- il y a 6 heures
Le choc des idées avec Emmanuelle Jary, directrice de la revue 'C’est meilleur quand c’est bon' et Jonathan Siksou, auteur de 'Triompher en festins'
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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-06-07##
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Soyez tous les bienvenus sur Sud Radio, votre rendez-vous dominical de 11h à midi, le choc des idées,
00:10avec nos invités et nos voix libres qui nous accompagnent, Stéphane Simon, toujours avec nous.
00:15Bonjour à vous Stéphane.
00:16Et nous sommes également en compagnie d'Arthur de Vatrigan, bonjour à vous Arthur.
00:20Bonjour.
00:20Directeur du magazine L'Incorrect, dans vos kiosques d'ailleurs avec cette magnifique une
00:25où vous reconnaissez évidemment Michel Houellebecq, vous parlez de Dantec.
00:30Dantec par Houellebecq en amour Arthur ?
00:33Les deux écrivains rockstar, prophète, prophète maudit également.
00:38Et en fait il y a en 2000, le magazine Chronica pour son premier numéro fait une une avec Dantec
00:44qui pose avec le bouquin de Houellebecq, plateforme, en écrivant en provocation,
00:49prix Goncourt qui recevra plus tard.
00:50Et donc 25 ans plus tard, on le met en miroir avec cette fois-ci Houellebecq qui rend hommage à
00:54Maurice Dantec.
00:55Et c'est ainsi que la boucle est bouclée.
00:56Et chers amis, aujourd'hui, une fois n'est pas coutume dans cette émission, nous allons parler cuisine, gastronomie, faim,
01:03tradition.
01:04Alors c'est logique d'abord parce que notre ami Vincent Fergnon nous a tous mis en appétit avec quelques
01:08envies de fromage.
01:08Lui qui était en direct à l'instant du salon du fromage et des produits laitiers pour son émission.
01:13Mais nous, nous allons parler de plusieurs choses.
01:15Nous recevons deux invités cette fois-ci.
01:17D'abord Jonathan Sicsou, bonjour à vous.
01:19Bonjour. Bienvenue sur Sud Radio.
01:22Vous publiez « Triomphez en festin, une histoire de France en 20 repas ».
01:26C'est publié chez Perrin.
01:28Vous nous expliquerez ce qu'on mange et ce qu'il nous dira de qui ou pour qui plutôt on
01:32vote.
01:32Ce n'est pas très français ce que je viens de dire mais je crois qu'on a à peu
01:35près compris l'idée.
01:36Nous sommes également avec une autre invitée qu'on connaît bien même si en général elle intervient une heure plus
01:40tôt le dimanche sur Sud Radio chez Vincent Fergnon.
01:42Il s'agit d'Emmanuel Jarry. Bonjour à vous.
01:44Bonjour.
01:45Bienvenue. Vous venez nous parler de cette nouvelle formule de votre excellent magazine.
01:49C'est meilleur quand c'est bon.
01:50Vous avez testé 50 glaces, vous nous en parlerez.
01:53Le top des chips aussi.
01:55Et on parlera tout simplement du sens de la gastronomie, de l'alimentation, de la faim des Français.
02:00Quelles sont les nouvelles pratiques ?
02:01Qu'est-ce qui se perd ? Qu'est-ce qui arrive ?
02:03Est-ce qu'il faut s'en réjouir ou pas ?
02:04Vous nous direz ce qui est bon, ce qui l'est moins peut-être.
02:07C'est ce qu'on verra.
02:07Mais avant ça, tradition oblige.
02:09Une carte blanche, celle d'Arthur de Vatrigan qui nous parle du made in France
02:13qui lui malheureusement a du plomb dans l'aile et pas seulement en matière de cuisine.
02:18Exactement.
02:18C'est comme vous toutes et tous et surtout celles et ceux pour savoir ce qui est beau, grand, vrai,
02:22moderne et industriel.
02:23J'écoute Emmanuel Macron.
02:24Et il y a une semaine dans le cadre du sommet Chousse France,
02:27notre bon président déclarait sûr et fier de lui, ce qui est assez rare.
02:30La France est un grand pays industriel et je dénonce le défaitisme insupportable.
02:35Comprenez ceux qui auraient l'audace de ne pas m'applaudir.
02:37Problème, le lendemain, Duralex était de nouveau placé en redressement judiciaire.
02:42Duralex, c'est pas n'importe quoi, c'est notre enfance.
02:44Vous savez, le verre dans lequel on regardait notre âge à la cantine.
02:47Une marque française connue partout, exposée jusque dans des musées américains.
02:50C'était l'époque où la France rivalisait d'innovation avec son verre trempé et incassable, surtout qui rebondissait.
02:55Et pourtant, on a essayé.
02:57Généralement, ça rebondit, pas forcément, là, il faut.
02:59Bref, c'était l'industrie française au sens noble du terme, un savoir-faire, une usine, des ouvriers, un territoire
03:04et une fierté.
03:04Mais voilà, Duralex, c'est aussi le symbole tragique de notre industrie en voie de disparition,
03:09qui ne date pas du règne de Macron, il a juste accéléré le déclin en gesticulant un peu plus.
03:13Mais depuis plus de 30 ans, ce bien national s'effondre, malgré les prêts, malgré les dons.
03:17En 2024, pourtant, un espoir renaît, la société devient une scope, une société coopérative et participative.
03:23Évidemment, toute la gauche accourt à son chevet, de Lucie Castette à Antoine Léomant, déguisé en ouvrier.
03:28Ils viennent célébrer l'aventure formidable des salariés, enfin débarrassés du méchant capital et des méchants patrons.
03:34Malheureusement, Paris raté, car une entreprise, ce n'est pas seulement un mode de gouvernance.
03:38Ce sont des marges, des clients, des investissements, des stratégies, bref, un mode d'emploi.
03:42Kirghiz, traduit en chinois, pour ceux qui n'ont jamais produit autre chose que des tweets indignés, coucou Thomas Porte.
03:47Alors, pour expliquer les chèques successives, il y a évidemment des mauvaises décisions,
03:51mais il y a aussi les conséquences des idéologies jusqu'au boutiste.
03:55Une grosse partie des dépenses de Duralex passent dans la facture énergétique.
03:59Et les factures en Chine ou en Turquie ne sont pas les mêmes qu'en France.
04:02Les premières ont quelques zéros de moins.
04:04Et pourtant, la France produit l'énergie pour pas cher, mais la Sainte-Europe nous rallonge la facture.
04:08Comme d'habitude, on subit ces règles absurdes.
04:10Et cette absurdité a des conséquences concrètes.
04:12Entreprise en redressement ou liquidation est derrière des Français sur le carreau.
04:16Il paraît qu'on appelle ça la mondialisation heureuse.
04:18Mais revenons à Schuss-France, puisqu'il paraît que c'est un succès.
04:2293 milliards d'euros d'investissement pour plus de 15 000 emplois attendus, a annoncé Emmanuel Macron.
04:26Alors, les calculs, ce n'est pas trop mon truc, mais si je fais une petite règle de 3,
04:29ça nous fait quand même 6 millions d'euros l'emploi.
04:31Vous savez combien ça coûte, 1 milliard, 1 million l'armina.
04:33Bref, quand on regarde dans le détail, sur 93 milliards annoncés,
04:36il y a déjà plusieurs dizaines de milliards d'investissement qui étaient prévus.
04:40Et alors, cela, c'est peut-être probablement mon côté réac,
04:42mais disons que je préfère la France de la Pérouse,
04:43celle qui a envoyé son savoir-faire dans le monde,
04:45à cette France qui attend que le monde vienne à elle lui expliquer ce qu'il faut produire chez elle.
04:50Et j'ai dit mal à me réjouir d'une attitude de pays sous-développé,
04:53d'autant que je trouve un poil suspect, mais là c'est mon côté conspi,
04:56de venir nous sauver avec notre énergie, nos aides publiques, nos fonciers, nos infrastructures.
05:00Car pour finir avec Duralex, passé de main en main,
05:02l'entreprise a atterri un jour dans celle d'un Turc,
05:05et qu'a fait le camarade.
05:06Il a envoyé les moules, les machines, les verres, par conteneurs direction Constantinople,
05:10qui l'a fait racheter 20% de leur valeur.
05:12Résultat, les Turcs produisent aujourd'hui la même chose, les moins chères.
05:15Exactement, et en aussi solide, ça on ne saura jamais,
05:18mais on pourra toujours le tester en l'envoyant sur quelqu'un, pourquoi pas.
05:21Merci beaucoup Arthur de Vatrigan, le Made in France qui se perd au milieu de tous ces discours.
05:25Une réaction, Jonathan Sixio ?
05:27Malheureusement, je suis très souvent d'accord avec Arthur.
05:30Vous n'avez pas le droit, vous n'avez pas à vous excuser.
05:33Non, parce que le constat est...
05:35Moi je suis d'accord avec Emmanuel Jarry, donc ça fait des équipes.
05:39Exactement, mais c'est vrai que cette entreprise en particulier nous a tous marqués,
05:44c'est vraiment le verre de la cantine, le verre de l'enfance.
05:48Et il y a comme ça quelques produits, peu, mais il y en a auxquels les Français sont indéfectiblement attachés.
