- il y a 3 jours
À LA UNE / Guerre au Moyen-Orient : jusqu'au peut aller le conflit ?
Une semaine après le début de la guerre en Iran, les frappes américaines et israéliennes se poursuivent. L'armée de l'État hébreu continue son avancée dans le sud du Liban pour tenter de détruire le Hezbollah, soutien de l'Iran, donnant lieu à des déplacements massifs de population. De son côté, Téhéran riposte, essentiellement par le biais de drones envoyés contre les pays du Golfe alliés des États-Unis et se dit prêt à contrer une invasion terrestre. Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a indiqué que l'Iran ne demande ni « cessez-le-feu » ni « négociations » avec les États-Unis. Face à ces déclarations, Donald Trump a appelé la population iranienne à se soulever contre le régime des mollahs et a annoncé, jeudi 5 mars, vouloir « être impliqué » dans le choix du successeur du guide suprême iranien Ali Khamenei. Le conflit semble donc s'installer dans la durée. En France, Emmanuel Macron se montre « mobilisé » et échange avec les alliés régionaux. Il a déjà annoncé le « renforcement de la coopération » avec les forces libanaises et l'envoi de « véhicules de transport blindés ainsi qu'un soutien opérationnel et logistique ». Si la France tient des positions défensives pour venir en aide à ses alliés, elle « ne fait pas la guerre » en Iran, a assuré le Président. La France travaille aussi à la protection de ses ressortissants coincés au Moyen-Orient : 750 personnes ont déjà été évacuées, et selon le Quai d'Orsay, 5000 demandeurs souhaitent revenir en France. Comment les Français perçoivent-ils cette guerre au Moyen-Orient ?
Invités :
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d'Oise,
- Adel Bakawan, directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA), auteur de « La décomposition du Moyen-Orient : trois ruptures qui ont fait basculer l'Histoire » (Tallandier),
- Armin Arefi, grand reporter au « Point ».
Une semaine après le début de la guerre en Iran, les frappes américaines et israéliennes se poursuivent. L'armée de l'État hébreu continue son avancée dans le sud du Liban pour tenter de détruire le Hezbollah, soutien de l'Iran, donnant lieu à des déplacements massifs de population. De son côté, Téhéran riposte, essentiellement par le biais de drones envoyés contre les pays du Golfe alliés des États-Unis et se dit prêt à contrer une invasion terrestre. Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a indiqué que l'Iran ne demande ni « cessez-le-feu » ni « négociations » avec les États-Unis. Face à ces déclarations, Donald Trump a appelé la population iranienne à se soulever contre le régime des mollahs et a annoncé, jeudi 5 mars, vouloir « être impliqué » dans le choix du successeur du guide suprême iranien Ali Khamenei. Le conflit semble donc s'installer dans la durée. En France, Emmanuel Macron se montre « mobilisé » et échange avec les alliés régionaux. Il a déjà annoncé le « renforcement de la coopération » avec les forces libanaises et l'envoi de « véhicules de transport blindés ainsi qu'un soutien opérationnel et logistique ». Si la France tient des positions défensives pour venir en aide à ses alliés, elle « ne fait pas la guerre » en Iran, a assuré le Président. La France travaille aussi à la protection de ses ressortissants coincés au Moyen-Orient : 750 personnes ont déjà été évacuées, et selon le Quai d'Orsay, 5000 demandeurs souhaitent revenir en France. Comment les Français perçoivent-ils cette guerre au Moyen-Orient ?
Invités :
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d'Oise,
- Adel Bakawan, directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA), auteur de « La décomposition du Moyen-Orient : trois ruptures qui ont fait basculer l'Histoire » (Tallandier),
- Armin Arefi, grand reporter au « Point ».
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00:05Musique
00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:26On est vendredi et comme chaque vendredi, c'est à vous que nous donnons la parole car votre voix compte.
00:33Émission en public donc consacrée à la guerre en Iran et à ses conséquences.
00:37Cette guerre vous fait-elle peur ? Qu'attendez-vous de la France ? Qu'espérez-vous pour le peuple
00:41iranien ?
00:42Et quel regard portez-vous sur cette scène internationale où la loi du plus fort semble désormais s'imposer ?
00:48Notre public a plein de questions à poser à nos trois invités qui sont ce soir Aïda Adizadeh.
00:53Bonsoir, vous êtes députée socialiste du Val d'Oise et votre histoire personnelle est intimement liée à l'Iran puisque
00:59vous y êtes née et que vos parents ont fui le régime des Mollahs.
01:03Adèle Bakawan, bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:05Vous êtes directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa.
01:10En français, pour faire plus simple, vous êtes spécialiste du Moyen-Orient on va dire.
01:14Et votre histoire aussi est liée à l'Iran par un de vos parents je crois.
01:17Ma mère.
01:17Par votre mère, voilà.
01:18Et Armin Arefi, bonsoir Armin.
01:21Bonsoir.
01:21Vous êtes grand reporter au point, d'origine iranienne également.
01:24Vous avez été correspondant en Iran pour plusieurs médias et vous avez signé un documentaire il y a quelques mois
01:28de cela consacré aux gardiens de la révolution en Iran.
01:32Merci à tous les trois donc d'avoir accepté de vous prêter à ce jeu des questions réponses avec notre
01:37public.
01:37Vous êtes bien installés ? Vous êtes prêts ?
01:40Et bien c'est parti pour Chaque Voix Compte.
01:49C'est un de ces moments où l'histoire s'accélère.
01:52Il y a une semaine donc Israël et les Etats-Unis déclenchaient leurs premières attaques contre l'Iran.
01:57Depuis, c'est toute la région qui s'est embrasée avec des répercussions géopolitiques dont on ne mesure pas encore
02:02toutes les conséquences.
02:04Retour donc sur cette folle semaine avec Stéphanie Despierre.
02:08Samedi, à l'aube, Israël et les Etats-Unis déclenchent l'opération Führer Épique contre l'Iran.
02:14Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant la menace imminente constituée par le régime iranien.
02:23Contrairement au mois de juin, la réplique de Téhéran est immédiate et tous azimuts.
02:28Les sirènes retentissent en Israël.
02:30L'Iran attaque aussi les pays du Golfe.
02:32Le Qatar, Bahreïn, l'Arabie Saoudite et même une base française à Abu Dhabi sont visés par des drones et
02:38des missiles,
02:39tout comme des zones kurdes en Irak.
02:41Les bombardements israélo-américains décapitent le régime iranien.
02:45Dans la nuit, la mort de l'Ayatollah Khomeini est confirmée, après 37 ans de pouvoir absolu.
02:51Dimanche, le Hezbollah lance ses premières roquettes contre Israël.
02:55Conséquence, le conflit s'étend au Liban.
02:58Telle la vive réplique.
03:00Nous continuons à frapper l'Iran avec force.
03:03Nos pilotes survolent l'Iran et Téhéran, ainsi que le Liban.
03:06Le Hezbollah a commis une grave erreur en nous attaquant.
03:09Nous avons déjà réagi avec force.
03:11Mardi, nouvelle série de frappes israélo-américaines sur des points stratégiques de Téhéran.
03:17Leur force navale a été détruite.
03:18Leur armée de l'air a été détruite.
03:21Leur détection aérienne a été détruite.
03:23Leur radar a été détruit.
03:24En Iran, en fait, presque tout a été détruit.
03:27L'Europe est à son tour visée.
03:28Un drone iranien frappe une base britannique à Chypre.
03:31La France et plusieurs pays européens envoient des frégates en renfort.
03:36Dans le Golfe, le détroit d'Hormuz, à portée de tir iranien, se ferme.
03:40L'économie mondiale retient son souffle car 20% du pétrole et du gaz transitent par cette zone.
03:46Emmanuel Macron, à la télévision, annonce l'envoi du Charles de Gaulle en Méditerranée.
03:51Nous avons des intérêts économiques à préserver car les prix du pétrole, les prix du gaz,
03:56la situation du commerce international sont profondément perturbées par cette guerre.
04:01L'Iran met en garde les Européens.
04:12Mercredi, pour la première fois depuis 1945,
04:16un sous-marin américain coule un navire de guerre ennemi au large du Sri Lanka.
04:21C'était l'un des fleurons de la marine iranienne.
04:24Bilan, plus de 80 morts.
04:27Aujourd'hui, au septième jour de guerre, aucun signe d'accalmie.
04:31Un déluge de feu israélien s'abat sur Beyrouth et le sud du Liban.
04:35Israël vient de déclencher une nouvelle salve d'attaque sur l'Iran.
04:39Nous passons maintenant à la phase suivante de l'opération.
04:42Nous poursuivrons le démantèlement du régime iranien et de ses capacités militaires.
04:46Pour le moment, les Etats-Unis n'envisagent pas l'envoi de troupes au sol.
04:50Ce serait une perte de temps, selon Donald Trin.
04:53Les grandes villes israéliennes et les pays du Golfe sont quotidiennement visés par les Iraniens ou leurs soutiens régionaux.
05:00Au Moyen-Orient, l'embrasement est désormais généralisé.
05:04En France, l'inquiétude grandit.
05:06Pour rassurer, Emmanuel Macron va jusqu'à répondre en personne au message d'une jeune fille sur les réseaux sociaux.
05:13Est-ce que vous pouvez enlever la guerre, s'il vous plaît ?
05:16Parce que vous avez trop ouvert votre bouche, je trouve.
05:18Alors, la France, elle ne fait pas partie de cette guerre.
05:21Nous, on n'est pas au combat et on ne va pas s'engager dans cette guerre.
05:23C'est très compliqué ce qui se passe dans la région.
05:26Mais la France, elle ne fait pas la guerre dans cette région.
05:28Elle protège les Françaises et les Français, ses alliés.
05:31Et elle est aux côtés du Liban et de sa souveraineté, de son intégrité territoriale.
05:36Ni plus ni moins.
05:37Une semaine après le début de la guerre,
05:39à Téhéran, le régime des Molas, même s'il est en grande partie décapité, est toujours en place.
05:45Alors, on vient de voir Emmanuel Macron répondre à cette jeune française inquiète d'une entrée en guerre de la
05:52France.
05:52On a plusieurs étudiants sur ce plateau.
05:54On a Malo, Juliette, Camille.
05:57Je voulais savoir si vous partagez ces inquiétudes-là
06:00ou est-ce que vos proches, vos amis avec qui vous échangez peuvent être inquiets eux aussi ?
06:06Je ne sais pas si l'un d'entre vous peut réagir.
06:09Malo ?
06:11Alors, il faut prendre le micro.
06:12On va vous le donner.
06:14Je ne crois pas partager cette inquiétude-là, moi, personnellement.
06:18Et dans les gens que je côtoie, mes amis ou mes proches,
06:23je ne connais pas grand monde qui porte vraiment une inquiétude sur ce sujet-là
06:28et qui n'ont la volonté de s'engager, là, incessamment.
06:32Je ne sais pas vraiment.
06:33Non, ce n'est pas un sujet de conversation entre vous, ces crises à répétition ?
06:38Oui, non, la guerre et les crises en tant que telles sont des sujets entre nous.
06:40La question de s'engager volontairement...
06:42Alors, on n'en est pas...
06:43Ça, c'est un sujet qu'on abordera peut-être à la fin de l'émission,
06:45mais plus sur ce climat général, si on peut dire.
06:50En France ?
06:50Voilà, le fait qu'Emmanuel Macron ait décidé d'envoyer des bâtiments militaires
06:55à proximité de la zone du conflit,
06:58qu'il renforce le système de défense de nos bases qui sont dans la région,
07:03voilà, tout cela ?
07:06Dans son envoi de normes militaires, etc.,
07:09ça répond seulement à des accords conclus avec d'autres pays,
07:12donc là-dessus, je ne sais pas vraiment...
07:14Je trouve ça normal et nécessaire par rapport aux accords conclus.
07:19Non, après, je n'ai pas d'inquiétude particulière juste en France.
07:23Guylaine, vous êtes jeune retraitée de la fonction publique, je crois,
07:29et vous avez une question sur ce que fait la France dans cette région, c'est ça ?
