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  • il y a 1 heure
Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Eve Szeftel, directrice de la rédaction de Marianne

"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !

Une émission de Judith Beller.

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##DESTIN_DE_FEMMES-2025-11-29##

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Transcription
00:00La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Bonjour, bonjour, Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est votre moment d'inspiration et d'énergie aux féminins avec des femmes incarnées et sûres de leur chemin.
00:18Eve Scheftel, vous avez 20 ans de reportage dans les pattes de l'AFP à Libération, des enquêtes en Seine-Saint-Denis,
00:24au dossier explosif en passant par la radio, l'investigation politique et quelques livres, c'est un sacré chemin.
00:30Depuis 2 janvier 2025, vous avez été nommée directrice de la rédaction de Marianne, avec une ligne que vous vous revendiquez,
00:37républicaine, sociale, universaliste et intraitable envers toutes les formes de haine.
00:41On va en parler bien sûr, mais aussi un peu de vous si vous le voulez bien, bienvenue.
00:45Merci.
00:45Avec plaisir.
00:46C'est un bon résumé.
00:48Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:51Alors, du coup, c'est un bon résumé, c'est-à-dire que vous revendiquez, on va en venir aux questions Parlons Femmes après,
00:58mais comme vous avez réagi sur cette introduction, c'est très important pour vous que ce soit un journal républicain,
01:03social, universaliste et intraitable envers toutes les formes de haine.
01:06Et ça, c'est vraiment votre combat de tous les jours, vous pouvez le dire.
01:10Oui, alors, universaliste, c'est le mot aujourd'hui le plus, j'ai l'impression, disputé.
01:18Oui, galvaudé, puis en même temps, on tourne autour de ça.
01:22Et oui, c'est Marianne, quoi.
01:25Marianne, c'est une femme aussi, c'est la République, voilà.
01:30C'est ce combat.
01:34Aujourd'hui, on pourrait faire parler d'inclusivité.
01:36Moi, je n'aime pas trop.
01:37Je trouve qu'on a un beau mot qui s'appelle, effectivement, l'universalisme.
01:40Je suis bien d'accord.
01:42Allez, Parlons Femmes vous pose des questions, Ève Sheftel.
01:44Quelle femme, pour vous, incarne le courage sans compromis ?
01:49Simone Veil, je dirais, sans hésiter.
01:53Est-ce qu'il y a un nom NON qui a changé votre vie ?
01:59Un nom qui a changé ma vie ?
02:01Je ne me suis pas préparée à celle-là.
02:03Alors, ce n'est pas le nom à la Constitution européenne,
02:07c'est-à-dire les noms qui n'en sont pas.
02:09Alors que ça a pu l'être pour d'autres.
02:17Je ne sais pas.
02:18Je pense que le 11 septembre a changé ma vie.
02:22J'ai dit non à ce moment-là.
02:24J'étais plutôt à l'extrême gauche, on va dire,
02:27jeune militante en fin d'études.
02:31Je commençais dans le journalisme.
02:33Je me souviens que le soir du 11 septembre,
02:35où j'étais à New York,
02:37après avoir vécu cette journée épouvantable,
02:40j'ai lu un mail d'attaque.
02:42C'était le début des mails sur ma boîte Caramail
02:44qui disait
02:45« Qui sème la colère récolte,
02:48ou qui sème la misère récolte la colère ? »
02:50Enfin, qui justifiait les attentats.
02:52Et là, ça a été mon premier nom.
02:53J'ai dit,
02:55voilà, ça sera sans moi,
02:58ce discours qu'on entend toujours aujourd'hui.
03:00Bien sûr, et qu'on entend très fort.
03:02Quel compliment adressé aux femmes vous exaspère le plus ?
03:05Compliments adressés aux femmes.
03:14Réfléchissez trop, Ève.
03:15Oui.
03:16En réalité, je ne suis pas du genre à m'offusquer des compliments.
03:21Ou en tout cas, à tout de suite y voir une forme de misogynie masquée.
03:28Donc, il n'y en a pas.
03:33Il n'y en a pas, en fait.
03:34Je crois qu'il n'y en a pas.
03:35Est-ce qu'être une femme, ça a ajouté quelque chose
03:37et non retiré à votre force de caractère ?
03:40Selon vous ?
03:43Je dirais qu'il y a des épreuves, peut-être,
03:46qu'on vit en tant que femme
03:48qui forgent le caractère.
03:49Mais je ne sais pas s'il y a un caractère féminin, pour autant.
03:56Je ne suis pas certaine.
03:58Mais forcément, on vit des choses différentes des hommes.
