- il y a 8 minutes
Avec Mathieu Bock-Coté, auteur de l’ouvrage ‘le pessimisme joyeux’
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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-05-17##
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Soyez tous les bienvenus sur Sud Radio, votre rendez-vous du dimanche,
00:08dans lequel nous n'avons pas peur de recevoir des invités qui ont encore moins peur de froisser par leurs
00:13idées,
00:13qu'ils portent haut et fort.
00:14On est toujours avec Arthur de Vatrigan, bonjour à vous mon cher Arthur,
00:19directeur du magazine L'Incorrect, disponible dans vos kiosques, je le rappelle.
00:24Nous sommes en duplex, j'y reviendrai dans un instant,
00:26avec quelqu'un qui fait la une de l'actualité depuis le Festival de Cannes en ce moment même.
00:31C'est notre ami Stéphane Simon. Stéphane, bonjour.
00:34Bonjour à vous Jean-Marie, bonjour à tous.
00:36Loin des yeux, mais près du cœur, toujours.
00:39Bienvenue à vous sur Sud Radio, Stéphane.
00:41Nous sommes avec notre invité de ce jour qui est Mathieu Boccoté.
00:44Bonjour Mathieu.
00:45Bonjour.
00:46Vous publiez, c'est très inhabituel de votre part, et nous y reviendrons,
00:50cet ouvrage publié chez Fayard, Le Pessimiste Joyeux.
00:53Un ouvrage d'entretien dans lequel vous parlez de vous.
00:56Ça n'arrive pas si souvent.
00:58Quel est le parcours qui fait que vous avez telles idées ?
01:01Votre combat notamment pour la souveraineté, comme vous dites, du Québec.
01:05Nous y reviendrons, ce qui a forgé vos opinions.
01:07Mais avant ça, c'est la tradition dans le choc des idées sur Sud Radio.
01:10Une carte blanche un peu spéciale, puisqu'il se téléporte depuis la croisette à Cannes.
01:15Stéphane Simon, vous êtes le producteur de ce film sur les derniers jours de Samuel Paty,
01:20le film L'Abandon, qui a été projeté hors compétition au Festival de Cannes.
01:24Quel accueil, Stéphane ?
01:27C'était assez impressionnant.
01:29Merci de le rappeler.
01:31C'était très, très touchant.
01:33On a été reçus devant 2500 personnes, toute l'équipe du film,
01:38nos coproducteurs, les films du kiosque et nous-mêmes avec les acteurs.
01:42Et il y a eu une standing ovation.
01:45Je ne vous le cache pas que mes petits nerfs ont un peu craqué,
01:48parce que 10 minutes d'applaudissements très, très nourris,
01:53avec des gens debout dans la salle.
01:5510 minutes réelles, pas 10 minutes façon de parler,
01:5810 minutes réelles d'applaudissements de gens qui sont évidemment beaucoup plus expérimentés que nous,
02:05je dirais, sur les protocoles cannois, etc.
02:11Donc ça a fait extrêmement plaisir de voir qu'un film sur de l'actualité contemporaine est possible
02:17et qu'aujourd'hui, on est capable de regarder de près, sans arrière-pensée, sans idéologie.
02:24On est capable de regarder ce qui a été le réel des derniers jours de Samuel Paty.
02:28Et puis après, chacun fait ce qu'il veut de ce film.
02:30Mais ce que je veux dire, c'est que c'est quelque chose d'assez inhabituel finalement.
02:34Et ça s'est très bien passé.
02:36Et puis en plus, le succès est en salle.
02:38Donc je ne vous cache pas, sur un petit nuage.
02:41Oui, sur un petit nuage, j'imagine.
02:42On retiendra l'émotion aussi de Michael Paty, qui fait partie de l'équipe du film,
02:45qui était avec vous, la sœur de Samuel Paty, qui était à Cannes aussi.
02:49Comment elle a vécu ce moment ?
02:52C'est un moment extrêmement précieux pour elle.
02:56Parce que, si vous voulez, elle a été un peu déçue des différentes étapes judiciaires.
03:02L'étape en appel a plutôt ramolli les sanctions, qui n'avaient pas été d'une extrême sévérité non plus,
03:09en première instance.
03:12Et la famille avait dit à l'époque, on a un peu l'impression d'être abandonné une deuxième fois.
03:17Et il se trouve que notre film s'appelle l'abandon.
03:20Ça fait trois ans que notre film s'appelle l'abandon.
03:22Donc, si vous voulez, ce n'est pas récent.
03:24Mais ça a rejoint un peu ce sentiment fort et d'injustice.
03:30Alors, pour Michael, et comme les parents de Michael, c'est évidemment l'occasion de rendre un peu de dignité
03:39à leur fils,
03:40dignité d'homme, mais aussi dignité de professeur.
03:43Donc, forcément, Michael était extrêmement, extrêmement touché par cet accueil.
03:48Et alors, un dernier mot, peut-être, Stéphane, sur les premiers chiffres et le succès du film en salle,
03:52puisqu'il est sorti dans nos salles de cinéma.
03:55Oui, il est sorti dans à peu près 400 salles en France, un petit peu moins.
04:01Il est très bien accueilli.
04:03Les gens vont le voir.
04:05Je ne peux pas vous donner de chiffres précis parce que ça change tout le temps.
04:09Mais ça change au fil des séances.
04:11Mais ça monte, ça monte.
04:12Et on sent que c'est une récompense.
04:15C'est la récompense du public.
04:16Il y a eu la récompense de Thierry Frémaux et du Festival de Cannes.
04:20Et il y a la récompense qui est encore, je dirais, dans mon cœur, la plus précieuse.
04:24C'est le succès populaire.
04:26Et c'est parti pour être quelque chose qui intéresse vraiment les Français.
04:33Ils ont envie de savoir.
04:34Ils ont envie de comprendre ce qui s'est passé.
04:36Ils ont envie de voir où il y a eu des défaillances.
04:38Où il y a eu des irresponsabilités.
04:40Enfin bref, ils n'ont pas envie de fermer les yeux cette fois-ci.
04:44Donc ça fait plaisir.
04:45Comment le mensonge des uns et la lâcheté des autres ont rendu possible l'assassinat d'un prof en France.
04:51Mathieu Bocoté, je présume que vous irez voir le film.
04:53Assurément.
04:55Premièrement, parce que le film en lui-même m'intéresse.
04:57Et par ailleurs, le procès qui est mené contre ce film par la gauche médiatique,
05:01qui nous explique que le film est peut-être...
05:03Bon, ce n'est pas grave.
05:03Mais les intentions secrètes qui pousseraient à avoir fait le film seraient condamnables.
05:07J'ai l'impression qu'on est devant un authentique moment de mauvaise foi et de totalitarisme de la part
05:11de cette gauche médiatique.
05:13Arthur Léatrigue.
05:14Oui, alors moi je dirais...
05:15Oui, non, moi je dirais que par rapport à...
05:18Il faut voir aussi, il faut redonner son importance à cette espèce de gauche très très extrémisée
05:25qui s'interroge sur les intentions, l'arrière-pensée.
05:29Et puis c'est surtout des gens qui n'ont rien à dire sur le film.
05:32Alors la plupart ne l'ont pas vu, malheureusement.
05:35Et simplement, il faut aussi se souvenir que ce sont des gens qui ont besoin encore de créer un peu
05:40d'intérêt sur eux.
05:42Mais quelque part, Mathieu, il fait un peu le jeu de ces gens-là qui n'ont rien à dire
05:47et dont on devrait complètement ignorer leurs aboiements parce qu'ils sont vraiment très peu de gens à dire et
05:55à penser ça.
05:56Et je dirais qu'on leur rend presque trop d'importance à commenter leurs commentaires qui ne sont pas des
06:06commentaires de bonne foi.
06:07Qu'ils aillent d'abord voir le film avant d'en faire un procès en arrière-pensée.
06:12Enfin c'est assez sidérant ce que l'on peut lire ici ou là de ces quelques Ulubrius.
06:19Le film, l'abandon, que vous pouvez aller voir dans vos salles de cinéma en ce moment sur les derniers
06:24jours de Samuel Paty.
06:26Merci beaucoup Stéphane Simon.
06:27Je vous dis à la semaine prochaine.
06:29À la semaine prochaine avec plaisir Jean-Marie.
06:31Le choc des idées, c'est d'ailleurs vous qui serez aux manettes dans une semaine.
06:34On en reparlera.
06:35Avec joie.
06:35Merci à vous.
06:37Bon vent sur la croisette.
06:38Le choc des idées jusqu'à midi, je le disais.
06:40Votre rendez-vous dominical sur Sud Radio.
06:42Nous parlons politique, nous parlons idées, nous parlons culture avec Arthur de Vatrigan et notre invité Mathieu Bock-Côté pour
06:48son livre.
06:49Le pessimiste joyeux publié chez Fayard.
06:51Un livre évidemment qu'Arthur de Vatrigan a dévoré.
06:54Évidemment parce que vous l'avez dit, c'est un livre original.
06:57En tout cas dans les ouvrages de Mathieu Bock-Côté puisque c'est un livre d'entretien.
07:01Des entretiens menés par notre confrère Laurent Dandrieux et qui mène ça avec une grande maestria.
07:07Et donc c'est Laurent Dandrieux, vous savez, est un spécialiste de Woody Allen.
07:11Et donc quand on lisant ce livre, on pense immédiatement à ce titre de Woody Allen qu'on réadapte à
07:16Mathieu Bock-Côté.
07:17Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Mathieu Bock-Côté sans jamais oser le demander.
