- il y a 5 heures
Avec Léonie Dahan-Lamort, actrice dans la série 'Pêcheresses' sur Ciné+OCS
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NewsTranscription
00:00La Caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith
00:08Belair.
00:09Bonjour, bonjour les amis, bienvenue dans Parlons Femmes sur Sud Radio, l'émission qui donne la parole à celle qui
00:14transforme, bouscule et ouvre des chemins, tout simplement.
00:17Alors que la série Pêcheresse, diffusée depuis le 3 mars sur OCS, fait déjà parler d'elle pour son regard
00:23cru et audacieux sur l'adolescence,
00:24j'ai le plaisir de recevoir l'actrice Léonie Dahan-Lamore, qui s'impose comme l'un des visages les
00:30plus singuliers de sa génération, on peut le dire.
00:32Très engagée, Léonie, vous revendiquez un cinéma qui interroge les normes, qui assume sa vulnérabilité, et on aime ça dans
00:38Parlons Femmes.
00:39Bienvenue sur Sud Radio.
00:40Merci beaucoup de nous recevoir.
00:43Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:46Alors Léonie Dahan-Lamore, Parlons Femmes vous pose des questions, quelle femme vous fait rêver pour commencer ?
00:53Je dirais Gisèle Halimi, qui a porté des combats très justes, qui a réussi à aider à légiférer sur des
01:01questions importantes, donc elle m'inspire beaucoup.
01:04Sur la liberté des femmes, on parle vraiment.
01:07C'est marrant d'ailleurs pour une jeune femme telle que vous, que son nom résonne encore autant.
01:12Est-ce que c'est le cas dans votre génération, Léonie ?
01:14J'ai la sensation que oui, on est intéressé pour remettre en valeur le travail de femmes qui ont été
01:22parfois invisibilisées à leur époque.
01:24Donc aujourd'hui, on essaye, on est toujours en recherche de toute façon d'icônes féministes.
01:30Quand vous dites on, vous dites les filles de votre âge ?
01:32Oui, ma génération je dirais.
01:34Je pense aussi à Lyo, de qui on remet beaucoup le travail en lumière aujourd'hui.
01:39Lyo qui est remise au goût du jour, oui, alors qu'elle avait été invisibilisée aussi parce qu'il y
01:43a eu un reportage sur Netflix, sur Bertrand Cantat et Marie Trintignant.
01:51Et d'ailleurs, à l'époque, elle avait été vachement décriée.
01:54Sa parole est revalorisée aujourd'hui.
01:57Complètement.
01:57Grâce à cet engagement qu'elle a eu pour Marie.
02:00Vous, ça résonne beaucoup aussi dans votre génération, ça ?
02:02On en a envie de le savoir.
02:03Complètement, oui, oui, c'est quelqu'un qui aujourd'hui fait partie de nos fers de lance.
02:09Elle a pavé le chemin pour qu'on puisse aujourd'hui être à l'aise.
02:13Rien que de pouvoir, à l'époque, quand elle avait fait un concert en étant enceinte, c'était déjà très
02:18mal vu.
02:19C'était déjà quelque chose d'immense.
02:21Donc aujourd'hui, grâce à elle, on peut être un peu plus libre.
02:25Donc je la remercie grandement pour ça.
02:27Est-ce qu'il y a un moment de doute qui vous a complètement transformé, Léonie, sur votre chemin ?
02:32Oui, je pense que le passage de l'adolescence à l'âge adulte, il est compliqué.
02:38Quel que soit le métier et l'industrie dans laquelle on travaille,
02:42de se voir être perçue comme femme et de perdre le statut d'enfant, c'est quelque chose de très
02:48particulier.
02:49Donc ça, ça m'a beaucoup bouleversée.
02:51Mais les personnages que j'interprète me permettent de piocher, de choisir ce qui est moi, ce qui n'est
02:56pas moi,
02:57ce qui m'intéresse dans l'âge adulte.
02:58Ça vous soigne en fait ?
02:59Complètement, ça me permet d'entrevoir plein de vécus différents et ensuite de choisir ce qui me va le mieux.
03:06Oui, parce que vous avez la vingtaine, Léonie, vous avez le temps encore.
03:08Oui, tout à fait, je suis large.
03:12Est-ce que notre société, elle aime les femmes puissantes selon vous ?
03:18Pas sûr, ça dépend comment on définit puissante.
03:22Mais selon moi, puissante, c'est être soi, déjà.
