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Éric de Riedmatten reçoit un invité dans #LHebdoDeLEco pour approfondir un sujet économique…

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00:00On va parler des fêtes de fin d'année et des entreprises qui travaillent dur en ce moment et qui réussissent.
00:06L'une de ces marques qui fait partie du patrimoine français, c'est l'Aberie Fine Foods.
00:11Merci d'être avec nous Jacques Trottier parce que vous êtes président de ce groupe,
00:14connu à l'origine pour le foie gras, mais vous avez décidé de vous diversifier.
00:19Oui, le groupe l'Aberie Fine Foods est bien évidemment la marque iconique,
00:23l'Aberie, très connue sur le foie gras et puis sur le saumon fumé également,
00:26parce que ce sont deux mets symboliques de la gastronomie française.
00:31Mais c'est vrai qu'on s'est beaucoup développé avec d'autres marques,
00:34la marque Delpierre qui est présente sur le traiteur marin, sur la crevette.
00:37Il faut savoir qu'une crevette sur deux en France sort de nos ateliers.
00:41Et puis aussi tous les produits apéritifs frais avec les marques Bligny et Atelier Bligny.
00:46On a aussi une petite dernière marque aux petits oignons qu'on a lancé pour développer l'offre végétale.
00:51Ça veut dire que le foie gras pèse moins aujourd'hui dans vos activités ?
00:55En fait, le foie gras en lui-même, il pèse autant.
00:58Mais comme on a développé les autres activités d'un point de vue relatif,
01:01en pourcentage, c'est vrai que son poids a un peu diminué.
01:03Mais les Français en consomment encore du foie gras ?
01:05Oui, les Français en consomment.
01:06Alors c'est vrai que sur ces dernières années,
01:08comme la disponibilité du foie gras a été très aléatoire,
01:12c'est difficile de connaître la vraie demande consommateur.
01:14Nous, les vrais repères que l'on a,
01:15quand on a ça fait à peu près plus de 20 ans qu'on interroge le consommateur,
01:18en général au mois de septembre ou au mois d'octobre,
01:20on lui demande, est-ce que vous voulez consommer,
01:22est-ce que vous pensez, est-ce que vous souhaitez consommer du foie gras à Noël ?
01:24Et on a toujours un chiffre qui est toujours le même,
01:27qui est 9 Français sur 10 ont prévu de consommer du foie gras à Noël.
01:31Ah oui, donc vous voulez dire qu'il n'est pas menacé,
01:33malgré tous les vents un peu hostiles ?
01:35En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas menacé
01:38par l'attente des consommateurs.
01:40Les consommateurs sont toujours fans de ce produit-là.
01:43Pour eux, qui dit réveillon de Noël ou de premier de l'an,
01:46dit une espèce de tradition que l'on a de consommer.
01:49Le foie gras en fait partie, bien évidemment le saumon aussi,
01:52il peut y avoir d'autres produits, les huîtres,
01:54mais le foie gras et le saumon fumé sont des incontournables de table de fête.
01:57Et cette année, la grippe aviaire, on en reparle, c'est une menace ?
02:00Il y a eu quelques foyers, notamment dans l'ouest de la France.
02:04Je pense que la vaccination qui a été initiée maintenant,
02:06il y a un peu plus de 18 mois, a fait ses effets,
02:09permet de limiter leur impact,
02:11et on aura du foie gras disponible sur cette fin d'année.
02:14Les fêtes, pour vous, c'est le moment clé ?
02:16C'est là que les ventes sont les plus fortes ?
02:17Oui, c'est un moment clé, alors ça dépend des catégories de produits,
02:20mais c'est vrai que sur le foie gras,
02:21c'est à peu près plus de 75% des ventes qu'on a faites tout au long de l'année
02:24se font sur cette fin d'année.
02:26C'est plutôt entre 40 et 50% sur la partie saumon fumé,
02:30donc c'est un moment qui est important.
02:32Alors vous avez 9 usines en France,
02:34on arrive encore à tenir avec 9 usines,
02:36avec les poids pour le fonctionnement de l'outil industriel ?
02:39Alors c'est un challenge, je ne vais pas vous dire que c'est un long fleuve tranquille,
02:43mais chez nous c'est un crédo.
02:44On pense qu'on est capable de maintenir un tissu industriel agroalimentaire en France.
02:50Alors ça demande beaucoup d'efforts, ça demande beaucoup d'investissement,
02:53c'est-à-dire que c'est des usines dans lesquelles on investit.
02:55C'est vrai qu'on a affaire des fois avec une espèce de pression,
02:58un poids réglementaire, parfois utile et parfois peut-être moins utile.
03:02Donc voilà, si on était un peu aidé par rapport à ça,
03:03et qu'on évitait en France de se mettre des fois avec une balle dans le pied,
03:06ce serait pas mal.
03:07Mais nous en tout cas on est convaincus, quand on fait des produits de qualité,
03:10quand on a des belles marques qui permettent de bien expliquer tout ça à nos consommateurs,
03:15on pense qu'il y a un avenir pour l'agroalimentaire.
03:18Oui, parce que la souveraineté, elle concerne aussi la gastronomie et nos savoir-faire,
03:22c'est pas seulement une industrie.
