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  • il y a 1 heure
Alexandre Devecchio, auteur de 'Nous vivions côte à côte' est l'invité du choc des idées

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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-02-22##

Catégorie

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News
Transcription
00:01Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Bienvenue à tous sur Sud Radio dans votre nouveau rendez-vous de 11h à midi le dimanche.
00:08Sur Sud Radio, nous donnons la voix, la parole plutôt, à une voix forte.
00:12Une voix qui n'a pas peur de déranger, notamment par ses idées.
00:16Aujourd'hui, c'est une voix que je vais vous présenter, que vous connaissez bien en fait, sur Sud Radio.
00:20Parce que vous l'avez déjà entendu.
00:21Pour l'interroger, mes deux acolytes du dimanche, Arthur Devatrigan, bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Directeur du magazine L'Incorrect, que vous pouvez retrouver dans nos kiosques d'ailleurs.
00:31Nous sommes également avec Stéphane Sibon.
00:33Bonjour à vous.
00:34On va parler de la banlieue.
00:36On va parler des territoires dits perdus de la République.
00:39Qu'est-ce qui a changé en 20 ans ?
00:41On va vous raconter avec notre invité l'itinéraire d'un petit blanc de banlieue.
00:44C'est comme ça qu'il se présente.
00:46Il s'agit d'Alexandre Devecchio.
00:47Bonjour à vous.
00:48Bonjour Jean-Marie.
00:49Ravie de vous retrouver sur Sud Radio, Alexandre.
00:52Vous publiez Nous vivions côte à côte.
00:55Chez Fayard, je le disais, itinéraire.
00:57D'un petit blanc de banlieue.
00:59Vous nous racontez comment vous avez grandi en banlieue.
01:01Comment petit à petit vous vous sentiez de moins en moins chez vous.
01:04On y reviendra.
01:05Et comment justement le vivre ensemble qui n'existait pas déjà à l'époque
01:09est devenu en plus un encore plus lointain souvenir aujourd'hui.
01:12On y viendra.
01:13Mais avant ça, je vous propose d'écouter la carte blanche d'Arthur Devatrigan.
01:17Oui, je voudrais revenir sur leur meurtre sauvage et barbare de Quentin, évidemment.
01:24Alors, il y a les coupables, ceux qui ont lâché, chassé, lynché et tué.
01:28Ils seront condamnés.
01:30Il y a les autres.
01:31Toute une chaîne de responsabilités sans qui ce meurtre affreux n'aurait peut-être pas eu lieu
01:35et qui risquent, eux, de s'en sortir.
01:38Alors, tout d'abord, ceux qui ont tué sauvagement des membres de la milice d'extrême-gauche,
01:42les antifas de la jeune garde.
01:43On avait toute la semaine une petite rhétorique reprise en cœur par beaucoup.
01:47Beaucoup trop de personnes, à mon goût, se mettent en place.
01:50Ces antifas auraient usé de méthode fasciste.
01:53Ils auraient déshonoré la lutte antifasciste en lâchant un jeune homme d'extrême-droite.
01:57En fait, bien au contraire, ils ont été fidèles.
01:59Fidèles à leur histoire, fidèles à leur modèle, fidèles à leur ancêtre,
02:03fidèles à leur méthode, fidèles à leur objectif,
02:05qui ont fait couler beaucoup plus de sang que le fascisme lui-même.
02:09Fascisme qui, je rappelle, sans justifier, était une réponse au bolchevisme.
02:13Alors, quelles sont leurs méthodes ?
02:14L'ultra-violence, la lâcheté et le déshonneur.
02:17Ils attaquent masqués, en surnombre, par surprise,
02:20tout en filmant les lynchages comme les islamistes filment leurs massacres.
02:24Mais une fois le visage découvert, ils chouinent comme des bébés qui ont sali leur couche
02:27et fuient leurs responsabilités, comme Jean-Eli Favreau, l'ami, le bras droit
02:31et l'attaché parlementaire du député LFiste, fiché S et condamné, Raphaël Arnaud.
02:37Et ensuite, il y a les autres, tous les autres.
02:39La France insoumise, évidemment, qui a offert à ces barbares une légitimité,
02:43et qui, même les jours qui ont suivi le massacre de Quentin,
02:46ont continué à provoquer, à inverser l'accusation et à user de contorsions intellectuelles
02:50pour dire qu'il n'y avait aucun lien entre eux et l'assassin.
02:53L'amputation de la honte se patrie qu'à la chaîne dans le parti de Jean-Luc Mélenchon.
02:57Ensuite, il y a ceux qui ont permis l'impunité, comme des magistrats,
03:01qui condamnent ou ont condamné à du travail d'intérêt général
03:03les antifas qui ont tabassé la future députée UDR, Anand Mansouri,
03:07qui était alors, à l'époque, membre de l'Uni.
03:10Et puis, il y a une grande partie des médias, de l'IB au monde,
03:13en passant par l'audiovisuel public, Politis et le Canard Enchaîné, et d'autres.
03:16Les princes du contre-feu, prêts à tous les feux d'artifice,
03:19comme il l'avait déjà fait lors de l'assassinat de Charlie Kirk aux Etats-Unis.
03:22Ils sont prêts à tout pour aider leurs amis, en osant parler de Rix,
03:25en n'hésitant pas à salir la mémoire d'un mort,
03:27en se vautrant dans l'animité la plus obscène,
03:29pour affirmer que Quentin était un néo-nazi,
03:31ou un militant d'extrême droite pour les plus mesurés.
03:34Et puis, il y a les politiques, toute la gauche, jusqu'au centre-gauche,
03:37et même un peu plus, qui ont, depuis bien trop longtemps,
03:40abandonné le champ politique pour suivre la morale,
03:42c'est-à-dire le combat du bien contre le mal.
03:44Et pour deux raisons, au moins.
03:46D'abord, politicienne, depuis 2012,
03:48la marge radicale est devenue le centre de la gauche,
03:51elle est devenue la matrice, ce sont les autres qui se rallient,
03:54et le parti de Mélenchon est devenu donc incontournable,
03:57tout comme la jeune garde, sa jeune alliée.
03:59Et je rappelle qu'elle organisait des formations d'autodéfense
04:01pour Europe Écologie et les Verts, pour la CGT,
04:04qu'elle menait des actions conjointes avec la mairie de Lyon,
04:06qu'elle organisait partout des services d'ordre,
04:08et qu'elle était même un soutien officiel
04:09sur la fiche de campagne législative d'un ancien président,
04:12François Hollande, en 2022.
04:14Et tous ces gens connaissaient leurs actions, leurs méthodes,
04:17ils les ont acceptées,
04:18prouvant que leurs différences n'étaient pas de nature,
04:20mais juste de degrés.
04:22Et enfin, il y a une raison autologique.
04:24La gauche croit que le mal ne traverse pas le cœur de l'homme
04:26et qu'il est dans la société,
04:28et que si on débarrasse donc la terre de ces mauvaises structures,
04:30le paradis arrivera.
04:32Et le paradis vaut bien quelques massacres,
04:35comme on l'a vu, par exemple, en 1793 période,
04:38on se réclame encore la France insoumise,
04:39qui se balade avec la tronche de Robespierre en pendentif.
04:42C'est le principe donc de la nazification.
04:44Celui qui pense différemment n'est pas un adversaire,
04:47c'est un ennemi,
04:47comme si pour la gauche,
04:48un homme n'a de dignité que s'il est de gauche.
04:51Et ça commence par refuser de serrer la main
04:53au Benjamin de l'Assemblée nationale
04:55parce qu'il a l'étiquette du RN,
04:56comme Madame Pannier-Runacher,
04:58et ça finit en massacre sur le bitume.
05:00Oui, une forme de continuum, en gros,
05:03entre le discours et les violences dans la rue
05:05que vous dessinez, Arthur de Vettrigan.
05:07Alexandre Devecchio, une réaction ?
05:10Oui, effectivement,
05:13un continuum, ça a été dit,
05:15et surtout une institutionnalisation de l'extrême-gauche.
05:18Je pense que le fait nouveau
05:19n'est pas que l'extrême-gauche soit violente.
05:21On fait semblant de l'oublier,
05:23mais il n'y a pas si longtemps,
05:25Action Directe faisait coller le sang en France.
05:27On pourrait citer les brigades rouges en Italie,
05:30la bande à Bader en Allemagne,
05:32mais jusque-là, la gauche parlementaire,
05:34il y avait une forme, malgré tout,
05:36de cordon sanitaire,
05:38même s'il y avait une complaisance idéologique.
05:39Là, en réalité, on a un député LFI
05:44qui est encore quasiment un membre actif
05:47d'un groupuscule antifasciste.
05:50Officiellement dissous, d'ailleurs, je rappelle.
05:51Oui, qui par ailleurs est censé être dissous,
05:53et dont les deux attachés parlementaires
05:56sont apparemment impliqués dans le crime.
06:00Donc c'est quand même un basculement important
06:03de voir la gauche institutionnaliser
06:07des groupuscules extrémistes et violents.