03:26Et donc je ne suis pas sûre qu'aujourd'hui encore, on soit à l'aise avec des femmes qui
03:29sont 100% elles-mêmes,
03:31qui ne se questionnent pas, qui ne cherchent pas à être désirables,
03:35mais qui veulent simplement être elles.
03:37Je pense que c'est toujours compliqué aujourd'hui.
03:40Et alors, quand on parle de patriarcat aujourd'hui, est-ce qu'on parle d'un système réel pour vous
03:44?
03:44Ou est-ce que c'est de l'ordre du symbole maintenant ?
03:47Non, pour moi, c'est vraiment quelque chose de systémique, le patriarcat,
03:50qui est à la fois culturel, mais aussi présent dans nos lois,
03:55dans notre manière de traiter l'information,
03:59de réagir aussi à ce que les femmes disent.
04:01Donc pour moi, c'est très très concret, le patriarcat.
04:04Donnez-moi un exemple concret, alors.
04:06Eh bien, je vous invite à lire, défaire le discours sexiste dans les médias,
04:12du compte Instagram « Préparez-vous pour la bagarre »,
04:14qui met en lumière notamment le traitement médiatique de Bertrand Cantat, etc.
04:20et qui nous permet de voir que dans la manière dont on formulait nos phrases et qu'on...
04:24Et qu'on parlait de crime passionnel pour lui, alors qu'on est vraiment sur un féminicide.
04:26Exactement, le terme « crime passionnel » a été très très utilisé au lieu de parler de féminicide.
04:31Et le mot, ça fait max 5 ans qu'on l'utilise, le terme féminicide.
04:36Donc, voilà.
04:39Alors, dans 20 ans, est-ce qu'il y a un combat que vous espériez,
04:41que vous espéreriez ne plus avoir à mener ?
04:45Beaucoup.
04:46Déjà, effectivement, je vous espérais que les femmes de ma génération qui auront des enfants
04:52auront peut-être moins à avoir peur,
04:54moins à lutter pour que leur fille ait des droits,
04:58où qu'elle soit et au-delà de ça.
04:59J'espère qu'on aura pris conscience de la crise climatique et que ce sera derrière nous.
05:04Mais rien n'est moins sûr là-dessus.
05:06C'est très touchant pour moi de vous recevoir,
05:07parce que j'ai une fille qui n'est pas beaucoup plus jeune que vous, un petit peu, mais pas
05:11tant que ça.
05:12Et c'est vrai qu'on se rend compte que vous êtes une génération qui est extrêmement « aware »
05:18de ce qui se passe en termes de droits, en termes de traitement de la terre,
05:22en termes de tout ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, de la guerre aussi.
05:26Et on se dit que, quand même, on ne vous laisse pas un monde felichon.
05:30Comment est-ce que vous le prenez, ça ?
05:33Est-ce que vous pensez que c'est transformable encore, par vous, justement ?
05:36Alors, je pense que ça se sent dans les œuvres qu'on propose.
05:40Ma génération a besoin de faire de l'art pour essayer de parler de ces sujets-là.
05:46Maintenant, c'est vrai que c'est difficile à dire,
05:48parce qu'ayant grandi avec la notion de catastrophe climatique,
05:51en fait, je n'ai pas eu le choix que de me sentir concernée par...
05:54Ça fait partie de votre chemin depuis le début, oui.
05:56Complètement, oui.
05:57J'ai la chance d'avoir grandi avec des parents qui sont attentifs à ces questionnements-là,
06:01notamment au féminisme aussi.
06:03Donc, ça fait partie de mon éducation aussi.
06:07Et j'espère que...
06:08Enfin, je sens bien que ma génération n'a plus le choix que de se questionner là-dessus.
06:12Et d'agir.
06:13Tout à fait.
06:13Qu'est-ce qu'une femme vous a appris que rien d'autre ne vous aurait appris ?
06:16Léonie, si ça vous a appris quelque chose,
06:18et si vous l'avez déjà, peut-être pas, vous savez.
06:20Ça peut venir tard, ça peut venir très tôt.
06:24Grâce à mes amis femmes, j'ai appris vraiment beaucoup de choses.
06:28Notamment, comme je disais, à accepter d'être moi-même,
06:31à accepter d'être en colère aussi.
06:33À avoir le droit d'être en colère et le droit de l'exprimer,
06:36quelle que soit la manière dont je choisis de l'exprimer.