07:21Alors tout le monde connaît Mathieu Bock-Côté.
07:23Les politiques veulent tous le rencontrer.
07:25Les médias veulent tous le recruter.
07:26Les journalistes veulent tous avoir son avis.
07:29Vous entrez dans un bistro avec lui, c'est suivre Madonna avec l'accent québécois.
07:32C'est-à-dire que les gens chuchotent en le regardant.
07:34Les plus courageux se lèvent pour le remercier.
07:36Les plus audacieux tentent le selfie.
07:38C'est toujours acrobatique car Mathieu Bock-Côté est grand.
07:41Il est très grand.
07:42Donc un selfie, ce n'est pas évident.
07:43Oui, c'est compliqué.
07:43Et on le repère facilement, évidemment.
07:46Alors quand il rentre quelque part, c'est une tornade.
07:48Il ne marche pas.
07:48Il bouffe le bitume, souvent en chantant, la tête haute.
07:51Le regard droit devant, la vie en ligne de mire.
07:54Et pourtant, il connaît le tragique de l'histoire.
07:55S'il a tout lu.
07:56La première fois qu'il pose le pied en France, c'est dans la capitale des Gaules.
08:01Son père, Serge Côté, lui conseille d'y rester 15 jours.
08:03Le temps de parcourir un peu ce pays qui coule dans ses veines.
08:06Il suivra son conseil, mais il ne vira pas grand-chose.
08:08Sinon, sa chambre d'hôtel.
08:10Puisque le bougre a fait l'erreur d'embarquer avec lui les origines de la France contemporaine d'hôtel.
08:14Plus de 1700 pages.
08:15Qu'il termina, la veille, de son retour au Québec.
08:18Il veut tout connaître, tout comprendre.
08:20Les mécanismes comme les raisons.
08:22Et puis il observe la France, le Québec, l'Amérique, la Russie.
08:25Il regarde le monde sans illusion et sans l'anesthésie du progressisme.
08:28Et lit encore et encore pour trouver dans cet héritage quelque chose qui vaut la peine d'être défendu, transmis
08:35et aimé.
08:36Une journée avec Mathieu Bocoté ou deux Mathieu Bocoté dure le double des nôtres.
08:40Le matin, il écrit.
08:41La journée, il empoigne les micros des radios et des télés françaises.
08:43Il tape sur la table, surtout quand c'est la période des impôts.
08:46Il cite Aron et Chuck Norris.
08:48Et le soir, il le rempile.
08:49Mais cette fois-ci, pour le Québec.
08:51Pour envoyer les jonglés chez eux.
08:52Et entre-temps, il a revu Armageddon pour la 140e fois.
08:55C'est peut-être là, ou que là, réside le mystère.
08:59Pour être malheureux, on se dit que si on est ados dans les années 90, c'est pas possible.
09:03Dans cette période de fin de siècle, tout était possible.
09:06Ça ne s'oublie pas, ça se greffe.
09:08Et puis chez Mathieu Bocoté, les idées flottent pas.
09:10Elles n'apparaissent ni au coin d'un duty-free d'un aéroport,
09:13ni dans le salon cossu d'un militant d'extrême-centre.
09:15Elles sont intimement reliées à la chair, à l'histoire, aux lieux et aux gens.
09:19Car Bocoté n'est pas un ermite.
09:20S'il fût les mondanités comme un taliban, un barbier,
09:23il refuse jamais à banquer d'amis.
09:24Il faut le voir.
09:26Toutes les femmes rêveraient que leur mari les regarde comme Mathieu regarde
09:29un plateau de fromage, une côte de veau ou une quitte sans serre,
09:32avec désir, amour et gratitude.
09:34Que c'est beau la vie, chantait Jean Ferrat.
09:36Que c'est beau la vie quand on lit le bouquin de Mathieu Bocoté.
09:40Mathieu Bocoté, quelle entrée en scène ?
09:42Merci évidemment, j'en suis très touché.
09:44Je suis très touché par cela.
09:45Un portrait rablaisien, en quelque sorte, fait par Arthur de Vatrigan.
09:48On va parler de vous, évidemment, puisque vous parlez de vous-même dans ce livre.
09:51On va revenir sur vos origines, votre parcours,
09:54votre parcours notamment au Québec, d'où vous venez.
09:57Et on en parle dans un instant avec Arthur de Vatrigan.
10:00A tout de suite sur Sud Radio.
10:02Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
10:06Avec Arthur de Vatrigan, directeur du magazine L'Incorrect.
10:10Et notre invité, Mathieu Bocoté, qui nous fait le plaisir de venir,
10:13de revenir dans ce studio et dans cette émission pour nous présenter son livre
10:17qui parle de lui-même, Le pessimiste joyeux.
10:20C'est publié chez Fayard, un livre d'entretien avec Laurent Dandrieux.
10:25Vous parlez de vous-même et vous parlez de votre parcours.
10:27Comment vous en êtes arrivé là ?
10:28Justement, c'est là que vous vouliez commencer, mon cher Arthur.
10:31Il faut toujours commencer par le début, évidemment.
10:33D'autant que le titre, Le pessimiste joyeux,
10:35qui vous sied parfaitement bien,
10:37est un titre que vous devez à votre père, Serge Coté.
10:39Et justement, quelle est la part familiale
10:41dans l'héritage de cette façon d'être au monde ?
10:45À la fois, en effet, pessimiste et joyeux.
10:47Je crois qu'elle est totale.
10:48C'est-à-dire que mon paternel n'était pas du tout un homme désespéré.
10:53Mais d'aucune manière, il avait l'existence joyeuse.
10:55En plus, il y avait 47 ans, je crois, il avait fait une crise cardiaque.
10:59Et chaque jour ensuite, ou à peu près, il s'en était tiré de belle manière.
11:03Il se réveillait en disant, je suis heureux de me réveiller vivant aujourd'hui.
11:06Donc, ça angle bien dans l'existence.
11:10Donc, d'un côté, l'existence vécue comme une grâce.
11:14Donc, une vraie joie.
11:15C'est-à-dire, le plaisir infini d'être au monde.
11:18Et au même moment, la conscience que tout ce qui existe en ce monde
11:21et auquel nous tenons est périssable, finira par disparaître.
11:24Ce qui ne veut pas dire qu'on ne doit pas s'y attacher.
11:26Ce qui ne veut pas dire qu'on ne doit pas s'engager pour cela.
11:28Mais avoir la certitude, en fait, qu'en ce monde, nous sommes à la fois poussière.
11:32Et en même temps, nous cherchons à nous immortaliser par les œuvres, par la culture et tout ça.
11:36Et le paternel était...
11:38Vous avez raison de le dire.
11:41Quand on cherche un titre avec Laurent.
11:43On cherche un titre qu'on ne trouve pas trop au début.
11:45Puis, à un moment donné, il note que je parle de mon père en disant
11:47« Le pessimiste joyeux ».
11:48Il dit que ça te représente bien quand même.
11:49On pourrait avoir ça comme titre.
11:50Et dès lors, c'est devenu le titre évident.
11:53Et puisque, entre la publication du livre et aujourd'hui,
11:57mon paternel nous a quittés.
11:59Son heure était venue.
12:00Mais c'est devenu l'occasion de rendre hommage, en fait,
12:03à quelqu'un qui avait, je crois, la bonne attitude devant l'existence.
12:06C'est-à-dire, moi, je pense que des gens comme mon père,
12:08c'est des vrais problèmes dans chaque pays,
12:09on en a 15, on en a 20.
12:10Et puis, c'est pour plaisir, des 15 ou 20 à chaque génération.
12:13Ce pays peut tenir jusqu'à la prochaine étape.
12:15Et de ce point de vue, j'aimerais être des 15 ou 20 de ma génération.
12:17Et de ce commando-là, en tout cas.
12:19Justement, votre père était professeur.
12:21Alors, comment votre père et votre mère vous ont éduqué ?
12:26On suppose, évidemment, l'amour de la France est quelque chose qui se transmet.
12:30Même si on est au Québec avec un Français qui date un peu,
12:33mais un Français quand même, c'est quelque chose qu'il faut faire vivre.
12:36Donc, je suppose que vous avez été élevé dans cette culture de la France,
12:39et cet amour de la France.
12:40Et au niveau de la culture des idées, des concepts, des théories,
12:44est-ce que vous parliez de politique en famille ?
12:46Est-ce que vous parliez d'histoire ?
12:47Oui, c'était la conversation quotidienne et courante.
12:49C'est-à-dire que la France et le Québec, au plan des références,
12:53dans la bibliothèque aussi de la maison,
12:55dans les lectures quotidiennes et les lectures hebdomadaires,
12:57se croisaient mentalement.
12:59Donc, j'ai souvenir, moi, de moments où mon père,
13:01mais je suis assez jeune quand même, je pense en 1988,
13:04mon père, je l'entends spéculer sur les chances de Raymond Barre à la présidentielle.
13:08Je me souviens, par exemple, de My Street,
13:10où on avait suivi ça ensemble passionnément.
13:13Donc, la France politique existait vraiment.
13:15La France intellectuelle aussi, on était abonnés,
13:17j'ai eu l'occasion de le dire,
13:18puis on allait chercher pour les autres,
13:19les magazines français, je dirais, de l'Obs à éléments,
13:25où on passe par le Figaro Magazine, le Point, l'Express et tout le tralala.
13:28L'incorrect n'existait pas encore, c'est pour ça.
13:30Ah là, mais bien sûr, là, ça a tout changé ensuite.
13:32On attendait encore le meilleur magazine.
