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  • il y a 2 jours
À LA UNE / Spécial élections municipales

Si 33 000 communes connaissent déjà leur maire, il reste 1 580 élus à désigner et le suspense reste entier dans de nombreuses municipalités. Tractations intenses, retraits de listes et débats tendus : avec son lot de rebondissements, l'entre-deux tours a pu modifier sensiblement l'équilibre des forces pour les élections du dimanche 22 mars. Timide avant le premier tour, la fin de campagne à Paris s'est caractérisée par un brusque regain de tension, tant les jeux sont ouverts : un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV prédit un score de 45,5% des voix pour le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, suivi de près par Rachida Dati, candidate « Le Républicains » (LR), créditée à 44,5%. À Nice, le refus de Bruno Retailleau, président LR, de soutenir le candidat de son parti Christian Estrosi contre le candidat soutenu par le Rassemblement national (RN), Eric Ciotti, a alimenté confusion et discorde au niveau national. À Marseille, l'élection municipale se joue entre le maire sortant Benoît Payan (Union de la gauche) et Franck Allisio (RN) qui sont arrivés au coude-à-coude au premier tour. À Bordeaux, le retrait de Philippe Dessertine, candidat sans étiquette, pourrait ouvrir la voie à une victoire du marconiste Thomas Cazenave, contre le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic. Enfin, après la percée de « La France Insoumise » (LFI) au premier tour, le fait majeur de cette campagne a été les alliances du parti avec le PS. Les Insoumis peuvent espérer des victoires à Toulouse, Limoges ou Roubaix. À Nantes, Brest ou Rodez, les candidats PS se sont alliés à LFI pour espérer gagner les mairies. Du côté du RN, les alliances ont été moins nombreuses. Jordan Bardella a, toutefois, renouvelé son appel à l'union des droites, évoquant la nécessité d'une « grande alliance de tous les partis patriotes ». Cette campagne d'entre-deux-tours, va-t-elle rebattre les cartes pour les municipalités restantes ?

Invités :
- Benjamin Morel, constitutionnaliste,
- Christelle Craplet, directrice Opinion de l'institut de sondages Ipsos-BVA,
- Jean Garrigues, historien.

Chroniques :
- « Périer tranche » par Bertrand Périer,
- « Les off de Lou » par Lou Fritel.

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Transcription
00:00:05Générique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte.
00:00:26On est ensemble pour une heure de débat et d'analyse.
00:00:29A mes côtés ce soir, Lou Frittel de Paris Match et Bertrand Perrier.
00:00:33Bonjour.
00:00:33Bonsoir à tous les deux.
00:00:34Bonsoir.
00:00:35Veille de week-end, veille d'élection, j'espère que vous êtes en forme.
00:00:37Ah, fou.
00:00:37Parce que je compte sur vous pour cette spéciale municipale.
00:00:41Et oui, ce soir, on fait le bilan de cet entre-deux-tours des municipales
00:00:44marqué par des alliances surprises et des rebondissements.
00:00:47On vous emmènera à Toulouse où le PS s'est rangé derrière le candidat de la France Insoumise.
00:00:52On ira à Strasbourg où les écologistes vont tenter de sauver un de leurs bastions.
00:00:57On s'arrêtera aussi à Bricontrobert où le candidat à les Républicains s'est allié
00:01:02à celui du Rassemblement National.
00:01:05Et bien sûr, on essaiera d'y voir plus clair à Paris.
00:01:08Alors les électeurs vont-ils suivre les consignes de leur parti ?
00:01:11Qui sortira gagnant de la guerre des gauches ?
00:01:14Et la main tendue par le RN à la droite se concrétisera-t-elle dans les urnes ?
00:01:18On va en débattre dans un instant.
00:01:20Bertrand, qu'est-ce que tout cela vous a inspiré pour votre chronique ?
00:01:23Alors on va parler d'un ovni de cet entre-deux-tours, l'alliance technique.
00:01:28A tout à l'heure Bertrand.
00:01:29Et à mes côtés ce soir, Christelle Crappelet, bonsoir.
00:01:31Bonsoir.
00:01:32Vous êtes directrice d'opinion de l'Institut de sondage Ipsos BVA
00:01:35et vous êtes le partenaire de LCP pour ces municipales.
00:01:38Benjamin Morel, bonsoir.
00:01:39Bonsoir.
00:01:39Vous êtes constitutionnaliste, maître de conférences en droit public à l'Université Paris-Panthéon-Assas.
00:01:43Et vous venez de publier nos communes, un avenir civique à réinventer aux éditions Terre-à-Terre.
00:01:48Enfin, Jean Garrigue, bonsoir.
00:01:50Nos téléspectateurs vous connaissent bien, vous êtes historien, fin connaisseur de l'histoire politique et parlementaire française.
00:01:57Voilà pour le sommaire.
00:01:58Installez-vous confortablement dans votre fauteuil.
00:02:00Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:09On savait que cet entre-deux-tours serait explosif avec des mains tendues,
00:02:14des alliances parfois inattendues et quelques coups tordus.
00:02:17On a désormais la photographie globale de la situation avant le verdict des urnes dimanche.
00:02:21On fait le point avec Marion Becker.
00:02:301 555 communes sur les plus de 35 000 sont concernées par le second tour dimanche.
00:02:3694% des communes ont déjà leur maire élue au premier tour.
00:02:40Pour les autres, plusieurs configurations dans les bureaux de vote.
00:02:44Avec 16 quinquagulaires, soit 5 candidats qui s'affrontent.
00:02:49159 quadrangulaires, 803 triangulaires, dont Paris, Marseille ou Nice.
00:02:55Et 548 duels, notamment à Lyon, Bordeaux et Toulouse.
00:03:01Un entre-deux-tours marqué par des fusions et des désistements.
00:03:05A gauche, des listes socialistes se sont alliées à la France insoumise
00:03:08pour ne pas perdre de grandes villes, comme Toulouse ou Nantes.
00:03:12Et ce, malgré la consigne nationale.
00:03:14Aucune règle n'a été clairement posée par la direction du parti socialiste.
00:03:18Les acteurs locaux ont donc fait ce qu'ils pouvaient ou ce qu'ils pensaient devoir faire.
00:03:21D'où la confusion.
00:03:23Après les municipales, viendra le moment de la clarification.
00:03:25Les écologistes assument.
00:03:28Je ne comprendrai pas, et je le pose avec beaucoup de fermeté et de responsabilité,
00:03:33je ne comprendrai pas que nous prenions le risque de perdre une ville
00:03:35simplement parce que nous avons des différends sur tel ou tel propos.
00:03:40Et j'en ai.
00:03:40Mais maintenant, je pense que la responsabilité, c'est de protéger les citoyens et citoyennes,
00:03:44surtout à l'heure où l'extrême droite...
00:03:46Les Insoumis se placent en faiseur de roi.
00:03:49Ce premier tour acte la progression de la France insoumise
00:03:52et du Rassemblement national aux élections municipales.
00:03:55L'extrême droite est présente dans 103 second tours sur 228 grandes villes.
00:04:01Elle a tendu dès dimanche sa main à la droite.
00:04:04C'est le début d'une clarification, c'est municipale, aussi bien à gauche qu'à droite.
00:04:07Pardon, je ne peux pas vous dénoncer les alliances contre nature entre la gauche et la LFI
00:04:12et ne pas regarder ce qui se passe aussi à droite avec ce glissement vers le Rassemblement national.
00:04:15L'autre enjeu de ce scrutin, c'est la participation très faible dimanche dernier.
00:04:20Seuls 57% des Français s'étaient déplacés.
00:04:24Que de rebondissements dans cet entre-deux-tours.
00:04:27Benjamin Morel, on commence peut-être par vous.
00:04:29Qu'est-ce que vous retenez, vous, comme fait majeur ?
00:04:31Alors, il y a plusieurs faits majeurs et je crois qu'il ne faut jamais l'oublier.
00:04:33Le premier fait majeur, c'est quand même l'abstention.
00:04:36Le champ politique local n'échappe aujourd'hui plus à la crise politique.
00:04:39On la voit notamment chez les jeunes.
00:04:41Les personnes âgées continuent à se déplacer.
00:04:42Ils sont encore branchés sur la politique locale.
00:04:44C'est beaucoup moins le cas pour les plus jeunes d'entre nous.
00:04:47Et ça, c'est quand même un problème parce que ça veut dire que le local n'est plus vraiment
00:04:50un barrage à la crise démocratique.
00:04:52L'autre élément, c'est une percée qui n'est pas générale des insoumis, mais qui existe dans les bons
00:04:57endroits.
00:04:58En gros, avec 600 000 voix, les insoumis ont réussi à prendre au piège le PS.
00:05:02Et à le contraindre, à bouger sa ligne et à se mettre sur une position d'ambiguïté.
00:05:06Et ça, ça va s'en ressentir pour la suite de ces élections municipales et pour les équilibres internes à
00:05:13la gauche.
00:05:13Et là, Jean-Luc Mélenchon a fait un très bon coup politique.
00:05:16Jean Garrigue, on a vu un peu la diversité des alliances qui se sont nouées dans cet entre-deux-tours.
00:05:20Est-ce que ça ne demande pas un peu de clarté pour les électeurs, tout cela ?
00:05:23Pour le moins.
00:05:24Il faut quand même rappeler que, Bruno Roteuil a le rappelé,
00:05:28vous avez plus de la moitié des communes de plus de 9 000 habitants qui sont déjà aux mains des
00:05:34Républicains.
00:05:35Et en deuxième position, vous avez les socialistes.
00:05:38Ce qui veut dire que les éléments de stabilité existent aussi et que les vieux partis sont encore là.
00:05:44Mais ce que perçoivent les citoyens, ce que perçoit l'opinion publique,
00:05:49c'est évidemment cette percée assez, comment dire, localisée de la France insoumise d'un côté
00:05:55et du Rassemblement national de l'autre qui, là aussi, réalise des percées,
00:05:59mais surtout dans deux régions qui sont le sud-est et le nord.
00:06:03Des régions de forte implantation du Rassemblement national.
00:06:07Ce qui veut dire que, ce que je retiens, moi, de ces élections, entre autres,
00:06:12c'est qu'on retrouve cette extrême fragmentation qu'on avait en 2024.
00:06:17Et que cette fragmentation-là est appelée à s'installer durablement dans notre paysage politique.
00:06:22Le faux-semblant, c'est que par rapport à cette fragmentation, vous avez une tendance d'un côté à l
00:06:32'union des droites,
00:06:33de l'autre côté à un rassemblement des gauches, une sorte de nouveau front populaire,
00:06:37les deux étant préemptés par ceux qui sont les plus forts, localement et opportunément.
00:06:43Mais on va voir ce que ça va donner.
00:06:45Mais si vous voulez, sur le fond des choses et par rapport à une histoire un peu plus longue,
00:06:49ce qui est intéressant, c'est de voir cette fragmentation-là,
00:06:52parce que vous allez la retrouver au moment de l'élection présidentielle.
00:06:55Dans un an.
00:06:56Christelle Crappelet, le regard de la spécialiste d'opinion.
00:06:59Alors moi, je trouve qu'on a des résultats assez contrastés,
00:07:01qu'il faut bien regarder ce qui se passe selon les configurations locales.
00:07:05Et ce qui a été intéressant, notamment dans ces villas en jeu, là où il y a un second tour,
00:07:09on a vu quand même une mobilisation un petit peu plus forte, même si au global, elle est en retrait.
00:07:14Et dans certaines grandes villes, une mobilisation qui est vraiment significative, je pense notamment à Lyon.
00:07:19Ce n'est pas le cas partout.
00:07:20Et je pense qu'il faut vraiment regarder ville par ville.
00:07:23Et ce sera intéressant de voir, notamment au regard des fusions qui ont lieu à gauche,
00:07:28on aura l'occasion d'en reparler, comment vont se comporter les électeurs, notamment socialistes.
00:07:32Oui, je voulais vous poser la question.
00:07:34Mais alors, sans rentrer dans le détail ville par ville, mais globalement,
00:07:36est-ce que les électeurs suivent à la fois les alliances et les consignes de vote qui leur sont données
00:07:41par leur parti ?
00:07:42Alors, de moins en moins, ils sont quand même de moins en moins vraiment à suivre comme un seul homme
00:07:48ce qui va être dicté par les partis.
00:07:51Surtout que la ligne du Parti socialiste, elle n'est pas non plus extrêmement claire.
00:07:55Dans notre enquête, on avait par exemple sur les sympathisants socialistes,
00:07:58les deux tiers qui étaient opposés à la fusion.
00:08:01Non, ça c'est la position de principe, mais il n'est pas du tout dit que localement,
00:08:05selon l'enjeu qui est dans leur ville, ils se mobilisent et aillent quand même voter pour une liste qui
00:08:11a fusionné,
00:08:12même si sur le principe, ils n'y étaient pas favorables.
00:08:14Lou Frittel, un mot de cet entre-deux-tours ?
00:08:17Ce qui est aussi frappant, c'est le taux d'abstention.
00:08:20En réalité, je pense qu'on aura le temps d'y revenir,
00:08:23mais l'absence de possibilité de panaché, notamment dans les communes de moins de 1000 habitants,
00:08:28fait que beaucoup, quand vous aviez une liste unique,
00:08:31beaucoup d'électeurs ne sont pas allés voter.
00:08:32Parce qu'ils n'avaient pas cette possibilité cathartique,
00:08:35dont vous aviez parlé la dernière fois, Benjamin,
00:08:37il n'y a pas la catharsis d'aller pouvoir biffer un nom
00:08:41et reconstituer finalement un hémicycle municipal à sa main.
