00:00La lutte anti-drone, oui, le marché est en train de naître, il y a un véritable essor autour des drones en France.
00:07Alors on va en parler avec un expert en aéronautique, Adrien Canter, merci d'être sur CNews.
00:12Vous avez créé il y a deux ans Alta Ares, c'est une entreprise qui détecte notamment les drones, créée pendant la guerre d'Ukraine.
00:20Bonjour Eric, oui tout à fait. Alta Ares c'est bien une société française mais qui a pour particularité d'être né en Ukraine
00:26il y a à peu près deux ans suite à une expression de besoin de l'armée ukrainienne sur laquelle on a planché pendant plusieurs mois.
00:34Vous avez travaillé là-bas, étudiant c'est ça, vous avez démarré votre carrière en fait en Ukraine, il faut expliquer que votre origine est là-bas.
00:40Alors effectivement j'ai fait une partie de ma formation en Ukraine et c'est un pays où j'ai développé des attaches très importantes
00:46et c'est un pays qui est très touchant et le combat qui mène aujourd'hui ne peut que nous forcer nous en tant que Français
00:52et par extension aussi européens à nous impliquer là-bas parce que les besoins sont légions et il y a une vraie volonté de coopération et d'innover.
01:00Donc c'est l'intelligence artificielle qui aide à la détection ?
01:03Effectivement on a développé une intelligence artificielle, donc des algorithmes, une succession d'algorithmes qui analysent du pixel.
01:10Donc vous pouvez le voir sur les images ici, on est venu entraîner cette intelligence artificielle à dissocier différents types de véhicules,
01:18des véhicules de transport de troupes par exemple russes d'Ukrainien pour éviter les cas de tirs fratricides
01:23mais aussi pour faire des missions de lutte anti-drone ou counter UAS en anglais
01:28parce qu'il y a vraiment cette massification aujourd'hui des vecteurs autonomes, c'est ce qu'on appelle,
01:34donc ce n'est pas que des drones aériens, il y a aussi des drones terrestres voire maritimes,
01:38donc c'est devenu même une guerre système contre système où l'IA a une place grandissante et où Altares intervient de plus en plus.
01:45Donc là vous êtes au service de l'armée ukrainienne si je comprends bien,
01:48pour arrêter les éventuels drones russes qui pourraient venir bombarder l'Ukraine ?
01:53Alors on est au service de la défense européenne et on travaille avec plusieurs unités partout en Europe,
02:00pas seulement en Ukraine, mais aussi en phase d'expérimentation avec plusieurs unités en France
02:04pour effectivement apporter une couche d'IA à des systèmes déjà existants et pour certains très performants.
02:11Donc c'est une mission où un opérateur drone va venir surveiller une zone pour vérifier qu'il n'y ait pas d'infiltration
02:17parce qu'on ne veut pas que les personnes ennemies le fassent.
02:19Et si cette mission-là est effectuée avec une aide d'une IA qui va analyser le flux vidéo,
02:25ça accélère pas mais ça réduit la possibilité d'erreur car l'erreur est humaine,
02:30surtout en condition de stress comme les situations auxquelles sont confrontés les soldats,
02:35de stress et de fatigue.
02:36L'IA va venir non pas remplacer l'humain mais l'aider à mieux voir ce qu'il ne verrait pas en raison du stress et de la fatigue.
02:41Oui et donc ça concerne aussi la surveillance de ministères, même de l'Elysée je crois,
02:47qui est inquiet de savoir que des drones peuvent s'introduire au-dessus des jardins.
02:50Donc il y a un moyen de les détecter à temps ?
02:52C'est une inquiétude qui est légitime.
02:54La détection, effectivement, il y a différents moyens de détecter.
02:58Il y a tout l'enjeu de ce qu'on appelle la fusion de données.
03:01Donc c'est comment on vient agréger différentes données, par exemple visuelles,
03:05mais aussi acoustiques, voire même radars,
03:08pour détecter ce type de menaces potentielles sur des infrastructures sensibles,
03:12comme l'Elysée à juste titre.
03:13Vous travaillez avec des géants de la tech française,
03:16donc vous n'êtes pas tout seul sur ce marché.
03:18Personne n'est tout seul, mais effectivement on est accompagné
03:21de certaines grandes entreprises européennes, et notamment françaises.
03:24On peut les citer comme Thales, qui nous aide aussi dans le développement,
03:27mais aussi comme NVIDIA, qui a un programme qui s'appelle Inception.
03:31Donc NVIDIA, c'est le sujet qui fait des puces graphiques
03:35pour faire tourner les algorithmes,
03:36et qui a mis à disposition ces ressources de calcul extrêmement importantes
03:40pour avoir des algorithmes performants.
03:42Est-ce que la France aujourd'hui, quand on parle armement, réarmement,
03:45est-ce qu'elle est prête à soutenir justement cette industrie militaire ?
03:48Vous sentez qu'il y a un mouvement, un actement d'investissement ?
03:51Il y a eu clairement un avant et après les annonces de Donald Trump,
03:56qui finalement choisit de délaisser un peu la défense européenne aux Européens.
04:03Nous, on voit ça comme un très bon signe,
04:04car enfin cette défense européenne se prend en main.
04:09Donc clairement, après les annonces d'Ursula von der Leyen,
04:11qui ont eu lieu au début de l'année, en janvier,
04:13pour l'annonce, c'est 800 milliards d'investissements.
04:16Forcément, il y a une prise de conscience,
04:18maintenant qui se traduit progressivement avec différents projets européens,
04:23on peut le dire.
04:23Aujourd'hui, Altares, c'est une société française,
04:25mais qui a une ambition européenne.
04:27Le drone, aujourd'hui, c'est vraiment une menace pour nous tous ?
04:30Ce n'est pas une menace pour nous tous,
04:33c'est une menace assurément pour les militaires.
04:35Aujourd'hui, un militaire qui fait ses classes
04:38a cette conscience que face à lui, un système à bas coût
04:43peut finalement le menacer.
04:48Donc ça, c'est une prise de conscience dans l'ensemble des états majeurs des armées.
04:51C'est plus en plus performant.
04:51On l'a vu avec la Russie qui a été bombardée par des drones
04:53à 4000 kilomètres du point de départ.
04:56Il y a une prouesse technologique qui est souvent matalisée en Ukraine,
04:59qui montre aussi l'incroyable ingéniosité des Ukrainiens en la matière,
05:03et qui finalement ébranle toutes les doctrines militaires
05:07qu'on croyait immuables.
05:09C'est-à-dire les frappes de longue portée,
05:10qu'on pensait que c'était que des missiles très sophistiqués,
05:13qui coûtent très cher.
05:13Aujourd'hui, des drones à environ 500 000 euros,
05:16entre 500 euros et 1 000 euros,
05:18avec un niveau d'autonomie par de l'intelligence artificielle,
05:20peuvent faire des dégâts stratégiques.
05:22Comment se lance-t-on sur ce marché à 28 ans ?
05:25Comment avez-vous l'idée de vous attaquer à ce secteur ?
05:28Chaque jeune, aujourd'hui, a cette idée que le continent européen est menacé
05:31et veut s'impliquer dans cette défense aujourd'hui.
05:35Adrien Canter, merci d'être venu sur CNews.
05:37Je le rappelle, président fondateur de Alta Arès,
05:39pour la lutte anti-drone, un marché en plein essor.
05:43Merci Eric.
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