07:34Oui, alors moi, je suis très interrogative et un peu perplexe
07:39sur l'attitude et le discours du président de la République.
07:42En 2003, dans un contexte bien différent,
07:45un contexte international bien différent,
07:47les États-Unis, à l'ONU,
07:51prennent le prétexte d'une guerre dans la région, dans le Moyen-Orient.
07:55Après, on a appris que c'était un énorme mensonge.
07:59La France a su dire non.
08:02Là, en 2026, nous avons un président qui nous voit un peu à vue,
08:08qui n'a pas de position et qui...
08:11Alors effectivement, il y a des accords internationaux de protection
08:15avec des puissances dans la région,
08:19mais quand même, la France est engagée,
08:21elle met à disposition une base en France.
08:28Alors, il n'y a pas de...
08:29Vous parlez d'une mise à disposition de l'aviation américaine.
08:32Oui, oui, oui.
08:33Il y a eu effectivement une base qui a été utilisée par l'aviation américaine
08:35il y a quelques jours de cela, avec l'autorisation de la France.
08:38Sans qu'il y ait de débat, enfin, à ma connaissance,
08:40à l'Assemblée nationale,
08:42j'interroge Aïda là-dessus.
08:45Voilà, c'est pas très clair.
08:49Et je trouve que c'est pas honnête vis-à-vis du peuple
08:51et vis-à-vis de la représentation nationale.
08:54Alors, Aïda Edizadeh, vous n'êtes pas membre du parti d'Emmanuel Macron.
08:57Vous êtes membre du parti socialiste,
08:58mais voilà, que lui répondez-vous ?
09:01Je comprends votre inquiétude
09:03et le sentiment que vous avez que ce n'est pas clair
09:06et que le président a l'air de,
09:08comme vous avez employé ce terme,
09:09vous le voyez. Je ne suis pas son porte-parole.
09:12Je comprends quand il dit
09:14c'est une frappe illégale
09:16et c'est contraire au droit international,
09:18il rappelle une réalité.
09:20Avant ça, il dit
09:21c'est quand même de la faute de l'Iran
09:23parce que, contrairement à la situation de 2003
09:25où le gouvernement américain avait inventé,
09:27et on le sait maintenant, des armes de destruction massive,
09:30là, ça fait, on va dire, 40 ans
09:32que le régime iranien dit
09:34mort à Israël et nous allons détruire Israël
09:36et a entamé, de manière aussi illégale,
09:41la course à l'armement nucléaire militaire.
09:44Et donc, le président a dit
09:46c'est de la faute de l'Iran,
09:47mais quand même c'est illégal,
09:48mais quand même nous allons honorer notre accord.
09:50Donc, d'où le sentiment que ça le voit.
09:52Et vous avez raison,
09:53ça devrait quand même faire l'objet
09:54d'un débat à l'Assemblée.
09:56J'ai cru comprendre
09:57que le chef du gouvernement,
09:59M. Lecornu,
09:59allait réunir les chefs de parti.
10:01– L'annoncer aujourd'hui,
10:02ce sera mercredi prochain, effectivement.
10:03– Et moi, mon parti politique
10:05demande à ce qu'il y ait un débat à l'Assemblée
10:07pour que les citoyens soient éclairés.
10:10Cela étant, je pense que,
10:12moi, la difficulté que j'ai dans ce conflit,
10:15c'est qu'on est entre l'impuissance
10:18du droit international,
10:19parce qu'en janvier,
10:21ça a été rappelé dans le reportage,
10:23le régime iranien a massacré
10:2530 à 40 000 Iraniens en deux jours.
10:27C'est l'équivalent de la Shoah par balle,
10:30cet épisode effroyable
10:31de la Seconde Guerre mondiale
10:33où l'armée nazie avait tué
10:34en l'espace de quelques heures
10:3630 à 40 000 Juifs par balle.
10:40Et ça, ça a été un énorme traumatisme
10:42pour les Iraniens
10:42et c'est un point de non-retour.
10:44À ce moment-là,
10:45le droit international pouvait agir,
10:46mais il est resté muet, silencieux
10:48et dans le commentaire.
10:50Et en face, désormais,
10:51nous avons les bombes.
10:53Et donc, nous sommes entre
10:54l'illégalité et l'impuissance.
10:56Et moi, je pense que cet épisode-là
10:58doit être un réveil
10:59pour tous celles et ceux
11:02qui, comme moi, sont attachés
11:03non seulement à la démocratie,
11:04mais aux droits humains
11:05pour revoir de manière profonde,
11:08demander à nos gouvernements
11:09de revoir de manière profonde
11:10l'architecture du droit international.
11:12Parce que si le droit international
11:13ne sert qu'à condamner
11:15des gouvernements
11:16qui le bafouent,
11:17mais ne sert pas à protéger
11:18des populations
11:18qui sont exécutées
11:19par leur propre régime,
11:21alors même qu'il y a des dispositions
11:21dans le droit international
11:22qui pourraient le permettre,
11:23eh bien, ça ne sert à rien.
11:24Et donc, je pense que ça doit être
11:26l'occasion de demander
11:27à nos gouvernements
11:28de prendre ce dossier en main
11:29et de ne pas osciller
11:30entre condamnation
11:31et puis suivisme.
11:32C'est un peu ce qu'on a vu.
11:34– Peut-être sur l'autre volet
11:35de votre question, Guylaine,
11:37savoir, est-ce que la France
11:39peut tenir une position
11:40comme celle qu'elle a tenue
11:41en 2003 en disant non
11:42de façon aussi ferme,
11:44claire et définitive
11:45aux États-Unis
11:46par rapport à la guerre en Irak
11:47à l'époque ?
11:48Est-ce que cette position,
11:49elle est tenable aujourd'hui
11:49dans le monde tel qu'il est
11:50aujourd'hui ?
11:51Adèle Bakawan
11:52ou Armin, je ne sais pas.
11:56Écoutez, tout d'abord,
11:58moi, je ne suis pas politique.
11:59Je suis chercheur.
12:01Donc, mes propos,
12:03il faut le mettre
12:04dans une grille de lecture
12:05Moyen-Orientale.
12:08Personnellement,
12:09je l'ai déjà dit
12:09sur plusieurs plateaux,
12:10la France a besoin
12:11d'un miracle
12:12pour ne pas rentrer
12:12dans cette guerre.
12:14Pourquoi ?
12:15Parce que, tout simplement,
12:16il y a des indicateurs
12:18très, très sérieux
12:19qui préparent
12:21des conditions objectives
12:23malgré la volonté
12:25du président de la République.
12:27La France s'engage
12:28indirectement ou directement.
12:30Le premier indicateur,
12:31c'est que nous avons
12:31déjà des accords
12:33de défense
12:33au moins avec trois pays
12:35lourdement attaqués
12:37par les Pazdaran,
12:38c'est-à-dire les gardiens
12:38de la révolution islamique.
12:40Le Kouït,
12:41le Qatar
12:42et surtout
12:43les Émirats arabes unis.
12:46Et ensuite,
12:47ces accords de défense
12:48nous obligent,
12:49obligent la France
12:50d'intervenir directement
12:52pour défendre
12:53ces trois pays.
12:53Défendre,
12:54ça veut dire quoi ?
12:54C'est-à-dire
12:56directement s'opposer
12:57aux gardiens
12:57de la révolution
12:58qui bombardent ces pays-là.
12:59Et on sait très bien
13:00que la nouvelle stratégie
13:02de l'Arijani,
13:03l'Arijani,
13:03c'est la personnalité
13:04qui dirige
13:05dans les coulisses
13:06actuellement
13:06la République islamique d'Iran
13:08depuis la disparition
13:09de l'ancien guide.
13:11La nouvelle stratégie,
13:12c'est attaquer tout le monde,
13:14c'est régionaliser
13:14la conflictualité,
13:15c'est radicaliser
13:16la conflictualité,
13:17on attaque même Chypre
13:18à une base britannique.
13:21Ça,
13:21c'est le premier indicateur.
13:23Le deuxième indicateur,
13:24le président,
13:24moi j'étais sur
13:25un autre plateau
13:26en direct,
13:27le président est intervenu
13:28pour faire son discours
13:29de huit minutes,
13:30très pédagogique,
13:31très très clair,
13:31et il a dit clairement
13:33que nous allons sécuriser
13:34le détroit d'Hormuz.
13:36C'est-à-dire quoi sécuriser ?
13:37C'est-à-dire
13:37qu'il faut déployer
13:38les moyens militaires,
13:39n'est-ce pas ?
13:40Ce n'est pas avec la musique,
13:41l'art,
13:42plastique,
13:42etc.
13:42On sécurise
13:44le détroit d'Hormuz.
13:45C'est adéquat
13:46de sécuriser
13:47le détroit d'Hormuz,
13:48c'est-à-dire
13:49s'opposer directement
13:51aux acteurs
13:52qui empêchent
13:53et qui bloquent
13:54le détroit d'Hormuz.
13:56Et ces acteurs-là,
13:57encore une fois,
13:58ce sont les gardiens
13:59de la révolution islamique,
14:01les Pazdala.
14:02Et le troisième,
14:03comme vous l'avez dit,
14:04on a mis
14:05nos bases militaires
14:06à la disposition
14:07des Américains,
14:08des États-Unis d'Amérique,
14:09pas seulement aux Émirats,
14:10mais un peu partout
14:10au Moyen-Orient,
14:12là où on a des bases.
14:12En Jordanie,
14:14au Kurdistan irakien,
14:15là aussi,
14:16on a bien évidemment
14:17une base,
14:17même si on n'en parle
14:18pas beaucoup,
14:19et surtout à Abu Dhabi.
14:21Alors,
14:22ces trois indicateurs
14:26nous conduisent,
14:26nous amènent
14:27vers une vraie réflexion
14:29d'engagement
14:29de la France.
14:30C'est pourquoi je dis
14:30que la France a besoin
14:32vraiment d'un miracle
14:33pour ne pas entrer
14:33dans cette guerre,
14:34parce que,
14:35notamment dans le détroit d'Hormuz,
14:37les gardiens,
14:37ils ont des drones,
14:39ils ont des missiles
14:40balistiques intelligents
14:41et surtout,
14:42ils ont des bombes flottantes.
14:44Comment vous pouvez sécuriser
14:46le détroit d'Hormuz
14:47sans entrer
14:48en confrontation directe
14:49avec les gardiens ?
14:50Armina Refi,
14:51vous vouliez compléter peut-être ?
14:52Oui, tout à fait.
14:52Je peux juste avoir
14:53votre prénom à nouveau
14:54parce que j'ai une mémoire
14:55de poisson rouge.
14:56Guylaine.
14:57Guylaine, d'accord.
14:58Moi, je pense que votre question
14:58est très légitime
14:59et très importante
15:00et très intéressante.
15:01On n'est plus du tout
15:02dans la configuration
15:03de la invasion américaine
15:05directe de 2003,
15:06mais il y a quand même
15:07certaines ressemblances.
15:08Déjà, il faut rappeler
15:09que la République islamique
15:10d'Iran est un régime
15:13théocratique, dictatorial.
15:14On l'a encore vu,
15:15justement,
15:15comme l'a dit
15:16Hadizadeh,
15:17il y a un mois et demi,
15:20avec de 7000
15:21à 35 000 personnes
15:22massacrées
15:22en à peine deux jours
15:23à l'arme de guerre.
15:24Maintenant,
15:25ce régime iranien
15:26fait l'unanimité
15:27contre lui en France.
15:28Je ne vois pas
15:29d'acteurs politiques
15:30ni médiatiques
15:31qui disent
15:31« Oh, mais quand même,
15:33c'est un moindre mal,
15:34la République islamique. »
15:35Pas du tout.
15:36Maintenant,
15:36en fait,
15:37c'est une région complexe
15:38avec le Moyen-Orient,
15:39mais encore une fois,
15:39face aux situations complexes,
15:41on a un élément,
15:42une arme,
15:43c'est le droit international.
15:44Et que dit
15:45le droit international ?
