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  • il y a 3 semaines
Le choc des idées avec Pierre Valentin
, auteur de l'ouvrage 'Malaise dans la génération Z'

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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-07-05##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Bienvenue à tous sur Sud Radio dans votre rendez-vous du dimanche.
00:07Le choc des idées dans lequel nous recevons des invités qui n'ont pas peur de déranger par leurs constats,
00:12leurs idées, leurs thèses.
00:13C'est le cas de notre invité qui a produit un livre fort passionnant sur la génération Z.
00:19On va en parler dans un instant.
00:20Pour m'accompagner ce dimanche, Stéphane Simon, presque un retenant, un revenant plutôt.
00:25Bonjour mon cher Stéphane.
00:26Bonjour.
00:26Et merci d'être parmi nous.
00:29On embrasse très fort Arthur de Vatrigan qui ne manquera pas de faire son retour dans cette émission.
00:34Notre invité de ce jour s'appelle Pierre Valentin.
00:36Bienvenue à vous.
00:37Bonjour.
00:37Vous publiez chez Gallimard ce livre « Malaise dans la génération Z ».
00:43Pourquoi cette génération ne va pas bien ?
00:45Pourquoi doute-t-elle plus que les autres ?
00:48Quels sont ses problèmes à elle qui n'étaient pas ceux des générations précédentes ?
00:52Vous nous expliquerez pourquoi cette génération souvent est malade.
00:55Pourquoi elle a tendance aussi à pathologiser à peu près tout ce qui lui arrive ?
01:01J'essaie de le faire avec des néologismes.
01:03On va en parler dans quelques instants.
01:04Mais avant ça, une autre pathologie qui est très contagieuse en ce moment,
01:08c'est l'obsession planétaire pour le football.
01:12Ce qui a permis à Stéphane Simon, qui n'est pourtant pas chroniqueur sportif,
01:15de nous proposer une carte blanche sur la géopolitique et le football, Stéphane.
01:19Absolument.
01:20Vous le savez, la planète entière mange, respire, vit football en ce moment.
01:24Les drapeaux sont aux fenêtres, les terrasses débordent,
01:27les conversations de machines à café ne tournent plus qu'autour des tactiques de jeu et des pronostics.
01:32On aime alors souvent lier la réussite sportive à la puissance économique d'une nation.
01:37On s'imagine que des pays les plus riches, dotés des infrastructures les plus modernes,
01:42des budgets les plus colossaux, sont naturellement promis au sommet du podium.
01:46Eh bien, pas du tout. Si vous êtes un observateur attentif,
01:49vous allez vous rendre compte que les parallèles entre la santé économique d'un pays
01:53et son efficacité sur le terrain sont beaucoup plus étonnants qu'il n'y paraît.
01:58Et c'est là tout le paradoxe.
02:00Statistiquement, quand un pays traverse une crise profonde,
02:03que son moral ou ses finances sont au plus bas,
02:06il a de très fortes chances de faire des étincelles au football.
02:11Regardons d'abord ce qui se passe tout en haut de l'échiquier mondial.
02:14Prenez les deux superpuissances incontestées de notre époque,
02:17les Etats-Unis et la Chine.
02:20Économiquement, militairement, technologiquement, ils dominent le monde.
02:23Et sur le gazon, c'est plus compliqué.
02:25Les Etats-Unis, malgré l'accueil du tournoi, des moyens financiers illimités,
02:30alignent une équipe somme toute modeste.
02:33Quant à la Chine, c'est encore plus flagrant.
02:35Malgré les milliards injectés par Pékin ces dernières années
02:38pour tenter de créer une superpuissance du ballon rond,
02:41et bien la Chine n'a même pas réussi à se qualifier pour ce mondial,
02:44écarté de la compétition par l'Indonésie.
02:47A l'inverse, regardez son voisin, le Japon.
02:50Englué dans une stagnation économique chronique,
02:52une crise démographique sans précédent et un moral en berne,
02:55et bien l'archipel nippon a réussi à tenir tête au Brésil,
02:59cinq étoiles au foot.
03:01Et que dire de la France ?
03:02Et bien c'est peut-être chez nous que le paradoxe est le plus criant.
03:05Pendant des années, alors que le pays prospérait,
03:07vivait ses trente glorieuses, il n'a jamais été capable de gagner,
03:11et a même été incapable de se hisser en finale.
03:14Première victoire, 1998, vous vous en souvenez,
03:17vous étiez adolescent, au moment où la France de Jacques Chirac
03:21s'enfonce dans la crise.
03:22Rebelote en 2018, championne du monde,
03:24alors que notre Mozart de la finance dévisse,
03:27et fera bientôt face au gilet jaune.
03:29En 2022, la France se hisse encore en finale,
03:32et désormais notre nation est ultra-favorite pour le titre.
03:36Sur le plan politique et économique,
03:38tout le monde s'accorde à dire que notre pays
03:40ne s'est jamais aussi mal porté qu'actuellement.
03:43Une dette publique qui donne le vertige,
03:45des services publics à bout de souffle,
03:47une fracture sociale plus béante que jamais,
03:49rien ne va plus, mais tout va bien côté équipe de France.
03:52Le ciel est bleu, notre équipe nationale marche sur l'eau,
03:55plus la France politique s'enfonce dans la crise,
03:58plus la France du foot brille.
04:00Pourquoi ? Parce qu'une société qui souffre,
04:02Eh bien, dans une société qui souffle,
04:05le football cesse d'être un simple divertissement.
04:08Il devient un exutoire indispensable.
04:11Le maillot national porte sur ses épaules
04:13une responsabilité immense,
04:15celle d'offrir une parenthèse de dignité,
04:18de fierté et de joie pure à un peuple
04:20qui en manque cruellement.
04:21Sur la pelouse, on ne joue plus seulement pour gagner,
04:24on joue pour consoler un pays.
04:26Plus concrètement, plus un pays va mal,
04:28plus sa jeunesse ne croit plus en l'ascenseur social,
04:30et pense que le ballon est encore la meilleure façon
04:33de devenir une star surpayée.
04:36Le football n'est pas qu'un loisir,
04:38c'est l'une des rares voies de sortie de la précarité.
04:41Cela crée une culture de la résilience
04:43et un vivier de talent ultra compétitif
04:46dès le plus jeune âge.
04:47Vous pouvez lire à cet égard l'étude de référence
04:50de Stéphane Ziemenski,
04:51économiste du sport à l'Université de Michigan,
04:54et Simon Cooper dans leur livre culte désormais
04:57qui s'appelle Soccernomics.
04:58Ils expliquent ça très bien.
05:00Vous pensez que j'exagère ?
05:01Eh bien, pas du tout.
05:02Regardez, l'histoire du foot regarde de ces miracles,
05:05regorge de ces miracles nés de la crise.
05:07L'Argentine de 1986 et de 2022.
05:09Deux époques, mais un point commun marquant.
05:12À chaque fois, le pays traverse une crise économique monumentale,
05:15des dévaluations de la monnaie à donner le vertige
05:18et une pauvreté galopante.
05:19Résultat, une rage de vaincre inégalable sur le terrain
05:22et une communication, et une communion nationale historique
05:25autour de Maradona et de Lionel Messi.
05:29Depuis quelque temps, l'Argentine va mieux
05:31et je prends les paris.
05:33En finale ou en demi-finale,
05:34vous pourrez bien voir qu'elle sera défaite.
05:37Autre exemple, le Brésil de 1970.
05:40Alors sous le joug d'une dictature militaire féroce,
05:42en pleine tension sociale,
05:44le pays trouve dans le génie de Pelé et sa bande
05:46une lumière capable d'éclipser le temps d'un été,
05:49la noirceur du contexte politique.
05:50Et que dire de la Grèce ?
05:52En 2004, les vannes de la crise de la dette
05:55n'étaient pas encore totalement ouvertes,
05:57mais le pays gérait déjà des déséquilibres profonds
05:59et leur victoire surprise à l'euro
06:02reste un des grands hold-up de l'histoire du sport
06:04porté par un collectif ultra-soudé
06:06que personne n'attendait.
06:07Alors, conclusion.
06:09Le football possède cette vertu presque magique
06:12de redistribuer les cartes.
06:13Là où les indices, les balances et les marchés vont mal,
06:16le foot ne regarde ni le PIB, ni les agences de notation.
06:20Il rayonne dans un monde économique injuste.
06:23Le football reste l'un des rares endroits
06:25où les derniers peuvent être les premiers.
06:28Alors au moment où vous fêterez la prochaine victoire des Bleus,
06:32vous vous souviendrez que par effet miroir,
06:34vous fêtez aussi la France,
06:36championne du monde des pays en panne.
06:38Exactement.
06:39Et si je résume bien, en gros, Emmanuel Macron
06:41est le porte-malheur de la France
06:42et le porte-bonheur de l'équipe de France.
06:43Vous avez bien résumé.
06:44À peu près ça.
06:45Qu'est-ce que ça vous évoque ?
06:46Pierre-Valentin ?
06:48Pour le coup, sur la question footballistique,
06:49pas grand-chose.
06:51Je suis assez peu aficionados du ballon rond.
06:54Mais le paradoxe est en effet amusant à analyser.
06:57Exactement.
06:58Maintenant, venons-en à un autre paradoxe.
07:00Cette génération qui va mal,
07:01que vous décryptez dans votre ouvrage,
07:03Pierre-Valentin,
07:04on parle de la génération Z.
