- il y a 2 jours
Le jeudi 26 mars 2026, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Les démocrates, face à « l'urgence sanitaire », les députés ont adopté, à l'unanimité, la proposition de loi visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge. En 2023, l'association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV avait publié une enquête portant sur 207 produits d'alimentation pour enfant de moins de 3 ans. Son constat : les allégations nutritionnelles et « santé » portent sur des produits pourtant très sucrés. L'association pointait alors une réglementation européenne obsolète et trop permissive au regard des exigences fixées par l'Organisation mondiale de la santé. Le député Cyrille Isaac-Sibille, à l'origine la proposition de loi, a expliqué vouloir « envoyer un signal politique pour inscrire à l'agenda européen la question des sucres ajoutés dans l'alimentation infantile ». Lors de l'examen du texte, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a rejoint les députés « sur l'intérêt de protéger les enfants et d'améliorer leur alimentation ». Le texte prévoit toutefois qu'un arrêté, pris après avis de l'Anses, dresse une liste de préparations alimentaires exclues de cette interdiction, en déterminant alors le taux maximal de sucres ajoutés dans ces produits. Une exception critiquée par plusieurs députés à gauche. « C'est laisser subsister des failles que les industriels, eux, ne manqueront pas d'exploiter », a protesté l'écologiste Sabrina Sebaihi. Aujourd'hui, près de 5 % des enfants sont considérés en situation d'obésité et 6 % de la population reçoit un traitement médicamenteux contre le diabète, face à ce constat, quel impact du sucre sur notre santé et faut-il encadrer sa consommation ?
Invités :
- Aurélien Rousseau, député socialiste des Yvelines et ancien ministre de la Santé et de la Prévention
- Xavier Iacovelli, sénateur « Renaissance » des Hauts de Seine et vice-Président du Sénat
- Amine Benyamina, psychiatre et président de la Fédération Française d'addictologie
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
Invités :
- Aurélien Rousseau, député socialiste des Yvelines et ancien ministre de la Santé et de la Prévention
- Xavier Iacovelli, sénateur « Renaissance » des Hauts de Seine et vice-Président du Sénat
- Amine Benyamina, psychiatre et président de la Fédération Française d'addictologie
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27On est vendredi et puisque Chaque Voix Compte, comme chaque vendredi, c'est à vous que nous donnons la parole
00:00:32pour une émission consacrée ce soir à une drogue.
00:00:36Une drogue dure, une poudre blanche qu'on aime quasiment tous.
00:00:40Le sucre, un sujet dont les parlementaires s'emparent régulièrement, notamment pour réguler les pratiques des industriels de l'agroalimentaire.
00:00:49Il y a d'ailleurs une proposition de loi pour interdire les sucres ajoutés dans les aliments pour enfants qui
00:00:53a été adopté la semaine dernière à l'Assemblée.
00:00:56Que faire d'autre ?
00:00:57Et bien nous allons en parler ce soir avec vous Aurélien Rousseau.
00:01:01Bonsoir.
00:01:02Ex-ministre de la Santé, député socialiste et apparenté des Yvelines.
00:01:05Merci d'être là.
00:01:06Aux côtés de Xavier Iacovelli.
00:01:08Bonsoir.
00:01:08Bonsoir.
00:01:09Sénateur démocrate et progressiste des Hauts-de-Seine.
00:01:11Merci également d'être là.
00:01:13Et puis je salue le professeur Amine Beniamina.
00:01:15Bonsoir.
00:01:15Vous êtes psychiatre et addictologue à l'hôpital Paul Brousse à Paris.
00:01:20Vous allez précisément nous expliquer pourquoi le sucre, ça fait le même effet qu'une drogue.
00:01:24Merci en tout cas à tous les trois d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec
00:01:28notre public.
00:01:29J'ai autour de moi des accros qui voudraient bien décrocher.
00:01:33J'en fais sans doute partie.
00:01:34Des parents qui se demandent que choisir pour leur enfant.
00:01:37Des diététiciens aussi.
00:01:39Des pâtissiers qui essaient de se passer du sucre.
00:01:41Ils nous diront comment.
00:01:42Ils ont tous plein de questions à vous poser.
00:01:45Cette émission est d'abord la vôtre.
00:01:47Donc je compte sur vous.
00:01:48Profitez de ce moment sans modération.
00:01:51Chaque voix compte.
00:01:52C'est parti.
00:02:00Je suis sûre que vous vous êtes tous dit demain j'arrête.
00:02:03Je voulais vous montrer quelque chose.
00:02:05Ça, c'est la dose de sucre qu'un Français moyen du 18e siècle consommait.
00:02:10Mais 10 grammes par jour, ça correspond à 2 morceaux de sucre.
00:02:14C'était il y a longtemps, certes.
00:02:16Mais aujourd'hui, on est passé à ça.
00:02:1920 morceaux de sucre par jour, c'est-à-dire 100 grammes.
00:02:23Or, la dose maximale recommandée pour éviter diabète, obésité, maladie cardiovasculaire,
00:02:29ce serait plutôt ça pour un adulte.
00:02:31C'est-à-dire 10 sucres par jour, pas plus de 50 grammes.
00:02:34Et pour un enfant, il faudrait même plutôt être sur 5 morceaux de sucre, c'est-à-dire 25 grammes.
00:02:39Donc vous faites le calcul, il faudrait diviser notre consommation de sucre par deux.
00:02:43Mais notre seule volonté ne semble pas suffire parce qu'en fait, le sucre, il n'est pas comme ça
00:02:49dans les aliments.
00:02:49C'est ça le problème.
00:02:50Il est partout et il est même souvent caché, y compris dans des produits salés.
00:02:54Et c'est là peut-être qu'intervient le législateur.
00:02:58La loi peut-elle changer les recettes des produits ?
00:03:02Oui, sans doute.
00:03:03Explication à Kyoan Delera.
00:03:10Trop de sucre au rayon bébé, c'est le constat sans appel d'une association de consommateurs.
00:03:16Sur les 200 produits qu'elle a analysés, 30% contiennent des sucres ajoutés qui ne sont pas indispensables.
00:03:22Ces ingrédients créent un phénomène d'accoutumant, ce qu'une proposition de loi veut éradiquer.
00:03:28L'exposition précoce aux goûts sucrés façonne nos préférences alimentaires.
00:03:31Puis un enfant est habitué tôt, puis il développera une appétence pour ses produits à l'adolescence et à l
00:03:37'âge adulte.
00:03:37Le texte vise à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux enfants de 1 à 3 ans.
00:03:43Objectif, lutter contre l'obésité chez les plus jeunes.
00:03:47Un enfant sur cinq est en surpoids en France.
00:03:49De ce surpoids découlent des maladies graves comme l'obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires.
00:03:55Un enjeu de santé publique qui pèse lourd sur les finances.
00:03:59Le coût social de la surcharge pondérale est de 20 milliards d'euros par an si l'on prend en
00:04:03compte ses conséquences.
00:04:05Face à l'urgence, la proposition de loi a été adoptée dans la semaine à l'unanimité des députés.
00:04:10Elle doit maintenant passer devant le Sénat.
00:04:13Mais l'omniprésence du sucre ne se limite pas aux tout-petits.
00:04:17On en trouve dans 77% des produits transformés, y compris dans les aliments salés, sauce, plats préparés ou encore
00:04:24charcuterie.
00:04:25Résultat, un Français consomme en moyenne 35 kg de sucre par an, soit 95 grammes par jour, bien plus que
00:04:32les recommandations de l'OMS.
00:04:35La consommation de sucre ne doit pas dépasser 10% de l'apport énergétique.
00:04:41Ça correspond à 50 grammes par jour.
00:04:44Pour réduire la consommation de sucre, la taxe soda a été durcie l'an dernier.
00:04:49Les prix sur les boissons sucrées ont progressé de 4 à 36 centimes par litre, selon un barème.
00:04:55Les résultats sont encourageants, bien que limités.
00:04:58Les ventes de Coca-Cola, par exemple, ont depuis baissé de 2%.
00:05:02Certains députés veulent appliquer une taxe similaire aux aliments ultra-transformés.
00:05:07Enfin, une proposition de loi transpartisane se prépare pour rendre l'affichage du Nutri-Score obligatoire.
00:05:14Professeur Benyamina, je vous ai souvent reçu pour parler de la drogue, des drogues en général.
00:05:19Pourquoi est-ce qu'on dit que le sucre est addictif ?
00:05:22Parce qu'il emprunte le même circuit que les drogues.
00:05:24Lorsque vous consommez du sucre, vous avez un emballement de ce qu'on appelle le système de récompense.
00:05:29C'est exactement le système qui est sollicité lorsque vous prenez une drogue, comme la cocaïne, le tabac ou l
00:05:37'alcool.
00:05:37Ça vient mettre en lien des zones dans le cerveau, qui entraînent une véritable récompense, un véritable plaisir,
00:05:47et qui, par l'habituation, finit par l'emporter.
00:05:51Et donc l'arrêt entraîne, de la même manière qu'une drogue, des signes de manque et des envies, ce
00:05:56qu'on appelle un craving.
00:05:57Et en matière de sucre, le craving est redoutablement élevé.
00:05:59Le craving ?
00:06:00Le craving.
00:06:02Absolument.
00:06:03Je prends toujours le même exemple, c'est celui qu'on prend tous, nos autres addictologues.
00:06:07C'est une très grande expérience, c'est une très belle expérience qui a été faite à Bordeaux il y
00:06:09a quelques années.
00:06:10On a donné du sucre et de la cocaïne à des animaux de laboratoire.
00:06:17Ils ont préparé le sucre des souris à la cocaïne pour dire à tel point, combien cette appétence pour le
00:06:22sucre est élevée.
00:06:22Alors une fois que j'ai dit ça, j'ai parlé de la moitié du chemin.
00:06:26Là, c'est la réalité clinique, c'est celle que l'on voit et qui nous permet, qui nous aide
00:06:30à évidemment aider les personnes qui sont dépendantes de ce sucre.
00:06:35Mais la puissance du lobby du sucre fait que cette addiction clinique n'est pas répertoriée comme une addiction comme
00:06:42telle.
00:06:42Elle ne fait pas partie de la classification internationale des maladies.
00:06:45Mais puisque ça correspond exactement à ce qui se passe quand on prend de la drogue, est-ce que le
00:06:51sucre engendre des troubles du comportement ?
00:06:53Oui, lorsqu'on est dépendant au sucre, lorsqu'on aime le sucre, on a du mal à dormir si on
00:06:59ne prend pas son sucre.
00:07:00On est un peu irrité, on est un peu assiégé par l'envie de consommer du sucre.
00:07:05Évidemment, ça ne concerne pas monsieur et madame tout le monde parce qu'on aime tous plus ou moins le
00:07:08sucre.
00:07:09Alors, aimer le sucre, il y a ceux qui aiment le goût du sucre, mais aimer le sucre aussi parce
00:07:15qu'il suscite en nous comme aliment, comme effet.
00:07:21Et donc, ceux qui sont réellement dépendants, au sens vraiment clinique du terme, on a la réalité du terrain que
00:07:28l'on voit comme si on avait affaire à une consommation d'héroïne.
00:07:32Et pourquoi le sel, il ne fait pas ça ?
00:07:33Parce que le sel n'emprunte pas les mêmes circuits de la récompense que ceux que je désicite.
00:07:38Je voudrais comprendre pourquoi est-ce que le sucre, après tout, le sucre et le sel, on l'absorbe de
00:07:43la même façon avec la bouche, avec les papilles gustatives ?
00:07:46Oui, mais c'est le cas de la plupart des aliments qu'on ingère.
00:07:48Tous les aliments qu'on ingère n'entraînent pas cela.
00:07:50Quoique, le fait de manger est un moment de plaisir aussi, mais c'est un moment de plaisir naturel.
00:07:56Une personne est accro au brocoli, par exemple.
00:07:58Eh oui, c'est sûr, c'est clair.
00:08:00Mais le fait de manger du brocoli avec un steak, des frites ou je ne sais quel autre produit parce
00:08:05que vous avez faim,
00:08:06vient stimuler, vient entraîner aussi une libération, je dis de la dopamine pour faire court.
00:08:12Et là, on n'est plus dans l'appétence à un produit précis, c'est manger et manger.
00:08:17Vous savez, ce qui est compliqué en matière d'addiction, ce n'est pas de consommer une drogue qui est
00:08:20interdite,
00:08:22mais c'est de consommer un produit qui est nécessaire pour vivre et pour lequel il faut avoir une consommation
00:08:27régulée.
00:08:28Parce que si vous arrêtez de manger, vous mourrez.