00:08:47Et c'est assez flagrant, c'est le plus important taux d'abstention
00:08:53depuis le début des municipales sous Vème République, hors Covid.
00:08:58Bertrand Perrier ?
00:08:58Moi, ce qui m'a frappé, c'est évidemment l'ingérence du national dans le local.
00:09:02À la fois à Paris, évidemment, alors là, on a appris que peut-être Emmanuel Macron
00:09:07s'était mêlé du...
00:09:08On va en parler de tout ça.
00:09:10Nice, où évidemment, Retailleau refuse de prendre parti en faveur de l'un ou de l'autre
00:09:16et laisse arbitrer les électeurs.
00:09:20Bordeaux, où on a su qu'il y avait aussi eu beaucoup d'interférences du national sur le local.
00:09:25Donc, j'ai trouvé que c'était très intéressant de voir comment le national
00:09:30avait aussi eu son rôle à jouer dans les reports de voix,
00:09:33dans les consignes de vote au niveau local.
00:09:35Et ce qui vous a marqué, Bertrand ?
00:09:36C'est ce que vous avez choisi comme thème pour votre chronique.
00:09:39Perrier tranche, c'est maintenant.
00:09:45Et aujourd'hui, Bertrand, c'est une chronique en forme de coup de gueule démocratique.
00:09:48Pourquoi ?
00:09:49Oui, parce que là, on va s'intéresser, évidemment, et c'est passionnant,
00:09:52mais il faut bien dire que le spectacle est assez navrant.
00:09:54Et il faut vraiment y croire pour s'y intéresser.
00:09:58Ça fait huit jours que le champ des idées, que le champ de la dignité a été totalement déserté,
00:10:05au seul profit du balai décomplexé des stratégies partisanes,
00:10:09des tractations d'appareils, des alliances de circonstances et des marchandages de couloirs.
00:10:14Et voici que soudainement, sous nos yeux ébahis ou consternés,
00:10:18c'est selon la carpe et le lapin s'embrassent, les chiens et les chats fusionnent,
00:10:23les ennemis jurés d'hier posent côte à côte et tout sourire pour les photographes.
00:10:27Les digues ont sauté une à une et les principes proclamés il y a quelques jours encore,
00:10:32la main sur le cœur, sont jetés aux oubliettes.
00:10:35Bref, de façon totalement ouverte, il n'est plus question que de place et de rang,
00:10:40de poste et de posture, une séance d'exposition à ciel ouvert d'ambition purement personnelle
00:10:46qui n'est pas jolie, jolie.
00:10:49Et dans tout cela, les électeurs, ils vont avoir un peu de mal à s'y retrouver ?
00:10:52Oui, alors il ne faut pas non plus être naïf, on sait très bien que l'entre-deux-tours
00:10:54est le moment du « money time », au double sens du terme d'ailleurs,
00:10:58financier et chronologique de ce scrutin,
00:11:02et que donc on peut se découvrir finalement plus d'affinités que d'oppositions avec d'autres candidats.
00:11:07Mais là où ça devient nouveau, c'est qu'il y a l'irruption dans ce processus
00:11:12d'un élément hétérodoxe qui est la France insoumise.
00:11:15Et c'est ça qui a conduit à l'apparition de cette ovni de l'entre-deux-tours
00:11:20qui est pour moi fascinant, qui est l'alliance technique.
00:11:24Alors, dans une alliance classique, on sait comment ça fonctionne,
00:11:27on fait au moins semblant de trouver des terrains de convergence idéologique
00:11:32entre des listes qui étaient rivales au premier tour.
00:11:34Mais dans une alliance technique, on ne s'embarrasse plus de questions programmatiques,
00:11:38on assume pleinement, ouvertement, qu'on se partage juste des places.
00:11:43Et donc, à Nantes, à Brest, à Lyon, à Grenoble, à Besançon, PS et LFI,
00:11:48on conclut des alliances pudiquement qualifiées de techniques,
00:11:51allant parfois jusqu'à expliquer qu'ils allaient faire alliance pour le deuxième tour,
00:11:57mais que les candidats qui viendraient de la liste LFI
00:12:00siégeraient dans l'opposition, comprennent qui pourra.
00:12:04Et cette stratégie ne fait pas l'unanimité.
00:12:06Alors, oui, bien sûr, il y a encore ça et là des colonnes vertébrales idéologiques
00:12:11qui résistent à cette épidémie de scoliose.
00:12:13Je pense à Benoît Payan, qui a déposé à Marseille sa liste à l'identique dès lundi matin,
00:12:18à Pierre-Yves Bournazel, qui a renoncé à ses ambitions personnelles parisiennes
00:12:22pour ne pas rejoindre la liste d'ATI,
00:12:24ou encore à Philippe de Sertine, qui s'est retiré sous pression,
00:12:27mais sans consigne électorale, à Bordeaux.
00:12:30Mais, mais, ces municipales auront montré de façon inédite
00:12:33qu'on peut fusionner sans un semblant même d'idée commune.
00:12:38Il n'est même plus besoin d'invoquer un front républicain ou un front antifasciste.
00:12:42On invoque la fusion technique.
00:12:45Et là, on est dans le froid calcul politicien.
00:12:47On revendique d'être à la fois dans la majorité et dans l'opposition.
00:12:53Bref, le chat de Schrödinger, celui qui est à la fois mort et vivant,
00:12:57est appelé aux urnes.
00:12:58Et on saura dimanche soir, en ouvrant la boîte, si le chat est vivant ou mort.
00:13:01On est très impatients de savoir.
00:13:02Une réaction en plateau, Benjamin Moret ?
00:13:04Oui, alors, c'est très très intéressant la question des fusions techniques.
00:13:07En droit, ça n'existe pas.
00:13:08Il n'y a pas de fusion technique.
00:13:09En réalité, le juge de paix en la matière,
00:13:12ce sera quelle est la tête du conseil municipal le soir du second tour.
00:13:15Tout bêtement, parce qu'une fusion technique, c'est une fusion sans programme commun.
00:13:19Mais si vous dépendez, par exemple, dans une mairie socialiste,
00:13:21du groupe LFI pour faire voter votre budget,
00:13:23si vous n'avez pas de majorité absolue tout seul,
00:13:25la fusion, elle ne peut pas être technique.
00:13:26Il va falloir que les insoumis votent le budget.
00:13:28Et donc, à partir de ce moment-là, il y a nécessairement un projet commun
00:13:31et vous êtes nécessairement prisonnier du groupe avec lequel vous avez fusionné.
00:13:36Vous voulez dire que c'est un piège tendu par LFI, finalement, au reste de la gauche ?
00:13:39Ils vont imposer leur vue ?
00:13:40Si la négociation a été mauvaise dans la répartition des places
00:13:43et qu'en effet, le PS, l'Union de la Gauche, hors LFI n'a pas de majorité absolue,
00:13:47le maire sera dans les mains de la FI.
00:13:49Et donc, on verra au soir du second tour, si les socialistes ont bien négocié
00:13:53ou si, au contraire, la fusion technique n'était qu'une idée
00:13:56et qu'en réalité, cette idée va devoir se concrétiser
00:13:59avec un vrai programme derrière, sans quoi le maire n'aura pas de majorité
00:14:03et donc le maire ne pourra pas vraiment être maire.
00:14:04Jean Garrigue, vous vouliez réagir aussi, je crois.
00:14:07Alors, je voulais un peu vous étonner, parce que j'ai un peu allé à rebours
00:14:09de ce qui vient d'être dit, en réalité.
00:14:11Non pas que je ne sois pas autant choqué par ces fameux accords techniques,
00:14:16ces fameuses alliances techniques, mais parce qu'en réalité, à mon sens,
00:14:20et c'est ce qu'on voit pendant ces élections,
00:14:23elles reflètent un rapprochement, en réalité, un rapprochement profond
00:14:26des positions, d'une part, de la gauche non LFI avec LFI
00:14:31et de l'autre côté, de la droite dite de gouvernement
00:14:35avec le Rassemblement national.
00:14:37Du côté des droites, on sait bien, depuis quelques années,
00:14:41on le voit avec l'évolution d'un Bruno Rotaillot et autres,
00:14:43que les positions de la droite dite classique se sont radicalisées,
00:14:48notamment en matière d'identité, d'immigration, de sécurité.
00:14:52Et du côté de la gauche, je rappelle ce qu'était le nouveau Front populaire
00:14:55et je rappelle ce que sont les positions des uns et des autres
00:14:58sur un certain nombre de problèmes, y compris d'ailleurs sur ce problème épineux
00:15:02de la gestion de l'antisionisme et de l'antisémitisme,
00:15:07où on n'a pas toujours trouvé, du côté de la gauche classique,
00:15:10la condamnation nécessaire de ce qui pouvait apparaître
00:15:13comme un encouragement à l'antisémitisme.
00:15:16Ce que je veux dire par là, c'est que c'est vrai que ces alliances
00:15:19sont purement opportunistes.
00:15:20Et en cela, elles doivent nous interpeller parce que c'est un mauvais coup supplémentaire
00:15:26à la perception de la démocratie.
00:15:27Mais en réalité, à mon sens, elles révèlent quelque chose
00:15:31qui est une évidence aujourd'hui, c'est une radicalisation symétrique
00:15:36d'un côté de la gauche, d'un autre côté de la droite,
00:15:39au profit évidemment de ceux qui sont de plus en plus dominants dans ces familles.
00:15:44Christelle Crappelet, on vient de voir le coup de gueule de Bertrand Perrier.
00:15:50Nos reporters, qui sont allés sur le terrain et qui ont fait plusieurs reportages
00:15:53qu'on va voir ce soir, nous disent qu'ils n'ont jamais vu des électeurs
00:15:56aussi exaspérés.
00:15:58Est-ce que c'est quelque chose que vous avez pu mesurer, vous,
00:16:00dans vos enquêtes d'opinion ?
00:16:01Oui, ça c'est sûr que le mécontentement, la colère,
00:16:04c'est des choses qu'on voit énormément dans les enquêtes.
00:16:07On est presque, il n'y a quasiment personne qui se dit heureux et satisfait.
00:16:10Mais en colère, contre quoi, contre qui ?
00:16:12C'est un peu tout.
00:16:13Il y a quand même du ressentiment à l'égard des politiques en général.
00:16:17On voit une distanciation de plus en plus forte à l'égard du personnel politique.
00:16:21Un rejet aussi, qui se manifeste aussi par cette abstention.
00:16:25Le sentiment que finalement, ça ne va rien changer à ma vie quotidienne,
00:16:28que les hommes et les femmes politiques pensent surtout à leurs intérêts,
00:16:31qu'ils sont corrompus.
00:16:32Tout ça, c'est des idées qui progressent dans l'opinion
00:16:35et qui favorisent cette colère.
00:16:36Après, il y a aussi une colère sociale,
00:16:38avec des préoccupations sur son pouvoir d'achat,
00:16:42une inquiétude à l'égard de l'avenir,
00:16:43un sentiment de déclassement qui se rajoute et qui se superpose
00:16:47et qui crée effectivement un état d'esprit assez morose quand même
00:16:50chez de nombreux Français.
00:16:51Mais est-ce que tout ce que vient de décrire Bertrand,
00:16:54c'est-à-dire toute cette tambouille politicienne un peu,
00:16:55des alliances, des désistements, des consignes de vote,
00:16:58ça ne peut pas mettre encore plus en colère les électeurs
00:16:59qui vont peut-être rester chez eux ?
00:17:01Je pense que ce sera vraiment intéressant de voir,
00:17:03je reviens sur les sympathisants socialistes,
00:17:05parce que c'était eux qui, sur le papier,
00:17:07étaient le plus hostile à ces fusions.
00:17:09Est-ce qu'ils vont considérer que c'est de la tambouille,
00:17:11que c'est n'importe quoi, et être un peu dans le rejet ?
00:17:16Ou est-ce que, quelque part, pour certains,
00:17:18ça peut aussi les rassurer, paradoxalement,
00:17:20cette fusion technique, en se disant que derrière,
00:17:21ce n'est pas une fusion programmatique,
00:17:23c'est juste du pragmatisme pour que la ville
00:17:25ne passe pas à droite, à l'extrême droite ?
00:17:27Les deux configurations peuvent exister,
00:17:30et je pense que c'est en regardant les résultats
00:17:32qu'on verra comment se sont comportés ces électeurs-là,
00:17:35et quels sont les résultats,
00:17:36et on pourra en tirer un certain nombre d'enseignements
00:17:38à ce moment-là.
00:17:39Jean-Garrick, d'un mot.
00:17:39Juste une petite incidente,
00:17:41n'oublions pas que, et à droite, et à gauche,
00:17:44pour prendre la fameuse impression,
00:17:47les électeurs sont favorables à l'alliance,
00:17:49aux unions, à l'union des droites,
00:17:52une grande majorité des électeurs de droite
00:17:53sont pour l'union des droites,
00:17:55et à gauche, une grande majorité des électeurs de gauche
00:17:58restent encore favorables à l'union de la gauche.
00:18:00Sauf les sympathisants socialistes,
00:18:02qui le sont un peu moins.
00:18:03Qui le sont un peu moins,
00:18:04mais si vous prenez l'ensemble de la gauche,
00:18:06vous voyez que cette dynamique-là,
00:18:08qui est historique, à gauche,
00:18:09c'est quelque chose d'historique,
00:18:10elle est encore présente.
00:18:12Et ça, c'est quand même très intéressant.