07:06Quand on parle de la génération Z,
07:07d'abord en un mot,
07:08de quel âge à quel âge ?
07:0913-31 ans.
07:1013-31 ans.
07:11Vous nous expliquez,
07:12vous constatez dans votre livre
07:14que les hospitalisations psychiatriques
07:17ont plus que triplé en 15 ans
07:19chez les ados.
07:20Pourquoi cette génération va mal ?
07:22Vous nous proposez des pistes.
07:24Une génération qui fait face
07:25à l'omniprésence du smartphone.
07:27Une génération qui fait face
07:29à l'omniprésence du wokisme.
07:31Une génération de plus en plus sédentaire,
07:33qui se fait tout livrer chez elle,
07:34du coup sort de moins en moins,
07:36rencontre de moins en moins
07:37ses pères par exemple.
07:38Qu'est-ce qui fait que cette génération
07:40se retrouve dans une époque
07:41où elle se sent plutôt vide de sens,
07:44cherche sa place,
07:45cherche son idéologie,
07:46parfois cherche aussi ses croyances,
07:48voire ses religions.
07:49Et qu'est-ce qui fait que malgré tout
07:51vous pensez qu'elle n'est pas
07:52complètement perdue,
07:53votre génération ?
07:53C'est un petit peu ce que nous allons voir
07:55en décryptant votre ouvrage
07:56« Malaise dans la génération Z »
07:58qui est publié chez Gallimard.
08:00D'abord, Pierre-Valentin,
08:02puisque vous en faites partie,
08:03vous de la génération Z,
08:05est-ce que vous considérez
08:06votre génération
08:07comme une génération perdue ?
08:09Non, il n'y a aucune génération
08:11qui n'est jamais perdue.
08:12Alors c'est vrai que certains
08:12ont ironisé en me disant
08:13si c'est la génération Z,
08:15c'est que c'est la dernière
08:15de l'alphabet
08:16et qu'il n'y aura rien après.
08:18Alors normalement,
08:18c'est la génération Alpha
08:19qui arrivera après,
08:20mais on n'a pas encore
08:20grand-chose à dire sur elle.
08:23Mais alors non,
08:23elle n'est pas perdue par contre.
08:26Elle est désorientée,
08:28donc perdue dans ce sens-là
08:28si on veut,
08:29mais elle n'est pas perdue
08:30pour la cause si je puis dire.
08:31Elle est désorientée
08:32notamment parce que
08:34qui jadis, disons,
08:36enchassaient l'individu
08:38dans la société,
08:39entre l'individu et l'État.
08:40Donc ça peut être le syndicat,
08:42l'association, le parti,
08:43l'église, la paroisse,
08:44la famille,
08:45quasiment toutes,
08:46la famille se tient encore
08:48à peu près,
08:48se sont délitées
08:49ces dernières décennies.
08:51Et face à ça,
08:53tous les choix de l'individu
08:54reposent sur ses propres épaules.
08:55Sa définition identitaire
08:57est obligée d'être
08:59autoconstruite
08:59et ne se repose plus
09:01sur le fait d'être membre
09:02d'une quelconque association
09:03aux structures intermédiaires.
09:05Et ça, c'est très lourd
09:06à porter pour cette génération.
09:07Et donc, je pense
09:08qu'elle est victime
09:09à certains égards,
09:10mais aussi responsable
09:11de la sur-individualisation
09:12qui est étouffante
09:14à certains égards pour elle.
09:15Une génération presque
09:17complètement coupée
09:18du monde
09:18ou du reste de sa génération,
09:19en tout cas,
09:20trop individualiste.
09:21On va faire le constat
09:22dans quelques instants
09:22avec vous,
09:23Pierre Valentin,
09:23et avec Stéphane Simon.
09:25Quels sont les chiffres
09:26qui montrent
09:26que ça ne va pas bien ?
09:28Je l'ai dit,
09:28il y a les hospitalisations
09:30psychiatriques,
09:30mais il n'y a pas que ça.
09:31Tous les constats
09:32qui vont vous montrer
09:33que vos ados
09:34ne sont peut-être pas très bien
09:36dans leur peau en ce moment.
09:37On en parle dans un instant
09:37sur Sud Radio.
09:39Sud Radio,
09:40le choc des idées,
09:41Jean-Marie Bordry.
09:42Avec Stéphane Simon
09:43et notre invité Pierre Valentin
09:45qui publie
09:45Chez Gallimard,
09:46malaise dans la génération Z.
09:48Pourquoi nos ados
09:49ne vont pas bien ?
09:49Pourquoi est-ce qu'ils cherchent
09:50leur place ?
09:51Qu'est-ce qui fait
09:52que cette génération
09:53se trouve un peu plus
09:54vide de sens,
09:56en quelque sorte,
09:56en tout cas,
09:57trouve sa vie
09:57un peu plus vide de sens
09:58que les précédentes ?
09:59C'est en quelque sorte
10:00ce qu'on essaie de voir
10:01avec notre invité Pierre Valentin
10:02et en compagnie
10:04de Stéphane Simon.
10:05C'est bien ça.
10:06Alors,
10:06à mesure que l'on avance
10:08dans la lecture de votre livre
10:09qui est passionnant,
10:09je tiens à le souligner moi aussi,
10:11on découvre
10:12une société
10:13totalement atomisée
10:14qui est la cause majeure
10:16finalement
10:16de toutes nos difficultés.
10:18Vous parlez beaucoup
10:18de l'effondrement
10:19de l'avenir
10:20dans le sens
10:21où finalement
10:22il n'y a pas d'avenir commun.
10:23C'est ça surtout le problème.
10:24Mais le plus désespérant
10:26dans votre livre
10:27est certainement
10:27de voir à quel point
10:28cette génération qui arrive
10:30est une génération
10:30très impactée
10:32par la dépression.
10:33On pourrait peut-être
10:34s'arrêter là-dessus.
10:35D'abord,
10:36c'est une génération
10:37où on a vu
10:38que explosaient
10:39les pathologies
10:41de santé mentale.
10:42Aux Etats-Unis,
10:43par exemple,
10:44c'est 44%
10:45des hommes en général
10:46et 50%
10:48des 18-35 ans
10:49qui avouent
10:50avoir régulièrement
10:52songé au suicide.
10:53Vous vous rendez compte ?
10:54En France,
10:55c'est un quart
10:56des 15-29 ans
10:57de notre pays
10:57qui souffrent
10:58de dépression.
11:00Oui,
11:00c'est en effet,
11:01je dirais,
11:01avec l'anxiété,
11:02le phénomène majeur
11:03de cette génération
11:04et c'est ce qui donne
11:05tristement,
11:06tragiquement,
11:06le ciment identitaire
11:07commun de cette génération.
11:08On en est là.
11:10C'est une génération
11:10dépression en fait.
11:11Alors,
11:12ce qui m'a intéressé
11:13dans l'ouvrage,
11:14c'est que j'ai beaucoup
11:14travaillé sur les travaux
11:17du sociologue
11:17Alain Ehrenberg
11:18qui disait que
11:19jusqu'aux années 60,
11:21la version pathologique
11:22de l'homme ordinaire,
11:23c'était l'homme névrosé.
11:24Donc,
11:24il est culpabilisé
11:25de ne pas arriver,
11:27de faire des choses
11:28qu'il ne devait pas faire
11:29et d'être dans le binaire
11:31coupable,
11:31innocent.
11:32Et ensuite,
11:32on a complètement changé
11:33et là,
11:34on a un tout autre binaire
11:34qui est capable,
11:36incapable.
11:36Donc,
11:36dans une logique
11:37de performance
11:38et là,
11:38l'homme pathologique
11:40d'aujourd'hui,
11:40c'est l'homme en panne,
11:42c'est la formule
11:42d'Alain Ehrenberg
11:43qui n'arrive pas
11:43à suivre la cadence moderne,
11:45la performance contemporaine
11:47et qui du coup
11:48se retrouve en panne
11:49et on voit à quel point
11:50on est sorti
11:51des interdits moraux
11:52structurants
11:53pré-année 60
11:54et qu'on a complètement
11:55basculé dans
11:56la seule question
11:57de la quantité
11:58de la performance
11:59en entreprise.
12:00On a les KPIs,
12:00les Key Performance Indicators,
12:02les chiffres
12:02qui montrent
12:03qu'on arrive à suivre
12:04la cadence
12:04et on sent que là,
12:06on arrive à un stade
12:07où en effet,
12:08quand c'est à peu près
12:09entre 20 et 25%
12:10selon les indicateurs
12:11des jeunes
12:12qui sont en dépression,
12:12c'est qu'on est sur
12:13un fait social total
12:14et une logique
12:16disons économique
12:17devenue folle
12:17à certains égards.
12:18Donc des jeunes
12:18qui s'estiment
12:19en quelque sorte
12:20dépassés.
12:21Oui et d'ailleurs
12:22je trouve que le terme
12:23en lui-même
12:23de dépasser
12:24est intéressant,
12:25ça sous-entend une course.
12:26Ce qu'on a dépassé
12:26c'est par quelqu'un
12:27donc on voit
12:27cette logique
12:28de rivalité
12:29qui a été souvent analysée
12:31comme l'un des contre-coups
12:32de l'égalisation.
12:33C'est-à-dire que quand
12:33vous n'avez plus
12:34des rôles fixes
12:35avec l'aristocratie,
12:36avec des noms de famille
12:37qui vous structurent
12:38dans la société,
12:38etc.,
12:39on égalise
12:43et qu'a priori
12:43on est sur le même
12:44point de départ,
12:44la course devient
12:45beaucoup plus importante
12:45en quelque sorte.