13:35Et alors, donc, ça faisait partie des passions de la maison.
13:39Pour la petite histoire, mon père,
13:40qui était non seulement prof d'histoire,
13:41mais aussi, il y avait une forme de vocation d'archiviste,
13:43faisait des dossiers de tout.
13:45Donc là, dès lors qu'un sujet m'intéressait,
13:46je me souviens, par exemple, si je veux souvenir,
13:48la guerre des Malouines.
13:49Je ne sais pas si ça m'intéressait en 1993 ou 1994.
13:51Mon père avait un dossier de toutes les archives
13:53dans la presse française de l'époque
13:54sur la guerre des Malouines, la guerre des Falklands.
13:56Et il m'avait remis le dossier.
13:58Tu l'auras au jour le jour.
13:59Et vous l'avez dévoré à quel âge,
14:02ce dossier sur la guerre des Malouines ?
14:0413-14 ans, peut-être pas avant ça.
14:06Mais non, non, et donc quoi qu'il en soit,
14:08non, non, je suis...
14:09Il y a des gens qui ont une crise d'adolescence
14:11très tôt dans leur vie.
14:12Moi, je guette encore la mienne.
14:14Oui, une crise d'érudition, en quelque sorte.
14:16Et alors là, il y a la France,
14:17mais il y a aussi le Québec.
14:18Je suppose que si vous êtes indépendantiste,
14:21c'est parce que votre famille l'était également.
14:23Oui, mon père...
14:24Comment était équilibrée cette politique de la France
14:28et la politique au Québec ?
14:29Mais il n'y avait même pas besoin d'équilibre
14:31puisque c'était assez organique, en quelque sorte.
14:33Il y a un pont entre nos deux histoires
14:34qui s'appelle le 24 juillet 1967.
14:36C'est le « Vive le Québec libre » du général de Gaulle.
14:38Ça, ça a une portée immense dans l'histoire du Québec
14:40et ça a une portée immense dans l'histoire de la famille.
14:42C'est-à-dire que mon père était le 24 juillet 1967
14:44devant l'hôtel de ville de Montréal
14:45quand de Gaulle dit « Vive le Québec libre »,
14:47mon père est là.
14:48Je ne sais pas combien de fois il m'a mimé le fait
14:49« J'ai sauté deux mètres dans les airs »
14:51quand j'ai entendu ça.
14:52Il était heureux,
14:54comme tant et tant d'autres Québécois à ce moment-là.
14:56Donc, il y a un pont.
14:57Il y a cette idée, par ailleurs,
14:58la France est vue comme la mère patrie,
15:01le pays de nos ancêtres.
15:02C'est le vocabulaire qui fait partie de la maison
15:03pour parler de ça.
15:04Par ailleurs, il n'y a aucune ambiguïté
15:05sur le fait qu'on est Québécois
15:06et nous n'avons pas le Québec malheureux.
15:08Parce qu'il y a quelques fois, il y a au Québec,
15:09ce qu'on appelait souvent dans les années 30-40,
15:12des retours d'Europe.
15:13Donc, c'est un Québécois qui va passer deux mois à Paris
15:15puis il revient inconsolable à jamais
15:17que son pays ne soit pas aussi prestigieux,
15:19grand, puissant que la belle et grande France
15:21de la vieille Europe.
15:22Il y a aussi, sur le même phénomène,
15:24il y a ces Québécois qui vont faire une session
15:25d'études universitaires en France
15:27puis ils en reviennent avec l'accent français pour toujours.
15:29Nous, on a géré comme si finalement
15:32l'accent québécois était l'accent cutéreux.
15:33Nous, on n'a jamais vécu ça comme ça.
15:35L'accent québécois, c'est le nôtre, tout simplement.
15:37Il y a l'accent québécois, il y a l'accent parisien,
15:38il y a l'accent marseille, il y a tout ça.
15:40Il n'y a pas d'ambiguïté.
15:41Il y a des accents différents au Québec, je présume.
15:43Oui, oui, en Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean,
15:46à Québec, ils disent une bus.
15:48C'est très bizarre.
15:49Je trouve ça étrange.
15:51Mais ils disent non pas un poteau, mais un poteau.
15:52Quoi qu'il en soit, il n'y a pas baleine, mais baleine.
15:54Quoi qu'il en soit, les contrastes existent,
15:57les expressions régionales existent,
15:59mais le Québec se vivait pour nous
16:01comme une évidence et une évidence à parachever.
16:03C'est-à-dire la non-indépendance du Québec
16:05était vue comme une forme de scandale historique,
16:08comme quelque chose de fondamentalement inacceptable.
16:11Mon père n'était pas un militant de tempérament,
16:13mais le combat pour l'indépendance allait de soi.
16:15Puisqu'en sa matière, j'avais un tempérament
16:17un peu plus combatif que le sien,
16:19la vie militante m'a happé assez rapidement.
16:21Il se trouve qu'au Québec, on ne dit pas les indépendantistes.
16:23En général, on dit les souverainistes.
16:25C'est comme ça que ça se dit.
16:26Il y a des nuances.
16:27Les indépendantistes, très indépendantistes,
16:29qui ne veulent aucune ambiguïté, disent indépendantistes.
16:31Le mot souverainiste, c'est impondi pour dire
16:33souverainistes, indépendantistes presque pas modérés,
16:36mais plus respectables à la fin des années 60,
16:38des années 70.
16:39Un euphémisme.
16:39Oui, et séparatistes et sécessionnistes
16:42sont les gens d'Ottawa lorsqu'ils parlent des indépendantistes
16:43pour leur cracher dessus.
16:44Oui, mais est-ce que ce n'est pas aussi la raison,
16:46cette confusion des termes,
16:47qui fait que vous détestez Bruxelles,
16:49en tout cas l'Europe de Bruxelles ?
16:50Parce que souverainiste, en France,
16:51ça veut dire je n'aime pas l'Europe de Bruxelles.
16:52Oui, mais je n'aime pas l'Europe de Bruxelles non plus.
16:54Je me souviens de la défaite du nom à Maestrich.
16:59J'en étais triste.
17:00Je me souviens de la victoire du combat
17:04contre la Constitution européenne en 2005.
17:05En 1999, je m'étais passionné pour les élections européennes
17:08et la liste Philippe Séguin.
17:09De l'autre côté, la liste qui avait quitté d'ailleurs pour Sarko.
17:12Ensuite, la liste Pasqua Villiers qui était de son côté.
17:14Donc, j'ai toujours été absolument sceptique
17:15envers toutes les constructions post-nationales,
17:17quelles qu'elles soient.
17:18Donc, qu'il s'agisse de la Yougos-Navie,
17:20de l'URSS, de l'Europe de Bruxelles, du Canada,
17:23de la Tchécoslovaquie, s'il le faut.
17:25Ensuite, elles ne sont pas toutes équivalentes.
17:26Certaines sont totalitaires, d'autres non.
17:28Mais je n'ai aucune passion particulière pour les empires
17:30et encore moins pour les constructions post-nationales.
17:32Sauf que si pour vous, le Canada n'est pas une nation,
17:35c'est quoi Toronto alors ?
17:36C'est l'Angleterre ? C'est les États-Unis ?
17:37Je pense que c'est une ville nord-américaine
17:40transplantée au nord de la frontière
17:41et à cause de cela, on a l'impression que c'est New York
17:43alors que c'est Buffalo.
17:45C'est une ville d'un ennui.
17:47Mais cela dit, le Canada est une entité post-nationale.
17:51Pour moi, c'est une forme de banlieue
17:54au nord de la frontière américaine.
17:56Les Canadiens anglais ont tout fait
17:57pour nous prouver qu'ils n'existaient pas.
17:59Ils y sont parvenus à bien des égards.
18:01C'est un pays qui est devenu le laboratoire
18:03du régime diversitaire.
18:04Et c'est un pays qui, par ailleurs,
18:05tient généralement par sa volonté de mater le Québec.
18:08Donc, quoi qu'il en soit,
18:09je n'ai rien contre le Canada anglais,
18:10je n'ai rien contre les Canadiens anglais.
18:12Mais, mais, mais, mais, j'ai quelque chose
18:14contre le régime fédéral canadien.
18:16Vous avez dit que vous étiez plus militant,
18:19une culture plus militante en tout cas,
18:21ou en envie de militer plus que votre père.
18:23C'est quoi le militantisme au Québec ?
18:25C'est quoi le militantisme à l'université ?
18:27Est-ce qu'il y a l'UNEF, l'UNIS ?
18:28Est-ce qu'on fait du collage ?
18:29Est-ce qu'on joue du coup de poing ?
18:31Ça se passe comment ?
18:31Alors, on n'a pas la culture de la violence politique
18:33au Québec, pas du tout.
18:34Donc, je vous rappelle, en 92,
18:35la première fois que je m'occupe de ça,
18:37je vais passer les dépliants des tracts
18:40pour le nom, dans le cadre du référendum
18:42à Charlottetown,
18:43qui était un référendum de modification
18:44de la conscience canadienne.
18:45Et donc, j'étais très contre,
18:46parce que mon père était très contre,
18:47j'expliquais que c'est une très mauvaise chose
18:48pour le Québec,
18:49parce que mon père trouvait
18:49que c'est une très mauvaise chose
18:50pour le Québec, en 93.
18:52Donc là, ensuite, je me suis commencé
18:53à m'engager très activement
18:55aux élections fédérales,
18:56pour l'indépendance, 94,
18:57les élections qu'elle a conduits
18:58au référendum de 95.
18:59Et là, c'est vraiment
19:00un engagement véritable.
