- il y a 3 jours
Le choc des idées avec Jacques Cardoze, journaliste, auteur de l'ouvrage 'Les inquisiteurs'
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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-06-28##
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:30Mais avant ça, je présente notre invité du jour.
00:31Alors, c'est une voix que vous connaissez sur Sud Radio qu'on est très heureux de recevoir.
00:35Il s'agit de Jacques Cardoz. Bonjour, Jacques.
00:37Comment ça va ?
00:38Ça va très bien, merci.
00:39Ça fait du bien de vous entendre à 7h, un dimanche.
00:41C'est peut-être le seul horaire que vous n'aviez pas encore fait cette saison sur Sud Radio.
00:44Oui, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
00:45Alors ici, j'insiste sur ce terme, on est dimanche, vous êtes un invité.
00:49On vous reçoit pour parler de votre ouvrage « Les Inquisiteurs ».
00:52C'est publié chez Fayard, vous revenez sur « Cache Investigation »,
00:55complément d'enquête envoyée spéciale.
00:57Le témoignage de l'ancien rédacteur en chef que vous êtes dans les services d'investigation sur le service public.
01:02Est-ce que l'investigation du service public est biaisée ?
01:05Est-ce qu'on tape toujours sur les mêmes ?
01:06Est-ce qu'on peut enquêter sur tout ?
01:08Est-ce que certains ont trop de pouvoir ?
01:10Vous nous raconterez tout ça dans quelques instants jusqu'à midi sur Sud Radio.
01:14Mais avant ça, je le disais, Arthur Devatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect,
01:19on a beaucoup parlé dans cette émission de la suppression arbitraire et sans vraie raison du compte Instagram de votre
01:25média.
01:25Bonne nouvelle à tous ceux qui nous écoutent et qui tenaient à ce compte, il a été rouvert.
01:29Exactement, il a été rouvert 36 heures après une grande mobilisation médiatique.
01:34Et sur les réseaux sociaux, on a reçu un message à 1h37 du matin,
01:38nous expliquant que finalement le compte n'en freignait aucune règle et qu'il s'excusait pour les dommages occasionnés.
01:43Voilà, donc tact, c'est une bonne nouvelle, ce qui permettra en plus à vos abonnés sur Instagram
01:49de retrouver un certain nombre de vos enquêtes, comme celle-ci par exemple,
01:53sur une association très célèbre, SOS Racisme, dont vous allez nous parler dans votre carte blanche, Arthur.
01:58Exactement, parce que lundi dernier, avec quelques autres médias,
02:01comme Boulevard Voltaire, Radio Courtoisie, Logim et donc le magazine L'Incorrect que j'ai l'honneur de diriger,
02:06nous avons lancé une grande enquête sur l'écosystème associatif de gauche.
02:10Alors, nous avons enquêté de longs mois sur plus de 300 associations dites d'intérêt général
02:15et qui pour certaines touchent de grosses subventions et toutes en tout cas perçoivent des dons défiscalisés.
02:20Je rappelle le principe qui est simple, si vous donnez 100 euros, vous enlevez 66 euros de votre déclaration d
02:26'impôt,
02:26donc c'est une perte de recettes pour l'État.
02:28Il faut savoir qu'en 2025, le montant des dons défiscalisés en France représenterait 3,7 milliards d'euros.
02:35Donc je vous laisse imaginer le manque de recettes également.
02:37Mais je précise tout de suite que je suis pour ce principe, car je crois bien plus à l'efficacité
02:41d'une association de terrain
02:42qu'à celle d'un fonctionnaire planqué dans sa tour d'ivoire.
02:45Mais parmi les 300 associations étudiées, une grosse cinquantaine ont retenu notre attention
02:49par le système juridique plus que suspect et des gros manquements également.
02:54Alors, vous n'ignorez pas de savoir qu'une passoire se révèle bien moins percée que les caisses de l
02:58'État en ce moment
02:58et que plus que les mois avancent, plus ils nous font les poches.
03:01Et à ce rythme, on finira en caleçon.
03:02Alors, en période de canicule, ce n'est pas très grave.
03:04Et d'ici quelques mois, on risque de se geler un peu les miquettes.
03:07Et disons que si on peut éviter de brûler des billets par million, ça serait pas mal.
03:10Et donc, chaque jour, nous sortons une enquête sur une association suspecte.
03:14Il est des associations dont le bilan à lui seul raconte une histoire.
03:17Celui des SOS Racisme en dit long quand parvient à le consulter.
03:21Car c'est là le premier paradoxe d'une organisation qui se réclame de la vertu civique et de la
03:26transparence.
03:26Ces comptes ont disparu d'espace public depuis 2010.
03:30Les derniers chiffres réellement accessibles, donc l'exercice 2009, publiés aux journales officiels,
03:36dessinent un modèle économique singulier sur 900 000 euros environ de dons, d'adhésions et de subventions.
03:41Les subventions publiques pèsent 579 000 euros, soit 64% du total.
03:47Face à ce torrent d'argent public, les adhésions, elles, plafonnent à 18 000 euros.
03:51Donc 2% des recettes.
03:53En clair, pour 2 euros versés par l'État, l'association n'en récolte que quelques centimes auprès de ses
03:58militants.
03:59Une association dont la base ne finance presque rien, la formule interroge la nature même de la structure.
04:04Autre question, que devient cet argent ?
04:06Pour l'essentiel, ils payent les salaires.
04:08Les charges d'exploitation de SOS Racisme sont constituées à 53% de salaire et de charges sociales.
04:14Et l'association dépense, je cite, tout ce qu'elle reçoit, même au-delà, puisqu'elle présente des capitaux propres
04:19négatifs.
04:20Autrement dit, une structure qui consomme intégralement la générosité publique pour faire vivre son appareil sans réserve ni matelas de
04:25sécurité, c'est tout de même un peu étrange.
04:27Le décret numéro 29540 est pourtant clair.
04:31Toute association percevant plus de 153 000 euros de dons de subvention ou de dons doit déposer ses comptes au
04:40journal officiel.
04:41SOS Racisme franchit ce seuil chaque année.
04:43Rien que pour 2011, elle a touché plus de 350 000 euros des seuls ministères de l'Éducation, de la
04:48Ville et de la Culture.
04:49Et pourtant, donc, depuis 2010, rien.
04:5215 ans d'opacité en infraction ouverte avec l'article 612-4 du Code de commerce.
04:59Et cette opacité n'est pas anodine.
05:01Parce qu'une association qui émet des ressaux fiscaux via la plateforme Eloasso,
05:05laquelle perçoit les dons pour SOS Racisme et les lieux reverses à 100%,
05:09ouvrant donc aux donateurs une réduction d'impôt de 66%,
05:13engage l'argent du contribuable une seconde fois.
05:15Et la loi du 24 août 2021 impose désormais déclarer chaque année le temps de ses reçus.
05:21Alors comment vérifier le respect de cette obligation pour une organisation qui ne publie aucun compte ?
05:27Et comment justifier l'intérêt général, condition sine qua non du mécénat,
05:31d'une structure au positionnement militant à sens unique,
05:34quand la jurisprudence, Amiens 19 octobre 2023,
05:37rappelle qu'une activité de plaidoyer prépondérante n'est pas d'intérêt général ?
05:42Car en 15 ans, alors pardon, la vraie question, c'est pas que SOS Racisme, c'est le rôle de
05:48l'État.
05:48Parce qu'en 15 ans, aucun contrôle public connu n'est venu sanctionner ce non-dépôt manifeste
05:54ni vérifier l'égibilité de l'association au régime du mécénat.
05:57Comment expliquer cette mensuitude quand d'autres n'ont pas ce privilège ?
06:00Et je peux vous en citer pas mal.
06:02Donc il y a une association qui a fait la dénonciation des passe-droits à l'un de ses fonds
06:05de commerce.
06:06On aimerait poser la plus simple des questions.
06:08Où sont vos comptes ?
06:10C'est la question que vous posez en tout cas.
06:12Est-ce que vous trouvez suspect ? C'est le manque de transparence en quelque sorte, si j'ai bien
06:15compris.
06:15Mon cher Arthur...
06:16Et l'infraction ne peut pas déposer ses comptes.
06:18Et cette infrastructure que vous relevez.
06:20Est-ce qu'on est arrivé dans un monde où les médias de droite, du coup, en l'occurrence la
06:23correcte,
06:23commencent à aller chercher et enquêter sur les associations de gauche
06:26et des journalistes de gauche vont enquêter toujours sur les associations de droite ?
06:29Ça vous rappelle quelque chose ou pas forcément ?
06:31Ça me rappelle quelque chose et je pense que tout ça n'est pas très bon pour la démocratie.
06:35Il fut un temps où on ne parlait pas de médias de gauche, de médias de droite.
06:39Il y avait des médias, il y avait des sensibilités dont on pouvait deviner.
06:47Mais tout cela n'était pas un problème.
06:49Ça ne venait pas télescoper la carte de presse.
06:52Et ça fait partie des choses que je raconte dans le livre.
06:55C'est que je pense que justement, on a basculé.
06:57On est dans un autre monde aujourd'hui et c'est un problème.
07:01Moi, il y a une question qui m'intéresse concernant ce qui vous est arrivé.
07:04C'est, est-ce que vous avez la certitude que la suspension de votre compte Instagram...
07:11Celui de l'incorrect, je vous rappelle.
07:14...est une erreur ou bien est-ce que relève d'une autre décision et peut-être d'une décision éditoriale
07:20?
07:20Ça relève d'une autre décision parce qu'on a une première suspension.
07:24On pensait que ça venait de notre fête, qu'on aurait pu se tromper, qu'il manquait des informations.
07:28On a redonné tout ce qu'il fallait, notre carte d'identité, tout ça.
07:32Rien.
07:32On a recréé un compte, cette fois avec un abonnement payant,
07:37avec, vous savez, la petite cartouche qui vous dit que vous êtes un compte officiel.
