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  • il y a 25 minutes
À LA UNE / Carburants : l'État impuissant ?

Alors que les prix de l'essence et du gazole ont dépassé 2 euros le litre en France du fait de la guerre au Moyen-Orient, ce mardi 7 avril, des blocages à l'initiative d'entreprises de travaux publics et de paysages ont eu lieu sur le périphérique nantais. Ce même jour, TotalEnergies met fin au plafonnement général des prix de l'essence et du gazole dans ses 3 300 stations françaises. Face à cet enlisement, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a demandé, le lundi 6 avril, à la veille d'une rencontre entre les syndicats et les ministres de l'Économie, du Travail et de l'Energie, la mise en place d'une « prix maximum à la pompe de 1,70 euro ». Le gouvernement a dit prévoir un nouveau dispositif d'aides pour certaines professions mais la ministre de l'Énergie, Maud Bregeon, a de nouveau rejeté un blocage des prix et repoussé toute « aide universelle ». Or, selon un sondage publié par le HuffPost, 84 % des Français réclament une baisse des taxes sur le carburant. Si l'Espagne a décidé une baisse de la TVA de 21%à 10% et a appelé, aux côtés de l'Autriche, de l'Allemagne etc., l'Europe à mettre en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques, les réponses du gouvernement français sont-elles à la hauteur ?

Invités :

Michel Picon, résident de l'Union des entreprises de proximité (U2P)
Bruno Cautrès, enseignant à Sciences Po et chercheur CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po
Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle


Chroniques :

« Le chiffre du jour » par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello


LA QUESTION QUI FÂCHE / Région Grand Est: l'Alsace demande le divorce

Les députés examinent, ce mardi 7 avril, une proposition de loi transpartisane, visant à sortir l'Alsace de la région Grand Est afin d'en faire une région à part entière. Portée par la députée Ensemble pour la République alsacienne Brigitte Klinkert, le texte a été adopté sous un format réduit en commission. Depuis 2021 et la création de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA), les deux départements alsaciens (Haut-Rhin et Bas-Rhin) jouissent d'ores et déjà d'un fonctionnement distinct. La PPL prévoit donc que l'Alsace devienne une « collectivité à statut particulier » sur le modèle de la Corse ou de la métropole de Lyon. Si la loi est adoptée, l'Alsace cumulerait alors les compétences de la CEA et celles de la région. « Une simplification du millefeuille territorial » justifiait la députée, Brigitte Klinkert. Cela impliquerait de quitter la région Grand Est. De son côté, le président de la région Grand Est, Franck Leroy, appelle à « ne pas défaire ce qu'on a mis dix ans à construire ». Opposés à cette PPL, les socialistes ont déposé une motion de rejet. L'exécutif a, quant-à-lui, fait le choix d'un « avis de sagesse », tout en présentant toutefois un amendement afin de prévoir une consultation des habitants du Grand Est. Entre région autonome

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Transcription
00:00:06Générique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat.
00:00:30En direct de l'Assemblée Nationale avec pour m'accompagner ce soir Fanny Guinochet, journaliste à France Info.
00:00:35Bonsoir Fanny.
00:00:36Bonsoir.
00:00:37Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:39Merci à tous les deux d'être là.
00:00:40C'est parti pour le sommaire avec à la une de Chaque Voix Compte ce soir le quoi qu'il
00:00:44en coûte pas grand chose.
00:00:45L'État doit annoncer de nouvelles mesures ciblées pour aider les automobilistes à amortir la hausse du prix des carburants.
00:00:52Total Energy poursuit le blocage de ses prix à la pompe mais relève quand même celui du diesel.
00:00:56Et pendant ce temps la pression s'accentue encore sur le gouvernement pour aider davantage tous les Français.
00:01:02Après 39 jours de guerre et alors que Donald Trump promet qu'une civilisation entière va mourir la nuit prochaine,
00:01:09que faut-il attendre ce soir ?
00:01:11Et bien nous en parlons avec vous Michel Picon.
00:01:13Bonsoir.
00:01:14Bonsoir.
00:01:14Président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité.
00:01:17Vous vous battez pour des aides ciblées pour les professionnels les plus touchés.
00:01:21Merci d'être là aux côtés de Bruno Cotteresse.
00:01:24Bonsoir Bruno, politologue, chercheur au Cevipof.
00:01:27Merci d'être avec nous.
00:01:28Et bonsoir Emmanuel Duteil.
00:01:29Bonsoir.
00:01:29Journaliste économique, directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle.
00:01:33Merci sincèrement à tous les trois d'être là ce soir.
00:01:35Fanny, on va en parler aussi avec votre chiffre du jour.
00:01:38Allez, 30, comme une trentaine de pays qui ont pris des mesures pour aider leurs citoyens,
00:01:43les automobilistes à faire face à cette hausse des carburants.
00:01:46À suivre aussi, quelle histoire ? Avec Olivier Ravanillo.
00:01:49Et je vais vous raconter une histoire de pâte à tartiner.
00:01:51Ah oui, ça c'est un autre carburant.
00:01:53Dans la deuxième partie de chaque voix qu'on me place à la question qui fâche,
00:01:56l'Alsace peut-elle sortir de la région Grand Est ?
00:01:58La proposition de loi examinée en ce moment même à l'Assemblée nationale
00:02:02est en train d'enflammer l'hémicycle.
00:02:04Alors son but, c'est de faire de l'Alsace à la fois une région et un département,
00:02:08quitte à donner des idées à d'autres territoires en France.
00:02:11Et nous en débattrons tout à l'heure avec Olivier Becht, député apparenté EPR du Haut-Rhin.
00:02:17Il défend cette mesure.
00:02:18Benjamin Morel, constitutionnaliste, sera avec nous.
00:02:21Et nous serons aussi avec Peyo Dufault, député apparenté socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
00:02:26Et il est basque, donc il nous dira lui ce qu'il en pense de ce divorce entre l'Alsace
00:02:30et le Grand Est.
00:02:30Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:34C'est simple, vous flashez le petit QR code qui est là.
00:02:36Et c'est Olivier Ravanello qui se charge de compiler vos messages et de nous les transmettre en plateau.
00:02:41Et puis il y aura aussi tout à l'heure Bourbon Express, le journal de l'Assemblée avec Marco Pommier.
00:02:45Et ce grand moment d'émotion cet après-midi à l'Assemblée nationale,
00:02:48quand a été annoncé le retour en France de Cécile Collère et Jacques Paris.
00:02:52Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:54Installez-vous confortablement.
00:02:56Chaque voix compte, c'est parti.
00:03:05Il y a donc eu deux types de chasse au trésor ce week-end.
00:03:07La chasse aux œufs de Pâques et la chasse au carburant.
00:03:10Parce qu'une station sur cinq a affiché en fait une rupture de stock.
00:03:14Les autres affichaient, elles, des prix toujours plus hauts.
00:03:17On en est à 2,315 euros en moyenne pour le gasoil au litre.
00:03:20Et 2,015 euros pour le litre de sans plomb 95.
00:03:25Et le sujet a de nouveau occupé largement les questions au gouvernement cet après-midi.
00:03:30Alors qu'une nouvelle réunion se tient en ce moment même à Bercy.
00:03:34Et que tout le monde attend l'annonce de nouvelles aides.
00:03:37Les toutes dernières infos avec Hélène Bonduelle.
00:03:45A la pompe, c'est chaque jour une mauvaise surprise pour les automobilistes.
00:03:49Des stations en rupture et des prix du carburant exorbitants.
00:03:53J'ai quand même 20-25 minutes de route par jour.
00:03:56Et ce qui fait que là, j'ai dû, la semaine dernière, arrêter de travailler pendant 3-4 jours
00:04:00parce que je n'avais pas les moyens de me payer l'essence.
00:04:02Le prix moyen de l'essence atteint 2,01 euros.
00:04:06Et celui du gasoil, 2,28 euros.
00:04:09Ambulanciers, transporteurs routiers, artisans.
00:04:13Les manifestations de professionnels se multiplient sur les routes
00:04:17pour réclamer des aides au gouvernement.
00:04:20On a des entreprises qui se retrouvent face à une hausse sans précédent du gasoil
00:04:25qu'elles ne peuvent pas répercuter sur leur devis.
00:04:28Donc elles réalisent des chantiers sans marge en fait.
00:04:30Un gouvernement pressé de toutes parts, y compris par les oppositions.
00:04:34On en vient à se poser la question de savoir s'il y a bien un pilote dans l'avion
00:04:38ou dans le bateau.
00:04:40Il n'y a pas de trajectoire sur ce choc pétrolier dont le gouvernement refuse de dire le non.
00:04:45Sur les bancs de l'Assemblée nationale, aujourd'hui, pas moins de 5 questions au gouvernement sur cette crise du
00:04:51carburant.
00:04:52Nous demandons depuis des années, c'est pas nouveau, c'est pas depuis cette crise,
00:04:56la baisse de la fiscalité de façon durable.
00:04:58Alors, comme l'avait dit Marine Le Pen, monsieur le Premier ministre,
00:05:01si vous ne savez pas faire, laissez la place à ceux qui savent.
00:05:05Combien de temps encore allez-vous mentir ?
00:05:06De nouvelles aides seront annoncées dans les jours à venir,
00:05:09parce qu'encore une fois, je le redis, nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent.
00:05:12Nous n'avons jamais laissé tomber les Français qui travaillent.
00:05:15Mais votre proposition, la TVA 55, c'est près de 12 milliards d'euros.
00:05:20Où est-ce qu'on trouve l'argent, monsieur Chenu ?
00:05:22Vous ne répondez que par des petites aides, payées par les impôts.
00:05:26Alors qu'il existe une mesure plus simple, qui ne coûte rien, bloquer les prix en prenant sur leurs super
00:05:32profits.
00:05:32Monsieur le député, on peut vous le répéter autant de fois que vous le souhaitez,
00:05:35le blocage des prix, c'est l'autoroute vers des problématiques d'approvisionnement et vers la pénurie.
00:05:42La pression monte sur les compagnies pétrolières.
00:05:46Cinq pays voisins réclament à l'Union Européenne de taxer les super profits générés par la hausse des prix du
00:05:51pétrole.
00:05:53La question s'invite dans l'hémicycle.
00:05:56Monsieur le ministre, allez-vous enfin taxer les super profits de Total Energy ?
00:06:00Ce soir, Total Energy annonce limiter le prix du diesel à 2,25 euros
00:06:05et prolonger le plafond pour l'essence à 1,99 euros.
00:06:10Alors pour commencer, je me tourne vers vous, Michel Picon.
00:06:13Vous représentez quelques 3 millions de petites entreprises.
00:06:15On est au 39e jour de guerre.
00:06:18Pour quelles professions réclamez-vous ce soir des aides ciblées
00:06:22alors que des premières aides avaient été annoncées pour les pêcheurs, pour les agriculteurs ?
00:06:26Pour tous ceux qui n'ont pas la capacité de répercuter dans leur prix,
00:06:31soit parce qu'ils sont tenus par des contrats,
00:06:33soit parce que leurs tarifs sont fixés, c'est le cas des infirmières,
00:06:36par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
00:06:38ou par les taxis, par les tarifs de préfecture.
00:06:42Tous les gens qui subissent sans avoir la possibilité d'expliquer à leurs clients
00:06:47et ça augmente un peu et j'ai besoin de faire ça.
00:06:50Donc pour nous, c'est la priorité.
00:06:51On sait bien que malheureusement, la situation,
00:06:54et sur ce plateau même, j'étais venu dénoncer la situation de l'endettement du pays,
00:06:59cet exercice budgétaire exécrable qui a terminé avec 125 milliards de déficits supplémentaires.
00:07:05Donc chacun sait que la situation de notre pays n'est pas celle d'autres pays européens que vous citiez
00:07:10tout à l'heure.
00:07:12Mais cela dit, il n'est pas concevable qu'il y ait dans les difficultés que nous vivons des gens
00:07:17qui profitent de la situation.
00:07:19J'entends aujourd'hui des artisans du bâtiment qui me disent que leur fournisseur leur annonce,
00:07:24leur fournisseur de bois, des augmentations allant de 10, 15, voire 20 %.
00:07:30– Parce qu'eux-mêmes répercutent la hausse du prix de l'essence pour leurs camions, non ?
00:07:34– Oui, ils doivent répercuter l'augmentation du gasoil,
00:07:37mais je pense que pour beaucoup de secteurs, ça abonde d'eau.
00:07:40Et moi, je pense qu'aussi bien pour l'État que pour un certain nombre de profiteurs de crise,
00:07:46il faut vraiment qu'il y ait des moyens pour réguler un petit peu ça,
00:07:50parce qu'il y a l'augmentation du carburant.
00:07:52Et puis tout ce qui va paralyser l'économie, c'est l'augmentation des matières premières,
00:07:56dans le bâtiment et dans la production agroalimentaire et dans des tas de domaines.
00:08:02Voilà, donc nous, priorité à ceux qui n'ont pas la capacité de répercuter,
00:08:07priorité évidemment aux gros rouleurs, et on voit bien aujourd'hui les travaux publics,
00:08:12par exemple, ces petites TPE dans les territoires qui s'occupent des fossés,
00:08:16s'occupent des chaussées, s'occupent des routes, ils sont en contrat.
00:08:19Moi, j'appelle les pouvoirs publics à réviser le montant de leur contrat,
00:08:23même si ce n'était pas prévu, mais on ne peut pas laisser quelqu'un
00:08:27avec un coût de production supérieur, inférieur, pardon, supérieur, excusez-moi,
00:08:34à son coût de carburant.
00:08:36Les gros engins que l'on voit au bord des routes qui font du tractopelle ou autre,
00:08:41ça consomme énormément de carburant.
00:08:43C'est payé à l'heure et aujourd'hui, ces gens-là travaillent à perte,
00:08:46ils étaient d'ailleurs sur toutes les routes, ils ont créé des blocages.
00:08:48Oui, là on voit, c'est le blocage du périphérique de Nantes ce matin.
00:08:51Absolument, absolument.
00:08:52Voilà, donc l'urgence, elle est, pour ces professions-là, le gouvernement...
00:08:57Mais quel genre d'aide vous demandez ?
00:09:00Je pense que l'augmentation de la fiscalité que récupère le gouvernement,
00:09:05elle doit être fléchée vers eux, alors soit avec une baisse du coût du carburant,
00:09:10du GNR pour eux, soit...
00:09:12Du gazoil non routier ?
00:09:13Oui, du gazoil non routier, enfin d'une manière ou d'une autre,
00:09:16pour rendre le coût, l'achat de leur carburant moins cher que ce qu'il est aujourd'hui.
00:09:22C'est un passage obligé.
00:09:23Et ensuite, après, évidemment, pour tous les Français,
00:09:27tous les Français, je citais il n'y a pas longtemps le fleuriste,
00:09:30qui tous les matins va arranger chercher ses fleurs,
00:09:32à la fin du mois, son addition, avec sa petite camionnette, elle sera plus lourde.