06:39Et je suis très reconnaissante de mes amitiés féminines
06:43qui m'apprennent tous les jours énormément de choses.
06:45C'est très très précieux pour moi.
06:47C'est très joli ce que vous nous dites.
06:49Alors, ma chère Léonie, devant la mort,
06:51vous êtes donc à l'affiche de Pêcheresse.
06:53C'est la série sur OCS, OCS Canal+,
06:56qui fait déjà parler d'elle.
06:58C'est diffusé depuis le 3 mars.
07:00Un petit pitch d'histoire, elle suit Cassidy, qui a 17 ans,
07:03qui est une adolescente rebelle, complètement rebelle,
07:05et puis qui publie des vidéos sur un site de Camgirl,
07:09alors qu'elle est mineure.
07:10Donc, elle est expulsée, en fait, de la caravane familiale.
07:14Et sa mère l'envoie dans un internat catholique strict
07:16qui est censé la remettre dans le droit chemin.
07:19Ça remet dans le droit chemin, les internats catholiques ?
07:24Tout dépend de notre définition du droit chemin.
07:26Mais en tout cas, ce qui est sûr,
07:27c'est que ça va permettre à Cassidy de s'émanciper,
07:29de rencontrer des amis,
07:32avec qui elle va pouvoir grandir.
07:33Et elles vont se faire du bien les unes aux autres,
07:35en s'aidant à devenir elles-mêmes,
07:37chacune à leur manière.
07:39Et ces copines-là, vous êtes vraiment copines dans la vie ?
07:41Oui, on est super copines.
07:42C'est votre bande, maintenant ?
07:44Tout à fait, avec Rita, Ninon, Lou, Sonia.
07:47On est vraiment très copines,
07:48et c'est un bonheur d'avoir pu travailler avec elles,
07:50et de maintenir cette relation sur le long terme.
07:53Ça ne vous a pas fait bizarre de vous séparer ?
07:54Parce que quand on tourne une série,
07:55on travaille beaucoup,
07:56on est beaucoup ensemble tout le temps,
07:57pendant 3-5 mois, quand ça s'arrête ?
08:01C'est très étrange.
08:02Il y a toujours cette sensation de fin de colonie de vacances,
08:05dont il faut faire un peu le deuil.
08:07Mais c'est très précieux,
08:08c'est des souvenirs très précieux que je garde.
08:10Alors, c'est Charlotte Samson qui a la réalisation,
08:12c'est une comédie dramatique adolescente.
08:14Ce qui est intéressant,
08:15c'est qu'effectivement,
08:16Cassidy va se faire ses premières amies,
08:18elle va questionner sa relation à la fois,
08:20et puis elle a provoqué une petite révolution quand même aussi,
08:23parce qu'elle va introduire le diable.
08:26Qu'est-ce que c'est le diable ?
08:27Eh bien, dans ce couvent-là,
08:29le diable, on pourrait dire que c'est l'accès à Internet libre.
08:34Et effectivement, Cassidy va arriver
08:35et mettre un gros coup de pied dans la formillière,
08:38en donnant accès à Internet,
08:40et donc, par extension,
08:42à une forme d'émancipation aussi via Internet.
08:45Alors, quand vous jouez ce rôle-là,
08:47est-ce que vous jouez vous-même ?
08:48Est-ce que c'est de la composition ?
08:50Où est-ce que vous allez chercher votre inspiration ?
08:52Je dirais que c'est un mélange des deux,
08:54parce que j'ai été une adolescente
08:58qui pouvait ressembler à Cassidy,
08:59dans le sens où c'était important pour moi
09:01d'utiliser mon corps comme une arme.
09:03Donc là-dessus, je la comprends très bien.
09:05Maintenant, je n'ai jamais eu
09:075% du courage qu'elle a.
09:11Vous la trouvez très courageuse ?
09:12Je la trouve très courageuse,
09:13je la trouve très forte,
09:16je la trouve frondeuse,
09:17et c'est très impressionnant pour moi.
09:20Je ne suis pas du tout comme ça,
09:21donc c'est quelque chose que je valorise beaucoup.
09:23Je trouve ça impressionnant
09:25d'être capable de se défaire des injonctions,
09:27et de n'être que soi,
09:29et de ne pas prendre en compte le reste.
09:31Je trouve ça brillant.
09:33Et puis, il y a un vrai sujet
09:34dans votre génération aussi,
09:35c'est ce rapport au désir,
09:37à la liberté,
09:37de traiter comme on veut notre sexualité.
