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  • il y a 13 heures
Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour le Groupe SOS avant les élections municipales, près de 83% des Français considèrent le vivre-ensemble comme une valeur structurante pour la société, derrière cet apparent consensus, se cache des réalités et des attentes bien diverses sur la manière de mettre en oeuvre ce vivre-ensemble. Le logement, l'école, la culture et bien d'autres politiques publiques tentent ainsi de renforcer ce vivre-ensemble, afin de lutter contre l'isolement et le séparatisme.

Quelles sont aujourd'hui les outils de l'État pour renforcer cette notion, particulièrement depuis la loi SRU adoptée en 2000 qui favorise logements sociaux ? Comment est vécu le vivre-ensemble dans le quotidien des Français et des Françaises et dans quelles réalités ?

Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation et présidente de l'association France terre d'asile ; Michel Aubouin, ancien préfet et Guénaëlle Gault, directrice générale de L'ObSoCo (L'Observatoire Société et Consommation).

LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.

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Transcription
00:00:09Générique
00:00:16Bienvenue à tous, en haut de l'affiche de ce débat doc, aujourd'hui un documentaire exclusif intitulé 1000 voisins
00:00:22et réalisé par Stéphane Milon.
00:00:25Les charmes de la vie quotidienne, vous allez le voir, au sein d'une tour de 30 étages située en
00:00:30plein cœur d'un arrondissement populaire parisien.
00:00:34Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau en compagnie de l'ancienne ministre
00:00:39Najat Vallaud-Belkacem,
00:00:42de la directrice générale de l'Observatoire Société et Consommation Géna Elgo et de l'ancien préfet Michel Aubroin.
00:00:49Avec eux, nous nous interrogerons sur les recettes pour bien vivre ensemble aujourd'hui dans notre pays.
00:00:56Bon doc.
00:00:59– Alors, que je te dise ma chérie, regarde bien d'abord, regarde la vue, c'est chouette, hein ?
00:01:06T'as le vertige ?
00:01:07– Moi non, je trouve ça trop beau.
00:01:09Alors, la tour Eiffel, tu vois, elle a une petite patte qui est cachée par cet immeuble-là, mais de
00:01:15la cuisine et de ma chambre, non.
00:01:16– Ok.
00:01:19– En plus, c'est sympa, t'entends les gens de loin, tu sais, comme à la plage.
00:01:27Et tu vois, cette copropriété est immense quand même, hein ?
00:01:30– C'est grave.
00:01:30– T'as vu ça ?
00:01:31– Oui.
00:01:32– T'imagines que c'est… là, on est au 16e et ça va jusqu'au étage numéro 30.
00:01:36– Oui.
00:01:37– Ça te plaît ?
00:01:38– Euh…
00:01:39– Elle a le vertige.
00:01:42– Voilà.
00:01:43– Ok.
00:01:45– Ok.
00:01:46– Jamais je n'habiterai dans une tour.
00:01:50C'est ce que beaucoup de personnes pensent, et moi le premier, je le pensais.
00:01:53En bon provincial, fraîchement monté à Paris.
00:01:57Moi, mon rêve, c'était l'Haussmannien, les moulures, le parquet qui craque, la cour sombre.
00:02:02C'était cela, habiter Paris pour de vrai.
00:02:05Pour moi, une tour, c'était sale, bruyante, taguée, pleine de deals et de pannes d'ascenseur.
00:02:14Une annonce immobilière d'un 3 pièces au 20e étage ?
00:02:17J'hésite.
00:02:18– 3e étage.
00:02:19– Et puis j'entre dans l'ascenseur.
00:02:2220 secondes plus tard, je suis à 60 mètres du sol.
00:02:25La vue.
00:02:26Coup de foudre immédiat.
00:02:33J'habite cette tour depuis près de 20 ans.
00:02:41Très vite, j'ai eu envie de la filmer, de partout et sous toutes ses coutures.
00:02:51Avec ses 30 étages et ses 240 appartements, chacun dupliqué 29 fois, à l'identique.
00:02:59Même plan, même mur, même fenêtre, et pourtant à l'intérieur des mondes totalement uniques.
00:03:07Alors, en 2008, j'y ai tourné un clip avec le musicien anglais Tim Keegan,
00:03:12en le filmant dans des appartements similaires au mien.
00:03:19Tous pareils, tous différents.
00:03:21Voilà le point de départ.
00:03:23Ici, la diversité n'est pas un sujet.
00:03:25La diversité ethnique et sociale est un fait.
00:03:28Une réalité quotidienne.
00:03:39Ici, pas de fantasme identitaire.
00:03:42On vit avec, à côté.
00:03:44Parfois sans se voir, mais on vit ensemble.
00:03:51Et 18 ans après avoir tourné ces images,
00:03:54je me demande où en est ce joyeux et fragile équilibre.
00:04:12Madame Zanata, comment allez-vous ?
00:04:14Ça va bien.
00:04:15Ça va bien.
00:04:16Donc, demain, entre 20h et 21h, c'est ça ?
00:04:19Et ils auront le code, c'est juste pour leur ouvrir.
00:04:22C'est juste pour laisser entrer une fois.
00:04:24Une fois ? Pas deux, attention.
00:04:27On est mal, parce qu'en fait, il va falloir qu'on le rouvre deux fois.
00:04:3511h74, ce sont deux frères.
00:04:3811h73, on a une colocation.
00:04:41Au 12h13 aussi, on a une colocation de ce côté-là.
00:04:44Lui, c'est Australie.
00:04:46Lui, c'est un avocat russe.
00:04:50Lui, c'est un Américain.
00:04:52Et lui, c'est mec, ça va, tu vas bien, super cool.
00:04:54Vraiment, vraiment, le gars au top.
00:04:57Appartement 11h37, un jeune couple, super sympathique.
00:05:01Ils sont partis au mois d'août et ils sont revenus en novembre.
00:05:05Ils ont fait un trek en voiture, un van aménagé jusqu'en Turquie.
00:05:11Donc, tu vois tout en haut, côté là-bas, F2, nous avons un AB.
00:05:16Tu l'as jamais croisé ?
00:05:18Non, non, il n'est plus, mais avant, il était avec...
00:05:20Ce n'est pas une soutane, mais c'est comme les moines, tu vois.
00:05:22Je ne connais pas trop ce délire-là.
00:05:26J'ai fait le tour.
00:05:27C'est déjà pas mal, il y a pas mal de belles histoires à raconter ici.
00:05:47Je commence par une figure de la tour et du quartier depuis plus de 20 ans.
00:05:54Madeleine, ancienne journaliste, elle est devenue écrivaine.
00:05:59On m'aurait dit qu'on peut habiter dans un endroit avec de l'eau, des gosses qui font du
00:06:07canoë,
00:06:08que c'est si joli toutes ses couleurs, des bateaux, une perspective, une perspective.
00:06:15C'est une contemplation.
00:06:16C'est de la poésie, c'est du fond du cœur.
00:06:19Je crois que c'est le plus bel endroit de Paris.
00:06:24Mais c'est toute sa valeur, c'est toute sa fierté.
00:06:28Nous dominons 2 millions d'habitants, on est mille là-dedans.
00:06:31Mais regardez le bol qu'on a, quoi.
00:06:33Vous la trouvez belle, votre tour ?
00:06:34Oui.
00:06:37Je suis arrivée à écrire ce livre parce que je cherche des sujets.
00:06:41Si vous voyez les petites phrases que vous avez envie de dire, n'hésitez pas.
00:06:44La tour était prise dans la brume.
00:06:47Quel tour d'ailleurs ?
00:06:49N'importe quel passant devait être incapable de la voir.
00:06:54Il me demande de vous montrer que c'est un village ici.
00:06:57Un village en hauteur.
00:07:00C'est un immeuble, une tour, un bâtiment, un édifice si vous préférez.
00:07:07Mais pas un village.
00:07:11Ineptie, assez argotée.
00:07:14Levez le nez.
00:07:15A partir de maintenant, Justin, nous entrons dans un village.
00:07:27Dans le village, il y a monsieur Dejoux, un fidèle des assemblées générales de copropriétaires.
00:07:32Ancien percepteur, il est du genre à être tatillon sur les comptes du syndic.
00:07:37La vedette, la star, c'est Mei Lan.
00:07:40Mei Lan, ça veut dire belle orchidée, en chinois.
00:07:44C'est un prénom qui n'est pas si extraordinaire que ça.
00:07:49La belle orchidée se cache.
00:07:50Ouais, toujours, toujours, toujours.
00:07:53Et donc là, c'est la statue que j'ai faite.
00:07:56C'est un moulage, enfin, un modelage de mon épouse.
00:08:00Et on voit, là, c'était le jour de notre mariage.
00:08:02Et là, c'était il y a quelques années.
00:08:06Après, Mao Tse-tung.
00:08:09Attendez, c'est pas Mao Tse-tung.
00:08:10Ce qui est important de voir, c'est ça.
00:08:15Alors, Mao transformé en tirelire, n'est-ce pas ?
00:08:18Il y a quand même de quoi apprécier l'humour.
00:08:22Exact.
00:08:26Une tour comme ça, c'est deux fois mon village natal, si je puis dire.
00:08:30Qui fait 500 habitants, donc, voilà, dans l'Ardèche.
00:08:35Et donc, c'est aussi beaucoup de petites communes.
00:08:38Et donc, il y a une démocratie.
00:08:42Il y a aussi des oppositions.
00:08:44Il y a une majorité.
00:08:45Il y a des coups de cœur.
00:08:47Il y a des oppositions plus subtiles.
00:08:53J'ai une relation pas facile avec le voisin du dessus.
00:08:56Pour une raison simple, c'est que c'est un musicien professionnel
00:09:00qui donne des cours de clarinette.
00:09:04Et c'est parfois insupportable toute la journée.
00:09:08Il commence à 9h du matin.
00:09:10Et voilà.
00:09:15Le musicien professionnel, c'est Michel.
00:09:18Et je lui ai demandé de faire la musique de ce film
00:09:21à partir des sons de la tour.
00:09:48J'ai l'impression d'être dans un village Playmobil de rêve.
00:09:51Avec le petit garage à vélo, le petit jardin devant, l'eau avec le canal.
00:09:57Ça papote, ça ragote.
00:09:59Elle n'attend que c'est couvert.
00:10:01Il y a des deux pièces où je connais des personnes qui sont à 7 à 8 dedans.
00:10:05C'est ça aussi qui ne va pas.
00:10:06On paye autant de tièmes.
00:10:07Moi, je viens.
00:10:08Mais bon, je ne dépense pas autant d'eau que les gens qui sont faits ouvrir dans l'appartement.
00:10:14C'est marrant cette tour parce qu'elle l'oblige à se poser des questions sur le vivre-ensemble.
00:10:19Moi, je crois que le terme de village vertical est tout à fait adapté.
00:10:30Est-ce que la tour est un village ?
00:10:33Ouais, je pense.
00:10:34Non ?
00:10:34Tu dis non, toi ?
00:10:35Vas-y, vas-y, développe.
00:10:37Je ne sais pas s'il y a un maire, mais en tout cas, il y a quelques figures locales.
00:10:43On a Harley, bien sûr, qui est notre régisseur à tous.
00:10:48C'est un peu l'employé communal, le cantonnier, si on était à l'échelle d'un village.
00:10:53Salut, tu vas bien ?
00:10:55Ça va, il fait beau aujourd'hui.
00:10:56Il fait doux.
00:10:57Bonjour.
00:10:58Allez, bonne journée.
00:11:00Merci.
00:11:00Il y a un effet communauté un peu dans le hall et dans les ascenseurs.
00:11:04Parce qu'il y a toujours le gardien qui est là, les pompiers qui se relaient.
00:11:11Ce qui définit un village, c'est la place du village.
00:11:15Il y a un proverbe à Yoruba qui dit qu'il faut un village pour élever un enfant.
00:11:19Ce que ça dit, c'est que les espaces partagés extérieurs d'un village, ils sont suffisamment sûrs, connus.
00:11:27Et on y connaît suffisamment les gens et les habitants pour y laisser évoluer ensemble les enfants, pour les laisser
00:11:34s'approprier les lieux.
00:11:35Et alors, en passant du temps, du coup, dans le jardin avec nos enfants, on a rencontré d'autres parents
00:11:41avec d'autres enfants.
00:11:42Et c'est comme ça qu'on a commencé vraiment à faire des relations à l'intérieur de la tour,
00:11:46évidemment.
00:11:46Et puis on s'est rapprochés de personnes qui avaient des enfants du même âge et qui grandissaient ensemble.