05:55Et c'est vrai que c'est un constat de, j'allais dire, de simple tristesse,
05:59que de voir ce qui nous échappe comme ça sous les yeux.
06:02Et puis curieusement, Emmanuel Jarry, c'est des souvenirs qui nous ramènent à nos premiers pas,
06:05en tout cas quand on était gosse à l'école.
06:07Oui, tout à fait.
06:08Moi j'ai encore des verres d'Uralex de mon enfance,
06:10et je dis toujours que je n'ai pas les moyens d'acheter pas cher.
06:13Donc voilà, je préfère acheter un peu plus cher que les produits chinois,
06:15mais qui perdurent dans le temps.
06:17Exactement, c'est solide, effectivement.
06:19Pas mal ces Français.
06:19Stéphane Simon.
06:20Oui, alors on va continuer dans les bonnes nouvelles,
06:23même si celle-ci n'était quand même pas extraordinaire,
06:26puisque je rappelle que c'est plutôt la fermeture que l'ouverture.
06:29Mais bon, on est heureux aujourd'hui parce qu'on reçoit Emmanuel Jarry.
06:33Évidemment, je rappelle que c'est la directrice de cette revue « C'est meilleur quand c'est bon »,
06:37mais c'est aussi le visage de toutes ces vidéos qui font des millions de vues sur les réseaux sociaux.
06:41Les vidéos de « C'est meilleur quand c'est bon »,
06:43c'est une influence de premier plan sur la cuisine.
06:47Et ce succès, vous le devez, Emmanuel,
06:49parce que l'on aime chez vous vos critiques, vos bonnes adresses,
06:52votre façon franche et directe de parler de la cuisine, de la gastronomie,
06:56cette manière de nous parler de notre patrimoine,
06:58car la France est un pays où on aime manger et où on peut encore bien manger.
07:02Mais vous avez aussi ce petit côté Astérix et Obélix que l'on aime,
07:06parce que vous vous battez pour faire découvrir les artisans, les restaurateurs,
07:10ceux qui font finalement un peu de résistance à la mondialisation du goût et son uniformisation,
07:16et qui parfois nous servent non seulement une nourriture uniforme, mais aussi dégueulasse.
07:21Alors, vous venez et vous venez nous parler de votre nouvelle formule.
07:24Après trois ans d'existence, vous revenez avec une formule encore plus efficace,
07:29encore plus, je dirais, pratique, puisque vous avez décidé de faire une formule
07:35où, en quelques mots, on teste, on teste et on teste encore.
07:40Vous avez testé en particulier, pas seulement les produits d'épicerie fine,
07:45mais aussi les produits de grande distribution.
07:46Là, on y trouve le top des chips et les 50 glaces, l'été approchant,
07:52les 50 glaces qui sont les plus marquantes pour nos papilles.
07:57Alors, je voulais aussi souligner que nous recevons Jonathan Sicsou,
08:02qui lui raconte dans son livre passionnant,
08:06« Triomphe en festin » paru aux éditions Perrin,
08:08les grandes tables, les grands aux grandes tables.
08:11Et on s'aperçoit que l'histoire de France, à travers ses banquets,
08:15ses festins qui ont eu lieu de Saint-Louis à Valéry-Giscard d'Estaing,
08:19eh bien, la cuisine est une manière aussi de faire passer de la politique,
08:24la diplomatie, elle passe par l'assiette.
08:26C'est ça, la spécificité française, il faut en parler.
08:29Et ce que j'ai noté dans la conclusion de votre introduction,
08:32c'est que vous dites, « Fait notable, nos habitudes alimentaires
08:36ont davantage changé ces 100 dernières années qu'en deux millénaires. »
08:41On va y revenir, mais je voudrais vous poser à tous les deux une question,
08:44puisque vous êtes deux fins observateurs des mœurs gastronomiques.
08:47Qu'est-ce qui caractérise notre époque vue de l'assiette,
08:51ce moment que nous traversons,
08:53cette cuisine de cette France angoissée de 2026 ?
08:57Alors, Emmanuel ?
08:58Alors moi, si on considère notre époque,
09:01c'est-à-dire, ça dépend de ce qu'on pense par époque,
09:04mais j'ai 53 ans et j'ai commencé à m'intéresser à la cuisine,
09:07j'en avais 20 à l'université.
09:09Et à l'époque, je me souviens qu'on parlait surtout des chefs,
09:13de la créativité,
09:15de qu'est-ce qu'on pouvait aller chercher loin.
09:17Et puis, aujourd'hui, depuis une vingtaine d'années,
09:20on pense tradition, beaucoup.
09:22Alors nous, quand on a commencé ces mercancées bons il y a 10 ans,
09:25on était à fond là-dedans, dans la tradition,
09:27les produits des terroirs,
09:28et c'était déjà une tendance,
09:30mais il y avait d'autres, voilà, on parlait aussi de la créativité.
09:32Et là, vraiment, j'ai l'impression qu'on est allé un peu trop loin,
09:35peut-être dans l'ailleurs, dans l'explosion, dans la mondialisation.
09:40Et donc, il y a un retour vraiment très très fort de ça.
09:43Mais, je me souviens, quand j'étais étudiante,
09:45il y avait deux chercheurs, Marie et Philippe Iman,
09:47je ne sais pas si vous les connaissez,
09:49qui avaient montré, quand on étudie le discours gastronomique
09:53et les écrits depuis le XVIIe siècle,
09:55que la gastronomie, elle oscille toujours entre ces deux pôles,
09:57la tradition et la création, en fait.
09:59Et c'est des cycles, au XVIIe, on était peut-être plus dans la création,
10:03ce qui était la création pour l'époque.
10:05Là, ce que je vois depuis une vingtaine d'années,
10:06c'est ce besoin, en fait, de se rattacher au terroir
10:11et à la tradition française,
10:12parce qu'on a peut-être peur de perdre ça.
10:14Oui, le balancier est peut-être parti un peu loin,
10:16d'un côté de la création,
10:17et on revient un peu sur la tradition.
10:18Et ça se voit d'ailleurs dans le dernier classement,
10:22c'était un sondage Ipsos,
10:23qui avait été fait en fin d'année dernière,
10:25sur le plat préféré des Français.
10:27Il y en avait trois, dans l'ordre, c'était le bœuf bourguignon,
10:29ensuite le cassoulet,
10:30et en troisième position, arrivait la blanque de veau.
10:33On ne parle plus du couscous,
10:34qui a occupé la tête de ce classement
10:36pendant au moins 15 ans, si ce n'est plus.
10:39Et donc, vous parliez, Stéphane, de France angoissée.
10:43Il y a peut-être ce retour,
10:45alors je déteste l'expression,
10:46mais elle est couramment employée,
10:47de plats réconfortants,
10:49de ce genre de...
10:50Ces plats en sauce dont vous parlez formidablement,
10:54ce qu'on appelle aussi des plats de famille,
10:56des plats, c'est la marmite du dimanche,
10:59enfin c'est tout ce qu'on veut,
11:00et on parlait des verdure Alex,
11:02on a tous des souvenirs d'enfance,
11:03de marmite, de plats.
11:05Et en général, ce n'était pas le meilleur couscous
11:06qu'on nous y servait.
11:07Après, c'est un vrai plat réconfortant
11:09quand c'est bien fait quand même,
11:10le couscous, il faut le reconnaître.
11:10Et donc, je pense que ce n'est pas un hasard,
11:13effectivement, qu'il y ait ce retour
11:16à une sorte d'ancrage terrestre, terrien,
11:21qui se retrouve dans bien des pans du monde actuel
11:26aujourd'hui, me semble-t-il.
11:28Et il est vrai qu'on est peut-être allé un peu trop loin
11:34dans certaines tendances,
11:35et que finalement, on a envie,
11:38et on a besoin de remettre un peu
11:41les pendules à l'heure, tout simplement.
11:42Oui, mais toujours, surtout quand c'est l'heure
11:43de manger, tout simplement.
11:45Nous sommes dimanche, je vous le rappelle,
11:47dans 40 minutes à peu près, il sera midi,
11:49vous commencez tous à avoir faim,
11:50on continue à parler de la gastronomie,
11:52de l'histoire de la gastronomie française,
11:54des nouvelles pratiques, de ce qui se fait de mieux,
11:56avec nos deux invités, Jonathan Sicsou,
11:58pour son livre « Triompher en festin,
12:00une histoire de France en 20 repas »,
12:02c'est publié chez Perrin.
12:03Et puis, nous sommes avec Emmanuel Jarry
12:05pour la nouvelle formule de cette revue excellente,
12:07« C'est meilleur quand c'est bon ».
12:09Restez avec nous, on se retrouve dans un instant.
12:11Qu'est-ce que notre assiette dit de nous ?
12:13C'est ce qu'on va voir avec nos invités,
12:14à tout de suite sur Sud Radio.
12:16Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
12:19Un banquet gaulois aujourd'hui,
12:21une fois n'est pas coutume ce dimanche,
12:22sur Sud Radio, dans le choc des idées,
12:24de 11h à midi.
12:24Qu'est-ce que nos pratiques culinaires disent de nous ?
12:27Qu'est-ce qui se perd ?
12:27Qu'est-ce qui arrive ?
12:28Est-ce qu'il faut s'en réjouir ?