19:01Donc, je m'engage dans la campagne,
19:02je vais tous les jours
19:03au local de campagne.
19:04Alors, en Europe,
19:05vous collez des affiches,
19:06nous, on pose des pancartes.
19:08Donc là, les séances...
19:09C'est plus propre.
19:10Oui, ça s'enlève plus facilement.
19:11Alors, ce qui fait que pendant des années,
19:13la nuit qui précédait
19:14le déclenchement
19:15de la campagne électorale,
19:16j'allais poser des nuits de pancartes,
19:18et ainsi de suite.
19:18J'animais le comité indépendantiste,
19:21le comité du Parti québécois
19:22de l'Université de Montréal,
19:23donc conférence après conférence,
19:25après conférence,
19:25tract après tract après tract.
19:27J'étais très actif
19:27dans les structures du parti,
19:29dans l'aile la plus, évidemment,
19:30l'aile la plus militante décomplexée,
19:32certains diraient radicale
19:33sur le plan d'indépendance.
19:35Oui, ce qu'on appelait
19:35les purs et durs à l'époque.
19:37On nous traitait de purs et durs
19:38et on répondait à ceux
19:39qui n'étaient pas avec nous,
19:39on disait, vous êtes des impurs et mous.
19:42Mais quoi qu'il en soit,
19:43donc j'étais très actif.
19:44C'est une période, par ailleurs,
19:46le Québec post-95,
19:47où, on l'a perçu en 95,
19:49Jacques Parizeau, le premier ministre,
19:51à l'époque, a expliqué
19:51l'échec de l'indépendance
19:52par l'immigration,
19:53dans des mots qui ont été vus
19:55comme étant polémiques et durs.
19:56Il avait dit les votes ethniques.
19:57L'argent et les votes ethniques.
19:59Et là, pendant 10-12 ans,
20:00le projet indépendantiste québécois
20:01est occupé à se désidentitariser.
20:03Donc, c'est comme si on s'élèlait
20:04la souveraineté sans l'identité.
20:06Et moi, je serais de l'aile
20:07qui refuse le sacrifice de l'identité,
20:09donc très, très, très militant
20:11pour dire qu'on ne doit pas
20:11sacrifier l'identité.
20:12La souveraineté sans l'identité,
20:13ça ne veut rien dire.
20:14Donc, une bonne partie
20:15de mon engagement politique,
20:16j'entre dans le mouvement indépendantiste
20:18et dans le mouvement,
20:19donc très, au milieu des années 90,
20:20et j'entre dans l'opposition
20:21dans le mouvement.
20:26Beaucoup de gens de gauche,
20:27de gauche nationaliste,
20:27c'était plutôt identitaire,
20:30entre guillemets,
20:30et nationaliste purement civique.
20:32Donc, il y avait une dimension...
20:34Nous, on s'opposait, en fait,
20:35parce que de gauche-droite,
20:36au Québec, c'est des termes
20:37qui sont beaucoup plus confus.
20:39Mais donc, j'entre dans le mouvement,
20:41mais dans l'aile contestataire
20:42du mouvement.
20:43Puis, un jour, un jour,
20:44on était capable,
20:44parce que les circonstances
20:45nous ont donné raison,
20:46mais aussi parce qu'on a été capable,
20:47peut-être, de peser un peu
20:48sur l'opinion,
20:49de reconnecter souveraineté
20:50et identité.
20:52Arthur, justement,
20:53alors c'est intéressant,
20:53ce concept de clivage droite-gauche
20:55qui n'existe pas vraiment au Québec.
20:57Ça me fait penser
20:58aux souverainistes en France.
20:59Beaucoup disent,
21:00je veux réunir les souverainistes
21:02de gauche et de droite.
21:03Quand on est indépendantiste,
21:04alors si on enlève
21:05le clivage droite-gauche,
21:06est-ce qu'on peut être
21:07indépendantiste progressiste,
21:08indépendantiste conservateur ?
21:09Bien sûr.
21:10Il y a un parti, par exemple,
21:11Québec solidaire,
21:12qui est un parti,
21:12c'est LFI un peu,
21:13l'équivalent québécois de LFI,
21:15qui est un parti progressiste
21:17de gauche radicale,
21:19multiculturaliste
21:19et indépendantiste.
21:20Il y a le parti québécois
21:21qui est historiquement
21:22la coalition nationale.
21:23Donc là, on y trouve
21:24des conservateurs,
21:25des progressistes libéraux.
21:26C'est un parti historiquement
21:27social-démocrate,
21:28mais qui tolérait
21:28et qui acceptait
21:29son aile conservatrice.
21:30Il y a des gens aussi
21:31qui sont très à gauche
21:33ou très à droite.
21:34Ça existe en soi,
21:35mais qui sont d'abord
21:36pour l'indépendance.
21:36Donc normalement,
21:37si vous êtes pour...
21:38On se positionne d'abord
21:39sur la question nationale
21:40et ensuite sur la question sociale.
21:42Ensuite,
21:43c'est selon les circonstances.
21:44Quand vous avez un référendum
21:45dans six mois,
21:46dans un an,
21:46ça pousse à se rassembler
21:47sur la question nationale.
21:48S'il n'y a aucun référendum
21:50à l'horizon,
21:50si la question nationale,
21:52on en perd la trace,
21:54bien là,
21:54les gens commencent
21:54à jouer à gauche-droite,
21:56gauche-droite,
21:56gauche-droite.
21:57Mais dans une société
21:58où, encore une fois,
21:59on ne sait pas exactement
21:59ce que ça veut dire.
22:00C'est-à-dire, par exemple,
22:01les conservateurs fédéraux
22:04défendent une forme
22:05de patriotisme occidental
22:06au Canada.
22:07Mais au même moment,
22:08ils sont souvent
22:08anti-nationalistes québécois.
22:10Donc là, moi,
22:11il y a des constructions
22:13intellectuelles biscornues
22:14qui existent,
22:15mais au final,
22:16je pense véritablement
22:17que ce qui divise
22:18politiquement le Québec,
22:19c'est le camp du oui,
22:19le camp du non.
22:20Le camp du oui
22:20ou du non
22:21à l'indépendance du Québec
22:23comme en 1995
22:23lors du dernier référendum
22:25où le non l'avait emporté
22:26de très, très...
22:2750,4 contre 49,6.
22:29Oui, 50,6 contre 49,4,
22:31c'était grève-cœur.
22:32Oui, il ne s'est pas passé loin.
22:33Bon, ça repassera peut-être,
22:34on verra.
22:34Vous nous le direz.
22:35Peut-être.
22:36Allez, dans quelques instants,
22:37on va parler de sociologie
22:38avec vous,
22:38parce que de formation,
22:39vous êtes sociologue.
22:40Alors, vous dites
22:40que la droite et la gauche,
22:41ça ne veut pas dire
22:42grand-chose au Québec.
22:43On a quand même
22:43vaguement compris
22:44que vous étiez
22:44un sociologue,
22:45pas de gauche.
22:45En tout cas, en France,
22:46vous nous expliquerez pourquoi
22:49dans un instant.
22:49A tout de suite sur Sud Radio.
22:51Sud Radio,
22:52le choc des idées,
22:54Jean-Marie Bordry.
22:55Le choc des idées,
22:56le choc d'un parcours
22:56sur Sud Radio
22:57avec toujours
22:58Arthur de Vatrigan,
22:59évidemment,
23:00et notre invité,
23:01Mathieu Bock-Côté,
23:02qui parle de lui-même
23:03dans ce livre d'entretien
23:04Le pessimiste joyeux.
23:06C'est un livre d'entretien
23:07avec Laurent Dandrieux
23:08publié chez Fayard.
23:10On parlait de sociologues
23:12de droite il y a
23:13quelques instants.
23:13Arthur de Vatrigan,
23:14comme disait Audiard,
23:15il existe aussi
23:16des poissons volants
23:17mais ça ne constitue
23:17pas la majorité du genre.
23:19Exactement.
23:19Mais donc avant
23:20d'arriver sur cette idée
23:22étrange d'embrasser
23:23la sociologie,
23:24en tout cas étrange
23:25du point de vue français,
23:26parce que quand on voit
23:26des sociologues en France,
23:28disons que ça n'inspire
23:29pas beaucoup de confiance,
23:30de respect,
23:31mais on ne va pas dire
23:32de droite,
23:33on va dire conservateur.
23:34Comme ça,
23:34on sera plus dans
23:35des filiations de pensée.
23:37Alors, indépendantistes,
23:38on a compris à la maison,
23:39si vous n'étiez pas indépendantistes,
23:40je pense que vous
23:41vous auriez retrouvé
23:41avec la valise
23:42sur le pas de la porte.
23:43Mais conservateur,
23:44comment êtes-vous
23:45devenu conservateur ?
23:46Qu'est-ce qui vous a formé
23:47au conservatisme ?
23:49Alors, je n'ai pas eu
23:49à le devenir encore une fois,
23:50ça fait aussi partie
23:51du bagage familial.
23:52Donc, je pense que
23:53toute forme de scepticisme
23:54à propos des utopies,
23:56c'est-à-dire cette idée
23:57que la perfection sociale
23:59est impossible en ce monde,
24:01cette idée que le mal
24:02est logé dans le cœur de l'homme,
24:04cette idée que
24:04toute construction
24:06politique et sociale
24:08porte en elle
24:08la possibilité
24:09de la tyrannie,
24:10cette défense
24:11de l'effort,
24:12ce qui vient en saut
24:13de l'effort,
24:15de la liberté,
24:16de la capacité
24:16pour un homme
24:16de prendre en charge
24:17son destin
24:17tout en sachant
24:18qu'il est déterminé
24:19par un environnement,
24:20tout nous poussait
24:21à une forme
24:21de conservatisme spontané.
