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  • il y a 2 jours
À LA UNE / Vacances : faudra-t-il renoncer à l'avion ?

Deux mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz se maintient. Si la hausse des prix des carburants impacte durement les automobilistes, le secteur aérien, gourmand en kérozène, subit également de plein fouet la flambée des cours du pétrole. Alors que 20% du kérosène mondial transite par le détroit, le prix de la tonne de kérosène est passé de 750 dollars avant le début du conflit, à 1900 dollars au mois d'avril. Ces augmentations se répercutent sur les prix des billets et impactent directement les réservations : 51% des Français envisagent de passer leurs vacances en France en 2026, une progression de 15 points par rapport à 2025, selon un sondage de Ipsos-Bva. Des opérateurs low-cost ont annoncé de nombreuses annulations de vols. C'est le cas de Transavia, la compagnie low-cost du groupe Air France, qui a déjà prévu de réduire la voilure en mai et juin en annulant 2 % de ses vols sur la période, selon l'entreprise. La compagnie allemande Lufthansa a quant à elle pris la décision de supprimer 20 000 vols jusqu'en octobre. Le gouvernement a prévu une réunion le 6 mai avec les compagnies aériennes pour évoquer « les volumes, les prix, les politiques d'annulation, le respect et la protection des consommateurs ». Les Français seront-ils forcés d'annuler une partie de leurs voyages cet été ?

Invités :
Claire Bouleau, journaliste à « Challenges », spécialiste du trafic aérien
Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste de l'économie gazière
Guillaume Beurdeley, secrétaire général adjoint des Entreprises du Voyage

Chroniques :
« Le mot du jour » : PÉNURIE par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » : 1er mai, jour de mémoire ouvrière par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Semaine de 4 jours : révolution ou illusion ?

Le Parti Socialiste a présenté, mardi 21 avril, un texte destiné à servir de programme pour l'élection présidentielle de 2027 dans lequel il propose de repenser « totalement l'organisation du travail en généralisant progressivement la semaine de 4 jours », avec la promesse de ne dégrader ni les salaires, ni la compétitivité. L'ancien eurodéputé socialiste Pierre Larrouturou est l'un des premiers à avoir vanté les bienfaits de la semaine de quatre jours dans l'Hexagone, s'inspirant d'expérimentations d'autres pays européens, tels que le Royaume-Uni ou l'Islande. Selon un sondage de Challenges publié en 2024, 77% des Français actifs y sont favorables. Entre la crainte de pertes économiques, les interrogations autour de l'augmentation de la durée quotidienne de travail ou la promesse d'une amélioration des conditions, faut-il mettre en place une semaine de quatre jours de travail ?

Invités :
Pierre Larrouturou, économiste, ancien député européen « Nouvelle donne »
Shannon Seban, secrétaire nationale « Les Républicains »
En visioconférence : Benoît Serre, vice-président de l'Association Nationale des DRH

« Bourbon express » par

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Transcription
00:00:03Générique
00:00:06Générique
00:00:17Générique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque voix compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir Mariette Darigrand.
00:00:34Bonsoir Mariette.
00:00:35Bonsoir Adeline.
00:00:36Et Olivier Ravanello et là aussi.
00:00:37Bonsoir Olivier.
00:00:38C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir la peur de la grande pénurie de kérosène.
00:00:45Le prix du carburant des avions a plus que doublé depuis le début de la guerre en Iran il y
00:00:50a maintenant deux mois.
00:00:51Les compagnies aériennes s'organisent, les voyageurs eux s'inquiètent.
00:00:55Et nous en parlons ce soir avec vous Thierry Brosse.
00:00:57Bonsoir.
00:00:58Bonsoir.
00:00:58Professeur à Sciences Po, spécialiste des énergies.
00:01:01Merci d'être là aux côtés de Claire Boulot.
00:01:02Bonsoir.
00:01:03Bonsoir.
00:01:03Chef de rubrique au magazine Challenge, spécialiste du trafic aérien.
00:01:07Merci également d'être là avec Guillaume Beurdelet.
00:01:10Bonsoir.
00:01:11Vous êtes secrétaire général adjoint des entreprises du voyage.
00:01:14Merci à tous les trois d'avoir accepté de participer à chaque voix compte ce soir.
00:01:18Alors, Mariette, quel mot du jour allez-vous nous décrypter ?
00:01:21Écoutez, pénurie, ça s'impose ce soir, voilà, comme dans pénurie de carburant.
00:01:26Alors, le mot revient beaucoup en ce moment, alors que d'habitude on parle plutôt de crise pétrolière
00:01:30ou de rupture d'approvisionnement.
00:01:32Donc, il faut se demander pourquoi.
00:01:35Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:37Je vais vous raconter l'histoire du 1er mai, qui, figurez-vous, n'est pas simplement une histoire de boulangerie,
00:01:43de fleuriste et de TVA.
00:01:44Vous nous raconterez tout ça tout à l'heure, d'autant que dans la deuxième partie de chaque voix compte,
00:01:48on va parler du 1er mai aussi la semaine de 4 jours précisément.
00:01:54Révolution ou illusion ?
00:01:55Le Parti Socialiste semble vouloir en faire une grande mesure de son futur programme pour 2027.
00:02:00Eh bien, nous en débattrons tout à l'heure avec Pierre Larouturou, qui est économiste,
00:02:04ex-eurodéputé socialiste et grand défenseur de la semaine de 4 jours.
00:02:08Shannon Seban sera avec nous, elle est secrétaire nationale des Républicains.
00:02:11Et puis, on demandera son avis aussi à Benoît Serres, vice-président de l'Association nationale des DRH,
00:02:16les directeurs des ressources humaines.
00:02:18Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos remarques.
00:02:22Vous flashez le QR code qui est là.
00:02:23Et Olivier Ravanello nous transmet toutes vos questions en plateau.
00:02:27On n'oublie pas non plus le Bourbon Express.
00:02:28Tout à l'heure, le journal de l'Assemblée nationale avec Marco Pommier.
00:02:32Installez-vous confortablement.
00:02:33Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:41J'ai failli dire aussi, attachez bien vos ceintures.
00:02:44Parce que plus de 150%, c'est la hausse qu'a connue le prix du kérosène depuis le début de
00:02:50la guerre en Iran.
00:02:51Les prix des billets d'avion sont déjà en train de flamber aussi.
00:02:54Des vols commencent à être annulés.
00:02:55Les compagnies aériennes s'organisent sans savoir combien de temps va durer cette crise.
00:03:01Clément Perrault.
00:03:08Des avions cloués sur les tarmacs faute de carburant.
00:03:12Ce scénario est-il possible dans les prochains mois ?
00:03:15Ce matin, le président de la Fédération nationale de l'aviation se voulait rassurant, au moins pour les vacances d
00:03:22'été.
00:03:22On considère, dans les tactes de nos informations, jusqu'au mois de septembre, on a une bonne visibilité, une garantie
00:03:29que nous pourrons continuer d'opérer nos vols.
00:03:31L'inquiétude semble un peu plus perceptible à Bruxelles, où la porte-parole de la Commission lâche un peu de
00:03:37l'Est.
00:03:37Pour l'heure, il n'y a pas de pénurie de carburant dans l'Union européenne.
00:03:41Mais des problèmes d'approvisionnement pourraient intervenir dans un futur proche, en particulier pour le kérosène des avions.
00:03:48Nous travaillons très étroitement sur ce sujet avec les pays membres et les industriels.
00:03:54En France, le ministre de l'Économie le reconnaît.
00:03:56La situation est suivie de très près par le gouvernement.
00:04:00Je le répète, 20% de notre kérosène vient du Golfe, donc évidemment, on suit ça comme le lait sur
00:04:04le feu depuis le début.
00:04:05On n'avait annoncé aucune pénurie en avril, on n'a pas eu de pénurie en avril.
00:04:08Ce que je peux vous dire aujourd'hui, on est à la fin du mois d'avril, c'est que
00:04:11je n'ai pas non plus d'inquiétude pour le mois de mai.
00:04:14Cette pénurie possible n'est pas à l'origine des annulations de vols déjà annoncées pour mai et juin par
00:04:20plusieurs compagnies aériennes, notamment Transavia.
00:04:22L'explication, c'est la perte de rentabilité.
00:04:26Certains avions ne se remplissent pas assez parce que les billets sont trop chers.
00:04:30Et pour cause, le kérosène d'avions était vendu 750 dollars la tonne avant la crise pétrolière.
00:04:36Il est passé à 1900 dollars, une augmentation de plus de 150% à de tels niveaux, impossible d'éviter
00:04:44la hausse des prix pour les passagers.
00:04:46L'IATA, l'Association du transport aérien international, prévoit une hausse des billets entre 20 et 40% par rapport
00:04:54à l'été 2025.
00:04:55Dans ce contexte particulièrement tendu, les représentants des compagnies aériennes seront reçus par le gouvernement mercredi prochain, le 6 mai.
00:05:04Objectif, faire le point sur les réserves en kérosène et voir comment les aider à limiter la casse.
00:05:10Alors Thierry Bross, pour que l'on comprenne bien, je voudrais qu'on soit très pédagogique sur le kérosène d
00:05:15'abord.
00:05:16C'est quel genre de carburant ? C'est fait comment du kérosène ?
00:05:18Alors le kérosène, c'est vous prenez du brut et vous allez le raffiner.
00:05:22Du pétrole brut ?
00:05:23Du pétrole brut, vous allez le raffiner, vous le mettez dans une colonne à distiller.
00:05:26L'objectif, c'est de classer les molécules.
00:05:28Le brut, c'est un cocktail de molécules.
00:05:30Vous allez avoir des molécules légères en haut qui font pour l'essence et puis des molécules lourdes que vous
00:05:34utilisez pour le bitume au bas de votre colonne.
00:05:37Et au milieu, vous avez le diesel et le kérosène.
00:05:40Et le kérosène, c'est un produit qui est un peu unique puisqu'il faut que sa spécification soit la
00:05:45même sur toute la planète.
00:05:46Puisqu'il faut que votre avion, il arrive dans un aéroport B, il repart dans un aéroport C, il puisse
00:05:51avoir le même carburant.
00:05:55Donc voilà l'objectif.
00:05:58Alors il existe des kérosènes alternatifs, ce qu'on appelle du kérosène durable.
00:06:02Ça, c'est ce que la commission veut que l'on utilise, c'est-à-dire qu'il n'est
00:06:06pas produit à partir de pétrole et qui donc a moins d'impact négatif sur le climat.
00:06:11Par contre, aujourd'hui, on en consomme très peu.
00:06:14L'objectif, c'est de mettre 2% et ce n'est pas sûr qu'on y arrive.
00:06:17Et en plus, là, vous voyez, il y a une augmentation de 150%.
00:06:19Le kérosène durable, c'est presque 10 fois plus cher que le kérosène pétrolier.
00:06:24Mais le prix du kérosène, il est fixé de quelle façon ? Il dépend lui aussi forcément du prix du
00:06:28baril de brut.
00:06:29Alors, par ordre 1, mais aussi en fait, il dépend du prix du kérosène à Rotterdam.
00:06:35Et en fait, ce qui se passe, c'est qu'il a beaucoup flambé parce qu'en Europe, on ne
00:06:39produit pas assez de kérosène.
00:06:41Le ministre l'a rappelé, on importait 20% de notre kérosène du Golfe.
00:06:46Avant, on importait, je vous rappelle, c'est les mêmes coupes que le diesel, on importait ça de Russie.
00:06:50Maintenant, la Russie l'a interdit.
00:06:52On importait ça avant de Chine.
00:06:54La Chine a interdit ses exportations.
00:06:56Et donc, il faut se battre pour avoir du kérosène disponible ailleurs.
00:07:01Et c'est ce qui fait monter le prix.
00:07:03Et c'est d'ailleurs pour ça que le kérosène est un des produits qui a le plus flambé.
00:07:07Vous regardez, l'essence a beaucoup moins progressé que le kérosène.
00:07:11Mais c'est ce que tout le monde a du mal à comprendre.
00:07:13C'est que les mêmes causes produisant les mêmes effets, le kérosène aurait dû augmenter dans les mêmes proportions que
00:07:17le gasoil.
00:07:17Non, parce que, en fait, ça dépend.
00:07:20En fait, c'est la règle pour la souveraineté énergétique.
00:07:22Quand vous produisez quelque chose sur votre sol, vous êtes moins à risque.
00:07:25Vous n'avez pas besoin d'essayer d'aller le chercher très loin chez quelqu'un d'autre en concurrence.
00:07:31Et là, comme on ne produit pas suffisamment de kérosène, on produit suffisamment d'essence sur notre sol, mais pas
00:07:35suffisamment de kérosène.
00:07:36C'est pour ça que le prix du kérosène a augmenté plus que le gazole.
00:07:41Par contre, il y a un autre élément dont il faut tenir compte.
00:07:44C'est la taxation.
00:07:45Quand vous allez acheter un litre de diesel, vous achetez un litre dont l'État a pris 60%.
00:07:51Quand on remplit son avion, enfin, moi, je n'en ai pas, mais quand on remplit un avion dans une
00:07:55compagnie aérienne, il n'y a pas de taxe sur le kérosène.
00:07:59Donc, cette hausse-là, elle se transmet automatiquement dans le billet.
00:08:02Et c'est pour ça que vous voyez, dans le reportage, on vous dit entre 20 et 40% d
00:08:06'augmentation.
00:08:07Et en plus, il faut rajouter que plus votre billet est en classe économique, plus le prix sera élevé.
00:08:16Plus la hausse sera élevée.
00:08:17Et donc, c'est là où on trouve des compagnies low cost qui sont obligées de supprimer des vols parce
00:08:22que c'est devenu trop cher pour les consommateurs.
00:08:25On importe 20% de notre kérosène du Moyen-Orient. Il y a d'autres sources d'approvisionnement. Ça vient
00:08:31d'où ?
00:08:31Aujourd'hui, alors, ça ne vient ni de Russie ni de Chine. Ça peut venir des États-Unis et ça
00:08:36peut venir d'Inde.
00:08:37Et donc, en ce moment, est-ce que le kérosène qu'on n'arrive pas à importer du Moyen-Orient,
00:08:42on arrive à aller le chercher aux États-Unis ?
00:08:43Oui, si vous payez suffisamment cher. Mais si quelqu'un en veut plus, il va rerouter la cargaison.
00:08:47C'est au plus offrant.
00:08:48C'est au plus offrant. En fait, c'est exactement ce qui s'est passé en 2022 dans le gaz,
00:08:52je vous rappelle.
00:08:53On voyait les cargaisons qui allaient au plus offrant.
00:08:55Et donc, aujourd'hui, en 2022, finalement, on n'était pas trop mal lotis parce qu'on était riches.
00:09:01Mais en 2026, cette crise-là, elle affecte aussi des pays riches.
00:09:05L'Australie cherche du kérosène. Le Japon va chercher du kérosène.
00:09:08Et ce n'est pas des pays pauvres. Et donc, eux vont pouvoir se dire, je vais surenchirir.
00:09:12Le Vietnam cherche du kérosène. Le Vietnam n'est pas suffisamment riche.
00:09:16Les avions du Vietnam sont cloués au sol.
00:09:19Une dernière question vraiment sur ce point. Est-ce qu'on a oublié de développer des capacités de raffinage du
00:09:25kérosène
00:09:25en Europe ?
00:09:27Oui, on a oublié parce que, finalement, dans le monde globalisé, ce n'était pas grave.
00:09:31Et finalement, on se disait, on peut le trouver ailleurs.
00:09:34Mais vous avez raison, on a oublié.
