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Éric de Riedmatten reçoit un invité dans #LHebdoDeLEco pour approfondir un sujet économique…

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Transcription
00:00On va parler de l'assurance-vie, le placement préféré des Français, tellement aimé des Français qu'il suscite des convoitises au gouvernement qui veut le taxer.
00:08Alors on en parle avec Gérard Beckerman, vous êtes président de l'affaire, c'est un gros gestionnaire finalement de fonds assurance-vie, 55 milliards d'encours.
00:1757 ?
00:18Vous vous sentez menacé ?
00:20Écoutez, c'est quand même extraordinaire que vous posiez cette question de la menace.
00:23Un député, un sénateur, il doit non pas susciter le risque, la menace, il doit au contraire inspirer la confiance et non pas la défiance.
00:34Alors ces taxes, elles vont arriver ou pas si elles sont votées ?
00:38Il l'orgne, vous avez raison, il l'orgne sur l'assurance-vie.
00:41Eh bien, vous savez qu'en vieux français, lorgner, ça voulait dire espionner, to spy, comme on dit en anglais.
00:49C'est-à-dire, il ne faut pas qu'ils aient cette mentalité de vouloir espionner.
00:52Dans la littérature allemande, on a même un verbe beaucoup plus grave qui veut dire guetter.
01:00Donc il guette, il lorgne, il ne regarde pas droit dans les yeux, il regarde de côté, à droite, surtout à gauche, il regarde derrière, il ne regarde jamais dans les yeux.
01:11Donc il faut se méfier de toute vénéité de taxer l'assurance-vie.
01:15Mais c'est grave parce que l'assurance-vie au total, c'est 2200 milliards.
01:19C'est ça, d'encours chez vous, c'est 57, vous avez bien précisé.
01:22Mais donc ça veut dire qu'il y a de l'argent à faire sur le dos des épargnants, en fin de compte.
01:26Oui, les 2200 milliards, il faut se poser la question, à quoi servent-ils ?
01:30Là-dedans, vous allez trouver 620 milliards d'obligations d'État.
01:34Et donc, est-ce qu'en disant que ce patrimoine est improductif, on veut dire que c'est improductif que de prêter à l'État, qu'ils le disent ?
01:44Si c'est improductif de payer, d'acheter des obligations d'État, eh bien s'ils veulent taxer les hôpitaux, les routes, la sécurité, l'emploi, les jeunes, eh bien qu'ils le fassent.
01:55Mais dans ce cas-là, qui va remplacer les ménages, les épargnants français pour financer l'État ?
02:03J'ajoute qu'il y a 600 autres milliards pour l'entreprise, le développement.
02:08Eh bien, il faut respecter ces finalités de l'assurance-vie, parce que s'il y a des retraits, il n'y aura plus d'argent pour payer les dettes de l'État et pour contribuer au financement des entreprises.
02:20Il faut l'épargne, elle appartient aux épargnants, elle n'appartient pas aux élus de la République.
02:25Mais qu'est-ce que vous allez faire pour empêcher justement que ça passe ?
02:29Eh bien, nous allons monter au créneau, nous nous manifesterons, la voix de l'affaire portera aujourd'hui, demain comme hier,
02:38et nous allons faire reculer toutes ces initiatives qui sont fondamentalement négatives.
02:44Est-ce que l'État est jaloux de l'épargne des Français, de la fortune des Français ?
02:48C'est intéressant. La jalousie, je dirais plutôt, c'est l'envie. C'est une revanche et c'est une mesure revancharde contre tous ceux qui, pendant toute une vie,
03:03ont mis de l'argent de côté pour leurs vieux jours, pour les retraites, pour les aléas de la vie, pour leurs enfants, pour la famille.
03:10Et tout un coup, on voit des députés qui montent au créneau pour s'attaquer à l'assurance-vie, qui n'est pas une niche fiscale, l'assurance-vie, elle rapporte.
03:19Oui, mais est-ce qu'elle appelle elle un peu trop généreuse ?
03:21Pas du tout, elle est généreuse en quoi ?
03:23Regardez, on s'est attaqué, ils ont voulu rapporter à la dévolution successorale la valeur de rachat des contrats d'assurance-vie.
