- il y a 2 jours
À LA UNE / Essence, plastique : faut-il craindre des pénuries ?
Après plus d'un mois de conflit au Moyen-Orient, les tensions sur les hydrocarbures se maintiennent : d'après les chiffres du gouvernement, plus de 1200 stations-service en France sont en rupture d'au moins un carburant, soit plus de 12 % d'entre elles. La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a fustigé ce jeudi 2 avril la stratégie gouvernementale sur les carburants, alors que les files d'attente s'allongent dans certaines stations-service : « Quelle réponse du gouvernement [...] ? Rien, absolument rien sinon la baguette magique de la « fée électricité », a ironisé Mme Le Pen, en référence à la demande énoncée le mercredi 1er avril de Sébastien Lecornu à ses ministres d'identifier les moyens d'« accélérer » sur l'électrification de l'économie française. Refusant de parler de problème de volume, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie a évoqué des tensions logistiques ponctuelles dans certaines stations, notamment les moins chères, liées à des pics de demande locaux. De son côté, Le patron de Coopérative U Dominique Schelcher s'est inquiété de la poursuite de la guerre au Moyen-Orient : « Je situe à 6 semaines le point de tournant, il nous reste deux semaines. Sinon, ça va être de plus en plus difficile sur le prix et la disponibilité du pétrole ». Le blocage du détroit prolongé inquiète aussi le domaine du plastique : les fabricants français subissent une inflation allant jusqu'à 50% sur certains matériaux plastiques depuis le début du conflit et craignent des ruptures d'approvisionnement. Si le conflit se poursuit, faut-il redouter des pénuries ?
Invités :
? Joseph Tayefeh, secrétaire générale de Plastalliance
? Erwan Benezet, journaliste au Parisien
? Anthony Morlet-Lavidalie, économiste
Chroniques :
« La petite histoire dans la grande » Anna Cabana
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Arrets maladie : la faute à qui ?
Vendredi 27 mars, Sébastien Lecornu s'est dit alerté par « une dérive très préoccupante » du nombre d'arrêts maladie délivrés en France. Selon le constat du Datascope 2026 d'Axa, le nombre d'arrêts maladie a bondi de 50 % depuis 2019, portés par une explosion des arrêts. Le gouvernement plancherait sur une série de mesures contre les arrêts jugés trop longs, tandis que l'Assemblée nationale examine à nouveau le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adopté par le Sénat. Le coût des arrêts de travail a atteint 21,3 milliards d'euros en 2024. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026 prévoit également de limiter leur durée : dès septembre, un premier arrêt sera plafonné à un mois, puis deux mois maximums en cas de prolongation. Au-delà, des justificatifs seront exigés par l'Assurance-maladie. Les médecins pointent, quant à eux, « une aberration anti-déontologique ». Sophie Bouer, présidente du syndicat des médecins libéraux déclare : « Ça v
Après plus d'un mois de conflit au Moyen-Orient, les tensions sur les hydrocarbures se maintiennent : d'après les chiffres du gouvernement, plus de 1200 stations-service en France sont en rupture d'au moins un carburant, soit plus de 12 % d'entre elles. La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a fustigé ce jeudi 2 avril la stratégie gouvernementale sur les carburants, alors que les files d'attente s'allongent dans certaines stations-service : « Quelle réponse du gouvernement [...] ? Rien, absolument rien sinon la baguette magique de la « fée électricité », a ironisé Mme Le Pen, en référence à la demande énoncée le mercredi 1er avril de Sébastien Lecornu à ses ministres d'identifier les moyens d'« accélérer » sur l'électrification de l'économie française. Refusant de parler de problème de volume, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie a évoqué des tensions logistiques ponctuelles dans certaines stations, notamment les moins chères, liées à des pics de demande locaux. De son côté, Le patron de Coopérative U Dominique Schelcher s'est inquiété de la poursuite de la guerre au Moyen-Orient : « Je situe à 6 semaines le point de tournant, il nous reste deux semaines. Sinon, ça va être de plus en plus difficile sur le prix et la disponibilité du pétrole ». Le blocage du détroit prolongé inquiète aussi le domaine du plastique : les fabricants français subissent une inflation allant jusqu'à 50% sur certains matériaux plastiques depuis le début du conflit et craignent des ruptures d'approvisionnement. Si le conflit se poursuit, faut-il redouter des pénuries ?
Invités :
? Joseph Tayefeh, secrétaire générale de Plastalliance
? Erwan Benezet, journaliste au Parisien
? Anthony Morlet-Lavidalie, économiste
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« La petite histoire dans la grande » Anna Cabana
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Arrets maladie : la faute à qui ?
Vendredi 27 mars, Sébastien Lecornu s'est dit alerté par « une dérive très préoccupante » du nombre d'arrêts maladie délivrés en France. Selon le constat du Datascope 2026 d'Axa, le nombre d'arrêts maladie a bondi de 50 % depuis 2019, portés par une explosion des arrêts. Le gouvernement plancherait sur une série de mesures contre les arrêts jugés trop longs, tandis que l'Assemblée nationale examine à nouveau le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adopté par le Sénat. Le coût des arrêts de travail a atteint 21,3 milliards d'euros en 2024. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026 prévoit également de limiter leur durée : dès septembre, un premier arrêt sera plafonné à un mois, puis deux mois maximums en cas de prolongation. Au-delà, des justificatifs seront exigés par l'Assurance-maladie. Les médecins pointent, quant à eux, « une aberration anti-déontologique ». Sophie Bouer, présidente du syndicat des médecins libéraux déclare : « Ça v
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00:00:04Générique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP.
00:00:26On est ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:31avec pour m'accompagner ce soir Anna Cabana.
00:00:34Bonsoir Anna.
00:00:35Bonsoir Géraldine.
00:00:36Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:38Bonsoir.
00:00:38Merci à tous les deux d'être là.
00:00:40C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans chaque voix compte le spectre des pénuries.
00:00:44Alors que la guerre au Moyen-Orient paraît toujours sans issue, les prix du carburant continuent de grimper et une
00:00:49autre crise commence, celle du plastique.
00:00:51Là aussi les prix flambent et les industriels se préparent à des ruptures d'approvisionnement dans les prochains jours.
00:00:57Mais avec quelles conséquences pour nous consommateurs ? Faut-il craindre les pénuries plus que l'envolée des prix ?
00:01:03Eh bien nous en parlons ce soir avec vous Joseph Taïfé.
00:01:05Bonsoir.
00:01:06Bonsoir.
00:01:06Secrétaire général de Plastalliance, le syndicat européen du plastique.
00:01:10Et vous êtes aussi l'auteur de ce livre Plastique Bashing, l'Intox paru au Cherche Midi.
00:01:15Merci d'être là.
00:01:16Aux côtés d'Erwann Benezé, bonsoir.
00:01:18Bonsoir.
00:01:19Journaliste aux Parisiens Aujourd'hui en France, auteur du livre Le Grand Bazar de l'énergie paru aux éditions Arthaud.
00:01:25Merci d'être là aussi ce soir.
00:01:26Avec plaisir.
00:01:27Et bonsoir Anthony Morley-Lavidali.
00:01:29Bonsoir.
00:01:29Vous êtes économiste chez Rex & Code.
00:01:31Merci également d'être là pour parler de ces sujets qui commencent sérieusement à inquiéter les Français et nos téléspectateurs
00:01:38en particulier.
00:01:39À suivre aussi, bien quelle histoire forcément avec Olivier Ravanello ?
00:01:42Je vais vous parler d'un homme en colère, pas douze, un qui s'est mis dans le pétrin tout
00:01:46seul et qui en veut à la terre entière.
00:01:47Et vous Anna Cabana, la petite histoire dans la grande ce soir, c'est laquelle ?
00:01:50Et c'est celle du président des Républicains, un certain Bruno Retaillon qui camarde, un certain Édouard Philippe.
00:01:57Et dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche, on va se pencher sur
00:02:01une autre crise.
00:02:02L'absentéisme au travail, plus 50% d'arrêt maladie en France depuis 2019.
00:02:08Comment l'expliquer ? Comment y remédier ?
00:02:11On en débattra tout à l'heure, notamment avec Frédéric Bizarre qui est économiste de la santé et président de
00:02:16l'Institut Santé.
00:02:16Nous serons aussi avec Sophie Taillé-Pollian, députée écologiste du Val-de-Marne.
00:02:20Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:24C'est simple.
00:02:24C'est le petit QR code qui est là.
00:02:25Hop là, vous le flashez avec votre téléphone.
00:02:27Vos questions arrivent sur la tablette magique d'Olivier Ravanello qui nous transmet tous vos messages.
00:02:32C'est promis, hein, Olivier ?
00:02:33Ah bah oui, oui.
00:02:34On n'oublie pas Bourbon Express, évidemment, le journal de l'Assemblée nationale tout à l'heure avec Marco Pommier
00:02:38qui reviendra notamment sur une autre audition très tendue devant la commission d'enquête parlementaire audiovisuelle publique.
00:02:44C'était Xavier Niel qui était là tout à l'heure.
00:02:46Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:47Installez-vous confortablement, chaque voix compte, c'est parti.
00:02:57C'est vrai qu'il en va de ce mot comme de Voldemort.
00:03:00Surtout, ne pas le prononcer, ne pas dire pénurie.
00:03:03Il suffirait d'évoquer sa possibilité pour qu'elle survienne.
00:03:07On l'a vu lors du Covid, pénurie de papier toilette, pénurie de moutarde.
00:03:10La guerre au Moyen-Orient nous renvoie à ses craintes et à ses bons vieux réflexes.
00:03:14Va-t-on manquer de carburant ? Va-t-on manquer de plastique ?
00:03:18Les mises en garde se multiplient depuis quelques jours.
00:03:21Hélène Bonduelle.
00:03:28Ces automobilistes peuvent souffler, arriver juste à temps pour le réapprovisionnement de cette station-service lyonnaise.
00:03:35J'ai téléphoné directement à la station parce que j'étais à Vez, un peu plus loin là-bas.
00:03:41Il n'y avait pas d'essence, donc c'est compliqué.
00:03:43Je suis arrivée ici, il y a de l'essence, donc ça va.
00:03:46Première station, premier coup de chance.
00:03:48Voilà, c'est ça, j'ai eu de la chance aujourd'hui.
00:03:51Mais tous n'auront pas cette chance.
00:03:53Selon le ministère de l'économie, sur les 9500 stations-essence du territoire,
00:03:5810% sont en rupture d'au moins un des principaux carburants.
00:04:02Des pétroliers, bloqués, empêchés de traverser le détroit d'Hormuz depuis le début de la guerre en Iran, il y
00:04:09a un mois.
00:04:10Alors faut-il craindre des pénuries importantes ?
00:04:13Nous n'avons pas, à l'heure où on se parle, le problème d'approvisionnement.
00:04:17La France possède des stocks stratégiques de carburant, l'équivalent de 3 mois environ.
00:04:22Mais il pourrait partir très vite si les automobilistes se précipitent à la pompe.
00:04:27Et surtout si le conflit au Moyen-Orient s'éternise.
00:04:30C'est ce que craint le patron de Système.
00:04:32Au-delà de 6 semaines, ça va être de plus en plus difficile.
00:04:36A la fois sur le prix, si ça dure, et à la fois peut-être demain sur la disponibilité.
00:04:41Parce qu'actuellement, qu'est-ce qui se passe ?
00:04:43De nombreux pays puissent dans leurs stocks, notamment en Asie.
00:04:47Il y aura des impacts si la disponibilité et la circulation des pétroliers, etc. ne s'améliorent pas.
00:04:55Une crise qui impacte aussi le plastique.
00:04:58Le polytéréphtalate d'éthylène, par exemple, a vu son prix augmenter de 75% depuis le début du conflit.
00:05:06Ce produit, issu du raffinage du pétrole, est notamment utilisé pour les bouteilles d'eau en plastique,
00:05:12les barquettes alimentaires ou encore les sacs plastiques.
00:05:15Selon cette responsable d'un syndicat de la plasturgie,
00:05:19certains adhérents signalent déjà des ruptures partielles.
00:05:22Des coûts et des problèmes d'approvisionnement qui pourraient pousser la filière
00:05:26à se tourner davantage vers le plastique recyclé.
00:05:30Alors, d'abord, intéressons-nous aux énergies et d'abord le carburant.
00:05:33Le gouvernement martèle qu'il n'y a pas de pénurie.
00:05:36Et pourtant, Anthony Morellet-Lavidali, on ne trouve plus d'essence ce soir
00:05:40dans un peu plus de 10% des stations essence du pays. Pourquoi ?
00:05:43Alors, on n'est pas encore au stade où on peut parler de risque d'approvisionnement majeur.
00:05:48Alors, évidemment, c'est localisé.
00:05:49Parfois, il y a de telles demandes qu'effectivement,
00:05:52on est en rupture d'approvisionnement dans certaines stations.
00:05:54Mais ce n'est pas encore un problème dit macroéconomique.
00:05:56C'est au fond un petit peu ça ce que nous dit le gouvernement à date.
00:06:00Et on comprend bien dans la communication que pour l'instant, ça tient,
00:06:02mais l'élastique est en train de se tendre.
00:06:04Donc, on voit très très bien que si le conflit est amené à durer plus longtemps
00:06:08qu'on l'anticipait et même que l'anticipaient les États-Unis,
00:06:10on va rentrer dans un moment où c'est plus simplement un choc inflationniste,
00:06:14où au fond, vous payez plus cher, mais vous avez encore vos quantités,
00:06:16mais vous avez des risques de perte de quantité, de rupture d'approvisionnement.
00:06:20Et là, ça devient très problématique parce que là, c'est une cessation de certaines productions.
00:06:24Et là, on rentre dans une deuxième phase du conflit où ça devient beaucoup plus pénalisant pour l'économie.
00:06:28Et a fortiori, en plus, ça rajoute une couche de tension sur les prix.
00:06:32Donc, il y a un peu ce mécanisme qui pourrait se mettre en œuvre,
00:06:35un choc inflationniste assez important.
00:06:37Et là, on rentrerait dans une phase où, oui, on réviserait significativement les prévisions d'activité à la baisse
00:06:41et on reverrait significativement à la hausse les prévisions d'inflation.
00:06:45C'est ça le risque qui nous attend si le conflit, effectivement, ne se résorbe pas à très court terme.
00:06:50Et les difficultés d'approvisionnement, on commencerait à les ressentir à quelle échéance ?
00:06:57D'ici deux semaines ? D'ici le mois prochain ?
00:06:59Vous arrivez à...
00:07:00C'est toujours très difficile à dire, parce que ça dépend, effectivement, déjà, dans quelle mesure on souhaite utiliser ou
00:07:05pas des stocks stratégiques.