12:46Est-ce qu'on vous entend dire
12:47notamment sur la France
12:48puisque là on parle
12:48notamment des Français
12:50et des jeunes Français
12:50en particulier
12:52est un peu surprenant
12:52parce que d'habitude
12:53on a tendance
12:54par complexe
12:55à se dire qu'en France
12:56on avance un peu lentement
12:58contrairement à des sociétés
12:59où la compétition
12:59est beaucoup plus forte,
13:00la concurrence
13:01entre les individus,
13:02je pense au Japon
13:02ou à la Corée du Sud,
13:03ça veut dire qu'on est
13:04dans le même cas qu'eux en fait ?
13:05En tout cas,
13:06ce qui est souvent le cas
13:07c'est que le monde anglophone
13:09et particulièrement
13:09les Etats-Unis
13:10annonce la couleur culturelle
13:12et qu'ensuite
13:12on a tendance
13:13à les suivre
13:14pour le meilleur
13:14et pour le pire.
13:15Pour ce qui est de la dépression
13:16plutôt pour le pire évidemment
13:17mais qu'en tout cas
13:19on a du retard
13:21sur ces nations-là
13:22mais on fait de notre mieux
13:23si je puis dire
13:23pour essayer de le combler.
13:25Donc on essaie
13:25de les rattraper.
13:26Oui, alors on parle
13:27de la dépression,
13:28il y a un autre D
13:29qui s'impose
13:31dans cette génération Z
13:32c'est la distance.
13:34On est dans un monde,
13:35dans une génération
13:36où la distance
13:37se fait avec tout.
13:39C'est une génération
13:40qui sort peu d'abord
13:41chez qui la livraison
13:42à domicile
13:43est devenue
13:44le plaisir à renouveler.
13:46Une génération
13:46qui s'habille confortable.
13:48Une génération
13:49qui parle moins au téléphone.
13:51Qui préfère chatter
13:51sur des messageries.
13:53Ou envoyer des vocaux.
13:54Voilà, envoyer des vocaux.
13:55Donc une génération
13:56où finalement
13:57se creuse
13:58une distance
13:59entre les êtres.
14:00Une génération
14:01qui a un rapport aussi
14:02distant avec le travail.
14:04Ça veut dire
14:04pour rappel
14:05qu'en 1990
14:0660% des sondés
14:08je lisais dans votre livre
14:09répondait que le travail
14:10était très important
14:11dans leur vie
14:12et aujourd'hui
14:13en 2022
14:14pour être plus précis
14:15seulement
14:15un français sur quatre
14:18fait cette réponse.
14:19C'est-à-dire
14:20seulement
14:20pour un français sur quatre
14:22le travail est important.
14:24donc une génération
14:25qui se fréquente moins
14:27finalement
14:28une génération
14:29où la distance
14:29s'installe partout.
14:32Oui
14:32et ce qui est amusant
14:33c'est que
14:34paradoxalement
14:35c'est la génération
14:36du tutoiement.
14:37Donc il y a une sorte
14:37d'absence de distance
14:40on se rapproche
14:40etc.
14:41Mais c'est une sorte
14:41de cache sec
14:42sur la réalité
14:42qui est que c'est une génération
14:44qui en réalité
14:44en effet est très distante.
14:46Et l'autre paradoxe
14:47c'est que c'est justement
14:48la génération
14:49que l'on vende
14:49comme hyper connectée
14:50qui en tout cas
14:51physiologiquement
14:52et physiquement
14:52est très distante
14:53les unes des autres
14:54avec une atomisation sociale
14:55massive.
14:56Donc c'est une génération
14:56confinée en quelque sorte.
14:58En tout cas
14:58je citais dans l'ouvrage
15:00une grosse méta-étude
15:02qui a été réalisée
15:02en 2018
15:03sur de nombreux
15:03pays occidentaux
15:04qui montrait
15:05qu'on passait déjà
15:0590% de notre temps
15:06en intérieur
15:07ce qui était déjà inédit.
15:08Historiquement
15:09je ne vois pas
15:09de comparaison possible
15:11et ça c'était
15:12avant les confinements.
15:12Et évidemment
15:13les confinements
15:13là-dessus ont été
15:14une rupture
15:14si on veut
15:15assez inédite
15:15mais quand même
15:16le prolongement
15:17d'une tendance lourde
15:18qui est vers
15:18une plus grande
15:19sédentarité
15:19ce qui défavorise
15:20l'apprentissage
15:21de la débrouillardise
15:22parce que concrètement
15:22la débrouillardise
15:23elle s'apprend
15:23essentiellement
15:24en extérieur
15:24et ce qui défavorise
15:26évidemment
15:26la création
15:27de véritables
15:27liens sociaux
15:28physiques.
15:29Je précise
15:29qu'il y a deux ou trois
15:30personnes en régie
15:31dans l'équipe de Sud Radio
15:32qui se sentent visées
15:33en écoutant les constats
15:33sur la propre génération
15:35parce que nous
15:35nous n'en faisons pas
15:36forcément partie.
15:37J'en suis
15:38je suis capable
15:38comme eux
15:38si on veut.
15:39Exactement.
15:41Alors quand même
15:42il y a une distance
15:43qui se crée
15:43entre les êtres
15:44mais ça c'est aussi
15:45valable pour le sentiment
15:46amoureux
15:46c'est-à-dire qu'aujourd'hui
15:48on se rencontre
15:49peut-être avec plus de
15:49enfin je veux dire
15:50on se rencontre
15:51numériquement
15:52avec plus de facilité
15:53avec les applications
15:53bien sûr
15:54mais en revanche
15:55les contacts charnels
15:56c'est compliqué
15:58et puis ça s'accompagne
15:59aussi d'une
16:00je dirais
16:01d'une manière générale
16:02à une démographie
16:03qui est en recul
16:05donc ça c'est peut-être
16:06la génération d'avant
16:06mais enfin ça ne va pas
16:07aller en s'arrangeant
16:08en vous lisant
16:10et à mon sens
16:11c'est tout le problème
16:12du terme d'ailleurs
16:13qui est plutôt un anglicisme
16:15sociabiliser
16:15qu'on utilise souvent
16:16c'est que typiquement
16:17pour ce qui est de lutter
16:18contre la dépression
16:20entre sociabiliser
16:21comme on dit
16:22en face à face
16:22ou en virtuel
16:23ça n'a rien à voir
16:23c'est ce qui est
16:25les trois meilleurs
16:26antidépresseurs naturels
16:27à ma connaissance
16:28sont sortir dehors
16:30voir des gens
16:31faire du sport
16:32donc si vous faites
16:33un foot en extérieur
16:34avec vos amis
16:35vous avez déjà coché
16:35les trois cases à la fois
16:37et tandis que nous
16:38on dit
16:38c'est une génération
16:39très sociable
16:39parce qu'elle parle
16:41sur smartphone
16:41mais ça n'a rien à voir
16:43psychologiquement
16:44avec les effets
16:45du face à face
16:45qui sont en effet
16:46très structurants
16:47et plus importants
16:48Alors après il y a aussi
16:49un paradoxe dans le constat
16:50que vous faites
16:50c'est qu'on voit
16:51que peu de français
16:53aujourd'hui
16:54placent le travail
16:55comme une valeur importante
16:56et en même temps
16:57vous nous expliquez
16:58que cette génération
16:58souffre de la compétition
16:59entre les différents
17:01individus qui la composent
17:02y compris dans le cadre
17:03du travail
17:04et donc j'ai envie
17:04de vous demander
17:05s'ils s'en foutent
17:06de plus en plus du travail
17:06pourquoi ils regrettent
17:08de ne pas arriver à travailler
17:08Je pense que la comparaison
17:10se fait aussi
17:11dans d'autres domaines
17:11que le domaine économique
17:12c'est souvent la comparaison sociale
17:13c'est notamment
17:14là où c'est le plus tragique
17:16et le plus évident
17:17la comparaison sociale
17:18entre jeunes femmes
17:19sur les réseaux sociaux
17:20liées à l'image
17:20c'est-à-dire que concrètement
17:21aujourd'hui une jeune femme
17:22qui publie une photo d'elle
17:23sur les réseaux sociaux
17:24elle peut en une heure
17:25avoir plus de retours
17:27critiques comme positifs
17:28sur son physique
17:29que son arrière-grand-mère
17:30sur toute sa vie
17:31et ça évidemment
17:32le cerveau particulièrement féminin
17:34qui est très sensible
17:35à la question
17:35de la comparaison sociale
17:36n'est pas câblée
17:38pour résister
17:39à ce torrent
17:41de retour
17:41sur son être
17:42et qui est particulièrement
17:44déstabilisant
17:44pour n'importe qui
17:45et particulièrement
17:45pour les jeunes femmes
17:46entre 11 et 13 ans
17:47et on voit d'ailleurs
17:47une augmentation aussi
17:48de la chirurgie esthétique
17:49chez les hommes
17:50ce qui veut dire
17:51que pour le coup
17:51ça touche les deux parties
17:52alors je voudrais voir
17:53si c'est lié
17:54mais je voudrais revenir
17:55aussi sur le sentiment amoureux
17:56l'adolescent donc
17:57dont on parle
17:58puisqu'on parle de cette génération
18:00entre 13 et 30 ans
18:01et bien cet adolescent
18:03il a aussi
18:04puisqu'il va moins
18:06au contact de l'autre
18:07il a des sentiments amoureux
18:09qui se concrétisent moins
18:11il y a parallèlement
18:13une vraie crise
18:14du genre
18:15c'est à dire
18:15qu'on a beaucoup
18:17d'adolescents
18:17qui ne savent plus
18:18s'ils aiment
18:19ce qu'ils aiment
18:21et s'ils aiment
18:22plutôt de manière
18:23hétérosexuelle
18:24ou homosexuelle
18:25voire bisexuelle
18:26bref
18:26la crise du genre
18:27est-ce qu'elle est liée
18:28à cette espèce
18:29de dématérialisation
18:31cette distance
18:32qui se crée
18:33entre les êtres
18:34je pense que c'est
18:34une hypothèse concevable
18:35ce qui pourrait
18:37étayer cette hypothèse
18:38c'est que
18:39la vie numérique
18:41est par essence
18:42une vie très fluide
18:43et une vie dans laquelle
18:44on customise
18:45comme on dit aujourd'hui
18:45son personnage numérique
18:46et donc c'est très tentant
18:47de se dire
18:48au même titre
18:49que mon avatar
18:50dans le jeu vidéo
18:51Fortnite
18:51je peux le customiser
18:52sur ses cheveux
18:53sa façon de s'habiller
18:54de se percevoir
18:55soi-même
18:56comme un homme
18:57auto-construit
18:58les américains
18:58c'est amusant
18:59d'ailleurs de voir
18:59que la nation
19:01du self-made man
19:01les Etats-Unis
19:02sont aussi la nation
19:03qui a le plus de mal
19:04à arrêter
19:04les self-made women
19:05c'est-à-dire
19:05ceux qui transitionnent
19:07sur la question
19:07de la transition de genre
19:08donc je pense
19:08qu'il y a un constructivisme
19:10latent dans cette génération
19:11l'idée qu'on peut
19:12comme de la pâte à modeler
19:14se remodeler
19:14et devenir ce que l'on veut
19:15en tout cas choisir
19:16ce qu'on veut être
19:17exactement
19:17ou en tout cas
19:18ce qu'on estime
19:19je voudrais quand même
19:20poursuivre un tout petit peu
19:21parce que sur l'histoire
19:22des définitions de genre
19:23on attribue aussi
19:24beaucoup de problèmes
19:25à ces problèmes
19:27de définition de genre
19:28à l'omniprésence
19:31des perturbateurs endocriniens
19:32en gros
19:33c'est ce qui perturbe
19:34votre hypophyse
19:36dans la fabrication
19:37des hormones
19:37etc.