24:23Ensuite,
24:23il y avait la valeur
24:24de l'enracinement.
24:24Mon père était très attaché
24:27à l'enracinement national,
24:28ma mère aussi d'ailleurs.
24:30Le sens de la transmission
24:31de la culture,
24:31mon père qui était professeur,
24:32je me souviens,
24:33il était très en colère
24:35quand les psychopédagogues
24:38patentés ont commencé
24:39à chercher à s'emparer,
24:40à entrer dans des salles
24:41de classe pour leur dire
24:42comment enseigner,
24:42de quelle manière,
24:43avec tout ce qu'on appellerait
24:45ensuite le socioconstructivisme.
24:47Mon père croyait
24:48à l'enseignement classique.
24:48Donc, il y a un maître,
24:49il y a des élèves,
24:50il y a une transmission
24:50de la culture,
24:51il y a du théâtre
24:51parce que c'est une classe
24:52et on fait ce qu'on a à faire.
24:54Mon père était très réservé
24:56envers toutes les idéologies
24:58multiculturalistes.
24:59Dans les années 70,
24:59il n'était pas marxiste.
25:00Peut-être pendant trois jours,
25:01mais ça n'a jamais été certain.
25:03Mais il n'était pas marxiste
25:04du tout.
25:04Il parlait de la marxophrénie.
25:05Donc, ce qui fait que
25:06le milieu familial
25:07prédisposait à ça.
25:10Ensuite, sur le plan intellectuel,
25:11parce qu'il était présent évidemment,
25:13ça passait par des auteurs
25:14comme Aaron,
25:16comme Jouvenel,
25:17comme Raymond Ruyer,
25:18comme Edmund Burke,
25:20des écrivains comme Léon Blois,
25:22comme Balzac,
25:23comme Jean-Père Péguy.
25:26Donc, c'est une sensibilité,
25:28on pourrait dire conservatrice,
25:30sceptique à l'endroit
25:30de la modernité,
25:31mais pas réactionnaire,
25:33sympathique au principe
25:34de continuité historique,
25:35mais pas particulièrement
25:35attachée à la reproduction
25:36identique du même
25:37d'une génération à l'autre.
25:39Donc, conservatrice
25:40comme pli de l'âme
25:41avant même d'être
25:41une doctrine.
25:42Et des penseurs français
25:43en général d'ailleurs.
25:44Oui, oui, bien sûr.
25:45Julien Freune, par exemple.
25:47On avait à la maison
25:48une bonne partie
25:48des œuvres de Julien Freune.
25:50Ça faisait partie
25:50des lectures qu'il y avait de soi.
25:51Et ensuite, je pense
25:52que c'est un mode d'éducation,
25:53la pensée par l'histoire.
25:54Mon père se méfiait.
25:55Alors, mon père aimait
25:56la philosophie,
25:57mais se méfiait
25:57des philosophes
25:58et plus encore
25:59des sociologues.
26:01Il considérait
26:01que l'histoire
26:02était l'étude
26:03des circonstances,
26:04l'étude de la conjoncture,
26:05l'étude de la liberté humaine
26:06dans un contexte
26:07où la liberté
26:07n'est pas toute puissante,
26:08l'étude du singulier,
26:10l'étude de l'enracinement,
26:12de la conjoncture.
26:13Donc, tout ça fait en sorte
26:14que je pense
26:14que ça développe
26:14un sain réalisme
26:16dans l'analyse
26:16des sociétés
26:17et ce qui pousse
26:22au maître intellectuel,
26:23à un jeune
26:24qui soit veut
26:26conforter son conservatisme,
26:29soit épommé,
26:29donc vous allez l'aiguiller
26:30l'air de rien
26:31dans le conservatif.
26:32Ça serait lesquels ?
26:34Probablement Burke,
26:35d'abord,
26:36Edmund Burke,
26:36parce qu'il y a chez lui,
26:37c'est le scepticisme inaugural
26:40par rapport à la modernité.
26:41Burke est sympathique
26:42aux révolutionnaires américains
26:45et quand la révolution française arrive,
26:46il dit non,
26:47ça c'est l'utopie
26:47du grand recommencement
26:48et c'est absolument dévastateur.
26:51La traduction est magnifique,
26:52notamment la préface
26:53de Philippe Rénaud aussi,
26:53donc il y a une beauté de plume.
26:55Ensuite,
26:56je dirais par presque plaisir
26:58hypothéthène
26:59puisqu'on en a parlé,
27:00mais on ne commencera
27:01peut-être pas par thème,
27:01cela dit.
27:03On pourrait aller,
27:04et pour cultiver
27:06la sensibilité conservatrice,
27:07je dirais
27:07l'écriture du monde
27:08de François Taillandier.
27:09Un livre absolument bouleversant
27:11qui pose la question suivante,
27:12que faire lorsque le monde
27:13auquel nous tenons
27:14s'effondre ?
27:14Comment conserver le trésor
27:16qui était celui de la cité
27:17et que la cité ne défend plus ?
27:18Comment assurer
27:19la continuité d'un monde
27:20alors que les institutions
27:21ne le portent plus ?
27:22C'est un livre absolument magnifique.
27:25Bon, évidemment,
27:26tôt ou tard,
27:26je lui dirais
27:27lirez-moi Aaron,
27:27mais je ne voulais pas
27:28commencer en disant ça,
27:30mais je dirais
27:30lire les mémoires d'Aaron
27:31parce que pendant que
27:32tout le monde se gourait
27:32au XXe siècle,
27:33lui ne se gourait jamais.
27:34C'est quand même pas mal, ça.
27:36Il n'embrassait jamais
27:37les utopies toxiques
27:38qui finissent par vous rendre fous.
27:40Je le pousserai un jour
27:41probablement à lire
27:43Anna Arendt,
27:44quoi qu'on en dise,
27:45parce qu'Anna Arendt
27:46est un peu exaspérante
27:47quand elle parle de la politique
27:48au quotidien,
27:49mais il y a chez elle
27:49un sens de la finitude du monde,
27:51c'est-à-dire le monde
27:51fondamentalement ne sera jamais
27:53utopie technocratique
27:54rationalisée.
27:54Je le conduirai inévitablement
27:56parce que je le connais
27:56et c'est un ami
27:57et je l'inviterai même
27:58à déjeuner avec lui,
28:00avec Alain Finkielkraut,
28:01qui nous a quand même appris,
28:02il y a une formule,
28:04je dois beaucoup à Fink,
28:06il y a notamment cette phrase
28:07« on ne le pense pas
28:08par soi-même de soi-même ».
28:09Donc, il faut faire
28:09le détour par les œuvres
28:11nous permet de nous élever.
28:13Donc, il y en aurait
28:14quelques-uns finalement.
28:15– Alors, comment vous faites
28:16pour devenir conservateur
28:17en lisant des auteurs français,
28:19en débarquant en France
28:20une bonne partie de votre vie ?
28:21Dans ce pays où vous avez
28:22des marxistes,
28:23des gaullistes,
28:24des socialistes,
28:25des nationalistes,
28:26des identitaires,
28:27mais finalement,
28:27un courant conservateur,
28:28ça, il n'y en a quasiment
28:29jamais eu de solide en France.
28:30– Alors, je ne suis pas d'accord.
28:31Je pense que le courant conservateur…
28:32– À part Arthur de Vatrigan, pardon.
28:33– Ah ben, qu'il l'incarpe
28:33de belle manière.
28:34– Non, je ne suis pas conservateur.
28:35– Même pas.
28:35– Je suis actionnaire.
28:37– Non, je pense que le courant conservateur
28:38existe,
28:38il ne porte simplement pas ce nom.
28:40C'est-à-dire,
28:41prenez le cas de Châteaubriand,
28:43c'est une sensibilité conservatrice.
28:44Prenez le général de Gaulle,
28:45c'est une sensibilité conservatrice.
28:48Prenez Aron,
28:49c'est un libéral conservateur.
28:50Prenez de Jouvenel,
28:51après 45.
28:52Avant, c'est plus compliqué
28:52de Jouvenel.
28:53Mais après 45,
28:54c'est un scepticisme,
28:55c'est un libéralisme sceptique
28:57presque traditionnel.
28:58Prenez aujourd'hui
29:01Pierre Manon.
29:02Il y a chez lui
29:02une dimension conservatrice forte.
29:04– Mais politiquement,
29:05vous avez qui ?
29:06Sur la ligne de départ,
29:07on a 45 ou 72,
29:08même peut-être candidats
29:09à la présidentielle potentielle.
29:11Il n'y a pas un conservateur
29:12dans le lot ?
29:13– Non, je ne suis pas d'accord.
29:14Je pense que, par exemple,
29:15un Retailleau,
29:16un Lysnard,
29:18un Bardella,
29:19quoi qu'on en dise.
29:20Le Pen, c'est plus compliqué,
29:21mais bon,
29:21il est dans ce camp-là.
29:24Je perds son nom.
29:26Laurent Wauquiez,
29:27qui n'est pas candidat,
29:28mais on verra bien.
29:29Ces gens-là appartiennent
29:31à ce qu'on appellera
29:31la grande famille
29:32du conservatisme occidental.