06:11Des appels à la démission de Raphaël Arnaud
06:14se sont multipliés,
06:14ou du moins à son exclusion du groupe
06:16La France Insoumise et l'Assemblée Nationale,
06:17ce que le coordinateur du mouvement,
06:18Manuel Bompard, a refusé publiquement.
06:20Est-ce que pour vous,
06:21il aurait dû démissionner de lui-même ?
06:23Ce qui est intéressant, c'est la stratégie de LFI
06:26qui n'est pas du tout une stratégie
06:27de faire profil bas,
06:28de faire amende honorable.
06:29On aurait pu imaginer qu'il s'excuse,
06:33qu'ils ont condamné...
06:35Si on est juste, quand même, et exhaustif,
06:37pour le coup, ils ont condamné les violences,
06:41publiquement, malgré tout, assez tôt,
06:43en disant qu'ils regrettaient profondément
06:45ce qui s'était passé,
06:46et en critiquant et en fustigeant
06:47les violences de la jeune garde.
06:48Oui, enfin, moi, j'ai vu le meeting
06:50de Jean-Luc Mélenchon.
06:51On est d'accord.
06:52Il a commencé par s'excuser
06:54pour expliquer que c'était lui qui l'agressait.
06:56Donc, moi, ce que j'ai surtout vu,
06:57c'est une inversion accusatoire
07:00qui me paraît extrêmement, quand même, étrange.
07:04Et moi, je pense que c'est le résultat,
07:06au-delà de LFI, effectivement,
07:08et ça a été très bien dit par Arthur de Vatrigan
07:10dans son parti pris,
07:12c'est le résultat de la désimmunisation
07:14et de la fascisation de l'adversaire.
07:16Et cette fascisation, du coup,
07:17n'est pas seulement le fait de LFI
07:20qui va plus loin,
07:21qui assume quasiment la violence,
07:23même s'ils se sont excusés,
07:26mais de manière ambiguë.
07:27Mais les autres ont aussi une responsabilité
07:29parce qu'à partir du moment
07:30où vous désignez votre adversaire
07:32comme un nazi,
07:33effectivement, on peut imaginer
07:34que la violence est légitime
07:35face à l'Asie.
07:35Si c'est la bête immonde,
07:36que la bête meurt, en d'autres termes.
07:38Allez, tout de suite,
07:39on va revenir sur votre ouvrage
07:40qui a dévoré, pour le coup,
07:42c'était le film.
07:42Absolument.
07:43Nous vivions côte à côte.
07:45Voilà, aux éditions Fayard,
07:47sous-titrées
07:48« Itinéraires d'un petit blanc ».
07:49C'est une chronique subjective.
07:52C'est celle d'une jeunesse
07:54pavillonnaire à Épinay-sur-Seine.
07:56C'est votre jeunesse.
07:58C'est aussi celle
07:59où vous avez pu assister
08:00à la montée des communautarismes
08:02et du monde qui se ghettoïse.
08:04Vous l'écrivez,
08:04c'est une contre-histoire des banlieues,
08:06mais c'est aussi l'histoire
08:08d'une déconnexion progressive
08:10entre les élites
08:11et le peuple des petits français.
08:12Élite politique ou médiatique,
08:14d'ailleurs, on y reviendra.
08:16Vous espérez encore
08:17une réconciliation possible.
08:19On y reviendra aussi.
08:20Mais on va remonter le temps.
08:23Vous êtes donc né
08:23à Épinay-sur-Seine
08:24il y a 40 ans tout juste
08:26quand vous avez commencé
08:27à comprendre
08:27que cette jeunesse
08:28n'était pas une jeunesse commune.
08:30Je voudrais savoir
08:31ce qui a déclenché chez vous
08:33la perception
08:34que quelque chose
08:35était cassé dans cette banlieue.
08:36Est-ce que c'est
08:37le lendemain du 11 septembre 2001
08:39où ça ricanait en classe
08:41comme vous l'écrivez
08:42plutôt que de faire le silence ?
08:44Ça, c'est faire en réalité
08:46le glissement par petites touches.
08:47C'est ce que j'explique
08:48dans le livre.
08:50Il y a eu différentes étapes
08:52mais on ne s'est pas rendu compte
08:53tout de suite
08:54du basculement.
08:55Les élites ont été
08:56réellement aveugles.
08:57Je pense que les classes populaires
08:59ont sonné l'alerte
09:00ne serait-ce que par leur vote
09:02depuis longtemps.
09:03Mais tout de même,
09:04même en étant
09:05sur le terrain
09:06au cœur du volcan
09:07d'une certaine manière,
09:09on n'a pas vu tout de suite
09:10le basculement.
09:12Il y a d'abord eu
09:12la montée des violences.
09:14Si Jean-Marie Le Pen
09:15est au second tour en 2002,
09:17ce n'est d'ailleurs pas un hasard.
09:18Et ensuite, effectivement,
09:19le basculement islamiste
09:21et le 11 septembre
09:22est une étape
09:23et une étape intéressante.
09:24Vous l'avez rappelé,
09:25je suis à l'époque
09:26au lycée Suger
09:27à Saint-Denis
09:28entre les francs-moisins
09:29et les 4000,
09:30deux cités
09:32plus que sensibles.
09:34Et le lendemain
09:35du 11 septembre,
09:36on a un cours.
09:37Le premier cours le matin
09:37est un cours d'anglais
09:38fait par une professeure américaine
09:40qui a de la famille
09:41à New York,
09:42qui est inquiète
09:42parce qu'une partie
09:45de sa famille
09:45n'a pas une nouvelle
09:46et elle craint même
09:47pour leur vie
09:48ou elle craint
09:49qu'ils soient blessés.
09:50Et effectivement,
09:51ça ricane
09:52et c'est même intéressant.
09:53Il y a aussi tout de suite
09:54la comparaison
09:54avec les morts en Palestine.
09:57Certains élèves disent
09:57pourquoi on s'intéresse
09:58tellement au 11 septembre
10:00alors que les Américains
10:01tuent des Palestiniens.
10:03Donc, c'était intéressant
10:05de se replonger
10:06dans cette époque-là
10:06parce qu'on voit bien
10:07que la rhétorique
10:08post-7 octobre
10:09ne date pas en réalité
10:11du 7 octobre.
10:12Mais à l'époque,
10:13je ne me rends pas
10:14forcément compte.
10:15Je dis même
10:16d'une certaine manière
10:17c'est le côté
10:18anti-américain
10:20des Français.
10:21J'y vois
10:22presque une preuve
10:23d'intégration.
10:24Donc, je ne comprends pas
10:26tout de suite
10:28de quoi il s'agit
10:29même si tout de même
10:30la minute de silence
10:31est également...
10:32Elle n'est pas perturbée
10:33mais certains
10:34ne la font pas.
10:35Et puis,
10:36ce qui nous frappe
10:37en banlieue,
10:38c'est l'apparition
10:39des voiles.
10:40C'est-à-dire que
10:41la question de l'islam
10:42n'est pas vraiment
10:42une question à la cantine.
10:44Certains ne mangent pas
10:45de porc
10:45mais c'est une habitude
10:46alimentaire
10:47et ils n'ont pas
10:47de revendications identitaires.
10:49Il y a des voiles
10:50mais ça reste marginal
10:51et on voit
10:52après le 11 septembre
10:53la multiplication
10:54des voiles
10:55voire même
10:55des voiles
10:56intégraux
10:56ce qu'on ne voyait pas
10:57avant
10:58et c'est quand même
10:58très surprenant
10:59parce qu'on peut se dire
11:00qu'après le 11 septembre
11:02justement,
11:02les musulmans français
11:04pourraient se dire
11:05qu'ils vont justement
11:06se démarquer
11:07de toute expression
11:08un peu radicale
11:10de leur religion.
11:13Et c'est exactement
11:13le contraire
11:15qui se produit
11:15parce que je crois
11:16que certains
11:17s'emparent justement
11:18de l'islam
11:18comme un essendard
11:19et manifestent
11:20leur fierté
11:21après le 11 septembre
11:23justement
11:23que leur civilisation
11:25ait attaqué
11:26l'Occident.
11:27Donc c'est quand même
11:28un premier symptôme
11:29d'une forme d'hostilité
11:30à la civilisation occidentale
11:32et à la France.
11:34Effectivement.
11:34On va y revenir justement.
11:35Qu'est-ce qui s'est passé ?
11:36Le basculement a-t-il été progressif
11:38le 11 septembre ?
11:39La seconde intifada aussi
11:40qui a eu beaucoup d'effet
11:42sur l'état d'esprit
11:43de vos voisins
11:44parfois de vos camarades de classe.
11:45Exactement.
11:45On va revenir dans vos souvenirs
11:47Alexandre Devecchio
11:47dans un instant
11:48et se demander
11:49justement pourquoi
11:50certains banlieues
11:52sont partis à la dérive.
11:53A tout de suite
11:53sur Sud Radio
11:54dans le Choc des idées.
