Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Le choc des idées avec Frédéric Beigbeder, auteur de l'ouvrage : 'Ibiza a beaucoup changé'

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-05-10##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Bienvenue à tous dans le choc des idées, nous sommes ensemble jusqu'à midi comme chaque dimanche sur Sud Radio
00:08et je suis ravi de retrouver mes deux acolytes du dimanche.
00:11Stéphane Simon, bonjour !
00:13Bonjour à tous.
00:14Producteur du film L'Abandon sur le sort de Samuel Paty,
00:18vous gravirez les marches du Festival de Cannes la semaine prochaine
00:21et nous serons tous avec vous d'ailleurs, on vous retrouvera en duplex la semaine prochaine.
00:24C'est un peu gênant comme introduction, non ?
00:26Parce qu'on n'est pas là pour parler de moi.
00:28Si, on est aussi là pour parler de nous et pour vous présenter,
00:30comme ça tout le monde saura d'où vous parlez, chers camarades.
00:33Nous sommes avec un autre camarade, c'est Arthur Devatrigan, bonjour à vous.
00:36Bonjour.
00:37Directeur du magazine L'Incorrect, dans vos kiosques en ce moment,
00:41avec ce numéro très spécial d'ailleurs, mon cher Arthur,
00:44sur un gourou trumpiste précisément,
00:47que vous présentez, un personnage que vous avez trouvé fascinant.
00:50On peut vous le recommander, c'est dans vos kiosques, le magazine L'Incorrect.
00:53Aujourd'hui, chers amis, nous sommes ravis de retrouver,
00:55d'accueillir notre invité, Frédéric Becbédé.
00:58Bonjour.
00:59Et bienvenue sur Sud Radio, un enfant du XXe siècle et des années 90,
01:04qui nous présente son ouvrage, son dernier ouvrage.
01:07C'est Albin Michel, Ibiza a beaucoup changé.
01:09Un ouvrage que Stéphane Simon a dévoré et qu'il va vous raconter dans quelques minutes.
01:14Mais avant cela, c'est la tradition, la carte blanche d'Arthur Devatrigan.
01:18Et on va parler du rapport à Long qui était donc voté,
01:23et donc c'est-à-dire publié en début de semaine.
01:26La commission d'enquête posait deux questions simples.
01:29Première question, l'audiovisuel public fait-il bon usage de l'argent qui lui est confié ?
01:33Deuxième question, l'audiovisuel public est-il réellement au service du public ?
01:37Et le rapporteur à Long répond non et non.
01:40Alors, commençons par le nerf de la guerre, l'argent.
01:43La Cour des comptes l'a dit, la gestion est catastrophique,
01:45ce n'est pas un détail.
01:46France TV, je vous rappelle, c'est presque la moitié du budget du ministère de la Culture.
01:50Ça fait quand même un sacré paquet d'oseilles.
01:52Et la machine coûteuse ne fonctionne pas très bien.
01:55Sur la deuxième question, personne n'a été vraiment surpris
01:58que le pluralisme manquait un tantinet à l'appel.
02:01Mais je reconnais que dans ce rapport, on découvre quand même des choses.
02:04Étonnamment, je n'imaginais pas que certains canaux d'endoctrinement étaient à ce niveau-là.
02:09Par exemple, la plateforme France TV Slash,
02:11qui est le rapporteur préconiste de supprimer,
02:14qui est une plateforme destinée à la jeunesse.
02:16Et qu'est-ce qu'on y trouvait ?
02:17Alors, des trucs classiques, on appelle à relayer la cagnotte pour le comité Adama Traoré,
02:22des injonctions à ne pas dire bonjour madame ou bonjour monsieur
02:25pour éviter le mégenrage,
02:27mais aussi des portraits, la promotion de personnes qui ont des grandes qualités,
02:30comme madame Vanessa,
02:31dont sa qualité première est de gagner 20 à 30 000 euros,
02:34en postant des photos d'elle sur OnlyFans,
02:36donc en faisant le tapin sur Internet.
02:38Bref, voilà ce qu'on présentait à notre jeunesse.
02:39La question aussi, c'est comment nous sommes arrivés là ?
02:43Parce que les contre-pouvoirs n'ont pas joué leur rôle.
02:46Alors, quels sont les contre-pouvoirs ?
02:47D'abord l'État, il finance, il nomme, il supervise,
02:50mais il regarde un peu ailleurs,
02:52sinon la gestion catastrophique
02:55que constatée par la Cour des comptes
02:57n'en serait pas à ce niveau-là.
02:59Et donc, Charles Lalonde propose une reprise en main politique et administrative,
03:02notamment par un secrétariat d'État rattaché au Premier ministre.
03:05On peut en discuter,
03:07mais en tout cas, il pose une question qui pilote réellement.
03:10Ensuite, dans les organismes de contrôle,
03:12vous avez le comité d'éthique.
03:13Et on a vu dans l'affaire Cohen-Le Grand
03:15que le comité d'éthique n'a pas fait son boulot
03:17puisqu'ils ont rendu un avis dans l'urgence
03:20sans attendre d'avoir l'intégralité des éléments.
03:22Et j'en parle en connaissance de cause,
03:23étant donné que c'était moi qui avais les éléments
03:26et que je n'ai jamais eu de coup de fil de madame Malbanel.
03:28Ensuite, sur l'ARCOM,
03:29le gendarme de l'audiovisuel,
03:31c'est assez intéressant,
03:32il produit, vous savez, un rapport
03:33sur l'exécution du cahier des charges.
03:35Et je vous invite à regarder celui de 2026
03:37qui recèle des pépites,
03:39notamment sur les obligations relatives au pluralisme
03:42et aux campagnes électorales
03:43au moment des européennes et des législatives 2024,
03:46donc deux élections successives.
03:48l'ARCOM explique qu'ils n'ont pas voulu
03:51prendre en compte le temps de parole
03:52parce qu'il y avait trop de temps de parole.
03:54Ce n'est pas une blague, c'est écrit dans leur rapport.
03:56Alors, soyons honnêtes, de temps en temps,
03:58il fait son boulot.
03:59Dans ce même rapport,
04:00il confirme que France TV est bien raccord
04:03avec son cahier des charges sur la diversité.
04:05Or, qu'est-ce que la diversité ?
04:06C'est la quélos, je cite,
04:09intersexualité, les personnes perçues comme non-blanches
04:11et les minorités sexuelles.
04:12Vous m'accorderiez que ça manque un peu,
04:14deux, trois petites choses
04:15et on est quand même plus proche d'un vocabulaire,
04:17d'un chômeur de Tolbiac
04:18ou d'un penseur décolonial.
04:20Alors, c'est pourquoi,
04:21parmi les 69 recommandations,
04:22Charles Lalong vise à redéfinir la diversité.
04:26Parmi ces recommandations,
04:27il y a aussi les éditorialistes.
04:29Plutôt que des éditorialistes salariés,
04:30ils proposent qu'ils viennent d'ailleurs,
04:31de Figaro, de Libé, de l'UMA, de VA.
04:33Idées plutôt intéressantes.
04:35Non pas que le chroniqueur de l'audiovisuel public
04:37soit gauchiste, il y en a,
04:38mais pour la plupart,
04:39il y a peut-être une bonne foi
04:40dans un conformisme qui s'ignore.
04:42Je prends l'exemple de Patrick Cohen
04:43qui déclare
04:44« Je suis un faux éditorialiste ».
04:46Bon, c'est un peu embêtant.
04:47Or, encore plus embêtant
04:48quand l'époque n'est plus au débat
04:50sur les taux de CSG,
04:51mais sur le grand retour
04:52des affrontements idéologiques.
04:53L'audiovisuel public
04:54devrait être une agora,
04:55un lieu où les cervelles se frottent,
04:57les opinions se confrontent,
04:58ça reste encore le meilleur moyen
04:59de trouver des réponses
05:00à des sujets complexes.
05:01Et là, qu'est-ce qu'on voit ?
05:02Un bunker qui panique
05:03dès qu'une voix extérieure arrive.
05:05Dernier exemple,
05:06notre consoeur Eugénie Bastier
05:07qui a annoncé pour une émission
05:08à la rentée.
05:09Là, c'est branle-bas de combat
05:10contre sa venue.
05:11Non, on ne veut pas
05:11d'une conservatrice.
05:13Certains flippent de perdre
05:14leurs petits strapontins
05:15et les privilèges
05:16qui vont avec.
05:16Alors, qu'est-ce qui va se passer
05:17maintenant à la suite de ce rapport ?
05:19C'est quand même ça
05:19qui est intéressant.
05:20Une trentaine de recommandations
05:21peuvent être appliquées
05:22directement par les sociétés.
05:24Une quinzaine par décret,
05:25c'est-à-dire par le Premier ministre
05:26ou le gouvernement.
05:27Et une autre qui doivent passer
05:28par le Parlement.
05:29Eh bien, c'est mal parti
05:30parce que Delphine Ernaud
05:31qui se déclare très progressiste,
05:33en fait, se révèle très conservatrice.