07:40Et donc derrière, vous avez donné le cabiche, le numéro de sécurité sociale,
07:44bon, après tout ce qu'il vous demande, la totale.
07:4624 heures après, supprimé.
07:48Ça faisait bizarre.
07:49Ça faisait bizarre.
07:50Et vous n'avez pas possibilité d'avoir des échanges sur les réseaux ?
07:54On a eu des échanges de nous expliquer.
07:56Maintenant, c'est une décision, c'est comme ça.
07:57Il n'est plus possible de créer un compte et vous ne pouvez pas en recréer un
08:01si vous voulez contester, c'est devant les tribunaux maintenant.
08:03D'accord.
08:04Et c'est grâce à la mobilisation finalement que...
08:06Exactement.
08:08C'est ça que je trouve...
08:09Enfin, c'est une affaire qui est inquiétante.
08:11Oui.
08:11Mais c'est l'arbitraire, notamment des GAFAM, effectivement.
08:14Et c'est très difficile parfois de pouvoir discuter avec eux.
08:17L'avantage, c'est qu'ici, tout est bien, qu'il se finit bien.
08:19Exactement.
08:19En ce qui concerne le magazine, l'incorrect.
08:23Mais tous n'auront pas forcément la même chance.
08:25Maintenant, en parlant de chance, on va parler de souvenirs, on va parler d'enquête
08:28et on va parler du livre de notre invité.
08:30Je le disais, les inquisiteurs et inquisitrices, on aurait pu dire.
08:33D'ailleurs, il y en a une ou deux dont vous parlez, notamment une certaine Aziz Lucet, dans cet ouvrage.
08:37Jacques Cardoz, c'est publié chez Fayard.
08:39Sachez que votre ouvrage a été dévoré aussi par Arthur de Vatriguer.
08:42Oui, c'est très intéressant parce qu'il y a plein de choses dont on soupçonnait ou qu'on pensait
08:47ou qu'on reniflait.
08:48Et puis, depuis quelques mois, il y a tout qui arrive sur la table avec des preuves, avec des choses
08:52très précises, avec des faits.
08:53Et donc, forcément, quand on renifle quelque chose et que les faits arrivent, on est encore plus content.
08:58Mais moi, je voudrais revenir au tout début.
09:00C'est quand vous arrivez à France Télévisions, 194 si je ne me trompe pas,
09:03vous y restez 27 ans.
09:06Quel jeune journaliste étiez-vous en arrivant ?
09:08Et qu'est-ce que cette maison représentait pour vous ?
09:10Énorme.
09:10C'était quelque chose de magique.
09:12Pouvoir être à France Télévisions.
09:15J'arrive dans le service de Benoît Duquen, qui est le créateur de Compléments d'enquête,
09:2210 ans plus tard, enfin 15 ans plus tard, non, 6 ans plus tard, pardon.
09:27Et surtout, ce que ça représente, c'est la possibilité de pouvoir raconter, de pouvoir partir sur le terrain.
09:34Moi, je suis insatiable, je suis quelqu'un de très curieux.
09:37Et je me rends compte que tout le monde dans une rédaction n'a pas forcément envie de faire du
09:41reportage.
09:42Et là, je me dis, mais c'est incroyable en fait.
09:45On me laisse cette chance-là.
09:47D'aller sur le terrain.
09:47D'aller sur le terrain, de pouvoir raconter des choses.
09:50À l'époque, France 2 a vraiment beaucoup de moyens.
09:53Voilà, on couvre, on a un journal de...
09:56Alors, c'est l'époque où Bilalian et Mazur présentent le 20h.
10:00Daniel Bilalian, qui nous a quitté récemment, d'ailleurs.
10:02Voilà, c'est une époque où...
10:05D'ailleurs, je le raconte, ce choix-là.
10:06Le choix Mazur-Bilalian, qui pour moi est un choix très malicieux, très intelligent,
10:11de la part de Jean-Luc Manot, qui était le directeur de l'info de l'époque.
10:13C'était une façon d'équilibrer, de donner le sentiment, en tous les cas, d'un certain équilibre.
10:19Et moi, je suis insatiable.
10:20Voilà, je suis...
10:21Je déborde.
10:23Et un peu plus tard, ça fait partie des choses que je vais raconter dans le livre.
10:27Un peu plus tard, je commence à me poser des questions, effectivement,
10:30sur le rapport de la présidence à la présidence.
10:32C'est-à-dire le rapport qu'on peut avoir avec le pouvoir.
10:35Jusqu'où on peut aller ?
10:36Est-ce que ce qu'on nous dit est vrai ?
10:38T'es libre, tu fais ce que tu veux, il n'y a pas de problème, etc.
10:40Où est l'intox ?
10:41Où est l'intox ?
10:42Il y a bien un hic quelque part.
10:44Et tout ça, je vais le comprendre au fil des années.
10:48C'est très subtil.
10:50Mais dans un premier temps, je suis un jeune Dukens Boys,
10:54comme on dit dans les couloirs.
10:55On est à une époque où on oppose ce que l'on appelle les odimatologues
10:59aux déontologues.
11:01Parce qu'on est dans le contexte où il y a beaucoup de journalistes
11:03ex-TF1 qui ont migré vers France Télévisions,
11:06vers France 2 à l'époque.
11:09Jean-Michel Carpentier, Thierry Thulier,
11:14Guylaine Chenu, qui vient de TF1 et qui va prendre en plus tard la direction d'envoyer spéciale.
11:20Voilà, une multitude de journalistes.
11:22Benoît Duquen, évidemment.
11:23Une multitude de journalistes de qualité
11:25qui ont envie de secouer un peu France 2,
11:28qui est perçue comme une maison où on prend son temps,
11:33où on réfléchit, un peu la belle endormie.
11:35Et l'idée de Elkabach, Mano, Arletchabot,
11:39c'est eux trois qui sont aux manettes,
11:41c'est de secouer un peu cette rédaction-là
11:43et de s'appuyer sur des jeunes reporters.
11:46Donc, je fais partie de ces jeunes reporters avec d'autres.
11:50Pour aller concurrencer complètement TF1.
11:53À une époque où il y avait moins de chaînes.
11:54Beaucoup moins de chaînes.
11:55Il y avait moins de chaînes.
11:55Et puis l'idée, c'était, on va bousculer,
11:58on va faire du fait d'iv,
11:59on va aussi faire des choses qu'on fait moins,
12:01France 2 historiquement.
12:02Et donc, on va se servir de jeunes
12:05qui vont nous servir un petit peu de poils à gratter dans cette rédac
12:11et on va essayer de bousculer tout ça.
12:12Ça, c'était votre enthousiasme des débuts.
12:14Jacques Cardos, comment on en est arrivé à cette époque
12:16où vous publiez un livre sur les inquisiteurs du service public ?
12:20À quel moment vous avez perdu vos illusions ?
12:22À quel moment, au pluriel, il y en a un certain nombre.
12:23On va en parler avec vous dans un instant.
12:25Je rappelle votre ouvrage, Les inquisiteurs,
12:27c'est publié chez Fayard.
12:28Tout de suite dans le choc des idées sur Sud Radio
12:30en compagnie d'Arthur de Vatrigan.
12:32Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
12:36Comme chaque dimanche jusqu'à midi,
12:38en compagnie de nos invités
12:39qui n'ont pas peur de déranger les idées reçues.
12:41Nous sommes en compagnie d'Arthur de Vatrigan,
12:43toujours directeur du magazine L'Incorrect,
12:45et de notre invité, et en même temps collègue,
12:48et en même temps confrère, Jacques Cardos,
12:50que vous connaissez bien sur Sud Radio,
12:51qui vient ici en tant qu'invité puisqu'il publie
12:53Les inquisiteurs, un livre d'enquête
12:56sur les enquêteurs du service public de la télévision
12:58de France Télé.
12:59C'est publié chez Fayard.
13:00On parle maintenant de Jacques Cardos,
13:02mon cher Arthur de Vatrigan.
13:04Comment on est passé, en quelques années,
13:06de l'enthousiasme du jeune loup qui débarque,
13:08qui veut dévorer le terrain, faire du reportage
13:11de l'enquête ?
13:11C'est lui qui en est parti,
13:13en quelque sorte, désabusé.
13:15C'est un bon résumé, non ?
13:16Oui, c'est vrai que lorsque je rentre
13:19dans le bureau du patron de l'info
13:21et que je lui annonce que je m'en vais,
13:22en juin 2021, en mai 2021,
13:25à ce moment-là, il sent effectivement,
13:28on a une discussion d'une heure
13:30et il sent que le métier a beaucoup perdu,
13:34que je suis désabusé,
13:36que je ne comprends pas certains réflexes,
13:38que je sens une équipe qui se cabre,
13:40je sens une équipe qui traîne la patte
13:41sur certains sujets,
13:42et que, grosso modo,
13:44on est moins irrévérencieux
13:49que 10 ou 15 ans avant.
13:51Et ça, pour le coup,
13:52j'ai vraiment du mal à l'accepter.
13:54Après, ce qu'il faut comprendre
13:56dans ma trajectoire,
13:57et ce qui a peut-être accentué les choses,
13:59c'est que je n'ai pas toujours vécu en France.
14:02J'ai vécu 9 ans à l'étranger
14:03et j'ai vécu dans des pays anglo-saxons.
14:05D'ailleurs, je le dis en passant
14:07parce qu'Élise Lucem disait
14:08« ça, c'est ton côté libéral de droite »
14:10parce que j'avais vécu...
14:11Mais c'était sympathique.
14:12On avait de bonnes relations, d'ailleurs.
14:16J'ai vécu 4 ans à Londres
14:17et 5 ans aux États-Unis.
14:19Et cette expérience-là,
14:21forcément, elle induit
14:22un certain nombre de choses.