00:09:38Mais voyez-vous, je pense qu'il faut qu'on ait chacun la raison
00:09:41de cibler les aides sur les secteurs qui pourraient mourir,
00:09:45parce qu'il y en a qui pourraient mourir.
00:09:46Et puis, ceux qui le peuvent, il faut qu'ils passent un petit peu le cap.
00:09:50Si vous m'autorisez juste une chose, vous savez, dans les entreprises,
00:09:54la proximité, particulièrement dans les nôtres,
00:09:56où ce sont de petites entreprises, font qu'à la fin du mois de mars,
00:10:01on a donné une indemnité à nos salariés qui viennent de loin
00:10:04pour venir travailler.
00:10:06On a donné un petit 80 euros, un petit 100 euros.
00:10:10Tout ça, quand vous avez 7 ou 8 salariés, ça commence à faire un petit peu de sous.
00:10:13Mais les petites entreprises, elles font l'effort,
00:10:15parce qu'on sait bien les difficultés de nos salariés.
00:10:18Moi, j'appelle les pouvoirs publics à prendre les mesures
00:10:20pour que l'URSSAF ne vienne pas récupérer,
00:10:22sur cette petite aide au carburant que l'on donne à nos salariés,
00:10:2630 ou 40 % de cotisations sociales.
00:10:28Vous avez été reçu à plusieurs reprises à Bercy, vous l'avez dit, ça ?
00:10:30Oui, vous savez, il y a des moments où je n'ai plus de voix, alors.
00:10:33C'est gentil d'en avoir pour nous ce soir,
00:10:35parce que chaque voix compte, vous le savez, Michel Picon.
00:10:38Emmanuel Duteil, au moment où on parle,
00:10:40il y a une réunion en ce moment à Bercy,
00:10:42encore à nouveau avec des professionnels, des syndicats.
00:10:44Qu'est-ce qui est dans les tuyaux, exactement ?
00:10:46Il n'y a pas grand-chose dans les tuyaux,
00:10:48parce qu'il n'y a tout simplement pas d'argent.
00:10:50Et là-dessus, le gouvernement est quand même assez clair
00:10:52sur le fait que s'il y a des aides,
00:10:54elles seront ciblées.
00:10:55Et on sait qu'il y aura dans les jours à venir
00:10:57des mesures qui vont être annoncées
00:10:59pour soutenir une partie des professions
00:11:01dont parlait à l'instant M. Picon.
00:11:03Mais ce sera très cosmétique.
00:11:05Et la principale aide, finalement, pour le moment,
00:11:08c'est une sorte de blocage des prix
00:11:10ou le plafonnement que Total met en place,
00:11:13sûrement de concert avec l'État,
00:11:16pour essayer de limiter l'impact.
00:11:19Et on voit très bien que ça fonctionne d'une certaine manière
00:11:21quand on voit l'afflux qu'il peut y avoir aujourd'hui
00:11:23dans les stations de Total.
00:11:24Mais si l'État a réussi à tordre un peu le bras
00:11:27de Total Energy, pourquoi est-ce qu'il n'a pas réussi
00:11:29à le faire avec les autres distributeurs ?
00:11:31Parce que Total est le seul à maîtriser l'intégralité
00:11:33de sa chaîne de production en France.
00:11:35C'est l'une des principales majors au monde,
00:11:37que malgré tout, même s'ils sont très souvent critiqués
00:11:40pour être une entreprise qui ne serait pas suffisamment patriote,
00:11:43ça reste une entreprise française,
00:11:45dirigée par un patron français,
00:11:48qui, pour des questions également d'image,
00:11:50mais essaye de faire ça,
00:11:52et puis également pour des questions de dire
00:11:54« Bon, si je fais ça, j'aurais peut-être pas de surtaxe »,
00:11:56etc. Il y a bien évidemment une contrepartie à tout cela.
00:12:00Mais ça montre aussi qu'on a perdu beaucoup en souveraineté
00:12:03dans les années 70, lors des premiers chocs pétroliers.
00:12:06Il y avait une trentaine de raffineries en métropole,
00:12:09on en a aujourd'hui plus que 6,
00:12:10et il n'y en a que 3 qui sont véritablement tournées
00:12:13vers les produits pétroliers dont on a besoin.
00:12:15Et c'est là où ça va devenir aujourd'hui très très compliqué,
00:12:18parce qu'il faut avoir en tête que les tout derniers bateaux
00:12:20sont arrivés il y a quelques jours,
00:12:22les derniers bateaux qui ont pu passer avant le début de la guerre
00:12:24sont arrivés il y a quelques jours.
00:12:25Donc on a encore eu de la flûte il y a quelques temps.
00:12:27On a encore le pétrole qui a pu sortir de là-bas.
00:12:29Le pétrole qui venait de cette zone pour alimenter l'Europe
00:12:34ne va pas arriver a priori tout de suite,
00:12:37puisque même si la guerre devait s'arrêter,
00:12:39et ça, je ne suis pas géopolitologue,
00:12:40mais Olivier Ravenel vous dira bien mieux que moi,
00:12:42mais ça ne va pas s'arrêter a priori demain matin.
00:12:44Après oui, ce n'est pas pour ce soir.
00:12:44On sait que dans tous les cas, entre les équipements de GNL
00:12:47qui ont été de gaz qui ont été abîmés,
00:12:49entre les différents centres pétroliers qui ont été endommagés,
00:12:53ce sont des semaines et des semaines pour revenir à une production normale.
00:12:57Donc il va malgré tout falloir s'habituer à vivre,
00:13:00et ça pour l'industrie au global,
00:13:02ça va être un exercice extrêmement périlleux
00:13:05de vivre avec un prix du baril aussi élevé.
00:13:08Et c'est là où on se rend compte...
00:13:10Le pire n'a pas encore été atteint.
00:13:11Ah, le pire n'a sûrement pas été atteint.
00:13:13Et là, moi je trouve que vraiment...
00:13:14Mais vous, qui connaissez très très bien le sujet,
00:13:17vous voyez un prix du litre qui peut aller jusqu'où ?
00:13:20Ça, personne n'est capable de répondre à ça.
00:13:22Personne n'est capable de répondre à ça.
00:13:23Les premières stations qui s'approchent des 3 euros
00:13:26commencent à être là aujourd'hui.
00:13:27Il y en a eu à 2,95.
00:13:29Sur l'autoroute, ça va facilement passer là,
00:13:31les 3 euros dans les jours à venir.
00:13:33Après, on parle aussi quasiment en oubliant
00:13:36ce qui peut potentiellement se passer cette nuit.
00:13:38Notre conversation, elle est peut-être nulle et non avenue,
00:13:40si jamais Donald Trump doit véritablement taper...
00:13:42C'est pour ça aussi qu'on l'a ce soir, cette conversation.
00:13:44Mais Donald Trump, s'il devait frapper cette nuit,
00:13:46bon, tout ce qu'on se dit là,
00:13:48il faudrait aider beaucoup plus fort
00:13:50une bonne partie des professions.
00:13:53Mais en tout cas, ce qu'on voit vraiment là dans l'industrie,
00:13:55c'est de première...
00:13:56Il y a des vraies pénuries dans certains secteurs.
00:13:58Il y a un manque d'engrais.
00:13:59Mais à la rigueur, ça, c'est pas un drame
00:14:00parce que c'est pas en ce moment
00:14:01qu'on est en train de les utiliser.
00:14:04Mais il y a des manques de plastique aujourd'hui
00:14:06puisqu'ils sont fabriqués principalement en Chine
00:14:08et ils n'arrivent pas.
00:14:09Il y a des fortes hausses
00:14:10sur tout ce qui est à forte composante de pétrole
00:14:13dès le démarrage.
00:14:13Un exemple tout bête,
00:14:14ceux qui ont des travaux à faire dans leur appartement
00:14:16et qui vont prendre un peintre,
00:14:18la peinture va très fortement augmenter.
00:14:20Vous avez une imprimante au travail,
00:14:21les prix des encres vont très fortement augmenter
00:14:24puisque tout ça est fabriqué en grande partie
00:14:27à base de pétrole.
00:14:27Donc c'est des exemples très, très concrets.
00:14:29Mais quand vous additionnez l'euro par ci, l'euro par là,
00:14:32même quand vous êtes une grosse entreprise,
00:14:34ça commence à être très compliqué.
00:14:35Puis tout le monde le dit,
00:14:36tout le tissu industriel le dit,
00:14:37mais tout le tissu économique au global.
00:14:39Même si ce week-end,
00:14:39ça a été semble-t-il un week-end formidable
00:14:41en termes de fréquentation.
00:14:43Mais ça ne va pas durer longtemps.
00:14:44Il y a un attentisme global
00:14:46qui est en train de se mettre en place.
00:14:47J'ai une question de Béossien.
00:14:48Vous avez commencé en disant
00:14:51la raison pour laquelle le gouvernement
00:14:53ne va pas annoncer de mesures très importantes,
00:14:55c'est qu'il n'y a pas d'argent.
00:14:57J'entends l'argument qui serait de dire
00:14:59l'État ne peut pas compenser une hyperinflation
00:15:02dans tous les secteurs.
00:15:03Quel est l'argument pour dire
00:15:05le surplus de revenus qui n'a pas été budgété
00:15:08et qui arrive par la TVA,
00:15:10je le garde quand même ?
00:15:11Le problème, c'est que je pense qu'il faut vraiment
00:15:13lutter contre cette idée de surplus.
00:15:15Il n'y a pas de surplus.
00:15:17Oui, le gouvernement a chiffré à 270 millions d'euros
00:15:19le surplus qui aurait été généré
00:15:21par la hausse des prix de l'essence
00:15:23au mois de mars.
00:15:25Déjà, c'est un peu du doigt mouillé,
00:15:26mais il y a sûrement eu ces 270 millions.
00:15:28Mais vous les avez déjà perdus.
00:15:30Ils n'existent pas, sans compter que l'inflation
00:15:32va fortement augmenter dans les semaines
00:15:34et dans les mois à venir.
00:15:35Vous les avez perdus où ?
00:15:37Dans les dépenses qui sont déjà faites.
00:15:39Oui, et puis dans le fait qu'on va avoir
00:15:40moins de croissance, donc moins de croissance,
00:15:42vous perdez très vite 270 millions d'euros.
00:15:44Mais il y a un exemple tout bête.
00:15:45Le budget de la France a été prévu
00:15:47pour cette année en 2026
00:15:48sur une inflation à 1,5%.
00:15:50Là, a priori, on va très vite atteindre les 2%.
00:15:53La différence entre 1,5 et 2,
00:15:55c'est 3 milliards d'euros.
00:15:57Donc les 270 millions d'euros,
00:15:59on peut vite aller s'asseoir dessus.
00:16:00Donc il n'y a pas de surplus.
00:16:01C'est important d'être transparent.
00:16:02Et là où je rejoins Olivier,
00:16:04c'est que depuis le début de cette crise,
00:16:05le gouvernement martèle en effet
00:16:06qu'il n'y a pas de surplus
00:16:07parce que même s'il y avait un surplus,
00:16:08il serait compensé par la baisse
00:16:10de la consommation.
00:16:11Or, l'UFIP a annoncé ce matin
00:16:14une hausse de la consommation
00:16:15au mois de mars 2026
00:16:17de 1% par rapport à mars 2025.
00:16:20Donc il n'y a pas eu de baisse de la consommation.
00:16:22Il y a même eu une hausse.
00:16:23Oui, mais ça, c'est parce que les gens sont...
00:16:25Quand vous entendez que vous allez manquer d'essence,
00:16:27ce matin, quand vous avez allumé
00:16:29toutes les meilleures télés
00:16:29et toutes les meilleures radios de France,
00:16:31qu'est-ce que vous entendez ?
00:16:32Que les prix vont peut-être continuer de monter,
00:16:34qu'on se pose la question de savoir
00:16:35si Total va proroger ou non son plafonnement.
00:16:38Qu'est-ce que vous faites ?
00:16:39Même si vous êtes à déjà trois quarts pleins,
00:16:41vous allez remplir votre voiture.
00:16:43Ça n'a aucun intérêt.
00:16:44Mais c'est pavlovien.
00:16:45On ferait tous exactement la même chose.
00:16:47Et donc, plus on parle de risque de pénurie,
00:16:50plus on crée l'éventuelle pénurie à venir.
00:16:54Et aujourd'hui, l'État a commencé quand même.
00:16:57On utilise un peu de réserve stratégique.
00:16:59On a commencé à utiliser pour essayer
00:17:01dans certains territoires,
00:17:02notamment dans le sud-ouest
00:17:03où il y avait un peu de difficultés.
00:17:05Il y a des réserves stratégiques
00:17:06qui sont déjà arrivées.
00:17:07Donc il n'y a pas de pénurie en tant que telle.
00:17:09On est loin encore de ça.
00:17:10Je crois à moins de 20% des stations
00:17:12chez qui on est vraiment en risque pénurie.
00:17:14Donc on n'est pas encore là.
00:17:16Mais ça peut arriver.
00:17:18Et la consommation va quand même fortement baisser.
00:17:20Enfin, tout ce qu'on en est,
00:17:21quand vous voyez un plein à trois chiffres,
00:17:24on n'était pas nombreux à parayer dessus.
00:17:26Il y a de cela trois, quatre mois.
00:17:27La consommation, elle va baisser de facto
00:17:30au mois d'avril si les prix continuent d'augmenter.
00:17:33On voit déjà les particuliers,
00:17:35les entreprises s'organisent
00:17:38pour utiliser le moins de carburant possible.
00:17:40Donc la chute, elle va être très importante.
00:17:42Et effectivement, l'idée de la consommation,
00:17:46si vous faites ce week-end,
00:17:48toutes les stations Total,
00:17:49vous aviez une queue d'enfer.
00:17:51Donc là, vous voyez,
00:17:51il y avait une hausse de la consommation
00:17:53parce que Total avait annoncé,
00:17:55plafonné ses prix jusqu'à aujourd'hui.
00:17:58Bon, finalement, il a prolongé.
00:17:59Mais vous alliez dans les stations à côté,
00:18:02vous aviez un petit peu moins de monde.
00:18:03Donc la consommation, elle va baisser.
00:18:05La consommation de carburant,
00:18:06mais c'est la consommation globale aussi
00:18:08qui va baisser.
00:18:09C'est-à-dire que les gens,
00:18:10quand vous perdez 35 euros,
00:18:11vous mettez 35 euros de plus dans un plein,
00:18:14eh bien vous ne le dépensez pas au restaurant,
00:18:16vous ne le dépensez pas pour acheter autre chose.
00:18:19Il va y avoir des phénomènes de report.
00:18:21Bruno Cotteres,
00:18:22on en vient à se demander
00:18:23s'il y a un pilote dans l'avion,
00:18:25se demander cet après-midi,
00:18:26la députée Lyot,
00:18:27que vous avez entendue dans le sujet.