00:11:52Et tout ça, se faisant au fil des années, nos enfants sont devenus une petite bande, la petite bande de
00:11:56la tour.
00:11:57Et ils ont gagné en indépendance.
00:11:59Et donc très tôt, je pense même beaucoup plus tôt qu'on ne l'aurait fait si on avait été
00:12:02dans un quartier pavillonnaire ou dans un autre quartier de Paris.
00:12:05On les a laissés se déplacer tout seuls dans la tour.
00:12:20Ça peut vous sembler être une vision idyllique, ce jardin avec son canal, son petit port de plaisance attenant.
00:12:26Un pari de carte postale, ce pont levant et la rotonde au bout du bassin.
00:12:32Pourtant, c'est bien là, à Stalingrad, que se trouve l'un des hauts lieux du krach à Paris.
00:12:37Le quartier est d'ailleurs souvent réduit à ça et à ces tours impressionnantes qui peuvent rappeler les grands ensembles
00:12:42de banlieues.
00:12:46Finalement, les gens n'en parlent pas trop du krach à Stalingrad à 200 mètres.
00:12:51On le ressent en habitant dans la tour ? Est-ce que c'est une pression ?
00:12:54C'est pas plus que ça. Pas plus que ça, justement, parce que ça reste un quartier où il y
00:12:59a du mouvement, les familles, etc.
00:13:05Donc, je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème, mais ils sont probablement un peu surestimés.
00:13:13Ce que je retiens surtout de ce quartier, et de ma tour en particulier, c'est la chance de côtoyer
00:13:19une incroyable diversité de gens
00:13:20au parcours aussi multiple qu'il y a d'appartements.
00:13:25Banane, banane, reste assise s'il te plaît, je te prépare la banane et le pain. Tu veux le pain
00:13:31aussi ?
00:13:32Voici Fabien et Eva. Eva qui, comme moi, n'auraient jamais imaginé vivre dans une tour.
00:13:37Tu continues ?
00:13:42À l'époque où j'ai rencontré Fabien, je vivais depuis pratiquement trois ans sur une petite île à Ouadisefoutouna,
00:13:49dans le Pacifique.
00:13:50Et je suis venue ici en vacances et je m'étais promis de jamais revenir vivre à Paris.
00:13:54Je suis tombée amoureuse d'un Parisien et donc me revoilà revenue à Paris dans cette tour.
00:14:00Du coup, voilà, depuis ma petite île où j'étais bien installée.
00:14:05Je n'étais jamais montée si haut dans une tour d'habitation.
00:14:09Voilà, donc je trouvais ça sympa, son invitation à venir regarder le soleil depuis le 26e étage.
00:14:17J'ai pris une feuille de papier, j'ai dessiné les nuages sur la fenêtre.
00:14:21Voilà.
00:14:23Et puis, voilà, on s'est roule une monstelle, quoi.
00:14:29Voilà, ici.
00:14:31Ah, Mathias ! Oh là là, il va jouer, Mathias.
00:14:36Il va tester sa nouvelle voiture, là.
00:14:38T'as toujours des nouvelles voitures, des nouvelles chaussures, des nouvelles...
00:14:51Je me surprends des fois d'être dans l'ascenseur et d'entendre de l'Espagnol, de l'Italien, du
00:14:56Chinois, des Brésiliens, des Portugais, des Chiliens, des Indiens ou je ne sais pas s'ils sont Indiens ou Sri
00:15:03Lankais ou Pakistanais, mais...
00:15:05On a l'impression de voyager en montant dans l'ascenseur.
00:15:08Babel, la tour de Babel.
00:15:11Après aussi de Sud-Amérique, voilà, ça, Brésil, Colombie, de Hongrie.
00:15:17Nous, en Yougoslavie, on a fait études.
00:15:20Alors, je suis juriste.
00:15:21Et ma femme, elle était cinquième année de médecine.
00:15:24Et à cause de la guerre, on a tout laissé, voilà.
00:15:28C'est entre frères, entre voisins, entre nous.
00:15:33Je dis, c'est pas raisonnable, et voilà.
00:15:40C'est la deuxième naissance ici pour moi et pour nous.
00:15:44Changement complètement de vie.
00:15:52J'étais conducteur d'engins de travaux publics.
00:15:55J'ai conduit une machine, j'ai construit tous les réseaux de gaz, électricité, l'eau, PTT, télécommunications.
00:16:04En France, Île-de-France, voilà, c'est un métier pas pour tout le monde.
00:16:10Plutôt, c'est pour eux.
00:16:11J'ai vu dans mon entourage, c'est l'émigration qui fait ça.
00:16:16Et c'est vraiment le travail pour émigrer.
00:16:30Bonjour, ça va, on vient pour l'entraînement ?
00:16:32On vient pour l'entraînement.
00:16:33Super, bon courage.
00:16:34Entraînez-vous bien.
00:16:35C'est gentil.
00:16:35Allez, bon courage, les gars.
00:16:36Merci, merci.
00:16:47Merci.
00:17:15Tu connais cette personne ?
00:17:17Je fais comment pour mettre la lettre en mode normal ?
00:17:21Et j'ai fait traduire ça par des Chinois.
00:17:22On a fait parler de l'iPhone.
00:17:24Et c'est un nom qu'on ne connaît pas.
00:17:26Ah, on me l'a dit déjà.
00:17:27Mais ça veut dire quelque chose de bien.
00:17:29J'espère, sinon ça veut dire trou de balle ou un truc comme ça.
00:17:32Après, bon, j'assume.
00:17:34Entre les Chinois, les Cambodgiens, les Laotiens, les Vietnamiens, la population asiatique représente près de 30% de la tour.
00:17:42Et pourtant, en 20 ans, j'ai rarement eu l'occasion d'échanger avec eux.
00:17:47Je profite de ce film pour aller à leur rencontre, mais ce n'est pas facile.
00:17:52Bonjour.
00:17:54Comment on se retrouve ?
00:17:55Ça va ? On s'est en train de tourner, là ?
00:17:57Ouais, je voulais tourner.
00:17:58Et pour l'instant, j'obtiens des sourires et des oui qui veulent dire non.
00:18:07Je me tourne donc vers la deuxième génération et rencontre Laurent et Christian, deux enfants de la tour.
00:18:13Tu peux me raconter le parcours de tes parents ? Comment ils sont arrivés là ?
00:18:17Enfin, à quelle année ?
00:18:19C'est une histoire, je pense, qui est partagée un peu commune avec la majorité des ethnies asiatiques
00:18:24qui sont maintenant au sein du 13e arrondissement ou dans les quartiers de Belleville.
00:18:28Mes parents ont fui le conflit à l'époque qui était Indochine, Vietnam, enfin Sud, Vietcong.
00:18:36Il y avait des régimes totalitaires avec beaucoup de génocides, si je peux dire les termes.
00:18:41Et mes parents ont du coup été recueillis par la Croix-Rouge française, puisqu'ils viennent du Cambodge,
00:18:48donc une colonie ex-française.
00:18:50Et par ce biais-là, ils ont réussi à traverser jusqu'en France, en traversant toute l'Europe et être
00:18:56accueillis en tant que réfugiés.
00:18:58Et du coup, ils sont arrivés, je crois, en France dans les années 80.
00:19:02Et moi, je suis né en fin de 98, l'année de la Coupe du Monde, en France.
00:19:06La communauté est un peu discrète, etc.
00:19:09Comment tu expliques ?
00:19:11Je dirais que c'est de la culture.
00:19:13Alors après, vivons heureux, vivons cachés.
00:19:16C'est peut-être aussi un peu la philosophie d'une certaine population asiatique.
00:19:23Après, nous, on est quand même de la deuxième génération, donc on est un peu différents par rapport à nos
00:19:29parents.
00:19:30Le fait d'avoir fui, fui la dictature, fui la pauvreté, ou le fait de se reconstruire, oui, on essaye
00:19:39d'éviter de poser problème à autrui.
00:19:41Donc c'est peut-être ce côté-là qui fait qu'on est un peu discret.
00:19:53En rencontrant mes voisins dans toute leur diversité, je me demande pourquoi, lorsque la diversité n'est pas un fantasme,
00:19:59mais une réalité quotidienne,
00:20:01pourquoi ici, dans le 19e arrondissement de Paris, quartier populaire et réputé pour ses lieux de d'île,
00:20:07pourquoi, aux dernières législatives, le vote RN était quatre fois plus bas qu'au niveau national,
00:20:12et à l'EFI passait au premier tour avec 64% des voix.
00:20:16Qu'en sera-t-il aux prochaines élections municipales ?
00:20:24Ici, dans le 19e, on peut quand même dire qu'il y a pas mal de gens privilégiés,
00:20:30souvent assez engagés pour l'écologie, le féminisme, etc.
00:20:33On a en tout cas cette image-là, donc je ne suis pas surprise de voir que cet arrondissement
00:20:39est plutôt très à gauche versus à droite.
00:20:45Tu parles du rastrobleman national, c'est souvent, de ce que moi je vois, j'écoute, je lis,
00:20:52des gens qui finalement ne côtoient pas la diversité,
00:20:55qui ont des préjugés sur les étrangers, sur les migrants, sur tout ça.
00:21:00Et puis en fait, quand tu es dans ce genre de quartier, où tu vois tous les jours la diversité,
00:21:04que les craqués, ce n'est pas forcément des Africains,
00:21:08et que ceux qui sont importunants, ce n'est pas forcément non plus des étrangers,
00:21:14ça peut être du blanc, tout ce qui est plus blanc que blanc.
00:21:18Du coup, pour moi, c'est lié.
00:21:21Plus tu as de diversité, moins tu as de racisme inhérent.
00:21:24Ici, je ne me suis pas senti comme un étranger, voilà, c'est ça.
00:21:28Surtout d'entour aussi, parce que j'ai vu différents mondes.
00:21:32Et pour moi, c'est une nécessité pour vivre ensemble,
00:21:36parce que contact, tout ça, on a besoin d'un de l'autre pour régler notre quotidien, voilà, c'est
00:21:43ça.
00:21:45Et à la campagne, peut-être, ils sont plus isolés,
00:21:47ils sont avec la télé un peu, avec les médias qui te servent plein de choses,
00:21:55et ils ne peuvent pas comparer après avec les autres, et tout ça,
00:21:58ils sont après peut-être plus fermés, voilà, c'est ça.
00:22:08Aujourd'hui, dans cette tour, cohabite sous le même toit,
00:22:11mille voisins venus du monde entier.
00:22:14Était-ce l'intention de l'architecte d'en faire un village vertical ?
00:22:18Y avait-il aussi un projet politique,
00:22:20à l'instar de l'utopie sociale de Le Corbusier,
00:22:23avec sa cité radieuse ?
00:22:26T'as une idée de l'architecte, de l'histoire de la tour ?
00:22:30Non, pas du tout, pas du tout, du tout, du tout.
00:22:33Pas du tout, pas du tout.
00:22:34Je sais qu'elle a été construite en 1972, par là.
00:22:38Nous sommes arrivés en 1974.
00:22:40C'était une tour de fonctionnaires.
00:22:42Donc, sa destination, c'était les fonctionnaires,
00:22:46issus du ministère de la vie.
00:22:47Du travail, du travail, de l'intérieur, de l'armée.
00:22:52Ah oui, une tour de fonctionnaires.
00:22:54Alors, projet politique peut-être,
00:22:56mais on est loin d'une cité radieuse.
00:22:59Pour en savoir plus, je sais où aller sonner.
00:23:06Curieusement, il y a beaucoup d'architectes qui habitent dans la tour.
00:23:09Au moins une vingtaine.
00:23:11Parmi eux, il y a Gaspard, qui a ses bureaux ici.
00:23:14Et il doit certainement connaître l'histoire de la tour.
00:23:18La tour, elle a été conçue et réalisée par l'architecte Pierre-Yves Cochin dans les années 70.
00:23:25C'est la première tour d'un projet d'un nouveau front de scène qui était voulu par le président
00:23:30Pompidou.
00:23:31Et le président suivant, Giscard, il a stoppé ce projet.
00:23:35Au même moment, Pierre-Yves Cochin, il réalisait le nouveau hôtel de la Porte de Bagnolet, une autre tour.
00:23:42Et pour moi, ce n'est pas tout à fait anodin que ce soit un architecte d'hôtel qui l
00:23:49'ait réalisé.
00:23:49Cette tour, je l'aperçois un petit peu comme un espèce de nouveau Sheraton dans un paysage urbain.
00:23:57On voit ces lignes effilées, verticales.