00:09:36Et puis, deuxièmement, je vous rappelle qu'on avait des objectifs climatiques
00:09:39qui étaient extrêmement ambitieux, qui étaient tellement ambitieux qu'on disait aux raffineurs,
00:09:44finalement, on n'aura plus besoin de votre outil de raffinage.
00:09:46C'est pour ça qu'on a fermé des raffineries.
00:09:48Et donc, si vous dites à des gens ce que vous faites n'a aucun intérêt pour le climat
00:09:51et pour demain, ils ne vont pas investir des milliards pour le remettre à jour.
00:09:55Et donc, c'est ça le problème.
00:09:56Le problème, c'est que les productions de kérosène, elles ne se font plus en Europe.
00:10:01Claire Boulot, est-ce que pour le secteur aérien, c'est un choc aussi fort qu'en 2020,
00:10:05quand tout s'était arrêté avec le Covid ?
00:10:07Alors, c'est un choc énorme, c'est indéniable.
00:10:09Vous voyez bien des annulations de vols comme ça qui sont annoncées
00:10:13les unes après les autres au cours des dernières semaines.
00:10:15On voit quand même rarement ça.
00:10:17Pour autant, on n'est pas au niveau de la pandémie
00:10:19où les avions étaient littéralement cloués au sol.
00:10:21Il n'y avait quasiment plus de trafic aérien.
00:10:23On n'est pas à ce niveau de crise, mais ça reste quand même une crise
00:10:25que les directeurs de compagnies regardent de très près.
00:10:28Combien de compagnies, pour l'instant, ont déjà procédé à des annulations de vols ?
00:10:32Alors, on n'a pas le chiffre global.
00:10:33Ce qu'on sait, selon le cabinet Sirium, c'est que sur les 20 plus grosses compagnies au monde,
00:10:3919 ont annulé des vols.
00:10:40Et ce que me disent certains acteurs du secteur, un peu en coulisses,
00:10:44c'est que même certaines compagnies qui, officiellement, disent qu'elles n'ont pas annulé de vols,
00:10:47en fait, le font de manière plus ou moins discrète.
00:10:49Donc, on est quand même sur un phénomène qui est massif
00:10:51et qui ne concerne pas que les low cost.
00:10:53Oui, parce qu'on parlait dans le reportage de la situation de Transavia.
00:10:56Est-ce qu'elle vous interroge aussi, la situation de Transavia,
00:10:58qui a annulé 400 vols pour le mois de mai et pour le mois de juin ?
00:11:02À cause de quoi ?
00:11:04Eh bien, alors, c'est ce qu'expliquait le reportage.
00:11:06Il y a un premier facteur, c'est quand, finalement, les prix sont trop élevés
00:11:09et que les passagers, finalement, ne prennent plus les vols.
00:11:11Ça, c'est presque ce qui pourrait se passer après.
00:11:14Aujourd'hui, le sujet, c'est plutôt les compagnies aériennes
00:11:17qui regardent, en fait, tout simplement leur compte de résultats
00:11:20et qui se rendent compte que quand le coût du kérosène,
00:11:23il arrive à 45% des coûts totaux, parfois, certaines lignes ne sont plus rentables.
00:11:28Donc, les gens prennent encore l'avion, en fait.
00:11:29Paradoxalement, on a l'impression que les gens ne prennent plus l'avion.
00:11:31Est-ce que ça touche des lignes en particulier ?
00:11:33Ça peut toucher certaines lignes en particulier.
00:11:35Des petits courriers, des longs courriers ?
00:11:36Alors, ça touche un peu plus les low cost, effectivement,
00:11:38parce que comme leurs coûts, en général, sont plus bas,
00:11:41la facture du kérosène, proportionnellement, est plus élevée.
00:11:44Ça touche les compagnies plus fragiles.
00:11:46Et ça touche, sur certaines compagnies,
00:11:48on a vu que c'était, paradoxalement, par exemple,
00:11:49les lignes domestiques qui ne sont parfois pas les plus rentables.
00:11:51Mais ça dépend vraiment des modèles.
00:11:53Est-ce qu'il y a un risque de pénurie de kérosène ?
00:11:57Alors, je pense que c'était une bonne idée de choisir ce mot
00:11:59comme le mot du jour, parce qu'effectivement,
00:12:01on est sur un mot qui revient très souvent.
00:12:03Je pense que ce qui crée le débat,
00:12:06c'est que le discours n'est pas très clair.
00:12:07Et pour être honnête, je pense que les acteurs eux-mêmes
00:12:09ne savent pas trop, en fait, ce qu'il en est.
00:12:11D'un côté, on entend tout et son contraire.
00:12:13Exactement.
00:12:13D'un côté, on a des discours très rassurants,
00:12:15comme celui de Pascal de Isaguirre,
00:12:16le président de la Fédération du transport aérien,
00:12:18qui dit qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
00:12:20C'est vrai que là, à l'heure actuelle,
00:12:22au moment où on parle, il n'y a pas de pénurie.
00:12:24Ce matin, Air France, KLM,
00:12:26présentaient ses résultats financiers.
00:12:27Le directeur financier a dit que jusqu'en juin,
00:12:30il n'y avait pas de problème.
00:12:31Pour autant, certaines organisations,
00:12:34comme l'AIE, ont dit que d'ici quelques semaines,
00:12:36il pourrait y avoir une pénurie.
00:12:37Donc, on a en fait des discours assez dissonants.
00:12:40Et ce sur quoi tout le monde est d'accord,
00:12:42c'est qu'en fait, on ne sait pas trop
00:12:43combien de temps va durer la guerre
00:12:44et du coup, quels seront les impacts ?
00:12:46Oui, je pense que ça dépend
00:12:48de ce qu'on entend par pénurie.
00:12:49Mais ce que l'Agence internationale de l'énergie
00:12:50a dit depuis le début de cette guerre,
00:12:53quand ils ont remis les stocks stratégiques
00:12:55sur le marché, ils ont dit
00:12:56il va falloir changer notre modèle.
00:12:58Il va falloir faire du télétravail chez soi.
00:13:01Il va falloir baisser la vitesse sur les autoroutes.
00:13:03Et il va falloir moins prendre l'avion.
00:13:06Et donc, effectivement,
00:13:07c'est ce qui est en train de se produire.
00:13:08Alors, ça ne s'appelle pas une pénurie
00:13:09parce que finalement, c'est ce qu'on appelle en économie
00:13:12le signal prix.
00:13:13Donc, quand le billet vient trop cher,
00:13:14les gens ne prennent plus l'avion
00:13:15et les compagnies aériennes n'affrètent plus l'avion.
00:13:18Donc, en fait, il y aura toujours du kérosène.
00:13:20Mais il n'y en aura que pour les riches.
00:13:22On va devenir un monde
00:13:23où voyager en avion va devenir un produit de luxe.
00:13:26Comme au début des années 80, non ?
00:13:29Alors, avant de revenir en arrière,
00:13:31on va justement explorer ce mot pénurie
00:13:33avec Mariette Darigrand.
00:13:40Mariette, elle est sémiologue.
00:13:41C'est son métier d'analyser le sens des mots.
00:13:44Et vous vouliez vraiment, ce soir,
00:13:45nous parler de ce mot pénurie
00:13:46qui englobe des images,
00:13:48un imaginaire, mais aussi un vrai sens.
00:13:51Exactement.
00:13:52Quand on entend ce mot pénurie,
00:13:53on a dans la tête des images de guerre,
00:13:55effectivement, des images de villes en ruine
00:13:57où les gens manquent de tout,
00:13:58d'eau, de pain, etc.
00:14:00dans des villes actuelles à l'étranger.
00:14:03Et puis, chez nous, en France, évidemment,
00:14:05la période 39-45, la pénurie,
00:14:08les tickets de rationnement.
00:14:09Bon, on voit très bien.
00:14:11Alors, ces évocations,
00:14:12elles animent nos esprits
00:14:14parce que notre imaginaire,
00:14:15surtout à cause du XXe siècle,
00:14:16a relié ensemble la guerre et la pénurie.
00:14:20Et d'ailleurs, vous l'avez déjà dit,
00:14:22comme cela,
00:14:23notre discours collectif, aujourd'hui,
00:14:25dans l'actualité,
00:14:26eh bien, oui, ce mot de pénurie revient
00:14:28parce que la guerre est revenue.
00:14:30Alors, elle est lointaine,
00:14:32mais son impact, bien sûr, est là.
00:14:34Et l'éventuelle pénurie de carburant,
00:14:36cette expression-là,
00:14:37nous le rappelle complètement, Adeline.
00:14:38Mais en réalité,
00:14:39l'étymologie de pénurie,
00:14:41elle est bien différente.
00:14:42Elle n'est pas dans la guerre.
00:14:43Elle n'est pas du tout dans la guerre, en fait.
00:14:44L'origine, le mot,
00:14:45il est dans l'alimentation.
00:14:47En fait, ça concerne nos vivres.
00:14:50Pénuria, en latin,
00:14:51c'était le contraire.
00:14:52C'est sur la racine pénum,
00:14:54c'est-à-dire ce qu'on mange,
00:14:56les vivres.
00:14:56Donc, la pénurie, c'était le contraire.
00:14:58Le manque, quoi.
00:14:59Le manque, et peut-être la famine,
00:15:01la disette, etc.
00:15:02Alors, c'est intéressant
00:15:03parce que c'était au centre
00:15:04de la maison que ça se passait,
00:15:06les vivres, le garde-manger.
00:15:08Et c'est de là que vient
00:15:09l'expression les pénates.
00:15:11Quand on dit
00:15:11je vais rejoindre mes pénates,
00:15:12en fait, on dit
00:15:13je vais rejoindre mon anti-pénurie.
00:15:16Ah, ça alors ?
00:15:17C'est drôle.
00:15:17Quand je vais regagner mes pénates,
00:15:19c'est je vais rejoindre
00:15:20là où il y a un garde-manger
00:15:21bien rempli.
00:15:22Exactement.
00:15:23Alors, cette vision
00:15:24des choses un peu naïves,
00:15:25ancestrales,
00:15:26elle est bien sûr liée
00:15:27au monde agricole d'antan.
00:15:30La pénurie, à ce moment-là,
00:15:31elle était pensée
00:15:32comme le contraire de l'abondance.
00:15:33Elles étaient toujours
00:15:34en dialectique.
00:15:35On en a beaucoup,
00:15:36on n'en a pas du tout.
00:15:37Et c'était,
00:15:38il fallait implorer la lune,
00:15:40le vent, etc.
00:15:40La pluie.
00:15:42Si la pluie était bien là,
00:15:44il n'y avait pas de pénurie,
00:15:46etc.
00:15:47Sinon, c'était la disette,
00:15:48la famine.
00:15:48Alors, nous qui sommes hyper modernes,
00:15:50surtout avec nos avions,
00:15:51etc., on pourrait penser
00:15:52qu'on est complètement protégés
00:15:54de cette vision.
00:15:55Mais en fait,
00:15:56c'est ça qui nous rattrape,
00:15:57malgré le fait
00:15:58que nous soyons,
00:15:58depuis la révolution industrielle,
00:16:01protégés, d'une certaine façon,
00:16:02des risques de famine,
00:16:03des risques de pénurie.
00:16:04Ça nous revient
00:16:05avec la question aujourd'hui
00:16:07de l'énergie.
00:16:08Parce qu'après tout,
00:16:09pour nous,
00:16:10pour voyager,
00:16:10mais pour faire voyager nos vivres,
00:16:12on a besoin
00:16:13de ne pas être dans la pénurie.
00:16:15Alors, c'est là
00:16:15où c'est intéressant
00:16:16sous l'angle de l'hypermodernité
00:16:17dans laquelle nous sommes.
00:16:18Elle ne nous protège
00:16:19vraiment pas de tout.
00:16:20C'est un peu, Adeline,
00:16:21ça me fait penser
00:16:21ce succès du mot pénurie
00:16:23comme pendant la crise du Covid
00:16:24quand on a découvert
00:16:25qu'il y avait la pénurie
00:16:26de paracétamol.
00:16:28Oui, ou de moutarde même.
00:16:29Fort heureusement,
00:16:30vous nous dites
00:16:30que le mot pénurie,
00:16:31il peut aussi avoir
00:16:32une phase positive.
00:16:34Je terminerai là-dessus
00:16:35parce que quand même,
00:16:36il y a aussi le Moyen-Âge.
00:16:37Le Moyen-Âge a inventé
00:16:38beaucoup de choses
00:16:39et vous vous souvenez
00:16:39de ce grand best-seller
00:16:41du XIIIe siècle,
00:16:42le roman de la Rose.
00:16:43Et il y avait des allégories,
00:16:44la dame tempérance,
00:16:45la dame paix, etc.
00:16:47Et il y a eu,
00:16:47à un moment donné,
00:16:48la dame pénurie.
00:16:49Et qu'est-ce que nous disait
00:16:51la dame pénurie
00:16:51et l'auteur qui avait voulu
00:16:53faire sa petite leçon de morale ?
00:16:54C'est que peut-être le manque
00:16:56obligeait les hommes
00:16:57à être un peu inventifs.
00:16:58Donc, la dame pénurie,
00:17:00elle avait une force physique
00:17:01et morale qui poussait au travail
00:17:03pour éviter le manque.
00:17:05Alors, écoutez, Adeline,
00:17:06la veille du 1er mai,
00:17:07on va retenir la leçon médiévale.
00:17:10La pénurie est une menace,
00:17:12mais elle peut être aussi,
00:17:13peut-être, une arme
00:17:13contre le découragement
00:17:15et pour la survie.
00:17:16Ça vous inspire peut-être,
00:17:17Guillaume Bordelet,
00:17:18vous qui êtes le secrétaire général
00:17:19adjoint des entreprises du voyage.
00:17:20Est-ce que d'abord,
00:17:22quand en ce moment,
00:17:23les clients appellent
00:17:24les agences de voyage
00:17:25ou les tours opérateurs,
00:17:26cette peur de la pénurie,
00:17:28elle existe déjà en ce moment ?
00:17:30Écoutez, je dirais qu'à date,
00:17:32on a un petit peu d'attentisme
00:17:33de la part des clients
00:17:34qui regardent comment
00:17:35les choses se passent,
00:17:37qui repoussent pour certains
00:17:38un petit peu
00:17:39leurs décisions de réservation.
00:17:40On a un léger décalage
00:17:41par rapport à l'année dernière
00:17:42à la même date.
00:17:44On va voir comment
00:17:44les choses évoluent.
00:17:45Là, on a les ponts de mai
00:17:46qui arrivent,
00:17:47peut-être des prises de décisions
00:17:48qui vont se faire
00:17:49un peu plus tardivement
00:17:50au mois de juin.
00:17:51Pour vous donner une idée,
00:17:52à date,
00:17:52on a moins 8% de réservation
00:17:54par rapport à l'année dernière
00:17:55à la même date
00:17:56qui était une très bonne année.
00:17:57Mais comme vous dites,
00:17:58il y a un attentisme
00:17:59qui fait que c'est compliqué
00:18:01pour l'instant
00:18:01d'évaluer le niveau
00:18:03de réservation
00:18:04pour juillet-août.
00:18:05Pour juillet-août,
00:18:06on est très clairement
00:18:07à moins 8%
00:18:08par rapport à l'année dernière.
00:18:10Donc, un niveau mesuré
00:18:11mais qui est plus important,
00:18:12il est vrai,
00:18:12pour les destinations
00:18:13long courrier
00:18:14où le prix du billet d'avion
00:18:16est plus important aussi.
00:18:17Claire Boulot,
00:18:18je parle sous votre contrôle,
00:18:19juillet-août,
00:18:19c'est les deux plus gros mois
00:18:20de l'année
00:18:20pour les compagnies aériennes.
00:18:22Tout à fait.
00:18:22Elles savent qu'elles jouent gros.