15:46Comme l'a d'ailleurs
15:46souligné Emmanuel Macron,
15:47le président de la République,
15:48c'est qu'il a été violé
15:50dans cette attaque
15:52unilatérale
15:53de la part d'Israël
15:55et des États-Unis,
15:57d'un pays,
15:57d'un régime,
15:58tout dittatoriel soit-il,
16:00qui reste souverain,
16:01je parle de fait,
16:02et qui a vu
16:03une aviation étrangère,
16:05enfin,
16:06deux aviations étrangères,
16:07venir éliminer,
16:10donc assassiner
16:10les personnalités
16:11les plus importantes
16:13de l'État.
16:13Et donc,
16:14en ce sens,
16:15pour répondre clairement
16:15à votre question,
16:17en fait,
16:17il y a un certain
16:18deux poids, deux mesures.
16:19Soit on estime
16:20que c'est une violation
16:21du droit international,
16:21on condamne
16:23et on ne soutient pas
16:24l'action américaine
16:26et israélienne,
16:27en sachant que,
16:27d'un point de vue,
16:28encore une fois,
16:29factuel,
16:29le régime islamique
16:31menace ses voisins
16:32dans la région,
16:33c'est quelque chose
16:34de très clair
16:34depuis 47 ans.
16:35Mais,
16:37depuis la guerre
16:38des 12 jours
16:38qu'a lancée Israël
16:39en juin 2025,
16:40le programme nucléaire iranien
16:41avait été
16:43complètement retardé.
16:44Le programme
16:44de missiles balistiques iraniens,
16:46qui, au passage,
16:47est le seul programme
16:48lui permettant encore
16:49d'avoir une dissuasion
16:50face aux agressions extérieures,
16:51a été diminuée.
16:52Donc,
16:53il n'y avait aucune urgence
16:54à lancer cette attaque.
16:56C'est davantage
16:56une opportunité stratégique
16:58dont s'est saisi
16:59le Premier ministre israélien,
17:00Benyamin Netanyahou,
17:01et le poussant avec lui
17:02le président américain,
17:04Donald Trump.
17:04Ce que je veux dire,
17:04par là,
17:05c'est que,
17:05juste pour terminer,
17:08en fait,
17:09de deux choses l'une,
17:10soit on estime
17:11qu'il y a une violation
17:12du droit international
17:13et on condamne,
17:14soit on estime
17:15qu'il n'y a pas
17:15de violation du droit international
17:16et on ne condamne pas.
17:17Mais dans ce cas-là,
17:18on n'invoque pas
17:19le droit international
17:20pour l'Ukraine,
17:21pour la Russie
17:22et d'autres présidents.
17:22Donc,
17:23une sorte de droit international
17:24à la carte
17:24qui, à mon avis,
17:25nuit à la voie française
17:27et qui est complètement
17:28aujourd'hui différente
17:29et beaucoup plus alignée
17:30aux Américains
17:30qu'elle ne l'était
17:31il y a de cela 23 ans.
17:32Hilda,
17:33et puis peut-être Malo,
17:34parce que je crois
17:34que vous aviez une question
17:35justement sur cet enjeu
17:37du droit international,
17:38mais on va en parler
17:39dans un instant.
17:40Hilda.
17:41Oui,
17:41par rapport au droit international
17:43et à l'urgence,
17:44s'il y avait une urgence humanitaire,
17:46même si ce n'est pas la cause
17:49de l'intervention,
17:51et là où la France
17:52a été absente,
17:53et je vous remercie,
17:54Madame la députée,
17:55de l'avoir rappelé,
17:56c'est que cette loi internationale
17:58existe
17:59et quelle est la crédibilité
18:01de la France
18:02d'invoquer pour
18:05comment dire,
18:06protéger un tyran
18:06la loi internationale
18:08lorsqu'elle n'est pas capable
18:09d'aller chercher
18:10la loi internationale
18:11pour protéger des civils
18:12qui sont massacrés
18:13par ces dirigeants tyranniques.
18:15Je vous interromps Hilda,
18:16parce que c'est vrai
18:17que je ne vous ai pas présenté,
18:18vous êtes franco-iranienne,
18:19vous êtes née,
18:19vous avez même grandi
18:20je crois jusqu'à vos 13 ans
18:21en Iran.
18:22Vous avez connu
18:22le régime des Mollahs.
18:23J'ai connu le régime des Mollahs
18:25et j'ai connu les bombes
18:26entre l'Irak et l'Iran
18:28pendant quelques mois.
18:30Par ailleurs, je voudrais dire
18:32si je puis me permettre,
18:34le président ment.
18:35Nous sommes en guerre,
18:37nous avons été attaqués
18:38sur nos bases militaires,
18:39nous avons été attaqués
18:41en Europe, à Chypre,
18:43et nous sommes,
18:44avez-vous entendu
18:44le ministre de l'Intérieur
18:46parler ?
18:46Nous sommes sous la menace
18:48quotidienne
18:48sur le territoire français.
18:50Nous sommes en guerre
18:52et ce qui nous est proposé
18:53par le ministre
18:54des Affaires étrangères
18:55aujourd'hui,
18:56c'est des négociations
18:58avec ce tyran
19:00pour laisser ça
19:01en héritage
19:02à nos enfants.
19:03Donc, effectivement,
19:04je suis pour
19:05qu'on dise...
19:06On comprend votre attachement
19:07et votre forme de colère
19:09parce que vous vous battez
19:10pour recueillir
19:11des preuves juridiques
19:12pour qu'un jour
19:13soient jugés
19:14les responsables
19:15du régime au pouvoir
19:16aujourd'hui en Iran
19:16pour qu'ils soient jugés
19:17par la Cour pénale internationale.
19:19Voilà, je récite un peu
19:20les choses dans leur contexte.
19:21Mais vous avez raison
19:21et si je puis me permettre,
19:22j'espère aussi
19:23tout ce qui aurait été
19:24complice de la situation
19:25dans laquelle les civils
19:27se sont trouvés
19:27pendant toutes ces années.
19:28Alors, peut-être...
19:30Je ne sais pas
19:30si quelqu'un veut réagir.
19:31Merci de votre intervention.
19:33Quand vous parlez justement
19:34de complicité,
19:35qu'est-ce que vous entendez
19:35parler exactement ?
19:37La complicité,
19:38vous savez,
19:38quand vous avez
19:39une responsabilité
19:40en loi, en droit,
19:42la responsabilité,
19:43c'est très clair.
19:46Les États ont une responsabilité
19:48à agir
19:48lorsqu'un autre État
19:51fait ce qu'il a fait
19:52en Iran.
19:54Ça s'appelle
19:54une complicité
19:55de ne pas agir.
19:57Alors, moi,
19:57je ne suis pas spécialiste
19:58de droit,
19:59comme vous le savez,
19:59mais tout de même,
20:01la non-assistance
20:02à personne en danger,
20:03j'espère bien
20:04que nos étudiants
20:04futurs étudiants...
20:07Alors, justement,
20:08par rapport à ça,
20:08je pense que c'est très clair.
20:09En quelques mots.
20:10Vous avez raison,
20:10mais où était,
20:12dans ce cas-là,
20:12la France
20:13quand il y a eu
20:14les massacres du 7 octobre ?
20:16Où a été la France
20:16quand il y a eu
20:17les massacres
20:17contre la population
20:18palestinienne à Gaza ?
20:19Où était la France
20:20quand Bachar el-Assad,
20:21avec l'aide de l'Iran,
20:22massacrait sa propre population ?
20:23En tout cas,
20:24moi,
20:24j'étais dans la rue
20:25quand Bachar el-Assad
20:26tapait sur les Syriens
20:29et j'étais aux côtés
20:31aussi des Ukrainiens
20:32et je suis désolée
20:33qu'y compris l'Ukraine
20:34ait été abandonnée
20:35par la France
20:36de manière plutôt...
20:38On va faire circuler
20:39la parole dans le public
20:40parce que je crois
20:40qu'il y a Olivier derrière vous
20:42qui a...
20:43Ah, vous avez le micro.
20:44Très bien.
20:44Olivier,
20:46vous dirigez les opérations
20:47d'une ONG
20:48qui est présente au Liban.
20:49On va en parler dans un instant,
20:50mais allez-y.
20:50Oui, bonjour.
20:51Donc, on a tous un peu
20:52nos lunettes pour parler.
20:53Moi, je suis effectivement
20:53le directeur d'une organisation
20:55qui a des équipes
20:56qui sont en train
20:56de répondre aux urgences
20:58sur le théâtre libanais
21:00et forcément,
21:01ça donne des lunettes
21:02des conséquences.
21:02Ça fait 20 ans
21:03que je fais ce travail-là,
21:03des horreurs.
21:04On en a vu partout.
21:04C'est un peu ce que vous disiez.
21:06Je pense que
21:07ce qui nous interpelle tous
21:08avec nos propres lunettes,
21:10c'est qu'on a besoin
21:10d'un choc de cohérence
21:11et d'honnêteté intellectuelle.
21:13Ça suffit d'avoir des débats
21:14qui font la part,
21:16vous le disiez tout à l'heure,
21:17de deux poids, deux mesures.
21:18Là, on n'est pas à deux poids,
21:18deux mesures.
21:18On est à deux poids,
21:1930 000 mesures différentes.
21:21Cette urgence, elle est là
21:22parce que quelque part,
21:23si on retrouve tous
21:24de la cohérence partout,
21:25ça permettra effectivement
21:26d'avoir une argumentation rationnelle
21:27sur les moyens
21:28qu'on peut faire.
21:29Je suis quelqu'un qui est évidemment
21:30du côté en permanence
21:32de la protection des civils.
21:33C'est le droit international humanitaire.
21:34C'est l'enjeu prioritaire.
21:35Tout le monde le dit,
21:36mais si on le vide de sens,
21:37on perd tout.
21:38Et à force d'utiliser ça,
21:41on en vient à avoir...
21:42Moi, c'est la raison
21:43que je trouve attaquée, en fait,
21:44à avoir des positionnements
21:45qui sont systématiquement différents.
21:47Et on peut en parler,
21:48mais j'attends,
21:49et c'est peut-être ma demande aussi.
21:50On veut nous préparer
21:51à un monde de guerre.
21:52C'est une école réaliste.
21:53Malheureusement, j'ai vu trop d'horreur
21:54pour ne pas savoir que c'est vrai.
21:56Préparons-nous
21:56aux conséquences de la guerre.
21:58On a coupé
21:59le budget de réponse humanitaire
22:01dans une proportion
22:02qui est même indécente.
22:04J'utilise le mot.
22:05Vous parlez du budget
22:06de l'aide au développement ?
22:07La réponse humanitaire.
22:08De la France ?
22:09On parle d'un monde
22:10qui est au bord du chaos.
22:12Et je sais que dans les débats,
22:13madame la députée,
22:13je le dis, je sais que vous êtes pas au valant,
22:15mais que les décisions
22:16qui ont été prises
22:17et probablement imposées
22:18par le pouvoir en place,
22:20c'est une réduction massive
22:22des moyens de réponse.
22:23Et je ne dis pas ça
22:23de mes collègues du centre de crise
22:24qui sont très en soutien
22:25de nos opérations.
22:27Aïda Adizadeh.
22:28Je voudrais réagir
22:29sur ce que vous venez de dire.
22:30Vous avez raison,
22:31c'est de poids 30 000 mesures.
22:32Mais pourquoi ?
22:33Parce que l'unité de mesure,
22:34ce n'est pas la vie humaine
22:35ou les vies humaines,
22:36c'est l'intérêt
22:37à agir ou pas à agir.
22:38Et l'intérêt selon quoi ?
22:39Selon son propre intérêt stratégique.
22:42Est-ce qu'on a du pétrole ?
22:43Est-ce qu'on a du gaz qui est en jeu ?
22:44Est-ce que c'est sur le sol européen ?
22:46C'est près du sol européen ?
22:47Et c'est ça qui rend pour nous,
22:49les citoyens
22:49qui sommes attachés
22:50à la vie humaine,
22:51qui savons que chaque vie humaine
22:53compte qu'une vie
22:54en vaut une autre.
22:55C'est pour ça
22:55que c'est pour nous insupportable
22:57et qu'on a l'impression,
22:57comme vous avez dit madame,
22:59que ça louvoie
22:59ou qu'on ne parle pas honnêtement.