00:18:16La gauche de M. Olivier Faure,
00:18:18ça n'est pas la gauche de François Hollande
00:18:21ou de Bernard Cazeneuve.
00:18:23Je pense qu'on a vécu un peu sur cette illusion,
00:18:26qui fait qu'aujourd'hui,
00:18:27on est étonné par ce qui arrive.
00:18:30D'ailleurs, on peut être étonné par la position
00:18:32de François Hollande,
00:18:33qui nous disait qu'il n'y aurait pas d'alliance,
00:18:34mais qui soutient son disciple à Tulle
00:18:37qui, lui, accepte cette alliance.
00:18:39C'est quand même très choquant.
00:18:40Mais enfin, on est là aussi,
00:18:42je le répète,
00:18:43dans des choses qui se rapprochent
00:18:44sur le plan idéologique.
00:18:46Alors, on va passer en revue
00:18:47les différentes familles politiques,
00:18:48justement, en commençant par la gauche,
00:18:49parce que c'est là
00:18:49qu'il s'est passé le plus de choses.
00:18:51On vient de voir,
00:18:52dans le sujet de Marion Becker,
00:18:53la consigne qui avait été donnée
00:18:54par Olivier Faure,
00:18:55pas d'accord national avec LFI,
00:18:56mais pas de veto à des alliances locales.
00:19:00On va s'arrêter
00:19:01sur ce qui s'est passé à Toulouse,
00:19:03où le PS a rejoint la liste
00:19:04du candidat de la France insoumise
00:19:06pour essayer de ravir la mairie à la droite.
00:19:08C'est un reportage d'Elsa Mondingava
00:19:10et Eva Billon.
00:19:15Au premier tour,
00:19:17François Piquemal a créé la surprise
00:19:19en arrivant en deuxième position,
00:19:21derrière le maire sortant,
00:19:22mais devant le candidat socialiste.
00:19:25L'Insoumis réalise de très bons scores
00:19:27dans les quartiers populaires.
00:19:29Vous savez ce que c'est avec M. Mondingava.
00:19:31Les logements, ils augmentent,
00:19:32le transport, il augmente,
00:19:33tout a augmenté.
00:19:34Mais il reste à convaincre
00:19:35ceux qui ne sont pas allés voter.
00:19:37On y va, il faut mobiliser, mobiliser.
00:19:40C'est ce dimanche.
00:19:41Il ne faut qu'il n'y ait pas une voie qui manque.
00:19:43Il faut aller chercher chaque voie
00:19:44parce que ça va être très serré.
00:19:46À ses côtés, le candidat socialiste
00:19:48François Briançon, arrivé troisième dimanche,
00:19:50a très rapidement annoncé une fusion de sa liste
00:19:53avec celle des Insoumis.
00:19:55C'est la gauche qui va gagner.
00:19:56Une fusion critiquée par une partie du PS.
00:20:00Elle a été critiquée par les gens
00:20:01qui ne vivent pas à Toulouse
00:20:02et elle a été plébiscitée et encouragée
00:20:04par toutes les Toulousaines et les Toulousains.
00:20:06Et moi, c'est ce qui m'importe.
00:20:07Les commentaires parisiens qui parlent de Toulouse,
00:20:10j'ai envie de vous dire que je m'en fiche, en fait.
00:20:14Depuis lundi, un vent d'espoir s'est levé.
00:20:16Les gens savent qu'il y a une possibilité
00:20:18d'en finir avec 12 ans
00:20:19d'un système de monsieur Moudinck
00:20:21et d'une droite qui se radicalise.
00:20:23On prend le soleil ?
00:20:24Oui.
00:20:25Il faut en profiter parce qu'alors,
00:20:27tantôt c'est le vent, on a froid,
00:20:29tantôt c'est le soleil.
00:20:31La radicalité de son adversaire,
00:20:33c'est aussi l'ongle d'attaque
00:20:34du maire sortant Jean-Luc Moudinck.
00:20:36Il faut mobiliser les abstentionnistes,
00:20:38il y en a beaucoup,
00:20:39et puis tous les socialistes
00:20:40qui ont été trahis par leur parti
00:20:42et qui ne s'attendaient pas à ça
00:20:44et à être, je dirais, soumis aux insoumis.
00:20:47Devant les journalistes,
00:20:49il insiste sur le danger
00:20:50que représenterait, d'après lui,
00:20:52l'élection de François Piquemal.
00:20:55Pour moi, c'est le chaos
00:20:56qui s'installe à la mairie.
00:20:57Le seul fascisme que nous risquons,
00:20:59c'est le fascisme de l'extrême-gauche
00:21:01et du mélanchonisme.
00:21:03Et selon Jean-Luc Moudinck,
00:21:04l'inquiétude est réelle.
00:21:06Les réactions que je vois sur le terrain
00:21:07depuis le début de la semaine
00:21:09sont encourageantes.
00:21:11Des électeurs qui n'ont pas voté
00:21:12veulent voter et ne veulent pas du tout
00:21:14que l'extrême-gauche soit aux commandes du Capitole.
00:21:17Et puis je rencontre aussi des électeurs
00:21:18qui ont voté pour M. Briançon,
00:21:20qui sont sidérés par sa trahison.
00:21:23Alors que feront vraiment
00:21:24ceux qui ont voté PS au premier tour ?
00:21:26Ils sont partagés.
00:21:28Je voterai François Piquemal
00:21:31et la liste d'union.
00:21:32Moi, je pense qu'ils ont bien fait.
00:21:34Ça s'est très bien passé.
00:21:35En plus, il n'y a pas eu
00:21:36dans la campagne électorale
00:21:38d'invective, d'insulte.
00:21:40Moi, je vais voter Moudinck.
00:21:42Pour vous, Piquemal, c'est impossible ?
00:21:44Piquemal, c'est possible.
00:21:45C'est Mélenchon qui est impossible.
00:21:47Maintenant, c'est Mélenchon
00:21:49qui n'est pas fréquentable.
00:21:51Vous appelez comment vous ?
00:21:52Stein.
00:21:53Et toutes ces sorties...
00:21:55Un second tour qui s'annonce
00:21:57donc très serré.
00:21:58Les derniers sondages donnent
00:21:59les deux candidats à quasi-égalité
00:22:01dans la course au Capitole.
00:22:05Benjamin Morel,
00:22:05on pensait que le PS ne s'allierait
00:22:07à LFI que pour sauver
00:22:08certains de Sébastien.
00:22:09Là, ce n'est pas le cas de figure.
00:22:10À Toulouse, il se range derrière LFI
00:22:12pour ravir la mairie à la droite.
00:22:15Qu'est-ce que ça dit
00:22:17de la situation de la gauche ?
00:22:18Ça dit deux choses.
00:22:19D'abord, ça dit que malgré tout,
00:22:21vous avez une proximité
00:22:22entre les appareils partisans.
00:22:23Enfin, ils ont fait campagne ensemble
00:22:24il y a un an et demi.
00:22:25Ils ont fait campagne ensemble
00:22:27il y a trois ans.
00:22:28Et donc, à partir de là,
00:22:29vous avez une porosité militante.
00:22:30Ce ne sont pas des gens
00:22:31qui sont dans leur couloir
00:22:32depuis des décennies, en fait.
00:22:33Ils ont l'habitude
00:22:34de travailler ensemble.
00:22:35Il y a des rapprochements
00:22:36au-delà des personnalités
00:22:37de Jean-Luc Mélenchon, etc.
00:22:38Ensuite, ça dit quelque chose
00:22:40de la féodalisation des partis.
00:22:41La féodalisation d'un parti,
00:22:42c'est quand l'intérêt local
00:22:43prime sur l'intérêt national.
00:22:45Il n'était peut-être pas
00:22:46dans les intérêts du PS
00:22:47de faire ces alliances.
00:22:48Il est dans l'intérêt des maires
00:22:50de Rennes, de Limoges,
00:22:52de Clermont-Ferrand,
00:22:54de rentrer dans des logiques d'alliances.
00:22:56Ce qui est intéressant,
00:22:57c'est que ça,
00:22:57Jean-Luc Mélenchon l'avait théorisé,
00:22:58il ne voulait pas de féodaux
00:22:59dans son parti.
00:23:00Il ne voulait pas de gens
00:23:01qui fassent primer leur intérêt à eux
00:23:03sur la ligne du parti
00:23:04et dont il ne pourrait pas
00:23:06potentiellement se débarrasser
00:23:08si demain, il lui cassait les pieds.
00:23:10Là, si on a Picmal,
00:23:11qui était élu maire de Toulouse,
00:23:12LFI également a des intérêts locaux.
00:23:15Et ces intérêts locaux
00:23:16peuvent conduire parfois
00:23:17certains à LFI
00:23:18à dire à Jean-Luc Mélenchon
00:23:19« Là, tu vas très loin
00:23:21parce que si tu continues,
00:23:22demain, moi, je perds la mairie. »
00:23:24Et donc, ça reconfigure
00:23:25les rapports de pouvoir
00:23:25au sein des partis.
00:23:26Et ça, ça peut changer la chose
00:23:28quels que soient les partis de gauche
00:23:29pour l'avenir.
00:23:31Le regard de l'historien Jean Garrigue,
00:23:32peut-être, sur ces gauches
00:23:35irréconciliables
00:23:35qui n'en finissent pas
00:23:36de se réconcilier, finalement ?
00:23:38Alors, d'abord,
00:23:38la mythologie antifasciste
00:23:40ou de l'antifascisme,
00:23:42c'est une supercherie totale.
00:23:44Là-dessus, il faut être bien d'accord,
00:23:45le fascisme n'existe pas en France,
00:23:47si ce n'est sous forme
00:23:48de groupuscules.
00:23:50Et même dans les années 30,
00:23:51où ça a été le moteur
00:23:52du Front populaire,
00:23:54il y avait très, très peu,
00:23:55en réalité,
00:23:56de groupes fascistes
00:23:57dans la politique française.
00:23:58Ça, c'est la première chose.
00:24:00Maintenant, voir cette alliance-là,
00:24:02je pense que,
00:24:03je vous parlais tout à l'heure
00:24:04de cette porosité
00:24:06entre les deux gauches,
00:24:08c'était souligné par Benjamin,
00:24:10historiquement,
00:24:11il y a un peuple de gauche
00:24:12et un peuple de gauche
00:24:13qui, au deuxième tour des élections,
00:24:15en général,
00:24:16se rassemble
00:24:17pour battre la droite.
00:24:19Là, dans le cas de figure,
00:24:21vous avez un Jean-Luc Moudin
00:24:22qui ne peut pas être considéré
00:24:24comme une sorte d'archétype
00:24:26de l'extrême droite française,
00:24:27c'est le moins qu'on puisse dire,
00:24:28il est très probable
00:24:30qu'une partie de cette gauche socialiste,
00:24:33des électeurs de la gauche modérée
00:24:35à Toulouse,
00:24:36il y a une grande tradition,
00:24:37là aussi,
00:24:38une gauche radicale,
00:24:39la dépêche du midi,
00:24:40c'est une gauche très particulière
00:24:42dans le...
00:24:43Radicale au sens
00:24:44parti radical de gauche.
00:24:45Parti radical de gauche,
00:24:46c'est-à-dire plutôt modérée.
00:24:48Je pense qu'ils vont y regarder
00:24:50à deux fois
00:24:51avant de se reporter
00:24:52sur un candidat
00:24:53de la France insoumise.
00:24:54Alors, ça a été dit d'ailleurs
00:24:55par un des intervenants,
00:24:57ça ne vaut pas sondage,
00:24:59mais là,
00:25:00on voit très très bien
00:25:01que pour le coup,
00:25:02la différence
00:25:02entre les deux gauches,
00:25:04elle va sans doute être,
00:25:06je suppose,
00:25:06qu'elle va jouer
00:25:07un rôle majeur.
00:25:08Là-dessus,
00:25:09Christelle Crappelet,
00:25:10est-ce que pour un électeur
00:25:11toulousain,
00:25:12voter Picmal,
00:25:13c'est différent
00:25:14de voter Mélenchon ?
00:25:16Alors,
00:25:17on a vu dans le reportage,
00:25:20un des électeurs
00:25:20exprimait clairement
00:25:21que Picmal, oui,
00:25:22mais Mélenchon, non.
00:25:23Et on voit bien quand même
00:25:24le poids de Jean-Luc Mélenchon
00:25:26et l'imaginaire qui est derrière.
00:25:28Et c'est intéressant pour Toulouse
00:25:29parce qu'effectivement,
00:25:30si LFI remporte cette mairie,
00:25:33c'est la troisième ville de France,
00:25:34je crois maintenant,
00:25:34donc on en parlera,
00:25:36ce sera vraiment
00:25:36un symbole très très fort.
00:25:38Donc, je pense quand même
00:25:39que l'ombre de Jean-Luc Mélenchon
00:25:41plane un peu sur cette élection
00:25:42et qu'une partie effectivement
00:25:44des électeurs de centre-gauche,
00:25:46quand en face,
00:25:47ils ont un Jean-Luc Moudin
00:25:48qui effectivement
00:25:49n'est pas d'extrême droite
00:25:51et même plutôt
00:25:52centriste et modéré,
00:25:53et bien ils peuvent se tourner
00:25:54plutôt vers un vote
00:25:56pour Jean-Luc Moudin,
00:25:57quand bien même
00:25:57ils auraient voté à gauche
00:25:58au premier tour.
00:25:59– Lou Frittel ?