00:18:24Oui, mais la différence
00:18:25avec les chiffres du tourisme,
00:18:26c'est que le transport aérien,
00:18:27pour l'instant,
00:18:28ça ne se voit pas encore
00:18:29énormément dans les chiffres.
00:18:30La Air France,
00:18:30qui elle aime,
00:18:30publiait ses résultats du trimestre
00:18:32et en fait, paradoxalement,
00:18:33la demande est encore là.
00:18:35En revanche,
00:18:35leurs prévisions sur l'année
00:18:37ont été rabaissées,
00:18:38effectivement.
00:18:39Et il va y avoir
00:18:39une réunion
00:18:40la semaine prochaine,
00:18:40le 6 mai,
00:18:41à Bercy
00:18:42avec les compagnies aériennes
00:18:44que le gouvernement
00:18:44a décidé de réunir.
00:18:46Et cette réunion,
00:18:47elle va notamment porter
00:18:48sur le respect
00:18:49et la protection
00:18:49des consommateurs.
00:18:50Guillaume Beurdelay,
00:18:51est-ce que vous redoutez
00:18:52une période de grand n'importe quoi
00:18:53pour les voyageurs ?
00:18:55Écoutez,
00:18:56en l'état et globalement,
00:18:57les compagnies aériennes
00:18:58ont été plutôt responsables
00:19:01et n'ont pas répercuté
00:19:02d'ailleurs la totalité
00:19:03de la hausse du coût
00:19:04du carburant,
00:19:05de l'augmentation
00:19:05qu'on a vue
00:19:06de plus de deux fois
00:19:07à deux fois et demie.
00:19:08Aujourd'hui,
00:19:09ce qu'on constate
00:19:10chez les compagnies aériennes,
00:19:11c'est environ 10 euros
00:19:12sur du moyen courrier,
00:19:13100 euros sur du long courrier.
00:19:15Donc,
00:19:15on n'a pas,
00:19:16sauf exception,
00:19:18de mauvais élèves
00:19:20sur le sujet.
00:19:21Sauf exception ?
00:19:22Qui sont les mauvais élèves,
00:19:23Guillaume ?
00:19:24On a une compagnie aérienne
00:19:26qui a décidé d'innover,
00:19:27on va dire Volotea,
00:19:28la compagnie espagnole
00:19:29dont on a parlé
00:19:30déjà ces derniers jours
00:19:32et qui,
00:19:32elle,
00:19:33annonce le prix final
00:19:34quelques jours avant le départ,
00:19:35voire à l'aéroport.
00:19:36Ce qui,
00:19:36évidemment,
00:19:37nuit un peu
00:19:38à la lisibilité du prix.
00:19:40Quand on réserve,
00:19:40on compare,
00:19:41on regarde les différentes
00:19:42compagnies aériennes
00:19:43et si le prix est évolutif,
00:19:44ça rend la comparaison
00:19:45plus difficile,
00:19:45ça c'est certain.
00:19:46Sauf cette exception,
00:19:47voilà,
00:19:48on n'a pas de...
00:19:48Justement,
00:19:49les agences de voyage,
00:19:50elles commencent effectivement
00:19:51à sentir l'attentisme
00:19:53dont vous parliez.
00:19:54Reportage signé
00:19:55Hélène Bonduelle.
00:20:00Dis-moi,
00:20:01Mairie,
00:20:01est-ce qu'on aurait reçu
00:20:02des dernières nouvelles
00:20:03concernant éventuellement
00:20:04les annulations de vol
00:20:05ou les hausses carburants
00:20:06depuis hier ?
00:20:07Oui,
00:20:08alors on a celui de Volotea.
00:20:10Très bien.
00:20:11Qui fait en fait...
00:20:13On paye un supplément
00:20:14encore bien.
00:20:15Sur les billets
00:20:16déjà achetés,
00:20:17donc déjà émés.
00:20:18Depuis plusieurs semaines,
00:20:20les mauvaises nouvelles
00:20:20comme celle-ci
00:20:21se multiplient
00:20:22dans cette agence de voyage.
00:20:23On reçoit de façon quotidienne
00:20:27des newsletters
00:20:28de compagnies aériennes,
00:20:29que ce soit
00:20:29les compagnies aériennes
00:20:31du Golfe
00:20:31qui remettent
00:20:32leur situation à jour
00:20:33au niveau des politiques
00:20:34commerciales,
00:20:35mais aussi des suspensions
00:20:37et éventuellement
00:20:38des suppressions de lignes
00:20:39aussi comme
00:20:40Turkish Airlines
00:20:41qui vient de supprimer
00:20:42je crois
00:20:42environ une dizaine
00:20:43de lignes
00:20:45majoritairement
00:20:46sur des axes Afrique.
00:20:47Et pour cette spécialiste
00:20:48des voyages sur mesure
00:20:50à travers le monde,
00:20:51c'est autant de clients
00:20:52qui se désistent
00:20:53ou reportent
00:20:54leur voyage.
00:20:55Depuis
00:20:55la fin février,
00:20:57lorsque l'on compare
00:20:58avec l'année précédente,
00:21:00on est sur un recul
00:21:01de 50%
00:21:02du montant
00:21:03total facturé,
00:21:05donc 50%
00:21:06de recul
00:21:07des ventes.
00:21:07Entre l'incertitude
00:21:09sur la situation
00:21:10internationale
00:21:11et le coût
00:21:11des billets d'avion,
00:21:12les Français
00:21:13boudent les voyages
00:21:14lointains
00:21:14et optent
00:21:15pour des séjours
00:21:16en France.
00:21:17L'avantage,
00:21:18c'est qu'on a
00:21:18une maison de famille
00:21:19et que ça minimise
00:21:21les coûts
00:21:22et les dépenses
00:21:23des vacances.
00:21:24Pour les prochaines
00:21:25vacances,
00:21:26un voyage en avion
00:21:28était envisagé,
00:21:29mais on attend
00:21:29un petit peu
00:21:30de savoir
00:21:30comment ça va se passer
00:21:31et ce sera peut-être
00:21:32finalement la voiture.
00:21:33Mais en voiture aussi,
00:21:35le budget carburant
00:21:36est en hausse
00:21:36et il pèse
00:21:37sur le choix
00:21:38des vacances.
00:21:39Bonjour,
00:21:39je peux vous renseigner ?
00:21:41Alors les voyagistes
00:21:42redoublent d'inventivité
00:21:43pour attirer
00:21:44les touristes.
00:21:45Cet hébergeur,
00:21:46par exemple,
00:21:47propose une garantie
00:21:49sérénité météo
00:21:50avec remboursement
00:21:51à la clé
00:21:51ou encore
00:21:53un bonus carburant.
00:21:54Au fur et à mesure
00:21:55finalement
00:21:56de cet attentisme
00:21:57qu'on a vu,
00:21:58on s'est dit
00:21:58comment nous
00:21:59on peut contribuer
00:22:00aussi là-dessus.
00:22:01Donc on a mis en place
00:22:02une offre
00:22:02sur l'ensemble
00:22:03de nos résidences
00:22:03vacances
00:22:04qui consiste à dire
00:22:06une offre carburant.
00:22:07Donc c'est un bon d'achat
00:22:08de 80 euros
00:22:10qu'on va donner
00:22:10à nos clients
00:22:11pour un séjour
00:22:12ultérieur
00:22:12en fait
00:22:13chez nous.
00:22:13Les séjours
00:22:15pourraient être
00:22:15plus courts
00:22:16aussi cette année
00:22:17et les dépenses
00:22:18sur place
00:22:19en être plis.
00:22:21On le disait,
00:22:22il y a beaucoup
00:22:23d'attentisme
00:22:23mais précisément
00:22:24est-ce que vous,
00:22:26vous conseillez
00:22:27aux futurs vacanciers
00:22:29d'acheter leur billet
00:22:30maintenant
00:22:30ou d'attendre ?
00:22:31Alors il y a une règle
00:22:32qui est immuable
00:22:33et qui est toujours valable
00:22:34en période,
00:22:35dans la période
00:22:36qu'on connaît actuellement,
00:22:37plutôt en réserve
00:22:38et moins cher est le billet.
00:22:40Les montants
00:22:40de surcharge carburant
00:22:41dont je vous parlais,
00:22:4210 euros,
00:22:43100 euros
00:22:43pour le long courrier,
00:22:45eh bien si vous êtes
00:22:45le dernier à monter
00:22:46dans l'avion,
00:22:47il y a un yield management
00:22:48aujourd'hui
00:22:48et vous paierez
00:22:49votre billet
00:22:50beaucoup plus cher.
00:22:51Donc ce serait
00:22:52une mauvaise idée
00:22:53que d'attendre
00:22:53en espérant
00:22:54une baisse éventuelle
00:22:55du coût du carburant
00:22:56qui viendrait baisser
00:22:57le prix du billet d'avion,
00:22:58plus on attend,
00:22:59plus l'avion se remplit,
00:23:00plus les billets sont chers.
00:23:02Mais on voit bien
00:23:02qu'il y a un problème
00:23:03d'inquiétude
00:23:04voire de confiance
00:23:06quand on voit par exemple
00:23:07les pratiques de la compagnie
00:23:08dont vous parliez tout à l'heure
00:23:09qui va infliger
00:23:10un supplément
00:23:11à un vol déjà payé.
00:23:13D'abord,
00:23:13c'est légal ?
00:23:15Alors,
00:23:15ce n'est pas à moi
00:23:16de le dire,
00:23:16je pense que c'est
00:23:17à la répression des fraudes
00:23:18éventuellement
00:23:18de faire son enquête
00:23:19et de qualifier
00:23:20la mesure qui est inédite
00:23:22et qui n'a jamais été pratiquée
00:23:23par une autre compagnie aérienne.
00:23:25Moi,
00:23:25ce que je constate,
00:23:26c'est que c'est la seule
00:23:26actuellement
00:23:27à avoir ce comportement.
00:23:29Et il y a aussi
00:23:30des voyageurs
00:23:30qui redoutent
00:23:31de pouvoir partir
00:23:32et puis de ne pas pouvoir revenir
00:23:33s'ils voient le retour
00:23:34et n'est pas assuré
00:23:35parce qu'il y a des avions
00:23:37qui vont peut-être
00:23:38être cloués au sol.
00:23:39C'est une éventualité ?
00:23:40Alors,
00:23:41pour ça,
00:23:41il y a une solution
00:23:41qui est très simple.
00:23:42C'est que l'on réserve
00:23:44en agence de voyage
00:23:45comme on l'a vu
00:23:45dans le reportage
00:23:46ou sur Internet,
00:23:47c'est d'acheter
00:23:48l'hébergement
00:23:49et l'avion en même temps.
00:23:50Alors,
00:23:51on peut acheter
00:23:51un voyage sur mesure,
00:23:52on peut acheter
00:23:53un petit package
00:23:54vol plus hôtel.
00:23:56Dans ces cas-là,
00:23:57le site de voyage,
00:23:57l'agence de voyage
00:23:58auprès de qui
00:23:58vous avez réservé,
00:24:00elle se doit
00:24:00de vous accompagner
00:24:01avant,
00:24:01pendant,
00:24:02après voyage.
00:24:02et si le vol est annulé,
00:24:03elle se doit,
00:24:04quoi qu'il arrive,
00:24:05de vous faire entrer.
00:24:06Ce n'est pas forcément
00:24:07plus cher.
00:24:09Ça,
00:24:09c'est pour le cas
00:24:10où on prend
00:24:10un package
00:24:11hôtel plus vol.
00:24:12Si on pense
00:24:13de toute façon
00:24:13réserver un vol
00:24:15et un hébergement,
00:24:16autant les réserver
00:24:16en même temps.
00:24:17Il y en a cette garantie
00:24:18supplémentaire
00:24:19sur les prestations terrestres
00:24:20mais aussi sur l'aérien.
00:24:21Vous observez déjà
00:24:22un report sur la France,
00:24:24sur des vacances en France ?
00:24:25Alors,
00:24:26disons que la France
00:24:27se porte plutôt bien
00:24:29en termes de réservation.
00:24:30On est à peu près
00:24:31au même résultat
00:24:33que l'année dernière.
00:24:35Là où on a
00:24:36un petit peu de retard
00:24:37aujourd'hui
00:24:38sur le moyen,
00:24:39le long courrier.
00:24:39Donc,
00:24:39on n'a pas un report
00:24:42de décision
00:24:43mais des arbitrages
00:24:43qui ne sont peut-être
00:24:44pas faits pour ceux
00:24:45qui comptent partir
00:24:45à l'étranger.
00:24:46Par moins loin,
00:24:47en tout cas,
00:24:47pour le moment.
00:24:49Claire Boulot,
00:24:50est-ce que cette crise,
00:24:51elle peut entraîner
00:24:51une faillite
00:24:52des plus petites compagnies ?
00:24:53C'est ce que prédit
00:24:54le PDG de Ryanair.
00:24:56Oui,
00:24:56le PDG de Ryanair,
00:24:57Michael O'Leary,
00:24:58a toujours des bons mots
00:24:58même dans les périodes
00:24:59de crise.
00:25:00Il ne perd pas son humour
00:25:01au contraire.
00:25:02Pour autant,
00:25:03ce qu'il dit est vrai.
00:25:04En fait,
00:25:04il ne faut pas s'attendre
00:25:05à des faillites d'entreprises
00:25:06qui iraient très bien.
00:25:07Ce n'est pas du tout le cas.
00:25:08Mais en revanche,
00:25:09on voit des compagnies aériennes
00:25:10qui étaient dans une situation
00:25:10critique et pour lesquelles
00:25:11c'est le coup de massue fatal.
00:25:14Aux Etats-Unis,
00:25:15il y a une compagnie
00:25:15qui s'appelle
00:25:16Spirit Airlines
00:25:17qui était en grande difficulté
00:25:19et qui est proche
00:25:20de la liquidation
00:25:21et qui attend de voir
00:25:21si l'administration
00:25:22va lui donner
00:25:24un chèque
00:25:24de 500 millions de dollars.
00:25:26car en Europe,
00:25:27la compagnie allemande
00:25:28Lufthansa
00:25:29possède une compagnie régionale
00:25:31qui s'appelle City Line
00:25:32et donc elle a annoncé
00:25:33la liquidation.
00:25:33Donc pareil,
00:25:34c'est quelque chose
00:25:34qui était déjà évoqué
00:25:37mais le coup de massue
00:25:37est tombé tout de suite.
00:25:38Est-ce que c'est aussi
00:25:39une menace
00:25:39pour les petits aéroports
00:25:41qui peuvent rencontrer
00:25:42des difficultés
00:25:43d'approvisionnement ?
00:25:44En France,
00:25:45je veux dire,
00:25:45on sait que Roissy et Orly,
00:25:46il y a un oléoduc
00:25:47qui relie directement
00:25:48le tarmac
00:25:49au port pétrolier
00:25:51du Havre
00:25:53mais ce n'est pas le cas
00:25:53des autres aéroports français.
00:25:55Est-ce qu'à un moment,
00:25:56cette crise du kérosène,
00:25:57elle peut aussi avoir
00:25:58un impact
00:25:58sur la survie
00:26:00de petits aéroports ?
00:26:01Pour l'instant,
00:26:02ce qu'on disait tout à l'heure,
00:26:03les pénuries
00:26:04ne touchent pas du tout
00:26:05les aéroports,
00:26:05même les petits aéroports régionaux.
00:26:07Leur problématique
00:26:08à ces aéroports,
00:26:08c'est qu'ils dépendent
00:26:09beaucoup des low cost.
00:26:10Souvent,
00:26:10dans certains petits aéroports régionaux,
00:26:12il n'y a qu'une low cost
00:26:12qui les dessert.