04:04Mais par contre, pour moi, les hommes aussi,
04:08ce n'est pas toujours facile pour eux aussi.
04:10Je suis assez en solidarité avec les hommes.
04:13C'est ça ce qui est intéressant dans Parlons Femmes.
04:16C'est qu'on se dit que le féminisme, en fait,
04:19ça concerne tout le monde, les femmes et les hommes,
04:21effectivement, que ce n'est pas qu'une histoire de femmes.
04:23Si vous pouviez offrir un super pouvoir
04:25aux femmes dans le monde, ça serait quoi ?
04:35Je pense que les femmes
04:37ont parfois un pouvoir
04:41qu'elles méconnaissent.
04:42ça serait peut-être
04:43de se faire confiance,
04:45de se sentir légitime,
04:47par exemple...
04:48D'enlever le sentiment d'imposture.
04:50Oui, c'est ça.
04:51D'aller à une émission
04:52sans préparer.
04:53Là, je n'ai pas préparé, par exemple,
04:55parce que j'ai joué le jeu
04:56et je n'ai pas voulu.
04:58Mais du coup, parfois,
04:59je suis un peu sèche, comme ça.
05:02Mais j'ai remarqué
05:03que parfois,
05:05les femmes,
05:07journalistes comme moi,
05:08quand on est invitée sur un plateau de télé,
05:10on travaille,
05:11on a nos antisèches,
05:12les hommes sont beaucoup plus à l'aise.
05:14Ce n'est pas sûr.
05:15Pas sûr, peut-être ?
05:16Ce n'est pas sûr.
05:17En tout cas, il y a toujours un sentiment...
05:18J'en ai vu qu'il était très mal à l'aise des hommes aussi.
05:20Donc, c'est vraiment, je pense que
05:21peut-être que le sentiment d'imposture
05:23est plus propre au monde féminin,
05:25finalement,
05:25qu'au monde masculin.
05:26Ils se posent moins la question
05:27d'où ils sont, en fait.
05:28Et pourquoi ils y sont ?
05:29La place, ce n'est pas donnée,
05:31qu'il va falloir la prendre.
05:32Il va falloir peut-être séduire.
05:34Il va falloir la conquérir, cette place, en fait.
05:38Elle n'est pas forcément donnée.
05:40Le patriarcat, ça se combat ou ça se contourne ?
05:44Alors déjà, j'ai envie de dire,
05:46qu'est-ce que le patriarcat ?
05:47Voilà.
05:50Qu'est-ce que c'est, alors, pour vous ?
05:52Est-ce que ça existe ?
05:54Oui.
05:57Alors, je dirais que ça existe.
05:58Et je suis d'accord avec les féministes
06:00pour dire que c'est de l'ordre de la structure
06:02et de l'ordre de l'impensé.
06:04Par contre,
06:05elles ont tendance, certaines,
06:07à faire comme si
06:09le patriarcat était aussi puissant
06:12qu'il y a 50 ans.
06:15Ce qui n'est pas le cas.
06:16Ce qui n'est pas le cas.
06:16Je trouve que les hommes,
06:18et alors moi, je vais commencer autour de moi,
06:19par mon père qui venait me chercher à l'école
06:21et qui a changé mes couches.
06:26Enfin, voilà, par mon mari,
06:27par même mon grand-père.
06:29Moi, j'ai toujours eu des hommes autour de moi
06:31très soucieux d'égalité.
06:34Et donc, j'ai toujours été un peu en porte-à-faux
06:37avec ces discours très accusateurs sur les hommes.
06:41Et alors, sans aller jusqu'à dire
06:42qu'aujourd'hui, finalement,
06:44il n'y a plus que...
06:46Enfin, le féministe,
06:47ce n'est plus que le combat
06:48pour réduire l'écart salarial
06:50qui est de...
06:50Je ne sais plus exactement combien.
06:51Non, il y en a quelques autres.
06:54D'ailleurs, vous avez écrit un livre
06:55qui va bientôt sortir, là.
06:58Alors, exactement.
06:59Je suis en train de...
07:00Donc, une journaliste face à MeToo.
07:02Ça va sortir aux éditions de l'Observatoire.
07:05Exactement.
07:06Et vous nous parlez de la misogynie
07:07dans le monde des médias.
07:08Pas que, d'ailleurs, j'imagine.
07:10Oui.
07:10Et alors, à différents, d'ailleurs, stades...
07:13Alors, vraiment, je parle là
07:14comme journaliste et comme femme.