05:34Elle ne veut rien changer.
05:35Le Premier ministre dit
05:36« On est passé à côté de l'essentiel,
05:38donc j'en veux pas. »
05:39Et Mme Pannier-Runacher,
05:40députée, explique, je cite,
05:41« Ce que Charles Allonc
05:42reproche aux médias publics,
05:44c'est ne pas suffisamment
05:46relayer les positions
05:47de l'extrême droite. »
05:48Et ça, c'est très grave.
05:49C'est vrai que l'extrême droite,
05:49étant donné que c'est 40%
05:50de l'opinion,
05:51on peut comprendre
05:52que certains demandent
05:53que leurs opinions
05:53soient représentées.
05:55Donc, la vérité,
05:56c'est que ce rapport,
05:56il va être difficilement applicable
05:58parce que ni la maison concernée
06:00ne veut le changement,
06:01ni les politiques
06:02ne veulent le changement.
06:03Et quant au Parlement,
06:05vu l'état d'élu,
06:05on sait très bien
06:06qu'une loi ne peut pas être votée.
06:07Donc, la maison brûle,
06:09mais certains trouvent
06:09la température agréable
06:10pour y rester encore.
06:11C'était la carte blanche
06:12du vrai éditorialiste,
06:14pour le coup,
06:15qui est Arthur de Vatrigan
06:16sur Sud Radio.
06:16Frédéric Becbedé,
06:18une réaction.
06:19On va reparler de la télévision
06:20dans quelques minutes
06:21dans cette émission
06:21sur Sud Radio.
06:22Elle a beaucoup changé,
06:23vous le dites très bien.
06:24Comment vous avez vécu
06:25ce rapport
06:26et cette commission ?
06:27Moi, j'ai trouvé
06:28que c'était un spectacle
06:29assez amusant
06:30à regarder,
06:31de voir des gens
06:32qui ne sont pas habitués
06:33à ce qu'on leur demande
06:34des comptes
06:35et qui s'offusquent
06:36à chaque question.
06:38Et puis,
06:39sur l'argent,
06:41franchement,
06:41j'ai fait une émission
06:43littéraire
06:44sur Internet
06:45et qui est retransmise
06:46par le Figaro TV
06:47qui s'appelle
06:48Conversations chez la Pérouse.
06:49Ça ne coûte rien aujourd'hui
06:51de faire des émissions
06:52culturelles.
06:54On a quelques caméras
06:55qui sont très légères,
06:57des micros.
06:59C'est comme si quasiment
07:00on s'était filmé
07:01avec un téléphone portable.
07:02mon émission.
07:03Donc, je ne comprends pas
07:04pourquoi ça coûte
07:05si cher.
07:06Ce n'est plus du tout
07:07d'actualité.
07:08Aujourd'hui,
07:09les médias,
07:10ce n'est plus
07:11un investissement
07:13aussi lourd
07:13qu'avant.
07:14Donc, on ne comprend pas
07:15pourquoi c'est si onéreux
07:17et pourquoi il y a
07:17autant de besoins
07:18d'un budget
07:19aussi immense.
07:20Ensuite,
07:21après,
07:21là où vous parlez
07:23plus politiquement,
07:25pour moi,
07:26ça fait longtemps
07:27que je sais
07:27qu'il y a un équilibre
07:28entre un service public
07:30progressiste
07:31et d'autres médias
07:32qui sont conservateurs.
07:34Je pense à,
07:35voilà,
07:35Europe 1,
07:37CNews,
07:38peut-être Sud Radio.
07:39Ça dépend,
07:40il y a un peu de tout.
07:40Au fond,
07:41je crois que les Français
07:42savent maintenant
07:43qu'il y a un équilibre
07:44comme ça,
07:45qu'il y a d'un côté,
07:46avec nos impôts,
07:47une pensée
07:48plutôt social-démocrate,
07:50disons,
07:51et puis d'autres médias
07:52si on veut entendre
07:53un autre discours.
07:54Voilà.
07:55Donc,
07:55peut-être,
07:56ce que vous dites est juste,
07:57il faudrait plus de pluralisme,
07:59mais alors à ce moment-là,
07:59on vous dira
08:00qu'il faudrait plus de pluralisme
08:03ici.
08:03Dans les médias privés,
08:04par exemple.
08:05Stéphane Simon ?
08:05Non,
08:05moi,
08:06je veux juste dire
08:06que par rapport
08:07à la présentation
08:08qu'a fait Arthur
08:08et la présentation du rapport,
08:10il y a quand même,
08:10sur le service public,
08:12aussi des marques d'engagement
08:13sur d'autres thèmes.
08:14C'est France 3 Cinéma,
08:16par exemple,
08:16qui finance notre film
08:18sur les derniers jours
08:19de Samuel Paty.
08:20Ça veut dire aussi
08:22que le service public
08:23est capable
08:23d'aller s'engager
08:25ailleurs.
08:26Alors,
08:26c'est vrai que les exemples
08:27qui ont été pris
08:28sur la plateforme Slash
08:30sont très caricaturaux
08:31et c'est vrai que là,
08:33du coup,
08:34ça nous saute aux yeux.
08:35Mais c'est aussi
08:36sur cette même plateforme
08:38qu'il y avait
08:39il y a quelque temps,
08:40on n'est plus des pigeons
08:42qu'une émission
08:42de consommation
08:44assez proche du public
08:46et assez sympathique.
08:47Donc,
08:48on peut trouver
08:49dans le service public,
08:50on peut trouver
08:51des contre-exemples,
08:52évidemment.
08:53Bon,
08:53écoutez,
08:54ce sera dit,
08:54on sera exhaustif.
08:55Vous avez vu
08:56comme j'étais bien,
08:57parce que je ne veux pas
08:57me fâcher, moi.
08:58Vous êtes souvent bien
08:59d'un autre côté,
09:00mais il ne faut jamais
09:00jeter tout le bébé
09:01avec toute l'eau du bain,
09:02pardon.
09:03Allez,
09:03tout de suite,
09:04l'ouvrage de notre invité
09:05Frédéric Becbedé,
09:06je le rappelle
09:06qu'on a le plaisir
09:07de recevoir aujourd'hui
09:08sur Sud Radio
09:08chez Albin Michel.
09:10Ibiza a beaucoup changé.
09:12Stéphane Simon,
09:13vous n'en avez pas perdu
09:14une miette ni une page.
09:14Non,
09:15moi j'adore Frédéric Becbedé,
09:16je le connais depuis 1997,
09:19on faisait à l'époque
09:19Rive droite,
09:20Rive gauche,
09:20c'était le flamboyant
09:21chroniqueur littéraire
09:23de Thierry Ardisson
09:24et c'est à l'époque aussi
09:26que j'ai découvert
09:26L'amour dure trois ans.
09:28C'est un livre
09:30qui est devenu culte,
09:33qui a marqué l'époque,
09:35évidemment.
09:35Et aujourd'hui,
09:36il nous vient avec son
09:3823ème livre,
09:39Ibiza a beaucoup changé,
09:41paru chez Albin Michel,
09:42qui est un recueil
09:43qui a ça de commun
09:44avec L'amour dure trois ans,
09:45c'est que c'est un recueil
09:46de nouvelles
09:47et où vous traitez
09:49aussi des illusions
09:50de l'amour.
09:51Mais pas seulement,
09:52où vous attaquez
09:53d'autres thèmes favoris
09:54comme par exemple
09:55l'insatisfaction,
09:57l'égoïsme érigé
09:58en art de vivre
09:59et vous écrivez
10:00dans la peau
10:01de votre double maléfique
10:02que vos lecteurs connaissent,
10:04Octave Parangos,
10:04ce personnage d'agence de pub
10:06qui aime tant
10:07la drogue
10:08et les jeunes filles.
10:09Alors, je le disais,
10:10on y parle d'amour,
10:11de fête,
10:12mais aussi du temps
10:13qui passe.
10:14Car, comme tout le monde,
10:15Frédéric Becbédé,
10:16vous vieillissez.
10:17C'est insupportable.
10:19Et on s'aperçoit
10:20que l'époque a bien changé,
10:22d'où le titre
10:23de votre livre.
10:24Alors, votre personnage
10:25dans lequel vous adorez
10:26vous glisser
10:26incarne totalement
10:27les années 90, 2000.
10:30On peut dire
10:30que vous êtes
10:31le peintre de l'époque,
10:32vous écrivez
10:32dans une langue
10:33qui a la musicalité,
10:34le tempo de l'époque aussi.
10:36Et alors,
10:36quand on s'est fondu
10:38avec un tel naturel
10:39et une telle virtuosité
10:41dans l'époque,
10:41comment on fait
10:42pour lui survivre ?
10:43Eh bien,
10:45on s'inquiète
10:46et on est un peu égaré
10:48aujourd'hui.
10:49Octave,
10:50c'est vraiment
10:51le noctambule
10:52des années 90.