11:57Sud Radio
11:58Le Choc des idées
11:59Jean-Marie Bordry
12:00Bienvenue sur Sud Radio
12:01dans Le Choc des idées
12:02votre émission du dimanche
12:03de 11h à midi
12:04avec Stéphane Simon
12:05et Arthur Devatrigan
12:06et notre invité
12:07une voix qui n'a pas peur
12:08de déranger par ses idées
12:09nous sommes avec
12:10Alexandre Devecchio
12:11qui publie chez Fayard
12:12Nous vivions côte à côte
12:14itinéraire
12:15d'un petit blanc de banlieue
12:17c'est comme ça
12:18qu'il le présente
12:19votre adolescence
12:20à Saint-Denis
12:21au lycée Suger
12:22qu'est-ce qui fait
12:23que le regard
12:24de vos camarades de classe
12:26a changé pour vous ?
12:28Je ne sais pas
12:29si c'est tellement
12:30leur regard
12:32très honnêtement
12:33je raconte
12:34cette période
12:35même avec une pointe
12:36de nostalgie
12:37parce que tout
12:38n'était pas négatif
12:39je raconte
12:40mon enfance
12:41où il y avait
12:42je le répète
12:43des violences
12:44le problème
12:45des racailles
12:46mais aussi
12:46une forme
12:46de cohabitation pacifique
12:48simplement
12:49le paysage
12:50va changer
12:50par petites touches
12:52l'aggravation
12:52des violences
12:54la montée
12:55du communautarisme
12:56l'islamisation
12:57et le sentiment
12:59peut-être
12:59et c'est encore plus vrai
13:01pour mes parents
13:01qui vivent toujours
13:02à Épinay-sur-Seine
13:03d'être étrangers
13:05chez soi
13:06avec parfois
13:07une forme
13:08d'hostilité
13:09que tous mes camarades
13:11ne manifestaient pas
13:12mais que j'ai pu
13:13ressentir
13:14je raconte
13:15cette anecdote
13:16durant un match
13:18de foot
13:19de l'Algérie
13:20où la ville
13:21est aux couleurs
13:22de l'Algérie
13:22et où la joie
13:23qui se manifeste
13:24n'est pas seulement
13:25une joie
13:25pro-algérienne
13:27après une victoire
13:27au foot
13:28qu'à la limite
13:28je pourrais comprendre
13:30si ce sont des individus
13:32qui ont une origine algérienne
13:33mais on voit bien
13:34que dans cette joie
13:35il y a aussi
13:35une forme d'hostilité
13:36je suis disons-le clairement
13:38le seul blanc
13:38dans la rue
13:39et on me regarde
13:40et on crache par terre
13:42sur mon passage
13:43donc ça
13:44ça dit
13:44ça dit quelque chose
13:46effectivement
13:46de petit blanc
13:47ou simplement
13:48de français d'origine
13:50immigrés
13:51qui sont intégrés
13:53et qui ont été
13:54regardés
13:55comme étrangers
13:57tout simplement
13:58parce qu'ils voulaient
13:59conserver les mœurs
14:00la culture
14:01le mode de vie français
14:02Stéphane Simon
14:02Oui
14:03cette histoire
14:04de la banlieue
14:04votre histoire
14:06c'est aussi celle
14:07de la montée
14:07de la violence
14:08et de l'islamisme
14:09on l'évoque
14:11mais c'est aussi
14:12quelque chose
14:12de très personnel
14:13vous avez été
14:14dans votre chair
14:15agressé
14:16vous racontez
14:17votre agression
14:17comment vous avez été
14:18passée à tabac
14:19votre mère aussi
14:21s'est fait agresser
14:21elle a été volée
14:22c'est ça le quotidien
14:24d'Épinay-sur-Seine
14:25dans votre jeunesse
14:26Très franchement
14:27je ne veux pas faire
14:27de sensationalisme
14:29on a parlé de Quentin
14:30au début des émissions
14:31elle a été réellement
14:32passée à tabac
14:32moi j'ai été agressé
14:34c'est vrai par plusieurs personnes
14:35ça n'a pas du tout été
14:37un traumatisme
14:38mais malheureusement
14:38c'est quelque chose
14:39d'assez banal
14:41également pour ma mère
14:42qui pareil que moi
14:43si on est sorti
14:44sans trop dégratignures
14:45avec quelques dégratignures
14:47pour être exact
14:48et qui n'en a pas été
14:49traumatisé à la vie
14:50mais tout le quartier
14:51toutes les femmes
14:52du quartier
14:53ont été
14:54ou toutes
14:54il y en a peut-être
14:55certaines qui ne l'ont pas été
14:55mais enfin
14:56beaucoup de femmes du quartier
14:57ont été agressées
14:58de la même manière
14:59est-ce que c'est normal
15:00que dans notre pays
15:01parce qu'elle allait faire
15:02ses courses
15:03elle est revenue
15:05avec ses courses
15:07un peu tard
15:07elle s'est fait voler
15:08ce qu'elle avait sur elle
15:09et ses courses
15:11et moi c'est pareil
15:12c'était pour me voler
15:13mon portefeuille
15:13cela dit
15:14c'était pour me voler
15:14mon portefeuille
15:15mais là encore
15:16il y avait le sentiment
15:18d'être un intrus
15:19sur un territoire
15:21où je ne devais
15:21pas être
15:22parce que
15:23je n'avais rien
15:24dans mon portefeuille
15:26et tout de suite
15:27on m'a demandé
15:27d'où je venais
15:28c'était à Saint-Denis
15:29j'allais au lycée
15:30quand j'ai dit
15:31que j'étais d'épinée
15:32ça a aggravé
15:34mon cas
15:35j'avais l'impression
15:36d'être un intrus
15:38donc ça
15:38ça dit quelque chose
15:39d'un quotidien
15:40qui est quand même
15:40pourri par les violences
15:42mais si j'ai voulu revenir
15:43sur ces deux agressions
15:44ce n'est pas tellement
15:45pour me plaindre
15:46ou dire que ça avait été
15:48un grand traumatisme
15:49mais pour montrer aussi
15:50les mécanismes
15:51par lesquels passe la colère
15:52je raconte après
15:54mon agression
15:55comment mon père
15:56s'en prend au CPE
15:57du lycée
15:58qui est d'origine maghrébine
15:59le conseiller principal
16:01d'éducation
16:01qui très franchement
16:02n'y est pour rien
16:03et je suis un peu gêné
16:04d'ailleurs mon père
16:05n'est pas comme ça
16:07ne juge pas les gens
16:08sur leur couleur de peau
16:09mais le conseiller principal
16:12d'éducation
16:13lui dit
16:13je ne vous cache pas
16:14que ce sont des arabes
16:15qui ont fait ça
16:15et mon père lui dit
16:16vous n'aviez pas besoin
16:17de me le dire
16:18et maintenant j'en ai marre
16:18je vais voter Le Pen
16:19ce que d'ailleurs
16:20il ne fera pas
16:21mais on est en deux
16:22ce qui est intéressant
16:22c'est qu'on est en 2002
16:23et que beaucoup le feront
16:25et ce ne sont pas
16:26des gens fondamentalement
16:27racistes
16:27mais ce sont des gens
16:28qui en ont ras-le-bol
16:29parce que leur quotidien
16:30chance
16:31parce qu'ils veulent vivre
16:31de manière pacifique
16:34dans leur pays
16:34paisiblement
16:35tout simplement
16:38je ne sais plus
16:38il était un peu gêné
16:42franchement c'était
16:42quelqu'un de très gentil
16:43qui avait plutôt essayé
16:44d'apaiser la situation
16:46la vraie coupable
16:47pour le coup
16:47était la directrice
16:49je dirais
16:49de l'établissement
16:50qui n'avait pas
16:50et je pense que c'était
16:51la raison de la colère
16:52de mon père en partie
16:53qui n'avait pas voulu
16:54le recevoir
16:54il se trouve
16:55que j'étais agressé
16:56dans une rue proche
16:57de l'établissement
16:58et je n'étais pas le premier
16:58il y avait même
16:59des professeurs d'agressé
17:00et la directrice
17:01n'a jamais
17:03on était dans le pannevague
17:04vous avez résumé
17:05Arthur de Vatrigan
17:06vous avez parlé
17:07il y a quelques minutes
17:07d'un match de foot
17:08avec l'Algérie
17:09c'est vrai que
17:09c'est les matchs
17:10de l'Algérie
17:11d'ailleurs on n'a plus
17:11de match France-Algérie
17:12pour des raisons
17:13qu'on connait tous
17:14on rappelle ce qui s'est passé
17:15à cette époque
17:15c'est-à-dire que le terrain
17:16était envahi
17:17par des supporters
17:18sifflés
17:18marseillais
17:19et c'est vrai
17:20qu'on se retrouve
17:21dans ce paradoxe
17:22c'est dès que l'équipe
17:22de France joue
17:23les mêmes qui siffleraient
17:24s'ils s'effaissent
17:25à l'Algérie
17:25on courage l'équipe de France
17:26et vous racontez
17:27que vous
17:27vous avez observé
17:28de près
17:29côtoyé de près
17:29ce dilemme
17:31des binationaux
17:32plutôt des bicultures
17:33mais vous relevez
17:34un point assez important
17:35qui est peu dit
17:35c'est que vous expliquez
17:36que ce dilemme
17:37est bien pire
17:38pour les jeunes femmes
17:39que pour les hommes
17:40pour quelle raison ?