00:26:00– Il y a un élément quand même,
00:26:02c'est que depuis 2001,
00:26:04à l'exception de 2007,
00:26:06on travaille aujourd'hui,
00:26:07enfin en tout cas,
00:26:07les électeurs doivent voter
00:26:10avec une donnée,
00:26:11c'est celle du Front Républicain.
00:26:13Et en l'occurrence,
00:26:14ces alliances qu'on voit aujourd'hui,
00:26:16c'est une version déclinée
00:26:18de ce qui existe dans chaque élection,
00:26:21depuis, on l'a vu en 2022
00:26:23contre la gauche pour le coup,
00:26:24on l'a vu en 2024
00:26:25contre le RN,
00:26:26et honnêtement,
00:26:29la gauche a pris ce réflexe
00:26:30de s'unir aussi
00:26:31parce qu'au départ,
00:26:32il y avait ce péril dit fasciste.
00:26:34C'est une version atrophiée
00:26:37d'un phénomène
00:26:39qui existait de façon
00:26:39très ciblée
00:26:42et dans des cas de figure
00:26:42extrêmement précis.
00:26:45Et c'est pour ça aussi
00:26:46que vous avez la droite LR
00:26:48qui, elle,
00:26:49se retrouve aux prises
00:26:49avec le cordon sanitaire
00:26:51qu'elle avait quand même
00:26:51érigé avec le RN
00:26:53et qui se retrouve
00:26:55avec en face
00:26:56une gauche
00:26:56qui, elle,
00:26:57va réussir à s'allier.
00:26:59J'aimerais qu'on évoque aussi
00:27:01le cas de figure
00:27:02des candidats PS
00:27:02qui ont décidé
00:27:03de ne pas s'allier à LFI.
00:27:05Bertrand parlait
00:27:06de Benoît Payon à Marseille.
00:27:08Il y a aussi Nathalie Appéré
00:27:09à Rennes.
00:27:10Il y a évidemment
00:27:11Emmanuel Grégoire à Paris
00:27:12dont on parlera tout à l'heure.
00:27:14Est-ce que c'est un pari risqué
00:27:15ou ça peut être
00:27:16un pari gagnant ?
00:27:17Les deux,
00:27:18mais c'est un pari
00:27:19qui est un pari rationnel.
00:27:20Je veux dire,
00:27:21je n'insulte pas
00:27:22les valeurs
00:27:22des uns et des autres.
00:27:23Je suppose qu'ils en ont
00:27:24mais il y a parfois
00:27:25une possibilité
00:27:26plus simple
00:27:26d'avoir des valeurs
00:27:27quand vous vous dites
00:27:28que les reports de voix
00:27:28seront plus simples.
00:27:29En l'occurrence,
00:27:30pour beaucoup de maires
00:27:30qui ont fait alliance
00:27:31avec la FI,
00:27:32c'était ça ou la mort.
00:27:33À Marseille,
00:27:34c'est moins évident.
00:27:35C'est-à-dire que malgré
00:27:36et si on exclut
00:27:37dans un premier temps
00:27:38le retrait de Sébastien Deslogus,
00:27:39c'était bien parti
00:27:40pour Benoît Payan.
00:27:41Là, c'est évidemment
00:27:42très très bien parti.
00:27:44Idem pour Emmanuel Grégoire.
00:27:45Et ensuite,
00:27:45il y a un arbitrage.
00:27:46Ce que je gagne
00:27:47avec un retrait
00:27:49d'un candidat à la FI,
00:27:50je risque de le perdre
00:27:51au centre.
00:27:51Et donc,
00:27:52c'est un pari.
00:27:53Le fait que le candidat à la FI
00:27:54finisse par se retirer,
00:27:55cas marseillais,
00:27:56ou qu'il y a un cas
00:27:57couillé,
00:27:58une forme de toboggan
00:27:59avec un candidat à la FI
00:28:00qui par vote utile
00:28:01baisse
00:28:02et de l'autre côté,
00:28:03la possibilité,
00:28:03d'aller manger
00:28:05sur le centre.
00:28:06C'est un pari
00:28:06et on verra dimanche
00:28:07s'il a été gagnant.
00:28:08Et ça peut être très intéressant
00:28:10à Lyon de voir ça
00:28:11parce qu'à Lyon,
00:28:12ce n'est pas un PS,
00:28:13c'est un écolo,
00:28:14mais en l'occurrence,
00:28:15le LFI a fait 10%.
00:28:16Il dépasse
00:28:19Jean-Michel Aulas,
00:28:20mais pas énormément non plus.
00:28:22Est-ce que LFI
00:28:23va faire office
00:28:26de...
00:28:26Enfin,
00:28:26va en rebuter
00:28:27des électeurs
00:28:27et est-ce que ça risque
00:28:28pas de lui coûter
00:28:29son élection ?
00:28:29D'un mot,
00:28:30Bertrand Perrier ?
00:28:30D'un mot,
00:28:31juste Rennes,
00:28:32juste Nathalia Perrier,
00:28:32elle n'en a pas besoin.
00:28:34Donc, en été,
00:28:34elle va être élue toute seule.
00:28:35Et donc,
00:28:36pourquoi s'embarrasserait-elle
00:28:37pour son mandat
00:28:38d'une alliance
00:28:40dont elle n'a pas besoin
00:28:40pour être élue ?
00:28:41Et souvent,
00:28:41c'est d'ailleurs
00:28:42dans ces endroits-là
00:28:43qu'il n'y a pas eu d'alliance,
00:28:44là où il n'y avait pas
00:28:44un énorme risque
00:28:45de perdre des bastions.
00:28:47Alors,
00:28:48c'est un peu moins le cas,
00:28:48effectivement,
00:28:49pour Emmanuel Grégoire,
00:28:50quand même,
00:28:51il y a une forme un peu
00:28:51de Paris,
00:28:52mais on pense à Rouen
00:28:54ou à des villes,
00:28:55à Nancy,
00:28:55où ils ont quand même
00:28:56moins de risques
00:28:56et là,
00:28:57ils n'ont pas fait de fusion.
00:28:58Votre regard sur le pari
00:28:59qu'a fait LFI
00:29:00dans ces élections,
00:29:01qui était de se présenter
00:29:02dans des villes moyennes,
00:29:03des grandes villes essentiellement,
00:29:04les villes de banlieue aussi,
00:29:05et de devenir incontournable
00:29:07dans ces villes-là,
00:29:08est-ce que c'est un pari gagné
00:29:08pour vous ?
00:29:09Alors,
00:29:10c'est un pari qui,
00:29:11globalement,
00:29:11est gagné dans le sens
00:29:12où, voilà,
00:29:12ils avaient décidé en 2020
00:29:13d'enjamber l'élection.
00:29:15Là,
00:29:15ils en faisaient un peu
00:29:16un laboratoire.
00:29:16Le fait est qu'ils vont avoir
00:29:17un certain nombre
00:29:18de conseillers municipaux,
00:29:19ils vont avoir
00:29:20des symboles forts,
00:29:21ils ont gagné déjà
00:29:22Saint-Denis,
00:29:23peut-être Roubaix.
00:29:25Ils sont rentrés aussi,
00:29:27ils se sont remis
00:29:27au centre du jeu.
00:29:28En ça,
00:29:29la stratégie quand même
00:29:29de Jean-Luc Mélenchon,
00:29:31elle a fonctionné.
00:29:32Après,
00:29:32ce n'est pas non plus
00:29:33un pari totalement gagné
00:29:34dans le sens
00:29:35où il faut relativiser,
00:29:36on l'a dit tout à l'heure,
00:29:37un peu la percée de LFI,
00:29:38notamment dans la banlieue,
00:29:40dans un certain nombre
00:29:41de banlieues,
00:29:41ils ne font peut-être pas
00:29:42d'aussi bons scores
00:29:43qu'attendus.
00:29:43C'est ce que semble dire
00:29:44l'IFOP,
00:29:45qui a fait la moyenne
00:29:47des scores obtenus
00:29:48par les candidats LFI
00:29:50partout où ils se sont présentés
00:29:51et qui ont comparé ça
00:29:52dans les mêmes communes
00:29:53au score aux européennes
00:29:54et à la présidentielle
00:29:55et on voit les chiffres
00:29:56s'afficher.
00:29:57Effectivement,
00:29:57ça a fortement chuté
00:29:59aux municipales.
00:29:59Oui, c'est pour ça
00:30:00qu'on a parfois tendance
00:30:01à globaliser un peu
00:30:02l'analyse au regard
00:30:04de symboles qui sont réels
00:30:05et qui sont forts
00:30:05et qu'il faut la relativiser.
00:30:07Leur percée,
00:30:07elle ne sera pas si forte
00:30:09et partout.
00:30:09Mais quand même,
00:30:10le pari qui était de faire
00:30:11de cette élection
00:30:12un laboratoire,
00:30:13de montrer qu'il pouvait
00:30:14s'implanter localement,
00:30:15de créer effectivement
00:30:17des élus peut-être
00:30:18un peu plus forts
00:30:19localement,
00:30:20a été quand même
00:30:21relativement payant.
00:30:23On va avancer,
00:30:24on va s'intéresser
00:30:24à un cas de figure différent
00:30:25à gauche à présent
00:30:26qui s'est produit
00:30:27dans une ville
00:30:27qui est aux mains
00:30:28des écologistes
00:30:29mais où la mer sortante
00:30:30est menacée à la fois
00:30:31par la droite
00:30:32et par la socialiste.
00:30:33Catherine Trottmann,
00:30:34il s'agit donc de Strasbourg.
00:30:36Maïté Frémont
00:30:37et Aziz Auguz
00:30:37se sont rendus sur place.
00:30:41Strasbourg,
00:30:42première ville d'Alsace,
00:30:44290 000 habitants.
00:30:46Elle affiche une triangulaire
00:30:48et derrière un marchandage
00:30:49et des alliances inélites
00:30:51et même insolites.
00:30:52Bonjour monsieur,
00:30:53pour les élections
00:30:54municipales de démanche.
00:30:55Opération tractage
00:30:56pour la mer sortante.
00:30:58La liste gauche.
00:30:59Pour ce second tour,
00:31:00Jeanne Barzéguian
00:31:01s'unit avec les insoumis
00:31:02et pour la soutenir,
00:31:04François Ruffin
00:31:05fait le déplacement.
00:31:06Ah oui, un match,
00:31:07ça se joue jusque
00:31:07dans les dernières minutes.
00:31:09Exactement.
00:31:09Donc il faut jouer le match
00:31:11et il faut qu'au dimanche soir,
00:31:12il n'y ait pas de regrets.
00:31:13Tout faire pour gagner,
00:31:15la mer sortante
00:31:15est arrivée
00:31:16en troisième position
00:31:18dimanche dernier.
00:31:19Les électeurs comprennent,
00:31:19c'est ce qu'ils nous ont dit
00:31:20ce matin,
00:31:21c'est le nouveau front populaire,
00:31:22c'est la NPS,
00:31:23c'est toutes les forces
00:31:24de gauche rassemblées.
00:31:25Dans les rues du centre-ville,
00:31:27Jeannette,
00:31:27elle ne comprend pas son vote
00:31:29de dimanche
00:31:30est encore incertain.
00:31:31Ça me dérange
00:31:32parce que LFI,
00:31:34c'est hors de question
00:31:36pour moi.
00:31:37Donc voilà.
00:31:38Marine partage son avis.
00:31:40C'est un peu comme
00:31:40si on perdait
00:31:41nos convictions profondes,
00:31:43même si les mairies
00:31:44ne sont plus,
00:31:45ce sont davantage
00:31:46des votes de personnes
00:31:48que de partis.
00:31:50Mais il y a certaines associations
00:31:52qui sont très choquantes,
00:31:53à mes yeux du moins.
00:31:54Elle aussi a fait alliance.
00:31:56Arrivée en tête,
00:31:57la socialiste Catherine Trottmann
00:31:59s'unit avec le candidat Horizon.
00:32:01Résultat,
00:32:02le parti socialiste
00:32:03lui enlève son investiture.
00:32:06Notre rassemblement
00:32:06a peut-être dérouté à Paris,
00:32:08mais il a rassuré à Strasbourg.
00:32:10Robin vote à gauche
00:32:12et cette alliance,
00:32:13il ne la voit pas
00:32:14d'un très bon oeil.
00:32:15Sur son projet pour la ville,
00:32:16il y a tout qui est un peu,
00:32:17qui est un retour en arrière,
00:32:18que ce soit sur les mobilités,
00:32:20sur la culture, etc.
00:32:23Et voilà,
00:32:24et puis le bon,
00:32:24elle l'a prouvé
00:32:25en s'alliant
00:32:26avec l'autre macroniste.
00:32:28Mais pour cet électeur,
00:32:29c'est tout simplement
00:32:30le jeu de la démocratie.
00:32:32Il faut être pragmatique,
00:32:33il faut chercher
00:32:35des solutions
00:32:36qui correspondent peut-être
00:32:37à la spécificité régionale.
00:32:39C'est 40 nuances de gauche
00:32:41désarçonnent Benoît.
00:32:42On n'a plus du tout
00:32:43le PS à gauche, quoi.
00:32:44Du coup,
00:32:45on n'est plus très à l'aise,
00:32:46moi je ne suis plus très à l'aise
00:32:46avec ça.
00:32:47Des électeurs de gauche
00:32:49un peu perdus
00:32:49et le candidat
00:32:51Les Républicains
00:32:51arrivés en deuxième position,
00:32:53lui déplore
00:32:54un spectacle désolant.
00:32:56En 2020,
00:32:57j'ai fait ce type
00:32:57d'alliance
00:32:58de deuxième tour.
