00:00Picotis solaire, expert en solutions photovoltaĂŻques pour un avenir durable.
00:04Et Akhena, la reine des vérandas et des pergolas, vous présente
00:07Sud Radio, la planète demain, Christophe Debiens.
00:11Bonjour et bienvenue sur Sud Radio pour le premier épisode de la troisième saison de la planète demain.
00:15La seule émission dédiée à l'écologie positive et raisonnée.
00:19Alors aujourd'hui, pour le lancement de cette nouvelle saison,
00:22nous avons l'honneur et le plaisir de recevoir dans les studios de Sud Radio
00:25Brune Poirson, qui est ancienne secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.
00:31Bonjour Brune.
00:32Bonjour Christophe.
00:33Alors moi je suis ravi de vous recevoir dans mon émission qui vous ressemble tellement finalement.
00:38Donc bienvenue et vraiment c'est un plaisir de vous recevoir.
00:42Votre engagement en faveur de l'économie circulaire vous a permis de contribuer
00:46à l'élaboration de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire
00:49qui a été adoptée en 2020.
00:52Donc ça remonte maintenant un petit peu.
00:54Mais finalement, elle a fait son chemin et cette loi est une belle base de travail.
01:00Après votre départ du gouvernement en 2020,
01:02vous vous êtes orienté vers des fonctions dans le secteur privé
01:05et les organisations internationales,
01:08associant ainsi votre expérience politique à votre expertise en matière de développement durable.
01:14Alors vous êtes né à Washington, aux Etats-Unis et avez grandi entre plusieurs cultures.
01:19Pensez-vous que cette ouverture internationale a influencé votre engagement écologique ?
01:25Alors je dirais oui et non.
01:28Avant toute chose, peut-ĂŞtre merci beaucoup pour cette invitation.
01:30Je suis ravie d'ĂŞtre lĂ .
01:31On avait eu l'occasion d'échanger par le passé Christophe.
01:33C'est une joie de se retrouver ici autour de ce plateau.
01:36Et dans un autre cadre qui était plus un cadre de travail autour de l'économie circulaire
01:40parce que j'occupais des fonctions et vous aussi autour de ces sujets.
01:44Et que vous avez beaucoup contribué à l'élaboration de la loi anti-gaspillage.
01:48Surtout vous.
01:49On y reviendra.
01:50C'était un travail collectif.
01:51Je crois que c'était ça la force de la loi.
01:52Mais on y reviendra.
01:53Et alors peut-ĂŞtre sur l'international, en fait,
01:56donc ma réponse, comme je disais, c'était à la fois oui et non.
01:59Je suis née aux Etats-Unis vraiment par hasard.
02:01Donc on peut dire, et surtout Ă l'aune de ce qu'on voit aujourd'hui,
02:04que les Etats-Unis n'ont eu aucun impact, si ce n'est renforcer mon engagement.
02:09Mais en tout cas, ils n'en sont pas Ă l'origine.
02:11Je crois que l'origine de mon engagement, il tient vraiment Ă lĂ oĂą j'ai grandi en France,
02:16en réalité, dans une zone rurale, le Vaucluse.
02:19Alors quel a été le déclic qui vous a conduite vers l'action publique et la politique ?
02:23Parce que c'est quand même particulier comme métier, entre guillemets.
02:29Alors ça, on pourrait discuter si c'est un métier ou pas.
02:31Moi, je dirais plutĂ´t que c'est une vocation.
02:34J'ai eu, pour moi, j'ai eu un déclic.
02:38D'abord deux choses, mais j'ai eu un premier déclic.
02:41Quand j'étais à l'école primaire, à la cantine de mon école,
02:46et il y avait deux enfants Ă table avec moi qui mangeaient les pots des melons.
02:50Et je ne comprenais pas pourquoi.
02:53Et en fait, j'ai compris que c'est parce qu'ils étaient sûrs au moins de se remplir le
02:56ventre,
02:56parce qu'ils n'étaient pas sûrs de dîner le soir.
02:58Et donc lĂ , j'avoue que je devais avoir 8-9 ans.