00:07:06On n'a pas forcément envie de les vider dans leur intégralité.
00:07:08Ça, c'est un premier point, puisqu'il faut toujours en garder pour certaines mesures ou certains besoins d'urgence.
00:07:13La réalité, c'est que oui, là, on se parle en nombre de jours, de quelques semaines,
00:07:16mais on ne peut pas tenir beaucoup plus longtemps, en tout cas, sans connaître de risque de rationnement.
00:07:21Pour le dire autrement, un petit peu ce qu'on avait connu sur le gaz à l'époque où on
00:07:25avait des stocks qui étaient très faibles.
00:07:26Donc, on rentre dans cette deuxième phase au fond du conflit.
00:07:29Le premier, c'était des prix très élevés, avec un baril qui avait franchi les 110 dollars le Brent.
00:07:35Et aujourd'hui, on risque d'avoir ces ruptures.
00:07:39Et ça va peser à la fois sur les ménages et, a fortiori, sur les entreprises.
00:07:42Parce que là, on est face à des risques d'arrêt de production qui sont assez majeurs dans plusieurs secteurs.
00:07:48De toute façon, nos approvisionnements se font avant tout via l'Atlantique et pas par le détroit d'Hormuz.
00:07:52A dit ce matin la ministre de l'énergie, Maude Bréjon, pardon.
00:07:56Erwin Bénézé, ça veut dire qu'on joue à se faire peur, en fait, en parlant de difficultés d'approvisionnement,
00:08:00voire de pénurie ?
00:08:01Malheureusement, non.
00:08:02Parce qu'effectivement, même si on n'utilise pas les mêmes canaux d'approvisionnement que d'autres zones commerciales,
00:08:11ces autres zones commerciales, à commencer par l'Asie, vont capter une partie du pétrole.
00:08:17Donc, vont rerouter des transferts et des navires parce que ça sera au plus offrant.
00:08:25Ça a été le même cas avec le GNL, le gaz naturel liquéfié, pendant la crise énergétique liée au conflit
00:08:32en Ukraine en 2022 et 2023.
00:08:34Et donc, ça créera des tensions, y compris pour notre propre approvisionnement.
00:08:39Donc, tension sur l'approvisionnement et, évidemment, tension sur les prix.
00:08:42Est-ce que le discours du gouvernement est le bon ?
00:08:45Est-ce qu'il faut commencer à lancer, dès aujourd'hui, des appels à la sobriété, comme c'est le
00:08:49cas déjà dans plusieurs pays,
00:08:49notamment, là, aujourd'hui, le Royaume-Uni, qui envisage de rationner à la pompe et de limiter la vitesse à
00:08:5580 km heure sur route ?
00:08:56Alors, tout discours qui permet un petit peu d'anticiper.
00:09:01Et alors, je me souviens toujours, en termes de communication, vous vous souvenez de Lubrizol, cette usine qui avait flambé
00:09:06en Normandie.
00:09:08Et je me souviens des politiques qui disaient que les Français ont besoin d'être rassurés.
00:09:12Et ça m'avait, moi, en tant que journaliste, assez agacé parce que je me disais que, tout d'abord,
00:09:16les Français ont besoin d'être informés.
00:09:18Pardon, c'est une déformation professionnelle.
00:09:20Et donc, rassurés, les Français ne sont pas des enfants.
00:09:23Pour toute crise, y compris celle-là, effectivement, il vaut mieux anticiper.
00:09:29Et les messages de sobriété seront les bienvenus parce qu'il y a deux causes de pénurie, notamment sur le
00:09:37carburant.
00:09:38C'est soit un excès de demande, donc c'est le fameux « run oil », les gens se précipitent
00:09:43à la pompe.
00:09:44Ce qu'ils ont fait, semble-t-il, début mars, au début du conflit ?
00:09:46D'abord, pour des raisons de prix, c'est-à-dire qu'ils se sont dit « c'est en
00:09:49train de monter,
00:09:50donc je vais aller acheter du carburant avant que ça me coûte trop cher ».
00:09:53Puis il y aura une deuxième vague.
00:09:55Quand il y aura une vraie crainte d'approvisionnement, on le voit maintenant, mais ce n'est pas encore effectif.
00:10:01Pourquoi ? Parce que les canaux d'approvisionnement sont pour l'instant toujours pourvus.
00:10:09En fait, les bateaux qui approvisionnent les zones commerciales sont encore en train de circuler, de donner.
00:10:22Le blocage, en fait, il y a une inertie.
00:10:24Et en fait, c'est à partir du mois d'avril que vraiment, il pourrait y avoir, sans jeu de
00:10:27mots, une panne sèche.
00:10:28C'est peut-être ça que les automobilistes et les Français en général ont tous du mal à comprendre.
00:10:33C'est-à-dire qu'on a tous intégré, que le détroit d'Hormuz était bloqué, que plus grand-chose
00:10:37ne passait.
00:10:38Pour autant, effectivement, il n'y a pas eu de difficulté d'approvisionnement.
00:10:42Le gouvernement explique que c'est parce que notre pétrole arrive d'ailleurs et 9% arrivent du détroit d
00:10:47'Hormuz,
00:10:47donc on va réussir à faire avec le reste.
00:10:50Mais sauf qu'on entend aujourd'hui des experts, des économistes, des économistes du pétrole,
00:10:57expliquer justement qu'à un moment, le pétrole qui doit arriver chez nous n'arrivera pas.
00:11:02– Forcément, et donc vous parliez de réserve stratégique tout à l'heure,
00:11:06notamment en France, il y a deux types de réserve stratégique.
00:11:09Il y a celle qui est imposée par l'Agence internationale de l'énergie
00:11:12depuis le premier choc pétrolier en 1973, ça c'est 90 jours de consommation.
00:11:17Et ensuite, on a du surplus.
00:11:19En France, c'est 108 jours de consommation aujourd'hui, c'est les chiffres de Bercy.
00:11:24Donc vous faites 108 moins 90 et vous avez la réserve que l'on peut utiliser au niveau national.
00:11:31puisque pour le reste, c'est réglementé par les 32 pays qui adhèrent à l'Agence internationale de l'énergie.
00:11:37D'ailleurs, il n'y a pas très longtemps, il y a eu la possibilité qui a été donnée à
00:11:42ces 32 pays
00:11:42d'utiliser 400 millions de barils sur l'ensemble de la réserve.
00:11:47Mais on a la possibilité…
00:11:49– La France l'a fait ?
00:11:50– Alors la France a 14,5 millions parmi ces 400 millions et pour l'instant, elle n'y a
00:11:54pas touché.
00:11:55Mais ça, c'est d'un point de vue international pour jouer sur les prix avec l'offre et la
00:12:00demande.
00:12:00Et puis vous avez cette réserve stratégique qui est souvent d'ailleurs utilisée en cas de grève
00:12:05dans les raffineries, sur les sites de stockage.
00:12:07Et là, on pourrait, si vraiment il y a des points durs de rupture d'approvisionnement,
00:12:12on pourrait utiliser ce surplus qui est en fait une sorte de bas de laine du pétrole et du carburant.
00:12:20– Anthony Morelle-Avidali, le gouvernement se limite à dire pour le moment
00:12:24qu'il est prêt à prendre des mesures d'économie d'énergie en cas de difficulté d'approvisionnement en carburant.
00:12:30Mais quelles seraient ces mesures d'économie d'énergie ?
00:12:33– La réalité, c'est qu'il faut revenir à des principes déjà assez basiques.
00:12:36C'est qu'on attend tout du gouvernement.
00:12:37Quand on est un portateur net d'hydrocarbures, on ne peut pas faire grand-chose
00:12:40quand vous avez des problèmes d'approvisionnement mais qui sont à l'échelle mondiale.
00:12:44Donc on peut effectivement se poser la question de quelles mesures, au fond, il faudrait adopter
00:12:48pour soulager le coût à la fois partiellement pour les entreprises les plus touchées
00:12:52ou éventuellement certains ménages les plus modestes.
00:12:54La réalité, c'est que si on va dans un scénario dans lequel on a des difficultés
00:12:58sur les volumes d'approvisionnement, honnêtement, le gouvernement ne peut pas faire grand-chose.
00:13:02Donc évidemment, la sobriété, c'est peut-être la mesure la plus simple à mettre en œuvre
00:13:06et celle qui peut permettre de durer un petit peu plus longtemps sans connaître de rupture.
00:13:10On voit bien qu'à long terme, ça va être l'électrification.
00:13:13Là, on voit bien que les automobilistes qui roulent à l'électrique n'ont pas du tout
00:13:15la problématique de ceux qui roulent au gasoil ou à l'essence.
00:13:20Mais ça, ça demande du temps.
00:13:21Aujourd'hui, à très court terme, on est bloqué et j'allais dire, on subit un petit
00:13:25peu les événements.
00:13:26Il n'y a pas de mesure magique.
00:13:27Il ne faudrait pas laisser croire qu'il n'y a ni de manne fiscale ni de mesure magique
00:13:30pour résoudre un problème qui dépend, j'allais dire, du reste du monde.
00:13:33Ça sera sans doute plutôt des micro-mesures.
00:13:35Les trois qui sont listés aujourd'hui, c'est la réduction de vitesse.
00:13:38Alors, ça a un vrai impact sur la consommation quand vous êtes sur autoroute.
00:13:42Au-delà de 100 km heure, quand vous réduisez 10%, vous réduisez de façon bien plus importante,
00:13:48exponentielle, votre consommation.
00:13:49Le message, les automobilistes, ils le savent, ça, vous disiez tout à l'heure, c'est comme pour Lubrizol,
00:13:53les Français ne sont pas des enfants.
00:13:55Quand vous prenez l'autoroute en ce moment, vous voyez clairement que le trafic a ralenti
00:13:58et qu'il y a beaucoup de véhicules sur la voie de droite qui se sont mis à 110.
00:14:01C'est très bien, ça veut dire, on parlait de l'anticipation tout à l'heure, c'est une bonne
00:14:05chose.
00:14:06Il va y avoir des messages renforcés du point de vue du gouvernement.
00:14:08Le deuxième message, sans doute, ça va être le retour au télétravail,
00:14:11puisque vous réduisez notamment ce qu'on appelle les déplacements pendulaires
00:14:15entre le lieu de travail et la maison.
00:14:17Et là, ça va permettre aussi de faire quelques économies.
00:14:19Troisième mesure, c'est sur la consommation d'appareils énergivores.
00:14:23Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, parce qu'au niveau des particuliers,
00:14:27on ne peut pas agir comme ça.
00:14:31Nos besoins en énergie sont essentiels.
00:14:33Donc effectivement, comme vous le disiez, il va y avoir assez peu...
00:14:36Alors juste, le gouvernement prépare un grand plan électrification
00:14:39qui sera présenté par Maude Bréjean, la ministre de l'Énergie.
00:14:41La semaine prochaine, normalement ?
00:14:42Exactement.
00:14:43Et là aussi, ça sera des mesures plus structurelles,
00:14:46sur notamment la mobilité, l'achat des pompes à chaleur et des véhicules électriques.
00:14:51L'énergie, c'est aussi le gaz.
00:14:53Là aussi, il risque d'y avoir des risques d'approvisionnement ?
00:14:55Oui.
00:14:56Alors, d'approvisionnement et sur les prix,
00:14:58pour l'instant, les particuliers et les entreprises ne le voient pas.
00:15:01Il y a même eu une micro-baisse au 1er avril,
00:15:03puisque les prix du gaz, les tarifs qui sont pratiqués par les distributeurs,
00:15:09il y a un prix repère qui est modifié par la commission de régulation de l'énergie tous les mois.
00:15:14Au mois d'avril, parce qu'en fait, il y a une inertie d'à peu près deux mois.
00:15:18Donc, c'était les prix qui étaient pratiqués sur les cours mondiaux avant la guerre.
00:15:22Mais à partir du 1er mai, on va commencer à avoir la douloureuse.
00:15:27Sans doute, plus 15% selon la commission de régulation de l'énergie.
00:15:33Et il pourrait y avoir une gradation dans les mois qui viennent.
00:15:37On sort de la période de chauffe, heureusement.
00:15:38Mais c'est plutôt l'hiver prochain que là, ça risque de faire mal.
00:15:41Anthony Morley, Lavidalie, je voudrais qu'on dise un mot aussi de Total Energy.
00:15:45Tous les yeux se sont tournés aujourd'hui vers le groupe pétrolier
00:15:47après les révélations du Financial Times,
00:15:50qui révèlent que Total Energy a réalisé une opération très lucrative
00:15:53en spéculant sur la fermeture du détroit d'Hormuz début mars.
00:15:57En fait, Total a réussi à acheter la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables
00:16:01sans passer par le détroit.
00:16:02Et a réalisé au passage un bénéfice de plus d'un milliard de dollars.
00:16:06Est-ce que ça va nuire à l'image de Total Energy au milieu de cette crise, cette histoire ?
00:16:11J'espère pas.
00:16:12En tout cas, on pourrait même en être fier d'avoir au fond un géant français
00:16:14qui est peut-être un peu plus visionnaire que les autres majors pétrolières.
00:16:17Mais je veux dire, le rôle de Total, c'est en permanence justement d'arbitrer sur les marchés
00:16:22en fonction des approvisionnements ou des tensions qu'ils voient.
00:16:25Donc c'est pas du tout, j'allais dire, une spéculation financière
00:16:28à but uniquement de générer du profit.
00:16:30C'est simplement leur métier tous les jours.
00:16:32Et effectivement, ils ont une partie industrielle et une partie qui est plus de marché.
00:16:35Mais c'est vraiment le type de faux scandale.
00:16:37On peut juste se réjouir qu'effectivement, on ait eu...
00:16:39Et des traders intelligents.
00:16:41Bah oui, effectivement.
00:16:42Mais il n'y a pas du tout l'idée de dire que Total s'est égavé sur le conflit.
00:16:45Non, ils ont fait un pari.
00:16:46On a envie de dire, malheureusement, que tous les autres acteurs de marché
00:16:49auraient très bien pu faire le même pari.
00:16:50Ils ne l'ont pas fait. C'est Total qui a emporté la mise.
00:16:53Mais encore une fois, c'est leur job au quotidien.
00:16:55Et lorsqu'ils font des pertes, on ne les mentionne pas.
00:16:57Est-ce que c'est ça qui permet aujourd'hui à Total Énergie
00:16:59de réussir à plafonner ces prix ?
00:17:02Pour partie. Mais surtout, ils tiennent des engagements aujourd'hui
00:17:04qui sont plutôt en faveur du pouvoir d'achat des ménages.
00:17:06Et puis c'est des engagements avec le gouvernement.