00:26:13Si jamais les low cost
00:26:14sont confrontés
00:26:15à une équation économique
00:26:16compliquée
00:26:16et décident
00:26:17de ne plus desservir
00:26:17ces aéroports,
00:26:18alors là,
00:26:19la question se posera.
00:26:20Ça reste des décisions publiques
00:26:21de les maintenir
00:26:22ou pas,
00:26:22ces aéroports.
00:26:23Thierry Bross,
00:26:24dans ce contexte
00:26:27du kérosène
00:26:28et de cette réunion
00:26:29du 6 mai prochain
00:26:31à Bercy,
00:26:32il est question
00:26:33avec les compagnies aériennes
00:26:34de leur apporter
00:26:35une garantie
00:26:36de sécurisation
00:26:37des approvisionnements.
00:26:39Quelles mesures
00:26:40doivent être prises ?
00:26:41Il y a des stocks stratégiques
00:26:42aussi de kérosène
00:26:43en France ?
00:26:44Oui,
00:26:44alors il y a des stocks
00:26:46stratégiques de kérosène,
00:26:47d'autres produits
00:26:48et de pétrole
00:26:48qui sont remis
00:26:50sur le marché
00:26:50au moment où on parle
00:26:51puisque c'est une décision
00:26:52de l'agence internationale
00:26:53de l'énergie
00:26:54et qui sont remis
00:26:55dans le marché global
00:26:56et donc effectivement
00:26:57ce n'est pas vers
00:26:58telle compagnie
00:26:59ou vers telle autre.
00:27:00C'est déjà le cas,
00:27:01on est déjà en train
00:27:01de débloquer
00:27:02des stocks stratégiques
00:27:03de kérosène.
00:27:04Stock stratégique
00:27:04de pétrole
00:27:05et produits pétroliers
00:27:06donc effectivement
00:27:06au niveau mondial
00:27:08c'est de l'ordre
00:27:08de 3 millions
00:27:09de barils par jour
00:27:09alors pas que pour le kérosène
00:27:10mais 3 millions
00:27:11de barils par jour
00:27:11donc ça
00:27:12c'est pour effectivement
00:27:13être en capacité
00:27:14de subvenir
00:27:16aux 20 millions
00:27:16qui nous manquaient
00:27:17par Hormuz
00:27:18donc vous voyez
00:27:18ça fait un petit bout
00:27:20du chemin
00:27:20et puis
00:27:22sur ces problématiques
00:27:25de kérosène
00:27:26ce que l'on peut dire
00:27:27c'est que
00:27:28certes les aéroports
00:27:29français sont peut-être
00:27:31mieux épargnés
00:27:31mais il y a des aéroports
00:27:32dans des pays
00:27:33qui sont plus mal desservis
00:27:34l'Italie
00:27:35et le Royaume-Uni
00:27:36qui eux
00:27:37vont commencer à souffrir
00:27:38parce que chaque aéroport
00:27:39va devoir essayer
00:27:41de récupérer le kérosène
00:27:42au niveau international
00:27:43donc c'est ça
00:27:43la problématique aujourd'hui
00:27:45c'est quoi ?
00:27:45c'est une bataille
00:27:46entre pays
00:27:47sur je fais venir
00:27:48des tonnes de kérosène
00:27:50et je me débrouille
00:27:51tout seul dans mon coin
00:27:51ça va être une bataille
00:27:52même si le ministre
00:27:53veut avoir
00:27:54un schmilblick
00:27:55qui essaye
00:27:56de regarder ça
00:27:57dans l'ensemble
00:27:58ça va pas se faire comme ça
00:27:59c'est le marché
00:28:00et le marché
00:28:00c'est la concurrence
00:28:01c'est le plus offrant
00:28:03et effectivement
00:28:03on verra des compagnies
00:28:05si elles n'ont pas
00:28:06les moyens
00:28:06et bien finalement
00:28:07elles vont
00:28:08ne pas être
00:28:09en capacité
00:28:09d'acheter
00:28:10ce kérosène
00:28:11mais c'est ce qui garantit
00:28:12le fait qu'il n'y aura
00:28:13pas de pénurie
00:28:13parce que l'option inverse
00:28:15c'est à dire
00:28:15de donner à tout le monde
00:28:16du kérosène pas cher
00:28:17ça garantit la pénurie
00:28:19ça veut dire qu'il y a des moments
00:28:20c'est le même problème
00:28:21que pour les carburants
00:28:22des voitures
00:28:22c'est exactement le même problème
00:28:24que pour le carburant
00:28:24des voitures
00:28:25et c'est pour ça
00:28:25qu'on critique beaucoup
00:28:27mais le marché
00:28:28est souvent la seule solution
00:28:30ou la solution
00:28:30la plus acceptable
00:28:32pour le faire
00:28:32sachant que le kérosène
00:28:34dont on parle
00:28:34celui qui n'arrive plus
00:28:36les 20% du Moyen-Orient
00:28:37c'est du kérosène
00:28:38qui est aussi bloqué
00:28:39dans ce détroit d'Ormouz
00:28:40c'est du kérosène
00:28:42qui n'est pas produit
00:28:43et donc effectivement
00:28:44pour une partie
00:28:45il est bloqué
00:28:45mais pour l'autre
00:28:46c'est à partir de raffineries
00:28:47qui ont été arrêtées
00:28:48qu'il faudra remettre en route
00:28:50c'est à partir de raffineries
00:28:51qui ont aussi été abîmées
00:28:52il y a eu des drones
00:28:54vers ces raffineries
00:28:55donc la solution du problème
00:28:57elle n'est pas demain
00:28:58la solution du problème
00:28:59il faut d'abord
00:29:00réouvrir Ormouz
00:29:01donc ça vous allez voir
00:29:02Donald Trump
00:29:03pour savoir quand est-ce
00:29:03qu'il veut le faire
00:29:04et ensuite
00:29:04on lui a demandé
00:29:05il ne sait toujours pas
00:29:06une fois qu'on a résolu
00:29:09ce problème-là
00:29:09il faudra remettre en route
00:29:11les productions
00:29:12et les capacités
00:29:14de raffinage
00:29:14donc ça peut prendre
00:29:15plusieurs mois
00:29:16ne serait-ce que
00:29:17pour revenir à la situation
00:29:18d'avant
00:29:18c'est pour ça que l'AIE
00:29:19dit bien
00:29:20que c'est une crise
00:29:22systémique
00:29:22et qu'elle va durer
00:29:23un petit moment
00:29:25Claire Boulot
00:29:25ça veut dire que
00:29:26les compagnies aériennes
00:29:27elles se projettent aussi
00:29:28dans cette crise durable
00:29:30elles disent qu'en fait
00:29:32qu'elles n'en savent rien
00:29:32effectivement que
00:29:33par exemple
00:29:34si je reprends l'exemple
00:29:35d'Air France
00:29:36là ils ont estimé
00:29:37à 2,4 milliards
00:29:38le surcoût du carburant
00:29:39sur l'année
00:29:40tout en
00:29:41ce qui est quand même colossal
00:29:42tout en disant
00:29:43que sur 3ème trimestre
00:29:44et 4ème trimestre
00:29:45aucune visibilité
00:29:46de ce qui va se passer
00:29:47parce qu'on voit bien
00:29:47qu'on est déjà
00:29:48à deux mois de conflit
00:29:49il y a encore un mois
00:29:50les compagnies
00:29:50espéraient que ce soit terminé
00:29:51donc ils naviguent à vue
00:29:53et vous partagez ce que dit
00:29:54Thierry Bross sur le fait
00:29:55que à partir du mois
00:29:57de juin, juillet
00:29:57en fait prendre l'avion
00:29:58ça va devenir un truc de riche
00:30:01pas forcément
00:30:02à mon avis
00:30:02à mon avis
00:30:03on va plus se diriger
00:30:04vers des annulations
00:30:05des lignes qui ne sont pas rentables
00:30:06que vers une explosion des prix
00:30:07parce que les compagnies aériennes
00:30:08n'ont aucun intérêt
00:30:09à augmenter drastiquement
00:30:10les prix
00:30:10les avions ne seront plus remplis
00:30:11un avion qui n'est pas rempli
00:30:12il n'est pas rentable
00:30:13c'est la quadrature du cercle
00:30:14moi j'imagine plutôt
00:30:15des annulations
00:30:16qui augmentent
00:30:17si on est toujours
00:30:17dans cette situation
00:30:18et donc un resserrement
00:30:20du trafic sur les lignes
00:30:21les plus rentables
00:30:21Guillaume Berdelay
00:30:22comment vous voyez les choses
00:30:23on voit qu'il y a des voyagistes
00:30:25qui s'organisent
00:30:25en assurant des plans B
00:30:30un service plan B
00:30:31un service météo garanti
00:30:33un service bonus carburant
00:30:35oui alors ça c'est plutôt
00:30:37pour les opérateurs
00:30:38qui sont présents en France
00:30:39et dont les clients
00:30:39vont venir en voiture
00:30:43pour ceux qui partent
00:30:44pour ceux qui partent
00:30:45à l'étranger
00:30:46aujourd'hui
00:30:48il n'y a pas d'opération
00:30:51commerciale particulière
00:30:51qui sont faites
00:30:52les prix se trouvent
00:30:55se trouvent au bon niveau
00:30:57et là où ils devraient être
00:30:58et on n'a pas une catastrophe
00:30:59sur les réservations
00:31:00qui est justifiée
00:31:01est-ce que vous vous dites
00:31:02qu'au contraire
00:31:02ça peut être une aubaine
00:31:03pour vous voyagiste
00:31:04dans la mesure où
00:31:05ce que vous dites
00:31:06c'est-à-dire la garantie
00:31:08voyageurs
00:31:10sur des vacances
00:31:11organisées
00:31:12vol plus hôtel
00:31:13plutôt que de fabriquer
00:31:15son voyage de chez soi
00:31:16en réservant un vol
00:31:18et puis ensuite
00:31:18en réservant des locations
00:31:19sur place
00:31:20est-ce qu'à un moment
00:31:21ça ne va pas être
00:31:22le retour en grâce
00:31:23du voyagiste
00:31:24parce qu'il va pouvoir
00:31:24assurer un service
00:31:25aux voyageurs
00:31:26en cas de galère
00:31:27oui mais c'est certain
00:31:29je pense que les français
00:31:29s'en sont déjà rendu compte
00:31:30pendant la période
00:31:31Covid qu'on a connue
00:31:33il y a quelques années
00:31:33la crise sanitaire
00:31:34avec l'accompagnement
00:31:35qui a eu lieu
00:31:35ils s'en sont rendu compte
00:31:36à nouveau
00:31:38en plein coeur de la crise
00:31:39au début du mois de mars
00:31:41quand tous les rapatriements
00:31:42ont été faits
00:31:43pour faire rentrer
00:31:43les clients
00:31:43on s'en est occupé
00:31:45également
00:31:46et là pour cet été
00:31:47évidemment on offre
00:31:48aussi cette réassurance
00:31:49et ça justifie
00:31:51en effet l'intermédiation
00:31:52une dernière question
00:31:54Claire Boulot
00:31:54ce qui est surprenant
00:31:55et c'est une info
00:31:55que vous révélez
00:31:56dans Challenge
00:31:56cette semaine
00:31:57c'est que Air France
00:31:58vient d'augmenter
00:31:59les salaires de ses pilotes
00:32:00oui alors c'est un malheureux
00:32:02hasard de calendrier
00:32:03c'est bien évidemment
00:32:04pas une conséquence
00:32:04de la crise actuelle
00:32:05mais le calendrier
00:32:06n'est pas idéal
00:32:06effectivement
00:32:07des négociations
00:32:08c'est ce qu'on appelle
00:32:09des négociations catégorielles
00:32:10donc à la différence
00:32:11des négociations annuelles
00:32:12elles n'ont pas lieu
00:32:12tous les ans
00:32:13et effectivement
00:32:14elles ont abouti
00:32:15à peu près au moment
00:32:15où la crise s'est révélée
00:32:17avec une augmentation
00:32:18de à peu près
00:32:191 à 2% pour les pilotes
00:32:21donc c'est pas non plus colossal
00:32:22mais c'est vrai que le timing
00:32:22n'est pas idéal
00:32:24Merci en tout cas
00:32:24à tous les trois
00:32:25d'être venus en parler ce soir
00:32:26sur le plateau
00:32:26de chaque voix compte
00:32:27dans un instant
00:32:28on va parler de la semaine
00:32:29de 4 jours
00:32:31passer à la semaine
00:32:32de 4 jours
00:32:33je ne sais pas si ça vous dit
00:32:34on va se demander
00:32:34si c'est une révolution
00:32:35ou plutôt une illusion
00:32:36et nous en débattrons
00:32:37avec nos 3 prochains invités
00:32:38mais avant cela
00:32:39c'est quelle histoire
00:32:40Olivier Ravanello
00:32:48Ah oui Olivier
00:32:49vous vouliez nous parler
00:32:51ce soir du 1er mai
00:32:52parce que c'est un sujet
00:32:53qui a divisé
00:32:54jusqu'au conseil des ministres
00:32:55hier matin finalement
00:32:56il y a Gérald Darmanin hier
00:32:57qui a rappelé
00:32:59l'histoire politique
00:32:59et sociale de la France
00:33:00commémorée aussi
00:33:02lors du 1er mai
00:33:02Oui et loin des débats
00:33:04uniquement sur
00:33:05où acheter son petit pain
00:33:06au chocolat le 1er mai
00:33:07se rappeler
00:33:09se remémorer
00:33:10certaines choses
00:33:10et par exemple
00:33:11l'origine
00:33:12de ce 1er mai
00:33:13pour cela
00:33:13il faut aller
00:33:14c'est assez surprenant
00:33:15aux Etats-Unis
00:33:17et notamment à Chicago
00:33:18devant les usines
00:33:20McCormick
00:33:21le 1er mai
00:33:22on est en 1886
00:33:24les ouvriers
00:33:25manifestent à Chicago
00:33:26pourquoi le 1er mai
00:33:27parce que c'est le jour
00:33:27de paye
00:33:28et c'est en même temps
00:33:29le jour où en général
00:33:30les contrats un peu plus longs
00:33:32et les engagements
00:33:33sont renouvelés
00:33:34le slogan
00:33:35il est
00:33:368 heures de travail
00:33:378 heures de sommeil
00:33:388 heures de loisirs
00:33:40c'est les 3 huites de l'époque
00:33:41en quelque sorte
00:33:42et cette revendication
00:33:43vous allez voir
00:33:44elle va durer
00:33:44pendant pas mal de temps
00:33:46ces 3 jours
00:33:47donnent lieu
00:33:48à des affrontements
00:33:49avec la police
00:33:50tout cela va être
00:33:51extrêmement sanglant
00:33:52et ça va marquer
00:33:53évidemment
00:33:53les imaginaires
00:33:54dans la classe ouvrière
00:33:56quelques années plus tard
00:33:57en France
00:33:58cette date du 1er mai
00:33:59va se diffuser
00:34:00et puis
00:34:01elle va être retenue
00:34:03pour manifester
00:34:04un peu partout
00:34:04dans les pays d'Europe
00:34:06et là aussi
00:34:07regardez
00:34:07on retrouve une image
00:34:08où vous voyez
00:34:09cette revendication
00:34:10des 8 heures
00:34:11de travail
00:34:128 heures de sommeil
00:34:138 heures de loisirs
00:34:14en France
00:34:15pour
00:34:16les manifestations
00:34:18du 1er mai
00:34:19l'occasion
00:34:20de se rappeler
00:34:20que la journée
00:34:22de 8 heures
00:34:22ne sera instaurée
00:34:23qu'après la première guerre mondiale
00:34:25en 1919
00:34:25et de se rappeler aussi
00:34:27que le 1er mai
00:34:28devient jour férié
00:34:29et chômé
00:34:30payé
00:34:31en 1947
00:34:33longtemps
00:34:34dans ces manifestations
00:34:35ces cortèges
00:34:36du 1er mai
00:34:37on chante une chanson
00:34:38le temps des cerises
00:34:40mais il est bien court
00:34:43le temps des cerises
00:34:44où l'on s'en va d'eux
00:34:47cueillir en rêvant
00:34:51dépendant d'oreilles
00:34:55ne chantez pas Olivier
00:34:57je suis déçue
00:34:58je peux
00:34:59cerise qui tombe