00:32:59Les Strasbourgeois
00:33:00ne comprennent pas
00:33:00parce qu'en fait,
00:33:02tout ça ressemble
00:33:03à des négociations
00:33:04d'arrière-boutique
00:33:05pour des postes.
00:33:06Les écologistes
00:33:07perdront-ils
00:33:08une de leurs principales villes ?
00:33:10À Strasbourg,
00:33:11ce second tour
00:33:12reste très incertain.
00:33:14Benjamin Morel,
00:33:15on parlait du manque
00:33:15de clarté
00:33:16pour les électeurs
00:33:17tout à l'heure.
00:33:17Là, c'est presque
00:33:17un manque de logique,
00:33:18on va dire.
00:33:19C'est-à-dire qu'on a
00:33:19une candidate socialiste
00:33:20qui va s'allier
00:33:20avec un candidat
00:33:21de centre-droit
00:33:23qui tourne le dos
00:33:24aux candidats
00:33:25de la droite
00:33:26et on a les écologistes
00:33:27qui choisissent
00:33:28de s'allier aux insoumis
00:33:29alors que c'est
00:33:29les socialistes
00:33:30qui étaient arrivés devant.
00:33:31Comment ils peuvent
00:33:32s'y retrouver,
00:33:32les électeurs ?
00:33:33On les voit déboussolés
00:33:34dans ce reportage.
00:33:35Du point de vue
00:33:35des logiques d'appareil,
00:33:36ce n'est pas complètement absurde.
00:33:37Si vous êtes Catherine Trottmann,
00:33:39vous ne pouvez pas
00:33:39vous allier avec votre gauche
00:33:40parce que par définition,
00:33:41votre principal concurrent
00:33:42pour la mairie,
00:33:43c'est la mer sondante
00:33:44qui est Europe Écologie Les Verts
00:33:45qui fait alliance
00:33:45avec les insoumis.
00:33:46Donc, vous vous tournez
00:33:46vers votre droite.
00:33:47Mais vous entendez
00:33:48l'électeur qui dit
00:33:49pour moi le PS
00:33:49maintenant on n'est plus de gauche.
00:33:50La question ensuite
00:33:51c'est est-ce que c'est payant ?
00:33:52Et là, il n'est pas
00:33:53tout à fait certain.
00:33:54C'est-à-dire qu'il y avait
00:33:55en effet une forme
00:33:56de blocage stratégique
00:33:57pour Catherine Trottmann.
00:33:58Elle a été poussée
00:33:59à cette alliance.
00:34:00La question c'est
00:34:00est-ce qu'au bout du compte
00:34:01il y a le moindre électeur horizon
00:34:03qui va la choisir,
00:34:04elle, plutôt que le candidat
00:34:05de droite restant ?
00:34:06Et est-ce qu'elle ne va pas
00:34:07perdre des ouailles
00:34:08du côté de la gauche ?
00:34:09Et donc, c'est un pari.
00:34:10Ce pari, on le verra
00:34:11dimanche s'il est gagnant
00:34:12et ça montre qu'en effet
00:34:14il y a une forme de trouble
00:34:15aujourd'hui dans
00:34:17à la fois les appareils politiques
00:34:18et le jeu des blocs
00:34:20qui font que
00:34:22ce trouble au sein de l'électorat
00:34:24peut également conduire
00:34:25ensuite à une forme
00:34:27de désorientation.
00:34:28Jean Garrick,
00:34:28sur le bilan des écologistes,
00:34:30ils avaient un peu la surprise
00:34:31des municipales en 2020,
00:34:32ils ont gagné
00:34:32plusieurs grandes villes.
00:34:33On disait que là,
00:34:34ils étaient menacés
00:34:35dans ces bastions-là.
00:34:36Est-ce que c'est réellement
00:34:38le cas ?
00:34:38On voit qu'à Strasbourg,
00:34:39là, c'est peut-être
00:34:40jouable pour eux
00:34:41qu'à Lyon aussi ?
00:34:44En tout cas,
00:34:45il est vraisemblable
00:34:46qu'ils ne réaliseront pas
00:34:47partout les scores
00:34:49qu'ils avaient réalisés
00:34:50lors des dernières élections
00:34:51marqués par une très faible
00:34:53participation.
00:34:54Notamment,
00:34:55on savait qu'un certain
00:34:56nombre d'entre eux
00:34:57dans les grandes villes
00:34:58avaient dû leur succès
00:34:59à cette faible participation.
00:35:01Mais dans le cas de Strasbourg,
00:35:02c'est quand même
00:35:03un cas assez intéressant,
00:35:04y compris,
00:35:04je vais le dire,
00:35:05historiquement,
00:35:05parce que le retour
00:35:07de Catherine Trottmann,
00:35:08qui était une rocardienne,
00:35:10qui incarne justement
00:35:11une hypothèse
00:35:13de gauche
00:35:14sociale-démocrate
00:35:15qui a un petit peu
00:35:16disparu
00:35:17du Parti socialiste.
00:35:18C'est la raison
00:35:18pour laquelle,
00:35:19d'ailleurs,
00:35:20on en a gentiment exclu.
00:35:23C'est quand même
00:35:23très intéressant.
00:35:24Là,
00:35:25on est vraiment au cœur,
00:35:26je pense,
00:35:26des gauches irréconciliables.
00:35:27Parce que d'un côté,
00:35:29vous avez Catherine Trottmann
00:35:30qui incarne
00:35:30cette gauche
00:35:32sociale-démocrate
00:35:32dont je persiste
00:35:33à penser
00:35:34qu'elle a encore
00:35:35quelque chose,
00:35:37une chance
00:35:37d'intéresser
00:35:38une partie
00:35:39des citoyens.
00:35:40Et puis,
00:35:40de l'autre côté,
00:35:40vous avez une écologiste
00:35:42assez proche
00:35:43des positions de LFI
00:35:44sur un certain nombre
00:35:45de questions.
00:35:46Donc,
00:35:46vous avez là
00:35:47quelque chose
00:35:47qui est un vrai
00:35:49affrontement
00:35:49entre ces deux gauches.
00:35:52Alors,
00:35:53le problème,
00:35:53évidemment,
00:35:54pour Catherine Trottmann,
00:35:55ça a été souligné,
00:35:56c'est de trouver,
00:35:57justement,
00:35:58une manière
00:35:59d'accommoder
00:36:01son positionnement
00:36:02à gauche
00:36:02avec l'alliance
00:36:03avec Horizon.
00:36:04C'est-à-dire
00:36:05de reconstruire,
00:36:06là encore,
00:36:07quelque chose
00:36:08de nouveau,
00:36:08un nouvel espace
00:36:09politique.
00:36:11Elle peut le faire
00:36:11sur son simple nom,
00:36:13sur sa popularité locale,
00:36:14parce qu'elle est
00:36:14ancienne maire
00:36:15de Strasbourg.
00:36:16Effectivement,
00:36:17ce qui est plus difficile
00:36:18à faire
00:36:19à l'échelle nationale,
00:36:20ça,
00:36:20à l'échelle locale,
00:36:21peut être fait
00:36:22autour de son nom.
00:36:23Bertrand Perrier.
00:36:24Ce qui est intéressant,
00:36:24aussi,
00:36:24dans cette alliance
00:36:25qu'elle fait
00:36:25avec Pierre-Jacubovitz,
00:36:26c'est qu'en réalité,
00:36:27dans l'équilibre des forces,
00:36:28Pierre-Jacubovitz,
00:36:29au premier tour,
00:36:29il fait un score
00:36:30assez faible,
00:36:315%.
00:36:32Donc,
00:36:32elle va perdre
00:36:33l'investiture PS
00:36:34pour aller chercher
00:36:36une liste
00:36:37qui a fait 5%,
00:36:38à laquelle elle va donner
00:36:396 places,
00:36:40dont 4 éligibles
00:36:41sur sa propre liste.
00:36:42Ça dit aussi
00:36:43une forme de fébrilité,
00:36:44peut-être,
00:36:45aller chercher...
00:36:46Enfin,
00:36:47le prix est cher
00:36:48à payer
00:36:49de cette alliance
00:36:50avec Horizon.
00:36:52Christelle Crappelet,
00:36:52comment l'écologiste
00:36:53se positionne aujourd'hui
00:36:55dans les priorités
00:36:55des électeurs
00:36:56par rapport à il y a 6 ans ?
00:36:57Alors,
00:36:58par rapport à il y a 6 ans,
00:36:59en termes de priorité,
00:37:00c'est sûr que l'écologie
00:37:01n'est plus en tête,
00:37:02alors que c'était quand même
00:37:03très haut dans les préoccupations
00:37:04en 2020.
00:37:05Aujourd'hui,
00:37:06ça a été supplanté,
00:37:07notamment au plan local,
00:37:08par la sécurité,
00:37:09qui est devenu vraiment
00:37:10un enjeu très très fort,
00:37:11notamment dans les grandes villes.
00:37:12Pour autant,
00:37:13on a souvent tendance
00:37:14à dire,
00:37:14c'est terminé,
00:37:15backlash écologiste,
00:37:16les Français ne s'intéressent
00:37:17plus à l'environnement.
00:37:18C'est pas vrai.
00:37:19Ça reste une préoccupation
00:37:20qui est forte,
00:37:21notamment en termes
00:37:22de pollution,
00:37:23et même localement,
00:37:24quand on leur demande
00:37:25est-ce que c'est un enjeu,
00:37:26ils nous disent oui,
00:37:27mais quand ils doivent hiérarchiser,
00:37:28quand ils doivent dire
00:37:29quel est le sujet
00:37:30qui est le plus important
00:37:31pour eux,
00:37:32c'est vrai qu'ils privilégient
00:37:33plutôt d'autres problématiques
00:37:34et notamment la sécurité.
00:37:36Lou Frittel,
00:37:37un mot ?
00:37:38Ce qui est intéressant,
00:37:39c'est qu'en l'occurrence,
00:37:40vous avez l'allégorie,
00:37:41quand vous avez ce genre
00:37:43d'alliance,
00:37:43de ce que le RN
00:37:45appelait l'UMPS.
00:37:47En fait,
00:37:47vous avez quelques cas
00:37:48comme ça,
00:37:48à Carcassonne,
00:37:49par exemple,
00:37:50où vous avez des listes
00:37:50de gauche et de droite
00:37:51qui se mettent ensemble
00:37:52contre le RN,
00:37:53mais ici,
00:37:54en l'occurrence,
00:37:54une vieille gauche
00:37:55social-démocrate
00:37:58assez universaliste
00:37:59avec Horizon
00:38:00contre la nouvelle gauche
00:38:01plus identitaire,
00:38:03mais ça risque fortement
00:38:04de favoriser,
00:38:06en fait,
00:38:06le Rassemblement national.
00:38:07Et je pense que,
00:38:08sincèrement,
00:38:09ces élections vont favoriser
00:38:10le Rassemblement national.
00:38:11C'est-à-dire que
00:38:11vous avez toujours
00:38:12un clivage,
00:38:13enfin, pardon,
00:38:14un front républicain
00:38:15qui prime sur l'autre.
00:38:16Vous ne pouvez pas être
00:38:18contre trois fronts
00:38:19en même temps.
00:38:19Il y a toujours un récit
00:38:20qui se met en route.
00:38:21qu'on passe tout
00:38:22ce deuxième tour
00:38:23à parler des alliances
00:38:25à gauche,
00:38:25c'est une bonne configuration
00:38:27pour que le RN,
00:38:28lui, puisse travailler
00:38:30de façon plus douce
00:38:31et plus secrète.
00:38:33Vous faites la transition
00:38:35vers justement
00:38:36la partie suivante
00:38:37de notre émission,
00:38:38la droite,
00:38:39le Rassemblement national.
00:38:40On a vu que
00:38:41l'entre-deux-tours
00:38:42a été marqué
00:38:43par la main tendue
00:38:44par Jordan Barnella
00:38:45dès dimanche soir
00:38:46aux électeurs de droite.
00:38:47une main qui a été saisie
00:38:49immédiatement
00:38:49par le candidat LR
00:38:50à Brie Controbert.
00:38:52Il a décidé
00:38:52de s'allier au candidat
00:38:53du RN
00:38:53pour battre la gauche.
00:38:55Alors,
00:38:55Brie Controbert
00:38:56est-elle le laboratoire
00:38:57d'une future union
00:38:58des droites
00:38:59à la présidentielle ?
00:39:00C'est un reportage
00:39:00en Seine-et-Marne
00:39:01de Baptiste Gargui-Chartier
00:39:02et Pierre Beretta.
00:39:06À Brie Controbert,
00:39:08l'annonce fait l'objet
00:39:09d'un coup de tonnerre
00:39:10dans ce bastion de gauche.
00:39:11En fait,
00:39:11on s'est rassemblés
00:39:12au second tour
00:39:13la liste RN
00:39:14et la liste LR
00:39:14et puis on va faire
00:39:16une union
00:39:16pour essayer
00:39:16de battre la gauche.
00:39:17Une alliance LR-RN,
00:39:19une des seules de France
00:39:21dans cet entre-deux-tours.
00:39:22En réalité,
00:39:23les Briards ont voté
00:39:24à plus de 41%
00:39:25pour nos deux listes.
00:39:26Donc on a réussi
00:39:27à s'entendre
00:39:28pour un accord
00:39:29de gouvernement local
00:39:30municipal
00:39:31pour améliorer
00:39:31le quotidien des habitants.