14:23Le rapport au pouvoir des journalistes
14:25n'est pas le même ?
14:25Absolument, il y a ça.
14:27Et puis, il y a le regard aussi
14:28sur les mondes libéraux.
14:30Sur des sociétés
14:31où certaines certitudes
14:34bien ancrées à gauche
14:37en réalité
14:39peuvent voler en éclats
14:40lorsqu'on connaît bien ces pays-là.
14:44Pour reprendre une expression bien connue,
14:47la gauche n'a pas le monopole du cœur.
14:48C'est quelque chose que je vais retrouver
14:50quelque part en Grande-Bretagne
14:52et aux États-Unis.
14:52Il y a d'autres travers, bien entendu.
14:53En gros, vous en aviez un peu marre
14:55du bashing systématique
14:56de tout ce qui était libéral
14:57et anglo-saxon.
14:59Il y a ça.
15:00Et surtout, le pire, je trouve,
15:02c'est le manque de remise en question,
15:03le manque de curiosité,
15:05l'incapacité à penser contre soi-même
15:09qui est une fameuse phrase
15:10qu'on répète souvent
15:11à complément d'enquête.
15:12Mais pour le coup,
15:13on la répète,
15:15mais on ne la fait pas sienne
15:16d'une certaine façon.
15:17Et moi, j'ai passé 27 ans,
15:20j'ai été reporter,
15:22j'ai été reporter étranger,
15:23j'ai été reporter à envoyé spécial,
15:27à l'époque de Guylaine Chenu,
15:28François Joly,
15:28au début des années 2000.
15:30Et tout ce que je vois là,
15:33à ce moment-là,
15:33c'est beaucoup de plaisir.
15:35Beaucoup de plaisir.
15:36Je dévore le terrain,
15:37je pars à l'étranger,
15:38on me fait énormément confiance.
15:39Et donc, je monte en grade,
15:41petit à petit.
15:41J'ai été chef du service étranger,
15:43puis ensuite reporter à Londres,
15:44envoyé spécial à Londres,
15:45et puis envoyé spécial à Washington.
15:47Et lorsque je reviens
15:48et que je suis nommé
15:49à complément d'enquête,
15:49c'est là que commence,
15:51en fait, le livre.
15:52Je raconte tout ça.
15:54C'est le début de la désillusion.
15:56Voilà.
15:56Pas à pas,
15:58chapitre après chapitre,
15:59je raconte que
16:00tout ce que je croyais
16:02va finir par se casser la figure.
16:04Arthur Devatrigan.
16:05Alors justement,
16:05votre thèse centrale,
16:06c'est que l'investigation
16:07à France Télévisions
16:08n'est pas sélectionnée,
16:10quand les sujets d'investigation
16:11ne sont pas sélectionnés
16:12selon le scandale,
16:13selon la volonté
16:14de chercher la vérité
16:16ou de révéler une vérité,
16:17mais selon un camp.
16:19Mais alors concrètement,
16:20ça se passe comment ?
16:20Qui prend la décision ?
16:21Comment sont choisis
16:22ces sujets sont-ils souagis
16:25ou comment d'autres sujets,
16:26au contraire,
16:27sont-ils rejetés carrément ?
16:28C'est quoi la mécanique ?
16:29À complément d'enquête,
16:31vous avez une tradition
16:32qui est que le lundi matin,
16:34conférence de rédaction,
16:35comme dans beaucoup de rédactions,
16:37toutes les rédactions normalement,
16:39à complément d'enquête,
16:40la tradition,
16:40c'est qu'il faut qu'il y ait
16:42une majorité
16:43qui se dégage
16:44et qui soit favorable
16:45pour un sujet.
16:46À partir de là,
16:47ça veut dire que
16:47si vous mettez en avant
16:49un certain nombre d'opinions
16:50ou bien que vos opinions
16:51dépassent votre curiosité,
16:52journalistique,
16:53j'ai envie de dire
16:54à ce moment-là,
16:55vous mettez des freins
16:56automatiquement.
16:57Et moi,
16:58ce qui va se passer,
16:59c'est que
16:59je vais m'apercevoir
17:01pas à pas
17:02après un certain nombre
17:03de propositions
17:05que là où je vais avoir
17:06des difficultés,
17:07là où l'équipe va se cabrer,
17:08là où l'équipe va me contredire,
17:10là où l'équipe va sortir
17:11tout un tas d'arguments,
17:13ça va être systématiquement
17:14sur des thèmes,
17:15pour faire simple,
17:16qui sont des thèmes
17:17ou des questionnements
17:18qui sont plus proches
17:20des idées
17:20de ceux qui votent à droite
17:21que ceux qui votent à gauche.
17:22En gros,
17:23on ne veut pas faire le jeu
17:24du Front National,
17:25c'était la formule éculée
17:26à l'époque
17:26qu'on entendait tous les jours.
17:27Absolument.
17:28Et d'ailleurs,
17:28ça fait partie des arguments
17:30qui me sont opposés.
17:32Par exemple,
17:33l'un des chapitres,
17:35c'est la réaction à ce...
17:36Je vais très vite demander
17:38une émission
17:38sur ce que j'appelle
17:39les violences gratuites.
17:40C'est-à-dire des violences
17:41qui ne sont pas classifiées
17:42dans une catégorie
17:43par le ministère de l'Intérieur.
17:45Parce que l'une de mes impressions,
17:47l'un de mes sentiments
17:48lorsque je reviens
17:49de mes 10 ans à l'étranger,
17:51c'est que le pays
17:52a beaucoup changé,
17:53qu'il y a des phénomènes
17:53de bande
17:54dont on parle beaucoup
17:54à ce moment-là.
17:55Il y a une violence routière,
17:58il y a plusieurs signaux.
17:59Et on va m'opposer
18:00à un certain nombre
18:01de données,
18:02valables ou pas valables,
18:03sur le thème
18:04« C'est toi qui dis ça,
18:06il n'y a rien
18:06qui le prouve,
18:08on va faire un enquête exclusive. »
18:12Ce n'est pas notre histoire.
18:14C'est quoi le sous-entendu
18:14de « On va faire
18:15une enquête exclusive ? »
18:16C'est clairement
18:17que Bernard de la Villardière
18:18est considéré,
18:19et enquête exclusive
18:20est considérée
18:20par complément d'enquête,
18:21comme une émission
18:22plutôt favorable
18:24aux thèses de droite.
18:25Ou en tous les cas,
18:26ce n'est même pas ça.
18:27Ce n'est même pas favorable
18:28aux thèses.
18:28Il ne faut pas que je le dise
18:29comme ça.
18:32Qui traite de sujets
18:34dont les électeurs de droite
18:36qui intéressent
18:36les électeurs de droite ?
18:37C'est même juste ça.
18:39On est en quelle année, ça ?
18:40Là, on est en 2018.
18:43Oui, 2018.
18:43Ce qui est drôle,
18:44c'est que c'est quelque chose
18:45qui est ancré depuis longtemps.
18:46Rappelez-vous, par exemple,
18:47le 21 avril 2002,
18:49quand Jean-Marie Le Pen
18:49arrive un peu par surprise
18:50au second tour.
18:52On a fait longtemps le procès
18:53pendant une semaine de TF1
18:54en disant qu'ils ont parlé
18:55tellement de l'insécurité
18:56dans le 20h et dans le 13h
18:57qu'effectivement,
18:57les Français se sont mis à dire
18:58à y croire
18:59et à voter Le Pen.
19:00C'est intéressant que vous disiez ça
19:01parce qu'il faut expliquer
19:03pour être tout à fait honnête
19:03et ça, c'est vrai que c'est un aspect...
19:05Enfin, j'en parle un petit peu,
19:06mais le contexte à France Télévisions,
19:08c'est que France Télé
19:10a toujours été considérée
19:11comme une rédac plutôt favorable,
19:13on va dire gauche morale, quoi.
19:14Voilà, plutôt favorable à la gauche.
19:17Moi, je trouve que
19:18par certains présentateurs
19:20et parfois,
19:21ça n'a pas toujours été vrai,
19:22parfois, le travail journalistique
19:24a été tellement bien fait,
19:25je pense à la période
19:26David Pujadas
19:27qui, pour moi, reste l'exemple
19:28par-dessus tout,
19:29est une période
19:30durant laquelle
19:31vous ne vous posiez pas la question.
19:32Et à partir du moment
19:34où vous ne vous posez pas la question,
19:35c'est qu'il a cette capacité
19:37à faire en sorte que
19:39les problématiques
19:40qui traversent l'opinion
19:41soient traitées de façon égale,
19:43qu'elles soient des problématiques
19:44entre guillemets
19:45favorables plutôt à la gauche,
19:47plutôt à la droite.
19:48C'est-à-dire qu'il n'avait pas de frein
19:48sur le fait divers
19:49comme il n'avait pas de frein
19:50sur des questions sociales.
19:52Voilà.
19:52Donc, à partir du moment
19:53où vous avez cette lecture-là,
19:55en fait, personne ne viendra
19:56vous chercher des poux dans la tête.
19:58Voilà.
19:58Chose qui va être compliquée pour moi
20:00à partir de 2017.
20:01Je peux vous donner
20:01plein d'autres exemples, évidemment.
20:03Eh bien, allez-y.
20:04On veut des exemples.
20:05Juste après l'émission
20:07sur les violences gratuites,
20:08les violences gratuites,
20:09finalement,
20:10est une émission
20:11que la rédac accepte de faire,
20:13un peu à reculons.
20:14On va me reprocher
20:15d'avoir invité
20:16un père épleuré
20:17qui a perdu son fils
20:19poignardé
20:20au sortir d'une boîte de nuit
20:22sans que le crime
20:25soit médiatisé
20:27parce que le crime
20:28n'était pas classifié,
20:29si vous voulez,
20:30comme étant répondant
20:31à une logique
20:32ou à une problématique.