00:17:08La réalité, c'est que de toute façon, ils ne vont pas pouvoir tenir indéfiniment ces mesures.
00:17:11On voit très bien qu'à un moment donné, où ça va trop se tendre,
00:17:14c'est impossible de plafonner les prix.
00:17:15Ça ne fait qu'accentuer les pénuries en réalité.
00:17:17C'était la même polémique avec EDF en 2023.
00:17:19Au août 2023, vous avez les prix du mégawatt-heure d'électricité
00:17:23qui explosent à près de 1 000 euros le mégawatt-heure.
00:17:26Et là, évidemment, EDF est producteur d'électricité
00:17:30et donc a réalisé des profits à ce moment-là.
00:17:33Et c'était tout le débat sur les sur-profits.
00:17:36Et là, ce sont des entreprises qui produisent de l'énergie
00:17:39ou qui produisent du pétrole ou qui l'extraient ou qui produisent de l'électricité.
00:17:43Et s'il y a un moment, il y a une crise avec les cours qui s'emballent,
00:17:47en fait, c'est plutôt sur la réponse qu'il faut réfléchir
00:17:50et non pas sur trouver à un moment dans des crises des boucs émissaires.
00:17:54Et puis, il y a donc aussi les tensions sur toute la chaîne du plastique,
00:17:58des tensions auxquelles les consommateurs commencent à être sensibilisés.
00:18:02Reportage de Johan Delera et Eva Billon, près de Paris.
00:18:08Devant ce supermarché parisien, l'information est passée inaperçue.
00:18:12Une pénurie de plastique qui se profile ?
00:18:15Non, pas au courant.
00:18:16Il y a un lien sûrement avec le pétrole, peut-être ?
00:18:18Correct. Le pétrole est utilisé pour fabriquer le plastique présent
00:18:22dans les emballages alimentaires.
00:18:24Tous les magasins ne font que des produits avec du plastique.
00:18:27Un plastique omniprésent et beaucoup plus cher.
00:18:30La hausse des prix pourrait être répercutée sur les produits en grande surface.
00:18:34Pour les personnes qui ont des paniers plus modestes,
00:18:37ce sera les personnes les plus impactées.
00:18:39Simplement, je changerai mes habitudes d'achat
00:18:40si jamais le prix serait percuté en bout de course,
00:18:43j'irai sur d'autres types d'emballages.
00:18:45Certains produits à base de plastique,
00:18:47comme les bouteilles de lait ou les sacs poubelles,
00:18:49pourraient carrément être en rupture de stock dans les prochaines semaines.
00:18:52On connaît la proportion des Français pour aller acheter vite et fort
00:18:55plein de choses dont on leur dit qu'ils vont disparaître.
00:18:57Je ne vais pas faire beaucoup de réserves,
00:18:59mais en vrai, oui, si on me dit qu'il y a une pénurie,
00:19:00je pense que je vais prendre quelques trucs en plus.
00:19:02La pénurie de plastique pourrait être un mal pour un bien.
00:19:06Ça pourrait être l'occasion de changer de modèle,
00:19:08peut-être des alternatives qui seraient mieux pour l'environnement.
00:19:11Il faut tout repenser, probablement essayer de trouver d'autres moyens
00:19:15pour contourner le plastique, peut-être par le carton recyclé.
00:19:19Changer la composition des emballages est une piste,
00:19:22mais ce n'est pas la seule.
00:19:23Si j'avais acheté un gros pot au lieu d'en acheter 8 individuels,
00:19:26oui, j'aurais pu m'en passer.
00:19:27Acheter en vrac, peut-être plutôt du papier, sac de papier en vrac et avec ses propres contenants.
00:19:32Mais cette crise du plastique va-t-elle réellement transformer nos pratiques ?
00:19:35Le débat est ouvert.
00:19:37En tout cas, elle va peut-être transformer les pratiques des industriels.
00:19:40Joseph Taiffé, d'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer le circuit ?
00:19:43Qu'est-ce qui vient du Moyen-Orient et à quoi ça sert ?
00:19:48Aujourd'hui, on est en forte dépendance en France au niveau des polymères de pétrochimie.
00:19:52On a grosso modo à peu près 50% des polymères plastiques qui viennent, on va dire, de l'extérieur
00:19:56de la France.
00:19:57On a des usines de pétrochimie qui existent, mais elles ne sont pas assez suffisantes,
00:20:01sauf pour une catégorie pour le moment, mais qui ne l'est plus, c'est le PVC.
00:20:05Et pourquoi il ne l'est plus ?
00:20:06Parce qu'actuellement, sur ChemOne, c'est l'usine ChemOne qui est actuellement en grève pendant à peu près un
00:20:10mois.
00:20:10Donc, vous avez aujourd'hui plus de production de PVC non plus.
00:20:13Mais sinon, sur tout le reste, on est effectivement dépendant de l'étranger.
00:20:16Et donc, le Moyen-Orient, c'est une grande source, effectivement, d'approvisionnement.
00:20:20Il y a les États-Unis aussi, mais cette crise qui se passe à Hormuz, en fait, impacte de manière,
00:20:25on va dire, macroéconomique l'ensemble du secteur.
00:20:28C'est-à-dire, c'est exactement comme pour l'histoire du pétrole.
00:20:30Ce n'est pas parce qu'on peut avoir des sources d'approvisionnement ailleurs et dans des zones où il
00:20:33n'y a pas de conflit que les prix n'augmentent pas.
00:20:35Parce qu'aujourd'hui, vous êtes dans une configuration qui est totalement différente, par exemple, de la crise de 1973.
00:20:40Aujourd'hui, vous avez les Chinois qui sont le premier fabricant de produits plastiques au monde.
00:20:44Ils fabriquent plus que l'Union Européenne et les États-Unis réunis.
00:20:47Donc, ils ont soif, on va dire, de plastique.
00:20:50Vous avez l'Inde qui a 50 000 entreprises de plasturgie, c'est-à-dire autant que l'Union Européenne.
00:20:55Là, c'est des pays qui vont capter la ressource.
00:20:57C'est des pays qui captent la ressource.
00:20:59D'ailleurs, l'Inde vient de décréter, on va dire, une exonération des droits de douane pour l'importation du
00:21:03PVC, de la cétate et différents, on va dire, éléments nécessaires pour faire des polymères.
00:21:09Et ils sont en train, effectivement, de faciliter les choses pour que même leurs entreprises, qui sont dans des zones,
00:21:13on va dire, commerciales spécifiques, qui normalement avaient des avantages douaniers pour l'export, puissent également fournir le marché intérieur.
00:21:19Donc, tout le monde, on va dire, est sur le branle-bas de combat.
00:21:22Et aujourd'hui, effectivement, sur, par exemple, j'ai entendu, par exemple, les sacs poubelles, vous avez un pays qui,
00:21:29pour moi, devrait être le signal d'alarme, on va dire, pour le gouvernement, qui, apparemment, on va dire, ne
00:21:32s'inquiète pas beaucoup.
00:21:34C'est la Corée du Sud.
00:21:35La Corée du Sud, c'est un géant de la pétrochimie mondiale.
00:21:38C'est cinq fois plus, on va dire, de capacité que la France.
00:21:40Ils n'ont plus de sacs poubelles ou quasiment plus.
00:21:42Ils ont des problèmes sur les boîtes de ramen pour les nouilles.
00:21:45Donc, quand vous voyez que des pays pareils, qui ont besoin notamment de polyéthylène et qui ont, en fait, des
00:21:51usines pour faire le polyéthylène, mais ils n'ont plus le nafta qui arrive, parce que c'est le manque
00:21:54de nafta, automatiquement, ils s'arrêtent.
00:21:56Et c'est là qu'on se rend compte qu'en fait, pour pouvoir être vraiment autonome, il faut deux
00:21:59choses.
00:22:00Il faut, un, effectivement, des usines pour faire des polymères, mais il faut aussi la source, effectivement, d'énergie, qui
00:22:05est le pétrole, mais aussi le gaz, parce qu'on fait aussi du plastique avec du gaz.
00:22:09Mais, Anthony Morley-Lavidali, ça veut dire qu'on va manquer de sacs poubelles ?
00:22:12Oui, mais pas que.
00:22:13Alors, la réalité, c'est que ça peut impacter le consommateur, mais il ne faut pas oublier que la plasturgie
00:22:17entre dans beaucoup d'intrants de toute l'industrie.
00:22:19Ça irrigue vraiment, c'est des industries qui sont très en amont des chaînes de valeur.
00:22:23Donc, la réalité, c'est qu'à la fois, il y a un risque pour le consommateur, alors qu'il
00:22:26peut être mineur en fonction du bien, et puis une hausse de prix aussi, mais il peut aussi y avoir
00:22:30des arrêts de production dans l'industrie.
00:22:31Donc, l'industrie française, européenne, plus largement mondiale, va souffrir de ça.
00:22:35Et en plus, on est dans un moment, il ne faut pas l'oublier, où nos industries énergo-intensives n
00:22:40'ont jamais retrouvé les niveaux de production qu'elles avaient avant le premier choc pétrolier-gazier qu'on a connu
00:22:45en 2022.
00:22:46Donc, on est déjà sur des niveaux de production 10 à 15% selon les filières en dessous de début
00:22:502022.
00:22:51Donc, elles attaquent ce nouveau choc déjà affaibli.
00:22:53Donc, il y a vraiment un risque, j'allais dire, d'un nouveau coup de sement sur ces industries-là.
00:22:57Sauf que, Joseph Taïfé, là, ce que vous vivez aujourd'hui, vous l'avez vécu au début de la guerre
00:23:01en Ukraine ?
00:23:01C'est la crise la plus grave qu'on ait pu vivre dans notre industrie.
00:23:04C'est du jamais vu.
00:23:05C'est du jamais vu.
00:23:06C'est-à-dire, aujourd'hui...
00:23:06Parce que les prix, on est dans des écarts de prix, on est à plus 70%, c'est ça ?
00:23:11Enfin, même beaucoup plus que ça.
00:23:13Je vous prends un exemple d'un industriel qui fait, par exemple, des casques de chantier.
00:23:16La coque, on va dire, est faite en ce qu'on appelle en ABS de l'acrylonitryl butadienne-styrène.
00:23:21Le butadienne vient du Moyen-Orient.
00:23:23Le cours était à peu près de 1 400-1 500 euros.
00:23:26Le cours, on va dire, officiel est de 1 900, mais on lui vend le produit 3 800 euros la
00:23:30tonne.
00:23:313 800, tout simplement pour payer le coût du transport.
00:23:34Parce qu'aujourd'hui, vous avez les primes d'assurance.
00:23:35Et vous avez aussi le nouveau péage qui a été installé par l'Iran pour certains bateaux,
00:23:40dans lesquels on a plus de 10 millions d'euros, parfois, qui sont demandés pour faire passer les bateaux.
00:23:44Et donc, aujourd'hui, il y a une forte inflation, effectivement, qui arrive,
00:23:48que subissent nos industriels, l'inflation.
00:23:50Eux, ils l'ont déjà.
00:23:51Que le consommateur ne subit pas encore.
00:23:53En l'occurrence, aujourd'hui, c'est les stocks.
00:23:55C'est toujours la même chose.
00:23:56C'est-à-dire que ce que vous voyez aujourd'hui dans les magasins,
00:23:58ce qui sont aujourd'hui livrés, ce sont des produits qui avaient été fabriqués
00:24:01et commandés, on va dire, sur des tarifs qui étaient, on va dire, raisonnables.
00:24:04Mais on va arriver au bout, on va dire, de la chose.
00:24:07Et notamment sur tout ce qui est emballage, qui sont des produits à fort renouvellement.
00:24:11Automatiquement, par exemple, pour le polyéthylène,
00:24:13nous, on sait qu'on a six semaines, globalement, depuis le début de la crise,
00:24:16c'est six semaines à peu près de capacité sur le polyéthylène
00:24:18qui sert à faire les bouteilles de lait, qui sert à faire les films plastiques,
00:24:22qui sert à faire notamment des sacs poubelles.
00:24:23Six semaines. La guerre a commencé il y a quatre semaines.
00:24:26Dans deux semaines, je pense qu'on va avoir de gros soucis qui vont commencer à apparaître.
00:24:30De gros soucis sur quoi ?
00:24:31De gros soucis sur déjà des ruptures d'approvisionnement sur certaines gammes de produits.
00:24:35C'est très possible.
00:24:36En quel ?
00:24:37En l'occurrence, il peut y avoir des problématiques sur le lait, notamment, sur les bouteilles de lait.
00:24:40Alors, on peut faire des bouteilles de lait. Vous avez cité le polyéthylène terephtalate.
00:24:43C'est un autre polymère qui peut être utilisé, sur lequel il y a le PET, sur lequel il y
00:24:48a moins de tension.
00:24:49Sauf que le problème, c'est que les bouteilles de lait, les bouteilles de jus de fruits,
00:24:52ou même les bouteilles d'eau, le bouchon est systématiquement en polyéthylène,
00:24:55ce qu'on appelle en PEHD, polyéthylène haute densité.
00:24:58C'est un terme un peu technique, mais il faut bien comprendre que sans polyéthylène,
00:25:01on n'a plus de boisson.
00:25:02Or, aujourd'hui, on constate même sur les marchés actuellement,
00:25:05normalement, par exemple, pour l'achat du PET,
00:25:07normalement, les minéraliers, ou ceux qui, justement, sont dans ce commerce-là,
00:25:11ont commencé, on va dire, à acheter à partir du mois de mai.
00:25:14Là, on voit, dès aujourd'hui, on va dire, des grandes commandes passées,
00:25:17et donc, le PET aussi va effectivement vers une pénurie.
00:25:19Il y a déjà des forces majeures sur le PET aux Etats-Unis, actuellement.
00:25:23Et les Etats-Unis, c'est pareil, ils ont eu des capacités pétrochimiques,
00:25:26sans commune mesure avec la France.
00:25:28Donc, ce qui arrive chez eux, peut arriver chez nous.
00:25:29Vous êtes dans un secteur qui, je crois, depuis 2000, a considérablement explosé,
00:25:35ce qui veut dire aussi qu'il y avait avant des usages pour lesquels on se passait
00:25:39de matière plastique et de polymère.
00:25:42Est-ce qu'il est envisageable, à court terme, d'avoir des produits de substitution
00:25:46pour quantité de produits dont on vient de parler ?
00:25:49Alors, j'ai entendu dans le reportage, justement, des personnes qui disaient
00:25:52qu'on pourrait trouver, on pourrait essayer le papier carton.
00:25:54Le papier carton, il faut le savoir, pour faire de la pâte à papier,
00:25:57il faut de la chaleur et du gaz pour faire sécher la pâte à papier.