10:53J'appelle cette décennie
10:54la décennie dorée
10:55parce que c'était
10:56avant Internet,
10:57parce que c'était
10:58avant les téléphones portables,
11:00qu'il y avait quand même
11:00une liberté
11:01non surveillée
11:03et que tout le monde
11:04n'était pas en train
11:05de juger tout le monde.
11:06Alors, oui,
11:08je crains qu'Octave
11:09soit plus un homme
11:10du XXe siècle
11:11que du XXIe.
11:13Il ne comprend pas
11:14grand-chose
11:15au confinement,
11:16par exemple.
11:17Il constate que
11:19les fêtards d'Ibissa
11:21sont devenus
11:22profs de yoga.
11:23Il a du mal
11:24avec même
11:25la littérature contemporaine
11:27où tous les livres
11:28doivent être bienveillants,
11:30doivent guérir
11:31les gens
11:31de leur souffrance,
11:33doivent être
11:33des témoignages
11:35positifs.
11:37C'est le type
11:39même de l'anti-héros,
11:41donc un peu
11:42comme dans
11:43mes livres préférés,
11:44que ce soit
11:45L'étranger de Camus
11:46ou Voyage au bout
11:48de la nuit,
11:48un paumé.
11:50Octave est un paumé.
11:51On suit quelqu'un
11:52qui est minable,
11:53qui nous ressemble,
11:55qui est...
11:55Voilà,
11:57qui est un jouisseur,
11:58un hédoniste,
12:01autodestructeur,
12:02sarcastique,
12:03libre.
12:03Et moi,
12:04je trouve que c'est agréable
12:05que les personnages
12:06de romans
12:06soient le contraire
12:08d'exemplaires,
12:09que ce soit
12:10des irresponsables
12:11et des inconséquents.
12:12Ça me paraît
12:14fournir un plaisir
12:16supplémentaire
12:16de lecture,
12:17tout simplement.
12:18Et bien justement,
12:18on va parler
12:19de l'illusion
12:19de l'amour
12:20avec vous,
12:21Frédéric Becbedé,
12:22dans un instant
12:23sur Sud Radio.
12:23Je rappelle votre ouvrage
12:24Ibiza a beaucoup changé
12:26chez Albain Michel.
12:27Nous sommes toujours
12:27avec Stéphane Simon
12:28et Arthur de Vatrigan.
12:30A tout de suite
12:30sur Sud Radio.
12:32Sud Radio,
12:34le choc des idées,
12:35Jean-Marie Bordry.
12:36Toujours avec Stéphane Simon
12:37et Arthur de Vatrigan
12:38et notre invité
12:39sur Sud Radio aujourd'hui,
12:40jusqu'à midi,
12:41Frédéric Becbedé
12:42qui présente
12:43Ibiza a beaucoup changé.
12:45C'est publié
12:45chez Albain Michel.
12:46Nous parlons d'amour
12:47ce dimanche,
12:48Stéphane Simon.
12:49Oui, parce que Frédéric
12:50s'est fait connaître,
12:51je le disais,
12:52avec l'amour
12:52dure trois ans.
12:53Enfin, il y avait eu
12:54d'autres nouvelles avant.
12:55Et vous écrivez
12:56comme personne
12:57sur les beautés
12:57et les misères
12:58de l'amour.
12:59C'est toujours très drôle.
13:00Vous avez des formules
13:01sur l'amour,
13:01on sent que c'est un sujet
13:02qui vous inspire.
13:03Vous jubilez
13:04dans les jeux de l'amour
13:05et cette fois,
13:06moi, j'ai vraiment,
13:09comment dirais-je,
13:10goûté avec exquise
13:12cette phrase
13:13que je trouve
13:14d'une extrême drôlerie.
13:15L'amour est un château
13:16de cartes cérébrales
13:18destinées à vendre
13:19des livres
13:19aux midinettes
13:21refusant d'assumer
13:22leur nymphomanie.
13:24Frédéric.
13:25Mais vraiment ?
13:26Mais quelle honte !
13:27Qui a écrit ça ?
13:28Ça peut pas être de moi.
13:30Vous aurez toujours le droit
13:31de le dire sur Sud Radio.
13:32Même de l'écrire.
13:33Non mais c'est Octave Parangot
13:35qui parle.
13:35Bien sûr.
13:36Évidemment,
13:37c'est votre double magnifique.
13:38Mais je voulais vous demander,
13:39est-ce que vous faites vôtre
13:40cette phrase
13:41de Louis Ferdinand Céline ?
13:42Je crois qu'elle est
13:42dans Mort à Crédit.
13:43Vous disiez que c'était
13:45un auteur qui vous inspirait.
13:46L'amour,
13:47c'est cet infini
13:48à la portée du caniche.
13:50Oui,
13:51parce que c'est
13:52à la fois
13:54immense
13:55et ridicule.
13:56Et c'est ça
13:57que Céline a voulu dire.
13:58C'est-à-dire que
13:59c'est comme
14:01une prise de drogue.
14:03Enfin,
14:03je veux dire,
14:04l'amour nous transcende.
14:05nous rends meilleurs,
14:07nous rends chevaleresques,
14:09nous magnifions quelqu'un.
14:11Stendhal parle de cristallisation.
14:13Nous transformons
14:14une branche d'arbre
14:15en collier de diamants.
14:17Et en même temps,
14:19parfois,
14:20on est déçu,
14:21ça retombe,
14:22l'effet magique
14:23ne dure pas
14:25et c'est très déprimant.
14:28Alors voilà,
14:28je joue avec cette idée-là
14:30depuis toujours.
14:31Bon,
14:31dans la réalité,
14:32moi,
14:33je suis assez épanoui
14:34et heureux
14:35depuis 16 ans.
14:36Oui,
14:36j'allais vous dire,
14:37vous connaissez forcément
14:38des femmes
14:38qui éclipsent les autres.
14:40Exactement.
14:41Et oui,
14:41j'ai eu la chance
14:42d'en rencontrer une
14:43à Genève en 2010
14:45qui m'a débarrassé
14:46de toutes les autres.
14:47Mais c'est quand même
14:49le sujet que je préfère traiter
14:50parce que ça permet
14:52de montrer des gens
14:54qui se rencontrent,
14:55qui se tournent autour,
14:56qui se mentent,
14:57se séduisent,
14:58se larguent,
14:59se réconcilient.
15:00Enfin,
15:01c'est pour moi
15:02l'unique sujet
15:03de la littérature.
15:04Vous permettez
15:05que je lise encore
15:06un extrait.
15:06L'amour
15:08chez l'homme
15:08hétérosexuel
15:09ne s'explique
15:10que par la fatigue
15:11de courir les jupons.
15:12Le sentiment
15:13naît toujours
15:14d'une lassitude
15:15du donjohanisme.
15:16On aime
15:17pour cesser
15:18de cavaler.
15:19Bref,
15:19tout romantique
15:20cache un paresseux
15:22de la bite.
15:23C'est vraiment
15:26ignoble.
15:26Comment ?
15:28Quelqu'un peut écrire
15:28ça aujourd'hui ?
15:30Mais évidemment,
15:31surtout à l'heure
15:31de la messe.
15:33J'ai toujours...
15:34C'est vrai que avec Octave,
15:35je me suis toujours amusé
15:37à imaginer
15:39l'angoisse du playboy
15:40qui tombe amoureux.
15:41Parce que
15:42un séducteur,
15:43il veut conquérir.
15:45Mais une fois
15:46qu'il a conquis
15:47quelqu'un,
15:48ça l'ennuie.
15:49Il veut passer
15:50à autre chose.
15:50Et il se retrouve
15:51prisonnier,
15:52il se retrouve...
15:54Je vais dire
15:54un mot obscène.
15:56Heureux.
15:56Et ça,
15:57il ne supporte pas
15:58le bonheur, Octave.
15:59Donc ça m'inspire
16:01ce genre de réflexion.
16:02La peur de la retraite
16:03en quelque sorte.
16:04Arthur de Vatrigan.
16:04Justement pour pousser
16:05un peu plus loin
16:06cette réflexion,
16:07parce qu'en effet,
16:07c'est un des thèmes
16:08qu'on retrouve
16:09dans beaucoup
16:09de vos livres.
16:11Alors là,
16:11c'est vrai qu'il y a
16:11plus d'humour,
16:12mais une humour
16:12qui cache quand même
16:13une mélancolie.
16:14Finalement,
16:15la vieillesse,
16:16ça marque.
16:18Et ce qui rend...
16:18Merci.
16:20Non mais c'est un compliment.
16:22Parce qu'il y a une profondeur
16:24depuis...
16:24Sur votre père,
16:25celui d'encore d'avant,
16:26qui est...
16:27On garde votre ton
16:27avec une profondeur nouvelle
16:29et qui, je pense,
16:30touche un public plus large,
16:31en tout cas ceux
16:31qui ont connu
16:32ce que votre personnage
16:33ou vous avez connu.
16:34Mais sur l'amour,
16:35est-ce que vos personnages,
16:36ils veulent aimer
16:37ou ils veulent vivre
16:38l'idée qu'ils se font
16:39de l'amour ?