03:03C'est vrai que ça, ça m'a fait quand même réaliser que je faisais partie, évidemment, non seulement des
03:08privilégiés,
03:08mais surtout qu'il fallait quand mĂŞme se battre potentiellement pour d'autres,
03:12parce qu'on ne les entendait pas forcément.
03:13Mais il y avait beaucoup de souffrance et d'injustice.
03:16Et donc je crois que c'est comme ça qu'a démarré mon envie de m'engager pour des causes
03:20peut-ĂŞtre plus grandes.
03:21Et puis ensuite, au quotidien aussi, quand vous grandissez dans le Vaucluse,
03:25vous ĂŞtes en contact avec des agriculteurs et la vie de la terre, si je puis dire.
03:29Et quel souvenir gardez-vous de votre arrivée au gouvernement en 2017 ?
03:35Un souvenir, une envie de se retrousser les manches et beaucoup d'enthousiasme.
03:39J'ai presque envie de dire, si j'étais politiquement incorrecte, l'inverse d'aujourd'hui.
03:45Bon, ça va faire des émules.
03:48Non, je pense qu'aujourd'hui, les responsables politiques qui sont au gouvernement,
03:51ils ont envie de beaucoup faire.
03:53Mais peut-être que l'ambiance et l'atmosphère a changé.
03:57En 2017, il y avait un vrai mouvement.
03:59Il y avait une vraie volonté de faire.
04:01Il y avait une vraie capacité aussi à faire.
04:03Ça ne veut pas dire que c'était facile.
04:05Mais ça veut dire qu'en tout cas, on était mûs par une volonté de mener des actions très concrètes.
04:10C'est ce que j'ai fait pour ma part avec la loi anti-gaspillage,
04:13avec des engagements aussi à l'échelle internationale.
04:15Parce que le réchauffement climatique ne s'arrête pas aux frontières de la France.
04:20Mais il y avait des actions concrètes qui étaient plus faciles à mettre en œuvre peut-être qu'aujourd'hui.
04:25Parce qu'il y avait un certain consensus politique.
04:27Et puis surtout, il y avait une envie d'y aller et d'y aller très fort.
04:30Et d'ailleurs, à cette époque-là , on travaillait énormément.
04:33J'imagine encore aujourd'hui d'ailleurs.
04:34Mais voilĂ , beaucoup de travail.
04:36Et comment décririez-vous votre expérience au poste secrétaire d'État de l'époque, à la transition écologique ?
04:43Moi, je dirais les deux pieds bien ancrés dans la réalité et très concrètes.
04:48C'était mon obsession en arrivant au gouvernement.
04:51Ce n'était pas forcément d'aller suivre une carrière politique pour être nommé à l'éducation ou à la
04:56culture ou ailleurs.
04:59Mais vraiment, au contraire, de cranter quelque chose qui allait changer le quotidien des Français,
05:05mais aussi le quotidien des entreprises pour les 30 années à venir.
05:08Et il se trouve que la France avait, moi je trouve, grand besoin d'une réforme en profondeur de sa
05:14façon dont elle gérait les déchets.
05:16Parce que les déchets, en fait, c'est une ressource extraordinaire.
05:19Et que pendant trop longtemps en France, et je vais dire encore aujourd'hui,
05:23on met souvent, enfin de moins en moins aujourd'hui, mais qu'on mettait encore trop à l'époque,
05:27on enfouissait tout simplement, on met dans la terre des déchets.
05:30Et c'est une aberration.
05:31Ah oui, ça c'est une aberration.
05:33Parmi tous les dossiers que vous avez portés, lequel vous rend aujourd'hui la plus fière, finalement,
05:39dans ce gouvernement et dans ce poste que vous avez maintenu pendant quelques temps ?
05:44Je crois que j'ai eu l'occasion d'en parler déjà pas mal depuis le début de l'émission.
05:48Qu'est-ce qui ressort le plus pour vous ?
05:50Qu'est-ce qui ressort le plus de cette expérience gouvernementale ?
05:55C'est la difficulté à faire émerger des consensus.