19:38alors tout ça
19:39est-ce que c'est finalement
19:40une raison biologique
19:41ou une raison numérique
19:42c'est l'ensemble
19:43de tout ça
19:44en tout cas
19:44on touche du doigt
19:46ce qui semble être
19:47l'une des caractéristiques
19:48de la génération Z
19:49c'est-à-dire
19:49cette difficulté
19:50à se genrer
19:51oui
19:52alors sur l'hypothèse
19:53des perturbateurs endocriniens
19:54ça je n'ai pas trouvé
19:55cette hypothèse-là
19:56par contre
19:57ce que l'on voit
19:57et ce qui est malheureusement
19:59assez rarement souligné
20:00c'est que
20:02d'un côté
20:03il y a un lien causal
20:04assez établi
20:05dans la littérature scientifique
20:06entre l'usage massif
20:07des réseaux sociaux
20:09liés à l'image
20:09encore une fois
20:10TikTok, Snapchat, Instagram
20:12qui génèrent
20:13des troubles liés au corps
20:14or
20:14la grande vague
20:16transidentitaire
20:17donc de transition de genre
20:17elle date
20:18à peu près du même moment
20:20que la grande hausse
20:21de l'anorexie
20:21de la boulimie
20:22et de l'automutilation
20:23et donc des troubles liés au corps
20:24et donc dans les deux cas
20:25fondamentalement
20:26c'est essentiellement
20:27un public de jeunes femmes
20:28donc on voit que ça touche
20:28la même sociologie
20:29et que dans les deux cas
20:30c'est le corps
20:32qui est perçu
20:33comme responsable
20:33de son mal-être
20:34et comme obstacle
20:35à surmonter
20:36ou à customiser
20:37à changer
20:37pour atteindre
20:38l'accomplissement de soi
20:39dans un second temps derrière
20:40d'où la formule
20:41revenu souvent
20:42je suis né dans le mauvais corps
20:43par exemple
20:44dans l'espèce
20:45en un mot
20:46la formule
20:47être mal dans sa peau
20:48résume bien
20:49ce double mouvement
20:49on n'a pas attendu
20:51la génération Z
20:51pour être parfois mal
20:52dans notre peau
20:53quand même
20:53mais je pense que
20:53la génération X
20:54n'est pas dans la même ampleur
20:55c'est vrai aussi
20:56vous avez raison
20:57alors qu'est-ce qui peut causer
20:59justement ce malaise
21:00ambiant au sein
21:01de la génération Z
21:02on va en parler
21:03dans un instant
21:03parce qu'un certain nombre
21:04de choses ont changé
21:05bouleversement technologique
21:06vous l'avez dit
21:07surabondance des écrans
21:10omniprésence de l'image
21:11aussi
21:12quelques nouvelles idéologies
21:13par exemple
21:14le wokisme
21:15on n'en a pas encore parlé
21:16parlons-en dans un instant
21:17qu'est-ce qui fait
21:18que ça ne va pas
21:18ou en tout cas
21:19que ça a changé
21:19tout de suite sur Sud Radio
21:21avec notre invité
21:21Pierre Valentin
21:22pour son livre
21:23Malaise dans la génération Z
21:24c'est chez Gallimard
21:30Pourquoi la génération Z
21:31c'est-à-dire
21:32celle de nos ados
21:33ne va pas bien
21:33on en parle avec notre invité
21:35Pierre Valentin
21:35pour son livre
21:36Malaise dans la génération Z
21:38publié chez Gallimard
21:39nous sommes toujours
21:39avec Stéphane Simon
21:41revenons un petit peu
21:43sur ce qui a changé
21:44pour cette génération
21:45parce que les bouleversements
21:47sociologiques
21:48politiques par moment
21:49et technologiques
21:50ont été nombreux
21:52par quoi vous la caractérisez
21:54en tout cas
21:54par quel changement
21:55vous la caractérisez
21:56le plus cette génération
21:58le smartphone pour tous
21:59qui est un moment culturel
22:01il y a beaucoup de choses
22:02en réalité
22:02qui se jouent
22:03sur une tranche
22:04de quelques années
22:04qui a été 2010-2015
22:06où là c'est à la fois
22:07l'avènement de l'idéologie woke
22:08dont on reparlera peut-être
22:10c'est à la fois
22:11le smartphone pour tous
22:12qui se massifie
22:15et c'est un moment
22:17de grande individualisation culturelle
22:18mais pourtant
22:19on a tous un smartphone
22:20qu'on soit X, Y, Z
22:21ou ABC
22:22tout à fait
22:23mais on ne l'a pas reçu
22:24au même âge
22:24le premier
22:25pour moi
22:26l'élément déterminant est là
22:29qu'on reçoive son smartphone
22:30à 5 ans
22:31ou à 50 ans
22:32l'effet sur le cerveau
22:33n'est pas le même
22:34et là-dessus
22:35ce que je trouve intéressant
22:36c'est que moi j'ai voulu éviter
22:37la thèse du Facebook émissaire
22:38qui consiste à dire
22:39que tout est de la faute
22:40des réseaux sociaux
22:41les réseaux sociaux
22:41jouent un grand rôle
22:42mais ne jouent pas
22:43le seul rôle
22:45et même pour ceux
22:46qui voudraient dire
22:46c'est de la faute des écrans
22:48il faut quand même expliquer
22:49pourquoi est-ce que
22:49les différentes nations
22:50n'ont pas le même âge
22:52du premier téléphone
22:53n'ont pas les mêmes permissions
22:54n'ont pas le même rapport
22:55aux écrans
22:55et là-dessus juste une comparaison
22:57entre deux chiffres
22:57très éclairants à mon sens
22:59les 0 à 3 ans français
23:01qui ont leur propre tablette
23:03c'est 15% de la population
23:05les 0 à 2 ans américains
23:07qui ont leur propre tablette
23:08c'est 40%
23:10donc vous voyez là-dessus
23:11les tablettes sont a priori
23:12aussi disponibles
23:13et de côté de l'Atlantique
23:14mais c'est un choix culturel
23:15c'est une vision de la vie en commun
23:16c'est une vision de l'éducation
23:17qui joue culturellement
23:19dans ce choix-là
23:19sauf que des psychologues
23:21très confirmés sur ce sujet
23:22expliquent qu'il est particulièrement
23:24dangereux de donner
23:25un écran à un enfant
23:26en bas âge
23:26dès le début
23:27c'est ça que je voulais rappeler
23:29dans votre livre
23:30vous dites
23:30un consensus fait
23:31des réseaux sociaux
23:32des écrans
23:33et du numérique
23:34la principale cause
23:35de la crise
23:37de la santé mentale
23:38en fait
23:38c'est la massification
23:40de la crise
23:40de la santé mentale
23:41en France
23:41c'est concomitant
23:42de cette génération
23:43smartphone
23:44mais un chiffre
23:46nous éclaire encore plus
23:47c'est entre 86 et 2006
23:48au Royaume-Uni
23:49par exemple
23:50c'est deux fois plus
23:51de jeunes
23:52qui ont des symptômes
23:53de dépression
23:54et d'anxiété
23:55c'est clair
23:56il y a des courbes
23:57qui sont parallèles
23:58massification du smartphone
24:01multiplication par deux
24:02des problèmes de santé mentale
24:03oui alors
24:04en l'occurrence
24:05dans le chiffre que vous donnez
24:06de 86 à 2006
24:07justement c'est un peu avant
24:08l'avènement des réseaux sociaux
24:10mais c'est pour montrer
24:11que ça s'inscrit
24:11dans un temps long
24:12et même dans un temps très long
24:13j'avais dit au début d'émission
24:14que chaque génération
24:17du XXe siècle
24:17aux Etats-Unis
24:18a une trajectoire dépressive
24:19supérieure à la précédente
24:20et c'est là où je pense
24:21qu'il faut réencastrer
24:23la question technologique
24:24dans la question culturelle
24:25qui est l'individualisation
24:27de la modernité
24:28et la modernité tardive
24:30à favoriser
24:31l'atomisation sociale
24:32l'isolement objectif
24:33couper le lien social
24:34avec les uns et les autres
24:35fermer les bistrots
24:36par exemple
24:37et ce genre de choses
24:37exactement
24:38et la mondialisation
24:39là-dessus a joué
24:40la désertification rurale
24:41c'est-à-dire que
24:42la fermeture d'un bistrot
24:44dans une zone
24:44assez peu densément peuplée
24:46c'est souvent
24:47le dernier lien social
24:48qui saute
24:49on disait que
24:50le zinc était
24:51le comptoir du peuple
24:52et bien
24:53c'est des choses
24:54qui se détricotent
24:54dans la durée
24:55sachant que les fermetures
24:56de bistrots
24:56dans les zones rurales
24:57sont souvent
24:57malheureusement
24:58dans des zones
24:59où il y a déjà
25:00plus de jeunes
25:00parce qu'ils vont
25:01travailler ailleurs
25:01et le vieillissement
25:02de la population
25:03est important
25:04il y a un terme
25:04sur lequel j'aimerais
25:05qu'on revienne
25:06aussi c'est
25:07la pathologisation
25:08j'essaye de le dire
25:09même si c'est
25:10un néologisme
25:10sans trébucher
25:13vous dites
25:14que cette génération
25:15a tendance
25:16à médicaliser
25:17tous ses problèmes
25:18si une personne
25:18se comporte mal
25:19elle est toxique
25:20ce qui en quelque sorte
25:21est un terme presque médical
25:22chimique
25:23en tout cas
25:25pourquoi on cherche
25:26une cause médicale
25:27plus qu'avant ?