23:01Et c'est ça qu'il faut revoir.
23:02Le droit international
23:03ne peut pas être brandi
23:04uniquement quand on a l'impression
23:06qu'un État a violé
23:07les intérêts stratégiques
23:08d'un autre.
23:08Le droit international
23:09doit venir protéger.
23:11Il y a un pilier
23:12dans le droit international,
23:13c'est la responsabilité
23:14de protéger.
23:14Je n'ai entendu
23:15aucun gouvernement l'employer
23:17quand l'Iran,
23:18le régime iranien,
23:19a exécuté
23:19de sang froid
23:2030 à 40 000 personnes.
23:22On n'a pas encore
23:22le chiffre exact
23:23en deux jours.
23:24Personne ne l'a invoqué.
23:26Moi, je profite
23:27de cet échange
23:27pour me tourner
23:28vers Juliette.
23:29Je ne sais pas
23:29si on peut vous donner
23:30le micro.
23:30Vous êtes étudiante
23:31en relations internationales.
23:33Vous entendez là,
23:34dans ce débat,
23:36quand on entend tout ça,
23:37on a l'impression
23:37que le droit international
23:38est mort ou moribond.
23:40Comment vous,
23:40vous vous projetez
23:41dans ces études-là
23:43et peut-être
23:43dans votre carrière future
23:44en entendant tout cela
23:45en voyant ce qui se passe
23:45aujourd'hui dans le monde ?
23:47Déjà, je suis très contente
23:48de pouvoir étudier ça justement
23:49et ça m'aide vraiment
23:50à comprendre tout ce qui se passe
23:51en ce moment dans le monde.
23:52Mais je pense que
23:53c'est toujours utile
23:54d'étudier le droit international
23:55parce que justement,
23:56ça nous permet de comprendre
23:57pourquoi il existe,
23:58pourquoi il a été créé
23:58et pourquoi aujourd'hui,
24:00il continue à avoir
24:00son importance
24:01dans les relations
24:02entre les États.
24:03Mais ça ne vous déstabilise pas
24:03de voir que c'est
24:05la loi du plus fort
24:06qui s'impose finalement,
24:08que les Nations Unies
24:08n'ont plus vraiment leur voie.
24:10La sécurité collective,
24:11aujourd'hui,
24:12on n'en parle plus vraiment.
24:13Oui, c'est vrai.
24:14Mais je pense que justement,
24:15c'est en étudiant ça
24:16que derrière,
24:16on pourra faire bouger les choses
24:19porter un monde plus pacifié.
24:22La loi du plus fort
24:23n'est pas le problème.
24:23C'est au service de quoi
24:24vous mettez la force ?
24:26Au service de la protection
24:27de votre intérêt
24:28ou de l'intérêt de personnes
24:29avec qui vous avez noué
24:29des contrats ?
24:30Ou au service des plus faibles,
24:32des plus démunis
24:32de la population,
24:34quelle qu'elle soit,
24:34la vôtre ou celle
24:35d'autres pays ?
24:36Et c'est là où la loi du plus fort
24:38doit s'appliquer
24:39dans l'entraide entre les peuples
24:40et pas dans la défense
24:41des intérêts des plus puissants.
24:43J'aimerais qu'on essaie
24:44de parler un peu
24:45de ce que vivent les Iraniens
24:46depuis une semaine
24:47avec ces bombardements
24:49incessants.
24:50Hilda, peut-être,
24:51je ne sais pas si on peut
24:52vous redonner le micro,
24:53mais la question,
24:55c'est est-ce que vous arrivez
24:56à joindre votre famille ?
24:57Est-ce que vous arrivez
24:57à savoir comment ils vivent
24:58la situation sur place ?
25:00Pas la famille, non.
25:02C'est une décision
25:03de ne pas joindre la famille
25:05depuis plusieurs années déjà.
25:06En revanche,
25:07j'ai des contacts
25:08à travers le pays
25:09comme je pense
25:10nous tous ici
25:11qui sommes concernés.
25:13Et j'ai réussi
25:14à avoir deux contacts
25:17directs
25:17depuis le début
25:18des bombardements.
25:20Les gens
25:23semblent
25:23effectivement
25:24à la fois
25:25terrifiés
25:25mais continuent
25:26à dire
25:26on doit en passer
25:28par là,
25:28on n'a pas le choix,
25:29il faut que
25:30les forces s'équilibrent
25:31pour qu'on puisse
25:32venir à bout
25:32de ce régime.
25:34Et donc,
25:35vraiment,
25:35on continue
25:36à espérer
25:37que ce régime
25:39soit affaibli
25:40pour qu'il puisse
25:41faire face.
25:42Aïda Adizadeh,
25:43vous-même,
25:44vous avez de la famille,
25:45vous êtes dans la même situation,
25:46vous n'osez pas trop
25:46essayer de les contacter ?
25:47De toute façon,
25:47les connexions Internet
25:48sont la plupart du temps
25:50coupées.
25:50Oui,
25:50la connexion Internet
25:51est coupée,
25:52eux peuvent joindre
25:53les personnes étrangers
25:54en passant par les lignes
25:55terrestres,
25:56mais c'est des communications
25:57très courtes,
25:57donc c'est des signes
25:58de vie qu'ils donnent.
25:59Moi,
26:01du fait de ma position politique
26:02et de mes prises
26:02d'opposition politique
26:03contre le régime,
26:04je ne parle absolument
26:04pas politique
26:05avec ma famille.
26:06Vous ne voulez pas
26:06les exposer en fait ?
26:07Surtout pas,
26:08ce serait trop simple
26:08pour moi et trop confortable
26:10que d'avoir même...
26:11On sait que le régime iranien
26:13étant un appareil répressif,
26:16messieurs-écoutent,
26:17espionnent,
26:18voilà,
26:18toutes ces choses-là,
26:19on le sait,
26:20emprisonnent sans aucune raison
26:21d'ailleurs des personnes
26:22qui n'ont pas
26:23des activités politiques,
26:24donc je comprends
26:25tout à fait votre prudence
26:26et je me l'applique aussi.
26:27Je pense que si on réunissait
26:29un plateau d'Iraniens,
26:31on aurait peut-être
26:329 Iraniens sur 10
26:33ici devant nous
26:34qui seraient
26:35pour la chute du régime,
26:36mais aussi dans la peur
26:38de voir une bombe
26:39tomber sur leur maison.
26:41La question,
26:42c'est comment on arrive
26:43à concilier les deux
26:43la chute du régime
26:44et la fin de la guerre
26:45le plus vite possible.
26:46Mais,
26:47et c'est là où je vous rejoins,
26:48si on passe par une phase
26:49de négociation
26:50alors que le régime
26:51n'est pas tombé,
26:52on referme la porte
26:54de la prison à clé
26:55à double tour
26:55sur les Iraniens.
26:56Et ça serait la chose
26:57la plus terrible
26:57qu'on pourrait leur faire arriver.
26:58C'est pour ça que là,
26:59la France a un rôle à jouer
27:00et l'Europe aussi.
27:02Dans les négociations,
27:03Donald Trump,
27:04il a choisi la voie des bombes,
27:05mais deux semaines avant,
27:06il était dans une négociation.
27:08À aucun moment
27:09dans sa négociation,
27:10le sort du peuple iranien
27:10n'était sur la table.
27:11On parlait de programme balistique,
27:13on parlait de programme nucléaire,
27:14mais le sort du peuple iranien
27:15n'était pas là.
27:16Moi,
27:17j'engage le gouvernement français
27:18et le concert européen,
27:22le concert des nations européennes
27:23à dire
27:23le peuple iranien
27:25doit être le début
27:26et la fin
27:27et notre boussole ultime.
27:28Il faut lui redonner
27:29sa souveraineté totale.
27:30Alors à quel,
27:31on a Donald Trump
27:32qui veut faire tomber le régime
27:33en disant
27:33je sais quelle personne
27:34je mettrai à la place
27:35du prochain guide suprême
27:37sans donner son nom ?
27:39Est-ce que c'est si clair que cela ?
27:40Moi,
27:40j'allais vous poser la question
27:41parce qu'un jour,
27:42il dit qu'il veut faire tomber
27:43le régime,
27:44le faire capituler.
27:45Un autre,
27:46il dit qu'il va avoir
27:46son mot à dire
27:47sur qui sera le prochain Ayatollah.
27:50On peut faire tomber le régime
27:51et vouloir choisir
27:52en bon parrain
27:53parce qu'on n'a plus
27:53un gendarme du monde.
27:54Les Etats-Unis
27:55gouvernés par Donald Trump,
27:56c'est le parrain de la mafia.
27:58Donc le parrain de la mafia
27:58veut choisir
27:59qui met à la place
28:01du président du Venezuela,
28:03qui met à la tête de l'Iran
28:04et c'est un véritable problème.
28:05Combien de fois
28:06le peuple iranien
28:07va voir son destin
28:08confisqué
28:08par des puissances impériales ?
28:10C'est une longue histoire
28:11pour les Iraniens
28:11et ça n'a pas commencé
28:12là en 2026.
28:14Ça fait plus d'un siècle
28:15que le peuple iranien
28:15voit son destin lui échapper
28:16parce que des puissances impériales
28:19pour imposer un gouvernement.
28:21Adèle Bakawan,
28:22comment vous voyez
28:23la situation aujourd'hui ?
28:24Est-ce que le régime
28:25peut vraiment tomber ?
28:26Les deux peuples,
28:27vous avez abordé
28:27à la fois le peuple libanais
28:29et le peuple iranien.
28:30D'abord,
28:31par rapport au Liban,
28:33vous avez absolument raison.
28:34Moi, le Liban,
28:36c'est un de mes terrains
28:37sur lesquels
28:37j'amène des projets
28:38de recherche
28:39depuis quelques années
28:40et j'ai été récemment,
28:42très très récemment
28:43avant cette guerre.
28:45Au Liban,
28:45on n'a pas d'État.
28:47Il n'y a plus d'État.
28:48Vous avez un ministre
28:49avec un ou deux secrétaires
28:50et vous n'avez pas de ministère.
28:51Il n'y a rien.
28:52Les ministères sont vides.
28:53L'État est en situation
28:54faillite totale.
28:56Et donc,
28:56l'État ne peut pas
28:57prendre en charge
28:58les 1 million Libanais
29:00en cours de déplacement.
29:02400 000
29:03juste dans Zahir.
29:04Zahir en arabe,
29:05c'est-à-dire les banlieues.
29:06Les banlieues du sud du Liban
29:08menacées depuis hier,
29:09alertées par Israël.
29:11Ils doivent...
29:11Ça n'est jamais arrivé.
29:14Jamais.
29:14Vous êtes en train de dire
29:15que là,
29:15il y a vraiment
29:15une grave crise humanitaire.
29:17ils demandent
29:18de déplacer
29:20la totalité
29:21des 400 000
29:22qui habitent
29:22dans les Zahir à Beyrouth.
29:24Mais aussi dans le sud.
29:25Si on additionne les deux,
29:27ça fait à peu près
29:271 million de déplacés
29:29sur 6 millions de Libanais.
29:30Donc,
29:31c'est une crise humanitaire
29:33majeure,
29:34très très importante
29:35dans la situation
29:36d'un État
29:36qui n'est absolument
29:38pas en mesure
29:39de les prendre en charge.
29:40Un,
29:41d'où les saoudiens,
29:42les golfiens
29:43d'une manière générale,
29:45nous donnent pas
29:46un seul dollar
29:47depuis plusieurs années
29:48aux Libanais.
29:49Et on sait très bien
29:50que le Liban
29:50n'est pas un pays pétrolier,
29:52ni pas un pays gazé.
29:53Il n'y a que du tourisme
29:54et l'argent des golfiens.
29:56Les golfiens
29:57ont coupé l'argent
29:58à cause de la guerre,
29:59notamment depuis le 7 octobre.
30:00Il n'y a plus de tourisme
30:01et donc l'économie
30:02est totalement à terre.
30:04Dans cette situation-là,
30:05il ne nous reste
30:05qu'un seul lever,
30:07à savoir
30:07les organisations humanitaires.