17:41Ah oui ça c'est
17:42intéressant
17:43parce que je pense
17:44que il y a aussi
17:45dans la culture
17:46il y a le rapport
17:47entre les hommes
17:48et les femmes
17:49et je pense que
17:50pour une jeune femme
17:53maghrébine
17:53qui viendrait
17:54d'une famille
17:56soit traditionnaliste
17:57soit communautariste
17:58soit très attachée
17:59aux préceptes
17:59très religieuses
18:01et bien c'est
18:02beaucoup plus compliqué
18:02de s'adapter
18:03à la société française
18:04puisqu'elle va avoir
18:05une pression familiale
18:06pour rester justement
18:07dans un univers
18:09communautaire et religieux
18:10qu'elle ne souhaite pas
18:11et beaucoup sont déchirés
18:12entre leur famille
18:14et peut-être
18:15leur volonté
18:16d'émancipation
18:16et de vivre
18:17à l'occidental
18:18certaines choisissent
18:20de couper définitivement
18:21avec leur famille
18:22parce que c'est souvent
18:22le prix
18:23qui est un prix très cher
18:24à payer
18:25et d'autres
18:27parfois se retournent
18:28aussi contre la France
18:29en estimant
18:31que si
18:31elles ont des difficultés
18:33c'est parce que
18:34la France est raciste
18:35et n'accepte pas
18:36leur famille
18:37telle qu'elle devrait
18:38l'accepter
18:39donc oui je crois
18:40que ça joue beaucoup
18:41je crois aussi
18:42que l'une des conditions
18:43de l'assimilation
18:44ce sont les mariages mixtes
18:46et en réalité
18:47alors il y a des statistiques
18:48qui expliquent
18:49qu'il y a beaucoup
18:49de mariages mixtes
18:50en France
18:50c'est pas vrai
18:51quand on regarde de près
18:52ce sont des mariages
18:53endogames
18:53ce sont souvent
18:54justement
18:54des filles
18:55qui se marient
18:56avec des gars
18:57du bled
18:58qui arrivent
19:00et donc
19:01c'est un vrai problème
19:02d'intégration
19:02parce que oui
19:03l'intégration
19:04se fait par le mariage
19:05et notamment
19:05par le mariage mixte
19:06Stéphane Simon
19:07alors dans votre jeunesse
19:08alors dans votre jeunesse
19:09à Épinay-sur-Seine
19:10les commerces aussi
19:11sont
19:12il faut en dire un mot
19:13sont progressivement remplacés
19:15c'est-à-dire que les commerces
19:16non communautaires
19:17ferment les uns
19:18après les autres
19:18et sont remplacés
19:19par des boucheries halal
19:20et des magasins de hijab
19:22ça aussi
19:23c'est ce visage
19:24qui change
19:25que vous racontez
19:26dans votre livre
19:27à Épinay
19:27Oui j'ai voulu montrer
19:28ce que Laurent Bouvet
19:30appelait l'insécurité culturelle
19:32en réalité
19:33c'est surtout
19:34ce que j'ai voulu faire
19:35c'est le montrer
19:36des points de vue
19:37de ceux qui le subissent
19:38qui sont parfois critiqués
19:39traités de beauf
19:40de racistes
19:41d'intolérants
19:42je crois pas
19:43je crois que
19:43quand ma mère est choquée
19:44de voir dans une galerie commerciale
19:47un magasin de hijab
19:48c'est plutôt un réflexe progressiste
19:51elle est elle-même
19:52d'origine immigrée
19:53d'origine portugaise
19:54elle a grandi en banlieue
19:55dans les années 70
19:56c'est un moment
19:57où les femmes
19:57pouvaient sortir
19:58à toute heure
19:59du jour et de la nuit
20:00porter une mini-jupe
20:01et elles se retrouvent
20:02dans un pays
20:03où on vend des hijabs
20:05voire des hijabs
20:06pour les petites filles
20:07dans une galerie commerciale
20:09donc c'est une rupture
20:10je dirais
20:12civilisationnelle
20:14spectaculaire
20:14et que certains
20:15n'ont pas perçu
20:16ceux qui habitaient
20:17dans les grandes métropoles
20:18ou qui ont voulu voir ça
20:19comme un changement
20:21exotique et sympathique
20:22quand vous vivez
20:22de l'intérieur
20:23c'est beaucoup moins sympathique
20:24Oui et à l'école aussi
20:25qui change
20:25parce que vos parents
20:26le comprennent très bien
20:28quand l'école
20:29change de modèle
20:30le modèle qui fonctionne
20:31celui de vos parents
20:32c'était quand finalement
20:33une majorité
20:34accueillait une minorité
20:36et pas l'inverse
20:37et c'est ce qui se passe
20:38progressivement à Épinay
20:39c'est-à-dire que
20:40les petits blancs
20:41ceux que certains appellent
20:42les français de souche
20:43se retrouvent
20:44minoritaires dans les classes
20:45Oui tout à fait
20:47on a un bouleversement
20:49démographique
20:50lié à l'immigration
20:52de masse
20:52mais ça me permet
20:53de faire
20:54si vous voulez
20:54une parenthèse
20:56j'utilise en sous-titre
20:58l'itinéraire
20:59d'un petit blanc
21:00j'assume parfaitement
21:01ce sous-titre-là
21:02mais en réalité
21:04derrière les petits blancs
21:05je mets tous les français
21:06ordinaires
21:07ou même les français
21:08issus de l'immigration
21:08comme vous
21:09je le rappelle
21:09comme moi
21:10qui tout simplement
21:11et y compris
21:12de l'immigration
21:13maghrébine
21:14qui veulent continuer
21:15à vivre
21:16selon les mœurs
21:16et la culture
21:19française
21:19mais petit à petit
21:20quand l'immigration
21:21est trop massif
21:22on a des concentrations
21:23de population
21:24et on a
21:25les diasporas
21:26qui reconstituent
21:27finalement leur pays
21:27d'origine
21:28en France
21:29et tous ceux
21:31qui veulent vivre
21:31à la française
21:32entre guillemets
21:33sont chassés
21:35en fait
21:35de leur ville
21:37de leur quartier
21:37Ce qui est un phénomène
21:38d'ailleurs assez logique
21:39mais une question
21:39qu'on ne pose jamais
21:40sur ce sujet
21:41où partent
21:43ceux qui étaient
21:44comme vous
21:44par exemple
21:44en général
21:45Mes parents
21:46ils ne sont pas partis
21:47pour le coup
21:47ce qui est aussi
21:49un problème
21:50Depuis la sortie du livre
21:51d'ailleurs
21:51petite question
21:52ils ont eu des problèmes ?