00:08:31Et certains transforment finalement l'alimentation en un produit addictif.
00:08:35Mais puisqu'on en parle comme d'une drogue, il peut y avoir une overdose de sucre ?
00:08:39Non, on n'en meurt pas directement. En revanche, on en meurt de ses conséquences.
00:08:43Ça a été très bien dit.
00:08:44On a une étude qui est sortie récemment qui a bien montré quand même que l'obésité avait une corrélation
00:08:49extrêmement importante avec les cancers.
00:08:51Réellement, évidemment, les maladies cardiovasculaires, le diabète, tout ça, on le sait, parce que ça a été simple.
00:08:55Mais on voit bien que l'excès pondéral, le gras, est un très bon élastérin pour le développement de certains
00:09:02cancers.
00:09:03Qui parmi vous est accro au sucre ou considère qu'il a besoin de sucre ?
00:09:08Alors, on va tendre le micro à Anthony, c'est ça ?
00:09:11Oui.
00:09:12Anthony, vous avez 32 ans ?
00:09:14Oui.
00:09:14Ça a commencé quand ?
00:09:15Oh, très jeune.
00:09:17On est un peu comme des alcooliques anonymes.
00:09:20On se parle entre nous, on se confie.
00:09:22Très tôt, vous avez commencé à être accro au sucre.
00:09:24Oui, c'est ça.
00:09:25En fait, quand j'étais très jeune, je me retrouve vraiment dans tout ce qu'il a dit depuis le
00:09:29début.
00:09:29C'est ça qui est assez impressionnant de mon côté.
00:09:31Mais très jeune, en fait, ma mère, elle avait des soucis de santé qui faisaient qu'elle avait du mal,
00:09:35des fois, à nous faire à manger.
00:09:37Et on lui avait proposé, des fois, de faire des petits déjeuners le soir.
00:09:39Parce qu'on adorait les petits déjeuners, les céréales, les gros bols avec de la poudre, du chocolat et tout.
00:09:49Et ce qui s'est passé, c'est que petit à petit, on a pris cette habitude de prendre un
00:09:53petit déjeuner le soir parce qu'on adorait ça.
00:09:55Vraiment, on était fan.
00:09:57Et des fois, ça pouvait même arriver jusqu'à trois déjes par journée.
00:10:00Donc, ça m'arrivait de faire ça.
00:10:01Et cette habitude-là, elle est restée sur le long terme.
00:10:04Elle est encore... Elle est plus présente maintenant pour des raisons où je me suis battu pour ça.
00:10:10Mais elle est restée jusqu'à mes 27-28 ans où la nuit, je me réveillais, il me fallait mon
00:10:15déjeuner.
00:10:16Absolument.
00:10:16Un bol de céréales.
00:10:18Le bol de céréales.
00:10:19Le bol de céréales avec...
00:10:20Les céréales sucrées.
00:10:21Ah oui, très sucrées.
00:10:22On voit le genre. On voit tout à fait lesquelles.
00:10:25C'est ça, votre péché mignon ?
00:10:26Ouais, c'était.
00:10:28Ça ne l'est plus.
00:10:28Et comment vous vous êtes sevré ?
00:10:31C'est assez particulier, mais j'ai jeté tous les bols qui me rappelaient le petit déj.
00:10:37J'ai jeté mes cuillères qui me rappelaient le petit déj.
00:10:39Parce que c'était ces cuillères-là pour le déj.
00:10:42À chaque fois que je les voyais, ça me donnait envie d'en faire un.
00:10:44Ah ouais.
00:10:44Donc, j'ai jeté tout ça.
00:10:45Et vous avez eu un déclic ?
00:10:47Ouais. 20 kilos.
00:10:48Vous avez pris du poids ?
00:10:49Ouais. En fait, quand j'étais petit, je ne prenais pas de poids.
00:10:51Ce n'était pas gênant là-dessus.
00:10:53Ça allait, ça se passait très bien.
00:10:54Mais quand j'ai commencé à grandir, j'ai commencé à prendre un petit peu de poids.
00:10:57Il n'y a sûrement pas que ça.
00:10:58Mais en tout cas, ça en a fait partie.
00:10:59Et quand j'ai pris des choses un petit peu drastiques comme ça,
00:11:02comme supprimer définitivement les petits déj,
00:11:04maintenant, c'est un truc que je m'interdis complètement.
00:11:06Ah oui.
00:11:06C'est quelque chose...
00:11:07Même quand vous faites les courses, vous ne passez pas au rayon céréales ?
00:11:10Des choses comme ça ?
00:11:11Ouais, je ne passe plus au rayon céréales.
00:11:12Et alors, je vois sur votre fiche que vous avez trois enfants.
00:11:14Ouais.
00:11:15Ils ont des céréales au petit déj ?
00:11:16Non.
00:11:17Ils ont d'autres choses.
00:11:18Je ne vais pas les interdire non plus de prendre du sucre,
00:11:20mais d'une autre manière.
00:11:22Enfin, même des gâteaux, ce n'est pas gênant.
00:11:24Mais c'est vrai qu'il y a des choses à la maison
00:11:25qu'on interdit un peu par rapport à moi quand même.
00:11:29On leur dit...
00:11:30Ils sont au courant que je suis addict à tout ça.
00:11:33Et je leur ai expliqué que, par exemple, les céréales,
00:11:36je n'aime pas trop en avoir à la maison.
00:11:38Donc, on a des alternatives, des choses comme ça.
00:11:41Mais là-dessus...
00:11:43Vous vous sentez sevré aujourd'hui ?
00:11:46Ou vous savez que si je vous mets un paquet de céréales,
00:11:49ça ne va pas bien se passer ?
00:11:50Je ne serai jamais sevré, sevré,
00:11:52dans le sens où j'en aurai toujours envie.
00:11:54Toujours.
00:11:55J'aurai toujours cette envie qui reviendra.
00:11:57Ça, c'est sûr.
00:11:58J'en suis certain, déjà maintenant.
00:12:00Mais je sais que j'arrive maintenant à éviter ça.
00:12:05Par exemple, pour les courses,
00:12:07je fais mes courses en drive.
00:12:08Ça me permet d'éviter de craquer au moindre rayon que je vais.
00:12:11C'est des petites alternatives que j'ai mises en place pour éviter ça.
00:12:14Il y a aussi, j'accepte, je prends des gâteaux,
00:12:18mais plus les grosses addictions comme les petits-déj.
00:12:22Les petits-déj, par contre, ça, je m'y interdis complètement.
00:12:25Mais je ne m'interdis pas tout.
00:12:27Sinon, je craque et je pense que je me ferai trop plaisir.
00:12:31C'est vrai que vous avez devant vous un sénateur, un député.
00:12:35Ce sont des législateurs.
00:12:36C'est eux qui font les lois.
00:12:37Est-ce que vous avez une question en particulier à leur poser ce soir ?
00:12:39Avec votre expérience, bien sûr, avec votre vécu de sucre.
00:12:42J'en ai une, c'est pourquoi laisser autant de possibilités au lobby du sucre
00:12:48de faire des pubs qui ne sont pas mensongères, les pubs qu'ils font,
00:12:52mais qui sont un peu désinformatifs quand même.
00:12:54Sur le côté vitamine D que ça donne,
00:12:58le côté « c'est plein de bonnes choses quand même »,
00:13:01un bon petit-déj du matin,
00:13:04c'est un bol de céréales et deux cuillères de chocolat dedans.
00:13:08Pourquoi on laisse faire encore ça alors qu'on connaît tous les effets néfastes que ça ?
00:13:13Aurélien Rousseau, vous voulez lui répondre ?
00:13:15Je pense qu'on est...
00:13:17Bonsoir, d'abord.
00:13:20Merci de ce témoignage.
00:13:23Moi, je ne témoignerai pas,
00:13:24mais mon physique avantageux sans doute montre que j'ai quelques difficultés à résister.
00:13:29Mais je pense qu'on est dans une période très compliquée en termes de santé publique,
00:13:36qui est ce moment où, quand on veut intervenir sur des sujets comme celui que vous décrivez,
00:13:43on va être perçu comme ceux qui, pour reprendre l'expression, emmerdons les Français.
00:13:49En fait, on emmerde les gens en allant contre un de leur plaisir.
00:13:55Il y a cette balance.
00:13:57Et même, le début de l'émission, cette comparaison avec la drogue,
00:14:02même si le professeur Bédiamina montre bien ce que c'est,
00:14:06les circuits dont on parle, le mode de satisfaction n'en font pas de la cocaïne.
00:14:13Mais du coup, il y a un côté polarisé qui fait que, quand vous dites,
00:14:17en fait, on parle juste de santé publique,
00:14:21on parle de public extrêmement fragile.
00:14:25C'est comme les PEUF, quand je vois la bombe spray ou je ne veux pas citer des...
00:14:29Voilà.
00:14:30C'est qu'on attire en jouant sur des codes.
00:14:32Et quand on est à l'Assemblée, l'exemple qui a été montré n'est pas le plus révélateur.
00:14:37Il y avait unanimité.
00:14:38En fait, c'est très dur.
00:14:40La taxe soda, le Nutri-Score, c'est des batailles sans nom.
00:14:44Parce qu'on dit, vous, vous essayez d'ennuyer les Français.
00:14:49C'est quand même un des fleurons de notre industrie, mais oui, on va payer tout ça cher.
00:14:55Et je pense qu'il y a un truc qu'on n'a pas réussi, vraiment, et pour moi, c
00:15:01'est la clé,
00:15:02c'est de sortir ce désir de sucre ou, en général, par exemple, l'obésité,
00:15:11de la culpabilisation.
00:15:14On n'a pas choisi d'être gros.
00:15:18On doit quelquefois le traiter comme une maladie, avec des process,
00:15:23vous avez, vous, fait vos ajustements, voilà, pour...
00:15:28Mais il faut qu'on sorte de l'idée qu'à la fin, c'est l'individu qui est responsable.
00:15:33Quand on est matraqué de ces pubs qui passent devant nous,
00:15:38en fait, on a du mal à résister.
00:15:41Donc, la difficulté, aujourd'hui, c'est ça.
00:15:43C'est ce côté, vous allez toucher à l'industrie,
00:15:46et vous allez emmerder les gens,
00:15:50et c'est les gens qui doivent être responsables.
00:15:52Mais en fait, non, parce que derrière, il y a du fric.
00:15:55C'est tout.
00:15:55Ceux qui font ça, ils font ça pour faire du fric.
00:15:57Ça, je me doute.
00:15:58Il n'y a aucun doute là-dessus.
00:15:59Donc, c'est difficile.
00:16:01Et ce combat de la prévention, pardon, je termine par ça,
00:16:04c'est-à-dire, si on ne mange pas de façon abusive de tous ces produits,
00:16:12on va éviter d'être malade.
00:16:14En France, on est très, très en retard sur ça.
00:16:17En France, le soin, la santé, c'est le soin.
00:16:20C'est les lits d'hôpitaux.
00:16:21C'est le nombre de l'hydréa.
00:16:23Vous vous rappelez, pendant le Covid, on disait combien il y a de l'hydréa.
00:16:26Et l'idée de dire, en fait, la première base de la santé,
00:16:29c'est de ne pas tomber malade.
00:16:31C'est la prévention.
00:16:32C'est la prévention.
00:16:33Et c'est du dur.
00:16:34Ce n'est pas un truc, ce n'est pas une cerise sur le gâteau sans sucre.
00:16:38C'est le cœur de ce qu'on doit faire pour que notre système tienne.
00:16:42Et ça, pareil, c'est une bataille, je dis le mot, idéologique,
00:16:46qu'on n'a pas gagnée, qu'on est loin d'avoir gagnée ensemble, encore.
00:16:50Donc, voilà, il y a tout ça.
00:16:52Et c'est très dur parce que vous arrivez à dire,
00:16:55non, je ne vais évidemment pas recevoir un lobbyiste de la cocaïne,
00:16:59mais un lobbyiste de l'industrie,
00:17:01bon, ben, voilà.
00:17:03Donc, moi, je ne les reçois pas parce que j'ai peur qu'ils m'amènent des goodies.
00:17:07Mais ça peut arriver.
00:17:10Il faut se battre pied à pied.
00:17:11Et ce n'est pas facile dans l'hémicycle à l'Assemblée.
00:17:15Je pense que Xavier dira au Sénat, c'est pareil.
00:17:17C'est dur aussi au Sénat ?
00:17:18C'est même plus dur au Sénat, parfois.
00:17:20Pourquoi ?
00:17:21Parce qu'au Sénat, on est les représentants des territoires.