00:26:00Ça coûte beaucoup plus cher de faire du papier carton,
00:26:02qui d'ailleurs, pour une certaine part, n'est pas produit, on va dire, sur notre sol.
00:26:06Vous avez vu toutes les papeteries qui ont fermé en France.
00:26:08Une bonne part vient également de l'étranger.
00:26:10Et il faut 500 litres d'eau pour faire 1 kg de papier,
00:26:132 litres d'eau pour faire 1 kg de plastique.
00:26:15Donc ça, c'est le côté environnemental.
00:26:16Le verre, on entend parfois, le verre pourrait être bien.
00:26:19Le verre, c'est quoi ? C'est du sable, ressources précieuses,
00:26:22et de la chaleur, 1400 degrés, avec encore des fours au gaz,
00:26:25pour le faire. Le métal et l'aluminium, j'en parle même pas.
00:26:27Actuellement, l'aluminium, avec les bombardements qu'il y a sur le Qatar,
00:26:30c'est 10% aujourd'hui de l'approvisionnement, les prix flambent.
00:26:33Et donc, en fait, ce qui se passe, c'est que le plastique, les prix augmentent,
00:26:36mais au final, ça restera toujours moins cher que les autres,
00:26:40que le verre, le papier carton ou l'aluminium,
00:26:42parce que ça nécessite le moins d'énergie pour le faire.
00:26:44D'ailleurs, Mario Draghi, dans son rapport sur la compétitivité européenne,
00:26:47avait indiqué que l'industrie plastique est celle qui émet le moins de CO2
00:26:50par rapport à toutes les industries énergie intensives.
00:26:53Par contre, en termes de substitution, Olivera Manello,
00:26:56une chose qui est possible, c'est notamment du plastique recyclé.
00:26:59Parce que là, en l'occurrence, notre déchet à nous,
00:27:01le pétrole à nous, c'est nos déchets locaux, on va dire.
00:27:03Et ça, c'est local.
00:27:04Le seul problème, c'est qu'on est avant-dernier européen
00:27:06dans le recyclage des plastiques.
00:27:07On est à 25% quand nos amis belges approchent des 60%.
00:27:11– Il y a un exemple que je trouve très parlant,
00:27:14que j'aime bien donner pour que les téléspectateurs
00:27:15se rendent compte de l'impact de cette crise,
00:27:18notamment sur le pétrole et le lien avec le plastique.
00:27:20– Souvenez-vous, en 1973, quand il y a eu le premier choc pétrolier,
00:27:25vous vous souvenez, avant d'écouter des MP3,
00:27:26on écoutait des disques vinyles.
00:27:28Avant, en 1973, les disques vinyles étaient bien, bien plus épais.
00:27:32Juste après 1973, pour les collectionneurs,
00:27:34on voit qu'on dirait des feuilles, ça bouge,
00:27:36c'est quatre fois moins épais,
00:27:38parce que le vinyle, c'était du pétrole,
00:27:40et donc que ça impactait, à l'époque,
00:27:41ce qui était un objet de très grande consommation,
00:27:44et ça l'a impacté durablement.
00:27:48Ce premier choc pétrolier, c'était,
00:27:50quand les prix sont passés de 3 dollars le baril à 12.
00:27:53Là, le choc pétrolier qu'on est en train de subir,
00:27:59on est passé de 60 dollars le baril à des pics à 120 dollars.
00:28:03Aujourd'hui, on est à 102, 103.
00:28:05Et donc, c'est pour se rendre compte,
00:28:06alors évidemment, c'est pas les mêmes dollars, etc.,
00:28:09mais se rendre compte de cet impact,
00:28:11et de l'impact que ça va avoir sur les biens de grande consommation.
00:28:14On a l'impression, en vous écoutant, que ce soit pour les carburants,
00:28:17que ce soit pour le plastique,
00:28:18que cette guerre, pour l'économie,
00:28:20c'est une bombe à retardement, en fait.
00:28:22On n'a pas tout de suite subi les effets les plus durs.
00:28:27Est-ce que vous faites partie, Anthony,
00:28:30des gens qui disent, en fait, le pire, il est à venir,
00:28:32le pire, il est pour mi-avril, il n'était pas en mars ?
00:28:35Complètement.
00:28:36Quand on suit un petit peu l'activité au mois le mois,
00:28:38le dur commence à partir du mois de mars,
00:28:40et a fortiori du mois d'avril.
00:28:41La plupart des prévisionnistes,
00:28:43on a déjà commencé à diminuer nos prévisions de croissance pour l'année.
00:28:47La plupart, le consensus aujourd'hui,
00:28:48c'est au moins 0,3 point à peu près de croissance en moins sur l'année 2026,
00:28:54avec pour l'instant un pic inflationniste attendu à 2,5%.
00:28:57Mais il est très clair que ça, c'est sous des hypothèses
00:29:01où le prix du pétrole finit quand même par redescendre dans le cours de l'année.
00:29:05Et si on est dans un conflit qui, malheureusement,
00:29:08ne trouve pas d'issue à court terme,
00:29:10et le prix du baril approche les 150, voire même va au-delà,
00:29:13on aura vraiment des niveaux d'activité beaucoup plus faibles.
00:29:17Est-ce que le déblocage du détroit d'Ormouz débloquerait la situation ?
00:29:21Très clairement.
00:29:22Immédiatement ?
00:29:23Ça irait, au fond, assez vite.
00:29:24Et plus on attend, plus ça va mettre du temps.
00:29:26C'est un peu les effets de spillover, en quelque sorte.
00:29:29Donc, il est très clair que plus tôt sera le mieux.
00:29:31Et si on continue dans cette direction de blocage,
00:29:34ça n'aura pas que des effets sur l'activité.
00:29:35Ça sera le marché du travail, ça sera plus de chômage.
00:29:37Nous, on anticipe déjà un taux de chômage qui irait chercher 8,5% en fin d'année.
00:29:41Donc, c'est de ça dont on parle.
00:29:42C'est que les ménages vont être directement impactés aussi dans leur emploi,
00:29:45si à la fin, les entreprises ont des grosses difficultés pour faire tourner l'activité.
00:29:49Avec un problème quand même sur les infrastructures.
00:29:51On se souvient quand le site d'Oras Lafane a été attaqué,
00:29:55le Qatar a très très vite,
00:29:57alors on n'est pas sur place pour vérifier,
00:29:59mais a dit qu'il faudrait entre 3 et 5 ans
00:30:02pour réparer les infrastructures.
00:30:04Donc, il va y avoir un problème sur la production.
00:30:07Et donc, même si demain, le détroit d'Ormouz était à nouveau ouvert,
00:30:12d'abord, il va falloir mettre en place quand même,
00:30:15parce qu'on sent que dans la région,
00:30:17dès qu'il y a un déséquilibre dans les régions,
00:30:20il peut y avoir d'autres conflits qui rentrent,
00:30:23il peut y avoir d'autres détroits qui peuvent être bloqués.
00:30:25Et donc, il faut aussi faire attention à la manière dont sera gérée l'après-conflit
00:30:30et de reconstruire les infrastructures.
00:30:32Et un dernier mot, Joseph Taïfé, pourquoi vous alertez ?
00:30:36J'alerte depuis le 1er mars, dès le lendemain de la guerre.
00:30:38On a vu en fait les signaux,
00:30:40alors peut-être qu'on a vu les mêmes signaux que Total Energy,
00:30:42parce qu'effectivement, on voyait déjà les cours, on va dire,
00:30:45augmenter avant même que la guerre, on va dire, soit lancée.
00:30:47Et effectivement, on avait eu des alertes, des appels de nos adhérents,
00:30:51notamment dans la construction,
00:30:52qui, dès la première semaine de mars, ne pouvaient plus être livrées,
00:30:55notamment sur du polyéthylène, pour faire de l'isolation.
00:30:58Donc, quand vous avez déjà, dès la première semaine de guerre,
00:31:00on va dire, ce genre d'événements,
00:31:02entendre aujourd'hui, parfois, le gouvernement nous dire
00:31:04qu'il n'y a pas de problème,
00:31:05on a un peu l'impression que le nuage, un petit peu, de la pénurie,
00:31:08on va dire...
00:31:09C'est comme Tchernobyl, ça va s'arrêter.
00:31:11Ça passe autour de la France, mais on n'est pas touchés.
00:31:13Pour prévenir les Français ?
00:31:15Parce qu'il est très important, surtout pour les clients,
00:31:18des industriels, d'accepter les hausses de prix.
00:31:20Parce qu'en fait, aujourd'hui, les industriels,
00:31:22s'ils ne peuvent pas réimpacter la hausse,
00:31:24ils nous l'ont dit clairement, c'est le chômage partiel.
00:31:26Ils ne peuvent pas produire à perte, aujourd'hui.
00:31:28Et donc, il est important, on va dire, effectivement,
00:31:30de dire aux gens ce qui va se passer,
00:31:32que la vie va être chère, et je ne pense même pas, d'ailleurs,
00:31:34si Hormuz, d'ailleurs, réouvre, que les prix vont tomber tout de suite.
00:31:36On table sur un ou deux ans, on va dire, de cherté.
00:31:39Mais au moins, on va dire, d'admettre ça,
00:31:42et on va dire, d'organiser, on va dire, sa vie,
00:31:44par rapport, on va dire, à un coût de la vie
00:31:45qui va être plus important à plusieurs niveaux.
00:31:47Et ça, ça s'appelle un choc.
00:31:50Effectivement, c'est un choc, on peut le dire.
00:31:51Eh bien, merci à tous les trois d'être venus ce soir
00:31:53dans Chaque Voix Compte.
00:31:54Tout de suite, c'est quelle histoire ?
00:31:55C'est Olivier Ravanello ?
00:31:56On va voir que le détroit d'Hormuz,
00:31:57il ne va pas rouvrir tout de suite, sans doute.
00:32:07Oui, Olivier, on avait mis notre réveil à 3h du matin,
00:32:09on se disait, war is over, ça y est, la guerre est finie,
00:32:12il va annoncer quelque chose, Donald Trump.
00:32:14Ben non, on attendait des précisions sur la guerre,
00:32:17sur son terme, sur ses objectifs.
00:32:20Et comme souvent, on a eu un Trump à l'emporte-pièce.
00:32:23Exactement, mais cette guerre qui, selon ses propres mots,
00:32:26devait être une petite excursion,
00:32:28eh bien, elle dure et il se sent piégé, Trump.
00:32:32Il voudrait que ça s'arrête,
00:32:34il ne sait pas comment s'en sortir
00:32:36et on sent bien que ça finit par lui taper sur les nerfs.
00:32:39Alors, il cherche des responsables,
00:32:41à commencer par les Européens,
00:32:42qui ne sont pas là pour l'aider.
00:32:44Alors, c'est même Européens qu'il a superbement ignorés
00:32:46au moment du début du conflit,
00:32:48sans les informer, sans même imaginer la possibilité
00:32:51de former une alliance.
00:32:53Il est parti seul devant avec les Israéliens
00:32:56et le résultat, c'est qu'aujourd'hui, ils se tournent vers eux
00:32:58pour dire, ce serait bien que vous veniez en aide,
00:33:00que, par exemple, vous débloquiez le détroit d'Hormuz,
00:33:04plus facile à dire qu'à faire, sans doute.
00:33:06Et que font ces Européens, évidemment ?
00:33:08Ils le regardent ailleurs,
00:33:09parce qu'ils comprennent bien que Trump essaye
00:33:12de leur refiler la patate chaude,
00:33:13à commencer par la France.
00:33:14Alors, cet agacement de Trump,
00:33:17ça donne en version soft,
00:33:19quand il a été briefé par son staff,
00:33:22quand il doit faire une allocution
00:33:24que tout le monde attend devant la télévision,
00:33:26et que ses conseillers lui ont dit,
00:33:28« Monsieur le Président, prenez une grande respiration,
00:33:30ça va bien se passer », ça donne ça.
00:33:33« Les Etats-Unis n'importent presque pas de pétrole
00:33:36via le détroit d'Hormuz,
00:33:38et ils n'en importeront pas à l'avenir.
00:33:40Nous n'en avons pas besoin.
00:33:41Nous n'en avons jamais eu besoin,
00:33:43et nous n'en avons pas besoin aujourd'hui.
00:33:45Les pays du monde qui reçoivent du pétrole
00:33:47via le détroit d'Hormuz
00:33:49doivent s'occuper de ce passage.
00:33:50Ils doivent le protéger.
00:33:52Ils doivent s'en emparer et le protéger.
00:33:54Ils peuvent le faire facilement. »
00:33:56Voilà, alors comme toujours,
00:33:58ça a l'air vrai, mais ça ne l'est pas vraiment.
00:34:01On en a parlé à l'instant.
00:34:03Certes, il n'y a que 3% du pétrole et du gaz
00:34:06qui vient du Golfe Persique
00:34:08à destination des Etats-Unis.
00:34:09Côté européen, c'est neuf.
00:34:10Le problème, ce n'est pas ça.
00:34:12Ce n'est pas la quantité qui vient de là.
00:34:13C'est que le blocage de ce détroit,
00:34:15on en a parlé, fait monter les prix.
00:34:16Et que ce pétrole, ou que vous l'achetiez maintenant,
00:34:19vous l'achetez beaucoup plus cher.
00:34:20Si on revient du côté de la com,
00:34:22on a eu la version soft, là, assez posée.
00:34:25Sur les réseaux sociaux, dans la foulée,
00:34:26ça a été beaucoup plus trash.
00:34:28Ça a donné « Apprenez à vous défendre vous-même
00:34:31en parlant aux Européens.
00:34:32On ne sera pas toujours là pour vous aider.
00:34:33Et puis votre pétrole, vous n'avez qu'à aller
00:34:35le chercher tout seul. »
00:34:36Ça dit quoi de neuf de Donald Trump ?
00:34:38Ça dit que c'est le discours d'un homme
00:34:39qui est en colère, ni plus ni moins,
00:34:41et qui en veut à la Terre entière.
00:34:43Il en veut, par exemple, à l'OTAN,
00:34:45qui n'est pas au rendez-vous.
00:34:46Cette alliance qui, normalement,
00:34:47devrait lui donner un coup de main,
00:34:49eh bien, elle n'est pas là.
00:34:51Et il en fait l'objet de tous les mots.
00:34:54Nous sommes très déçus de l'OTAN
00:34:55parce que l'OTAN n'a rien fait.
00:34:59Je l'ai dit il y a 25 ans
00:35:00que l'OTAN est un tigre de papier.
00:35:03Et donc, il veut en sortir de l'OTAN.
00:35:06Il l'a dit au Daily Télégraphe.
00:35:07Parce qu'on ne peut pas compter sur eux.
00:35:09Stratégiquement, là encore,
00:35:10on peut en discuter.