29:34Quand vous regardez
29:34Sarah Knaffo,
29:35Marion Maréchal,
29:36Éric Zemmour,
29:37tous ces gens-là,
29:38malgré les divergences
29:39de doctrine,
29:40les divergences d'imaginaire,
29:42participent au camp
29:42de la continuité historique,
29:44de la défense des libertés,
29:45de la défense de l'identité,
29:46de la défense de la souveraineté.
29:47Donc, ensuite,
29:48il y a une originalité française
29:49qui fait qu'on pense
29:50que le conservatisme,
29:51c'est une version radicalisée
29:52de Christine Boutin.
29:53Bon, mais c'est
29:54une originalité française.
29:57Prenez Chantal Delsol,
29:58par exemple,
29:58c'est une philosophe conservatrice
29:59absolument remarquable.
30:00Mais tous ces gens,
30:01je crois,
30:02mais je dis ça,
30:02c'est l'avantage,
30:03vu de loin,
30:04appartiennent,
30:04à mon avis,
30:05à la même grande famille
30:07avec ses infinies
30:08querelles de famille.
30:09Et qui ne se revendiquent pas
30:10conservateurs
30:11puisque c'est mal vu en France.
30:12Parce que l'étiquette,
30:13en France,
30:14conservateur veut dire
30:15poussiéreux,
30:16c'est le musée.
30:17Anglais.
30:18Ce qui n'est pas forcément
30:19un compliment, d'ailleurs.
30:20Je suis d'accord.
30:21Mais vous noterez,
30:21cela dit,
30:21même aux États-Unis,
30:22aujourd'hui,
30:23il y a un scepticisme
30:23à l'endroit du terme conservatisme.
30:25On redécouvre
30:26the right, la droite.
30:27Mais plutôt que le conservatisme,
30:30comme s'il avait fait,
30:31comme c'était un mouvement
30:31lié à William Buckley,
30:32dans les années 50
30:33à Russell Kirk
30:34et qui aurait fait faillite
30:35et il faudrait trouver autre chose.
30:36Arthur ?
30:36Ce qui est intéressant,
30:37c'est qu'on voit aussi,
30:38on cite les intellectuels,
30:39les politiques,
30:39mais il faut regarder
30:40les écrivains.
30:41Les écrivains français.
30:43L'écrivain français vivant
30:44le plus connu
30:45s'appelle Houellebecq.
30:46L'écrivain français
30:47qui vont le plus
30:47s'appelle Tesson.
30:48Je ne crois pas
30:49qu'il soit progressiste.
30:50Mais justement,
30:50ça m'amène à cette question.
30:51Vous citez beaucoup
30:52d'intellectuels
30:52et pourtant,
30:53dans vos chroniques,
30:54dans vos revues,
30:54vous citiez également
30:55deux romanciers.
30:56Le premier s'appelle
30:57Jean Raspail,
30:58le deuxième s'appelle Tolkien.
30:59Qu'est-ce que vous en importez
31:00et Tolkien et Raspail ?
31:02Alors,
31:02chez Tolkien,
31:03il y a...
31:04Bon,
31:04qu'on s'en met Raspail.
31:06Raspail pose la question,
31:07c'est l'éthique
31:08de la droiture
31:09dans le désespoir.
31:10C'est-à-dire,
31:11le monde auquel nous tenons
31:12s'est effondré
31:12et pourtant,
31:13nous lui survivons.
31:14Dès lors,
31:14que faire pour ne pas
31:15s'avachir,
31:16pour ne pas s'amolir ?
31:17Quel est le sens
31:18de la liberté humaine
31:18dans un monde en déshérence ?
31:20Il y a chez lui...
31:21Et il y a aussi cette idée
31:22que tant qu'un homme
31:23tiendra à une tradition
31:24et qu'il la transmettra
31:25d'une génération à l'autre,
31:26elle vivra et pourra renaître.
31:28Il y a chez...
31:28Il y a une beauté de plume
31:29absolument exceptionnelle.
31:31Il y a une forme
31:32de romantisme désespéré
31:33mais joyeux
31:34chez Raspail.
31:36Chez Tolkien,
31:37c'est autre chose.
31:38C'est l'imaginaire de la comté.
31:39C'est-à-dire,
31:40moi,
31:40ça me frappe.
31:41Théoriquement,
31:42je ne devrais pas
31:42m'identifier au Hobbit,
31:43mais c'est comme ça.
31:45C'est-à-dire,
31:45voilà des gens
31:45qui vivent tranquilles
31:46chez eux.
31:47Et là,
31:47ils préféraient
31:48qu'on ne les dérange pas.
31:50Ils font la fête entre eux.
31:51Et là,
31:51l'histoire vient
31:52s'emparer de leur vie.
31:54Et là,
31:54on dit un instant,
31:55vous devez vous lier
31:56avec d'autres hommes,
31:57avec d'autres groupes
31:58pour aller combattre
31:59un mal immense.
32:00Et ensuite,
32:00vous pourrez retourner chez vous
32:01reprendre de la bière.
32:04Et donc,
32:04je trouve qu'il y a...
32:05Et il y a par ailleurs
32:05la figure du roi
32:06qui est intéressante
32:06chez Tolkien.
32:07C'est-à-dire,
32:08les hommes qui peuvent
32:09se tenir ensemble
32:09sous une souveraineté bienveillante
32:11mais inévitablement,
32:12à terme,
32:13ils seront appelés
32:14à se décomposer,
32:16à se recomposer.
32:17Mais je pense que
32:18chez Tolkien,
32:19il y a...
32:19C'est la part du récit,
32:21c'est la mythologie
32:22propre au conservatisme
32:23ou à la droite,
32:23en guillemets.
32:24La gauche,
32:24une mythologie utopique.
32:25La droite,
32:26une mythologie du dernier carré.
32:27Normalement,
32:28une mythologie
32:28des grandes défaites,
32:29les défaites fondatrices
32:30et héroïques.
32:31Vous aimez beaucoup,
32:32Arthur.
32:32Chez Tolkien,
32:34il y a plutôt
32:35cette idée
32:36de le mythe fécond
32:38qui n'est pas celui
32:39du dernier carré
32:40ou de la défaite héroïque.
32:41Alors,
32:41ce qui est intéressant,
32:42c'est que vous citez
32:42des philosophes,
32:43des romanciers
32:44et vous êtes devenu sociologue.
32:46Oui.
32:46Quelle étrange idée.
32:48Alors,
32:491999,
32:50j'entre en philo
32:50à l'Université de Montréal
32:51et la philo me passionne
32:53avant d'entrer en philo.
32:54Mais la philo,
32:55telle qu'elle est devenue
32:56est tout à fait déçue.
32:58C'est comme,
32:58d'une certaine manière,
32:59si je croyais entrer au PS
33:01et que je pensais rencontrer
33:02un mélange de Léon Blum
33:03et de Mitterrand
33:03et je ne découvre
33:04qu'Olivier Fort.
33:06Ça donne envie
33:07de changer de partie.
33:08Donc,
33:08quoi qu'il en soit,
33:09je commence ma philo
33:11avec une certaine idée
33:12de ce qu'elle doit être.
33:13Mais la philo politique,
33:15l'épistémologie
33:15des sciences sociales,
33:16la philo de l'histoire,
33:16ce qui m'intéresse en fait
33:17est confisqué
33:18par la philosophie
33:20analytique anglo-américaine
33:21ou les philosophies politiques
33:22à la John Rawls
33:23et ainsi de suite
33:23qui sont pour moi
33:24d'un ennui exceptionnel.
33:26Donc,
33:26je ferme ma philo,
33:27mon bac,
33:28vous direz la licence ici.
33:29Je commence une maîtrise
33:30mais là,
33:30je n'en peux plus.
33:31Je veux travailler
33:32pour la maîtrise,
33:34le master,
33:34je veux travailler
33:34sur le Québec.
33:36Et là,
33:36il y a un homme
33:37pour qui je beaucoup d'estime
33:38que je mentionne dans le livre
33:42qui a travaillé sur ces sujets-là.
33:43Il vient de publier
33:44un livre très important
33:44« L'histoire entre autres
33:45la mauvaise conscience
33:46des souverainistes québécois »
33:48dans une autre université
33:49qui ferait passer
33:50Nanterre ou Tolbiac
33:51pour des facs d'extrême droite.
33:52Et donc,
33:53c'est l'UQAM
33:53et je vais le rencontrer
33:54et il accepte
33:55de me prendre sous sa direction.
33:56Donc,
33:56je vais faire mon master,
33:58ma maîtrise et mon doctorat,
33:59mon PhD
34:00avec lui en socio.
34:01Et la socio,
34:01c'était une manière pour moi
34:02de faire de la philo,
34:03de l'histoire,
34:04de la science politique
34:05et de la socio
34:05tout à la fois.
34:06Et donc,
34:07j'ai une conception
34:07assez personnelle
34:08de ce qu'est la socio.
34:09Par ailleurs,
34:10il y a quand même
34:10une grande tradition sociologique
34:11qui,
34:12toute la première moitié
34:13du XXe siècle,
34:14je pense à Pareto,
34:15à Weber,
34:16à Mosca,
34:17Roberto Michel,
34:18tant qui étudiaient
34:19le pouvoir,
34:20les mécanismes
34:20de la reproduction sociale,
34:22la circulation des élites,
34:23bien avant que la sociologie
34:24devienne l'expression...
34:27Bourdieu.
34:27Oui, Bourdieu,
34:28le langage,
34:29la prétention scientifique
34:30de marxisme adolescent.
34:31Allez,
34:32restez avec nous,
34:32on va se retrouver
34:32dans un instant.
34:33Mathieu Bock-Côté,
34:34je rappelle votre livre
34:35Le Pessimiste Joyeux.