00:17:24Et donc, dans les territoires, il y a aussi les agriculteurs, les betteraviers,
00:17:29et notamment les betteraviers.
00:17:32Moi, j'ai déposé plusieurs amendements depuis 4 ans sur la question du sucre,
00:17:37même quand tu étais ministre de la Santé.
00:17:40Et j'ai réussi parfois à faire passer un certain nombre d'amendements
00:17:45pour cette fameuse taxe comportementale.
00:17:47Alors, c'est vrai que quand on fait une taxe comportementale,
00:17:49on a toujours l'impression d'emmerder les Français.
00:17:53La taxe comportementale, c'était une taxe qui était basée sur le taux de sucre
00:17:58que les industriels mettaient dans les produits transformés et surtransformés.
00:18:02Parce qu'en fait, du sucre naturel,
00:18:05quand c'est du sucre naturel, on ne va pas l'enlever le sucre.
00:18:08Mais par contre, le sucre ajouté, notamment dans les produits transformés,
00:18:10quand on achète un chip armentier, par exemple,
00:18:14fait par l'industrie agroalimentaire, on ne s'attend pas à manger du sucre.
00:18:17Et pourtant, il y en a.
00:18:18Et pourtant, il y en a plein.
00:18:19Donc, pareil, moi, j'ai déposé l'année dernière,
00:18:23dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale,
00:18:25un amendement que j'ai réussi, pour le coup, à faire adopter par le Sénat
00:18:29sur l'interdiction du sucre ajouté, justement, dans les produits pour nourrisson.
00:18:38On a réussi à le faire voter au Sénat.
00:18:41Et ça a sauté au moment du 49-3 et le non-accord, d'ailleurs, avec l'Assemblée nationale.
00:18:47Donc là, c'est effectivement rageant.
00:18:49Et c'est pour ça que moi, je salue l'initiative du député Isaac Sybille,
00:18:53Cyril Isaac Sybille, avec qui je travaille, justement, sur cette question du sucre.
00:18:55C'est lui qui portait la semaine dernière la proposition de loi.
00:18:59Et je pense qu'effectivement, ça va dans le bon sens.
00:19:01Mais c'est un travail, vraiment...
00:19:03Enfin, les petites victoires que nous avons sur uniquement les petits pots.
00:19:07Enfin, vous voulez dire, là, on a quand même...
00:19:09Je regardais tout à l'heure, on a sur des petits...
00:19:12Des yaourts pour bébés de 8 mois, on a 10 grammes de sucre pour 100 grammes de produits.
00:19:16Enfin, c'est-à-dire...
00:19:17Je crois que c'est un sujet qui inquiète particulièrement Alexandra.
00:19:20Où êtes-vous, Alexandra ?
00:19:21Vous avez un micro ?
00:19:23Alexandra, vous avez deux filles, dont une petite de 7 mois, c'est ça ?
00:19:26J'ai un petit garçon de 4 ans et une fille de 7 mois, oui.
00:19:29Bon, et les petits pots, alors ?
00:19:30Alors...
00:19:31Vous regardez ?
00:19:31Alors, je regarde et tout ce qui est salé, je fais maison au maximum, parce que c'est
00:19:39ce qui me rassure le plus.
00:19:42Et pour le sucré, quand c'est l'étage, c'est un peu plus compliqué.
00:19:46Je fais des petites compotes, mais c'est vrai que le maison, ça prend beaucoup de temps.
00:19:50Donc, j'aimerais pouvoir faire confiance aux industriels, mais j'ai un peu l'impression
00:19:53d'empoisonner mon fils aîné et ma fille.
00:19:57Donc, j'aimerais avoir cette rassurance.
00:20:03Vous avez l'impression de l'empoisonner, c'est hyper fort de dire ça, mais vous avez
00:20:06identifié les poisons sur l'étiquette ?
00:20:08Ben non, justement, c'est parce qu'on est dans l'invisible, donc c'est encore plus
00:20:12dur d'être dans le flou, en fait.
00:20:16Qu'est-ce que vous voudriez, vous ?
00:20:18Avoir cette transparence pour avoir moins de charge mentale, du coup, parce qu'en
00:20:22fait, on pense à tout, mais en tant que maman, on a déjà beaucoup de choses à
00:20:26penser, et avoir un étiquetage qui soit plus facile, compréhensif aussi, en tant
00:20:33qu'humain, et avoir cette transparence, exactement.
00:20:42En préparant cette émission, je me suis rendu compte qu'il y avait une vraie demande
00:20:45de transparence, d'information, d'étiquetage.
00:20:49Et quand on voit les difficultés qu'il y a pu y avoir avec le Nutri-Score, on se dit
00:20:53si les industriels de l'agroalimentaire, ils peuvent dormir tranquilles, ils vont
00:20:56continuer à faire les étiquettes qu'ils veulent pendant encore un moment, vous avez
00:20:59des moyens d'action ?
00:21:00Mais, alors déjà, il faut savoir que 60% des produits en France utilisent le Nutri-Score,
00:21:05mais comme ce n'est pas obligatoire, en fait, il y a plein d'industriels qui refusent
00:21:09de mettre le Nutri-Score, et généralement, quand il n'y a pas de Nutri-Score sur un
00:21:11produit, c'est que c'est du Roquefort.
00:21:13– Voilà, non, alors moi, je mets à côté les produits AOP…
00:21:18– C'est eux qui ont empêché la généralisation du Nutri-Score, on est d'accord ?
00:21:21– Pas que, non, non, l'industrie agroalimentaire a aussi fait son œuvre, et vous pouvez
00:21:26voir des gâteaux, justement, notamment, des gâteaux sous boîte, en fait, qu'on trouve
00:21:30au supermarché, il y en a plein qui n'ont pas le Nutri-Score, parce qu'en fait,
00:21:33ce serait toujours du E systématiquement, mais même ceux qui l'ont, le Nutri-Score,
00:21:37c'est quasiment tous du E, enfin, du D ou du E.
00:21:39Donc, il y a un vrai problème d'étiquetage et de visibilité, et là où je suis d'accord
00:21:44avec vous, c'est qu'il faut quasiment être chimiste pour comprendre l'étiquette
00:21:48de la composition, mais au-delà de l'étiquette du Nutri-Score, peut-être que certains d'entre
00:21:54nous, on peut se permettre de regarder le Nutri-Score et de prendre des produits qui
00:21:58sont moins mauvais, pour ne pas dire meilleurs, mais en fait, la réalité, c'est que quand
00:22:03on a très peu de moyens, en fait, on regarde surtout l'étiquette du prix, et on se rend
00:22:07compte que l'étiquette du prix, généralement, correspond à un Nutri-Score qui est quand
00:22:11même très mauvais.
00:22:13Et donc, c'est là où il faut travailler, parce que moi, j'avais fait des propositions
00:22:18pour avoir une TVA différenciée, c'est-à-dire que plus le produit est bien noté, moins
00:22:24la TVA est présente, et inversement.
00:22:27Et donc, c'est aussi incitatif, parce qu'en fait, il n'y a que ceux qui ont les moyens
00:22:31qui pourraient bien se nourrir, en fait, en gros, dans notre pays.
00:22:34Et donc, il y a tout un travail, effectivement, à faire avec l'agroalimentaire.
00:22:37C'est pour ça que, moi, je suis favorable à ces taxes comportementales qui peuvent être
00:22:44changées, c'est-à-dire que moi, j'avais travaillé sur une contribution sur les marges
00:22:47de l'industrie agroalimentaire qui étaient calculées sur le sucre.
00:22:50Alors, c'est un peu une usine à gaz, pour le coup, mais ça permettait aussi à l'industrie
00:22:54agroalimentaire de faire des efforts et de les pousser.
00:22:58Le ministre nous parlait tout à l'heure qu'on reçoit, effectivement, un certain nombre
00:23:02de lobbyistes au sein des assemblées.
00:23:05Moi, j'ai reçu, effectivement, un gros industriel des gâteaux et des produits sucrés.
00:23:10Il me disait, mais, monsieur le sénateur, en gros, il ne faut pas être trop contre nous.
00:23:15Nous, on fait beaucoup d'efforts.
00:23:16Là, on s'engage à faire moins de 5% de sucre sur 10 ans.
00:23:21Je lui ai dit, mais vous êtes sérieux ?
00:23:23Vous venez de me vendre le fait de faire moins 5% sur 10 ans sur des produits qui sont
00:23:28avec 20 grammes de sucre par, dans le meilleur des cas, 20 grammes de sucre sur 100 grammes
00:23:33de produits.
00:23:35Et quand vous lui dites ça, vous plaisantez ?
00:23:38En fait, ils ne s'attendent pas déjà à ce qu'on leur dit ça.
00:23:40Parce que je pense qu'il y a aussi un principe de, comme c'est des gros, généralement...
00:23:43Il est venu avec des goodies ?
00:23:45Non, non, je pense qu'il est venu surtout parce que moi, je porte un certain nombre
00:23:49de combats, et notamment contre l'industrie agroalimentaire et sur le sucre ajouté.
00:23:53Donc, en fait, je pense qu'ils ne s'apprêtaient pas à m'apporter des gâteaux ou des céréales.
00:23:59Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, l'industrie agroalimentaire, elle a les moyens
00:24:03de baisser le taux de sucre.
00:24:05Elle le fait.
00:24:05Elle l'a fait sur un certain nombre de céréales.
00:24:07Je ne vais pas citer les marques pour ne pas faire de la publicité.
00:24:09Mais quand on est passé d'un certain nombre de céréales d'une grande marque,
00:24:13du Nutri-Score C au Nutri-Score A, parce qu'ils ont revu les recettes.
00:24:20Et donc, ils ont...
00:24:20Et ça a été un argument marketing, d'ailleurs, pour vendre plus, parce qu'ils se sont dit
00:24:24« Regardez, notre produit, il est mieux noté.
00:24:25On a fait un effort. »
00:24:26Donc, ça veut dire que l'industrie agroalimentaire peut le faire.
00:24:29Regardez, je vais vous présenter Clémentine.
00:24:32Clémentine, vous souriez.
00:24:34Clémentine, elle est ingénieure et docteur en sciences des aliments.
00:24:38Le sénateur parlait d'une marque de céréales, dont le Nutri-Score est A,
00:24:42qui a modifié sa recette pour faire baisser le taux de sucre, notamment.
00:24:48Mais le sucre, il sert à quelque chose, là où on le met, y compris dans les produits salés.
00:24:54Oui, effectivement.
00:24:56On parle déjà des sucres, parce qu'en fait, c'est tout dans une liste d'ingrédients.
00:25:00C'est tous les ingrédients qui se terminent en ose.
00:25:02Donc, on a le sac à rose, qui est effectivement le sucre de table.
00:25:06Il a effectivement, ces sucres, ils ont plusieurs rôles.
00:25:09Ils ont bien sûr le rôle d'apporter cette saveur sucrée, d'apporter de la rondeur, d'être exhausteur de
00:25:14goût,
00:25:14d'apporter du coup, effectivement, peut-être plus de plaisir à des plats qui pourraient être peut-être un peu
00:25:18insipides,
00:25:19vu que c'est fait peut-être pas à la maison, justement.
00:25:22Mais ils ont aussi un rôle de conservateur.
00:25:25On le sait, c'est comme un peu le sel.
00:25:27En venant capter l'eau des aliments, en fait, ça permet de conserver.
00:25:33On le voit, quand on fait des confitures maison, si on ne met pas assez de sucre, c'est moisi
00:25:37en l'espace de deux mois.
00:25:38Donc, voilà.
00:25:39Et un des derniers rôles, c'est effectivement de jouer sur la texture et sur l'onctuosité d'une crème
00:25:45glacée, le croquant d'un chocolat.
00:25:47Après, là où je rejoins le sénateur, c'est qu'effectivement, je pense que, oui,
00:25:51les industriels ont la possibilité d'ajuster ça.
00:25:54Et je trouve que des initiatives comme le Nutri-Score, comme des applications qui permettent de scanner et de savoir,
00:26:01effectivement, OK, mon produit, est-ce qu'il est bien, est-ce qu'il n'est pas bien ?
00:26:05Ça les pousse forcément, effectivement, à venir mettre la juste dose.
00:26:10Parce qu'en fait, je pense qu'on ne peut pas réduire ça à juste, il faut supprimer le sucre.
00:26:14Parce que déjà, il a un rôle que parfois, avec un ingrédient, on va avoir trois fonctions dans l'aliment.
00:26:20Et si on le supprime, en fait, ça veut dire qu'il va falloir rajouter potentiellement trois ingrédients de plus
00:26:25dans notre formule
00:26:26qui ne vont pas forcément être beaucoup plus sains.