30:11Et là,
30:11si la France vraiment
30:12veut jouer un rôle,
30:14c'est pas appeler
30:14Benjamin Netanyahou
30:15parce qu'on sait très bien
30:16que la France
30:17n'a aucune carte
30:19de pression
30:20à jouer
30:21sur la décision
30:23de Benjamin Netanyahou.
30:24La seule personne
30:25qui veut changer d'avis
30:26à Benjamin Netanyahou,
30:27c'est Donald Trump.
30:27Donald Trump,
30:28il n'interviendra pas
30:29dans cette situation.
30:30Si la France souhaite,
30:31l'Angleterre bien évidemment,
30:32l'Allemagne,
30:33les pays européens,
30:34l'Union européenne
30:35souhaite jouer un rôle
30:36efficace et très important,
30:37là,
30:38il faut absolument
30:38financer d'une manière
30:40considérable
30:40les organisations humanitaires
30:42sur place.
30:43Malheureusement,
30:44c'est ce qu'on fait.
30:44Avant,
30:45TRG a reçu
30:46mon dernier papier
30:47de la part
30:47de notre chercheuse
30:48à Téhéran
30:49et ça fait un bon moment
30:50qu'on est coupé.
30:51Nous avons notre institut
30:53à trois chercheurs,
30:54deux à Téhéran
30:54et une à Kermanshan.
30:57Le dernier papier
30:58qu'on a reçu,
30:59on l'a mis en ligne
31:00en anglais
31:00et en français,
31:02c'est qu'elle nous parle,
31:03notre chercheuse,
31:04d'Iran
31:06irréconciliable.
31:07Vraiment,
31:08vous avez une majorité
31:10absolue iranienne
31:11totalement
31:12et profondément
31:13et structurellement
31:15opposée au régime.
31:16C'est à peu près
31:1780% de la population
31:18mais il y a encore
31:2020% de la population
31:21derrière ce régime-là
31:22et donc,
31:23on est dans cette fracture
31:23en termes de population
31:25et un dernier mot,
31:27personnellement,
31:27je pense,
31:28le peuple iranien,
31:30s'il compte,
31:31s'il parie sur Donald Trump,
31:33c'est un pari perdu.
31:35Donald Trump,
31:36son dernier souci,
31:37c'est la démocratie,
31:39c'est le peuple iranien.
31:40Il a déjà menti
31:41au moment
31:41où on a assassiné
31:4230 000 personnes
31:44dans la rue,
31:45il disait
31:46« Restez dans la rue,
31:47l'aide arrive,
31:48prenez le contrôle
31:49des institutions ».
31:50Le lendemain,
31:51il nous parlait
31:51de la négociation
31:52avec les ayatollahs.
31:54Armin Arefi,
31:55quel est votre regard
31:55sur la situation,
31:56vous, aujourd'hui,
31:56du régime iranien ?
31:58Est-ce qu'il vous semble
31:58sur le point de tomber
31:59ou est-ce qu'il a
32:00une résilience telle
32:01qu'on est parti
32:02pour une guerre longue,
32:03très longue, sans doute ?
32:04Et qui a-t-il exactement
32:06dans la tête de Donald Trump ?
32:07Est-ce qu'il a vraiment
32:08une stratégie
32:09dans cette guerre
32:09qu'il a déclenchée
32:10il y a une semaine ?
32:11Alors,
32:12le régime iranien
32:13est plus affaibli
32:14que jamais,
32:14il n'a jamais été
32:15aussi faible en 47 ans
32:16au niveau de son programme
32:18nucléaire,
32:18de son programme balistique,
32:19du mécontentement populaire
32:20d'environ 80%
32:21de la population
32:22et de son réseau
32:23de groupes alliés
32:24dans la région,
32:25le Hamas à Gaza,
32:26le Hezbollah au Liban,
32:28les Houthis au Yémen,
32:29les milices chiites
32:29en Irak.
32:31Maintenant,
32:31même s'il subit
32:32la puissance de feu
32:34de l'armée israélienne
32:35et de l'armée américaine,
32:36il n'est pas sur le point
32:37de tomber,
32:38il faut dire la réalité,
32:39il n'est pas sur le point
32:40de tomber
32:41parce que l'apanage
32:43des armes
32:44reste entre les mains
32:46des forces répressives
32:48du régime,
32:49à savoir l'armée idéologique
32:50du régime,
32:50les gardiens de la révolution,
32:51l'armée régulière
32:52et les miliciens
32:54paramilitaires volontaires
32:55qu'on appelle
32:56les basidji.
32:57Pour bien comprendre
32:59le résumé,
32:59c'est que tant qu'il n'y aura
33:01pas de troupes au sol,
33:02qu'il s'agisse
33:03de rébellions iraniennes armées,
33:05qu'elles soient kurdes,
33:06balouches arabes
33:07ou perses iraniennes,
33:10ou alors de forces étrangères,
33:12des soldats américains,
33:14israéliens,
33:15européens,
33:16il n'y aura pas,
33:17le régime aura
33:18de quoi attendre,
33:20de quoi voir devant lui.
33:21Et donc,
33:21c'est la situation actuelle.
33:23Il y a quand même
33:24une grande contradiction
33:25entre ce qu'annonce
33:26Donald Trump
33:26qui veut affaiblir
33:28au maximum le régime.
33:29Il parle d'abord
33:29du nucléaire,
33:30excusez-moi,
33:31j'ai mon micro qui est tombé,
33:31il parle d'abord
33:32du nucléaire,
33:33il parle du balistique,
33:34il parle depuis quelque temps
33:35de la marine,
33:36on ne sait pas pourquoi,
33:37on a vu justement
33:37avec 87 marins iraniens
33:39qui ont été tués
33:40et qu'on a laissés couler.
33:41Et dernière chose,
33:42il parle du réseau
33:43des proxys,
33:44donc les groupes mandataires
33:45iraniens,
33:46Hezbollah,
33:46Hamas.
33:46Mais il ne parle
33:47en aucun cas
33:48du peuple iranien.
33:49Ça,
33:49c'est une chose importante.
33:50Pour ses objectifs de guerre,
33:52alors c'est intéressant,
33:53c'est intéressant
33:53parce que,
33:54encore une fois,
33:55hier,
33:55il dit,
33:56aujourd'hui,
33:57on n'en aura pas besoin.
33:58Enfin,
33:58il ment comme il respire,
33:59il dit des choses
34:00qui ne sont pas vraies.
34:01Avant-hier,
34:02il a par exemple dit,
34:03et je parle d'un point de vue factuel,
34:04ce n'est pas du tout
34:05un soutien au régime,
34:06il dit,
34:06si je n'étais pas intervenu,
34:07l'Iran aurait eu la bombe.
34:08C'est faux.
34:09L'Iran,
34:09depuis notamment
34:10les bombardements israéliens
34:12lors de la guerre des 12 jours,
34:13a vu son programme nucléaire
34:14être considérablement retardé.
34:16Il n'était pas d'ailleurs
34:17sur le point
34:17d'avoir la bombe atomique,
34:18ce qui ne veut pas dire
34:18qu'il ne l'a jamais cherchée.
34:20Bien au contraire.
34:21Pour ce qui est
34:22de son programme balistique
34:23depuis la guerre des 12 jours,
34:24environ deux tiers
34:25des 2000 missiles iraniens
34:27d'une portée
34:28allant de 0 à 2000 kilomètres
34:30pouvant atteindre Israël
34:31et même jusqu'à la Grèce
34:32ont été retirés
34:35du stock iranien
34:36par la guerre des 12 jours.
34:37Ils les ont perdus.
34:39Et de fait,
34:39l'Iran a reconstitué
34:40environ, on va dire,
34:41un tiers de cet arsenal.
34:43Ce que je veux dire par là,
34:45c'est que Donald Trump
34:46avec Benyamin Netanyahou,
34:47il ne faut pas oublier aussi
34:48le rôle joué
34:49par Benyamin Netanyahou,
34:50c'est-à-dire que,
34:51d'une certaine manière,
34:52on ne fait pas confiance
34:52dans ce régime iranien
34:53et ce régime iranien
34:54ne nous fait pas confiance
34:55quand je dis nous,
34:56c'est l'Occident.
34:57On a donné sa chance
34:58à la diplomatie
34:59et vous avez raison, madame,
35:00jamais la question
35:01du peuple iranien
35:02n'a fait partie
35:02des négociations,
35:03y compris au sein
35:04de la diplomatie européenne.
35:05L'inquiétude,
35:06c'était le nucléaire.
35:07On a eu des négociations longues
35:08qui ont abouti en 2015
35:09à un accord
35:10qu'on a appelé
35:10l'accord sur le nucléaire iranien
35:12qui restreignait considérablement
35:14l'arsenal nucléaire iranien,
35:16que ce soit militaire ou civil,
35:18sauf que,
35:18qui est-ce qui est sorti
35:20unilatéralement
35:20de cet accord en 2018
35:21alors que l'Iran,
35:22la République islamique,
35:24le respectait ?
35:25Alors, Hilda,
35:25ça vous fait réagir.
35:26Je parle des rapports
35:28de l'Agence internationale
35:29de l'énergie atomique.
35:30Vous ne pouvez pas dire
35:30que ce régime
35:31a respecté quoi que ce soit.
35:33Vous savez très bien.
35:34Vous parlez de l'accord
35:34sur le nucléaire iranien
35:35de 2015.
35:36Vous parlez de l'accord
35:37sur le nucléaire iranien
35:38ou le régime.
35:39L'Agence internationale
35:40de l'énergie atomique
35:40a statué, madame,
35:41à 11 reprises
35:42dans 11 rapports
35:43de 2015 à 2018
35:44que la République islamique d'Iran
35:45respectait cet accord
35:46sur le nucléaire.
35:47Quel est l'intérêt
35:47aujourd'hui
35:48de parler de cet accord
35:49pour dire que Trump
35:51est Trump ?
35:51On le sait.
35:52Non, non,
35:52j'ai le droit de parler, madame.
35:54Allez-y,
35:55qu'aimez-vous, qu'aimez-vous.
35:55On laisse la...
35:56Je vous ai écouté.
35:57Non, non,
35:58mais l'intérêt de dire ça,
35:59c'est...
35:59Je vais vous le dire
36:00quel est l'intérêt.
36:00L'intérêt de dire ça,
36:01c'est de dire que
36:02depuis 2018,
36:03il y a une stratégie
36:04de la part de Benyamin Netanyahou
36:06et avec l'aide de Donald Trump
36:07qui avait lui
36:08d'autres chats à fouetter,
36:09à savoir détricoter
36:09l'héritage de Barack Obama
36:10pour sortir de cet accord
36:12imposé plus de 1500 sanctions
36:14à la République islamique d'Iran
36:16dont je ne débat pas du tout
36:18de la nature dictatoriale,
36:19théocratique,
36:20même massacreuse,
36:21de ce régime
36:21pour en arriver aujourd'hui
36:23à ce point qu'on a aujourd'hui,
36:24à savoir une guerre,
36:25une guerre contre
36:26la République islamique d'Iran
36:29et c'est ce dans quoi
36:30on est aujourd'hui.
36:31Alors, Hilda, allez-y.
36:32D'abord, je veux bien
36:33qu'on ramène le débat
36:34sur Netanyahou et Trump.
36:38Honnêtement,
36:38ce n'est pas ma tasse de thé
36:39ni l'un ni l'autre.
36:40Je voudrais juste dire
36:41à un moment donné,
36:41pour revenir à la loi internationale
36:43au droit,
36:44lorsque cet État terroriste
36:47et ses proxys terroristes
36:49au Liban,
36:51dans les territoires palestiniens
36:54et dans les autres territoires,
36:56y compris chez nous,
36:58utilisent les écoles,
37:00les hôpitaux,
37:03les stades
37:04en lieu d'occupation
37:07des forces de répression,
37:09il en fait des cibles militaires
37:11et non plus des lieux civils.
37:14C'est ça, le problème
37:15dans notre vie
37:16avec ces gens-là,
37:17avoir des négociations,
37:19des accords...
37:20Olivier, derrière vous,
37:21souhaite réagir.