25:29parce que je pense
25:29que nous avons perdu
25:30confiance
25:31dans nos termes moraux
25:33c'est-à-dire que
25:34toxique
25:34quel était
25:35son ancêtre fonctionnel
25:37on aurait dit
25:37vicieux
25:38immoral
25:39ou quelque chose
25:39de cet ordre-là
25:40pour décrire
25:40un supérieur hiérarchie
25:41pervers aussi
25:42mais pervers
25:43est déjà quasiment
25:46psychologique
25:47pervers narcissique
25:48c'est ça
25:48exactement
25:49et on peut parler
25:51de haut potentiel
25:51intellectuel
25:52HPI
25:54trauma
25:54traumatisme
25:55il y en a plein
25:56comme ça
25:57j'en ai listé
25:57dans l'ouvrage
25:58sauf que
25:58est-ce qu'on trouve
26:00plus de malaise
26:00parce qu'on en cherche
26:01davantage
26:02ou est-ce qu'au contraire
26:03il y en a plus
26:03parce que ça va pas bien
26:05la hausse des troubles
26:07pour le coup
26:07est objectivable
26:08et pas uniquement
26:09basée sur du déclaratif
26:10on a parlé des hospitalisations
26:11en psychiatrie
26:12mais par contre
26:13je pense qu'en effet
26:14qu'on se fourvoie
26:15à vouloir réduire
26:16la crise civique
26:17à une crise chimique
26:18c'est-à-dire que
26:19les causes que je donne là
26:20sont culturelles
26:21elles sont morales
26:22existentielles
26:23etc
26:23et pourtant il y a
26:23deux ou trois effets de mode
26:24parce que j'en ai traversé
26:25deux ou trois
26:26quand j'étais môme
26:27on cherchait des surdoués
26:28ensuite on a cherché
26:28des hyperactifs
26:29aujourd'hui on vous parle
26:30de personnes
26:31qui ont un trouble
26:32de l'attention
26:33avec ou sans hyperactivité
26:35ça veut dire que
26:36malgré tout
26:37la recherche devient
26:37de plus en plus fine
26:38absolument
26:39et ça ne repose pas sur rien
26:41ce que je veux dire
26:41non non non
26:42il y a en effet
26:42des effets de contagion sociale
26:44des effets d'imitation
26:45des effets de mode
26:47notamment aux Etats-Unis
26:48il y a deux fois plus
26:49de TDAH
26:50donc trouble
26:51de la turbulence
26:52avec ou sans hyperactivité
26:53trouble de l'attention
26:54avec ou sans hyperactivité
26:55ce qu'on appelait jadis
26:56les enfants turbulents
26:56il y en a deux fois plus
26:58que dans les pays comparables
26:58donc on voit comme ça
27:00c'est parce qu'on en cherche davantage
27:01c'est notamment
27:02parce qu'on en cherche davantage
27:03est-ce que ça ne veut pas dire aussi
27:04qu'il y avait des gosses
27:05qui n'allaient pas bien avant
27:06ou qu'il y avait un trouble
27:06qui était un peu décalé auparavant
27:08mais qu'on s'en foutait complètement
27:09parce qu'on considérait
27:10que c'était juste
27:11des sales gosses
27:12alors c'est concevable
27:14néanmoins
27:14on note
27:15dans le contexte américain
27:17qu'il y a une très forte
27:19surreprésentation
27:19des enfants
27:21diagnostiqués TDAH
27:22qui grandissent
27:23dans ce qu'on appelle
27:24bureaucratiquement
27:25des familles monoparentales
27:26ce qui 80% du temps
27:27signifie
27:28un enfant
27:29qui a grandi sans père
27:29et donc là
27:30on voit comment
27:32la déstructuration
27:33de la matrice familiale
27:34et la disparition
27:36de la figure du père
27:36peut favoriser aussi ça
27:37parce que juste sur ça
27:38je trouve ça intéressant
27:39ça permet de relier
27:40le symbolique et le culturel
27:41et le psychique
27:41en une seule analyse
27:42le père a la fonction paternelle
27:45a plusieurs fonctions
27:46parmi lesquelles
27:46celle de l'interdit
27:47de la limite
27:48et du non
27:49et un enfant
27:50qui grandit sans
27:51ce cadre de limite
27:52notamment les jeunes garçons
27:53qui peuvent être en moyenne
27:54plus turbulents
27:54que les jeunes filles
27:56et bien qui grandissent
27:56sans ça
27:57vont grossir les rangs
27:59des TDAH
27:59plus facilement
28:00que les autres
28:00donc on voit comment
28:01c'est sans doute légitime
28:03dans certains cas
28:03mais qu'en tout cas
28:04il y a des tendances
28:04culturelles derrière ça
28:05alors il y a autre chose
28:07au delà du smartphone
28:09ou de la culture thérapeutique
28:11on va dire
28:11il y a ce que vous pouvez appeler
28:14l'enfant surprotégé aussi
28:16qui est assez nouveau
28:18dans cette génération
28:19un petit chiffre
28:21suffit à illustrer le propos
28:23en 1970
28:2480% des élèves de CE2
28:27vont seuls à l'école
28:28aujourd'hui
28:2997% des élèves du primaire
28:32vont accompagner
28:34leurs parents à l'école
28:35et 70% des élèves
28:38vont accompagner au collège
28:40donc on est passé dans un monde
28:41où finalement
28:42l'autonomie de l'enfant
28:44fait peur
28:45on surprotège les petits
28:48et on les accompagne tout le temps
28:49enfin bref
28:50on est dans une espèce de culture
28:51de surprotection
28:52qui doit être
28:54préjudiciable à l'enfant
28:55qu'il l'est
28:55complètement
28:57le temps
28:58et l'espace
28:59de jeu
28:59sans supervision
29:00ces dernières décennies
29:01s'est effondré
29:02en Occident
29:02ça a commencé
29:03dans les années 80-90
29:04aux Etats-Unis
29:06et d'ailleurs
29:06à un moment
29:07où l'insécurité
29:08s'effondrait
29:08dans les grandes villes
29:09américaines
29:09donc ça n'est pas
29:10d'abord corrélé
29:11à la question de l'insécurité
29:11c'est ce qu'on entend souvent
29:12en France
29:13c'est vrai qu'il y a une hausse
29:14récente et massive
29:15de l'insécurité
29:15mais la surprotection
29:16a démarré avant
29:17donc ça ne s'explique pas
29:18simplement par ça
29:19sauf qu'on a été marqué
29:20par d'autres phénomènes
29:20par exemple
29:21moi je suis de la génération
29:22où on a tous vu
29:24par exemple
29:24le portrait d'Estelle Mouz
29:25on a tous vu
29:27aussi le portrait
29:27de celle qui avait disparu
29:29et le petit Grégory derrière
29:30ensuite
29:31et des grands effets culturels
29:32et donc n'importe quel parent
29:33et là pour le coup
29:34c'est pas la faute des gosses
29:35mais plus des parents
29:35mais on peut les comprendre
29:36quand ils voient ce qui est arrivé
29:37à la petite Liana
29:38il y a deux ou trois semaines
29:39ils n'ont pas envie
29:39de laisser leurs gosses
29:40aller traverser
29:41de l'école seul
29:42oui absolument
29:43mais il y a cette phrase
29:45que vous vous rappelez
29:45d'un humoriste américain
29:46qui dit
29:47avant les enfants de 14 ans
29:48étaient des baby-sitters
29:49aujourd'hui
29:50ils en réclament
29:51c'est quand même assez drôle
29:52et ça permet d'objectiver
29:53ce renversement
29:54très clair bien sûr
29:55alors il y a un mot
29:56dont on n'a pas parlé
29:56il faut y venir quand même
29:57parce qu'on n'a pas parlé politique
29:58on n'a pas parlé idéologie
30:00et on n'a pas parlé du wokisme