00:18:29Comment est-ce que vous,
00:18:30vous qualifiez la stratégie du gouvernement
00:18:32depuis le début de cette crise ?
00:18:34– C'est compliqué.
00:18:36D'abord, on voit que le chef de l'État
00:18:39a été, depuis des mois,
00:18:41bien avant le début de cette crise,
00:18:42dans un agenda exclusivement international.
00:18:45– On ne l'a quasiment pas entendu
00:18:47sur le prix des garments.
00:18:47– Par contre, on ne l'a pas du tout entendu.
00:18:49On a réentendu le Premier ministre
00:18:51qui lui-même était assez discret
00:18:53ces dernières semaines.
00:18:54Et c'est vrai que l'exécutif
00:18:55pouvait donner le sentiment
00:18:57qu'il ne parle pas au pays.
00:18:59Au fond, il se passe des événements dramatiques.
00:19:01Le chef de l'État a beaucoup affirmé
00:19:04son rôle quand même international
00:19:06depuis de nombreux mois.
00:19:07On a même le sentiment
00:19:08que depuis sa dissolution ratée,
00:19:11au fond, il s'est surtout fixé
00:19:12un agenda international,
00:19:14même à l'âme plus qu'européen.
00:19:17Donc, il donne le sentiment
00:19:18qu'il ne parle plus au pays.
00:19:20Le Premier ministre a été englouti
00:19:23par la discussion budgétaire.
00:19:25Et depuis, c'est vrai qu'on a du mal
00:19:27à le revoir.
00:19:28On l'a revu là,
00:19:29à travers des éléments
00:19:32de soutien aux professionnels.
00:19:35Mais effectivement,
00:19:36ça donne un petit peu ce sentiment.
00:19:38On voit d'ailleurs dans notre débat
00:19:41l'immense difficulté pour le pouvoir
00:19:43d'avoir un discours
00:19:44qui soit à la fois pédagogique,
00:19:46qui soit entendable.
00:19:48On a vu tout à l'heure,
00:19:48l'exemple que vous donniez tout à l'heure
00:19:50est frappant.
00:19:51On avait le sentiment de l'enfer
00:19:52qui n'est pas fait de bonnes intentions.
00:19:54Les entreprises donnent un peu de salaire.
00:19:57L'Ursaf se rappelle
00:19:57au bon souvenir de tout le monde.
00:19:58Et sans doute,
00:19:59les impôts sur ce croix de salaire.
00:20:03Donc, on voit la difficulté,
00:20:04même pour les entreprises,
00:20:05les chefs d'entreprise,
00:20:06de communiquer avec leurs salariés.
00:20:08Difficulté pour le gouvernement
00:20:10de communiquer avec le pays.
00:20:12Et effectivement,
00:20:13de bien communiquer sur cet aspect.
00:20:15Parce que le réflexe naturel
00:20:17de tout le monde,
00:20:18c'est de dire,
00:20:19ils empochent de la TVA
00:20:21qui n'était pas prévue.
00:20:22C'est comme une ressource
00:20:22qui n'était pas prévue.
00:20:23Donc, pourquoi ils ne la redistribuent pas ?
00:20:25Ils ne la redistribuent pas
00:20:26puisque toute la tuyauterie est très compliquée.
00:20:29Et j'ajoute, je pense,
00:20:30que tout ceci a quand même à voir
00:20:31de manière plus ou moins diffuse.
00:20:34Ce qui justifie le propos tout à l'heure
00:20:36à ce qu'il y a un pilote dans l'avion,
00:20:38c'est à voir de manière plus ou moins diffuse
00:20:39avec l'impasse politique
00:20:42dans laquelle on est,
00:20:43la question des déficits
00:20:44qui, dans l'imaginaire du pays,
00:20:47dans les conversations des gens,
00:20:49a laissé un drôle de sentiment.
00:20:52On voit quand même la porte-parole du gouvernement
00:20:54qui s'adresse à un député
00:20:55en disant, mais trouvez-moi
00:20:56où est-ce qu'il y a de l'argent.
00:20:58Mais c'est dit par quelqu'un
00:20:59qui est aux affaires
00:21:00depuis pratiquement une décennie.
00:21:02Donc, on comprend la difficulté
00:21:04de tenir ce discours
00:21:04quand on est aux affaires
00:21:05depuis une décennie
00:21:06et que les autres disent,
00:21:07mais en fait, c'est ta faute
00:21:08s'il n'y a pas de sous dans la caisse.
00:21:10Donc, on voit l'immense difficulté qu'il y a.
00:21:12Et encore une fois,
00:21:13on voit dans notre pays
00:21:14la grande difficulté
00:21:17de communiquer sur ces questions
00:21:19parce que c'est un point
00:21:21de désaccord national
00:21:23qui est à l'origine
00:21:26de ces déficits,
00:21:29d'où c'est venu,
00:21:30où sont les solutions.
00:21:31On voit qu'il y a plein de désaccords
00:21:33et de conflits d'interprétation là-dessus.
00:21:35Et on voit qu'on n'est pas unis
00:21:38face à cette question.
00:21:39Et ce qui n'arrange pas les choses,
00:21:40c'est qu'en plus, les Français,
00:21:42ils savent regarder ce qui se passe ailleurs,
00:21:43n'est-ce pas, Fanny Guinochet ?
00:21:45Il se trouve que l'Agence internationale
00:21:47de l'énergie publie un tableau
00:21:48où elle répertorie
00:21:50toutes les mesures prises
00:21:52par les pays du monde
00:21:53face à la flambée des prix de l'essence.
00:21:55Et du coup, votre chiffre du jour,
00:21:56c'est 30.
00:21:57Oui, il y a une trentaine de pays
00:21:59qui ont pris des dispositions
00:22:00pour voler au secours
00:22:01de leur population,
00:22:02les aider à faire face à,
00:22:04on peut peut-être le dire,
00:22:05à ce choc pétrolier.
00:22:07Et ce sont des réponses
00:22:08très différentes
00:22:09qui sont donc recensées par l'AIE.
00:22:12Alors, vous allez voir,
00:22:14une des premières mesures,
00:22:16c'est la baisse de la TVA,
00:22:18cette fameuse baisse de la TVA
00:22:19que réclame en France
00:22:21le Rassemblement national.
00:22:22L'Espagne l'a fait,
00:22:23on est passé de 21% à 10%,
00:22:26ce qui fait une baisse à la pompe
00:22:27de 30 centimes par litre.
00:22:28Alors, l'Espagne a fait vraiment
00:22:30un plan massif,
00:22:31a mis 5 milliards d'euros,
00:22:32il y a 80 mesures
00:22:35pour aider du logement au carburant,
00:22:37mais effectivement,
00:22:38ils ont baissé la TVA.
00:22:39L'Irlande aussi,
00:22:40dès les premiers jours de la guerre,
00:22:42a appliqué une réduction temporaire
00:22:43des taxes sur l'essence,
00:22:4515 à 20 centimes.
00:22:46La Pologne a réduit la TVA
00:22:49en mettant en plus
00:22:50un prix maximum à la pompe.
00:22:51Et puis l'Italie,
00:22:52temporairement,
00:22:53a baissé les taxes
00:22:54d'environ 25 centimes
00:22:55par litre, là aussi.
00:22:56Est-ce qu'il y a aussi
00:22:58des pays qui plafonnent les prix ?
00:23:00Oui, bien sûr.
00:23:01En Europe,
00:23:02il y a la Croatie, par exemple.
00:23:03Il y a la Hongrie.
00:23:04Alors, la Hongrie,
00:23:05Victor Orban a mis un prix protégé,
00:23:08mais attention,
00:23:09réservé aux véhicules
00:23:10qui sont immatriculés
00:23:12dans le pays.
00:23:13Pour les autres,
00:23:14les frontaliers,
00:23:14ce n'est pas la peine de venir.
00:23:15En Serbie,
00:23:16mise en place aussi
00:23:17d'un plafonnement à la pompe,
00:23:191,80€ le diesel,
00:23:201,60€ l'essence,
00:23:22ce qui fait une baisse importante
00:23:23de réduction des prix.
00:23:24Si on part un peu plus loin,
00:23:25Corée du Sud,
00:23:26là, ça fait 30 ans,
00:23:27c'est la première fois
00:23:28depuis 30 ans
00:23:29que Séoul plafonne les prix
00:23:30des carburants
00:23:32et des blocs,
00:23:3217 milliards d'euros.
00:23:34Et puis,
00:23:35ce plafonnement des prix,
00:23:36il faut le rappeler,
00:23:36c'est la mesure phare
00:23:38qui est demandée
00:23:39cette fois par LFI.
00:23:41Et dans certains pays,
00:23:42on est allé même
00:23:43jusqu'à prendre des mesures
00:23:44de rationnement.
00:23:44Oui, en Europe,
00:23:45la Slovénie a été
00:23:46le premier pays
00:23:47à introduire
00:23:49cette notion de rationnement
00:23:50en restreignant l'achat
00:23:51pour les particuliers
00:23:52à 50 litres maximum par jour
00:23:54et pour les entreprises
00:23:55et les agriculteurs,
00:23:56en revanche,
00:23:56c'est plus.
00:23:57La Slovaquie a suivi.
00:23:59En annonçant aussi
00:24:00un rationnement
00:24:01jusqu'au 18 avril,
00:24:02en Éthiopie,
00:24:04beaucoup plus loin,
00:24:04là, la situation
00:24:05est très très tendue
00:24:06et là, il y a un rationnement.
00:24:07Ce sont surtout
00:24:07les véhicules prioritaires
00:24:08pour les biens
00:24:09de première nécessité
00:24:11qui ont droit au carburant.
00:24:12Ça, c'est les leviers d'action
00:24:13directement à la pompe,
00:24:14mais il y en a d'autres aussi
00:24:15comme la gratuité
00:24:16des transports en commun
00:24:18décidés par certains pays.
00:24:19Au Pakistan,
00:24:20par exemple,
00:24:21là aussi,
00:24:21il y a de fortes pénuries
00:24:22et c'est compliqué.
00:24:24Les transports en commun
00:24:25dans la capitale
00:24:25sont gratuits depuis samedi.
00:24:26Vous pouvez aussi aller
00:24:28dans certaines régions
00:24:29en Australie
00:24:29à la gratuité.
00:24:30Aux Philippines,
00:24:31dans certaines villes,
00:24:32les trajets en bus
00:24:33sont réservés,
00:24:34sont gratuits
00:24:35pour les étudiants
00:24:36et les travailleurs.
00:24:37Sinon, en Europe,
00:24:38la Lituanie a pris
00:24:40une initiative
00:24:41un peu originale
00:24:42puisqu'elle a divisé par deux
00:24:43le prix des billets.
00:24:44Alors, on n'est pas sûr
00:24:45que chez nous
00:24:45des billets de train
00:24:48que la SNCF
00:24:49ou la RATP
00:24:49soient prêts
00:24:50à prendre ce type
00:24:52de dispositions.
00:24:53On va poser la question
00:24:53à Jean Castex.
00:24:54Et puis,
00:24:55il y a aussi le retour en force
00:24:56du télétravail.
00:24:57Oui,
00:24:57et c'est d'ailleurs
00:24:58une des mesures
00:24:59qui est préconisée
00:25:00par l'Europe.
00:25:00Donc, c'est vraiment
00:25:01allez-y sur le télétravail.
00:25:03L'Allemagne y songe.
00:25:04L'Indonésie,
00:25:05un jour de télétravail
00:25:06imposé par semaine
00:25:07pour les agents publics.
00:25:08C'est le vendredi.
00:25:09Malaisie,
00:25:10pareil,
00:25:11télétravail
00:25:11à partir du 15 avril
00:25:12pour tout ce qui est
00:25:14organisme public.
00:25:15En France,
00:25:16le gouvernement dit
00:25:17que le télétravail,
00:25:19ça reste à la discrétion
00:25:20des entreprises.
00:25:21Il ne veut pas se mêler
00:25:22de la vie
00:25:23et de l'organisation
00:25:23du travail.
00:25:24Mais certaines entreprises
00:25:25l'ont déjà fait,
00:25:26le proposent à leurs salariés
00:25:28quand c'est possible
00:25:28pour faire des économies
00:25:30et baisser la facture
00:25:31de carburant.
00:25:32Merci Fanny.
00:25:32Question téléspectateur,
00:25:33Olivier ?
00:25:34Oui,
00:25:34qui rebondit vraiment
00:25:36avec ce que disait Fanny.
00:25:37Edi,
00:25:38et puis aussi Thomas
00:25:39qui nous pose des questions
00:25:40très concrètes.
00:25:41J'ai envie de vous demander
00:25:42efficace ou pas efficace,
00:25:45le blocage des prix
00:25:46à la pompe,
00:25:47taxer les entreprises
00:25:48qui font des super profits,
00:25:50les transports gratuits,
00:25:52taxer le pays
00:25:53qui est responsable
00:25:54de tout ça
00:25:54et taxer les produits américains.
00:25:56On a trois heures.
00:25:58Le problème du plafonnement,
00:26:00c'est un moment...
00:26:00Officiellement,
00:26:01on n'a pas le droit
00:26:01de vendre à perte en France,
00:26:02mais ça existe le plafonnement.
00:26:03Il y a notamment
00:26:04à La Réunion,
00:26:04il y a un plafonnement des prix.
00:26:06On a déjà mis en place
00:26:07ça pour l'essence.
00:26:08Le problème,
00:26:09c'est qu'il faut bien
00:26:09qu'à un moment,
00:26:10quelqu'un paye ce plafonnement.
00:26:12C'est-à-dire que l'État
00:26:12devrait éventuellement
00:26:14dédommager les pétroliers
00:26:16parce que Total
00:26:17pourrait tout à fait payer.
00:26:18Ils font quand même
00:26:19pas mal de milliards
00:26:20de bénéfices hors de France.
00:26:22Et justement,
00:26:23taxer les bénéfices de Total ?
00:26:24Le problème de taxer...
00:26:25Je pense que si le gouvernement
00:26:26ne va pas sur une taxation
00:26:27qui paraît très évidente
00:26:28et facile à mettre en place,
00:26:30c'est parce que Total
00:26:30ne gagne pas d'argent
00:26:31sur ses activités en France.
00:26:33Et ce, depuis des années.
00:26:34Ils ont même des impôts
00:26:36à déduire encore
00:26:37pendant les années à venir.
00:26:39Et donc,
00:26:39elle pourrait s'avérer
00:26:40être une grosse épée dans l'eau
00:26:41parce que du coup,
00:26:42ça pourrait ne pas bien
00:26:44toucher sa cible.
00:26:46Quelque part,
00:26:46ils plafonnent les prix.
00:26:47Et ils font leur...
00:26:49Mais est-ce que ça peut être
00:26:49un deal ?
00:26:50Vous plafonnez les prix,
00:26:51on ne va pas vous ennuyer
00:26:52avec vos super profits.