05:59Et en fait, une des difficultés, je crois, moi je me suis vraiment battue pour rester trois ans au gouvernement,
06:06c'est-à -dire avoir le temps de travailler avec l'ensemble des acteurs de toutes les filières
06:13pour transformer la façon dont on gérait les déchets en France.
06:16En d'autres termes, passer d'une société du tout jetable à une société du tout réutilisable.
06:21Parce qu'en fait, et on le voit aujourd'hui avec notre dépendance à la Chine qui est colossale,
06:27qu'on ne peut pas se permettre de ne pas réutiliser ce qui est dans nos téléphones portables,
06:32dans nos homolages, dans certaines machines qui sont produites par nos industries.
06:37Et donc d'aller les récupérer parce que ces sources d'emplois locales, non délocalisables,
06:43c'est une façon de réindustrialiser la France.
06:47Et c'est aussi une façon d'affirmer notre souveraineté et de la garder et de la maintenir.
06:53Et donc c'était vraiment ce projet-là qui me tenait à cœur et que j'ai voulu et j
06:59'ai tenu Ă avoir le temps de mener.
07:01J'ai eu la chance d'avoir des soutiens, je pense notamment à Elisabeth Borne par exemple, l'ancienne première
07:05ministre.
07:06Alors selon vous, quels sont les progrès les plus significatifs réalisés par la France en matière d'écologie ces dernières
07:12années ?
07:13Alors étant donné que le réchauffement climatique accélère, qu'on vit dans un des pays au monde qui se réchauffe
07:21le plus vite,
07:22je dirais que c'est difficile de trouver des motifs de satisfaction.
07:27Néanmoins, on peut voir que sur certains aspects, il y a eu des changements en profondeur.
07:32Je dirais notamment, et c'est pas, en tout cas quand même, sur le sujet de l'économie circulaire.
07:39Évidemment, c'est pas que parce que c'est mon bilan, mais je le vois très bien, ça a été
07:42quasiment adopté mot pour mot au niveau européen.
07:46Ensuite, il y a d'autres nations du monde entier, que ce soit certains pays d'Amérique latine ou d
07:52'autres pays anglo-saxons
07:53qui se tournent vers la France pour savoir et connaître ce qui a été fait.
07:55Donc je pense qu'il y a des domaines dans lesquels il y a eu des avancées.
07:58Dire que ça suffit, c'est pas le cas.
08:01Et puis la France a des atouts qu'on a su maintenir.
08:04Je pense par exemple à une énergie qui est décarbonée, au développement des renouvelables qui se fait absolument pas assez
08:10vite.
08:10Mais malgré tout, il y a eu dans le plan de relance une partie très significative
08:15qui était consacrée à la transition écologique pour accélérer l'investissement
08:19et donc l'impact et donc l'émergence de solutions très concrètes.
08:23Voilà , on voit qu'il y a eu un élan, très clairement dans la bonne direction.
08:27Je pense aussi à l'échelle internationale, le rôle qu'a joué la France au sein de l'Europe
08:31pour promouvoir des objectifs ambitieux à l'échelle internationale.
08:36Je pense par exemple au fait qu'Emmanuel Macron a été le premier ou un des premiers chefs d'État
08:41à se prononcer en faveur de la biodiversité, de la préservation de la biodiversité.
08:45Donc la France a été moteur.
08:49Mais force est de constater qu'aujourd'hui, le combat reste encore entier Ă mener.
08:53Mais comment convaincre nos concitoyens que la transition écologique n'est pas synonyme de contrainte,
08:59mais plutôt d'opportunité ?
09:01Déjà , arrêtez de les bassiner avec la transition écologique.
09:04Pardon, je suis un peu directe.
09:06Je suis d'accord.
09:08Mais franchement, on ne peut pas reprocher aux Français de ne pas adhérer à beaucoup des injonctions qui étaient faites.
09:17Et j'en prends ma part de responsabilité aussi.
09:20Mais je crois que la façon dont on a parlé de transition écologique est peu enthousiasmante.
09:24Oui, complètement.
09:24Parce qu'on avait tout un jargon, la neutralité carbone, le changement systémique, les limites planétaires.
09:31Tout ça, c'est important.
09:32Mais ce sont en réalité des mots scientifiques qu'on a voulu mettre dans le langage commun.