37:22Olivier,
37:23on va passer le micro
37:25à Olivier, peut-être.
37:26Juste une phrase.
37:27Négocier avec des gens
37:28qui n'utilisent jamais
37:31les règles de droit,
37:33c'est, de fait,
37:34c'est une erreur
37:35et ça fait 47 ans que ça...
37:37On vous a entendu.
37:37Olivier, vous avez le micro.
37:38Je pense qu'on est tous d'accord
37:40sur le fait que ne pas respecter
37:41les règles de droit
37:42est un problème majeur.
37:43Mais on est dans une situation
37:44où tout le monde
37:45viole les règles de droit
37:46dans une proportion
37:47qui est inimaginable.
37:49Des structures
37:49qui étaient utilisées
37:50par des groupes dits terroristes
37:52pour se protéger,
37:53ça existait,
37:54mais il y en a d'autres,
37:55des infrastructures de santé,
37:57des infrastructures d'éducation
37:59ou de tout type
38:00qui ont été aussi frappés
38:01qui étaient absolument civils.
38:03C'est aussi condamnable
38:04et dans tous les cas,
38:05je pense que les victimes,
38:06quel que soit l'auteur,
38:07elles s'en fichent.
38:08Moi, j'aimerais
38:09qu'on fasse des comparaisons.
38:10C'est un peu une histoire
38:11d'indignation.
38:12Vous avez mentionné,
38:12c'est vrai,
38:13un million de personnes
38:14sont sous évacuation,
38:15hors d'évacuation
38:16au Liban aujourd'hui.
38:18Il y a toute la situation
38:19évidemment en Iran, Paris.
38:20Un million,
38:20c'est la moitié de Paris,
38:21intramuros.
38:23Imaginez si on nous disait tous
38:24que vous avez deux heures
38:25pour partir maintenant.
38:27Il faut se projeter.
38:28Il faut qu'on rappelle les choses.
38:30Quelqu'un a dit hier,
38:31avec le sud de Beyrouth,
38:32là derrière,
38:33qu'il allait en faire Gaza.
38:34Il est au pouvoir en Israël.
38:36C'est un ministre.
38:36C'est un ministre.
38:37C'est un ministre.
38:38Je suis ministre des Finances
38:39et de l'Économie.
38:40Exactement.
38:40Comment on peut laisser passer ça
38:41et débattre autrement
38:44que de cet enjeu-là ?
38:45J'ai toujours des équipes à Gaza
38:48depuis plus de deux ans.
38:51C'est notre responsabilité
38:52de se rappeler cette réalité-là
38:53et ne pas discuter des choses
38:54qui sont autres
38:55que cet enjeu des civils.
38:57Tout le reste n'a pas d'importance.
38:59Iraniens, Libanais, Israéliens.
39:02Gaza, oui.
39:03Partout.
39:04C'est vrai que ce qui est très intéressant
39:06aujourd'hui,
39:08pour essayer de réconcilier tout le monde,
39:09c'est qu'on voit très bien aujourd'hui
39:11que, par exemple,
39:13beaucoup de soutien politique
39:17du peuple iranien,
39:18et je m'en félicite en tant qu'Iranien
39:20parce que ça fait chaud au cœur,
39:21étaient beaucoup moins présents
39:22pour dénoncer les massacres à Gaza.
39:24Et de la même façon,
39:25une partie, pour dire les choses,
39:27de la gauche,
39:27une partie, je dis bien sûr,
39:29qui était vent debout
39:31au moment des massacres,
39:34car il y a eu aussi des massacres à Gaza,
39:35aujourd'hui est extrêmement mal à l'aise
39:37par rapport à ce qui se passe en Iran
39:38et, il faut le dire,
39:40peu entendu au moment
39:41des jeudis 8 et vendredi 9 janvier
39:43lorsque plusieurs dizaines de milliers
39:45et jusqu'à 35 000 personnes
39:46ont été tuées en Iran
39:47à l'arme de guerre.
39:48– Moi, j'ai une question à poser à Hilda.
39:50J'ai lu le fils du chat d'Iran
39:53dans le Figaro ce matin
39:55expliquer sa vision des choses
39:56et il dit, lui,
39:58qu'il compte s'appuyer
40:00sur une partie des membres du régime
40:03pour assurer une forme de transition,
40:06pour éviter un chaos à l'iraquienne.
40:08Ça vous inspire quoi, ça ?
40:09Qu'est-ce que vous en pensez ?
40:10– C'est un programme qui a été écrit
40:11depuis déjà très longtemps,
40:13au sein desquels sont réunis
40:15des gens de différents bords,
40:18politiques,
40:19des gens de gauche comme moi,
40:20des gens de droite,
40:21des monarchistes,
40:21des républicains
40:23et des gens du régime
40:25qui ont tourné le dos au régime
40:29et très régulièrement,
40:30il y a des appels aux membres,
40:33y compris des forces de l'ordre,
40:34y compris des forces de répression,
40:36en disant,
40:37si vous n'avez pas de sang sur les mains,
40:39rejoignez-nous,
40:40mais que le sang cesse de couler.
40:42– Et vous, vous faites ce travail
40:43de documentation des crimes
40:45commis par le régime.
40:47Comment pouvez-vous avoir la certitude
40:48qu'un membre du régime
40:50qui se tourne vers le fils du chat
40:51demain n'ait pas du sang sur les mains ?
40:54– Écoutez, moi,
40:56la certitude, je ne l'ai pas.
40:57J'ai une règle, c'est la loi.
40:59Donc, ce que je vais faire,
41:01ce n'est pas de la vengeance.
41:03Ce que je vais faire,
41:04c'est en tant que fille
41:05de quelqu'un qui a été fusillé
41:07par ce régime,
41:08ça fait 40 ans que ça s'est passé.
41:10ce n'est pas pour la vengeance personnelle
41:13que je me bats.
41:13Je me bats pour une population là-bas
41:16et pour toute une région,
41:18des populations qui sont en train
41:20de se faire tuer,
41:20et c'est arrivé aujourd'hui
41:22jusqu'à chez nous.
41:23Donc, ce que je sais,
41:24je m'en fiche de savoir
41:25que ça soit exact,
41:26la loi rien que la loi.
41:28Point.
41:28– On va revenir à des préoccupations
41:31plus franco-françaises,
41:32si vous le voulez bien.
41:33400 000 ressortissants français
41:34sont actuellement dans cette région
41:36du Moyen-Orient,
41:37bloqués là-bas depuis le début
41:38de cette guerre
41:39car très peu d'avions
41:40peuvent décoller.
41:41Alors, il y en a 5 000
41:42qui officiellement ont demandé
41:43l'aide du Quai d'Orsay
41:44pour être rapatriés.
41:46Je me tourne vers vous, Vincent,
41:47parce que, voilà,
41:48on vous a donné le micro.
41:50Vous êtes à la tête d'un groupe
41:51qui est spécialisé
41:52dans les rapatriements
41:53et vous intervenez,
41:54alors plus précisément,
41:55je crois que c'est à Dubaï.
41:56Expliquez-nous un peu
41:57ce que vous faites
41:57et comment vous intervenez,
41:58dans quel cadre vous intervenez,
42:00auprès de qui,
42:00qui sont vos clients ?
42:01Alors, jusqu'à mardi matin,
42:03on intervenait effectivement
42:05à Dubaï,
42:06principalement parce que
42:07c'est là qu'il y a eu
42:08le plus grand nombre
42:09de demandes de rapatriements.
42:11Mais depuis hier,
42:12on s'est étendus,
42:13on a étendu nos opérations
42:15vers le Sultanahdoman,
42:17vers le Qatar
42:19et l'Arabie Saoudite.
42:20Mais vous faites ça
42:22en parallèle
42:23de la cellule du Quai d'Orsay
42:24ou vous collaborez
42:25avec la cellule du Quai d'Orsay ?
42:26Oui, nous, on est une entreprise privée.
42:28Alors, d'abord,
42:29tout le monde travaille ensemble,
42:30c'est-à-dire,
42:30tout le monde se parle,
42:31tout le monde essaye
42:32de mutualiser les moyens.
42:33On essaye de savoir
42:34qui a quoi de disponible
42:36pour combien de personnes
42:37et pour aller où.
42:38Vous parlez de quel genre de moyens ?
42:40C'est des véhicules,
42:41c'est-à-dire, là,
42:42on est dans une configuration
42:43très particulière
42:44puisqu'on est sur des pays
42:46où la menace vient du ciel
42:47exclusivement.
42:48On n'a pas de combat au sol,
42:49on n'a pas de menace directe au sol.
42:52Donc, c'est une configuration
42:53très particulière,
42:54y compris pour nous,
42:54parce qu'on est habitués
42:56à travailler
42:56dans ce type d'environnement.
42:57Mais en général,
42:58on a aussi un danger au sol.
43:00Là, aujourd'hui,
43:01ce n'est pas le cas.
43:02La menace vient du ciel.
43:04Donc, ça,
43:05c'est une première chose.
43:06La deuxième chose,
43:07c'est qu'on n'est pas
43:07dans une configuration légale,
43:10justement,
43:11de non-assistance
43:13à personne en danger.
43:14Et c'est un petit peu ça
43:15qui se passe avec les autorités.
43:16C'est-à-dire,
43:16j'entends beaucoup de gens
43:17qui se plaignent
43:18de l'attitude
43:18des autorités françaises.
43:20En toute sincérité,
43:21il y a des hotlines,
43:22les gens sont organisés.
43:23Les consulats travaillent
43:25jour et nuit
43:25depuis quelques jours.
43:26Les entreprises privées
43:28qui travaillent aussi
43:29avec le gouvernement
43:30sont aussi jour et nuit.
43:32On n'a pas beaucoup dormi
43:33ces derniers jours
43:34pour essayer
43:35d'aider les gens
43:36à évacuer éventuellement.
43:38Avant ça,
43:39peut-être les confiner
43:40et les mettre en sécurité.
43:41Mais pour l'instant,
43:42il n'y a pas d'obligation.
43:44C'est-à-dire,
43:44chacun prend la décision
43:46et essaye d'évacuer
43:47quand c'est possible.
43:48Mais vous comprenez
43:49que les Français sur place,
43:50notamment les touristes
43:51qui étaient là pour quelques jours,
43:52s'impatientent
43:53et l'impression
43:53que le gouvernement
43:55ne fait pas grand-chose
43:56pour répondre à leurs demandes.
43:58Qu'est-ce que vous leur répondez,
43:59vous ?
44:00C'est surtout les touristes,
44:01d'ailleurs, aujourd'hui,
44:01le problème.
44:02Et je les comprends.
44:03C'est-à-dire,
44:03ils partent quelques jours
44:04en vacances
44:04et puis ils se retrouvent
44:05bloqués dans un pays
44:07au-dessus duquel
44:07il y a des bombes
44:08et des missiles qui tombent.
44:09C'est compliqué.
44:11Moi, d'abord,
44:12je ne suis pas porte-parole
44:13du gouvernement,
44:13mais nous,
44:14ce qu'on essaie de faire,
44:15c'est mettre en place
44:15des solutions
44:16pour les aider
44:17à sortir de là.
44:18Il y en a des solutions.
44:19Le facteur qui complique tout,
44:21évidemment,
44:21c'est la fermeture
44:22des aéroports.
44:23C'est toujours comme ça.
44:24Une fois que l'aéroport
44:25est fermé,
44:25ça vous oblige
44:26à vous orienter
44:27vers des moyens alternatifs.
44:29Mais tout ça va continuer.
44:31Aujourd'hui,
44:32ils sont la priorité.
44:33On a aussi beaucoup de gens
44:34à qui on propose
44:35de sortir du pays,
44:36des pays dans lesquels
44:37ils sont aujourd'hui
44:38et qui ne veulent pas sortir,
44:39qui sont résidents là-bas
44:40et qui disent
44:41non,
44:42jusqu'à aujourd'hui,
44:43le gouvernement assume,
44:44le gouvernement par exemple
44:45des émigrants,
44:48a la situation sous contrôle.
44:50Ils ont mis en place
44:51toute une série de mesures
44:52pour empêcher
44:53qu'il y ait trop de dégâts
44:54quand il y a des bombardements
44:55et donc on ne souhaite pas sortir.