21:53Non
21:54ils n'ont pas eu de problème
21:55parce que je pense
21:56que tout le monde
21:57n'est pas branché
21:58sur les médias
21:58et heureusement
22:00ils n'ont pas été identifiés
22:02ils ont même parlé
22:03publiquement
22:03donc il faut être
22:05tout à fait honnête
22:06mais ils ont un problème
22:08pour vendre
22:08leur pavillon de banlieue
22:09j'espère qu'ils vont le faire
22:11ils sont en train
22:11de le mettre en vente
22:13mais il a perdu
22:13énormément de valeur
22:15donc ce qui s'est passé
22:16c'est que d'abord
22:16dans les grands ensembles
22:17les gens vivaient mélangés
22:18ensuite les grands ensembles
22:20se sont homogénisés
22:21les gens ont été
22:22dans des pavillons
22:22en banlieue
22:23et quand ils ne peuvent plus
22:24vivre dans des pavillons
22:25parce que
22:26la sécurité culturelle
22:27et physique
22:27ils vont plus loin
22:28dans la France périphérique
22:29celle des rangs-points
22:30celle des gilets jaunes
22:31voilà exactement
22:32on va en parler justement
22:33de ce phénomène
22:35qui touche à peu près
22:35toute la France
22:36en tout cas
22:37toutes les métropoles
22:37pourquoi est-ce qu'on a laissé
22:39ces banlieues
22:40à la dérive
22:41en quelque sorte
22:41en tout cas s'éloigner
22:42du reste du pays
22:43on va en parler
22:44avec Stéphane Simon
22:45Arthur Devatrigan
22:46et je le rappelle
22:47notre invité
22:47Alexandre Devecchio
22:48qui publie
22:49Nous vivions côte à côte
22:50c'est chez Fayard
22:51à tout de suite
22:52sur Sud Radio
22:53Sud Radio
22:54le choc des idées
22:55Jean-Marie Bordry
22:57avec Stéphane Simon
22:58Arthur Devatrigan
22:59comme tous les dimanches
22:59jusqu'à midi
23:00avec notre invité
23:01qui n'a pas peur
23:02de déranger par ses idées
23:03nous recevons aujourd'hui
23:04Alexandre Devecchio
23:05qui publie
23:06Nous vivions côte à côte
23:07chez Fayard
23:08itinéraire
23:09d'un petit blanc
23:10de banlieue
23:11il raconte son histoire
23:13comment les choses
23:13ont changé autour de lui
23:14ses souvenirs d'adolescents
23:16et un engrenage
23:17en quelle sorte
23:18dans lequel
23:18la banlieue
23:19dans laquelle il a grandi
23:20a fini par s'éloigner
23:22du reste du pays
23:23alors on a une question
23:24à vous poser tout de suite
23:25c'est pourquoi
23:25on en est arrivé là
23:27Oui
23:27c'est une vaste question
23:30c'est ce que j'essaie
23:31de montrer
23:31dans le livre
23:32je pense d'abord
23:33que la responsabilité
23:34principale
23:35et ça me donne
23:35l'occasion de le dire
23:36c'est pas un livre
23:37contre les immigrés
23:38c'est un livre
23:40beaucoup plus critique
23:41en réalité
23:41sur les élites politiques
23:42et médiatiques
23:43qui ont été aveugles
23:44et qui n'ont pas voulu
23:45entendre ceux
23:46qui essayaient
23:47de se faire entendre
23:47de sonner
23:48la sonnette d'alarme
23:51si vous voulez
23:52donc je pense
23:52que la responsabilité
23:53première
23:54elle est
23:55des élites
23:56de gauche
23:56et de droite
23:57qui ont cru
23:58à un moment donné
23:59à la mondialisation
24:00heureuse
24:00mondialisation
24:01à la fois économique
24:02mais aussi culturelle
24:03on pensait
24:03qu'on allait
24:04créer une nouvelle France
24:07multiculturelle
24:08métissée
24:08et que tout ça
24:09allait bien se passer
24:10et qui n'ont pas voulu
24:11renoncer à leur utopie
24:13quand il est apparu
24:15les premières
24:17fractures
24:17et qui en plus
24:19ont fait preuve
24:20de beaucoup
24:21de condescendance sociale
24:22justement
24:22à l'égard
24:23de ces classes populaires
24:24qui voyaient le réel
24:26qui essayaient
24:27de le décrire
24:29qui voulaient justement
24:31qu'on limite l'immigration
24:32pas par racisme
24:33mais parce que
24:34voyaient toutes les fractures
24:35que ça pouvait créer
24:37malheureusement
24:38les élites politiques
24:39et médiatiques
24:40n'ont pas voulu
24:41en tenir compte
24:43pour aller au bout
24:43de leur utopie
24:44pour se donner
24:45bonne conscience
24:45la gauche a une responsabilité
24:47particulière
24:47mais la droite
24:48je pense moins
24:49pour des raisons culturelles
24:50que pour la mondialisation
24:51économique
24:52finalement n'a pas vraiment
24:53combattu l'immigration
24:54de masse non plus
24:55cette élite médiatique
24:58et politique
24:59elle a renoncé
25:00à ce que
25:01l'assimilation en France
25:03c'est-à-dire
25:04ce qui faisait nation
25:05ce qui permettait
25:06de faire nation
25:06jusqu'à présent
25:07c'était
25:08l'assimilation
25:09et votre famille
25:10l'histoire de votre famille
25:12elle suffit
25:12à raconter
25:14finalement
25:14ce qui s'est passé
25:15en France
25:16depuis 40 ans
25:17vous vous êtes
25:18un petit-fils
25:18vous le dites
25:19de Rital et de Portos
25:20vos trois prénoms
25:21c'est Alexandre
25:22Mario
25:23et Joao
25:24mais vous ne parlez
25:25ni portugais
25:27ni italien
25:28on vous a donné
25:29un prénom
25:30du calendrier français
25:31et
25:32enfin
25:33calendrier des saints
25:34on va dire
25:34et tout ça fait que
25:36finalement
25:36vous nous expliquez
25:37que
25:38finalement
25:38la rupture
25:39avec ses origines
25:40c'est une douleur
25:41nécessaire
25:42pour faire nation
25:43parce que vous
25:44vous avez réussi
25:44comme vos parents
25:45à vous intégrer
25:46et fort bien
25:46oui
25:46moi j'ai pas
25:47très franchement
25:48je suis né en France
25:48j'ai pas eu besoin
25:49de m'intégrer
25:50par contre
25:51je suis le produit
25:52d'une assimilation
25:52réussie
25:53celle de mon grand-père
25:54qui lui est arrivé
25:54en France
25:55d'Italie
25:56au début du 20ème siècle
25:58à un moment
25:59où il y avait
25:59pour le coup
26:00beaucoup plus
26:01de xénophobie
26:02qu'il y en a
26:03aujourd'hui
26:04et où le modèle
26:04d'assimilation
26:05était extrêmement exigeant
26:06puisqu'effectivement
26:07il a abandonné
26:08jusqu'à sa langue
26:11et quand vous dites
26:13que ça a été
26:13une difficulté
26:14moi je le pense
26:15je pense qu'il y avait
26:17un déchirement
26:17dont il ne parlait
26:18jamais
26:18on le voyait
26:19pendant les matchs
26:20de foot
26:20où il n'osait pas dire
26:21qu'il était pour l'Italie
26:22mais je crois que son cœur
26:24était pour
26:25ce qui peut s'entendre
26:26ce qui peut s'entendre
26:27mais donc c'était
26:30une assimilation
26:31à la dure
26:32qui avait peut-être
26:33ses excès
26:33parce que moi
26:34j'aurais bien aimé
26:35qu'on me transmette
26:35l'italien
26:36j'aurais bien aimé
26:36qu'on me transmette
26:38le portugais
26:38je pense que c'est
26:39une richesse
26:40du moment qu'on n'est pas
26:41dans un enfermement
26:43communautaire
26:43mais on est passé
26:44de ça
26:44de ce modèle-ci
26:45avec peut-être
26:46quelques excès
26:47à un modèle d'intégration
26:49qui a bien fonctionné
26:50qui était celui
26:50qui a connu ma mère
26:51ma mère est portugaise
26:52et est arrivée
26:53à l'âge de 11 ans
26:54à un modèle
26:55où on a demandé
26:56aux gens
26:57de venir
26:57comme ils sont
26:58comme chez Maldonald
27:00venez comme vous êtes
27:01et c'est la France
27:01qui va s'adapter
27:02et là si vous voulez
27:03je crois que c'est
27:04plus possible
27:05c'est au nouveau venu
27:06de faire des efforts
27:07et de s'adapter
27:09à la France
27:09et tout cela
27:10sur fond d'immigration
27:12massive
27:12parce qu'en réalité
27:13moi je crois
27:14au modèle d'assimilation
27:15mais je crois
27:15qu'on peut le pratiquer
27:16sur des individus
27:17pas sur des peuples
27:18entiers
27:18à partir du moment
27:19où les flux migratoires
27:20sont trop importants
27:21malheureusement
27:21le modèle d'assimilation
27:23n'est plus pratiquable
27:25cela dit
27:26si on est juste
27:27il est tout sauf rare
27:28de voir des français
27:29d'origine italienne
27:30même lointaine
27:31être encore supporteurs
27:31de l'équipe d'Italie
27:32contre la France
27:33c'est pour ça que vous disiez
27:33que c'était le début du siècle
27:34voilà
27:35ou des français d'origine
27:36le dernier d'ailleurs
27:37et ça n'en fait pas
27:38des échecs de l'intégration
27:39ça n'en fait pas
27:40pour autant
27:41c'est pour ça que je vous disais
27:41qu'il y avait une part
27:43d'excès
27:44mais qui avait ses vertus
27:46parce que justement
27:47on parlait tout à l'heure
27:47de la schizophrénie identitaire