20:33Et moi,
20:34j'ai ce côté un peu
20:36à rebrousse-poil,
20:37un peu contradicteur.
20:39Et donc,
20:39je dis,
20:40mais au contraire,
20:41c'est précisément ça
20:42qu'on va essayer de faire.
20:43Traitons des violences
20:45entre guillemets
20:45gratuites.
20:46Qu'est-ce que ça veut dire,
20:47une violence gratuite ?
20:48Et bon,
20:48l'émission,
20:49on l'a fait.
20:50J'essaie d'avancer
20:51quelques semaines plus tard.
20:52il y a l'affaire,
20:54entre guillemets,
20:55l'affaire Mélenchon.
20:56Mélenchon,
20:56La République,
20:57c'est moi.
20:58Ça passe en boucle
20:58sur les chaînes de télé.
21:00Pour moi,
21:01ça s'impose.
21:01Et j'ai envie
21:02qu'on s'intéresse
21:03à ce personnage.
21:04Et là,
21:04à ce moment-là,
21:05on m'oppose
21:05d'une fameuse phrase,
21:06c'est compliqué,
21:06Jacques,
21:07tu comprends,
21:08là,
21:08il est fine
21:08où file des dossiers,
21:09on ne peut pas aller là-dessus.
21:11Je connais un peu
21:12les opinions
21:13des uns et des autres.
21:14Alors,
21:14sans que ce soit dit,
21:16je comprends
21:17qu'il y a des réticences.
21:19Je passe sur Mélenchon,
21:21je ne vais pas passer
21:22sur une émission suivante
21:23qui est le communautarisme.
21:24Et là,
21:24vraiment,
21:25ça va vraiment monter,
21:26ça va vraiment m'agacer.
21:27Et je m'appuie,
21:28en plus,
21:28sur un élément objectif
21:30qui est qu'il y a
21:32un projet de loi.
21:34Edouard Philippe,
21:35à l'époque,
21:35tout gouvernement,
21:36il y a un projet de loi.
21:37Il y a la question des imams,
21:39je me souviens.
21:39Il y a la question des mosquées,
21:41d'où viennent les...
21:41Voilà,
21:42il faut légiférer là-dessus,
21:43etc.
21:43Je pense que c'est l'essentiel
21:45qui est dans ce projet de loi
21:45à ce moment-là.
21:46Et nous,
21:47on propose une émission
21:48composée de trois sujets,
21:50dont un,
21:50où je vais un peu
21:51prendre ma revanche,
21:52puisque l'un des trois
21:54concerne justement
21:55la France insoumise
21:57et parce qu'on veut raconter
21:59le moment
22:00où il y a eu la fracture
22:01à la LFI,
22:02où ils vont commencer
22:03à considérer,
22:03avec le mouvement
22:04des indigénistes,
22:05qu'ils doivent,
22:06au contraire,
22:08aller dans ce sens,
22:10favoriser cet électorat-là,
22:12draguer cet électorat,
22:13flirter cet électorat,
22:15purger les autres,
22:16les laïcars,
22:16etc.
22:17Pourtant,
22:18Mélenchon a été laïcars,
22:19mais bon,
22:19bref,
22:20tout ça,
22:20en tous les cas,
22:20journalistiquement,
22:21est absolument passionnant.
22:22Et à ce moment-là,
22:23c'est une émission de fachos,
22:25un rédacteur en chef adjoint
22:27se désolidarise,
22:28une journaliste
22:29qui se trouve
22:29être une journaliste musulmane
22:30me dit,
22:31et je le comprends très bien,
22:32mais en même temps,
22:33je ne vois pas pourquoi
22:34je ne le raconterai pas,
22:36me dit,
22:37c'est un sujet
22:37qui est trop sensible pour moi,
22:39qui est trop délicat,
22:40je me déporte quelque part
22:41de ce sujet.
22:44Et donc,
22:45je me retrouve un peu minoritaire
22:46et pour moi,
22:47ça veut dire quelque chose,
22:47si vous voulez.
22:48C'est aussi,
22:49voilà,
22:49l'évolution des rédacts,
22:51l'évolution de la société.
22:53Et ce sujet-là
22:55s'ajoute aux autres,
22:56c'est-à-dire que
22:57je vais traîner une idée
22:59sur la cancel culture.
23:01Alors,
23:01je viens des États-Unis
23:02où la cancel culture
23:02a déjà débuté.
23:03Et quelque part,
23:04on me voit comme étant
23:05un peu trop en avance,
23:07un peu trop précurseur.
23:08Et pourtant,
23:09il y a des exemples
23:09à ce moment-là,
23:10il y a des exemples
23:10dans le milieu de la culture,
23:12il y a des exemples
23:13sur des festivals.
23:16il y a des exemples.
23:16Je veux dire,
23:17je ne peux pas inventer
23:17cette émission
23:18en me reposant uniquement
23:19sur les États-Unis.
23:20Et je finirai par faire
23:21cette émission
23:22qui sera,
23:23et c'est un pied de nez,
23:24ma dernière émission.
23:25Voilà.
23:26Donc,
23:27il y a plein d'autres exemples
23:28dans le livre
23:29et je relève également
23:30des exemples
23:32dans d'autres émissions,
23:33des réflexes
23:33dans d'autres émissions
23:34que ce soit pour cash
23:36ou pour envoyer spécial
23:37parce que plus tard,
23:39à partir de 2023,
23:40là,
23:41j'ai quitté France Télé
23:41en 2021.
23:43En 2023,
23:44je commence à évoquer
23:46ces idées-là,
23:47le récit que je fais là,
23:49de façon plus,
23:51moins précise.
23:54Et on est dans une période
23:55où il n'y a pas encore eu
23:56la commission d'enquête
23:57qui va considérablement,
23:58à mon avis,
23:59changer les choses.
24:00Sur l'audiovisuel public.
24:01Sur l'audiovisuel public,
24:01qui a été tenu cette année
24:03et dont le rapporteur
24:04était Charles Aloncle.
24:05Et puis,
24:08je vois à un moment donné
24:10l'une des réponses
24:10de France Télé
24:11et l'une des réponses
24:12de France Télé
24:12écrites aux rapporteurs,
24:14là, il y a quelques mois,
24:15c'est les exemples
24:16qui sont donnés
24:17par Jacques Cardoz
24:18ne sont pas significatifs.
24:19C'est quelques exemples.
24:20Voilà.
24:21Je note qu'ils ne vont pas
24:22sur le fond,
24:24mais qu'ils considèrent
24:25que ça.
24:25Et à ce moment-là,
24:26mon sang ne fait qu'un tour
24:27parce que moi,
24:28quand on me pique,
24:29forcément,
24:29ben voilà.
24:30Ce n'est pas que je veux
24:31avoir le dernier mot,
24:32c'est que,
24:32je veux faire en sorte
24:33que cette démonstration,
24:34elle soit utile au débat.
24:36Et donc,
24:36j'essaye de fouiller
24:37dans mes mémoires
24:38et de me dire,
24:38bon,
24:39il va falloir reprendre le récit,
24:40il va falloir prendre
24:41d'autres exemples
24:42et je ne vais pas seulement
24:43prendre les exemples
24:43de compléments,
24:44je vais aussi prendre
24:45les exemples des autres émissions.
24:46De cash investigation,
24:47d'envoyer spécial.
24:48Là, on a parlé avec vous,
24:49Jacques Cardoz,
24:49des cibles qui étaient
24:50un peu difficiles
24:52pour le service public.
24:53C'est plus compliqué
24:53de taper sur la France insoumise,
24:55c'est plus compliqué,
24:55manifestement,
24:56de taper sur l'islamisme.
24:57On va parler maintenant
25:02avec elle dans un instant
25:03avec Arthur Devatrigan.
25:05Je le rappelle,
25:06vous publiez chez Fayard
25:07Les Inquisiteurs.
25:08A tout de suite
25:09sur Sud Radio.
25:14Bienvenue à tous
25:15dans Le Choc des Idées.
25:16Si vous nous rejoignez,
25:16nous sommes ensemble
25:17jusqu'à midi
25:17comme chaque dimanche
25:18en compagnie
25:19d'Arthur Devatrigan,
25:20directeur du magazine
25:21L'Incorrect.
25:22Et cette fois-ci,
25:22notre invité,
25:23notre collègue,
25:25notre confrère,
25:25tout simplement,
25:26Jacques Cardoz
25:27qui publie
25:27Les Inquisiteurs.
25:29Chez Fayard,
25:29on parle de l'investigation,
25:32souvent biaisée,
25:33c'est ce que vous nous expliquerez
25:34sur les médias
25:35du service public,
25:36en particulier
25:36à France Télévisions,
25:37cache investigation,
25:38envoyé spécial,
25:40complément d'enquête.
25:41C'est ce que vous décrivez,
25:44notamment par le fait
25:45que souvent
25:45ce sont les mêmes cibles
25:46sur lesquelles
25:46on aime bien enquêter.
25:47Oui, c'est ça.
25:48C'est-à-dire que
25:49j'utilise une formule
25:50qui est...
25:51J'essaye d'opposer
25:53pour essayer de faire en sorte
25:54que le grand public
25:55comprenne bien.
25:56Il y a, on va dire,
25:57les thèmes de confort
25:59et puis il y a les thèmes
26:00à propos desquels
26:02systématiquement
26:04l'équipe va se cabrer,
26:05l'équipe va reculer,
26:06l'équipe va prendre
26:07des faux prétextes,
26:08etc.
26:09Alors on a beaucoup parlé
26:10des sujets sur lesquels
26:11il y avait des freins.
26:12Les sujets de confort,
26:13c'est quoi ?
26:14Lorsque ça nourrit
26:15culturellement ces pensées,
26:16ça devient un sujet de confort.
26:18Par exemple,
26:19je prends l'exemple
26:20de l'affaire Adama Traoré
26:21qui pour moi est un exemple
26:23assez significatif.