00:26:29Je pense, par exemple, on va faire des produits sans sucre, mais avec des idulcorants.
00:26:32Et on voit qu'il y a un nombre quand même croissant d'études qui montrent l'impact des idulcorants
00:26:38sur la santé, sur l'apparition des cancers ou des choses comme ça.
00:26:40Donc, en fait, c'est remplacer finalement un poison ou une drogue par quelque chose qui n'est pas forcément
00:26:46beaucoup mieux.
00:26:48Ou ça va être, effectivement, d'ajouter des conservateurs de synthèse ou des choses comme ça.
00:26:52Donc, je pense qu'il y a une vraie responsabilité des industriels.
00:26:56Il y a une question de coût, c'est-à-dire que le sucre en lui-même...
00:26:58Oui, il y a une question de coût, ça je suis effectivement d'accord.
00:27:01Après, quand on supprime un ingrédient qui ne coûte pas cher, mais pour en rajouter trois ou quatre,
00:27:05qui, voilà, finalement, voilà.
00:27:07Mais il y a une vraie responsabilité, oui, je pense, des industriels sur la juste utilisation du sucre.
00:27:14Et après aussi, malgré tout, je pense, une éducation aussi à faire sur les consommateurs.
00:27:22Et se dire que, oui, bien sûr, un gâteau aura toujours un Nutri-Score qui sera mauvais,
00:27:28parce que c'est un gâteau et que donc il ne faut pas en manger trop.
00:27:31Alors, c'est facile à dire, mais je pense qu'il y a vraiment aussi une vraie éducation.
00:27:35Et de se dire, bah oui, une sauce tomate, elle va être acide et je ne vais pas aller y
00:27:38mettre du sucre dedans,
00:27:39parce que ça vient de la tomate qui est acide.
00:27:41Donc, je pense qu'il y a à la fois une responsabilité des industriels et une éducation à faire.
00:27:46Et ça, une éducation à faire, je pense aussi, vraiment, dès le plus jeune âge.
00:27:50Il y a des choses à faire, peut-être justement au niveau...
00:27:52C'est l'important de ne pas les habituer trop tôt au sucre ajouté qui n'est pas nécessaire,
00:27:56notamment dans les petits pots ou les yaourts.
00:27:58C'est le sens des propositions de loi qu'on a vues ces derniers mois et encore jusqu'à la
00:28:03semaine dernière.
00:28:04C'est une proposition de loi qui a été adoptée la semaine dernière à l'Assemblée nationale,
00:28:07justement, pour interdire le sucre ajouté dans les aliments pour enfants.
00:28:12Amine Benyamina, en termes d'addiction, il faut commencer tout petit à ne pas tomber,
00:28:19comme c'est arrivé à Anthony, en fait, dans le sucre, comme Obélix, c'était tombé dans la marmite, en
00:28:25fait.
00:28:25Alors, l'addictologue de service de ce soir va vous donner des règles toutes simples.
00:28:29Tout ce qui est précoce a tendance à construire une addiction pour plus tard, quel que soit le produit.
00:28:34Avant 15 ans, on a une espèce de porosité du fameux système, une sensibilité qui fait qu'au départ,
00:28:42lorsqu'on a une habituation, une espèce de conditionnement à la fois biologique et comportemental,
00:28:47on a plus de risques de devenir dépendants.
00:28:49Donc là, vous êtes en train de m'expliquer qu'un enfant qu'on prive de bonbons,
00:28:52quand il aura les moyens de s'en acheter, il se ruera sur les bonbons ?
00:28:56Il y a deux façons de voir les choses.
00:28:58Il y a la partie biologique et le comportement.
00:28:59C'est vrai que lorsqu'on prive un enfant, on augmente sa curiosité.
00:29:02Dès lors qu'il a la capacité d'acheter, il ira acheter, il mangera en cachette,
00:29:06plus que les parents ne peuvent imaginer.
00:29:09Je pense que c'est toujours la mesure qui est intéressante.
00:29:12Priver quelqu'un d'un produit, il va fantasmer sur ce produit,
00:29:16il le consommera encore plus lorsqu'il aura la possibilité de le faire.
00:29:18S'il va dans un anniversaire avec ses potes, il va en manger plus que les autres
00:29:22parce qu'il est privé à la maison.
00:29:24Ce qui est sûr, c'est qu'avant 15 ans, en général, les cohortes parlent d'avant 15 ans,
00:29:30ce système de récompense est très sensible aux produits qui viennent le stimuler.
00:29:33Le cycle en fait partie.
00:29:35Et donc, on a plus de risques de développer une dépendance plus tard.
00:29:37C'est pour ça ce qui a été dit est extrêmement important.
00:29:40Pourquoi saturer en sucre des produits pour les enfants, pour les bébés ?
00:29:44Pourquoi saturer ?
00:29:45Parce que je pense que l'industrie du sucre n'est pas naïve.
00:29:47elle sait parfaitement qu'en mettant un peu plus de sucre qu'il n'y paraît,
00:29:52elle a plus tard des consommateurs qui sont plutôt fidèles.
00:29:55J'ai lu qu'aux Etats-Unis, on appelait ça l'effet Pringles.
00:29:58Évidemment, on a la même chose.
00:30:00Je fais une comparaison qui est peut-être osée, mais c'est une réalité.
00:30:02On a la même chose avec, par exemple, la nicotine.
00:30:06Aurélien en parlait.
00:30:07Les peuples, les machins, l'industrie de la nicotine a mis sur le marché des peuples en disant,
00:30:12c'est pour éviter qu'ils fument.
00:30:13En vérité, on les initiait à la peuples.
00:30:15C'est la même chose lorsqu'on était, à un moment donné, moi, quand j'étais gamin,
00:30:18on avait les cigarettes en chocolat.
00:30:20Il n'y avait pas de nicotine, mais on avait une espèce de porosité vis-à-vis de la cigarette
00:30:25qui était du chocolat.
00:30:26– Heureusement, les législateurs ont fait interdire ça.
00:30:28– Absolument, mais tout ça n'est pas naïf.
00:30:31– Aurélien Rousseau.
00:30:32– Je pense qu'il y a un point, mais ça a été dit, mais je…
00:30:36Les industriels, à la fin, à la différence de l'État,
00:30:39eux, ils n'ont pas de contradiction entre les objectifs qui sont de…
00:30:44À la fin, ils veulent gagner du fric.
00:30:46Et donc, ce qu'on voit quand même…
00:30:47– Oui, ce n'est pas des associations à but non lucratif.
00:30:49– Oui, mais ce qu'on voit, du coup, c'est que si on est extrêmement ferme,
00:30:52par exemple, sur le Nutri-Score,
00:30:54et on se fait battre régulièrement dans les amendements qu'on porte les seuls et les autres
00:30:57pour le fait, l'étendre,
00:31:01eh bien, on a ces comportements où ce n'est pas tout à coup
00:31:04que la grande marque est devenue humanitaire.
00:31:08C'est qu'elle se dit, je vais aller chercher des consommateurs
00:31:11sur d'autres valeurs, principes, etc.
00:31:13Et, deuxième point que je voudrais dire, c'est,
00:31:16on se fait aussi, pour revenir sur ce que disait tout à l'heure Anthony,
00:31:22on se fait aussi attaquer sur le fait, en fait,
00:31:26vous, c'est vos trucs de bobos parisiens,
00:31:30quand on est, voilà, on est pressé, on a du boulot,
00:31:33donc on fait des… on donne à manger des trucs tout préparés,
00:31:39on en passe tous par là.
00:31:41Mais, il n'y a pas un côté, la réalité, c'est que l'obésité,
00:31:47aujourd'hui, c'est une maladie de la pauvreté,
00:31:51la cartographie de l'obésité,
00:31:54elle se superpose à la cartographie des inégalités sociales,
00:31:58et l'obésité, ce n'est pas juste une maladie stigmatisante,
00:32:03c'est une maladie dont on meurt,
00:32:04la mortalité dans le Covid, c'est l'obésité.
00:32:07Et, du coup, il faut, et c'est là que la politique,
00:32:11et on est parfois en difficulté,
00:32:13moi, lorsque j'étais ministre,
00:32:15j'ai décidé l'augmentation, encore, du paquet de cigarettes.
00:32:19Ça a été un combat, une violence inouïe.
00:32:24Et, depuis quelques années, à peine,
00:32:27on s'aperçoit que, ça y est,
00:32:29la consommation baisse aussi,
00:32:31dans les milieux les moins favorisés.
00:32:34Parce qu'on avait cette objection qui dit,
00:32:36ce que vous allez faire, là, en surtaxant,
00:32:39en fait, les gens qui ont les moyens,
00:32:42ils vont ajuster leur comportement,
00:32:44en fait, paradoxalement,
00:32:45alors qu'ils pourraient se payer les trucs plus chers,
00:32:48mais ils comprennent, voilà,
00:32:49donc ils ajustent leur comportement,
00:32:51mais les gens modestes, eux,
00:32:52ils vont continuer à bouffer des trucs pourris.
00:32:56Or, aujourd'hui, mais on le voit aujourd'hui sur la cigarette,
00:32:58ça y est, la consommation de cigarettes...
00:32:59On va vers une génération sans tabac,
00:33:01et vous, je crois que vous avez porté une proposition de loi
00:33:03pour une génération sans sucre.
00:33:04Oui, on est dans cette ambition-là.
00:33:07Alors, peut-être que le terme n'est pas le bon,
00:33:09parce que, comme le disait Amine,
00:33:11il y a une question de mesure, d'équilibre,
00:33:14et ce n'est pas la peine de faire du sucre,
00:33:16de dire, c'est...
00:33:17Enfin, il y a le côté poison,
00:33:19c'est les aliments ultra-transformés, en général.
00:33:23Et puis, il y a aussi,
00:33:25vous le disiez, madame, à l'instant,
00:33:27il y a aussi de l'éducation,
00:33:28et puis, un peu de...
00:33:32D'assumer, j'assume ça, un peu de responsabilité.
00:33:35Je fais l'exercice, moi, en ce moment,
00:33:37en tant que parent,
00:33:39je me dis, je suis accro,
00:33:41pour le coup, beaucoup plus qu'au sucre,
00:33:42au téléphone portable.
00:33:44Je pose mon téléphone,
00:33:45et le temps que je n'utilise pas à faire,
00:33:47à regarder Twitter,
00:33:50pour voir miroir mon beau miroir,
00:33:52je vais faire des gâteaux,
00:33:55ou de la nourriture, avec mes enfants.
00:33:58C'est bien meilleur.
00:33:59Enfin, ce n'est pas forcément meilleur au goût,
00:34:01mais c'est bien meilleur diététiquement.
00:34:05Ça fait un moment privilégié,
00:34:06mais j'ai dû travailler sur une autre addiction.
00:34:09Celle au téléphone portable,
00:34:10et l'addiction de toute la famille au téléphone portable.
00:34:13C'est là que c'est un système...
00:34:14On peut choisir entre l'addiction au gâteau
00:34:16et l'addiction au téléphone.
00:34:17Non, mais ce que je veux dire par là,
00:34:18c'est qu'il y a aussi une responsabilité de parent,
00:34:22mais nous-mêmes, on est des générations
00:34:24où on a été élevés dans des trucs
00:34:25encore plus, bref, pas terribles que ça.
00:34:31On doit se forcer,
00:34:33et il y a des petits trucs qui ne dépendent pas
00:34:34de ce que le législateur va voter.
00:34:36On ne va pas voter pour dire,
00:34:38posez vos téléphones portables
00:34:39et faites des cookies avec vos enfants.
00:34:44Et pourtant, c'est aussi l'éducation au goût,
00:34:46le plaisir,
00:34:47il y a aussi des systèmes de récompense psychique.
00:34:50Manger ce qu'on a préparé,
00:34:52c'est inouï comme plaisir.
00:34:54Xavier Iacovelli ?
00:34:55Il y a effectivement ce qu'on peut porter
00:34:57comme proposition de loi,
00:34:58et puis il y a aussi des programmes
00:34:59qui existent aujourd'hui,
00:35:00et qui sont à disposition,
00:35:01notamment parce que moi,
00:35:02je crois effectivement à la prévention,
00:35:03je crois à l'accompagnement,
00:35:04à la parentalité,
00:35:05et c'est sur tous les domaines,
00:35:07c'est-à-dire que ce n'est pas seulement
00:35:08sur l'alimentation,
00:35:09mais parce qu'en fait,
00:35:10on n'est pas des animaux,
00:35:11donc en fait,
00:35:12ce n'est pas inné de devenir parent,
00:35:13ça s'apprend,
00:35:14ça s'apprend parce qu'on a eu nous-mêmes
00:35:16des parents qui ont été aimants
00:35:17et qui nous ont donné des bases,
00:35:19mais parfois,
00:35:19on n'a pas cette chance-là,
00:35:20et donc il faut qu'on puisse
00:35:22être aidé à cette parentalité.