00:35:12L'OTAN, si la Russie n'est plus une menace,
00:35:13en tout cas, c'est le point de vue de Trump,
00:35:15pourquoi y rester ?
00:35:17Mais tout ça, c'est une rationalité
00:35:21qui, pour l'instant, lui échappe complètement
00:35:23puisqu'on est toujours dans une réaction épidermique.
00:35:26Qui l'agace au-delà de tout ?
00:35:29Eh bien, c'est Emmanuel Macron
00:35:30qui cristallise la colère de Trump.
00:35:33Macron, c'est l'inverse de Trump.
00:35:35C'est l'homme en même temps,
00:35:36c'est l'homme de la pensée complexe.
00:35:38Vous voyez bien que ces deux mots,
00:35:39ça ne décrit pas du tout le président américain.
00:35:42Et puis, en plus, il lui dit non.
00:35:44Alors, il est tellement énervé, Trump.
00:35:46Qu'est-ce qu'il fait hier soir,
00:35:47lors d'un dîner ?
00:35:48Il essaye d'aller toucher ce qui,
00:35:51de son point de vue,
00:35:52du point de vue d'un bon macho qu'il est,
00:35:54d'un bon mâle alpha,
00:35:55est la pire des insultes.
00:35:57Regardez cet homme,
00:35:58même sa femme ne le respecte pas.
00:36:00J'appelle en fuite la France, Macron,
00:36:04que sa femme traite extrêmement mal.
00:36:12Il se remet encore de son coup de poing à la mâchoire.
00:36:16Voilà la veulerie absolue de ce discours.
00:36:19J'attire votre attention quand même
00:36:20entre le décalage,
00:36:21entre, encore une fois,
00:36:23la vulgarité de ce qui est dit
00:36:25et le décorum.
00:36:26Il parle devant la bannière étoilée,
00:36:28au nom de cette bannière étoilée,
00:36:29au nom de tous les Américains,
00:36:31en mode café du commerce.
00:36:33Bon, écoutez la réponse d'Emmanuel Macron.
00:36:35Elle ne s'est pas faite attendre.
00:36:37Les propos que j'ai pu entendre,
00:36:39que vous faites référence,
00:36:41ne sont ni élégants,
00:36:43ni à la hauteur.
00:36:44Voilà.
00:36:44Donc je ne vais pas y répondre.
00:36:45Ça ne mérite pas de réponse.
00:36:47Ça ne mérite pas de réponse.
00:36:48C'est un peu une réponse quand même.
00:36:49Morale de l'histoire,
00:36:50on ne répond pas à un homme en colère.
00:36:52Merci Olivier.
00:36:53Anna Cabana, tout de suite.
00:36:55C'est la petite histoire dans la grande.
00:37:00Alors la petite histoire dans la grande,
00:37:01ce soir Anna,
00:37:02c'est la petite histoire
00:37:03du président des Républicains,
00:37:05Bruno Retailleau.
00:37:06Oui, c'est la petite histoire de l'homme
00:37:08qui se prend pour un grand,
00:37:09un grand homme
00:37:10et qui est surtout Adeline,
00:37:12un grand flingueur.
00:37:13Mardi dans le Figaro,
00:37:14il a sorti l'artillerie lourde
00:37:16contre Edouard Philippe
00:37:17et contre l'appel lancé
00:37:18deux jours plus tôt
00:37:19dans mon journal,
00:37:21pardon,
00:37:21la tribune dimanche,
00:37:23appel lancé donc par 90
00:37:24ministres et parlementaires
00:37:25pour un candidat unique
00:37:26de la droite et du centre.
00:37:28Après une décennie
00:37:29de revirements impuissants,
00:37:31le temps n'est plus
00:37:32aux synthèses molles,
00:37:33mais à la rupture
00:37:34avec la politique de gribouille
00:37:35et de tambouille
00:37:36qu'a été le macronisme.
00:37:38Voilà,
00:37:39ce sont les mots
00:37:40écrits par Bruno Retailleau
00:37:41dans cette tribune
00:37:42et il a,
00:37:44il faut quand même
00:37:45m'arrêter si je me trompe,
00:37:46mais il me semble
00:37:46qu'il a été ministre
00:37:47lui-même d'Emmanuel Macron.
00:37:50Ensuite, il a fait pleuvoir
00:37:51ses balles sur Edouard Philippe
00:37:53sans le nommer.
00:37:55Je cite,
00:37:55dans un an,
00:37:56la facture du macronisme
00:37:58sera présentée aux artisans
00:37:59de la politique
00:37:59d'Emmanuel Macron.
00:38:01Il faudra alors expliquer
00:38:02aux Français
00:38:03comment a été fermée
00:38:04la centrale de Fessenheim
00:38:05pour complaire
00:38:06à Nicolas Hulot
00:38:07ou par quelle décision
00:38:08hors sol
00:38:09a été déclenchée
00:38:10la révolte
00:38:11des Gilets jaunes.
00:38:12Ça,
00:38:12ça s'appelle
00:38:13pan, pan
00:38:14sur Edouard Philippe.
00:38:15Jusque-là, pourtant,
00:38:16Bruno Retailleau
00:38:17était tout en urbanité politique
00:38:20avec l'ancien Premier ministre
00:38:21et là,
00:38:22parce qu'il pense
00:38:22que c'est le moment,
00:38:23eh bien,
00:38:23il sort la mitraillette
00:38:25et il tire.
00:38:26C'est comme dans la pub,
00:38:27pourquoi est-il si méchant,
00:38:28Bruno Retailleau ?
00:38:28Est-il méchant, d'ailleurs ?
00:38:30Alors, c'est une question
00:38:30qu'il faut poser
00:38:31à Philippe de Villiers.
00:38:33Vous savez,
00:38:33Philippe de Villiers
00:38:33qui lui a mis
00:38:34le pied à l'étrier
00:38:35au sens propre
00:38:36puisque Bruno Retailleau
00:38:37a commencé comme cavalier
00:38:39au Puy-du-Fou
00:38:40avant de devenir
00:38:41le premier lieutenant
00:38:42de Philippe de Villiers
00:38:43qui le tenait
00:38:43pour son fils spirituel
00:38:45et politique
00:38:45jusqu'au jour
00:38:46où le fils
00:38:47s'est retourné
00:38:48contre le mentor
00:38:49parce qu'il a considéré
00:38:50que c'était le moment
00:38:51et parce que Philippe de Villiers
00:38:52l'avait empêché
00:38:54de devenir
00:38:54ministre de Nicolas Sarkozy.
00:38:57C'était Adeline
00:38:57en 2010.
00:38:59Philippe de Villiers
00:38:59était à l'époque
00:39:00politiquement et médiatiquement
00:39:01très affaibli
00:39:02par les accusations
00:39:03d'un de ses fils
00:39:04contre un autre.
00:39:05Bruno Retailleau
00:39:06est venu le voir
00:39:07pour lui dire
00:39:07qu'il serait candidat
00:39:09contre lui
00:39:09au Conseil général de Vendée.
00:39:11La réponse de Philippe de Villiers
00:39:13« Tu profites
00:39:14de mes malheurs,
00:39:15brutus. »
00:39:16Depuis,
00:39:17Philippe de Villiers
00:39:18a beau avoir mis en scène
00:39:19leur retrouvaille
00:39:20à l'automne 2024,
00:39:21eh bien il continue
00:39:22de le surnommer
00:39:23« brutus. »
00:39:24Ah oui, c'est resté, quoi.
00:39:25Et voilà.
00:39:26Il faut qu'il fasse attention
00:39:27Bruno Retailleau
00:39:28parce que ces remontées
00:39:29d'égo,
00:39:30c'est l'expression
00:39:31d'un parlementaire LR,
00:39:33ne lui valent pas
00:39:33que des amis
00:39:34dans les rangs même
00:39:35de son parti.
00:39:36C'est-à-dire ?
00:39:37Eh bien c'est-à-dire
00:39:37qu'on a vu
00:39:38ce que son orgueil
00:39:39lui a fait faire
00:39:40cet automne.
00:39:41C'était tout début octobre
00:39:42au moment où
00:39:43Sébastien Lecornu
00:39:44avait mis,
00:39:45souvenez-vous,
00:39:45Bruno Le Maire
00:39:46sur la liste
00:39:46de son gouvernement.
00:39:48Bruno Retailleau
00:39:48avait laissé libre cours
00:39:49publiquement
00:39:50à une espèce
00:39:51de fureur
00:39:52outragée.
00:39:53Non seulement
00:39:54il a démissionné
00:39:55du mystère de l'Intérieur,
00:39:56mais en plus,
00:39:57il était venu
00:39:58sur TF1
00:39:59pour expliquer
00:40:00qu'il avait démissionné
00:40:01parce que
00:40:02Sébastien Lecornu
00:40:03avait eu
00:40:04l'audace
00:40:05de ne pas l'informer
00:40:07de la nomination
00:40:08de Bruno Le Maire.
00:40:10Cet accès d'égo,
00:40:11Adeline,
00:40:12lui avait fait perdre
00:40:13beaucoup de points
00:40:13parmi les sympathisants
00:40:14de droite.
00:40:15Alors on peut se demander
00:40:16aujourd'hui
00:40:17dans quelle mesure
00:40:17cette posture
00:40:18ne va pas avoir
00:40:19un effet semblable.
00:40:21Parce que dans cette tribune
00:40:22qu'écrit Bruno Retailleau,
00:40:23il écrit que
00:40:24l'appel à une candidature
00:40:25unique pour faire barrage
00:40:26au RN
00:40:27constitue,
00:40:27je le cite,
00:40:28le carburant
00:40:29du Rassemblement National
00:40:30et de la France Insoumise.
00:40:32Mais les arguments
00:40:33qu'il a ciselés
00:40:34dans ce texte
00:40:35sont le meilleur
00:40:37des carburants
00:40:38pour le RN
00:40:39et LFI.
00:40:40Ça s'appelle
00:40:41tout simplement
00:40:42fournir à l'adversaire
00:40:43des munitions
00:40:44contre son camp.
00:40:45Merci Anna.
00:40:47On passe à la question
00:40:48qui fâche.
00:40:564,8 %,
00:40:58c'est le taux
00:40:59d'absentéisme
00:41:00en entreprise
00:41:00en 2025,
00:41:02le niveau le plus haut
00:41:03depuis 2019.
00:41:04C'est un chiffre
00:41:05qui vient d'être communiqué.
00:41:0735 % des salariés
00:41:09ont été arrêtés
00:41:10au moins une fois
00:41:11l'an dernier.
00:41:12Et derrière ces chiffres
00:41:13se mêlent
00:41:14souffrance réelle
00:41:15et soupçon d'abus.
00:41:16Et une question aussi,
00:41:17à qui la faute ?
00:41:18Les salariés,
00:41:19les médecins,
00:41:19les entreprises ?
00:41:20On va en parler avec vous
00:41:21ce soir,
00:41:21Sophie Taillet-Polian.
00:41:23Bonsoir.
00:41:23Bonsoir.
00:41:24Vous êtes députée écologiste
00:41:25du Val-de-Marne.
00:41:26Merci d'être là.
00:41:27Au côté de Frédéric Bizarre.
00:41:28Bonsoir.
00:41:28Bonsoir.
00:41:29Économiste de la santé,
00:41:30président de l'Institut Santé
00:41:31toujours ?
00:41:31Toujours.
00:41:32Merci d'être là Frédéric.
00:41:33C'est Maïté Frémont
00:41:34qui vous pose ce soir
00:41:35la question qui fâche.
00:41:38Dans la question qui fâche ce soir,
00:41:41un papier au cœur du débat,
00:41:42l'arrêt de travail.
00:41:43Allez-y, entrez.
00:41:46Comme dans ce cabinet de médecins,
00:41:48ils ont été délivrés
00:41:49maintes et maintes fois
00:41:50ces dernières années.
00:41:51En six ans,
00:41:53les arrêts de travail
00:41:53ont fait un bond
00:41:54de près de 50%.
00:41:56On est en train de devenir dingue.
00:41:58Trop d'emails,
00:41:59trop de réunions.
00:42:01Première cause d'une absence
00:42:02sur deux chez les moins de 30 ans.
00:42:04Des troubles liés
00:42:05à un problème de santé mentale.
00:42:07Ce sont des salariés
00:42:08qui sont déstabilisés
00:42:10d'une façon extrêmement profonde.
00:42:12Tout ce qui donne sens
00:42:13par rapport au travail a changé.
00:42:15Il y a vraiment
00:42:15un avant et un après-Covid.
00:42:17Des arrêts déjà bien encadrés
00:42:19mais qui le seront encore davantage
00:42:21dans les prochains mois.
00:42:22L'objectif de ce durcissement
00:42:24des règles,
00:42:25s'assurer qu'ils ne soient
00:42:26pas frauduleux.
00:42:27Quand vous avez des gens
00:42:29qui sont en arrêt
00:42:29depuis deux ans
00:42:30mais qui n'ont pas de soins
00:42:31de kiné,
00:42:32qui ne voient pas beaucoup
00:42:33le médecin,
00:42:34on peut se demander
00:42:35comment ils sont pris en charge.
00:42:36Traquer le nomadisme médical,
00:42:39c'est-à-dire ceux qui consultent
00:42:40des médecins coup sur coup.
00:42:42Le gouvernement souhaite aussi
00:42:44faire la traque
00:42:45aux médecins trop complaisants.
00:42:47Mais les médecins
00:42:47dans leur immense majorité
00:42:48ne peuvent pas être assimilés
00:42:50aux fraudeurs
00:42:50ni être entravés
00:42:52dans leur liberté
00:42:52de prescription.
00:42:54Derrière chaque arrêt de travail
00:42:55se cache un enjeu financier.
00:42:57Le déficit
00:42:59de l'assurance maladie
00:43:00a atteint
00:43:00un niveau historique en 2025.
00:43:0321,6 milliards d'euros.
00:43:05Les arrêts maladie
00:43:06représentaient cette année-là
00:43:0812 milliards d'euros.
00:43:09Alors la question
00:43:10qui fâche ce soir,
00:43:11la voici.
00:43:12Arrêt maladie,
00:43:14la faute à qui ?
00:43:15Sophie Taillé-Pollian,
00:43:17il y a plus de maladie
00:43:18ou il y a plus d'abus ?
00:43:21Écoutez,
00:43:21il y a toujours
00:43:23des abus,
00:43:24bien évidemment,
00:43:25ça existe
00:43:26et je crois
00:43:27qu'il faut chercher
00:43:28à les faire diminuer.
00:43:31Mais je crois
00:43:32qu'on ne peut pas expliquer
00:43:33telle augmentation
00:43:34des arrêts maladie
00:43:36par les abus.