12:30On en parle avec nos deux invités,
12:31toujours avec Stéphane Simon et Arthur de Vatrigan.
12:37Quand c'est bon.
12:38Et Jonathan Sicsou, auteur de ce livre,
12:40« Triompher en festin, une histoire de France en 20 repas »,
12:43c'est publié chez Perrin.
12:45On ne va pas parler de soft power
12:47quand on parle de la diplomatie de l'assiette ?
12:49Non, on va être d'abord très concret.
12:51Que dit de nous notre assiette ?
12:54Parce que, dans votre nouvelle formule,
12:56Emmanuel Jarry,
12:57vous nous parlez des 50 glaces
12:59que vous avez testées.
13:00Cette formule est une formule très proche
13:03du consommateur, en fait.
13:05Et puis, vous parlez du top des chips.
13:07Aussi, les chips au chaudron,
13:10les chips au sel de Guérande,
13:12les chips de tradition,
13:14mais les chips aussi industriels,
13:15qu'on trouve en paquet dans nos supermarchés.
13:17Et on a envie de vous demander,
13:19tout simplement,
13:21qu'est-ce que c'est que cette manière d'être,
13:23manger des glaces et manger des chips ?
13:26Je pense que, qu'est-ce que ça dit de nous ?
13:27Un rapport au monde et peut-être au plaisir.
13:30C'est vrai que quand j'ai parlé à certaines personnes
13:32qui nous connaissent pour nos vidéos,
13:33que j'ai dit qu'on allait faire un test sur les chips,
13:35on m'a dit, mais comment ça les chips ?
13:36C'est affreux, c'est de la junk food.
13:37Je dis, mais on ne peut pas dire...
13:38Quand bien même ça le serait,
13:40il se trouve qu'on en mange tous
13:41et on adore ça.
13:42Et donc, on peut aussi se faire plaisir
13:44de temps en temps.
13:45On n'est pas obligé de toujours réfléchir
13:47à ce qu'on mange et tout ça.
13:49Et donc, moi, j'aime beaucoup les chips.
13:51L'été arrive.
13:51Donc, ça dit de nous un rapport au monde et au plaisir.
13:54Je crois qu'il y a des études qui montrent
13:55quand même que la notion de plaisir,
13:56elle est importante.
13:58Donc, ce qu'on ingurgite, évidemment,
14:00c'est l'aliment, c'est la santé.
14:02Mais le plaisir qu'on y prend,
14:03c'est aussi la santé.
14:04Mon grand-père, quand il avait 85 ans,
14:06il avait fait déjà 3-4 infarctus.
14:08Et son médecin lui avait dit,
14:10continuez à prendre un whisky.
14:11L'apéritif, ça vous fait plaisir
14:12parce qu'à votre âge,
14:13ça vous sauvera plus que d'arrêter
14:15et d'être frustré.
14:16Donc, voilà.
14:16Je ne suis pas sûr qu'on le dirait aujourd'hui.
14:19Mais mon grand-père n'est pas mort il y a très longtemps.
14:21Et ceci dit, c'est important aussi.
14:23Ça existe, les gens qui ne prennent aucun plaisir à manger.
14:25Il y a des gens qui n'aiment pas bouffer.
14:27Et chez qui, c'est infecte quand on vient chez eux.
14:29Il suffit de voir aussi comment les gens mangent,
14:31décortiquent leur assiette.
14:31Ça, c'est quand même assez intéressant.
14:33Et il y a quelque chose de très intéressant,
14:35c'est de voir que cette notion de plaisir
14:36dont vous parlez,
14:37elle a évolué avec le temps.
14:38Parce que quand on est plongé à la table de Saint-Louis,
14:41grâce à vous, Jonathan,
14:44qu'est-ce qu'on voit au retour des croisades ?
14:46Eh bien, c'est des amoncellements de viande rôtie.
14:48Alors, c'est des chapons,
14:49c'est des pâtés de pigeons, des chevraux,
14:51des grands oiseaux tels que les pans
14:53et les cygnes qu'on n'oserait plus manger,
14:55évidemment, aujourd'hui.
14:56On ne cuisine pas de légumes.
14:58En revanche, on a une manière de manger
15:00les viandes rôties
15:02qui est complètement dingue
15:03parce qu'en fait, on varie les sauces.
15:05Il n'y a que de la viande à manger
15:06pour faire caricatural
15:08et beaucoup de sauces
15:09avec beaucoup d'épices dedans
15:10pour varier les goûts.
15:11Et ça, c'est plus du tout,
15:14vous imaginez,
15:16aujourd'hui, se ne gérer que de ça,
15:18on n'y arriverait pas.
15:19C'est donc que ça a évolué.
15:21Un régime hyper carné.
15:23C'est une démonstration de puissance.
15:26La table médiévale,
15:27comme ça, c'est une constante
15:29de l'Antiquité à nos jours,
15:30la table demeure
15:32une démonstration de puissance
15:33avec une évolution dans la culture,
15:36dans le raffinement,
15:36dans la cuisine, évidemment.
15:38Et là, vous faites référence
15:39à la table médiévale.
15:42On appelle le Moyen-Âge
15:43qui est quand même une période
15:44qui dure plus de mille ans.
15:45Donc, c'est un peu vague et flou.
15:47Néanmoins,
15:48le temps de la gastronomie,
15:49l'histoire de la gastronomie
15:50est un temps long.
15:51Et effectivement,
15:52on a mangé à peu près
15:53la même chose
15:53de l'Antiquité
15:54à la fin du Moyen-Âge,
15:55voire à la Renaissance,
15:56de la Renaissance au 19e siècle.
15:58Et, vous le disiez tout à l'heure,
15:59on a, ces 200,
16:00150 dernières années,
16:01connu un chamboulement incroyable.
16:04À la table médiévale,
16:05et ça dure jusqu'à la Renaissance,
16:07donc,
16:08cette surreprésentation
16:09des viandes carnées
16:10est un signe de force,
16:10c'est un signe de puissance
16:12parce qu'on n'a pas toujours
16:14mangé à sa faim.
16:15Et, lorsque vous arrivez quelque part
16:17et que vous avez
16:18beaucoup plus de nourriture
16:19que de convives,
16:20beaucoup plus de nourriture
16:21que d'appétit,
16:22on les convive,
16:23on arrive à cette notion,
16:26on en parlait,
16:27de gâchis symboliques.
16:28Et parce que vous êtes puissant,
16:29vous pouvez vous permettre
16:30de gâcher la nourriture
16:31alors qu'en temps normal,
16:33on ne mange pas à sa faim.
16:34Évidemment,
16:35ce gâchis symbolique,
16:36il n'est que symbolique
16:37parce que le plat
16:38qui n'a été touché
16:39que par les yeux
16:40retourne à l'office
16:41et là,
16:41il y a tout un système
16:42qui va durer jusqu'à la Révolution française,
16:44d'ailleurs,
16:44très bien organisé.
16:45Avec Jacouille
16:46qui le mange par terre,
16:47en général.
16:48Alors,
16:48il y a ça aussi,
16:49effectivement.
16:50Arthur Delatrigan.
16:51Alors,
16:51on voit beaucoup d'évolution
16:53de la mode
16:53sur la gastronomie.
16:54Alors,
16:54c'est vrai que
16:55ce qu'on découvre
16:56dans le livre de Jonathan,
16:57c'est que ça,
16:57c'est récent finalement.
16:59Mais il y a beaucoup de mode.
17:00Mais il y a peut-être
17:01une nouveauté,
17:02je ne sais pas
17:02de quand ça date,
17:03mais c'est des injonctions.
17:04Les injonctions
17:06au régime spéciaux,
17:07les injonctions
17:07à sans protéines.
17:08Maintenant,
17:08dans la sémantique,
17:09ça change.
17:10En gros,
17:10sans viande.
17:11Des injonctions
17:12au véganisme.
17:12Alors,
17:13est-ce qu'Emmanuel Géry,
17:13vous avez vu
17:15une augmentation
17:16des commentaires
17:16un peu critiques
17:17en disant
17:17non,
17:18il ne faut pas prendre ça,
17:19il ne faut pas manger ça ?
17:20Et vous,
17:21Jonathan,
17:21il y a un chapitre
17:22qui est exceptionnel
17:23dans votre livre,
17:23c'est le siège de 70,
17:25où toute la ménagerie,
17:26toute la jardin d'acclimatation
17:27y passe,
17:28surtout avec des pâtés
17:28de pied d'éléphant,
17:29c'est quand même merveilleux.
17:30Et on le dit que finalement,
17:31ces injonctions,
17:32c'est quand même le privilège
17:33des pays riches
17:33qui s'ennuient un peu.
17:35Ah,
17:36oui,
17:36sûrement.
17:37C'est vrai que c'est...
17:38Mais alors,
17:38donc pour répondre directement,
17:40oui,
17:40on a des injonctions
17:41dans les commentaires
17:42de nos vidéos
17:42en permanence,
17:44parce qu'on nous reproche
17:45de manger trop de viande,
17:48de ne pas assez...
17:50qu'est-ce qu'on nous...
17:51Oui,
17:51de ne pas assez varier aussi.
17:54En tout cas,
17:54on nous dit vraiment beaucoup
17:55ce qu'il faut faire.