09:36Et on s'est dit que c'était aux Français de s'adapter à ça.
09:39La réalité, c'est qu'en fait, chaque Français est très occupé, a beaucoup de préoccupations.
09:43Et qu'on doit aller l'aider et l'accompagner très concrètement.
09:47Et donc ça, en fait, ça passe par s'adapter à l'environnement de travail et au mode de vie
09:52des Français pour les faire changer peu à peu.
09:55Exemple très concret.
09:56Vous parlez de santé quand vous réduisez la pollution de l'air.
09:59Vous parlez de mieux vivre, mieux se chauffer, mieux se refroidir ou rafraîchir avec la rénovation thermique des bâtiments.
10:09Dépenser moins d'argent dans l'énergie, via l'électrification.
10:14Et tout ça doit passer à la fois par un changement de vocabulaire, un changement de façon de parler.
10:20Pour le faire rentrer plus dans le quotidien des Français et aussi mieux les accompagner.
10:25Alors, nous allons faire une petite pause et nous retrouver dans un court instant sur Sud Radio avec vous, Brune
10:30Poirson.
10:30Invité d'honneur de La Planète Demain de cette troisième saison.
10:34Et bien sûr avec Thibaut, le fameux French Trotter de l'émission qui, comme dimanche dernier, a parcouru les bords
10:41de la Marne.
10:42A tout de suite sur Sud Radio.
10:44Picotis solaire, expert en solutions photovoltaĂŻques pour un avenir durable.
10:47Et Akhena, la reine des vérandas et des pergolas, vous présente...
10:50Sud Radio, La Planète Demain.
10:53Christophe Debiens.
10:54Vous êtes toujours sur Sud Radio, La Planète Demain, en compagnie de notre invité d'honneur, Brune Poirson, ancienne secrétaire
11:00d'Etat.
11:00Mais aussi, nous avons Thibaut avec nous, notre French Trotter national qui, aujourd'hui, a décidé de continuer son périple
11:07sur les bords de Marne.
11:08Où des aménagements paysagers qui sont récents sont aussi de véritables exemples.
11:15N'est-ce pas, Thibaut ?
11:16Exactement, Christophe.
11:17Donc, retour Ă Lannis-sur-Marne.
11:18La semaine dernière, nous avons découvert ce vaste projet de restauration des berges, avec aussi la création de deux parcs
11:24et d'un square autour d'une idée forte.
11:26La renaturation, autrement dit, redonner une dynamique aux écosystèmes et replacer la nature au cœur de la ville.
11:33Aujourd'hui, les habitants se sont pleinement réappropriés ces espaces.
11:36Mais avant d'en arriver lĂ , il a fallu construire et imaginer ce projet avec de nombreux acteurs, en concertation
11:42avec les riverains.
11:43C'est ce que nous explique Benoît Fagnou, associé au sein de l'agence Praxis, maître d'œuvre du projet.
11:49Il y a eu un appel d'œuvre qui a été lancé en 2017.
11:54Notre groupement de maîtrise d'œuvre a été retenu.
11:56C'est un groupement de maîtrise d'œuvre qui est constitué d'une équipe de paysagistes urbanistes, donc Praxis,
12:01d'un bureau d'études VRD, un VAR, d'un écologue OGE et un bureau d'études hydro, Symbio, qui
12:11s'occupait de toute la partie hydrologie.
12:13Comment s'est effectué cet aménagement ?
12:15On a eu deux ans d'études environ, avec une première partie d'analyse de sites, de diagnostics.
12:23On a échangé avec les habitants, on a eu des phases de concertation.
12:26Ça nous a permis de définir un projet un peu plus large initialement.
12:30On était vraiment sur un projet de quai et on a pu élargir le sujet à l'échelle du lit
12:36majeur de la Marne.
12:37Le projet s'est construit comme ça au fur et à mesure, avec les habitants, avec la maîtrise d'ouvrage,
12:43avec les financeurs également.
12:45On a commencé le chantier par la partie du parc Saint-Père qui est ici.
12:50Puis se sont enchaînés le réaménagement des quais, la ferme des Saules.
