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  • il y a 1 semaine
À LA UNE / Moyen-Orient : La guerre jusque dans l'hémicycle
Presque un mois après le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, la situation au Moyen-Orient fait l'objet d'un débat à l'Assemblée nationale cet après-midi, mercredi 25 mars. Réclamé par le groupe parlementaire « Les Écologistes » et « La France Insoumise », les partis avaient réclamées une discussion autour du « respect du droit international par les États-Unis et Israël » mais également sur « les objectifs et implications de la France ». En amont du débat, Matignon avait promis des annonces pour l'armée. Sébastien Lecornu a dévoilé un plan d'investissement dans les munitions de « 8,5 milliards d'euros de plus » d'ici 2030, outre les 16 milliards déjà investis, à la faveur d'une actualisation de la loi de programmation militaire. Celle-ci doit être présentée, a-t-il précisé, au Conseil des ministres le 8 avril, puis examinée à l'Assemblée la semaine du 4 mai. Le Premier ministre estime que l'investissement dans les munitions est « un enjeu militaire mais aussi un enjeu industriel, donc de souveraineté, et de liberté ». Il a également annoncé la création de « France Munitions », un grossiste de munitions, « pour répondre aux besoins des armées françaises mais aussi de nos alliés Ces annonces interviennent alors que les frappes de missiles se poursuivent. Si Donald Trump a affirmé, ce mercredi 25 mars, avoir transmis à l'Iran un plan de paix en 15 points, incluant notamment une proposition de cessez-le-feu d'un mois, les chances d'accords restent faibles. Dans ce contexte, la France peut-elle agir?

Invités :
- Jean-Michel Jacques, député « Ensemble pour la République » du Morbihan,
- Maya Khadra, enseignante et journaliste spécialiste du Moyen-Orient,
- Mathieu Plane, directeur adjoint du Département analyse et prévision de l'OFCE.

Chroniques :
« Les off de Lou » par Lou Fritel
« Quelle histoire ! » par David Revault d'Allones

LA QUESTION QUI FÂCHE / Petits colis, grand fiasco ?
Depuis le 1er mars, la France a mis en place une taxe de deux euros par catégorie d'articles achetés sur une grande plateforme d'e-commerce, une mesure visant à freiner le flux massif des « petits colis », d'une valeur de moins de 150 euros, jusqu'à présent exemptés de droits de douane, en provenance de Chine. Toutefois, les entreprises visées par ce dispositif : Shein, Temu, AliExpress, etc., sont accusés de contourner cette taxe en expédiant par avion les marchandises dans des pays européens non concernés par cette contribution puis en les acheminant par la route jusqu'en France. Le gouvernement a donc étendu les pouvoirs des agents des douanes par un arrêté publié au Journal officiel ce mercredi 25 mars « afin de leur permettre de contrôler, sur le territoire national, les colis issus du e-commerce ayant été préalablement dédouanés dans un autre pays membre de l'Union européenne », selon un communiqué de Bercy. Cette taxe de deux euros sera cumulée à partir de juillet avec

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00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP Canal 8.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:33Avec pour m'accompagner ce soir, un duo inédit, figurez-vous.
00:00:37Lou Frittel de Paris Match est avec nous.
00:00:38Bonsoir Lou.
00:00:39Et bonsoir David Revaud-Dallon.
00:00:41Bonsoir.
00:00:42Rédacteur en chef de la revue L'Hémicycle.
00:00:44Bienvenue dans la bande de chaque voix compte, mon cher David.
00:00:47C'est parti pour le sommaire de ce soir avec à la une dans chaque voix compte,
00:00:50la guerre au Moyen-Orient à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale.
00:00:55Cette volatilité des prix
00:01:01qui s'étend, qui frappe des infrastructures civiles,
00:01:04qui menace la sécurité maritime
00:01:06et qui déstabilise durablement toute une région
00:01:09et qui peut aller jusqu'à une forme, on le sait, on le redoute, de globalisation.
00:01:15Voilà. Débat sans vote à la demande des députés dans l'Hémicycle cet après-midi.
00:01:19Chaque groupe politique a pu présenter son point de vue et il a évidemment beaucoup été question de pétrole
00:01:24et des conséquences économiques de la guerre.
00:01:26Alors que Donald Trump propose un plan de paix et que l'Iran lâche du l'Est dans les détroits
00:01:31d'Ormouz,
00:01:32on en parle ce soir avec vous, Jean-Michel Jacques.
00:01:35Bonsoir.
00:01:35Bonsoir.
00:01:35Député ensemble pour la République du Morbihan et président de la Commission Défense.
00:01:39Merci d'être là aux côtés de Maya Kadra.
00:01:41Bonsoir.
00:01:42Bonsoir.
00:01:42Vous êtes enseignante et journaliste spécialiste du Moyen-Orient.
00:01:45Merci d'être là aux côtés de Mathieu Plan, économiste à l'OFCE.
00:01:49Bonsoir Mathieu.
00:01:49Bonsoir.
00:01:50Et merci de votre présence.
00:01:51David, vous, vous nous parlez ce soir d'un choc qui choque ?
00:01:54Oui, un mot qui fâche, c'est le mot de choc pétrolier et je vais vous raconter que c'est
00:01:58une très vieille histoire.
00:02:00Qu'y a-t-il ce soir dans les hoffs de Lou Frittel ?
00:02:03Primaire, or notre primaire, c'était sujet hier en bureau politique chez LR.
00:02:08Chaux de tension.
00:02:08Chaux de tension.
00:02:09On va revenir un peu dans les coulisses.
00:02:10Vous nous raconterez les coulisses de ce bureau.
00:02:12Dans la deuxième partie de chaque voie qu'on me place à la question qui fâche, petits colis et grands
00:02:16fiascos.
00:02:17La taxe sur les colis chinois instaurée depuis le début du mois de mars a bien eu les effets délétères
00:02:22que redoutaient de nombreux experts.
00:02:24Les avions venus de Chine n'atterrissent plus en France, mais les colis, eux, arrivent toujours chez nous.
00:02:28Alors maintenant, on fait quoi ?
00:02:29Eh bien, on posera la question tout à l'heure à Philippe Latombe, député modem de Vendée, qui avait voté
00:02:33pour cette taxe.
00:02:34Julien Guibert, député RN de la Nièvre, lui était contre.
00:02:37Et Grégory Carré, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFT Que Choisir, sera l'arbitre du débat.
00:02:42Vous pouvez, vous aussi, interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions avec le petit QR code qui
00:02:46est là, qui va rester là pendant toute l'émission.
00:02:48Et c'est David qui recueille vos messages et nous les transmet tout au long de chaque voie compte.
00:02:54On n'oublie pas Bourbon Express, bien sûr.
00:02:56Le journal de l'Assemblée nationale, ce sera tout à l'heure avec Marco Pommier.
00:03:00Voilà pour le menu de ce soir.
00:03:01Installez-vous confortablement.
00:03:02Chaque voie compte, c'est parti.
00:03:11La guerre au Moyen-Orient s'est donc invitée ce mercredi dans l'hémicycle avec un débat sans vote qui
00:03:16avait été réclamé par plusieurs groupes parlementaires.
00:03:19La guerre en est à son 26e jour.
00:03:21Donald Trump propose maintenant un plan de paix à l'Iran qui, de son côté, desserre un peu l'étau
00:03:27sur le détroit d'Hormuz.
00:03:29Deux minutes pour comprendre avec Thibault Henoch.
00:03:36Au 26e jour du conflit, les Etats-Unis continuent d'envoyer des signaux contradictoires.
00:03:42D'un côté, l'annonce de négociation.
00:03:44Nous négocions en ce moment.
00:03:46Un plan de paix en 15 points envoyé à l'Iran sans que l'on sache réellement à qui et
00:03:50sur quoi.
00:03:51Je peux vous dire que de l'autre côté, ils aimeraient un accord.
00:03:54De l'autre, ces annonces des médias américains sur des envois de troupes.
00:03:57CNN apprend que les Etats-Unis envoient des milliers de troupes supplémentaires au Moyen-Orient.
00:04:03Quelques 3000 marines et parachutistes seraient en route vers l'Iran.
00:04:07Attendu d'ici vendredi, jour de fin de l'ultimatum fixé par Trump au régime pour débloquer le détroit d
00:04:12'Hormuz.
00:04:13Une demande partiellement exaucée.
00:04:16L'Iran ayant annoncé que les navires non hostiles pouvaient désormais emprunter le passage maritime.
00:04:22Dans ce contexte toujours aussi incertain, le débat s'invite à l'Assemblée, tant géopolitique qu'économique.
00:04:30Le rôle du gouvernement n'est pas de commenter le chaos du monde, il est d'agir.
00:04:34Sur le volet militaire, le Premier ministre annonce que la France va encore renforcer ses capacités de défense.
00:04:40Il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire et sa mise à jour.
00:04:44C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril.
00:04:47Plus de 8,5 milliards de commandes de munitions dans les 4 prochaines années sont ainsi prévues.
00:04:53C'est colossal.
00:04:54Sur le volet économique, en revanche, pas d'annonce.
00:04:57Le gouvernement continue de privilégier des aides ciblées et refuse des mesures fiscales générales.
00:05:03La baisse de la TVA est une mesure inefficace, mais aussi ruineuse pour les finances publiques.
00:05:09Des mesures une nouvelle fois réclamées par les oppositions.
00:05:12Baisse de la TVA pour le RN, blocage des prix pour LFI.
00:05:17Je ne peux que regretter de ne pas avoir encore été entendue, alors même que certaines de ces mesures sont
00:05:23mises en oeuvre chez nos voisins.
00:05:24Vous ne semblez pas conscients de l'urgence.
00:05:27Il faut agir maintenant.
00:05:29Le Parti Socialiste, le RN, propose des chèques cadeaux du contribuable vers les multinationales du pétrole.
00:05:35C'est aux multinationales de payer, pas aux consommateurs.
00:05:38Un débat qui a fait apparaître des divisions sur la réponse économique, mais un consensus sur le positionnement de la
00:05:45France dans son refus d'entrer dans le conflit.
00:05:49Jean-Michel Jacques, vous arrivez tout juste de l'hémicycle où vous avez assisté et participé à ce débat.
00:05:53À quoi ça a servi ?
00:05:55Ça a servi déjà à ce que chaque groupe politique se positionne.
00:05:59Et entre autres sur cette guerre en Iran qui n'est pas, et ça a été rappelé finalement par l
00:06:04'ensemble des groupes politiques,
00:06:05une guerre qui n'est pas notre guerre, qu'on n'a pas choisie, qu'on n'a pas décidée.
00:06:09Donc on a retrouvé un consensus.
00:06:12Alors c'est vrai que sur le plan économique, la formule pour protéger les Français, le consensus n'y est
00:06:18pas.
00:06:18Mais en tout cas, j'ai trouvé que dans ces débats, il y avait tout de même un consensus autour
00:06:22du fait que nous ne voulons pas nous engager dans une guerre qui n'est pas la nôtre.
00:06:28Ce qui ne nous empêchera pas tout de même, éventuellement, si un plan de paix se dessine, de participer à
00:06:36la sécurisation maritime du détroit d'Hormuz
00:06:39de façon à fluidifier la navigation et la sécuriser parce qu'il y a besoin d'assurance pour les différents
00:06:47bateaux qui passent le détroit.
00:06:49On va reparler tout à l'heure du détroit d'Hormuz et on va évidemment reparler de la crise énergétique.
00:06:52Mais vous le dites, Sébastien Lecornu a dit une chose très claire à la fin de son propos introductif.
00:06:58La France n'est pas partie au conflit et ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu'elle n
00:07:04'a pas choisie.
00:07:05Ça va toujours mieux en le disant ?
00:07:06Oui, c'est important parce que c'est naturel, on peut toujours se poser la question.
00:07:10Donc dire les choses, c'est bien.
00:07:12Et il l'a dit, il l'a redit, c'était déjà dit, mais je trouve que c'est bien.
00:07:17Et ça a été repris aussi par l'ensemble des groupes politiques.
00:07:20Donc on voit quand même sur cette question, il y a un consensus.
00:07:24Mais ce qui s'en est dégagé aussi, c'est qu'il y a besoin de continuer à transformer notre
00:07:32outil militaire.
00:07:33Parce qu'on le voit bien, on a dû déployer le porte-avions et différents moyens sont nécessaires.
00:07:38On a appris de la guerre en Ukraine, mais on apprend aussi de la guerre au Moyen-Orient.
00:07:42On voit bien que la technologie change, les moyens de faire la guerre changent.
00:07:46Entre autres, les drones, des missiles.
00:07:49Et le Premier ministre le disait encore, Sébastien Lecornu.
00:07:52Quel dommage du devoir utiliser des missiles de plusieurs millions sur des drones de plusieurs milliers d'euros.
00:07:59Donc on a beaucoup de choses à faire.
00:08:01Et l'arrivée de l'actualisation de la loi de programmation militaire en hémicycle très prochainement
00:08:06est une bonne nouvelle aussi parce que c'est une nécessité.
00:08:10Et c'était dans les débats aussi, cet outil militaire.
00:08:13Parce que quand on parle de diplomatie, c'est important.
00:08:16Et autour de la guerre en Iran, la diplomatie doit reprendre toute sa place.
00:08:20Mais pour être entendu, il faut aussi être respecté, voire être craint.
00:08:26Et c'est ainsi qu'on peut...
00:08:26C'est Emmanuel Macron qui le dit aussi.
00:08:28Oui, il le dit.
00:08:29Le chef des armées le dit.
00:08:30Et on sait bien qu'une diplomatie doit être, pour qu'elle soit forte,
00:08:33il faut qu'il y ait une puissance économique, mais une puissance militaire aussi.
00:08:37Et je pense que le répéter, c'est pas inutile.
00:08:39Et je pense que nos concitoyens le comprennent.
00:08:41Et vous parliez de l'actualisation de la loi de programmation militaire.
00:08:45À cette occasion, Sébastien Lecornu a annoncé des commandes supplémentaires de munitions
00:08:48d'ici 2030 à hauteur de 8,5 milliards d'euros.
00:08:52Catherine Vautrin, la ministre, a dit, elle, que sur les munitions,
00:08:55on doit faire plus vite et plus fort.
00:08:58Parce qu'on n'a pas assez de stock.
00:09:00Alors, parce qu'on n'a pas eu de stock,
00:09:03parce que les dividendes de la paix ont fait que, pendant des décennies,
00:09:06nous ne faisons pas de stock.
00:09:07Mais nous avions surtout un système industriel
00:09:12qui était sur des petites cadences.
00:09:14Et ce système industriel de défense doit se transformer
00:09:18pour pouvoir faire beaucoup plus de munitions.
00:09:21Et ça, c'est pas en appuyant sur le bouton que ça se fait.