07:17À différentes époques,
07:18je me souviens que jeune journaliste,
07:21encore pigiste,
07:22j'ai subi de véritables chantage sexuel
07:25à la pige.
07:26J'ai parfois, d'ailleurs,
07:28j'ai parfois cédé en me disant
07:29peut-être que j'aurais un poste comme ça.
07:32Et alors, ça a marché ?
07:32Non, ça n'a même pas marché.
07:33C'est pour ça que quand on parle
07:34de promotion canapé,
07:35moi, c'était des canapés sans promotion.
07:38Et par contre,
07:38quand j'ai eu une promotion,
07:40par exemple, l'année dernière,
07:41quand j'ai été nommée
07:43directrice de Marianne,
07:45certains sont allés à dire,
07:48et même des journalistes
07:49plutôt classés à gauche,
07:51que c'est parce que j'étais proche
07:53du patron,
07:55avec tous les sous-entendus,
07:56que ça pouvait comporter.
07:57Oui, on a tout entendu ça
07:59à un moment donné dans notre vie.
08:01Et donc, la misogynie,
08:03j'ai été confrontée
08:05encore plus à ce poste
08:07en responsabilité.
08:08On pourrait penser que
08:08contre les directrices...
08:09Oui, et puis il n'y a pas de ça
08:09qui vous est arrivé.
08:10On va en parler, justement.
08:11Si je vous dis une phrase,
08:13F-Cheftel,
08:13« Ne craignez jamais de vous faire des ennemis
08:15si vous n'en avez pas,
08:16c'est que vous n'avez rien fait. »
08:17Ça vous dit quoi ?
08:18Georges Clémenceau,
08:19et c'est vrai que c'est mis...
08:20C'est la phrase
08:21qui est sur votre profil.
08:22Exactement.
08:22Que j'ai mis sur mon profil
08:24en bannière.
08:26Oui, je trouve qu'elle dit...
08:27Voilà, elle résume exactement
08:29ce que je pense, c'est-à-dire...
08:29Quand vous venez les déranger,
08:31forcément,
08:32ou les hommes,
08:33ou ceux qui ont un problème
08:35avec votre position,
08:37parce qu'on va en revenir,
08:37vous avez subi une campagne
08:39de calomnie
08:39dans votre rédaction
08:40chez Marianne,
08:42et d'ailleurs,
08:42vous en sortez la tête haute
08:43et bravo.
08:45Bon, en fait, finalement,
08:47c'est que vous faites
08:47quelque chose de bien,
08:48quelque part.
08:50Je pense que, oui,
08:52quand on mène des combats,
08:54des combats difficiles aujourd'hui
08:56dans une société
08:57qui est hyper fracturée,
08:58et puis qu'on ne cède pas,
09:03forcément,
09:04on attire...
09:05Voilà, on clive,
09:07on attire en face de soi
09:09des détracteurs,
09:12mais...
09:13Et vous pensez que c'était
09:14plus le cas
09:14parce que vous êtes une femme,
09:15notamment ?
09:17J'observe, en tout cas,
09:18qu'il y a beaucoup de femmes
09:19qui sont victimes
09:21de campagnes.
09:22de campagnes.
09:23Récemment,
09:23Alix Bouillaguet
09:24sur France Info...
09:27Il y a eu Léa Salamé aussi,
09:28il n'y a pas longtemps.
09:29Il y a eu Adèle Vendrette,
09:30la présidente de France Inter.
09:32J'ai l'impression
09:32que quand on est une femme,
09:36certains s'autorisent,
09:37en fait,
09:39beaucoup plus de violences,
09:41ne retiennent pas leurs coups,
09:42en réalité,
09:43malgré ce discours ambiant,
09:45voilà,
09:46très féministe,
09:47les femmes...
09:47On a beau dire que le patriarcat,
09:49il est moins là,
09:50il y a quand même un gros
09:51plafond de verre,
09:51on peut le dire,
09:52aujourd'hui.
09:52Oui, mais alors ce qui est étonnant,
09:53c'est que cette campagne,
09:54il faut quand même le dire,
09:55vient des rangs de la gauche,
09:57quand même,
09:57de la gauche radicale,
09:58donc des gens qui sont censés,
10:00par ailleurs,
10:01être du côté des femmes,
10:02en tant qu'à qui se prétendent
10:03féministes,
10:04ou en tout cas...
10:05On a bien vu ce que ça donnait,
10:06les mouvements féministes.
10:07Exactement,
10:08donc c'est là où...
10:09C'est la contradiction,
10:10et c'est finalement,
10:12ceux qui se livrent
10:13à ce genre de campagne
10:14ou à ces censures,
10:15aujourd'hui,
10:16viennent de la gauche
10:16et pas de la droite.