30:02en quoi cette génération
30:03est plus wokiste que les autres
30:04mais avant ça
30:05vous allez définir
30:06le wokisme pour vous
30:07ça c'est important
30:08qu'on définisse le terme
30:09bien sûr
30:09alors c'était l'objet
30:11du précédent ouvrage
30:12dont celui-ci
30:12est une sorte de suite
30:13le précédent analysait
30:14une idéologie
30:15celle-ci analyse une génération
30:18le wokisme
30:18tel que je l'avais défini
30:19dans Comprendre la Révolution Woke
30:20est pour moi
30:21une idéologie
30:24qui perçoit
30:25des structures
30:26systémiques négatives
30:27donc ça peut être
30:28le capitalisme
30:28le racisme
30:29le patriarcat
30:30etc
30:30qui serait la cause
30:32du mal-être
30:33des individus
30:34il y a une branche
30:36dans le genre
30:37plus fluide
30:37on en a parlé tout à l'heure
30:38le fait de s'autodéfinir
30:40bisexuel
30:41transgenre
30:42etc
30:42il y a une branche
30:44plus rigide
30:45qui parle de race
30:45pour le coup
30:46où là
30:46il y a des blancs
30:47et des noirs
30:47il y a des catégories
30:48très binaires
30:49et il y a systématiquement
30:51une culpabilisation
30:52de ceux qui sont décrits
30:53comme dominants
30:54et un encouragement
30:56à la fierté
30:56pour ceux qui sont décrits
30:57comme dominés
30:58et jamais dans l'autre sens
31:00donc moi c'est comme ça
31:01que je définis
31:02le wokisme
31:03et du coup
31:04cette définition
31:05s'applique beaucoup plus
31:06à cette génération
31:07qu'aux précédentes
31:07oui et je pense d'ailleurs
31:09que
31:10alors déjà ce n'est pas
31:11toute la génération
31:11évidemment
31:12rien de ce qu'on a dit
31:13d'ailleurs ne s'applique
31:14à l'ensemble de la génération
31:15mais néanmoins
31:16c'est là où je m'inquiète
31:17un peu de ceux qui crient
31:18Cocorico
31:19ou God bless America
31:20pour les américains
31:21un peu rapidement
31:22vis-à-vis de la question
31:23du reflux possible
31:24du wokisme
31:25c'est que je pense
31:26qu'il y a eu
31:26en effet ces dernières années
31:28une critique du wokisme
31:29beaucoup plus forte
31:30chez les plus de 35 ans
31:31ce qui a participé
31:32à un effet culturel
31:32assez massif
31:34mais néanmoins
31:34il n'en reste pas moins
31:35que chez les moins de 35 ans
31:37donc par définition
31:38je pense que c'est aussi
31:39une question de génération
31:40et que ça va continuer
31:40à progresser
31:41et dans le contexte universitaire
31:42ça progresse de plus belle
31:44aux Etats-Unis
31:45comme en France
31:45et donc vu que l'université
31:47a quand même de l'influence
31:48un petit peu sur la société
31:49on peut imaginer
31:50que ça continue à jouer
31:50il y a quelque chose
31:51d'intéressant
31:52dans ce que vous écrivez
31:53c'est que vous écrivez
31:54que les jeunes
31:55on va dire progressistes
31:57ou wokistes
31:57sont plus affectés
31:59par la crise
32:00de la santé mentale
32:02que les jeunes conservateurs
32:03autrement dit
32:03moi j'ai lu
32:04dans votre livre
32:05que pour sa santé mentale
32:07il vaut mieux être
32:08jeune conservateur
32:09que jeune progressiste
32:12vous nous l'expliquez
32:13parce que là
32:14je l'ai fait à gros traits
32:14bien sûr
32:15je commencerai par deux nuances
32:17et ensuite
32:17j'expliquerai
32:18première nuance
32:19ça date
32:20encore une fois
32:21du début de la décennie 2010
32:22on y revient toujours
32:23le clivage très progressiste
32:24très conservateur
32:25dans les sondages américains
32:26ne permettent pas
32:27de prédire
32:28chez les plus de 35 ans
32:29l'état de leur santé mentale
32:30c'est que chez les jeunes
32:31et ensuite
32:32malheureusement
32:33je le regrette
32:33l'état de la recherche française
32:35ne nous permet pas
32:36de l'affirmer en France
32:36c'est le cas aux Etats-Unis
32:38et dans une moindre mesure
32:39il y a quelques travaux
32:41quand même
32:41dans le contexte britannique
32:42pourquoi ?
32:43alors il y a plusieurs hypothèses
32:44on a déjà dit
32:45que c'était une génération
32:45qui avait une sociabilité réelle
32:46plus faible
32:48si en plus de ça
32:49vous avez un sectarisme idéologique
32:50très prononcé
32:51qui vous pousse
32:52à couper les ponts
32:53avec vos parents
32:54vos proches
32:55vos amis
32:55pour des raisons d'impureté idéologique
32:57et bien mécaniquement
32:58si vous n'aviez que
32:58quatre amis
32:59là votre père au même âge
33:00en avait huit
33:01si en plus
33:01vous en sacrifiez deux
33:02pour des raisons idéologiques
33:04je cite le chiffre
33:05que 45%
33:06des zoomers progressistes américains
33:07sont prêts
33:08à couper des ponts
33:09avec des proches
33:09pour des raisons idéologiques
33:10chez leurs homologues
33:11zoomers modérés
33:12et conservateurs
33:13on divise quasiment par deux
33:14on n'est que à 24%
33:15donc ça isole
33:16ça isole
33:16et ça entraîne
33:17un phénomène sectaire
33:18c'est intéressant
33:18que le wokisme isole
33:20c'est assez nouveau
33:21comme théorie
33:21en tout cas
33:21avec une certaine forme
33:23du wokisme
33:23et notamment aux Etats-Unis
33:24il faudra suivre
33:25effectivement le phénomène
33:26bon on va se retrouver
33:27dans un instant
33:28en tout cas
33:28Pierre Valentin
33:29toujours pour décrypter
33:30le malaise de votre génération
33:32la génération Z
33:33je rappelle que votre livre
33:34est publié chez Gallimard
33:35et vous allez nous expliquer
33:37pourquoi après ce sombre tableau
33:39dont on a parlé
33:39pendant trois quarts d'heure
33:40vous n'êtes quand même
33:41pas désespéré
33:42et vous pensez que cette génération
33:43n'est pas complètement foutue
33:44à tout de suite sur Sud Radio
33:46Sud Radio
33:46le choc des idées
33:48Jean-Marie Bordry
33:49nous sommes toujours
33:50avec Stéphane Simon
33:50et notre invité
33:51Pierre Valentin
33:52pour son livre
33:52Malaise dans la génération Z
33:54publié chez Gallimard
33:55pourquoi cette génération
33:56les zoomers
33:58en quelque sorte
33:58les ados
33:59en tout cas
34:00sont plus dépressifs
34:01que les autres
34:02ça se mesure
34:02ça se constate
34:03elles vont plus à l'hôpital
34:04psychiatrique
34:05que les autres
34:05ça se mesure
34:06ça se constate
34:07pourquoi cette génération
34:09sent que sa vie
34:10est un peu plus vide de sens
34:11que celle des précédentes
34:12on en parle
34:13avec notre invité
34:14Pierre Valentin
34:15mais avant ça
34:16j'ai une question
34:16Pierre Valentin
34:17vous êtes de la génération Z
34:18vous faites un livre
34:19pour nous dire
34:20que cette génération
34:20va très mal
34:21qu'elle pathologise
34:22à peu près tout
34:23qu'elle n'a pas le moral
34:24qu'elle est dépressive
34:25qu'elle va à l'hôpital
34:25comment ça va ?