26:24Pourquoi ?
26:25Parce que quand on fait
26:26de l'investigation,
26:27je pense qu'on doit vraiment
26:28mettre de côté
26:29la question du ressenti,
26:32de l'émotion.
26:33Et évidemment
26:33qu'après la mort
26:36de ce garçon,
26:37le pays est ému,
26:39on se demande si
26:40effectivement
26:41ce n'est pas un acte
26:42raciste de la part
26:43de la police.
26:44Il y a des questions
26:45qui se posent.
26:45Il y a une partie
26:46de la presse,
26:47notamment Libération,
26:48qui va en faire sa une
26:49à peu près tous les jours.
26:51Et je peux le comprendre.
26:52Je veux dire,
26:52Libération a son positionnement,
26:54c'est un journal privé,
26:55il a un positionnement
26:56qui est clair
26:57avec un patron
26:57qui annonce clairement
26:58la couleur, etc.
26:59Bon, pas de problème.
27:01Médias du service public,
27:02on se doit d'être neutre
27:03et on se doit
27:04d'essayer de faire en sorte
27:05qu'au moins,
27:06il y a une forme
27:06d'honnêteté intellectuelle
27:07et surtout que je ne parte pas
27:08dans une direction
27:09qui ne va pas être la bonne.
27:11Et donc, je pense que
27:12je freine des cas de fer
27:13de semaine en semaine.
27:14Alors, je racontais tout à l'heure
27:15que de lundi en lundi,
27:17on se dit
27:18parce qu'il faut lancer
27:19des investigations
27:20pour plusieurs mois.
27:21Donc, on se dit
27:22qu'est-ce qui tiendra
27:23dans six mois,
27:24dans un an
27:24qui parlera suffisamment
27:26aux téléspectateurs
27:27et qui, en même temps,
27:29c'est vrai que l'affaire
27:31Adama Traoré
27:31devient une affaire nationale
27:32et que de ce point de vue-là,
27:34on m'oppose que
27:35ça va être une information majeure
27:37et que donc,
27:37il faut la traiter.
27:38Sauf que la traiter,
27:40à ce moment-là,
27:40ça veut dire
27:41poser la question
27:41de savoir
27:42si la police
27:43n'est pas raciste.
27:44Parce que comment
27:45j'aurais pu le traiter différemment ?
27:46Je n'allais pas dire
27:48Adama Traoré,
27:49une affaire comme une autre,
27:50j'en sais rien,
27:51une bavure, etc.
27:52Ce n'est pas à la hauteur
27:53d'une émission d'investigation.
27:54Une émission d'investigation,
27:56on a 60 minutes,
27:57il y a des pistes,
27:58il faut creuser,
28:00il faut aller poser
28:00beaucoup de questions,
28:01mettre en cause
28:01et si possible,
28:02monter d'un étage
28:03à l'autre
28:05de 10 minutes
28:05en 10 minutes.
28:06Ça veut dire que,
28:07quelque part,
28:07on va monter
28:08je suis commissaire de l'intérieur
28:09et que je vais me retrouver
28:10dans les fauteuils rouges
28:11face au ministre de l'intérieur
28:12et que je vais lui dire
28:13bon,
28:13ce n'est pas une bavure en fait.
28:15Il y a un moment donné
28:15où est-ce que ce n'est pas
28:16un acte délibéré
28:17de vos policiers,
28:18acte raciste ?
28:19Parce que ce n'est pas la preuve
28:20d'un racisme systémique
28:21tel que c'est plaidé
28:22par une bonne partie
28:23de la gauche.
28:23Voilà,
28:23et donc je vais freiner
28:25des cas de fer
28:25et l'histoire montre
28:27que,
28:27heureusement,
28:28que je n'ai pas cédé à ça.
28:29Heureusement que je n'ai pas cédé à ça.
28:31Pourquoi ?
28:31Parce qu'il y a eu
28:33trois jugements
28:33qui sont très clairs
28:35et qui expliquent
28:36que non,
28:37il n'y a pas d'acte raciste
28:38de la part des policiers
28:41et que,
28:41voilà,
28:42c'est une affaire
28:42absolument dramatique
28:43mais heureusement
28:44que je ne me suis pas installé
28:46dans cette information
28:48de confort
28:49qui aurait conforté
28:51des idées,
28:52une opinion,
28:53un soupçon
28:54mais ça,
28:55c'est de l'opinion politique,
28:56ce n'est pas un travail journalistique.
28:57Donc voilà.
28:58Justement sur les sujets
29:00que vos anciens collègues
29:02aimaient bien sélectionner
29:04ou en tout cas préférer
29:05s'engager
29:06avec beaucoup de volonté,
29:07beaucoup d'enthousiasme
29:08au-delà des sujets
29:10de société,
29:11on va dire,
29:11c'est des sujets politiques
29:12et justement,
29:13comme vous parliez
29:14de la commission d'enquête parlementaire
29:15sur l'audiovisuel public,
29:16que vous avez affirmé
29:18dans cette commission,
29:19vous vous êtes interrogé
29:19qu'il y avait eu
29:22une demande d'enquête
29:23sur Jordan Bardella
29:24la veille des européennes
29:26de 2024
29:27avec la consigne
29:28de mémoire
29:29et je cite,
29:30c'est un verbe bâtible,
29:30de ne pas le rater.
29:32Qui donne ce genre d'ordre ?
29:35Parce que ça veut dire
29:35que s'il y a une consigne,
29:36c'est que ça vient
29:36forcément de quelqu'un
29:37et comment réagissent
29:39les journalistes
29:39à ce moment-là ?
29:41Est-ce que c'est très étonnant ?
29:42Oui, oui.
29:42Alors j'explique
29:43de façon circonstanciée
29:44à chaque fois
29:45comment ça s'est passé
29:46et quelles phrases
29:47ont été dites
29:47et à quel moment
29:48et par qui
29:50parce que justement,
29:51et c'est très important
29:53de le dire,
29:53il n'y a pas de règlement
29:54de compte
29:55à l'égard de qui que ce soit.
29:56J'en profite
29:57pour faire une petite parenthèse
29:59qui est importante.
30:00Moi,
30:01je n'ai pas été viré
30:02de France 2.
30:03J'ai demandé à partir.
30:06Je suis passé
30:07par un plan
30:08de départ volontaire
30:09qui présentait l'avantage
30:10de ne pas mettre
30:11dans la confidence
30:12directement mes responsables
30:13et de passer
30:13par une société privée
30:14qui le gérait.
30:15Je n'ai pas été
30:16mis en difficulté
30:17au sens où
30:17on ne va pas retirer
30:18des émissions,
30:19retirer des journalistes,
30:20etc.
30:20On ne va pas chercher
30:21à vous faire partir.
30:22On ne va pas chercher
30:22à me faire partir
30:22et d'ailleurs,
30:23au moment où j'annonce
30:23mon départ,
30:24on me dit
30:25tu es sûr,
30:25tu ne veux pas
30:25une autre émission,
30:26pense à ça,
30:27il y aura peut-être
30:27ça comme option.
30:29Ton nom a circulé
30:30pour un poste de direction
30:30récemment,
30:31ça va revenir,
30:32etc.
30:33Et je raconte
30:34que j'ai 55 ans
30:35au moment où je pars,
30:36j'aurais pu rester
30:36jusqu'à 70 ans,
30:37il n'y avait absolument
30:38aucun doute là-dessus
30:39sur le fait que
30:40très bien payé,
30:41je pouvais rester.
30:41Donc je reviens
30:42à l'histoire Bardella.
30:43Donc mon départ,
30:45quand je décide de partir,
30:46il n'y a pas de rancœur
30:47dans ce que j'écris,
30:50mais ce que j'écris,
30:50j'essaie de faire en sorte
30:51que le lecteur se dise
30:53qu'est-ce qui fait
30:54qu'il y a une asymétrie
30:55de traitement ?
30:56Pourquoi ?
30:57Quels sont les éléments
30:57qui me permettent
30:58de dire ça ?
30:59L'affaire Bardella,
31:01elle est symptomatique
31:01pour plusieurs raisons.
31:03On décide de faire
31:04une enquête
31:05sur Jordan Bardella
31:06un an avant les européennes.
31:07Une enquête,
31:08il lui faut un an
31:10pour être fabriquée
31:11et il faut qu'elle soit
31:13diffusée suffisamment
31:14de temps avant l'élection
31:16pour ne pas être comptabilisée
31:17comme un temps de parole
31:18problématique, etc.
31:19Donc elle ne peut pas
31:20rentrer dans les 3-4 mois
31:22qui précèdent l'élection
31:23européenne,
31:24elle est du début juin,
31:24il la programme fin janvier.
31:26Il se trouve qu'au printemps
31:27qui précède,
31:29je travaille
31:29pour une société de production,
31:31c'est une aventure
31:31qui va durer 6 mois,
31:32pas longtemps,
31:33mais je travaille
31:33pour une société de production
31:35qui est une société de production
31:37qui travaille
31:38pour différentes chaînes
31:39et je vais avoir
31:40à connaître
31:41par différents entretiens,
31:43je vais avoir
31:44à connaître
31:45le début de la fabrication
31:46de ce Jordan Bardella,
31:47de cette enquête-là.
31:48Et à un moment donné,
31:50un rédacteur en chef
31:51de complément d'enquête,
31:53donc France 2,
31:54qui est donc
31:54un ancien de mes collègues,
31:56me dit
31:57celle-là,
31:57je n'ai pas le droit
31:58de la rater.
31:58Donc oui,
31:59cette phrase-là
32:00me choque
32:00et j'apprendrai plus tard
32:03que ça me choque
32:05qu'on la programme
32:06peu de temps
32:06avant une élection
32:08parce que rien ne l'y oblige.
32:10Ça me choque
32:11qu'on le fasse
32:12et qu'on ne le fasse pas
32:13pour d'autres candidats.