34:37C'est publié chez Fayard.
34:38On est toujours
34:39avec Arthur Devatrigan.
34:40On se retrouve dans un instant.
34:42On va parler de la France
34:43et du Québec.
34:44Essayer de traverser
34:44l'Atlantique dans les deux sens
34:45pour voir ce qu'on en garde
34:46à chaque fois.
34:47A tout de suite
34:48sur Sud Radio.
34:49Sud Radio,
34:50le choc des idées,
34:52Jean-Marie Bordry.
34:53Nous sommes avec
34:54Arthur Devatrigan
34:54et notre invité,
34:55Mathieu Bock-Côté,
34:57pour son livre
34:58Le Pessimiste Joyeux.
34:59C'est de lui qu'il parle.
35:00Avec ce titre,
35:01c'est publié chez Fayard.
35:03Entre la France et le Québec,
35:04Arthur Devatrigan,
35:05en quelque sorte.
35:06Exactement.
35:07Entre la France et le Québec,
35:08il y a eu un point commun,
35:10c'est qu'on a tous vécu
35:11la période du Covid.
35:12Et pendant la période du Covid,
35:14ce n'est pas un bon souvenir
35:14pour Mathieu Bock-Côté
35:16puisqu'il a eu
35:16un gros pépin de santé,
35:17assez grave,
35:18et il s'en est sorti.
35:20Il y a eu deux transformations
35:21à la suite
35:22de ce pépin de santé.
35:23La première,
35:24c'est une sorte
35:25de reconversion.
35:26Vous avez fait
35:27votre communion,
35:28puis votre confirmation.
35:29Et puis,
35:30une autre transformation,
35:31cette fois-ci,
35:31esthétique.
35:32vous avez abandonné
35:33les chemises
35:35bûcheron,
35:35on va dire,
35:36pour le costume sur mesure.
35:38Oui.
35:39Dans l'ordre.
35:41Vous avez raison,
35:42la maladie en question
35:43n'est pas liée au Covid.
35:43C'est juste avant d'ailleurs.
35:45Le problème de santé
35:46est assez sérieux
35:47et je perds
35:48beaucoup de poids ensuite.
35:50J'ai passé ma vie
35:52à prendre beaucoup de poids
35:53et en reprendre
35:55plus souvent qu'en reprendre.
35:56Mais quoi qu'il en soit,
35:57j'arrive à ce moment,
35:58en sept,
35:58le problème de santé,
36:00c'est le 3 janvier 2020.
36:01Quelque part en août
36:03ou septembre 2020,
36:04je me dis,
36:04je n'ai plus rien à me mettre.
36:05C'est absolument,
36:06c'est terrible.
36:06Je n'ai que des parachutes
36:08dans mon garde-robe.
36:10Donc là,
36:10je me dis,
36:10il est temps de s'habiller
36:11comme un adulte.
36:13Donc,
36:13qu'est-ce qui se passe ?
36:14Je vais chez un tailleur
36:15à Montréal
36:15et je me dis,
36:16je veux moi avoir un costume.
36:17Et soudainement,
36:19j'aime bien ça.
36:20Donc,
36:20j'y retourne assez rapidement
36:21et assez rapidement
36:22et assez rapidement.
36:23Et d'une certaine manière,
36:24comme disait dans Wensworld,
36:25et encore et encore
36:26et encore,
36:27tu vois,
36:27c'est exponentiel.
36:28Donc,
36:29c'est le plaisir immense
36:31de se construire
36:31dans une garde-robe
36:32et ensuite,
36:32tout simplement,
36:33puisqu'on se présente,
36:34je constate,
36:35et c'est vrai,
36:35notre ami Hugo Jacomel
36:36l'a souvent dit,
36:37la manière dont on se présente
36:38au monde n'est pas la même
36:39si on se présente
36:40avec un t-shirt
36:40un peu dégueulasse
36:41ou si on se présente
36:43correctement vêtu
36:44dans la cité.
36:46Je pense qu'il y a
36:46une forme d'esthétique
36:47conservatrice
36:47qui vient avec ça aussi.
36:49Il y a le fait
36:49qu'on se tient plus droit
36:50avec un costume
36:51et une cravate
36:51que si on n'en a pas.
36:52Tout le monde,
36:52moi,
36:52je parle pour moi.
36:54Et par ailleurs,
36:55si on a tendance
36:55à prendre,
36:56reprendre,
36:56reprendre du poids un peu,
36:57bien s'habiller
36:58permet de faire oublier.
36:59En fait,
36:59on ne voit pas d'abord
37:00et avant tout
37:00le fait qu'on a
37:01un côté sphérique
37:02et jupitérien
37:03sur le mode
37:03je suis la boule de bowling
37:05qui va tous vous faire tomber.
37:06Le costume permet quelquefois
37:09de transcender esthétiquement
37:10les plaisirs de table.
37:11C'est comme ça
37:12que le bûcheron
37:12est devenu dandy
37:13en quelque sorte.
37:14Je ne prétendrai jamais
37:15être dandy d'aucune manière
37:16parce que des dandy,
37:16j'en connais,
37:16ce sont des gens tout à fait
37:23parce qu'on parlait
37:24des expressions québécoises.
37:27Si vous avez un Québécois
37:28qui parle avec
37:29une liturgie catholique,
37:30méfiez-vous,
37:31c'est généralement
37:31que des insultes.
37:32Oui, très juste.
37:33C'est un bernac,
37:35c'est un calice,
37:36tout ça, voilà.
37:36On peut dire
37:37la formule est la suivante.
37:38Si je vous dis
37:39mon calice,
37:39si tu ne décalises pas,
37:40je vais t'en calicer une.
37:41Ça veut dire
37:42putain de connard,
37:42si tu ne décalmes pas,
37:43je te pète la gueule.
37:44Mais il faut savoir.
37:45Ça surprend.
37:46Effectivement, ça surprend.
37:47Et donc, on voit
37:48qu'il y a un lien
37:49entre le Québec
37:53particulier.
37:54En tout cas,
37:55le poil d'histoire
37:55est important.
37:57Et vous,
37:57en même temps
37:58que vous changez
37:58de garde-robe,
37:59vous êtes réintéressé
38:02à l'anon,
38:03on va dire.
38:03Ça m'a toujours passionné,
38:04mais je ne savais pas
38:05comment faire.
38:06Je me promenais
38:06autour de l'église,
38:07je m'en rapprochais
38:09et dès lors que j'y entrais,
38:10j'avais envie de la fuir.
38:11Parce que je croyais
38:12à la rencontre
38:13de la religion catholique
38:14et je tombais
38:15sur une ONG humanitaire
38:18qui était sur le mode,
38:19je ne sais pas trop,
38:21presque une forme
38:22de pré-pap François
38:23radicalisé.
38:24Donc, ça m'énervait
38:25beaucoup.
38:26Et ensuite,
38:27la question religieuse,
38:28dans mon expression
38:29la plus fondamentale,
38:31métaphysique,
38:31c'est-à-dire à quoi
38:32je crois
38:33à la dernière instance.
38:33Ça m'a toujours
38:34vraiment passionné,
38:35cela dit intellectuellement,
38:36je tournais autour de ça.
38:38Problème de santé,
38:39la question se pose
38:40pendant quelques semaines
38:41quand même,
38:42est-ce que je serai encore
38:43en ce monde
38:43dans quelques mois,
38:45en quelques années.
38:46C'est ça le tournant.
38:47Ah ben ça aide quand même,
38:48c'est-à-dire si on se dit,
38:49il se pourrait que je crève
38:49l'an prochain,
38:50on se disait
38:51à quoi je crois finalement.
38:54Alors moi,
38:54n'ayant pas
38:56la foi du charbonnier,
38:57c'est-à-dire rien
38:58n'étant évident
38:58en la matière,
38:59à un moment donné,
39:00il faut simplement
39:00une part de décision,
39:01je crois,
39:01qui n'est pas que
39:02du pur volontarisme,
39:04c'est comment je tranche
39:05cette question
39:05avec la part de doute
39:07qui est illévitable.
39:08Et donc,
39:08j'ai été voir à Montréal
39:09un prêtre
39:10qui s'appelle Robert Gendreau,
39:11un homme absolument remarquable,
39:13et je lui dis
39:13à peu près la situation suivante,
39:14mon père,
39:15je préfère douter
39:15dans l'Église,
39:16ce corps de l'Église,
39:17est-ce que ça vous convient ?
39:18Puis il me dit
39:18ça me convient très bien,
39:20le reste du chemin
39:20on le fera ensemble.
39:23Embarqué.
39:23Voilà,
39:24et ensuite,
39:24je conserve le même,
39:25j'ai un rapport
39:26assez trouble à tout ça,
39:27c'est-à-dire,
39:28je n'ai pas la foi
39:30du charbonnier,
39:32la position molle
39:33de l'agnosticisme sceptique
39:35m'exaspère un peu,
39:35le fameux
39:36est-ce que vous croyez ?
39:37J'aimerais.
39:38On me tape un peu
39:39sur les nerfs.
39:40Donc au final,
39:41cela dit,
39:43il y a quelque chose,
39:44j'ai décidé
39:45d'escrire mes doutes
39:46dans cet environnement,
39:48pour le meilleur
39:49et pour le pire.
39:50Il y a des périodes
39:50où ça m'exaspère.
39:52De temps en temps,
39:53je vois les chrétiens
39:53comme les aurait vus
39:54probablement un romain
39:55qui voit les premiers chrétiens
39:56arriver à Rome
39:57et de temps en temps,
39:59j'ai la tentation
40:00de m'agenouiller devant la croix.