00:09:23En réalité, ça demande à ce que les usines s'agrandissent.
00:09:26Donc, il y a une acceptabilité aussi de tout ça.
00:09:30Ça demande à ce qu'on recrute,
00:09:32donc que les gens soient formés.
00:09:34Ça demande des investissements.
00:09:35Et donc, ça prend du temps.
00:09:36Mais c'est exactement ça qu'il faut faire, mettre plus d'argent.
00:09:41D'ailleurs, entre parenthèses, cet argent retombe dans nos territoires.
00:09:44Parce que si on prend, par exemple, un messillier qui est en France,
00:09:47MBDA, autour de Bourges, c'est une réelle économie.
00:09:51Donc, pour que nos concitoyens comprennent bien
00:09:55que quand on s'arme aussi,
00:09:5790% de l'argent qu'on dépense dans l'armement
00:10:00pour que notre armée soit...
00:10:02C'est pas à fond perdu.
00:10:02C'est pas à fond perdu.
00:10:03Ça retombe sur nos territoires.
00:10:04Et c'est des emplois.
00:10:06Maya Khadra, on le disait, la guerre en est à son 26e jour.
00:10:08Et on continue de se demander à quoi joue Donald Trump.
00:10:11Le président américain a donc proposé, il y a quelques heures,
00:10:14un plan de paix en 15 points,
00:10:16tout en affirmant que l'Iran serait en train de négocier
00:10:19avec les Etats-Unis.
00:10:20Réponse de Téhéran.
00:10:22Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point
00:10:24où vous négociez avec vous-même ?
00:10:26Maya, se peut-il qu'il y ait des négociations
00:10:28sans que l'Iran les assume publiquement d'abord ?
00:10:31Alors, il y a eu des petites indiscrétions
00:10:34dans le Wall Street Journal hier
00:10:35sur un appel, ou bien un message
00:10:37qui aurait été passé entre Iraniens et Américains
00:10:41par le biais des Omanais.
00:10:43C'est Araqchi, le ministre des Affaires étrangères,
00:10:46qui aurait dit aux Omanais de transmettre
00:10:48que le guide suprême, le nouveau guide suprême,
00:10:53qui est entouré de mystères pour le moment,
00:10:55a donné son feu vert pour négocier.
00:10:57Ça se contredit avec la position de Galibaf,
00:11:01choisie comme interlocuteur par Donald Trump,
00:11:04qui a rejeté catégoriquement cette proposition de négociation.
00:11:07Il y a un problème très profond aujourd'hui
00:11:10d'interlocuteurs en Iran.
00:11:12On a la position, soit disons, officielle de rejet,
00:11:16mais qui rejette en fait ?
00:11:18Parce qu'il y a plusieurs interlocuteurs
00:11:19et ce n'est pas le président de la République,
00:11:21Pézekian, qui s'exprime le plus sur cette question.
00:11:24Mais s'il y a un plan de paix et des négociations,
00:11:27le canal, est-ce que ça peut être le Pakistan,
00:11:29comme le disent certaines sources américaines ?
00:11:32Le Pakistan jouerait en ce moment les médiateurs.
00:11:35Il y a même eu un message posté sur X il y a quelques heures
00:11:37par le Premier ministre pakistanais qui se dit
00:11:39très honoré, un hôtel de luxe à Islamabad
00:11:42serait en train d'être préparé sous haute sécurité
00:11:44pour accueillir des pourparlers.
00:11:47Est-ce qu'il y a la moindre chance que l'Iran accepte
00:11:49de s'asseoir autour de la table de cet hôtel ?
00:11:51Pour le moment, non.
00:11:53Il n'y a pas de chance.
00:11:54Là, c'est que des bruits de coulisses diplomatiques.
00:11:58Il y a le Pakistan qui aimerait bien jouer un rôle.
00:12:00Il y a la Turquie, il y a l'Égypte.
00:12:02L'Arabie Saoudite a assisté à cette fameuse rencontre
00:12:05aussi entre plusieurs États arabes et musulmans aussi.
00:12:09Il y a des efforts diplomatiques et Donald Trump offre
00:12:13une issue de sortie pour les Iraniens qui veulent bien l'emprunter.
00:12:17Mais ces Iraniens-là, ils vont faire forcément défection.
00:12:21Ils vont se séparer du pouvoir en place parce que pour accepter
00:12:24les 15 conditions posées par Donald Trump, encore faut-il
00:12:27désavouer le régime, le régime actuel en Iran.
00:12:30Parce que quand on abandonne le financement des proxys,
00:12:33quand on abandonne le programme balistique,
00:12:35quand on abandonne le programme nucléaire aussi,
00:12:39c'est qu'on a abandonné le régime.
00:12:41Là, vous évoquez les fameux 15 points du plan de paix de Donald Trump.
00:12:45Il y a aussi faire qu'une zone maritime libre soit établie
00:12:48dans le détroit d'Hormuz.
00:12:50Vous n'imaginez pas une seconde, l'Iran se délire sur tous ces points ?
00:12:54Aujourd'hui, il y a plus de navires qui sont passés par le détroit d'Hormuz.
00:12:56Mais ce ne sont pas des navires arabes, émiratis ou saoudiens,
00:13:01encore moins occidentaux.
00:13:04Donc c'est plus des pays qui ne sont pas en guerre actuellement avec l'Iran.
00:13:08La question du détroit d'Hormuz devient de plus en plus urgente.
00:13:11Après, il se peut qu'elle ait une issue militaire.
00:13:15Parce que là, entre les plusieurs milliers de commandos des marines américains
00:13:20qui se dirigent...
00:13:21Des parachutistes, des soldats parachutistes américains.
00:13:23Des soldats parachutistes.
00:13:24En fait, ils sont multitâches.
00:13:26Ils peuvent remplir plusieurs tâches.
00:13:28Et là, on parle d'un scénario militaire nouveau.
00:13:30Des Américains, dans sa stratégie qui est caléodoscopique,
00:13:33on ne comprend pas grand-chose, mais elle existe quand même.
00:13:36Est-ce qu'ils vont prendre d'assaut l'île de Cargue
00:13:39et peut-être sécuriser le passage...
00:13:41Vous pouvez nous rappeler ce qu'il y a sur l'île de Cargue ?
00:13:42L'île de Cargue, c'est des installations militaires
00:13:44gérées par les gardiens de la Révolution.
00:13:46Et c'est un terminal pétrolier aussi.
00:13:48C'est au milieu du détroit d'Hormuz.
00:13:50C'est au nord du détroit d'Hormuz.
00:13:52C'est vraiment au fin fond du...
00:13:55C'est au nord de la mer du golfe Persique.
00:13:59David ?
00:14:00Une question.
00:14:00Est-ce que les changements de pieds permanents de Trump,
00:14:03qui nous expliquent d'abord que la guerre va durer,
00:14:05puis qu'elle va s'arrêter, qu'il négocie,
00:14:07alors qu'en même temps, il envoie potentiellement des troupes au sol,
00:14:10qui expliquent qu'il met un multimatum en expliquant qu'il va taper
00:14:14sur les centrales électriques et le dispositif énergétique
00:14:17avant de reculer ?
00:14:18Est-ce que vous pensez que c'est plutôt une faiblesse des États-Unis
00:14:21ou que ça instabilise le régime iranien dans cette affaire
00:14:24et dans ce rapport de force ?
00:14:25Je pense que c'est les deux.
00:14:26Il y a une opacité dans la politique américaine.
00:14:29Il y a une supériorité militaire qui fait que,
00:14:31sous les coups de boutoirs, de bombardements américains et israéliens,
00:14:35aujourd'hui, il y a une certaine forme de chaos en Iran.
00:14:37Il faut attendre que tout décante, que le brouillard se dissipe
00:14:40pour voir vraiment quelle est l'étendue des dégâts
00:14:42que ce régime a essuyés.
00:14:44Il y a une opacité.
00:14:45Donc, c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de clarté,
00:14:49surtout au niveau du discours diplomatique.
00:14:51On ne comprend pas vraiment c'est quoi cette proposition de négociation
00:14:54qui plus est est au Pakistan,
00:14:57alors que le Pakistan n'a jamais joué de rôle
00:14:58concernant ce conflit-là avec l'Iran.
00:15:02Et il y a, en même temps,
00:15:04on sent qu'il y a une détermination pour aller jusqu'au bout.
00:15:07Alors, en empruntant quel chemin ?
00:15:09Il n'y a que le chemin militaire qui va dans un sens ascendant,
00:15:14celui de l'escalade.
00:15:14À chaque fois, on varie les cibles.
00:15:16On a décapité un peu le régime.
00:15:18On a ciblé les infrastructures aussi,
00:15:21les lanceurs de missiles.
00:15:22Et je pense qu'il y avait un pari,
00:15:24un pari qui n'a pas tout de suite été gagnant.
00:15:27Les Américains pensaient qu'en éliminant
00:15:29le guide suprême Ali Khamenei,
00:15:31le régime allait s'effondrer d'une manière assez spontanée.
00:15:34Or, ça n'a pas eu lieu.
00:15:35Ce régime se base sur une organisation très mosaïque.
00:15:38Il y a toujours des remplaçants.
00:15:39Et c'était ça le premier pari perdant de cette guerre.
00:15:42Et donc là, ils explorent d'autres scénarios.
00:15:44Et ce soir, Donald Trump précise qu'il déchaînera l'enfer
00:15:48si l'Iran fait le mauvais calcul.
00:15:51C'est quoi le mauvais calcul ?
00:15:52C'est de ne pas aller à Islamabad,
00:15:54s'asseoir autour de la table de cet hôtel de luxe ?
00:15:56Exactement.
00:15:57Et puis, déchaîner l'enfer,
00:15:58ce n'est pas la première fois que cet élément de langage
00:16:00revient chez Donald Trump.
00:16:03C'était le cas quand il a donné un ultimatum
00:16:06au Hamas à Gaza pour accepter le cessez-le-feu.
00:16:10Il a dit que sinon, les portes de l'enfer,
00:16:11elles vont s'ouvrir.
00:16:13Et donc, ça fait toujours partie de cette communication
00:16:16très excessive, aussi très hyperbolique du président français.
00:16:21Alors, les portes de l'enfer...
00:16:22Américains.
00:16:23Comment ?
00:16:23Ah, excusez-moi.
00:16:25Du président américain.
00:16:27Mais communication hyperbolique
00:16:28qui rejoint par ailleurs les diatribes du régime iranien,
00:16:31puisque c'est un peu le même genre de vocabulaire.
00:16:33Mais en fait, c'est ça le mimétisme dans une guerre, en fait.
00:16:36Deux billigérants finissent parfois par se ressembler,
00:16:39alors pas sur le fond, évidemment,
00:16:41mais au niveau des discours,
00:16:42au niveau aussi du style communicationnel.
00:16:46Et je trouve que c'est une mise en garde pour que si jamais
00:16:49il commence à y avoir des volontés, même timides,
00:16:53au sein même des gardiens de la Révolution,
00:16:54pour faire défection, pour capituler,
00:16:57ça peut accélérer cela.
00:17:00Jean-Michel Jacques, vous qui êtes le président
00:17:02de la commission défense à l'Assemblée nationale,
00:17:04l'histoire de ces 3 000 parachutistes américains
00:17:06qui seraient prêts à être déployés,
00:17:08peut-être sur le sol iranien,
00:17:11ça change le visage de la guerre,
00:17:13ce que les Américains appellent « boots on the ground ».
00:17:15Alors, ils passeraient quand même dans une autre dimension
00:17:17s'ils commencent à mettre leurs troupes au sol.
00:17:21Ce n'est plus du tout la même guerre
00:17:23que ce qui se passe en ce moment.
00:17:25Donc, ça sera une décision importante.
00:17:28Alors, est-ce qu'ils sont prépositionnés
00:17:32pour décourager ou pour dissuader, finalement,
00:17:34les Iraniens de continuer
00:17:36et les amener à la table des négociations ?
00:17:38Ou est-ce que c'est pour l'allier jusqu'au bout ?
00:17:40– Justement, on a du mal,
00:17:42et c'était un petit peu la question de monsieur
00:17:44et de ce que vous disiez,
00:17:44on a du mal à décrypter les intentions américaines.
00:17:48Mais pour répondre aussi à la question de tout à l'heure,
00:17:51moi, je pense que ça ne sert pas à l'Amérique,
00:17:53de cet positionnement incertain,
00:17:55parce que, et justement, c'est ce qui nous différencie,
00:17:59c'est que la France, nous, on fait ce qu'on dit
00:18:01et on est fiable dans nos partenariats.
00:18:04Et à force de crier au loup
00:18:07ou à dire des discours excessifs
00:18:09et de ne pas les appliquer,
00:18:10je ne pense pas que ça serve, au bout du compte,
00:18:12la diplomatie américaine sur du long terme.
00:18:14Parce que déjà, on entend beaucoup de pays,
00:18:17et d'ailleurs, entre autres, des pays européens,
00:18:19avec ce qui se passe en Ukraine,
00:18:21qui se disent, bon,
00:18:22les Américains, finalement,
00:18:24avec du recul,
00:18:27est-ce qu'on peut vraiment compter dessus ?
00:18:29Et c'est ce qui peut se passer aussi au Moyen-Orient.
00:18:32Donc, je pense que c'est un calcul du président Trump
00:18:37pour nourrir le brouillard de la guerre
00:18:39et, mais sur du long terme,
00:18:42sa diplomatie va être perdante.
00:18:44– Le brouillard de la guerre,
00:18:45les économistes y sont plongés aussi,
00:18:48Mathieu Plannes.
00:18:49Les marchés ont retrouvé un peu de calme
00:18:51ces derniers jours et ces dernières heures,
00:18:54notamment à la faveur de l'annonce de ce plan de paix,
00:18:57peut-être aussi à la faveur de l'annonce de Téhéran,
00:18:59de laisser passer dans le détroit d'Ormouz
00:19:01les navires non hostiles.
00:19:04C'est à ça que vous attribuez notamment
00:19:06le fait que le baril est repassé
00:19:09sous les 100 dollars ces dernières heures ?
00:19:10– Ah oui, on voit qu'il y a une volatilité extrême
00:19:13à chaque annonce.
00:19:15C'est bien le problème,
00:19:16c'est que cette incertitude,
00:19:19en réalité,
00:19:20elle a des conséquences fortes
00:19:22sur quel va être le prix futur du baril.
00:19:25Et c'est pour ça que vous avez
00:19:26une amplitude de scénario aujourd'hui
00:19:28qui est extrêmement large.
00:19:29Vous avez le premier scénario initialement,
00:19:32c'est de dire en fait,
00:19:32c'est un choc temporaire assez intense
00:19:34mais qui va peu durer.
00:19:36Désormais, vous avez des scénarios extrêmement durs
00:19:38de choc pétrolier pour le coup.