00:24:01Il y a des balcons qui sont très intrigants parce qu'ils sont vraiment anecdotiques au plus haut degré.
00:24:07Coucou.
00:24:08Oui, je sais.
00:24:09Absolument.
00:24:10On termine.
00:24:12Cette tour, en termes architecturaux, elle me donne l'impression d'avoir été dessinée en une heure.
00:24:20Alors moi, il y a un truc qui me questionne dans cette tour, c'est pourquoi le dixième étage a
00:24:25un balcon et pas les autres ?
00:24:27Pourquoi l'architecte a eu cette idée loufoque ?
00:24:30C'est vrai que tout le monde se pose la question de ces balcons seulement au dixième étage.
00:24:35Non, neuvième étage.
00:24:37Moi, le truc qui m'a surpris, c'est que les ascenseurs pertes ramènent sur les étages en paire.
00:24:43Ça, c'est la première fois, quand je suis entrée, moi, je devais prendre l'ascenseur 2 pour aller au
00:24:513.
00:24:52Mais pourquoi ? Moi, je suis informaticienne.
00:24:54Non, non, non.
00:24:56Si c'est perte, c'est perte, c'est impaire, impaire.
00:25:00En effet, je n'avais jamais remarqué.
00:25:02L'ascenseur impaire, l'ascenseur 1 t'emmènent aux étages pairs et l'ascenseur pair dessert les étages impairs.
00:25:14Mathieu a emménagé récemment en famille et il découvre depuis des particularités de la tour.
00:25:20Ce qui est marrant, c'est que je ne connais pas les gens des étages impairs, voire je ne connais
00:25:25pas les gens de l'autre côté de l'ascenseur.
00:25:29Donc ça, c'est assez marrant.
00:25:30Il y a limite un village avec 4 quartiers.
00:25:37Finalement, c'est peut-être nous, les habitants, qui avons fait de cette architecture d'hôtel un village vertical, en
00:25:43créant au fil des années un lien communautaire.
00:25:49Quand tu es arrivée, c'était...
00:25:52Moi, mon premier sentiment, c'était de me dire que c'était trop de voisins d'un coup, c'était
00:25:57une communauté un peu trop présente et je n'avais pas envie de rentrer dedans, en fait.
00:26:03Et puis, finalement, tu as des enfants, tu te traînes dans le jardin.
00:26:07Bon an, mal an, tu arrêtes quand même à côtoyer des gens et puis finalement, tu découvres que ça, c
00:26:12'est chouette.
00:26:12Et moi, j'ai créé des liens avec des gens que je ne pensais pas trop.
00:26:18Nous, on est arrivés il y a 15 ans dans un 3 pièces qu'on a déménagé, donc du 27e
00:26:24au 26e étage.
00:26:25Et finalement, on vend à des gens qui habitent dans la tour aussi et qui en déménagent pour prendre plus
00:26:29grand à un autre étage.
00:26:30Et voilà, quand on aime ici, on se sent bien, quoi.
00:26:35Moi aussi, j'ai déménagé en ascenseur à l'arrivée de mon deuxième enfant.
00:26:39Du 20e étage, vue nord, j'adorais cette vue.
00:26:42Je l'ai tellement filmée.
00:26:47Au 12e étage, vue sud, pas mal non plus.
00:26:53Nous, on a habité au 2e étage pendant 5 ans.
00:26:57On a déménagé en ascenseur en 45 minutes.
00:27:00C'est au 26e, donc la vue est bien meilleure.
00:27:03C'est la même tour, la même vie, mais avec les nuages, les oiseaux, la tour Eiffel.
00:27:09Enfin, c'est incroyable comme vue.
00:27:10Moi, j'aime bien, c'est voir le début.
00:27:12Même quand, tu sais, la maman ou le papa qui viennent me voir me dit, on a un truc à
00:27:15t'annoncer, on va voir un bébé.
00:27:17Ça fait plaisir.
00:27:18Ça fait plaisir.
00:27:19Et c'est parce que tu sais que tu vas commencer à voir le ventre.
00:27:21Là, d'ailleurs, on a deux bébés qui vont naître cette année.
00:27:23Encore.
00:27:23T'as vu ?
00:27:24C'est vraiment la tour des enfants.
00:27:26La tour est vieille, mais pas son âme.
00:27:29Au fil des naissances, on s'agrandit dans cette tour.
00:27:32On passe d'un T2 à un T4.
00:27:34On déménage tout en voulant rester dans le même village.
00:27:37Quand vous êtes arrivé, il était aménagé comment ?
00:27:40C'était génial.
00:27:41C'était un vieux monsieur qui venait de décéder.
00:27:44C'était un indivision et c'était le fils qui était diplômé en architecture qui avait fait les travaux.
00:27:49C'est-à-dire qu'il y avait deux carrelages au plafond, style boucherique, blanc, brillant.
00:27:54Il y avait deux faux parquets en carrelage au sol, blanc aussi.
00:27:58Les chambres, c'était un peu une ambiance David Lynch.
00:28:00Il y avait deux papiers pan blancs et rouges striés et des carreaux noirs et rouges au sol.
00:28:05Oui, assez moisi.
00:28:08Et la cuisine, elle était déjà là, mais elle était fermée.
00:28:11Donc vous avez fait quoi ?
00:28:12Donc on a ouvert, on a cassé, il y avait une cloison, on a cassé, on a refait la cuisine
00:28:17au même endroit, mais ouverte.
00:28:18Et tourner vers la rue.
00:28:19Donc pendant qu'on lave les casseroles, on voit la tour Eiffel.
00:28:30J'ai cassé les murs et j'ai ouvert parce que là, on a un poster de la tour Eiffel
00:28:36dans la fenêtre de l'ex-fenêtre de cuisine.
00:28:39Et là, on a un poster de Montmartre dans la fenêtre du séjour.
00:28:44Alors l'avantage, un avantage que l'on peut avoir, c'est que c'est une tour de contrôle, notre
00:28:49appartement.
00:28:50Et qu'on a une vue périphérique sur quasiment le sud de Paris, la porte d'Orléans et...
00:28:57Thomas, comme beaucoup de voisins, a sa paire de jumelles à portée de main.
00:29:00Il est ancien chef d'escale d'une compagnie aérienne.
00:29:04Bah tiens, là j'ai le centre Georges Pompidou.
00:29:07Notre raffinerie, notre raffinerie de Paris.
00:29:18Il y a un voisin qui ne quitte jamais ses jumelles, c'est le peintre japonais Masao Aijima.
00:29:24Il peint tous les jours sa vue depuis plus de dix ans.
00:29:32Pour trouver ici, j'ai visité plus de soixante-dix appartements.
00:29:40Moi, je peins le paysage intime, le paysage que je vois tous les jours.
00:29:46Le paysage appartient à moi.
00:29:54Je suis né à Tokyo, les années cinquante.
00:30:01Et à l'âge de cinq ans, j'étais encore pour l'école maternelle.
00:30:05Et il y avait un concours de peinture.
00:30:08Je me suis installé devant chez moi.
00:30:11Et puis j'ai fait le paysage, ce que je voyais, devant ma maison.
00:30:19Et le jour de l'exposition, je suis arrivé devant ma peinture.
00:30:25Et alors, c'était bizarre, c'est que ma peinture était exposée à l'envers.
00:30:33Pourtant, pour moi, c'est une peinture figurative, c'est pas du tout abstrait.
00:30:38Je voulais faire un paysage plus réaliste possible.
00:30:44Comment ça se fait que les gens qui mettent à l'envers, c'est bizarre ?
00:30:48Aujourd'hui, plus personne n'exposerait les peintures de Masao à l'envers.
00:30:52De la tour et sa hauteur, Masao a développé un sens du détail très particulier.
00:30:58Comme les voisins d'ailleurs, rien n'échappe au regard des vigiles.
00:31:16Vous connaissez même pas le principe d'un groupe WhatsApp de voisins.
00:31:24Tous les jours, il y a des messages, il y a des partages d'objets,
00:31:27des partages d'infos aussi, d'événements.
00:31:31Moi, je propose toujours la place de parking parce que moi, je pars de voiture.
00:31:34Je suis content de servir quelqu'un.
00:31:42Ce qui m'amuse, c'est que ça a un côté un peu gazette
00:31:44où parfois, tu as des échanges un peu houleux.
00:31:49Je lis, je regarde, je rigole.
00:31:54Dès qu'on a un problème, j'ai une innovation,
00:31:58est-ce que vous pouvez venir m'aider ?
00:32:07Bonjour les voisins et bon retour à Paris pour ceux qui reviennent de vacances.
00:32:10Pour moi, cette nuit est assez soldée par éponger les dégâts d'une inondation
00:32:14qui avait été causée quelques étages au-dessus.
00:32:15Il existe sur Internet ce genre de gadget, ça coûte environ 10 euros.
00:32:19Vous le posez à plat sur le sol, près des endroits qui pourraient avoir des inondations,
00:32:24genre les dessous de baignoires, les dessous d'éviers.
00:32:26Voilà, là, j'ai imité l'humidité qui arrive.
00:32:31On a des petits gadgets qui coûtent quelques euros sur Internet.
00:32:34Et quand on met ça en place, voilà.
00:32:37Thierry, c'est un conseiller syndical très actif sur le WhatsApp.
00:32:41Normalement, ça fait bip, bip, bip, dès qu'il y a une suspicion d'humidité qui arrive.
00:32:45Un voisin qui vous veut du bien, toujours prêt à donner des coups de main,
00:32:48des conseils ou prêter des outils.
00:32:52Le frigo, le frigo, pain commun.
00:32:54Ah ouais.
00:32:55T'as dû voir des tas d'appartements superbes, des décorations originales et tout.
00:33:01C'est le seul que je connaisse qui a conservé le plan d'origine de son 5 pièces.
00:33:05Et tu veux juste un coup d'oeil pour voir toi ?
00:33:07Ouais, je veux bien.
00:33:07Je suis dit, j'ai rien changé.
00:33:08Ouais, mais en même temps, c'est vrai, j'ai eu une couche d'appartements qui ont changé.
00:33:12Ah ouais, il y avait, bah tu vois par exemple, cette porte-là à droite,
00:33:16je crois que c'est la première fois que je la vois.
00:33:18Eh bah, elle est d'origine.
00:33:20Et puis là, tu vois, je suis en train de préparer la chambre pour mes visiteurs.
00:33:23Tiens, ça, c'est un meuble original.
00:33:25C'est le seul meuble un peu original de la maison.
00:33:27C'est une face avant de libreton.
00:33:29Tu sais, les bretons avaient des armoires et dans lesquelles ils avaient une porte comme ça
00:33:34pour que les enfants dorment avec des couchettes.
00:33:36Il y avait trois enfants en général qui dormaient là-dedans.
00:33:38Et là, tu vois, c'est ça que fait Mireille.
00:33:41Elle fait ce qu'elle appelle des crêpes, c'est-à-dire des sculptures en papier mâché sculpté.
00:33:47Je te présente mon arrière-grand-père.
00:33:49Il était à l'époque le médecin-chef de l'hôpital du bagne de Nouméa.
00:33:55Aujourd'hui, je pense que le WhatsApp est probablement le premier forum de rencontres et d'échanges.
00:34:01Les occasions de se voir, ne serait-ce que pour se donner un coup de main en termes de bricolage
00:34:06ou de près de place de parking, etc., en découlent directement.
00:34:09Et ça, ça contribue pas mal à rapprocher les gens, sûrement.
00:34:14Porte, 23h.
00:34:18Bruit du vent depuis l'intérieur du hall d'entrée de la tour.
00:34:24Bonsoir.
00:34:25Bonsoir.
00:34:28Bonsoir.
00:34:45Bonsoir.
00:34:45Bonsoir.
00:34:49Bonsoir.
00:34:55Bonsoir.
00:35:01Bonsoir.
00:36:50Il y a d'autres choses qui se passent au sous-sol, des choses terrifiantes.
00:36:57Oui, ce sont les assemblées générales de copropriétaires.
00:37:04Cette année, des sujets importants doivent être votés.
00:37:07Qui est contre ?
00:37:11Certains voisins me poussent à me présenter au conseil syndical.
00:37:15D'autres personnes qui souhaiteraient se présenter au conseil syndical ?
00:37:19Moi, je veux bien.
00:37:22Monsieur Mignon ?
00:37:23Oui.
00:37:24Donc, on procèdera, on va repriter pour les...
00:37:26Oui.
00:37:26Alors, candidature pour Monsieur Mignon.
00:37:29Ici présent.
00:37:31Qui est contre ?
00:37:34Qui s'achetient ?
