- il y a 6 mois
Avec Mathieu Bock-Coté
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Bonjour à tous et bienvenue dans votre nouvelle émission, le choc des idées, chaque dimanche de 11h à midi.
00:11Chaque dimanche à 11h, on va donner la parole à une voix libre, une voix qui porte, une voix qui n'a pas peur de déranger, notamment par ses idées.
00:18On va interroger cet invité que je vais bientôt vous présenter avec mes deux acolytes, vous les retrouverez aussi tous les dimanches.
00:25Les acolytes du choc des idées qui sont Arthur de Vatrigan, bonjour.
00:28Bonjour et bonjour à tous.
00:30Et bienvenue sur Sud Radio, directeur du magazine L'Incorrect.
00:34Nous sommes également en compagnie d'une voix que vous connaissez bien sur Sud Radio, Stéphane Simon, bonjour.
00:39Bonjour à tous, ravi de vous retrouver.
00:40Et welcome back si j'ose dire.
00:42Alors on ne vous présente plus, producteur, animateur, essayiste notamment.
00:46On continuera à parler de vos actuelles.
00:47Tout petit essayiste par rapport à notre invité du jour.
00:50Justement, c'est pour ça qu'on le reçoit.
00:52Avec vous, nous interrogeons donc cette voix dont je vous parlais, une voix qui nous annonçait un divorce avant tout le monde.
00:58Un divorce entre deux Occidents.
01:00C'est le titre du livre de notre invité Mathieu Bock-Côté, publié aux presses de la cité.
01:05Bonjour Mathieu Bock-Côté.
01:06Bonjour.
01:07Ce livre, vous l'avez publié à l'automne.
01:10Bon, entre-temps, il s'est passé les tensions entre l'Europe et les Etats-Unis, notamment autour du Groenland.
01:15Vous aviez raison avant tout le monde ?
01:17Je pense qu'en fait, il était facile de voir ce qui se dessinait.
01:20Et ce que je constate, c'est que ce choc, ce divorce se radicalisera et nous ne sommes pas au seuil de la réconciliation.
01:27Oui, exactement. Il y a une dorsale océanique au milieu de l'Atlantique.
01:31Les deux plaques se séparent et s'éloignent l'une de l'autre.
01:35On va en parler, vous l'avez dit.
01:37Mais avant de rentrer dans le détail de cet ouvrage, place à une carte blanche.
01:40Cette carte blanche est celle de Stéphane Simon.
01:42Stéphane, vous revenez sur une des grosses actualités de la semaine.
01:45Tiens, un projet qui n'aurait pu voir le jour pour le coup qu'en Europe et même en France.
01:49Et ça m'intéresse d'avoir la réaction de Mathieu Bocoté là-dessus.
01:51Les députés ont adopté mardi dernier une proposition de loi qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
01:58Une mesure qui vise à protéger ce qu'on va appeler la santé mentale des adolescents,
02:02qui est soutenue par le gouvernement et qui est soutenue évidemment par le président.
02:07Une loi qui a été votée à grand renfort de publicité.
02:10C'est amusant de noter que ça intervient à un moment où l'appareil législatif est totalement bloqué sur l'essentiel,
02:16où l'État n'arrive plus à se réformer.
02:19Mais le président de la République, lui, montre à quel point il est attaché à cette réforme qui marque son second quinquennat.
02:25Il a tenu à saluer une étape majeure parce que, je cite,
02:29« le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre ni aux plateformes américaines ni aux réseaux chinois ».
02:35Alors, au moment où de nombreux rapports alertent sur les difficultés de transmission,
02:39sur le fait que désormais à l'école, les élèves arrivent péniblement à lire, écrire et compter,
02:44on se dit que le gouvernement se perd dans des mesures un peu gadget,
02:48d'autant plus que cette loi pose deux problèmes importants, celui de la responsabilité des parents.
02:53N'est-ce pas à eux seulement de savoir s'il faut fournir un téléphone aux enfants ou aux jeunes adolescents ?
02:58Et regardez, surveillez ce qu'ils font de ce téléphone, mais n'oubliez jamais,
03:04plus un État est amené à légiférer sur le quotidien,
03:08plus il se mêle en gros de ce qui ne le regarde pas,
03:11ce qu'il y a dans votre assiette, la manière dont vous vous habillez,
03:15la manière dont vous vous équipez.
03:18Plus, en fait, l'État sort de ses attributions régaliennes,
03:21et plus l'État devient obèse et proche de ce que nous pouvons reprocher,
03:25notamment à des États totalitaires.
03:27Et enfin, comment ne pas craindre cet État qui prend la liberté de contrôler le téléphone de chacun ?
03:33Il faut redouter une surveillance sociale généralisée.
03:36Faut-il, parce que des parents défaillants ne gèrent pas assez leurs enfants,
03:40imposer ainsi à tous le droit de regard de l'État sur l'utilisation de nos téléphones,
03:46sans compter la manière et les difficultés pour organiser cette police ?
03:51Alors, avant d'applaudir à demain cette loi qui tiendrait à l'abri les enfants de Snapchat et de TikTok,
03:55méfiez-vous de l'État qui vous infantilise et joue la nounou, n'est-ce pas, Mathieu Bocoté ?
04:01Ah, mais je suis absolument d'accord avec tout ce que vous venez de dire.
04:04Je pense que le prétexte en ce moment, c'est la protection des enfants, la protection de l'enfance.
04:10Dans les faits, ce prétexte dévoile une intention plus large.
04:14C'est une société de surveillance, c'est la société du permis de citoyenneté numérique,
04:18une forme nouvelle du pass sanitaire post-Covid.
04:21Il y a cette idée, finalement, que pour participer à l'espace public,
04:24il faudra désormais s'afficher de cette manière,
04:26en affichant ces papiers d'identité sur les plateformes et ainsi de suite.
04:31Je pense que c'est assez grave, d'autant que le régime diversitaire, comme je l'appelle,
04:35l'extrême-centre, ce qu'ils appellent l'État de droit aujourd'hui,
04:38est convaincu qu'il est fragilisé.
04:40Pourquoi ? Parce que les masses se seraient constituées politiquement sur le mode numérique.
04:44La révolte a pris forme sur les réseaux sociaux,
04:47et dès lors, on croit qu'en fermant les réseaux sociaux,
04:50on serait capable de restaurer l'autorité et l'hégémonie de la classe dominante.
04:54Je pense que le pré...
04:54Autant les réseaux sociaux sont catastrophiques,
04:56je n'en doute pas, mais ça sur le plan psychique de la mentalité,
04:59il y a un effet destructeur, sans le moindre doute,
05:01mais la régulation par l'État me semble très inquiétante.
05:04De ce point de vue, dans une société où les lois sur la haine se sont multipliées,
05:07les lois sur la désinformation et tout ça,
05:09les réseaux sociaux sont aujourd'hui un contre-pouvoir
05:11qui permet justement à te faire vivre une pensée libre
05:13à l'extérieur des paramètres fixés par l'espace public officiel.
05:17Mais comment on sauve dans ce cas-là les enfants de moins de 15 ans
05:20qui, eux, ne sont pas concernés par ces luttes de pouvoir
05:22et qui tombent parfois sur des insanités totales sur les réseaux sociaux ?
05:26Alors, Stéphane Simon a rappelé un truc bizarre qui appartient au monde d'hier
05:29qui s'appelle les parents.
05:31C'est-à-dire les parents de responsabilité première,
05:33ensuite que l'école bannisse complètement les réseaux sociaux,
05:37la technologie, etc.
05:38Moi, je n'ai pas de problème, j'ai une conception très classique de l'école.
05:41La régulation dans une société ne passe pas que par le droit,
05:44elle passe par les mœurs, elle passe par la culture,
05:46elle passe par les mentalités.
05:48Et de ce point de vue, peut-être,
05:50c'est simplement parce que je ne fais pas confiance à la classe dirigeante aujourd'hui,
05:53on nous fait le coup de la...
05:55Alors, rappelez-vous, je dois vous donner un exemple.
05:56Au moment du débat sur la pornographie,
05:58est-ce qu'on devait s'afficher pour consulter des sites porno ?
06:01Moi, j'avais dit, un instant,
06:02on peut ne pas être particulièrement fan de porno
06:04et s'opposer à cette raison pour une raison simple,
06:06c'est qu'on nous présente l'argument porno
06:08pour ensuite nous conduire au passeport numérique.
06:10Eh bien, je crois que c'est la même chose en ce moment sur la santé.
06:12Le régime cherche depuis longtemps à reprendre le contrôle des réseaux sociaux.
06:16Il a cru trouver l'argument nécessaire par la question de la protection de l'enfance.
06:21Tout comme on nous explique qu'il faut bannir l'argent liquide
06:23au nom de la lutte contre le blanchiment d'argent,
06:26tout comme on nous explique qu'on se donne le droit
06:28de surveiller ce qui se passe dans les maisons
06:30au nom de la lutte contre les porpois haineux,
06:31on commence à s'habituer.
06:32Vous avez peur d'être pisté partout, Arthur de Vatrigan ?
06:35Je ne partage pas votre avis du tout.
06:38Les réseaux sociaux sont une horreur.
06:40Toutes les études le prouvent pour les enfants,
06:43évidemment les adolescents.
06:44Moi, je milite depuis un certain temps pour l'interdiction des réseaux sociaux,
06:46mais aussi des smartphones,
06:48et pas à 15 ans, mais pour tous les mineurs,
06:49comme on a interdit l'alcool et le tabac.