00:19:40Un choc pétrolier dur.
00:19:41– On va y revenir, mais par exemple,
00:19:42cet après-midi à l'Assemblée nationale,
00:19:43Sébastien Lecornu a bien précisé
00:19:45que c'était une crise de la circulation
00:19:47et pas une crise de la production.
00:19:49Il a raison de présenter les choses de cette façon ?
00:19:51– Il y a toujours un peu de sémantique,
00:19:53il faut trouver les bons mots, je suis d'accord.
00:19:55En plus, quand on parle du choc pétrolier,
00:19:56ça a fait référence au choc de 73, 79, etc.
00:20:00Encore qu'on en a parlé au moment de la guerre en Ukraine,
00:20:02aussi d'un choc similaire.
00:20:05Voilà.
00:20:06Donc, voilà.
00:20:08Peut-être que c'est aussi pour ne pas inquiéter les Français
00:20:10qu'il ne faut pas employer ce type de termes.
00:20:12– Sauf qu'il y a un choc qui est mondial.
00:20:14Cet après-midi encore,
00:20:15la Chambre de commerce internationale
00:20:16disait craindre ce soir
00:20:17« La pire crise industrielle de mémoire humaine ».
00:20:21– Oui, alors, une fois de plus,
00:20:23quand vous allez faire de la prévision,
00:20:25aujourd'hui, il faut trouver un scénario.
00:20:27Et ce scénario dépend des questions
00:20:28qui sont de politique internationale
00:20:30et des choix qui seront faits.
00:20:32Est-ce qu'on est dans une escalade de conflits
00:20:34ou au contraire,
00:20:35est-ce que dans trois semaines, c'est terminé ?
00:20:37En fait, on n'en sait rien.
00:20:38Et donc, tout ça va avoir un impact
00:20:40sur le commerce mondial des hydrocarbures
00:20:43qui eux-mêmes vont avoir un effet sur les prix.
00:20:45Et ces prix-là, aujourd'hui,
00:20:46on a une dépendance aux hydrocarbures.
00:20:47qui se retrouvent directement
00:20:49sur nos coûts de production,
00:20:50sur les prix à la pompe
00:20:51et donc sur les économies internationales.
00:20:54Donc voilà, aujourd'hui, ça reste…
00:20:56On ne peut pas parler de choc,
00:20:57c'est trop rapide,
00:20:58mais par contre, l'intensité est quand même importante.
00:21:00La question, c'est
00:21:01est-ce qu'on va encore monter
00:21:02et est-ce que ça va durer ?
00:21:04Pour le moment, en plus,
00:21:04on n'est que sur ce qu'on appelle
00:21:05les effets prix,
00:21:06c'est-à-dire que c'est le prix qui augmente,
00:21:07mais on n'a pas de problème d'approvisionnement.
00:21:09– C'est pour ça qu'il dit
00:21:10que ce n'est pas une crise de la production.
00:21:11– Ce n'est pas une crise de la production.
00:21:12Par contre, pour le moment,
00:21:13on paye la matière première plus chère
00:21:15et qu'on commence déjà à le voir,
00:21:16c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire
00:21:17que 2000, même si ça ne dure pas,
00:21:19on ne peut pas dire que 2026
00:21:20ne sera pas du tout affecté.
00:21:22On sait que ça va manger
00:21:23potentiellement quelques dixièmes
00:21:24de croissance sur 2026,
00:21:26mais chaque dixième,
00:21:27c'est plusieurs milliards
00:21:28et plusieurs milliards d'activités en moins,
00:21:31c'est aussi des impacts
00:21:33bien sûr sur le pouvoir d'achat,
00:21:34mais aussi sur les finances publiques,
00:21:36sur les investissements, etc.
00:21:37– Alors, vous le disiez,
00:21:38il y a un débat sémantique désormais
00:21:40sur ce choc pétrolier.
00:21:41Pardon, j'ai prononcé l'expression.
00:21:44David Raudallone va nous expliquer
00:21:45pourquoi il n'aurait pas fallu l'employer.
00:21:54– Et c'est Roland Lescure
00:21:56qui a fait la boulette, David.
00:21:58– Et oui, cacher ce choc
00:21:59que je ne saurais voir,
00:22:01c'est le choc pétrolier bien sûr,
00:22:03le mot est lâché, il a fâché,
00:22:05c'est le moins qu'on puisse dire,
00:22:06vous l'avez dit, Roland Lescure,
00:22:08notre ministre de l'économie
00:22:09l'a dégainé hier,
00:22:10devant la commission des finances
00:22:12de l'Assemblée nationale, on l'écoute.
00:22:14– Cette contraction des approvisionnements
00:22:17s'est traduite par une hausse
00:22:18des prix des carburants
00:22:19et de l'énergie dans le monde entier.
00:22:21Cette situation constitue
00:22:23un nouveau choc pétrolier
00:22:25et si ce choc énergétique persiste,
00:22:28au-delà de quelques semaines,
00:22:30la crise pourrait se diffuser
00:22:31plus largement à l'économie
00:22:33et être au fond d'une nature
00:22:35plus systémique.
00:22:37– Petite déclaration,
00:22:39mais énorme déflagration.
00:22:41Résultat, tout à l'heure,
00:22:42le patron de Bercy,
00:22:43moins de 24 heures plus tard,
00:22:44est contraint de rétro-pédaler.
00:22:46– Je vais être très clair,
00:22:47moi je regrette d'avoir utilisé ce terme.
00:22:49Il s'appliquait dans mes mots
00:22:51à la situation internationale
00:22:53et en aucun cas à la situation française,
00:22:56mais il a visiblement déclosé un débat
00:22:58autour de la situation française.
00:22:59– Voilà, mais à culpas, ultra rapide,
00:23:01donc pas question d'affoler davantage
00:23:03l'opinion et les acteurs économiques.
00:23:05Pourquoi ?
00:23:05Parce que ce terme de choc pétrolier,
00:23:07il est très fort sur le plan symbolique.
00:23:09C'est une vieille histoire,
00:23:10vieille de plus d'un demi-siècle,
00:23:111973 exactement.
00:23:13Déjà à l'époque,
00:23:14ça nous venait du Proche-Orient
00:23:15où Israël avait alors sévèrement battu
00:23:18ses adversaires arabes
00:23:19pendant la guerre du Kipour.
00:23:20En représailles,
00:23:21les pays du Golfe augmentent
00:23:23de 70% le prix du baril de brut.
00:23:25Résultat, en six mois,
00:23:26celui-ci quadruple
00:23:27avec des effets en cascade
00:23:28sur les coûts de production,
00:23:30l'inflation,
00:23:30le pouvoir d'achat,
00:23:31de la croissance.
00:23:32Beaucoup d'historiens et d'économistes,
00:23:34vous nous en direz un mot tout à l'heure,
00:23:36considèrent que c'est l'acte de décès
00:23:37des 30 glorieuses.
00:23:39On comprend donc pourquoi aujourd'hui
00:23:40ce concept est à manier
00:23:41avec précaution évidemment.
00:23:43D'ailleurs, il y a plus de 50 ans,
00:23:44Pierre Messmer,
00:23:45le premier ministre de Georges Pompidou,
00:23:47mettait en garde
00:23:48contre les répercussions de cette crise.
00:23:50C'était en novembre 1973.
00:23:52« Personne ne peut dire,
00:23:56personne ne sait
00:23:58combien de temps durera la crise
00:24:00dans laquelle nous nous trouvons
00:24:02et si cette crise dure longtemps,
00:24:05il est inévitable
00:24:06que la France finisse
00:24:09par en subir des conséquences,
00:24:11ne serait-ce qu'indirectes. »
00:24:13Alors, il faut préciser que dans cette allocution,
00:24:15le chef du gouvernement
00:24:16se voulait lui aussi rassurant
00:24:17sur les stocks,
00:24:18comme l'a été aujourd'hui Roland Lescure,
00:24:20et qu'il annonçait des mesures d'économie,
00:24:21j'en cite quelques-unes,
00:24:22limitation de vitesse,
00:24:24limitation des vols aériens,
00:24:25suppression temporaire des rallies.
00:24:27Ah ben, il n'y a pas de petites mesures.
00:24:28Voilà, interdiction des éclairages
00:24:29de bureaux la nuit
00:24:30et fin des programmes de l'ORTF
00:24:31à 11h du soir,
00:24:33tout le monde au lit.
00:24:34En tout cas, cette affaire
00:24:34de choc pétrolier,
00:24:35elle marque durablement les esprits
00:24:37au point que Valéry Giscard-Dessin
00:24:40décide en 1976
00:24:41pour faire des économies,
00:24:43mesures dont nous fêtons
00:24:45le 50e anniversaire,
00:24:46puisque je rappelle au passage
00:24:47que ce week-end,
00:24:48nous changeons d'heure.
00:24:48Et ça s'accompagne à l'époque
00:24:50d'un clip gouvernemental
00:24:51et d'une formule restée célèbre.
00:24:55En France, on a toutes sortes de choses.
00:24:57On a la meilleure cuisine du monde.
00:25:00Une industrie puissante.
00:25:02Vous verrez.
00:25:03En France, on n'a pas de pétrole.
00:25:06Mais on a des idées.
00:25:07Un slogan qui fera fureur,
00:25:09repris dans de nombreux sketchs
00:25:11et même dans une chanson
00:25:12de Michel Sardou
00:25:13qui sort à l'occasion
00:25:14du deuxième choc pétrolier.
00:25:15Là, c'est en 1978
00:25:17et ça intervient
00:25:18après la révolution islamique
00:25:20en Iran
00:25:20et l'installation
00:25:21du régime des Mollahs.
00:25:22Choc encore plus sévère
00:25:23que le premier.
00:25:24Et en novembre 1979,
00:25:26le Premier ministre,
00:25:27alors c'est Raymond Barr,
00:25:28il tente lui aussi
00:25:29de calmer les inquiétudes.
00:25:30La France est à l'heure actuelle
00:25:33en train d'absorber
00:25:34mieux que nous le pensions
00:25:36le deuxième choc pétrolier,
00:25:39c'est-à-dire le choc
00:25:41du mois de juillet dernier
00:25:43et cela pour deux raisons essentielles.
00:25:46La stabilité de sa monnaie,
00:25:48la productivité de ses entreprises.
00:25:50Bon, on constate
00:25:51que l'histoire se répète éternellement.
00:25:53On constate aussi
00:25:54que la question du coût des carburants,
00:25:55c'est évidemment extrêmement sensible
00:25:56et elle a nourri
00:25:57nombre de crises politiques
00:25:59dans les dernières décennies,
00:26:00la plus récente,
00:26:00évidemment celle des gilets jaunes.
00:26:02Voilà pourquoi le gouvernement,
00:26:03en 2021 et 2022,
00:26:05avait dépensé 36 millions
00:26:06pour un bouclier tarifaire.
00:26:09Mais aujourd'hui,
00:26:09les caisses sont désespérément vides.
00:26:12Pas question,
00:26:12contrairement à certains
00:26:13de nos voisins européens,
00:26:15de dégainer des mesures générales.
00:26:16Alors, parler de choc pétrolier,
00:26:19c'est effectivement une secousse.
00:26:21Le carburant reste une matière
00:26:22politiquement hautement inflammable.
00:26:24Je demande l'arbitrage
00:26:25de Mathieu Plan.
00:26:26Il s'est vraiment trompé,
00:26:28Roland Lascure,
00:26:28en parlant de choc pétrolier ?
00:26:31Il s'est trompé
00:26:32parce que c'est trop...
00:26:33C'est un peu rapide
00:26:34de parler de choc pétrolier
00:26:36tout de suite
00:26:36et surtout si on fait référence
00:26:38au choc de 73 ou 78-79.
00:26:40C'est beaucoup plus marqué.
00:26:41Oui, et durable.
00:26:42En fait, de plus,
00:26:43ça a transformé
00:26:44la structure économique.
00:26:45Après, il y a eu le plan Messmer,
00:26:46d'ailleurs,
00:26:47sur les énergies nucléaires
00:26:49pour justement diminuer
00:26:51notre dépendance au pétrole.
00:26:52Donc, ça a eu des effets durables.
00:26:54Là, la question, c'est...
00:26:56Nous, dans notre vocabulaire,
00:26:57on parle de choc.
00:26:58Ça peut être un choc transitoire
00:27:00ou un choc durable
00:27:00et ce n'est pas du tout la même chose.
00:27:02Mais c'est ce qu'il a dit.
00:27:03Il est dit dans le vocabulaire
00:27:04d'une commission,
00:27:05on peut parler d'un choc
00:27:06parce qu'effectivement,
00:27:07c'est un effet sur les prix
00:27:08et donc un impact économique.
00:27:10Mais c'est quelle est l'amplitude
00:27:11et l'impact de ce choc.
00:27:12Et c'est là où, effectivement,
00:27:15on n'est pas dans la situation
00:27:16heureusement encore de 73.
00:27:18Dans sa note de conjecture
00:27:20publiée hier soir,
00:27:21l'INSEE table encore
00:27:21sur une croissance
00:27:22qui résisterait pas trop mal
00:27:25avec une progression de 0,2%
00:27:27au premier et au deuxième trimestre.
00:27:28Ça veut dire que le vrai choc d'inflation,
00:27:30ce sera pour le deuxième semestre ?
00:27:33Il commence déjà au deuxième trimestre
00:27:34parce qu'en fait,
00:27:35la hausse des prix,
00:27:36c'est à partir du mois de mars.
00:27:37Donc, on va le sentir
00:27:38au deuxième trimestre.
00:27:39C'est vrai que l'INSEE
00:27:40n'est pas très pessimiste
00:27:40sur le deuxième trimestre.
00:27:42On voit quand même
00:27:43un rebond de l'inflation
00:27:44qui passe de 1 à 2%.
00:27:47Et après, la question,
00:27:48c'est pour le moment
00:27:49avec un scénario relativement
00:27:51maîtrisé des prix de l'énergie.
00:27:52On n'a pas une flambée
00:27:54à 150 ou 160 dollars
00:27:56ni des prix du gaz.
00:27:58Et puis après,
00:27:58il y a toute la question
00:27:59de la transmission de ce choc
00:28:01aux autres économies,
00:28:01y compris européennes,
00:28:03aux effets que ça peut avoir
00:28:04en spirale sur l'inflation
00:28:05à travers les hausses
00:28:07éventuellement de salaires
00:28:07ou des coûts de production.
00:28:08Et qu'elle peut être aussi,
00:28:09alors c'est peut-être
00:28:10un peu plus compliqué,
00:28:10mais qu'elle peut être
00:28:11l'attitude de la banque centrale aussi.
00:28:12Est-ce qu'elle augmente
00:28:13ou pas assez tôt ?
00:28:14Donc, vous avez quelque chose en chaîne.