10:18C'est vrai.
10:19Alors, vous avez été nommée
10:21directrice de Marianne
10:22par Denis Oliven,
10:23notamment,
10:24pour transformer la ligne,
10:25on l'a dit,
10:25vers quelque chose
10:25de moins souverainiste,
10:27de plus pro-business,
10:28de plus universaliste,
10:29de plus ouvert, en fait.
10:31Et puis,
10:31donc ça,
10:32c'était en janvier 2025,
10:33et puis le 18 septembre 2025,
10:35il y a une motion de défiance
10:36qui a été votée
10:37par votre rédaction,
10:39sous prétexte
10:40que vous dénaturez
10:41l'identité du titre,
10:43et d'ailleurs,
10:43il y a un truc
10:44qui m'a interpellée,
10:44et on est obligé d'en parler,
10:46des manquements graves
10:47et répétés
10:48à l'éthique journalistique,
10:49en particulier
10:49sur la couverture
10:50du conflit israélo-palestinien
10:51et la guerre à Gaza.
10:54Alors,
10:55je ne suis pas
10:56la seule journaliste
10:58à avoir
10:59fait l'objet
11:02de ce procès-là.
11:06C'est délicat
11:08d'en parler
11:09parce que
11:10je pense que
11:12se sont amalgamés
11:14bien d'autres problèmes,
11:15en fait,
11:15en réalité.
11:16Des problèmes
11:17propres au journal lui-même
11:18et à la rédaction,
11:19à la manière dont ça fonctionne.
11:20Exactement,
11:20et antérieurs à mon arrivée,
11:22ils ont été
11:22pas mal secoués
11:24par,
11:26notamment,
11:26avant mon arrivée,
11:28une vente,
11:28etc.
11:29Donc,
11:30je pense que
11:31Gaza,
11:34la couverture,
11:35exactement,
11:35a été,
11:35quelque part,
11:36un prétexte
11:39parce que moi,
11:40de mon côté,
11:41je n'ai absolument pas
11:42à rougir
11:42du travail
11:44que j'ai fait,
11:45en tout cas,
11:46de la couverture
11:47à Marianne
11:49que tous ensemble
11:51on a faite
11:53qui était aussi
11:53équilibrée que possible.
11:54Je dis aussi
11:55équilibrée que possible
11:56parce que ça reste difficile,
11:58il n'y a pas
11:58d'objectivité parfaite.
12:00De toute façon,
12:00dès qu'on met un doigt
12:01dans ce conflit
12:02en ce moment,
12:02les gens
12:04perdent
12:05leur savoir
12:07vivre,
12:07en fait,
12:08presque,
12:08j'ai envie de dire.
12:09Exactement.
12:09Je pense qu'aujourd'hui,
12:14on a réussi ensemble
12:16à surmonter
12:17ce moment difficile.
12:19Vous avez été soutenu
12:20par votre direction.
12:21Oui,
12:22je l'ai été
12:22et puis aussi
12:23par une partie
12:23des équipes
12:24qui n'étaient pas
12:27forcément d'accord
12:28avec
12:29les prises de position
12:33de certains.
12:34Et il faut savoir
12:35qu'aujourd'hui,
12:37en fait,
12:37en réalité,
12:38quand il y a
12:38un problème
12:39à l'intérieur
12:39d'une rédaction,
12:41tout se sait,
12:42en fait,
12:42parce qu'on est
12:43des journalistes aussi,
12:44donc forcément,
12:44on est amis avec...
12:45Voilà.
12:46Donc,
12:46pour moi,
12:47le sujet a plus été
12:48la campagne autour,
12:50relayée par des anciens,
12:52notamment de Marianne,
12:53voilà,
12:54assez malveillants,
12:55ou des médias,
12:56on va dire,
12:57d'extrême-gauche.
12:58C'est plus ça,
12:58le sujet,
12:59que véritablement,
13:01ce qui est venu,
13:02enfin,
13:02voilà,
13:03des...
13:04Comment dire ?
13:05Ce qui m'a été exprimé
13:07par cette émotion
13:08à l'intérieur
13:08qui,
13:09ça me semble quand même
13:09légitime,
13:10on a le droit aussi
13:11de s'opposer
13:11et de le faire savoir.
13:13Parlons Femmes revient
13:13sur Sud Radio
13:14avec la directrice
13:15de la rédaction
13:15de Marianne F.
13:17Eve, pardonnez-moi,
13:18Cheftel,
13:19vous restez avec nous,
13:19à tout de suite.