09:41Et donc, dans la sexualité adolescente,
09:43il y a beaucoup la question
09:44de l'identité queer,
09:45et de l'identité tout court.
09:47En ce moment, ça c'est quelque chose
09:48qui est traité dans la série aussi,
09:50et c'est quelque chose qui touche
09:52absolument toute votre génération.
09:53Vous ne vous positionnez plus pareil aujourd'hui.
09:55Oui, et je vous espérais
09:57que ça permettra aux autres générations
09:58aussi de se questionner,
10:00parce qu'il n'y a jamais
10:03de mal à se poser des questions,
10:04et peut-être pour se rapprocher
10:05un peu plus de qui on est vraiment.
10:07Donc, c'est libérateur
10:08pour tout le monde, je pense.
10:10Et pourquoi est-ce que vous pensez
10:11que c'est aussi important aujourd'hui
10:12de se libérer par ça ?
10:14Par une appartenance
10:15à un type de sexualité,
10:17ou à un type de genre,
10:18ou à un type de musique,
10:20ou à un type de quelque chose ?
10:21Parce que c'est quand même
10:21beaucoup ça aujourd'hui.
10:23Je pense que c'est en réponse
10:25au fait que c'était interdit,
10:28ou en tout cas très mal vu
10:29jusqu'à il y a très peu de temps,
10:30et qu'aujourd'hui,
10:31on a besoin d'en faire une art,
10:33et une revendication,
10:34mais j'ose espérer
10:35que ça va se détendre aussi
10:36avec le temps.
10:37Ça sera moins subversif,
10:38ça deviendra normal ?
10:39Exactement,
10:39qu'on n'aura plus de coming-out à faire,
10:41qu'on ne partira plus du principe
10:42que les gens sont hétérosexuels,
10:44et qu'on ouvrira tout ça
10:45pour fluidifier,
10:48et que peut-être
10:49ça n'ait plus besoin
10:50un jour d'être part d'une identité,
10:52mais juste un détail
10:54de qui on est.
10:55Et c'est un sujet intéressant
10:56à traiter,
10:57d'autant plus que vous êtes
10:58dans un internat catholique,
10:59donc ça ne marche pas très très bien
11:02avec le dogme religieux,
11:04j'ai envie de dire.
11:05Ça aussi,
11:06c'est une manière
11:06de pointer du doigt
11:08des dysfonctionnements,
11:09par exemple,
11:09dans la religion catholique ?
11:11Vous pensez ?
11:11Pas spécifiquement
11:13dans la religion catholique,
11:14je pense,
11:14mais plus dans le rapport
11:15à la religion
11:16et ce que c'est
11:18que d'être une femme
11:19qui pratique une religion.
11:20Je pense que le message
11:21de la série,
11:22c'est surtout l'idée
11:22qu'on a le choix,
11:24qu'on peut aussi
11:25se réapproprier
11:26des codes dits religieux,
11:28mais qu'on peut en faire
11:29ce qu'on veut
11:30à l'intérieur de nous
11:31pour nous faire
11:31nos propres croyances.
11:33Donc c'est vraiment
11:34très léger
11:35et très festif.
11:37C'est une ode à la liberté.
11:38Exactement.
11:38On adore.
11:39Allez,
11:40dans Parlons Femmes,
11:40vous le savez,
11:41on donne la parole
11:41à celles qui construisent
11:42et qui avancent surtout
11:43sans demander la permission.
11:45Aujourd'hui,
11:46vous êtes avec l'actrice
11:47Léonie Dahan-Lamore
11:48qui est à l'affiche
11:49de Pêcheresse,
11:49la série diffusée
11:50depuis le 3 mars
11:51sur OCS à suivre absolument.
11:53C'est une série dramatique
11:53adolescente
11:54et assez marrante.
11:55Allez,
11:55restez avec nous
11:56à tout de suite.
11:57La Caisse d'épargne
11:58de France,
11:59fière de soutenir
12:00toutes les femmes,
12:01vous présente
12:02Sud Radio,
12:03Parlons Femmes,
12:04Judith Belair.
12:05Vous écoutez Parlons Femmes
12:07sur Sud Radio
12:07comme tous les samedis
12:08à 13h30.
12:09Aujourd'hui,
12:10je reçois pour vous
12:10l'actrice Léonie Dahan-Lamore
12:12qui est à l'affiche
12:13de la série Pêcheresse
12:14diffusée depuis le 3 mars
12:16sur OCS.