17:57Et puis,
17:57moi,
17:57je vois les personnes
17:58autour de moi
17:59qui réfléchissent énormément
18:01à...
18:02Il ne faut pas manger
18:03comme ci,
18:03comme ça.
18:04Il se trouve que moi,
18:04ce n'est pas du tout
18:05des problématiques
18:06qui m'intéressent
18:07dans la cuisine.
18:08Donc,
18:08j'ai toujours mangé
18:09spontanément,
18:10équilibré
18:11et par plaisir.
18:12Comme là,
18:13je réponds...
18:13On m'a interviewé
18:14pour un podcast,
18:16c'était vieillir
18:17et alors ?
18:17Oula !
18:18Alors,
18:18c'est bien dommage.
18:19Mais ça n'empêche
18:20que j'ai expliqué
18:21que je ne mange pas
18:22à 50 ans
18:22comme à 40
18:23ni comme à 30
18:24mais ça s'est fait
18:25naturellement.
18:27Mais effectivement,
18:27les injonctions...
18:28C'est vrai qu'on est
18:29un pays de donneurs
18:29de leçons aussi.
18:30Selon ce que vous mangez,
18:31on va commenter
18:32ce que vous mangez,
18:32votre recette,
18:33ce que vous mettez,
18:34est-ce que vous faites
18:34une mauvaise carbonara ?
18:35Ah oui,
18:36c'est vrai que j'avais oublié
18:36les recettes.
18:37Je pensais au restaurant
18:38mais dans les recettes,
18:38bien sûr.
18:39C'est jamais la bonne recette.
18:40Non,
18:40jamais,
18:41jamais.
18:41Et on parlera
18:42d'une salade.
18:42Vous mettez des chips
18:43et de la myrtille
18:44si je me souviens bien
18:45ou de la framboise.
18:46Pardonnez-moi,
18:47dans une de vos salades.
18:48Il y a une spécificité française
18:49aussi dont il faut dire
18:50quelques mots.
18:51C'est la manière
18:52de présenter
18:52et ça a évolué
18:53avec le temps
18:54parce que dans le livre
18:55de Jonathan,
18:56il nous convie
18:56à la table,
18:58je crois,
18:58de François 1er
18:59où là,
19:00on mange toujours
19:01beaucoup,
19:01beaucoup de viande.
19:02Il y a toujours
19:02cette démonstration
19:03de puissance
19:03mais il y a quelque chose
19:04en plus,
19:05c'est que les volailles,
19:06elles arrivent
19:06avec la peau
19:08et les plumes
19:08en plus reposées.
19:10C'est-à-dire
19:10qu'on écorchait
19:11la volaille,
19:12on la faisait cuire
19:13puis on remettait
19:14la peau
19:15et les plumes dessus.
19:15Vous imaginez
19:16aujourd'hui
19:17la tête de Sandrine Rousseau
19:18si vous lui apportez
19:19une volaille comme ça
19:20avec les plumes.
19:21Mais c'est
19:24une spécificité française
19:26de se creuser
19:27la tête comme ça
19:27pour présenter.
19:28Après ça a été copié
19:29mais comme beaucoup
19:29de choses inventées
19:30en matière gastronomique
19:32notamment,
19:33ça a été l'exemple
19:34à suivre pendant des siècles
19:35dans les cours d'Europe
19:36là le grand oiseau
19:39c'est un pan
19:40ou c'est un signe
19:40qu'on apporte paré
19:42comme vous le décrivez.
19:44C'est vraiment
19:45uniquement
19:45pour des grands repas de fête.
19:47C'est absolument
19:48pas un plat du quotidien
19:50parce que c'est prestigieux.
19:52Ça marque donc
19:52un fait notable
19:53qui est célébré
19:54par un festin.
19:57On n'en mange pas beaucoup
19:58parce qu'on dit
19:59que c'est pas forcément
20:00très bon.
20:01Mais oui
20:01parce que d'ailleurs
20:01plus personne n'en mange
20:02alors qu'on n'en parle pas de signe.
20:04Non,
20:04il y a eu
20:04un chef italien
20:06ou espagnol
20:06qui servait encore du pan
20:08il y a quelques années.
20:10Aspect interdit.
20:11Mais non,
20:12il a élevé lui-même
20:13ses pans
20:13pour les servir
20:14à ses clients.
20:14Ça doit être long
20:15à plumer quand même.
20:17D'où la technique
20:17de l'écorchement
20:18vous prenez la peau
20:19comme un manteau
20:20et vous voulez.
20:20Mais non,
20:21il y a un autre fait
20:21notable aussi
20:22c'est que
20:23paraît-il
20:23que cela sentait
20:24très mauvais
20:24parce que
20:25l'animal rôti
20:25sur lequel on remet
20:27une peau écorchée
20:29dégageait des odeurs
20:30pas très agréables.
20:31D'où l'utilisation
20:31également
20:32à la table
20:33et dans la salle
20:34de festin
20:35durant des siècles
20:36de danse en soi.
20:37Vous aviez
20:38beaucoup d'encens,
20:39de parfums
20:40qui animaient aussi
20:41le repas
20:42et ça tait aussi
20:43dit-on pour cacher
20:44quelques odeurs.
20:44On utilisait
20:44comme du fébrès
20:45par exemple
20:46ou du déodorant
20:46autour du repas
20:47parce qu'il sentait mauvais
20:48vraiment ?
20:48Sur cette continuité
20:51dans la présentation
20:52moi je voudrais
20:53entendre Emmanuel Jarry
20:54nous parler
20:54parce qu'est-ce qu'on en fait
20:55un pas un peu trop
20:56parfois dans la présentation ?
20:58Ce que j'aime bien
20:59dans C'est meilleur
20:59quand c'est bon
21:00c'est que
21:01vous n'hésitez pas
21:02à présenter
21:02des recettes
21:06et des plats
21:07qui ne sont pas
21:08instagrammables
21:09finalement.
21:09Ils sont en sauce
21:10ils sont ceci
21:11ils n'ont pas
21:12nécessairement bonne mine
21:13c'est pas super
21:13photogénique
21:14mais c'est très très bon.
21:16Oui parce que nous
21:16on répond toujours
21:17à cette phrase
21:18c'est meilleur
21:18quand c'est bon
21:19et puis je ne suis pas
21:20très bonne
21:20pour dresser les plats
21:22donc oui
21:23nous on n'a pas fait
21:24trop attention à ça
21:24mais ce que j'ai remarqué
21:25pour revenir avec l'histoire
21:26de la présentation
21:27avec les plumes
21:28c'est que de plus en plus
21:29on ne veut plus voir
21:29la forme de l'animal
21:30qu'on mange
21:31donc les poissons
21:32ça ne passe pas très bien
21:33donc on les vend
21:34en darnes en filet
21:37et je me souviens
21:38d'une vidéo
21:39que j'avais faite
21:39avec un congre
21:40et je le tenais
21:40comme ça
21:41et ça avait beaucoup choqué
21:42et quand j'ai fait du cabri
21:43aussi ça a beaucoup choqué
21:44on m'envoyait des photos
21:45de petits
21:46de petits
21:48plus c'est mignon
21:49plus c'est bon
21:50est-ce que c'est pas aussi
21:51parce qu'on sait
21:53de moins en moins
21:54découper
21:54par exemple
21:55vider un animal
21:56pour le coup
21:56ça c'est vrai
21:57de moins en moins
21:57de gens en proportion
21:58de la population
21:59savent faire ça
21:59on ne sait pas le faire
22:01et puis ce qu'explique
22:02les bouchers
22:02c'est que vraiment
22:03les gens
22:03vous savez autrefois
22:04on voyait la tête du bœuf
22:05avec du persil
22:06dans les oreilles
22:06chez les bouchers
22:07moi quand j'étais enfant
22:08je l'ai encore vu
22:08dans les campagnes
22:09ça se voit plus ?