44:57Vous dites que tout ça
44:58va continuer.
44:58Pour vous,
44:59là,
44:59on est parti pour longtemps
45:01à ne pas pouvoir évacuer
45:02ceux qui souhaitent quitter.
45:03Je n'avoue que je n'ai pas
45:03une boule de cristal,
45:04mais oui,
45:05moi je pense,
45:05avec l'expérience
45:06que nous on a
45:07et vu l'intensité
45:09des bombardements
45:09et la stratégie militaire
45:11aujourd'hui déployée
45:12par l'Iran
45:12sur les bombardements,
45:13ils ont réduit
45:15sensiblement
45:16le volume de missiles
45:17et de drones
45:17qu'ils envoient
45:18pour pouvoir justement
45:19durer plus longtemps.
45:20Donc moi,
45:20je fais partie
45:21de ceux qui pensent
45:22que ça va durer.
45:22Adèle Bacawan,
45:24toutes les monarchies pétrolières
45:26ont mis des années
45:27à bâtir cette image
45:28qu'ils ont aujourd'hui,
45:29qui a attiré
45:29notamment les influenceurs français,
45:31mais pas seulement,
45:32des millions de touristes.
45:34Tout ça est un peu
45:34en train de voler en éclats.
45:37Qu'est-ce qui se joue
45:37pour elles aujourd'hui ?
45:38Est-ce qu'elles font
45:39tous les efforts nécessaires
45:40pour aider à évacuer
45:41ces ressortissants étrangers ?
45:42Parce que c'est leur avenir
45:44aussi qui se joue
45:45quelque part là.
45:46Écoutez,
45:47on est en situation
45:48de guerre,
45:49n'est-ce pas ?
45:50Vous avez parlé
45:51de 400 000.
45:52Sur les 400 000,
45:53on a une grande majorité
45:54à Abu Dhabi,
45:56à Dubaï
45:56et l'autre partie
45:58plutôt en Israël,
46:00n'est-ce pas ?
46:00Et on sait très bien
46:01quand on regarde
46:02la carte,
46:02la totalité des voisins
46:04sont en guerre.
46:05Enfin,
46:05sont en guerre,
46:06sont lourdement frappés
46:07par les Pazdadan.
46:09L'Arabie saoudite,
46:10le Qatar,
46:11le Kouaï,
46:12le Sultanat Oman,
46:13le Sultanat Oman.
46:15Enfin,
46:15ce sont déjà
46:16un petit rappel.
46:17Franchement,
46:18ces pays arabes,
46:19ils ont fait l'impossible
46:20pour que la République
46:21islamique d'Iran
46:22ne soit pas attaquée
46:23par Donald Trump.
46:24Ils se retrouvent
46:25attaqués par l'Iran
46:25aujourd'hui ?
46:26Le premier jour,
46:28c'était parmi
46:29les premiers pays
46:30qui ont été attaqués,
46:31lourdement attaqués
46:32par ce qui n'est jamais
46:34arrivé dans l'histoire
46:35de la République
46:35islamique d'Iran.
46:36Jamais la République
46:37islamique d'Iran
46:38a attaqué,
46:38à part la guerre
46:39des 12 jours,
46:40c'était juste
46:40une parenthèse,
46:41on a attaqué
46:42la base américaine
46:43au Qatar
46:44et le président
46:45de la République
46:46iranienne
46:46s'est excusé
46:47personnellement
46:48auprès de...
46:48Ce qui n'est jamais arrivé,
46:50donc c'est la première fois.
46:52Pourquoi ?
46:52Parce que la stratégie
46:53change radicalement.
46:55Et donc,
46:55oui,
46:56ces pays arabes
46:57ne peuvent pas
46:57faire grand-chose
46:59vraiment pour réparer,
47:00ramener ces touristes
47:01ici en France
47:02et par rapport
47:03au modèle.
47:03Vous avez absolument
47:05raison.
47:05Depuis l'échec
47:06du printemps arabe,
47:08le modèle
47:09qui s'est imposé
47:10dans le monde arabe,
47:12mais au Moyen-Orient
47:13d'une manière générale,
47:14qui a été accepté
47:15par les Européens,
47:16il faut le dire,
47:17et par les Américains,
47:18c'est le modèle saoudien.
47:19Le modèle saoudien,
47:20c'est quoi ?
47:20C'est un autoritarisme
47:22basé sur trois principes.
47:24La stabilité,
47:25la sécurité
47:26et le développement économique.
47:28Sans jamais parler
47:29de la démocratie,
47:30des droits de l'homme,
47:31etc.
47:31Et ça, ça a été
47:34très très bien accepté
47:36par Bruxelles,
47:37quand je dis Bruxelles,
47:38l'Union Européenne,
47:39parce que l'Union Européenne
47:40était très très fatiguée
47:42avec les pays
47:42du printemps arabe,
47:44la Libye,
47:45la Syrie,
47:46l'Irak, etc.
47:47Le Liban
47:47qui était en guerre totale.
47:49Et on disait
47:49cet autoritarisme,
47:52c'est très bien,
47:53ça nous convient
47:53parce que c'est sécurité,
47:54stabilité,
47:55développement économique.
47:56Ce qui tombe là,
47:57aujourd'hui,
47:58c'est ce modèle saoudien-là.
47:59C'est pourquoi
48:00les pays du Golfe
48:01doivent faire
48:02un miracle,
48:03comme je dis,
48:03pour sauver ce modèle-là.
48:05Et si ce modèle tombe,
48:06si ce modèle tombe,
48:08c'est la sécurité internationale
48:09qui en joue.
48:10Armin Arefi.
48:11Oui,
48:11juste expliquer,
48:12est-ce que vous me permettez
48:12de prendre votre verre ?
48:13Expliquer en fait
48:14la stratégie iranienne.
48:15Et expliquer,
48:16ce n'est pas justifié bien sûr.
48:17En fait,
48:17la République islamique
48:18a de faibles moyens
48:19comparés à Israël,
48:21l'armée israélienne
48:21et l'armée américaine,
48:23d'autant qu'elle est
48:24sous embargo
48:24depuis la prise d'otage
48:25de l'ambassade des États-Unis
48:26en 1979.
48:27Elle ne peut pas acheter
48:27de l'aviation de chasse
48:28de ce monde.
48:29Ce qu'elle va faire,
48:29ce n'est pas une stratégie frontale
48:31parce qu'elle n'y arrivera pas
48:31et tous les missiles iraniens
48:33sont interceptés
48:35par les intercepteurs israéliens.
48:36Donc ce qu'elle va faire,
48:36c'est une stratégie asymétrique.
48:38Non pas frapper directement
48:39le territoire américain,
48:40elle ne peut pas.
48:41Frapper Israël,
48:42essayer,
48:42mais c'est intercepter.
48:43C'est frapper les alliés
48:44des États-Unis dans la région
48:46qui sont les maillons faibles,
48:47les moins forts.
48:47L'Arabie saoudite,
48:49Omane,
48:49Qatar,
48:50Koweït.
48:51Eux qui ont
48:51beaucoup moins d'intercepteurs
48:53et qui sont beaucoup plus
48:54perméables
48:55à des frappes de missiles.
48:56Et des frappes de missiles,
48:56non pas contre
48:57les centres du pouvoir
48:58ou des centres militaires,
48:59mais quoique,
49:00des bases américaines,
49:01il y en a eu,
49:01même si les soldats américains,
49:03en tout cas beaucoup d'entre eux,
49:03avaient déjà vidéo au préalable.
49:05C'est frapper des symboles,
49:06une guerre psychologique.
49:07Frapper des tours à Dubaï,
49:09frapper des centres de stockage
49:10pour ainsi faire monter
49:12le prix de cette guerre
49:14et pousser les alliés
49:15qui n'étaient pas prêts à ça
49:17à faire pression
49:18sur les États-Unis et Israël
49:19pour mettre fin à la guerre.
49:20Voilà pourquoi,
49:21malheureusement,
49:21je pense que vous avez raison
49:22et que ça va durer.
49:24Et juste un chiffre,
49:25aujourd'hui,
49:26notre observatoire
49:27au sein de notre institution
49:28sur l'Iran, Israël,
49:30on a un observatoire
49:31qui travaille sur les deux pays,
49:33m'a fourni un chiffre.
49:34Par exemple,
49:34le premier jour,
49:37il y a eu 350 missiles
49:39balistiques intelligents
49:40tirés vers Israël.
49:42Hier,
49:44la quantité est baissée
49:45pour uniquement 26.
49:48Il y a un changement.
49:49Et là,
49:51l'enjeu principal,
49:52c'est comment faire durer
49:54cette guerre-là,
49:54si je suis tout d'accord
49:55avec vous.
49:57C'est un enjeu principal
49:58parce qu'en fait,
49:59les Iraniens,
49:59ils ne sont pas pressés.
50:00Les Américains,
50:01ils sont très, très pressés.
50:03Donald Trump est très, très pressé.
50:04Il souhaite une excuse
50:06pour déclarer la victoire.
50:08Et cette victoire-là,
50:09peut-être,
50:11je ne sais pas si quelqu'un
50:12a posé d'accord,
50:13peut-être,
50:13c'est vraiment la défection,
50:15par exemple,
50:15une partie de l'armée régulière
50:17par rapport au Paz Daran
50:18et dire,
50:19voilà, c'est fini là.
50:20Et là,
50:21les Israéliens ne seront pas contents,
50:23le peuple iranien ne sera pas content
50:25et les pays arabes non plus,
50:26bien évidemment.
50:27Je me tourne vers Juliette.
50:29Je crois que vous aviez
50:29une question à poser
50:31à nos invités
50:32sur les alliés,
50:33on va dire,
50:34de l'Iran.
50:35Oui,
50:35alors je me demandais,
50:36on n'entend pas beaucoup
50:37parler des réactions
50:38de la Chine
50:39ou de la Russie
50:40concernant ce conflit,
50:41alors qu'ils sont
50:41les alliés de l'Iran.
50:42Alors,
50:43qu'est-ce que ça veut dire ?
50:44Qu'est-ce que ça veut dire ?
50:45Aïda ?
50:46Allez-y.
50:46Je suis bien moins experte
50:48que monsieur
50:49parce que je lis
50:49les papiers de monsieur
50:51pour...
50:51Et alors,
50:52ça va être un moyen
50:53de vérifier si je lis bien.
50:54Je vous en prie.
50:55Ce ne sont pas des partenaires,
50:56c'est une relation asymétrique.
50:58Pour pouvoir contourner
50:59les sanctions
51:00imposées par l'Union européenne
51:02et par les Etats-Unis
51:03suite à la rupture
51:04de l'accord,
51:05la Chine est venue
51:06en renfort
51:07de l'Iran
51:08et une partie,
51:10une grande partie
51:11du pétrole iranien
51:13est vendue à la Chine
51:14à très bas prix
51:16parce qu'il ne peut pas
51:17le vendre à...
51:18Sur le marché international.
51:19Exactement,
51:20il ne peut pas le vendre
51:21sur quelconque
51:21et donc la Chine profite
51:22de cet avantage
51:23et on va dire
51:25soutient l'Iran
51:26comme ça.
51:27Pareil,
51:27la Russie achète
51:29des drones
51:30et des missiles Shahed
51:31si je ne me trompe pas.
51:32Voilà,
51:33je le dis bien,
51:34à l'Iran.
51:35Donc vous voyez,
51:36ce n'est pas des années
51:37alliés dans le sens
51:37alliés idéologiques,
51:38c'est des partenariats
51:39commerciaux asymétriques
51:41et je pense que
51:41ni la Chine
51:42ni la Russie
51:43sont très pressés
51:43de venir en aide
51:44à un régime.
51:46Je pense qu'ils ne regardent
51:47pas ça d'un très bon oeil
51:48parce que si demain
51:49la Chine doit acheter
51:50du pétrole
51:51à prix coûtant,
51:52ce sera un avantage moindre
51:53dans la guerre économique
51:54qu'elle mène
51:55avec l'autre empire,
51:56l'Empire américain.