12:18Alors,
12:18pour continuer justement
12:19sur les sujets
12:20qui sont traités
12:21dans cette série
12:21et qui sont finalement,
12:23c'est une des raisons
12:23pour lesquelles j'ai eu envie
12:24de vous inviter,
12:25Léonie,
12:25des sujets extrêmement
12:27contemporains
12:28qui touchent
12:29à notre jeunesse.
12:31Il y a cette idée
12:31d'émancipation féminine
12:33qui est très présente.
12:34Alors,
12:34pour vous donner
12:35un ordre d'idée,
12:36je vais parler un petit peu
12:36de moi,
12:37ce que je fais rarement.
12:37Moi,
12:37ma mère,
12:38elle brûlait des soutiens-gorges.
12:40Moi,
12:40j'ai pété des portes
12:41et je me demande
12:42ce que ma fille va faire.
12:43Mais peut-être qu'effectivement,
12:44elle a plus de portes ouvertes
12:45que moi,
12:46ça n'a été le cas.
12:47Et évidemment,
12:47beaucoup plus
12:48que ça n'a été le cas
12:49de ma mère.
12:51Il y a aussi ce sujet
12:52de comment on voit
12:53la femme aujourd'hui
12:54et les jeunes femmes.
12:56Ça,
12:56c'est des sujets
12:56qui sont des sujets
12:58permanents,
12:58j'ai envie de dire,
12:59dans votre quotidien,
12:59en fait,
13:00Léonie.
13:01Complètement,
13:01oui.
13:02Il y a cette idée
13:04d'être perçue comme femme
13:05et ce que ça implique,
13:07ce qui vient avec
13:08le mot femme.
13:09Et la série questionne
13:10tout ça
13:12avec bienveillance,
13:13avec joie.
13:14Et on cherche juste
13:16à montrer à nos personnages
13:18qu'ils veulent
13:20quel que soit leur choix.
13:21Alors,
13:21on va parler un peu
13:22de vous maintenant.
13:23Vous,
13:24quand vous jouez ce rôle-là,
13:26quand je vous demandais
13:26est-ce que vous parlez
13:27de vous-même,
13:27en fait,
13:28vous parlez de vous-même
13:29forcément puisque ce sont
13:30des sujets qui vous touchent
13:30très directement.
13:31Comment vous vous positionnez
13:33dans votre vie personnelle
13:33à vous aujourd'hui,
13:34Léonie ?
13:35Par rapport à ces sujets-là,
13:36est-ce que vous vous sentez
13:37complètement libre ?
13:38Est-ce que vous sentez
13:39qu'il y a des endroits
13:40où vous auriez envie
13:40que ça bouge encore un peu ?
13:42Comment ça se passe
13:43entre les gens de votre âge ?
13:44On a envie de savoir aussi.
13:46Je pense qu'on n'est pas
13:47à un niveau de liberté acquis.
13:49De toute façon,
13:51beaucoup de féministes
13:52avant nous
13:52nous ont appris
13:53qu'aucun droit
13:56n'était acquis
13:56et qu'il fallait
13:57continuer à lutter.
13:59Donc,
13:59on est toujours là-dedans.
14:01Mais c'est vrai
14:01qu'aujourd'hui,
14:03je vois dans mes amitiés
14:03féminines
14:04qu'on est quand même
14:05plus libres qu'avant.
14:07C'est intéressant aussi
14:07d'en discuter
14:08avec des femmes
14:10d'une cinquantaine d'années
14:11qui ont une vision
14:12intéressante aussi là-dessus.
14:13Parce que nous,
14:14on ne voit que
14:16les libertés
14:16qu'on nous enlève
14:17et c'est normal.
14:18Mais elles,
14:19elles ont vécu des choses
14:20et elles peuvent aussi
14:21nous apprendre beaucoup
14:22sur ce qu'on a gagné
14:23et ce dont on ne se rend
14:24pas forcément compte
14:25puisque c'est normal,
14:26c'est des droits
14:26qui sont humains.
14:28Mais oui,
14:29je pense qu'on a encore
14:30à lutter
14:30mais on va le faire
14:31joyeusement
14:32et on va faire changer
14:33tout ça.
14:34Alors,
14:34tout à l'heure,
14:34vous parliez aussi
14:35du traitement de votre corps
14:36comme une arme de militantisme.
