00:00On va parler d'une entreprise française qui s'apprête à défier Elon Musk,
00:04qui s'apprête à lancer des mini-satellites avec des lanceurs réutilisables et low-cost.
00:10C'est ça qui est important.
00:11Ça rappelle Starlink, la société d'Elon Musk,
00:14qui a impressionné le monde entier avec ses petits lanceurs qui reviennent sur Terre.
00:17Alors, merci d'être avec nous sur CNews, Antoine Fourcade, fondateur de Sirius Space Services.
00:22On a du mal à y croire.
00:23Les Français sont si avancés que ça.
00:25On pensait qu'on était à la traîne.
00:27On n'est pas les plus avancés dans le monde aujourd'hui.
00:30Notamment les États-Unis ont pris beaucoup d'avance.
00:31Ils ont plus de 15 ans d'avance sur nous dans le spatial.
00:33Mais on fait des choses en France.
00:34On est en train de développer des nouveaux lanceurs pour des nouveaux satellites,
00:38pour des nouvelles applications.
00:39Et on sera en orbite dans moins de 18 mois.
00:41Donc, vous préparez ce premier vol inaugural.
00:44On va en parler, mais ça se joue en termes de coût.
00:47Il faut être le plus low-cost, si je puis dire, pour gagner la bataille.
00:51Le spatial est devenu un marché privé.
00:52Donc, il faut être compétitif pour être capable de signer des clients.
00:55Il faut aussi être fiable.
00:55Et l'empreinte carbone commence à être aussi un sujet important.
00:58Donc, dans ce contexte-là, nos lanceurs, ils se veulent compétitifs.
01:01On va viser des prix de lancement entre 10 et 20 000 dollars du kilo.
01:04D'accord.
01:04Donc, ça correspond à ce que fait Elon Musk ?
01:06Ça va être dans les mêmes ordres de grandeur que ce que fait Elon Musk.
01:08Donc, on devient compétitif.
01:09Ça, c'est important.
01:11Et j'avais envie de vous dire, Ariane Espace, ils font quoi pendant ce temps ?
01:13Alors, Ariane Espace, ils développent un lanceur qui est plus gros que le nôtre,
01:16Ariane 6, qui a fait plusieurs vols concluants.
01:18Et donc, on a besoin de plusieurs types de lanceurs pour être capable de placer des charges utiles en orbite.
01:22On est dans un marché des transports.
01:24On a besoin de gros camions, de gros semi-remorques pour être capable de placer des grands satellites en orbite.
01:29Ça va être le rôle d'Ariane Espace.
01:30Mais aussi, on a besoin de la livraison du dernier kilomètre, des livraisons plus rapides,
01:34le rôle de la camionnette.
01:34Et c'est là où nous, Sirius, on va prendre, on va s'inscrire dans cette chaîne de valeur
01:38pour être capable de placer des plus petits satellites en orbite et surtout plus rapidement.
01:41Donc, on le voit, là, c'est en préparation.
01:43C'est pour lancer donc des satellites et tout le lanceur revient sur Terre.
01:47C'est ça qui est assez extraordinaire.
01:48Il n'y a pas de gâchis.
01:49Alors, notre lanceur, il se veut 100% réutilisable.
01:52Donc, ça va prendre du temps, 10 ans après le vol inaugural.
01:54Notre vol inaugural, il est prévu en 2027, au plus tard.
01:57Donc, 10 ans après, on se veut 100% réutilisable.
01:59Par contre, dès le premier vol, on va faire une première tentative de réutilisation du premier étage.
02:03Donc, on va récupérer cet étage et on espère, en moins de deux ans, être capable de le faire revoler
02:07pour être capable de diminuer le coût et l'empreinte carbone, surtout de l'accès à l'espace.
02:11Elon Musk a regardé de près ce que vous faites.
02:13Il vous en a parlé, non ?
02:14Il vous a contacté.
02:15On n'est pas en contact direct avec Elon Musk.
02:17Des initiatives comme la nôtre sur des plus petits lanceurs.
02:19Il y en a d'autres aux Etats-Unis.