00:43:38Le député Horizon
00:43:39disait tout à l'heure
00:43:40dans votre reportage
00:43:41on ne peut pas penser
00:43:42que les médecins
00:43:43sont majoritairement
00:43:44des fraudeurs.
00:43:45On ne peut pas penser
00:43:45que les salariés
00:43:46sont majoritairement
00:43:47des fraudeurs non plus.
00:43:49Et plutôt que de casser
00:43:49le thermomètre
00:43:50en voulant
00:43:51quelque part
00:43:52donner moins de droits
00:43:53aux salariés
00:43:53pour s'arrêter
00:43:54en cas de maladie,
00:43:55il faudrait plutôt
00:43:55qu'on s'intéresse
00:43:56aux conditions de travail
00:43:57à la manière dont
00:43:59aujourd'hui
00:44:00l'intensification du travail
00:44:02et quand je parle
00:44:03d'intensification du travail
00:44:04c'est un concept
00:44:05forgé par les sociologues
00:44:07du travail,
00:44:07les spécialistes
00:44:08de la santé au travail
00:44:09aujourd'hui pèse
00:44:10sur la santé
00:44:11des salariés
00:44:12et plutôt que donc
00:44:14de chercher
00:44:14à casser le thermomètre
00:44:15de mettre en place
00:44:17des vraies politiques
00:44:18de prévention
00:44:19pour faire en sorte
00:44:20que les salariés
00:44:21soient bien au travail
00:44:23qu'il y ait moins
00:44:24d'accidents du travail
00:44:25moins de maladies professionnelles
00:44:26et une meilleure productivité
00:44:29par ailleurs aussi
00:44:30des salariés
00:44:31pour le coup.
00:44:31Frédéric Bizarre,
00:44:32comment vous analysez-vous
00:44:33ce chiffre ?
00:44:344,8% d'absentéisme
00:44:35en entreprise
00:44:36en 2025 ?
00:44:37Cette étude
00:44:38est extrêmement intéressante
00:44:39parce qu'on arrive
00:44:41à la fraude
00:44:41après une étude pareille.
00:44:42D'abord,
00:44:42elle touche, je crois,
00:44:433 millions de salariés.
00:44:46Elle est basée
00:44:46sur des centaines de millions
00:44:47d'analyses de données.
00:44:48On peut considérer
00:44:49qu'elle est sérieuse
00:44:50scientifiquement.
00:44:51Elle montre
00:44:52qu'on a quasiment doublé
00:44:53le taux d'absentéisme.
00:44:54On est passé de 3 à 5,
00:44:58plus de 50%.
00:44:59Il faut se rendre compte
00:45:00que dans ce pays,
00:45:01il y a à peu près
00:45:01un million de personnes
00:45:02chaque jour
00:45:03qui est en arrêt maladie.
00:45:04C'est ce que ça veut dire.
00:45:06Tous les chiffres,
00:45:07tout montre
00:45:08que vous avez
00:45:09une forte hausse
00:45:11de l'arrêt maladie
00:45:12des jeunes.
00:45:13Ce qui est intéressant,
00:45:13c'est que là,
00:45:13ce sont les moins de 35 ans
00:45:14pour des raisons
00:45:15de santé mentale.
00:45:16on montre qu'il y a
00:45:17une très forte hausse
00:45:18des arrêts maladie
00:45:19bien au-delà des abus.
00:45:21Je rappelle que les abus,
00:45:22quand on regarde
00:45:22sur des séries longues,
00:45:23à périmètre constant,
00:45:25il n'y a pas de raison
00:45:26qu'ils augmentent.
00:45:27Si vous avez
00:45:28une forte augmentation
00:45:29anormale
00:45:29de ce type de données,
00:45:31les arrêts du travail,
00:45:32ça ne vient pas des abus.
00:45:34Ça ne veut pas dire
00:45:34qu'il faut lutter
00:45:35en permanence
00:45:36contre les abus,
00:45:37mais ce n'est pas
00:45:38l'explication possible.
00:45:39Donc,
00:45:40très forte hausse
00:45:40des arrêts maladie,
00:45:42très forte hausse
00:45:43de la prévalence
00:45:44des pathologies chroniques,
00:45:45plus 400 000 nouveaux patients.
00:45:47On en est à 14 millions.
00:45:49Donc, forcément,
00:45:50ils ne sont pas tous
00:45:51à la retraite.
00:45:52Il y a à peu près
00:45:5240 % de ces personnes-là
00:45:55qui sont actifs.
00:45:56D'accord ?
00:45:56Donc, forcément,
00:45:57ça génère des arrêts maladie.
00:45:59Et puis, je rappelle
00:45:59que l'économie
00:46:02des indemnités journalières,
00:46:03des arrêts maladie,
00:46:04c'est 60 %
00:46:05dû à des raisons économiques.
00:46:07C'est-à-dire que,
00:46:07vous savez,
00:46:07comme c'est basé
00:46:08sur les salaires,
00:46:09comme il y a des augmentations
00:46:10de salaires tous les ans
00:46:11et qu'il y a eu
00:46:12des augmentations
00:46:13beaucoup plus fortes
00:46:14de 2022 à 2023
00:46:15du fait de l'inflation.
00:46:17Donc, forcément,
00:46:18vous le retrouvez là.
00:46:19Et puis,
00:46:20du fait de la démographie
00:46:21de la population active
00:46:22qui a augmenté
00:46:22d'un million de personnes
00:46:23entre 2019 et 2024.
00:46:26Et vous avez 40 %
00:46:27qui sont liés
00:46:27à ce qu'on appelle
00:46:28des taux de recours.
00:46:30Les gens ont plus recours
00:46:31aux arrêts maladie.
00:46:32Donc, mettons de côté
00:46:34les abus
00:46:35sur lesquels
00:46:35il faut lutter
00:46:36en permanence,
00:46:37mais qui n'expliquent
00:46:38en rien
00:46:38cette forte hausse.
00:46:40et regardons
00:46:41un petit peu
00:46:41les causes profondes
00:46:43de ça
00:46:44qui sont des problèmes
00:46:45d'organisation du travail.
00:46:46On le voit
00:46:46en particulier
00:46:47avec la nouvelle génération
00:46:48qui a manifestement
00:46:49on n'a pas adapté
00:46:50suffisamment
00:46:51l'organisation du travail
00:46:52avec les attentes
00:46:53de cette nouvelle génération
00:46:55du télétravail
00:46:56et autres.
00:46:56Et les sociologues
00:46:57en effet du travail
00:46:58ont déjà largement démontré.
00:46:59Et puis,
00:46:59essayons quand même
00:47:00d'avoir une politique
00:47:01de prévention
00:47:01qu'on n'a pas
00:47:03depuis des années.
00:47:03Vous savez que le pays,
00:47:04dernière chose...
00:47:05J'adore vous entendre dire ça,
00:47:06mais que veut faire
00:47:07le gouvernement
00:47:08en mi-avril
00:47:08annoncer des mesures
00:47:09qui cibleront
00:47:10les arrêts courts
00:47:10et répétitifs
00:47:11de deux ou trois jours ?
00:47:12Alors que le problème
00:47:13sont les arrêts longs.
00:47:15Alors que ce qui pèse
00:47:16c'est les arrêts longs.
00:47:17c'est la dégradation
00:47:17de la qualité au travail
00:47:18vu de la nouvelle génération.
00:47:20Je ne dis pas
00:47:20qu'il y a une dégradation
00:47:21dans l'absolu,
00:47:22mais on voit bien
00:47:23que cette organisation
00:47:25du travail
00:47:26ne correspond pas
00:47:27suffisamment
00:47:27aux attentes des jeunes
00:47:28qui le disent eux-mêmes
00:47:29je préfère
00:47:31prendre un arrêt de travail
00:47:32même si je perds
00:47:33du salaire
00:47:34que d'aller travailler
00:47:36dans des conditions
00:47:37qui dégradent
00:47:38ma santé mentale.
00:47:39Juste un mot,
00:47:40il faut savoir
00:47:40que ces indemnités journalières
00:47:42c'est le droit
00:47:43le plus fondamental
00:47:44en matière
00:47:45de droit à la santé.
00:47:46Le fait de pouvoir...
00:47:47Et de droit du travail.
00:47:48Et de droit du travail.
00:47:50Le fait de pouvoir
00:47:51ne pas être paupérisé
00:47:52si vous êtes malade
00:47:53et que vous devez
00:47:53rester chez vous
00:47:54et on a renié
00:47:55ce droit-là
00:47:56depuis on a plafonné
00:47:571,4 fois le SMIG
00:47:59au lieu de 1,8 le SMIG.
00:48:01On a mis 0,90%
00:48:02du salaire
00:48:02pour le salaire
00:48:03de référence.
00:48:03Mais attention
00:48:04parce que ça a aussi
00:48:05des conséquences
00:48:06en matière de pouvoir d'achat.
00:48:07C'est-à-dire qu'à force
00:48:09de renier
00:48:10et de paupériser
00:48:111 million de personnes
00:48:12chaque jour,
00:48:13forcément,
00:48:13ça a un impact
00:48:14aussi économique.
00:48:15Sophie Taillé-Pollian,
00:48:16on parle,
00:48:17je le disais,
00:48:18de prendre des mesures
00:48:19qui vont être annoncées
00:48:20d'ici 15 jours
00:48:21pour les petits arrêts.
00:48:23Les arrêts
00:48:23de 2 ou 3 jours répétitifs.
00:48:25C'est quoi le problème
00:48:26avec ces arrêts maladie ?
00:48:27Le problème du gouvernement,
00:48:29c'est qu'ils considèrent ça
00:48:30uniquement sous un angle comptable.
00:48:32Il n'en a vraiment rien à faire
00:48:33de la santé des salariés.
00:48:35En l'occurrence,
00:48:36la ministre de la Santé
00:48:37dit que ce ne sont pas
00:48:38les arrêts les plus coûteux,
00:48:39mais ce sont eux
00:48:40qui désorganisent l'entreprise.
00:48:41Oui, mais il y a un objectif
00:48:42de réduction des dépenses
00:48:44derrière.
00:48:45C'est évident.
00:48:46Et si on veut
00:48:47vraiment agir,
00:48:48c'est sur les conditions
00:48:50de travail,
00:48:51la santé au travail,
00:48:52et faire en sorte
00:48:53que le travail
00:48:54soit moins dangereux.
00:48:57Et aujourd'hui,
00:48:59aujourd'hui,
00:48:59dans notre pays,
00:49:00il faut quand même le rappeler,
00:49:01il y a un nombre
00:49:02de morts au travail
00:49:03qui est absolument gigantesque.
00:49:06Les chiffres de 2023,
00:49:07c'est à peu près
00:49:081300 personnes.
00:49:09Là, vous allez
00:49:10sur les accidents du travail.
00:49:11Oui, mais il n'y a pas
00:49:12que cela.
00:49:12Il y a aussi...
00:49:14Et ça, ce chiffre
00:49:15ne compte pas les suicides
00:49:16qui pourraient être imputés
00:49:17au travail.
00:49:18Donc, il y a un problème
00:49:19général de conditions
00:49:20de travail
00:49:20et d'organisation
00:49:22du travail.
00:49:23Vous savez,
00:49:23il y a eu une étude
00:49:25Eurofound
00:49:26en 2022
00:49:27qui montre,
00:49:28qui sont basées
00:49:29sur les chiffres 2022,
00:49:30qu'en France,
00:49:32on a 40% des actifs
00:49:33qui occupent
00:49:34un emploi dit tendu.
00:49:36Ça veut dire quoi,
00:49:37un emploi tendu ?
00:49:38Ça veut dire
00:49:39que les exigences
00:49:40de votre employeur
00:49:42sont supérieures
00:49:43aux ressources
00:49:44qu'il vous donne.
00:49:45C'est-à-dire,
00:49:45soit vous n'avez pas
00:49:46assez de collègues
00:49:46pour faire le travail,
00:49:47vous n'avez pas
00:49:48assez de moyens,
00:49:48vous n'avez pas
00:49:49assez de temps,
00:49:49vous avez des objectifs
00:49:50inatteignables.
00:49:51Et ça dans énormément
00:49:53de secteurs.
00:49:53On est à l'avant-dernier
00:49:55rang de l'Europe
00:49:56avec l'Albanie.
00:49:57Donc aujourd'hui,
00:49:58on demande des choses
00:49:59aux salariés
00:50:00qui ne sont juste
00:50:01pas atteignables,
00:50:02on les met dans
00:50:02des situations
00:50:04intenables,
00:50:04ce qui explique
00:50:05une explosion
00:50:08des problèmes
00:50:09de santé
00:50:10psychique
00:50:11au travail.
00:50:12Et donc,
00:50:12ce qu'il faut faire,
00:50:13et c'est urgent,
00:50:14mais on le demande
00:50:15depuis des années,
00:50:16c'est de mettre en place
00:50:17des véritables politiques
00:50:18de prévention
00:50:19qui incluent aussi
00:50:21des changements
00:50:22dans le management,
00:50:23des changements
00:50:24dans l'organisation
00:50:25du travail.
00:50:26Aujourd'hui,
00:50:26on n'écoute pas,
00:50:27c'est les salariés,
00:50:28c'est la rentabilité
00:50:29à tout prix,
00:50:30c'est une brasse-coulée
00:50:32permanente.
00:50:33Et on peut donner
00:50:34des exemples
00:50:35par milliers
00:50:36où quand,
00:50:36avant,
00:50:37une auxiliaire de vie
00:50:38avait une heure
00:50:39pour s'occuper
00:50:39d'une personne âgée,
00:50:42maintenant,
00:50:42elle n'a plus
00:50:43qu'une demi-heure.
00:50:43Elle n'a plus
00:50:44qu'une demi-heure
00:50:44pour faire la même chose.
00:50:46Donc,
00:50:46non seulement
00:50:47c'est difficile
00:50:47au niveau physique,
00:50:50troubles musculosquelettiques,
00:50:51etc.,
00:50:52mais aussi
00:50:52le sens
00:50:53qu'elle mettait
00:50:54à son travail
00:50:54de pouvoir discuter
00:50:56avec la personne âgée,
00:50:57l'aider à remplir
00:50:58des papiers.
00:50:59Elle ne peut plus le faire,
00:51:00donc elle se sent
00:51:01en grande difficulté.
00:51:02Vous voyez,
00:51:03là,
00:51:03c'est un exemple précis,
00:51:04mais on pourrait en citer
00:51:05des dizaines et des dizaines.
00:51:06C'est aussi lié
00:51:06peut-être
00:51:07à la pénurie de personnel,
00:51:08c'est-à-dire que
00:51:08s'il y avait
00:51:09plus d'infirmières à domicile,
00:51:11plus de soignants,
00:51:12elles auraient plus de temps
00:51:13à accorder aussi
00:51:14à des patients ?