32:17Et ça me choque enfin
32:18quand j'apprends
32:19qu'on prépare
32:20une enquête
32:20sur Gabriel Attal
32:21qu'on abandonne.
32:22Et même,
32:23je ne suis pas le seul
32:24à être choqué
32:25puisque même
32:25l'équipe de complément d'enquête
32:27va protester officiellement
32:28auprès du directeur
32:30de l'info
32:30de l'époque
32:32et Delphine Ernot
32:33devra s'expliquer
32:34devant la commission
32:35des affaires culturelles,
32:37la présidente de France Télé
32:38et expliquer
32:41que l'enquête
32:43sur Gabriel Attal,
32:43ils n'auraient pas eu
32:44le temps de la faire.
32:45Ce qui, à mon sens,
32:46n'est pas le bon argument
32:47parce que
32:50il nous est arrivé
32:51de faire des enquêtes
32:52en très peu de temps,
32:53en un mois et demi
32:53ou en deux mois.
32:54Lorsque vous voulez
32:55vraiment la faire,
32:55vous mettez beaucoup
32:56plus de moyens,
32:57vous multipliez les équipes,
32:58vous confiez par exemple
32:59à l'une
33:00faire dix minutes
33:01et se concentrer
33:01sur l'enfance,
33:02l'autre ça va être...
33:03Vous choisissez angle par angle.
33:05Mais alors allons au boule.
33:06Par l'on vrai,
33:07on est sur Sud Radio.
33:08Si ce n'est pas pour une raison
33:09de temps et de timing
33:10de délai
33:10qu'elle a été abandonnée,
33:11pourquoi elle a été abandonnée ?
33:12Ma thèse est que
33:13c'est clairement...
33:15L'idée est clairement
33:16d'essayer de trouver
33:17du sale
33:18sur Jordan Bardella
33:19pour le déstabiliser
33:20en pleine période
33:21de campagne électorale.
33:22Et à l'inverse,
33:22celle de Gabriel Attal ?
33:25Je laisse le silence,
33:26on est à la radio.
33:27Oui, c'est...
33:28Silence et petit sourire
33:30et petit rictus
33:31qui va avec.
33:34Gabriel Attal,
33:35à ce moment-là,
33:35est aux affaires.
33:36Voilà.
33:37Et c'est là
33:38où ça alimente ma thèse
33:40qui est qu'on est
33:41moins irrévérencieux
33:42à l'égard du pouvoir
33:44en général
33:44et encore plus aujourd'hui
33:46à l'égard du pouvoir
33:48qui est aux manettes.
33:49Voilà.
33:50Donc,
33:51alors,
33:52là-dessus,
33:53il faut être honnête,
33:54France Télé
33:54n'a jamais été
33:55très irrévérencieux
33:56à l'égard des pouvoirs.
33:58Qui soient de droite
33:58ou de gauche.
33:59Voilà.
33:59C'est vrai à l'époque Sarkozy,
34:00c'est vrai à l'époque Chirac,
34:01c'est vrai.
34:02Ça, pour le coup...
34:02C'est le problème
34:03des télévisions publiques.
34:04Vous dépendez de l'argent public,
34:05vous dépendez du pouvoir aussi.
34:07J'avais un collègue récemment
34:08qui me disait au téléphone
34:09« Regarde notre couverture
34:10de la Russie.
34:11Est-ce que tu as déjà vu
34:12dans la bouche
34:13d'un des journalistes
34:14à France Info
34:15un discours
34:16qui soit contraire
34:17à celui du Quai d'Orsay ? »
34:18Ça n'arrive jamais.
34:19Bien sûr.
34:19Voilà.
34:20Même sous forme de questionnement.
34:21Et je trouve que
34:22pour le débat,
34:23ça n'est pas sain.
34:24Ça n'est pas bien.
34:25Donc,
34:26il y a une asymétrie
34:27de traitement
34:28sur l'enquête
34:29Jordan Bardella
34:30et honnêtement,
34:31ça aurait pu être
34:32sur n'importe qui.
34:32Il se trouve que j'ai
34:34les éléments
34:34qui me permettent
34:35de le dire
34:35sur l'enquête
34:36de Jordan Bardella.
34:37Je le dis,
34:37c'est significatif.
34:39Peut-être qu'il y a
34:39plus de ressenti
34:40à l'égard
34:41de celui
34:42qui peut être
34:43porteur
34:43de la candidature
34:44présidentielle
34:45pour le RN
34:46que pour n'importe
34:47quel autre
34:47candidat de droite.
34:48Peut-être qu'il y a ça aussi.
34:50C'est-à-dire que
34:51la perception
34:51entre guillemets
34:53anti-RN
34:53est peut-être plus forte
34:54encore
34:55à l'égard de France Télé.
34:56Mais on est dans un contexte
34:58où on ne fait pas
34:59trop de mal
34:59au pouvoir
35:00qui est en place.
35:01Et puis,
35:02si on continue
35:03l'asymétrie de traitement,
35:04pardon,
35:04mais moi,
35:05je n'ai jamais vu
35:05d'enquête vraiment
35:07ébouriffante
35:07sur Jean-Luc Mélenchon,
35:09ébouriffante
35:09sur François Hollande.
35:11Et puis,
35:11je peux continuer
35:12la litanie,
35:13enfin,
35:13je veux dire,
35:13sur tous les autres.
35:14Donc,
35:14si vous voulez,
35:15ce n'est pas seulement
35:15une question comptable
35:16parce que je sais
35:17ce qu'on va me dire.
35:18Quand j'ai révélé
35:19l'affaire Mélenchon,
35:22une des députées socialistes
35:24m'a dit
35:24« Monsieur Cardoz,
35:25je ne comprends pas bien,
35:28il y a quand même eu
35:29quelques mois plus tard
35:30une enquête
35:31sur Jean-Luc Mélenchon. »
35:33j'essaie de lui expliquer
35:34qu'en réalité,
35:35si on regarde
35:35de 2017 à aujourd'hui,
35:37il y en a eu quatre.
35:38La première,
35:38c'est le communautarisme.
35:40C'est sous ma responsabilité,
35:42c'est entre guillemets,
35:42moi qui l'ai faite.
35:44La deuxième,
35:46elle est déclenchée
35:46peu de temps
35:47après mes déclarations
35:48de façon opportune
35:50sur des éléments
35:51qui en réalité
35:52datent
35:52de 10 ans en arrière
35:54puisqu'il s'agit
35:55des comptes de campagne
35:56de la LFI.
35:57Donc,
35:57c'est franchement très vieux
35:58et ce n'est pas du tout significatif
36:00et en plus,
36:00ce n'est pas vraiment
36:01sur Mélenchon,
36:01c'est plus sur Chiquirou
36:02et Lacombe,
36:03etc.
36:05Finalement,
36:05ils vont réussir
36:06à faire quand même
36:07une enquête
36:07sur Jean-Luc Mélenchon
36:08mais elle va sortir
36:09en 2024 ou 2025.
36:12par opposition,
36:13je balance ça comme ça,
36:14combien d'enquêtes
36:15sur Sarkozy,
36:16combien d'enquêtes
36:16sur le monde Bolloré,
36:18combien d'enquêtes
36:18sur,
36:19je n'en sais rien,
36:19Philippe Devilliers,
36:20sur le Puy-du-Fou,
36:21sur,
36:22voilà,
36:22faisons l'addition
36:23de tout ce qui a été fait
36:25sur une certaine droite
36:26qu'on va opposer
36:27à une certaine gauche.
36:28Enfin,
36:28je veux dire,
36:29il ne faut pas être grand clair
36:29pour comprendre
36:30que,
36:31ben voilà,
36:32il y a un parti pris,
36:33il y a des biais.
36:34Alors,
36:34c'est peut-être
36:35qu'ils en sont aussi
36:36et pour répondre précisément
36:38à votre question,
36:39un,
36:40il n'y a pas de directive
36:41de la présidence.
36:42Deux,
36:42il n'y a pas de directive
36:43de la direction générale.
36:45Trois,
36:45lorsque vous êtes
36:46aux manettes
36:47d'une émission
36:47comme celle-là,
36:48il y a deux biais
36:49dans votre tête.
36:50Il y a votre histoire culturelle
36:52et puis il y a,
36:55imperceptiblement,
36:55qui est au pouvoir,
36:57qui est au-dessus de moi,
36:58est-ce que j'y vais,
36:59est-ce que j'y vais pas ?
36:59Par exemple,
37:00je prends l'exemple
37:01et je fais exprès
37:02de le prendre comme exemple
37:03dans les inquisiteurs,
37:06il y a eu l'affaire
37:07Jean-Vincent Plassé
37:07dont on a très très peu
37:08parlé dans les médias.
37:09Bon,
37:09je sais que mon directeur général
37:12a été au bureau
37:13d'Europe Écologie Les Verts
37:15et qu'il a occupé
37:15une fonction très importante
37:16puisque l'histoire
37:17de M. Sidmon Gomez,
37:19c'est qu'il a été
37:21engagé politiquement
37:22très tôt,
37:22à l'âge de 14 ou 15 ans,
37:24très brillant,
37:25etc.
37:25Bref.
37:25On rappelle que Jean-Vincent Plassé
37:27a été coprésident
37:27du groupe Europe Écologie Les Verts
37:29à l'Assemblée nationale.
37:30Et donc,
37:31et donc,
37:32mon directeur général
37:34est proche,
37:34je le sais,
37:35idéologiquement
37:36de des gens
37:37comme Duflo
37:38et de Jean-Vincent Plassé.
37:40Forcément,
37:40il a travaillé avec lui.
37:41C'est son histoire.
37:42C'est son histoire.
37:43Bon.