00:26:53Je suis quand même assez persuadé
00:26:56et ça, je pense qu'il y a
00:26:57beaucoup de téléspectateurs
00:26:58qui vont être énervés,
00:26:59mais que Patrick Pouyanné
00:27:00le fait avec une petite
00:27:02conscience patriotique
00:27:03teinté d'un gros deal
00:27:04avec l'État.
00:27:05Je le dirais...
00:27:06On verra au moment
00:27:07du budget prochain.
00:27:09Et pareil,
00:27:10pour les billets de train,
00:27:11il y a bien un moment
00:27:11où quelqu'un qui paye.
00:27:13Je veux dire,
00:27:13si on baisse,
00:27:15si on met la gratuité,
00:27:16la gratuité,
00:27:16ce n'est jamais gratuit.
00:27:18Ça sera le contribuable.
00:27:19Et c'est aussi le sens
00:27:20de la question d'Isabelle
00:27:22qui, en gros, dit
00:27:23OK, on demande tout à l'État,
00:27:25mais est-ce qu'il n'y a pas
00:27:25un effort commun à faire
00:27:26au niveau des entreprises ?
00:27:28La SNCF,
00:27:28ils ont dégagé, je crois,
00:27:30plus d'un milliard d'eux
00:27:31de bénéfices.
00:27:31Vous êtes en train
00:27:31de vous attirer
00:27:32les foudres de Michel Picon,
00:27:33Olivier.
00:27:33Je pose la question.
00:27:35La SNCF,
00:27:36ils vous expliquent
00:27:37qu'ils investissent
00:27:37parce que le réseau,
00:27:38par exemple,
00:27:39est vieillissant
00:27:40et que l'argent qu'ils gagnent,
00:27:43ils le remettent
00:27:44dans le réseau
00:27:45pour le moderniser,
00:27:46pour acheter des rames.
00:27:48Michel Picon,
00:27:49qu'est-ce que vous répondez-vous
00:27:49à Isabelle qui dit
00:27:50l'État doit-il tout financer ?
00:27:52Les entreprises françaises privées
00:27:53sont-elles à ce point ruinées ?
00:27:54Moi, ce que je dis,
00:27:55c'est que les soutiens
00:27:56et les aides d'aujourd'hui,
00:27:57c'est les impôts de demain.
00:27:59Il n'y a pas d'argent magique.
00:28:01Ça n'existe pas.
00:28:02On est tous conscients.
00:28:02À telle enseigne
00:28:03que la proposition
00:28:04qui est sortie vendredi,
00:28:05c'était un mécanisme de prêt,
00:28:09un prêt flash,
00:28:10c'est comme ça
00:28:10que le gouvernement appelle ça.
00:28:12Le pays vit au-dessus
00:28:13de ses moyens
00:28:14depuis de nombreuses années.
00:28:15Et quand vous comparez
00:28:17avec la situation
00:28:18d'autres pays,
00:28:19mais d'autres pays font,
00:28:21au moment où il faut le faire,
00:28:22des efforts que nous,
00:28:24pour les raisons politiques
00:28:25que vous avez évoquées tout à l'heure,
00:28:27de parlements
00:28:29complètement fragmentés,
00:28:30font les efforts
00:28:31qui leur permettent
00:28:32d'absorber un choc.
00:28:34Nous, on n'a plus la capacité
00:28:36d'absorber un choc
00:28:37sans recourir encore à la dette.
00:28:39Et vous citiez tout à l'heure...
00:28:40On ne peut plus faire ça.
00:28:41On ne peut plus.
00:28:42Mais par exemple,
00:28:43le prêt flash carburant
00:28:44pour soulager la trésorerie
00:28:46des TPE et des PME
00:28:47les plus exposés,
00:28:48c'est de 5 000 à 50 000 euros
00:28:51au taux de 3,8.
00:28:53Non, mais sur quelques secteurs.
00:28:55Mais là, on est dans
00:28:56de la mesurette.
00:28:56On est pour faire mine
00:28:57de faire de...
00:28:58Mais si on fait la comparaison
00:28:59avec l'Espagne,
00:29:00par exemple,
00:29:00l'Espagne peut faire
00:29:01un paquet de mesures
00:29:03à 5 milliards d'euros
00:29:04parce que l'Espagne
00:29:05a remis ses comptes d'aplomb.
00:29:07Mais l'Espagne
00:29:07a pris des mesures
00:29:09extrêmement douloureuses,
00:29:10par exemple,
00:29:11en matière de retraite,
00:29:12chose que les Français
00:29:13n'ont pas voulu faire.
00:29:14En matière de retraite,
00:29:15en matière de chômage,
00:29:16si on mesure
00:29:17tous les pays
00:29:18que vous avez cités
00:29:19qui ont des marges
00:29:20de manœuvre,
00:29:22la protection sociale
00:29:23qui existe dans ces pays,
00:29:24elle n'est pas la même
00:29:25que la nôtre.
00:29:26Et il n'y a pas eu
00:29:27de quoi qu'il en coûte
00:29:28pendant le Covid
00:29:28non plus dans ces pays.
00:29:29Cela dit,
00:29:30quand on a dit ça,
00:29:31on n'a pas laissé
00:29:31s'effondrer
00:29:32une partie de notre économie.
00:29:34Donc,
00:29:34il faudra bien
00:29:35que l'État,
00:29:36sur un certain nombre
00:29:37de secteurs,
00:29:38très ciblé,
00:29:39il ne faut pas reproduire
00:29:39les erreurs
00:29:40qu'on a pu faire
00:29:40pendant la Covid
00:29:41où on a arrosé
00:29:42de manière trop large.
00:29:44Pareil pour la crise
00:29:45en 2022.
00:29:47Il faut être...
00:29:48Mais nous,
00:29:49sommes-nous
00:29:49très conscients aussi
00:29:51de la façon
00:29:52dont il ne faut pas
00:29:53arroser large.
00:29:54Mais il va falloir cibler
00:29:55pour sauver
00:29:56des pentes d'économie
00:29:57qui sont en danger.
00:29:58On voit qu'on retrouve
00:29:59qu'il s'agisse
00:30:00de crises conjoncturelles
00:30:02comme en ce moment
00:30:03ou qu'il s'agisse
00:30:04de problèmes
00:30:05très structurels
00:30:06comme les retraites,
00:30:07on voit qu'on retrouve
00:30:08toujours les mêmes termes
00:30:09du débat.
00:30:09C'est-à-dire,
00:30:10il n'y a pas de...
00:30:11On n'arrive pas
00:30:12en France,
00:30:13au fond,
00:30:13à poser
00:30:14un diagnostic partagé
00:30:16des solutions
00:30:17sur cette question.
00:30:19Les déficits,
00:30:20qui en est responsable ?
00:30:21Est-ce que c'est
00:30:22la question du périmètre
00:30:24de l'action
00:30:25Est-ce que c'est lié
00:30:25à la proximité
00:30:26d'une élection présidentielle ?
00:30:28C'est-à-dire que là,
00:30:28c'est le moment
00:30:29d'avoir...
00:30:29On a un vrai marqueur,
00:30:30on sait qui,
00:30:31et les filles,
00:30:32RN,
00:30:32demandent des baisses
00:30:33de taxes
00:30:33et des blocages
00:30:34de prix ?
00:30:35Oui, bien sûr.
00:30:36Il y a un calendrier
00:30:38électoral
00:30:38de l'action publique,
00:30:40c'est bien...
00:30:41Voilà,
00:30:41et notamment faire face
00:30:42à une crise comme ça.
00:30:43On sait que le pays
00:30:44est sous grosse,
00:30:46grosse pression
00:30:46au plan politique.
00:30:49Les indicateurs
00:30:50de défiance
00:30:52dans la politique
00:30:52sont quand même
00:30:53au maximum.
00:30:54on a une échéance
00:30:55électorale extrêmement
00:30:56importante qui arrive
00:30:57dans un an
00:30:58et le gouvernement
00:31:00ne peut pas
00:31:01laisser filer
00:31:01en disant...
00:31:04Ça va passer.
00:31:05D'autant que,
00:31:06vous l'avez rappelé,
00:31:07il y a les exemples
00:31:07européens qui marquent
00:31:08aussi le pignon.
00:31:09Le pignon est au courant,
00:31:10il y a d'autres gouvernements
00:31:11qui aident
00:31:12et qui font des choses.
00:31:14Ils ne peuvent pas
00:31:14de rien faire.
00:31:15Il y a un sondage
00:31:16du Gov
00:31:16qui a révélé
00:31:17que 84%
00:31:19des Français
00:31:19estiment
00:31:20que le gouvernement
00:31:21doit limiter
00:31:22l'impact
00:31:24de la hausse
00:31:25des prix des carburants.
00:31:26Donc, effectivement,
00:31:27on est aussi dans...
00:31:28Il va y avoir
00:31:28un autre problème
00:31:29dont je trouve
00:31:29qu'on ne parle pas assez
00:31:30au début du mois de mai,
00:31:31c'est les prix du gaz
00:31:32qui vont augmenter.
00:31:33Et à priori,
00:31:33les premiers calculs
00:31:34disent qu'on est
00:31:35quand même aux alentours
00:31:35de 15%.
00:31:36Alors, par chance,
00:31:36ça va intervenir
00:31:37au moment de la sortie
00:31:38de l'hiver.
00:31:39Donc, pour ceux
00:31:39qui chauffent au gaz,
00:31:40c'est moins grave
00:31:41et sera moins impactant.
00:31:43Mais 15%,
00:31:44c'est-à-dire qu'on n'a pas connu,
00:31:47des prix qu'on avait
00:31:47avant la guerre.
00:31:49Je suis étonnée,
00:31:51Emmanuel Duteil,
00:31:52que le gouvernement
00:31:52ne mette pas en avant
00:31:53le chèque énergie
00:31:54qui arrive en ce moment
00:31:55sur les comptes bancaires.
00:31:574,5 millions de ménages
00:31:58concernés
00:31:59qui vont recevoir
00:32:00entre avril et mai
00:32:01ce chèque
00:32:02qui a été mis en place
00:32:02en 2018.
00:32:03Donc, c'est 150 euros
00:32:04en moyenne.
00:32:06Typiquement,
00:32:06c'était une mesure
00:32:07qui avait été prise
00:32:08pour ça.
00:32:09Bien évidemment,
00:32:09mais qui est une mesure
00:32:11qui a déjà existé.
00:32:13Vous savez,
00:32:14je pense que c'est
00:32:14la même leçon
00:32:15que quand vous avez
00:32:15une augmentation.
00:32:16tous les managers
00:32:17et toutes les cours
00:32:17de management
00:32:18vous expliquent ça.
00:32:19Vous êtes content
00:32:19en moyenne 20 minutes
00:32:21parce qu'au bout
00:32:21de 20 minutes,
00:32:22vous vous dites
00:32:22si on m'avait donné X,
00:32:24j'aurais dû avoir
00:32:25un petit peu plus que ça.
00:32:26Et donc,
00:32:26au bout de 20 minutes,
00:32:27vous avez déjà perdu
00:32:28votre bénéfice.
00:32:29Et c'est exactement ça
00:32:30pour le chèque énergie.
00:32:31Il y a 150 euros.
00:32:32Il faut quand même
00:32:32se rendre compte
00:32:33que ceux qui conduisent
00:32:34beaucoup,
00:32:34vous avez beaucoup de gens
00:32:35quand même
00:32:35qui font 50,
00:32:3670 kilomètres par jour.
00:32:38Vos 150 euros
00:32:39en trois mois,
00:32:40ils sont absorbés.
00:32:41Donc, aujourd'hui,
00:32:42on a quand même
00:32:43cette difficulté-là
00:32:44et vu que beaucoup de prix
00:32:45vont augmenter
00:32:47en même temps.
00:32:48Mais à un moment,
00:32:48le gouvernement,
00:32:49je pense,
00:32:50attend quand même
00:32:50le moment
00:32:52où ils ne pourront
00:32:53plus reculer.
00:32:54Ils ne veulent pas
00:32:54faire l'erreur
00:32:55du quoi qu'il en coûte.
00:32:55C'est d'asperger
00:32:56tout le monde
00:32:57très fort tout de suite.
00:32:58Et je pense quand même,
00:33:00je ne peux pas imaginer
00:33:01qu'ils ne sont pas
00:33:01en train de préparer
00:33:02des scénarios.
00:33:03Ce moment,
00:33:03c'est quoi ?
00:33:04C'est le litre à 3 euros ?
00:33:05C'est le litre à 3 euros.
00:33:07C'est aussi des révoltes
00:33:09ou des mouvements d'humeur
00:33:11qui deviennent
00:33:12un peu plus...
00:33:12Un peu plus gilet jaune.
00:33:13Un peu plus gilet jaune.
00:33:15Là, on voit qu'il y a
00:33:16quelques endroits
00:33:17où il y a des mobilisations.
00:33:18Si demain,
00:33:18vous avez énormément
00:33:20de mobilisations
00:33:20un peu partout,
00:33:21on ne voit pas
00:33:22comment le gouvernement
00:33:23pourrait ne pas céder.
00:33:25Ça veut dire
00:33:25qu'ils en gardent
00:33:26sous le coude ?
00:33:27C'est comme ça
00:33:27qu'ils jouent la montre ?
00:33:28Ils n'en ont pas
00:33:28sous le coude,
00:33:29mais déjà,
00:33:29il y a une petite...
00:33:30Pardon,
00:33:30je vous ai coupé la parole,
00:33:31mais ils jouent la montre
00:33:32parce que déjà,
00:33:33ça n'intéresse pas du tout
00:33:35nous tous
00:33:35sur notre porte-monnaie,
00:33:36mais il y a l'agence Moody's
00:33:37qui doit bientôt donner
00:33:38son avis sur la dette française
00:33:40et mine de rien,
00:33:41c'est aujourd'hui...
00:33:41C'est le moment
00:33:42de se tenir à carreau.
00:33:43C'est le moment
00:33:43de se tenir à carreau
00:33:44et c'est le moment
00:33:44de dire,
00:33:45parce qu'ils ont envoyé
00:33:46un seul signal
00:33:47lors du budget,
00:33:48c'est de dire
00:33:48on doit être
00:33:49à 5% de déficit.
00:33:50Par chance,
00:33:51les chiffres avant la guerre
00:33:52ont laissé penser
00:33:53qu'on avait à peu près
00:33:55moins mal géré
00:33:55que ce qu'on imaginait
00:33:56la fin d'année 2025.
00:33:59Donc à un moment,
00:33:59ça redevenait
00:34:00à presque possible
00:34:01qu'on arrive autour
00:34:02des 5%.
00:34:02Là, cette crise
00:34:03rend ça quasi illusoire
00:34:05mais je pense
00:34:05que le gouvernement
00:34:05veut envoyer
00:34:06un message de sérieux
00:34:08au marché financier
00:34:09parce que ça,
00:34:10si la dette française
00:34:10devait s'emballer,
00:34:12là, c'est un autre scénario
00:34:13qui se met en place.
00:34:14Et elle a déjà commencé
00:34:15à progresser.