06:52Alors, il y a une réalité,
06:54et la politique doit pouvoir s'appuyer sur une réalité.
06:56La réalité, c'est que la majorité des parents,
06:58des jeunes parents,
06:59sont contre et savent que c'est pas bien.
07:01Sauf qu'ils ont abandonné, pour plein de raisons,
07:03sa page de l'autorité, peur des conflits,
07:05mais une autre raison plus pernicieuse,
07:07c'est que si vous interdisez un smartphone
07:10ou les réseaux sociaux à votre enfant,
07:11il est exclu socialement.
07:13Parce qu'aujourd'hui,
07:14les échanges entre enfants et adolescents
07:16ne sont plus par SMS,
07:17plus sur WhatsApp,
07:18mais se font sur Instagram.
07:20Ça, c'est une raison.
07:21Et ça concerne la majorité.
07:22Le politique, c'est protéger le plus faible,
07:24le plus faible majoritairement est en danger.
07:26Et c'est pas une loi de cas particulier,
07:28c'est une loi générale.
07:30Alors, si j'étais machiavélique,
07:31moi qui ne file pas de réseaux sociaux à mes enfants,
07:33je me dirais,
07:34continuez,
07:35parce que vous allez devenir des génies pour pas cher,
07:37ça va me faire plaisir.
07:39Je sais qu'il y a une tentation de contrôle,
07:40c'est l'homme,
07:41je sais tout ça.
07:42Néanmoins,
07:43aujourd'hui,
07:44il n'y a rien qui prouve,
07:45rien de factuel qui prouve,
07:47qu'il va y avoir une tentation.
07:49Le problème, c'est la confiance,
07:50Mathieu Bocoté l'a dit,
07:51il y a une rupture de confiance
07:52entre le politique et les citoyens,
07:55donc quoi que fasse le politique,
07:56les citoyens n'y croiront pas.
07:57Et ça passera pas.
07:58Est-ce que les arguments qu'il vient de développer
08:00font d'Arthur de Vatrigan un extrême centriste,
08:02monsieur Bocoté ?
08:03Non, la question de savoir où se situe le discours,
08:05moi, la critique culturelle des réseaux sociaux
08:08ou sociologiques me semble fondamentale.
08:10Et je pense qu'on a tout avantage
08:11à s'en détacher dans nos propres vies,
08:14et pas que les enfants,
08:14les adultes aussi d'ailleurs.
08:16La consultation nocturne du iPhone
08:17est quand même un truc un peu bizarre.
08:19Une fois que c'est dit,
08:21je pense que l'État,
08:22et c'est peut-être mon désaccord avec Arthur,
08:23je pense que l'État affiche tout à fait
08:26de manière décomplexée sa volonté de contrôle,
08:28quand Mme Chapaz, je crois,
08:30j'espère ne pas massacrer son nom,
08:31dit l'an passé qu'il faut bannir des réseaux
08:34les fausses opinions.
08:36Avant de se corriger ensuite,
08:37mais moi, je crois qu'elle est sincère
08:39lorsqu'elle dit les fausses opinions.
08:41La volonté de contrôler les réseaux,
08:42c'est d'abord fondé sur une base politique.
08:44C'est le traumatisme 2015.
08:45En fait, c'est le Brexit plus Trump.
08:47Il y a une forme de traumatisme fort.
08:49On se dit, l'insurrection passe par là aujourd'hui.
08:51Il faut les mater.
08:52Mais puisqu'on ne veut pas dire aux gens,
08:53on veut vous interdire de vous exprimer publiquement,
08:55parce que lorsque vous parlez,
08:57ça crée un effet de coagulation des opinions.
08:58Ça fait une foule qui nous conteste.
09:00On préfère dire qu'on veut protéger les enfants.
09:02Ça semble le plus convaincant.
09:03Et cacher ces réseaux qu'on ne saurait voir.
09:05Arthur Devatrigan, justement,
09:06cette mesure, elle aurait pu naître en France.
09:09C'est ce qui est en train de se passer,
09:10mais plus difficilement aux Etats-Unis.
09:12On va rentrer dans le détail du livre
09:13de notre invité Mathieu Bock-Côté.
09:15Les deux Occidents, je le rappelle,
09:16publiés aux presses de la Cité.
09:19Alors, vous l'avez tous remarqué,
09:20Mathieu Bock-Côté a un léger accent,
09:22un peu québécois.
09:23Et c'est un Québécois exilé en France
09:25et qui est passionné par la vie politique occidentale
09:28et surtout bougrement érudit.
09:30Et justement, son identité associée
09:32à son premier métier sociologue,
09:34il faut le rappeler,
09:34fait de lui sûrement l'analyste le plus sûr
09:36pour comprendre le monde d'aujourd'hui.
09:38Parce qu'il connaît parfaitement le Nouveau Monde
09:40et l'Ancien Monde.
09:41Parce qu'il maîtrise les 50 nuances
09:43de la droite française et américaine.
09:46Et parce qu'il voit souvent,
09:47avec un coup d'avance,
09:48évidemment, ce qu'il va se passer,
09:49même si parfois, il lui arrive de se tromper.
09:51Et que nous dit-il depuis des années ?
09:53Il y a une ingénierie progressiste
09:55à l'œuvre en Occident.
09:56Les peuples grondent,
09:57l'oligarchie vers son soviète
09:59du XXIe siècle panique,
10:00et donc les libertés se réduisent
10:01à peau de chagrin
10:02et la nomenclatoire surveille.
10:04Alors, si les goulags
10:05n'ont pas été remis au goût du jour,
10:07la dérive totalitaire s'en passe très bien.
10:09C'était l'objet de son précédent essai,
10:11le totalitarisme sans goulag.
10:12Alors, ça se passe comment ?
10:14Le cercle de la raison
10:15expulse tous les opposants
10:17de l'autre côté de la frontière,
10:18la légitimité.
10:19Ce qui fait quand même
10:19un sacré paquet de monde.
10:20Et s'il grogne un peu trop,
10:22on les assèche financièrement
10:23et socialement.
10:24Mais voilà,
10:25il y a un drôle de caillou
10:26qui s'est glissé dans la chaussure
10:27et ce caillou, il s'appelle Trump.
10:28C'est ce que nous explique Mathieu.
10:30Alors, précisons tout de suite,
10:31Mathieu Bocoté n'est pas
10:32un Trump-polâtre.
10:33En effet, c'est difficile de l'être
10:34quand on est son voisin.
10:35Mathieu Bocoté est québécois,
10:36donc forcément,
10:37c'est compliqué de compléter
10:38un Trump-polâtre.
10:39En revanche,
10:40dans ce nouvel essai,
10:41il analyse méticuleusement
10:42les causes profondes
10:43de sa seconde élection
10:44et la vague aux allures
10:46de contre-révolution
10:47qui traversent l'Atlantique.
10:48Et alors,
10:49qu'est-ce qui se passe en Europe ?
10:50Eh bien, on dresse un mur.
10:51Un nouveau mur
10:51qui sépare l'Est et l'Ouest.
10:53Sauf que les libertés
10:54sont inversées,
10:55selon Mathieu.
10:56Et ce mur-là,
10:57qui revêt les habits
10:57de l'État de droit
10:58et suffisamment troué par endroit
11:00pour laisser passer
11:00les submersions migratoires,
11:02c'est un mur
11:03pour lutter contre Trump.
11:04Et Trump,
11:05le Trumpisme,
11:06un quart selon Mathieu Bocoté,
11:07un césarisme démocratique.
11:09Est-ce qu'on a raison
11:10de bâtir un mur
11:11contre un nouveau césar ?
11:12Eh bien, vous allez répondre
11:13dans quelques instants
11:14quand on retraversera l'Atlantique.
11:16Restez avec nous
11:17dans le choc des idées.
11:18Sur Sud Radio,
11:19on est ensemble jusqu'à midi
11:20en compagnie d'Arthur de Vatrigan
11:21que vous entendiez à l'instant
11:22de Stéphane Simon
11:23et de notre invité
11:24Mathieu Bocoté.
11:26A tout de suite sur Sud Radio.
11:28Sud Radio,
11:29le choc des idées,
11:30Jean-Marie Bordry.
11:32De retour sur Sud Radio
11:33dans le choc des idées
11:34en compagnie de Stéphane Simon,
11:35d'Arthur de Vatrigan
11:36et de notre invité
11:37Mathieu Bocoté
11:38qui publie
11:38Les deux Occidents
11:40aux presses de la cité.
11:42Chronique d'un divorce
11:44entre l'Europe progressiste
11:46et les Etats-Unis trumpistes
11:47si je résume grossièrement.
11:49Arthur,
11:50question très directe
11:51à notre invité
11:51que vous posiez à l'instant.
11:53Vous décrivez un mur
11:54qui se dresse
11:55entre l'Est et l'Ouest.
11:57Avons-nous raison,
11:58nous, vieux pays,
11:59de dresser un mur
11:59contre ce que vous qualifiez
12:00d'un césarisme démocratique ?
12:02Le problème,
12:03c'est que je pense
12:03que les pays occidentaux,
12:05en fait,
12:05d'Europe occidentale,
12:06dressent surtout un mur
12:07contre leur propre population
12:08aujourd'hui.