27:49de certains jeunes
27:50des banlieues
27:50au moins ça forçait
27:51le nouveau venu
27:53à faire un choix
27:53et d'ailleurs
27:54je rappelle que
27:55deux tiers des Italiens
27:56sont repartis
27:57ceux qui sont restés
27:58sont ceux qui voulaient
27:59vraiment faire
28:00vraiment faire souche
28:02mais vous avez raison
28:02moi j'accepte
28:04qu'on puisse être supporters
28:05d'une autre équipe de France
28:06ou même d'avoir
28:07deux amours
28:08on peut supporter
28:11deux équipes
28:12ou plutôt soutenir
28:13pour parler français
28:15pour le coup
28:16mais là on voit
28:17ce qu'on voit
28:18sur les cas de France-Algérie
28:19c'est des gens
28:20qui soutiennent l'Algérie
28:21mais surtout
28:21pour manifester
28:22une détestation
28:23pour la France
28:24une forme de défiance
28:25Arthur de Vatrigan
28:26heureusement pour Jean-Marie
28:27que la squadra de Zouran
28:28le prigne un pied devant l'autre
28:30ça lui enlève
28:30un paradoxe
28:32c'est très bien
28:33vous l'avez dit
28:34c'est pas du tout
28:35un livre pamphlétaire
28:35c'est pas du tout
28:36un livre à charge
28:37c'est plutôt un livre
28:37en effraie
28:38ce qui est surprenant
28:39pour un transus de classe
28:40comme on dit
28:41c'est plutôt un livre
28:42sur la gratitude
28:43où vous remerciez
28:43toutes les personnes
28:44que vous avez croisées
28:45qui vous ont amené
28:46là où vous en êtes
28:47aujourd'hui
28:49néanmoins
28:49en effet
28:49vous chargez un peu
28:50la politique
28:51et notamment
28:53les rouges
28:53comme on dit
28:54dans les banlieues
28:55qui sont vendus
28:56clairement aux islamistes
28:57et alors
28:57derrière ce côté
29:00de ce que vous dites
29:00d'aveuglement
29:01ou refus de voir
29:02est-ce qu'il n'y a pas
29:03aussi un calcul cynique
29:06comme la note
29:06de Terrané
29:07de 2012
29:08comme un calcul
29:09un pari sur la démographie
29:11comme le fait LFiste
29:11aujourd'hui
29:12de dire
29:12tout simplement
29:13électoralement
29:14on a plutôt intérêt
29:15à composer avec
29:15les nouveaux arrivants
29:16pour gagner
29:16ou rester en place
29:18oui ce calcul cynique
29:19s'est fait progressivement
29:21aussi en réalité
29:22en fonction de la réalité
29:23démographique
29:24quand vous êtes maire
29:25d'une ville
29:25comme Épinel-sur-Seine
29:26ou comme Saint-Denis
29:27c'est très difficile
29:28de ne pas tenir compte
29:29de la population
29:30qui est archi majoritaire
29:31ça a été le cas
29:32des communistes
29:33on parle beaucoup
29:34de la banlieue rouge
29:35le parti communiste
29:36c'était un parti
29:37à l'époque de Georges Marchais
29:39patriotique
29:39et hostile à l'immigration
29:41une fois que les flux
29:42ont été trop importants
29:43pour garder leur ville
29:44ils se sont convertis
29:47aux communautaristes
29:48aujourd'hui on assiste
29:49à ce calcul
29:50effectivement de manière
29:51à l'échelle nationale
29:53parce qu'en réalité
29:54mon livre
29:54je parle d'Épinay
29:55de Saint-Denis
29:56de la Seine-Saint-Denis
29:57mais le problème
29:58c'est que c'est un processus
29:59qui tend à gagner
30:02la France entière
30:03et beaucoup aujourd'hui
30:04c'est le cas notamment
30:05de la France infirmière
30:06ils se font le calcul
30:07du remplacement
30:08si vous voulez
30:10du prolétariat
30:11de substitution
30:12justement les petits blancs
30:14les ouvriers
30:15ne votent plus à gauche
30:17depuis longtemps
30:17on va trouver un électorat
30:19de substitution
30:19et celui-ci
30:20va être les minorités
30:22à préciser
30:24à Épinay
30:24sur scène
30:25pour bien comprendre
30:26la proportion
30:26des jeunes
30:27d'origine étrangère
30:28dans votre jeunesse
30:29en 99
30:30on va dire
30:31est de 12%
30:32ils sont aujourd'hui
30:3356,5%
30:35et la jeunesse maghrébine
30:36subsaharienne
30:37et turque
30:38est majoritaire
30:39et finalement
30:40les concentrations ethniques
30:42vont faire
30:42qu'ils vivent
30:43en vase clos
30:44ce que vous dénoncez
30:45dans votre chronique
30:47de jeunesse
30:48finalement
30:48c'est cette incurie
30:50des élites
30:51à comprendre
30:52qu'il faut
30:52pour absorber
30:54pour assimiler
30:55pour donner le goût
30:55d'être français
30:56prendre raisonnablement
30:58de jeunes arrivants
31:00Oui
31:00je pense que
31:01l'assimilation
31:02on en a parlé
31:03est plus difficile
31:04pour une population
31:05extra-européenne
31:06mais elle n'est pas impossible
31:07à condition
31:08d'avoir des flux
31:10raisonnables
31:11or les flux
31:12ne sont pas raisonnables
31:13et je le disais
31:14il y a reconstitution
31:16des diasporas
31:17mais à l'échelle
31:18d'un immeuble
31:19à l'échelle d'un quartier
31:19à l'échelle
31:20d'une ville entière
31:21à partir de ce moment-là
31:23l'assimilation
31:23ou même l'intégration
31:25n'est plus
31:25n'est plus possible
31:26et il faut ajouter à cela
31:28qu'il y a eu
31:29un tournant politique
31:30et idéologique
31:31qui s'est fait
31:31tout de même
31:32le parti socialiste
31:33avant même
31:34la note de Terranova
31:35dans les années 80
31:36il y a la conversion
31:37du parti socialiste
31:38au libéralisme
31:40à l'Europe
31:41du marché
31:42il faut là encore
31:43trouver une idéologie
31:45de substitution
31:45et ça va être
31:46l'antiracisme
31:48et en fait
31:48le droit à la différence
31:51le multiculturalisme
31:53etc
31:53Mais facette gauche
31:53elle a trahi
31:54Michel Rocard
31:55qui disait
31:55déjà dans les années
31:5788-89
31:58qu'on ne pouvait pas
32:00accueillir
32:00toute la misère du monde
32:02mais qui ajoutait
32:03la France doit quand même
32:04en prendre sa part
32:05oui
32:06prendre sa part
32:07oui je ne sais pas
32:08si elle a trahi
32:08Michel Rocard
32:09peut-être plus
32:10Jean-Pierre Chevènement
32:11parce que sur les questions
32:11d'intégration de république
32:13c'est lui qui avait
32:14le discours plus clair
32:15parce que Michel Rocard
32:16était aussi
32:17très favorable
32:18à cette Europe du marché
32:19à cette mondialisation
32:20le problème
32:21c'est qu'elle était difficile
32:22à mettre en place
32:23sans un changement
32:24de civilisation
32:25elle a abouti
32:27à un changement
32:27de civilisation
32:28une civilisation
32:28à la fois du marché
32:30parce que ces enfants
32:30de l'immigration
32:31sont aussi le produit
32:33de la culture McDo
32:34de la sous-culture
32:35des cités
32:36et en même temps
32:38le produit
32:39de leur pays d'origine
32:40qu'ils connaissent
32:41finalement assez peu
32:42Arthur de Vatrigan
32:43et j'ai qu'à noter
32:44deux trois trucs positifs
32:45parce que vous savez
32:45on raille souvent
32:46les politiques de la ville
32:48médiathèque
32:48cinémathèque
32:49alors c'est vrai
32:49que c'est assez agaçant
32:51de dépenser des centaines
32:52de millions d'euros
32:52pour les voir brûler
32:53et puis les remettre
32:54néanmoins
32:55j'ai découvert dans votre livre
32:56que ces cinémathèques
32:57et médiathèques
32:57avaient sauvé
32:58quand même
32:58deux trois personnes
32:59ce qui n'est pas inintéressant
33:01je pensais bien
33:01d'apporter ces témoignages
33:02c'est le risque de votre livre
33:04d'ailleurs
33:04oui moi je pense
33:05que effectivement
33:06la transmission
33:07de la culture
33:08est quelque chose
33:08de très important
33:10et qui peut sauver
33:11qui peut sauver
33:12des individus
33:13moi je vois
33:14moi ça a été très important
33:15pour moi
33:15mais elle a été surtout
33:16transmise dans ma famille
33:17mais je connais
33:18j'avais un copain
33:20qui a fini scénariste
33:21et qui est une famille
33:23qui ne l'emmenait pas
33:25au cinéma
33:25dans laquelle
33:26il n'y avait pas de livre
33:27et qui grâce
33:28à ces médiathèques
33:29grâce à l'école
33:30a pu avoir
33:31une véritable assimilation
33:33enfin pas assimilation
33:34émancipation
33:35et il habitait
33:36au dernier étage
33:37d'une tour
33:37dans les framboisins
33:39donc effectivement
33:40ça compte
33:41mais par contre
33:42on ne peut pas dire
33:42que l'état ne fait rien
33:43c'est là où
33:44je critique
33:45les associations
33:47antiracistes
33:47et autres
33:48parce qu'elles prétendent
33:49qu'on les a abandonnés
33:51et ghettoisés
33:52Pour vous l'état fait mal
33:53en fait
33:53c'est surtout ça
33:54Il fait mal
33:56dans le sens que
33:57moi c'est très bien
33:58les médiathèques