02:20On peut notamment parler de la société Rocket Lab.
02:23Cependant, c'est un sujet qui est très intéressant.
02:25Et en France, on avait reçu, nous, MyAspes, Latitude.
02:28Donc, là, ce sont vos concurrents.
02:29Ça veut dire qu'on croit de nouveau au spatial en France.
02:33Parce que là, on est 100% français.
02:35Alors, Sirius, c'est une société qu'on a créée en avril 2020,
02:37qui est basée en France, en Ile-de-France majoritairement.
02:40Et donc, on essaye de recréer un accès à l'espace européen souverain.
02:43C'est important dans les temps actuels.
02:45Mais en utilisant une technologie française.
02:47C'est bien ça.
02:48Toute la technologie a été développée par la société.
02:50On est en étroite collaboration avec notamment des centres de recherche
02:52pour développer nos lanceurs.
02:54Mais c'est des équipes qui sont françaises et surtout européennes.
02:57D'accord.
02:58Et vous êtes, vous, l'initiateur, le cofondateur de cette entreprise.
03:01Pardon de vous demander ça, mais vous êtes jeune.
03:03Vous n'avez même pas connu le lancement de la fusée d'Apollo pour aller sur la Lune.
03:08Comment vient cette vocation ?
03:10Alors moi, j'ai eu la chance de fonder Sirius à 18 ans.
03:12Très jeune.
03:12J'ai quitté ma classe préparatoire pour lancer Sirius.
03:15Moi, je suis tombé dans le spatial depuis tout petit, à 13 ans.
03:17J'ai commencé à faire des petites fusées, des fusées 100 dans un programme du CNES.
03:20Et j'ai été pris de passion.
03:22Et donc, c'était le moment jamais pour se lancer.
03:24Il fallait qu'on rattrape notre retard.
03:25Et c'est pour ça qu'en avril 2020, on a réussi à trouver nos premiers investisseurs pour nous suivre.
03:29Donc, les investisseurs qui sont ?
03:31Qui sont des investisseurs privés, des gros familles office ou encore la banque publique d'investissement qui vient nous suivre.
03:36D'accord.
03:36Et il faut que ça marche, parce que le premier veuil aura lieu en début d'année prochaine.
03:40C'est ça, encore un an de travail.
03:42Et là, vous allez montrer qu'on est capable de le faire.
03:44Il ne faut pas rater, c'est ça.
03:45C'est important pour la suite.
03:47Alors, pour réduire le risque, en fait, on a plein d'étapes qui persèment le développement du lanceur.
03:51On a commencé avec le moteur.
03:52Ce moteur qui a une chambre de combustion.
03:54On a fait beaucoup d'essais moteurs.
03:55Aujourd'hui, on a un moteur qui est qualifié dans sa durée nominale.
03:58En fin d'année dernière, on a qualifié notamment nos turbopampes,
04:01qui sont les machines tournantes qui permettent de pressuriser les fluides qui propulsent le lanceur.
04:05Et là, on est en train de fabriquer notre premier lanceur.
04:07Donc, on dérisque.
04:07On passe plusieurs tests qui nous permettent d'être sûr qu'au moment où on vole,
04:11on va être capable de réduire le risque.
04:13Et tout ça est développé dans des usines en France, dans une usine en France, c'est ça ?
04:16Vous êtes in situ ?
04:18Alors, on est basé en Ile-de-France.
04:19On a repris notamment une usine au groupe FIV, un grand groupe industriel français,
04:22qui faisait de la Formule 1 et qu'on est en train d'adapter pour répondre aux besoins du spatial.
04:26Et vous avez fait venir des motoristes aussi de grands groupes ?
04:29On a des motoristes qui viennent des groupes historiques du spatial,
04:31d'Ariane Group, aussi des gens qui sont passés par le CNES,
04:34mais encore d'autres domaines, notamment de la Formule 1, qui vont parsemmer nos rangs.
04:36Ah d'accord.
04:37Et pour le lancement, ça se passera où alors ?
04:39Parce qu'on ne peut plus aller en Russie, je crois, en ce moment.