12:09C'est-à-dire que Trump
12:10est vu,
12:11appelons ça
12:12l'insurrection nationale
12:13conservatrice,
12:14populiste,
12:14en fait populiste
12:15et ensuite nationale
12:16conservatrice,
12:17elle se fait sentir
12:18en Europe,
12:18en Occident plus largement
12:19depuis une quarantaine
12:21d'années.
12:22Or,
12:22qu'est-ce qu'on voit
12:22par ailleurs
12:23avec la séquence Trump ?
12:25C'est que cette insurrection
12:27l'a emporté
12:28non plus dans un pays
12:28périphérique,
12:30n'est plus contenu
12:30dans la fonction
12:31tribunicienne
12:32dans nos démocraties,
12:33cette insurrection
12:34l'a emporté
12:34au cœur de l'Empire,
12:35donc aux États-Unis,
12:36et c'est à ce moment
12:37qu'effectivement,
12:39les élites progressistes
12:40européennes,
12:40la nomenclatura,
12:41cherchent à construire
12:42une forme de nouveau
12:42mur de Berlin numérique
12:44pour empêcher
12:45une forme de contamination
12:46trumpienne
12:47en Europe occidentale.
12:49Alors, ce qui est important
12:49là-dedans, je crois,
12:51c'est que la méfiance
12:52est d'abord
12:52à l'endroit
12:53des peuples occidentaux.
12:54Tout le vocabulaire
12:55des 30 dernières années,
12:56penser pour mater
12:57l'insurrection populaire.
12:59Donc, on parle
12:59de populisme,
13:00d'extrême droite,
13:01de discours haineux.
13:03Tout ce vocabulaire,
13:04tout cet appareil juridique
13:05qui s'est mis en place,
13:06cet appareil administratif,
13:07les persécutions fiscales,
13:09médiatiques et tout ça,
13:10pour mater
13:10les courants populistes
13:11européens,
13:12donc tout ça existait déjà,
13:13mais dans la séquence Trump,
13:15il y a une forme
13:15de crise de panique
13:16chez ces élites
13:16en disant qu'il y aura
13:17un effet de contamination
13:18accéléré,
13:19comme si on ne sera plus
13:19capable de contenir la vague.
13:21Ce qui sert paradoxalement
13:23les élites d'Europe occidentale
13:24pour l'instant,
13:25c'est la personnalité de Trump.
13:26Parce que Trump a une personnalité
13:28à ce point,
13:28probablement que c'était
13:29la personnalité nécessaire
13:30pour gagner,
13:31mais aujourd'hui,
13:32il a surpris tout le monde
13:33en consacrant
13:34la première année
13:35de son mandat
13:35à une forme de vocation
13:36épérial nouvelle
13:37des Américains.
13:38Et de ce point de vue,
13:40on est dans ce moment
13:40où les nationaux conservateurs
13:42d'Europe occidentale
13:43qui se réclament
13:43du patriotisme
13:44sont présentés par le régime
13:46en ce moment
13:46comme la cinquième colonne
13:48américaine en Europe occidentale,
13:50comme hier,
13:50on les présentait
13:50comme la cinquième colonne
13:51moscovite.
13:53Donc là,
13:53on est à ce moment
13:54un peu étrange
13:54où le Trump
13:56fait beaucoup de mal
13:57au mouvement
13:58qu'il a porté au pouvoir,
13:59à l'insurrection
14:00populiste et nationale
14:01conservatrice
14:02qu'on voit en Occident
14:03parce que Trump lui-même
14:04est en train d'abîmer
14:05ce qui l'aura rendu possible.
14:07Stéphane Simon.
14:08Vous expliquez que,
14:09en gros,
14:10avant l'Amérique
14:11éclairait l'Europe,
14:12qui elle-même
14:12éclairait l'Amérique.
14:14Tout ça,
14:14c'est terminé.
14:15Et vous écrivez
14:16en conclusion
14:17l'Amérique se prend
14:18désormais
14:19pour le dernier Occident
14:20et face aux Etats-Unis,
14:22il y a,
14:22je cite,
14:23une Europe
14:23qui est devenue
14:24socialiste,
14:25islamisée.
14:26Alors ici,
14:26on s'appelle
14:27le choc des idées
14:27mais là,
14:28vous y ajoutez
14:28quand même
14:29le poids des mots aussi.
14:30Oui,
14:30alors je constate
14:31que l'Europe,
14:31qu'est-ce qui caractérise
14:32l'histoire de l'Europe
14:33depuis une trentaine d'années ?
14:34La submersion migratoire
14:35qui est le fait central.
14:37Si vous changez
14:38la population
14:39d'un pays
14:39ou d'un continent,
14:40vous changez son identité.
14:41Le simple fait
14:42de rappeler cela
14:43et de présenter cela
14:43comme une opinion
14:44transgressive et terrifiante
14:46nous en dit beaucoup
14:46sur la chape de plomb
14:47intellectuel
14:48des dernières décennies.
14:50Par ailleurs,
14:50l'Europe,
14:51à travers des trucs
14:51comme le Green Deal
14:52notamment,
14:53mais pas seulement,
14:53à travers une sociale démocratie
14:55devenue encombrante
14:56qui fabrique une société
14:57à la fois molle
14:58et agressive
14:58a fait dans le sorte
14:59qu'on dit quelquefois
15:00à sortir un peu
15:01l'Europe de l'histoire
15:01et on le voit aujourd'hui
15:03d'un côté
15:04dans cette espèce
15:04de retour des empires
15:06et les Américains
15:07se glissent là-dedans,
15:08de l'autre côté,
15:08une Europe occidentale
15:09qui croit encore
15:10à la puissance du serment
15:11et du droit
15:12qui ne fonctionne plus
15:13et s'est incarné
15:14dans cette espèce
15:15d'empire retourné
15:16contre lui-même,
15:16l'empire européiste
15:17où c'est un empire
15:19très faible
15:19par rapport au reste du monde
15:20mais particulièrement
15:21autoritaire
15:22contre ses peuples
15:23et donc c'est un empire
15:24autoritaire
15:24contre les états
15:25qu'il a constitué
15:26mais qui face au monde
15:27donne des leçons,
15:28multiplie les serments
15:30et ça je crois
15:31que ça caractérise
15:32assez bien l'Europe
15:32d'aujourd'hui.
15:33Alors si on en revient
15:34parce qu'on va revenir
15:35dans le détail
15:35sur l'Europe
15:36et notamment l'Union européenne
15:38dans quelques minutes
15:38mais si on en revient
15:40tiens, on vous donnait
15:41deux ou trois termes
15:42vous le dites vous-même
15:43césarisme démocratique
15:45pour parler du trumpisme.
15:47Alors César
15:47pour ceux qui ont eu
15:48un mauvais preuve
15:49non, il n'était pas empereur
15:50mais en tout cas
15:51il était dictateur.
15:52Est-ce que ça fait
15:52Trump un demi-dictateur
15:53si c'est un césariste démocratique ?
15:55Pour l'expliquer
15:55à ceux qui nous écoutent.
15:56Alors je n'utilise pas
15:57le terme dictateur
15:58pas du tout.
15:59C'est moi qui l'emploie.
15:59Bien sûr.
16:00Alors je pense que
16:00dans la pensée politique américaine
16:02ces dernières années
16:02il y avait cette hypothèse
16:04de la nécessité
16:04de ce qu'ils appelaient
16:05un nouveau césar.
16:06Pourquoi ?
16:06Parce que la classe dirigeante
16:08aux Etats-Unis
16:09l'état profond
16:10ils ajoutaient
16:11la technostructure
16:12la technobureaucratie
16:13était à ce point puissante
16:14que dans ces moments
16:15dans l'histoire
16:16quand les institutions
16:17semblent encrasser
16:18il est nécessaire
16:19de faire surgir
16:20une figure forte
16:21capable de restaurer
16:22la souveraineté
16:22de restaurer le pouvoir
16:24et de restaurer aussi
16:25le pouvoir du peuple
16:26qui quelquefois
16:26est écrasé.
16:27Et là on me dira
16:28césarisme c'est inquiétant
16:29si je peux me perdre
16:30je comprends
16:31mais je fais le lien
16:32avec la France
16:32on appelle ça ici
16:33le bonapartisme.
16:34Il arrive un moment
16:35dans l'histoire
16:36où les institutions
16:37sont slérosées
16:39à un point tel
16:39qu'il faut les régénérer
16:41avec une espèce
16:41de moment refondateur.
16:43Ce moment-là
16:43est par définition
16:44un moment incarné
16:45et Trump est celui
16:46qui aurait été capable
16:47d'incarner ce moment césarien
16:50mais ce que l'on voit
16:50c'était appelé comme tel
16:51je pense c'est Michael Anton
16:52qui est un des intellectuels
16:53de la mouvance
16:54nationale conservatrice
16:56aux Etats-Unis
16:56qui sert aujourd'hui
16:57l'administration américaine
16:58qui parlait
16:59de ce césarisme désiré.
17:01Ensuite encore une fois
17:02il ne s'agit pas
17:02de le célébrer
17:03ou de le maudire
17:04il s'agit de constater
17:05qu'on est dans un moment
17:05de personnalisation
17:07du pouvoir
17:08parce que pendant
17:0930 ou 40 ans
17:10on était dans une telle
17:11puissance de la technostructure
17:12que ça crée un besoin
17:14quelquefois
17:14de faire surgir
17:15une figure capable
17:16de casser l'appareil
17:17qui écrase
17:17le commune immortel.
17:18Arthur Devatrigan.