16:40C'est-à-dire qu'en fait,
16:41l'illusion de l'amour
16:42est une illusion
16:42qui est vitale pour eux ?
16:44C'est-à-dire que c'est l'état
16:46dans lequel on est le mieux,
16:49le plus grand.
16:50C'est presque comme une religion,
16:52l'amour.
16:52On devient tout d'un coup
16:53au-dessus de soi-même.
16:55On est capable de tout.
16:57Et donc c'est...
17:00Octave est peut-être accro
17:01à cette idée de l'amour,
17:02vous avez tout à fait raison,
17:03comme une utopie.
17:05Et en même temps,
17:06c'est un obsédé sexuel,
17:07c'est un connard,
17:08c'est un séducteur.
17:09Il utilise tous les stratagèmes
17:12les plus ridicules
17:12pour coucher.
17:15Et il y a beaucoup de dialogues
17:16qui m'ont énormément amusé
17:18et qui me sont reprochés,
17:20d'ailleurs,
17:21par certaines lectrices.
17:24Je pense au moment
17:25où il aborde une femme à Londres
17:27et lui dit
17:28« Je vais vous manquer de respect,
17:31je vais traiter votre corps
17:33avec la plus grande irrévérence. »
17:36Je fais même des théories
17:37sur la séduction,
17:39parce que c'est quand même
17:40l'art français par excellence,
17:44le marivaudage,
17:45le vaudeville,
17:46et tout ça.
17:47Et les liaisons dangereuses
17:48sont passées par là.
17:49Je fais des théories,
17:51il faudra acheter le livre
17:52pour les voir.
17:54En gros,
17:55je dis qu'un vrai playboy,
17:57c'est quelqu'un qui résiste
17:59au refus,
18:00au rejet,
18:01et aux humiliations.
18:02Pour être un vrai playboy,
18:03il ne faut n'avoir aucun amour propre.
18:05Ce sont des gens
18:06qui sont capables
18:10d'endurer
18:10des râteaux,
18:12des centaines de râteaux.
18:14Chose que moi,
18:14dans la vraie vie,
18:15je suis incapable
18:16de supporter.
18:17C'est trop difficile,
18:18trop vexant.
18:20Alors,
18:21l'amour
18:22a changé aussi,
18:23parce que parler d'amour
18:24hétérosexuel aujourd'hui,
18:25c'est presque faire
18:26de l'archéologie.
18:29Dans la plus jeune génération,
18:31elle refuse,
18:32en plus,
18:32d'être genrée.
18:33Alors,
18:33il y a des filles
18:34qui aiment les filles
18:35et puis des garçons
18:35qui aiment les garçons.
18:36Ça,
18:36c'était assez convenu.
18:37Mais maintenant,
18:38il y a aussi
18:39ceux qui refusent de choisir,
18:40qui sont un coup garçon,
18:42un coup fille.
18:43Et dans les années 2020,
18:45c'est un moment de croissance
18:46de la bisexualité.
18:47Il ne faut pas le nier.
18:48Et ça offre
18:49beaucoup de possibilités.
18:51Une femme
18:51dans le rôle de l'homme
18:52qui peut aimer un homme
18:53qui aurait fait
18:54sa transition en femme.
18:57Je vous sens un peu perdu,
18:58Frédéric.
18:59Est-ce que,
18:59sans mauvais jeu de mots,
19:00l'amour n'est pas devenu
19:01un grand bordel aussi ?
19:03Ça,
19:04je ne peux pas traiter ce sujet
19:06parce que je suis un hétéro
19:09de base.
19:10Conformiste.
19:11Assez incurable.
19:13Encore que,
19:14quand on proclame
19:15son hétérosexualité,
19:17ça cache quelquefois
19:18une homosexualité latente.
19:21Comme si on avait
19:22à se justifier
19:23de quelque chose.
19:24Non,
19:24mais,
19:26il y a des tas
19:27de romanciers
19:28qui traitent
19:29les sujets
19:29dont vous parlez.
19:30il y avait,
19:32moi,
19:32j'ai été l'éditeur
19:34de Guillaume Dustan
19:35qui parlait beaucoup
19:35de ça,
19:36de bisexualité.
19:39Et,
19:39ce n'est pas non plus
19:40si nouveau que ça.
19:41Ce qui est peut-être nouveau,
19:42c'est la non-binarité.
19:44C'est-à-dire,
19:44de ne pas choisir son camp.
19:46Je trouve que c'est assez,
19:48comment on pourrait dire,
19:50c'est un peu marketing.
19:51C'est-à-dire,
19:52vous arrivez dans une soirée
19:53et absolument
19:53tous les gens présents
19:55peuvent être...
19:57Classifiés.
19:58Non,
19:59peuvent être décibles.
20:00Peuvent être décibles,
20:01peuvent être des possibilités.
20:03Ça augmente
20:04les possibilités,
20:05au fond.
20:05Voilà.
20:07Toutes les personnes
20:08dans une soirée
20:09pourraient vous plaire
20:10et peut-être même
20:11aussi les animaux,
20:13je ne sais pas.
20:13Est-ce que ça ne veut pas dire
20:14que finalement,
20:15c'est l'esprit
20:16qui reprend sa force
20:17d'attraction
20:17plus que le corps
20:20à moins d'importance ?
20:21Oui, c'est d'ailleurs
20:22une phrase qu'on entend souvent.
20:23Moi, je ne suis pas attiré
20:24par un homme ou une femme,
20:26mais par une personne.
20:29Bon, mais très bien,
20:30pourquoi pas ?
20:31Écoutez, après tout,
20:32c'est simplement...
20:34Vous n'êtes pas encore convaincu.
20:35C'est quelque chose
20:35que je ne comprends pas trop.
20:37Parce que moi,
20:37en fait,
20:38ce qui m'intéresse,
20:39c'est la différence.
20:40En fait,
20:41ce que j'aime,
20:41c'est rencontrer quelqu'un
20:43qui est complètement
20:43le contraire de moi.
20:45Et c'est ça
20:46que je trouve
20:47le plus excitant,
20:48le plus érotique.
20:49C'est une personne
20:50qui est...
20:51Pour moi,
20:52une femme,
20:53c'est comme rencontrer
20:54un extraterrestre.
20:55Voilà.
20:56C'est quelque chose
20:57de tellement étonnant,
20:58de tellement étrange.
21:00Et c'est ça
21:01qui fait le prix
21:02de l'amour hétéro.
21:04Arthur de Vatrigan.
21:06Alors justement,
21:06est-ce que ce n'est pas ça
21:07qui fait que
21:07c'est complètement inadapté
21:09à notre époque ?
21:10À l'époque,
21:11on criminalise
21:11le désir.
21:12Alors plutôt,
21:13en ce moment,
21:13le désir masculin.
21:14Peut-être demain,
21:15le désir féminin.
21:15parce que justement,
21:16ce sont des incompréhensions.
21:19Est-ce qu'on peut aimer
21:20ou chercher une différence
21:21à l'époque
21:21où la différence
21:22devient suspecte ?
21:24Et à partir du moment
21:24où on ne se comprend pas
21:25et on ne se parle plus,
21:26c'est qu'on doute
21:27de pensée malsaine derrière.
21:31Votre constat
21:32est très pessimiste.
21:33Mais il est vrai
21:34que la natalité baisse.
21:35Donc il y a forcément
21:36un problème quelque part.
21:37C'est vrai que
21:39si les rencontres
21:40sont de plus en plus
21:41difficiles,
21:42complexes,
21:44voire risquées,
21:46et puis en plus,
21:47il y a d'autres considérations.
21:49Les gens n'ont plus
21:50les moyens peut-être
21:51de faire des enfants.
21:51Ils ont de moins en moins
21:52de...
21:53Enfin, ils ont des petits appartements.
21:54Ça devient très difficile
21:56de se reproduire aujourd'hui.
21:58Mais sans doute,
21:59une des raisons...
22:00Mais là, je ne parle même pas
22:01sur la reproduction
22:01ou la démographie
22:02pour parler des termes
22:04plus universitaires.
22:05Je vois une nouvelle génération
22:0718, 16, 20 ans.
22:10L'application est plus rassurante
22:12que la rencontre
22:13dans un resto,
22:14dans une boîte de nuit.
22:15Oui, alors ça,
22:16encore quelque chose
22:17que je combats.
22:18Parce que dans mon livre,
22:19il n'y a que des rencontres
22:21réelles.
22:22In real life,
22:23comme on dit.
22:25Je suis terrorisé
22:26par la robotisation
22:28du sexe,
22:29par la...
22:30Par les applications
22:31de rencontres.
22:32Je ne vois pas très bien
22:34comment
22:35Roméo et Juliette
22:37où Tristan et Iseut
22:38se rencontrant
22:39sur Tinder.
22:39Comment on peut raconter
22:41une histoire là-dessus ?
22:42Et ça fait ghoster
22:43au bout d'une page,
22:44je n'aurai plus rien.
22:45Exactement.
22:46Exactement.