22:10et ben non
22:10maintenant sûrement pas
22:11il ne faut surtout pas
22:12pas voir
22:13et les poissonniers
22:14aussi le disent
22:14donc il y a cette sensibilité
22:16là qui s'est développée
22:17parce qu'on a un autre
22:18rapport aux animaux
22:19on mange moins de chevaux
22:20par exemple
22:21les boucheries chevalines
22:22ferment les unes
22:23après les autres
22:23pour rebondir sur ce que
22:24dit Emmanuel
22:24il y a un seul animal
22:25qui doit être vendu
22:27avec sa tête
22:27c'est le lapin
22:28et ça remonte à une loi
22:29qui date du 14ème siècle
22:31qui est toujours en vigueur
22:32parce que les bouchers parisiens
22:34avaient tendance
22:34à vendre du chat
22:35pour du lapin
22:36et donc à partir
22:37du 14ème siècle
22:38ils ont l'obligation
22:40de montrer l'animal
22:41avec sa tête
22:42exactement
22:42comme ça on est sûr
22:44effectivement
22:44c'est une différence d'oreille
22:45surtout
22:46quoi qu'il en soit
22:47resté avec nous
22:47on va continuer à parler
22:49de l'alimentation
22:50de la gastronomie
22:51des traditions culinaires
22:52toujours avec Stéphane Simon
22:53et Arthur de Vatrigan
22:55nos deux invités
22:55Jonathan Sicsou
22:56et Emmanuel Jarry
22:59tiens on va parler aussi
23:00des représentations
23:01on va parler de symboles
23:01des représentations politiques
23:02pourquoi il y a de boutons
23:03quand on est très à droite
23:04d'affirmer haut et fort
23:06qu'on mange du cochon
23:06parce qu'on adore en manger
23:08pourquoi certains écolos
23:09adorent faire la leçon
23:10en disant que le barbecue
23:11c'est pas bien
23:12pareil on en parle
23:13dans un instant
23:13dans le choc des idées
23:14sur Sud Radio
23:16Sud Radio
23:17le choc des idées
23:18Jean-Marie Bordry
23:19le choc des idées
23:21sur Sud Radio
23:21on est ensemble
23:22jusqu'à midi
23:23on parle tradition
23:24cuisine
23:25gastronomie
23:25une fois n'est pas coutume
23:26qu'est-ce qui se perd
23:27qu'est-ce qui arrive
23:28pourquoi on donne des leçons
23:30à tous ceux qui mangent
23:30en fonction de ce qu'ils mangent
23:32est-ce que manger
23:33c'est faire de la politique
23:34c'est en quelque sorte
23:35la question qu'on se pose
23:36avec Stéphane Simon
23:36et nos invités
23:37c'est meilleur quand c'est bon
23:39ne parle pas politique
23:40Emmanuel Jarry
23:41c'est un magazine
23:42où on parle
23:43de gastronomie
23:44d'artisans
23:45des gens qui vous mettent
23:46en joie
23:47mais
23:47il se trouve quand même
23:49que l'assiette
23:50est devenue
23:51une bataille politique
23:52c'est assez fou
23:53mais désormais
23:54on parle de gastronationalisme
23:56figurez-vous
23:57que le cochon
23:57est devenu identitaire
23:59et on l'a vu
24:00autour
24:01de cette polémique
24:03qu'il y a eu
24:03avec les banquets
24:04du canon français
24:05et dans le même temps
24:07vous avez des écolos
24:08qui développent
24:09une phobie
24:09du barbecue
24:10alors est-ce que
24:11tout simplement
24:12la question que je vous pose
24:13c'est est-ce que manger
24:14c'est faire de la politique
24:15bah oui
24:16je pense que
24:16malgré nous
24:18on est obligé
24:19quand j'ai commencé
24:19ces mercancers
24:20c'est bon
24:20j'avais pas une seconde
24:21l'idée de faire de la politique
24:22mais d'abord
24:23j'ai commencé à dire
24:24j'aime la cuisine identitaire
24:25sans maîtriser
24:30donc on m'a dit
24:31mais t'es dingue
24:31pourquoi tu parles comme ça
24:32et tout ça
24:33bon j'ai dit pas
24:33parce que je le pense
24:34mais j'avais pas du tout
24:35conscience de ce que je disais
24:36à l'époque
24:36maintenant je sais
24:37maintenant je sais
24:38tout ce que je
24:38je maîtrise tout ce que je dis
24:39donc quand je le dis
24:40je dis sciemment
24:41à l'époque pas du tout
24:41et en fait oui
24:42nous on a été rattrapés
24:44puisqu'on filme tout ce qu'on aime
24:45et donc on a filmé
24:46des boucheries halales
24:47des restaurants cachères
24:49une soeur orthodoxe
24:50d'un couvent du sud de la France
24:51qui est venue faire des recettes
24:54et j'ai dit
24:55tant pis
24:56c'est comme ça
24:56je vais le faire malgré tout
24:58mais parce que pour moi
24:59il n'y avait pas de volonté politique
25:00mais on a été rattrapés par ça
25:02effectivement
25:02et quand je dis
25:03cocorico
25:04on me dit
25:05oulala mais comment ça
25:05et ça veut dire
25:06qu'il y a des commentaires
25:06qui se mettent sous vos vidéos
25:08et qui vous font des observations
25:10sur
25:10des gens qui se désabonnent
25:11qui menacent
25:12de se désabonner aussi
25:13des gens qui disent
25:14comment vous pouvez filmer
25:15telle et telle personne
25:17et puis on est suivi
25:18par tous les bords politiques
25:20François Hollande
25:21Sarah Knaffo
25:22ou François Ruffin
25:23tous ces gens là nous suivent
25:24donc voilà
25:25ils sont abonnés
25:25c'est pas si ils sont abonnés
25:27mais ils nous suivent
25:28sur les réseaux sociaux
25:29oui
25:29tout à fait
25:30et Jonathan
25:31alors pour vous
25:32manger c'est politique
25:33manger n'est pas politique
25:35selon moi non
25:36pas du tout
25:36mais on voit bien
25:37qu'il y a une crispation
25:38dans la société actuelle
25:40qui fait que
25:40tout est devenu politique
25:42jusqu'à l'assiette
25:44c'est devenu un enjeu identitaire
25:46pour le coup
25:48je suis venu avec
25:49deux petits acronymes
25:52je ne sais pas si vous savez
25:52ce qu'est l'UPAFA
25:54l'UPAFA
25:55c'est l'union des professionnels
25:56de l'alimentation française
25:58antifasciste
25:59et puis il y a également
26:00le GRAS
26:00alors c'est un peu comme
26:02l'andouillette avec plusieurs A
26:03c'est GR3A
26:04c'est le groupe de recherche
26:06en arts alimentaires antifascistes
26:08et j'ai sa doctrine
26:09c'est deux lignes
26:10former un rempart gastronomique
26:12progressiste de gauche
26:13et écologiste
26:14en réaction à l'accaparement
26:16de la gastronomie
26:17par l'idéologie réactionnaire
26:19oula
26:19et du coup c'est quoi les recettes
26:20alors
26:21pour le moment
26:22vous avez retourné en France
26:23en ce moment un spectacle
26:24qui est d'ailleurs financé
26:25par les DRAC etc
26:26qui est la pasta antifasciste
26:29un spectacle
26:30qui est donc
26:31la comédienne fait des pâtes
26:32et puis on mange la pasta
26:33après le spectacle
26:34si c'est bon
26:34écoutez pourquoi pas
26:35après tout
26:36oui mais enfin
26:36l'idée de faire
26:38de l'assiette
26:39un combat
26:39déjà l'emploi du mot fascisme
26:41est quelque chose
26:42qui est complètement
26:42à côté de la plaque
26:43déjà
26:44et faire de l'assiette
26:48un étendard politique
26:48c'est quelque chose
26:49qui est invraisemblable
26:50que ce soit politique
26:51dans le sens
26:52de la représentation diplomatique
26:53quand un chef d'état
26:55est reçu à l'Elysée
26:56par exemple
26:56la table française
26:57est la table française
26:58mais c'est pas tant politique
27:00que pour le coup
27:01effectivement
27:03identitaire
27:04au sens
27:04le plus large du terme
27:06mais que chacun
27:09soit lui-même investi
27:11parce qu'il vint
27:12un banquier français
27:12un canon français
27:13ou parce qu'il décide
27:15de faire un cochon grillé
27:17pour son mariage
27:18je ne comprends pas
27:20que ça devienne
27:21à ce point
27:21un tel objet
27:22de crispation
27:23en fait
27:24est-ce que
27:25j'ai volontairement provoqué
27:27parce qu'il paraît
27:27que d'après Jean-Marie
27:28le cochon est de droite
27:29est-ce que la gastronomie