17:19Vous ajoutez
17:20que c'est une contre-révolution
17:22Trumpienne
17:22mais qui dit contre-révolution
17:24c'est-à-dire
17:24qu'on est contre
17:25une révolution
17:26et de quelle révolution
17:27parlez-vous ?
17:28Alors le Trumpisme
17:28s'est constitué
17:29sur le mode
17:29de nouveau genre
17:31la révolution woke.
17:33On ne doit pas
17:34sous-estimer
17:34à quel point
17:35en Amérique du Nord
17:35mais aussi en Europe
17:36mais en Amérique du Nord
17:37la séquence
17:38la fin des années 2010
17:39et surtout 2020-2024
17:42on était dans un moment
17:43d'hystérisation idéologique grave
17:45dans un moment
17:46de négation du réel
17:47comme on l'a rarement vu.
17:49Je dirais
17:49que les années woke
17:51c'était le 1793
17:52des temps présents
17:54donc une forme
17:54de terreur morale
17:55de terreur idéologique
17:57je vais vous donner
17:58quelques exemples
17:59sur des questions
18:02qui nous sont familières
18:02la théorie du genre
18:04était à ce point agressive
18:05elle était présente
18:06dans les écoles
18:06dans toutes circonstances
18:07les parents craignaient
18:08c'est pas une vue de l'esprit
18:09les parents craignaient
18:10quand on voit
18:10leurs enfants à l'école
18:11et bien ils reviennent
18:12avec des espèces d'idées bizarres
18:13sur la théorie du genre
18:14qui aurait pénétré
18:16leur cerveau
18:16en quelque sorte
18:17de la même manière
18:18devant les migrations massives
18:20la célébration enthousiaste
18:21de l'immigration massive
18:22qui est vécue par tous
18:23sur le mode de la submersion
18:25créait le besoin
18:27d'une réaction
18:28de même sur tout
18:29ce qui s'appelle
18:29la censure des mots
18:30vous voyez
18:31le nombre de polémiques
18:33absurdes dans les universités
18:34est-ce qu'on peut prononcer
18:35le titre de tel livre
18:36est-ce qu'on ne devrait pas brûler
18:38je donne un exemple
18:39canadien-anglais celui-là
18:40c'était en Ontario
18:41il y a quelques années
18:42on a purgé une bibliothèque
18:43de tous les livres
18:44qui étaient potentiellement
18:45colonialistes
18:45on les a brûlés
18:46on a fait ensuite
18:47une cérémonie de réconciliation
18:48avec les Amérindiens
18:49disait-on, croyait-on
18:50en enterrant les cendres
18:53pour faire pousser
18:53l'art de la réconciliation
18:54on était devant
18:55des rituels bizarres
18:56qui rendaient les gens fous
18:57et au coeur
18:58un autre d'affaires
18:58et oui oui
18:59absolument
18:59c'était pratiqué autrefois
19:01par d'autres gens
19:02or dans les années
19:03cette séquence-là
19:05le commun des mortels
19:06s'est demandé
19:07est-ce qu'on peut arrêter
19:07la folie
19:08donc je pense que
19:08la contre-révolution
19:09s'est fixée sur le mochisme
19:10ensuite
19:11le trumpisme
19:12ne se réduit pas à ça
19:14si on regarde
19:14l'histoire
19:15des différentes tendances
19:16agglomérées
19:16dans le trumpisme
19:17c'est aussi un refus
19:19globalement
19:20des radical sixties
19:21donc la great society
19:22de johnson
19:23qui est une société
19:24de l'ingénierie sociale
19:25les années 60
19:26oui voilà
19:26et c'est aussi
19:27à certains égards
19:28mais avec des nuances
19:29une critique du new deal
19:31mais pas complètement
19:31parce que trump
19:32n'est pas un libertarien
19:33trump croit
19:33l'état social
19:34à sa manière
19:35mais une critique du new deal
19:36sur le mode
19:37la technostructure
19:38l'état profond
19:39l'état lourd
19:40l'état administratif
19:41qui s'est construit
19:41à partir de là
19:42on vous dirait aussi
19:43la solidarité
19:43dans ce cas-là
19:44alors voilà
19:45trump n'est pas un libertarien
19:46je le redis
19:46parce que lui croit
19:47parce que d'ailleurs
19:48sa base électorale
19:49n'est pas hostile
19:50par exemple
19:50à certaines politiques
19:51de redistribution
19:52à certaines politiques sociales
19:53et ça
19:53d'ailleurs c'est un
19:54c'est un grand dépensier
19:55à la tête de l'état
19:56faut pas se tromper avec ça
19:57mais c'est une volonté
19:59d'une certaine manière
20:00de déconstruire
20:02plusieurs pans
20:03du 20ème siècle
20:04en en conservant
20:05d'autres évidemment
20:07mais il y a
20:07donc la notion
20:09de contre-révolution
20:09va au-delà
20:10de la séquence woke
20:11alors vous parlez
20:11d'un moment trumpien
20:12si on en juge
20:14les médias
20:15mainstream français
20:15on voit
20:16on entend dire
20:17que ce moment trumpien
20:18pourrait s'arrêter
20:19assez rapidement
20:20d'ailleurs
20:20puisqu'on sait
20:21on va vers les élections
20:22de mid-terms
20:23et puis si
20:24cette fois-ci
20:25le président trump
20:26est désavoué
20:27et bien il va se retrouver
20:28relativement impuissant
20:30alors d'un seul coup
20:31ce moment trumpien
20:32de frais pchit
20:33je suis pas certain
20:34parce que dans les faits
20:35on se retrouvera
20:36dans une crise
20:37au sommet du pouvoir
20:37en quelque sorte
20:38c'est-à-dire la présidence
20:39qui sera trumpienne
20:40le congrès
20:41qui serait recomposé
20:42le choc avec la cour suprême
20:44n'oublions pas
20:45et je reviens
20:46sur ce que je dis
20:46juste un instant
20:47trump a surpris
20:49depuis un an
20:50en mettant l'accent
20:52de sa politique
20:53sur la politique étrangère
20:54une politique étrangère
20:55qui n'est pas
20:56moi j'ai jamais cru
20:57que trump
20:57était un isolationniste
20:58le america first
21:00de trump
21:01n'est pas un isolationnisme
21:02c'est un anti-globalisme
21:04c'est un anti-gouvernance globale
21:05c'est une forme
21:06de nationalisme impérial
21:07mais à partir du moment
21:09où il ne s'est pas contenté
21:10de vouloir réaffirmer
21:11l'ambition impériale
21:13classique des américains
21:14mais il a une volonté
21:15explicite d'assujettir
21:16et d'humilier ses alliés
21:17ça c'est la séquence
21:18du Groenland
21:19on pourrait ajouter
21:20le rapport avec le Canada
21:20mais bon
21:21laissons le Canada de côté
21:22la volonté d'assujettir
21:23de s'emparer du Groenland
21:25je pense que ça crée
21:26un traumatisme
21:27chez les européens
21:28parce qu'on se retrouve
21:30devant une forme
21:30de nationalisme impérial
21:31de conquête
21:32où il s'agit de planter
21:33son drapeau
21:33sur le territoire
21:34d'un autre
21:34et pour cela
21:35une bonne partie
21:36des américains
21:36qui étaient prêts
21:37à aller assez loin
21:38dans une politique forte
21:39de réaffirmation nationale
21:40à l'intérieur
21:41de déconstruction
21:42du progressisme culturel
21:43de lutte contre
21:44l'immigration massive
21:45tout ça
21:45le trumpisme
21:46s'est abîmé
21:47assez rapidement
21:48dans cette politique
21:50on pourrait dire
21:51en fait impériale
21:52classique
21:53style 19e siècle
21:54et les américains
21:55ne le suivent pas là-dessus
21:56donc c'est ça
21:56pourrait que la politique
21:57étrangère
21:58à terme fasse avorter
21:59la politique intérieure
22:00alors justement
22:00tiens
22:01quel signe de faiblesse
22:02les européens ont donné
22:03pour que le trumpisme
22:05finisse par avoir envie
22:06de lui voler
22:07des territoires
22:08on va en parler
22:08dans un instant
22:09avec Mathieu Boccoté
22:10je le rappelle
22:11notre invité
22:11dans le choc des idées
22:12auteur des deux occidents
22:14publié aux presse
22:15de la cité
22:15pourquoi l'union européenne
22:17est à ce point détestée
22:18par Donald Trump
22:19on en parle
22:20dans un instant
22:20sur Sud Radio
22:21Sud Radio
22:23le choc des idées
22:24Jean-Marie Bordry
22:25de retour sur Sud Radio
22:27dans votre nouvelle émission
22:28de 11h à midi
22:29le choc des idées
22:30sur Sud Radio
22:31en compagnie
22:32d'Arthur de Vatrigan
22:33et de Stéphane Simon
22:35on reçoit notre invité