00:28:15Pour le moment,
00:28:16tout le monde est un peu observateur.
00:28:20C'est-à-dire qu'il ne faudrait pas
00:28:20prendre des mesures
00:28:21qui soient contre-productives.
00:28:23Et y compris budgétairement,
00:28:24ce n'est peut-être pas le moment
00:28:25de mettre le paquet tout de suite.
00:28:27Moi, je suis d'accord
00:28:27plutôt de prendre des mesures
00:28:28dites sectorielles
00:28:29pour les secteurs
00:28:31les plus en difficulté.
00:28:32Mais prendre des mesures générales
00:28:34qui seraient très coûteuses,
00:28:35c'est peut-être un peu rapide.
00:28:36À mon avis,
00:28:36il faut attendre de voir un peu.
00:28:38Jean-Michel Jacques,
00:28:39cet après-midi,
00:28:40dans l'hémicycle,
00:28:40Sébastien Lecornu,
00:28:41il a cité l'exemple de l'Italie
00:28:42qui est beaucoup citée
00:28:43puisque depuis la semaine dernière,
00:28:44l'Italie a baissé
00:28:45de 25 centimes le litre d'essence.
00:28:48Résultat,
00:28:49tous les Français frontaliers
00:28:50vont aller faire le plein en Italie.
00:28:51Tant mieux pour eux.
00:28:52Mais ce que disait Sébastien Lecornu,
00:28:54c'est qu'il a fallu réduire
00:28:56des crédits de l'éducation nationale
00:28:57pour financer cette mesure.
00:29:00Il n'y a pas de marge de manœuvre ?
00:29:02Non.
00:29:03De toute façon,
00:29:04c'est sûr qu'on n'a pas de marge de manœuvre.
00:29:05Notre pays est endetté
00:29:06et on doit faire en sorte
00:29:07qu'il soit moins endetté.
00:29:09Donc, dans tous les cas,
00:29:09il faut qu'on ait des idées.
00:29:11En tant que Français,
00:29:12on aura forcément de bonnes idées.
00:29:13Parce qu'on n'a toujours pas de pétrole.
00:29:15Il n'y en a toujours pas de pétrole.
00:29:16Par contre, on a du nucléaire.
00:29:18Et ça, on peut dire quand même bravo.
00:29:20Vous parlez du ministre Messer
00:29:22qui avait pris de bonnes décisions
00:29:23en son temps.
00:29:24Le général de Gaulle aussi
00:29:25à l'issue de la Seconde Guerre mondiale
00:29:27en emmenant notre pays
00:29:29vers le nucléaire civil.
00:29:32Et c'est vrai que cette énergie nucléaire
00:29:33et l'électrification des énergies
00:29:36là où on peut, bien sûr,
00:29:38parce qu'on ne pourra pas faire
00:29:39des pelleteuses forcément
00:29:40avec l'énergie électrique
00:29:43parce que ça demande beaucoup d'énergie.
00:29:45Mais dans beaucoup de secteurs,
00:29:47on peut...
00:29:47Donc, la France, bien sûr,
00:29:50qu'on doit réagir
00:29:52face à cette difficulté.
00:29:54Mais on a quand même des atouts.
00:29:57Donc, se comparer toujours aux autres,
00:29:59c'est sûr, on a toujours cette tendance.
00:30:01Mais n'oublions pas qu'on a notre...
00:30:02C'est normal, on est en Europe.
00:30:02On regarde ce que font nos voisins.
00:30:03Oui, mais on a notre singularité.
00:30:05Et dans notre singularité,
00:30:06on a cette énergie nucléaire
00:30:08qu'on doit développer,
00:30:08mais aussi les énergies renouvelables
00:30:10qui doivent prendre toute leur place
00:30:12et qu'on doit continuer
00:30:13à mettre en place.
00:30:14Alors, ça, c'est des mesures
00:30:15de moyen voire long terme.
00:30:17Mais quand on les interroge,
00:30:18les Français,
00:30:18ils sont aussi perplexes qu'inquiets
00:30:20sur cette guerre en Iran
00:30:21et sur ses conséquences.
00:30:22Reportage à Malakoff
00:30:24dans les Hauts-de-Seine
00:30:24de Yohann Delera et Eva Billon.
00:30:29Au marché de Malakoff,
00:30:31les commerçants remballent
00:30:32leurs marchandises
00:30:33avec un regard inquiet
00:30:34sur le conflit au Moyen-Orient.
00:30:36Ça m'intéresse,
00:30:37mais je n'ai pas trop envie
00:30:39de m'informer
00:30:39parce que c'est des choses
00:30:41trop anxiogènes,
00:30:42trop angoissantes pour moi.
00:30:44Je le suis, oui.
00:30:45Et malheureusement,
00:30:46c'est triste de voir les gens meurent.
00:30:48Au début de son offensive,
00:30:49Donald Trump peut se targuer
00:30:51de vaincre rapidement l'Iran.
00:30:52Un mois plus tard,
00:30:53la guerre s'enlise.
00:30:55Trump, pour moi,
00:30:55il ne fait que de parler.
00:30:57Voilà quoi,
00:30:57il parle, il parle, il parle,
00:30:58mais il ne va pas se passer
00:30:59grand-chose, je pense.
00:31:00Vous pensez qu'il sait
00:31:01ce qu'il fait ?
00:31:01Non, du tout.
00:31:03Je pense qu'il envenime
00:31:04même peut-être les choses.
00:31:06La France est impliquée militairement
00:31:08dans le conflit
00:31:09avec une position
00:31:10purement défensive.
00:31:12Sur ce sujet,
00:31:13les avis sont plus partagés.
00:31:14C'est bien d'aller soutenir
00:31:16aussi nos Français
00:31:17qui sont là-bas.
00:31:18Quelque part,
00:31:18on n'est pas trop concernés.
00:31:19Ça peut nous retourner,
00:31:20ça peut faire effet beau-prendre.
00:31:22Au point que certains
00:31:23redoutent une extension
00:31:24de la guerre
00:31:24jusque sur le sol français.
00:31:26J'ai des grosses angoisses
00:31:28que dans l'avenir,
00:31:29peut-être pas proche,
00:31:30mais dans l'avenir,
00:31:31oui, plus tard,
00:31:31la guerre pourra arriver
00:31:32malheureusement en France.
00:31:33Mais dans l'immédiat,
00:31:35les commerçants
00:31:35ont une préoccupation commune.
00:31:37C'est le prix de l'énergie,
00:31:39de l'essence
00:31:40et puis du gaz.
00:31:41Avec la flambée des prix,
00:31:43faire venir des marchandises
00:31:44coûte plus cher.
00:31:45La tomate d'Espagne,
00:31:46on l'a payée 1,50 il y a un mois.
00:31:48Et après la guerre,
00:31:49on l'a payée plus de 3 euros.
00:31:51Une hausse des prix
00:31:52répercutée sur des clients
00:31:53moins nombreux au marché.
00:31:55On a un petit peu moins de clients,
00:31:56je trouve, depuis un mois.
00:31:58On en parlait ce matin
00:31:59avec les commerçants,
00:31:59oui, je pense que la guerre
00:32:00fait partie un petit peu
00:32:02du ralentissement économique,
00:32:05on va dire.
00:32:05Un contexte délicat,
00:32:07mais les commerçants
00:32:08restent combattifs.
00:32:09Il faut être optimiste,
00:32:10sinon c'est foutu, quoi.
00:32:13Et pendant qu'on parle,
00:32:14la Banque de France
00:32:15annonce à baisser
00:32:15ses prévisions de croissance
00:32:16pour 2026 et 2026
00:32:18de Mathieu Plann
00:32:19avec une inflation
00:32:20de 1,7 cette année
00:32:22et 1,4 en 2027.
00:32:24Mauvaise nouvelle ?
00:32:25Mauvaise nouvelle,
00:32:26mais c'est un scénario
00:32:27qui est assez,
00:32:28j'allais dire,
00:32:29maîtrisé.
00:32:30Si pessimiste que ça,
00:32:31vous voulez dire ?
00:32:32Non, bien sûr qu'on va réviser.
00:32:33Alors, je ne sais pas
00:32:33comment ils donnent,
00:32:33ils doivent être à 0,9 ou quelque chose.
00:32:340,9.
00:32:35Voilà.
00:32:36Ils révisent de l'ordre de 0.
00:32:38C'était pour voir
00:32:38si vous étiez capable de varier
00:32:39avec la Banque de France.
00:32:40Ils révisent de 0,1 point de PIB,
00:32:41ce qui montre que pour le moment,
00:32:43les scénarios intègrent
00:32:44un choc vraiment temporaire
00:32:45avec un reflux des prix du pétrole
00:32:47à partir du troisième trimestre
00:32:48autour des 70 dollars.
00:32:50Donc, et je n'ai pas eu accès
00:32:52encore à ces projections,
00:32:53ces prévisions,
00:32:54ils ont certainement
00:32:55un scénario alternatif
00:32:56beaucoup plus dur.
00:32:57Voilà.
00:32:57Aujourd'hui,
00:32:58les prévisions sont obligées
00:32:59de faire des hypothèses.
00:33:01On ne présente pas
00:33:02les tableaux le plus noirs
00:33:03dès le départ.
00:33:04Mais vous avez les tableaux noirs,
00:33:05une fois de plus,
00:33:06avec des prix du pétrole
00:33:07qui peuvent avoisiner
00:33:08les 200 dollars
00:33:08avec des prix du gaz
00:33:09qui s'envoient
00:33:09avec des problèmes
00:33:10d'approvisionnement.
00:33:11Et là, on est dans des scénarios
00:33:12de rupture.
00:33:12Et ce n'est pas du tout
00:33:13ce qu'il y a là.
00:33:14Jean-Michel Jacques,
00:33:15on entendait dans le reportage
00:33:16des commerçants
00:33:18qui se posent quand même
00:33:19beaucoup de questions.
00:33:20Il y a une pression
00:33:20assez forte de l'opinion
00:33:22sur les prix de l'essence.
00:33:24David le rappelait tout à l'heure,
00:33:25le prix de l'essence,
00:33:26c'était les gilets jaunes.
00:33:28Est-ce que les mesures ciblées,
00:33:30est-ce que le fait
00:33:32qu'une raffinerie
00:33:33puisse raffiner davantage,
00:33:34est-ce que ça va suffire
00:33:35à calmer les inquiétudes,
00:33:36voire peut-être la colère ?
00:33:39Ce qu'il faut surtout,
00:33:40c'est que la situation
00:33:40internationale s'arrange.
00:33:42Donc, il faut aller
00:33:43dans ce sens,
00:33:44d'où le positionnement français
00:33:46sur la guerre en Iran.
00:33:49Maintenant, c'est sûr
00:33:50qu'il faudra prendre
00:33:50des mesures,
00:33:52mais pas globales,
00:33:54ciblées,
00:33:55parce que l'argent public
00:33:56est précieux.
00:33:57Derrière l'argent public,
00:33:58c'est des impôts.
00:33:58C'est aussi d'autres
00:34:00politiques publiques
00:34:01qui ne se feront pas.
00:34:03Vous avez cité
00:34:03l'exemple de l'Italie,
00:34:04qui bien sûr
00:34:05est de leurs concitoyens,
00:34:06mais mettent moins d'argent
00:34:07dans l'éducation nationale.
00:34:10Derrière un chèque
00:34:11se cache toujours un impôt,
00:34:12a dit Sébastien Lecornu.
00:34:13Il faut avoir une parole
00:34:13de vérité
00:34:14avec nos concitoyens.
00:34:16Peut-être qu'on nous a mal
00:34:17habitués aussi ?
00:34:18Oui, je pense aussi,
00:34:20peut-être qu'à un moment,
00:34:21on peut...
00:34:22Il faut ne pas oublier
00:34:23que les choses
00:34:24ont de la valeur.
00:34:25Mais maintenant,
00:34:26il faudra aider
00:34:27et je pense qu'on aidera
00:34:29et on pourra aider
00:34:31les gens
00:34:32qui auront de réelles nécessités,
00:34:34mais faire une approche globale
00:34:36et systémique,
00:34:37je ne pense pas
00:34:38que ce soit la bonne solution.
00:34:39Lou,
00:34:39est-ce que c'est vraiment possible
00:34:41en période d'instabilité parlementaire,
00:34:43telle que celle qu'on connaît
00:34:44depuis 2024 maintenant,
00:34:45et sachant qu'on a la présidentielle
00:34:47qui va arriver
00:34:47dans moins d'un an ?
00:34:49Alors,
00:34:50d'avoir des mesures ciblées,
00:34:52vous voulez dire ?
00:34:53D'avoir des mesures ciblées,
00:34:54mais même aussi
00:34:54de pouvoir se projeter
00:34:56à long terme,
00:34:57de pouvoir réussir aussi
00:34:58à avoir une politique énergétique
00:34:59qui ne vienne pas chercher
00:35:01des dispositions
00:35:02du Rassemblement National,
00:35:03par exemple,
00:35:04qui aura beau jeu
00:35:05de dire que vous
00:35:06vous piochez
00:35:07dans son programme.
00:35:08Oui,
00:35:09alors,
00:35:09la politique énergétique française
00:35:11qui tourne,
00:35:12entre autres,
00:35:13pas que,
00:35:13mais autour du nucléaire,
00:35:14mais aussi autour
00:35:15des énergies renouvelables,
00:35:17date de 1950,
00:35:19à l'après-guerre,
00:35:20donc chacun peut en donner,
00:35:22en vouloir la paternité.
00:35:25Mais une chose est sûre,
00:35:26c'est que sur les bancs
00:35:28de l'hémicycle,
00:35:28on retrouve globalement,
00:35:31tout le monde est d'accord
00:35:32pour plus de souveraineté
00:35:33et l'énergie décarbonée.
00:35:35Donc,
00:35:35si on veut avoir
00:35:36un plan énergétique,
00:35:37par exemple,
00:35:38sur le nucléaire,
00:35:39je pense qu'on pourra avoir
00:35:40une majorité.
00:35:41Alors,
00:35:41bien sûr,
00:35:42on aura les Insoumis
00:35:43qui seront certainement contre,
00:35:45les Verts aussi,
00:35:47mais je vois mal
00:35:48le PS être contre,
00:35:49même le Parti communiste
00:35:51qui est pour l'industrialisation
00:35:53quand même sera pour,
00:35:54l'Union du Centre aussi,
00:35:56les LR aussi
00:35:57et le RN aussi.
00:35:58Donc,
00:35:59je pense qu'il y a quand même
00:36:00moyen de dessiner un cap
00:36:02et je crois que
00:36:02pour les générations
00:36:03qui suivent,
00:36:04nous devons le faire
00:36:05dès aujourd'hui,
00:36:06même s'il y a
00:36:06une instabilité politique,
00:36:08il y a des objets,
00:36:09il y a quand même des choses
00:36:10comme la défense
00:36:11où on peut trouver
00:36:12des consensus
00:36:12et on doit prendre cette voie-là.