00:39:33Dans cette commune
00:39:34de 19 000 habitants,
00:39:35une telle alliance
00:39:36est historique.
00:39:37Dans les rues,
00:39:37certains électeurs
00:39:38sont encore abasourdis.
00:39:40Un peu...
00:39:41un peu assis par terre, oui.
00:39:43Pourquoi ?
00:39:44Parce que je ne comprends pas
00:39:46ce genre de pratiques.
00:39:47Je suis très surprise
00:39:48de ce retournement
00:39:49de situation.
00:39:51Après,
00:39:51je ne sais pas actuellement
00:39:52ce que je vais faire
00:39:54dimanche au vote.
00:39:55C'est-à-dire que cette alliance,
00:39:56elle vous choque ?
00:39:57Oui.
00:39:58Mais d'autres ne sont pas
00:39:59du même avis
00:40:00et saluent fièrement
00:40:01cette fusion.
00:40:02Pour moi,
00:40:02ce n'est pas significatif.
00:40:04Cette fusion.
00:40:05Au niveau national,
00:40:05c'est différent,
00:40:06bien sûr.
00:40:07Mais au niveau local,
00:40:07ici,
00:40:08non,
00:40:08sur Brille,
00:40:09non,
00:40:09je ne suis pas inquiet.
00:40:09Pour moi,
00:40:10ça ne me choque pas.
00:40:10Il faut bien que...
00:40:12Si on veut éliminer
00:40:14le maire d'ici,
00:40:15il faut faire alliance.
00:40:17Depuis sa mairie,
00:40:18le maire sortant socialiste
00:40:19craint de ne pas être réélu dimanche.
00:40:21Il va falloir que je jongle,
00:40:23parce qu'avec tout ça,
00:40:25il faut aller faire du porte-à-porte,
00:40:27aller récupérer
00:40:28les abstentionnistes.
00:40:29Et ça,
00:40:29ça ne va pas être facile.
00:40:30Il n'en croit toujours pas ses yeux.
00:40:33Cette alliance est,
00:40:34dit-il,
00:40:34une trahison pour les électeurs.
00:40:36Ils ont beau dire
00:40:37que c'est une liste
00:40:39sans étiquette,
00:40:40il faut être gonflé là,
00:40:41quand même.
00:40:41LR plus RN
00:40:42et dire que c'est sans étiquette,
00:40:44enfin.
00:40:45Donc,
00:40:45le risque est certain.
00:40:47Donc,
00:40:47ça me fait peur
00:40:47pour les briards.
00:40:49Le candidat des Républicains
00:40:50nous a alors
00:40:51accordé une explication
00:40:52par téléphone.
00:40:53Il sera bien allié au RN,
00:40:55en troisième position
00:40:56sur cette liste commune.
00:40:58lui justifie son choix.
00:41:00Quand on a discuté
00:41:01de la fusion,
00:41:02on s'est mis d'accord
00:41:03sur le projet.
00:41:04D'ailleurs,
00:41:04on était très,
00:41:05très proches
00:41:06à 90%.
00:41:06Et quand j'ai exposé
00:41:09mes conditions,
00:41:10ils ont accepté
00:41:11toutes mes conditions,
00:41:13parité
00:41:13dans nos policiers
00:41:16et mon programme
00:41:17à 100%.
00:41:18La liste du centre
00:41:19arrivait en seconde position
00:41:20dimanche dernier
00:41:21et espère déjouer
00:41:22les pronostics.
00:41:23On va gagner.
00:41:24Ça va jouer
00:41:25à quelques voix près.
00:41:26Alors,
00:41:26pas question
00:41:27de se retirer.
00:41:28Pourquoi je me retirerais
00:41:29sincèrement ?
00:41:30Parce que vous avez
00:41:31deux aventuriers,
00:41:32deux pistoleros
00:41:33qui s'unissent ensemble.
00:41:34Mais non,
00:41:34il suffit simplement
00:41:35de dire aux gens
00:41:36ne votez pas
00:41:37pour ces aventuriers
00:41:38et puis c'est tout.
00:41:39Au premier tour,
00:41:40près d'un électeur sur deux
00:41:41ne s'est pas déplacé
00:41:42pour aller voter.
00:41:43Alors dimanche,
00:41:44tout peut encore basculer
00:41:45avec les abstentionnistes
00:41:47qui pourraient faire
00:41:48la différence.
00:41:50Benjamin Morel,
00:41:51si on prend un peu
00:41:51de hauteur,
00:41:53finalement,
00:41:53il y a assez peu
00:41:53de candidats à droite
00:41:54qui ont saisi
00:41:55cette main tendue
00:41:55par Jordan Bardella.
00:41:56Je crois qu'il y a
00:41:57un candidat de droite
00:41:58à Reims,
00:41:59un candidat LR
00:42:00sur l'île de la Réunion.
00:42:01Est-ce que ça veut dire
00:42:01que cette main tendue,
00:42:03c'est un échec ?
00:42:05Tout à l'heure,
00:42:05on parlait de la gauche
00:42:06et on disait,
00:42:06en gros,
00:42:07on a souvent la valeur
00:42:08de ses intérêts.
00:42:09La droite a,
00:42:10dans assez peu d'endroits,
00:42:11eu réellement intérêt
00:42:12à se rapprocher du RN.
00:42:14Donc d'une certaine façon,
00:42:15c'était facile
00:42:16d'être droit dans ses bottes.
00:42:17Et donc dans ce cadre-là,
00:42:18si vous voulez,
00:42:19il y a cet élément.
00:42:20Après, on assiste,
00:42:21et d'ailleurs,
00:42:22un maintien très intéressant,
00:42:23c'est celui de Martine Bassal
00:42:25à Marseille.
00:42:26Si Martine Bassal se retirait,
00:42:27que faisaient ses électeurs ?
00:42:28Ils n'allaient probablement pas
00:42:29beaucoup chez Benoît Payan.
00:42:30Et donc là,
00:42:31on voit qu'in fine,
00:42:32quand la droite se maintient,
00:42:33eh bien potentiellement,
00:42:34elle gêne le RN
00:42:35et que là-dessus,
00:42:36le Front Républicain
00:42:37probablement a vécu.
00:42:38Donc il y a cet élément-là.
00:42:40Et ensuite,
00:42:41sur, je dirais,
00:42:42la question des unions des droites
00:42:44et de LR,
00:42:45vous avez une situation politique
00:42:47qui fait que,
00:42:48malgré tout,
00:42:48on a un affaiblissement
00:42:50de la droite classique
00:42:51dans les grandes villes.
00:42:53L'EPS est fort dans les grandes villes,
00:42:55mais est affaibli
00:42:56dans les villes moyennes.
00:42:57Les LR sont forts
00:42:58dans les villes moyennes,
00:42:59mais plus affaiblis
00:43:00dans les grandes villes.
00:43:01Dernier point,
00:43:02il ne m'apparaît pas moindre,
00:43:03les vraies bastions du RN,
00:43:06ce n'est pas les grandes villes.
00:43:07On dit,
00:43:08ah, le RN n'a pas beaucoup progressé
00:43:09parce que,
00:43:10regardez,
00:43:10dans les centres-villes,
00:43:11ils ne sont pas trop à Paris.
00:43:12Oui, ce n'est pas nouveau.
00:43:13C'est souvent les petites villes,
00:43:14les villes où il n'y avait
00:43:15qu'une seule liste,
00:43:16les villes où,
00:43:16in fine,
00:43:17les 95% d'élus
00:43:19dès le premier tour
00:43:20dont on ne commentera pas
00:43:21les résultats dimanche.
00:43:23Et donc,
00:43:23on a malgré tout
00:43:24une poussée du RN.
00:43:25Mais cette poussée,
00:43:26elle est fondamentalement souterraine.
00:43:28le vrai troisième tour
00:43:29au-delà des élections intercommunales,
00:43:31ça va être ensuite
00:43:32les élections sénatoriales.
00:43:34Et là,
00:43:34on verra ce que feront
00:43:35les grands électeurs
00:43:35du périurbain et du rural
00:43:37et si le RN,
00:43:38en effet,
00:43:39confirme ou ne confirme pas.
00:43:40Lou Frittel,
00:43:41là,
00:43:41on entre vraiment
00:43:41dans votre champ de compétences
00:43:42parce que pour Paris Match,
00:43:43vous suivez à la fois
00:43:44la droite et le Rassemblement national.
00:43:45Est-ce que vous pouvez
00:43:46nous aider à y voir plus clair
00:43:47sur la ligne du RN ?
00:43:49On s'était habitué
00:43:50au ni droite ni gauche
00:43:51de Marine Le Pen.
00:43:52Là,
00:43:52on entend Bardella
00:43:53qui tient un discours différent.
00:43:55Quelle est la ligne du RN
00:43:56là-dessus aujourd'hui ?
00:43:57Au Rassemblement national,
00:43:58c'est une direction bicéphale.
00:43:59Donc,
00:44:00en l'occurrence,
00:44:00la ligne de Marine Le Pen
00:44:01et la ligne de Jordan Bardella,
00:44:02ce sont deux lignes qui existent
00:44:04et qui sont celles du parti.
00:44:05C'est vrai que ça peut
00:44:06paraître étonnant,
00:44:07mais Marine Le Pen,
00:44:08en réalité,
00:44:08elle concentre beaucoup plus
00:44:09ses forces sur ses bastions
00:44:10historiques qui sont dans le Nord.
00:44:12Ses plus proches sont élus
00:44:13dans le Nord
00:44:14et ceux-là ne diront jamais
00:44:15qu'ils veulent l'union des droites.
00:44:17Ils diront toujours
00:44:18qu'ils sont lignés
00:44:18et que leur ennemi,
00:44:19c'est l'UMPS
00:44:20dont on parlait tout à l'heure.
00:44:21Est-ce que leur électorat
00:44:22dans les Hauts-de-France
00:44:24vient en partie de la gauche ?
00:44:25Et encore aujourd'hui,
00:44:27ils réussissent
00:44:28à faire basculer
00:44:29d'ex-communistes,
00:44:31d'ex-socialistes.
00:44:32Vous ne pouvez pas leur dire
00:44:33qu'on fait l'union des droites
00:44:34et puis c'est un électorat
00:44:35beaucoup plus populaire.
00:44:36La question, par exemple,
00:44:37de l'aide sociale là-bas
00:44:38est très importante.
00:44:40C'est moins dans le discours
00:44:40de Jordan Bardella
00:44:41qui, lui, au contraire,
00:44:42a quelque chose
00:44:43de beaucoup plus austère
00:44:44de ce point de vue.
00:44:45C'est aussi deux stratégies
00:44:47qui vont avec
00:44:47des élections différentes.
00:44:48Marine Le Pen,
00:44:49elle, elle veut être
00:44:50présidente de la République
00:44:50et jamais, elle le dit,
00:44:52peut-être qu'elle changera d'avis,
00:44:53jamais elle ne sera
00:44:54Premier ministre
00:44:55de Jordan Bardella.
00:44:55Jordan Bardella, lui,
00:44:56il a été programmé
00:44:57pour devenir Premier ministre.
00:44:59Donc, faire une stratégie
00:45:00d'alliance.
00:45:01Son but, ce n'est pas
00:45:01de faire 50,1%
00:45:03dans toutes les Frances.
00:45:04Son but, c'est de trouver
00:45:05un socle d'alliance
00:45:07de 40% avec un programme
00:45:09clair, stable,
00:45:10pourquoi pas avec l'ALR.
00:45:11Lui, il dit qu'il a
00:45:12un éthos de droite
00:45:13en l'occurrence.
00:45:14Ce n'est pas du tout
00:45:14la même chose.
00:45:15La question, c'est
00:45:16est-ce que Jordan Bardella
00:45:17sera le candidat
00:45:18à la présidentielle ?
00:45:19Dans ce cas, oui,
00:45:20ça rebattra les cartes.
00:45:20Pour l'instant,
00:45:21c'est une complémentarité
00:45:22qui se vaut tout à fait.
00:45:24Le seul ennui,
00:45:25c'est qu'en fait,
00:45:26au RN, là, on arrive
00:45:26sur quelque chose
00:45:27de beaucoup plus
00:45:27anthropologique.
00:45:29Les militants, les cadres,
00:45:31ne sont pas des personnes
00:45:32qui ont frayé avec LR
00:45:34ou avec ceux qu'on peut
00:45:35retrouver chez Reconquête
00:45:36ou ceux qu'on peut retrouver
00:45:37chez l'UDR
00:45:38ou alors très à la marge.
00:45:39En fait, la question aussi
00:45:40de l'alliance politique,
00:45:41elle se fait avec des gens
00:45:42que vous connaissez.
00:45:44Ceux de Martine Vassal,
00:45:44ils ne connaissent pas
00:45:45ceux du Rassemblement national.
00:45:46Et si Martine Vassal reste aussi,
00:45:49c'est parce qu'elle a l'impression
00:45:51qu'elle a déjà perdu
00:45:52le plus d'électeurs possibles
00:45:54en faveur de Franck Alizio.
00:45:55Peut-être qu'il y en aura encore,
00:45:56mais il y a tout de même
00:45:57un bon tiers
00:45:58qui ira sur le bloc central
00:46:00parce qu'Heller a choisi
00:46:02depuis quelques mois,
00:46:03peut-être quelques années,
00:46:05en tout cas officiellement,
00:46:06de travailler avec le bloc central.
00:46:08Et d'ailleurs,
00:46:08Bruno Rotaillot
00:46:09se voit avec Édouard Philippe.