00:51:16C'est une idée
00:51:16qui est recherchée.
00:51:17C'est surtout ça.
00:51:19Et notamment
00:51:21quand une personne
00:51:21comme ça
00:51:22qui travaille
00:51:23de 8h du matin
00:51:24à 21h le soir
00:51:25gagne 800 euros par mois
00:51:26parce qu'on ne lui compte
00:51:26pas ses temps de pause,
00:51:28vous voyez,
00:51:28ça aussi,
00:51:28c'est des choses
00:51:29qui rendent le travail difficile
00:51:31alors qu'il devrait être
00:51:32une fierté,
00:51:33la fierté de la belle ouvrage
00:51:35quand on fait bien sous-boulot,
00:51:36on quitte le soir,
00:51:37on est content,
00:51:38on se sent bien
00:51:38et on va se reposer
00:51:39avec sa famille.
00:51:40Eh bien, ça,
00:51:41c'est rare.
00:51:42Est-ce que cette augmentation
00:51:44de la rentabilité,
00:51:44vous l'avez vu aussi,
00:51:45corrélée avec les 35 heures ?
00:51:48C'est-à-dire avec un nombre
00:51:49d'heures travaillées
00:51:50qui a réduit
00:51:51et des entreprises
00:51:52qui ont toujours
00:51:52les mêmes objectifs
00:51:53et qui ont peut-être
00:51:54poussé à la rentabilité.
00:51:56Est-ce qu'il y a un lien ?
00:51:56Moi, par exemple,
00:51:57dans les entreprises
00:51:58que j'ai vues,
00:51:59enfin, dans les services publics
00:52:00que j'ai vues,
00:52:01c'est une intensification
00:52:02du travail,
00:52:04notamment liée au fait
00:52:05que ce n'est pas forcément
00:52:08parce qu'il y avait
00:52:08quelques heures en moins
00:52:09qui étaient travaillées,
00:52:10mais parce qu'il y avait
00:52:11des dotations qui baissaient,
00:52:12donc des postes supprimés
00:52:13et pour autant,
00:52:14des demandes de travail
00:52:16toujours de plus en plus importantes
00:52:17et des postes
00:52:18qui étaient un peu doux.
00:52:19Je vais vous donner
00:52:19un exemple.
00:52:21Et vous voyez
00:52:21des différences d'arrêt maladie
00:52:22entre le privé et le public ?
00:52:24Alors, moi, je n'ai pas les chiffres
00:52:25sur les différences d'arrêt maladie
00:52:27dans le privé et le public,
00:52:28mais les mêmes logiques
00:52:30sont à l'œuvre,
00:52:31c'est-à-dire que dans la façon
00:52:32dont le travail est organisé,
00:52:34il y a moins de temps de pause,
00:52:35de temps où on peut faire
00:52:36un petit peu moins
00:52:37et puis après, on y va.
00:52:38Vous savez,
00:52:39on est passé de la brasse coulée,
00:52:43on fait une tâche
00:52:44et puis on respire un peu,
00:52:45on fait une tâche
00:52:46et on respire un peu
00:52:47à l'apnée permanente.
00:52:48Donc, c'est ça que vivent
00:52:50les salariés,
00:52:50c'est ce que les sociologues
00:52:51du travail appellent
00:52:52l'intensification
00:52:53et je pense que c'est relativement
00:52:57noté dans tous les types
00:52:59d'organisations du travail.
00:53:01Frédéric Bizarre,
00:53:02les chiffres de 2025,
00:53:03ils montrent aussi
00:53:03que les cadres ont,
00:53:04pour la première fois,
00:53:05été plus longtemps en arrêt maladie
00:53:06que les non-cadres.
00:53:07Comment est-ce que vous interprétez
00:53:08cette tendance ?
00:53:09Est-ce que l'open space,
00:53:11c'est la nouvelle mine ?
00:53:12Ce que l'on voit,
00:53:14ce qui est très frappant,
00:53:15c'est que chez les moins de 35 ans,
00:53:16et en effet beaucoup chez les cadres,
00:53:18vous avez une hausse du volume,
00:53:20du nombre d'arrêts maladie
00:53:21pour des problèmes de santé mentale.
00:53:23Après, la santé mentale,
00:53:24c'est extrêmement large.
00:53:26Mais en tout cas,
00:53:26on voit bien
00:53:27qu'il y a un changement d'attitude,
00:53:30mais enfin,
00:53:30on le sait,
00:53:31encore une fois,
00:53:31on va le redire,
00:53:32mais les sociologues
00:53:33l'ont dit depuis longtemps,
00:53:34il y a un changement de relation
00:53:35de la nouvelle génération
00:53:36avec le travail,
00:53:37il y a un changement
00:53:38de la relation
00:53:39par rapport à l'autorité.
00:53:40Donc il y a tout ça
00:53:41certainement à revoir.
00:53:42Mais c'est vrai,
00:53:43mais on n'est pas les seuls,
00:53:44parce que la plupart
00:53:45des pays européens
00:53:46constatent ça.
00:53:46c'est vrai qu'il y a une tendance
00:53:48à utiliser ce système-là
00:53:51par rapport à ce refus-là
00:53:52qui n'est pas forcément
00:53:54d'une intensité
00:53:55en matière de maladie
00:53:57très importante,
00:53:57mais ce n'est pas pour ça
00:53:58que c'est de la fraude.
00:53:59Et puis on voit
00:54:00les plus de 50 ans
00:54:01qui ont des troubles
00:54:03musculosquelétiques
00:54:03de plus importants
00:54:04et donc avec des arrêts longs
00:54:05qui augmentent.
00:54:06Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
00:54:07Et moi,
00:54:08je suis assez stupéfait
00:54:09de voir comment
00:54:10est-ce qu'on continue
00:54:10à mettre la poussière
00:54:12sous le tapis.
00:54:12Vous avez quand même eu
00:54:13à Matignon,
00:54:13il y a quelques jours,
00:54:14quatre ministres
00:54:15qui ont été convoqués
00:54:16à une réunion
00:54:16par le Premier ministre.
00:54:18Qu'est-ce qu'il en est sorti ?
00:54:19Le discours qu'on a entendu
00:54:21de la ministre de la Santé.
00:54:22Mais rien sur...
00:54:23Il faut peut-être
00:54:24qu'on regarde un petit peu
00:54:25à cette organisation du travail
00:54:26parce qu'il n'y a pas
00:54:27que l'organisation,
00:54:28proprement dit,
00:54:28et le type de management.
00:54:29Il y a la relation,
00:54:31il suffit d'écouter le MEDEF
00:54:32pour ça,
00:54:33il y a la relation
00:54:33des employeurs
00:54:35avec cette notion
00:54:36de santé au travail
00:54:36qui est toujours vue
00:54:37comme quelque chose
00:54:38d'un peu opposé,
00:54:41qui risque de s'opposer
00:54:43un peu à cette organisation
00:54:44du travail
00:54:44alors que ça devrait être
00:54:45un allié,
00:54:45mais un peu un opposant
00:54:47à la bonne organisation
00:54:47du travail.
00:54:48Donc je pense qu'il y a
00:54:48un changement
00:54:49complètement de mindset,
00:54:51d'attitude psychologique
00:54:52par rapport à ça
00:54:53et puis il y a
00:54:55à faire basculer,
00:54:55à réformer,
00:54:56elle est prête,
00:54:56la réforme des systèmes
00:54:57de santé.
00:54:58Vous savez qu'on est
00:54:58le pays avec la dépense
00:55:012,3% la plus faible
00:55:03des pays de l'OCDE.
00:55:05Là, on a été doublé
00:55:06par tout le monde
00:55:07puisqu'on est resté
00:55:07à 2,3% depuis 10 ans.
00:55:09Ce n'est pas qu'une question
00:55:10de montant de dépenses
00:55:12mais c'est pour montrer
00:55:13comment on est dans
00:55:14une espèce de glaciation
00:55:15de notre système de santé
00:55:16où après l'hôpital,
00:55:17il n'y a plus de salut.
00:55:19Or, malheureusement,
00:55:20quand on est au stade
00:55:21de l'hôpital,
00:55:21c'est un petit peu tard
00:55:22et on voit qu'il y a
00:55:23un vieillissement
00:55:24en mauvaise santé
00:55:25puisque depuis 20 ans,
00:55:26les femmes ont un vieillissement
00:55:28100% en mauvaise santé
00:55:29puisque l'espérance de vie
00:55:30en bonne santé
00:55:31a stagné depuis 20 ans.
00:55:33Donc, il ne faut pas
00:55:33trop s'étonner
00:55:35qu'on retrouve ce phénomène-là.
00:55:36mais pourtant,
00:55:37on le voit bien,
00:55:37il n'y a aucune volonté politique
00:55:40pour s'attaquer
00:55:41aux causes profondes.
00:55:42Et je pense que
00:55:42ce n'est pas spécifique
00:55:43à ce gouvernement.
00:55:44Et ça n'empêche pas
00:55:45ce gouvernement
00:55:46de demander aux Françaises
00:55:47et aux Français
00:55:47de travailler 2 ans de plus.
00:55:49Donc, il ne faut pas
00:55:49s'étonner non plus
00:55:50si on est plus âgé au travail
00:55:51et qu'il y ait davantage
00:55:52d'arrêt maladie.
00:55:53C'est une véritable,
00:55:54mais là, je vous rejoins,
00:55:55culture de la prévention
00:55:56qu'il faut mettre en œuvre
00:55:57dans ce pays.
00:55:58Alors là,
00:55:58ce n'est vraiment pas
00:55:58nos habitudes.
00:56:00Regardez ce qui se passe
00:56:00sur l'intelligence artificielle.
00:56:02C'est en train
00:56:02d'être déployé.
00:56:03On ne demande pas
00:56:04aux salariés comment ça va.
00:56:05Et pour changer
00:56:07le travail des gens,
00:56:07il faut qu'ils soient
00:56:09pleinement engagés,
00:56:10qu'on leur demande
00:56:11comment ça se passe,
00:56:12comment ça se passe,
00:56:12On revient à la perte de sens
00:56:13dont vous parliez tout à l'heure.
00:56:15Perte de sens,
00:56:16mépris pour ceux qui font,
00:56:18par ceux qui dirigent.
00:56:19Et ça, je crois que c'est
00:56:21évidemment des choses
00:56:21très profondes
00:56:22qui sont transformées
00:56:23dans notre société.
00:56:24Ce qu'on entend aussi,
00:56:25c'est que dans les mesures
00:56:26qui vont être annoncées,
00:56:27il y a des contrôles.
00:56:28Alors, peut-être
00:56:29les contrôles des médecins,
00:56:30peut-être les contrôles
00:56:31des patients.
00:56:32Je ne vois pas, moi,
00:56:33de contrôle des entreprises.
00:56:35Voilà.
00:56:36Ou de contrôle
00:56:37de la psychiatrie,
00:56:38c'est-à-dire psychiatrie
00:56:40à bout de souffle en France.
00:56:41Il y a aussi ce pan-là.
00:56:43Je vous assure
00:56:44qu'évidemment
00:56:44qu'il faut des contrôles,
00:56:46évidemment qu'il faut lutter
00:56:47contre les abus.
00:56:48Mais je vous assure
00:56:48que le problème n'est pas là.
00:56:50Et moi, ce qui me choque le plus...
00:56:51On détourne l'attention
00:56:52en parlant des abus
00:56:53et de la fraude.
00:56:54Je ne sais pas
00:56:54si c'est un problème d'analyse,
00:56:58je ne sais pas
00:56:58si c'est un problème
00:56:58de raisonnement,
00:56:59mais le discours politique
00:57:00est complètement
00:57:01à côté de la plaque
00:57:02sur ce sujet-là.
00:57:03Alors, je ne dis pas
00:57:04qu'on peut tout faire rapidement,
00:57:05je ne dis pas
00:57:06qu'on est capable
00:57:07avant 2027 d'agir,
00:57:08mais moi,
00:57:09je crois au discours politique.
00:57:10Je crois que s'il y a
00:57:11une parole forte
00:57:12qui est donnée,
00:57:13notamment pour développer
00:57:14une culture de la prévention,
00:57:15notamment pour inciter
00:57:16les organisations patronales
00:57:18et salariés
00:57:18à mettre ce sujet-là
00:57:20au cœur de l'âge,
00:57:20je pense que ça a un intérêt.
00:57:22Mais là, on détourne
00:57:24volontairement, involontairement,
00:57:25peut-être qu'ils le croient
00:57:26réellement,
00:57:26mais là,
00:57:26c'est encore plus grave,
00:57:28que le problème
00:57:29vient des abus
00:57:31ou d'autres...
00:57:32C'est habituel
00:57:33avec ce gouvernement,
00:57:34on stigmatise les gens
00:57:35et on ne s'attaque pas
00:57:37au vrai problème.
00:57:39Et le vrai problème,
00:57:40c'est aujourd'hui
00:57:41la santé au travail,
00:57:42la prévention
00:57:42des risques professionnels
00:57:43qui ont été plus que négligés,
00:57:45qui ont été attaqués
00:57:46dès le début
00:57:47du premier mandat
00:57:48d'Emmanuel Macron.
00:57:49Il faut y remédier.
00:57:50Il y a des propositions
00:57:51syndicales
00:57:51de beaucoup de...
00:57:53Je précise pour nos téléspectateurs
00:57:54qu'il devait y avoir
00:57:55à vos côtés
00:57:55un député Renaissance
00:57:57ou Horizon
00:57:57et qu'ils nous ont fait faux bon
00:57:59à la dernière minute.
00:58:01On se fâche pas d'approche politique.
00:58:02Sur le deuxième invitation,
00:58:03on leur a été envoyé.
00:58:04Donc, on n'est pas trop fâchés.
00:58:06Merci en tout cas
00:58:07à tous les deux.
00:58:08Tout de suite,
00:58:08c'est Bourbon Express,
00:58:09c'est le journal
00:58:09de l'Assemblée nationale
00:58:10avec Marco Pommier.
00:58:17Bonsoir, Marco.
00:58:18Bonsoir, Aline.
00:58:18On commence...
00:58:19C'est notre feuilleton préféré.
00:58:21Préféré, oui.
00:58:22C'est le feuilleton
00:58:22de la commission d'enquête
00:58:23sur l'audiovisuel public.
00:58:25Nouvel épisode aujourd'hui.
00:58:26Et nous parlons
00:58:26sous le contrôle
00:58:27de Sophie Taillé-Pollian
00:58:28qui en fait partie,
00:58:29qui est membre
00:58:30de cette commission.
00:58:31Et qui a hâte
00:58:32que ça se termine,
00:58:33Visiblement.