03:23Bien sûr, dans notre portefeuille d'activité, on a des produits comme les tartinables,
03:27comme le saumon, qui pourraient être faits ailleurs qu'en France,
03:30peut-être des fois dans des conditions purement économiques
03:33qui seraient peut-être encore plus compétitives,
03:35mais on a le sentiment qu'en France, en maîtrisant nos savoir-faire,
03:38en maîtrisant la qualité de nos produits,
03:40en maîtrisant la responsabilité avec laquelle on fait ces produits,
03:44on peut convaincre le consommateur de continuer à acheter français.
03:46Ça c'est important ce que vous dites, vous vous interdisez de délocaliser.
03:49Oui, c'est un choix stratégique qui est un choix fort,
03:53qui est pour l'instant objectivement récompensé par les consommateurs,
03:56parce que nos marques, Labéry, Delpierre, Bligny Atelier de Bligny,
03:59gagnent des parts de marché, ça veut dire qu'elles continuent à être préférées
04:02par les distributeurs et par les consommateurs.
04:04Et donc pour garder ce savoir-faire, il faut des artisans,
04:07donc vous les protégez en quelque sorte,
04:09c'est un petit peu comme les entreprises de luxe,
04:11qui conservent un savoir-faire en France.
04:12Oui, parce que ce n'est pas simplement dans nos ateliers que ça se passe.
04:15Quand on fait du houmous à Marc Atelier Bligny,
04:18qui est un des gros produits leaders dans notre portefeuille d'activité,
04:21et bien le houmous, il est fait avec du pois chiche,
04:25et on a des contrats avec les agriculteurs dans l'Ouest et dans le Sud-Ouest de la France,
04:29avec Agri-Éthique France, dans lequel on s'engage pour la juste rémunération des producteurs,
04:33on leur donne de la visibilité sur les volumes,
04:35pas simplement sur un an, sur trois ans, sur quatre ans,
04:38pour faire en sorte qu'eux puissent se projeter là-dessus
04:41et avoir une stabilité d'approvisionnement.
04:42Et gagnent leur vie, parce que souvent, bien sûr,
04:45le rapport de force entre producteurs, industriels,
04:47et puis la grande distribution, on sait bien, la question se pose chaque année.
04:50Oui, mais nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'ils gagnent leur vie,
04:51parce que s'ils gagnent leur vie, ils vont investir dans leur exploitation,
04:55ils vont continuer à avoir une durabilité dans l'approvisionnement.
04:59Ce qui menace aussi la souveraineté alimentaire française,
05:01c'est déjà la disponibilité des produits.
05:03Donc, il faut faire en sorte qu'on ait des producteurs en France,
05:06que ce soit sur les filières animales ou sur les filières végétales,
05:08qui se projettent à continuer à faire ces produits-là.
05:12C'est ça, mais justement, si on élargit un peu le sujet,
05:14on a plein de bons plats en France.
05:16Je ne sais pas, on peut parler des petits salets aux lentilles,
05:18des têtes de veau, la poule au pot, le cassoulet,
05:21la pâte à dos choux, même la choucroute.
05:22Ça, c'est typiquement français.
05:24Est-ce que ce n'est pas menacé à terme avec tous ceux qui sont contre ces traditions ?
05:28Écoutez, je pense qu'il faut faire la part des choses.
05:30Nous, en tout cas, sur les produits qu'on défend,
05:32c'est ceux dont je peux le mieux parler.
05:34La meilleure façon de les défendre, c'est déjà de nous faire bien les choses.
05:37Et en France ?
05:38De les faire en France.
05:39De bien l'expliquer aussi bien à nos clients,
05:41qui nous référencent les produits,
05:43les anciennes, Carrefour, Leclerc, Intermarché, Auchan, etc.
05:46Pour leur expliquer qu'ils doivent préférer nos marques
05:48parce qu'elles apportent quelque chose de plus aux consommateurs,
05:51et bien de l'expliquer aussi aux consommateurs.
05:52Si on fait tout bien,
05:54ça, si on protège les producteurs,
05:56ceux qui nous fournissent les canards,
05:58ceux qui nous fournissent le pois chiche,
05:59le blé pour faire nos blignis,
06:01eh bien, si on respecte globalement cette chaîne de valeurs,
06:04et si tout le monde s'y retrouve,
06:05on a le sentiment qu'il y a un avenir pour les produits français.
06:07Mais pour le consommateur,
06:08vous arriverez à maîtriser quand même les prix ?
06:11Oui, oui, c'est sur cette fin d'année.
06:13Ça a été le cas aussi l'année dernière.
06:14On aura des prix sur le saumon fumé
06:16et sur le foie gras qui seront plutôt stables,
06:18voire même ici ou là peut-être un peu à la baisse.
06:20Donc voilà, mais pour tout ça,
06:22il faut se donner de la visibilité.
06:23C'est pour ça que la notion de filière globale est importante.
06:25Eh bien, bon appétit à tous.
06:27On va se régaler pour les fêtes de Noël.
06:28Merci infiniment d'être venu, Jacques Trottier,
06:30président du groupe La Berry Fine Foods.
06:32Restez avec nous sur CNews.
06:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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