00:37:37De l'abstention ?
00:37:38Alors, Monsieur.
00:37:39Le gros sujet cette année, c'est la question de la rénovation énergétique.
00:37:44En pleine canicule, votre mur monte à 60 degrés.
00:37:47L'acier qui est dans le béton se dilate évidemment plus fort que le béton lui-même.
00:37:53Et c'est ça qui crée les fissures.
00:37:55Après, si elles ne sont pas traitées, il y a le gel qui peut...
00:37:57La pluie, le gel, et puis ça va encore éclater en hiver un peu plus.
00:38:00Et puis en été, il y aura des chocs thermiques et ça ne va pas éclater.
00:38:03S'il vous plaît.
00:38:04Là, s'il vous plaît, parce qu'on parle d'argent.
00:38:08Alors, voilà ce que ça donnerait en mensualité pendant 20 ans pour chacun.
00:38:13Donc, ça va de 88 euros à 371 euros par mois pendant 20 ans.
00:38:20J'étais un petit peu sceptique au début.
00:38:23Et maintenant, finalement, je suis carrément sceptique.
00:38:25Et anti-plan DTG.
00:38:27Si on se met dans ces projets, mais pharaoniques,
00:38:31un peu en limite de submersion financière,
00:38:35c'est pour moi une folie.
00:38:38Le problème, c'est que depuis 70 ans,
00:38:42on est élevé dans une culture de l'éternel présent.
00:38:46Et on a oublié qu'il faut entretenir les bâtiments
00:38:51comme il faut entretenir n'importe quel objet.
00:38:55La différence, c'est que si je n'entretiens pas mes chaussettes,
00:38:59je vais les jeter, j'en prends des autres,
00:39:02on ne peut pas faire la même chose sur un immeuble.
00:39:08Comme sur tous les sujets, deux visions politiques s'opposent.
00:39:11On retrouve dans les assemblées générales les mêmes questions que dans le débat public.
00:39:16Faut-il plus de sécurité en rajoutant des caméras de surveillance ?
00:39:20Faut-il payer, en plus, un vigile toute la nuit ?
00:39:24Comme dans n'importe quelle commune, la question des impôts est un sujet sensible.
00:39:28Ici, dans cet immeuble de grande hauteur,
00:39:30les impôts, enfin les charges en l'occurrence, sont déjà très élevés,
00:39:34avec la présence obligatoire d'un pompier, 24h sur 24.
00:39:38Le salaire d'Harley et de M. Fissourou, qui commence lui à 5h30 du matin.
00:39:45Je commence tôt le matin, comme ça, je nettoie l'ascenseur et on va rentrer
00:39:50avant que les gens de son lit, de travailler ici, tranquille, il n'y a pas de problème.
00:39:59Tranquille, tranquille, M. Fissourou doit quand même gérer les incivilités et les mauvaises surprises.
00:40:04T'as jamais rien trouvé de bizarre dans les escaliers ?
00:40:07T'as jamais trouvé des trucs bizarres dans les vies d'ordures ?
00:40:10Voilà, donc tu fais un travail de malade, dis pas que tout va bien et tout ?
00:40:14Un travail de fou, oublie pas.
00:40:17A tous ces salaires, il faut rajouter l'eau et le chauffage collectif.
00:40:21Les charges vont de 350 euros pour un 2 pièces à 750 euros pour un 5 pièces.
00:40:29Tout choix est politique et chaque sujet peut diviser les propriétaires.
00:40:33En ce moment, c'est l'utilisation du jardin.
00:40:36Avec cette rengaine, il faut interdire l'accès à la pelouse.
00:40:44On voit des conflits autour du jardin, l'envie de gens de mettre des interdictions pour les enfants, pour les
00:40:51animaux, pour les vélos.
00:40:52Il y a toujours cette question de vouloir interdire, de vouloir cadrer, alors que finalement, moi je trouve que les
00:40:56gens de la tour s'autorégulent très bien.
00:40:59Mais la première fois où ces deux camps se sont écharpés, le premier vrai conflit, ça a été le sujet
00:41:05vélo.
00:41:06Comme dans tout Paris d'ailleurs.
00:41:09C'est la petite mission du matin, mais c'est que...
00:41:15Il y a pire.
00:41:16Comme des sens de sous-sol.
00:41:22Le vélo, c'est un gros sujet.
00:41:24Ça a été un gros sujet des combats pendant des années à l'intérieur de la copropriété.
00:41:30Parce qu'on est en manque d'espace de stationnement vélo.
00:41:36Il y avait des vélos qui étaient garés dans les jardins.
00:41:39Ça a soulevé des batailles entre les parties de la copropriété.
00:41:47Alors, j'ai l'habitude d'être engagé un peu dans tout ce que je fais, puisque je suis chef
00:41:50d'entreprise.
00:41:50J'ai été officier à l'armée, à la BSPP, etc.
00:41:54Mais en particulier, le sujet qui m'avait mobilisé, c'était celui qui concernait les racks à vélo,
00:42:01qui étaient nécessaires vu la montée de l'utilisation des bicyclettes à Paris.
00:42:07Et pour laquelle je m'opposais à une idée saugrenue qui consistait à remplacer nos jardins
00:42:11par de vastes hangars métalliques pour garer les vélos.
00:42:13Et du coup, ça a donné une politique assez répressive de la part du conseil syndical
00:42:19qui a voulu absolument démonter tous les vélos qui étaient présents en bas.
00:42:26Donc moi, par exemple, mon cadenas avait été coupé à l'époque.
00:42:29Donc voilà, je n'ai pas envoyé la facture au conseil syndical, mais voilà.
00:42:32Et puis tout ça avait été fait avec des arguments assez fallacieux
00:42:34sur le fait qu'il y avait un danger potentiel,
00:42:37avec le fait que certains vélos pouvaient être de la matière inflammable.
00:42:41Tout le monde mettait les vélos de façon un peu hasardieuse.
00:42:46et ils mettaient les vélos n'importe où, sous la clôture.
00:42:51Pour toi, le vélo, c'est une question politique ou une vision générationnelle ?
00:42:55Eh bien, je pense que c'est les deux.
00:42:57Je pense que c'est politique et générationnel.
00:42:58Déjà, c'est impraticable, de plus en plus impraticable, la voiture dans Paris.
00:43:02Alors, il y en a qui en sont nostalgiques.
00:43:04Moi, personnellement, je n'en suis pas du tout nostalgique.
00:43:06Et même, voilà, je suis cycliste depuis longtemps.
00:43:08Donc, pour moi, ça a toujours été un fléau.
00:43:10Même en tant que piéton, ça a toujours été un fléau.
00:43:13Paris, pour moi, se dégrade en termes notamment de fluidité de déplacement et de circulation.
00:43:18Pourtant, moi, j'ai juste une mobilette.
00:43:19Donc, a priori, je ne dérange pas grand monde et je ne prends pas beaucoup de place.
00:43:22Et malgré ça, ça devient l'enfer de circuler à Paris.
00:43:25Donc, je suis ce qui se fait au jour le jour en termes de réglementation dans Paris.
00:43:28Mais ça ne me plaît pas beaucoup.
00:43:29Et ça me donne plutôt envie de quitter la ville que d'y rester aujourd'hui.
00:43:32Moi, personnellement, je suis très mécontent de la maire actuelle, de Mme Hidalgo.
00:43:37Et déjà au premier mandat.
00:43:38Et tous les gens que je connais dans mon entourage sont du même avis, à part une ou deux personnes,
00:43:42une ou deux exceptions.
00:43:43Je ne sais pas qu'Hidalgo est absolument parfaite, mais elle a fait quand même...
00:43:46Enfin, je sais quand même que là, ça fait quelques années que la pollution à Paris a drastiquement diminué
00:43:51parce qu'elle a rajouté plein de pistes cyclables.
00:43:53Et je trouve que ça se ressent.
00:43:55Portes, sorties, parking, deuxième.
00:44:12Aujourd'hui, ça s'est un peu stabilisé avec des places dans les parkings en sous-sol
00:44:17qui ont été converties en stationnement vélo.
00:44:21Et avec les locales vélos en rez-de-chaussée qui sont toujours très remplis,
00:44:26mais qu'on essaie de garder pour ceux qui utilisent vraiment au quotidien le vélo.
00:44:54Huit mois se sont écoulés depuis ma première visite chez Massao.
00:44:58Il espère que ce grand format sera prêt pour son exposition au printemps.
00:45:05Massao passe parfois des années sur un tableau.
00:45:08Ses peintures me donnent l'impression d'être des longues poses photographiques
00:45:11qui ne captent pas l'instant.
00:45:13Les saisons se mélangent, la ville se vide de ses habitants.
00:45:18Massao crée des œuvres hors du temps.
00:45:52Toute l'année, la tour et le quartier vivent au rythme des fêtes religieuses ou calendaires.
00:45:56De la prière juive de Tachlik au bord de l'eau,
00:46:00en passant par le nouvel an chinois, l'Aïd, et sans oublier le sapin de Noël.
00:46:10Coucou Nouma !
00:46:11Parez-vous au bon moment !
00:46:14T'as vu, c'est joli !
00:46:16On va essayer de mettre ça, du coup.
00:46:20Salut, Paul !
00:46:23Coucou !
00:46:24Mais c'est pas de l'heure, t'inquiète pas !
00:46:26C'est toi qui mets ?
00:46:27Est-ce que, Paula, tu veux mettre une petite guirline ?
00:46:30Bah, je sais pas, c'est un petit chocolat.
00:46:54Les élections municipales approchent.
00:46:57Bonjour, madame, pour changer Paris en 2020.
00:47:00Bonjour, monsieur, pour le changement à Paris avec Rachid Alati.
00:47:03Bonne journée.
00:47:03Il y a du monde qui tracte aujourd'hui au marché en bas de la tour.
00:47:06Baisse des loyers par régulation, baisse des loyers.
00:47:11Une vraie école.
00:47:13Vous dégagez les macronistes de gauche, de droite, du centre.
00:47:18Bonjour, Pierre-Yves Bonazel, je suis conduite pour être au prochain maire de Paris.
00:47:21Merci beaucoup.
00:47:23Et tout le monde n'est pas forcément bien accueilli.
00:47:26C'est pour ça, Clashot ?
00:47:27On verra, ouais.
00:47:29La seule qui doit gagner.
00:47:31Bonjour, monsieur.
00:47:32Je vais avoir un quartier comme juste, si vous osez venir.
00:47:34Non, mais allez ailleurs, allez faire ça, si vous êtes vraiment pas au bon endroit.
00:47:37Ah bah, je vais.
00:47:40Le changement commence par les municipales.
00:47:43Votons LFI.
00:47:45Tiens, je reconnais Angélique, une voisine de la tour.
00:47:48Alors pour Rachida, c'est par là. Les bijoux, c'est par là ?
00:47:51Les bijoux de la princesse ?
00:47:54Sinon, pour un Paris populaire, c'est ici.
00:47:56Bonjour.
00:47:57Ah bah, c'est bien.
00:47:59Ah bah...
00:48:00Pour l'encadrement des loyers.
00:48:02Angélique est docteure en biologie.
00:48:04Elle travaille d'abord aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d'Europe,
00:48:08puis est revenue récemment en France en tant qu'enseignante chercheuse.
00:48:11Mais avec ses 1700 euros par mois, difficile de se loger à Paris, avec son enfant.
00:48:16Pour l'encadrement des loyers, pour l'encadrement des loyers, pour une gauche populaire.
00:48:20Elle s'est donc résolue à revenir dans la tour, vivre chez son père.
00:48:48Elle s'est donc résolue à la tour.
00:48:54À voter.
00:49:08Là, je sais que c'est important d'aller voter parce qu'il peut y avoir une menace un peu
00:49:13extrémiste
00:49:13que j'ai pas envie de voir arriver.
00:49:16Oui, je vote. Je vote vert.
00:49:19De toute façon, nous sommes un quartier de gauche.
00:49:22Donc de toute façon, c'est ce qui est aux manettes dans le 19e.
00:49:30Je suis désolé qu'une partie importante de la tour vote pour Mélenchon.
00:49:34On vote Macron, oui.
00:49:36On vote plutôt Macron.
00:49:37Et on n'estime pas que ce soit un vote de droite, voyez-vous.
00:50:01C'est Emmanuel Grégoire.
00:50:03Victoire à Paris du candidat PS.
00:50:05La capitale reste à gauche.
00:50:06Écart large avec Rachida Dati.
00:50:0851% des votes pour Emmanuel Grégoire contre près de 41% pour Farival.
00:50:13Le nouveau mercadre à l'extrême droite.