22:47Mais nous aussi,
22:47nous allons vous ghoster.
22:48Restez avec nous
22:49sur Sud Radio
22:49parce que nous nous retrouvons
22:50dans quelques instants
22:51sur Sud Radio
22:52toujours avec notre invité
22:54Frédéric Becbedé.
22:54Ibissa a beaucoup changé.
22:56Un recueil de nouvelles
22:57que Stéphane Simon
22:58et Arthur de Vatrigan
22:59ont dévoré
23:00chez Albain Michel.
23:01Nous nous retrouvons
23:02dans un instant
23:03sur Sud Radio
23:04pour parler notamment
23:05du temps qui passe.
23:06A tout de suite.
23:07Sud Radio,
23:09le choc des idées,
23:10Jean-Marie Bordry.
23:11Avec Stéphane Simon
23:12et Arthur de Vatrigan
23:13sur Sud Radio
23:14jusqu'à midi,
23:15notre invité
23:16Frédéric Becbedé
23:17qui publie
23:17Ibissa a beaucoup changé.
23:19Chez Albain Michel,
23:21nous parlons
23:21notamment du temps
23:22qui passe
23:23et qui a bien passé
23:23depuis les années 90.
23:25Oui,
23:25ce titre vient
23:26de l'impression
23:27que votre double maléfique
23:31a eu en descendant
23:32de l'avion
23:33quand il est retourné
23:35à Ibissa
23:36après la pandémie.
23:37Pour faire court,
23:38les QR codes
23:39et les certificats
23:39de vaccination
23:40avaient remplacé
23:41les pilules d'acide
23:42et les vêtements
23:42fluorescents.
23:43On sent
23:44que vous pensez,
23:46vous,
23:46qu'il y a un avant
23:47et un après-Covid
23:48que celui-ci
23:49a cristallisé
23:50un moment
23:52de cristallisation
23:53entre la mutation
23:54des deux mondes
23:55et qu'on ne reviendra
23:55pas au précédent.
23:56Et vous dites
23:57la différence
23:59entre le XXe siècle
24:01et le XXIe,
24:02c'est que le XXe siècle
24:03cherchait toujours
24:04à réduire les distances
24:05alors que le XXIe
24:07ne fait que les augmenter.
24:09Oui,
24:09c'est très frappant.
24:11C'est-à-dire que
24:11l'utopie
24:13de la fin
24:14du XXe siècle,
24:15c'était,
24:15par exemple,
24:16les trains
24:17à grande vitesse,
24:18vous voyez,
24:18on voulait absolument
24:19se rapprocher
24:19le plus vite possible
24:20des autres.
24:22C'était les grandes
24:23rave parties
24:24avec cette nouvelle musique
24:26qui est née
24:27à ce moment-là,
24:28la house
24:28ou techno
24:29qui faisait
24:30qu'on aimait
24:31les grands rassemblements
24:32de milliers de personnes
24:33qui dansent
24:34et qui rentrent
24:35dans une sorte
24:35de trance.
24:38le Covid
24:39et la période
24:40actuelle,
24:41c'est plutôt
24:42l'inverse.
24:42C'est l'isolement
24:43devant son écran,
24:45c'est l'espacement
24:46dans les lieux publics,
24:48les gestes barrières,
24:50c'est le danger
24:51des rencontres,
24:52c'est la méfiance
24:53réciproque
24:54et je dis ça aussi
24:57dans une chanson
24:59de bon entendeur,
25:01ma génération
25:01est passée
25:02en un clin d'œil
25:03de l'inconséquence
25:04à la paranoïa.
25:05C'est terrible
25:06de se dire ça,
25:07c'est que
25:08les jeunes
25:10qui se protègent
25:12deviennent hygiénistes
25:13et font des randonnées
25:15à vélo
25:16au lieu de
25:17se le dire
25:18avec un ton de dégoût.
25:19Mais oui,
25:20c'est quelque chose
25:21que je ne comprends pas
25:22parce que pour moi
25:22l'âge de la jeunesse,
25:24avoir 20 ans,
25:24c'est être insouciant,
25:26c'est être irresponsable,
25:27c'est faire des bêtises,
25:30c'est pollué,
25:31alors pas forcément pollué,
25:33on peut s'embrasser
25:35et trier ses déchets
25:37si on y tient.
25:39Mais moi,
25:39j'ai le souvenir
25:40de soirées
25:40où même les gens
25:41s'embrassaient
25:42sans se connaître,
25:42sans connaître le prénom.
25:44Il y avait...
25:46On est devenu coincé.
25:48J'ai l'impression
25:49qu'en tout cas,
25:49il y a une régression
25:50sur ce plan-là
25:51et c'est plutôt triste
25:53et alors bon,
25:54comme c'est quand même
25:55un recueil de nouvelles,
25:56de fictions
25:57à tendance humoristique,
25:59j'en rajoute peut-être
26:00un peu
26:00sur le regard
26:02de cet octave
26:03parangot
26:04désabusé
26:05qui est peut-être
26:06tout simplement
26:06celui d'un vieux con.
26:08Arthur de Vatrigan ?
26:09Un vieux con
26:10mais étonnamment
26:11comme lui ne change pas
26:12contrairement aux époques,
26:13tout de bien,
26:13il y a un éclat d'héroïsme
26:15qui apparaît.
26:15On devient héros
26:16pour pas cher en fait
26:17quand on ne change pas trop
26:18dans votre génération,
26:18c'est quand même pas mal.
26:19Mais je serais
26:20sur les années 90
26:21et on en discutait
26:22un peu tout à l'heure justement,
26:23c'est comment expliquer
26:24cette ambiance très étrange
26:25qui a vu la littérature française
26:27avec un tournant
26:28d'audace,
26:30d'influence,
26:31bien au-delà
26:31des frontières extraordinaires.
26:33Volodyne,
26:33Dantec,
26:34Houellebecq,
26:35vous qui faites partie
26:37de ce monde
26:37de la littérature
26:38qu'il avait vécu,
26:39qu'il le vit encore
26:40mais qu'il avait vécu
26:41de l'intérieur,
26:42ce moment très particulier,
26:44comment l'expliquer ?
26:45Oui,
26:45il s'est passé quelque chose
26:46à ce moment-là
26:48avec la chute du mur de Berlin,
26:50une sorte d'utopie
26:51que peut-être
26:52on vivrait dans un monde en paix
26:55et puis je vous dis,
26:56on était obsédés
26:57par l'idée des voyages
26:58comme il y a eu l'euro
26:59qui est arrivé,
27:01on se sentait chez soi
27:02à Berlin,
27:03à Barcelone,
27:04à Rome,
27:05on était partout
27:06un peu dans le même pays
27:07et voilà,
27:08il y a eu ce rêve
27:09jusqu'au 11 septembre 2001,
27:11j'ai consacré un livre
27:12à cette tragédie.
27:15Et à ce moment-là,
27:17c'était le coup d'arrêt.
27:18Peut-être qu'à ce moment-là,
27:19oui,
27:19la littérature française
27:20s'est reconnectée
27:23avec le réel
27:25à la Balzac
27:27grâce aux particules élémentaires
27:29de Michel Houellebecq
27:30en 98.
27:32À d'autres aussi,
27:33vous avez mentionné
27:35Maurice Gédantèque
27:36que j'ai bien connu
27:36qui était un écrivain
27:37très important
27:38mais vous avez peut-être
27:40omis Virginie Despentes
27:41parce que quand même
27:42elle a joué un rôle aussi
27:43à ce moment-là.
27:44Ce n'est pas volontaire.
27:45Normalement,
27:45c'est vrai que
27:47les premiers romans
27:48de Virginie
27:49ont aussi
27:50fait entrer
27:51en littérature
27:52un certain
27:53langage
27:54d'argot,
27:55de verlan
27:56et puis
27:56d'écrit des lieux
27:57qui n'étaient pas
27:58dans les livres
28:00comme,
28:01je ne sais pas moi,
28:01les Pipes Chauds,
28:02des choses comme ça.
28:04Et voilà,
28:04il y avait un libertarisme
28:06et un sens
28:08de l'observation
28:09sarcastique
28:11et un cynisme
28:12même
28:12qui était très
28:13jubilatoire
28:14et qui a effectivement
28:15été traduit
28:16dans le monde entier.
28:16Stéphane Simon.
28:17Il y a dans votre livre
28:19un manifeste
28:21de résistance
28:22à l'intelligence
28:23artificielle
28:23qui est assez
28:24spectaculaire
28:25que je recommande
28:26à la lecture.
28:28Vous dites d'ailleurs
28:29que la situation actuelle
28:30de l'humanité
28:30vous fait penser
28:31au suicide
28:32des Lemmings.
28:32Vous savez,
28:33c'est ces petits rongeurs
28:34qui se jettent
28:35dans la mer de Norvège.
28:36Faut-il,
28:37oui ou non,
28:37se jeter collectivement
28:39dans le vide ?