00:35:24Et donc,
00:35:25ça passe par la prévention,
00:35:27comment est-ce qu'on accompagne
00:35:27les parents là-dessus ?
00:35:29Comment est-ce qu'on contraint
00:35:30l'agroalimentaire,
00:35:31l'industrie agroalimentaire
00:35:32à ne pas nous empoisonner ?
00:35:33Moi, je prends toujours ce terme,
00:35:35donc je le plus sois
00:35:37quand vous en parlez.
00:35:39Et puis,
00:35:40il y a question aussi
00:35:41de les habitudes,
00:35:43c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:35:4487% des adolescents
00:35:46sont sédentaires,
00:35:48c'est-à-dire qu'il y a
00:35:48l'addiction aux écrans,
00:35:50mais en fait,
00:35:51il n'y a plus du tout
00:35:51d'activité sportive,
00:35:53il n'y a plus
00:35:55de sport obligatoire
00:35:56comme on pouvait l'avoir avant,
00:35:57ou en tout cas,
00:35:58cette activité à l'extérieur.
00:35:59Pourtant,
00:35:59j'ai le souvenir d'un président
00:36:00qui voulait 30 minutes
00:36:01de sport par jour à l'école.
00:36:02Mais on l'a mis en place,
00:36:03sauf que ce n'est pas forcément
00:36:04respecté partout,
00:36:06et donc on a aussi
00:36:07un vrai problème.
00:36:08Donc,
00:36:08c'est plusieurs facteurs.
00:36:09Il y a à la fois
00:36:09une augmentation
00:36:10des produits sucrés,
00:36:13il y a un chiffre
00:36:14qui m'a toujours remarqué,
00:36:14c'est un enfant de 8 ans
00:36:17aura à 8 ans
00:36:18à manger déjà
00:36:19plus de sucre,
00:36:2010 fois plus de sucre
00:36:21que ses grands-parents
00:36:22sur l'ensemble de leur vie.
00:36:23Vous voyez,
00:36:24ça reprenait en fait
00:36:25le nombre de sucre
00:36:26que vous aviez
00:36:26en début d'émission.
00:36:28Donc aujourd'hui,
00:36:28il y a un vrai problème,
00:36:29il y a un vrai problème
00:36:29de santé publique,
00:36:30il y a un vrai problème aussi
00:36:31de coûts pour la collectivité.
00:36:33Tout à l'heure,
00:36:34vous parliez
00:36:34de 27 milliards
00:36:36de dépenses supplémentaires,
00:36:37mais le surpoids,
00:36:39l'obésité,
00:36:40les maladies cardiovasculaires,
00:36:41le diabète de type 2
00:36:42par exemple,
00:36:43c'est 125 milliards
00:36:44pour la sécurité sociale
00:36:45tous les ans.
00:36:46Donc à l'heure
00:36:47où on cherche des économies
00:36:48et où on cherche
00:36:49à faire en sorte
00:36:51que notre système
00:36:52de santé,
00:36:53notre système
00:36:53de solidarité
00:36:54ne s'effondre pas,
00:36:55je pense que la question
00:36:56de la prévention
00:36:56et de la lutte
00:36:57contre les addictions
00:36:58et notamment la question
00:36:59du sucre
00:36:59est primordiale.
00:37:00Marie-Christine,
00:37:01elle est diététicienne.
00:37:03Si vous voulez la voir,
00:37:04elle est à Ivry-la-Bataille,
00:37:05c'est dans l'heure.
00:37:06Alors, vous faites justement
00:37:08vous des formations
00:37:08à destination
00:37:09des professionnels
00:37:10de la petite enfance.
00:37:12Oui, tout à fait.
00:37:13Qu'est-ce qu'on y apprend ?
00:37:14Oui, exactement.
00:37:15Qu'est-ce qu'on y apprend ?
00:37:16En fait, déjà,
00:37:17j'essaie de faire
00:37:20déculpabiliser,
00:37:20on va dire,
00:37:21les professionnels
00:37:22parce que bien souvent,
00:37:23effectivement,
00:37:24on dit le sucre,
00:37:25non, c'est un poison.
00:37:26En fait,
00:37:26ce n'est pas forcément
00:37:27un poison.
00:37:27Il ne faut pas oublier
00:37:28quand même que le sucre,
00:37:29c'est le carburant
00:37:31essentiel de nos cellules.
00:37:33Il aide à la contraction
00:37:34musculaire,
00:37:35par exemple,
00:37:35pour le sportif.
00:37:36Il aide aussi,
00:37:37c'est le carburant
00:37:38qu'utilise notre cerveau.
00:37:39Donc, il ne faut pas
00:37:40forcément supprimer
00:37:41le sucre de l'alimentation.
00:37:43Peut-être juste
00:37:43savoir le doser.
00:37:45Et je rejoins,
00:37:46effectivement,
00:37:47par rapport à des parents
00:37:48complètement angoissés
00:37:49sur le fait
00:37:50qu'il y a du sucre
00:37:52caché dans les aliments.
00:37:54C'est surtout ça,
00:37:54en fait.
00:37:55Et ce qui demande,
00:37:56c'est beaucoup plus
00:37:56de clarté,
00:37:57savoir mieux décrypter
00:37:58les étiquettes.
00:37:59et moi,
00:38:01je vois aussi,
00:38:01quand je leur fais travailler
00:38:03justement sur le décryptage
00:38:04des étiquettes,
00:38:05savoir effectivement
00:38:06comment bien lire,
00:38:07identifier.
00:38:08On voit les allergènes,
00:38:09ils sont mis en gras,
00:38:10ils sont surlignés.
00:38:11Pourquoi ne pas faire pareil
00:38:12avec le sucre,
00:38:13éventuellement ?
00:38:14Pourquoi tous les sucres
00:38:15qui sont cachés,
00:38:16qui effectivement
00:38:17ont des noms barbares,
00:38:19on va dire,
00:38:19on ne sait pas trop
00:38:20les identifier ?
00:38:21Donc nous,
00:38:23professionnels de la santé,
00:38:24on sait effectivement
00:38:25les trouver,
00:38:26mais les autres professionnels
00:38:27ne le savent pas.
00:38:28On ne va pas donner
00:38:28des cours à l'école
00:38:29pour expliquer aux enfants
00:38:30ce que c'est
00:38:30malto-dextrine.
00:38:32Quand on se penche
00:38:33sur des étiquettes,
00:38:34pardon,
00:38:35mais vous avez tellement raison.
00:38:37À moins d'être ingénieur.
00:38:40C'est fait pour ne pas être compris.
00:38:41Voilà.
00:38:43Là aussi,
00:38:44il y a peut-être
00:38:44un levier d'action
00:38:46auprès des industriels
00:38:47de l'agroalimentaire
00:38:48de dire,
00:38:48alors écoutez,
00:38:49c'est simple,
00:38:50si vous avez mis du sucre
00:38:51quel que soit son nom,
00:38:53il faut le dire.
00:38:55Et si je peux me permettre aussi,
00:38:57moi,
00:38:57quand je vois ça
00:38:58par portion
00:38:58de 35 grammes,
00:39:00qui mange 35 grammes
00:39:01de cette portion ?
00:39:02Je reviens sur les céréales,
00:39:03par exemple,
00:39:04du petit déjeuner.
00:39:05C'est marqué 30 grammes.
00:39:06Aujourd'hui,
00:39:07personne ne mange 30 grammes.
00:39:07Il se trouve que c'est
00:39:07une tranche de jambon,
00:39:08figurez-vous.
00:39:09C'est l'étiquette
00:39:10d'une tranche de jambon
00:39:11qui fait,
00:39:11donc le jambon
00:39:13fait 35 grammes.
00:39:14Tout à fait.
00:39:15Seulement,
00:39:16on voit
00:39:16donc sucre
00:39:17avec un S.
00:39:19Ce n'est pas
00:39:19sucre tout seul.
00:39:20Le sucre tout seul,
00:39:21c'est le saccharose.
00:39:23Et le sucre,
00:39:23en fait,
00:39:24tous ces sucres cachés,
00:39:25effectivement,
00:39:26là,
00:39:26si on regarde,
00:39:26on sait que c'est le dextrose,
00:39:28mais le parent,
00:39:28il ne sait pas
00:39:29que c'est du dextrose.
00:39:30D'accord ?
00:39:31Alors là,
00:39:31je me tourne vers l'ingénieur.
00:39:32À quoi ça sert
00:39:33le sucre dextrose
00:39:35dans du jambon,
00:39:36dans le micro ?
00:39:38Je dirais
00:39:39en partie
00:39:39à la conservation.
00:39:40Je pense que c'est aussi
00:39:42peut-être
00:39:42pour garder de l'eau
00:39:43dans le produit
00:39:45et peut-être
00:39:46augmenter le poids.
00:39:48Voilà,
00:39:49il y a pas mal
00:39:50d'utilité.
00:39:52Enfin,
00:39:52d'utilité de...
00:39:53Oui,
00:39:54d'utilité.
00:39:54Pas utile pour nous,
00:39:55mais utile pour l'industriel.
00:39:57C'est ça,
00:39:57exactement.
00:39:58Mais juste,
00:39:59parce que,
00:40:00parfois,
00:40:02c'est quand même
00:40:04intéressant de voir,
00:40:04on est tous d'accord.
00:40:07Donc,
00:40:08il y a bien des gens
00:40:08qui ne sont pas d'accord,
00:40:09sinon tout ça
00:40:11passerait...
00:40:11C'est pour ça que vous êtes là,
00:40:12pour nous expliquer
00:40:13quel est le chénon manquant.
00:40:14C'est très intéressant.
00:40:16C'est que,
00:40:17pardon,
00:40:17je reviens sur ça,
00:40:19mais,
00:40:20et c'est le grand sujet
00:40:22de santé publique,
00:40:23c'est-à-dire,
00:40:23on dit,
00:40:24laissez la liberté
00:40:25aux gens.
00:40:26Si les gens
00:40:28veulent s'empoisonner
00:40:29ou veulent manger
00:40:30pour pas cher,
00:40:31ils mangent
00:40:32pour pas cher,
00:40:33etc.
00:40:33Moi,
00:40:34je pense,
00:40:34je crois que,
00:40:36évidemment,
00:40:36la valeur de la liberté
00:40:37est immense,
00:40:39mais ça,
00:40:40en contrepartie,
00:40:42on n'est pas éclairé
00:40:43sur ce qu'on fait.
00:40:44Et les citoyens,
00:40:46ils sont,
00:40:46les parents,
00:40:47ils sont,
00:40:48on est intelligents.
00:40:50Donc,
00:40:50en fait,
00:40:50ça,
00:40:50c'est fait pour être
00:40:51de l'assyrien
00:40:53ou du copte
00:40:55ou de l'égyptien.
00:40:56C'est fait pour que
00:40:57on ne comprenne pas.
00:40:59Et le combat,
00:41:01c'est de mettre
00:41:02en situation les gens,
00:41:03de pouvoir choisir,
00:41:04de pouvoir avoir
00:41:05des alternatives,
00:41:06de pouvoir savoir
00:41:07ce qui est meilleur,
00:41:09ce qui permet ensuite,
00:41:10quand vous faites
00:41:11votre petit équilibre,
00:41:13voilà,
00:41:13de vous dire...
00:41:13Un choix éclairé.
00:41:14J'ai fait un choix éclairé
00:41:15et je peux me faire
00:41:16des plaisirs coupables
00:41:18par moment.
00:41:20Voilà,
00:41:20mais du coup,
00:41:21c'est ce combat
00:41:23qu'il faut mener
00:41:23avec,
00:41:24dernier point,
00:41:25moi,
00:41:26j'en suis convaincu,
00:41:27on dit,
00:41:29tu disais,
00:41:29Xavier,
00:41:29tout à l'heure,
00:41:30nos agriculteurs,
00:41:31nos betteraviers,
00:41:32mais notre pays,
00:41:33en général,
00:41:35on ne s'en sortira jamais
00:41:37face aux mastodontes mondiaux
00:41:41autrement qu'en faisant
00:41:42de la qualité.
00:41:43Et en jouant sur ça.
00:41:45Et donc,
00:41:45il y a un moment
00:41:46où l'intérêt économique,
00:41:47moi,
00:41:47je l'espère,
00:41:49va rattraper
00:41:49ces grands industriels
00:41:51parce qu'ils verront
00:41:51que c'est leur intérêt
00:41:53de faire cette transformation.