00:50:15Ce soir...
00:50:19...
00:50:21...
00:50:21...
00:50:30...
00:50:55Quand il y a un résident qui dit « oui, c'est normal », il y a de l'eau
00:50:57qui sort.
00:50:58« Ici, oui, ici, oui, c'est normal. »
00:51:00« Oui, les immeubles bas sont invités, vous êtes les bienvenus. »
00:51:04« Définition d'un voisin, c'est quelqu'un qui habite à côté. »
00:51:15« Vous pouvez vous mettre sur le gazon. »
00:51:16« Vous pouvez vous mettre sur l'air. »
00:51:18« C'est pas interdit. »
00:51:19« Non, non, stop. »
00:51:21« C'est aujourd'hui ma 19e fête des voisins. »
00:51:25« Et je sais qu'il y en aura d'autres. »
00:51:28« Je ne suis pas prêt de quitter mon village vertical. »
00:51:31« Ma tour aux mille voisins, habitant sous le même toit. »
00:51:35« Tout le monde n'est pas là ce soir, mais ce n'est pas grave. »
00:51:38« Rendez-vous au sous-sol pour la prochaine Assemblée Générale. »
00:51:48Mille voisins, documentaire exclusif réalisé par Stéphane Milon
00:51:53ou les charmes de la vie quotidienne.
00:51:56Vous venez de le voir au sein d'une tour de 30 étages
00:51:59située en plein cœur d'un arrondissement populaire parisien.
00:52:03L'occasion de nous interroger maintenant dans ce débat doc
00:52:07en compagnie de nos invités sur les ressorts, les recettes
00:52:10pour bien vivre ensemble aujourd'hui dans notre pays.
00:52:14Najat Vallaud-Belkacem est tout d'abord avec nous.
00:52:16Bienvenue à vous.
00:52:18Vous avez été à plusieurs reprises ministre
00:52:20sous le quinquennat de François Hollande,
00:52:22dont ministre de l'Éducation nationale,
00:52:24de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
00:52:26Vous êtes aujourd'hui présidente de l'association
00:52:29France Terre d'Asile
00:52:30et auteure de « Sevrage numérique,
00:52:33enquête sur notre rapport aux écrans
00:52:35et comment nous en libérer. »
00:52:37C'est un ouvrage disponible chez Talendier.
00:52:39Et puis, plus proche du sujet qui nous intéresse aujourd'hui,
00:52:42vous avez aussi publié « Le ghetto scolaire »
00:52:46pour en finir avec le séparatisme.
00:52:49C'est un ouvrage que vous avez co-écrit avec François Dubé
00:52:51et il est disponible au Seuil.
00:52:53Gwena Elgo est également avec nous.
00:52:55Bonjour.
00:52:55Bienvenue à vous.
00:52:57Vous êtes directrice générale de l'Observatoire Société et Consommation
00:53:01et enseignante à Sciences Po et l'Université de Paris-Cité.
00:53:06Votre dernier ouvrage s'intitule
00:53:08« Nos futurs possibles, imaginaires en tension, désirs en recomposition ».
00:53:14Il est disponible, lui, aux éditions de l'Aube.
00:53:17Et puis enfin avec nous, Michel Auboin.
00:53:18Bonjour.
00:53:18Bienvenue à vous.
00:53:19Vous êtes ancien préfet, ancien directeur
00:53:21de l'intégration des étrangers et des naturalisations
00:53:24au ministère de l'Intérieur.
00:53:26Et vous êtes l'auteur de ce livre
00:53:27« Le défi d'être français ».
00:53:29Il est, lui, publié aux presses de la cité.
00:53:32Vous vous y déclariez d'ailleurs favorable
00:53:34à un ministère de l'immigration
00:53:36à l'époque de l'écriture de cet ouvrage.
00:53:39Nous venons de découvrir ce qu'est la vie,
00:53:41la vie au quotidien dans cet immeuble
00:53:43du 19e arrondissement de Paris.
00:53:45C'est un arrondissement plutôt populaire,
00:53:48un arrondissement parisien plutôt populaire.
00:53:50Oui, la vie au quotidien,
00:53:51l'effet de tensions, d'arrangements, de consensus.
00:53:53On a vu tout ça dans ce documentaire à l'instant.
00:53:56Et nous avons choisi de parler du vivre-ensemble
00:53:58après avoir eu un tel film.
00:53:59Comment mieux vivre ensemble ?
00:54:01Il y a une recette pour ça,
00:54:03il y a une définition du vivre-ensemble.
00:54:05J'ai vu qu'en tout cas, chez les Français,
00:54:07c'est quelque chose qui faisait son petit bout de chemin
00:54:09puisque dans un sondage d'OpinionWay
00:54:14qui a été réalisé juste avant les municipales,
00:54:1683% se disaient attachés à ce vivre-ensemble.
00:54:20et il y attacherait d'ailleurs un regard tout particulier
00:54:24au moment de glisser leur butin de vote
00:54:25à l'occasion de ces élections municipales.
00:54:28C'est quoi le bien-vivre-ensemble, finalement,
00:54:29à vos yeux, pour l'essentiel ?
00:54:34Précisément, j'ai trouvé que ce documentaire
00:54:35était très bienvenu pour ça.
00:54:37C'est-à-dire qu'il fait un récit,
00:54:39sans idéologie, sans chercher à convaincre qui que ce soit,
00:54:44d'une réalité brute, en fait.
00:54:46C'est ça que j'ai ressenti, moi, en le regardant.
00:54:48Et comme vous l'avez dit, banal, quelque part,
00:54:51de gens qui vivent ensemble dans un même lieu
00:54:54et une même temporalité
00:54:55et qui, dans les faits, sont forcément amenés à se croiser,
00:55:00petit à petit à s'entraider,
00:55:02à mieux se connaître
00:55:03et finalement à faire la démonstration
00:55:05qu'en effet, l'homme est un animal de coopération.
00:55:10L'humanité, elle s'est faite comme ça.
00:55:11C'est-à-dire qu'on n'est pas replié chacun
00:55:14ni sur soi-même,
00:55:15ni sur sa toute petite tribu
00:55:17qu'à un moment donné, pour avancer dans la vie,
00:55:19on a besoin aussi de se nourrir à l'altérité.
00:55:22Et donc, en fait, ce que raconte pour moi ce documentaire,
00:55:24c'est quelque chose qui me paraît assez évident
00:55:26mais qui n'existe pas dans le récit médiatique
00:55:28et politique actuel.
00:55:30Donc, c'est pour ça que je l'ai trouvé précieux
00:55:31parce qu'il va peut-être venir un peu contrebalancer les choses,
00:55:34encore une fois, sans en faire non plus la promotion
00:55:38ou que sais-je,
00:55:40constater que les gens arrivent à vivre ensemble,
00:55:42qu'ils trouvent les moyens de négocier,
00:55:45de dépasser les tensions
00:55:46et finalement, d'y trouver beaucoup de plus-value.
00:55:51Je vous rejoins complètement.
00:55:53D'ailleurs, dans le documentaire,
00:55:55il y a un moment où je crois que quelqu'un dit
00:55:57qu'on a besoin les uns des autres
00:55:59pour gérer le quotidien.
00:56:03En fait, je crois que c'est ça la phrase.
00:56:04On a besoin...
00:56:04Et en fait, je pense que les Français,
00:56:07ils ont besoin les uns des autres
00:56:09pour gérer le quotidien
00:56:10et c'est plutôt ce qu'ils font.
00:56:12Et la notion de vivre ensemble,
00:56:13elle est plutôt macro, en fait.
00:56:14Elle est questionnée à un niveau,
00:56:18disons, plus global ou plus national.
00:56:20Alors que...
00:56:21Et justement, dans la plupart des études,
00:56:23vous en mentionniez une,
00:56:25malheureusement qu'on a d'autres études
00:56:26qui montrent qu'il n'y a pas tant de problèmes que ça,
00:56:29en fait, justement, au niveau individuel,
00:56:31à l'échelle infrasociale, à l'échelle sociale,
00:56:34mais qu'en effet, au niveau,
00:56:36quand on monte tout de suite en généralité
00:56:37et en politique,
00:56:39dans le macrocosme, disons,
00:56:41le microcosme politico-médiatique,
00:56:43là, on commence à parler de vivre ensemble
00:56:44et on en fait quelque chose qui est problématique.
00:56:47Alors que...
00:56:47Et je pense que, en effet,
00:56:49même s'il n'y avait pas forcément de démonstration,
00:56:51même si on n'est pas...
00:56:52C'est pas représentatif des Français,
00:56:53mais c'est significatif, pour moi,
00:56:56de ce qu'ils vivent au quotidien,
00:56:58avec, finalement, un certain bonheur
00:57:00qui caractérise, d'ailleurs, les Français,
00:57:01qui, quand on leur pose la question,
00:57:02vont plutôt bien dans leur vie,
00:57:05mais nous disent qu'elle est très mal collectivement,
00:57:07en fait.
00:57:08Et c'est cette question-là,
00:57:09et c'est cette dichotomie-là,
00:57:11en fait, qu'on peut voir dans les médias souvent.
00:57:15Dans ce même sondage Opinion Web,
00:57:17que j'ai cité à l'instant,
00:57:18le vivre ensemble,
00:57:20c'est quelque chose qui a l'air bien accepté
00:57:22et qui a l'air de bien fonctionner,
00:57:24en réalité,
00:57:25plutôt dans le milieu rural,
00:57:27dans les villes moyennes,
00:57:28petites et moyennes.
00:57:29Alors, en revanche,
00:57:30lorsqu'on est dans des grandes métropoles,
00:57:32dans des grandes villes,
00:57:33là, pour le coup,
00:57:34on sent les fractures plus réelles,
00:57:37même sur cette question même
00:57:38du vivre ensemble.
00:57:40ça vaut pour la territorialité,
00:57:42ça vaut aussi pour les appartenances,
00:57:43visiblement,
00:57:44aux formations politiques.
00:57:46Du côté du rassemblement national,
00:57:47c'est une notion à laquelle
00:57:49on se sent beaucoup moins attaché,
00:57:50par exemple,
00:57:51que du côté des partis
00:57:54plutôt situés à gauche
00:57:55de l'échiquier politique français.
00:57:56Qu'est-ce que vous pouvez dire là-dessus ?
00:57:58C'est une notion politique sur ça.
00:57:59Parce qu'en fait,
00:58:00on est dans le quotidien,
00:58:01on voit,
00:58:04c'est l'environnement
00:58:05qui permet de vivre ensemble
00:58:07et peut-être que c'est plus compliqué
00:58:09dans des zones très urbanisées
00:58:11où on ne connaît pas ses voisins,
00:58:13où on n'a pas besoin d'eux, etc.
00:58:14Moi, c'est surtout le paradoxe,
00:58:17et vous l'avez dit,
00:58:18mais je suis assez d'accord avec ça,
00:58:19le paradoxe, quand même,
00:58:20c'est qu'on n'arrête pas
00:58:21de fustiger l'individualisme
00:58:24de nos concitoyens,
00:58:25alors qu'en fait, au quotidien,
00:58:27et on se rend compte nous-mêmes,
00:58:28au quotidien,
00:58:29on a une demande aujourd'hui
00:58:30d'un renforcement
00:58:32du lien de proximité
00:58:34dans le voisinage,
00:58:35dans la tour,
00:58:35dans les parents d'élèves.
00:58:38Donc, tout ça fonctionne assez bien.
00:58:40Et il y a d'ailleurs
00:58:41un instrument pour ça
00:58:42qu'on évoque dans ce...
00:58:44Donc, au niveau local,
00:58:46à des échelles...
00:58:47Ça rejoint assez bien
00:58:48ce que vous avez dit, d'ailleurs.
00:58:49À l'échelle locale, oui,
00:58:50mais alors plus...
00:58:51Oui, c'est vrai.
00:58:53On intellectualise peut-être
00:58:54un peu ce sujet,
00:58:56plus...
00:58:57C'est peut-être parce que
00:58:58ça renvoie trop au quotidien
00:58:59et que ça n'intéresse pas très,
00:59:00pas beaucoup le monde politique.
00:59:02Là, on est vraiment
00:59:03dans du quotidien,
00:59:04on va gérer ensemble
00:59:05le parking à vélo,
00:59:06on va gérer ensemble.
00:59:07Gérer ensemble,
00:59:08ça veut dire
00:59:09pas forcément être d'accord.
00:59:10On voit bien
00:59:11que ce quotidien-là
00:59:12est compliqué,
00:59:14mais il y a un instrument
00:59:16qu'on voit apparaître là,
00:59:17et moi, je le vis au quotidien aussi,
00:59:20c'est WhatsApp, par exemple.