13:20La Caisse d'épargne
13:22Ile-de-France,
13:23fière de soutenir
13:24toutes les femmes,
13:25vous présente
13:26Sud Radio,
13:27Parlons Femmes,
13:28Judith Belair.
13:29Parlons Vrai,
13:30sur Sud Radio,
13:31on parle femmes
13:32avec Eve,
13:33Cheftel,
13:34directrice de la rédaction
13:35de Marianne,
13:36aujourd'hui.
13:37Alors, Marianne,
13:37la toute dernière une,
13:38d'ailleurs,
13:39la une,
13:40c'est enquête
13:40sur Sarkozy,
13:43un pognon de dingue.
13:45On la voit d'ailleurs,
13:46cette une,
13:47pour ceux qui nous suivent
13:47sur YouTube.
13:50Voilà,
13:50alors quelques mots
13:51sur ce choix.
13:52Déjà,
13:52peut-être que pour que
13:53les auditrices,
13:54les auditeurs sachent
13:55comment ça se passe,
13:55comment est-ce qu'on choisit
13:57une une dans une rédaction,
13:59comment ça fonctionne,
14:00qui a le dernier mot,
14:01pourquoi celle-là
14:02et pas une autre,
14:03etc.
14:03Allez-y.
14:04Alors, Sarkozy et Marianne,
14:06c'est une vieille histoire,
14:08puisque en 2011,
14:11Marianne avait fait sa une
14:12qui est restée célèbre
14:14et qui a été
14:14une des meilleures ventes,
14:16d'ailleurs,
14:16qui était le voyou
14:19de la République.
14:21Il se trouve
14:21qu'on a un journaliste
14:22qui s'appelle
14:22Laurent Valdiguier,
14:23qui est un reporter justice
14:26qui a couvert
14:26tout le procès Sarkozy
14:28et donc,
14:30qui nous a raconté un jour
14:32comment ça se passe.
14:34J'étais à l'audience
14:35et j'ai découvert
14:36que Sarkozy,
14:37en réalité,
14:37était blindé.
14:39Et on lui a dit,
14:39ah bon,
14:39vas-y, raconte.
14:40Et il commence
14:41à nous détailler
14:43ses comptes.
14:45Et on s'est dit,
14:48là, il y a quand même
14:48un sujet.
14:49On a vu, en fait,
14:50c'est comme ça
14:50qu'une une,
14:51elle se fait,
14:51c'est qu'on a vu
14:52l'étonnement
14:53partout,
14:55sur les réseaux,
14:57des gens qui disaient,
14:58ah oui,
14:58mais on n'imaginait pas
14:59qu'il avait autant d'argent.
15:01Et donc,
15:02c'est là où on commence
15:02à dire,
15:03il y a peut-être
15:04un sujet à monter
15:05en une, etc.
15:06Donc, c'est quand même
15:07un travail collectif.
15:09Il y a un moment où...
15:10Puis c'est une grosse enquête
15:10aussi.
15:11Voilà,
15:11et c'est qu'ils appuient
15:12évidemment sur une grosse
15:13enquête de Laurent.
15:15Et donc,
15:16la création de la une,
15:18c'est à la fois
15:19quelque chose
15:19qui est dans l'actualité,
15:20qu'on sent,
15:21et il faut arriver
15:21à trouver la bonne question,
15:23le bon ton,
15:24voilà,
15:25sans être non plus
15:26dans la diffamation.
15:28Voilà.
15:29Et on trouvait
15:29que pognon de dingue,
15:30cette expression
15:30qui est d'Emmanuel Macron,
15:33convenait bien
15:33à Nicolas Sarkozy.
15:36et voilà,
15:39on s'est dit
15:39que c'était une une
15:39un peu clin d'œil,
15:40un peu autoréférencée
15:41à l'histoire de Marianne
15:42qui était très Marianne.
15:43Le journal d'un prisonnier,
15:45c'est un pognon de dingue.
15:46Voilà, c'est ça.
15:48Est-ce que vous trouvez
15:50qu'il y a quelque chose
15:50à changer ou pas,
15:52d'ailleurs,
15:52dans le paysage médiatique français ?
15:54Qu'est-ce que vous en pensez
15:55des médias d'aujourd'hui ?
15:58Alors, je sais qu'il est courant
16:00de dénoncer la polarisation
16:01et de la regretter.
16:04J'ai fait un édito
16:05il y a quelques semaines
16:06pour dire qu'en réalité,
16:08aujourd'hui,
16:08le paysage médiatique
16:09est bien plus pluraliste
16:11qu'avant.