28:39Ça c'est une vraie question
28:40sur laquelle
28:41on va revenir
28:42parce que vous dites
28:43la gauche et la droite
28:44sont désormais
28:45des catégories obsolètes.
28:46Le débat désormais
28:47c'est entre
28:48les accélérationnistes
28:49et les extinctionnistes.
28:51J'explique,
28:51les accélérationnistes
28:53n'ont aucune idée
28:54de ce qu'ils vont obtenir.
28:56Peut-être un totalitarisme
28:57digital
28:58et les extinctionnistes
29:00ils veulent revenir
29:01en arrière
29:02en 1999.
29:03Au moins,
29:05ça on connaît.
29:05Oui,
29:07et je fais partie
29:07de cette catégorie.
29:08Je vais même plus loin.
29:10Je dis que si ça continue
29:12comme ça
29:13à se développer
29:14c'est-à-dire que
29:14c'est environ
29:15cinq compagnies américaines
29:17qui vont prendre le pouvoir
29:18sur toute l'humanité
29:19et bien à un moment
29:21peut-être qu'il faudra
29:22aller en sous-marin
29:23couper les câbles
29:24qui nous relient
29:25à Internet
29:27et éventuellement
29:28brûler
29:30un ou deux
29:30data centers
29:31pour gagner
29:32quelques mois
29:33de répit.
29:34Et
29:35je parle
29:37de cette panne
29:37d'électricité
29:38qui a eu lieu
29:38à Madrid
29:39l'an dernier
29:40il y a eu des gens
29:42dans toute l'Espagne.
29:42Tout d'un coup
29:43les gens n'avaient plus
29:43de téléphone
29:44plus rien
29:45ils ne pouvaient plus
29:46payer avec
29:47leur carte de crédit
29:49c'était
29:51le foutoir
29:51total
29:52mais il y avait
29:52un côté
29:54l'an 1
29:54de GB
29:55il y avait
29:56des gens
29:56qui se sont mis
29:57à jouer de la guitare
29:58dans les parcs
29:59à danser
29:59à chanter
30:00ils sont allés
30:02aux terrasses
30:02des cafés
30:03c'est vrai
30:03et donc voilà
30:04je rêve un petit peu
30:05qu'on ralentisse
30:06dans cette espèce
30:08d'accélération
30:10vers un monde
30:11inhumain.
30:12C'est quand même paradoxal
30:13de regretter cette panne
30:14d'électricité géante
30:15et de ne pas regretter
30:16le confinement
30:16par exemple
30:17parce qu'on avait découvert
30:17aussi d'autres attitudes
30:18à ce moment-là.
30:19Oui mais dans le confinement
30:20j'ai eu l'impression
30:21qu'on nous interdisait
30:22tout ce que j'aime
30:23c'est-à-dire sortir
30:25boire un coup
30:26les restaurants
30:26les librairies
30:27les cinémas
30:28les théâtres
30:29tout était
30:30alors c'était
30:31c'était
30:33positif
30:34par un certain côté
30:35c'est-à-dire qu'on se
30:36recentrait sur ses proches
30:38et enfin
30:40une grande
30:41une journée
30:42par exemple
30:43où on dirait
30:43on arrête
30:44les écrans
30:45complètement
30:45on éteint internet
30:46pour voir ce qui se passe
30:48ça pourrait être
30:49un test intéressant
30:50Et vous dites
30:51que d'ailleurs
30:51que la France
30:52qui est un pays
30:53littéraire par excellence
30:54peut incarner
30:55la résistance
30:56aux entreprises américaines
30:57de décervelage
30:59comme vous l'écrivez
30:59vous pensez vraiment
31:01que la France
31:01peut donner l'exemple
31:02aujourd'hui ?
31:03On a un avantage
31:04c'est qu'on est nul
31:05là-dedans
31:05comme on n'a pas
31:07on n'a pas créé
31:09Facebook
31:09on n'a pas créé
31:10Google
31:10donc puisqu'on est mauvais
31:13faisons-en
31:14une force
31:15et notre force
31:16c'est notre art
31:17de vivre
31:17c'est notre mode de vie
31:18qui est
31:20objectivement
31:20le plus luxueux
31:21au monde
31:22c'est pour ça
31:22que le pays
31:23coûte si cher
31:24c'est pour ça
31:25qu'il y a tant d'impôts
31:25parce qu'en fait
31:26la France
31:27c'est un hôtel de luxe
31:28c'est un palace
31:30les paysages sont sublimes
31:31les monuments
31:32sont magnifiques
31:33et donc
31:34montrons au monde
31:35qu'on peut
31:36refuser
31:37d'être tout le temps
31:37rivé à son téléphone
31:39et qu'on peut aussi
31:40marcher
31:41rencontrer
31:42admirer
31:43discuter
31:44comme nous le faisons là
31:45sans gueuler
31:46pourquoi pas
31:47tiens
31:47Arthur de Vatrigan
31:48si vous deviez garder
31:50qu'une seule chose
31:51du siècle passé
31:52ce serait quoi ?
31:56Gatsby le magnifique
31:57c'est un bon choix
32:00et à l'inverse
32:02allons dans 20 ans
32:03on a à peu près compris
32:03ce que vous regrettiez
32:04des années 90
32:05qu'est-ce que vous regretterez
32:06peut-être
32:07dans 20 ans
32:08de l'époque actuelle ?
32:09c'était l'époque
32:10où j'étais encore vivant
32:11ah oui
32:12pas mal
32:13bien sorti
32:14bonne pirouette
32:14effectivement
32:15Stéphane Simon
32:16vous avez beaucoup fait la fête
32:17vous en avez même fait
32:18des livres
32:20vous dites d'ailleurs
32:21encore une fois
32:22que l'intérêt des fêtes
32:24est de suspendre
32:25le temps
32:26pour nous rendre heureux
32:27quelques instants
32:28mais alors
32:29j'ai appris récemment
32:31en vous voyant
32:32dans une vidéo
32:32que vous aviez
32:33arrêté de boire
32:34et la fête
32:36sans alcool
32:36ça existe vraiment ?
32:39alors
32:39c'est différent
32:40c'est différent
32:41non c'est très différent
32:42mais c'est surtout
32:43mieux le lendemain
32:45quand on se réveille
32:46le matin
32:47on est plus en forme
32:49et on n'est pas
32:50moins mélancolique
32:51voilà exactement
32:52oui j'ai dû arrêter
32:54de boire
32:542023
32:56à la suite
32:57d'un arrêt cardiaque
32:58mais
32:59j'ai des rechutes
33:01parfois
33:01disons
33:02une fois de temps en temps
33:04je peux boire un cocktail
33:05je trouve que ça de bien
33:06quand on a arrêté de boire
33:08c'est qu'un cocktail
33:09suffit à faire de vous
33:11quelqu'un de complètement ivre
33:12l'effet de l'alcool
33:14est bien plus rapide
33:15donc voilà
33:16arrêté de boire
33:17et
33:17un verre
33:18par mois
33:19mais vraiment bien planifié
33:21avec la plus grande
33:22démodération
33:23et en montant en gamme
33:24bien entendu
33:25Arthur de Vatterjant
33:26justement
33:27qu'est-ce que vous pensez
33:28de cette mode
33:29des vins sans alcool
33:31des alcools sans alcool
33:32des cocktails sans alcool
33:33des steaks sans viande
33:35j'ai l'impression
33:36qu'on critique
33:37tout ce qu'on a aimé
33:38mais qu'on le recopie
33:40mais différemment
33:41de manière édulcorée
33:43et inoffensive
33:44oui c'est ce que je disais
33:45tout à l'heure
33:46sur l'hygiénisme
33:47c'est très effrayant
33:49l'idée
33:49qu'on veuille
33:50tellement se protéger
33:52mais
33:53la vie
33:54c'est
33:55comme le dit
33:56fils Gérald
33:56un processus
33:57de démolition
33:58et donc
33:59il faut l'accepter
34:00alors cela dit
34:01j'ai goûté
34:01les vins sans alcool
34:02c'est ignoble
34:03mais en revanche
34:04un mojito virgin
34:06vous voyez
34:07c'est à dire
34:07qu'on remplace le rhum
34:08par du perrier
34:10on laisse la menthe
34:11le citron
34:12les glaçons
34:13et bien ça marche assez bien
34:14c'est assez
34:15c'est une boisson fraîche
34:16pas trop sucrée
34:17c'est un siot
34:18non non
34:19c'est une boîte d'enfants
34:20goûté
34:21mais écoutez
34:22je vous assure
34:23quand on a bu
34:24beaucoup de mojito
34:25dans sa vie
34:26et qu'on passe
34:27au virgin mojito
34:28le goût change pas tellement
34:29et on a même presque
34:30l'impression
34:31d'être bourré
34:32presque
34:32c'est exceptionnel
34:34effectivement
34:35restez avec nous
34:36justement
34:36on va parler du spectacle
34:37dans un instant
34:38de la société du spectacle
34:39toujours avec notre invité
34:41Frédéric Becbedé
34:42qui publie Ibiza
34:43a beaucoup changé
34:45chez Elbin Michel
34:46on se retrouve dans un instant
34:47avec Arthur de Vatrigan
34:48et Stéphane Simon
34:49sur Sud Radio
34:51Sud Radio
34:52le choc des idées
34:53Jean-Marie Bordry
34:54avec Stéphane Simon
34:55et Arthur de Vatrigan
34:56sur Sud Radio
34:57nous sommes en compagnie
34:58de notre invité
34:58Frédéric Becbedé
34:59jusqu'à midi
35:01un enfant du 20ème siècle
35:02et orphelin
35:03des années 90