00:59:20C'est intéressant,
00:59:21c'est toutes ces boucles WhatsApp
00:59:22qui s'installent,
00:59:24qui s'instaurent
00:59:25entre les voisins,
00:59:27alors pour des raisons
00:59:29directement pratiques,
00:59:31qui peut garder mon chat,
00:59:33qui va, etc.
00:59:33Et tout ça,
00:59:35ça fonctionne ainsi,
00:59:36et tout ça recrée du lien,
00:59:37et les gens sont en train
00:59:38de redécouvrir,
00:59:39je crois,
00:59:40je parle des urbains,
00:59:41je ne parle pas du milieu rural
00:59:42où ce lien-là est demeuré,
00:59:44mais dans le milieu urbain,
00:59:47les habitants des villes
00:59:48commencent à redécouvrir
00:59:50tout l'intérêt
00:59:51de bien connaître ses voisins,
00:59:53d'avoir de bonnes relations
00:59:54avec les autres,
00:59:55etc.
00:59:55Tout ça,
00:59:56moi, je pense que le lien social,
00:59:57il n'est pas perdu,
00:59:58il est même en train
00:59:58de se reconstruire,
01:00:00dans la plupart.
01:00:01Alors, je ne dis pas
01:00:02dans les immeubles haussmanniens
01:00:04où je n'ai jamais habité,
01:00:05peut-être pas,
01:00:06parce que c'est plus compliqué,
01:00:07mais dans le 19e où j'habitais,
01:00:08c'était déjà le cas.
01:00:09Vous êtes attaché
01:00:10à la mixité,
01:00:12évidemment,
01:00:12on le voit à travers
01:00:13vos écrits,
01:00:14les prises de parole
01:00:15que vous avez eues,
01:00:16mixité scolaire,
01:00:18mixité urbaine.
01:00:18Alors, mixité urbaine,
01:00:19c'est important,
01:00:20puisqu'en réalité,
01:00:21il y a une loi
01:00:22qui fait quand même date,
01:00:23c'est la loi de 2000,
01:00:24la loi SRU,
01:00:25la fameuse loi
01:00:26Solidarité et Renouvellement Urbain,
01:00:28qui impose aujourd'hui
01:00:3025% de logements sociaux
01:00:33dans les villes
01:00:34de plus de 3 500 habitants.
01:00:36Alors, ça, c'est marrant,
01:00:37parce qu'au bout de 25 ans,
01:00:39il y a un constat,
01:00:40quantitativement,
01:00:40c'est une réussite,
01:00:42ça a contribué
01:00:43à faire davantage
01:00:44de logements sociaux,
01:00:45mais alors, qualitativement,
01:00:47on semble assez loin
01:00:49de ce qu'était l'objectif,
01:00:50c'était de mettre un terme,
01:00:52justement,
01:00:52à cette fracture
01:00:53qu'on pouvait voir
01:00:54entre les différentes
01:00:56couches sociales
01:00:58dans notre pays.
01:00:59Vous avez un commentaire
01:01:00à faire,
01:01:00peut-être,
01:01:01sur ce que vous connaissiez
01:01:02des résultats de cette loi
01:01:03aux 25 ans après,
01:01:04et peut-être de cette déception
01:01:05qui apparaît
01:01:06sur ce qu'était l'objectif
01:01:09qualitatif
01:01:09de cette loi.
01:01:11D'abord,
01:01:12un premier commentaire
01:01:13quand même
01:01:13sur cette tour,
01:01:14parce que,
01:01:16à la fois,
01:01:17c'est vrai que c'est
01:01:18un exemple réussi
01:01:19de vivre ensemble,
01:01:20on ressort en tout cas
01:01:21du documentaire
01:01:22avec cette impression,
01:01:23et en même temps,
01:01:23ce que nous dit bien
01:01:24le documentaire,
01:01:24c'est que ça marche
01:01:25parce qu'il y a
01:01:26ce gardien
01:01:27de l'immeuble,
01:01:29notamment,
01:01:30qui,
01:01:31finalement,
01:01:31vous voyez,
01:01:32prend des nouvelles
01:01:33de chaque naissance,
01:01:35qui fait vivre
01:01:35sur cette communauté
01:01:36avant même
01:01:36qu'apparaisse
01:01:37le groupe WhatsApp.
01:01:38C'est vrai que le groupe
01:01:38WhatsApp est quelque chose
01:01:39d'important,
01:01:40comme quoi,
01:01:41parfois,
01:01:41les outils numériques
01:01:42peuvent être abonnés
01:01:43si on a bien utilisé,
01:01:45mais cette personne
01:01:47du gardien,
01:01:47je trouve qu'on devrait
01:01:48s'intéresser un peu plus
01:01:50à elle parce que ce qu'elle
01:01:51nous dit,
01:01:52c'est que de la solidarité,
01:01:54de la capacité à vivre
01:01:55ensemble,
01:01:55à avoir des interactions
01:01:57positives,
01:02:01naissent lorsque des infrastructures
01:02:03sont présentes pour cela.
01:02:04Et les gardiens d'immeubles,
01:02:06comme le seraient,
01:02:06je ne sais pas moi,
01:02:07les éducateurs de rue
01:02:08dans d'autres contextes,
01:02:09etc.,
01:02:10c'est ces infrastructures-là.
01:02:11Et c'est là qu'on a besoin
01:02:12de politique publique,
01:02:14là où,
01:02:14comme vous le savez,
01:02:15depuis quelques décennies,
01:02:16malheureusement,
01:02:16on a de moins en moins
01:02:17de gardiens dans ce genre
01:02:18d'immeubles,
01:02:19de moins en moins
01:02:19d'éducateurs de rue,
01:02:20etc.
01:02:21Donc, en fait,
01:02:22la politique publique
01:02:23pour promouvoir la mixité
01:02:26et faire vivre mieux
01:02:27ensemble des gens
01:02:28qui ne se ressemblent pas
01:02:28ou qui n'ont pas
01:02:29les mêmes niveaux de vie,
01:02:30ce n'est pas seulement
01:02:31la politique du logement,
01:02:32c'est aussi la politique humaine,
01:02:34en fait,
01:02:34qu'est-ce qu'on met
01:02:34comme humain ?
01:02:36Alors, sur la politique
01:02:37du logement,
01:02:38parce que cette loi-là,
01:02:40très clairement,
01:02:41elle était là
01:02:42pour renforcer la mixité.
01:02:43Oui, si on devait faire
01:02:44le résumé aujourd'hui,
01:02:46à la fois,
01:02:47c'est une loi
01:02:47dont tout le monde
01:02:49reconnaîtra que,
01:02:50heureusement qu'elle existe,
01:02:51parce que, quand même,
01:02:51elle a imposé
01:02:52de la construction
01:02:53de logements sociaux
01:02:53dans beaucoup d'endroits.
01:02:55Je rappelle souvent,
01:02:56parce que les gens
01:02:56ne l'ont pas en tête,
01:02:57que les trois quarts
01:02:59de la population française
01:03:00sont éligibles
01:03:02à occuper
01:03:02du logement social.
01:03:03Donc, en fait,
01:03:04ne croyez pas
01:03:05que le logement social,
01:03:06c'est pour une population
01:03:07périphérique
01:03:08d'extrêmes pauvres,
01:03:09etc.
01:03:09Non, les trois quarts
01:03:10sont dans les clous
01:03:11pour occuper
01:03:11du logement social.
01:03:12Voilà.
01:03:13Donc, en fait,
01:03:13on a besoin
01:03:14de beaucoup
01:03:15de logements sociaux
01:03:15à travers la France.
01:03:16Si on n'en construit pas assez,
01:03:17on ne répond pas
01:03:18aux besoins.
01:03:20Et donc,
01:03:21la loi SRU
01:03:22a été très précieuse,
01:03:23mais comme,
01:03:23malheureusement,
01:03:24dans le compromis parlementaire
01:03:26de l'époque
01:03:26qui avait été trouvé,
01:03:27avait été introduite
01:03:28l'idée que les municipalités
01:03:30qui décidément
01:03:31n'en voulaient pas
01:03:31pouvaient payer
01:03:32des sanctions financières
01:03:34et ne pas en construire,
01:03:35qu'est-ce qui s'est passé ?
01:03:36Pendant plusieurs décennies,
01:03:38finalement,
01:03:39vous avez des villes
01:03:40qui ont pris
01:03:41plus que leur part
01:03:42et d'autres
01:03:42qui n'ont pas pris.
01:03:44Et donc,
01:03:44ce qu'il faut absolument
01:03:45changer aujourd'hui,
01:03:46c'est qu'il faut
01:03:47évidemment en finir
01:03:48avec cette histoire
01:03:48de pouvoir payer
01:03:49une pénalité
01:03:50et imposer à chaque commune
01:03:52qu'elle ait une part
01:03:53de logements sociaux.
01:03:55Mais juste pour finir là-dessus,
01:03:57il n'y a pas seulement
01:03:57la construction
01:03:58de logements sociaux
01:03:59parce que moi,
01:03:59je vois bien,
01:04:00par exemple,
01:04:00dans les opérations
01:04:01de rénovation urbaine
01:04:03qui ont été conduites
01:04:04dans un certain nombre
01:04:05de quartiers dits populaires,
01:04:06il y a d'autres politiques publiques
01:04:09qui ont vu le jour
01:04:10comme par exemple
01:04:11le fait de prendre
01:04:12un territoire précarisé
01:04:13et de détruire une tour
01:04:15pour y installer
01:04:16de la gentrification
01:04:17en quelque sorte,
01:04:18c'est-à-dire
01:04:20des habitats
01:04:21plus bobos
01:04:23pour aller vite.
01:04:25Et ça,
01:04:25pour le coup,
01:04:26on peut interroger
01:04:27le bilan
01:04:27de ces politiques-là
01:04:28aujourd'hui.
01:04:29C'est plutôt ça.
01:04:30Je pense que ce qui...
01:04:31Il y a la moitié des villes
01:04:32qui n'ont pas joué le jeu.
01:04:3325 ans après,
01:04:3425...
01:04:3650% des villes
01:04:37n'ont pas atteint ce quota.
01:04:38Revenons juste...
01:04:40Je vous rejoins
01:04:41en fait sur la question
01:04:42notamment
01:04:43de l'individualisme
01:04:44ou de l'individualisation.
01:04:45C'est-à-dire qu'en fait,
01:04:47je pense que si on se pose
01:04:48la question aujourd'hui
01:04:48du vivre ensemble,
01:04:49c'est parce que le lien social,
01:04:50la nature du lien social
01:04:51a changé.
01:04:52On a même rajouté
01:04:53effectivement le numérique.
01:04:54C'est-à-dire qu'il y a
01:04:55des liens sociaux
01:04:56qui étaient souvent
01:04:57des liens d'ailleurs
01:04:58d'assignation
01:04:59qui se sont déstructurés
01:05:02du fait de l'individualisation
01:05:03de la société
01:05:04qui n'est pas du tout
01:05:04l'individualisme.
01:05:05C'est-à-dire que
01:05:06l'individualisation,
01:05:07c'est chacun son choix
01:05:08alors que l'individualisme,
01:05:10c'est chacun pour soi.
01:05:11Et d'ailleurs,
01:05:11plus une société
01:05:12est individualisée,
01:05:13moins elle est individualiste
01:05:14parce qu'on sait
01:05:15qu'on a besoin des autres.
01:05:17Mais ça a déstructuré
01:05:18une forme de lien social
01:05:19en même temps
01:05:20qu'il y a eu
01:05:20l'urbanisation.
01:05:22Donc les grandes villes
01:05:23justement dans lesquelles
01:05:24les gens sont...
01:05:25Donc on est maintenant
01:05:26dans une société plurielle,
01:05:28d'individus pluriels
01:05:29et qu'en effet,
01:05:29c'est normal
01:05:30de se réinterroger
01:05:30sur la nature
01:05:31du lien social
01:05:32et sur ce vivre ensemble.
01:05:34Et là où je vous rejoint
01:05:35complètement,
01:05:36c'est qu'il faut réinventer
01:05:37les architectures sociales,
01:05:39les architectures
01:05:40de reliance
01:05:40qui vont avec.
01:05:41C'est très intéressant
01:05:42dans le documentaire
01:05:43parce que les voisins,
01:05:44ils se côtoient,
01:05:45mais attention,
01:05:46pas ceux des escaliers
01:05:47pères et impères
01:05:48parce que la structure
01:05:50même de l'immeuble
01:05:51en fait empêche
01:05:52la circulation
01:05:53et la rencontre
01:05:54de ces gens-là.