00:35:00sur la feuille
00:35:01en gouttes de sang
00:35:04cette chanson d'amour
00:35:05à l'origine
00:35:06va devenir la chanson
00:35:08de la commune de Paris
00:35:09les gouttes de sang
00:35:10devenant les gouttes
00:35:10du sang des manifestants
00:35:12morts pour la cause
00:35:13de la révolution ouvrière
00:35:14quant aux fleurs
00:35:15ça n'a pas toujours été le muguet
00:35:17pendant longtemps
00:35:17ça a été l'églantine
00:35:19rouge
00:35:19bien sûr
00:35:20ce n'est qu'après
00:35:21la deuxième guerre mondiale
00:35:22que la tradition du muguet
00:35:24s'installe
00:35:25comme étant la fleur
00:35:26à la fois du printemps
00:35:27et de l'espoir
00:35:27et puis il y a les heures de gloire
00:35:29du 1er mai
00:35:30et oui
00:35:30le 1er mai a connu
00:35:31son heure de gloire
00:35:32notamment dans les années 60
00:35:3370 80
00:35:34lorsque la révolution
00:35:36internationale
00:35:37s'est imposée
00:35:37sur une grande partie
00:35:38de la planète
00:35:39l'occasion de se rappeler
00:35:41qu'à cette époque
00:35:42on avait plutôt tendance
00:35:43à oublier
00:35:44on feignait d'oublier
00:35:46les millions de morts
00:35:47qui étaient
00:35:48dans les goulags soviétiques
00:35:50on oubliait
00:35:51la dictature
00:35:52en URSS
00:35:53mais aussi
00:35:53dans l'Europe de l'Est
00:35:54ou en Asie
00:35:55ou en Afrique
00:35:56ou encore
00:35:57à Cuba
00:35:58parce que
00:35:59tout ce petit monde
00:36:01se retrouvait
00:36:01à Moscou
00:36:02pour manifester
00:36:03le 1er mai
00:36:04on va voir l'image
00:36:05de Fidel Castro
00:36:06invité à Moscou
00:36:08un petit peu plus tard
00:36:10en France
00:36:11notamment dans les années 80
00:36:13la manifestation
00:36:14du 1er mai
00:36:15prend un tour
00:36:16beaucoup plus politique
00:36:17c'est en quelque sorte
00:36:18une façon de montrer
00:36:19la capacité de mobilisation
00:36:21de cette gauche ouvrière
00:36:22d'instaurer
00:36:23un rapport de force
00:36:24dans la rue
00:36:25pour dire
00:36:25ben voilà
00:36:25on s'est compté
00:36:27en quelque sorte
00:36:28comme disent les députés
00:36:28mais là on s'est compté
00:36:29dans la rue
00:36:30et voilà
00:36:30ce que nous représentons
00:36:32capacité à se mobiliser
00:36:34qui évidemment
00:36:35s'est un peu érodé
00:36:36au fil des années
00:36:36alors justement
00:36:37puisque cette mobilisation
00:36:38semble s'éroder
00:36:39est-ce qu'il ne faut pas
00:36:40aller au bout de la logique
00:36:41et rendre ce jour
00:36:41encore plus banal
00:36:43en permettant
00:36:44à ceux qui le souhaitent
00:36:45de travailler
00:36:45c'est le débat du moment
00:36:46depuis des semaines
00:36:47ben oui
00:36:48c'est un élément du débat
00:36:49donner la possibilité
00:36:51appréciable
00:36:51pour les moins aisés
00:36:52de pouvoir travailler
00:36:54un jour
00:36:54qui va être payé
00:36:55double
00:36:55parfois triple
00:36:56dans certains cas
00:36:57oui c'est en effet
00:36:58du pouvoir d'achat
00:36:59qui pour beaucoup
00:37:00compte
00:37:00mais le revers de la médaille
00:37:02c'est que si vous rentrez
00:37:03dans cette logique
00:37:03et bien vous acceptez
00:37:05de ne plus commémorer
00:37:06c'est-à-dire de ne plus
00:37:07se rappeler ensemble
00:37:08et les commémorations
00:37:09quand même ça permet
00:37:10de se rappeler
00:37:10des choses assez fondamentales
00:37:12le 11 novembre
00:37:12pour se rappeler
00:37:13de la folie des nations
00:37:14en 14-18
00:37:15le 8 mai
00:37:16la folie des tyrans
00:37:17et des idéologies
00:37:18de la deuxième guerre mondiale
00:37:19il y a les fêtes religieuses
00:37:20aussi que l'on commémore
00:37:22dans les 11 jours fériés français
00:37:24parce que ça fait partie
00:37:25de notre histoire
00:37:26et le 1er mai
00:37:26c'est aussi
00:37:27une grande partie
00:37:28de notre histoire
00:37:29c'est un pan
00:37:30de notre histoire commune
00:37:31alors si vous oubliez
00:37:32le 1er mai
00:37:33tirez la logique
00:37:34jusqu'au bout
00:37:34il faudrait oublier
00:37:36tout ce qui allait
00:37:37avec cela
00:37:37la journée de 8 heures
00:37:40les congés payés
00:37:41les deux jours
00:37:42de repos hebdomadaires
00:37:43la sécurité sociale
00:37:44oublier que tout ça
00:37:45n'est pas arrivé
00:37:46au pied d'un arbre de Noël
00:37:48ni par la volonté
00:37:49du Saint-Esprit
00:37:49et bien voilà
00:37:50qui nous mène directement
00:37:51à la question qui fâche
00:37:52Olivier
00:38:00la semaine de 4 jours
00:38:02est une réalité
00:38:03pour les français
00:38:04pendant deux semaines
00:38:05avec les deux vendredis fériés
00:38:06qui viennent
00:38:07l'idée fait aussi
00:38:08son chemin
00:38:09dans la classe politique
00:38:09et sur le terrain
00:38:10puisque quelques entreprises
00:38:12ont fini par passer
00:38:13à cette semaine de 4 jours
00:38:14le parti socialiste
00:38:15compte en faire une mesure
00:38:16de son programme
00:38:17pour 2027
00:38:18et on en parle ce soir
00:38:19avec vous
00:38:19Pierre Larouturou
00:38:20bonsoir
00:38:21économiste
00:38:22ex-eurodéputé socialiste
00:38:23et partisan
00:38:25fervent défenseur
00:38:26de la semaine de 4 jours
00:38:28merci d'être là
00:38:29aux côtés de Shannon Semant
00:38:30bonsoir
00:38:31bonsoir
00:38:31secrétaire nationale
00:38:32des Républicains
00:38:33merci de votre présence
00:38:34ce soir
00:38:35nous sommes aussi en direct
00:38:36avec Benoît Serres
00:38:37vice-président
00:38:38de l'association nationale
00:38:39des directeurs
00:38:40des ressources humaines
00:38:41merci d'être avec nous
00:38:42c'est Martin Bornet
00:38:44qui vous pose
00:38:44la question qui fâche
00:38:45ce soir
00:38:49dans la question
00:38:50qui fâche ce soir
00:38:51un jour en moins
00:38:53qui change tout
00:38:54nous sommes jeudi soir
00:38:55et c'est déjà le week-end
00:38:57pour l'orkineur
00:38:58bon week-end là
00:38:59oui lundi
00:39:01depuis 3 ans
00:39:02les 26 salariés
00:39:04de cette petite entreprise
00:39:05spécialisée
00:39:06dans le domaine
00:39:07de la santé
00:39:08travaillent 4 jours
00:39:09par semaine
00:39:10et d'après eux
00:39:11cela change la vie
00:39:12c'est un vrai confort
00:39:14cette journée off
00:39:16dans la semaine
00:39:17elle permet
00:39:18un meilleur équilibre
00:39:20entre la vie privée
00:39:20et la vie professionnelle
00:39:21quand on se sent mieux
00:39:22on a plus envie
00:39:23de venir travailler
00:39:24on a plus envie
00:39:25de faire du bon travail
00:39:26que quand on tire
00:39:28sur la corde
00:39:29qu'on est épuisé
00:39:30et qu'on voit pas d'issue
00:39:32première conséquence
00:39:34observable
00:39:34les rares entreprises
00:39:36qui sont passées
00:39:37à 4 jours
00:39:38voient leur absentéisme
00:39:39chuter de 65%
00:39:41en moyenne
00:39:42vous pouvez voir
00:39:42dans toutes les cellules
00:39:43orange qui représentent
00:39:44les journées S4
00:39:45donc les journées
00:39:45non travaillées
00:39:46dans la semaine
00:39:47de chacun des salariés
00:39:48les dirigeants
00:39:49de l'entreprise
00:39:50s'y retrouvent eux aussi
00:39:51ils dénombrent
00:39:52moins de 5 jours
00:39:53d'arrêt maladie
00:39:54l'an dernier
00:39:54cette mise en place
00:39:55de la semaine
00:39:56de 4 jours
00:39:56elle est pour les salariés
00:39:58mais elle est aussi
00:39:59en ayant conscience
00:40:00d'un bénéfice
00:40:02pour l'entreprise
00:40:04puisqu'on est convaincu
00:40:05que quelqu'un
00:40:06qui travaille intensément
00:40:074 jours
00:40:08peut produire quasiment
00:40:09autant que quelqu'un
00:40:09qui travaille
00:40:10à moitié 5 jours
00:40:1112% des entreprises françaises
00:40:14ont aujourd'hui adopté
00:40:15une forme de semaine
00:40:16de 4 jours
00:40:17contre seulement 2%
00:40:19en 2021
00:40:19certains groupes politiques
00:40:21se sont emparés
00:40:22de la question
00:40:23comme le parti socialiste
00:40:25qui envisage de l'inscrire
00:40:26dans son projet
00:40:27pour 2027
00:40:28mais la formule
00:40:29n'a pas que ses partisans
00:40:31certains salariés
00:40:32s'inquiètent du risque
00:40:33de surcharge
00:40:34et d'intensification
00:40:35du travail
00:40:36sur 4 jours
00:40:37et tous les secteurs
00:40:38ne peuvent pas
00:40:39se permettre
00:40:40cette organisation
00:40:41alors la question
00:40:42qui fâche
00:40:43la voici
00:40:43la semaine de 4 jours
00:40:46révolution
00:40:46ou illusion
00:40:48et bien voilà
00:40:49les termes
00:40:49de notre débat posé
00:40:50Pierre Larouturou
00:40:51vous êtes en quelque sorte
00:40:52l'avocat
00:40:53de la semaine
00:40:54de 4 jours
00:40:55vous en aviez même fait
00:40:56un livre en 2024
00:40:57vous vous dites
00:40:58que ça y est là
00:40:59le moment est venu
00:41:00je vois que dans
00:41:01tous les pays d'Europe
00:41:02nous c'est vrai
00:41:02qu'avec Nouvelle Donne
00:41:03ou autrefois
00:41:03avec Michel Rocard
00:41:04on s'est battu
00:41:05depuis très longtemps
00:41:06pour la semaine de 4 jours
00:41:07mais le débat revient
00:41:08pour deux raisons au moins
00:41:09avec le Covid-19
00:41:11on voit que les rapports
00:41:12au travail ont changé
00:41:13dans tous les pays d'Europe
00:41:14les gens veulent un travail
00:41:15le travail ça reste important
00:41:16mais il n'y a peut-être
00:41:17pas que le travail dans la vie
00:41:18et donc c'est pour ça
00:41:19qu'en Angleterre
00:41:20en Allemagne
00:41:20même en Pologne
00:41:21le gouvernement de droite
00:41:22polonaise
00:41:23veut expérimenter
00:41:24expérimenter
00:41:25la semaine de 4 jours
00:41:26pour cette demande d'équilibre
00:41:27deuxième raison
00:41:28c'est garder des salariés
00:41:30ou attirer des salariés
00:41:31le jour chez votre collègue
00:41:32Pascal Praud
00:41:32c'est le patron d'un restaurant
00:41:33qui disait
00:41:34j'allais plier le restaurant
00:41:36je n'arrivais plus
00:41:37à recruter
00:41:38les gens ne voulaient plus
00:41:39venir bosser
00:41:395 soirs de suite
00:41:40et quand j'ai dit
00:41:41que je passe à 4 jours
00:41:43j'ai eu des meilleurs CV
00:41:44et j'ai fait ma meilleure année
00:41:45donc recruter des gens
00:41:46et les garder
00:41:47c'est aussi
00:41:48un des objectifs
00:41:49et on voit
00:41:49l'absentéisme
00:41:50l'entreprise qu'on vient de voir
00:41:51l'absentéisme
00:41:52est quasiment
00:41:52moins 65%
00:41:53oui
00:41:54toutes les entreprises
00:41:55qui sont passées
00:41:55à 4 jours
00:41:56au Royaume-Uni
00:41:56ou en France
00:41:57disent que l'absentéisme
00:41:58disparaît
00:41:58dernier exemple
00:41:59pardon
00:41:59dernière raison
00:42:00c'est il y a 3 semaines
00:42:01le patron de OpenAI
00:42:02à la une des échos
00:42:04c'est le patron de Tchad GPT
00:42:06qui dit
00:42:06l'intelligence artificielle
00:42:07il y aura des impacts positifs
00:42:09dans certains domaines
00:42:10la santé ou ailleurs
00:42:11mais ça va détruire de l'emploi
00:42:12il y a un an ou deux
00:42:13on avait des doutes
00:42:14et maintenant l'INSEE
00:42:15je ne veux pas être trop long
00:42:16mais l'INSEE
00:42:16vient de sortir une étude
00:42:17pour dire que l'emploi
00:42:18dans l'informatique recule
00:42:19ou bien on va vers une catastrophe
00:42:21la patronne du FMI
00:42:22dit qu'on peut avoir
00:42:23une dislocation
00:42:24une dislocation du travail
00:42:25ou bien
00:42:26le patron de Tchad GPT
00:42:28conseille d'aller vers les 32 heures
00:42:29il ne s'agit pas
00:42:30de rendre obligatoire
00:42:31moi j'avais critiqué
00:42:32les 35 heures
00:42:32pour que les choses
00:42:33elles soient claires
00:42:33justement quand vous dites
00:42:34la semaine de 4 jours
00:42:35c'est 32 heures par semaine
00:42:37ou c'est 35 heures sur 4 jours
00:42:39non alors nous ce qu'on dit
00:42:40c'est que si on ne veut pas
00:42:41que les gens soient crevés
00:42:41il y a des gens
00:42:42par exemple
00:42:43Gabriel Attal
00:42:44quand il était premier ministre
00:42:45le 110 fonds d'investiture
00:42:46avait dit
00:42:47j'expérimente assez
00:42:48d'ailleurs
00:42:48sa langue avait fourché
00:42:50la semaine en 4 jours
00:42:51et il avait voulu faire
00:42:52des journées plus longues
00:42:53et sur 300 salariés
00:42:55à qui il avait proposé
00:42:55il y avait 3 salariés
00:42:56qui avaient dit
00:42:57que ça les intéressait
00:42:57parce que si vous avez
00:42:59des journées trop longues
00:43:00ça peut être fatigant
00:43:01si vous avez des temps de transport
00:43:02si vous avez des enfants
00:43:02donc la semaine
00:43:03des journées trop longues
00:43:05il y a beaucoup de métiers
00:43:05pour lesquels ça ne va pas
00:43:06et par contre nous ce qu'on dit
00:43:07c'est la vraie semaine
00:43:08de 4 jours
00:43:09c'est en 32 heures
00:43:10avec des aides
00:43:11pour les entreprises
00:43:12qui vont créer des emplois
00:43:13et je laisserai la parole
00:43:14à Shannon Justin
00:43:15en disant
00:43:15souvent on dit
00:43:16que c'est moi
00:43:18mais en fait juste avant
00:43:19que je fasse ma première tribune
00:43:20j'étais doublé par Antoine Riboud
00:43:22le celui qui a vraiment
00:43:23lancé le débat
00:43:235 colonnes à la une
00:43:25du journal Le Monde
00:43:26c'est Antoine Riboud
00:43:26le patron de Danone
00:43:27qui avait dit en 7 ans 93
00:43:29il faut passer à 32 heures
00:43:30sans d'étape intermédiaire
00:43:32avec des aides financières
00:43:33pour les entreprises
00:43:34qui créent de l'emploi
00:43:35au lieu de financer le chômage
00:43:36on crée de l'emploi
00:43:37et on finance la création d'emplois
00:43:39Shannon, quel est le regard
00:43:41des Républicains
00:43:42sur cette initiative ?