00:34:16Les taux d'intérêt
00:34:17progressent
00:34:18sous l'effet
00:34:19de cette guerre en Iran.
00:34:22On parlait
00:34:23de la mise sous pression
00:34:24du gouvernement.
00:34:25Elle est effectivement politique
00:34:26mais économique.
00:34:28Elle est aussi budgétaire
00:34:30parce que cette charge
00:34:32de la dette,
00:34:32elle progresse
00:34:33très très vite.
00:34:34Donc vous nous dites
00:34:34qu'à un moment,
00:34:35le gouvernement
00:34:36n'aura plus le choix.
00:34:37En attendant,
00:34:38il annonce quoi ?
00:34:39Des tickets restos
00:34:40qu'on pourra utiliser
00:34:42tous les jours,
00:34:42même le dimanche
00:34:44et peut-être
00:34:45le déblocage
00:34:45de 5 000 euros
00:34:47d'épargne salariale.
00:34:48Pour ce cas, non.
00:34:49C'est quoi
00:34:50qu'il en coûte
00:34:50pas grand-chose ?
00:34:51C'est quoi qu'il en coûte
00:34:52pas grand-chose
00:34:52et surtout pour
00:34:53les grandes entreprises
00:34:54parce que les tickets
00:34:55restaurants
00:34:55et l'épargne salariale
00:34:57sont quand même
00:34:57distribués majoritairement
00:34:59pour les salariés
00:35:00des grandes entreprises
00:35:01et notamment
00:35:02des métropoles
00:35:03pour les tickets restants.
00:35:05Bon, merci à tous les trois.
00:35:06Michel Picon,
00:35:07vous reviendrez ?
00:35:07Avec plaisir.
00:35:09Dans un temps meilleur,
00:35:10j'espère.
00:35:11Merci, merci à tous les trois
00:35:13d'être venus ce soir
00:35:13sur le plateau
00:35:14de chaque voix compte.
00:35:14Dans un instant,
00:35:15on va passer à la question
00:35:16qui fâche.
00:35:17Débat enflammé
00:35:18en ce moment même
00:35:18à l'Assemblée nationale
00:35:19autour du sort
00:35:21de l'Alsace.
00:35:22Peut-elle redevenir
00:35:23une région à part entière ?
00:35:24C'est ce qu'elle voudrait.
00:35:24Une proposition de loi
00:35:26pour sortir l'Alsace
00:35:27de la région Grand-Est
00:35:27est en train d'être examinée.
00:35:28On va en parler
00:35:29avec nos prochains invités.
00:35:31Mais avant cela,
00:35:32c'est quelle histoire ?
00:35:33Et c'est Olivier Ravanello.
00:35:42Ce soir, Olivier,
00:35:43vous nous racontez
00:35:44l'histoire d'un objet
00:35:45de l'espace.
00:35:46Un objet qui a agité
00:35:47les réseaux sociaux
00:35:48ces dernières heures.
00:35:49C'est un pot
00:35:49que la planète entière connaît
00:35:51et qui donc flottait hier
00:35:53au moment où on se parle
00:35:54à la même heure
00:35:55dans l'espace.
00:35:56Et oui,
00:35:57à l'intérieur de ce pot,
00:35:58du sucre,
00:35:59des graisses végétales,
00:36:00des noisettes,
00:36:0113% du lait crémé en poudre,
00:36:038,7% du cacao maigre en poudre,
00:36:057,4%.
00:36:06Vous avez reconnu évidemment
00:36:07la composition...
00:36:08C'est la recette du Nutella ?
00:36:09Du Nutella, exactement.
00:36:11Et dans une séquence
00:36:12qui a été filmée dans l'espace,
00:36:13alors que jamais
00:36:14être humain n'était allé
00:36:16aussi loin de la Terre,
00:36:19qu'est-ce que l'on a vu
00:36:20passer dans l'écran ?
00:36:21Eh bien,
00:36:22un pot de Nutella
00:36:24qui flottait...
00:36:25C'était en volée du placard.
00:36:26En volée du placard
00:36:28de l'astronaute Christina Koch
00:36:29qui était en train
00:36:30de farfouiller dans ses affaires
00:36:31et paf,
00:36:31le pot de Nutella.
00:36:34Et,
00:36:34comme dirait mon fils
00:36:36dans sa cour de lycée,
00:36:38un truc de dingue,
00:36:39le spot de l'espace,
00:36:40c'est comme ça
00:36:40qu'il faut l'appeler.
00:36:41D'autant
00:36:42qu'il n'a rien coûté.
00:36:44Alors,
00:36:45pur hasard,
00:36:45nous dit-on,
00:36:46je veux bien le croire,
00:36:47mais quand même
00:36:47un hasard qui tombe très bien
00:36:48puisque faire flotter
00:36:49du chocolat
00:36:51en plein espace
00:36:52un jour de Pâques,
00:36:53ça tombe vraiment
00:36:54très très bien.
00:36:55Buzz mondial immédiat
00:36:57sur les réseaux
00:36:58et message officiel
00:36:59de la branche américaine
00:37:00de Nutella
00:37:01trop heureuse
00:37:02de l'aubaine.
00:37:02Voilà ce que c'est
00:37:03que de la dispersion
00:37:05de sourires.
00:37:07Le community manager
00:37:08n'était pas super inspiré
00:37:09ce jour-là.
00:37:10Peut-être que ses copains
00:37:11étaient en week-end de Pâques
00:37:12qui se sentaient
00:37:13un peu seuls
00:37:14en manque d'inspiration.
00:37:15Ce qui est drôle quand même,
00:37:16c'est qu'on a eu l'impression
00:37:18que la réalité
00:37:19était en train
00:37:20de rejoindre la fiction
00:37:21parce que faire flotter
00:37:23un produit publicitaire
00:37:25dans l'espace,
00:37:26c'est quelque chose
00:37:27qui obsède
00:37:28les créatifs d'agence.
00:37:29Regardez celui-là.
00:37:30Ah bah oui,
00:37:30c'est une pub actuelle ça.
00:37:32Exactement la même chose,
00:37:33la même mise en scène.
00:37:35Sauf qu'ils ont payé.
00:37:36La bouteille qui flotte,
00:37:37exactement,
00:37:37sauf qu'ils ont payé en effet.
00:37:39Il y en a d'autres
00:37:40qui ont payé.
00:37:41C'est Pizza Hut en 2000.
00:37:43Ils ont eu l'idée
00:37:44d'envoyer une pizza
00:37:45aux astronautes
00:37:46qui étaient sur la station ISS.
00:37:47L'opération a quand même
00:37:48coûté près de 800 000 euros
00:37:53pour qu'une pauvre pizza,
00:37:55vraiment pas appétissante,
00:37:56c'est un astronaute russe
00:37:59qui s'en est délecté.
00:38:01Ça tombait bien
00:38:01pour Pizza Hut
00:38:02parce qu'ils étaient
00:38:02justement en train
00:38:03de se développer
00:38:04notamment sur le marché russe.
00:38:06Et puis,
00:38:07l'autre conséquence de ça,
00:38:09autre produit,
00:38:10toujours une pizza
00:38:11parce que quand même
00:38:11ça a l'air d'obséder
00:38:12les astronautes
00:38:13de manger une pizza.
00:38:14Cette fois-ci,
00:38:15c'est un Italien évidemment
00:38:16qui nous avait dit
00:38:17qu'il ne pouvait pas vivre
00:38:18sans pizza.
00:38:19Paolo Nespoli,
00:38:20l'expédition 53 de l'ISS
00:38:22a reçu un kit
00:38:24qui leur a permis,
00:38:25regardez,
00:38:26de fabriquer
00:38:26de faire leur pizza
00:38:28et ça quand même,
00:38:29ça change la vie.
00:38:30Mais moi,
00:38:31ça ne répond pas
00:38:31à la question
00:38:31de comment les anchois
00:38:32tiennent sur la pizza
00:38:33quand on est en apesanteur.
00:38:35Comment on les colle
00:38:36pour que ça ne flotte pas
00:38:37dans l'espace ?
00:38:38Bon,
00:38:39tout ça est lié
00:38:39à la culture pub
00:38:41des années 2000,
00:38:42Olivier ?
00:38:42Non,
00:38:43pas seulement.
00:38:43C'est une vieille histoire
00:38:44d'avoir des produits
00:38:47associés à cette conquête
00:38:48de l'espace.
00:38:50Pendant l'expédition
00:38:51Apollo 14,
00:38:52on est au tout début,
00:38:53Alan Shepard
00:38:54avait emporté
00:38:54des balles de golf
00:38:56et avait frappé
00:38:57des balles de golf
00:38:57sur la Lune.
00:38:58C'était une promesse
00:38:59qu'il avait faite
00:38:59à son père.
00:39:00Buzz Aldrin,
00:39:01lui,
00:39:01en 69,
00:39:02a utilisé
00:39:03le capuchon
00:39:04d'un stylo
00:39:05qui avait été
00:39:06spécialement fabriqué
00:39:07pour partir
00:39:08dans l'espace
00:39:08pour réparer
00:39:09un interrupteur
00:39:10cassé sur le module
00:39:11lunaire Eagle
00:39:12et le Space Pain
00:39:14de Fisher
00:39:15est resté légendaire.
00:39:16Il y a aussi
00:39:17ceux qui ont fait
00:39:18des farces,
00:39:18les ingénieurs
00:39:20qui ont mis
00:39:20dans les bagages
00:39:21des astronautes
00:39:22sans leur dire
00:39:23pour la mission
00:39:24Apollo 12
00:39:25une page entière
00:39:27d'un calendrier
00:39:27Playboy
00:39:28que tout le monde
00:39:29a découvert
00:39:30une fois qu'ils étaient
00:39:30dans l'espace
00:39:31avec une jeune femme
00:39:32dénudée.
00:39:32Vous ne nous la montrez pas ?
00:39:33Non,
00:39:35par pudeur on va dire.
00:39:38Et puis,
00:39:39cette image
00:39:40avait été signée
00:39:41par le mannequin
00:39:42en question
00:39:43et elle a été vendue
00:39:43il y a trois ans
00:39:44aux enchères.
00:39:45Tout ça pour vous dire quoi ?
00:39:46Qu'en fait,
00:39:47dans ces moments-là,
00:39:48on est en train
00:39:49de mélanger
00:39:50dans l'imaginaire collectif
00:39:51deux choses.
00:39:52Ce qui est sans doute
00:39:52le plus inaccessible,
00:39:54toucher la Lune,
00:39:55c'est une expression
00:39:56pour dire que c'est impossible.
00:39:57Le plus inaccessible,
00:39:59ce qui se passe
00:39:59dans l'espace
00:40:00autour de la Lune
00:40:01et vous mettez
00:40:02des objets du quotidien.
00:40:03Et c'est assez en phase
00:40:04en fait avec la philosophie
00:40:06de cette mission
00:40:06Artemis II
00:40:07qui est de bâtir
00:40:08une station pérenne
00:40:10sur la Lune
00:40:11dans laquelle
00:40:12il y aurait
00:40:13des astronautes
00:40:14qui vivraient
00:40:14avec tous leurs petits objets
00:40:16du quotidien
00:40:17et sans doute
00:40:17un pot de Nutella.
00:40:19Merci Olivier.
00:40:20On passe à la question
00:40:21qui fâche.
00:40:30Faut-il y voir
00:40:31une vieille blessure
00:40:32qui n'aurait pas cicatrisée ?
00:40:34Depuis la réforme
00:40:35territoriale de 2015,
00:40:36l'Alsace
00:40:37a été fondue
00:40:38dans la région Grand Est
00:40:39avec la Lorraine
00:40:40et la Champagne-Ardenne
00:40:41et dix ans plus tard,
00:40:42l'Alsace
00:40:42veut redevenir
00:40:43une région à part entière
00:40:45et c'est le sens
00:40:45de la proposition de loi
00:40:46qui est examinée
00:40:47en ce moment même
00:40:48à l'Assemblée nationale
00:40:49et on va en parler
00:40:50avec vous,
00:40:50Olivier Becht,
00:40:51bonsoir.
00:40:52Bonsoir.
00:40:52Député apparenté
00:40:53Renaissance du Haut-Rhin,
00:40:54vous défendez évidemment
00:40:56ce texte
00:40:56et je vous remercie
00:40:57d'avoir pris
00:40:57quelques minutes
00:40:58de votre temps
00:40:59dans l'hémicycle
00:41:00pour venir nous en parler ici.
00:41:01À vos côtés,
00:41:01Benjamin Morel,
00:41:02bonsoir Benjamin.
00:41:04Constitutionnaliste,
00:41:04vous avez co-signé
00:41:05avec Jean-Michel Blanquer
00:41:06dans le Figaro
00:41:07il y a quelques jours
00:41:07une tribune
00:41:08pour dénoncer
00:41:09un basculement
00:41:10dans une logique
00:41:11différentialiste,
00:41:12vous allez nous l'expliquer
00:41:13dans un instant.
00:41:13Et puis on sera aussi
00:41:14en direct
00:41:15de la salle des 4 colonnes
00:41:16avec Peyo Dufault
00:41:16qui est député
00:41:17apparenté socialiste
00:41:18des Pyrénées-Atlantiques.
00:41:19Mais d'abord,
00:41:20laissez Maïté Frémont
00:41:21vous poser la question
00:41:22qui fâche.
00:41:26Dans la question
00:41:27qui fâche,
00:41:27une envie de sécession
00:41:29du côté de l'Alsace.
00:41:30Ce 1er janvier
00:41:31marque aussi
00:41:32la naissance officielle
00:41:33de la grande région.
00:41:35Souvenez-vous,
00:41:35c'était il y a 10 ans,
00:41:37l'Alsace fusionne
00:41:37avec la Champagne-Ardenne
00:41:39et la Lorraine
00:41:39pour former
00:41:40le Grand Est.
00:41:42Mais depuis quelques mois,
00:41:43il y a un vent
00:41:44qui souffle
00:41:44chez les Alsaciens,
00:41:46un vent d'indépendance.
00:41:4870% d'entre eux
00:41:49seraient favorables
00:41:50à la sortie
00:41:50de l'Alsace
00:41:51du Grand Est
00:41:52et cette proposition
00:41:53de loi
00:41:54en débat aujourd'hui
00:41:55à l'Assemblée
00:41:56est portée par
00:41:57Brigitte Klingert.
00:41:58Elle vise à doter
00:41:59l'Alsace
00:42:00d'un statut particulier
00:42:01et les défenseurs
00:42:02du texte
00:42:03réaffirment leur ambition.
00:42:04Avec la création
00:42:05de la région Grand Est,
00:42:06vous avez mélangé
00:42:07trois régions
00:42:07qui n'ont rien à voir
00:42:08les unes avec les autres.
00:42:09Et aujourd'hui,
00:42:10on voit que l'Alsace,
00:42:11elle fonctionne
00:42:11de manière différente
00:42:13de par son histoire.