34:28moi ça va pas mal
34:29comment ça se fait
34:30que vous
34:31ça va pas mal
34:32alors qu'autant
34:33des membres
34:34de votre génération
34:35ne vont pas bien
34:36écoutez
34:37ça c'est difficile
34:38d'y répondre
34:38alors ce qui est sûr
34:40c'est qu'on a parlé
34:40de la crise de l'engagement
34:43s'engager à écrire un livre
34:44est une forme d'engagement
34:46par exemple
34:46je suis marié
34:47et j'ai deux filles
34:49ça c'est des formes
34:50d'engagement
34:51assez rares
34:52en réalité
34:52je le dis
34:53sans s'en farronner
34:56pour 28 ans
34:57ces jeunes
34:58aujourd'hui
34:59ça l'était pas
34:59il n'y a pas si longtemps
35:01et donc
35:02l'engagement protège
35:03pour vous donner un exemple
35:04là je suis
35:04vous l'avez sans doute remarqué
35:05dans une phase de promotion
35:06et c'est une phase
35:08qui est extraordinairement narcissique
35:09on vous tend un micro
35:10pour vous dire
35:10vous êtes absolument génial
35:12dites nous ce que vous avez à dire
35:13et ça peut avoir
35:15plein d'effets
35:15assez péjoratifs
35:16et négatifs
35:16en réalité sur le cerveau
35:18mais quand on est
35:19ça peut être toxique
35:19pour reprendre notre vautère
35:20mais pendant cette période
35:23quand on est obligé
35:24une fois de temps à autre
35:25de changer une couche
35:25ça oblige
35:27à une sorte de décentrage
35:28même minimal
35:28on descend sur terre
35:29voilà
35:30c'est ce que vous ferez ce soir
35:31en rentrant chez vous
35:32certainement absolument
35:33je n'y manquerai pas
35:34c'est enregistré
35:35Stéphane Simon
35:36on n'a pas parlé
35:37de la cause du Covid
35:38aussi quand même
35:39il faut en dire un tout petit mot
35:39parce que c'est vrai
35:40que ça a été un accélérateur
35:43ou un révélateur
35:44en tout cas
35:45des problématiques
35:46de santé mentale
35:47de cette génération
35:49pourquoi est-ce que
35:50ce confinement
35:51a été si préjudiciable
35:53pour cette génération
35:55il faut se souvenir
35:56me semble-t-il
35:57du slogan
35:58gouvernemental
35:59qui est
35:59sauver des vies
36:00rester chez vous
36:00si on l'extrait
36:02du contexte
36:03pathologique
36:03qui était celui de l'époque
36:05c'est quand même
36:05un slogan non nul
36:06c'est-à-dire que
36:07pour la première fois
36:08le citoyen vertueux
36:09devenait celui
36:10qui choisissait volontairement
36:11de s'isoler des autres
36:12c'était une période
36:13pendant deux ans
36:14où tout contact
36:15pouvait être un cas contact
36:17où le proche
36:18l'était toujours trop
36:20et ça culturellement
36:22il est évident
36:22que quand on sort
36:23de ça sur deux ans
36:24on n'en sort pas
36:24d'un claquement de doigts
36:25ça laisse des traces
36:26et je pense que
36:26beaucoup de gens
36:27se sont rendus compte
36:27à ce moment-là
36:29qu'avec la livraison
36:29à domicile
36:30qu'avec la hausse
36:31du télétravail
36:31à l'époque
36:34la vie intégralement
36:35vécue chez soi
36:36pouvait être
36:36à peu près jouable
36:37et que la sortie
36:38devenait un peu facultative
36:39ce qui là aussi
36:40est assez inédit
36:40dans l'histoire
36:41de l'humanité
36:41c'est vrai que
36:42c'est un peu moins
36:42fatigant de travailler
36:43chez soi
36:43quand on n'a pas
36:44par exemple
36:44deux filles en bas âge
36:45ça c'est aussi
36:46quelque chose
36:46qui s'est constaté
36:48autre aspect
36:48qui est important
36:49malgré tout
36:50c'est que
36:50vous ne désespérez pas
36:51de votre génération
36:52vous estimez
36:54qu'il y a deux ou trois moyens
36:55de la sortir
36:56de son malaise
36:56alors je vais un peu
36:58caricaturer votre analyse
36:59mais pour que vous puissiez
37:00y répondre
37:00est-ce que vous pensez
37:01que c'est parce que
37:02votre génération
37:03vote de plus en plus à droite
37:04et sera de plus en plus réac
37:05qu'elle finira par s'en sortir ?
37:08Non ce serait trop
37:09non trop deux dimensionnel
37:11pour le coup
37:11ce que je dirais
37:13c'est que
37:15vu que l'engagement
37:16quel qu'il soit
37:16politique ou autre
37:17d'ailleurs
37:17se raréfie
37:18dans ma génération
37:20ça a créé
37:21par effet miroir
37:21une sorte de fascination
37:22pour ceux qui s'engagent
37:23c'est-à-dire que du coup
37:24on se dit
37:24mais qu'est-ce que sont
37:25ces ovnis culturels
37:26ces insoumis
37:27ces militants
37:28c'est ça
37:28ou de la même façon
37:29même le prêtre visible
37:32en soutane
37:32dans l'espace public
37:33on se dit
37:33mais c'est quelqu'un
37:34qui s'engageait toute sa vie
37:35mais pourquoi
37:35c'est incompréhensible
37:36donc il y a quand même
37:37des phénomènes de fascination
37:38pour ceux qui s'engagent
37:39on peut citer là-dessus
37:40le youtubeur
37:41Inoxtag
37:42qui avait gravi l'Everest
37:43et qui s'avait
37:44captivé une grosse part
37:45d'attention
37:46donc on voit comme ça
37:47comment il y a
37:48des virtualités culturelles
37:49qui s'ouvrent
37:49des potentialités
37:50sur la question
37:51de l'engagement
37:52qui peut fasciner
37:53aussi cette génération
37:54on est fasciné par
37:54des influenceurs
37:55qui s'engagent
37:56dans certains cas
37:57et qui suscitent
37:58l'admiration
37:58et la fascination
37:59d'une génération
37:59qui s'engage moins
38:00est-ce qu'on peut pas
38:02aussi tout simplement
38:03recommander à cette génération
38:04qui a de la peine
38:05à considérer le travail
38:06comme étant important
38:07je rappelle tout à l'heure
38:09qu'on disait
38:09qu'un quart seulement
38:10de cette génération
38:12pense que le travail
38:13est quelque chose
38:14de structurant
38:14est-ce qu'on peut pas
38:15leur conseiller
38:15de travailler plus
38:17pour vivre mieux ?
38:18Alors oui
38:19la difficulté de ça
38:21c'est qu'il faut
38:21du travail
38:23qui a du sens
38:25et ça
38:25ce n'est pas toujours
38:26évident à trouver
38:26aujourd'hui
38:27et ensuite
38:28il y a une tendance
38:30très lourde
38:30pour le coup
38:31du dernier demi-siècle
38:32qui est un
38:33de travailler moins
38:34en nombre d'heures
38:34je donne des chiffres
38:35là-dessus
38:35et de plus en plus tard
38:38de se mettre au travail
38:39de plus en plus tard
38:40vous avez raison
38:40la massification
38:41des études supérieures
38:43et on voit
38:44des revendications
38:45vers la semaine
38:46de 4 jours
38:47donc là aussi
38:48on voit que c'est
38:48une tendance lourde
38:49vers le fait
38:49de moins travailler
38:50on voit
38:52la revendication
38:52particulièrement
38:53dans le contexte américain
38:54vers une sorte de formule
38:55de revenu universelle
38:56donc quasiment
38:56l'abolition du travail
38:57via une étatisation
38:59de ces revenus
39:01et donc
39:01aller à l'encontre
39:02de ça
39:03je pense que c'est possible
39:04je pense qu'il faut
39:04en effet les encourager
39:06à sortir de chez eux
39:07à s'engager
39:07et à travailler
39:08de différentes façons
39:09mais encore faut-il
39:10qu'il y ait une capacité
39:11à se projeter économiquement
39:12dans la durée
39:12et on voit qu'avec
39:13l'intelligence artificielle
39:14qui fait qu'on a quasiment
39:15envie de dire
39:16qu'on ne sait pas forcément
39:17quel métier existera
39:18dans 6 mois
39:18la capacité à s'imaginer
39:20à faire 30 ans de carrière
39:21dans une même entreprise
39:22est fortement fragilisée
39:23par ça aussi
39:24on n'a même plus envie
39:25d'ailleurs aujourd'hui
39:25il y a de moins en moins
39:26de gens qui ont envie
39:27d'avoir un emploi à vie
39:28toujours au même bureau
39:29toujours à la même adresse
39:30absolument
39:30et même beaucoup
39:31de jeunes de ma génération
39:33qui refusent des promotions
39:34on n'a pas vu
39:35souvent par ailleurs
39:36la promotion c'est quoi
39:37vous serez mieux payé
39:38vous aurez un rôle
39:39plus important
39:39mais des engagements supérieurs
39:40et la dernière partie
39:42c'est la partie qui coince
39:43où certains jeunes
39:44préfèrent flotter
39:45dans leur poste
39:46plutôt que de basculer
39:47à l'arrivée
39:48on veut rester dans une forme
39:49de zone de confort
39:50en quelque sorte
39:51alors pour sauver
39:52cette génération Z
39:53de l'individualisme
39:55parce que ça
39:55vous en parlez beaucoup
39:56dans votre livre
39:57c'est une génération
39:58déjà notre génération
39:59était très individualiste
40:01mais là ça s'est accru
40:02c'est une tendance lourde
40:07pour sauver
40:08cette génération
40:08de l'individualisme
40:09qui conduit
40:10quelque part
40:11à cette dépression
40:12il semble
40:13pour moi