22:36Mathieu Boccoté
22:38auteur des deux occidents
22:39c'est publié aux presses
22:40de la cité
22:41ce divorce
22:42en quelque sorte
22:43entre l'Europe progressiste
22:44et les Etats-Unis
22:46trumpistes
22:47d'où vient-il
22:47et pourquoi justement
22:48tiens
22:49l'union européenne
22:50en général d'ailleurs
22:51évoque un tel sentiment
22:53de dégoût
22:55auprès non seulement
22:55de Donald Trump
22:56mais même du trumpisme
22:57Mathieu Boccoté
22:59permettez-moi d'ajouter
22:59une bonne partie
23:00de la population européenne
23:01elle-même
23:01je pense que
23:03c'est à ce moment
23:04je disais
23:04Trump est peut-être
23:05en train de faire avorter
23:06on verra
23:07on verra
23:07une contestation
23:09plus forte
23:09du régime globaliste
23:10du régime diversitaire
23:11du régime mondialiste
23:12qui s'est établi
23:13depuis une trentaine d'années
23:13mais les Européens
23:15eux-mêmes
23:15ne sont pas particulièrement
23:16enthousiastes
23:17devant la gouvernance
23:19douce
23:20souriante
23:21et démocratique
23:21de Mme von der Leyen
23:22par exemple
23:23le commun des mortels
23:24en Europe
23:25se demande pourquoi
23:26Mme von der Leyen
23:27est dans une position impériale
23:29au sein de
23:30enfin au sein de
23:31l'organisation politique
23:32à laquelle ils appartiennent
23:33premier élément
23:33ensuite chez Trump
23:35j'y reviens
23:35vous avez posé la question
23:36pour les Américains
23:37enfin l'Union Européenne
23:38se présente un peu
23:39non pas comme
23:40le laboratoire
23:41d'une puissance européenne nouvelle
23:42mais c'est présenté
23:43depuis le début
23:44des années 90
23:45comme le laboratoire mondialiste
23:46donc c'est
23:47le lieu de la dissolution
23:48du politique
23:48le lieu de la
23:49la régulation
23:51de la société
23:52exclusivement
23:52par le droit
23:53le commerce
23:53et ainsi de suite
23:54c'est le lieu aussi
23:55il ne faut pas se tromper
23:56les Américains
23:56regardent les Européens
23:57et se disent
23:58qu'ils se sont construits
23:59un petit paradis
24:00social-démocrate
24:01tranquille
24:03mais sous protection américaine
24:05et beaucoup d'Américains
24:06se disent aujourd'hui
24:06ils n'ont pas investi
24:08dans l'armement
24:08ils n'ont pas investi
24:09dans leur défense
24:09ils ont tout investi
24:10dans leur modèle social
24:11mais à un moment donné
24:12défendez-vous les gars
24:13on n'a pas à financer
24:14la social-démocratie
24:15à partir de l'argent américain
24:16ajoutez un élément à ça
24:18l'Europe s'est elle-même
24:19paralysée
24:20parce qu'elle est devenue
24:21laboratoire
24:21de différentes utopies nouvelles
24:22l'utopie aujourd'hui
24:24diversitaire
24:25elle est portée
24:25par la Commission Européenne
24:26le fameux Green Deal
24:28dont on a tant parlé
24:29qui est une espèce
24:29de logique
24:30de paralysie programmée
24:32de l'économie européenne
24:33c'est aussi
24:34de ce point de vue
24:34une forme de socialisme nouveau
24:36qui a pris forme en Europe
24:37et vous me direz
24:37que ces idées
24:38étaient très présentes
24:38aux Etats-Unis aussi
24:39je serais d'accord
24:40mais je ferais une nuance
24:41c'est qu'aux Etats-Unis
24:42il y a toujours eu
24:42une forme de réaction vive
24:44du système immunitaire américain
24:46contre le progressisme obligatoire
24:48alors qu'il pouvait
24:50prendre forme politiquement
24:51alors qu'en Europe
24:52il a été contenu
24:52on l'a souvent dit
24:53dans les marges politiques
24:54extrême-droitisées
24:55Stéphane Simon
24:56On sent bien que
24:57la question de l'immigration
24:58elle est centrale
24:59dans la pensée de Trump
25:00et c'est un des reproches
25:01qu'il fait à l'Union Européenne
25:04et alors c'est d'autant plus curieux
25:05vous parlez du régime diversitaire
25:07mais est-ce que l'Amérique
25:08n'est pas justement
25:09le pays du melting pot
25:10c'est l'inventeur du melting pot
25:11et curieusement
25:12c'est au moment
25:13où l'Union Européenne
25:14devient diversité
25:15qu'on sent
25:17que ça hérite terriblement
25:19alors je dirais
25:20c'est à mesure
25:22que finalement
25:23la société européenne
25:24se communautarise
25:26sur un modèle
25:26anglo-saxon
25:27que ça met
25:28je dirais
25:29les chatouilles
25:30et les poils
25:31au président Trump
25:31alors Donald Trump
25:32n'est pas l'héritier
25:33de l'Amérique diversitaire
25:34c'est à dire
25:35ce que vous appelez
25:35le melting pot
25:36aux Etats-Unis
25:36c'est ce qu'on appelait
25:37pendant longtemps
25:38en France
25:38l'assimilation
25:38il y a un basculement
25:40aux Etats-Unis
25:40qui s'opère en quelque temps
25:41l'Amérique
25:42se fonde non pas
25:43à la manière
25:43d'une promesse universelle
25:44d'une nation idée
25:45comme on dit quelques fois
25:46l'Amérique
25:47c'est une nation
25:48anglo-saxonne
25:49protestante
25:50donc ça
25:51c'est son coeur identitaire
25:52on pourrait dire
25:53que dans la première moitié
25:54du 20ème siècle
25:56fin 19ème
25:57surtout début
25:57première moitié du 20ème
25:59l'identité américaine
26:00change avec ceux
26:01qu'on appelle
26:01les white ethnics
26:03donc les globalement
26:04les Irlandais
26:05les Italiens
26:05donc les
26:06ce qui ne vient pas
26:07du socle anglo-saxon
26:08il y a une transformation
26:09l'Amérique devient
26:10une forme de nation
26:10européenne
26:11entre guillemets
26:12avec des catholiques
26:13d'ailleurs
26:13ce qui est nouveau à l'époque
26:14oui bien sûr
26:14ce qui fait scandale
26:15pour plusieurs
26:16et il y a un moment
26:17d'assimilation
26:18qui fonctionne bien
26:18quand même
26:19il ne faut pas se tromper
26:20au milieu des années 60
26:21il y a un moment
26:22de bascule
26:22on veut
26:24on change la politique
26:25d'immigration
26:25il y a un moment
26:27de moratoire
26:28sur l'immigration
26:28des années 20
26:29aux années 60
26:30qui est très net
26:30aux Etats-Unis
26:31pour permettre
26:31l'assimilation
26:32des populations nouvelles
26:33dans les années 60
26:34il y a un changement
26:35véritablement
26:36des politiques
26:37d'immigration
26:37mais comme toujours
26:40les politiques
26:40ça va des changements
26:41à la marge
26:42ça ne va rien changer
26:43fondamentalement
26:43la composition
26:44je dis ethnique
26:46parce qu'aux Etats-Unis
26:46ce mot veut dire
26:47quelque chose
26:47ça ne va rien changer
26:48la composition ethnique
26:49du pays
26:49ou démographique
26:50culturel et identitaire
26:51ne vous inquiétez pas
26:52dans les années 80
26:54et surtout 90
26:55dans les années 90
26:56et plus encore 2000
26:56l'Amérique se découvre
26:58beaucoup plus transformée
26:59sur le plan démographique
27:00qu'elle ne le croyait
27:01on assiste alors
27:02à un changement
27:03dans le discours
27:04sur l'identité américaine
27:05par exemple
27:06sur le plan historique
27:07on ne présente plus
27:08les Etats-Unis
27:09comme une nation
27:10d'ascendance européenne
27:11issue de la civilisation occidentale
27:13on présente alors
27:14l'Amérique
27:14comme un pays
27:15au croisement
27:16de plusieurs civilisations
27:17et de plusieurs peuples
27:18plusieurs peuples
27:19aux Etats-Unis
27:19il va avoir
27:20donc ça ça va être
27:21la version multiculturaliste
27:22de l'identité américaine
27:23et la droite américaine
27:24elle va se replier
27:25sur une position
27:26style printemps républicain
27:27donc globalement
27:28qu'est-ce que l'Amérique
27:29c'est une nation universaliste
27:30c'est une nation idée
27:31mais sans contenu culturel spécifique
27:33il y a une partie de l'Amérique
27:35donc ça ça va être
27:35le débat identitaire américain
27:37pendant longtemps
27:37Trump lui fait partie