37:43Quand vous êtes
37:44à la fois présentateur,
37:46rédacteur en chef,
37:47est-ce qu'il n'est pas
37:48sain de se poser
37:49la question de savoir
37:51si vous ne vous dites pas
37:52« Jean-Vincent Plassé,
37:54Jacques,
37:56tu vois le problème
37:59avec ceci de Montgomez ? »
38:00Je dis « Attention,
38:01il ne m'a jamais rien dit.
38:02On s'est croisés
38:03quelques fois,
38:04on a eu des discussions,
38:05etc. »
38:05Il n'a jamais rien dit,
38:06il n'a jamais demandé
38:07quoi que ce soit.
38:08Mais à l'inverse,
38:08vous,
38:09vous vous posez la question
38:10et vous vous dites
38:11« Est-ce que je le fais ?
38:12Est-ce que je ne le fais pas ? »
38:13Est-ce que finalement,
38:14on ne va pas rien me dire
38:16mais en même temps
38:17prendre d'autres prétextes
38:18pour l'année d'après,
38:19m'enlever une émission,
38:20me faire des remarques ?
38:22C'est une forme
38:23de contrôle social
38:24imperceptible en quelque sorte.
38:26Voilà,
38:26très bien résumé Jean-Marie.
38:27C'est ça l'histoire
38:29et c'est ça qui fait
38:30que vous avez
38:31beaucoup plus fin
38:35que ça,
38:36qu'une directive très claire.
38:37Il n'y a pas besoin,
38:38c'est une ambiance en quelque sorte.
38:39Maintenant qu'on a parlé
38:40de l'ambiance,
38:40on va parler aussi
38:41des têtes d'affiches.
38:42Il y a une personne
38:43dont vous parlez beaucoup
38:44qui est une journaliste
38:44très célèbre
38:45que Sud Radio connaît bien
38:46parce qu'on l'a beaucoup reçue
38:47d'ailleurs,
38:47notamment dans l'émission
38:48médias de Valérie Expert
38:49et Gilles Gansman.
38:50Élise Lucet,
38:51est-ce qu'elle a trop de pouvoir
38:52au sein de France Télévisions ?
38:54On va en parler avec vous,
38:55Jacques Cardoz,
38:56dans un instant,
38:57à tout de suite
38:57sur Sud Radio.
39:03Avec notre invité,
39:04Jacques Cardoz
39:04qui publie
39:05Les Inquisiteurs
39:07chez Fayard,
39:08un livre justement
39:09d'enquête
39:10sur les enquêteurs
39:11du service public
39:12de la télévision,
39:13c'est-à-dire
39:13de France Télévisions.
39:14On parle de
39:14cache-investigation
39:15complément d'enquête
39:16envoyée spéciale
39:17et de tous les billets
39:19éditoriaux
39:19qui peuvent sous-tendre
39:20à leur production.
39:22Nous sommes toujours
39:22en compagnie d'Arthur
39:23Devatrigan,
39:24directeur du magazine
39:24L'Incorrect.
39:25Jacques Cardoz,
39:26vous publiez
39:27Les Inquisiteurs,
39:28mais on pense beaucoup
39:29à une inquisitrice
39:30dans ce livre.
39:31C'est Élise Lucet,
39:33c'est peut-être
39:33la journaliste du service public,
39:34l'une des journalistes
39:35du service public
39:35les plus connues,
39:37peut-être les plus puissantes
39:38aussi ?
39:38La plus puissante
39:39et puis c'est la journaliste
39:41préférée des Français
39:43en matière d'investigation,
39:44il faut le dire.
39:44Enfin, je ne sais pas
39:45si c'est encore le cas
39:47sur les derniers classements,
39:48mais pendant très longtemps,
39:48en tous les cas,
39:49elle a été considérée
39:50comme telle.
39:51Et je l'explique
39:52dans le livre,
39:54ce qu'elle a réussi
39:55est très fort.
39:57Je veux dire,
39:57elle a réussi
39:58effectivement à imposer
39:59une émission
40:00comme cache
40:00qui, à mon avis,
40:01et c'est aussi
40:02la thèse de mon livre,
40:03c'est que je ne considère pas
40:04que ces émissions
40:05ne sont pas utiles.
40:06Je considère
40:06qu'elles sont
40:07totalement utiles.
40:08ce que je veux,
40:09c'est essayer
40:10de poser un débat
40:11sur l'honnêteté intellectuelle,
40:13l'équité,
40:15les asymétries
40:15de traitement.
40:17Voilà.
40:17Donc,
40:18et Élise,
40:20elle a réussi
40:20quelque chose
40:21de très fort
40:22pour cache.
40:23Je pense qu'il y a eu
40:23un certain nombre
40:24d'erreurs
40:24qui ont été commises,
40:25notamment le fait
40:26de lui avoir confié
40:26aussi Envoyé Spécial,
40:28parce qu'Envoyé Spécial
40:29est passé d'une émission
40:30qui était...
40:31De reportage.
40:32De reportage,
40:33très grand public.
40:34On avait l'habitude
40:35de dire
40:35que c'était une émission,
40:37ça devait être
40:38le Paris Match
40:38de la télé.
40:39Je précise aux auditeurs,
40:40moi j'ai travaillé
40:41quatre ans là-bas,
40:41j'ai eu la chance
40:42de travailler
40:42avec Paul Nahon
40:43et Bernard Benjamin
40:43qui ont créé
40:44cette émission.
40:45Puis,
40:46quatre ans
40:46avec Guylaine et Françoise,
40:47voilà,
40:48j'ai fait pas mal
40:49de mags avec eux.
40:51Honnêtement,
40:51toutes ces questions-là,
40:52enfin je veux dire,
40:53c'était une émission
40:53dans laquelle
40:54il y avait
40:54de la consommation,
40:56des faits de société,
40:57de l'étranger,
40:58de la découverte,
40:59et jamais
41:00il y avait des questions,
41:02jamais l'idée
41:02d'enquête
41:03en fait
41:04venait vraiment
41:07court et élise
41:08comme elle l'a
41:09une personnalité
41:09très forte
41:10et qu'elle est
41:11à la tête
41:11d'une émission
41:12d'investigation
41:12très forte
41:13qui est cache
41:13avec une ligne
41:14très particulière,
41:15elle reviendra peut-être,
41:16je trouve que le fait
41:17de lui avoir confié
41:18aussi envoyé spécial,
41:19à mon avis,
41:20perturbe et brouille
41:21l'image d'une part
41:23du téléspectateur
41:23à l'égard d'envoyer
41:24et par ailleurs,
41:26ça lui a donné
41:27encore plus envie
41:28de faire ce qu'elle a
41:30en elle
41:30qui est de l'enquête
41:31pour envoyer.
41:33Au final,
41:34on finit par tout confondre
41:36et par ailleurs,
41:36c'est l'une de mes phrases
41:37favorites,
41:38il n'y a pas de quoi faire
41:3950 scandales dans l'année.
41:40Donc il faut arrêter aussi
41:41de penser que
41:43en plus des caches
41:44qui sont nécessaires,
41:46ils ont encore fait
41:46un travail super
41:47là récemment,
41:50on ne peut pas
41:51partir du présupposé
41:52qu'on va faire
41:5330 envoyés
41:54et 30 compléments
41:55où il va y avoir
41:56dedans plein de choses
41:58à déterrer
41:58et à aller chercher
41:59parce qu'à partir du moment
42:01où c'est le cahier
42:02des charges de départ
42:03qui n'est pas le cahier
42:04des charges d'origine,
42:05à partir du moment
42:06où c'est le cahier
42:06des charges de départ,
42:07vous dites
42:07en fait à vos journalistes
42:09« Allez gratter quoi ».
42:10Trouve.
42:10Trouve.
42:11Va gratter.
42:12Si je te dis
42:12« Faisons une enquête
42:14sur le glyphosate,
42:15il va falloir trouver
42:16des choses sales
42:17sur le glyphosate ».
42:18Bon, je raconte dans le livre
42:20que pour moi
42:21c'est une catastrophe
42:22cette émission.
42:23D'ailleurs,
42:23elle a été dépubliée
42:24très très vite.
42:25Une enquête
42:26à charge
42:26sur le glyphosate.
42:28Sur lequel il y avait
42:28des choses à dire
42:29de façon tout à fait
42:31objective,
42:32vraie question,
42:32etc.
42:33Ils inventent
42:34un test
42:35qui s'appelle
42:36le glyphotest
42:36et là,
42:37bon,
42:38je raconte
42:38dans le détail
42:41ce qui va faire
42:42qu'à mon avis
42:43on arrive à une cahier.
42:44Et comment il se plante.
42:45Et comment il se plante.
42:46Bon, voilà.
42:46Bon, bref,
42:47ça peut arriver aussi
42:48de se tromper.
42:49C'était une grosse erreur.
42:51Mais c'est aussi
42:52parce que
42:52à un moment donné
42:54vous en rajoutez
42:55sur le nombre
42:56d'enquêtes possibles
42:58parce qu'on sait
42:59que c'est ce qui marche.
43:00Grosso modo,
43:01on va déterrer un truc,
43:03on va raconter
43:03un truc nouveau,
43:04etc.
43:05Et les émissions
43:05de reportage
43:06un peu classiques
43:06elles marchent moins.
43:07Oui, mais ce n'est pas
43:08forcément le rôle
43:08du service public.
43:09Le rôle du service public
43:10c'est aussi
43:10d'envoyer spécial,
43:11de continuer
43:12avec des belles histoires
43:13de Français à l'étranger
43:14comme c'était à l'époque
43:15de Paul et Bernard.
43:16Les médecins,
43:17j'en sais rien,
43:18moi le chef d'entreprise
43:19qui a réussi,
43:20c'est moins dans le logiciel
43:21d'Élise Lucet.
43:22Voilà.