40:01C'est variable.
40:02Ça fait quelque chose
40:03comme une forme
40:03de religion personnelle.
40:05Et là où vous n'avez
40:05pas de rapport trouble,
40:07en revanche,
40:07c'est sur les banquets.
40:08Ça prend une part importante
40:10de votre livre,
40:11la culture du banquet,
40:12qui est une culture,
40:13c'est ça qui est intéressant,
40:14qui est très française.
40:16Au Québec,
40:17on n'invite pas
40:18les gens chez soi.
40:19On les invite,
40:20mais pas de la même manière.
40:21C'est-à-dire que
40:21les gens se reçoivent.
40:22Mais je donne cet exemple-là
40:24parce que c'est un exemple
40:24que j'ai vécu.
40:25Je m'en souviens encore.
40:26Au Québec,
40:27si vous dites
40:27que tu rencontres quelqu'un,
40:29tu viendras manger à la maison.
40:30Ça veut dire que tu viendras
40:31dans le prochain siècle,
40:32globalement.
40:33Ce n'est pas une invitation
40:33qui tient pendant 5 jours,
40:34dans 6 jours,
40:35dans 8 jours,
40:35dans 2 semaines.
40:37Ensuite,
40:37les gens se reçoivent.
40:38Mais ça prend du temps
40:39avant que ce type de lien
40:40se crée.
40:41J'arrive en France
40:42et plusieurs personnes
40:43me disent
40:44que tu viendras
40:45dîner à la maison.
40:45Oui, bien sûr.
40:46Je me rends compte
40:47que c'était sérieux.
40:49C'est bizarre, ça.
40:50Je vais probablement
40:51insulter les gens.
40:52Je refusais leurs invitations
40:53sans savoir
40:53que je vais refuser.
40:55Quoi qu'il en soit,
40:56la culture du banquet,
40:57je l'avais construite
40:58à ma manière à Montréal
40:58dans un environnement
40:59très personnel.
41:00Mais en France,
41:01elle est constitutive
41:02de votre identité.
41:03C'est assez fascinant.
41:05Il y a quand même
41:06quelque chose de beau
41:06dans le banquet.
41:07C'est-à-dire,
41:07c'est la vie qui déborde.
41:08C'est la conversation
41:10qui déborde.
41:10C'est l'insouciance.
41:12Oui, c'est la part
41:13de théâtre au quotidien.
41:14C'est une forme
41:15de théâtre non fin
41:16au quotidien.
41:17C'est la joie de l'amitié.
41:19C'est la joie
41:19du verre de plus.
41:20C'est la joie
41:21de ce qui déborde.
41:22Donc ça, je trouve
41:22qu'il y a quelque chose
41:23de l'anti-guindé
41:25par excellence.
41:26C'est la possibilité
41:27quelquefois
41:27de chanter des chants
41:29amusants.
41:30Des chansons
41:31de Patrick Sébastien,
41:32par exemple,
41:32ou ce genre de choses.
41:33Entre autres choses.
41:34Donc, quoi qu'il en soit,
41:35on peut chanter
41:36au 31 du mois d'août
41:37et faire choquer
41:38les députés centristes.
41:40Donc, quoi qu'il en soit,
41:41il y a quelque chose
41:42de beau dans la culture
41:43du banquet.
41:44C'est le contraire
41:45de l'existence normalisée,
41:47aseptisée,
41:48véganisée,
41:49puritaine
41:49de nos temps présents
41:50où on craint terriblement
41:52ce qui sortirait des cases.
41:54Et dès lors,
41:54la France a la culture
41:55du banquet.
41:55Et je tiens à dire,
41:56par ailleurs,
41:56qu'il y a plusieurs
41:57excellentes tables
41:58dans ce pays,
41:58mais il n'y a nulle maison
41:59où il est mieux
42:00d'être reçu
42:00que chère Arthur de Batrigan,
42:01qui a quand même
42:02le sens de la fête
42:02et du banquet.
42:06L'on dit merde
42:07à un moment
42:07au roi d'Angleterre.
42:08Qui nous a déclaré la guerre.
42:09Exactement.
42:10C'est pour ça qu'elle vous plaît.
42:11Arthur ?
42:11Et qui réunit toute la France.
42:13Évidemment.
42:13Alors, si,
42:14pour le coup,
42:14s'il y a des points,
42:16le banquet n'a pas
42:17la même culture
42:17en France et au Québec,
42:18pour vous,
42:19le point commun,
42:20c'est que vous voyez
42:20la même destinée.
42:22Là, on revient au tragique,
42:23on quitte le joyeux,
42:25on revient au pessimiste.
42:26Vous voyez la même destinée
42:28pour le Québec
42:29et pour la France ?
42:30Nous sommes sortés
42:30par les mêmes périls,
42:31c'est-à-dire
42:32la possibilité
42:38L'immigration massive
42:39en elle-même
42:39est un problème.
42:40L'immigration massive
42:41dans un contexte
42:41où il y a un affaiblissement
42:42identitaire de soi,
42:43on doute de soi.
42:44L'immigration massive
42:45dans un contexte
42:45où on n'a pas
42:45la pleine souveraineté
42:46pour assimiler.
42:47L'immigration massive
42:48qui fait en sorte
42:48qu'on risque de devenir
42:49tôt ou tard
42:50des étrangers
42:51en son propre pays.
42:52Ça, je pense que
42:53le Québec et la France
42:54partagent cette même inquiétude.
42:56Finkielkraut écrit
42:57dans l'Igratitude
42:57en 1999,
42:59un livre d'entretien
42:59avec Antoine Robitaille,
43:00un journaliste québécois.
43:02Il dit
43:02« Nous sommes tous
43:03des Québécois aujourd'hui. »
43:04Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?
43:05Les Québécois,
43:06c'est une petite nation
43:07consciente de la possibilité
43:08de disparaître.
43:08La France, quant à elle,
43:09se croit venue du fond des âges
43:11et promise à l'éternité,
43:12souvent.
43:12C'est l'avantage
43:13d'avoir la bombe atomique.
43:15Mais quand vous retrouvez,
43:17donc quand vous voulez,
43:17la France se découvre
43:19fragile,
43:20je ne dirais pas
43:20comme la Pologne
43:21mais pas loin,
43:21qu'elle constate
43:22qu'elle pourrait disparaître,
43:24eh bien je pense
43:25que la France devient,
43:27retrouve une forme
43:27de vocation internationale
43:28inattendue.
43:29Elle est à la tête
43:30de l'international
43:31des petites nations.
43:32Les nations qui ne se veulent
43:33pas en pire,
43:34qui savent qu'elles peuvent
43:34disparaître mais qui ont
43:35la conscience de leur finitude
43:37et la nécessité de transmettre
43:38d'une génération à l'autre
43:39un trésor,
43:39un héritage qui mérite
43:40de survivre.
43:42Pardonnez-moi cette dernière question,
43:43Mathieu Bocoté,
43:44mais aujourd'hui,
43:44lorsque vous sortez dans la rue
43:45et que vous parlez de la Nouvelle-France,
43:47tout le monde pense à Mélenchon.
43:48Alors que pendant des siècles,
43:49la Nouvelle-France
43:50c'était le premier nom du Québec.
43:51En tout cas,
43:51ce qui est devenu le Québec,
43:52ça vous fait quoi
43:52que ce soit passé de l'un à l'autre ?
43:53Alors,
44:01je trouve ça très mal.
44:02Donc quoi que c'est,
44:02comme si on portait
44:03le chemise de bûcheron
44:04simplement pour me shipper
44:05mon identité.
44:06Ha ha !
44:06Donc quoi qu'il en soit,
44:07je trouve que c'est complètement débile
44:07de dire qu'ils trouvent
44:08un autre nom pour leur truc.
44:10Mais la Nouvelle-France,
44:11c'est nous.
44:11C'est comme dirait Mélenchon,
44:12la République, c'est moi,
44:13mais la Nouvelle-France,
44:14c'est nous.
44:14Et la Nouvelle-France
44:16n'a pas vocation
44:17à devenir ensuite
44:17un mythe recyclé
44:18au service du culte diversitaire
44:20révolutionnaire
44:20de M. Mélenchon.
44:21Eh bien,
44:21ce sera votre mot de la fin.
44:22En tout cas,
44:23merci Mathieu Boccoté
44:24d'être venu sur Sud Radio,
44:26revenu même sur Sud Radio.
44:27On vous recommande ce livre
44:28si vous voulez,
44:29à la fois vous cultiver
44:30et vous amuser,
44:31voire vous attendrir.
44:32Le pessimiste joyeux,
44:33c'est un livre d'entretien
44:34entre Mathieu Boccoté
44:35et Laurent Dandrieux.
44:37C'est publié chez Fayard.
44:38A très bientôt sur Sud Radio.
44:40Merci Arthur Devatrigan.
44:41Merci à vous.
44:41Je vous dis à dimanche prochain
44:43en compagnie de Stéphane Simon.
44:45Je crois que vous parlerez
44:45de la justice normalement.
44:47Et je vous souhaite
44:47une très bonne journée.
44:48Un bon dimanche
44:49à l'écoute de Sud Radio.
44:51Quant à moi,
44:51je vous laisse entre les mains
44:52de Laurent Permas.
44:53Vous le retrouverez juste
44:54après les informations de midi.
44:55Pour la vie devant nous,
44:56on va vous donner envie de vieillir.
44:58Vous allez voir,
44:58ça va bien se passer.
44:59Bonne journée.
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