33:59c'est très bien
33:59la rénovation urbaine
34:00même dans la politique
34:01de la ville
34:02moi faire tomber
34:02des tours et des bars
34:03ça me va
34:04par contre
34:04y ajouter
34:05des grands frères
34:07qui flirtent parfois
34:08avec l'islamisme
34:09y ajouter des associations
34:10qui répètent
34:11à longueur de journée
34:11que la France est raciste
34:12là pour le coup
34:14on nourrit le problème
34:15et l'état devrait faire aussi
34:16pour la France périphérique
34:18et rurale
34:19qui en fait
34:19est beaucoup plus
34:20l'état fait beaucoup moins
34:22pour cette France là
34:23et c'est une France
34:23qui est beaucoup plus silencieuse
34:25et qui n'est pas tout le temps
34:25en train d'expliquer
34:26qu'elle a été abandonnée
34:28ghettoisée
34:28et je ne sais quoi
34:29Alors contrairement
34:29à ce que vous croyez entendre
34:30Alexandre Devecchio
34:31n'est pas si pessimiste
34:32on va y revenir
34:33dans quelques instants
34:33qu'est-ce qu'on peut faire
34:35pour régler la somme
34:37de problèmes
34:37qu'on vient d'aborder
34:38on en parle dans un instant
34:40sur Sud Radio
34:40toujours avec Stéphane Simon
34:41Arthur de Vatrigan
34:42et Alexandre Devecchio
34:43pour son livre
34:44Nous vivions côte à côte
34:45c'est chez Fayard
34:47à tout de suite
34:49Sud Radio
34:50le choc des idées
34:51Jean-Marie Bordry
34:52Nous sommes toujours
34:53avec Stéphane Simon
34:54Arthur de Vatrigan
34:55notre invité
34:56Alexandre Devecchio
34:57qui publie chez Fayard
34:58Nous vivions côte à côte
35:00itinéraire
35:01d'un petit blanc de banlieue
35:02alors je le disais
35:03vous avez raconté
35:04vos souvenirs
35:05d'adolescence
35:06en banlieue
35:07en Seine-Saint-Denis
35:07comment les banlieues
35:08petit à petit
35:09se sont éloignées
35:09du reste du pays
35:10comment les différentes populations
35:11ne se parlaient plus
35:13mais pourtant
35:13vous n'êtes pas si pessimiste
35:15que ça
35:16quand on vous écoute
35:16il y a encore des solutions
35:18aujourd'hui
35:19si on devait en citer
35:20quelques-unes
35:21en premier
35:22La première
35:23c'est quand même
35:23l'arrêt des flux migratoires
35:27parce que
35:27je le répète
35:28on l'a dit
35:30l'assimilation
35:31n'est pas possible
35:32quand le nombre
35:32est trop important
35:34surtout au même endroit
35:35au même endroit
35:35exactement
35:36donc il faut veiller
35:37vraiment
35:38à ne pas ajouter
35:39du chaos
35:40au chaos
35:41ça ne résoudra pas
35:41le problème
35:43d'une génération
35:43qui est
35:44c'est peut-être pas
35:44pour le coup
35:45c'est pas très optimiste
35:46ce que je vais dire
35:47mais je pense
35:47qu'il y a une génération
35:48de perdus
35:49mais il n'y a pas de raison
35:50que les générations suivantes
35:52si encore une fois
35:53on maîtrise
35:54les flux
35:55on n'arrive pas
35:56à renouer
35:56avec ce modèle
35:57d'assimilation
35:59qui fonctionnait
36:00j'insiste
36:01sur quelque chose
36:02dans le livre
36:03c'est que ce modèle
36:03d'assimilation
36:04il a été impulsé
36:05par le haut
36:06mais il se faisait
36:07en réalité aussi
36:08par le bas
36:09c'est-à-dire
36:09que les classes populaires
36:12exerçaient une forme
36:13de contrôle social
36:14sur les nouveaux venus
36:16il y avait des relations
36:17de voisinage aussi
36:18et les nouveaux venus
36:19avaient envie
36:20en fait
36:20de ressembler
36:21à ceux
36:23qui étaient en France
36:24depuis plus longtemps
36:25et puis il y avait
36:26des relations aussi politiques
36:27on pouvait parfois
36:28être membre du même parti
36:28du même syndicat
36:29il y avait le parti socialiste
36:31et on allait
36:32à le parti communiste
36:34et on allait
36:35à la même part
36:35sauf que ça n'existe plus
36:36c'est vrai que ça
36:37ça n'existe plus
36:38mais je crois
36:38surtout qu'on a
36:40dévalorisé
36:41dénigré
36:42ces classes populaires
36:43j'ai grandi
36:44je suis de la génération
36:45des déchiens
36:46je ne veux pas faire
36:47dans le victimaire
36:48ça m'a fait marrer
36:49moi aussi
36:50mais ça disait
36:51quelque chose
36:51de la perception
36:52des élites
36:53des classes populaires
36:53et on a eu
36:55justement un discours
36:56répétant
36:56que les français
36:57étaient racistes
36:57bouffes
36:58ceci cela
36:59c'est impossible
36:59les Duponts la joie
37:00les Duponts la joie
37:01comment voulez-vous
37:02que quelqu'un
37:02qui arrive d'ailleurs
37:03ait envie de leur ressembler
37:04c'est pas possible
37:05c'est pour ça que je pense
37:06et c'est la raison d'être
37:08en réalité
37:08de mon lien
37:09c'est de redonner
37:10de la dignité
37:10et de la fierté
37:11aux classes populaires
37:12et de dire aux élites
37:13voyez vous vous trompez
37:14sur elles
37:15elles sont pas
37:16la caricature
37:17que vous en faites
37:18elles ont des bonnes raisons
37:19d'être en colère
37:20elles ont des bonnes raisons
37:21de vouloir changer
37:22de système
37:23écoutez-les
37:24écoutez-les
37:24c'est le coeur de la France
37:25par ailleurs
37:26je crois qu'une société
37:26ne peut pas fonctionner
37:28sans une classe moyenne
37:29épanouie
37:30or on a eu
37:31une double
37:33paupérisation
37:33des classes moyennes
37:34paupérisation économique
37:35et des classements
37:37culturels
37:38et donc la priorité
37:39c'est justement
37:40de reconstruire
37:41une classe moyenne
37:42reconstruire
37:42des classes populaires
37:43dignes et fiers
37:44il y a quelque chose
37:46que vous soulignez
37:47dans votre livre
37:48qui est intéressant
37:49et passionnant
37:50que je recommande
37:50d'ailleurs qui marche très bien
37:51il faut le dire
37:51c'est un livre qui marche très bien
37:52et je vous en félicite
37:54il se trouve
37:54qu'une des conditions
37:57c'est la reconnexion
37:58aussi des journalistes
37:59il faut que les journalistes
38:00regardent le réel
38:01apprennent à voir les choses
38:02et dans votre itinéraire
38:04ce qui est intéressant
38:05c'est que vous racontez
38:06votre jeunesse en banlieue
38:06mais vous racontez aussi
38:07vos débuts dans le journalisme
38:09je rappelle que vous êtes
38:10rédacteur en chef
38:10aujourd'hui
38:11au Figaro
38:12des pages ID
38:13et il se trouve
38:14que vous avez donc fait
38:15les écoles de journalistes
38:17et pas les moindres
38:18la meilleure
38:18le fameux CFJ
38:19de la rue du Louvre
38:20et vous racontez
38:21à quel point
38:23c'est une fabrique
38:24de personnages
38:25qui ont leur boîte
38:27de prête à penser
38:28et qui sortent
38:30tous du moule
38:30et vous donner
38:32d'ailleurs
38:32comme conseil
38:33ça c'est assez
38:34je trouve savoureux
38:35c'est que finalement
38:36vous donner comme conseil
38:37pour que les journaux
38:39changent de regard
38:40sur la banlieue
38:41c'est aussi simplement
38:42de recruter des gens
38:43qui n'ont pas fait
38:44ces écoles
38:45oui
38:45alors pas seulement
38:47mais ou alors
38:48on pourrait changer
38:48le recrutement des écoles
38:49et moi j'ai participé
38:50au changement
38:51de recrutement des écoles
38:52je le raconterai
38:53si on a le temps
38:54tout à l'heure
38:55mais vous avez raison
38:56moi en tant que journaliste
38:57il se trouve
38:58que j'ai quasiment
38:59jamais pris
38:59des gens venant d'école
39:01pas parce que
39:02je les boycotte
39:02mais parce que
39:03les gens venant d'école
39:05ne poussulent pas
39:06au Figaro
39:07c'est quand même
39:09extraordinaire
39:09c'est jugé
39:10trop à droite
39:11et donc
39:12j'ai recruté
39:13des gens venant
39:14de différents univers
39:16et on s'en porte pas
39:17plus mal
39:17je rappelle d'ailleurs
39:18que le système des écoles
39:19est un système nouveau
39:20parce que le journalisme
39:22malheureusement
39:22est en crise
39:23mais avant
39:2380% des personnes
39:25qui avaient la carte de presse
39:26n'étaient pas recrutées
39:27dans les écoles
39:28et étaient recrutées
39:28justement
39:29parce qu'elles avaient
39:30une expertise
39:31sur tel ou tel sujet
39:32je pense à Natacha Polony
39:34qui a commencé
39:35en tant que journaliste
39:35éducation
39:36parce qu'elle avait été
39:37elle-même prof
39:38et donc c'était un système
39:39peut-être plus sain
39:40que celui des écoles
39:42et le grand problème
39:43des écoles
39:43c'est pour le coup
39:44l'homogénéité culturelle
39:45et sociologique
39:46c'est pas les écoles
