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Éric de Riedmatten reçoit un invité dans #LHebdoDeLEco pour approfondir un sujet économique…

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00:00Êtes-vous fast-food ou restaurant traditionnel ?
00:02C'est une question qu'on va poser à la restauration japonaise
00:06qui revient en force en France.
00:08Adrien Dechampret, merci d'être avec nous.
00:11Vous êtes président de la chaîne Matsuri, made in Japan.
00:15Pourquoi ça marche le japonais ? On n'en a parlé pas beaucoup.
00:17Il revient très en force, un amour profond, un appétence des Français
00:21pour la culture japonaise au sens large et la restauration japonaise.
00:24C'est une dynamique qu'on voit pousser depuis 4-5 ans
00:31sur l'ensemble de la restauration asiatique, dont le Japon en première tête.
00:36On parlait des Chinois, des Thaïs, etc.
00:38Mais là, les japonais, à part ce qui était Yakitori à une époque,
00:42avec les brochettes, là c'est un peu spécial votre concept.
00:47Ça a existé, ça a disparu, ça revient.
00:50L'enseigne s'appelle Matsuri.
00:53Matsuri existe depuis plus de 30 ans.
00:55C'est la première ancienne japonaise réellement en France.
00:59Et là, elle existe, elle a toujours existé.
01:02Elle a connu des difficultés pendant les années 2010.
01:07Elle est passée par un plan de sauvegarde.
01:10Mais elle a toujours resté très fidèle à une base solide
01:12à Paris, à Lyon, à Bordeaux.
01:15C'était une belle endormie qui vivotait.
01:19Et donc, avec mes deux associés, on s'est dit qu'il y avait un concept fort,
01:25une marque forte, et qu'on pouvait effectivement redonner ces lettres de noblesse
01:28à ce concept qui est très original, qui est en fait un concept qui existe au Japon
01:32depuis plus de 50 ans, qui s'appelle le Kaiten.
01:34Kaiten, c'est comptoir tournant.
01:36Qu'est-ce qui explique ce retour en force du fast-food aujourd'hui ?
01:40Le pouvoir d'achat est un élément d'explication.
01:43Le fast-food, c'est un service rapide et des prix très attractifs.
01:48Matsuri évolue dans un segment de marché qui est un peu différent,
01:52ce qu'on appelle le fast casual.
01:54On emprunte les process du fast-food pour aller, pour produire rapidement
01:58et pour servir nos clients avec une homogénéité parfaite.
02:02Mais en revanche, on ne fait pas de sacrifice sur la qualité,
02:04la qualité de service, la qualité de produit.
02:05C'est-à-dire qu'il n'y a pas de cuisine chez vous ?
02:07Si, si, tout est transformé, donc c'est une transformation in situ de produits frais.
02:12Et donc, on travaille comme que ce soit pour les sushis ou pour l'ensemble de la gamme,
02:16les yakitoris, nos takonoris, nos enrols, nos ramen,
02:20c'est fait sur place par nos cuisiniers,
02:22transformés à 100% sur place à partir de produits frais.
02:25Baisse de consommation cet été, moins 30%,
02:28c'est ce que dit l'Union des métiers de l'industrie de l'hôtellerie.
02:30C'est inquiétant quand même en été que 30% de clients en moins
02:34aient fréquenté les restaurants.
02:35Il y a probablement un problème de fréquentation.
02:38Ce qu'on observe, c'est que selon les segments de marché,
02:43effectivement, sur la gastronomie, la restauration traditionnelle et le fast-food,
02:48on n'a pas forcément les mêmes dynamiques.
02:50Ce sont les plus chers qui ont souffert ?
02:52Les plus chers, probablement, et le segment du milieu.
02:56Pour ce qui est de concepts comme le nôtre,
03:00on arrive à trouver une clientèle parce qu'on apporte une réponse,
03:04parce qu'on a un ticket moyen qui est entre 22 euros,
03:07au déjeuner et 28 euros le soir.
03:09On a une offre qui se veut accessible,
03:11qui répond à une clientèle qui va de 7 au 17 ans.
03:15C'est un concept familial.
03:16On est moins touché, comme d'autres acteurs du fast-casual,
03:20par cette baisse de fréquentation et cette baisse d'attractivité.
03:23Vous trouvez de la manœuvre pour vos restaurants ?
03:26C'est un sujet pour tout restaurateur et pour quel que soit son modèle.
03:33Effectivement, nous, on a la chance d'accueillir beaucoup de jeunes.
03:37On a une moyenne d'âge de 20 à 35 ans en salle,
03:41des cuisiniers qui sont aussi, dont l'échelle est plus large,
03:44donc de 20 à 55 ans.
03:45En moyenne, on arrive à fidéliser ces jeunes.
03:52On les coop, beaucoup de cooptations.
03:54Ils sont bien évidemment formés.
03:56On essaie de les projeter.
03:57C'est le but de chaque marque employeure.
04:01En bleu dans chez vous, on peut apprendre un métier.
04:02On apprend un métier et surtout, on a la capacité à évoluer vite, très vite.
04:06D'ailleurs, on est très content de réussir à avoir des directeurs
04:10qui n'ont pas 25 ans et qui ont effectivement un bagage suffisant
04:15et qui se projettent chez nous.
04:19Mais ils sont bien payés ?
04:20Ils sont bien payés.
04:21Ils participent aussi aux résultats de l'entreprise.
04:25Donc, il y a des primes.
04:26La participation joue.
04:27Et ne pas oublier que c'est un sujet d'actualité, ils ont aussi des pourboires.
04:30Quand on a une expérience à table forte, les pourboires sont un élément nécessaire.
04:34Le pourboire existe chez vous, mais il va être taxé, dit-on ?
04:37Alors, il n'est pas taxé à ce jour.
04:39Heureusement, d'ailleurs.
04:41C'est un élément de stabilité, c'est un élément d'attractivité.
04:43Oui, mais la fiscalité ?
04:45La fiscalité, elle doit pouvoir être arbitrée pour préserver aussi des industries.
04:52Donc, on a en France déjà…
04:53Vous êtes battre contre la fiscalité sur les pourboires ?
04:56En tout cas, les restaurateurs, dans son ensemble, effectivement,
04:59sont vent debout sur ce sujet qui serait dramatique
05:03parce que l'impact va être directement sur le pouvoir d'achat
05:08et donc à nos employés dont on dit non.
05:11Et le ticket restaurant qui est utilisé pour aller à l'hypermarché,
05:15ce n'est pas bon pour vous ?
05:16Ce n'est ni bon ni mauvais.
05:18On remarque qu'il est moins important.
05:20Chez Metsouris, c'est 3% de nos commandes.
05:24Mais notre chiffre d'affaires, pardon, ce n'est pas un sujet.
05:28Le ticket, ça ne vous gêne pas ?
05:29Si on l'utilise pour aller dans un magasin plutôt que d'aller manger à midi,
05:33ce n'est quand même pas un obstacle ?
05:34J'avais entendu dire que c'était très mauvais pour les restaurants.
05:36C'est un moyen comme un autre de paiement.
05:38Il faut le respecter, c'est nécessaire.
05:40Absolument pas.
05:40D'accord, très bien.
05:41Écoutez, merci beaucoup Adrien Dechompré,
05:43président de Matsuri, la chaîne fast-food japonaise.
05:47Restez avec nous sur CNews.
05:48Merci.
05:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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