00:46:11Jean-Garry,
00:46:12quel regard l'historien porte
00:46:13sur ce que l'extrême droite
00:46:14appelle l'union des droites ?
00:46:16– C'est une vieille chose
00:46:19qui existe depuis les débuts
00:46:20de la Troisième République
00:46:21dans les années 1870.
00:46:23L'échec de l'union des droites
00:46:25a permis à la République d'exister.
00:46:26Je passe là-dessus,
00:46:27mais c'est pour vous dire
00:46:28à quel point
00:46:29ça a toujours été problématique.
00:46:32Une alliance,
00:46:32c'est tributaire
00:46:33du rapport de force
00:46:34entre les deux partenaires.
00:46:36Et de facto,
00:46:37ce qui s'est passé
00:46:38depuis quelques années,
00:46:39c'est qu'on a vu
00:46:40la percée extraordinaire
00:46:44au sens originel du terme
00:46:46du Rassemblement national,
00:46:48qui devient le partenaire majeur
00:46:50de ces alliances.
00:46:52Ce qui veut dire
00:46:53que dans toute alliance
00:46:55des LR
00:46:56avec le Rassemblement national,
00:46:57y compris à l'échelle locale,
00:46:59il y a évidemment
00:47:00le risque de se faire
00:47:01totalement avaler.
00:47:02On verra très bien
00:47:03que pour l'élection présidentielle,
00:47:06il y aura la tentative
00:47:08au moins d'un candidat LR.
00:47:10Il n'est pas concevable
00:47:11précisément
00:47:12que les LR
00:47:13acceptent une union des droites,
00:47:15une candidature
00:47:16d'union des droites
00:47:16pour le premier tour
00:47:17de l'élection présidentielle.
00:47:19Donc,
00:47:20cette question
00:47:21de l'union des droites
00:47:22est un piège
00:47:22pour les Républicains.
00:47:24Ça peut fonctionner
00:47:26éventuellement
00:47:26dans quelques communes.
00:47:28On verra
00:47:28si ça fonctionne
00:47:29à bric contre Robert.
00:47:32Mais c'est quelque chose
00:47:34qui, sur le fond,
00:47:36est un piège.
00:47:37Ça a toujours été un piège
00:47:38quand les communistes
00:47:39se sont alliés
00:47:40dans l'union de la gauche
00:47:41avec les socialistes.
00:47:43Ils se sont complètement
00:47:44effacés du paysage
00:47:45et ont laissé
00:47:46François Mitterrand
00:47:47remporter la partie
00:47:48en 1981.
00:47:49Mais là,
00:47:50les LR sont confrontés
00:47:51à la même chose.
00:47:52Ils sont en voie
00:47:53de disparition
00:47:55comme entité nationale.
00:47:57Ils ont des bastions
00:47:59dans les villes moyennes.
00:48:01Ils n'ont pas intérêt
00:48:03à s'allier
00:48:05avec le Rassemblement national.
00:48:06Bertrand Perrier,
00:48:07dans cette situation
00:48:08droite-extrême-droite,
00:48:08il y a une situation
00:48:09qui est particulière,
00:48:10c'est celle de Paris
00:48:11où Sarah Knafow
00:48:12qui peut se maintenir
00:48:13choisit de ne pas le faire.
00:48:14On va en parler de Paris.
00:48:15On a un sujet
00:48:16par ici.
00:48:17Chaque chose en son temps.
00:48:18Moi, j'ai une dernière question
00:48:19quand même sur ce qui se passe
00:48:21à Nice,
00:48:21ce qui s'est passé
00:48:22dans cet entre-deux-tours
00:48:23à Nice
00:48:23où on a vu
00:48:24un Bruno Rotaillot
00:48:25qui avait du mal
00:48:26à soutenir
00:48:27Christian Estrosi
00:48:28face à Eric Ciotti.
00:48:29Ça dit quoi
00:48:29de la droite aujourd'hui,
00:48:30Benjamin Morel ?
00:48:31Je pense que Lour
00:48:32a peut-être
00:48:33un meilleur regard que moi
00:48:34sur cet espace
00:48:35mais pour Bruno Rotaillot,
00:48:38ce n'est pas forcément
00:48:38un mauvais coup
00:48:39parce que venir
00:48:40au secours
00:48:41de la défaite
00:48:42de Christian Estrosi
00:48:43ne lui aurait à peu près
00:48:44rien rapporté.
00:48:45En revanche,
00:48:46il ménage l'avenir
00:48:48et potentiellement
00:48:48un électorat
00:48:49qui peut se replier
00:48:50sur Dati à Paris.
00:48:51On va bientôt parler de Paris.
00:48:52Et de l'autre côté,
00:48:53un électorat
00:48:53qui pourrait éventuellement
00:48:54se reporter sur lui
00:48:55en cas d'une présidentielle
00:48:56et donc adresser
00:48:57un message
00:48:58à cet électorat,
00:49:00arriver,
00:49:01si ce n'est au secours
00:49:02de la victoire,
00:49:02en tout cas ne pas bloquer
00:49:03la victoire
00:49:04d'Éric Ciotti
00:49:05à Nice,
00:49:06ce n'est pas nécessairement
00:49:07de mauvaise tactique.
00:49:09D'un mot,
00:49:09Christelle Crappelet,
00:49:10parce qu'il faut qu'on avance,
00:49:11l'union des droites,
00:49:12comme on dit,
00:49:13elle s'est faite
00:49:13ou pas déjà
00:49:14dans l'électorat de droite ?
00:49:15À quel point
00:49:15elle est faite ?
00:49:16J'avais envie de dire
00:49:17qu'effectivement,
00:49:18même s'il y a
00:49:18des réticences
00:49:20au niveau des appareils
00:49:21et des militants,
00:49:22au niveau des sympathisants,
00:49:23des personnes qui nous disent
00:49:24qu'elles sont proches
00:49:25du RN ou proches
00:49:25du LR,
00:49:26on va dire que la digue
00:49:27a largement sauté
00:49:28puisque quand on leur a posé
00:49:30la question
00:49:30sur la fusion
00:49:31des listes
00:49:32en cas de deuxième tour
00:49:33entre LR
00:49:34et le Rassemblement National,
00:49:35vous avez les trois quarts
00:49:36des sympathisants RN
00:49:37qui sont pour
00:49:38et les deux tiers
00:49:38des sympathisants LR
00:49:39qui le sont également.
00:49:40Donc on voit bien
00:49:41dans l'opinion
00:49:41que le chemin
00:49:43de l'union des droites
00:49:43a largement progressé.
00:49:45On va s'attaquer
00:49:46à Paris à présent.
00:49:47Emmanuel Grégoire
00:49:48avait une avance confortable
00:49:49au soir du premier tour
00:49:50mais depuis,
00:49:51beaucoup d'eau a coulé
00:49:52sous les ponts de la Seine
00:49:53et la configuration
00:49:54du second tour
00:49:55n'a plus rien à voir
00:49:56avec ce qu'elle était
00:49:56dimanche soir.
00:49:57On voit cela
00:49:58avec Baptiste Gargui-Chartier.
00:50:02À seulement deux jours
00:50:04du second tour,
00:50:05le suspense est total à Paris.
00:50:06Un tout dernier sondage
00:50:08donne Emmanuel Grégoire
00:50:09et Rachid Adati
00:50:10au coude à coude
00:50:11avec un seul point d'écart.
00:50:14Une fin de campagne
00:50:15sous haute tension
00:50:16lorsque cette semaine
00:50:17le candidat socialiste
00:50:18lâche cette accusation
00:50:19sur les ondes.
00:50:21Emmanuel Macron
00:50:22est intervenu
00:50:23pour faire en sorte
00:50:24que l'extrême droite
00:50:25se retire
00:50:26au profit
00:50:27de sa candidate.
00:50:30Depuis Bruxelles,
00:50:31Emmanuel Macron
00:50:31réagit
00:50:32avec ce démenti.
00:50:34Ces propos
00:50:34n'ont aucun sens.
00:50:35Ils déshonorent un peu
00:50:36la personne qui les dit
00:50:37comme ça
00:50:37à l'emporte-pièce
00:50:38parce que c'est pas sérieux.
00:50:41Je ne connais pas
00:50:42Mme Knafow
00:50:42à titre personnel
00:50:43et je n'interviens pas
00:50:44du tout
00:50:44dans ces municipales.
00:50:45Sarah Knafow,
00:50:46l'ex-candidate reconquête,
00:50:48juge ces accusations
00:50:49totalement fausses
00:50:50et infondées.
00:50:51Ça s'appelle un mensonge.
00:50:52Il pense que tout
00:50:53ne repose que sur les magouilles.
00:50:55Moi, je lui dis
00:50:55que je vais vous surprendre,
00:50:56M. Grégoire,
00:50:57parce que mon retrait
00:50:58ne repose sur aucune magouille.
00:51:00Une campagne acharnée
00:51:01où tous les candidats
00:51:01y vont de leurs commentaires.
00:51:03Ce matin encore,
00:51:04Rachida Dati
00:51:04enfonce le clou
00:51:05et cible
00:51:07frontalement
00:51:07son rival de gauche.
00:51:08Ça n'est pas digne
00:51:10de quelqu'un
00:51:10qui prétend
00:51:11être maire de Paris.
00:51:12Il faut être
00:51:13dans les faits,
00:51:13la réalité.
00:51:14Il ne peut pas
00:51:15défendre son bilan,
00:51:16donc ils sont dans l'outrance.
00:51:17Les électeurs
00:51:18que nous avons rencontrés
00:51:19ce matin
00:51:20sont parfois déboussolés
00:51:21par l'étrange tournure
00:51:22de cet entre-deux-tours.
00:51:24Ils se tapent tous dessus.
00:51:26Je ne comprends pas
00:51:27ce qui se passe avec eux.
00:51:28Il n'y a aucune sincèrité.
00:51:30À partir du moment
00:51:30où ils se renient eux-mêmes,
00:51:31comment on les voit
00:51:32qu'on les croit.
00:51:32On n'a quasiment pas parlé
00:51:33de budget,
00:51:34d'augmentation des impôts
00:51:36et de la dette,
00:51:36etc.
00:51:37Et donc le choix
00:51:38est quand même très difficile.
00:51:39Un scrutin
00:51:40à l'issue
00:51:41très incertaine
00:51:42qui pourrait se jouer
00:51:43très probablement
00:51:44à quelques milliers de voix
00:51:45ce dimanche.
00:51:47Christelle Crappelet,
00:51:47je commence par vous.
00:51:48On voit que les électeurs
00:51:49ont tous un avis
00:51:50sur ce qui s'est passé
00:51:51à Paris dans cet entre-deux-tours.
00:51:52Il faudrait qu'il y ait eu
00:51:53plein de rebondissements.
00:51:54On a compris
00:51:54que ça va se jouer
00:51:55sur les reports de voix
00:51:56à la fois de Sarah Knaffo
00:51:57et Pierre-Yves Brounazel
00:51:58qui se sont retirés
00:51:59et puis sur la capacité
00:52:01de Sophia Chikourou
00:52:01à garder ses électeurs
00:52:03face aux candidats du PS.
00:52:06Vous en pensez quoi ?
00:52:07Effectivement,
00:52:08il va y avoir un jeu
00:52:08de vastes communicants
00:52:09et il va falloir regarder
00:52:11tous ces électorats-là
00:52:12comment ils se reportent.
00:52:14On peut supposer,
00:52:15et c'est ce que montrent
00:52:15un peu les enquêtes
00:52:16qui ont été publiées,
00:52:17que du côté de l'électorat
00:52:18de Sarah Knaffo,
00:52:19il y a une très grande majorité
00:52:20qui se reporte
00:52:21sur l'électorat
00:52:22de Rachida Dati.
00:52:23Chez Sophia Chikourou,
00:52:25je pense qu'elle va quand même
00:52:26conserver un socle
00:52:27assez important.
00:52:28Mais tout va se jouer
00:52:29dans cette petite frange
00:52:30qui peut-être va vouloir
00:52:31faire un vol utile
00:52:32malgré quand même
00:52:33une campagne extrêmement violente
00:52:34entre Emmanuel Grégoire
00:52:36et Sophia Chikourou.
00:52:38Et enfin, bien sûr,
00:52:39tout va se jouer
00:52:40au niveau des électeurs
00:52:41de Pierre-Yves Brounazel.
00:52:42Et là, pour le coup,
00:52:43à l'image de Pierre-Yves Brounazel
00:52:45lui-même,
00:52:45on peut penser
00:52:46qu'un certain nombre d'entre eux
00:52:47ne seront pas vraiment tentés
00:52:49par un vote Dati
00:52:50et c'est un peu là
00:52:52que se joue la victoire
00:52:53ou pas d'Emmanuel Grégoire.
00:52:54On a vu que les instituts
00:52:55de sondage ont eu du mal
00:52:57à évaluer les rapports
00:52:58de force à Paris
00:52:58au premier tour.
00:52:59Là, on voit qu'on a
00:53:00deux sondages
00:53:01qui donnent
00:53:01un à deux points d'écart
00:53:02et un à deux points d'avance
00:53:04pour Emmanuel Grégoire
00:53:04sur Rachida Dati
00:53:05et puis un autre
00:53:06qui lui donne
00:53:06sept points d'avance.
00:53:08Qu'il faut-il croire
00:53:09et pourquoi c'est aussi difficile,
00:53:10visiblement,
00:53:11de faire des sondages à Paris ?
00:53:13Parce que vous avez
00:53:14beaucoup, tout simplement,
00:53:15des lecteurs indécis
00:53:16qui peuvent aussi
00:53:17changer d'avis.