00:42:14C'est aussi
00:42:14un renforcement
00:42:15de la France
00:42:16parce que la France
00:42:17a besoin de plus
00:42:18de décentralisation,
00:42:19plus de vitalité,
00:42:20plus d'efficacité
00:42:21et pas de très grandes régions
00:42:23qui sont gérées
00:42:24avec beaucoup d'administratifs.
00:42:25Et ils peuvent compter
00:42:27sur le soutien
00:42:27de Gabriel Attal.
00:42:29Dans une longue interview
00:42:30au journal Alsace,
00:42:31le président du groupe
00:42:33Ensemble pour la République
00:42:34défend la proposition.
00:42:36Je mènerai le combat
00:42:37pour la région Alsace
00:42:38jusqu'au bout.
00:42:38Un projet loin d'être
00:42:40du goût des dix patrons
00:42:41de région.
00:42:42Dans une tribune
00:42:42parue dimanche,
00:42:43ils s'insurgent
00:42:44contre la démarche.
00:42:45On ne défait pas
00:42:46ce qu'on a mis
00:42:46dix ans à construire.
00:42:47Une Alsace
00:42:48qui s'éloigne
00:42:49du Grand Est
00:42:50a donné des idées
00:42:51aux autres.
00:42:52Irait-on vers une carte
00:42:53des régions remaniées ?
00:42:55Est-ce que ce sujet
00:42:57aurait dû faire l'objet
00:42:59d'une réflexion
00:43:00plus large
00:43:00sur l'organisation
00:43:01territoriale
00:43:02de notre pays ?
00:43:03Pour moi,
00:43:03la réponse est oui.
00:43:04Notre question
00:43:05qui fâche ce soir,
00:43:06la voici.
00:43:07L'Alsace peut-elle
00:43:08redevenir
00:43:08une région
00:43:10à part entière ?
00:43:13Olivier Becht.
00:43:14Alors d'abord,
00:43:15il y avait une motion
00:43:15de rejet
00:43:16qui avait été déposée
00:43:17et qui a été rejetée.
00:43:18Donc les débats
00:43:18se poursuivent en ce moment
00:43:19dans l'hémicycle.
00:43:21Tout simplement,
00:43:22pourquoi vouloir quitter
00:43:22la région Grand Est ?
00:43:23Vous n'y êtes pas heureux ?
00:43:24On ne demande pas le divorce.
00:43:26En fait,
00:43:27on n'a jamais accepté
00:43:28le mariage.
00:43:29La question,
00:43:30elle est relativement simple.
00:43:31Si vous voulez,
00:43:32en 2015,
00:43:32sur un coin de table,
00:43:34on commence à redessiner
00:43:35la carte des régions françaises.
00:43:37Il se trouve que l'Alsace
00:43:38est une région
00:43:39qui a une histoire,
00:43:41une géographie particulière,
00:43:43une culture
00:43:44qui fait partie
00:43:44de ces régions
00:43:45comme la Bretagne
00:43:46ou la Corse
00:43:47qui ont une identité.
00:43:48Voilà.
00:43:50Et qui, en plus,
00:43:50est structurée
00:43:51selon le sens
00:43:53dans lequel coulent
00:43:54les fleuves
00:43:55et les rivières.
00:43:56Comme disait Ernest Lavis,
00:43:58c'est là où on a
00:43:58les bassins de vie.
00:44:00Et en l'occurrence,
00:44:01cette région,
00:44:01elle est verticale.
00:44:03Elle suit, en fait,
00:44:04le Rhin.
00:44:05Et là,
00:44:05on a voulu faire
00:44:06de l'horizontalité
00:44:07en mariant trois régions
00:44:08qui, en fait,
00:44:08sont sillonnées
00:44:10de manière verticale.
00:44:11Et concrètement,
00:44:12ça ne marche pas.
00:44:14À l'époque,
00:44:15est-ce qu'on a cru
00:44:16bon de mettre
00:44:18les Corses
00:44:18dans une région
00:44:19Grand Sud ?
00:44:20La région est non.
00:44:21Est-ce qu'on a cru
00:44:22bon mettre
00:44:22les Bretons
00:44:23dans une région
00:44:24Grand Ouest ?
00:44:24La réponse est non.
00:44:26Il n'y a pas de raison
00:44:27que l'Alsace
00:44:28soit dans une région
00:44:28Grand Est.
00:44:29Nous demandons
00:44:30simplement de corriger
00:44:31cette erreur
00:44:31de l'histoire
00:44:32et de faire en sorte
00:44:33que l'Alsace
00:44:34puisse redevenir région.
00:44:35Et nous proposons,
00:44:36pour ce faire,
00:44:37qu'elle puisse récupérer
00:44:38les compétences
00:44:38de la région
00:44:39dans la collectivité
00:44:40européenne d'Alsace
00:44:41qui a déjà fusionné
00:44:42les départements.
00:44:43Et ça permet
00:44:44de faire de la simplification,
00:44:45non pas de la différenciation,
00:44:46mais de la simplification
00:44:47pour économiser
00:44:49une strate de collectivité locale
00:44:50puisqu'on n'aurait plus
00:44:51qu'une seule collectivité
00:44:52qui serait à la fois
00:44:53département et région.
00:44:54Benjamin Morel,
00:44:55sortir l'Alsace
00:44:56de la région Grand Est
00:44:57pour en faire
00:44:57une région à part entière,
00:44:58c'est de la simplification
00:45:00administrative ?
00:45:00Ce n'est pas en faire
00:45:01une région à part entière
00:45:03en réalité.
00:45:03C'est-à-dire que là,
00:45:04on dit,
00:45:04non mais en fait,
00:45:04c'est un retour
00:45:05sur la loi NOTRe.
00:45:05Entendons-nous bien,
00:45:06la loi NOTRe a été faite
00:45:07avec les pieds
00:45:07et avoir supprimé
00:45:08la région Alsace,
00:45:09c'était une sottise.
00:45:09On se rejoint là-dessus.
00:45:10En revanche,
00:45:11là, ce n'est pas le cas.
00:45:12On ne revient pas
00:45:12à la région Alsace
00:45:13de Naguère.
00:45:14On crée une collectivité
00:45:15à statut particulier
00:45:16qui a quasiment exactement
00:45:18le même statut actuel
00:45:19que la Corse.
00:45:20Donc, c'est autre chose.
00:45:21Et il y a eu un projet là-dessus.
00:45:22Les Alsaciens ont voté
00:45:23contre en 2013.
00:45:24Donc, je veux bien
00:45:24qu'on entende parler
00:45:25de démocratie,
00:45:25mais une collectivité unique
00:45:27à statut particulier,
00:45:28c'est ici ce qui est prévu.
00:45:29Et malgré ce que vous dites,
00:45:30c'est en effet
00:45:31de la différenciation territoriale.
00:45:33Moi, j'ai beaucoup travaillé
00:45:34sur les sujets
00:45:35de décentralisation.
00:45:36Je me mettais sur le Sénat.
00:45:37Donc, c'est partie
00:45:37de mes sujets de recherche.
00:45:39Les modèles symétriques,
00:45:40qu'ils soient unitaires
00:45:41ou fédéraux,
00:45:41dans lesquels tout le monde
00:45:42a les mêmes compétences,
00:45:43sont fonctionnels.
00:45:45Les modèles asymétriques,
00:45:46où on lit identité
00:45:47et compétences,
00:45:48sont des modèles
00:45:49qui sont des modèles instables.
00:45:50Parce que si vous donnez
00:45:51une collectivité à statut particulier
00:45:52aux Alsaciens,
00:45:54je ne vois pas pourquoi
00:45:55est-ce qu'on la refuserait
00:45:55aux Bretons.
00:45:56Pourquoi est-ce qu'on la refuserait
00:45:57aux Basques et derrière,
00:45:58moi qui suis au Vergnat,
00:46:00pourquoi est-ce qu'on la refuserait
00:46:02à l'Auvergne ?
00:46:03Alors, vous avez dit
00:46:08de petits chevaux
00:46:09qui s'est produit
00:46:10dans tous les États européens.
00:46:11On peut faire l'exemple
00:46:12avec la Grande-Bretagne,
00:46:13l'Espagne, etc.
00:46:14Quand je parle
00:46:15avec des nationalistes corses,
00:46:16ça m'arrive assez souvent,
00:46:17ils me disent
00:46:17je veux un statut
00:46:18à la Néo-Calédonienne.
00:46:19Je rappelle que
00:46:20la Nouvelle-Calédonie,
00:46:21juridiquement,
00:46:22ce n'est pas moi qui le dis,
00:46:22c'est la CEDH,
00:46:23l'ONU,
00:46:26les accords de Nouméa,
00:46:27c'est un statut colonial.
00:46:29Donc, ça n'a pas de sens.
00:46:30Quand vous discutez
00:46:31avec des Alsaciens,
00:46:31ils veulent un statut à la Corse.
00:46:33Je rappelle que
00:46:33le statut de la Corse,
00:46:38ce qui m'apparaît
00:46:39peu adaptable à l'Alsace.
00:46:41Pas du tout.
00:46:41Alors, je ne vous ferai pas
00:46:43l'offense, si vous voulez,
00:46:45de ne pas connaître
00:46:46l'article 72 de la Constitution,
00:46:47mais on sait très bien
00:46:48que l'article 72 de la Constitution
00:46:49dit qu'il y a les régions,
00:46:50les départements,
00:46:51les collectivités
00:46:52à statut particulier,
00:46:53communes également,
00:46:54sur les collectivités
00:46:56qui sont reconnues.
00:46:57Comme nous souhaitons faire
00:46:58à la fois
00:47:00les compétences régionales
00:47:01et les compétences départementales
00:47:02pour simplifier le millefeuille
00:47:04et enlever une strate,
00:47:05non, parce que la Corse
00:47:07a derrière
00:47:08cette collectivité
00:47:09à statut particulier,
00:47:10des compétences
00:47:11que n'ont pas
00:47:12les autres régions.
00:47:14Ce n'est pas le cas
00:47:15avec le département alsacien aujourd'hui ?
00:47:16Ce n'est pas le cas
00:47:17avec le département alsacien,
00:47:18mis à part, si vous voulez,
00:47:19la gestion des autoroutes.
00:47:21Compétences culturelles,
00:47:22transfrontalières ?
00:47:23Non, non, non,
00:47:23sur la compétence culturelle,
00:47:24c'est exactement la même chose.
00:47:26Sur la compétence transfrontalière,
00:47:27c'est juste la coordination
00:47:28avec les amis allemands
00:47:30et suisses
00:47:30qui sont en face.
00:47:31Si vous voulez,
00:47:33il faut...
00:47:35Vous habitez où ?
00:47:36Vous disiez,
00:47:36vous étiez auvergne.
00:47:37Alors moi, je viens d'Auvergne,
00:47:38oui, en effet.
00:47:39Quand vous êtes à Paris,
00:47:39vous habitez à Paris ?
00:47:40J'habite à Issy-les-Moulines aussi.
00:47:42À Issy-les-Moulines.
00:47:42Voilà, voilà.
00:47:44Paris, c'est quoi ?
00:47:46Lyon, c'est quoi ?
00:47:47Marseille, c'est quoi ?
00:47:48Ce sont des collectivités
00:47:49à statut particulier.
00:47:50Lyon, c'est très bon.
00:47:51Non, mais ce sont des collectivités
00:47:52à statut particulier.
00:47:53Pourquoi vous dites
00:47:53que la comparaison avec Lyon
00:47:54n'est pas pertinente ?
00:47:55Non, au contraire,
00:47:56l'exemple lyonnais est très bon.
00:47:57Qu'est-ce qui s'est passé
00:47:58avec Lyon ?
00:47:58Vous avez à l'époque,
00:47:59Gérard Collomb,
00:47:59qui voulait se désolidariser
00:48:01de l'arrière-pays.
00:48:02Là, il y a quand même
00:48:03deux entités qu'on oublie.
00:48:05Pourquoi est-ce qu'on a fusionné
00:48:06l'Auvergne avec Renalp ?
00:48:08C'était une idée aussi,
00:48:08mais qu'importe.
00:48:09Et pourquoi pas avec le Limousin ?
00:48:11Parce qu'en fait,
00:48:11quand vous unissez des régions
00:48:13qui sont en difficulté ensemble,
00:48:14vous créez de l'inégalité territoriale.
00:48:17Les Champenois et les Lorrains,
00:48:19ici, sont complètement oubliés.
00:48:20Le Rassemblement national,
00:48:22dans cette affaire,
00:48:22qui semble avoir kidnappé
00:48:23cette proposition de loi,
00:48:24quasiment en faire la sienne,
00:48:26est en train de se désolidariser
00:48:28de deux régions qui votent pour lui.
00:48:29Il y a une façon de concevoir
00:48:31aujourd'hui ce sujet
00:48:32qui m'apparaît extrêmement monofocal,
00:48:34parce que demain,
00:48:35si vous désolidarisez
00:48:36l'Alsace du Grand Est,
00:48:37vous aurez une région
00:48:39dans laquelle Champenois et Lorrain
00:48:43se retrouveront en difficulté
00:48:44d'aménagement du territoire,
00:48:45parce que c'était ça,
00:48:45l'objectif de ces grandes régions.
00:48:47Là où l'Alsace,
00:48:47et c'était l'un des arguments
00:48:48de Frédéric Biéry...
00:48:49Tout à l'heure,
00:48:50dans l'hémicycle,
00:48:50Thibaut Bazin,
00:48:51Thibaut Bazin,
00:48:52député républicain de Lorraine,
00:48:54dit,
00:48:54en tant que Lorrain,
00:48:55je me sens méprisé
00:48:56par cette proposition de loi.
00:48:57Moi, ma grand-mère était Lorraine.
00:49:00J'ai commencé ma carrière administrative
00:49:02à Metz
00:49:02et j'étais magistrat
00:49:03au tribunal administratif à Nancy.
00:49:05Voilà.
00:49:06J'aime la Lorraine,
00:49:07j'aime la Champagne-Ardenne,
00:49:08si vous voulez.
00:49:09Ce sont des régions...
00:49:10La Champagne,
00:49:10c'est une marque mondiale.
00:49:12La Lorraine,
00:49:13avec l'Alsace,
00:49:14nous avons une histoire
00:49:15qui a marqué aussi le monde.
00:49:17Je pense que la question,
00:49:19si vous voulez,
00:49:19n'est pas d'opposer
00:49:20les uns aux autres.
00:49:21La vraie question,
00:49:22c'est comment j'organise le pays.
00:49:24J'entends la question
00:49:25de l'aménagement du territoire.
00:49:26Mais l'aménagement du territoire
00:49:28et la solidarité,
00:49:30elle n'a pas à être faite
00:49:31à l'intérieur d'une région.
00:49:33Elle a à être faite
00:49:34au niveau national.
00:49:35C'est à la France,
00:49:36c'est à la nation
00:49:37de faire un aménagement
00:49:38du territoire
00:49:39et de faire en sorte
00:49:41de, on va dire,
00:49:43de contrebalancer
00:49:44les déséquilibres régionaux.
