE_VOUS-2026-04-05##
Transcription
00:01Sud Radio, parlons de vous, Judith Bélaire.
00:05Parlons de vous, c'est la chronique sur mesure qui est conçue pour valoriser votre expertise, vos idées fortes ou
00:10vos projets d'avenir.
00:12Alors notre sujet du jour, il est très actuel, si la souveraineté agricole française se jouait aussi dans nos engrais.
00:18On se pose la question avec Edouard Pienz, qui est directeur stratégie et innovation du groupe InVivo.
00:23Bienvenue Edouard.
00:24Bonjour Judith.
00:25Bonjour.
00:25Bonjour à tous.
00:26Alors justement Edouard, derrière ces tensions dont on entend beaucoup parler au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Hormuz
00:33ou encore la flambée des prix du gaz,
00:35il y a une réalité très concrète, c'est notre agriculture qui dépend encore largement de l'étranger pour produire.
00:41Oui, on a la chance en France de produire beaucoup, de produire des céréales, des pommes de terre, etc.
00:47Et pour produire, il faut nourrir ces plantes et l'apport principal, la principale nourriture de ces plantes, c'est
00:54de l'engrais, c'est de l'azote.
00:55C'est de l'engrais azoté.
00:57Et cet engrais, il est fait à partir de gaz et de gaz importés de Moyen-Orient, importés des Etats
01:07-Unis ou d'autres pays.
01:08Et donc notre agriculture dépend essentiellement de notre capacité à importer ces engrais ou éventuellement à importer du gaz pour
01:19la partie des engrais qui est fabriquée en France,
01:21puisqu'on fabrique quand même 30% de nos engrais en France.
01:23Bon, ça c'est rassurant, mais quand même si on entend l'actualité en ce moment, on se dit qu
01:27'on va tout droit vers une crise.
01:29Expliquez-nous pourquoi justement.
01:31Alors, dans le détroit d'Hormuz, on produit 20 à 30% des engrais dans le monde.
01:36Donc si le détroit, c'est absolument énorme.
01:40Donc si ce détroit reste bloqué, ça veut dire que dans le monde, on manquera de 20 à 30%
01:46de ces engrais.
01:47Dans combien de temps ?
01:48D'ici quelques mois.
01:52Alors, déjà dès maintenant, puisqu'il n'y a plus aucun bateau qui ne passe, mais l'impact en France
01:58sera plutôt dans quelques mois.
01:59Oui, parce qu'il y a des agriculteurs qui ont stocké en fait, c'est ça ?
02:02Ou qui ont déjà commandé.
02:03Les coopératives ont stocké, les agriculteurs ont déjà commandé.
02:07Donc on a les engrais pour cette campagne-là.
02:09Ça veut dire que pour tout ce qu'on va récolter cet été, on aura les engrais.
02:14À quelques exceptions près, notamment dans le sud, où les producteurs de maïs n'ont pas tous encore précommandé pour
02:21une question de timing dans la saison.
02:24Bien sûr.
02:25Une fois qu'on a dit ça, je veux dire, c'est la campagne prochaine.
02:30Les engrais n'ont pas été commandés, les engrais ne sont pas encore présents sur notre zone.
02:33Oui, donc il faut vite que ça se débloque.
02:34Donc il faut vite que ça se débloque.
02:37Alors, il y a aussi un projet, vous, que vous avez initié avec INVIVO, qui est le projet Fertigi, auquel
02:43vous participez à la création d'une usine dans les Hauts-de-France,
02:45qui va être capable de produire, si j'ai bien compris, 500 000 tonnes d'engrais par an, donc 10
02:49% des besoins français, ce qui est très bien.
02:51Et puis il y a une innovation majeure avec Fertigi.
02:54Expliquez-nous ce que c'est dans l'inverse.
02:55Alors, effectivement, ce Fertigi, ça répond à cette question de souveraineté et de disponibilité des engrais en France, c'est
03:00sûr.
03:00Mais ça répond aussi à la question de la décarbonation.
03:03Et Fertigi, donc l'engrais, l'engrais azoté, c'est fabriqué à partir de gaz initialement.
03:08Donc c'est pour ça que les émissions sont assez importantes.