12:54Et enfin, le projet s'est terminé par l'aménagement du square qui est en lien avec le centre-ville.
12:59Quels ont été les effets sur la biodiversité de ces aménagements ? Est-ce qu'on peut déjà les mesurer
13:03?
13:04À l'endroit où nous sommes, initialement, c'était une grande prairie.
13:06Il y avait des buts, sans doute des remblées qui avaient été mis à cet endroit-là .
13:10On voit que le fait de sanctuariser certaines zones, ça permet vraiment à la biodiversité de se développer.
13:15Tout Ă l'heure, quand on discutait, il y avait des petites grenouilles qui passaient entre mes jambes.
13:19Donc les effets, ils sont lĂ tout de suite.
13:21On les voit, le fait de garder le bois mort sur place, le fait d'avoir réouvert justement ce milieu,
13:26toute la grande zone humide qu'on a développée à l'intérieur du parc ici.
13:30On voit que le milieu s'est aussi enrichi.
13:32On voit que depuis la réalisation des travaux, il y a des arbres qui sont déjà en train de pousser,
13:37qui sont en train de se réinstaller.
13:38Donc le milieu évolue, se transforme en permanence.
13:41On voit que c'est beaucoup plus riche.
13:43Regardez, lĂ -bas, il y a des piques qui sont en train de picorer.
13:47En fait, on voit que tout de suite, on a toute cette richesse qui est arrivée, alors qu'initialement, on
13:51avait uniquement une grande prairie.
13:53Et lĂ , on voit vraiment que le milieu s'est enrichi.
13:54Qu'est-ce que vous conseilleriez aux promeneurs d'observer pour comprendre le retour du vivant ici ?
13:58Il faut juste qu'ils se laissent porter, qu'ils se laissent aller à la déambulation.
14:02LĂ , actuellement, on est sur ce ponton, vous voyez.
14:05On a la promenade haute qui est plus circulée.
14:09On a les vélos qui passent.
14:10Là , on est vraiment une promenade piétonne.
14:12On est en connexion directe avec la marne, qui est vraiment à quelques centimètres de nous.
14:16Et on est en contact direct aussi avec la berge, avec toute la végétation spontanée qui est revenue, qui s
14:21'est installée à cet endroit-là .
14:23Et entre les rochers, on observe aussi, vous voyez, toutes ces petites lames d'eau qui viennent se mettre en
14:27place, les algues qui se développent.
14:29C'est vraiment un contact particulier, justement, avec la nature Ă cet endroit-lĂ .
14:33Quelles sont les réactions des riverains ?
14:34Aujourd'hui, on a retrouvé cette promenade.
14:36Les gens viennent courir, les gens viennent se balader.
14:39Donc, tous les gens sont contents.
14:41Et les riverains, les gens qui habitent maintenant, aujourd'hui, sur le quai, sont tous ravis.
14:45On a transformé une rue en promenade ouverte sur la marne.
14:50Il y a un vrai projet social aussi ?
14:51Tout Ă fait.
14:52C'est pour ça qu'on avait rencontré les habitants initialement.
14:55Justement, pour bien comprendre les enjeux et bien intégrer, justement, toutes leurs demandes.
15:00Et on a beaucoup discuté, même sur la conservation des arbres, parce qu'il y a beaucoup de gens qui
15:04habitent sur la marne.
15:06Et ils ont l'habitude d'ouvrir leurs fenĂŞtres et d'avoir le peuplier devant leurs fenĂŞtres.
15:10Donc, au moment du retraitement, de la requalification du quai, ces discussions avec les gens étaient hyper importantes.
15:17Pourquoi ? Pour avoir un projet bien intégré, en fait, et participatif.
15:21Eh bien, voilà un projet paysager qui va faire référence.
15:25Merci, Thibault.
15:25On vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau reportage en immersion dans la planète de main.
15:30Nous sommes toujours en compagnie de Brune Poirson, ancienne secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et
15:35solidaire.
15:36Alors, chère Brune, mais comment concilier croissance économique et préservation de l'environnement ?
15:41Je crois qu'il faut changer la nature de la croissance.