01:05:55Donc on voit d'abord
01:05:55qu'il y a une architecture
01:05:57physique en fait
01:05:58dans le bâtiment
01:06:00qui va jouer un lien.
01:06:01Il y a le gardien
01:06:02et moi je vois très bien
01:06:03le gardien comme
01:06:04si on veut extrapoler,
01:06:05c'est-à-dire il y a
01:06:06l'architecture urbaine
01:06:07comme l'architecture
01:06:08de l'immeuble.
01:06:09Il y a le gardien
01:06:09un peu comme
01:06:10les corps intermédiaires
01:06:11qui vont créer en fait...
01:06:13Voilà.
01:06:14Il y a l'assemblée
01:06:15qu'on voyait à la toute fin
01:06:17qui va être
01:06:18la petite démocratie locale
01:06:20où d'ailleurs
01:06:20on va discuter
01:06:21de tous les sujets
01:06:22mais qui ne sont pas
01:06:22des micro-sujets.
01:06:23La fameuse assemblée
01:06:24de copropriété.
01:06:25Qu'est-ce qu'on fait
01:06:26de nos ressources
01:06:27ou comment est-ce
01:06:28qu'en mobilité
01:06:28qu'est-ce qu'on fait
01:06:29des vélos
01:06:30qu'est-ce qu'on fait
01:06:30de la rénovation énergétique
01:06:32c'est juste
01:06:33les vrais sujets en fait
01:06:34et ça je trouve ça
01:06:35très intéressant
01:06:36de voir ça
01:06:37parce que c'est justement
01:06:38comment et puis
01:06:38toutes les choses
01:06:39qui jaillissent
01:06:40alors l'infrastructure
01:06:41numérique
01:06:41mais aussi toutes les choses
01:06:42qui jaillissent
01:06:43parce que l'humain
01:06:43est comme ça
01:06:44et donc on va organiser
01:06:45la fête des voisins
01:06:46et donc on va
01:06:47s'entraider
01:06:48puis à un moment
01:06:48on va faire trop de bruit
01:06:49mais on va quand même
01:06:49se parler
01:06:50enfin voilà
01:06:51il y a plein de choses
01:06:51moi justement
01:06:52je trouve que
01:06:53ça nous apprend
01:06:53comment est-ce qu'on fait
01:06:55ou ça nous interroge
01:06:56en tout cas
01:06:56comment est-ce qu'on fait
01:06:57dans une société
01:06:58des individus
01:06:59alors là nous n'étions pas
01:07:00dans un logement social
01:07:01proprement dit
01:07:02dans ce film
01:07:03en revanche
01:07:04lorsqu'il est question
01:07:05de logements sociaux
01:07:05et là
01:07:06toutes les idées
01:07:07se le disent
01:07:07c'est vécu par beaucoup
01:07:09comme un aspirateur
01:07:10à des populations
01:07:11non désirées
01:07:12en réalité
01:07:13dans les villes concernées
01:07:15qui cherchent
01:07:15à effectivement
01:07:16mettre en place
01:07:18et à construire
01:07:18des logements sociaux
01:07:19d'ailleurs les élus
01:07:20doivent faire face
01:07:21à certaines demandes
01:07:25de nombreuses concitoyens
01:07:27qui ne veulent pas
01:07:28de ces logements sociaux
01:07:29parce qu'ils disent
01:07:29attention
01:07:31ça va aspirer
01:07:32des populations
01:07:32que nous
01:07:33nous ne souhaitons pas
01:07:34en tant que citoyens
01:07:36de cette ville
01:07:37ça c'est quelque chose
01:07:38que vous constatez
01:07:39ça c'est un obstacle majeur
01:07:40et il est dû à quoi
01:07:43ce sentiment
01:07:44d'aspiration
01:07:45négatif
01:07:46en réalité
01:07:46dans le vivre ensemble
01:07:48à l'échelle
01:07:50d'une moyenne
01:07:51ou en périphérie
01:07:52d'une grande ville
01:07:53on a quand même
01:07:53une difficulté
01:07:54en France
01:07:55c'est qu'on n'arrive pas
01:07:56à qualifier
01:07:56ce qu'est un logement social
01:07:57d'ailleurs
01:07:58le simple fait
01:07:59que trois quarts
01:08:00des français
01:08:00soient éligibles
01:08:01aux logements sociaux
01:08:02c'est déjà
01:08:03un problème en soi
01:08:04parce que ça veut dire
01:08:04qu'on ne sait pas
01:08:05à qui s'adresse
01:08:06le logement social
01:08:07sachant que par ailleurs
01:08:08ceux qui n'ont pas
01:08:09des moyens suffisants
01:08:11il y a une règle
01:08:14pour payer
01:08:15alors le loyer
01:08:15de façon mensuelle
01:08:17n'accepte pas
01:08:18non plus
01:08:18le logement social
01:08:19ce qui fait
01:08:19que le logement social
01:08:20évite tous les plus pauvres
01:08:22et par ailleurs
01:08:23empiète assez largement
01:08:24sur les gens
01:08:24qui auraient
01:08:25la possibilité
01:08:26d'entrer dans des dispositifs
01:08:27comme ce qu'on vient de voir
01:08:30des immeubles collectifs
01:08:32gérés en copropriété
01:08:33donc on a un problème
01:08:34de positionnement
01:08:34du logement social
01:08:35mais pourquoi il fait peur
01:08:36cette notion
01:08:37de logement social
01:08:37pourquoi il fait peur
01:08:38aux populations installées
01:08:39il fait peur
01:08:40parce que
01:08:42enfin pour peu
01:08:43qu'il fasse encore peur
01:08:43d'ailleurs
01:08:44en tout cas
01:08:45c'est ce que me disent
01:08:45les études
01:08:47il y a une appréhension
01:08:49il y a une appréhension
01:08:50parce que
01:08:51en fait
01:08:52c'est la masse
01:08:53de la population
01:08:53qu'on déplace
01:08:54à chaque fois
01:08:54qui peut poser problème
01:08:56c'est à dire que
01:08:56si vous faisiez
01:08:57du logement social
01:08:59comme on en faisait
01:08:59encore dans les années 80
01:09:01c'est à dire
01:09:01des logements disséminés
01:09:02etc. dans des centres-villes
01:09:04je pense que
01:09:04il n'y aura strictement
01:09:05aucun problème
01:09:06mais dès lors que
01:09:06vous faites du logement social
01:09:07en immeubles collectifs
01:09:09regroupés en quartiers
01:09:10comme le font maintenant
01:09:11de nouveau
01:09:12les bailleurs sociaux
01:09:13pour des raisons de coût
01:09:15à ce moment-là
01:09:16vous faites entrer
01:09:17d'un seul
01:09:17en une seule
01:09:18enfin en une seule fois
01:09:21100
01:09:21200
01:09:22300
01:09:221 millier
01:09:232 milliers
01:09:23de personnes
01:09:24qui n'étaient pas
01:09:25dans la commune
01:09:26et qui arrivent dans la commune
01:09:27et si par ailleurs
01:09:28dans ces personnes
01:09:30vous avez
01:09:31dans les prioritaires
01:09:32des gens qui sont
01:09:33primo-arrivants
01:09:34et qui arrivent eux-mêmes
01:09:36pour rejoindre
01:09:36des communautés
01:09:37qui sont installées
01:09:38à ce moment-là
01:09:38vous avez les débuts
01:09:39du séparatisme
01:09:40et tout ça
01:09:41n'est pas géré du tout
01:09:41et c'est aussi pour ça
01:09:42qu'une partie
01:09:45des habitants
01:09:46de ces villes
01:09:46voit l'arrivée
01:09:48massive
01:09:49de certains logements sociaux
01:09:50avec un peu
01:09:52d'appréhension
01:09:52je pense qu'il faut
01:09:53les comprendre
01:09:54il y a des représentations
01:09:56fantasmatiques
01:09:57quand même
01:09:58sur les futurs locataires
01:10:00de ces logements sociaux
01:10:01on les associe
01:10:03insécurité
01:10:03immigration
01:10:04islam
01:10:05voilà
01:10:07les qualificatifs
01:10:08qui ressortent
01:10:09lorsqu'il est question
01:10:10d'évoquer
01:10:11ces logements sociaux
01:10:12il y a une perception
01:10:13de la densité
01:10:15mais en fait
01:10:15il y a
01:10:16la France est un peu
01:10:17traumatisée aussi
01:10:18d'une histoire
01:10:22disons douloureuse
01:10:23de relégation
01:10:24de ces quartiers
01:10:25de certains quartiers
01:10:26c'est pas des logements
01:10:27en fait
01:10:27c'est des quartiers entiers
01:10:29et notamment
01:10:29on le voit
01:10:30et moi ça m'a marquée aussi
01:10:31en fait
01:10:31dans le documentaire
01:10:32parce qu'on parlait
01:10:34là il y a de la verticalité
01:10:36en fait
01:10:36et ça peut même être inspirant
01:10:38parce qu'on voit très bien
01:10:38que les gens
01:10:39d'ailleurs
01:10:39ils habitent
01:10:40ils vont déménager
01:10:41à l'intérieur
01:10:41du même immeuble
01:10:45ils apprécient en fait
01:10:46et c'est une verticalité
01:10:47qui est plutôt bien vécue
01:10:48mais la verticalité
01:10:49et qui pourrait être utile
01:10:49parce que justement
01:10:51il faut qu'on ait moins
01:10:51d'emprise au sol
01:10:52il y a des contraintes
01:10:53écologiques etc
01:10:54et puis finalement
01:10:55quand on regarde
01:10:55les habitants
01:10:56quand c'est bien fait
01:10:57les habitants
01:10:58ils vivent plutôt bien
01:10:59mais il y a tout un imaginaire
01:11:00de la relégation
01:11:01autour en revanche
01:11:02de toutes les barres
01:11:03qui en effet
01:11:04ont été construites
01:11:06après
01:11:06enfin dans les années 60
01:11:0770
01:11:08et qui effectivement
01:11:10là on est plus
01:11:10dans une
01:11:11dans une ségrégation urbaine
01:11:13la fameuse détorisation
01:11:15qui est souvent évoquée
01:11:17mais qui avait un fondement
01:11:18parce que tout ça
01:11:19est fondé sur un décret
01:11:21de 58
01:11:22qui fonde les ZUP
01:11:24les zones à urbaniser
01:11:26en priorité
01:11:26qui installaient volontairement
01:11:28c'était des décisions
01:11:29de l'état
01:11:29contre les communes
01:11:30qui installaient volontairement
01:11:31des immeubles sociaux
01:11:34collectifs
01:11:34dans des secteurs
01:11:36très périphériques
01:11:37par rapport au centre-ville
01:11:38donc on a guetouisé
01:11:39d'un point de vue géographique
01:11:40je ne parle pas
01:11:41d'un point de vue sociologique
01:11:42dès le départ
01:11:43ces quartiers
01:11:45donc c'est cette histoire
01:11:46qui se passe évidemment
01:11:47il y a une pédagogie aussi
01:11:48à faire du vivre ensemble
01:11:49et quel lieu
01:11:52est le plus destiné
01:11:54à cette pédagogie
01:11:54que l'école
01:11:55en réalité
01:11:56parce que tout part de là
01:11:57on peut parler
01:11:58d'une réussite
01:11:59de mixité scolaire
01:12:00aujourd'hui
01:12:00ou là aussi
01:12:04le résultat
01:12:05est pas aussi
01:12:05je vous réponds
01:12:06dans un instant
01:12:07mais c'est juste
01:12:07pour rebondir
01:12:08sur le débat
01:12:09qui avait lieu à l'instant
01:12:10parce que en fait
01:12:10je trouve qu'on touche
01:12:12du doigt quelque chose
01:12:12d'important
01:12:13cette conversation
01:12:14j'ai l'impression
01:12:15qu'on l'a depuis des décennies
01:12:16sur finalement
01:12:17l'œuf et la poule
01:12:18c'est-à-dire
01:12:19qu'est-ce qui fait
01:12:20qu'on a le sentiment
01:12:21que certains territoires
01:12:22sont communautarisés
01:12:24etc
01:12:24et en fait
01:12:25ce qu'on est en train
01:12:26de se dire
01:12:27et c'est quand même
01:12:27très important
01:12:28de l'avoir à l'esprit
01:12:29c'est que
01:12:30au fond
01:12:32c'est l'échec
01:12:32d'une politique publique
01:12:34qui a consisté
01:12:35pas simplement
01:12:35en effet
01:12:36parce qu'à l'époque
01:12:37on trouvait ça pertinent
01:12:38aujourd'hui
01:12:39on constate que ça ne l'est pas