00:41:55Mais,
00:41:57il faut cartonner.
00:41:58David Yacoueli,
00:41:59vous voulez ajouter quelque chose ?
00:41:59Oui,
00:42:00moi,
00:42:00je mettrais un bémol
00:42:01sur la question de la liberté.
00:42:02Moi,
00:42:03je suis aussi très attaché
00:42:04à la liberté de choix
00:42:05des consommateurs.
00:42:06Voilà.
00:42:07Sauf que,
00:42:07je trouve qu'aussi,
00:42:08notre responsabilité
00:42:09en tant que pouvoir public
00:42:11et de législateur,
00:42:12c'est de faire en sorte
00:42:12que cette liberté,
00:42:14elle ne soit pas nocive,
00:42:16entre guillemets,
00:42:17pour les consommateurs
00:42:18et pour les Français
00:42:19et qu'elle ne soit pas nocive
00:42:20et toxique même
00:42:21pour les finances publiques.
00:42:23Et aujourd'hui,
00:42:24c'est ça,
00:42:24le problème,
00:42:24c'est que cette liberté,
00:42:26si elle n'est pas encadrée,
00:42:28on a une liberté
00:42:29d'aller et venir,
00:42:31de conduire ou pas.
00:42:32Et pourtant,
00:42:32il y a des règles.
00:42:33On a maintenant
00:42:34l'obligation de mettre la ceinture.
00:42:35Quand on était plus jeunes,
00:42:36je crois qu'on ne l'avait pas,
00:42:37cette obligation.
00:42:38Maintenant,
00:42:39c'était des chariots.
00:42:40Des chariots,
00:42:41oui, c'est ça.
00:42:42Et donc,
00:42:43non mais je veux dire,
00:42:44tout ça,
00:42:44ça a évolué
00:42:45et donc il faut qu'on puisse
00:42:46aussi évoluer
00:42:47pour protéger avant tout
00:42:48les Français,
00:42:49la santé des Français,
00:42:50mais protéger aussi
00:42:51les finances publiques
00:42:52et notre modèle social
00:42:53sur lequel on est tous attachés
00:42:54mais qui risque d'exploser
00:42:55si on ne fait pas
00:42:56quelque chose dessus.
00:42:58Et je parlais tout à l'heure
00:43:01d'un programme,
00:43:03il y a un programme européen
00:43:04qui a été mis en place,
00:43:05notamment à destination
00:43:06des collectivités territoriales,
00:43:08pour,
00:43:09c'est un programme
00:43:09qui s'appelle
00:43:10Lait et fruits.
00:43:11Et en fait,
00:43:12qui permet de financer
00:43:13les collectivités territoriales
00:43:15qui,
00:43:15pour les goûter
00:43:16dans les écoles,
00:43:17plutôt que de mettre
00:43:17des gâteaux
00:43:19et des choses comme ça,
00:43:20fournit du lait
00:43:21et des fruits.
00:43:22Donc finance en fait
00:43:23les communes pour ça.
00:43:24Et ça,
00:43:25c'est très peu utilisé
00:43:26par les communes
00:43:27parce qu'encore une fois,
00:43:27il n'y a pas
00:43:28la publicité
00:43:29qui est mise en avant.
00:43:31On ne s'est pas parlé avant,
00:43:32M. Yacové.
00:43:32Non, pas du tout.
00:43:33Il y a dans le public
00:43:34Fouad.
00:43:35Fouad,
00:43:35vous êtes directeur
00:43:36de la mission périscolaire
00:43:37à Nantes
00:43:37et vous,
00:43:38justement,
00:43:39votre combat,
00:43:39si on peut le dire,
00:43:40c'est le goûter.
00:43:41Oui, tout à fait.
00:43:43C'est le goûter.
00:43:44Le goûter salé,
00:43:45c'est mieux.
00:43:46Alors,
00:43:47salé
00:43:48et sous différentes formes,
00:43:49j'ai envie de dire.
00:43:51Mais j'ai entendu
00:43:52beaucoup de propos
00:43:53très intéressants
00:43:54depuis le départ
00:43:54et j'aimerais réagir
00:43:55en fait sur
00:43:56la notion d'engagement
00:43:57puisque la ville
00:43:58où j'interviens,
00:44:00la ville de Nantes
00:44:01en l'occurrence,
00:44:02est une ville
00:44:03très engagée,
00:44:04notamment sur la question
00:44:05de l'alimentation.
00:44:05Depuis de nombreuses années
00:44:07maintenant,
00:44:08il y a diverses actions
00:44:10qui viennent traiter
00:44:11cette question
00:44:11de l'alimentation
00:44:12et de la santé.
00:44:13On a sur place,
00:44:14par exemple,
00:44:14des dispositifs
00:44:15et en particulier
00:44:16à l'échelle des enfants
00:44:17puisqu'on parle des enfants
00:44:18dans ce cas de figure
00:44:19sur la question du goûter,
00:44:21des dispositifs
00:44:22qui visent à labelliser
00:44:24avec UNICEF
00:44:25une ville amie
00:44:26à hauteur d'enfant.
00:44:27Il y a toute une réflexion
00:44:28aussi sur le sujet
00:44:31de la restauration
00:44:33avec la labellisation
00:44:34éco-certe
00:44:35en cuisine.
00:44:36Ce que je veux dire par là,
00:44:37c'est que la question
00:44:38du goûter,
00:44:39elle est aussi primordiale.
00:44:40C'est un temps
00:44:41qui est au même titre
00:44:45que le petit-déjeuner,
00:44:46que le déjeuner
00:44:47ou que le repas du soir
00:44:49important.
00:44:50C'est 15%
00:44:51des apports journaliers
00:44:52quand même
00:44:53pour l'enfant.
00:44:54Et c'est vrai que chez nous,
00:44:55c'est important
00:44:56d'avoir cette représentation
00:44:59de ce que joue le goûter.
00:45:00On a travaillé
00:45:02à un dispositif
00:45:03qui vise
00:45:04notamment
00:45:06à améliorer
00:45:07les aspects nutritionnels
00:45:08au niveau du goûter
00:45:09avec la ville de Nantes,
00:45:10avec le service de théététique,
00:45:12notre chargée de mission
00:45:13pédagogie et qualité.
00:45:14Et on est parti
00:45:16du constat
00:45:17que les goûters
00:45:20fournis généralement
00:45:20par les parents,
00:45:22que ce soit
00:45:22dans les quartiers populaires,
00:45:24mais aussi dans les quartiers
00:45:25intermédiaires,
00:45:26voire parfois
00:45:26dans les centres-villes,
00:45:27même s'il y a un gros
00:45:28rapport d'inégalité,
00:45:29je l'entends,
00:45:30on est parti du constat
00:45:31que les goûters
00:45:31étaient trop riches en sucre,
00:45:34saturés,
00:45:35gras.
00:45:35Et à partir de là,
00:45:36on a réfléchi
00:45:37à une manière
00:45:38de transformer
00:45:40les pratiques.
00:45:41Et dans la transformation
00:45:41des pratiques,
00:45:42ça passe
00:45:43du coup
00:45:44par une réflexion
00:45:45qui vise
00:45:46à mieux organiser
00:45:48le goûter
00:45:49en limitant
00:45:51du coup
00:45:51les protéines,
00:45:52en favorisant
00:45:55un meilleur apport
00:45:56de fibres,
00:45:56en maîtrisant
00:45:58la quantité
00:45:59de glucides complexes.
00:46:01Les familles,
00:46:02aujourd'hui,
00:46:02quand elles vont
00:46:02dans des magasins,
00:46:04elles ne repèrent pas,
00:46:05elles repèrent mal,
00:46:06elles vont les fassiner
00:46:07vers des produits
00:46:08transformés
00:46:08au lieu d'aller
00:46:10vers des produits
00:46:10dits non transformés.
00:46:12Elles ne repèrent pas
00:46:13le Nutri-Score.
00:46:13Donc il faut les accompagner,
00:46:15il faut les aider.
00:46:17On voit aussi
00:46:18pas mal de choses.
00:46:20Je pense que les familles
00:46:20font de plus en plus
00:46:21attention au Nutri-Score.
00:46:23Mais c'est difficile,
00:46:23c'est difficile pour elles
00:46:24parce qu'elles ne comprennent pas
00:46:25forcément les étiquettes
00:46:26et y compris
00:46:26quand on est alerte sur le...
00:46:28Mais alors moi,
00:46:28je suis très curieuse.
00:46:29Vous leur donnez quoi
00:46:29au goûter ?
00:46:30On leur donne du coup
00:46:32des choses simples,
00:46:36faciles à absorber,
00:46:37yaourt, lait,
00:46:40céréales,
00:46:42des fruits,
00:46:44du pain
00:46:45et ça se passe très bien
00:46:47en fait.
00:46:48Ça se passe très bien.
00:46:49Et en accompagnant l'enfant,
00:46:51du coup,
00:46:52on modifie les pratiques
00:46:53parce que les enfants,
00:46:54ils sont capables
00:46:54en fait de gérer...
00:46:55Ça passe,
00:46:56ils ne boutent pas
00:46:56quand vous leur supprimez
00:46:57les gâteaux,
00:46:58tout ça, ça va.
00:46:59Ça peut être difficile
00:47:00parce qu'il y a les effets
00:47:01du marketing,
00:47:02il y a les effets
00:47:02de l'accoutumance,
00:47:04il y a les effets
00:47:04des équilibres alimentaires
00:47:06qu'on absorbe aussi
00:47:07quand on décide
00:47:08de transformer les pratiques.
00:47:09Donc ça prend du temps
00:47:10mais il faut s'engager,
00:47:11il faut pouvoir le faire.
00:47:13Et aujourd'hui,
00:47:14on manque cruellement
00:47:15d'engagement au niveau de l'État
00:47:16pour accompagner
00:47:17les collectivités
00:47:18sur ce sujet-là.
00:47:19Marie-Christine,
00:47:20la diététicienne à vos côtés,
00:47:22Fouad,
00:47:22vous voulez réagir.
00:47:23Le goûter ?
00:47:24Oui, moi je voulais réagir
00:47:25sur le goûter.
00:47:27J'ai vu les packagings.
00:47:30Avant, les gâteaux,
00:47:31ils n'étaient pas en étui,
00:47:32en sachet.
00:47:33Aujourd'hui,
00:47:34vous avez des gâteaux,
00:47:35des marques de gâteaux
00:47:36où vous avez qu'en mettre
00:47:37huit gâteaux par étui.
00:47:39Ce n'est pas normal.
00:47:40Et ce qui fait que
00:47:41dans le paquet,
00:47:42vous avez deux étuis
00:47:43de huit gâteaux.
00:47:45Le parent,
00:47:45qu'est-ce qu'il fait ?
00:47:46Il va mettre un étui
00:47:47dans le sac de l'enfant.
00:47:49Sauf que l'enfant,
00:47:50il peut très bien manger
00:47:51un gâteau au goûter,
00:47:52il n'y a pas de souci.
00:47:54Mais deux,
00:47:55ça lui suffit en fait.
00:47:56Il n'a pas besoin
00:47:57de manger les huit.
00:47:58Mais qu'est-ce qu'il va faire ?
00:47:59Il ne va pas les jeter en fait.
00:48:01Donc, il va les consommer.
00:48:02Donc là,
00:48:02le problème,
00:48:03il est là.
00:48:04Moi,
00:48:04j'ai vu cette transformation.
00:48:05Ça fait 30 ans
00:48:06que je suis diététicienne.
00:48:08Je suis maman d'enfants
00:48:10qui sont âgés aujourd'hui
00:48:11de 22 ans.
00:48:12Et je l'ai vu,
00:48:12cette transformation.
00:48:13Un jour,
00:48:14j'ai voulu,
00:48:15voilà,
00:48:15ils voulaient des gâteaux
00:48:16au goûter.
00:48:18Ok,
00:48:18pourquoi pas ?
00:48:19J'avais les deux paquets
00:48:20de gâteaux similaires,
00:48:21la même marque similaire
00:48:23l'un à côté de l'autre.
00:48:24J'en avais un,
00:48:25ils étaient en rangée classique,
00:48:27on va dire.
00:48:28Et les autres à côté,
00:48:29ils étaient en étui.
00:48:30Et bien,
00:48:31non seulement,
00:48:31il me coûtait plus cher
00:48:32de les prendre en étui
00:48:33et j'en avais moins
00:48:34en termes de quantité.
00:48:37Donc,
00:48:38la problématique,
00:48:39elle est là quand même.
00:48:39Pourquoi ils ont mis
00:48:41des gâteaux en étui ?