00:43:44Écoutez, je crois que
00:43:45la question qu'on se pose
00:43:46effectivement
00:43:47qui est celle de
00:43:47semaine de 4 jours
00:43:49ou pas semaine de 4 jours
00:43:50elle nous invite aussi
00:43:51à poser un débat
00:43:51qui est beaucoup plus large
00:43:52qui est le rapport
00:43:53des Français au travail
00:43:54notamment depuis
00:43:55la crise Covid
00:43:56qui a en quelque sorte
00:43:57fait du télétravail
00:43:59la norme
00:44:00la réalité c'est que
00:44:01je crois qu'il y a
00:44:02aujourd'hui urgence
00:44:02à réconcilier les Français
00:44:04avec le travail
00:44:04ce qu'on voit
00:44:05c'est que depuis
00:44:06plus de 40 ans maintenant
00:44:07notre modèle économique
00:44:08et social
00:44:08il a dérivé
00:44:09et qu'on a aujourd'hui
00:44:11un modèle
00:44:11qui est à bout de souffle
00:44:12et quand vous voyez
00:44:13que dans la 7ème économie mondiale
00:44:15vous avez un bon nombre
00:44:16de Français
00:44:16de salariés à temps plein
00:44:17qui ont du mal
00:44:18à joindre les deux bouts
00:44:19à la fin du mois
00:44:20c'est qu'il y a urgence
00:44:20à agir
00:44:21la réalité c'est qu'aujourd'hui
00:44:24les dépenses sociales
00:44:25elles ont explosé
00:44:26dans notre pays
00:44:26et elles reposent sur deux choses
00:44:27le travail
00:44:28et les entreprises
00:44:29la réalité c'est que
00:44:30quand vous regardez
00:44:31la compétitivité des entreprises
00:44:33elle a baissé
00:44:33et que quand vous regardez
00:44:34par ailleurs
00:44:35le pouvoir d'achat des salariés
00:44:36lui aussi
00:44:37il a baissé
00:44:38donc c'est là
00:44:39où il y a un problème
00:44:39et notre conviction
00:44:41aujourd'hui
00:44:41chez les Républicains
00:44:42les propositions
00:44:43que nous avons faites
00:44:43il y a maintenant
00:44:44quelques semaines
00:44:45elles visent aujourd'hui
00:44:46non pas à travailler moins
00:44:47mais à travailler plus
00:44:49et surtout
00:44:50avoir un travail
00:44:50qui paye mieux
00:44:51c'est ça aujourd'hui
00:44:52la réalité
00:44:53et une des mesures phares
00:44:54de notre programme
00:44:55c'est aujourd'hui
00:44:56de libérer
00:44:57le temps de travail
00:44:58et de supprimer
00:44:58toutes les cotisations sociales
00:45:00qu'elles soient salariales
00:45:02comme patronales
00:45:03au-delà d'un seuil
00:45:03de 1623 heures par an
00:45:05contre aujourd'hui
00:45:06un cadre légal en France
00:45:08qui est de 1607 heures par an
00:45:09voilà
00:45:09donc ça permettra
00:45:11d'avoir un salaire net
00:45:12d'ailleurs Bruno Otaillot
00:45:14si je peux juste
00:45:14le terminer sur ce point
00:45:15ça permettra d'avoir
00:45:16aujourd'hui un salaire net
00:45:17qui soit plus élevé
00:45:18pour le salarié
00:45:19sans que cela engendre
00:45:21des coûts supplémentaires
00:45:22pour les employeurs
00:45:23c'est ça aujourd'hui
00:45:24le problème
00:45:24et c'est là aujourd'hui
00:45:25où nous avons
00:45:26une inadéquation
00:45:27sur le marché du travail
00:45:28donc la position
00:45:29pour résumer
00:45:30elle est très claire
00:45:30c'est travailler plus
00:45:31non pas travailler moins
00:45:33par contre
00:45:33avoir un travail
00:45:34qui soit beaucoup plus
00:45:35rémunérateur
00:45:36et redonner aujourd'hui
00:45:37toutes ces lettres de noblesse
00:45:39si je puis dire
00:45:40à cette valeur travail
00:45:42Benoît Serres
00:45:42est-ce qu'il y a une demande
00:45:43des salariés
00:45:44d'abord aujourd'hui
00:45:45sur cette semaine
00:45:46de 4 jours
00:45:46ou est-ce que c'est
00:45:47une illusion pour eux ?
00:45:50Non, il n'y a pas plus
00:45:52de demandes que de ça
00:45:52parce que le débat
00:45:54il a été posé
00:45:55c'est entre
00:45:55semaine de 4 jours
00:45:56ou semaine en 4 jours
00:45:57il y a une chose
00:45:58avec laquelle je suis d'accord
00:45:59avec Pierre-Laure
00:45:59on a un sujet
00:46:01c'est que depuis 25 ans
00:46:02et la crise Covid
00:46:03l'a prouvé
00:46:04mais on le savait avant
00:46:04et vous avez une intensification
00:46:06du travail extrêmement forte
00:46:08et ce qui fait
00:46:09qu'il y a un sujet
00:46:09autour de ça
00:46:10maintenant
00:46:11je pense que
00:46:12le sujet
00:46:15c'est un bon sujet
00:46:16de se parler de ça
00:46:18parce qu'on voit bien
00:46:18que l'organisation du travail
00:46:19telle qu'on la connaît
00:46:20aujourd'hui
00:46:21ça ne peut pas durer
00:46:22en fait
00:46:23et ça ne va pas pouvoir durer
00:46:24est-ce que ça veut dire
00:46:25pour autant
00:46:26qu'il faut réduire
00:46:26le temps de travail ?
00:46:27Moi je suis un petit peu
00:46:28dubitatif là-dessus
00:46:29parce qu'on est en train
00:46:30d'expliquer aux Français
00:46:31depuis des années
00:46:32qu'il faut travailler
00:46:33plus longtemps dans la vie
00:46:34pour payer la retraite
00:46:35maintenant c'est moins longtemps
00:46:36dans la semaine
00:46:37enfin plus personne
00:46:37n'y comprend rien
00:46:38je ne suis pas sûr
00:46:38que c'est comme ça
00:46:39qu'on va restaurer le travail
00:46:41en revanche
00:46:42les recommandations de Ligas
00:46:43sur le management
00:46:44il y a un certain nombre de choses
00:46:45ça c'est la première chose
00:46:46donc je ne pense pas
00:46:46qu'il n'y a pas une aspiration
00:46:48très forte
00:46:48une deuxième dimension
00:46:49et vous avez rappelé
00:46:50les chiffres du télétravail
00:46:51attention
00:46:52le télétravail
00:46:53ça concerne au maximum
00:46:54aujourd'hui
00:46:5530 à 35% des gens
00:46:56et donc je crains
00:46:57que ces semaines de 4 jours
00:46:59et quand vous regardez
00:46:59les 12% d'entreprises
00:47:00qui les utilisent
00:47:01c'est beaucoup d'entreprises
00:47:02de la tech
00:47:02ou de petites entreprises
00:47:03et bien l'école bleue
00:47:04ça ne gira pas
00:47:05que l'école bleue
00:47:06ne s'occupe pas le télétravail
00:47:07en plus
00:47:07ils n'auront pas non plus
00:47:08la semaine de 4 jours
00:47:09parce qu'une usine
00:47:10même s'il y a des aménagements
00:47:11donc il faut faire attention
00:47:12à ne pas fracturer
00:47:13un monde du travail
00:47:13qui déjà est en souffrance
00:47:14oui et de créer
00:47:15un monde du travail
00:47:16à deux vitesses
00:47:17entre ceux qui bossent 4 jours
00:47:18parce qu'ils sont dans
00:47:19un secteur qui le permet
00:47:20oui
00:47:21et surtout dans une même entreprise
00:47:23vous faites cohabiter
00:47:24moi j'étais dans une entreprise
00:47:25de l'Oréal
00:47:26comme vous savez
00:47:26j'avais 50% des gens
00:47:28qui étaient cols bleus
00:47:2950% cols blancs
00:47:30et c'est extrêmement dangereux
00:47:31d'avoir une espèce
00:47:33d'économie à deux vitesses
00:47:34on a eu le risque
00:47:35avec le télétravail
00:47:36dernier point
00:47:36en revanche
00:47:37je pense que c'est très bien
00:47:39que les candidats
00:47:40à la présidentielle
00:47:41ou au parti socialiste
00:47:42et républicain
00:47:42qui vous voulez
00:47:43se saisissent du sujet
00:47:44de l'organisation du travail
00:47:46dans ce pays
00:47:46de comment
00:47:47qu'est-ce que le travail finance
00:47:48qu'est-ce qu'il ne finance plus
00:47:50parce que l'écart brut net
00:47:51qui a été rappelé
00:47:52les conditions de travail
00:47:54et la besoin
00:47:55d'un plus fort équilibre
00:47:56du prix professionnel
00:47:57sont des vrais sujets
00:47:58c'est de ça
00:47:59dont les salariés ne parlent
00:48:00et je pense que c'est très important
00:48:01que le personnel politique
00:48:03se saisisse de ce sujet
00:48:04qui doit être un sujet
00:48:06majeur de l'élection présidentielle
00:48:07il ne l'a pas été
00:48:08en 2022
00:48:09à la sortie du Covid
00:48:10et c'est bien dommage
00:48:11et moi je suis content
00:48:12de voir que vous organisez
00:48:13ces débats
00:48:14après pour
00:48:16contre
00:48:16ce n'est pas le sujet
00:48:17au moins
00:48:17on parle du fait
00:48:18qu'on ne peut pas
00:48:19continuer
00:48:20à maintenir
00:48:21cette société du travail
00:48:22qui n'est pas satisfaisante
00:48:24pour les gens
00:48:24et de toute façon
00:48:25la démographie fait que
00:48:26les salariés
00:48:28auront beaucoup plus
00:48:28de poids demain
00:48:29qu'ils n'en ont aujourd'hui
00:48:31Olivier Ravanello
00:48:31je ne comprends pas
00:48:32les termes du débat
00:48:33donc il faut
00:48:34vous m'éclairer
00:48:36où on parle
00:48:36de
00:48:37semaine de 32 heures
00:48:38comme on a parlé
00:48:39des 35 heures
00:48:40à un moment donné
00:48:40et voilà
00:48:41ça a passablement
00:48:43agité le pays
00:48:44et donc
00:48:45voilà
00:48:45c'est un débat
00:48:46ou alors
00:48:47le débat des 4 jours
00:48:49et on l'entendait
00:48:50dans le reportage
00:48:50c'est un débat
00:48:51d'organisation
00:48:51du temps de travail
00:48:53c'est
00:48:53les 35 heures
00:48:54on les fait
00:48:55sur un nombre de jours
00:48:55plus limité
00:48:56mais c'est des choses
00:48:57qui n'ont rien à voir
00:48:58d'abord c'est des choses
00:48:59qui sont liées
00:49:00et après ça
00:49:00nous ce qu'on dit
00:49:01c'est que
00:49:01c'est aussi Antoine Riboud
00:49:03qui dit que
00:49:03tant qu'à réduire
00:49:04le temps de travail
00:49:05ce qui compte
00:49:05c'est les jours
00:49:06dans beaucoup de métiers
00:49:07vous êtes journaliste
00:49:08vous faites des journées complètes
00:49:09vous n'arrêtez pas
00:49:09au bout de 7h50
00:49:10mais il y a plein de rédactions
00:49:11il y a des journalistes
00:49:12qui font 4 jours
00:49:13et d'autres journalistes
00:49:13qui font le week-end
00:49:14chez Maminova
00:49:15pour dire que
00:49:15contrairement au télétravail
00:49:16le télétravail
00:49:17effectivement a pu fracturer
00:49:18les salariés
00:49:19en disant
00:49:19ceux qui peuvent en profiter
00:49:21et ceux qui doivent
00:49:21continuer à aller au boulot
00:49:22c'est-à-dire que
00:49:23il y a 400 entreprises
00:49:24qui sont passées à 4 jours
00:49:25c'est pas du pipeau
00:49:26si vous mangez un yaourt
00:49:28Maminova
00:49:28du jambon fleuri
00:49:29là où je rejoins
00:49:30Benoît Serre
00:49:30je finis en disant
00:49:31que tous les salariés
00:49:32aussi bien le directeur général
00:49:34la diatrice financier
00:49:34les ouvriers
00:49:35les commerciaux
00:49:35tout le monde
00:49:36est passé à 4 jours
00:49:3732 heures
00:49:38de façon souple
00:49:38et on a créé des emplois
00:49:40et on a enrichi le travail
00:49:41parce que le directeur général
00:49:42passe à 4 jours
00:49:43donc il fait des journées longues
00:49:45il est toujours cadre dirigeant
00:49:46mais il ne fait que 4 jours
00:49:47au lieu de 5
00:49:48donc il a du temps pour vivre
00:49:49ça lui change son équilibre
00:49:50il y a des choses
00:49:50qu'il ne fait plus
00:49:51qu'il donne à son numéro 2
00:49:52mais son numéro 2
00:49:53est passé à 4 jours
00:49:54donc là on crée
00:49:54un poste d'encadrement
00:49:55et jusqu'aux ouvriers
00:49:56il y a un jour par semaine
00:49:57où le contre-maître n'est pas là
00:49:58et il faut que les ouvriers
00:49:59puissent répondre aux clients
00:50:00donc on a enrichi le travail
00:50:01il y a eu 20 jours
00:50:02ça n'a pas du tout l'air
00:50:03de vous convaincre
00:50:03à la démonstration
00:50:04de Pierre Larodio
00:50:05ils sont tous passés
00:50:06pardon
00:50:06ils sont tous et toutes
00:50:07passés à 4 jours 32 heures
00:50:09on a 400 entreprises
00:50:10avec une exonération
00:50:11qui dit
00:50:12si l'entreprise crée des emplois
00:50:14dans le bouquin
00:50:15qu'on avait fait
00:50:15avec Michel Rocard
00:50:15on avait mis l'accord
00:50:16de chez Mami Nova
00:50:17une vraie entreprise
00:50:18de 800 salariés
00:50:19qui vendent du gruyère
00:50:20et des yaourts
00:50:20chez Carrefour et chez Leclerc
00:50:21ils ne pouvaient pas
00:50:22augmenter d'un centime
00:50:23la masse salariale
00:50:24800 salariés
00:50:25tous les métiers
00:50:26passent à 4 jours
00:50:2632 heures de façon souple
00:50:28ils ont embauché 130 personnes
00:50:29ça fait 130 personnes
00:50:30qui vont cotiser
00:50:31pour lesquelles de retraite
00:50:32sans modification du salaire
00:50:33oui tout à fait
00:50:34donc sans augmentation
00:50:36de la production
00:50:36de Mami Nova non plus
00:50:37non le volume d'activité
00:50:39reste constant
00:50:40mais donc à la fin
00:50:42il faut embaucher
00:50:43c'est le but
00:50:44quand il y a 7 millions de chômeurs
00:50:45et si vous n'augmentez pas
00:50:46votre production
00:50:47vous n'augmentez pas
00:50:48votre chiffre d'affaires
00:50:48vous n'augmentez pas
00:50:49vos bénéfices
00:50:50comment vous créez des emplois
00:50:50il faut 100 000 heures de travail
00:50:52pour faire X tonnes de yaourts
00:50:54ça marchait avec 800 salariés
00:50:56avant la première fois
00:50:57que j'ai vu le patron
00:50:58de Mami Nova
00:50:59ils étaient tous
00:51:00à 5 jours, 40 heures
00:51:01et ils faisaient leur yaourt
00:51:03et puis on lui a dit
00:51:04attendez avec Gilles De Robien
00:51:05qui était le patron
00:51:06le député Modem à l'époque
00:51:08on a une idée
00:51:09rien d'obligatoire
00:51:10rien d'obligatoire
00:51:11mais les entreprises
00:51:12ce qu'ils voudront expérimenter
00:51:13la semaine de 4 jours
00:51:1432 heures
00:51:14et si elles créent des emplois
00:51:16la nouveauté c'est que
00:51:17depuis 30 ans
00:51:18on donne des baisses
00:51:18de cotisations
00:51:19sans d'avoir une condition
00:51:21tandis que nous
00:51:22on a dit
00:51:22rien d'obligatoire
00:51:23mais vous aurez
00:51:24une exonération très forte
00:51:26vous ne payerez plus
00:51:26vos cotisations chômage
00:51:28donc dans l'accord de financement
00:51:30pendant 15 ans
00:51:31ils ne payent plus
00:51:31les cotisations chômage
00:51:32parce qu'ils ont créé des emplois
00:51:33vous financez le Delta
00:51:34par une absence de cotisation
00:51:36parce qu'ils ont créé des emplois
00:51:37parce que quand vous embauchez
00:51:38130 personnes
00:51:38ils ont embauché
00:51:39130 personnes en CDI
00:51:41donc ça fait moins de chômeurs
00:51:42à payer
00:51:42et ça fait des gens
00:51:43qui gagnent leur vie
00:51:44qui payent de la TVA
00:51:45et qui vont cotiser
00:51:45pour les caisses de retraite
00:51:46je vous laisse toujours finir
00:51:49mais vous monopolisez
00:51:50un peu la parole
00:51:50je finis
00:51:52la question des retraites