00:36:14C'est important d'avancer
00:36:15en tout cas notre montre
00:36:16puisque,
00:36:17effectivement,
00:36:17on changera d'heure
00:36:18le week-end prochain
00:36:19et c'est un rappel
00:36:20du choc pétrolier
00:36:20de 1976,
00:36:22on avancera d'une heure,
00:36:23c'est ça,
00:36:23on avance ?
00:36:24Absolument,
00:36:24on avancera d'une heure
00:36:25dans la nuit de semaine
00:36:26et dimanche.
00:36:27Ça fait gagner d'ailleurs
00:36:28des points de croissance,
00:36:29le changement d'heure,
00:36:30Mathieu Plannes ?
00:36:30Comme c'est chaque année,
00:36:31on ne le voit pas vraiment
00:36:32la croissance
00:36:33par rapport à l'année précédente.
00:36:35Merci en tout cas
00:36:35à tous les trois
00:36:36d'être venus ce soir
00:36:37sur le plateau
00:36:37de chaque voix compte.
00:36:38Dans un instant,
00:36:38c'est la question qui fâche,
00:36:39on va parler de la taxe
00:36:40sur les petits colis chinois
00:36:41qui a aussi agité l'hémicycle
00:36:43cet après-midi.
00:36:44On en parle avec
00:36:45nos trois prochains invités
00:36:45mais avant cela,
00:36:46c'est Lou Frittel
00:36:47avec les offs de Lou.
00:36:54Lou,
00:36:54comme d'habitude
00:36:55chez Républicain,
00:36:56c'est la crise.
00:36:57Oui,
00:36:58on ne s'en lasse pas.
00:36:59La dernière,
00:36:59c'est David Lissnard
00:37:00ce matin.
00:37:01Écoutez-le.
00:37:02Vous quittez LR ?
00:37:04Je le dirai d'abord
00:37:05à Bruno Rotaillot.
00:37:07Enfin,
00:37:07on a bien compris
00:37:07que vous quittiez LR
00:37:08puisque vous m'avez...
00:37:10Depuis le vote de confiance
00:37:11à François Bérou,
00:37:12depuis l'abandon
00:37:13de la réforme des retraites,
00:37:14depuis les ambiguïtés
00:37:15sur le gouvernement,
00:37:17participer ou pas,
00:37:18je pense qu'il n'y a
00:37:18aucune lisibilité,
00:37:19aucune cohérence,
00:37:20aucune constance.
00:37:21Ce qui s'est passé hier
00:37:22est un non-sens,
00:37:23un non-sens absolu.
00:37:24Le bureau des Républicains ?
00:37:25C'était un bureau
00:37:27qui parle visant
00:37:28à définir un mode
00:37:29de désignation
00:37:30du candidat LR
00:37:31à la présidentielle.
00:37:32Ça a tourné au pugilat.
00:37:34C'est-à-dire ?
00:37:34Il s'est passé quoi ?
00:37:35Il s'est passé deux choses.
00:37:36Déjà,
00:37:36vous avez les ténors LR
00:37:38qui sont arrivés
00:37:39selon les mots
00:37:39d'un participant
00:37:40le couteau entre les dents.
00:37:42La première d'entre eux,
00:37:43c'était Valérie Pécresse.
00:37:45Elle réclamait quoi ?
00:37:45Elle réclamait
00:37:46un peu de lisibilité,
00:37:47de clarté
00:37:48sur la ligne
00:37:49vis-à-vis du RN
00:37:51et d'Éric Ciotti
00:37:52après que Bruno Rotaillot
00:37:53a refusé,
00:37:54de soutenir
00:37:55Christian Estrosi
00:37:56dans l'entre-deux-tours
00:37:57des municipales à Nice.
00:37:59Cette clarification
00:38:00n'a pas eu lieu.
00:38:02Bruno Rotaillot,
00:38:02dit une de mes sources,
00:38:04n'a pas dit
00:38:04qu'une alliance
00:38:05avec Bardella
00:38:05n'aurait jamais lieu.
00:38:07Et ensuite,
00:38:07il y avait une autre question
00:38:08qui était tout aussi épineuse,
00:38:10celle de la primaire
00:38:11chez LR.
00:38:11Il y a trois options
00:38:12aujourd'hui sur la table.
00:38:13Soit une primaire
00:38:14complètement fermée,
00:38:15donc avec des participants
00:38:16du parti
00:38:17et réservée aux adhérents
00:38:19ou bien semi-ouverte
00:38:20où là,
00:38:21vous avez un statut
00:38:21pour les sympathisants LR
00:38:23n'est pas encore très bien définie,
00:38:25c'est un peu flou.
00:38:26Et puis,
00:38:26une troisième option surtout,
00:38:28c'est la désignation
00:38:29du président du parti
00:38:30d'office par les adhérents.
00:38:32C'est-à-dire Bruno Rotaillot.
00:38:34Et c'est là
00:38:35que ça coince.
00:38:36Comme me disait
00:38:37un cadre tout à l'heure,
00:38:38le corpus électoral
00:38:39sera exactement le même
00:38:41qu'en avril 2025,
00:38:43donc celui
00:38:43qui a consacré
00:38:44Bruno Rotaillot
00:38:45à la tête du parti.
00:38:47En gros,
00:38:47dans un mois,
00:38:48parce que c'est dans un mois
00:38:49que devrait avoir lieu le vote,
00:38:50Bruno Rotaillot
00:38:51pourrait devenir
00:38:51le candidat légitime
00:38:53de sa famille politique
00:38:54alors même
00:38:55qu'il est quasi
00:38:56unanimement contesté
00:38:57dans son camp.
00:38:58Et en même temps,
00:38:59est-ce que ce serait pas
00:38:59un peu logique ?
00:39:00LR a réussi
00:39:01ses municipales quand même
00:39:02et ce serait normal
00:39:04que le chef du parti
00:39:05peut-être
00:39:06en récolte
00:39:06à un moment
00:39:07des lauriers ?
00:39:08Non ?
00:39:09Une réussite
00:39:09en trompe-l'œil.
00:39:10D'abord,
00:39:11LR a bénéficié
00:39:12quand même
00:39:12d'un allié
00:39:13de circonstances
00:39:14fortuit,
00:39:15c'était
00:39:15le Front républicain
00:39:16anti-LFI
00:39:17qui lui a permis
00:39:18de gagner des villes
00:39:19jusque-là
00:39:20détenues par la gauche.
00:39:21Je pense à Besançon,
00:39:22je pense à Limoges
00:39:23par exemple.
00:39:24Et puis,
00:39:24quand même,
00:39:25les sondages
00:39:25pour Bruno Rotaillot
00:39:26sont en berne.
00:39:28Il est...
00:39:29Il talonne
00:39:30l'Édouard Philippe
00:39:31mais c'est quand même
00:39:31pas ça.
00:39:32Et autant vous dire
00:39:32qu'au milieu
00:39:34de tout ça,
00:39:35les ténors LR
00:39:35veulent une primaire
00:39:36de la droite
00:39:37et du centre.
00:39:37Pour eux,
00:39:37c'est impératif.
00:39:38Sauf que Bruno Rotaillot
00:39:39il semble à jouer solo.
00:39:41Il s'est calfeutré
00:39:42et n'écoute plus personne
00:39:43me dit une personne.
00:39:45Enfin,
00:39:45me dit un cadre,
00:39:46un membre du parti.
00:39:47D'autres lui reprochent
00:39:48de se radicaliser.
00:39:50Il empêche
00:39:50tout deal
00:39:51avec Édouard Philippe
00:39:52ou encore
00:39:52de façon plus imagée.
00:39:54Bruno Rotaillot
00:39:54en ce moment,
00:39:55c'est le pilote
00:39:56de la German's Wings.
00:39:57Ah oui.
00:39:57Ah oui,
00:39:58non ça va loin.
00:40:00C'est plutôt bonne ambiance.
00:40:02Il y a quand même
00:40:02un dernier point
00:40:03qu'on n'a pas évoqué.
00:40:04C'est vrai que
00:40:05les municipales,
00:40:06le troisième tour,
00:40:07ça s'appelle
00:40:07les sénatoriales.
00:40:08Ça arrive en septembre prochain.
00:40:10Or,
00:40:10avec les résultats
00:40:11de LR
00:40:12et notamment
00:40:12dans les Alpes-Maritimes,
00:40:13la dernière fois,
00:40:14ils en fait 5 sur 5
00:40:15en nombre de sénateurs.
00:40:17Là,
00:40:17selon un proche
00:40:18de Michel Barnier,
00:40:19si LR
00:40:20en fait un seul,
00:40:21c'est un miracle.
00:40:22Merci Lou.
00:40:23Et au moment où vous parlez,
00:40:24Gérard Larcher
00:40:25accorde une interview
00:40:26au Parisien
00:40:26dans laquelle il dit
00:40:27il nous faudra
00:40:28un candidat unique
00:40:29de la droite
00:40:30et du centre
00:40:30pour 2027
00:40:31au mois de novembre.
00:40:32C'est beau la famille.
00:40:34Merci Lou.
00:40:35On passe à la question
00:40:36qui fâche.
00:40:44Et j'accueille sur le plateau
00:40:45de chaque voix-compte
00:40:46Philippe Latombe,
00:40:47député Modem.
00:40:48Bonsoir.
00:40:49Merci d'être là
00:40:50aux côtés de Julien Guibert,
00:40:51député RN de la Nièvre.
00:40:53Bonsoir.
00:40:53Et bonsoir Grégory Carré
00:40:55de l'UFC Que Choisir.
00:40:56Vous êtes directeur
00:40:57de l'Observatoire
00:40:58de la consommation.
00:40:58Elle est donc entrée en vigueur
00:41:00le 1er mars dernier.
00:41:01La taxe de 2 euros
00:41:03sur les petits colis chinois
00:41:04devait limiter
00:41:06la déferlante
00:41:07de millions
00:41:07de produits chinois.
00:41:09Sauf que
00:41:103 semaines plus tard,
00:41:12c'est déjà un fiasco.
00:41:13Et c'est Yohann Delera
00:41:14qui vous pose ce soir
00:41:15la question qui fâche.
00:41:19Au port de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle,
00:41:22un entrepôt de 11 000 m2
00:41:25désespérément vide.
00:41:26On avait jusqu'à 150 personnes
00:41:28par jour qui travaillaient ici.
00:41:29C'était une véritable ruche.
00:41:31L'entreprise est à l'arrêt
00:41:32depuis le 1er mars
00:41:33et l'entrée en vigueur
00:41:34de la taxe de 2 euros
00:41:36sur les petits colis.
00:41:37Le mois dernier,
00:41:38200 000 colis venus de l'étranger
00:41:40transitaient ici chaque jour.
00:41:42On est passé de 200 000 à 0.
00:41:44C'est-à-dire qu'on a une chute
00:41:45de volume qui est équivalente
00:41:47à la chute du volume
00:41:48qu'il y a eu au moment du Covid.
00:41:50Une catastrophe pour le leader
00:41:51du dédouanement
00:41:52chargé de déclarer à la douane
00:41:54les marchandises importées.
00:41:55L'entreprise emploie
00:41:56une centaine de salariés.
00:41:58Dans une situation personnelle
00:41:59d'incertitude,
00:42:01on ne sait pas de quoi
00:42:03va être fait demain.
00:42:04Venir ici le matin
00:42:05juste pour venir,
00:42:07venir sans bosser,
00:42:09ça ne s'est pas bien.
00:42:10Depuis l'entrée en vigueur
00:42:11de la taxe,
00:42:12les vols cargo
00:42:12en provenance de Chine
00:42:14ont diminué de 60%,
00:42:15soit une cinquantaine
00:42:17d'avions en moins
00:42:17chaque semaine
00:42:18à l'aéroport
00:42:19Roissy-Charles-de-Gaulle
00:42:20ou à l'aéroport
00:42:21de Vatry,
00:42:21dans la Marne.
00:42:23Ici,
00:42:23les colis représentent
00:42:24deux tiers du chiffre d'affaires.
00:42:26La baisse d'activité
00:42:27pourrait rapidement
00:42:28faire des dégâts.
00:42:29Pour l'emploi actuellement,
00:42:30nous envisageons
00:42:31de licencier 30 à 40 personnes
00:42:32sur à peu près
00:42:33100 à 110 personnes.
00:42:35Il y a aussi
00:42:35des emplois indirects
00:42:36comme les douanes,
00:42:37les pompiers.
00:42:37Et si la taxe perdure,
00:42:39nous serons même obligés,
00:42:40puisque nous aurons
00:42:41beaucoup moins de recettes,
00:42:43de fermer
00:42:43cet aéroport.
00:42:44La taxe a non seulement
00:42:46des effets négatifs,
00:42:47mais elle est surtout
00:42:48inefficace
00:42:49contre les plateformes.
00:42:50Elles ont en effet
00:42:51trouvé la parade
00:42:52pour ne pas la payer.
00:42:53Elles envoient les colis
00:42:54par avion en Belgique,
00:42:55au Luxembourg
00:42:56ou aux Pays-Bas
00:42:56où ils sont exemptés
00:42:57de taxes
00:42:58avant d'être acheminés
00:42:59par camion vers la France.
00:43:01Ça aurait pu être évité
00:43:02par un système
00:43:02coordonné européen
00:43:04qui est en discussion
00:43:05et qui permettrait
00:43:07de ne pas gérer
00:43:08ces perturbations.
00:43:09Nous, on espère
00:43:10qu'il y ait une suspension
00:43:11de cette mise en œuvre
00:43:13isolée par la France.
00:43:14Selon les professionnels
00:43:15du transport
00:43:15et de la logistique,
00:43:17jusqu'à 1000 emplois
00:43:18pourraient disparaître.
00:43:19A partir de juillet,
00:43:21la taxe française
00:43:21de 2 euros
00:43:22se cumulera
00:43:23avec un droit
00:43:23de douane européen
00:43:24de 3 euros,
00:43:25soit 5 euros
00:43:26par article.
00:43:28En attendant,
00:43:29c'est la question
00:43:30qui fâche.
00:43:30Maintenant que la taxe
00:43:31a produit
00:43:32les effets pervers
00:43:33que beaucoup redoutaient,
00:43:34que fait-on
00:43:35pour y remédier ?
00:43:37Julien Guibert,
00:43:38je rappelle que vous étiez
00:43:39aussi co-rapporteur
00:43:40de la mission d'information
00:43:41sur les contrôles
00:43:41des produits importés
00:43:42en France.
00:43:43Vous aviez voté
00:43:44contre cette taxe
00:43:45sur les petits colis ?
00:43:46Absolument.