14:37Finalement,
14:38pour vous,
14:38la nudité au cinéma,
14:39c'est un acte politique presque,
14:41j'ai envie de dire.
14:41Oui,
14:42en tout cas,
14:43c'est la vision que j'avais
14:43quand j'étais adolescente.
14:44C'était important pour moi
14:45de rappeler qu'il n'y avait
14:47rien d'illégal
14:47à avoir un torse
14:48et encore moins
14:49à le montrer.
14:50Donc,
14:50c'est quelque chose
14:51que j'ai beaucoup fait
14:52avec plaisir
14:54et avec joie.
14:55Aujourd'hui,
14:55ça m'intéresse un peu moins
14:56mais c'est très personnel.
14:58C'est plus mon rapport
14:59à mon corps
14:59qui a changé.
15:00Qu'est-ce qui a changé ?
15:02Je dirais
15:03le regard
15:05des adultes
15:05sur mon corps
15:06en tant qu'adolescente.
15:08J'étais protégée
15:09en tout cas
15:09dans ma tête
15:10par cette idée
15:11que les adultes
15:11n'avaient pas le droit
15:12de me sexualiser
15:12puisque j'étais mineure.
15:14Bien que ça ne les empêche pas
15:15de le faire
15:15mais en tout cas,
15:16je me sentais protégée
15:17par cette idée-là.
15:18Aujourd'hui,
15:19ayant quitté le statut de mineure,
15:20je ne suis plus protégée par ça.
15:22Donc, ça pose des questions.
15:22Vous vous sentez moins en sécurité.
15:24Exactement.
15:25Alors,
15:26ce qui est intéressant aussi,
15:27c'est que vous faisiez ça
15:28pour expliquer
15:28que vous étiez à l'aise
15:29avec cette idée-là
15:30que l'objectif,
15:31ce n'était pas la provocation
15:32mais la normalisation
15:33du corps féminin.
15:34Tout à fait.
15:35C'était vraiment de pouvoir
15:38montrer un torse
15:39comme il est
15:40pour ce qu'il est
15:40sans devenir un objet sexuel.
15:43Et alors,
15:44vous avez...
15:47Sur l'évolution
15:48du milieu du cinéma,
15:49vous y étiez déjà
15:49plus ou moins
15:50quand vous avez eu Me Too,
15:50vous étiez beaucoup plus jeune
15:51mais bon,
15:52c'est votre époque.
15:55Ça va mieux.
15:56J'ai envie de dire
15:57dans la représentation
15:57des femmes déjà,
15:59peut-être
16:00ça se passe mieux.
16:02Il y a aussi des choses
16:03où ça ne fonctionne pas
16:04forcément mieux
16:05et même peut-être
16:05moins bien.
16:07Je ne suis pas sûre.
16:08Je trouve qu'à plein d'endroits
16:10on a effectivement avancé.
16:11On se responsabilise plus
16:12dans la manière
16:13dont on pense nos tournages.
16:16Évidemment,
16:17à des endroits
16:18il y a encore du travail
16:19mais moi je trouve
16:19qu'on va vraiment
16:20dans la bonne direction
16:21et que Me Too
16:22a fait beaucoup de bien
16:22à mon industrie en tout cas.
16:25Et ça a libéré aussi
16:26les hommes finalement
16:27peut-être des rôles
16:28qui leur sont imposés
16:29d'habitude,
16:30c'est-à-dire
16:30de l'homme qui doit être viril,
16:32de l'homme qui doit,
16:32qui doit, qui doit, qui doit
16:33et qui finalement
16:34a peut-être envie de pleurer
16:35de temps en temps.
16:35Bien sûr, tout à fait.
16:36Je pense qu'on oublie
16:38que le féminisme
16:38c'est aussi
16:40permettre aux hommes
16:40d'être qui ils sont,
16:41d'être eux-mêmes
16:42et donc d'être
16:43des humains vulnérables,
16:45gorgés d'émotions.
16:47Donc un homme
16:47ça peut être féministe
16:48selon vous Léonie ?
16:49En tout cas, je pense que le féminisme
16:50prend largement en compte
16:52le vécu des hommes
16:54et pense pour eux aussi,
16:55pense à eux aussi
16:56et que plus une société
16:58sera féministe,
16:59plus on sera tous détendus
17:00et capables d'être nous-mêmes
17:02à l'aise avec qui on est.
17:04Et le féminisme,
17:05autre question,
17:06il englobe toutes les femmes,
17:07on est d'accord ?
17:08Bien sûr.