15:45On peut faire croître certaines activités qui sont vertueuses pour l'environnement.
15:51Je pense évidemment à la rénovation thermique des bâtiments.
15:53Je pense au changement de modèle d'affaires pour aller plus vers du réemploi ou vers l'économie de la
15:58fonctionnalité et réduire d'autres qui ont un impact négatif sur l'environnement.
16:04Et donc, on peut, quelque part, continuer à croître, mais pas de la même façon ou pas les mêmes activités.
16:09Et c'est vraiment ça qu'il faut qu'on arrive à accélérer.
16:13Évidemment, aujourd'hui, c'est facile de dire, il faut, ça va devenir de plus en plus difficile parce qu
16:20'on voit qu'on est sous pression internationale et qu'on a un budget de l'État qui est de
16:23plus en plus limité, voire sans aucune marge de manœuvre.
16:27Et donc, c'est pourquoi je pense qu'à l'occasion de l'élection présidentielle ou plus tard, au moment
16:34de l'élection du nouveau président ou de la nouvelle présidente,
16:38il faudra lancer vraiment un grand débat sur ces sujets-là et sur la priorisation budgétaire.
16:44Il faudrait qu'on arrive à le faire de façon la plus équilibrée possible.
16:48Et à mon sens, ça peut se faire en début de mandat potentiellement.
16:50C'est peut-ĂŞtre illusoire, mais je ne vois pas comment on fera sinon pour concilier les deux.
16:55Et on le voit très bien qu'en plus, avoir une croissance plus verte, entre guillemets, alors attention, je ne
17:01dis pas croissance verte, je ne veux pas lancer tout le débat,
17:04mais en tout cas, aller vers beaucoup plus d'électrification, c'est aussi bon pour la France et le porte
17:10-monnaie des Français.
17:11Alors, les jeunes générations semblent particulièrement mobilisées sur ces enjeux.
17:16Qu'est-ce que cela vous inspire, cet engagement des jeunes ?
17:21Alors d'abord, je crois qu'il ne faut pas trop leur faire peser de choses sur les épaules, dans
17:24le sens d'abord de choses.
17:26Si on regarde dans le détail, tous ne sont pas aussi engagés que ce qu'on dit.
17:31Et deuxièmement, les jeunes aussi, comme on dit, ils sont comme nous, ils sont aussi face à des injonctions contradictoires
17:37sans cesse.
17:38Ils sont à la fois très responsables, en tout cas dans le discours sur la consommation, pour certains.
17:43Et puis, ils vont être attirés par des plateformes qui font du tout jetable, pour le dire très franchement.
17:51Et donc, Ă mon sens, ce qui est vraiment important de faire, c'est de changer aussi peu Ă peu
17:57les normes culturelles.
17:58Je ne dis pas que l'État doit tout réguler, mais je pense qu'il y a des pratiques de
18:02comportement
18:02qui sont particulièrement nocives pour l'environnement et qui se sont particulièrement accrues au cours des dernières années.
18:09Et c'est là -dessus qu'il faut que l'État agisse, qu'il faut que l'Europe agisse.
18:14Je parle très clairement de plateformes comme Chine, par exemple, Temu, pour ne pas en citer ou les citer toutes.
18:21Et on voit en plus de ça qu'il y a une offensive très forte des Chinois sur ce sujet
18:24-lĂ et de plus en plus en France.
18:26Et c'est délétère parce que ça change nos façons de consommer vers des consommations qui sont extrêmement nocives pour
18:32l'environnement.
18:33Ça détruit les emplois chez nous.
18:36Ça accélère la désindustrialisation de nos pays.
18:39Et ça fragilise toute la structure de nos sociétés, sans parler ensuite des recettes fiscales de l'État.
18:45Donc, on est perdant sur toute la ligne.
18:47Et donc, oui, les jeunes ont beaucoup un grand rĂ´le Ă jouer.
18:50Mais non, ils ne peuvent pas à eux seuls tout porter sur leurs épaules.
18:53Et justement, à propos des jeunes, quel conseil donneriez-vous à un jeune concernant le développement durable ?