00:49:45Il y a d'ailleurs
00:49:46des mécanismes
00:49:47d'écrètement de fiscalité,
00:49:49de péréquation, etc.,
00:49:50entre les régions
00:49:51qui existent pour ça.
00:49:53Donc, il ne faut pas,
00:49:54si vous voulez,
00:49:54il ne faut pas tout confondre.
00:49:55Je pense qu'aujourd'hui,
00:49:56la force d'un pays,
00:49:58c'est de s'ancrer solidement
00:50:00dans ses territoires
00:50:01et dans des territoires
00:50:02qui correspondent à quelque chose.
00:50:04Le Grand Est,
00:50:05ça n'a pas d'identité.
00:50:06Personne ne parle
00:50:07du Grand Est.
00:50:07La Champagne,
00:50:08on sait ce que c'est.
00:50:09C'est la force de l'habitude
00:50:11et de l'histoire aussi,
00:50:12peut-être.
00:50:12C'est le produit
00:50:13d'une histoire,
00:50:13c'est le produit
00:50:14d'une géographie aussi.
00:50:15Comme je disais tout à l'heure,
00:50:16ce sont des territoires
00:50:17qui sont structurés
00:50:18de manière verticale
00:50:19dans le sens
00:50:20dans lequel coulent
00:50:20les fleuves
00:50:21et les rivières.
00:50:23Et puis,
00:50:23c'est une culture.
00:50:24On ne peut pas nier
00:50:25complètement ce genre
00:50:26de choses
00:50:27pour essayer
00:50:28de construire
00:50:30des entités
00:50:30qui n'ont aucune identité
00:50:32ou le faire
00:50:32de manière artificielle.
00:50:33C'est ça qui affaiblit
00:50:34le pays.
00:50:34Vous faites comme si
00:50:35l'Alsace avait disparu.
00:50:36Encore une fois,
00:50:37si j'avais dû faire
00:50:38la loi NOTRe,
00:50:38je n'aurais pas supprimé
00:50:39la région Alsace.
00:50:40C'était une sottise.
00:50:41Mais là,
00:50:41aujourd'hui,
00:50:43avec la collectivité européenne
00:50:44d'Alsace,
00:50:44vous avez une entité
00:50:46qui existe
00:50:46et qui s'appelle
00:50:47l'Alsace.
00:50:47Je termine.
00:50:48Vous dites ensuite
00:50:49que les régions,
00:50:50ce n'est pas une question
00:50:51d'aménagement du territoire.
00:50:52Mais les régions,
00:50:53telles qu'elles ont été construites,
00:50:55ce ne sont pas des sujets
00:50:56d'identité agriculturelle.
00:50:57Vous l'avez reconnu vous-même.
00:50:58Ce sont des sujets
00:50:58d'aménagement du territoire
00:51:00avec deux compétences majeures
00:51:01qui sont notamment
00:51:01le développement économique
00:51:03et les transports.
00:51:04Et donc dire,
00:51:05écoutez,
00:51:05les Champenois et les Lorrains
00:51:07pourront se développer sans nous.
00:51:08Si vous n'avez pas
00:51:08de points économiques
00:51:09dans une région,
00:51:10comment est-ce que vous faites
00:51:11du développement économique ?
00:51:12Comment est-ce que vous développez
00:51:13le transport ?
00:51:14Mais ils l'ont fait
00:51:14pendant 40 ans.
00:51:15Qu'est-ce qui s'est passé avant ?
00:51:16Parce que vous aviez justement
00:51:17l'objectif de la loi NOTRe
00:51:19et les très imparfaites
00:51:20encore une fois,
00:51:21c'était de construire de l'égalité
00:51:22et d'essayer de développer le pays.
00:51:24Qu'est-ce que vous répondez,
00:51:25Olivier Zébèche,
00:51:26qu'est-ce que vous répondez ?
00:51:27Ça fonctionne moins bien aujourd'hui,
00:51:29les mobilités sur les transports,
00:51:31les TER,
00:51:32beaucoup de retard,
00:51:33beaucoup de trains annulés,
00:51:33etc.
00:51:34Que ça ne fonctionnait
00:51:35il y a 10 ans.
00:51:36Mais alors justement,
00:51:36qu'est-ce que vous répondez
00:51:37à ceux qui disent
00:51:38que l'Alsace,
00:51:38c'est la locomotive
00:51:39de la Légion Grand-Est
00:51:40et qu'en fait,
00:51:41elle veut se débarrasser
00:51:42un peu des wagons,
00:51:43cochons, la Lorraine
00:51:44et la Champagne-Ardenne ?
00:51:45Franchement, c'est un argument
00:51:46de mauvaise foi.
00:51:47Ce n'est absolument pas lié,
00:51:48si vous voulez,
00:51:49à la question économique.
00:51:50Moi, je suis tout à fait prêt
00:51:51demain à ce qu'on trace des ponts
00:51:54et qu'on fasse
00:51:54de la coopération économique
00:51:56avec la Lorraine,
00:51:57avec la Champagne-Ardenne,
00:51:58avec la Bourgogne-Franche-Comté
00:51:59qui, entre nous, soit dit,
00:52:01est d'ailleurs plus proche de nous
00:52:02que la Champagne-Ardenne.
00:52:03Je suis tout à fait prêt
00:52:04à ce qu'on fasse
00:52:05ce genre de choses.
00:52:06Je demande juste
00:52:07à ce que les régions
00:52:09respectent l'identité historique,
00:52:12géographique, culturelle
00:52:13de notre pays
00:52:14parce que je pense
00:52:14que nous sommes dans un moment
00:52:15où nous sommes confrontés
00:52:17à des défis extraordinaires
00:52:19au niveau européen
00:52:20et mondiales
00:52:21et que, pour se tenir droite,
00:52:23forte,
00:52:24la nation a besoin
00:52:25d'être ancrée
00:52:26dans ces territoires.
00:52:27C'est là qu'elle puise son énergie.
00:52:28Bonsoir Peyo Dufault.
00:52:30Merci d'être avec nous
00:52:31depuis la salle
00:52:31des quatre colonnes
00:52:32à l'Assemblée nationale.
00:52:34Je rappelle que vous êtes
00:52:35député apparenté socialiste
00:52:36des Pyrénées-Atlantiques.
00:52:38Le groupe socialiste
00:52:39avait d'ailleurs présenté
00:52:40une motion de rejet
00:52:40préalable à cette proposition
00:52:42de loi qui a été rejetée.
00:52:43Vous, vous êtes opposé
00:52:44au texte ou pas ?
00:52:45Non, non, je ne suis pas
00:52:46opposé au texte.
00:52:48Moi, ce que je constate,
00:52:49c'est qu'on vit une crise
00:52:50démocratique très importante
00:52:53et le marqueur
00:52:54de cette crise démocratique,
00:52:56c'est que la centralisation
00:52:57est en train de créer
00:52:59une défiance du monde politique
00:53:00puisque plus ça va,
00:53:02plus on éloigne
00:53:03les prises de décision
00:53:04des territoires
00:53:04et de ses habitants.
00:53:05Et on a vu
00:53:06par la crise des Gilets jaunes,
00:53:07mais on le voit régulièrement,
00:53:09notamment par le résultat
00:53:10des élections européennes,
00:53:11qu'il y a une défiance totale
00:53:13de cet éloignement
00:53:14des territoires,
00:53:16de ces prises de décision.
00:53:18Et aujourd'hui,
00:53:18ce qui est demandé,
00:53:19c'est plébisciter.
00:53:20Moi, j'entends bien
00:53:22la position
00:53:24qui est de dire
00:53:25qu'il y aurait
00:53:26une volonté de séparation.
00:53:28Non, ce n'est pas
00:53:29une volonté de séparation.
00:53:30C'est une volonté
00:53:31de s'emparer,
00:53:32de pouvoir décider
00:53:33au mieux,
00:53:35au plus proche du territoire,
00:53:37de la réalité
00:53:37de ses habitants
00:53:39pour décider d'un avenir.
00:53:40Aujourd'hui,
00:53:41ce n'est plus le cas.
00:53:41Et la loi NOTRe,
00:53:42j'ai entendu,
00:53:43elle a été faite
00:53:43avec les pieds.
00:53:46Aujourd'hui,
00:53:46on est en train
00:53:47de courir derrière
00:53:47une erreur
00:53:48qui a été décidée
00:53:49à Paris
00:53:50sans consulter
00:53:51l'Alsace.
00:53:52Mais c'est le cas ailleurs.
00:53:53Et aujourd'hui,
00:53:54on ne peut pas
00:53:54continuer comme ça.
00:53:55Vous êtes député
00:53:55des Pyrénées-Atlantiques
00:53:57qui font partie
00:53:57de la région Nouvelle-Aquitaine.
00:53:59Région Nouvelle-Aquitaine
00:54:00qui va, en gros,
00:54:01de Saint-Jean-de-Luz
00:54:02à Poitiers.
00:54:03Et vous avez déposé
00:54:04des amendements
00:54:05à la proposition de loi,
00:54:06notamment pour obtenir
00:54:07une nouvelle gouvernance
00:54:09avec plus de compétences
00:54:10pour la communauté
00:54:11d'agglomération
00:54:12Sud-Pays-Basque.
00:54:14Donc, ça vous donne
00:54:14des idées ?
00:54:15Oui, non mais nous,
00:54:16on y travaille
00:54:16depuis des années.
00:54:17C'était plébiscité
00:54:18par notre territoire.
00:54:19Il y a un sondage IFOP
00:54:21qui est sorti
00:54:21l'été dernier,
00:54:22justement,
00:54:23à la demande
00:54:24de Région et Peuples Solidaires
00:54:25qui montre que,
00:54:26grosso modo,
00:54:2780% des Français
00:54:29demandent
00:54:30de rapprocher
00:54:31le pouvoir
00:54:32des territoires.
00:54:33Et aux Pays-Basques,
00:54:34on est à quasiment
00:54:3490% des Basques
00:54:36qui demandent
00:54:37d'avoir une évolution
00:54:38pour décider
00:54:40plus facilement
00:54:42de son avenir,
00:54:43tout simplement.
00:54:44Et aujourd'hui,
00:54:44ce n'est pas contre les autres.
00:54:46Et moi,
00:54:46je m'inscris en faux
00:54:47sur les mots
00:54:49que j'ai entendus
00:54:50là sur le plateau.
00:54:51Il n'y a pas d'opposition
00:54:52avec les autres.
00:54:53Il y a juste qu'aujourd'hui,
00:54:54les gens ont besoin
00:54:55de plus de proximité.
00:54:56Et si on veut
00:54:57que la République
00:55:00subsiste,
00:55:01il faut aussi entendre
00:55:02que le centralisme
00:55:04à la française
00:55:04est dépassé aujourd'hui.
00:55:05C'est le seul pays
00:55:07en Europe
00:55:07qui détient
00:55:08toujours ce modèle.
00:55:10Moi,
00:55:10je crois qu'en Espagne,
00:55:10ça fonctionne plutôt bien.
00:55:12Je crois que
00:55:13l'ensemble
00:55:14des pays européens,
00:55:15il n'y a que la France
00:55:16qui est un pays
00:55:17centralisateur
00:55:18comme ça,
00:55:18qui ne laisse
00:55:19aucune possibilité
00:55:21à ces territoires.
00:55:22Et notamment,
00:55:23il n'y a pas
00:55:23d'uniformité
00:55:24sur le territoire hexagonal.
00:55:26Ce n'est pas vrai.
00:55:26Notamment sur
00:55:27le problème linguistique,
00:55:29sur des zones
00:55:30de montagne,
00:55:31des zones de plaines,
00:55:32on a des différences
00:55:34très, très marquées
00:55:35et on oublie
00:55:36complètement
00:55:37les territoires ruraux.
00:55:38Enfin, je veux dire,
00:55:39la crise démocratique
00:55:41du moment,
00:55:41elle vient en partie
00:55:42de là.
00:55:43Et aujourd'hui,
00:55:44continuer d'opposer
00:55:45le centralisme
00:55:46comme seule option,
00:55:47en effet,
00:55:47Paris, Lyon,
00:55:48Marseille,
00:55:49bizarrement,
00:55:49eux, ils ont des statuts
00:55:50particuliers
00:55:51qui ne posent
00:55:51de problème à personne.
00:55:53Nous, on n'a pas
00:55:53de velléité séparatiste.
00:55:55On a de velléité
00:55:56de pouvoir prendre
00:55:57les bonnes décisions
00:55:58pour les territoires
00:55:59et leurs habitants
00:56:00parce qu'on n'a pas
00:56:01tous les mêmes problèmes.
00:56:03Oui, deux choses.
00:56:05La première chose,
00:56:06c'est que la décentralisation
00:56:07d'un côté
00:56:08et de l'autre côté
00:56:09le différentialisme identitaire,
00:56:11c'est deux choses
00:56:11très différentes.
00:56:12C'est ce que j'évoquais
00:56:13tout à l'heure.
00:56:13Quand vous avez
00:56:13des statuts symétriques,
00:56:15il n'y a pas de problème.
00:56:15C'est quand on commence
00:56:16à lier des compétences
00:56:17qui, a priori,
00:56:18n'ont pas grand-chose
00:56:18à voir avec une identité,
00:56:20les transports,
00:56:21le développement économique
00:56:22et un sentiment identitaire
00:56:23qu'on rentre
00:56:24dans une logique
00:56:24de surenchère.
00:56:25Dans certains pays fédéraux,
00:56:27y compris très décentralisés,
00:56:28mais où c'est symétrique,
00:56:29vous n'avez pas
00:56:30cette course à l'échalote.
00:56:31On est en train
00:56:31de créer sur le territoire
00:56:33une course à l'échalote
00:56:34que je décrivais tout à l'heure.
00:56:35Le deuxième élément,
00:56:37regardez les 20 régions
00:56:39les plus pauvres
00:56:40de l'Union européenne
00:56:40face à la crise de 2008.
00:56:42La seule qui ne voit pas
00:56:43son PIB s'effondrer
00:56:44et son taux de chômage explosé,
00:56:45c'est la Corse.
00:56:46C'est la Corse, exactement.
00:56:48Et y compris un parti de gauche
00:56:49qui s'appelle l'ERC en Catalogne
00:56:51avait comme slogan
00:56:52il y a quelques années
00:56:53« C'est son pays pour les Andalous ».
00:56:55Le développement...
00:56:56C'est pour ça
00:56:56quand Payot du faux
00:56:57dit que ça se passe très bien
00:56:58en Espagne, c'est mal connaître
00:57:00l'ambiance entre les Catalans
00:57:02et les Andalous.
00:57:02est devenu une collectivité prédatrice
00:57:04parce qu'ils peuvent faire
00:57:05du dumping fiscal.
00:57:06Et donc le pays basque espagnol
00:57:07se porte très bien
00:57:08mais en pillant
00:57:09tout le tissu économique
00:57:10du nord de l'Espagne.