27:30j'ai dit ça moi
27:31je plaisante
27:31est-ce que la gastronomie
27:32aujourd'hui
27:33ne l'est-elle pas nécessairement
27:34dans le sens
27:34ou qu'est-ce que la gastronomie
27:36ça commence par un souvenir
27:37c'est une émotion d'enfant
27:38une mène laine
27:39on se rappelle de quelque chose
27:40un souvenir c'est forcément
27:41un réac
27:41c'est une transmission
27:42les recettes on transmet
27:44et puis on les transmet
27:45mais à une seule personne
27:46et puis généralement
27:47quand on meurt
27:47parce que sinon
27:48il ne faut pas le dire avant
27:48et puis c'est le rayonnement
27:50c'est peut-être la gastronomie
27:51peut-être le dernier endroit
27:52où la France rayonne
27:53encore dans le monde
27:53où la France inspire
27:54et les chefs sont demandés
27:56et puis voilà
27:56donc c'est peut-être
27:58ça rentre beaucoup
27:58en contradiction
27:59avec des valeurs antifascistes
28:02oui parce qu'effectivement
28:04et on voit que c'est aussi
28:06l'objet de crispation
28:07entre les écolos
28:08les antifascistes
28:08de l'assiette etc
28:10il dénonce
28:10ce qu'il fait
28:11le propre de la gastronomie
28:12c'est-à-dire un terroir
28:13une région
28:14une identité
28:15et effectivement
28:16c'est là où vous avez
28:18effectivement
28:19comment dire
28:21les nowhere
28:22et les somewhere
28:23vous voyez
28:23les gens pour qui
28:24la mondialisation
28:25passe aussi par l'assiette
28:27il n'y a pas
28:27de spécialité française
28:29il n'y a pas
28:29de gastronomie française
28:30ce qui est évidemment faux
28:31et d'autres en face
28:33qui peut-être
28:34se crispent davantage
28:35aujourd'hui
28:35à défendre
28:36leur tradition gastronomique
28:37régionale
28:38ou familiale
28:39après on n'est pas obligé
28:40de se servir de la cuisine
28:41pour faire de la provoque
28:42quel que soit le côté
28:43d'ailleurs si vous aimez le cochon
28:44vous avez raison
28:45mais bouffez-le votre cochon
28:46c'est pas une raison
28:47pour expliquer aux autres
28:48que vous êtes content de le manger
28:49parce que les autres ne l'aiment pas
28:50c'est exactement ça
28:51parce que le canon français
28:52je pense qu'il y a une vraie démarche
28:54peut-être
28:54peut-être pas au départ
28:55mais maintenant un peu politique
28:57idéologique
28:58il y en a eu quelques-uns
28:59en tout cas à l'intérieur
29:00de la salle
29:00qui ont été filmés
29:01et qui le revendiquaient
29:02comme tal
29:02mais à la limite
29:03pourquoi le nier
29:04parce que le lupafa
29:05est-ce qu'il se sent créé
29:06à la suite
29:07je crois que c'est assez
29:10concomitant
29:10alors c'est marrant quand même
29:11ces mouvements de résistance
29:13comme ça
29:13ou ces mouvements politiques
29:15qui se jettent sur l'assiette
29:16pour brandir
29:18les étendards politiques classiques
29:20parce qu'on est quand même
29:21dans un moment
29:22de l'histoire de l'humanité
29:23où on n'a jamais mangé
29:24aussi divers
29:26c'est-à-dire que si
29:27n'importe quel habitant
29:28d'une ville
29:29d'agglomération même moyenne
29:30peut manger
29:32cambodgien
29:33vietnamien
29:33italien
29:34etc
29:35et puis s'il a envie
29:36de faire de la cuisine
29:37bistronomique
29:38ou de tradition
29:39on peut le faire
29:40alors pourquoi est-ce que
29:40ça se crispe
29:41à ce moment
29:42où précisément
29:43l'offre elle est
29:44elle est sur la table
29:45j'allais dire
29:46mais elle est très large
29:49spontanément
29:49j'ai envie de vous dire
29:50parce que le niveau baisse
29:52ça baisse partout
29:53ça baisse
29:53le niveau du débat politique
29:55est en dessous de zéro
29:57les gens qui sont censés
29:59animer ce débat politique
30:00ne sont pas plus hauts
30:01et donc on finit par devoir
30:03se rattraper
30:04à ce qu'on peut
30:06et je pense que
30:08la cuisine
30:08est devenue
30:09alors que encore une fois
30:10ça ne l'était pas forcément
30:12est devenue
30:13cet objet
30:13de crispation
30:15à côté de la plaque
30:17et ça correspond
30:19effectivement
30:19à
30:21ça devient l'argument
30:23de ceux qui n'ont plus
30:23d'argument
30:24on se rappelle
30:25la campagne des municipales
30:26vous aviez eu
30:26quelques démonstrations
30:27un tel était content
30:28de montrer qu'il mangeait
30:29un croustipoulé
30:30un autre était content
30:31de montrer qu'il mangeait
30:32un tartare bien français
30:33bon ça vole haut
30:34effectivement Stéphane
30:36non mais il y a peut-être
30:37aussi quelque chose
30:37c'est qu'on est peut-être
30:39allé trop loin
30:40du côté de la cuisine fusion
30:42j'avais envie de vous entendre
30:44là-dessus Emmanuel
30:44c'est vrai qu'il y a eu
30:45une mode au début
30:47des années 2000
30:47où il fallait mettre
30:48de la fusion partout
30:49de la molécule
30:50il fallait mettre
30:50de la molécule
30:51et puis finalement
30:53c'est comme la mondialisation
30:55un peu trop forcée
30:56on n'en a plus trop envie
30:58il y a des mouvements
30:58de balancier inverse
30:59oui c'est ce que je vous disais
31:00tout à l'heure
31:00j'ai l'impression que c'est ça
31:01ces mouvements de balancier
31:02et puis aussi quand même
31:03parce que ce qu'on mange
31:04c'est ce qu'on est
31:05alors donc
31:07la façon dont on parle
31:09la façon dont on vote
31:10la façon dont on s'habille
31:11pourquoi pas
31:11la façon dont on mange
31:12deviendrait aussi politique
31:13moi je suis sûr
31:14mais bon le cochon
31:16est vraiment un exemple
31:17puisque la société
31:18se polarise
31:19pourquoi
31:20vous le voyez dans les commentaires
31:21vous mettez une recette
31:22de cochon en vidéo
31:23par exemple
31:23on vous accuse d'être facho
31:24si jamais vous allez manger
31:25à l'heure
31:26non non pas du tout
31:27ça va encore ?
31:28oui oui ça ça
31:28mais c'est déjà ça
31:30vous voyez que tout n'est pas crispé
31:31moi j'ai toujours dit
31:32depuis 10 ans
31:33que c'était ma viande préférée
31:34parce que c'est vrai
31:35j'aime la charcuterie
31:35donc non non
31:36nous on a quand même
31:37des gens qui aiment la France
31:38et qui aiment
31:39enfin qui rêvent
31:40mais quand je vais filmer
31:41de la cuisine asiatique
31:42tout le monde se réjouit aussi
31:45il y a deux ou trois
31:46bonnes recettes
31:46il faut le reconnaître
31:48il y a même de la cuisine fusion
31:50assez intéressante
31:51aujourd'hui
31:51j'ai découvert un resto
31:53qui faisait de la cuisine
31:53et japonaises et africaines
31:55en fusion
31:55c'est assez étonnant
31:56alors il faut émoner le piment
31:57quand même
31:58ça dépend des palais
31:59mais est-ce qu'il n'y a pas
32:00au-delà
32:01en fait la politique
32:02n'est pas une conséquence
32:03de l'urbanisation
32:04c'est-à-dire que
32:05beaucoup de gens en fait
32:06ne savent plus
32:06comment pousse une carotte
32:08ne savent plus
32:08comment on élève un cochon
32:10comment en fait
32:11ne voient plus le début
32:12à la fin
32:12ce qui n'était pas le cas
32:13il y a peut-être 100 ans
32:14et c'est pourquoi
32:15l'accélération
32:16en tout cas les évolutions
32:18gastronomiques
32:18ont une accélération
32:19énorme depuis un siècle
32:20beaucoup plus
32:21que les siècles d'avant
32:22est-ce que simplement
32:23l'urbain qui a les moyens
32:25de déguster des plats
32:26de restauration
32:26est complètement déconnecté
32:28de la manière
32:28dont ses produits
32:29viennent, sont élevés
32:30sont abattus
32:32et sont cuisinés
32:32et oui sûrement
32:34mais pourquoi
32:34il en ferait quelque chose
32:35de politique ?