00:43:47Le groupe du Rassemblement
00:43:48national avait voté
00:43:49contre cette taxe.
00:43:50D'ailleurs,
00:43:50permettez-moi
00:43:50d'avoir une pensée
00:43:51pour les salariés
00:43:52de cette entreprise
00:43:52Claire Villing
00:43:53avec M. Champagnac
00:43:54que l'on a vu
00:43:54dans ce reportage,
00:43:55puisque je l'avais rencontré
00:43:56dans le cadre de cette mission
00:43:57au mois d'octobre.
00:43:58Ils nous avaient bien alerté
00:43:58que si cette taxe
00:43:59rentrait en vigueur,
00:44:00il n'y aurait plus
00:44:01un seul colis
00:44:01qui arriverait
00:44:02à Roissy-Charles-de-Gaulle.
00:44:03Et en fait,
00:44:03c'est exactement
00:44:04ce qui s'est passé.
00:44:04On avait vu d'ailleurs
00:44:05Mme la ministre
00:44:06de Montchalin
00:44:07et M. Sapin
00:44:08venir au mois de novembre
00:44:09à l'aéroport de Paris...
00:44:11M. Papin, peut-être.
00:44:12M. Papin, pardon,
00:44:13excusez-moi, effectivement.
00:44:13Je pense que c'était une autre...
00:44:14Effectivement.
00:44:16Venir bloquer les colis
00:44:18venant depuis chez Shine.
00:44:20Et en fait,
00:44:21la réalité,
00:44:22c'est que moins de 36 heures après,
00:44:23ils avaient autorisé
00:44:26de nouveau Shine à livrer
00:44:27parce qu'il n'y avait plus
00:44:27aucun colis
00:44:28qui était livré en France.
00:44:28On l'a vu dans ce reportage,
00:44:29la réalité,
00:44:30c'est que les livraisons
00:44:31étaient faites directement
00:44:32dans les pays voisins.
00:44:33Et donc, en fait,
00:44:34cette taxe,
00:44:34c'était une fausse...
00:44:35C'est ce qui avait justifié
00:44:36votre vote contre ?
00:44:38Absolument.
00:44:39Et puis, d'ailleurs,
00:44:39la problématique que l'on a
00:44:41avec les marketplaces chinoises,
00:44:42c'est une problématique de normes.
00:44:43C'est-à-dire que ces produits
00:44:44ne sont pas conformes
00:44:45aux normes et aux exigences.
00:44:46Je crois que tout le monde
00:44:47est d'accord pour dire que...
00:44:48Absolument.
00:44:48Sauf que la problématique,
00:44:49c'est qu'on ne répond pas
00:44:50à des problématiques de produits
00:44:52qui ne sont pas conformes
00:44:53à des exigences de normes
00:44:54par une taxe.
00:44:55Et donc, en fait,
00:44:56c'est pour ça que c'était
00:44:56une fausse bonne idée.
00:44:58C'est pour ça que nous étions opposés.
00:44:59On ne répond pas par une taxe.
00:45:00Et encore une fois aussi,
00:45:01je pense au pouvoir d'achat
00:45:02des Françaises et des Français.
00:45:03Philippe Latombe,
00:45:04vous, vous aviez voté en faveur
00:45:05de cette taxe.
00:45:05Est-ce que vous dites
00:45:06qu'aujourd'hui,
00:45:06que le remède était pire que le mal ?
00:45:08Alors, précisément,
00:45:09le groupe démocrate
00:45:10avait voté pour...
00:45:11Moi, je n'avais pas voté pour.
00:45:13J'avais même déposé
00:45:13un amendement de suppression
00:45:15avec ma collègue Louise Morel.
00:45:17La vraie question,
00:45:17c'était de savoir...
00:45:18Enfin, d'expliquer
00:45:20comment est-ce que ça
00:45:20allait pouvoir fonctionner.
00:45:21On avait un précédent,
00:45:22enfin, même deux précédents.
00:45:23On avait la taxe GAFAM
00:45:24qu'on avait votée
00:45:25il y a quelques années
00:45:26avec...
00:45:27C'était Sérif Villani
00:45:27qui avait combattu...
00:45:29On avait combattu
00:45:29tous les deux cette taxe GAFAM
00:45:30en disant qu'on allait
00:45:30la payer trois fois.
00:45:32Et c'est exactement
00:45:32ce qui se passe maintenant.
00:45:34On en voit les effets pervers
00:45:35sur la taxe des petits colis.
00:45:36Et puis, les Américains...
00:45:37Donc, est-ce que vos collègues,
00:45:38eux, qui étaient favorables
00:45:39à cette taxe,
00:45:40vous leur dites aujourd'hui
00:45:41? Je vous l'avais bien dit,
00:45:42les gars.
00:45:43Bon, plus gentiment que ça,
00:45:44mais ça fait partie
00:45:47des choses sur lesquelles...
00:45:48Enfin, à quel moment
00:45:49personne ne s'est dit
00:45:50que ces effets délétères,
00:45:52ils allaient évidemment
00:45:53se produire ?
00:45:54Parce que dans la question budgétaire,
00:45:56ça a été un peu embarqué
00:45:58en disant que ça allait rapporter
00:45:59à l'État
00:45:59une partie de budgétaire supplémentaire,
00:46:02que c'était pour contrer
00:46:04l'invasion des colis chinois.
00:46:06Et donc, c'était bénéfique.
00:46:07Et donc, il y a un moment
00:46:08où on n'a pas compris
00:46:09qu'il y avait des effets dévastateurs
00:46:11qui étaient des effets
00:46:12sur l'emploi.
00:46:13Les Américains ont essayé aussi
00:46:14la même chose.
00:46:15Trump l'a fait pareil.
00:46:17Ça a généré,
00:46:18dès qu'il l'a annoncé,
00:46:19un afflux de colis
00:46:20parce que les gens
00:46:20ont commandé à l'avance.
00:46:21Et ensuite, il s'est rendu compte
00:46:23que les Américains
00:46:23n'étaient pas contents
00:46:24et n'étaient pas satisfaits.
00:46:25Il a bougé ses droits de douane
00:46:27sur le montant appliqué.
00:46:28Et donc, il a déplacé
00:46:30des petits colis
00:46:31aux moyens colis.
00:46:32Et on voit que ça ne marche pas.
00:46:33Et en fait, la vraie question,
00:46:34c'est comment est-ce qu'on arrive
00:46:35à avoir une position uniforme,
00:46:37européenne ?
00:46:38Et ça, aujourd'hui,
00:46:39il n'y a que l'Europe
00:46:40qui peut le faire.
00:46:40Et d'où, à chaque fois,
00:46:41on peut être moteur en Europe,
00:46:42mais être moteur en Europe,
00:46:43ça ne veut pas dire
00:46:44y aller tout seul
00:46:44et le faire dans notre coin.
00:46:45À chaque fois qu'on le fait
00:46:46dans notre coin,
00:46:47on se fait avoir.
00:46:48Chaque fois qu'on fait les choses
00:46:49dans notre...
00:46:50Là, on l'a vu
00:46:51sur les réseaux sociaux,
00:46:52sur un certain nombre de choses,
00:46:53on peut être moteur.
00:46:54Mais dès qu'on est en avance de phase,
00:46:55le droit européen nous rattrape,
00:46:57la réalité nous rattrape
00:46:57et à chaque fois,
00:46:58on en paye les conséquences.
00:46:59Ce n'est pas logique
00:47:00de fonctionner comme ça.
00:47:01Grégory Carré,
00:47:02quel regard vous portez
00:47:03sur ce fiasco ?
00:47:06Deux choses.
00:47:08Première chose,
00:47:09ce n'était pas effectivement
00:47:11la réponse
00:47:11à la problématique
00:47:13qui était soulevée.
00:47:15Quand à l'UFC Que Choisir,
00:47:17on avait travaillé
00:47:17sur les problématiques de Chine,
00:47:19on avait vu qu'il y avait
00:47:19des problèmes sur le site
00:47:20de Dark Patterns,
00:47:21donc ce n'est pas une taxe
00:47:22qui résolvait ce problème.
00:47:23On avait testé des produits,
00:47:25on avait testé des colliers
00:47:26qui avaient du cadmium.
00:47:27On en reparle aujourd'hui.
00:47:28Il y a l'NCES
00:47:28qui communique sur les risques
00:47:29du cadmium.
00:47:30Ce n'était pas dans les bulles
00:47:31qui jouent le premier risque,
00:47:32mais on avait testé
00:47:33des recharges de téléphones,
00:47:34elles étaient défaillantes.
00:47:36Ce n'est pas effectivement
00:47:38la taxe
00:47:39qui allait être la réponse.
00:47:40Maintenant,
00:47:41je ne vais pas défendre
00:47:42la proposition de loi,
00:47:43mais je crois que l'idée
00:47:44de la taxe,
00:47:44c'était effectivement
00:47:45de freiner le commerce
00:47:47qui arrivait de Chine,
00:47:47donc que les plateformes
00:47:50de Roissy soient un peu vides,
00:47:51c'était normalement
00:47:52ce qui devait être prévu.
00:47:53De toute façon,
00:47:54ça devait se produire
00:47:55si vraiment c'était efficace.
00:47:56C'était à priori
00:47:57ce qui était prévu.
00:47:58Maintenant que ça tombe
00:47:59complètement à zéro,
00:48:00ça illustre effectivement
00:48:02l'agilité des plateformes
00:48:03pour contourner les lois,
00:48:04ça c'est quand même
00:48:04assez spectaculaire
00:48:05parce qu'arriver pour 2 euros,
00:48:07arriver 2 euros de taxe,
00:48:08ça ne paraît pas a priori...
00:48:10On rappelle que c'est 2 euros
00:48:11par catégorie de produits
00:48:13dans le colis.
00:48:13Après,
00:48:14c'est assez compliqué
00:48:15à calculer
00:48:16et à comprendre déjà
00:48:17dans le mécanisme.
00:48:19Peut-être que la taxe
00:48:21de cet été,
00:48:22au niveau harmonisé,
00:48:23au niveau européen,
00:48:24devrait changer quelque chose,
00:48:25même si on est encore
00:48:26dans le flou,
00:48:26on ne sait même pas
00:48:26si c'est 3 plus 2
00:48:27pour les Français.
00:48:28Alors oui,
00:48:29a priori,
00:48:29ça va être 3 euros
00:48:31plus 2 euros.
00:48:32au moins pendant un temps
00:48:33assez court
00:48:34et je vous le dis,
00:48:35ce n'est pas la problématique
00:48:36effectivement,
00:48:37ce n'est pas la réponse
00:48:38à la problématique
00:48:39et je vous rappelle,
00:48:40quand même des produits
00:48:41qui inondent le marché
00:48:42défaillant,
00:48:43concurrence assez déloyale,
00:48:44des consommateurs
00:48:45qui ne sont pas en sécurité
00:48:47parce que des recharges
00:48:48de téléphones
00:48:49qui présentent
00:48:50des risques d'incendie,
00:48:50c'est un problème
00:48:51pour l'acheteur
00:48:52mais aussi pour les voisins
00:48:53de l'acheteur.
00:48:54Donc on a tous intérêt
00:48:55à quand même
00:48:56qu'il y ait une réglementation
00:48:57un peu plus sévère
00:48:58vis-à-vis de ces plateformes
00:48:59qui inondent
00:49:00le marché
00:49:00de produits dangereux.
00:49:02Pour réglementer,
00:49:03encore faut-il
00:49:04que le consommateur
00:49:05le veuille
00:49:05que dit justement
00:49:08cette baisse brutale
00:49:09de commandes
00:49:10pour 2 euros
00:49:11de notre façon
00:49:12de consommer en France.
00:49:13D'abord,
00:49:14est-ce qu'il y a eu
00:49:14une baisse brutale ?
00:49:15Ce n'est pas parce
00:49:16qu'il n'y a plus de colis
00:49:17à Roissy
00:49:18qu'il n'y a plus de colis
00:49:18du tout,
00:49:19il passe par les Pays-Bas.
00:49:20En plus,
00:49:20vous avez un double phénomène,
00:49:22c'est que la marketplace
00:49:23de Chine
00:49:24a fermé il y a quelques temps
00:49:25donc il y a eu
00:49:25un recul du volume
00:49:27de business pour Chine
00:49:28mais c'était lié
00:49:29peut-être à la fermeture
00:49:30de la plateforme.
00:49:31Alors le consommateur
00:49:32il est effectivement
00:49:32il a deux...
00:49:33Mais est-ce qu'il y a
00:49:34moins de commandes
00:49:35depuis votre
00:49:37poste d'observation ?
00:49:38Aucune idée.
00:49:39On est incapable de dire
00:49:40si aujourd'hui
00:49:40il y a moins de commandes
00:49:41qui sont passées ?
00:49:42On ne connaît pas tellement
00:49:43les chiffres de Chine
00:49:44généralement,
00:49:45on n'en a d'ailleurs
00:49:45jamais entendu,
00:49:46il n'y a pas de réaction
00:49:47donc c'est grand mystère.
00:49:48En plus,
00:49:49là visiblement
00:49:50ça peut rentrer
00:49:51par les Pays-Bas,
00:49:53par la Belgique,
00:49:54par la Pologne.
00:49:54Il y a une énorme plateforme
00:49:56qui vient de s'ouvrir
00:49:56en Pologne
00:49:57donc on ne sait même pas
00:49:58effectivement le volume.
00:50:00Souvenons-nous
00:50:01de ce qui s'est passé
00:50:01au moment des poupées
00:50:02des poupées Chines.
00:50:04Il y a eu un contrôle
00:50:04des douanes
00:50:05pendant plusieurs jours
00:50:06qui a bloqué
00:50:07une partie
00:50:08de l'acheminement
00:50:08des colis.
00:50:09Ils n'ont même pas réussi
00:50:10à savoir exactement
00:50:11combien de colis
00:50:12arrivaient par jour.
00:50:13Donc on est dans un volume
00:50:14qui est tellement important
00:50:15et qui là va se dérouter
00:50:16vers des pays européens
00:50:17sur lequel on n'aura plus
00:50:18forcément de visibilité
00:50:19sur les flux.
00:50:20Et le fait de renforcer
00:50:21les contrôles douaniers
00:50:21aux frontières de la France,
00:50:22ça risque d'être
00:50:24extraordinairement compliqués
00:50:24à faire.
00:50:25Et ça montre bien
00:50:26l'agilité, vous l'avez dit,
00:50:27des plateformes
00:50:27mais aussi le coût de la taxe.
00:50:29C'est que malgré
00:50:29la hausse du prix des carburants,
00:50:30c'est moins cher
00:50:31de les faire venir en Pologne
00:50:33et d'affrêter ensuite
00:50:33des camions
00:50:34pour venir jusqu'en France.
00:50:35Ça coûte 10 centimes
00:50:36par colis.