27:39de cette part de l'Amérique
27:40qui n'a jamais accepté
27:42la révolution démographique
27:43des années 60
27:44pas par racisme
27:45mais simplement
27:46parce qu'il est attaché
27:46à une identité
27:47plus substantielle
27:48plus civilisationnelle
27:49et Trump
27:50de ce point de vue
27:51représente politiquement
27:52ceux qui n'ont jamais
27:53un applaudi
27:54la révolution démographique
27:55des années 60
27:56non plus que la révolution
27:57multiculturaliste
27:58des années 90
27:59donc de ce point de vue
28:00Trump
28:01on pourrait dire
28:02s'inquiète
28:03de ce que devient l'Europe
28:05parce qu'il s'inquiète
28:06aussi de ce qui est devenu
28:07l'Amérique
28:07ça je pense qu'il faut
28:08avoir ça à l'esprit
28:09Arthur Devatrigan
28:09et de ce que vous dites
28:10de l'Europe
28:11c'est que c'est devenu
28:12un espèce de camp retranché
28:14un mur
28:14un mur pas pour empêcher
28:16donc Trump de venir
28:17mais pour empêcher
28:18les autres de sortir
28:19et en haut de ce mur
28:20avec la bannière du bien
28:21avec un grand B
28:22il y a l'extrême centre
28:22donc j'ai deux questions
28:24c'est qui est l'extrême centre
28:25quels sont ses visages
28:26ses idées
28:27ses parties
28:27et comment se déroule
28:30le cadenassage
28:31ou la soviétisation
28:32en Europe
28:33alors pour l'extrême centre
28:34on pourrait dire
28:34c'est les forces convergentes
28:37hier qui se sont rassemblées
28:38donc les anciens
28:39centres gauche
28:39et centres droit
28:40sociaux libéraux
28:41et libéraux sociaux
28:41qui convergent
28:43devant les forces émergentes
28:45associées aux extrêmes
28:46que sont les populistes
28:46les nationaux conservateurs
28:47et ainsi de suite
28:48donc c'est la technobureaucratie
28:49qui se constitue politiquement
28:51pour mater les insurgés
28:53qui contestent
28:54l'ordre post-1989
28:55en l'ordre diversitaire
28:57et mondialiste
28:58donc les élites
28:59associées à ce régime
28:59se constituent politiquement
29:01pour mater les insurgés
29:02comment y parviennent-ils
29:03en assimilant justement
29:05des forces populistes
29:06entre guillemets
29:07à des forces antidémocratiques
29:08comment y parvient-on
29:09en assimilant la démocratie
29:11non plus à la souveraineté populaire
29:13à la diversité des discours
29:14qui se confondent
29:14dans l'espace public
29:15mais à l'état de droit
29:16entre guillemets
29:17qui n'est plus l'état de droit
29:18tel qu'on le comprenait
29:19traditionnellement
29:19la défense des libertés publiques
29:20mais une forme de complexe
29:23juridico-administratif
29:24de ces élites
29:25qui confisquent le pouvoir
29:27pour elles-mêmes
29:27et qui cherchent aujourd'hui
29:29vous me demandez comment
29:29et bien quand
29:30je vais vous donner quelques exemples
29:31quand une élection se passe mal
29:33on le voit en Roumanie
29:34on décide tout simplement
29:35d'annuler l'élection
29:36quand un parti risque
29:38de progresser au point de gagner
29:39on le voit en Allemagne
29:40volonté d'interdire
29:42étape par étape l'AFD
29:43il ne s'agit pas d'avoir
29:44de la tendresse pour l'AFD ici
29:45il s'agit simplement
29:46de noter que normalement
29:47en démocratie
29:48on essaie de battre
29:48les partis aux élections
29:49plutôt que de les interdire
29:50étape par étape
29:51avec un système
29:52de discrimination politique
29:53lourd en Allemagne
29:54qu'on voit en ce moment
29:54la multiplication des lois
29:56sur les discours haineux
29:58ont pour fonction
29:59de pénaliser l'opposition
30:01dans l'espace public
30:03de la même manière
30:04on pourrait dire
30:04que l'immigration massive
30:05contribue à cela
30:06en mettant en minorité
30:08progressivement
30:08les peuples historiques
30:10européens
30:11je crois que c'est à Davos
30:11si je ne me trompe pas
30:12qu'on a entendu comme discours
30:13l'idée que le populisme
30:15en guillemets
30:15c'est l'expression
30:16des vieux européens
30:17qui n'acceptent pas
30:18le changement du monde
30:19donc il y a tous ces éléments
30:21et on est devant un régime
30:22qui cherche à
30:22comment dire
30:23à resserrer
30:24la participation
30:26à l'espace public
30:27on parlait plus tôt
30:28de la question
30:28des réseaux sociaux
30:29il y a une peur terrible
30:30dans l'extrême centre
30:31pourquoi on a perdu ?
30:33parce qu'on a perdu
30:33le contrôle du récit
30:34médiatique légitime
30:35pourquoi l'a-t-on perdu ?
30:37parce que sont apparus
30:38des lieux
30:38où peut se former l'opinion
30:39à l'extérieur
30:40des critères autorisés
30:41de la pensée officielle
30:42style Pravda
30:43dès lors on veut mater
30:44ces gens-là
30:45en resserrant
30:46l'espace public
30:47donc prenez tous
30:49ces éléments-là ensemble
30:49à dissolution aussi
30:51des associations militantes
30:52troupes identitaires
30:53qu'on se permet
30:54la dissolution
30:54sur des bases idéologiques
30:55interdiction de colloques
30:57interdiction d'événements
30:58donc un tournant autoritaire
30:59de l'extrême centre
31:00au nom paradoxalement
31:01de la défense
31:02de la démocratie libérale
31:03certains y verront
31:04un paradoxe
31:04si je vois une fraude
31:05et à l'inverse
31:06pour rester sur l'Europe
31:07on a parlé justement
31:08de l'extrême centre
31:09qu'est-ce qui se rapproche
31:10le plus de Donald Trump
31:12ou du trumpisme
31:12en Europe ?
31:14alors du trumpisme
31:15plus que de Donald Trump
31:16ce sont les mouvements
31:17nationaux conservateurs
31:18globalement
31:19tous les mouvements
31:20qui se sont constitués
31:21à partir du début
31:23des années 90
31:24disons
31:24à tout le monde
31:25qui ont commencé
31:26à émerger dans ce contexte
31:27participent à la même
31:29dynamique occidentale
31:30donc globalement
31:31plaidoyer pour la restauration
31:33de la souveraineté populaire
31:34plaidoyer pour la nation
31:35plutôt que pour
31:36que pour la mondialisation
31:37pour les frontières
31:38pour les frontières
31:39pour l'identité
31:40plutôt que pour le multiculturalisme
31:41pour finir avec
31:42l'immigration massive
31:43défense de la liberté d'expression
31:45donc d'un pays à l'autre
31:46vous allez
31:46ça c'était par exemple
31:47le Front National
31:48et le Front National
31:48est nettement antérieur
31:49au trumpisme
31:50ça avait commencé
31:51en Europe
31:51avant l'Amérique
31:51je n'ai pas dit le contraire
31:52je pense que
31:53dans le livre
31:54je rappelle par exemple
31:55comment dès le début
31:56des années 80
31:57l'insurrection
31:59appelons ça
31:59contre l'immigration massive
32:01prend forme
32:01mais le tournant
32:02se prend à l'échelle européenne
32:04au début des années 90
32:05c'est à dire que là
32:05on quitte le domaine
32:06appelons ça
32:07des oppositions politiques
32:08classiques nationales
32:09il y a une mutation
32:10à la grandeur de l'Europe
32:11les mouvements nationaux
32:12à l'époque
32:13nationaux populistes
32:14maintenant nationaux conservateurs
32:15émergent
32:16or comment le régime
32:17va les traiter
32:17et ça c'est fondamental
32:18le régime ne les verra pas
32:20comme des oppositions propres
32:21générées en fait
32:22par le régime mondialiste
32:24et tout régime génère
32:25son opposition
32:25ça sera traité
32:26comme une résurgence
32:28en fait
32:28du fascisme
32:29hier vaincu
32:30qui apparaîtrait
32:32sous un nouveau visage
32:33ce qui fait en sorte
32:34on va
32:34à l'université
32:36dans les études spécialisées
32:37sur ce qu'ils appellent
32:38l'extrême droite
32:38ils parlent toujours
32:39de nouvelles extrêmes droites
32:40en nous expliquant
32:41que c'était pas
32:41l'extrême droite d'hier
32:42mais c'était
32:42l'extrême droite néanmoins
32:43pourquoi ?