32:37parce qu'en fait
32:37il ne voit plus de lien
32:38c'est une déconnexion totale
32:40et donc quand on a
32:40une déconnexion
32:41on essaie de trouver
32:42des histoires
32:43on essaie de raconter
32:43des choses
32:43si les gens sont choqués
32:45par exemple
32:45de voir un animal
32:46une tête de cochon
32:47dans une boucherie
32:48ou une tête de bœuf
32:48c'est parce qu'en fait
32:49ils n'ont jamais vu
32:50un bœuf abattu
32:51ils n'ont jamais vu
32:52dépecer un bœuf
32:53ils n'ont jamais été
32:53dans un abattoir
32:56ou à la campagne
32:58à la fête du cochon
32:58quand on abat un cochon
32:59et qu'on le dépiaute
33:00il y a une rupture totale
33:01en fait entre l'existant
33:03et l'assiette
33:04il n'y a plus de continuité
33:05oui ça c'est sûr
33:06on l'observe aussi
33:07on l'a beaucoup dit
33:08dans les écoles
33:09vous savez les enfants
33:10qui ne savent plus
33:10dessiner les
33:12mais oui peut-être
33:13là je ne sais pas trop
33:14je ne saurais pas réaliser ça
33:15moi non plus
33:15c'est pour ça
33:16je suis un bœuf
33:17c'est Jonathan qui va répondre
33:20Jonathan Sixio
33:21non mais il y a de toute façon
33:22une aseptisation
33:23de la vie en général
33:24à la campagne aussi d'ailleurs
33:25parce qu'il n'y a plus d'animaux
33:27non plus à la campagne
33:27en général quand on ne chasse pas
33:28et à la campagne
33:30regardez à quoi ressemble
33:31la campagne française aujourd'hui
33:32on fait ses courses
33:33au supermarché
33:35donc la vie finalement
33:37s'uniformise
33:39et s'uniformise
33:41à travers l'aseptisation
33:42et néanmoins
33:44il y a cette
33:46je pense
33:47peut-être que je me trompe
33:48mais je le crois
33:48cet attachement
33:50quand on parle de cuisine
33:51aux français en général
33:52la cuisine française
33:53résonne particulièrement
33:56s'est
33:58alimente du moins
33:58des souvenirs
33:59ce genre de choses
34:00et je voulais rebondir
34:01sur ce qu'on disait
34:02justement tout à l'heure
34:03c'est peut-être pas politique
34:04mais identitaire
34:05au sens propre du terme
34:06vous avez un très grand chef
34:07dans la seconde moitié
34:08du 19ème siècle
34:08qui s'appelait Jules Gouffet
34:09et Jules Gouffet disait
34:11que la cuisine était une partie
34:12de notre nationalité
34:14et plus près de nous
34:15un autre grand chef
34:16qui est mort il y a quelques années
34:17c'était Michel Guérard
34:18qui disait que la cuisine française
34:20était une cuisine de civilisation
34:22et
34:24il y a deux cuisines de civilisation
34:25vous parliez de la cuisine asiatique
34:27c'est la cuisine chinoise
34:28quand nous étions encore
34:29chasseurs-cueilleurs
34:30eux avaient des philosophes
34:31et des empereurs
34:32qui écrivaient déjà
34:33des recueils sur la gastronomie
34:35qui théorisaient la gastronomie
34:37nous on est arrivé à la même chose
34:39mais au 19ème siècle
34:40à la fin du 18ème
34:41et surtout au 19ème siècle
34:43à partir d'Antonin Carême
34:45où là on va rentrer
34:47dans cette culture
34:48cette civilisation
34:50de la gastronomie
34:51cette théorisation
34:52cette philosophie de la chose
34:53exactement
34:53et puis c'est devenu
34:54l'image de la France
34:55évidemment
34:55on s'en vante beaucoup
34:56parfois même on énerve
34:57le reste du monde
34:57à force d'en parler
34:58allez restez avec nous
34:59on va parler
35:00parce qu'on est quand même
35:01dans le choc des idées
35:02de totalitarisme alimentaire
35:04ce sont les questions
35:04que posera Stéphane Simon
35:05dans un instant
35:06faut-il arrêter
35:07de surveiller l'assiette des autres
35:08qu'est-ce que ça dit
35:09de l'évolution de notre société
35:10on en parle avec Stéphane Simon
35:11Arthur Devatrigan
35:12avec Emmanuel Jarry
35:14et avec Jonathan Sixou
35:16à tout de suite sur Sud Radio
35:18Sud Radio
35:19le choc des idées
35:20Jean-Marie Bordry
35:21nous sommes en direct
35:22ou presque jusqu'à midi
35:24sur Sud Radio
35:24nous approchons
35:25de l'or du repas
35:26c'est pour ça qu'on parle
35:27de la gastronomie
35:28des traditions françaises
35:29qu'est-ce qu'on met
35:30dans notre assiette
35:30qu'est-ce que ça dit de nous
35:31on est avec Stéphane Simon
35:32Arthur Devatrigan
35:33et nos deux invités
35:34Jonathan Sixou
35:36et Emmanuel Jarry
35:37est-ce qu'on file
35:38vers le totalitarisme alimentaire
35:41Stéphane Simon
35:42oui
35:42on est content
35:43on reçoit Emmanuel Jarry
35:44aujourd'hui
35:45c'est le meilleur
35:46quand c'est bon
35:47non mais c'est aucun
35:48aucun
35:49mais ce que je veux dire
35:50c'est qu'il faut comprendre
35:51d'abord
35:51qu'Emmanuel
35:52dans cette revue
35:53elle parle de cuisine
35:55sans en faire tout un plat
35:57c'est ce que je disais
35:57tout à l'heure
35:58je trouvais que la formule
35:59était adaptée
36:00en fait
36:00ce qui est bien
36:01dans cette revue
36:02et dans ce que vous portez
36:03c'est que vous vous moquez
36:03un peu de l'air du temps
36:04de toutes ces angoisses
36:06contre le gluten
36:07contre les kilos en trop
36:08contre la cuisine en sauce
36:09vous avez vous
36:10une approche
36:11qui est très agréable
36:12qui nous décomplexe
36:13devant l'assiette
36:14et j'aimerais savoir
36:16on va pas citer de noms
36:17mais quand vous entendez
36:18ces députés
36:19x, y ou z
36:20qui nous font la leçon
36:21parce que vous mangez
36:22de la viande
36:22etc
36:22et vous avez pas juste
36:23envie de leur dire
36:24vous pouvez pas vous occuper
36:25de vos choux
36:26comme on disait autrefois
36:27oui oui si si
36:28bien sûr
36:28nous on est
36:30bon moi je regarde pas
36:31comment
36:31enfin j'aime bien
36:32décortiquer
36:32ce que les gens mangent
36:33par curiosité
36:34mais j'en merde personne
36:35et puis si quelqu'un
36:36est végétarien
36:36je suis capable
36:37chez moi
36:37alors que j'adore
36:38le saucisson
36:38le bœuf
36:39et tout ça
36:39de faire un repas végétarien
36:41et donc
36:43dans les libertés
36:44égalité
36:44fraternité
36:45ce que j'aime bien
36:45c'est liberté
36:46quand même
36:46donc je me dis
36:47chacun fait ce qu'il veut
36:48et donc
36:49oui oui
36:50si on a envie de
36:51on avait
36:52on avait fait quelque chose
36:53sur les
36:53sur les barbecues
36:54parce qu'on a une nouvelle rubrique
36:56qui s'appelle c'est meilleur
36:56quand c'est con
36:58on l'a enlevé
36:59parce que je m'étais dit
37:00on n'attaque que d'un côté
37:01j'aimerais qu'on attaque
37:02des deux côtés
37:02mais donc voilà
37:04dans cette rubrique là
37:05qui est une nouvelle rubrique
37:06humour
37:06on essaye un petit peu
37:07justement ce que vous disiez
37:09de décortiquer les travers
37:10de notre époque
37:11et donc dans les courriers
37:12des lecteurs
37:13bon là je les ai plus en tête
37:14je vais pas les lire
37:15mais voilà
37:16on essaye de prendre ça
37:17avec le sourire
37:18parce que c'est pas si grave
37:19que ça a finalement faux
37:20oui mais quand même
37:21surveiller une assiette
37:22est-ce que c'est pas le début
37:23d'une société de surveillance
37:24est-ce que ça tente
37:26ça cache pas une espèce
37:27de tentation totalitaire
37:29finalement
37:29de toute façon
37:30on vit sous le règne
37:31de la peur
37:32de l'hygiénisme
37:34qui est une vague
37:35qui nous est quand même
37:36arrivée depuis un certain temps
37:37en Europe
37:38en provenance
37:39je pense surtout
37:41aux Etats-Unis
37:42et effectivement
37:43le règne de la trouille
37:45passe aussi par
37:45la trouille de l'assiette
37:46on a peur des microbes
37:47on a peur
37:48de ce qui fait grossir
37:49de ce qui est gras
37:50de ce qui est trop sucré
37:51etc
37:51il y a un réel risque
37:52pour certains aliments
37:54de ce qui constitue
37:55la malbouffe
37:55et qui est malheureusement
37:57consommée par une grande majorité
37:58de personnes
37:59en France
38:01mais néanmoins
38:02ça ne devrait pas affecter
38:04l'assiette
38:05déjà
38:05c'est mal poli
38:06de regarder dans l'assiette
38:07du voisin
38:07ah oui ça c'est bien
38:08comme formule
38:09j'adore
38:10et sinon après
38:11effectivement
38:11il y a des comportements
38:14alimentaires
38:14des décisions alimentaires
38:15comme le
38:16ne pas manger de viande
38:17par exemple
38:18vous savez
38:18le chef
38:19dans la règle du jeu
38:20de Renoir
38:21il dit
38:21dans ses cuisines
38:22j'accepte les régimes
38:23mais pas les manies
38:25et je pense
38:25qu'on peut l'appliquer
38:27après il y a des recettes
38:28aussi qui ne se font plus
38:29y compris
38:29parce qu'elles étaient
38:30mauvaises pour la santé
38:31la cervelle au beurre noir
38:32qui se faisait
38:32il y a quelques décennies
38:33c'est cancérigène
38:34l'Elderet aussi
38:36par exemple
38:36c'est le beurre noir
38:37qui est cancérigène
38:38c'était sûrement très bon
38:39mais du coup
38:39on ne va peut-être pas
38:39aller
38:40c'est un peu dommage
38:42Arthur de Vatrigan
38:43dans le Valrou
38:44tout ce qui est bon
38:44est très mauvais
38:45malheureusement
38:47est-ce que le bien manger
38:48parce que quand on entend
38:49le bien manger
38:49aujourd'hui c'est quoi
38:50c'est gluten
38:51on ne va pas prendre
38:52de la farine de blé
38:52on va prendre du pitié potre
38:54on va prendre du sucre
38:55non raffiné
38:55tout ça
38:56mais en fait
38:56c'est des choses
38:57qui coûtent très cher
38:58est-ce que le bien manger
38:59ce n'est pas un marqueur
38:59de classe aujourd'hui ?
39:02oui
39:02mais là par exemple
39:04on vient de partir
39:05pendant une semaine
39:06en région Verne-Rhône-Alpes
39:07en quête du bien manger
39:09parce qu'il y a un festival
39:09à Lyon
39:10dans trois semaines
39:10le festival du bien manger
39:11et donc on s'est demandé
39:13est-ce qu'on pouvait
39:13bien manger à grande échelle
39:16alors moi je réponds autrement
39:17par qu'est-ce que c'est
39:18que bien manger
39:19c'est manger local
39:20vraiment
39:20et donc d'abord
39:21manger français
39:22et ensuite là
39:23on était en Auvergne-Rhône-Alpes
39:24on est allé voir des gens
39:25qui...