35:04parlons notamment
35:05de la société du spectacle
35:06Stéphane Simon
35:07oui parce que
35:07dans ce recueil de nouvelles
35:10il y a une nouvelle
35:11très intéressante
35:12qui s'appelle
35:12comment réussir
35:13dans l'audiovisuel
35:14ça va intéresser
35:15forcément
35:15qui est un mélange
35:16d'expériences vécues
35:18de constats sociologiques
35:19de conseils ironiques
35:21que vous avez eu le temps
35:22de dresser depuis 30 ans
35:23mais avant de parler
35:24de cette vision
35:25de la télévision
35:26et comment réussir
35:27dans l'audiovisuel
35:27je voudrais vous dire
35:28un mot quand même
35:29sur les réseaux sociaux
35:30parce que pendant longtemps
35:31vous n'y étiez pas
35:32Frédéric
35:32et puis vous y êtes venu
35:34et on peut dire aussi
35:36que votre émission littéraire
35:38Bienvenue chez la Pérouse
35:39Conversation
35:40Conversation pardon
35:41chez la Pérouse
35:44et bien
35:44elle est largement relayée
35:46sur ses réseaux sociaux
35:48et pour autant
35:49vous dites
35:50tout ce que je vois
35:50sur Instagram
35:51je n'y crois déjà plus
35:52alors expliquez-nous
35:54clarifiez un peu tout ça
35:55Non mais c'est un nouveau média
35:58sur lequel j'ai beaucoup
36:01blagué
36:02parce qu'il est complètement narcissique
36:04parce que les algorithmes
36:06vous proposent
36:08vraiment des choses
36:09très abrutissantes
36:10et même dégradantes
36:13je trouve pour les femmes
36:14quand on voit
36:14enfin franchement
36:17j'ai dû cliquer une fois
36:18sur une meuf en bikini
36:19maintenant j'en reçois
36:20des milliers
36:21c'est très étrange
36:23non mais en revanche
36:25oui on peut aussi
36:26s'en servir
36:26pour défendre
36:27la culture
36:28la littérature
36:28et moi j'ai créé
36:29depuis 4 ans
36:31c'était d'abord
36:32sur Radio Classique
36:33puis ensuite
36:34quand ils m'ont viré
36:35j'ai continué tout seul
36:36et grâce à Instagram
36:38je peux promouvoir
36:40les rencontres
36:41là cette semaine
36:42j'ai Didier Decoin
36:43la semaine prochaine
36:44Charles Danzig
36:44j'en profite
36:45pour faire de la promo
36:47et je suis très heureux
36:48de pouvoir discuter
36:50avec des écrivains
36:51des intellectuels
36:52de manière très sérieuse
36:54et en même temps
36:55très déconnante
36:56donc c'est
36:58j'avais tort peut-être
37:01d'avoir une réticence
37:03a priori
37:05c'est la manière
37:06dont on s'en sert
37:06qui peut le rendre
37:08bénéfique
37:09ou complètement stupide
37:11alors comment réussir
37:12dans l'audiovisuel
37:13vous vous attardez
37:14pour expliquer
37:15ce qu'est un bon client
37:16ça c'est important
37:17parce que ça me parle
37:18beaucoup moi évidemment
37:20je vous cite
37:20une personne capable
37:22de tenir des discours
37:23séduisants
37:23d'une durée
37:25de 25 à 45 secondes
37:27c'est assez précis
37:28c'est ce secret
37:29qui a permis
37:29l'élection de Donald Trump
37:30là on vient
37:31à des choses plus sérieuses
37:33capacité à marteler
37:34des provocations simples
37:36au vocabulaire limité
37:38oui
37:38je crois que là
37:41ce qu'on
37:42ce qui a expliqué
37:44l'élection
37:44puis la réélection
37:45de Trump
37:46c'est vraiment
37:46son savoir-faire médiatique
37:48c'est un animateur
37:49de télé-réalité
37:51qui a une façon
37:52de s'exprimer
37:53très brutale
37:53très provocatrice
37:55très cynique
37:56et en même temps
37:57comique
37:58et je suis déjà
37:59trop long
38:00par rapport à Trump
38:01oui mais le job
38:02de l'animateur
38:02qui n'est pas fait
38:03par Jean-Marie
38:05c'est d'interrompre
38:06les développements
38:07trop longs
38:07c'est-à-dire
38:08d'empêcher
38:08les invités
38:09de tenir
38:09un raisonnement
38:10intelligent
38:11je vais interrompre
38:12aussi le chroniqueur
38:12à cette mode-là
38:13vous auriez jamais pu
38:14voter Trump
38:15Frédéric Becbedet ?
38:16non je pense pas
38:17mais mon père
38:18était très pro-Trump
38:20il aimait beaucoup
38:22et on avait
38:23des discussions
38:24parce qu'il me traitait
38:25de politiquement correct
38:27et lui
38:28admirait énormément
38:29justement
38:29la liberté de ton
38:32le fait
38:33qu'il soit
38:35voilà
38:35qu'il ait envie
38:36de donner un grand coup
38:37de pied
38:37dans la fourmilière
38:39de Washington
38:39donc bon
38:40on en parlait
38:42avec mon père
38:42non mais
38:43c'est techniquement
38:45j'essaye de parler
38:45un peu
38:46de ce que c'est
38:47comment l'audiovisuel
38:49transforme
38:50les hommes politiques
38:51et c'est maintenant
38:52comme ça aux Etats-Unis
38:53mais on le voit
38:54très bien en France aussi
38:55il faut pas
38:56faire des raisonnements
38:57trop longs
38:58c'est
38:58it's boring
38:59on zappe
39:00on a zappé
39:00avant la fin de la phrase
39:01effectivement
39:02Arthur Devatrigan
39:02c'est vrai qu'avec Trump
39:03on a redécouvert
39:04la parole performative
39:05ce qu'on avait un peu oublié
39:07et puis aussi
39:07que le politique
39:08s'il voulait faire des choses
39:09il pouvait
39:09qu'on aime ou pas
39:10Trump d'ailleurs
39:11la parole performative
39:12c'est un peu mignon quoi
39:13il a dit qu'il allait rouvrir
39:14le détroit d'Ormuse
39:15on attend toujours
39:16oui mais après il a dit
39:16qu'il allait pas le rouvrir
39:17en fait
39:18il s'en fout
39:19le principe c'est de parler
39:21les idées comptent pas
39:22mais
39:24c'est pas du tout
39:25ce que j'avais prévu
39:25comme question
39:26mais comme vous avez parlé
39:27de votre émission littéraire
39:28je me pose la question
39:29depuis Bernard Pivot
39:30est-ce que vous pensez sincèrement
39:31que des émissions de littérature
39:33ont donné envie de lire
39:35à des gens
39:36je connais beaucoup de gens
39:36qui achètent
39:37après des émissions
39:38il y avait Pivot
39:39il y a eu Hardisson
39:40il y a eu Ruquier
39:41vous votre émission
39:42encore plus littéraire
39:43donc je suppose que ce sont
39:44des gens qui lisent
39:45qui vous regardent
39:46mais est-ce que
39:47au-delà d'acheter des bouquins
39:48est-ce que vous pensez
39:49qu'il y a des gens
39:49qui grâce à la télévision
39:50sont mis à la littérature
39:53oh oui quand même
39:54c'est-à-dire que
39:54sur le nombre de gens
39:55qui achètent le livre
39:56il y en a peut-être
39:58un pourcentage
39:58qui vont l'ouvrir
40:01soyons un petit peu constructifs
40:03c'est
40:05vous savez
40:06la littérature
40:06est vraiment menacée
40:07de toutes parts
40:08c'est-à-dire qu'on n'a plus
40:08le temps de lire
40:09le cerveau humain
40:10des jeunes
40:12est de moins en moins
40:13programmé
40:14ou connecté
40:15pour se concentrer
40:17donc il faut
40:18il faut se bagarrer
40:19partout
40:19et créer des émissions
40:22où on discute
40:23avec des auteurs
40:24en essayant
40:24que ce soit
40:25original
40:26ludique
40:27insolent
40:28c'est peut-être
40:29j'espère
40:30un moyen
40:31de leur donner
40:32envie de lire
40:32j'ai d'ailleurs
40:33beaucoup de retours
40:34dans ce sens
40:34de gens qui me croisent
40:35dans la rue
40:36qui me disent
40:36vous m'avez donné
40:37envie de lire
40:38Marie-Hélène Laffont
40:39ou je ne sais pas
40:41Clarisse Gorokoff
40:42donc c'est
40:43j'espère que je fais
40:44un travail utile
40:45et encore une fois
40:46ce qui est surprenant
40:47c'est que ce soit
40:49sur internet
40:49et fait par
40:51un média privé
40:52le Figaro TV
40:53et pas
40:54sur le service public
40:55et je vous recommande
40:56cette autre
40:57excellente émission
40:58que vous retrouvez
40:58à partir de 14h
40:59sur Sud Radio
41:00le coup de coeur
41:00des libraires
41:01avec Valérie Expert
41:02et Gérard Collard
41:04Juste une question en plus
41:04pardon Stéphane
41:05est-ce qu'un écrivain
41:06c'est un bon client
41:07parce qu'on part du principe
41:08s'il écrit
41:08c'est qu'il ne veut pas
41:09trop parler
41:09est-ce que c'est un bon client ?