32:44parce que ce terme
32:45extrême droite
32:45permettait de stigmatiser
32:47très librement
32:48les forces d'opposition
32:49alors qu'est-ce qui fait
32:51que cette contre-révolution
32:53Trumpiste
32:53pour l'instant
32:54ne prend pas en Europe
32:55on va en parler avec vous
32:56dans un instant
32:56Mathieu Bogg-Côté
32:57restez avec nous
32:58je rappelle
32:59vous êtes l'auteur
32:59des deux Occidents
33:01c'est publié aux presse
33:01de la cité
33:02on est toujours
33:03dans le choc des idées
33:03en compagnie d'Arthur
33:04de Vatrigan
33:05de Stéphane Simon
33:06et de vous
33:06sur Sud Radio
33:07à tout de suite
33:07Sud Radio
33:09le choc des idées
33:11Jean-Marie Bordry
33:12de retour sur Sud Radio
33:13dans votre nouvelle émission
33:14jusqu'à midi
33:15le choc des idées
33:16en compagnie
33:17d'Arthur de Vatrigan
33:18et de Stéphane Simon
33:20nous sommes avec notre invité
33:21Mathieu Bogg-Côté
33:22qui publie
33:23les deux Occidents
33:23c'est aux presse
33:25de la cité
33:25nous parlions justement
33:27de ce divorce
33:28qui s'aggravait d'ailleurs
33:29si j'ose dire
33:30entre l'Europe progressiste
33:32et les Etats-Unis
33:33trumpistes
33:34est-ce que c'est un divorce
33:35sans retour
33:36en quelque sorte
33:36tiens
33:37Arthur de Vatrigan
33:38quand on vous
33:39j'ai une question
33:39il y a le Groenland
33:41mais il n'y a pas
33:41que le Groenland
33:42on rentre dans une menace
33:43on se menace
33:45on s'invective
33:45est-ce que l'Amérique
33:46est devenue un adversaire
33:48ou est-ce que pire
33:49c'est devenu un ennemi
33:50alors je ne dirais pas
33:51le mot ennemi
33:52parce qu'il me sent
33:53les liens tissés
33:54par l'histoire
33:55veulent quand même
33:55dire quelque chose
33:56je pense
33:57à la rigueur
33:58je dirais que
33:59Trump comme personnage
34:01a une passion triste
34:03de la vassalisation
34:04de ses amis
34:05manifestement
34:06c'est la logique impériale
34:08dans ce qu'elle a
34:08de plus désolant
34:09donc Trump comme personnage
34:11considère
34:12il y a une forme
34:12d'attachement
34:13on le sait
34:13pour l'Europe civilisation
34:15mais il considère
34:15que tous les pays
34:16devraient accepter
34:18une forme de souveraineté
34:19impériale américaine
34:20une fois que c'est dit
34:21je pense qu'il y a
34:22quelque chose
34:23comme un lien
34:23civilisationnel profond
34:24qui nous unit
34:25est-ce qu'il va durer
34:27je pense que
34:27sur ce plan-là
34:29en fait tout dépend
34:30de ce qui se passera
34:31en Europe aussi
34:31est-ce que l'Europe
34:32va connaître sa propre
34:33son propre moment
34:34national conservateur
34:35est-ce qu'on va assister
34:36en fait à la chute
34:37en Europe
34:38du nouveau mur de Berlin
34:39la chute en Europe
34:41de l'empire
34:43d'extrême centre
34:44qui s'est constitué
34:45depuis
34:46depuis une trentaine
34:47d'années quand même
34:48est-ce que la France
34:49va connaître
34:49pas seulement que la France
34:50l'Europe occidentale
34:51plus largement
34:51va connaître
34:52son moment national conservateur
34:53si oui
34:53on pourrait dire
34:54qu'il y aura une forme
34:54de langage commun
34:56des deux côtés
34:56de l'Atlantique
34:57à partir d'intérêts
34:58quelquefois
34:59s'opposants
35:00mais est-ce qu'on n'est pas
35:01tout simplement
35:02en train de vivre
35:03la chute
35:04de la civilisation occidentale
35:05moi je voudrais rappeler
35:06quand même
35:07évidemment nos auditeurs
35:08n'étaient pas nés
35:08à l'époque
35:09mais l'empire romain
35:10il s'est d'abord effondré
35:12en se scindant en deux
35:13il y a eu l'empire romain
35:15d'Occident
35:15la chute de Rome
35:16et l'empire romain
35:18d'Orient
35:18a duré mille ans de plus
35:20donc est-ce qu'on n'est pas
35:21en train de vivre
35:21tout simplement
35:22c'est ce que vous racontez
35:23c'est la fin d'une civilisation
35:25qui se fend
35:26par son milieu
35:27oui il est tout à fait possible
35:29que ce soit le cas
35:29soyons honnêtes
35:30c'est-à-dire je pense
35:31que nous sommes tous obsédés
35:32par la chute de Rome
35:32nous sommes tous obsédés
35:33parce que ça demeure
35:34la matrice historique
35:35de la chute
35:36de ce qui ne devrait pas chuter
35:37donc je termine le livre
35:39globalement
35:39qui passe sur une note
35:41particulièrement optimiste
35:42c'est-à-dire je dis à la fin
35:43globalement
35:44la submersion démographique
35:45de l'Europe
35:45lorsqu'elles sont
35:46quelque part
35:47vers la fin du siècle
35:48les peuples historiques européens
35:50seront mis en minorité
35:51chez eux
35:52et dès lors d'ailleurs
35:53nos désaccords
35:54civilisés entre libéraux
35:56conservateurs
35:56républicains
35:57socialistes
35:58et tout ça
35:58vont s'effondrer
35:59devant la réalité nouvelle
36:00de la mise en minorité démographique
36:02ça je pense que c'est
36:02la chose première
36:03ensuite
36:04il y a une forme
36:05d'épuisement
36:06je pense de nos civilisations
36:07on le voit
36:08la matrice
36:10qui était la nôtre
36:10semble épuisée
36:11et donc vous avez tout à fait raison
36:12il est tout à fait possible
36:13que nous soyons
36:13les contemporains
36:14de la fin
36:15mais puisqu'on est encore vivant
36:16et qu'on ne peut s'y résoudre
36:18et qu'on ne vivra pas
36:19on n'ira pas dans notre cabane
36:20nous cacher
36:21pour attendre la fin des temps
36:22on essaie de voir
36:23ce qu'on peut faire
36:24pour que tout ne s'effondre pas
36:25Arthur Devatrigan
36:27justement
36:28avant de disparaître
36:29et si on ne résistait un peu
36:30il y a une poussée populiste
36:32partout
36:32en Europe
36:33aux Etats-Unis
36:35elle s'est transformée
36:35politiquement aux Etats-Unis
36:36elle se transforme en Italie
36:38elle se transforme dans d'autres pays
36:39et en France
36:40on sent une résistance
36:41pour comment expliquer
36:42cette impossibilité
36:44de déboucher
36:44politique
36:45d'une vague
36:46populiste
36:47et je dis populiste
36:48sans notion péjorative
36:49alors je pense
36:50qu'en France
36:51c'est ici
36:51que la mystique
36:52antifasciste
36:52a été entretenue
36:54de la manière
36:54la plus radicale
36:55et artificielle
36:56tout à la fois
36:56c'est sûr que globalement
36:57vous ramenez le général de Gaulle
36:59ici aujourd'hui
37:00il serait classé
37:01à l'extrême droite
37:01de reconquête
37:02il ne serait pas invité
37:03sur les services publics
37:04donc premier élément
37:05ensuite je pense
37:06qu'il y a
37:07une forme de passion
37:09c'est le côté 17-93
37:11une partie de la gauche
37:12qui traite l'adversaire
37:13comme un ennemi
37:14il y a aussi
37:15je crois
37:16c'est la tradition
37:17jacobine au-delà même
37:18de 93
37:18il y a une forme
37:20de passion
37:20de l'idéologie
37:21qui fait en sorte
37:22qu'on maintient
37:23le modèle à tout prix
37:24devant une population
37:25qui manifestement
37:26n'en peut plus
37:27et c'est ce qui fait
37:28que dans le livre
37:28avec une subtilité désarmante
37:31je compare
37:31l'élite européiste
37:33aujourd'hui
37:33de l'élite de la RDA
37:34avec l'élite de la RDA
37:36c'est-à-dire
37:36je pense qu'il y a
37:37un petit côté
37:38Eric Onecker
37:39avec les lunettes
37:40ah oui
37:41c'est une esthétique
37:42donc il y a
37:43un petit côté
37:44Eric Onecker
37:44chez une partie
37:45du dernier patron
37:46de la RDA
37:46chez une partie
37:48de l'élite
37:48de l'extrême-centre français
37:51de l'extrême-centre européen
37:52plus largement
37:53qui se disait
37:54au moment de la chute
37:55du mur de Berlin
37:55quelques semaines avant
37:57quelques mois avant
37:57s'il doit tenir
37:58encore un siècle
37:59il tiendra
38:00mais il avait compris
38:01quelque chose
38:01de le bonhomme
38:02la moindre brèche
38:03dans le mur
38:04risquait de le faire tomber
38:05et de ce point de vue
38:06je pense que nos progressistes
38:07au pouvoir se disent
38:07la moindre brèche
38:08permettra aux populistes
38:09de l'emporter
38:10puisque vous parlez
38:11de l'empire romain
38:12parlons de Rome
38:12aussi
38:12celle qui est la plus proche
38:14en tout cas
38:14qu'il clame
38:15de Donald Trump
38:16en Europe
38:17c'est Georgia Meloni
38:18qui est au pouvoir
38:19en Italie
38:20avec ses alliés
38:21il n'y a pas beaucoup
38:22de points
38:22entre Georgia Meloni
38:24sa politique
38:25ce qu'elle fait au pouvoir
38:26quoi qu'on en pense
38:27et Donald Trump
38:28c'est à dire
38:29en quoi Georgia Meloni
38:31ressemble
38:31au Trump
38:32d'accord
38:33alors je pense premièrement
38:34il ne ressemble pas
38:35autant qu'on le dit
38:35il y a une convergence
38:36programmatique relative
38:38mais Meloni
38:40est à la tête
38:40d'une coalition
38:41qui est acceptée
38:42par les institutions
38:43italiennes
38:45pardonnez-moi
38:45c'est à dire
38:46elle est à la tête
38:47d'un gouvernement
38:47qui s'inscrit
38:48dans une forme
38:48de réformisme conservateur
38:49qui n'a pas
38:50la dimension
38:51insurrectionnelle