17:08Parce qu'on a vu
17:10il y a une dizaine de jours
17:12lors de la journée
17:13du 8 mars
17:14qu'il y avait des mouvements
17:15féministes
17:15qui sont contre
17:16la venue d'autres mouvements
17:17féministes
17:17sous prétexte
17:18de religion
17:20ou de couleur politique.
17:22Est-ce que vous pensez
17:23que toutes les femmes
17:24ont droit au même droit ?
17:26Je pense que toutes les femmes
17:27ont droit au même droit.
17:28Je pense aussi
17:29à mes sœurs femmes trans
17:30qu'il faut évidemment
17:31prendre en compte
17:32dans le féminisme.
17:35C'est surtout à elles
17:36que je pense
17:36quand on me parle de ça.
17:37Oui, parce qu'elles souffrent
17:38encore aujourd'hui.
17:40Bien sûr,
17:40les femmes trans
17:43subissent encore
17:43beaucoup de discrimination,
17:45beaucoup de transphobie
17:45et c'est important
17:46de les prendre en compte
17:47dans nos luttes féministes.
17:49Donc en fait,
17:50le féminisme,
17:50ça doit être l'inclusion
17:51de tout le monde.
17:52Tout à fait.
17:53Et puis,
17:54on va revenir un petit peu
17:55à comment vous travaillez.
17:57Quand vous travaillez
17:57un personnage,
18:00par quoi vous commencez ?
18:02Moi, ce qui m'intéresse
18:03beaucoup,
18:04c'est de discuter
18:04avec les réalisateuristes
18:08et de voir ce qui est important
18:09pour eux,
18:10pourquoi est-ce qu'ils ont écrit
18:10ce personnage,
18:11qu'est-ce qu'il va apporter
18:13à l'histoire,
18:14par quel mouvement
18:15il va passer.
18:16Et donc, moi,
18:17ce qui me passionne,
18:18c'est vraiment d'avoir accès
18:19au cerveau des créateuristes
18:21et de pouvoir essayer
18:22de faire au mieux.
18:24Vous avez dit
18:25des créateuristes.
18:26Tout à fait.
18:26D'accord.
18:28Je garde
18:28parce que je vais la ressortir.
18:30Oui, c'est très pratique
18:31l'écriture,
18:33le parler inclusif
18:34est super
18:35pour mettre en valeur
18:35tout le monde.
18:38Et effectivement,
18:39moi,
18:39ce qui vraiment me passionne,
18:40c'est la psychologie
18:42du personnage,
18:43c'est le travail en amont
18:44aussi d'un tournage
18:45à venir vraiment travailler
18:47l'intériorité du personnage.
18:48Ça, ça me passionne
18:49et c'est un travail
18:50qui est très humain
18:50parce que ça ne demande
18:52pas de l'empathie
18:53et des capacités sociales
18:54qui permettent
18:55de mettre aussi à l'aise
18:57un ou une réalisateuriste
18:59pour pouvoir avoir accès
19:00à leur intériorité.
19:01Donc, c'est vraiment génial
19:02comme travail.
19:03Et donc, du coup,
19:03directement sur le scénario,
19:05j'ai envie de dire.
19:05Oui, tout à fait.
19:06Dès le départ.
19:07Et est-ce que parfois,
19:07vous faites évoluer un petit peu,
19:09vous proposez d'autres choses,
19:10des choses auxquelles
19:10ils n'auraient pas pensé eux ?
19:11Oui, bien sûr.
19:13Notamment pour la Pampa,
19:14j'ai eu la chance
19:15de travailler avec Antoine Chevrolier
19:17qui était très à l'aise
19:18avec l'idée
19:18que je veux plus apporter
19:20un peu de véracité
19:21à mon personnage.
19:21Donc, on a réécrit ensemble
19:22et c'était passionnant à faire.
19:24Et puis,
19:26l'idée, c'est que vous utilisez
19:27finalement l'art
19:28que sont le cinéma
19:30et les séries
19:31comme un espèce de réflexion
19:32en fait
19:33et de transformation
19:34de la société.
19:35Tout à fait.
19:35C'est important pour moi
19:36de faire ma part
19:38et j'ai choisi
19:39d'utiliser l'art
19:40à cet essai.
19:42Si vous aviez
19:43un petit message
19:43à passer aux jeunes femmes
19:44qui viennent de votre âge
19:45qui vous écoutent
19:46et qui ont envie
19:47de faire le même métier,
19:48qu'est-ce que vous auriez
19:48à leur dire, Léonie ?