01:12:41à mettre ensemble
01:12:42des gens
01:12:42qui se ressemblaient
01:12:43qui venaient d'ailleurs
01:12:44et à les localiser ensemble
01:12:45dans les mêmes territoires
01:12:47donc pas simplement
01:12:48à les mettre ensemble
01:12:49c'est pas ça le sujet
01:12:50c'est ensuite
01:12:51à les y oublier
01:12:52parce que
01:12:53comme disait Guénaël
01:12:54au fond
01:12:55dans la tour
01:12:56qu'on voyait
01:12:56dans le documentaire
01:12:57c'était très agréable
01:12:58cette verticalité
01:12:59mais elle est agréable
01:13:00parce que les ascenseurs
01:13:00fonctionnent
01:13:01lorsque vous êtes
01:13:02dans d'autres tours
01:13:04oubliés
01:13:05des pouvoirs publics
01:13:06où les ascenseurs
01:13:07ne fonctionnent plus
01:13:08et que ça peut durer
01:13:09six mois
01:13:09sans que ce soit réparé
01:13:10c'est sûr
01:13:11qu'on est dans autre chose
01:13:13quand l'insalubrité
01:13:14s'installe
01:13:15etc
01:13:15donc en fait
01:13:16le vrai sujet
01:13:17me semble-t-il
01:13:18c'est
01:13:18mais combien pu faire
01:13:20les pouvoirs publics
01:13:21pour oublier
01:13:22à ce point
01:13:22des territoires
01:13:23puis il y a eu
01:13:23un moment
01:13:24où on s'est dit
01:13:25et notamment
01:13:26avec la rénovation urbaine
01:13:28que j'évoquais tout à l'heure
01:13:29de grandes politiques
01:13:30qui ont commencé
01:13:31à être mises en place
01:13:32et y compris
01:13:32dans des territoires
01:13:33très pauvres
01:13:35dans des villes
01:13:36des quartiers populaires
01:13:37etc
01:13:38cette volonté
01:13:39de venir insuffler
01:13:40un petit peu
01:13:40de rénovation
01:13:41de beaux
01:13:42de quelques immeubles
01:13:44disons
01:13:45de meilleures factures
01:13:46on détruisait des tours
01:13:47pour les remplacer
01:13:48par ces immeubles
01:13:48etc
01:13:49et on s'est dit
01:13:49cette rénovation urbaine
01:13:51ça va attirer
01:13:52plus de mixité sociale
01:13:53et ça on a attiré
01:13:54dans les faits
01:13:55puisque dans les beaux
01:13:56habitats nouvellement installés
01:13:58finalement il y a eu
01:13:59plutôt
01:14:00des gens plus aisés
01:14:01qui se sont installés
01:14:02sauf que
01:14:03et j'en viens donc
01:14:05à votre question
01:14:06est-ce que pour autant
01:14:07on a mis fin
01:14:08au séparatisme
01:14:08et à la ségrégation
01:14:09non
01:14:10parce qu'on la retrouve
01:14:11notamment à l'école
01:14:12oui
01:14:12et c'est ça le sujet
01:14:13en fait
01:14:14c'est que même
01:14:14quand on mélange
01:14:15des populations
01:14:16parce que le lieu
01:14:17de la scolarité
01:14:17est très lié
01:14:18à l'héritage
01:14:20c'est que les populations
01:14:21qui peuvent aller
01:14:22dans l'enseignement privé
01:14:23le font
01:14:24et les autres
01:14:25restent dans des établissements
01:14:26encore plus ségrégés
01:14:27du coup
01:14:27puisque d'autres
01:14:28les ont fui
01:14:28et que ce séparatisme
01:14:31de proximité
01:14:32il est infiniment
01:14:33difficile à vivre
01:14:34pour les populations
01:14:35concernées
01:14:36parce que d'une certaine façon
01:14:37l'expérience de l'injustice
01:14:39elle la faisait avant
01:14:40quand elles étaient
01:14:40reléguées dans les territoires
01:14:42que j'ai décrits
01:14:42pendant des décennies
01:14:43etc.
01:14:44entre populations
01:14:44qui se ressemblaient
01:14:45elles voyaient
01:14:46qu'il y avait une différence
01:14:47avec ce que pouvaient vivre
01:14:48d'autres un peu
01:14:49à la télévision
01:14:50et de loin
01:14:51mais là
01:14:51elles en font l'expérience
01:14:52au quotidien
01:14:53donc quelque part
01:14:54on se dit
01:14:54mais même à travers
01:14:56des politiques publiques
01:14:57vertueuses
01:14:58de rénovation urbaine
01:14:59de on va mélanger
01:15:00de la population
01:15:00etc.
01:15:01le fait de n'être pas
01:15:01allé jusqu'au bout
01:15:02c'est toujours l'histoire
01:15:03du dernier kilomètre
01:15:04la politique
01:15:05n'être pas allé jusqu'au bout
01:15:06sur la question scolaire
01:15:07fait que ce séparatisme
01:15:10de proximité
01:15:11qui est vécu
01:15:11tous les jours
01:15:12et bien
01:15:13il est d'une frustration
01:15:15totale
01:15:15pour les concernés
01:15:16donc il faut absolument
01:15:18d'où le livre
01:15:19que vous avez évoqué
01:15:19tout à l'heure
01:15:20le ghetto scolaire
01:15:21qu'on a co-rédigé
01:15:22avec François Dubé
01:15:23il faut absolument
01:15:24que la politique publique
01:15:25finisse
01:15:25le travail sur la question
01:15:26de la mixité
01:15:28dans les écoles
01:15:29c'est-à-dire mélanger
01:15:30les élèves
01:15:31pour qu'ils grandissent ensemble
01:15:32alors sur cette question
01:15:33oui
01:15:33il nous reste
01:15:34allez une minute chacun
01:15:36juste pour prolonger
01:15:38je pense qu'il y a les écoles
01:15:38et puis il y a d'autres dispositifs
01:15:40il y a un grand fantasme
01:15:42français
01:15:42c'est de réinstaurer
01:15:43tout le monde est d'ailleurs
01:15:45assez d'accord
01:15:46enfin dans les sondages
01:15:47pour réinstaurer
01:15:47le service militaire
01:15:48mais avant le service militaire
01:15:49pour justement
01:15:50organiser cette
01:15:52cette diversité
01:15:53ce brassage
01:15:53en fait
01:15:55parce que ça renvoie
01:15:56aussi à des représentations
01:15:57en réalité
01:15:57il y a des choses
01:15:57qui existaient
01:15:58et qui sont tombées
01:16:00un petit peu
01:16:00en désuétude
01:16:01qui étaient par exemple
01:16:02les colonies de vacances
01:16:03alors je sais
01:16:04parfois le sujet
01:16:05peut être sensible
01:16:05sur certains points
01:16:06parce que bien sûr
01:16:07mais de manière globale
01:16:09les colonies de vacances
01:16:10on a étudié
01:16:11les colonies de vacances
01:16:12c'est d'excellents souvenirs
01:16:14c'est d'excellents souvenirs
01:16:15où on apprend
01:16:16la mixité
01:16:17où on apprend
01:16:17la diversité
01:16:18on apprend aussi
01:16:18à se débrouiller
01:16:19on apprend l'autonomie
01:16:20on apprend plein de choses
01:16:21en fait
01:16:21on apprend à vivre ensemble
01:16:22et on apprend à vivre ensemble
01:16:23et plus on a fait ça
01:16:25plus on est ouvert à l'autre
01:16:26de manière même statistique
01:16:28et ça
01:16:28ça peut être quelque chose aussi
01:16:30à sans doute repenser
01:16:31parce que
01:16:32les colonies de vacances
01:16:33il y en a de moins en moins
01:16:34il y a de moins en moins
01:16:34d'enfants qui vont dans
01:16:35les colonies de vacances
01:16:36et ceux qui y vont
01:16:37en fait
01:16:37c'est plutôt des enfants
01:16:38de catégorie
01:16:39plutôt supérieure
01:16:40qui vont dans
01:16:41des colonies de vacances
01:16:43cheval
01:16:44échec
01:16:44violon
01:16:45enfin des colonies de vacances
01:16:46extrêmement ou sport
01:16:47des sports un peu particuliers
01:16:48et donc
01:16:49on ne retrouve plus
01:16:50en fait ces colonies
01:16:51qui étaient aussi
01:16:52des brassages intéressants
01:16:53dans certaines communes
01:16:54dans beaucoup de communes
01:16:55en fait
01:16:56françaises
01:16:56il y a encore peu de temps
01:16:59la question scolaire
01:17:00c'est le mot de la fin
01:17:00la question scolaire
01:17:02elle est fondamentale
01:17:03effectivement
01:17:03parce qu'aujourd'hui
01:17:04toute la ségrégation géographique
01:17:06se fait à partir des collèges
01:17:08plus que des écoles primaires
01:17:09plus que des écoles primaires
01:17:11et les collèges
01:17:13c'est vraiment
01:17:14l'enjeu
01:17:14de la réussite scolaire
01:17:16c'est-à-dire que
01:17:16c'est là où
01:17:19l'éviction
01:17:19est la plus grande
01:17:20pour des parents
01:17:21issus
01:17:22enfin des parents
01:17:23qui habitent
01:17:23parfois dans le quartier
01:17:24pas forcément
01:17:25extérieur au quartier
01:17:26et qui
01:17:27préfèrent
01:17:28un enseignement
01:17:28autre
01:17:29parfois de moins
01:17:30bonne qualité
01:17:31mais dans lequel
01:17:32ils ont le sentiment
01:17:32que leurs enfants
01:17:33vont être protégés
01:17:34notamment
01:17:36de l'insécurité
01:17:37qui règne aujourd'hui
01:17:37dans la plupart
01:17:38des cours de récréation
01:17:39des collèges
01:17:40oui à l'extérieur
01:17:40des collèges
01:17:41donc on a quand même
01:17:42un vrai problème
01:17:43autour des collèges
01:17:44alors en même temps
01:17:44c'est quand même
01:17:45assez compliqué
01:17:46d'aller obliger les gens
01:17:47à mettre leurs enfants
01:17:48dans ces collèges
01:17:50et je crois que c'est là
01:17:51où on va buter
01:17:52c'est-à-dire que tout ce qui est
01:17:54du domaine de l'obligation
01:17:55c'est un peu le principe
01:17:56de la loi SRU
01:17:57d'ailleurs aussi
01:17:57tout le compte fait
01:17:58ne fonctionne pas
01:17:59ce qui fonctionnerait
01:18:00quand même bien mieux
01:18:00c'est qu'on instaure
01:18:03du bâti
01:18:03comme on l'a vu sur la tour
01:18:05qui permettent
01:18:05de faire en sorte
01:18:06que les gens vivent ensemble
01:18:07ça sera le mot de la fin
01:18:08je suis vraiment désolé
01:18:10on va vous souhaiter
01:18:11prendre la main
01:18:12je renvoie juste au livre
01:18:14parce que du coup
01:18:14ça raconte qu'on peut
01:18:15faire les choses
01:18:16autrement que par l'obligation
01:18:17en matière de mixité scolaire
01:18:19mais je vous renvoie au livre
01:18:21mais j'ai travaillé
01:18:21avec François Dubé
01:18:22il y a très longtemps
01:18:23quand j'ai été à l'IHRC
01:18:24François Dubé
01:18:25qui était donc
01:18:27le co-auteur
01:18:28de ce livre
01:18:28cité à l'instant
01:18:29par Nadjet Balovas-Belkacem
01:18:32merci vraiment
01:18:33à tous les trois
01:18:34d'avoir participé
01:18:35à ce débat
01:18:35donc aujourd'hui
01:18:36on a évoqué
01:18:36autant qu'on le pouvait
01:18:37dans le temps imparti
01:18:38le vivre ensemble
01:18:40après ce documentaire
01:18:41Mille voisins
01:18:42qui était un documentaire
01:18:43exclusif pour cette émission
01:18:44merci à Félicité Gavalda
01:18:46qui m'a aidé
01:18:47à préparer
01:18:48comme à l'accoutumée
01:18:48cette émission
01:18:50rendez-vous
01:18:51à tous et à toutes
01:18:52pour un prochain débat
01:18:53et ça sera bien sûr
01:18:54avec son documentaire
01:18:55et son débat
01:18:56à très bientôt
01:18:57Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19:04Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19:06Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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