00:50:37Julien Guibert ?
00:50:38Oui, en fait,
00:50:39les chiffres,
00:50:39on les a un petit peu
00:50:40parce que dans le cadre
00:50:41de cette mission d'information,
00:50:42lors des auditions,
00:50:43on a eu tous les chiffres.
00:50:44Et donc en 2022,
00:50:45c'était un peu plus
00:50:45de 200 millions de colis
00:50:46rien que pour Roissy,
00:50:47Charles de Gaulle
00:50:48et c'est 800 millions
00:50:49de colis qui sont arrivés
00:50:50en 2025.
00:50:51Donc les chiffres,
00:50:51on les a tout à fait
00:50:52et la réalité,
00:50:53c'est que les colis
00:50:54arrivent toujours
00:50:55chez les consommateurs
00:50:55mais passent directement
00:50:57par d'autres aéroports européens.
00:50:59Un de vos confrères
00:51:00l'a titré,
00:51:0192% des...
00:51:03On a une baisse
00:51:04de 92% du flux
00:51:05en France.
00:51:05Moins 92%
00:51:07de déclarations douanières
00:51:09e-commerce à Roissy,
00:51:10précisément.
00:51:10Absolument.
00:51:11Et donc,
00:51:11ils sont livrés directement
00:51:12via d'autres aéroports européens
00:51:15puisque en provenance de Chine,
00:51:16livré Charles de Gaulle,
00:51:18Liège ou Francfort,
00:51:19ça ne change absolument rien
00:51:19et il faut rappeler
00:51:20ce chiffre effroyable,
00:51:210,08% des colis
00:51:24entrant sur le territoire national
00:51:25est contrôlé
00:51:26par les services de douane
00:51:27ce qui veut dire
00:51:28qu'en fait,
00:51:28on a un système de contrôle
00:51:30qui est complètement archaïque.
00:51:31Il faut rappeler...
00:51:31Mais donc,
00:51:32ça veut dire,
00:51:32si je vous suis,
00:51:33que c'est pire qu'avant.
00:51:34C'est-à-dire qu'avant,
00:51:35les colis,
00:51:35ils arrivaient à l'aéroport,
00:51:36on pouvait les contrôler.
00:51:37Là, ils arrivent dans des camions,
00:51:38on ne les ouvre pas les camions.
00:51:39Mais c'est peut-être
00:51:40lié à quelque chose
00:51:40de très simple.
00:51:41Le code des douanes européens
00:51:45date de 2013.
00:51:46En 2013,
00:51:46on est quasiment à l'époque
00:51:48de la DSL.
00:51:49Donc forcément,
00:51:49aujourd'hui,
00:51:49il y a besoin
00:51:50de refondre complètement
00:51:52ce code des douanes
00:51:53puisqu'en fait,
00:51:53il n'est plus du tout adapté.
00:51:54Aujourd'hui,
00:51:54la procédure pour contrôler
00:51:56un colis Internet
00:51:57qui arrive par avion
00:51:59est quasiment la même
00:52:00qu'un conteneur
00:52:02qui arrive au port du Havre.
00:52:03Donc forcément,
00:52:05administrativement,
00:52:05les douaniers
00:52:06ne sont pas efficaces.
00:52:07D'ailleurs,
00:52:08je tiens à saluer
00:52:09leur travail
00:52:09puisqu'ils n'ont pas
00:52:10de ces 20 dernières années.
00:52:11Les effectifs,
00:52:11par exemple,
00:52:11des douanes
00:52:12à l'aéroport
00:52:12Charles-de-Gaulle
00:52:13sont toujours autour
00:52:14de 1460 agents des douanes.
00:52:16Ils n'ont pas eu
00:52:16d'effectifs supplémentaires.
00:52:17David ?
00:52:17Moi, j'ai une question
00:52:18pour nos deux parlementaires.
00:52:20Comment se fait-il
00:52:21que partant d'un constat
00:52:22de bon sens,
00:52:22d'un constat qui est juste,
00:52:23on arrive à des dispositifs
00:52:24qui sont pris
00:52:25en dépit du bon sens ?
00:52:26On le voit ici,
00:52:26c'est en matière commerciale,
00:52:28mais c'est juste aussi
00:52:28en matière industrielle,
00:52:30en matière environnementale,
00:52:37on arrive à faire des lois
00:52:39qui ne favorisent pas
00:52:41le consommateur,
00:52:42mais qui en plus
00:52:42plombent nos économies,
00:52:44nos entreprises,
00:52:44et favorisent les voisins
00:52:46qui, on l'a vu là,
00:52:48sont évidemment bénéficiaires
00:52:49des circuits
00:52:50qu'imaginent
00:52:52avec beaucoup d'agilité
00:52:54ces grandes entreprises
00:52:55dont on parle.
00:52:56Parce qu'on réfléchit
00:52:57très certainement
00:52:57comme le monde d'avant.
00:52:59Or, l'économie,
00:53:00la technologie,
00:53:01tout a changé.
00:53:01On voit bien
00:53:02que les modes de consommation
00:53:03ont changé
00:53:03et qu'effectivement,
00:53:04ce qui a été dit en 2013,
00:53:05on n'avait pas
00:53:06ces afflux de colis
00:53:07de petite taille,
00:53:08de 2 euros.
00:53:09Ça veut dire
00:53:09que les députés
00:53:10ne travaillent pas assez ?
00:53:11Comment ça se fait ?
00:53:12C'est parce qu'on raisonne
00:53:12avec des réflexes
00:53:13de l'ancien monde
00:53:14et c'est comme ça
00:53:15et c'est malheureux
00:53:16et qu'on n'a pas
00:53:16la prévisibilité des choses.
00:53:17un côté un peu chevaleresque
00:53:18de dire
00:53:19on sera les premiers
00:53:20à faire cette taxe.
00:53:22L'Italie nous a suivis,
00:53:23d'ailleurs.
00:53:23Vous avez vu
00:53:24ce qui s'est passé
00:53:24en Italie ou pas ?
00:53:24Pour vous répondre,
00:53:25ils l'ont même mis en place
00:53:26dès janvier
00:53:26et ils viennent d'annoncer
00:53:28son retrait.
00:53:29Ils l'ont suspendu.
00:53:29Alors attention,
00:53:29les Italiens disent
00:53:30qu'ils l'ont suspendu
00:53:31pour permettre
00:53:32l'adaptation
00:53:33du système informatique
00:53:34de l'agence des Noines
00:53:35mais tout laisse penser
00:53:36que la raison
00:53:37elle n'est pas que technique.
00:53:39Absolument.
00:53:40Et qu'ils ont eu
00:53:40le même problème
00:53:41avec des camions
00:53:42avec des avions
00:53:43qui atterrissaient
00:53:44dans d'autres pays
00:53:45sans taxe,
00:53:45les Pays-Bas notamment
00:53:46et des camions
00:53:47qui traversent
00:53:48pour arriver jusqu'en Italie
00:53:49exactement ce qui se passe
00:53:50aujourd'hui
00:53:51avec les colis
00:53:51commandés par les Français.
00:53:52Pour l'Italie,
00:53:53l'Italie était
00:53:54le premier pays
00:53:55à interdire
00:53:55Tchède GPT
00:53:56pendant trois semaines.
00:53:57Tout le flux italien
00:53:59de Tchède d'interrogation
00:53:59de Tchède GPT
00:54:00est parti en Autriche
00:54:01parce qu'ils ont réfléchi
00:54:03dans le monde d'avant
00:54:04en se disant
00:54:04il y a des frontières
00:54:05et comme il y a des frontières
00:54:06je peux contrôler.
00:54:07Sauf que désolé,
00:54:08il n'y a plus vraiment
00:54:08de frontières,
00:54:09plus dans ce sens-là.
00:54:11Mais pardon,
00:54:12est-ce que,
00:54:12moi je pense aux employés
00:54:13de l'aéroport de Vatry,
00:54:15je pense aux logisticiens
00:54:16de l'aéroport de Roissy,
00:54:17est-ce qu'il ne faut pas
00:54:18suspendre la taxe française
00:54:20jusqu'à l'arrivée
00:54:21de la taxe européenne ?
00:54:22Comme ça tout le monde
00:54:22sera sur le même pied
00:54:23de l'égalité,
00:54:24il y aura une taxe
00:54:24pour tout le monde
00:54:25et puis les agres
00:54:27atterriront bien
00:54:27où ils veulent.
00:54:29La supprimer clairement
00:54:30mais encore une fois,
00:54:31on se trompe...
00:54:31La suspendre.
00:54:33Pour moi,
00:54:33on se trompe même de débat.
00:54:35C'est-à-dire qu'en fait,
00:54:36la problématique,
00:54:37c'est une question de normes.
00:54:38C'est-à-dire que...
00:54:38Parce qu'en fait,
00:54:39on ne parle que de China
00:54:39mais en fait,
00:54:41on peut parler
00:54:41de toutes les marketplaces,
00:54:42des mues, etc.
00:54:43Et en fait,
00:54:43on a une problématique de normes
00:54:44et en fait,
00:54:46c'est le point cardinal du dossier.
00:54:48Et en fait,
00:54:48cette taxe a été mise en place
00:54:50quelque part pour rendre
00:54:52des produits aux normes
00:54:53qu'ils ne le sont pas.
00:54:54En fait,
00:54:56pour dire qu'on va rentrer
00:54:57de la trésorerie
00:54:57dans les caisses de l'État
00:54:59pour donner plus de moyens
00:55:00pour les contrôles.
00:55:00Mais en fait,
00:55:01c'est UBS
00:55:01puisqu'on voit bien
00:55:02la réalité de ce qui se passe
00:55:04qui est complètement déconnectée
00:55:05de ce qu'il aurait fallu faire.
00:55:06Et en fait,
00:55:06la problématique,
00:55:07c'est qu'on n'a plus
00:55:08de moyens de production
00:55:09industrielle dans notre pays.
00:55:10Il y a eu 40 000 emplois
00:55:11en moins dans le textile
00:55:14en France
00:55:14ces 20 dernières années
00:55:15et notamment par les magasins.
00:55:17On a vu un certain nombre
00:55:17de faillites
00:55:18dans de grandes chaînes
00:55:20de vêtements.
00:55:22Mais alors donc,
00:55:23vous proposez quoi
00:55:23pour les protéger
00:55:24ces magasins français ?
00:55:26Déjà,
00:55:26d'une façon très claire,
00:55:28il faut s'assurer
00:55:28que tous les produits
00:55:29qui rentrent sur le territoire
00:55:30soient aux normes.
00:55:31C'est le point essentiel.
00:55:32C'est-à-dire que si on continue
00:55:33à accepter les produits
00:55:34qui ne répondent pas aux normes,
00:55:35on se bat à armes déloyales.
00:55:37Donc ça veut dire
00:55:37revoir complètement
00:55:38le système des douanes,
00:55:40la méthodologie de contrôle
00:55:41et par exemple,
00:55:41les propositions que j'ai faites
00:55:42dans le cadre
00:55:42de cette mission d'information,
00:55:44on imposait le fait
00:55:45que les produits
00:55:46soient stockés systématiquement
00:55:47dans des plateformes en Europe,
00:55:49ce qui permet
00:55:49de pouvoir faire
00:55:50des contrôles physiques
00:55:51avec les différents services
00:55:52des GCCRF
00:55:53et les services de douane
00:55:54dans les différents pays européens.
00:55:55Ça permet d'aller contrôler
00:55:56directement le stock
00:55:57que les produits répondent aux normes.
00:55:58S'ils ne sont pas aux normes,
00:55:59ils sont détruits.
00:55:59D'ailleurs,
00:56:00je ne sais pas si vous le savez,
00:56:01par exemple,
00:56:01en France,
00:56:02lorsque les produits
00:56:03ne sont pas aux normes
00:56:03et sont contrôlés par les douanes,
00:56:05en fait, aujourd'hui,
00:56:05ce n'est pas le fabricant
00:56:07qui est facturé,
00:56:07c'est le contribuable
00:56:08qui paye les coûts
00:56:09de destruction des colis.
00:56:10Rien que pour l'aéroport de Paris,
00:56:12c'est 400 000 euros
00:56:13de frais de destruction
00:56:14des produits
00:56:14qui viennent des marketplaces
00:56:15aux frais du contribuable.
00:56:17Le problème,
00:56:18c'est que malheureusement,
00:56:19je pense que même
00:56:20si on suspend la taxe
00:56:22là maintenant,
00:56:23le mal est fait.
00:56:24C'est-à-dire que l'habitude
00:56:26de l'envoyer
00:56:26dans les pays voisins
00:56:27et d'envoyer des camions
00:56:29va perdurer.
00:56:29Parce que aussi,
00:56:31si on ne fait que la suspendre,
00:56:33les marketplaces vont dire
00:56:34que ce n'est que suspendu,
00:56:35ça pourrait revenir
00:56:36à n'importe quel moment.
00:56:37la France l'a déjà fait,
00:56:38donc je vais rester
00:56:39sur ce que j'avais décidé.
00:56:40Mais de toute façon,
00:56:41au mois de juillet,
00:56:42il y a cette taxe européenne
00:56:44qui interviendra.
00:56:45C'est là où elle est intéressante,
00:56:46c'est parce qu'elle sera européenne
00:56:47et que normalement,
00:56:47elle s'appliquera partout,
00:56:48y compris en Pologne,
00:56:49dans le grand entrepôt.
00:56:50C'est aussi pour ça
00:56:50qu'il y aura une douane européenne
00:56:53avec une école,
00:56:53donc c'est peut-être
00:56:54la nouvelle du jour,
00:56:55c'est que normalement,
00:56:56l'école des douanes
00:56:57sera à Lille,
00:56:59puisque le vote a eu lieu
00:57:00et que Lille a gagné.
00:57:01L'idée,
00:57:02c'est de pouvoir harmoniser ça
00:57:03et faire les contrôles
00:57:04de normes,
00:57:05faire les contrôles
00:57:06de valorisation,
00:57:07prélever les droits de douane
00:57:08au juste niveau
00:57:09de façon harmonisée européenne.
00:57:10Mais là encore,
00:57:11la France est allée trop vite
00:57:12et s'est entêtée
00:57:13dans cette idée-là
00:57:14alors qu'il fallait
00:57:15amorcer les choses,
00:57:16obtenir la négociation européenne
00:57:17et le mettre harmonisé
00:57:19et au même moment
00:57:20au niveau européen.
00:57:21Grégory Carré,
00:57:22est-ce que vous pensez
00:57:23que le vrai game changer,
00:57:26comme disent les Américains,
00:57:27ce sera la taxe européenne
00:57:28en juillet ?
00:57:30Ou est-ce que ça va faire flop aussi ?
00:57:31Ce ne sera probablement pas
00:57:34la réponse.