19:49Eh bien,
19:50je leur dirais
19:51de s'accrocher
19:52que c'est un métier
19:52qui n'est pas pensé
19:54par nous
19:54et qu'il faut
19:55qu'on se réapproprie.
19:56Par les femmes,
19:57c'est ça ?
19:57Je pense qu'il est encore
20:00assez pensé par les hommes
20:01ce métier d'actrice
20:02et que donc,
20:03c'est parfois difficile
20:04mais aujourd'hui,
20:06j'ai la chance
20:07de travailler
20:07avec d'autres actrices
20:08qui ont une grosse
20:10conscience de la sororité
20:11et de l'importance
20:12de justement être alliées
20:15dans ce métier-là.
20:18et donc,
20:18on n'est plus du tout,
20:19en tout cas,
20:19c'est la sensation que j'ai,
20:20on n'est plus en compétition,
20:21on ne cherche plus
20:22à se tirer dans les pattes
20:23les unes les autres
20:24et on est juste contentes
20:25que nos collègues
20:26de travail
20:27et du travail
20:28soient heureuses
20:29et interprètent des rôles
20:30qu'on trouve magnifiques.
20:31Donc, si je vous écoute,
20:32le conseil,
20:33c'est de s'accrocher
20:34et de trouver la bonne équipe.
20:35Exactement,
20:36et de se faire des copines.
20:38Si vous aviez un souhait
20:39comme ça,
20:40un petit génie devant vous,
20:42Léonie Dahan,
20:43qui apparaissait
20:44et qui vous exaussait,
20:47le désir,
20:48le souhait que vous voulez,
20:49qu'est-ce que vous lui demanderiez ?
20:54Il y a tellement de choses
20:55à changer,
20:56je dirais,
20:59je lui demanderais
21:00d'ajouter 50% d'empathie
21:01à tous les humains sur Terre
21:03pour voir un peu
21:03ce que ça fait.
21:05Mais ceux qui en ont déjà trop,
21:06ce n'est pas possible pour eux.
21:07Mais ça serait formidable.
21:08Je ne suis pas sûre
21:09qu'on ait trop d'empathie.
21:11Vous pensez qu'on ne peut jamais
21:12être trop empathique ?
21:14Oui, à partir du...
21:15À un moment donné ?
21:16Je pense que si on est capable
21:17de poser nos limites,
21:18le problème n'est pas tant l'empathie.
21:20Ça va plus être...
21:21Qu'est-ce qu'on en fait ?
21:22Exactement.
21:23Est-ce qu'on empiète sur nous-mêmes
21:25pour être empathique envers les autres ?
21:26Auquel cas, effectivement,
21:27là, ce ne serait pas très sain.
21:29Mais en soi,
21:29je ne pense pas que le problème
21:30soit l'empathie.
21:31Je pense que justement,
21:32plus on sera empathique,
21:33mieux on s'en sortira.
21:34Écoutez, quand on vous écoute
21:35Léonida en la mort,
21:36on se dit que ça va.
21:38Ça fait plaisir d'écouter
21:40les jeunes de votre génération
21:41et qui sont bien engagés
21:42comme vous l'êtes.
21:43Et surtout qu'on l'esprit claire
21:44parce qu'on entend aussi
21:45beaucoup de clivages.
21:46Et finalement, l'inclusion,
21:47c'est quand même la base.
21:48Complètement.
21:49Et c'est vraiment le message
21:50de la série.
21:51Bravo.
21:52Merci beaucoup, Léonida en la mort.
21:53Je rappelle que vous êtes
21:54dans la série Pêcheresse
21:55qui est diffusée sur OCS Canal Plus
21:57depuis le 3 mars
21:59et je la recommande.
22:00Merci d'être venu ici
22:01par les studios de Parlons Femmes.
22:03Avec plaisir.
22:04C'était Parlons Femmes
22:05sur Sud Radio.
22:06Merci de nous avoir accompagnés.
22:08Nous, on se retrouve demain,
22:09je crois, à 17h,
22:10très exceptionnellement,
22:11pour cause de rugby,
22:12pour cet excellent.
22:13En attendant,
22:14je vous embrasse.
22:15Sud Radio, Parlons Femmes,
22:17Judith Belair,
22:18avec la Caisse d'épargne
22:19Île-de-France,
22:20fière de soutenir
22:21toutes les femmes.
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