39:48qui transforment leurs étudiants
39:50ce sont les étudiants
39:51qui postulent dans ces écoles
39:52qui se ressemblent tous
39:53exactement
39:53qui se ressemblent tous
39:55des étudiants
39:55qui par ailleurs
39:56nous expliquent
39:56qu'il faut de la mixité
39:57du métissage
39:58du multiculturaliste
39:59et je ne sais quoi
40:00et qui eux-mêmes
40:02vivent en vase clos
40:03les autres ont qu'à postuler aussi
40:05pardon
40:06oui alors
40:06mais j'explique
40:07pourquoi ils ne postulent pas
40:09les écoles de journaliste
40:10sont payantes
40:10il y a une dimension sociale
40:12aussi dans mon livre
40:14sont payantes
40:14sont chères
40:15et le métier de journaliste
40:16est précaire
40:18et donc c'est quand même
40:19un pari
40:21et donc les classes populaires
40:23si vous voulez
40:23n'ont pas envie
40:24de s'endetter
40:24pour faire un métier
40:25précaire
40:26après c'est vrai
40:27que par exemple
40:27il y avait très peu
40:28de personnes de droite
40:30même issues
40:31de la bourgeoisie traditionnelle
40:32dans ces écoles
40:32parce que justement
40:34elles ne voulaient pas
40:34faire un métier
40:35précaire
40:36donc la bourgeoisie
40:37conservatrice de droite
40:38a une responsabilité
40:39c'est celle-là
40:40que je parlais
40:40vous racontez une anecdote
40:41savoureuse
40:42sur les élections
40:42de 2007
40:44je crois
40:45où vous avez
40:462012
40:47pardon
40:47où vous avez
40:48une majorité
40:49extrasante
40:49de gens
40:50qui votent
40:50d'étudiants
40:51qui votent
40:51soit Mélenchon
40:52soit François Hollande
40:53mais pas de Sarko
40:54effectivement je sors de l'école
40:56de journalisme
40:57en 2012
40:58et donc le second tour
41:00à l'école de journalisme
41:01c'est Hollande
41:01Mélenchon
41:02le troisième homme
41:03c'est Eva Jolie
41:04il y a quelques votes
41:05pour François Bayrou
41:06et zéro pour Sarkozy
41:07zéro pour Marine Le Pen
41:08et le plus drôle
41:09c'est que moi je vote
41:10Nicolas Dupont-Aignan
41:11je peux le dire maintenant
41:12personne n'est parfait
41:13et on pense que
41:15c'est une blague
41:16en réalité
41:17il est classé
41:18parmi les bulletins blancs
41:19tellement ça paraît
41:21éloigné
41:21de leur univers
41:24donc ça c'est
41:25l'anecdote amusante
41:26mais qui dit beaucoup
41:27sur ce que vont être
41:28les rédactions
41:28ensuite
41:29l'anecdote moins amusante
41:31c'est que
41:31dans cette élection
41:32de 2012
41:33il y a la tragédie
41:34Mohamed Merah
41:36le massacre
41:37de l'école
41:37d'Osara Torah
41:38de Toulouse
41:39et là
41:40les réactions
41:40sont quand même
41:41nettement moins drôles
41:42où j'ai un étudiant
41:45Nicolas Chapuis
41:46pour ne pas le citer
41:48qui à l'époque
41:48vient d'entrer
41:49au Nouvel Observateur
41:50il termine ses études
41:51et l'entre au Nouvel Observateur
41:52maintenant il est
41:53rédacteur en chef du Monde
41:54je ne le vise pas lui
41:55spécifiquement
41:56mais il fait un tweet
41:57à l'époque
41:57mais qui résume bien
41:58la mentalité
42:00des élites médiatiques
42:01c'est quel dommage
42:02que le tueur
42:03ne soit pas d'extrême droite
42:05et ce quel dommage
42:07à la limite
42:08en dillon
42:08d'abord en dillon
42:10et ensuite
42:10on aura pu s'interroger
42:12sur ses motivations
42:13d'où il venait
42:13mais à partir du moment
42:15où c'est un tueur islamiste
42:16on ne veut pas le savoir
42:17je crois qu'on a perdu
42:18beaucoup de temps
42:20justement
42:20à défendre aussi
42:21la théorie
42:22du loup solitaire
42:23parce qu'à l'époque
42:23c'est ce qu'on dit
42:24de Mohamed Merah
42:25et peut-être
42:26qu'on aurait pu éviter
42:27certains morts
42:28en 2015
42:29si on avait compris
42:31ce qui se passait
42:32or
42:33les journalistes
42:34ne veulent pas le voir
42:35parce que ça contredit
42:36totalement
42:37leur narratif
42:38ou le danger principal
42:39et l'extrême droite
42:40renaissante
42:41Arthur de Vatrigan
42:42et les mêmes
42:43aujourd'hui
42:44sont plus préoccupés
42:45par qui était Quentin
42:46et dans quelle milice
42:47il aurait pu éventuellement
42:48se trouver
42:49plutôt pourquoi
42:49les antifas
42:50ont massacré
42:51à coups de pied
42:52à six contre un
42:53mais je reviens
42:54vous avez raison
42:55sur la droite
42:56bourgeoise
42:57qui critique
42:58l'école
42:59la magistrature
43:00critique l'école
43:01la magistrature
43:02l'hôpital
43:03et les journalistes
43:05mais à aucun moment
43:05ils envoient leurs enfants
43:06dans ces domaines
43:07pourtant essentiels
43:08mais je reviens
43:08sur le mépris de classe
43:09qui est très important
43:10c'est qu'en effet
43:10vous allez dire
43:11tout le côté
43:11Dupont-Lajoie
43:12donc vraiment
43:13le côté risible
43:14où on se moque
43:14mais aujourd'hui
43:15j'ai pas l'impression
43:16que ça va s'améliorer
43:17voire même pire
43:18parce que
43:18on le voit
43:19maintenant que certains
43:20en voient au chapitre
43:21via des nouveaux médias
43:22via des partis politiques
43:24on voit que le Rassemblement National
43:25est le premier parti de France
43:26aujourd'hui
43:28le système se met en place
43:29pour soit verrouiller la parole
43:31soit commenter
43:31à contester des élections
43:33donc j'ai l'impression
43:33que ça va être encore pire
43:34qu'avant
43:35que ce mépris va se transformer
43:36en confiscation de la parole
43:37C'est une possibilité
43:40une radicalisation
43:41de l'extrême-centre
43:42en quelque sorte
43:43avec un verrouillage démocratique
43:45se servir de l'état de droit
43:47finalement
43:47pour en faire un état
43:48hostile
43:49à la liberté
43:51d'expression
43:52le dévoiement
43:52de l'état de droit
43:53est un vrai danger
43:54mais je pense
43:56que c'est quand même difficile
43:57de verrouiller
43:58tout un peuple
43:59si vous voulez
43:59à partir du moment
44:00où il y a une majorité
44:02des français
44:03qui font
44:04le diagnostic
44:05que je fais
44:05dans le livre
44:06je ne crois pas
44:07que le centre
44:10puisse
44:12réellement
44:13contrôler
44:13l'état
44:14et empêcher
44:15ad vitam
44:16et terranal
44:16toute forme
44:17d'alternance
44:18Quelle chose
44:18quelle est la note
44:19d'optimiste
44:20la plus importante
44:21que vous gardez
44:21au terme de votre
44:22raisonnement
44:22ou de cet échange ?
44:23Écoutez
44:24il y a des mots
44:25d'Alexandre
44:26très touchants
44:27sur des figures tutélaires
44:29qu'on adore ici
44:29France-Olivier Gisbert
44:30mais vous parlez aussi
44:31de Boilem Sansal
44:32de Kamel Daoud
44:33et vous dites
44:33à quel point
44:34nous en avons besoin
44:35nous avons besoin
44:36de ces personnes
44:37immigrées
44:38ou issues de l'immigration
44:39français aujourd'hui
44:40et qui aiment la France
44:41Tout à fait
44:41et d'ailleurs
44:42quand je dis
44:43qu'il y a eu
44:43un mépris de classe
44:44à l'égard
44:44des français de souche
44:46il y a eu aussi
44:46un très grand mépris
44:48à l'égard
44:48des français
44:49d'origine maghrébine
44:51ou de culture
44:53musulmane
44:54qui donnaient l'alerte
44:55et qui se faisaient
44:56traiter d'arabe de service
45:00donc oui
45:01il faut les écouter
45:02d'autant plus
45:02qu'ils savent
45:03de quoi ils parlent
45:04sur la question
45:05de l'islamisme
45:05ils ont vu
45:06dans leur propre pays
45:07la montée
45:07de cet islamisme
45:08pour ceux
45:09qui en sont venus
45:10en tout cas
45:10effectivement
45:11merci beaucoup
45:11Alexandre De Véthiot
45:12d'être revenu
45:14si j'ose dire
45:14sur Sud Radio
45:15dans cette émission
45:16Le choc des idées
45:17je rappelle votre ouvrage
45:18Nous vivions côte à côte
45:20chez Fayard
45:20itinéraire d'un petit blanc
45:22entre guillemets
45:23de banlieue
45:24merci Stéphane Simon
45:25on se retrouve la semaine prochaine
45:26dimanche prochain
45:27avec Alain Boer
45:28qui nous revient
45:29sur un essai sur la Chine
45:30et nous serons toujours
45:31avec Arthur De Vatrigan
45:32merci à vous
45:33je rappelle que le magazine
45:34L'Incorrect
45:35que vous avez l'honneur
45:36de diriger
45:36est toujours disponible
45:37dans vos kiosques
45:38les amis
45:39d'ici là
45:40passez un excellent dimanche
45:41je vous laisse
45:41en la compagnie
45:42de Laurent Permas
45:43pour La Vie Devant Nous
45:44juste après les infos
45:45bonne journée
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