43:23Et moi qui ai vécu
43:25dix ans à l'étranger,
43:26pour moi voir un patron
43:27qui a réussi,
43:28je n'ai pas tendance
43:29d'abord à penser
43:30les comptes sont bidons,
43:32il a défiscalisé,
43:33j'ai plutôt tendance
43:34à commencer par dire
43:35pourquoi il a réussi,
43:37comment il a réussi
43:37et s'il avait intéressé.
43:39Voilà.
43:39Autre mentalité.
43:40Justement avec tous ces biais,
43:42avec tous les témoignages
43:43que vous nous racontez,
43:45les orientations,
43:46alors qu'ils sont dues
43:46en effet aux histoires personnelles,
43:49l'objectivité n'existe pas,
43:51nous sommes que des journalistes
43:53objectifs, honnêtes,
43:55subjectifs, honnêtes,
43:56pardon, c'est le principe,
43:57mais France Télévisions,
43:59c'est quand même un média
44:01qui a beaucoup de salariés,
44:02beaucoup d'employés.
44:04Je ne sais plus le chiffre exact,
44:05je crois que c'était 9000.
44:06On n'est pas loin de 9000.
44:07Avec Radio France.
44:08Oui, c'est ça.
44:08On n'est pas loin de 9000,
44:09ce qu'on appelle ETP,
44:11équivalente en plein.
44:12Je me dis,
44:13avec ces 9000 ETP,
44:15pourquoi personne ne réagit ?
44:18Pourquoi personne ne se lève,
44:20ne se dénonce des méthodes,
44:22ne refuse,
44:24se met en grève ?
44:25Il y a des syndicats de journalistes,
44:26il y a des directeurs...
44:27Il y a des droits qui le font quand même.
44:28Très peu.
44:29Là, il y a beaucoup de choses
44:30qui se passent depuis deux ans.
44:33Depuis la commission d'enquête,
44:34ça libère la parole.
44:35Il y a le me-tout du journaliste public.
44:38Mais avant, on ne les entendait pas beaucoup.
44:40Vous avez raison.
44:40Pourtant, 9000 salariés.
44:42Alors, deux choses par rapport à ça.
44:43C'est très important
44:45de revenir à 2017-2018.
44:47Qu'est-ce qui s'est passé en 2017-2018
44:49au moment où moi,
44:50je suis nommé à la tête
44:50de complément d'enquête ?
44:51Quelques mois avant,
44:54on apprend que la présidence
44:57et la direction de l'info
44:58veulent réduire le nombre d'émissions.
45:00Les envoyés et les compléments.
45:02Élise vient d'être nommée
45:04par Michel Field
45:05un an avant ou deux ans avant.
45:08Et donc, elle est toute puissante.
45:09Elle a maintenant les deux tiers.
45:10Elle a un cash,
45:11elle a un envoyé
45:12et elle aura même bientôt
45:14complément qui sera intégré.
45:15C'est un autre aspect que je raconte
45:17parce qu'on voulait
45:19doper artificiellement
45:20l'audience d'envoyés
45:21grâce à celles de complément.
45:22Donc, on dit
45:22on va faire une soirée globale.
45:24Ça n'a duré qu'un an,
45:25deux ans avant que j'arrive.
45:27Et en fait,
45:27pourquoi je raconte cet épisode-là ?
45:29Parce qu'à ce moment-là,
45:30Élise Lucet
45:30sort son hashtag
45:32touche pas à mon info.
45:33Elle appelle des artistes,
45:34elle appelle des sportifs.
45:37Grosso modo,
45:38elle fout le bazar en plein Paris.
45:40La présidence est paniquée.
45:42La direction générale est paniquée.
45:43J'en sais quelque chose
45:44puisque je suis à ce moment-là
45:46dans les petits papiers
45:47de la direction
45:47puisque c'est la fin
45:48de mon mandat
45:49à Washington.
45:51que j'échange
45:52avec mes patrons,
45:53que je sais ce qui se passe
45:54et que je subodore
45:56qu'il y aura peut-être
45:56une place à prendre,
45:57voilà, etc.
45:58Et au moment
45:59où on me confie
45:59les rênes de l'émission,
46:01ça fait partie
46:02des discussions.
46:03On parle de ça.
46:04On parle du fait
46:05qu'il va falloir aussi
46:07peut-être un peu
46:08équilibrer
46:08parce qu'on ne peut pas
46:09avoir une proposition
46:10magazine
46:11qui soit aussi forte
46:12d'un côté
46:12et moins,
46:13entre guillemets,
46:14de l'autre
46:15et qu'il faut essayer
46:16de rendre
46:16cette honnêteté journalistique.
46:17Donc preuve que c'était
46:18bien un souci
46:19pour la présidence
46:20et la direction générale
46:21et c'est normal.
46:22Et donc,
46:23pour répondre à votre question
46:24pourquoi personne ne s'élève,
46:26ma thèse,
46:27n'appartient qu'à moi
46:28mais je peux vous garantir
46:30qu'il y en a beaucoup
46:30qui le pensent
46:31à France Télévisions,
46:32elle fiche les jetons
46:33à tellement de gens,
46:34elle fait peur
46:34à tellement de gens,
46:35y compris à la présidence,
46:37qu'on finit par se ranger
46:40à son positionnement.
46:42Et de quoi on a peur ?
46:43Qu'elle sonne à la porte
46:44avec une caméra
46:45pour vous poser trois questions ?
46:46Non, non, non.
46:47J'ajoute deux choses.
46:48C'est que Michel Field
46:51qui, à ce moment-là,
46:52vient de se prendre
46:52deux motions de défiance
46:54de la Société des journalistes.
46:55Ça le contraint à partir.
46:56Ça contraint Delphine Ernot
46:58à changer,
46:59donc ça tangue à ce moment-là,
47:01de changer de patron de l'info.
47:03Elle choisit Yannick Letranchant
47:04et Pascal Doucetbon.
47:06Des gens que je connais
47:07depuis 1994,
47:08depuis que j'ai commencé.
47:09Et des gens qui,
47:11voilà, journalistiquement,
47:12veulent quelque chose
47:13de clair,
47:13de clean à l'antenne.
47:14Et il n'y a aucun doute là-dessus.
47:16Et donc,
47:17ils connaissent aussi Élise
47:18avec ses forces
47:19et ses faiblesses.
47:20Sa force et sa capacité
47:22à y aller,
47:22ses faiblesses,
47:23selon moi,
47:24c'est aussi
47:25un certain biais idéologique.
47:27Et donc,
47:28à ce moment-là,
47:29il y a l'idée
47:30d'essayer d'équilibrer
47:32un petit peu ça.
47:33Et il y a une rédac
47:34qui, potentiellement,
47:36peut basculer
47:37contre la présidence,
47:39contre la direction de l'info,
47:40non pas sur la question éditoriale,
47:42mais sur la question
47:42du nombre d'émissions.
47:44Et je le raconte
47:44dans le détail.
47:46Si on vous menace
47:47sur le nombre d'émissions,
47:47ça veut dire quoi ?
47:48Ça veut dire moins de journalistes ?
47:49Ça veut dire moins d'argent ?
47:50Ça veut dire moins de moyens ?
47:52Mais voilà,
47:52c'est tout simple en fait.
47:53C'est totalement prosaïque.
47:54J'ai peur de perdre mon boulot.
47:57Est-ce qu'elle a un côté gourou,
47:58Élise Lucet ?
47:58Parce que c'est ce que vous dites.
47:59Un côté zoro ?
48:00Gourou.
48:01Gourou.
48:01Gourou et zoro.
48:03Les deux.
48:03Zoro, c'est...
48:04Gourou, c'est parce qu'elle exerce
48:07une forme de fascination,
48:08c'est comme je le dis,
48:08je le dis comme ça.
48:09Elle a marqué une génération
48:11pour cette ambivalence.
48:13Parce qu'à la fois,
48:13elle y va,
48:14et puis du coup,
48:15on passe un peu
48:16sur les présupposés, etc.
48:18On sait que telle émission
48:19a les bidons,
48:20que telle émission,
48:21c'était pas terrible.
48:22Mais on se dit au final,
48:23on a quand même
48:24quelqu'un de fort
48:24et qui y va.
48:25Et donc à l'intérieur
48:26de France Télé.
48:27Et puis après,
48:28vous savez,
48:28il faut quelque chose
48:29qu'il ne faut pas sous-estimer,
48:30c'est que vous avez
48:30beaucoup de gens
48:31qui espèrent monter en grade,
48:33passer de l'actu au magazine.
48:34Donc ils ne vont pas
48:35aller s'opposer
48:35à Élise Lucet.
48:36Pas possible,
48:37c'est elle qui a les rênes.
48:38Et ce sera le mot de la fin.
48:39En quelque sorte,
48:40c'est elle qui a les rênes,
48:42effectivement.
48:42Merci beaucoup.
48:43Merci à vous.
48:44Jacques Cardoz,
48:44d'être intervenu
48:45sur Sud Radio.
48:46Je le rappelle,
48:47vous publiez
48:47Les Inquisiteurs
48:48chez Fayard.
48:49Le journalisme
48:49reconnaîtra les siens,
48:50on pourra le dire comme ça.
48:52Merci Arthur Devatrigan.
48:53Merci à vous.
48:53Directeur du magazine
48:54L'Incorrect,
48:55toujours disponible dans vos kiosques
48:57avec en une
48:57Houellebec.
48:58Houellebec qui parle de Dantec.
49:00Exactement.
49:00À retrouver dans vos kiosques,
49:02évidemment.
49:056h57,
49:06précisément pour le passage
49:07d'antenne
49:08aux manettes du Grand Matin.
49:09Sud Radio,
49:10évidemment,
49:10à l'heure comme toujours.
49:12Et quant à moi,
49:12je vous laisse en la compagnie
49:13de Laurent Permas.
49:14Juste après-midi,
49:15vous allez le retrouver
49:17pour la vie devant nous.
49:18Je vous souhaite un agréable dimanche
49:19et puis allez les bleus,
49:20toujours.
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