16:12C'est-à-dire qu'avant,
16:13il y avait,
16:14je racontais...
16:15Mais il est plus opinionné aussi.
16:17Voilà,
16:17c'est plus clivé,
16:19c'est plus...
16:19Il y a des vraies batailles.
16:22Voilà,
16:22en gros,
16:23on a le groupe Bolloré
16:24d'un côté,
16:26on a la droite-la-gauche,
16:28on a les services publics
16:29et puis au milieu,
16:30on a des satellites
16:31comme vous,
16:32sur la radio,
16:32comme Marianne,
16:33qui essaient justement
16:35de ne pas être
16:35trop récupérés
16:37par les uns,
16:38par les autres.
16:39Donc,
16:39on essaie de tenir
16:40un peu cette...
16:41Moi,
16:41je dis souvent,
16:42Marianne,
16:42on est non-aligné,
16:44on essaie d'être non-aligné
16:45parce que c'est ça
16:45qui nous donne la liberté
16:47de ne pas se dire tout de suite
16:48« Ah non,
16:49ça,
16:49c'est de droite,
16:49ça,
16:50c'est de gauche,
16:50on n'en parle pas,
16:51voilà,
16:51de ne pas être toujours
16:52dans les anathèmes. »
16:53Voilà,
16:54moi,
16:54je trouve qu'il est plutôt riche
16:55ce paysage.
16:55Moi,
16:55j'aime bien le matin.
16:58Ça peut être France Inter,
17:00mais ça peut être Europe 1,
17:01ça peut être RMC,
17:02ça peut être Sud Radio aussi.
17:04J'aime bien,
17:05moi,
17:05j'adore la radio,
17:08les télés.
17:08Enfin,
17:08je suis une grosse consommatrice
17:10de médias forcément
17:10pour mon travail,
17:11mais aussi parce que
17:12je suis curieuse
17:13et je trouve qu'on a la chance,
17:14on a un choix quand même
17:15extraordinaire.
17:16Alors vous,
17:17vous êtes journaliste
17:18depuis plus de 20 ans,
17:18on l'a dit,
17:19de la FPL Libération.
17:20diriger une rédaction.
17:22Ça fait 25 ans maintenant,
17:23depuis 2001 en fait.
17:24Plus de 20 ans.
17:24J'ai commencé le 11 septembre
17:26quasiment.
17:28On est exactement
17:28de la même génération,
17:29ma chère Ève.
17:32Diriger une rédaction,
17:33c'était la suite logique
17:34en fait ?
17:35Non,
17:36je ne dirais pas ça.
17:37Comment ça vous a
17:38tombé dessus ?
17:38Vous y attendiez ?
17:40Vous avez réfléchi
17:41avant d'accepter ?
17:42Non,
17:42alors d'abord,
17:42je n'ai jamais eu
17:43vraiment de plan de carrière,
17:44j'ai fait ce que
17:44j'avais envie de faire.
17:45Par exemple,
17:48il y a quelques années,
17:49j'étais à l'AFP encore,
17:50à l'agence France Presse,
17:51et puis j'ai dit,
17:52j'ai envie d'aller voir
17:53ce qui se passe en banlieue.
17:54Je me suis fait nommer
17:55à Bobigny,
17:56on m'a dit,
17:56ah bon,
17:56pourquoi vous allez,
17:57qu'est-ce que tu vas aller faire là-bas ?
17:59C'est plutôt pour des journalistes
18:00un peu débutants.
18:01J'ai dit,
18:01bah non,
18:01moi j'ai envie d'aller vraiment
18:02voir sur le terrain.
18:03Je passais 4 ans passionnants,
18:06dont j'avais été invitée
18:07par André Bercoff justement
18:08pour parler du livre
18:09que j'avais écrit
18:09Le Maire et les barbares
18:11suite à ça.
18:11Une interview très marquante.
18:14Et donc,
18:14je n'avais pas vraiment de plan.
18:15Il est marquant le dédé.
18:16Oui,
18:16exactement.
18:18Et puis,
18:19même si ça nous a valu
18:21un procès en diffamation
18:22tous les deux,
18:22qu'on a gagné,
18:23donc tout va bien.
18:24Voilà,
18:25tout va bien.
18:26Et ensuite,
18:27je suis allée à Libé
18:29où je m'occupais encore
18:30banlieue,
18:31urbanisme.
18:32Et puis,
18:32c'était plus de l'ordre
18:34de l'opportunité.
18:36Marianne,
18:37Denis Oliven
18:38cherchait quelqu'un
18:39pour diriger Marianne.