04:41Alors, on ne peut pas aller en Russie.
04:42On va voler depuis l'Europe, l'Europe continentale,
04:45et on annoncera le lieu dans quelques mois.
04:47Pour l'instant, on ne sait pas.
04:48Les enjeux, quels sont-ils ?
04:49Parce qu'on parle de chapelets, de mini-satellites qui permettront de recevoir Internet partout.
04:55C'est ce qu'on appelle Starlink.
04:56C'est ça, ça commence à exister avec un abonnement, je crois, de 30 ou 40 euros par mois.
05:00Donc, ça veut dire qu'on aura Internet partout.
05:02Vous êtes aussi sur ce marché ?
05:03Alors, nous, on permet à ces satellites de se lancer.
05:05On est dans la partie avale.
05:06On va leur permettre d'arriver en orbite.
05:09Et on permet d'être plus connectés.
05:10Donc, on va être capable, nous, Sirius, de lancer des satellites de télécommunication,
05:13comme Starlink, des satellites d'observation de la Terre,
05:15ou encore d'autres types de satellites avec des applications très variées.
05:18Ça, c'est vraiment révolutionnaire.
05:19Ce sont des tout mini-satellites ?
05:21Ils font quelle taille, à peu près ?
05:22Alors, la masse moyenne d'un satellite, elle est placée de 3, 4 tonnes,
05:26à aujourd'hui, aux alentours de 300 kilos.
05:28Donc, on est quand même sur des satellites qui sont assez lourds,
05:31mais qui nous permettent d'être connectés.
05:33En termes de budget, est-ce qu'on est petit bras ou pas en Europe, aujourd'hui ?
05:37On n'est pas les plus financés en Europe,
05:39mais on a la capacité de se battre,
05:40notamment grâce au Plan France 2030,
05:42qui a permis de créer des initiatives comme la nôtre.
05:43Donc, ça peut être un business, si je puis dire, important pour le futur.
05:47On peut reprendre pied dans cette course.
05:49On est en train d'accélérer.
05:50On est parti, il y a 5 ans, quand on a créé Sirius,
05:52avant encore rien en France.
05:54On est en train d'arriver.
05:55On a des premiers tests qui montrent qu'on est capable de faire avec moi.
05:57On est capable d'arriver.
05:58On a des moteurs qui fonctionnent.
05:59Et on va être capable de prendre une part importante
06:01pour, j'espère, demain devenir un des leaders mondiaux de l'accès à l'espace.
06:04Très bien.
06:04Et les clients, dans le futur, vous commencez à les prospecter ?
06:07J'imagine, il y a Théo France qui va vous commander des satellites ?
06:10Des lancements, plutôt ?
06:11On a des clients qui peuvent être des institutionnels,
06:13comme vous les avez cités en France,
06:15mais aussi des Européens, aussi des clients.
06:17Par exemple, l'Américain, on va jouer sur le marché d'Elon Musk, notamment.
06:20Et sur les 4 candidats français aujourd'hui,
06:23donc vous faites l'un des 4,
06:25il n'y en aura plus qu'un qui restera, vous pensez, à terme ?
06:27Alors, on n'a pas toutes les mêmes solutions.
06:28On peut être des solutions complémentaires.
06:30Il y a un marché qui va faire ses choix.
06:32Et c'est les clients qui vont décider
06:34lequel lanceur est le plus adapté pour répondre à leurs besoins.
06:36Donc, c'est un joli pari de défier Elon Musk.
06:38Donc, voilà, vous l'admirez, j'imagine,
06:40parce que c'est quand même quelque part un génie,
06:42malgré tous ses défauts.
06:43Mais bon, ça reste quand même un grand bonhomme.
06:44Sur la partie technique, il a fait des choses incroyables,
06:46on ne peut pas le nier.
06:47Très bien.
06:47Écoutez, merci beaucoup d'être venu sur CNews.
06:50Je le rappelle, Antoine Fourcade,
06:51fondateur, cofondateur de Sirius Space Services.
06:54Merci.
06:54Merci.
06:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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