18:59Et concrètement, qu'est-ce qu'il pourrait faire pour la planète ?
19:03Je ne sais pas si je peux vraiment donner un conseil.
19:05Parce que maintenant, je fais partie d'une génération qui a aussi contribué quand même aux problèmes.
19:09Mais je pense que ce qui est majeur, c'est vraiment agir, agir, agir.
19:13Et pas... Déjà , c'est trop facile d'être cynique.
19:15Donc, premier conseil, c'est ne soyez pas cynique, ne soyez pas pessimiste.
19:20Et la seule façon de ne pas être cynique, c'est-à -dire de ne pas se dire finalement, d
19:24'ĂŞtre nihiliste un peu,
19:25« Oh, ça ne sert à rien. C'est des combats qui nous dépassent. C'est la faute de la
19:29Chine. »
19:30Ou autre. Au lieu de se rejeter là -bas, je pense que ce qui est très important, c'est de
19:33se dire
19:33« Qu'est-ce que je peux faire, moi, à mon échelle ? »
19:35Attention, je ne suis pas en train de dire que ce sont les petits gestes qui vont transformer le monde.
19:39Ce que je dis juste, c'est s'engager avec son voisin, avec une association locale, dans sa mairie ou
19:46ailleurs.
19:46Il y a des tas de formes d'engagement et je sais que beaucoup de jeunes sont très engagés.
19:50C'est ça, en fait, qui permet de passer à l'action, de sortir du cynisme, de recréer du lien
19:55social
19:56et finalement d'aller de l'avant et de reconstruire la société dont on a besoin aujourd'hui
20:01pour répondre aux défis comme l'intelligence artificielle, la transition démographique,
20:06la transition écologique et plus largement les problèmes géopolitiques.
20:09Y a-t-il une décision que vous auriez aimé prendre lorsque vous étiez au gouvernement
20:13et qui n'a pas pu aboutir, finalement ?
20:16Qui n'a pas pu aboutir, je dirais le glyphosate.
20:19L'interdiction du glyphosate, on, et quand je dis on, c'est la France.
20:22Moi, j'ai beaucoup travaillé sur ce dossier-là et je l'ai beaucoup défendu au niveau européen.
20:26C'est énormément battu au niveau européen.
20:29Mais là , on a touché du doigt une partie de la difficulté à arriver à des résultats concrets
20:36sur le sujet de la transition écologique en Europe.
20:39Parce qu'on ne s'est pas tous mis d'accord, évidemment, sur le même rythme.
20:43Et là , je crois que c'est emblématique des difficultés, parfois, qu'on a à travailler au niveau européen.
20:47Et donc, si on veut aller vite, je crois qu'il faut qu'on arrive à créer, quelque part,
20:51un groupe ou un cercle d'États particulièrement engagés qui se disent
20:55« Nous, on va de l'avant, on n'entend pas que tout le monde soit d'accord. »
20:57Et donc, au lieu de faire le plus petit dénominateur commun,
21:00on essaye de faire le plus ambitieux commun.
21:03Et donc, ça, c'est vraiment quelque chose que j'aurais voulu voir aboutir.
21:07Et en trois mots, quelle serait votre définition de l'écologie positive ?
21:11En trois mots, vraiment.
21:13Action, action, action.
21:15Merci infiniment, cher Brune Poirson, ancienne secrétaire d'État
21:18auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.
21:21Il me reste à vous souhaiter à toutes et tous un excellent dimanche après-midi.
21:24Et je vous laisse entre les mains expertes d'Alain Marty
21:27pour l'émission InVino, qui est à écouter, sans modération, bien entendu.
21:31Pour ma part, je vous retrouve sur Sud Radio,
21:34évidemment, pour La Planète, demain, chaque dimanche, à la même heure.
21:38Mais pour l'heure, je cède la place, encore une fois, à Alain Marty.
21:42À très, très vite, à dimanche prochain.
21:45Akena, expert en carport et pergola solaire pour des économies et un avenir durable.
21:50Et Picotis solaire pour que l'avenir s'éclaire avec des choix durables.
21:54Vous en présentez Sud Radio, La Planète, demain, Christophe Debiens.
Commentaires