03:30Ils y sont presque arrivés. Aujourd'hui, l'assurance-vie, elle est fiscalisée, puisque maintenant, en matière de succession, il y aura un taux comparable au taux de droit sur les successions de 31,2%.
03:45Au-dessus d'un seuil.
03:46Au-dessus d'un seuil. Je n'en disconviens pas. Il faut laisser l'assurance-vie tranquille, car c'est un trésor public pour 20 millions de Français qui détiennent un contrat
03:57et leurs bénéficiaires, c'est-à-dire 35 millions de Français, qui demandent quoi ? Ils demandent la paix.
04:04Et je pense que la mission d'un député, c'est de permettre la paix et non pas de déclencher des jacqueries.
04:13Des frondes.
04:14Oui, c'est ça. Mais est-ce que c'est important quand même l'argent qui est sur les assurances-vie ? Est-ce qu'il n'y en a pas une partie qui pourrait être utilisée pour la retraite, par exemple ?
04:21La retraite par capitalisation, ce serait peut-être une bonne solution, non ? D'encourager les Français...
04:26C'est ce que nous souhaitons. En soi, l'assurance-vie est une forme de retraite par capitalisation. C'est une retraite.
04:33Nous avons eu un système de répartition avec les ordonnances au lendemain de la guerre. Elles ont été bonnes.
04:39Il faut saluer ces initiatives, mais la répartition ne répartit que des miettes. Elles sont insuffisantes.
04:45Elles ne permettent pas de réduire la pauvreté. Elles ne permettent pas aux personnes âgées d'avoir une retraite décente.
04:52Ce que nous demandons, c'est la paix et, je dirais, la volonté de ne pas changer les règles à chaque carrefour.
05:01Ne pas décourager.
05:02On a, par exemple, un code de la route. On s'arrête au feu rouge. On s'arrête au stop. On ne franchit pas la ligne blanche.
05:08C'est ce que nous voulons, un code de l'épargne que, mesdames et messieurs les députés, respecte constitutionnellement.
05:15Vous seriez ministre de l'économie ? Qu'est-ce que vous feriez ?
05:18Je ne suis pas sûr que ma femme me laisserait. J'ai connu une bonne quinzaine de ministres des Finances depuis que je suis président de l'affaire.
05:28Vous savez, être ministre, je pense que d'abord, c'est un sacerdoce. Il ne faut pas vilipender, accuser en permanence la fonction des élus.
05:37Ce sont des métiers extrêmement difficiles et souvent, ils aboutissent à des ingratitudes, surtout lorsqu'elles sont nourries par des amis.
05:45Très bien. J'avais juste une dernière question à vous poser, si vous me le permettez.
05:49Est-ce que c'est exact que l'on puisse bloquer l'assurance vie en cas de crise, de guerre ? Est-ce que ça pourrait être bloqué, le retrait des fonds ?
05:56D'abord, il n'y a pas de guerre. Ce qui peut se produire, c'est que la loi Sapin 2 autorise le blocage pendant trois mois, renouvelable, une fois.
06:07C'est-à-dire, au maximum, il se pourrait, mais je n'y crois pas, il se pourrait que le gouvernement se prévale de la loi Sapin 2 pour dire,
06:16eh bien, pendant six mois, il est impossible de toucher à votre argent. Je n'y crois pas fondamentalement.
06:23Pour vous donner un exemple, la durée moyenne de détention des contrats en assurance vie dans ma maison, l'affaire, elle est supérieure à 21 ans.
06:33Ce n'est pas une agression et ce n'est pas une loi qui s'inspire d'une spoliation.
06:38C'est une loi qui s'inspire d'une stabilisation pour éviter un risque systémique.
06:43Parce que s'il n'y avait pas cette loi, qu'est-ce qui se passerait ?
06:46S'il y avait des retraits massifs, les compagnies d'assurance, là, pourraient être en danger.
06:52D'accord, oui, donc ça rassure les Français.
06:54Elle est protectrice.
06:55Ils ne seront pas spoliés, on ne va pas leur bloquer leur compte, quoi qu'il arrive, ça c'est clair.
06:59Et merci de le préciser.
07:00Merci d'être venu sur CNews, Gérard Beckerman, président de l'affaire.
07:04Restez avec nous sur CNews.
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