40:14assez évident
40:14qu'il faudrait recréer
40:15quand même
40:15le sentiment
40:16d'appartenance
40:17à quelque chose
40:17aussi
40:18est-ce que
40:20travailler ensemble
40:21à faire nation
40:22ce ne serait pas
40:22une bonne idée
40:24si je pense que si
40:25et je pense que
40:25l'échelon national
40:29avait
40:29et a encore
40:30une pertinence
40:31assez importante
40:31et d'ailleurs
40:32il y a eu une sorte
40:32de faux diagnostic
40:33qui a été fait
40:34dans notre conception
40:35de l'universalisme
40:36on a vu
40:37les échelons intermédiaires
40:38entre l'individu
40:39et le monde
40:39comme des obstacles
40:40mais en réalité
40:42on a défait la nation
40:44et on n'a pas eu
40:44un règne d'individus
40:46éclairé
40:47on a eu le règne du tribalisme
40:48qui est plutôt
40:49une espèce d'échelon
40:49intermédiaire
40:50entre l'individu
40:51et la nation
40:52c'est le règne
40:52de la tribu
40:53dans lequel
40:54il y a
40:55des phénomènes grégaires
40:57très puissants
40:57et en effet
40:58l'échelon national
40:59ne nie pas
41:00l'échelon individuel
41:01simplement
41:02lui permet de s'épanouir
41:03en réalité
41:04il lui donne un cadre
41:04c'est ça
41:05c'est une constante
41:07dans votre livre
41:08on sent bien
41:08que vous expliquez
41:09quand même
41:10que le malaise
41:10ça vient du délitement
41:12du cadre
41:13il n'y a plus de cadre
41:14on a remis en cause
41:16la figure
41:17de l'autorité paternelle
41:18on a remis en cause
41:20l'omnipotence
41:21de l'église
41:22où on a à force
41:22de détricoter
41:23tout ce qui est encadré
41:24on a à force
41:25de détricoter
41:26tout ce qui est encadré
41:27on se rend compte
41:28qu'on est plutôt malheureux
41:30parce qu'on ne sait pas
41:30quoi faire
41:31on ne sait pas
41:32où s'inscrire
41:32on ne sait pas
41:33où s'épanouir
41:33sauf que
41:34quelle piste concrète
41:35vous pourriez proposer
41:37parce qu'on se dit
41:37rétablir le sens
41:38de l'autorité par exemple
41:39ou de la valeur travail
41:40c'est un mot assez vague
41:41en quelque sorte
41:42mais ça ne se décrète pas
41:43non ça ne se décrète pas
41:45ce que je dirais
41:46simplement
41:47sur la question
41:48du délitement
41:48de l'autorité paternelle
41:50c'est qu'il n'y a jamais
41:50durablement de vacances
41:52de l'autorité
41:52qu'elle finit toujours
41:54par revenir d'une façon
41:54ou d'une autre
41:55et que
41:57plus on laisse
41:58la situation
41:58à la fois
41:59sur le plan sécuritaire
42:00en France
42:00et sur le plan moral
42:02continuer dans un chaos
42:04constant et permanent
42:05à chaque match de foot
42:06pour raccrocher
42:07avec le sujet du début
42:09et bien
42:09le retour du bâton
42:10promet d'être
42:11de plus en plus autoritaire
42:12et on voit des sondages
42:13là-dessus
42:13quand on demande aux français
42:15est-ce que vous seriez prêt
42:16qu'un militaire
42:17prenne le pouvoir
42:18en suspendant
42:18les libertés individuelles
42:19etc
42:20qu'on envoie l'armée
42:20dans les banlieues
42:21etc
42:21là on a des sondages
42:23de plus en plus
42:24favorables à ce genre de choses
42:25et pour le formuler
42:26en un mot
42:27on ne pourra pas
42:28se permettre longtemps
42:29la permissivité
42:30parce que plus on laisse
42:31la situation pourrir
42:32plus il y aura cette soif
42:33d'une surcorrection autoritaire
42:34qui pourrait être très dangereuse
42:35en gros vous croyez
42:36ou vous craignez même
42:37qu'on file tout droit
42:38vers une dictature à terme
42:39alors c'est pas vraiment
42:41moi qui le dis
42:41c'est Anna Arendt
42:42quand elle analyse
42:43la question du totalitarisme
42:44elle fait le lien
42:45entre ce qu'elle appelle
42:45la désolation
42:46donc l'isolement
42:49avec une soif de surcorrection
42:51c'est-à-dire qu'on est
42:51complètement divisé
42:52chaos etc
42:53on voit l'éloge de la diversité
42:55aujourd'hui encore
42:55qui est un peu
42:56l'antithèse du totalitarisme
42:58dans notre esprit
42:58mais qui en réalité
43:00peut favoriser
43:01ce retour à un ordre
43:02qui pourrait pour le coup
43:03pour mobiliser
43:04un terme galvaudé
43:05dans l'espace public
43:05être réellement fasciste
43:07et qui est cette soif là
43:08de surcorrection
43:10et donc cette génération Z
43:11pour le coup
43:12elle-même
43:13que vous avez qualifiée
43:14de largement walkiste
43:15en tout cas
43:16pourrait paradoxalement
43:17donner naissance
43:18à un régime fasciste
43:19à terme
43:19en tout cas
43:20à minima
43:21d'une étatisation
43:21qui progresse
43:22je parle là-dessus
43:23dans la génération Z
43:25d'une génération asocialiste
43:26au sens asocial
43:27et donc étatiste
43:29parce que c'est l'état
43:29qui vient suppléer
43:31aux solidarités horizontales
43:32organiques
43:33qui existaient par le passé
43:34et peut-être en effet
43:35à quelque chose
43:37de plus radical encore
43:38et pour le coup
43:40il y a des parallèles historiques
43:41encore une fois
43:41c'est-à-dire que
43:43Napoléon
43:43qui est quand même
43:44assez vertical
43:45et certains diraient tyrannique
43:46ou proto-totalitaires
43:47arrivent après l'anarchie terrible
43:49de la révolution française
43:50de la même façon
43:52les SS
43:53prennent le pouvoir
43:54sur les SA
43:55dans le contexte
43:56d'une orgie
43:56je trouve que le symbole
43:57est assez fort
43:57c'est-à-dire qu'on a
43:58quelque chose de sexuellement
43:59débridé etc
44:00la nuit des longs couteaux
44:00la nuit des longs couteaux
44:01les SS prennent le pouvoir
44:03à ce moment-là
44:03et on voit comme ça
44:04des retours de balanciers
44:05historiques très rapides
44:06et puissants
44:06c'est pas nécessairement
44:07d'ailleurs fasciste
44:08c'est simplement
44:08la question de l'autorité
44:09qui se pose
44:10parce que le fascisme
44:11c'est une manifestation
44:13particulière
44:13c'est l'Italie des années 30
44:14il ne faut pas utiliser
44:15c'est une petite pique
44:18que j'adresse à Jean-Marie
44:19parce qu'on utilise trop
44:20ce terme de fascisme
44:21tant bien je ne l'ai pas employé
44:23si si si
44:24je suis d'accord avec vous
44:26c'est pour ça que
44:28j'espère et je mis sur
44:29un retour
44:31à disons
44:32une virilité apaisée
44:33à une autorité
44:34sereine avec elle-même
44:35et pas à une surcorrection
44:36et d'ailleurs là-dessus
44:37je suis fasciné de voir
44:38il y a eu le phénomène
44:39du psychologue
44:40Jordan Peterson
44:40il y a à peu près 10 ans
44:41qui était un phénomène
44:42de figure paternelle
44:43pour ceux qui n'en avaient pas eu
44:44et qui a été traité
44:47sur le mode
44:48d'une figure fasciste
44:50viriliste masculiniste
44:50qui n'est pas du tout son cas
44:51et quand est arrivé
44:52aujourd'hui plus récemment
44:53la figure de l'influenceur
44:53Andrew Tate
44:54qui pour le coup
44:55est un proxénète
44:56complotiste
44:56antisémite etc
44:58condamné
44:59ou en voie de condamnation
45:00largement viriliste
45:01voilà
45:01on a utilisé les mêmes mots
45:03pour le décrire
45:03donc chez les jeunes hommes
45:04il y a le phénomène
45:05de Pierre et Loulou
45:05qui nous disent
45:06pardon celui d'avant
45:07vous l'avez traité de fasciste
45:08alors qu'il ne l'était pas
45:09donc celui d'après
45:10qu'est-ce que ça fait du deuxième
45:11exactement
45:12pareil si on traite
45:13François Bayrou de fasciste
45:15le jour où on aura
45:16réellement quelqu'un
45:17de dictatorial
45:18le terme aura perdu
45:19toute pertinence
45:19une dictature
45:21avec François Bayrou
45:22au pouvoir
45:22ce serait effectivement
45:23une drôle de dystopie
45:24merci Pierre Valentin
45:25pourquoi nos jeunes
45:27ne vont pas bien
45:27et pourquoi ils n'iront
45:28peut-être pas mieux demain
45:29c'est ce qu'en tout cas
45:29on peut lire
45:30dans votre livre
45:31Malaise dans la génération Z
45:33c'est publié
45:34chez Gallimard
45:35à bientôt
45:35merci beaucoup
45:36merci à vous
45:36Stéphane Simon
45:37on vous retrouve dimanche prochain
45:38c'était passionnant
45:39je vous le confirme
45:40merci pour l'invitation
45:40quant à nous
45:41je vous laisse en compagnie
45:42quant à vous
45:43je vous laisse en compagnie
45:44de Laurent Permas
45:45qui vous remontra le moral
45:45en vous expliquant
45:46que vous avez de la vie devant vous
45:48c'est juste après les informations
45:49à tout de suite
45:50et surtout bon courage
45:52à la génération Z
45:52sur Sud Radio
45:53et courage à la génération Z
45:54et à ses parents
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