39:26alors par exemple
39:26les ravioles
39:27les fameuses ravioles
39:28du Dauphiné
39:28c'est des industriels
39:30ils ne prennent que
39:30des produits 100% français
39:3190% Verne-Rhône-Alpes
39:33et c'est 2 euros
39:33la portion de ravioles
39:35par personne
39:35donc voilà
39:36on peut manger
39:36et c'est industriel quand même
39:38donc ça peut être bon
39:39et industriel
39:39toute la France
39:40on les trouve
39:41dans tous les supermarchés
39:42donc ça peut être bon
39:43si on considère que le bien manger
39:44c'est de manger local
39:46parce que c'est quand même
39:47intelligent de manger
39:48ce qui est à côté de chez soi
39:49plutôt que de très loin
39:50donc oui je pense que
39:51c'est un marqueur social
39:52mais je pense qu'il y a des solutions
39:53il faut un petit peu
39:54se pencher sur la question
39:55ça ne vient pas comme ça
39:56mais aujourd'hui
39:56dans les supermarchés
39:57comme vous disiez Stéphane
39:58tout à l'heure
39:59on a voulu aussi
40:01parler des produits
40:02d'agroalimentaire
40:03pas que des produits d'artisans
40:04même si on adore ça
40:05mais parce qu'il en faut
40:05pour tout le monde
40:07on trouve quand même
40:08des choses
40:10les industriels
40:10se mettent un peu au diapasant
40:11quand même
40:12il y a des bonnes choses
40:13donc
40:14il y a une manière
40:15de faire de la politique
40:16dont vous rappelez Jonathan
40:18qui est assez amusante
40:20c'est que
40:20aussi on peut
40:22devenir un bienfaiteur
40:23la légende d'Henri IV
40:25c'est juste parce qu'il a
40:26imposé la poule au pot
40:27le week-end
40:28qui est devenue
40:29après le poulet rôti
40:30donc la politique
40:31même si on n'aime pas
40:33qu'elle se moque
40:34de ce que l'on a
40:34dans notre assiette
40:35elle n'est jamais très loin
40:36finalement de l'alimentaire
40:38oui
40:38et il est un point
40:41que nombreux
40:42pour ne pas dire
40:43la totalité
40:43des chefs d'état
40:44aujourd'hui dans le monde
40:46ont hérité
40:47de la table française
40:48on le doit à Talleyrand
40:49qui invente
40:50le repas de travail
40:51jusqu'à Talleyrand
40:52donc jusqu'aux années
40:521800-1820
40:55le festin
40:57est organisé
40:58pour marquer
40:58un événement
40:59le passage
40:59d'un avant
41:00à un après
41:02Talleyrand
41:02organise
41:03ce qu'on appelle
41:03aujourd'hui
41:04le déjeuner de travail
41:04qui peut être aussi
41:06un dîner
41:06on prépare
41:07l'événement
41:08à table
41:08en mangeant
41:09ce qui peut faciliter
41:10les échanges
41:11ça met de bonne humeur
41:12événement qui sera
41:13ensuite célébré
41:14par un festin
41:15mais le repas
41:16politique
41:17le repas diplomatique
41:18est inventé
41:19par Talleyrand
41:20au début
41:20du 19ème siècle
41:21donc ça
41:22c'est effectivement
41:23un prodige français
41:25dirais-je
41:25quant à Henri IV
41:26on parle évidemment
41:27de la fameuse
41:27poule au pot
41:28mais le royaume
41:29est dans un état épouvantable
41:30après les guerres de religion
41:32et il va entamer
41:34un vrai travail
41:35avec des agronomes
41:36à travers tout le pays
41:38et avec Sully
41:39son fidèle ministre
41:41vous savez
41:41la fameuse phrase
41:42de pâturage
41:43et l'élaborage
41:44sont les deux mamelles
41:45de la France
41:46et ils vont commencer
41:48à assécher les marées
41:49à prendre aux paysans
41:50qui ne le savent pas
41:51très bien alors
41:51à respecter les terres
41:53etc.
41:54Oui
41:54il était bien
41:55on calme une guerre civile
41:57en fin de compte
41:57en parlant de gastronomie
41:58c'est très français
42:01on arrive à la fin
42:02de cette émission
42:03et on approche
42:04de l'heure du déjeuner
42:05tout le monde a faim
42:05en nous écoutant
42:07Emmanuel Jarry
42:07vous allez nous proposer
42:08une recette de taboulet
42:09qui est dans votre magazine
42:10c'est meilleur
42:11quand c'est bon
42:12pourquoi le choix
42:13du taboulet d'abord ?
42:14parce qu'on croit
42:15que c'est une recette
42:15triviale et sans intérêt
42:17on se dit
42:17pourquoi elle nous donne ça
42:18on ne va pas acheter
42:18sa revue pour cette recette
42:19alors que pas du tout
42:21cette recette
42:22il y a de la pastèque
42:23il y a de la fraise
42:23de la menthe fraîche
42:24de la groseille
42:25on revisite vraiment
42:26le taboulet
42:27et je vous assure
42:28que si vous faites cette recette
42:29vous allez penser
42:31plus au taboulet de la cantine
42:32pas bon
42:33au bon taboulet
42:34on donne des recettes simples
42:35je le dis d'autant plus
42:36que ce n'est pas moi
42:36qui l'ai fait
42:37c'est le génial
42:37Jean-François Mallet
42:38l'auteur des livres simplissimes
42:39et les photos en plus
42:40sont hyper belles
42:41ça donne ça
42:42voilà
42:42donc il y a la salade croustillante
42:44au poulet rôti par exemple
42:45avec des chips
42:45et des framboises
42:46j'ai vu à côté
42:47et des framboises
42:47la sauce de framboises
42:48c'est exotique quand même
42:49game changer
42:50qui change la donne
42:51exactement
42:51voilà
42:52c'est à découvrir
42:53dans cette revue
42:53c'est meilleur quand c'est bon
42:54le dernier numéro
42:55avec une nouvelle formule
42:56allez les recettes aussi
42:57dans l'ouvrage
42:58de Jonathan Sixxou
43:00exactement
43:01Jonathan Sixxou
43:02triomphé en festin
43:02une histoire de France
43:03en 20 repas
43:04c'est chez Perrin
43:05vous allez nous parler
43:05de votre recette
43:06de pied d'éléphant
43:07qui date du siège de Paris
43:08par les Prussiens
43:08en 1870
43:09oui
43:10alors c'est pas une recette
43:11qu'on peut faire ce dimanche
43:12pour le manger tout de suite
43:13parce que vous pouvez la préparer
43:15le samedi soir
43:16pour le dimanche prochain
43:17il faut cuire longtemps
43:18ça cuit une dizaine d'heures
43:19vous fendez le pied d'éléphant
43:21dans la longueur
43:21vous le faites blanchir
43:22et puis après
43:23vous le faites braiser
43:24avec une rasade d'alcool
43:27des gousses d'ail
43:28et vous scellez bien le couvercle
43:31et vous mangez ça
43:32avec des petits piments
43:34que vous avez bien fait griller à côté
43:35c'est une recette
43:37du café anglais
43:37le célèbre restaurant
43:38des Grands Boulevards
43:39ne faites pas ça chez vous
43:40évidemment
43:41d'abord on n'a pas le droit
43:42de tirer sur les éléments
43:43et ensuite
43:44c'est ce que les Parisiens mangeaient
43:45quand il n'y avait plus rien à manger
43:46pendant le siège de la ville
43:47en 1870
43:48merci beaucoup
43:49Jonathan Stixou
43:51celui dans lequel on apprend
43:52beaucoup de choses
43:52triompher en festin
43:53une histoire de France
43:54en 20 repas
43:55c'est publié
43:56chez Perrin
43:57merci à vous également
43:58Emmanuel Jarry
43:58je rappelle votre revue
44:00dernière formule
44:01nouvelle formule
44:02c'est meilleur
44:02quand c'est bon
44:03vous avez testé
44:0450 glaces
44:05et aussi
44:05le top des chips
44:07puisqu'on parle de chips
44:08et de patates
44:08je vous recommande
44:09l'excellent bouquin
44:10de notre ami
44:11Vincent Fergnot
44:12qu'on embrasse très fort
44:13on veut des patates
44:15là aussi
44:15vous avez toutes les recettes
44:16possibles et imaginables
44:17de patates
44:18c'est chez Albin Michel
44:19de mémoire
44:20et on l'embrasse
44:21encore très fort
44:22Stéphane Simon
44:22je vous dis à bientôt
44:24Arthur Devatrigan
44:25également
44:26continuez à lire
44:27l'incorrect
44:27c'est dans vos kiosques
44:28avec cette une
44:29Dantec par Houellebecq
44:30c'est à découvrir
44:31dans le dernier numéro
44:32de l'incorrect
44:32la suite de votre journée
44:33c'est la vie devant nous
44:35avec Laurent Permas
44:37on va parler notamment
44:39du vieillissement
44:40dans les villes
44:40d'Île-de-France
44:41vous verrez
44:41on va vous donner
44:42deux ou trois astuces
44:43avec un maire
44:44juste après les infos
44:45bon dimanche
44:45et puis bon appétit
44:46de l'incorrect
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