00:48:42Donc moi,
00:48:43je conseille aux parents,
00:48:44en fait,
00:48:44tout simplement,
00:48:45de les enlever des étuis
00:48:46pour sensibiliser justement
00:48:48leurs enfants
00:48:49et ne pas les habituer.
00:48:50Parce que maintenant,
00:48:50il y a même des marques
00:48:51qu'on ne trouve plus
00:48:52sans étuis.
00:48:52Mais complètement.
00:48:53Mais c'est ça.
00:48:54Donc moi,
00:48:54je leur dis bien aux enfants,
00:48:56il ne faut pas culpabiliser
00:48:57les parents non plus
00:48:58de donner des gâteaux aux enfants.
00:49:01Donc souvent,
00:49:01moi,
00:49:01quand je reçois des enfants
00:49:02en consultation au cabinet,
00:49:05en fait,
00:49:06voilà,
00:49:06on essaye de travailler là-dessus
00:49:08plutôt que de les culpabiliser,
00:49:09de dire le sucre,
00:49:10c'est pas bon,
00:49:10tout ça,
00:49:11c'est important.
00:49:12Benjamina,
00:49:12on est en plein dedans
00:49:13avec le sport d'étui.
00:49:15Parce que là,
00:49:15on parlait de l'étiquetage,
00:49:16mais finalement,
00:49:17on arrive à l'emballage maintenant.
00:49:18Alors,
00:49:18je voudrais dire un mot,
00:49:20ça a été un peu dit,
00:49:20mais je voudrais le signaler.
00:49:22Un des arguments
00:49:23de l'industrie agroalimentaire,
00:49:25c'est,
00:49:26il faut nourrir les Français
00:49:27pas chers
00:49:27et donc,
00:49:29c'est la raison pour laquelle
00:49:30on est plus ou moins envahi
00:49:32et c'est comme ça
00:49:34par les produits transformés
00:49:36qui sont moins chers
00:49:37qui permettent
00:49:37à des Français
00:49:38qui ont des revenus
00:49:39pas terribles
00:49:40ou bien qui ont,
00:49:41qui peuvent manger
00:49:42comme tout le monde.
00:49:43Simplement,
00:49:44le fardeau social
00:49:44est beaucoup plus important
00:49:45qu'on ne peut l'imaginer.
00:49:47Vous l'avez montré au départ,
00:49:49cette alimentation
00:49:50hyper sucrée,
00:49:51hyper transformée
00:49:51est à l'origine
00:49:52de maladies graves
00:49:53qui coûtent à la société
00:49:54bien plus cher
00:49:55que si on faisait
00:49:55l'option
00:49:56d'une alimentation
00:49:57saine,
00:49:58non transformée
00:49:58et de proximité.
00:50:00Et je pense que là,
00:50:00là-dessus,
00:50:01il faut vraiment être très clair.
00:50:02On avait,
00:50:04je parle d'un argument,
00:50:06d'un lobby,
00:50:07d'une industrie,
00:50:07parce que j'en ai,
00:50:08celle de l'alcool
00:50:08qui ne m'aime pas beaucoup
00:50:09mais que j'aime beaucoup.
00:50:12L'alcool coûte 105 milliards
00:50:13d'euros tous les ans
00:50:14en France.
00:50:15Elle rapporte 30 milliards.
00:50:17Je ne dis pas
00:50:17qu'il faut arrêter
00:50:18arracher les vignes,
00:50:19ce n'est pas ça la question.
00:50:20Mais si on arrive
00:50:21à faire un travail
00:50:22d'information,
00:50:23de régulation,
00:50:24évidemment,
00:50:24on peut arriver
00:50:25à équilibrer.
00:50:26C'est exactement
00:50:26la même chose
00:50:27que j'entends
00:50:28avec la question du sucre,
00:50:29la question de la conservation
00:50:31parce qu'ils vous disent
00:50:32évidemment,
00:50:33on met sur le marché
00:50:33des produits
00:50:34qui ont besoin
00:50:34d'être conservés
00:50:35par du sucre,
00:50:35par du sel,
00:50:37ça permet aussi
00:50:38aux gens
00:50:38de pouvoir les stocker,
00:50:39ça permet aussi
00:50:40sur le volume
00:50:41de vendre moins cher
00:50:42et au bout du coup...
00:50:43Oui, mais on voit bien
00:50:44que là,
00:50:45personne n'est dupe
00:50:45de cette histoire d'étui.
00:50:46Alors, il y a peut-être
00:50:47une facilité à emporter
00:50:48de moins en moins,
00:50:49vous avez raison.
00:50:49Le goûter qui ne va pas
00:50:50s'écraser au fond du cartable aussi
00:50:52mais est-ce qu'il y a besoin
00:50:53de faire deux étuis
00:50:54d'huit gâteaux ?
00:50:55C'est sûr que non.
00:50:56Non, mais...
00:50:57Vas-y.
00:50:58Pardon,
00:50:59mais c'est le...
00:51:00Je le redis,
00:51:01mais c'est leur...
00:51:03C'est des...
00:51:04Ça s'appelle le capitalisme
00:51:07et la santé,
00:51:10c'est la variable d'ajustement.
00:51:12Même quelquefois,
00:51:13ils vont aussi être présents
00:51:15dans les produits
00:51:17pour faire les régimes.
00:51:19Comme ça, du coup,
00:51:19ils sont tout au long
00:51:20de la chaîne...
00:51:22On va y venir.
00:51:23De la chaîne de valeur.
00:51:24Donc, il y a...
00:51:25Ce truc est important.
00:51:26Après, moi,
00:51:27j'entends ce qui est dit,
00:51:29mais je suis d'accord.
00:51:31Il y a des...
00:51:32Vers les industriels,
00:51:33il faut être sans doute
00:51:35beaucoup plus intransigeants
00:51:37vers les citoyens
00:51:38et vers les enfants
00:51:39et notamment parce que,
00:51:40par rapport à la génération d'avant,
00:51:43leur capacité d'information
00:51:45par les réseaux sociaux,
00:51:47etc.,
00:51:47qui est...
00:51:47Tous les jours,
00:51:48on dit c'est grave,
00:51:49c'est grave.
00:51:49En même temps,
00:51:50ils sont quand même...
00:51:51Ils ont beaucoup plus d'infos.
00:51:53Ils sont beaucoup plus connectés
00:51:54que nous ne l'étions.
00:51:56À leur époque.
00:51:56Et donc, il faut leur mettre
00:51:57à disposition...
00:51:59Il faut mettre à disposition
00:52:00ces éléments-là.
00:52:01Pourquoi je dis ça ?
00:52:02Parce que, moi,
00:52:03j'ai été frappé,
00:52:04j'ai été patron
00:52:05de l'Agence régionale de santé
00:52:06pendant le Covid,
00:52:08l'Agence régionale de santé
00:52:09d'Île-de-France.
00:52:11On est obsédé aujourd'hui
00:52:12par les complotistes,
00:52:14les anti-vax,
00:52:15les trucs.
00:52:16Le confinement,
00:52:17il n'y a quand même
00:52:18pas de truc pire.
00:52:20Ça a été hyper respecté
00:52:21dans ce pays.
00:52:22Parce qu'on a pris
00:52:23le temps d'expliquer.
00:52:25Parce que,
00:52:25je ne sais pas mon bord politique,
00:52:26mais Édouard Philippe,
00:52:28il a pu dire
00:52:29il y a des choses qu'on sait,
00:52:30des choses qu'on ne sait pas.
00:52:31Voilà ce qu'il faut faire.
00:52:32Voilà comment on va éviter
00:52:33que le système
00:52:34ne s'effondre.
00:52:36La vaccination,
00:52:37tout le monde disait,
00:52:38les Français,
00:52:38la vaccination,
00:52:39ils ne veulent pas
00:52:39entendre parler.
00:52:40Vous vous rappelez,
00:52:41la ruée
00:52:42et le fait qu'on a été
00:52:43nous-mêmes débordés.
00:52:45Je pense que le pari
00:52:46qu'on doit faire,
00:52:47c'est que l'effort
00:52:49démocratique
00:52:50pour partager
00:52:51ces enjeux
00:52:52il doit être fait.
00:52:54Et ce n'est pas
00:52:55juste,
00:52:56encore une fois,
00:52:57une cerise sur le gâteau
00:52:58où on fera tout ça
00:52:58quand on aura réglé
00:52:59le problème de l'hôpital.
00:53:00C'est simultanément
00:53:02qu'on doit faire ça
00:53:03parce que sinon,
00:53:04notre système,
00:53:04comme le disait Xavier,
00:53:05va se casser la gueule.
00:53:06Vous êtes sensible
00:53:07à l'argument de Fouad
00:53:08qui dit aussi
00:53:09que ça commence aussi
00:53:10par ces petites actions
00:53:12qui ne sont pas si petites
00:53:13au moment du goûter,
00:53:15d'aider les écoles
00:53:16et de ne pas laisser
00:53:17les parents
00:53:17mettre des gâteaux.
00:53:19C'est ce que je disais
00:53:22tout à l'heure.
00:53:22C'est des pathologies
00:53:23qui se construisent lentement
00:53:25et silencieusement.
00:53:26Et donc,
00:53:27oui,
00:53:27moi je pense que
00:53:27ça passe par des petites actions
00:53:29mais qui sont des actions
00:53:31plutôt très importantes.
00:53:33Pour moi,
00:53:34ce n'est pas une histoire
00:53:34simplement que de petites actions
00:53:35qui peuvent me permettre.
00:53:36Il faut pouvoir s'engager
00:53:37parce que ça a un coût
00:53:39que de livrer
00:53:40des goûters gratuits
00:53:42équilibrés
00:53:43à un public
00:53:43qu'on accueille.
00:53:44ça représente un coût
00:53:45et il y a une vraie inégalité
00:53:47entre les collectivités
00:53:48en France
00:53:48qui ne peuvent pas
00:53:49nécessairement
00:53:49toutes financer
00:53:50et aussi accompagner
00:53:52les équipes
00:53:53qui prennent en charge
00:53:54ces sujets-là
00:53:54parce qu'il faut pouvoir former,
00:53:56il faut pouvoir informer,
00:53:57il y a de la prévention
00:53:59et ça prend du temps.
00:54:01Donc,
00:54:01il faut avoir en tête
00:54:02que les villes
00:54:03qui vont s'en sortir le mieux
00:54:04ce sont les villes
00:54:05qui financièrement
00:54:06peut-être auront les moyens
00:54:08de gérer ces situations.
00:54:09Or,
00:54:10il y a une vraie inégalité
00:54:11structurelle en fait
00:54:12qu'il faut pouvoir accompagner
00:54:13et je pense que l'État
00:54:14doit jouer ce rôle
00:54:16auprès de ces collectivités.
00:54:17Je ne suis pas toujours
00:54:19loin de là
00:54:20à défendre
00:54:21le ministère
00:54:21de l'Agriculture
00:54:23parce que généralement
00:54:23c'est plutôt mes ennemis
00:54:25concernant
00:54:25la question du sucre
00:54:27mais pour le coup
00:54:28il y a un programme
00:54:28aujourd'hui
00:54:29je l'ai dit tout à l'heure
00:54:30lait et fruits
00:54:31pour les collectivités locales
00:54:32qui financent
00:54:33l'ensemble
00:54:33des collectivités locales
00:54:34pour mettre des goûters
00:54:37avec des produits
00:54:38sains
00:54:38et c'est financé
00:54:39par les fonds européens
00:54:41et le problème
00:54:42c'est que les collectivités
00:54:43ont très peu
00:54:44cette information
00:54:44et donc n'utilisent pas
00:54:46ces fonds qui existent
00:54:47et qui
00:54:47et d'ailleurs le ministère
00:54:49fait même des rappels
00:54:50auprès de l'association
00:54:52des maires de France
00:54:52pour faire en sorte
00:54:53que ces fonds soient utilisés
00:54:55pour éviter que l'Europe
00:54:55nous le reprenne
00:54:56in fine.