00:51:53on a des points de convergence
00:51:54et des points de débat
00:51:55avec Shannon
00:51:56mais sur la question des retraites
00:51:57justement ce qu'on disait
00:51:58avec Michel Rocard
00:51:59et d'autres
00:51:59c'est qu'aujourd'hui
00:52:00pourquoi les gens ne veulent pas
00:52:01certains ne veulent pas
00:52:02continuer plus longtemps
00:52:03parce qu'il y a des métiers
00:52:04où vous êtes crevés
00:52:05et par contre
00:52:05si on passait à 4 jours
00:52:07avec des créations d'emplois
00:52:09effectivement
00:52:09on voit que les gens
00:52:10toutes les entreprises
00:52:11même
00:52:11c'est pas des gens de gauche
00:52:13le patron de Fleury-Michon
00:52:14il était au conseil général
00:52:15avec Philippe de Villiers
00:52:16moi ça me frappe toujours
00:52:17de voir la droite
00:52:18qui a priori est hostile
00:52:19il y a 100 ans
00:52:20il a fallu que le pape Léon XIII
00:52:21mette son poids dans la bataille
00:52:22pour obtenir la semaine de 6 jours
00:52:23parce que déjà
00:52:24les gens disaient
00:52:25c'est une bonne idée
00:52:25mais on ne peut pas le faire
00:52:26et Léon XIII avait mis son poids
00:52:29il n'y a pas de problème
00:52:30et c'est très intéressant
00:52:31ce que vous dites
00:52:31et merci de contextualiser les choses
00:52:34moi la question
00:52:34que je me pose fondamentalement
00:52:36derrière tout ça
00:52:36c'est quand on dit
00:52:38qu'on veut passer
00:52:38quand j'entends des propositions
00:52:40qui disent qu'on veut passer
00:52:41à 32 heures
00:52:424 jours etc
00:52:42quel est le but derrière
00:52:44c'est quoi
00:52:45c'est améliorer le bien-être au travail
00:52:46c'est la santé mentale
00:52:47des françaises et des français
00:52:48qui est en jeu
00:52:50c'est ça véritablement
00:52:50qui m'intéresse
00:52:51si c'est ça aujourd'hui
00:52:52la priorité
00:52:53moi je suis favorable
00:52:54et au sein des républicains
00:52:55nous sommes davantage favorables
00:52:56aujourd'hui
00:52:56parce que c'est la priorité
00:52:58numéro 1 des français
00:52:59je vous invite à regarder
00:53:00notamment les sondages d'opinion
00:53:01la priorité numéro 1
00:53:03aujourd'hui des français
00:53:03après la sécurité
00:53:05c'est la question
00:53:05du pouvoir d'achat
00:53:06c'est la question
00:53:07du pouvoir d'achat
00:53:09et donc le travail
00:53:10aujourd'hui
00:53:11c'est aussi lié
00:53:12au pouvoir d'achat
00:53:13donc dissocier ce débat
00:53:15et n'en faire que
00:53:15une question d'organisation
00:53:17du travail
00:53:17je crois que c'est
00:53:18complètement déconnecté
00:53:19de la réalité du terrain
00:53:20et des aspirations
00:53:21des français
00:53:22c'est pour ça
00:53:23que la question aujourd'hui
00:53:24qui doit se poser
00:53:24c'est une réflexion
00:53:25beaucoup plus large
00:53:26c'est pas 32 heures
00:53:274 jours
00:53:27la question qui doit se poser
00:53:29c'est pouvoir redonner
00:53:30de la compétitivité
00:53:31aux entreprises
00:53:31pouvoir redonner
00:53:32aux françaises
00:53:33et aux français
00:53:33la possibilité
00:53:34de terminer leur fin de mois
00:53:35avec une certaine aisance
00:53:37de leur redonner
00:53:38du pouvoir d'achat
00:53:39et surtout
00:53:39de sortir
00:53:40de cette logique
00:53:44de chômage
00:53:45ou d'assistanat
00:53:46comme parfois
00:53:47on est mal appelé
00:53:47nous parmi nos priorités
00:53:49justement
00:53:49ce qu'on propose
00:53:50c'est le RIA
00:53:51c'est justement
00:53:52un revenu
00:53:53qui permettra
00:53:53de remettre les gens
00:53:55sur le chemin du travail
00:53:56c'est de réviser
00:53:58les conditions
00:53:59d'indemnisation
00:54:00pour avoir accès
00:54:01au travail
00:54:02de revoir
00:54:03toutes ces questions-là
00:54:04de rupture conventionnelle
00:54:05c'est ça aujourd'hui
00:54:06la priorité
00:54:06c'est pas de se dire
00:54:07on réduit tant le travail
00:54:09tout va bien se passer
00:54:10la priorité
00:54:11c'est de revoir
00:54:12aujourd'hui
00:54:12tous ces instruments
00:54:13qui régissent
00:54:15aujourd'hui
00:54:15notre politique
00:54:16du travail
00:54:17et de changer
00:54:17aujourd'hui
00:54:18le rapport
00:54:18qu'ont
00:54:18les français
00:54:19au travail
00:54:19mais aussi
00:54:20le vocabulaire
00:54:21je pense que
00:54:22tous les deux
00:54:22vous avez le défaut
00:54:23d'une certaine façon
00:54:24si je peux me permettre
00:54:26de quantifier
00:54:27vraiment les choses
00:54:28alors que
00:54:29ce que nous disent
00:54:30les gens
00:54:31en fait
00:54:31et là le vocabulaire
00:54:32est très important
00:54:33qu'est-ce que c'est
00:54:33l'organisation
00:54:34au sens propre
00:54:35du terme
00:54:35c'est pas simplement
00:54:37des chiffres
00:54:38si on prend
00:54:39le mot organisation
00:54:40il a la même étymologie
00:54:41que l'organe
00:54:42l'organe humain
00:54:44et quand les médecins
00:54:46travaillent sur le stress
00:54:47la santé mentale
00:54:48au travail
00:54:48c'est ça la nouveauté
00:54:49depuis 30 ans
00:54:50et bien c'est ce miroir-là
00:54:51qu'ils donnent
00:54:52et ça
00:54:53ça se fait pas
00:54:53avec des chiffres
00:54:54et ça se fait pas
00:54:54non plus avec
00:54:55de la posture idéologique
00:54:56la valeur travail
00:54:57d'un côté
00:54:58ou la valeur temps libre
00:54:59de l'autre
00:55:00c'est un débat traditionnel
00:55:01il faut maintenant
00:55:02oui mais justement
00:55:03les nouvelles générations
00:55:04obligent
00:55:05à penser le travail
00:55:07de manière qualitative
00:55:08et je pense que
00:55:08Benoît Serres ne dira
00:55:09pas du tout le contraire
00:55:11c'est lui qui a dit
00:55:12non mais effectivement
00:55:12j'ai pensé avec
00:55:13beaucoup d'intérêt
00:55:13mais le vrai sujet
00:55:15dans les entreprises
00:55:15c'est ce que nous disent
00:55:16les salariés
00:55:16les jeunes comme les moins jeunes
00:55:17c'est effectivement
00:55:19la manière dont on travaille
00:55:20ça fait 30 ans
00:55:21dans ce pays
00:55:22qu'on explique que le travail
00:55:23c'est que de la souffrance
00:55:24souvenez-vous
00:55:24au moment de la réforme
00:55:25des retraites
00:55:25les principaux arguments
00:55:27des opposants
00:55:28c'était dire
00:55:28vous allez nous voler
00:55:29deux ans de vie
00:55:29je pense pas
00:55:30que ce soit en développant
00:55:31des idées
00:55:32autour de 32 heures
00:55:334 jours
00:55:34qui consistent à confirmer
00:55:35qu'après tout
00:55:36moins on travaille
00:55:37mieux on se porte
00:55:37que ça va nous aider
00:55:39deuxième point
00:55:39la productivité en France
00:55:41est en train de baisser
00:55:42la France a longtemps été
00:55:44un pays très particulier
00:55:45qui travaillait un peu moins
00:55:47en termes d'heures
00:55:47mais qui avait une productivité
00:55:48supérieure aux autres
00:55:49ce n'est plus le cas
00:55:50il faut faire très attention
00:55:51à ça
00:55:51et puis le troisième point
00:55:53sincèrement
00:55:54j'ai un peu de souvenirs
00:55:56quand même
00:55:56des 35 heures
00:55:57vous avez promis
00:55:57mon zémerveille
00:55:58on a vu ce que ça a donné
00:55:59et en termes de création
00:56:00d'emplois
00:56:01et en termes d'orientation
00:56:02d'entreprise
00:56:03je crois que le plus important
00:56:04c'est que ce débat ait lieu
00:56:06mais avec une idée toujours
00:56:08laisser les entreprises
00:56:09adapter l'organisation
00:56:10qui leur paraît le mieux
00:56:11dès lors qu'il y a
00:56:13par le dialogue social
00:56:14évidemment
00:56:14dans l'entreprise
00:56:16dès lors qu'il y a
00:56:17des réglementations
00:56:17des poussées politiques
00:56:19à 32 heures
00:56:20moi j'ai eu des revendications
00:56:21à 28 heures
00:56:22enfin sincèrement
00:56:23il y a un moment
00:56:24où quand vous expliquez
00:56:24aux gens
00:56:25qu'ils vont travailler
00:56:2532 heures
00:56:26ils vont gagner autant
00:56:26c'est pas vrai
00:56:27parce que l'entreprise
00:56:28elle ne tient pas
00:56:30elle ne tient pas
00:56:31dans le temps
00:56:31et l'argument
00:56:32qui consiste à dire
00:56:33ils embaucheront des gens
00:56:34je vous ai entendu
00:56:35monsieur Lerotirou dire
00:56:36comme ça l'adjoint
00:56:37ça créera un emploi
00:56:38les entreprises
00:56:39grandes et petites
00:56:40luttent
00:56:40et notamment
00:56:40la nouvelle économie
00:56:41contre la sur-hierarchisation
00:56:43qui fait perdre
00:56:44de la valeur au travail
00:56:45qui fait perdre
00:56:46de l'intérêt au travail
00:56:47des gens
00:56:47je pense qu'il faut vraiment
00:56:49avoir ce débat
00:56:50je vais répondre
00:56:52d'abord
00:56:53je n'ai jamais dit
00:56:54que le travail
00:56:54était une souffrance
00:56:55catastrophique
00:56:56j'ai dit justement
00:56:56qu'après le Covid
00:56:57les gens disent
00:56:58on veut en même temps
00:56:58avoir un travail
00:56:59c'est très important
00:57:00et en même temps
00:57:01avoir du temps pour vivre
00:57:01donc évitons les caricatures
00:57:03voilà
00:57:03jusqu'à maintenant
00:57:04je trouvais que vous n'étiez
00:57:04pas dans la caricature
00:57:05voilà
00:57:05après ça
00:57:06avec Shannon
00:57:07je pense qu'on peut avoir
00:57:08un point de convergence
00:57:08sur comment faire
00:57:09que le travail paye plus
00:57:10il y a un vrai sujet
00:57:11comment finance
00:57:11la protection sociale
00:57:13en élargissant
00:57:14ok
00:57:14mais ça ne doit pas
00:57:15oui il faut une vision globale
00:57:17mais ça ne veut pas dire
00:57:18qu'il faut toujours
00:57:18botter en touche
00:57:19depuis 40 ans
00:57:20sur la question du temps de travail
00:57:21je ne voudrais pas être gênant
00:57:22mais un des premiers
00:57:22qui nous avait soutenu
00:57:23en 1994
00:57:23c'était Michel Barnier
00:57:24qui avait fait un livre
00:57:25où il expliquait
00:57:26qu'il fallait un référendum
00:57:27sur les 32 heures
00:57:28il avait dit
00:57:28on a tort de se moquer
00:57:29vu les gains de productivité
00:57:30si on veut éviter
00:57:31une catastrophe
00:57:31et un chômage de masse
00:57:33Michel Barnier
00:57:34qui est de même partie que vous
00:57:35avait dit qu'il fallait
00:57:35passer à 4 jours 32 heures
00:57:36et il y a plein de patrons de droite
00:57:38qui autant ils étaient hostiles
00:57:39aux 35 heures
00:57:40parce que c'était imposé
00:57:41mais ils étaient d'accord
00:57:42pour dire que
00:57:42si on veut le faire
00:57:43dans l'entreprise
00:57:44autant qu'on ait des aides financières
00:57:45donc c'est toujours étonnant
00:57:47de voir que la droite
00:57:47veut faire des baisses de cotisation
00:57:49des baisses de cotisation
00:57:50des baisses de cotisation
00:57:51mais quand on dit
00:57:52qu'il faut que la baisse de cotisation
00:57:53soit seulement
00:57:54s'il y a des créations d'emplois
00:57:55parce que sinon
00:57:55ça fait juste du déficit
00:57:57là vous n'êtes plus d'accord
00:57:57juste sur les 35 heures
00:57:59je veux dire
00:57:59et juste pour vous en dire là-dessus
00:58:00donc oui
00:58:01il y a la question de la santé
00:58:02il y a plusieurs raisons
00:58:07la semaine de 4 jours
00:58:08il y a des entreprises
00:58:08c'est pour éviter des licenciements
00:58:10avant-hier
00:58:11je parlais à quelqu'un
00:58:11de mondiale d'assistance
00:58:12l'arrivée de l'intelligence artificielle
00:58:15va supprimer 200 emplois
00:58:16quand on a une voiture
00:58:17qui est en panne
00:58:17on appelle ces gens
00:58:18qui nous aident
00:58:18et bien là
00:58:19on leur dit
00:58:20qu'il y aura 200 personnes
00:58:21qui vont partir
00:58:22et donc oui
00:58:23si on peut éviter
00:58:24des licenciements
00:58:25c'est très bien
00:58:26ailleurs c'est pour faciliter
00:58:27les recrutements
00:58:27ailleurs c'est pour faciliter
00:58:29l'accès à la formation
00:58:30je me souviens d'un débat
00:58:31avec Jean Gondois
00:58:32où il y avait un ouvrier
00:58:33qui était le patron du patronat
00:58:35à l'époque
00:58:35un ouvrier disait
00:58:36ça fait 20 ans
00:58:36que je n'ai pas mis le nez
00:58:37dans un livre
00:58:38ça fait 20 ans
00:58:38que je suis dans la même PME
00:58:39on n'a jamais du temps
00:58:41pour se former
00:58:41chaque secteur d'activité
00:58:42je crois que chaque secteur d'activité
00:58:44si je peux juste me permettre
00:58:44de reprendre la parole
00:58:45sur ce point-ci
00:58:47vouloir généraliser la semaine
00:58:48comme vous le préconisez
00:58:49à 32 heures en 4 jours
00:58:51à quel moment j'ai dit généraliser
00:58:51est-ce qu'on peut avoir
00:58:52un débat entre adultes
00:58:53à quel moment j'ai dit généraliser
00:58:55à quel moment j'ai dit
00:58:56entreprise par entreprise
00:58:58permettre une négociation
00:58:59mais laissez-moi parler
00:59:00déjà quel est le rapport
00:59:01avec le débat entre adultes
00:59:02je me permets de vous interpeller
00:59:03et de vous répondre
00:59:04c'est un débat
00:59:04donc je n'ai pas le rapport
00:59:05avec le fait qu'on soit adulte ou pas
00:59:06je n'ai jamais dit généraliser
00:59:08est-ce que je peux terminer
00:59:08merci beaucoup
00:59:10la question qui se pose
00:59:11c'est que quand on parlait
00:59:11justement de la semaine
00:59:12de 35 heures à l'époque
00:59:13on avait eu une promesse
00:59:14de 700 000 créations d'emplois
00:59:16la réalité c'est que
00:59:17on n'a pas eu 700 000
00:59:19créations d'emplois
00:59:19dans notre pays
00:59:20donc ça c'est le premier point
00:59:21donc l'argument
00:59:22qui consiste à dire
00:59:23que réduire le temps de travail
00:59:24permettra automatiquement
00:59:25d'augmenter le nombre
00:59:26de créations d'emplois
00:59:27c'est une illusion
00:59:28c'est une illusion
00:59:29par contre aujourd'hui
00:59:30la réalité qui se pose
00:59:31et ça c'est un vrai débat
00:59:32c'est la question effectivement
00:59:34du rapport au travail
00:59:34qu'on a de manière générale
00:59:36et la question aujourd'hui
00:59:37des dépenses sociales
00:59:38et ça je pense qu'on ne peut pas
00:59:41décorréler les deux
00:59:42mais de dire qu'aujourd'hui
00:59:43que c'est la solution
00:59:44que c'est une révolution
00:59:45que la semaine de 32 heures
00:59:47avec 4 jours
00:59:47ça permettra de résoudre
00:59:49tous les maux de la planète
00:59:49c'est une illusion
00:59:50parce qu'à la fin des fins
00:59:52qui est-ce qui paye ?