18:41Moi,
18:41c'est toujours un journal
18:41que j'ai aimé.
18:42J'ai aimé son ton,
18:43j'ai aimé son ton mordant,
18:44j'ai aimé le côté
18:46un peu canard enchaîné,
18:47j'ai aimé son indépendance
18:49d'esprit,
18:50sa liberté.
18:51Et puis,
18:51ses valeurs,
18:52ses combats,
18:53la laïcité,
18:54justement,
18:54ce qu'on disait
18:55au début de l'émission,
18:56l'universalisme,
18:58voilà,
18:59l'attachement
19:01à la question sociale aussi.
19:03Voilà,
19:03parce que la République
19:04sans sa jambe sociale,
19:05ça reste abstrait,
19:06c'est de l'incantation.
19:07Donc,
19:08l'industrie,
19:09voilà,
19:10la classe ouvrière,
19:12on va le dire comme ça.
19:14En tout cas,
19:14les gens qui travaillent.
19:16Et puis,
19:18la province,
19:19le non-parisianisme,
19:20voilà,
19:20j'arrête de la lise de tout.
19:22Donc,
19:22je lui ai dit,
19:25j'y suis allée au culot,
19:25j'ai dit à Denis Oliven,
19:27en fait,
19:28si tu cherches une directrice,
19:31et voilà,
19:32comme ça.
19:33Vous parlez souvent
19:34de journalisme
19:35comme d'un projet civique.
19:37C'est ce que vous dites
19:38un petit peu là,
19:38c'est-à-dire que,
19:39pour vous,
19:40et puis vous dites aussi,
19:41d'ailleurs,
19:42vouloir ramener les lecteurs
19:43vers le giron républicain,
19:44c'est-à-dire qu'en fait,
19:45revenir à l'essentiel
19:46de nos valeurs,
19:47parce que c'est vrai
19:48que le problème,
19:49c'est peut-être
19:49qu'on a un peu oublié
19:50nos valeurs,
19:51et c'est ce qui fait
19:51qu'il y a un espèce
19:52de clivage monumental
19:53aujourd'hui aussi
19:53entre les différentes communautés,
19:55les différents styles,
19:55les différents whatever,
19:57c'est un peu compliqué.
19:58Et le but,
19:59c'est de rassembler
20:00un peu tout le monde aussi.
20:00Est-ce qu'un média,
20:01même comme Marianne
20:02ou comme une radio,
20:03est-ce que ça a le pouvoir
20:04de faire ça ?
20:05Oui, c'est juste.
20:07Je ne savais pas
20:08que j'avais dit ça,
20:09mais je pense que oui.
20:11C'est-à-dire qu'un média,
20:12ce n'est pas juste
20:13informer au sens
20:15rapporter ce qui se passe,
20:16évidemment,
20:17mais aujourd'hui,
20:18finalement,
20:19notre valeur ajoutée,
20:21ça reste toujours
20:22de dénoncer
20:22et de révéler
20:24des choses
20:24qui sont cachées,
20:25mais c'est aussi,
20:26effectivement,
20:27on a un rôle
20:27citoyen,
20:29on a une responsabilité
20:30qui est déjà
20:31de parler
20:32de façon raisonnable,
20:35démontrer
20:35des sujets
20:36un peu tabous.
20:37Parce que,
20:38par exemple,
20:38pour moi,
20:39ce qui fait le lit
20:40forcément
20:41de l'extrême droite,
20:43c'est le déni
20:44sur un certain nombre
20:45de sujets,
20:46par exemple,
20:46qui sont pourtant
20:48en tête des sondages,
20:49que ce soit
20:50la sécurité
20:51ou l'immigration,
20:52qui sont des sujets
20:53difficiles.
20:54Il faut faire attention
20:56de ne pas tomber
20:56dans le racisme.
20:58Mais,
20:59à Marianne,
21:00en tout cas,
21:00moi,
21:00j'ai toujours dit,
21:01on essaye de traiter
21:02ces sujets-là.
21:04Il n'y a pas de tabou.
21:05Il n'y a pas de tabou.
21:07Après,
21:08quand on le fait,
21:08on le fait bien.
21:10Et,
21:10évidemment,
21:11si jamais
21:13on apprend des choses
21:15ou on a des témoignages
21:16qui vont dans le sens
21:18contraire à ce qu'on pense,
21:21on les garde.
21:21On ne fait pas de sélection.
21:22Je pense que
21:24c'est aussi penser
21:26contre soi-même.
21:27Donc,
21:28ça,
21:28j'y tiens aussi.
21:31Garder aussi
21:31une espèce de neutralité
21:32face à l'info
21:33qu'on envoie.