38:52du trumpisme
38:52la dimension
38:53insurrectionnelle
38:54du trumpisme
38:55le caractérise
38:55presque davantage
38:56que son contenu
38:57programmatique
38:58le trumpisme
38:59est une révolte
39:00donc de ce point de vue
39:01et là il y a connu
39:01une mutation
39:022016 à 2020
39:03c'est son moment
39:03national populiste
39:04aujourd'hui
39:05c'est son moment
39:05national conservateur
39:06mais ensuite
39:08il y a une dimension
39:08géographique
39:09qui n'est pas la même
39:09vous savez
39:09quand vous êtes
39:10l'empire de votre temps
39:11et que vous êtes
39:112000 ans plus tard
39:12les récits de l'empire romain
39:13vous n'avez pas
39:14le même rapport
39:15au monde
39:16l'Italie
39:17est un pays
39:17qui risque
39:18l'extinction démographique
39:19d'ici la fin du siècle
39:20qui est hanté
39:20par ce sentiment
39:21mais qui est par ailleurs
39:22au coeur
39:23de la part
39:24la plus vivante
39:24la plus charnée
39:25la plus spirituelle
39:26de notre civilisation
39:27donc je pense que
39:28la situation géographique
39:29des uns et des autres
39:30conditionne bien différemment
39:31la doctrine
39:31mais je pense que
39:32le point central
39:32c'est l'esprit
39:33insurrectionnel
39:33on peut revenir
39:35à la question
39:35de l'immigration
39:36qui est centrale
39:36dans votre livre aussi
39:37et dans la fracture
39:38entre ces deux occidents
39:40on a quand même
39:41l'impression
39:41que cette question
39:44de l'immigration
39:45ça fait 40 ans
39:46qu'elle est ignorée
39:47par la classe dirigeante
39:48la classe
39:49celle que vous appelez
39:50diversitaire
39:51et on est frappé
39:52parce que
39:53on se dit que
39:54quand même
39:54techniquement
39:55il y avait moyen
39:55de gérer le flux migratoire
39:58de façon dépassionnée
39:59sans idéologie
40:00on se souvient
40:01qu'un homme
40:01qui s'appelait
40:01Michel Rocard
40:02en 1989
40:03disait
40:04on ne peut pas
40:05accueillir
40:05toute la misère du monde
40:06mais on doit en prendre
40:07fidèlement notre part
40:08sauf que depuis
40:09Michel Rocard
40:10la part s'est accrue
40:12au lieu d'être
40:13un peu plus serrée
40:14et donc on se demande
40:15mais à votre avis
40:16qu'est-ce qui explique
40:17cet entêtement
40:18vis-à-vis
40:19à ne pas gérer
40:21la question migratoire
40:21de cette élite européenne
40:23alors c'est la mutation
40:24de l'imaginaire antifasciste
40:25qui fait en sorte
40:25que globalement
40:26on en est venu
40:27à voir
40:28dans l'opposition
40:29à l'immigration massive
40:30la résurgence
40:31du fascisme
40:32de l'hitlérisme
40:33et d'une forme
40:33de nationalisme
40:34d'extermination
40:35donc ça je pense
40:36que fondamentalement
40:37c'est ça
40:37et par ailleurs
40:38dès lors que vous ne croyez
40:39plus au peuple
40:40dès lors que les peuples
40:41pour vous n'ont plus
40:41d'existence significative
40:43on est passé
40:44de la diversité
40:44des peuples
40:45à l'interchangeabilité
40:46des populations
40:46ça c'est l'anthropologie
40:48propre au mondialisme
40:49et ça s'est traduit
40:50par des choix politiques
40:51à répétition
40:51qui contre la volonté
40:53des peuples
40:53qui existent quand même
40:54Arthur de Vatrigan
40:55il y a un lien
40:56je voudrais reprendre
40:56avec la question
40:57votre lien
40:58cher Jean-Marie
40:58avec Jean-Jacques Méloni
40:59qui en effet
41:00prend le lead
41:01aujourd'hui en Europe
41:02est apprécié
41:03de Donald Trump
41:03en tout cas
41:03n'est pas humilié
41:04comme notre président l'est
41:05et la fin de votre livre
41:07votre conclusion
41:08est sur la religion
41:09en disant
41:09ce qui sépare
41:10fondamentalement l'Europe
41:12des autres pays
41:13du monde et de l'Amérique
41:14c'est la religion
41:15c'est le vide métaphysique
41:16or quel est le point commun
41:17entre l'Amérique
41:18l'Italie
41:18la Hongrie
41:19c'est l'importance
41:21de la religion et de la foi
41:21donc la question
41:22c'est est-ce que
41:22les pays sans foi
41:23vont-ils s'effondrer
41:24et disparaître plus vite
41:25que les autres
41:25le fait est qu'un pays
41:27sans verticalité
41:28est un pays aplati
41:29si vous me permettez
41:29l'image qui va de soi
41:31je pense que
41:31dans le grand vide spirituel
41:33qui est le nôtre aujourd'hui
41:34qui est un vide métaphysique
41:35qui est un vide existentiel
41:36il y a des conséquences
41:37politiques
41:38pratiques
41:39nombreuses
41:39à être dans le fantasme
41:41de l'humanité auto-engendrée
41:43ça j'en suis absolument convaincu
41:44et de ce point de vue
41:45l'occidental moyen
41:46qui ne comprend tout simplement
41:47plus la foi
41:48d'une manière ou de l'autre
41:49qui ne comprend plus la religion
41:50autrement qu'à la manière
41:51d'une survivance archaïque
41:52et bien est bien mal équipé
41:53mentalement
41:54pour comprendre le monde
41:54dans lequel on vit
41:55je voudrais terminer
41:56cet entretien
41:57par une question
41:58qui n'a rien à voir
41:59mais qui est intéressante
42:00quand même
42:01je crois
42:02ce livre
42:03Mathieu Bocoté
42:04vous le dédicacez
42:04à votre père
42:05bien sûr
42:05voilà
42:06Serge Coté
42:07qui était professeur d'histoire
42:08spécialisé dans l'histoire du Québec
42:10et de la civilisation occidentale
42:11je me suis un petit peu
42:12renseigné
42:13mais je voudrais
42:14savoir
42:15ce qui fait
42:17ce qui vous a fabriqué
42:19en gros
42:19le grand écrivain
42:20et poète
42:21Rilke
42:21disait que l'enfance
42:22est un destin
42:23et vous
42:23qu'est-ce qu'elle dit
42:24votre enfance
42:25mon père est une forme
42:26est un homme tout à fait
42:27absolument remarquable
42:28un grand professeur d'histoire
42:29à la maison
42:30était une immense bibliothèque
42:32donc mon père
42:33avait comme souci et passion
42:34de nous faire lire
42:35et il a réussi
42:35mon père est un nationaliste québécois
42:38ce qui est un mot
42:38qui n'est pas un gros mot
42:39chez moi
42:39un indépendantiste ardent
42:40je le suis aussi
42:42mon père était
42:43une vocation intellectuelle
42:44j'ai voulu faire comme mon père
42:45donc de ce point de vue
42:46je me veux
42:46l'héritier
42:47de mon paternel
42:48et tous mes livres
42:49du premier
42:49au plus récent
42:50je les ai tous dédiés
42:51à mon père
42:51qui demeure pour moi
42:53non seulement
42:53boussole intellectuelle
42:54mais boussole existentielle
42:55dernière question
42:56binaire
42:57qui a le plus à craindre
42:58de l'impérialisme
42:59de Donald Trump
43:00aujourd'hui
43:00l'Europe telle qu'elle existe
43:01ou alors le Canada
43:02tel qu'il existe
43:03juste à côté
43:03je crois que l'Europe
43:05est étrange
43:05parce que le Canada
43:06je ne crois pas
43:07à l'invasion
43:07un instant du Canada
43:08le Canada pourrait
43:09par ailleurs
43:10se démanteler
43:11de lui-même
43:11mais c'est autre chose
43:12ça vous parlez
43:13de l'autre question
43:13c'est l'un de vos vieux projets
43:14ah bah oui
43:15c'est un projet tout à fait constant
43:16c'est l'indépendance du Québec
43:17et ça je pense par ailleurs
43:18que dans le message
43:19on bascule dans un tout autre sujet
43:20il y aura une élection
43:21québécoise en octobre
43:22les indépendantistes
43:23ont de très bonnes chances
43:24de l'emporter
43:24donc ils feront normalement
43:25un référendum
43:26dans les deux années
43:27qui se suivront
43:27et à ce moment-là
43:28le Québec deviendra
43:29se rend poussant
43:30de devenir indépendant
43:30nous demanderons
43:31la reconnaissance de la France
43:32et nous verrons
43:33si nous aurons
43:33la reconnaissance des Américains
43:34et bien on verra ça
43:35en tout cas qui vivra
43:36verra
43:37merci beaucoup Mathieu
43:38d'être venu
43:39en tant que premier invité
43:41de cette émission
43:42le choc des idées
43:42je rappelle votre ouvrage
43:43faites-vous votre opinion
43:45sur Sud Radio
43:45que vous soyez d'accord
43:47ou non
43:47parlons vrai
43:48débattons ensemble
43:50les deux Occidents
43:51c'est publié
43:51aux presse de la cité
43:53on revient la semaine prochaine
43:54on revient la semaine prochaine
43:55mon cher Stéphane Simon
43:56merci à vous
43:57avec Harold Cobert
43:58exactement
43:58avec Harold Cobert
44:00notre invité
44:01qui parlera
44:02de l'école livre
44:03ou de l'école privée
44:04justement
44:04est-ce que les bonnes vieilles méthodes
44:05marchent au mieux
44:06que celles de l'école publique
44:07on sera aussi avec
44:08Arthur Devatrigan
44:09merci à vous d'être venu
44:10merci à vous
44:10d'ici là vous pouvez toujours
44:11lire le magazine
44:12l'incorrect
44:13qui se trouve dans vos kiosques
44:14je rappelle
44:15puisque vous en êtes
44:16le directeur Arthur
44:17restez avec nous
44:18sur Sud Radio
44:18belle journée
44:19beau dimanche à vous
44:20juste après les informations
44:21de midi
44:22vous retrouvez
44:22Laurent Permas
44:23justement pour
44:24La vie devant nous
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