00:57:11Idem sur l'Italie
00:57:12avec la Lombardie,
00:57:13je ne vous parle même pas
00:57:14de la Belgique avec la Flandre
00:57:15et le slogan,
00:57:16l'un des slogans
00:57:17de Frédéric Biéry,
00:57:18président de la collectivité
00:57:19européenne d'Alsace
00:57:20au moment de la consultation
00:57:21où 90% des Alsaciens
00:57:22se sont abstenus,
00:57:24sait-on ?
00:57:24C'était gardons l'argent
00:57:26des Alsaciens en Alsace.
00:57:27Faisons-en quelque chose
00:57:28en Alsace.
00:57:29Les Champenois
00:57:30et les Lorrains apprécieront.
00:57:33Merci à tous les deux
00:57:34et merci à Payot du faux
00:57:35d'avoir aussi été en direct
00:57:36avec nous
00:57:36depuis la salle
00:57:37des 4 colonnes.
00:57:38Ce débat va se poursuivre
00:57:39ce soir
00:57:40à l'Assemblée nationale
00:57:41et tout de suite,
00:57:42c'est justement
00:57:43le journal de l'Assemblée nationale.
00:57:44C'est Bourbon Express
00:57:44et c'est Marco Péodou.
00:57:49Bonsoir Marco.
00:57:50Bonsoir Adeline.
00:57:51Dans Bourbon Express ce soir,
00:57:52d'abord une pétition
00:57:53qui fait beaucoup parler,
00:57:54celle contre la proposition
00:57:55de loi de la députée EPR
00:57:57Caroline Yadland
00:57:57pour lutter contre
00:57:58les nouvelles formes
00:57:59d'antisémitisme.
00:58:00Non à la loi Yadans,
00:58:02c'est le titre
00:58:02de cette pétition accessible
00:58:04sur le site de l'Assemblée
00:58:05et ce soir,
00:58:06elle a franchi
00:58:07le seuil symbolique
00:58:08des 500 000 signatures.
00:58:10Forte mobilisation
00:58:11contre un texte
00:58:13qui affirme
00:58:13que la haine
00:58:14de l'État d'Israël
00:58:15est aujourd'hui
00:58:16consubstantielle
00:58:17à la haine des Juifs.
00:58:19De son côté,
00:58:20l'auteur de la pétition
00:58:21dénonce un amalgame
00:58:23entre la haine des Juifs
00:58:24et la critique d'Israël,
00:58:27autrement dit
00:58:27entre l'antisémitisme
00:58:28et l'antisionisme.
00:58:30Il redoute,
00:58:31vous allez le voir,
00:58:31un réel danger
00:58:32pour la liberté d'expression
00:58:34en muselant tout soutien
00:58:36à la cause palestinienne.
00:58:37Je cite
00:58:38« Le cap des 500 000 signatures
00:58:40étant atteint,
00:58:41la France insoumise
00:58:42réclame un débat
00:58:43à l'Assemblée
00:58:44comme le prévoit le règlement.
00:58:46Nous,
00:58:46nous demandons,
00:58:47ce serait le minimum
00:58:48de respect,
00:58:49que cette pétition
00:58:50soit examinée
00:58:51à l'ordre du jour
00:58:52de l'Assemblée nationale
00:58:53avant l'examen
00:58:54du texte,
00:58:55soit avant
00:58:56le jeudi 16 avril.
00:58:57Et d'ailleurs,
00:58:58je crois que dans
00:58:58une réelle démocratie,
00:58:59le texte devrait être
00:59:00tout simplement retiré
00:59:02de l'ordre du jour.
00:59:03Alors débat ou pas
00:59:05dans l'hémicycle,
00:59:06la décision sera prise
00:59:07en conférence des présidents
00:59:08sous la Vème République.
00:59:10Une seule pétition
00:59:11a déjà eu le droit
00:59:12à son débat
00:59:13dans l'hémicycle.
00:59:14C'était en février dernier
00:59:15contre la loi Duplomb,
00:59:16la loi agricole
00:59:17très controversée.
00:59:18On continue, Marco.
00:59:21Avec la commission d'enquête ?
00:59:21Oui, ça nous avait manqué.
00:59:23La commission d'enquête
00:59:23parlementaire
00:59:24sur l'audiovisuel public.
00:59:25On entre dans le money time.
00:59:28C'est les dernières auditions là.
00:59:29Et il y aura eu des tensions
00:59:31jusqu'au bout en fait.
00:59:31Oui, et cet après-midi encore
00:59:33entre le rapporteur Charles Aloncle
00:59:35et le député du Bloc central
00:59:37Erwann Balanant.
00:59:38Cet après-midi,
00:59:39pendant l'audition
00:59:40des responsables
00:59:40de TV5Monde.
00:59:41Et ça a commencé comme ça.
00:59:43La volonté de pays francophones
00:59:45de transmettre les valeurs
00:59:47de la francophonie.
00:59:50Pour ceux qui en doutent encore,
00:59:52monsieur le rapporteur
00:59:53est encore parti
00:59:54à chaque fois que je pose
00:59:54une question.
00:59:56Ça en devient comique.
00:59:58Ah oui, il faisait coucou
00:59:59à Charles Aloncle qui partait.
01:00:00Il est parti,
01:00:01mais il est revenu.
01:00:01Juste après la question
01:00:03d'Erwann Balanant,
01:00:04donc, le rapporteur
01:00:05s'en est expliqué.
01:00:06Il y a un mois et demi,
01:00:07en pleine audition,
01:00:08micro et caméra ouverte,
01:00:09il m'a menacé,
01:00:10assumant, d'expliquer,
01:00:12je le cite,
01:00:13t'inquiète,
01:00:14toi on va te régler.
01:00:15Depuis, il n'y a eu
01:00:16aucune sanction prise
01:00:18par la présidence
01:00:19de l'Assemblée nationale
01:00:20et tant que monsieur Balanant
01:00:21continuera à narguer
01:00:22et à siéger
01:00:23dans cette commission d'enquête,
01:00:24effectivement,
01:00:25je me lèverai
01:00:25et je quitterai la salle
01:00:26dès qu'il prendra la parole.
01:00:28T'inquiète,
01:00:29on va te régler.
01:00:30Vous vous en souvenez,
01:00:31les propos avaient fait polémique.
01:00:32On en avait parlé d'ailleurs
01:00:33dans Bourbon Express,
01:00:34c'était le 26 février dernier.
01:00:36Ce jour-là,
01:00:37Erwann Balanant
01:00:37avait expliqué
01:00:38que ses propos
01:00:39avaient été mal interprétés.
01:00:40Il l'a redit ce mardi.
01:00:42Ce n'est pas vous
01:00:43que je menaçais,
01:00:44monsieur Alonc.
01:00:44C'était l'idée
01:00:46que nous aussi,
01:00:47nous allions répondre
01:00:48idée par idée
01:00:49à votre rapport.
01:00:51Et c'était,
01:00:52oui,
01:00:52régler le sort
01:00:53de votre rapport.
01:00:54Peut-être,
01:00:54vous pourriez avoir
01:00:56la décence
01:00:56de rester
01:00:57quand chacun
01:00:58des députés parle.
01:01:01c'est le minimum
01:01:02de la politesse républicaine.
01:01:03Merci, monsieur.
01:01:04On le voit là
01:01:04pour ce nouvel épisode.
01:01:06Adeline,
01:01:07mais attention,
01:01:07la série touche
01:01:08bientôt à sa fin.
01:01:09Dernière semaine d'audition
01:01:11pour la commission d'enquête
01:01:12sur l'audiovisuel public.
01:01:13Demain,
01:01:14ils recevront
01:01:14Delphine Ernot,
01:01:15justement,
01:01:15la présidente
01:01:16de France Télévisions.
01:01:17Vous l'avez suivi,
01:01:18Olivier Becht,
01:01:18cette commission audiovisuelle
01:01:20publique
01:01:20qui va s'achever demain ?
01:01:21J'attends avec impatience
01:01:23le rapport
01:01:23qui en émergera.
01:01:26Vous attendez le rapport ?
01:01:27Vous attendez quoi
01:01:28du rapport, d'ailleurs ?
01:01:29J'attends du rapport
01:01:30qu'il fasse la lumière
01:01:32déjà sur ce que coûte
01:01:33concrètement
01:01:34notre système
01:01:35d'audiovisuel public
01:01:37avec les comparaisons
01:01:39notamment
01:01:40qu'ils peuvent se faire
01:01:41avec l'audiovisuel privé
01:01:43et les conclusions
01:01:45que le rapporteur
01:01:47ainsi que le président
01:01:49mettront sur la table
01:01:51et qui, je suis sûr,
01:01:53nourriront
01:01:53le débat parlementaire
01:01:55et, je l'espère,
01:01:56des textes
01:01:57qui permettront
01:01:57de faire évoluer
01:01:58qu'il y a
01:02:00cet audiovisuel.
01:02:01Je pense que
01:02:01c'est ce qu'attendent
01:02:02les Françaises
01:02:02et les Français.
01:02:03Benjamin,
01:02:03je vous voyais regarder
01:02:04les extraits
01:02:05d'Erwann Balanant
01:02:06et de Charles Aloncle.
01:02:07Ça a abîmé
01:02:08le travail des députés,
01:02:09cette commission d'enquête ?
01:02:10La réalité, c'est que
01:02:11la commission d'enquête,
01:02:13c'est un instrument
01:02:13qui est un instrument
01:02:14extrêmement important
01:02:15en matière parlementaire.
01:02:16Il n'y a pas mieux,
01:02:16si vous voulez,
01:02:17au fond des choses, etc.
01:02:18C'est un vrai objectif,
01:02:19évaluer une politique publique,
01:02:20voire potentiellement
01:02:21la corriger ensuite
01:02:22dans le cadre
01:02:23d'amendements au projet de loi
01:02:24ou d'une proposition de loi.
01:02:26Et là, on a quand même
01:02:27un petit aspect grand guignolesque
01:02:29et c'est dommage
01:02:29parce que cet outil-là,
01:02:30qui est de plus en plus attaqué,
01:02:31il y a plein de tribunes
01:02:32pour dire trop de commissions d'enquête,
01:02:33supprimant les commissions d'enquête,
01:02:34non, le Parlement en a besoin,
01:02:36c'est vraiment une ressource importante.
01:02:38Il ne faut pas la galvauder.
01:02:39On poursuit, Marco,
01:02:40avec la séance de questions
01:02:42au gouvernement
01:02:42et des échanges houleux
01:02:43cet après-midi
01:02:44à propos des attaques racistes
01:02:46contre le nouveau maire insoumis
01:02:48de Saint-Denis.
01:02:49La gauche avait déjà interpellé
01:02:50le gouvernement mardi dernier.
01:02:52Elle est revenue à la charge
01:02:54aujourd'hui,
01:02:54trois jours après le rassemblement
01:02:56contre le racisme
01:02:57organisé à Saint-Denis
01:02:59à l'appel du nouveau maire insoumis,
01:03:01donc Bali Bagayoko,
01:03:02victime d'une campagne de haine
01:03:04depuis son élection.
01:03:05Mathilde Panot a dénoncé
01:03:07l'absence du gouvernement
01:03:09à cette mobilisation.
01:03:11Certains silences sont intolérables.
01:03:13La France insoumise
01:03:14ne se laissera pas donner
01:03:15des leçons de République
01:03:16de la part de ceux
01:03:17qui ont tant tardé à réagir.
01:03:19Vos condamnations à retardement,
01:03:21votre soutien à reculons
01:03:22et le silence de l'homme
01:03:24qui est censé présider la République.
01:03:26Emmanuel Macron appelle Éric Zemmour
01:03:28pendant 45 minutes
01:03:29quand celui-ci est pris à partie
01:03:31dans la rue
01:03:31mais n'a rien à dire
01:03:32au maire de la deuxième ville
01:03:33d'Île-de-France
01:03:34lorsqu'il est traité de singe
01:03:35sur les plateaux.
01:03:37Comme la semaine dernière,
01:03:38Sébastien Lecornu
01:03:39leur a répondu,
01:03:40rappelant que le racisme
01:03:41n'était pas une opinion
01:03:42tout en accusant
01:03:43la présidente du groupe
01:03:44LFI
01:03:45d'entretenir
01:03:46une forme de confusion
01:03:47laissant entendre
01:03:48que le gouvernement
01:03:49serait raciste.
01:03:49« Et je le redis avec beaucoup de force,
01:03:52vous participez à une banalisation du mal,
01:03:55vous participez à la banalisation
01:03:58de ce racisme
01:03:59et c'est dangereux justement
01:04:00pour cette cause.
01:04:01Donc refusons le racisme,
01:04:03refusons l'antisémitisme,
01:04:05refusons l'homophobie
01:04:06avec la même force
01:04:08et pas à la carte. »
01:04:09Et puis au cours de ces questions
01:04:11au gouvernement,
01:04:11un rare moment d'unité
01:04:12dans l'hémicycle.
01:04:13Oui, c'était en pleine séance.
01:04:14Yael Broun-Pivet,
01:04:15la présidente de l'Assemblée,
01:04:17a interrompu
01:04:17la série de questions
01:04:18posées au gouvernement
01:04:19pour prendre la parole.
01:04:20Nous venons d'apprendre
01:04:22une nouvelle
01:04:24qui va réjouir,
01:04:25je crois,
01:04:26l'ensemble d'une nation.
01:04:29Cécile Collère
01:04:29et Jacques Paris
01:04:30sont dans un avion
01:04:31pour Paris.
01:04:33Applaudissements
01:04:51Une libération définitive
01:04:53donc immédiatement saluée
01:04:55par l'ensemble de l'hémicycle.
01:04:56Non sans émotions,
01:04:57Cécile Collère
01:04:58et Jacques Paris
01:04:58sont été retenus en otage
01:04:59en Iran
01:05:00pendant plus de trois ans.
01:05:02Leur visage,
01:05:02vous le voyez,
01:05:03était affiché
01:05:03sur les grilles
01:05:04de l'Assemblée nationale
01:05:05pour ne pas les oublier.
01:05:06Ce soir,
01:05:07ils sont donc libres.
01:05:08Merci, Marco.
01:05:09On va pouvoir décrocher
01:05:10leur visage
01:05:11des grilles
01:05:11de l'Assemblée nationale.
01:05:12Olivier Bech disait
01:05:13qu'ils sont alsaciens
01:05:14donc ça décuple
01:05:15votre bonheur ce soir.
01:05:17Merci d'avoir été ce soir
01:05:18dans Chaque Voix Compte.
01:05:19Merci Fanny,
01:05:19merci Olivier,
01:05:20merci Marco.
01:05:21Cette émission est rediffusée
01:05:22tout à l'heure
01:05:22à 23h30.
01:05:23Vous la retrouvez aussi
01:05:24sur lcp.fr.
01:05:25Passez une excellente soirée
01:05:26sur la 8.
01:05:26On vous dit à demain
01:05:27pour Chaque Voix Compte
01:05:28à 19h30 en direct.
01:05:29Bonne soirée.
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