21:34Parce que c'est vrai
21:35que l'info,
21:35aujourd'hui,
21:36elle est quand même,
21:37on le disait tout à l'heure,
21:38elle porte une opinion
21:40en fonction du média
21:41qui la porte en question.
21:43Donc,
21:43quand on arrive
21:43à trouver
21:44un espèce de juste milieu
21:45là-dedans
21:46et garder une certaine neutralité,
21:47en tout cas,
21:48dans l'information
21:48qu'on va aller donner
21:49au lecteur
21:50ou à l'auditeur,
21:51etc.,
21:52on fait du vrai journalisme.
21:53C'est ça.
21:53Et franchement,
21:54je pense qu'il n'y a vraiment
21:55pas de sujet tabou.
21:57Par exemple,
21:57on a traité,
21:58je me souviens,
21:59un sujet grâce à une journaliste
22:01Rachel Binaz
22:02qui avait eu une note
22:02en exclusivité
22:03sur la question
22:05de l'immigration
22:06qui met l'hôpital
22:07sous tension
22:08et certains,
22:09notamment secteurs hospitaliers,
22:12les greffes,
22:13les services de greffe
22:14ou d'oncologie pédiatrique
22:16où il y avait,
22:18c'était autour
22:18d'un dispositif
22:20qui s'appelle
22:20le titre
22:20« Étranger malade ».
22:22Bon,
22:23ça doit être
22:25dans le débat public.
22:25Notre rôle,
22:26c'est de parler
22:27de ces sujets
22:27qui fâchent.
22:28Et là,
22:29dans le prochain numéro,
22:30on va faire la même chose
22:31sur la question
22:31de l'éducation.
22:32Est-ce que l'immigration
22:33est responsable
22:34des maux de l'éducation ?
22:36Voilà,
22:36on va voir que la réponse
22:37est plus complexe.
22:40On va devoir se quitter
22:41bientôt,
22:41chère Ève.
22:42Est-ce que vous avez
22:42un petit mot
22:43comme ça
22:43que vous avez envie
22:44de passer aux auditrices,
22:45aux auditeurs
22:45qui nous écoutent
22:46aujourd'hui ?
22:49Allez-y,
22:51parle en vrai.
22:51Oui,
22:53je dirais qu'aujourd'hui,
22:55il y a une grande
22:56défiance
22:57vis-à-vis des médias,
22:59des journalistes.
23:02Nous,
23:03on essaye
23:03de faire notre travail
23:05le mieux possible.
23:08J'ai envie de leur dire
23:09mais on a besoin de vous
23:11aussi.
23:12Tout est gratuit
23:13aujourd'hui
23:14mais faire de l'information
23:16de qualité,
23:17ça a un coût
23:18et j'ai envie de dire
23:19aller acheter
23:21les journaux.
23:21Allez acheter
23:22les journaux
23:22et puis parce que
23:23c'est aussi
23:24pour les kioskis
23:24et voilà,
23:26ça fait partie
23:26de la ville.
23:27De même qu'on veut
23:27qu'il y ait
23:28des commerces physiques
23:30et pas que tout soit
23:32sur internet,
23:33il faut que les journaux
23:34continuent à exister,
23:35les journaux papiers
23:36et aller acheter
23:37les journaux
23:38et en particulier
23:38aller acheter
23:39Marianne.
23:39Je serais ravie
23:40de vous compter
23:40parmi nos lecteurs.
23:42Merci Ève Scheftel.
23:43Merci Judith
23:44de m'avoir reçue.
23:45Marianne s'est retrouvée
23:45en kiosque
23:46évidemment.
23:46On vient de le dire
23:47et puis pour ceux
23:48qui sont très très parlés
23:49parce que ça existe
23:49en ligne aussi
23:50sur marianne.net
23:51mais bon,
23:51elle est quand même
23:51chez le kioski.
23:54Allez,
23:55merci beaucoup Ève.
23:56Parlons Femmes
23:56sur Sud Radio,
23:57c'est terminé.
23:58On se retrouve
23:58samedi prochain
23:59à 13h30
24:00et puis demain
24:0111h cette fois-ci,
24:03dimanche très exceptionnellement
24:04pour cause de rugby
24:05pour cet excellent.
24:06Merci à Juju Delmas
24:07à la réalisation
24:08et moi je vous embrasse.
24:09Bye bye.
24:12Parlons Femmes
24:12Judith Belair
24:14avec la Caisse d'épargne
24:15Île-de-France
24:16fière de soutenir
24:17toutes les femmes.
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