00:59:53Quand vous diminuez
00:59:54le temps de travail
00:59:54au sein d'une entreprise
00:59:55soit vous embauchez moins
00:59:57soit vous embauchez moins
00:59:58pardon
00:59:58soit vous produisez moins
01:00:00soit vous baissez les salaires
01:00:01il y a un moment
01:00:02où c'est systémique
01:00:03il y a un moment
01:00:03où ça ne fonctionne pas
01:00:04donc dire que c'est
01:00:05la solution magique
01:00:06je crois que c'est assez illusoire
01:00:07et déconnecté
01:00:08des réalités du terrain
01:00:08Merci en tout cas
01:00:09à tous les deux
01:00:10d'être venus ce soir
01:00:10sur le plateau
01:00:11de chaque voix compte
01:00:11pour en parler
01:00:12Merci Benoît Serres
01:00:13d'avoir été avec nous également
01:00:16Vous êtes coprésident
01:00:17du cercle Humania
01:00:18think tank
01:00:19des directeurs
01:00:19des ressources humaines
01:00:21et j'espère que d'ici 2027
01:00:23en effet ce sujet
01:00:24du temps de travail
01:00:25de l'organisation du travail
01:00:27de l'entreprise
01:00:27reviendra
01:00:29Il faut le faire
01:00:30c'est très très important
01:00:31parce que les gens
01:00:32veulent de la liberté
01:00:32d'organisation
01:00:33ils ne veulent pas moins d'heures
01:00:34ils ne veulent plus être
01:00:35plus libres dans leur organisation
01:00:37Merci infiniment
01:00:38tout de suite
01:00:39c'est Bourbon Express
01:00:39c'est le journal
01:00:40de l'Assemblée Nationale
01:00:41avec Marco Pommier
01:00:47Marco
01:00:48François Rannine
01:00:48Vous êtes très libre
01:00:49Marco dans votre travail
01:00:50ça va ?
01:00:50Oui oui ça va
01:00:51tout va bien
01:00:52Bourbon Express
01:00:52ce soir
01:00:53d'abord les bénéfices
01:00:54de Total Énergie
01:00:55on en avait parlé hier
01:00:56avec Fanny Guinochet
01:00:57bénéfice qui s'envole
01:00:58à gauche
01:00:59ça ne passe pas du tout
01:01:00et la pression monte aussi
01:01:02sur le gouvernement
01:01:02maintenant
01:01:03Oui pour la gauche
01:01:04c'est clair
01:01:04Total profite de la guerre
01:01:06au Moyen-Orient
01:01:07Hier le géant français
01:01:09des hydrocarbures
01:01:09a annoncé
01:01:105,8 milliards d'euros
01:01:12de bénéfices nets
01:01:13plus 51%
01:01:15sur un an
01:01:16Pourquoi faire ?
01:01:17se demande l'écologiste
01:01:18François Ruffin
01:01:19pour investir
01:01:20sur l'avenir
01:01:21pour sortir
01:01:22des énergies fossiles
01:01:24non pour relever
01:01:25les dividendes
01:01:26a-t-il tweeté ?
01:01:27L'insoumis
01:01:28Manuel Bompard
01:01:28lui emboîte le pas
01:01:29quand la Macronie
01:01:31va-t-elle cesser
01:01:32de prendre le peuple
01:01:33pour une vache allée
01:01:34au bénéfice
01:01:35des actionnaires de Total
01:01:37offensive du PS aussi
01:01:39ce matin dans les matinales
01:01:40C'est le père Noël
01:01:41pour le détroit d'Hormuz
01:01:42Ses profits
01:01:43rien n'est justifié
01:01:44C'est gagner de l'argent
01:01:45parce que la guerre existe
01:01:47et parce qu'il y a des gens
01:01:48qui aujourd'hui en souffrent
01:01:50oui il y a une forme d'indécence
01:01:51La priorité
01:01:52c'est de faire baisser
01:01:53le prix à la pompe
01:01:54par tous les moyens
01:01:55et que cela
01:01:57coûte d'abord
01:01:58à ceux qui s'enrichissent
01:01:59de cette crise
01:02:00Et dans la foulée
01:02:02le groupe socialiste
01:02:03à l'Assemblée nationale
01:02:04a joint le geste à la parole
01:02:05et a dégainé un texte
01:02:06Oui une proposition loi
01:02:08pour taxer
01:02:09les super profits
01:02:10des géants de l'énergie
01:02:11ceux qui font plus de
01:02:12750 millions
01:02:14de chiffres d'affaires
01:02:15avec des bénéfices
01:02:16supérieurs de 20%
01:02:18à la moyenne
01:02:18des trois dernières années
01:02:20Selon le PS
01:02:21la mesure apporterait
01:02:222 milliards d'euros
01:02:23et permettrait
01:02:24de financer
01:02:25un coup de pouce
01:02:26aux automobilistes
01:02:27Le gouvernement
01:02:28de son côté
01:02:28n'exclut pas
01:02:29une telle taxe
01:02:30sur les pétroliers
01:02:31mais refuse de faire
01:02:32du total bashing
01:02:33Dans un moment
01:02:34de crise pétrolière grave
01:02:37avoir un pétrolier national
01:02:39c'est aussi
01:02:40un outil
01:02:41de souveraineté
01:02:42Un outil de souveraineté
01:02:44dit le gouvernement
01:02:44de son côté total
01:02:45a annoncé aujourd'hui
01:02:47la reconduction
01:02:48du plafonnement
01:02:49des prix des carburants
01:02:50dans ces stations
01:02:51jusqu'à ce temps
01:02:52que la crise durera
01:02:53je cite
01:02:53le prix de l'essence
01:02:54restera donc plafonné
01:02:55à 1,99€ le litre
01:02:57jusqu'à 2,25€
01:02:59pour le diesel
01:03:00On poursuit Marco
01:03:01avec l'audition aujourd'hui
01:03:02de Bruno Le Maire
01:03:02devant la commission d'enquête
01:03:04sur les fonds spéculatifs
01:03:05qui fragilisent
01:03:06l'industrie française
01:03:07Audition
01:03:08assez tendue
01:03:09Oui on a eu droit
01:03:10à plusieurs passes d'armes
01:03:11entre la rapporteure
01:03:12de la commission
01:03:13la députée insoumise
01:03:14Aurélie Trouvé
01:03:15et Bruno Le Maire
01:03:16ça a commencé
01:03:17dès le début
01:03:18de l'audition
01:03:19à propos du bilan
01:03:20de l'ancien ministre
01:03:20de l'économie
01:03:22Les dégâts ont été
01:03:23très concrets
01:03:23souvent irréversibles
01:03:25avec un recul
01:03:26par exemple
01:03:27de la capacité productive
01:03:29et industrielle
01:03:30de la France
01:03:30Oui l'emploi industriel
01:03:32s'est effondré
01:03:32dans la France
01:03:33pendant 7 ans
01:03:34Oui il y a aujourd'hui
01:03:35un record de défaillance
01:03:36d'entreprises
01:03:37Comment pouvez-vous dire
01:03:38que nous avons détruit
01:03:39de l'emploi industriel
01:03:41Mensonge
01:03:41Nous avons créé
01:03:42120 000 emplois industriels
01:03:44Nous avons tous
01:03:45un devoir de vérité
01:03:47Et vous n'avez pas
01:03:48un droit de mensonge
01:03:50Madame la rapporteure
01:03:52Et ces accusations
01:03:53de mensonge
01:03:54ne sont pas passées
01:03:55auprès d'Aurélie Trouvé
01:03:56On peut avoir un débat
01:03:57d'accord
01:03:58Mais je crois
01:03:59que vous n'êtes pas là
01:04:00pour dire aux représentants
01:04:01du peuple qu'ils mentent
01:04:02et à une rapporteure
01:04:03qu'elle ment
01:04:03alors qu'il s'agit
01:04:04en fait d'un profond désaccord
01:04:06sur le bilan
01:04:08sur vos 7 ans de bilan
01:04:09et je pense que
01:04:10beaucoup de Français
01:04:10aujourd'hui partagent
01:04:12ce que je suis en train de dire
01:04:13Si cette commission d'enquête
01:04:14est un tribunal politique
01:04:17je ne réponds plus
01:04:17à vos questions
01:04:19Voilà
01:04:19c'est clair
01:04:20Le président
01:04:21de la commission d'enquête
01:04:22Emmanuel Mandon
01:04:23est intervenu
01:04:24pour rappeler
01:04:24que ce n'était
01:04:25ni le lieu
01:04:26ni le moment
01:04:27pour tenir
01:04:28ce type d'échange
01:04:29l'audition s'est poursuivie
01:04:30mais elle est restée tendue
01:04:31Et on termine Marco
01:04:32avec cette alerte
01:04:33du directeur général
01:04:34de l'ANSI
01:04:35l'Agence Nationale
01:04:36de la Sécurité
01:04:37des Systèmes d'Information
01:04:38Vincent Strubel
01:04:39était entendu ce matin
01:04:40par la commission d'enquête
01:04:42sur les dépendances
01:04:43du numérique
01:04:44et les risques
01:04:45pour l'indépendance
01:04:46de la France
01:04:46Il a dressé
01:04:47un état des lieux
01:04:48préoccupants
01:04:49de nos vulnérabilités
01:04:50aussi bien pour les entreprises
01:04:52que pour l'État
01:04:53parmi les points inquiétants
01:04:55notre dépendance
01:04:56aux technologies américaines
01:04:57et chinoises
01:04:58qui pose un vrai problème
01:05:00de souveraineté
01:05:01Si demain
01:05:03pendant six mois
01:05:04nous sommes privés
01:05:04d'accès à la technologie
01:05:06américaine
01:05:07nous sommes privés
01:05:07de mise à jour
01:05:08des logiciels américains
01:05:09et bien
01:05:10nous aurons un problème
01:05:11énorme
01:05:12mais partout
01:05:13parce que
01:05:14les mises à jour
01:05:15si on ne les applique pas
01:05:17toutes les semaines
01:05:17oui le niveau de sécurité
01:05:19se dégrade rapidement
01:05:20Une dépendance
01:05:22qui n'est pas toujours visible
01:05:23en plus
01:05:23car on ne sait même pas
01:05:24ce qu'il y a
01:05:25dans la plupart
01:05:26de nos logiciels
01:05:27selon Vincent Strubel
01:05:28Aujourd'hui
01:05:29et c'est une réalité
01:05:29on a accès
01:05:31à beaucoup plus d'informations
01:05:32quand on achète une saucisse
01:05:33on peut remonter
01:05:33jusqu'au cochon
01:05:34qui a donné de sa personne
01:05:35pour faire la saucisse
01:05:36que quand on achète
01:05:38un logiciel
01:05:39Voilà
01:05:39Morale de l'histoire
01:05:40mieux vaut acheter une saucisse
01:05:41c'est plus prudent
01:05:41Ah bah oui
01:05:42mais ça ne fera pas
01:05:42tourner ton ordinateur
01:05:44Merci Marco
01:05:45Merci à tous les deux
01:05:46d'avoir été là ce soir
01:05:47dans chaque fois compte
01:05:48Merci Mariette
01:05:49et merci Olivier
01:05:50de passer un très bon 1er mai
01:05:51une bonne fête
01:05:52du travail
01:05:53Merci à vous
01:05:54de nous avoir suivis
01:05:54l'émission est rediffusée
01:05:55tout à l'heure
01:05:55à 23h30
01:05:56et en replay
01:05:57évidemment sur lcp.fr
01:05:59Passez une excellente soirée
01:06:01sur la 8
01:06:01Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06:08Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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