00:53:18Il y a eu un débat
00:53:19qui a pu aussi éventuellement
00:53:20faire bouger des lignes.
00:53:22Je pense que quand même
00:53:23ce que montrent ces enquêtes,
00:53:24c'est que c'est quand même
00:53:24assez serré,
00:53:25même s'il y en a un
00:53:26qui montre que l'écart
00:53:27est un peu plus important
00:53:28et je pense que le résultat
00:53:30sera quand même
00:53:30relativement serré dimanche.
00:53:32En tout cas,
00:53:32on verra ce que...
00:53:33Juste une question.
00:53:34Est-ce que le paramètre
00:53:36Pierre-Yves Bournazel
00:53:38est-ce qu'il donne
00:53:39cette incertitude au vote
00:53:40dans la mesure où
00:53:41on sait qu'une partie
00:53:42de ces électeurs votent
00:53:43pour Achille Haddati
00:53:44mais une autre,
00:53:45on n'a pas du tout envie,
00:53:46il irait plutôt
00:53:47sur Emmanuel Grégoire ?
00:53:48De toute manière,
00:53:49c'est la question
00:53:50des reports de voix
00:53:50effectivement qui fait l'ensemble
00:53:52et dans les intentions de vote,
00:53:54en tout cas,
00:53:54dans un certain nombre
00:53:55de sondages qui ont été publiés,
00:53:56ça tendait quand même
00:53:57à montrer qu'ils étaient partagés
00:53:59et que le résultat final
00:54:00de ce fait
00:54:01était assez serré.
00:54:02Quand même,
00:54:03les deux ralliements
00:54:04ne sont pas de même nature
00:54:05parce qu'Emmanuel
00:54:06Pierre-Yves Bournazel
00:54:07s'est rallié,
00:54:08même s'il ne l'a pas fait
00:54:09personnellement,
00:54:10partie d'un certain nombre
00:54:11de postes sur la liste
00:54:13alors que Sarah Knafo
00:54:14qui pouvait aussi prétendre
00:54:16s'est ralliée sans rien,
00:54:19suscitant d'ailleurs
00:54:19dans son propre camp
00:54:20un certain nombre de réserves
00:54:21parce qu'elle aurait pu
00:54:22aller chercher
00:54:22des conseillers d'arrondissement,
00:54:24elle aurait pu aller chercher
00:54:25des conseillers de Paris,
00:54:26elle a choisi
00:54:26de se faire en quelque sorte
00:54:27harakir et de ne pas le faire
00:54:28et au sein de son propre camp
00:54:29ça ne se fait pas l'unanimité
00:54:31alors qu'effectivement
00:54:32il y a une porosité plus grande
00:54:33probablement entre
00:54:34l'électorat Knafo
00:54:35et l'électorat Dati
00:54:36mais ce choix fait
00:54:38ne fait pas l'unanimité
00:54:39alors qu'elle aurait pu
00:54:40encore une fois
00:54:41capitaliser sur son score
00:54:42du premier tour
00:54:43et chercher une confirmation
00:54:44au second tour
00:54:45plutôt que sans contrepartie
00:54:48se désister
00:54:48en faveur de Dati
00:54:51mais dans un marché
00:54:52qui n'existe pas
00:54:53entre les deux.
00:54:54Lou Frittel,
00:54:54l'un des faits marquants
00:54:55de l'entre-deux-tours
00:54:56ce sont les accusations
00:54:57lancées hier
00:54:57par Emmanuel Grégoire
00:54:58qui affirment
00:54:59qu'Emmanuel Macron
00:54:59est intervenu directement
00:55:01pour obtenir le retrait
00:55:03de la candidature
00:55:03de Sarah Knafo
00:55:04on a Le Monde aujourd'hui
00:55:05qui affirme
00:55:07qu'il se serait adressé
00:55:09à Vincent Bolloré
00:55:10lui aurait fait passer
00:55:10un message
00:55:11pour obtenir ce désistement
00:55:13de Sarah Knafo
00:55:13est-ce que vous
00:55:14de votre côté
00:55:15vous avez des éléments
00:55:15là-dessus ?
00:55:16Alors moi je parle
00:55:17avec ses équipes
00:55:18et elle bien sûr
00:55:20nie complètement
00:55:21cette injonction
00:55:23il ne faut pas oublier
00:55:25je n'ai pas le fin mot
00:55:26de l'histoire
00:55:26mais il ne faut pas oublier
00:55:27aussi que Sarah Knafo
00:55:28sa candidature
00:55:29pourquoi elle a eu
00:55:30cette dynamique ?
00:55:31parce qu'elle s'est présentée
00:55:32sur une promesse
00:55:32c'était celle
00:55:33de ne pas faire peur
00:55:34de la droite
00:55:34tout entendu
00:55:35lâchez-vous
00:55:36si vous avez envie
00:55:36de voter
00:55:37venez voter pour moi
00:55:38c'est toujours mieux
00:55:39que de se réfugier
00:55:40dans l'abstention
00:55:41en fait elle a créé
00:55:42aussi pas mal
00:55:42d'électeurs
00:55:43pour Rachid Nadati
00:55:44en revanche
00:55:45si elle voulait garder
00:55:46aussi cette auréole
00:55:48d'une certaine façon
00:55:49et bien il fallait
00:55:50qu'elle se retire
00:55:51parce qu'il était évident
00:55:53que si Rachid Nadati
00:55:55voulait obtenir
00:55:56les voix
00:55:57de Pierre-Yves Bournazel
00:55:58ça devait se faire
00:56:00sans elle
00:56:01qu'elle en avait conscience
00:56:02c'est vrai qu'à un moment donné
00:56:03dans son camp
00:56:03ils se sont pris
00:56:04à rêver à plus
00:56:06parce qu'il a été donné
00:56:07à 13,5-14%
00:56:09parfois dans les sondages
00:56:10donc elle a commencé
00:56:12à expliquer
00:56:12qu'il y aurait
00:56:13une proposition
00:56:14en tout cas
00:56:14d'accord programmatique
00:56:15de fusion
00:56:16mais force est de constater
00:56:18aussi que dans la nuit
00:56:19de dimanche à lundi
00:56:20personne n'était certain
00:56:21qu'elle soit au second tour
00:56:22c'était très tendu
00:56:24déjà elle partait de loin
00:56:26déjà ses proches
00:56:27j'étais content
00:56:27qu'elle fasse plus de 8%
00:56:29mais elle a été aussi
00:56:31très désillusionnée
00:56:32par ce score
00:56:33Jean-Garrie
00:56:34au-delà du retrait
00:56:35de Sarah Knaffo
00:56:35il y a aussi les consignes
00:56:36qui ont été données
00:56:37dans cet entre-deux-tours
00:56:39pour Paris
00:56:39à la fois par Jordan Bardella
00:56:40et par Marine Le Pen
00:56:41consignes de battre la gauche
00:56:43est-ce que ça s'est déjà produit
00:56:45dans l'histoire du RN
00:56:46qu'il y ait des consignes
00:56:47comme ça données par le parti
00:56:48dans un scrutin
00:56:49où lui-même était éliminé ?
00:56:51C'est un vrai tournant historique
00:56:52c'est un vrai tournant
00:56:55il y a toujours eu
00:56:56a priori
00:56:57ça c'était du temps
00:56:58de Jean-Marie Le Pen
00:56:59mais aussi de Marine Le Pen
00:57:01cette espèce de barrière absolue
00:57:05il fallait battre l'UMPS
00:57:08il fallait battre le système
00:57:09et donc on ne pouvait pas s'allier
00:57:11donner l'impression
00:57:12qu'on s'alliait
00:57:13avec une partie de ce système
00:57:16ça c'est vraiment
00:57:17un tournant majeur
00:57:18est-ce que c'est un tournant
00:57:19qui vient de l'influence
00:57:21de Jordan Bardella
00:57:22qui lui
00:57:22dès le soir de l'élection
00:57:24a manifesté cette volonté
00:57:25d'une union des droites
00:57:26qui suit aussi
00:57:28on l'a rappelé
00:57:29les deux tiers
00:57:30plus des deux tiers
00:57:31des électeurs de droite
00:57:32qui veulent cette union
00:57:33en tout cas
00:57:34sur le plan stratégique
00:57:36et sur le plan politique
00:57:37au-delà même du plan stratégique
00:57:38c'est une donnée majeure
00:57:41c'est moins étonnant
00:57:43en réalité
00:57:43du côté d'une Sarah Knafow
00:57:45parce que l'électorat
00:57:47de Sarah Knafow
00:57:48il est assez proche
00:57:49de celui des républicains
00:57:52à Paris
00:57:53pour le rassemblement national
00:57:54de toute façon
00:57:55c'était perdu
00:57:56et c'est là
00:57:58que c'est très intéressant
00:57:59de voir
00:58:00comment le rassemblement national
00:58:02est venu se superposer
00:58:04à cette alliance
00:58:05qui se faisait
00:58:06finalement sans eux
00:58:07c'est-à-dire que
00:58:08si jamais
00:58:09s'il arrivait
00:58:10que Rachida Dati
00:58:11ce qui sera difficile
00:58:12parce que je pense
00:58:13qu'il y a paradoxalement
00:58:14plus de réserve de voix
00:58:16aujourd'hui
00:58:16pour Emmanuel Grégoire
00:58:17que pour Rachida Dati
00:58:18mais s'il arrivait
00:58:19qu'elle gagne
00:58:20à Paris
00:58:21alors Sarah Knafow
00:58:23aurait fait un pari gagnant
00:58:24et je pense que c'est
00:58:26à long terme
00:58:26ce qu'elle vise
00:58:27et le rassemblement national
00:58:29pourrait dire aussi
00:58:30qu'ils ont
00:58:31d'une certaine manière
00:58:32participé à cette victoire
00:58:34Benjamin Morel
00:58:34en quelques mots
00:58:35parce qu'on est arrivé
00:58:35à la fin de l'émission
00:58:36dimanche soir
00:58:37tout le monde semblait
00:58:38estimer qu'Emmanuel Grégoire
00:58:40aurait presque gagné
00:58:40l'élection
00:58:41on voit que dans cet
00:58:42entre-tout tour
00:58:43il s'est passé beaucoup de choses
00:58:44est-ce que son pari
00:58:45de refuser toute alliance
00:58:46avec LFI
00:58:47était le bon ?
00:58:48A voir
00:58:49là évidemment
00:58:49je ne veux pas faire l'élection
00:58:51vous n'êtes pas devin
00:58:52exactement
00:58:52mais le pari
00:58:53si vous voulez
00:58:53d'Emmanuel Grégoire
00:58:54il est simple
00:58:54c'est de dire
00:58:55Sarah Knafow
00:58:57ne se serait peut-être
00:58:58pas retirée
00:58:58mais quand même
00:58:58elle se soit retirée
00:59:00vous avez une Sofia Chikirou
00:59:01dont un certain nombre
00:59:03d'électeurs
00:59:03finiront par voter utile
00:59:04contre Rashid Adati
00:59:05et de l'autre côté
00:59:07la personnalité
00:59:08de Rashid Adati
00:59:10est repousseoire
00:59:11pour une partie
00:59:12de l'électorat bournazel
00:59:13qui ne se serait pas
00:59:14rallié à Grégoire
00:59:16si jamais il avait fait
00:59:17alliance avec Chikirou
00:59:18et qui pourrait éventuellement
00:59:19cette fois-ci
00:59:20voter pour lui
00:59:21c'est un pari
00:59:22qui est un pari
00:59:22relativement risqué
00:59:23mais qui au vu de son avance
00:59:25du premier tour
00:59:26est un pari
00:59:27relativement cohérent également
00:59:28donc à partir de là
00:59:29c'était sans doute
00:59:30le meilleur
00:59:31il faut voir que malgré tout
00:59:33la configuration
00:59:33est la pire pour lui
00:59:35Chikirou reste présente
00:59:37Knafow et Bournazel
00:59:38ne sont pas là
00:59:39les instituts de sondage
00:59:40parlent sous votre contrôle
00:59:41très premier tour
00:59:42disaient que c'était toujours perdu
00:59:43pour lui
00:59:44dans cette configuration
00:59:45les derniers sondages
00:59:46montrent que ce n'est pas le cas
00:59:47donc là
00:59:47il fait un choix stratégique
00:59:49dans une configuration
00:59:50qui n'est pas très favorable
00:59:51Verdict dimanche
00:59:52dans les urnes
00:59:53merci beaucoup
00:59:54à tous les cinq
00:59:55d'être venus sur le plateau
00:59:56de chaque voix compte
00:59:57c'était passionnant
00:59:57il ne reste plus qu'à voter dimanche
00:59:59et à vous installer
01:00:01devant LCP
01:00:02public Sénat
01:00:02dimanche soir
01:00:04avec vous Jean Garrigue
01:00:04je crois que vous êtes
01:00:05de notre soirée électorale
01:00:06dès 19h30
01:00:08avec Elsa Mondingava
01:00:09et Steve Jourdain
01:00:09puis à 21h30
01:00:11ce sera
01:00:11Adeline François
01:00:13et Thomas Hugues
01:00:14tous les résultats
01:00:14toutes les réactions
01:00:15et puis nos reporters
01:00:16sur le terrain
01:00:16puisque nous serons
01:00:17à Paris, Lyon, Marseille
01:00:19Bordeaux, Toulouse
01:00:19et Toulon
01:00:20je vous souhaite
01:00:21une bonne soirée
01:00:22et un bon week-end
01:00:23sur LCP
01:00:23Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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