51:57Donc on a deux empires
51:57qui sont face
51:58mais de là à s'engager
51:59pour venir soutenir
52:00les Iraniens
52:01de manière visible,
52:03peu probable.
52:04Pareil pour la Russie.
52:05D'ailleurs, on l'a vu
52:06pendant la guerre des 12 jours.
52:07Ils n'ont pas bougé.
52:08Exactement.
52:08Et c'est juste d'ajouter
52:09comme Armin a dit,
52:11les vrais allées
52:12de la République islamique
52:14d'Iran,
52:14ce n'est pas la Russie,
52:16ce n'est pas la Chine,
52:17c'est plutôt les milices.
52:18Les Russies,
52:19le Hamas,
52:20le djihad,
52:21le Hezbollah libanais,
52:22les milices irakiennes,
52:2380 organisations
52:24quand même en Irak.
52:26On l'appelle les proxys.
52:27Exactement,
52:28les proxys.
52:28Et seulement la tragédie
52:30de la République islamique,
52:31c'est quoi ?
52:31C'est que le Hamas
52:32est presque totalement détruit,
52:34le djihad est survivre hors total,
52:36le Hezbollah est à terre,
52:39le régime de Bachar el-Assad
52:41est tombé,
52:42qui était le cœur battant
52:43de ce qu'on appelle
52:43l'ordre milicien iranien
52:45au Moyen-Orient.
52:46Il ne nous reste que les Russies
52:47et les milices irakiennes,
52:49les Russies lourdement
52:50frappées par les Etats-Unis
52:52d'Amérique.
52:53Et donc là,
52:53leur enjeu principal,
52:55c'est quoi ?
52:55C'est garder le pouvoir
52:56à Sanaa,
52:57c'est-à-dire la capitale du Yémen.
52:58Et là,
53:00le vrai danger
53:01vient des milices irakiennes.
53:02Pourquoi ?
53:02Parce qu'ils sont intacts,
53:04ils n'étaient pas touchés
53:05pendant la guerre des 12 jours,
53:07elles ne sont pas entrées en guerre,
53:09elles ont un budget
53:10de presque 3 milliards de dollars
53:13fournis par l'Etat irakien,
53:14c'est énorme,
53:153 milliards de dollars
53:16chaque année,
53:17et donc,
53:18est-ce qu'elles vont entrer
53:19en guerre ou pas ?
53:20Moi, j'ai une question,
53:21je ne sais pas pour l'un de vous,
53:22mais j'ai vu que
53:23le Washington Post
53:25expliquait que
53:25des renseignements russes
53:27étaient peut-être fournis aux Iraniens
53:28pour cibler les Américains
53:30dans cette guerre.
53:31Est-ce que ça,
53:32ça ne peut pas
53:33changer la donne ?
53:36C'est probable.
53:37L'ennemi de mon ennemi
53:38et mon ami,
53:39c'est bien comme le monde,
53:40et c'est encore plus dans la région.
53:41Donc, c'est probable.
53:41Est-ce que Vladimir Poutine
53:42ne joue pas gros
53:43en faisant ça
53:43face à Donald Trump
53:45avec cette guerre en Ukraine ?
53:46C'est une possibilité,
53:48mais de la même façon,
53:49par exemple,
53:50les Russes
53:52ont filé
53:52des renseignements
53:53aux Israéliens
53:54durant la révolution
53:56contre Bachar el-Assad
53:57pour que les Israéliens
53:58puissent mieux viser
53:59les milices chiites
54:01pro-iraniennes
54:02en Syrie
54:03qui pourtant
54:04étaient alliées
54:04à Bachar el-Assad
54:05et à la Russie.
54:06C'est compliqué.
54:07Pour être plus simple,
54:08il y a aussi une donnée
54:09qui est très importante,
54:10c'est le pétrole iranien.
54:12L'Iran,
54:13c'est le quatrième pays
54:15producteur
54:15de l'OPEP
54:16en termes de pétrole,
54:18deuxième réserve
54:18au monde de gaz.
54:19Et il faut quand même
54:20dire une chose,
54:21sans rentrer
54:22ni dans le complot
54:22ni quoi que ce soit,
54:23c'est qu'aujourd'hui
54:24l'Iran est l'un
54:24des derniers pays
54:26pétroliers
54:26dont le pétrole
54:27échappe
54:28d'une certaine manière
54:29aux Etats-Unis.
54:31Et ça,
54:31c'est d'autant plus intéressant
54:32que l'on voit
54:33qu'aujourd'hui,
54:33pour l'instant,
54:34l'industrie pétrolière
54:35iranienne
54:35n'est pas visée
54:36par les bombardements.
54:37Comme le disait
54:38M. Bakawan
54:39et Mme Adizadeh,
54:41après coup de temps,
54:42la Chine est le dernier pays
54:43qui, au cours des dernières années,
54:44a continué à acheter
54:45environ 1,5 million
54:48de pétrole par jour
54:49à l'Iran,
54:50après coup de temps,
54:50en étant d'ailleurs,
54:52en payant l'Iran,
54:53non pas en yuan,
54:54mais en marchandises
54:57chinoises envoyées
54:57en Iran.
54:58Ce que je veux dire,
54:58c'est que c'est peut-être
55:00justement un des enjeux.
55:01On parlait d'ailleurs
55:01tout à l'heure
55:02du Venezuela.
55:02C'est très intéressant
55:03parce que c'est un peu
55:04la seule victoire internationale
55:06avec peut-être le cessez-le-feu
55:08ou pseudo cessez-le-feu
55:10à Gaza,
55:10négocier à Gaza,
55:11c'est le Venezuela.
55:12Savoir qu'il a quand même réussi
55:14à capturer Nicolas Maduro
55:16en violation,
55:17certes,
55:18du droit international
55:18et maintenir un régime,
55:20le même régime chaviste
55:23ou maduriste,
55:24mais sans Maduro
55:24et avec un régime
55:25beaucoup plus favorable
55:27aux intérêts américains.
55:27Est-ce que ce ne serait pas là
55:28le plan de Donald Trump ?
55:30Il s'en cache d'ailleurs à peine,
55:32à savoir,
55:32il a déjà fait la moitié du chemin,
55:34il a coupé la tête
55:34du régime d'Ayatollah Khamenei,
55:36il est en train de voir,
55:37essayer de voir
55:37s'il peut négocier
55:38avec des cassis du régime.
55:41Pour l'instant,
55:41il n'y arrive pas.
55:42Et d'ailleurs,
55:43c'est ça,
55:43pour répondre à la question
55:44que vous avez posée
55:44au début de l'émission,
55:46il dit qu'il a trois candidats
55:47mais qu'ils sont tous morts.
55:49On a cru à un moment
55:50que ce serait peut-être
55:50Rézard par la vie.
55:51Pour l'instant,
55:52il affirme qu'il préférait
55:53quelqu'un de l'intérieur,
55:54il change toujours de chemise.
55:55En fait,
55:56il va vers ses propres intérêts,
55:58une solution,
55:58on va dire,
55:59qui lui sierait.
55:59Mais c'est vrai
56:00qu'il lui sierait,
56:01pardon.
56:01Mais ce que je veux dire par là,
56:02c'est qu'effectivement,
56:03il est tenté par ce modèle.
56:05Il a déjà fait
56:06la moitié du chemin
56:07avec le guide suprême
56:07mais il chercherait
56:08une façon justement
56:09de pouvoir se retirer
56:11d'Iran
56:11mais en pouvoir
56:12en proclamer la victoire.
56:13Et c'est là
56:14le vrai désaccord
56:15d'une manière vraiment froide
56:18entre les Israéliens
56:20et les Américains.
56:21Les Israéliens souhaitent
56:23la chute du régime
56:24ici et maintenant,
56:25là,
56:25tout de suite,
56:26ce soir.
56:27Donald Trump
56:28n'est pas pour la révolution,
56:29il est plutôt pour l'évolution
56:31de l'intérieur.
56:32C'est pourquoi,
56:33par tous les moyens,
56:34il cherche une personnalité
56:35en général,
56:37un ayatollah,
56:38n'importe,
56:39quelqu'un qui répondra
56:40à ces deux demandes,
56:40à savoir la capitulation
56:42d'Iran face
56:43aux Etats-Unis d'Amérique.
56:44Et pour boucler
56:46et conclure peut-être
56:46sur votre question,
56:47c'est peut-être là
56:48que la Russie
56:48va jouer un rôle,
56:49on ne le sait pas,
56:50on le verra,
56:51parce qu'il s'était déjà
56:52proposé pour venir
56:53faire les négociateurs.
56:55Finalement,
56:55c'était le sultanat Oman
56:56qui a été choisi
56:57dans les négociations
56:59qui ont été achevées
57:00brutalement
57:00pour lancer l'offensive.
57:01Mais la Russie
57:02se propose,
57:03par exemple,
57:04d'accueillir l'uranium
57:06iranien
57:06pour l'enrichir
57:07sur son sol
57:08et jouer un peu
57:08un rôle
57:09dans ce conflit-là.
57:10Peut-être qu'ils réapparaîtront
57:12dans quelques jours,
57:13quelques semaines,
57:14on ne sait pas.
57:14Pareil pour la Chine.
57:15C'est aussi des ailes
57:16et l'Iran
57:16parce qu'ils s'opposent
57:17à toute sanction
57:18du droit international
57:19dans le cadre
57:20du Conseil de sécurité.
57:21C'est pour ça que
57:21réunir le Conseil de sécurité
57:23pour lancer des sanctions
57:23sur l'Iran,
57:24ça ne sert à rien
57:25puisque la Russie
57:25et la Chine bloquent.
57:26C'est pour ça que moi,
57:27je fais partie de ceux
57:28qui appellent à une évolution
57:29de cette architecture
57:30du droit international
57:31puisqu'on le voit
57:31que c'est caduque.
57:34Ça ne sert à protéger personne.
57:35Alors, Guylaine,
57:37peut-être que vous vouliez réagir
57:37parce que je vous ai vu
57:38pas mal opiner du chef.
57:39Prenez le micro
57:39si vous voulez prendre la parole.
57:42Je suis en train d'apprendre
57:43énormément de choses
57:44qui aident aussi
57:45à décrypter
57:46et à comprendre
57:46un peu ce qui se joue.
57:48Ce n'est pas un scoop,
57:50Zelensky a été approché
57:52par Trump
57:52pour avoir des drones ?
57:54Tout à fait.
57:56Alors, je ne sais pas
57:57si c'est pour avoir des drones
57:58ou des officiers formés
58:00à l'usage de ces drones ?
58:02C'est que l'Ukraine,
58:03depuis 3-4 ans,
58:05a désormais un savoir,
58:07une connaissance
58:08très, très importante
58:09dans la défense
58:11contre les drones,
58:13les appareils,
58:14les méthodes,
58:15les techniques.
58:16C'est un savoir-faire
58:17très, très important
58:18que les golfiens
58:19et les Américains
58:20n'ont pas.
58:20Et c'est dans ce domaine
58:21que Zelensky a proposé
58:23son aide à Donald Trump.
58:24Et Donald Trump
58:25l'a accepté à la fois
58:26parce que techniquement,
58:27il en a besoin,
58:28mais aussi et surtout
58:29symboliquement.
58:30Symboliquement,
58:31ça donne la dimension
58:33de l'élargissement
58:35de cet axe
58:37américano-israélien.
58:38C'est pourquoi
58:38Donald Trump fera tout,
58:40vraiment tout,
58:41pour amener
58:41les golfiens,
58:42mais aussi les Français,
58:43les Allemands
58:44et les Britanniques
58:45dans l'axe
58:47contre la République
58:47islamide.
58:48Quand on connaît
58:50la première rencontre
58:51entre Trump
58:52et Zelensky,
58:53c'est quand même
58:54une sacrée ironie.
58:56Mais est-ce que
58:56Zelensky peut en tirer
58:58peut-être un avantage
58:59dans la situation actuelle ?
59:01L'écran est oublié
59:01en ce moment.
59:03Personne,
59:04aucun plateau,
59:05des cercles diplomatiques.
59:06Le monde entier
59:07est concentré sur...
59:08Et donc,
59:08c'est une fenêtre.
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