00:54:56mais moi ce que je voulais
00:54:57répondre aussi
00:54:58c'est sur la question
00:54:59des emballages
00:55:01mais les emballages
00:55:02mais aussi pour la question
00:55:02des fruits
00:55:03il y a une grande marque
00:55:04de fast food
00:55:05dont je tairai le nom
00:55:07qui a décidé un jour
00:55:08de changer
00:55:09ses produits
00:55:10de dessert
00:55:11pour les enfants
00:55:11et de mettre des pommes
00:55:13et en fait
00:55:14des sachets de pommes
00:55:15et ces sachets de pommes
00:55:16en fait
00:55:17plutôt que de faire
00:55:18une pomme entière
00:55:19ou honnêtement
00:55:20personne n'a envie
00:55:20de manger une pomme entière
00:55:21et bien en fait
00:55:22ils l'ont fait
00:55:22en quartier
00:55:24et en fait
00:55:24le fait de l'avoir
00:55:25en quartier
00:55:26les enfants
00:55:26mangent plus facilement
00:55:27des pommes
00:55:28c'est devenu ludique
00:55:29et en fait
00:55:29c'est ça aussi
00:55:30qu'il faut qu'on essaye
00:55:31d'apprendre
00:55:32et d'accompagner
00:55:33les parents
00:55:34d'accompagner aussi
00:55:34les collectivités locales
00:55:35plutôt que de donner
00:55:36une banane entière
00:55:37ou une pomme entière
00:55:39d'avoir des morceaux
00:55:40de fruits
00:55:41pour permettre
00:55:42de remplacer
00:55:43le dessert
00:55:43je vous propose
00:55:44de sortir du fast food
00:55:45et du sachet de pommes
00:55:46il y a quand même
00:55:47une prise de conscience
00:55:48et une adaptation
00:55:49notamment chez les pâtissiers
00:55:50on en parlait
00:55:50dans un instant
00:55:51avec vous Clarence
00:55:52vous êtes de plus en plus
00:55:53nombreux à vous mettre
00:55:54aux gâteaux
00:55:55sans sucre blanc
00:55:56on est allé
00:55:57dans une pâtisserie
00:55:58à Paris
00:55:59avec Maïté Frémont
00:56:00et Juliette Prunier
00:56:00pour que vous voyez bien
00:56:01à quoi ressemblent
00:56:02ces gâteaux
00:56:03mais on va pas l'égoutir
00:56:04dont cet atelier
00:56:05de pâtisserie
00:56:06dernière touche
00:56:07avant l'envoi
00:56:07en salle
00:56:08d'abord pour les flancs
00:56:10qui se partent
00:56:10de leur couche de caramel
00:56:11un peu particulier
00:56:13et puis les tartes au citron
00:56:15qui s'habillent
00:56:15de meringue
00:56:16rien d'extraordinaire
00:56:18un détail près
00:56:19en fait la petite particularité
00:56:21de nos pâtisseries
00:56:22c'est qu'elles sont faites
00:56:22sans sucre blanc
00:56:24vous voyez donc
00:56:25c'est du sucre de fruits
00:56:26donc c'est assez fin
00:56:27je dirais que c'est
00:56:28en termes de texture
00:56:28c'est un mélange
00:56:29entre du sucre glace
00:56:30et du sucre semoule
00:56:31et la particularité
00:56:33c'est qu'il a un poire sucrant
00:56:34qui est deux fois plus élevé
00:56:35faire des gâteaux sans sucre
00:56:36cocasse
00:56:37pâtant
00:56:38cette poudre blanche
00:56:40est issue de fruits
00:56:41des pommes
00:56:41et du raisin
00:56:42du sud de la France
00:56:43il se dissout
00:56:45hyper bien
00:56:46donc très pratique
00:56:47à utiliser
00:56:47en pâtisserie
00:56:49pour Dorian
00:56:4925 ans
00:56:50aux milliers de followers
00:56:52sur les réseaux sociaux
00:56:53quand est-ce que j'ouvre ma pâtisserie
00:56:54sur Paris ?
00:56:55je crois que c'est le jour J
00:56:56plus question de travailler
00:56:57le sucre blanc
00:56:58trop nocif
00:56:59pour la santé
00:57:00ce jour-là
00:57:01avec les viennoiseries
00:57:02de la veille
00:57:03il cuisine un beau stock
00:57:04et dans sa crème anglaise
00:57:06son fameux sucre de fruits
00:57:09alors c'est du four
00:57:10on va ajouter du caramel
00:57:11au sucre de fruits
00:57:12ça c'est paradoxal
00:57:13mais du caramel
00:57:14et là on va rajouter
00:57:15des petits pépites de chocolat
00:57:16le fructose
00:57:17à l'indice glycémique
00:57:18bas est-il une alternative
00:57:19au glucose ?
00:57:21son prix au kilo
00:57:22reste neuf fois plus élevé
00:57:24allez au soleil
00:57:26dans la vie quotidienne
00:57:27on mange tellement
00:57:28de mauvais sucres
00:57:30que s'il y a des alternatives
00:57:31et si on peut faire ça
00:57:33pourquoi pas en fait
00:57:33une alternative
00:57:34qui a tout de même un coût
00:57:36pour une tarte individuelle
00:57:37il faudra débourser
00:57:39environ 7 euros
00:57:41et Clarence
00:57:42vous avez fait
00:57:43la même chose
00:57:44vous êtes pâtissier
00:57:45vous faites des gâteaux
00:57:46sans sucre blanc
00:57:47mais avec du sucre de fruits
00:57:48et on vient de le voir
00:57:50il y a juste un petit problème
00:57:52c'est que ça coûte
00:57:52vraiment plus cher
00:57:53mais on en met beaucoup moins
00:57:54oui ça coûte plus cher
00:57:57alors c'est intéressant
00:57:58parce que la pâtisserie
00:57:59que vous montrez
00:58:00ça fait
00:58:01le sucre qu'ils utilisent
00:58:03ça fait plusieurs années
00:58:04qu'on l'utilise
00:58:04et on est content
00:58:05de pouvoir voir
00:58:06qu'ils ont enfin ouvert
00:58:07une pâtisserie
00:58:08ils nous ont copié en fait
00:58:09ils nous ont copié
00:58:10alors on ne peut pas dire ça
00:58:11c'est une inspiration
00:58:11une inspiration positive
00:58:13je pense
00:58:13comment vous est venue l'idée ?
00:58:15alors l'idée
00:58:16c'est intéressant
00:58:17on ne peut pas parler
00:58:18de la pâtisserie
00:58:20le destin du gourmand
00:58:20sans parler de l'histoire
00:58:21d'Ela Judiop
00:58:22qui est un de mes amis proches
00:58:23avec qui j'ai grandi
00:58:25et qui est un ancien
00:58:25basketteur professionnel
00:58:27et donc le nom
00:58:28le destin du gourmand
00:58:29alors vous devez comprendre
00:58:30le pourquoi
00:58:30donc ancien basketteur pro
00:58:32reconverti en pâtissier
00:58:34à la fin de sa carrière
00:58:36et c'est juste avant
00:58:37donc d'être capable
00:58:38enfin de pouvoir lancer
00:58:39sa propre pâtisserie
00:58:41qu'il a malheureusement
00:58:43il a dû aller à l'hôpital
00:58:44et il a frôlé le coma
00:58:46et on lui a diagnostiqué
00:58:47à ce moment-là
00:58:48un diabète de type 2
00:58:50ce qui fait que son rêve
00:58:51au moment où il allait
00:58:51ouvrir une pâtisserie
00:58:52il n'était pas loin
00:58:53c'est-à-dire que le projet
00:58:54était dans les tuyaux
00:58:55et c'était pour ça
00:58:56qu'il travaillait
00:58:56donc si vous voulez
00:58:57tout ce que vous venez
00:58:58d'apprendre
00:58:59la cuisine
00:59:00la pâtisserie française
00:59:02avec ses règles
00:59:02tout à coup
00:59:03tombe à l'eau
00:59:04pour lui
00:59:05mais au lieu d'utiliser
00:59:07enfin de sombrer
00:59:08dans la dépression
00:59:09et dans la déprime
00:59:10il a fait de ce problème
00:59:13une force
00:59:14et il a...
00:59:14avec vous
00:59:15vous êtes son associé
00:59:17vous étiez pas encore
00:59:18dans le...
00:59:18d'accord
00:59:19mon histoire est moins
00:59:20importante que la sienne
00:59:21mais il a quand même
00:59:22utilisé ce problème
00:59:24il en a fait
00:59:25donc une force
00:59:25et il a développé
00:59:27pendant un an
00:59:27toute une gamme
00:59:28de pâtisseries
00:59:29traditionnelles françaises
00:59:30sans sucre ajouté
00:59:31donc à l'instar
00:59:33de ce que disait
00:59:34madame
00:59:35écoutez-moi
00:59:35désolé
00:59:35j'ai oublié votre prénom
00:59:37Clémentine
00:59:38Clémentine
00:59:38merci
00:59:39moi c'est Clarence
00:59:41un peu proche
00:59:41de prénom
00:59:42et du coup
00:59:46à l'instar
00:59:47de ce qu'elle disait
00:59:47les sucres
00:59:48le sucre blanc
00:59:49a des propriétés chimiques
00:59:50dans les pâtisseries
00:59:51donc retirer du sucre
00:59:53pour retirer du sucre
00:59:54tout le monde
00:59:55peut le faire
00:59:55mais il y a un travail
00:59:57beaucoup plus important
00:59:59d'équilibre
01:00:00et...
01:00:01et le fructose
01:00:02a les mêmes propriétés
01:00:03enfin le sucre de fruits
01:00:04a les mêmes propriétés
01:00:06que le sucre blanc
01:00:07que vous avez réussi
01:00:08à enlever de vos gâteaux
01:00:09pas forcément
01:00:10ça va dépendre
01:00:11du type de fructose
01:00:12mais là
01:00:12en l'occurrence
01:00:13on parlait
01:00:13d'un sucre
01:00:14en particulier
01:00:15qui est un sucre
01:00:16je vais pas citer
01:00:18la marque
01:00:18je pense pas
01:00:19que j'ai le droit
01:00:19mais qui est un sucre
01:00:20qui est sous deux formes
01:00:23soit de granulé
01:00:25soit liquide
01:00:26et qui peut être extrait
01:00:27c'est un procédé
01:00:28d'extraction
01:00:29un peu particulier
01:00:31mais on n'utilise pas
01:00:32que ça
01:00:33est-ce que c'est un argument
01:00:34de vente pour vos clients
01:00:35c'est-à-dire
01:00:35ils viennent chez vous
01:00:36acheter des gâteaux
01:00:37parce qu'ils savent
01:00:38que c'est pas du sucre blanc
01:00:39ou alors c'est tout à fait
01:00:41à part
01:00:42et ça change pas
01:00:43le goût du gâteau
01:00:44dans notre clientèle
01:00:45il y a 80%
01:00:45de la clientèle
01:00:46qui est féminine
01:00:47déjà
01:00:47je sais pas pourquoi
01:00:48à vous de faire
01:00:49vos propres conclusions
01:00:50c'est des offres
01:00:51des gâteaux aux hommes
01:00:52ah c'est ça
01:00:53et il y a 20%
01:00:54de notre clientèle
01:00:55qui est diabétique
01:00:56donc au final
01:00:57on voit que le message
01:00:58n'est pas encore
01:00:59vraiment bien passé
01:01:00mais c'est vrai
01:01:01que la volonté
01:01:02des lades
01:01:02c'est de redonner
01:01:03de l'espoir
01:01:04pour les personnes
01:01:05entre autres malades
01:01:06parce qu'il n'y a pas
01:01:07que le diabète
01:01:07il y a aussi des personnes
01:01:08qui sont athlètes
01:01:09qui font des régimes
01:01:10keto ou autre
01:01:11et de retrouver
01:01:12de se réconcilier
01:01:13avec le plaisir
01:01:14de consommer
01:01:16des desserts
01:01:17de qualité
01:01:17comme les pâtisseries
01:01:19qu'ils produisent
01:01:19vous m'en avez apporté ?
01:01:21j'aurais voulu
01:01:22mais les pâtisseries
01:01:23voyagent très mal
01:01:24parce que c'est des pâtisseries
01:01:25très fines
01:01:27alors je viendrai
01:01:28en acheter alors
01:01:28merci infiniment
01:01:29ça passe tellement vite
01:01:30une heure
01:01:31on avait encore
01:01:31plein de choses
01:01:32à se dire
01:01:32mais merci vraiment
01:01:33à vous d'être venus
01:01:34ce soir
01:01:34interroger
01:01:35monsieur le sénateur
01:01:36et monsieur le député
01:01:37et monsieur le professeur
01:01:39j'espère que
01:01:40ces échanges
01:01:41ont été fructueux
01:01:43pour vous
01:01:44je vous souhaite
01:01:45de passer une excellente
01:01:46soirée
01:01:46et une belle fin de semaine
01:01:47sur la 8
01:01:48sur LCP
01:01:49nous on vient
01:01:49avec chaque voix compte
01:01:50dès mardi
01:01:51à 19h30
01:01:52bonne soirée
01:01:53merci à vous
01:01:55merci à vous
01:01:57merci à vous
Commentaires