03:12Maintenant, ce qu'on veut faire avec Fertigi, c'est justement de le produire de manière décarbonée, ou en tout
03:16cas très bas carbone.
03:17Et on fait ça comment ?
03:18On prend de l'eau, ce qu'on appelle, on fait de l'électrolyse de l'eau, donc avec de
03:22l'électricité, on casse l'eau et on en fait de l'hydrogène,
03:25qui ensuite nous permet de produire cet engrais azoté.
03:29D'accord, donc il y a des solutions en fait.
03:30Donc il y a des solutions pour la souveraineté française et il y a des solutions décarbonantes pour la souveraineté
03:37française.
03:37Donc on est plutôt sur une bonne nouvelle, si ce projet vient à bout.
03:43Et s'il vient à bout, c'est quand ?
03:45Alors, s'il vient à bout, quand est-ce que...
03:47Disons que la première pierre, c'est dans deux ans, et la première production, les premiers engrais qui sortiront de
03:54cette usine seront en 2030, début de 2031.
03:58D'accord, donc sur la crise actuelle, ça ne joue pas.
04:00Qu'est-ce qu'on a comme solution tout de suite, par exemple, si on n'a plus de gaz
04:03demain, pour nos engrais, pour nos agriculteurs ?
04:06Comme solution tout de suite, si on n'a plus de gaz ou plus d'engrais pour nos agriculteurs, on
04:11va avoir des problèmes.
04:12Alors, on utilise des engrais organiques, on utilise des choses comme ça, mais c'est loin d'être suffisant.
04:16Et puis c'est minime aussi par rapport à la production globale.
04:19Absolument.
04:20Donc, je vais dire, si on n'a plus d'engrais, mais je pense qu'en quantité, probablement qu'on
04:27aura ce qu'il faut, la question, c'est une question de prix.
04:30Et là, nos agriculteurs...
04:32C'est plus cher.
04:33Aujourd'hui, avec l'augmentation du prix du gaz, nos agriculteurs vont avoir un problème pour payer les engrais qui
04:40font plus...
04:40Là, aux dernières nouvelles, c'était plus 100, plus 150 euros par tonne d'engrais.
04:45Donc, on a l'impression quand même que c'est un peu le serpent qui se met à la queue,
04:47là.
04:48Est-ce que vous pensez qu'un jour, la France pourrait être souveraine sur ce sujet, aussi stratégique pour notre
04:52alimentation, je tiens à le dire ?
04:53C'est pour ça qu'on a fait ce projet de Fertigi.
04:56Je pense qu'on peut raisonner à l'échelle de la France ou de l'Europe,
05:00que l'Europe produit aussi un certain nombre de ses engrais.
05:04On est à combien, à peu près, des besoins de la population européenne ?
05:06À peu près 30.
05:07Alors, en France, on importe de France ou d'Europe 30% de nos besoins.
05:13D'accord.
05:13Voilà. Donc, avec Fertigi, on va augmenter notre souveraineté.
05:16De 10% ?
05:16On va augmenter de 10% cette capacité.
05:20C'est ça qui va être intéressant avec Fertigi.
05:22Et si ça fonctionne, l'idée, c'est de faire des petits, de construire des nouvelles usines,
05:26que ce soit en France ou un petit peu partout en Europe,
05:29pour pouvoir produire, décarboner et de manière souveraine.
05:34Donc, finalement, si on vous écoute, il y a des solutions, mais à long terme, quoi ?
05:38Il y a des solutions, à échéance, alors effectivement, moyen-long terme.
05:422030-2031, pour un agriculteur, ce n'est pas si long que ça, parce que c'est quatre campagnes.
05:48D'accord.
05:49Là, la campagne de 2026, c'est une fois par an.
05:53La campagne de 2026, elle est faite.
05:54Quand il restera 2027, 2028 et 2029.
05:57Et après, on est sur du long terme.
06:01On est à horizon 2-3 campagnes, quoi.
06:03En raisonnement géopolitique, c'est très long.
06:05Maintenant, en raisonnement de production et d'agriculteurs, on n'est que sur quelques campagnes.
06:11Merci beaucoup, Edouard Piennes, pour ces très intéressantes informations.
06:14Je rappelle que vous êtes directeur stratégie et innovation du groupe InVivo.
06:17Merci beaucoup.
06:18Merci.
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