41:11Ça dépend
41:13mais je trouve que oui
41:14quand même
41:15parce qu'en fait
41:16un bon client
41:17c'est quelqu'un
41:17qui a quelque chose
41:18à dire
41:18et j'ai animé
41:22notamment avec
41:22Stéphane Simon
41:23des émissions
41:24où on recevait
41:24des chanteurs
41:25des acteurs
41:25des gens de tous horizons
41:28souvent les écrivains
41:29arrivent avec
41:30un discours
41:32ils ont
41:32ils ont une histoire
41:34à raconter
41:35les clients
41:36les plus difficiles
41:37c'est plutôt
41:38les comédiens
41:39les chanteurs
41:40quand ils n'ont pas
41:40de texte
41:41c'est plus compliqué
41:43enfin ça dépend
41:43lesquels
41:44mais
41:45alors il y a quelque chose
41:46de fascinant
41:46chez vous Frédéric
41:47c'est que vous êtes
41:48vous avez toujours été
41:50critique de la télévision
41:53mais à côté de ça
41:54vous avez bien compris
41:56que si tu ne passes pas
41:57à la télévision
41:58tu n'existes pas
41:59alors comment on fait
42:00pour être sur la ligne
42:01de crête ?
42:03justement moi
42:04j'ai toujours bien aimé
42:05être à la fois
42:06dedans et dehors
42:07quand j'étais dans la pub
42:09j'ai écrit ce livre
42:1099 ans
42:11qui racontait ce métier
42:14j'ai ensuite fait un livre
42:15sur une radio
42:16de service public
42:17où j'étais arrivé
42:18un matin sans texte
42:20et viré dans la minute
42:22je trouve
42:23c'est
42:24peut-être
42:25je ne sais pas
42:26les écrivains
42:27ont tous
42:28une mission différente
42:29ou alors pas de mission du tout
42:31c'est encore mieux
42:31mais j'ai l'impression
42:33que moi je participe
42:34à ce monde
42:35pour le regarder
42:36le décrire
42:37et
42:38et
42:38et s'en moquer
42:39un peu
42:40c'est
42:41c'est
42:42c'est le rôle
42:42que
42:43je me suis
42:44comme un passager clandestin
42:44oui comment ?
42:45comme un passager clandestin
42:46presque
42:47oui ou un espion
42:48ou un agent double
42:49et
42:50oui c'est vrai
42:51que là
42:52dans ce texte là
42:53sur la télé
42:53j'avais
42:54j'ai jamais écrit vraiment
42:55sur la télévision
42:56donc je me suis dit
42:57tiens il faudrait quand même
42:57que je raconte
42:58tous ces petits conseils
42:59que m'ont donné
43:00Thierry Ardisson
43:02Michel Denisot
43:03Denisot par exemple
43:04c'est celui qui m'a dit
43:05au festival de Cannes
43:06ne mets jamais
43:07des lunettes de soleil
43:08parce que ça fait
43:09ça rend antipathique
43:11des petites choses comme ça
43:12il faut avoir
43:13des petits gimmicks
43:14à la télé
43:14des petites phrases
43:15pour meubler
43:16quand on n'a rien à dire
43:17c'est
43:18c'est
43:19c'est des techniques
43:20en fait
43:20que le grand public
43:22ne connaît pas
43:22mais que vous
43:24mettez en pratique
43:25avec beaucoup de talent
43:26on essaye
43:27c'est un métier
43:27en même temps
43:27on est payé pour le faire
43:28Arthur Devatrigan
43:29vous avez une phrase
43:31pour meubler là
43:32maintenant
43:32mais je suis très heureux
43:35d'être avec vous
43:35quelle belle matinée
43:36sur Sud Radio
43:38ça semble sincère
43:40ça fait surtout
43:41le mec
43:41qui a plus d'émission
43:43depuis longtemps
43:43c'est exactement le cas
43:45effectivement
43:46on parlait de l'amour
43:47tout à l'heure
43:47et à propos de l'amour
43:49vous écriviez
43:50que je suis devenu écrivain
43:52pour rencontrer
43:53quelqu'un qui n'existe pas
43:54est-ce que le Frédéric Beck Bédé
43:56vieillissant
43:57ne pourrait pas
43:57plutôt écrire
43:58désormais
43:59je suis devenu écrivain
44:01pour raconter
44:02un monde
44:02qui n'existe plus
44:03ah oui
44:05c'est très joli
44:05je vais corriger
44:07dans la réimpression
44:08du livre
44:09et mettre cette phrase
44:10à la place
44:11non
44:12c'est
44:13j'ai beaucoup
44:14d'admiration
44:15pour des écrivains
44:16qui sont
44:16qui écrivent
44:18à l'imparfait
44:19je trouve que
44:20on ne peut pas
44:21tellement
44:21connaître
44:22son époque
44:23tout de suite
44:24mais
44:24quand on laisse passer
44:26une décennie
44:27deux décennies
44:28trois décennies
44:28le regard
44:29sur l'époque
44:31devient
44:32plus beau
44:33plus féerique
44:34plus nostalgique
44:35parce qu'au fond
44:35c'est quoi ce livre
44:37c'est pas vraiment
44:38une enquête
44:39sur un homme
44:40c'est plutôt
44:41un regard
44:43sur la jeunesse
44:44sur la jeunesse perdue
44:46c'est ça
44:46Octave
44:47il a fait la fête
44:48il s'est amusé
44:49il a
44:50il est sorti beaucoup
44:51il se souvient un peu
44:53de tout ça
44:54et
44:55et aujourd'hui
44:57il approche la soixantaine
44:59et il
44:59et il déplore
45:01sa jeunesse
45:03oubliée
45:03voilà
45:04mais c'est
45:05c'est vraiment un livre
45:06pour tous ceux
45:07qui ont aimé
45:08les nouvelles
45:09sous extasie
45:10l'amour
45:12dure
45:12trois ans
45:13Ibiza
45:14a beaucoup changé
45:14c'est dans cette veine là
45:16c'est à dire
45:16ce sont des petites pensées
45:18aussi
45:19exprimées à travers
45:20des nouvelles
45:20qui nous
45:21qui nous font du bien
45:22parce que ce monde
45:23que l'on dépeint
45:24c'est un monde
45:25qu'on aime bien
45:26évidemment
45:26et c'est un monde
45:28qui est décrit
45:28avec gourmandise
45:29par Frédéric
45:30et donc forcément
45:31on s'y accroche
45:32et on a envie
45:33de s'y replonger
45:34franchement
45:35et c'est la raison
45:35pour laquelle
45:36on vous recommande
45:36cet ouvrage
45:38Ibiza
45:38a beaucoup changé
45:40publié chez Albain Michel
45:41merci Frédéric Becbélé
45:42d'être venu nous voir
45:44un dimanche matin
45:45sur Sud Radio
45:46c'est quand même pas si courant
45:47que ça
45:47effectivement
45:48merci à vous
45:49Stéphane Simon
45:51on vous retrouve
45:52probablement la semaine prochaine
45:53en duplex
45:54depuis le festival de Cannes
45:55où vous présenterez
45:56notre
45:57sans lunettes de soleil
45:58sans lunettes de soleil
45:59j'ai bien retenu le conseil
45:59où vous présenterez
46:01ce film
46:02l'abandon
46:03sur les derniers jours
46:04de Samuel Paty
46:05qui sera présenté
46:05au festival de Cannes
46:07merci à vous également
46:08Arthur Devatrigan
46:09je le rappelle
46:10directeur de la rédaction
46:11du magazine
46:11L'Incorrect
46:12présent dans vos kiosques
46:14depuis plusieurs jours
46:14à suivre
46:15il était temps d'y passer
46:16juste après les informations
46:18de midi
46:18la vie devant nous
46:19avec Laurent Permas
46:20qui va nous donner
46:21vous allez voir
46:22c'est possible
46:22envie de vieillir
46:24Frédéric Becbélé
46:25vous verrez ça
46:25on vous donnera
46:26quelques conseils
46:27juste après les infos
46:28bon dimanche à tous
46:29sur Sud Radio
46:30bon dimanche à tous
Commentaires

Recommandations