00:57:35Même les contrôles,
00:57:36malheureusement,
00:57:36ne seront pas la réponse
00:57:37parce qu'il faut savoir
00:57:38que les contrôles,
00:57:39ça reste une toute petite partie
00:57:41de tout ce que vous achetez,
00:57:42ce que vous mangez.
00:57:43Même les restaurateurs,
00:57:44c'est très peu de plats
00:57:45qui sont testés.
00:57:46C'est même quasiment
00:57:46quand il y a des intoxications
00:57:48qu'on va aller vérifier.
00:57:49Donc, effectivement,
00:57:50il faudrait que les commerçants
00:57:52soient responsables
00:57:54d'un certain nombre
00:57:55des actes qu'ils ont
00:57:57et si, effectivement,
00:57:58ils viennent à avoir
00:57:59des distributions
00:58:01qui étaient faillantes,
00:58:01vendent des poupées
00:58:04pédopornographiques,
00:58:05vendent des produits dangereux,
00:58:06il faudrait peut-être
00:58:07taper un peu plus fort
00:58:09sur la table
00:58:09et puis bloquer un peu
00:58:10le robinet en disant
00:58:12voilà, pour l'instant,
00:58:14la distribution...
00:58:14Parce que là encore,
00:58:14ce n'est pas la France seule
00:58:15qui pourra interdire
00:58:16ces plateformes,
00:58:17c'est à l'échelle d'Europe.
00:58:18Non, maintenant,
00:58:18on est à l'échelle européenne.
00:58:19C'est clair que ça prouve bien
00:58:21que décider quelque chose
00:58:22dans son coin,
00:58:23ça ne marche pas.
00:58:24Mais c'est vrai que je me souviens
00:58:24que la dernière fois,
00:58:25j'étais sur votre plateau
00:58:25quand ça venait d'être voté.
00:58:26Je m'en souviens, Grégory,
00:58:27je m'en souviens.
00:58:28Les gens étaient en train
00:58:29de se féliciter de...
00:58:30Voilà, ils étaient tous
00:58:31en train de s'apprécier mutuellement.
00:58:32Non, c'était pas vous.
00:58:33C'est pour ça que je tenais
00:58:34à ce que vous soyez là ce soir
00:58:35parce qu'il y avait un côté...
00:58:36On avait un peu essayé
00:58:37de doucher l'enthousiasme,
00:58:38mais c'est une tentative de réponse,
00:58:40c'est bien,
00:58:40ça montre qu'on essaie d'agir.
00:58:42Malheureusement,
00:58:42c'était peut-être un peu voué à l'échec.
00:58:44Merci à tous les trois
00:58:45d'être venus ce soir
00:58:45sur le plateau de Chaque Voix Compte.
00:58:46Oui, l'heure tourne,
00:58:57Bonsoir, Marco.
00:58:58Bonsoir, Aline.
00:58:58Dans Bourbon Express ce soir,
00:58:59d'abord, cette nouvelle minute
00:59:00de silence dans l'hémicycle.
00:59:02Oui, après l'hommage rendu hier
00:59:03à Lionel Jospin,
00:59:04l'ancien Premier ministre.
00:59:06Nouvel hommage aujourd'hui
00:59:07dans l'hémicycle,
00:59:08cette fois pour l'adjudant-chef
00:59:10Arnaud Frion,
00:59:11mort en Irak le 12 mars dernier.
00:59:13En signe de recueillement,
00:59:15je vous demande
00:59:16de bien vouloir observer
00:59:18une minute de silence.
00:59:25Autre minute de silence,
00:59:26celle du 17 février.
00:59:28Mais celle-ci,
00:59:28l'Assemblée l'a peut-être
00:59:29décidée un peu trop vite.
00:59:31C'était cinq jours
00:59:32après l'agression mortelle
00:59:33du militant d'extrême droite
00:59:34Quentin de Ranque
00:59:35par un groupe antifasciste.
00:59:37Depuis, Mediapart a révélé
00:59:39les messages racistes
00:59:40et antisémites
00:59:41publiés par le jeune homme
00:59:42sur les réseaux sociaux.
00:59:43De quoi susciter
00:59:44quelques regrets
00:59:45chez la présidente
00:59:46de l'Assemblée nationale.
00:59:47Je pense qu'aujourd'hui,
00:59:49on peut regretter
00:59:49d'avoir eu
00:59:51cette minute de silence.
00:59:52Compte tenu du personnage,
00:59:54maintenant,
00:59:54ce que nous ne pouvons pas regretter,
00:59:56c'est la condamnation
00:59:57de la violence en politique.
00:59:59Et Yael Broun-Pivet
01:00:00a aussi rappelé
01:00:01que cette décision
01:00:01était collective.
01:00:03Les 11 présidents de groupe
01:00:04à l'Assemblée
01:00:05avaient donné leur accord
01:00:06pour cette minute de silence.
01:00:07Justement,
01:00:08on parlait de la violence
01:00:09en politique
01:00:09de la part de Yael Broun-Pivet.
01:00:11On poursuit avec
01:00:11ces vidéos polémiques
01:00:12qui montrent
01:00:13des maires sortants
01:00:14battus au second tour
01:00:16des municipales,
01:00:17hués et insultés
01:00:18après leur défaite
01:00:19de dimanche soir,
01:00:19chahutés par des militants
01:00:21du camp adverse.
01:00:22Des vidéos qui ont fait
01:00:23le tour des réseaux sociaux.
01:00:25Regardez à Vaud-en-Velin,
01:00:27par exemple,
01:00:27où la mère sortante
01:00:28Hélène Geoffroy
01:00:29a été malmenée.
01:00:31On va aussi
01:00:32à Amante-la-Jolie,
01:00:33où le sortant
01:00:34Raphaël Cognier
01:00:35a été invectivé
01:00:36lors de la proclamation
01:00:37des résultats.
01:00:38Une dégradation
01:00:39du climat politique
01:00:40inacceptable
01:00:41pour le député
01:00:42LR Nicolas Trisna.
01:00:44Il posait une question
01:00:45au gouvernement
01:00:45cet après-midi.
01:00:47Ces scènes
01:00:47sont une atteinte
01:00:48grave à l'esprit républicain
01:00:50et au respect
01:00:50de la démocratie locale.
01:00:52Elles montrent
01:00:53que gagner une élection
01:00:54pour certains
01:00:54ne suffit plus.
01:00:55Il faut aussi
01:00:56humilier,
01:00:57chasser symboliquement
01:00:58voire physiquement
01:00:59l'adversaire.
01:01:00Et c'est le ministre
01:01:01de l'Intérieur
01:01:02Laurent Nouniez
01:01:03qui lui a répondu.
01:01:04On aimerait évidemment
01:01:05que sur tous les bancs
01:01:06de cette assemblée,
01:01:07sur tous les bancs,
01:01:08ces propos,
01:01:08ces comportements,
01:01:10les propos tenus
01:01:11soient condamnés
01:01:12fermement.
01:01:12Ils le sont
01:01:13par le gouvernement,
01:01:14ils le sont
01:01:15par les préfets
01:01:15de la République
01:01:16et croyez bien
01:01:17que les communes
01:01:18dans lesquelles
01:01:19ces faits ont eu lieu,
01:01:20ce sont souvent
01:01:21d'ailleurs des communes
01:01:22de la France insoumise.
01:01:23Laurent Nouniez
01:01:24accuse LFI.
01:01:25Alors on a regardé
01:01:26de plus près,
01:01:27dans les cinq communes
01:01:28où des maires sortants
01:01:29ont été vilipendés,
01:01:30trois ont basculé
01:01:32du côté
01:01:32de la France insoumise,
01:01:33trois sur cinq.
01:01:34Qu'en disent
01:01:35les insoumis,
01:01:35justement ?
01:01:36Écoutez.
01:01:37Je commence
01:01:37à en avoir un peu
01:01:38assez
01:01:38de la façon
01:01:40dont des polémiques
01:01:41lancées
01:01:41par l'extrême droite
01:01:43sont après reprises
01:01:45par le gouvernement
01:01:46ou par des responsables
01:01:47politiques du bloc central.
01:01:49Derrière tout ça,
01:01:50il y a exactement
01:01:51ce qui se passe
01:01:51depuis l'élection
01:01:53de Bali Bagayoko
01:01:54à Saint-Denis
01:01:54et puis qui a été suivie
01:01:55par d'autres maires,
01:01:56on va dire entre guillemets,
01:01:58racisées de banlieue,
01:01:59c'est-à-dire
01:02:00des calomnies racistes,
01:02:01du mépris social.
01:02:03Propos recueillis
01:02:04par Antoine Palos
01:02:05et Eva Billion.
01:02:06On va parler maintenant
01:02:07d'un malaise à l'Assemblée,
01:02:08alors pas celui-là,
01:02:10un autre malaise,
01:02:10un vrai malaise,
01:02:11un malaise d'un collaborateur
01:02:12parlementaire
01:02:13qui s'est produit hier soir
01:02:15à l'Assemblée
01:02:16en commission.
01:02:17Alors rien de grave,
01:02:18il va bien,
01:02:19il est en bonne santé,
01:02:21sauf que sa prise en charge
01:02:23pose beaucoup de questions.
01:02:25Oui, hier soir,
01:02:25en commission des lois,
01:02:27les députés débattaient
01:02:28du projet de loi constitutionnel
01:02:30relatif à la Nouvelle-Calédonie.
01:02:31Il était 23h15
01:02:33quand soudain,
01:02:33le fait de donner
01:02:35un droit de vote
01:02:35à des personnes
01:02:36qui ont été,
01:02:37à une certaine époque,
01:02:39coloniser un territoire.
01:02:40S'il vous plaît,
01:02:41on va suspendre.
01:02:43Nous suspendons.
01:02:47Alors le malaise
01:02:48du collaborateur
01:02:48n'a pas été filmé.
01:02:50La séance a été suspendue
01:02:52et elle n'a pas pu reprendre.
01:02:53Pourquoi ?
01:02:54Parce que le délai
01:02:55d'intervention en salle
01:02:56a été long,
01:02:57très long.
01:02:57Ce matin,
01:02:58à la reprise des travaux,
01:03:00Florian Boudier,
01:03:00le président de la commission,
01:03:01a constaté
01:03:02tous les dysfonctionnements.
01:03:04Le non-équipement matériel
01:03:05des sapeurs
01:03:07qui ont fait leur travail,
01:03:07c'est-à-dire
01:03:08l'impossibilité
01:03:08d'évacuer
01:03:10la personne souffrante
01:03:11par brancard
01:03:12parce qu'il n'y avait
01:03:13pas de brancard,
01:03:13pas de véhicule médicalisé
01:03:15ni de lieu médicalisé
01:03:16ici à l'Assemblée nationale.
01:03:19Florent Boudier...
01:03:20Dis donc,
01:03:20c'est inquiétant.
01:03:21Oui, non,
01:03:21mais vous inquiétez pas.
01:03:22Il ne faut pas faire
01:03:22de malaise juste
01:03:23sur ce plateau.
01:03:24Peut-être qu'il y a
01:03:24un médecin
01:03:25parmi les députés.
01:03:28Florent Boudier
01:03:29qui estime
01:03:29qu'il faut revoir
01:03:30le protocole sanitaire
01:03:31de l'Assemblée
01:03:32de façon très nette.
01:03:33Je cite,
01:03:34ce n'est pas la première fois
01:03:35que ce type d'incident
01:03:36se produit au Palais Bourbon.
01:03:38L'année dernière,
01:03:38déjà,
01:03:39une fonctionnaire
01:03:39de l'Assemblée
01:03:40avait fait un malaise cardiaque
01:03:41dans l'hémicycle
01:03:42en pleine séance.
01:03:43Deux députés médecins
01:03:45étaient intervenus
01:03:46pour la réanimer
01:03:47dont une certaine
01:03:48Stéphanie Riste.
01:03:49Elle est aujourd'hui
01:03:49ministre de la Santé.
01:03:50Tout s'explique.
01:03:51Tout s'explique.
01:03:52Allez, plus légèrement
01:03:53parce qu'on a aussi
01:03:54besoin de sourire.
01:03:55Vous avez repéré une ministre
01:03:56pour qu'il a rentré parlementaire ?
01:03:57Elle est un peu dure.
01:03:59Oui, c'était cet après-midi
01:04:00pendant la séance
01:04:01de questions au gouvernement.
01:04:02La ministre Françoise Gattel
01:04:04répondait à la question
01:04:05d'un député RN
01:04:06mais visiblement,
01:04:07elle a oublié
01:04:07qu'elle était à l'Assemblée
01:04:09et pas au Sénat.
01:04:11Monsieur le sénateur,
01:04:13je vais y répondre.
01:04:14Monsieur le député,
01:04:15vous m'avez perturbé.
01:04:17Mes sénateurs,
01:04:18c'est très bien aussi.
01:04:19Monsieur le sénateur,
01:04:20si vous me permettez.
01:04:24Alors, voilà,
01:04:25ça fait deux fois.
01:04:26Je reprends.
01:04:27Monsieur le député.
01:04:29Merci beaucoup,
01:04:30Madame la ministre.
01:04:31Monsieur le député.
01:04:33Madame la ministre,
01:04:34ancienne sénatrice.
01:04:35Ah, mais les députés,
01:04:36si on les appelle sénateurs,
01:04:37ils le prennent très bien.
01:04:38Et en même temps,
01:04:39la ministre,
01:04:39c'était sénatrice.
01:04:40Oui, à l'inverse aussi.
01:04:42La ministre est une ancienne sénatrice.
01:04:44Ceci explique peut-être cela.
01:04:45Bon, merci à tous les trois
01:04:46d'être venus ce soir
01:04:47dans chaque vacante.
01:04:48Merci, Lou.
01:04:49On vous lit demain
01:04:49dans Paris Match
01:04:50avec à la une des numéros de cette semaine.
01:04:52Isabelle Mergot
01:04:53qui nous a quittés.
01:04:54Et David Revaudallon,
01:04:55merci d'avoir été là.
01:04:56Merci.
01:04:56C'est la revue L'Hémicycle
01:04:58en kiosque et en librairie.
01:05:00Vous voyez là,
01:05:00à la une en ce moment,
01:05:01c'est un numéro
01:05:02sur l'intelligence artificielle,
01:05:03c'est ça ?
01:05:04l'intelligence artificielle
01:05:05qui menace la démocratie
01:05:07qui sort aujourd'hui.
01:05:08Voilà, merci David
01:05:08et merci à vous
01:05:09de nous avoir suivis.
01:05:09L'émission est rediffusée
01:05:10tout à l'heure à 23h30
01:05:11et vous la trouvez aussi
01:05:12en replay sur lcp.fr.
01:05:14Chaque voix contre
01:05:14revient demain à 19h30.
01:05:16Évidemment,
01:05:17à demain,
01:05:17bonne soirée.
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