00:58:34Bon, une nouvelle fois,
00:58:35c'était très tendu
00:58:35aujourd'hui, Marco.
00:58:36Oui, ambiance électrique même.
00:58:38Cet après-midi,
00:58:39la commission auditionnait
00:58:40les trois actionnaires
00:58:41de la société de production
00:58:42MediaOne
00:58:43qui décroche le plus de contrats
00:58:45avec France Télévisions.
00:58:46Parmi les trois actionnaires,
00:58:48Mathieu Pigasse
00:58:48ou encore Xavier Niel.
00:58:50Xavier Niel
00:58:50qui s'est braqué
00:58:51dès le début de l'audition.
00:58:53Le président de la commission
00:58:54lui demandait
00:58:55de justifier son absence
00:58:56en février
00:58:57lors d'une première convocation.
00:58:59Je vous ai demandé
00:59:00ainsi qu'à votre secrétariat.
00:59:02Le motif qui se doit
00:59:03d'être exceptionnel
00:59:04est justifié
00:59:05de cette absence.
00:59:06Mais sauf erreur de ma part,
00:59:07je n'ai rien reçu à ce jour.
00:59:09Sauf erreur, je suis là
00:59:10donc je défaire
00:59:10devant votre convocation
00:59:12monsieur le président.
00:59:13Bonjour.
00:59:14Ce n'était pas ma question
00:59:14monsieur Niel ?
00:59:15C'est ma réponse ?
00:59:16Non, ça ne sera pas votre réponse.
00:59:17Je crois que vous devez la prendre.
00:59:17Attendez, vous n'êtes pas un procureur ?
00:59:19D'accord, vous me posez des questions
00:59:20et je réponds à vos questions.
00:59:21Vous m'avez posé une question,
00:59:22j'ai répondu à vos questions.
00:59:22Alors monsieur Niel,
00:59:23je crois que le respect
00:59:24de la représentation nationale
00:59:24est importante.
00:59:26Belle entrée en matière.
00:59:27Belle entrée en matière.
00:59:27Ça a commencé très fort.
00:59:29Agacé, Xavier Niel
00:59:30a expliqué qu'il était
00:59:31ce jour-là mobilisé
00:59:32sur la session d'Exaillon,
00:59:34une filiale d'EDF.
00:59:36L'homme d'affaires
00:59:36a surtout concentré
00:59:38ses critiques sur Charles Aloncle,
00:59:39le rapporteur
00:59:40de cette commission d'enquête.
00:59:41Exiger la transparence
00:59:43sur l'usage de l'argent
00:59:44des Français est nécessaire
00:59:45et je pense que vous avez
00:59:46entièrement raison de le faire.
00:59:48Mais je pense qu'il était
00:59:49possible de le faire,
00:59:50monsieur le rapporteur,
00:59:52Charles-Henri Aloncle,
00:59:53sans transformer
00:59:54votre commission en cirque.
00:59:58Merci pour l'invitation,
00:59:59mais je ne suis pas un Claude.
01:00:01Il a reproché ensuite
01:00:03au rapporteur
01:00:04une série de mensonges,
01:00:05je cite,
01:00:06publiées sur son compte X.
01:00:08Le président de la commission
01:00:09a dû suspendre la séance.
01:00:11À la reprise,
01:00:12Xavier Niel
01:00:13a poursuivi sur sa lancée
01:00:15et là franchement,
01:00:16on avait presque l'impression
01:00:16d'être au théâtre.
01:00:18Je mettrai les médias
01:00:19dont je suis actionnaire
01:00:20au service du combat
01:00:21contre l'extrême droite.
01:00:22Pouvons-nous lire
01:00:23le tweet du 6 décembre 2025 ?
01:00:24Pouvons-nous lire
01:00:25le tweet du 6 décembre 2025 ?
01:00:27Et on va le lire mot à mot.
01:00:28Ils utiliseront
01:00:29tous les moyens
01:00:30à leur disposition
01:00:31pour mener ce combat.
01:00:33Autrement dit,
01:00:33vos impôts,
01:00:34vos argent,
01:00:35votre argent,
01:00:36vos chaînes publiques,
01:00:37ma commission d'enquête
01:00:38a aussi permission
01:00:39de lever le voile
01:00:39sur cette utilisation
01:00:41des fonds publics,
01:00:41de vous dire
01:00:42enfin où va l'argent.
01:00:43Qu'est-ce que c'est beau.
01:00:44Ça, c'est votre phrase,
01:00:45monsieur le rapporteur.
01:00:45Bon, merci, monsieur Niel.
01:00:46Là, je crois qu'on a dépassé.
01:00:48Non, je suis à 6 minutes.
01:00:48Non, non, mais là,
01:00:49c'est un manque de respect.
01:00:50Je vous laissez 10 minutes.
01:00:51Je vais laisser la parole
01:00:52à monsieur Nommé.
01:00:53Si vous ne voulez pas m'entendre.
01:00:54Mais je vous entends.
01:00:55Non, vous ne voulez pas m'entendre.
01:00:56Vous ne laissez pas m'entendre.
01:00:56C'est 10 minutes
01:00:57de propos instructifs.
01:00:58Monsieur Niel,
01:00:59je vais vous laisser terminer.
01:01:01Et après ce début
01:01:02particulièrement tendu,
01:01:03l'audition s'est poursuivie
01:01:04dans une ambiance
01:01:05un peu plus calme
01:01:06mais qui restait un peu tendue.
01:01:07L'audition a duré 3 heures.
01:01:09Sophie Taillé-Pollian,
01:01:10quand on entend effectivement
01:01:12cette tension,
01:01:12on se dit
01:01:13mais à quoi ça sert ?
01:01:15Il y a manifestement
01:01:16un dévoiement
01:01:17du travail parlementaire
01:01:18qui est opéré
01:01:20par le rapporteur
01:01:21qui attaque
01:01:22les personnes auditionnées
01:01:23dans la presse
01:01:24plusieurs semaines,
01:01:25voire mois
01:01:26avant de les auditionner,
01:01:27qui formule des questions
01:01:29à mon sens biaisées.
01:01:31Cette commission d'enquête,
01:01:32malheureusement,
01:01:33je le craignais dès le départ,
01:01:34n'est pas une commission d'enquête
01:01:35sur l'audiovisuel public
01:01:37mais contre l'audiovisuel public.
01:01:39Donc nous sommes présents
01:01:41aux auditions
01:01:41parce que nous avons
01:01:42les députés
01:01:44qui ne sont ni rapporteurs
01:01:45ni présidents
01:01:46deux minutes
01:01:47de temps de parole
01:01:48pour essayer
01:01:49de rééquilibrer tout ça,
01:01:50de poser des questions de fond.
01:01:52Mais évidemment,
01:01:53on ne peut pas faire face
01:01:54à une commission
01:01:57qui dévoie
01:01:57le travail parlementaire.
01:01:58Je crois vraiment
01:01:58qu'il faut le dire.
01:02:00On voit,
01:02:01il y a de la tension
01:02:01dans les auditions
01:02:02et en plus,
01:02:02il y a des tensions
01:02:03à l'intérieur même
01:02:03de la commission
01:02:04puisque la députée
01:02:05Estelle Youssoufa,
01:02:06elle,
01:02:06qui en était membre aussi,
01:02:07a décidé de claquer la porte.
01:02:08Oui,
01:02:08on vous l'annonçait hier soir.
01:02:10La députée du groupe
01:02:11Liott a publié
01:02:12sur ses réseaux sociaux
01:02:13sa lettre
01:02:14abressée au président
01:02:16de cette commission
01:02:17d'enquête.
01:02:17Vous allez la voir,
01:02:18cette lettre.
01:02:19La tonalité,
01:02:20l'orientation,
01:02:20la tension
01:02:21autour de nos travaux
01:02:22ne participent pas
01:02:23à la sérénité nécessaire.
01:02:25L'audiovisuel public
01:02:26ne mérite pas
01:02:27pareil traitement.
01:02:28C'est ce qu'elle a mis
01:02:29aussi sur ses réseaux sociaux.
01:02:30Elle a donc démissionné
01:02:32sur X.
01:02:33Jérémy Patriel Etus,
01:02:34le président de cette commission,
01:02:35a pris acte
01:02:36de cette décision
01:02:36avec une pique
01:02:38à peine voilée.
01:02:39Je regrette
01:02:39que vos engagements
01:02:40ne vous aient pas permis
01:02:41de participer
01:02:42à une seule audition
01:02:43depuis le début
01:02:44de nos travaux.
01:02:45Votre connaissance
01:02:46des médias
01:02:46aurait été utile.
01:02:48Vous, Sophie Taillé-Pollian,
01:02:49vous avez songé
01:02:49à claquer la porte aussi
01:02:50ou vous tenez bon ?
01:02:51J'ai tenu bon
01:02:53parce que j'estime
01:02:55qu'on ne peut pas
01:02:55laisser le micro ouvert
01:02:57exclusivement
01:02:59à l'extrême droite
01:03:00avec sa vocation,
01:03:02sa volonté
01:03:02de mettre en cause
01:03:03de manière
01:03:06totalement disproportionnée.
01:03:07On a des choses
01:03:07sur l'audiovisuel public,
01:03:08bien sûr,
01:03:09mais totalement disproportionnées
01:03:10contre l'audiovisuel public
01:03:11donc malgré le fait
01:03:13que ces auditions
01:03:14étaient tendues,
01:03:15que c'était extrêmement
01:03:16désagréable,
01:03:16qu'on a assisté
01:03:17à des scènes
01:03:17de quasi-maccartisme.
01:03:19Oui,
01:03:19j'y suis beaucoup allée
01:03:22et j'y ai peu appris
01:03:23mais j'ai essayé
01:03:24de,
01:03:25comme je le disais
01:03:26tout à l'heure,
01:03:26de rééquilibrer,
01:03:27de recentrer
01:03:28le propos
01:03:29autant que j'ai pu.
01:03:30On poursuit Marco
01:03:31avec la Nouvelle-Calédonie.
01:03:32L'Assemblée nationale
01:03:33a dit non
01:03:34au projet de loi constitutionnel
01:03:35sur le statut
01:03:36de l'archipel.
01:03:36Dès l'ouverture
01:03:37des débats,
01:03:38ce matin,
01:03:38les députés ont adopté
01:03:39une motion de rejet
01:03:41avec les voix
01:03:41de toute la gauche
01:03:44Pour 190 contre 107,
01:03:47l'Assemblée nationale
01:03:48a adopté.
01:03:49La motion de rejet
01:03:50préalable est adoptée.
01:03:51En conséquence,
01:03:52le projet de loi
01:03:53constitutionnel
01:03:54est rejeté.
01:03:56Le texte prévoyait
01:03:57d'inscrire
01:03:58dans la Constitution
01:03:59les mesures
01:04:00de deux accords
01:04:00signés l'an dernier
01:04:02entre le gouvernement
01:04:03et les forces politiques
01:04:04locales.
01:04:05Parmi les mesures,
01:04:06la création
01:04:07d'un État
01:04:08de Nouvelle-Calédonie
01:04:09au sein
01:04:09de la République française
01:04:10avec des nouvelles compétences
01:04:12et même une nationalité
01:04:14calédonienne.
01:04:15Accord rejeté
01:04:16par le FLNKS,
01:04:17la principale force
01:04:19indépendantiste
01:04:19de l'île.
01:04:20L'un de ses représentants,
01:04:21Emmanuel Thibaut,
01:04:22est député.
01:04:23C'est lui
01:04:23qui défendait
01:04:24la motion de rejet.
01:04:25En droit international,
01:04:27un État souverain
01:04:28ne peut exister
01:04:28à l'intérieur d'un autre.
01:04:30Il s'agit
01:04:31d'un modèle
01:04:31d'autonomie interne,
01:04:32non d'une décolonisation
01:04:34externe.
01:04:35D'autant que
01:04:36la nationalité calédonienne
01:04:38n'aura d'existence
01:04:38qu'à condition
01:04:39d'être attachée
01:04:40à la nationalité française.
01:04:41De l'autre côté,
01:04:43le député
01:04:43non-indépendantiste
01:04:44Nicolas Metzdorf
01:04:45a regretté
01:04:46que l'Assemblée
01:04:47empêche le débat.
01:04:49Écoutez,
01:04:50je ne sais pas
01:04:50ce que nous devons
01:04:52faire de plus.
01:04:54Vous nous avez demandé,
01:04:56après les émeutes
01:04:58de 2024,
01:04:59de trouver
01:05:00un accord politique.
01:05:02C'est ce que nous avons fait
01:05:04au prix
01:05:05de grosses concessions,
01:05:07nous,
01:05:08les non-indépendantistes.
01:05:09Ce que je vous demande
01:05:10aujourd'hui,
01:05:12c'est
01:05:13au moins
01:05:14d'avoir la décence
01:05:15de débattre.
01:05:16Un appel
01:05:17qui n'a donc pas été
01:05:18entendu,
01:05:18le sort du texte
01:05:19est désormais
01:05:20entre les mains
01:05:21du gouvernement.
01:05:22Sébastien Lecornu,
01:05:23le Premier ministre,
01:05:24a réagi.
01:05:24Vous allez le voir,
01:05:25l'Assemblée nationale
01:05:26a choisi
01:05:27de refuser le débat.
01:05:29Le gouvernement
01:05:30prendra ses responsabilités,
01:05:31ni mobilisme,
01:05:32ni passage en force.
01:05:33Je cite
01:05:34le Premier ministre
01:05:35qui réunira
01:05:36la semaine prochaine
01:05:37les parties néo-calédoniennes
01:05:38favorables à l'accord
01:05:39sur la Nouvelle-Calédonie.
01:05:40Merci Marco,
01:05:41merci à tous les deux
01:05:43d'avoir fait des heures sub
01:05:43ce soir
01:05:44sur le plateau
01:05:45de Chaque Voix Compte.
01:05:46Merci Anna Cabana
01:05:47et merci Olivier Ravanello.
01:05:50Cette émission
01:05:50est rediffusée tout à l'heure
01:05:51à 23h30
01:05:52mais vous la retrouvez aussi
01:05:53sur lcp.fr
01:05:54et en replay
01:05:54sur les plateformes
01:05:55de podcast.
01:05:56Chaque Voix Compte
01:05:57revient demain
01:05:58à 19h30
01:05:58pour une émission
01:05:59en public
01:06:00consacrée au sucre.
01:06:02Mais il n'y aura
01:06:02pas de bonbons.
01:06:03J'aime pas trop ça.
01:06:04Dans un instant,
01:06:05pour ces débats d'hocs
01:06:06sur la vie
01:06:06de passer une excellente soirée.
01:06:07A demain.
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