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  • il y a 11 heures
À LA UNE / Voiture électrique : la grande accélération ?

Avec la guerre au Moyen-Orient, la flambée des prix à la pompe a fortement accéléré l'essor des véhicules 100 % électriques en France. Les ventes ont progressé de 48 % depuis janvier, avec une envolée de 69 % en mars. Elles représentent désormais un tiers du marché automobile : un niveau historique. Dans une note publiée jeudi 7 mai, l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) souligne que la hausse durable du coût des énergies fossiles, conjuguée à la baisse des prix des véhicules électriques d'occasion, renforce l'attractivité des solutions décarbonées. Dans le prolongement du plan d'électrification que le gouvernement entend déployer au cours de l'été, la ministre déléguée à l'énergie, Maud Bregeon, a confirmé, samedi 18 avril, le retour du dispositif de « leasing social » dès le mois de juillet. Cette formule de location à tarif réduit vise à faciliter l'accès à la voiture électrique pour les ménages aux revenus modestes. « Nous visons dans un premier temps 50 000 véhicules destinés aux Français modestes, percevant en moyenne moins de 2 200 euros par mois », a précisé la ministre. Le mouvement d'électrification est-il durablement enclenché ?

Invités :
- Pierre-Olivier Marie, rédacteur en chef adjoint de « Caradisiac.com »,
- Bastien Gebel, responsable décarbonation de l'industrie automobile de l'organisation « Transport et environnement »,
- Bernard Jullien, maître de conférences à l'université de Bordeaux, spécialiste de l'industrie automobile.

« La petite histoire dans la grande » : « Bruno Le Maire, une ambition publique » par Anna Cabana
« Quelle histoire ! » : « Charles de Gaulle, le sauveur d'Ormuz ? » par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Étudiants étrangers : le tri par le prix ?

Dans le cadre d'un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé le lundi 20 avril vouloir appliquer strictement les droits d'inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises. Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l'Union européenne seront appelés à la rentrée 2026 à s'acquitter de droits d'inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd'hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. Les organisations syndicales étudiantes ont appelé à manifester le 12 mai et dénoncent une mesure « xénophobe », « qui ira à l'encontre de l'objectif d'attractivité affiché comme caution par le gouvernement ». Faut-il appliquer des frais d'inscription différenciés pour les étudiants étrangers ?

Invités :
- Claire Lejeune, députée « La France Insoumise » de l'Essonne,
- Anne Genetet, députée « Ensemble pour la République » des Français établis hors de Frace, ancienne ministre de l'Éducation nationale,
- Paul-Henri Wallet, journaliste au Figaro.

« Bourbon express » par Marco Paumier.

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Transcription
00:00:06Générique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats.
00:00:29En direct de l'Assemblée Nationale avec, pour m'accompagner ce soir, un duo de choc.
00:00:34Anna Cabana, bonsoir.
00:00:36Bonsoir, chère Adeline.
00:00:37Olivier Ravanello, bonsoir.
00:00:38Merci à tous les deux d'être là.
00:00:40C'est parti pour le sommaire de ce soir.
00:00:41Avec à la une la grande bascule des Français vers la voiture électrique.
00:00:45Les ventes ont bondi de 48% depuis le début de l'année.
00:00:50La guerre au Moyen-Orient a, semble-t-il, été un déclencheur.
00:00:53S'agit-il d'une révolution durable ou d'une embellie éphémère ?
00:00:56Nous en parlons avec trois des meilleurs experts de la chose.
00:00:59Bonsoir Bernard Julien.
00:01:01Bonsoir.
00:01:01Merci d'être là.
00:01:02Vous êtes maître de conférence à l'Université de Bordeaux, spécialiste de l'industrie automobile.
00:01:07A vos côtés, Bastien Gébel, bonsoir.
00:01:09Bonsoir.
00:01:09Vous êtes responsable décarbonation de l'industrie automobile au sein de l'organisation Transport et Environnement.
00:01:15Merci d'être là.
00:01:16Avec Pierre-Olivier Marie.
00:01:17Bonsoir Pierre-Olivier.
00:01:18Bonsoir.
00:01:18Prédacteur en chef adjoint de Caradisac.com.
00:01:20Merci également Pierre-Olivier d'être là à suivre dans chaque voix-compte.
00:01:24Quelle histoire également avec Olivier Rabanello ?
00:01:26Oui, je vais vous parler de ce Charles de Gaulle qui est en route pour le golfe Persique.
00:01:31Vous connaissiez les casques bleus ?
00:01:32Cette fois-ci, je vais vous parler des coques bleues.
00:01:34C'est une invention française.
00:01:36Anna Cabana, vous, c'est la petite histoire dans la grande.
00:01:38De qui allez-vous nous parler ce soir ?
00:01:40Il vient de Bruno Le Maire.
00:01:42Parce que vous le croyez carbonisé, et bien Aline, il n'a renoncé à rien, rien de rien.
00:01:47Vous nous expliquerez ça tout à l'heure, Anna.
00:01:49Dans la deuxième partie de chaque voix-compte place à la question qui fâche, on va parler ce soir des
00:01:52droits d'inscription à l'université.
00:01:54Les syndicats étudiants appellent à manifester mardi prochain pour contester la hausse déguisée des frais d'inscription pour les étudiants
00:02:02non ressortissants de l'Union Européenne.
00:02:03FAC, le tri sélectif.
00:02:05On en débattra tout à l'heure avec Claire Lejeune, députée LFI de l'Essonne.
00:02:09Anne Jeunetet, députée EPR des Français établis hors de France et ex-ministre de l'éducation.
00:02:15Et Paul-Henri Vallès sera là également.
00:02:16Il est journaliste au Figaro.
00:02:17Vous pouvez évidemment interroger vous aussi nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:22Vous flashez le QR code là, regardez, il va apparaître.
00:02:24C'est Olivier Ravanello qui nous transmet tous vos messages en direct en plateau.
00:02:29Et puis tout à l'heure, il y aura aussi Bourbon Express, le journal de l'Assemblée présenté par Marco
00:02:33Pommier.
00:02:33Voilà, vous savez tout du menu de ce soir.
00:02:35Installez-vous confortablement.
00:02:37Jacques Voix-Compte, c'est parti.
00:02:45Laissez-moi d'abord vous parler de la Jamais-Contente.
00:02:48Alors, ce n'est pas Anna Cabana, ce n'est pas moi non plus.
00:02:50La Jamais-Contente, c'est le nom de la toute première voiture qui a franchi le cap des 100 km
00:02:55heure dans l'histoire automobile.
00:02:57C'était le 29 avril 1889, 19 pardon.
00:03:01Et signe particulier, c'était une voiture électrique, la Jamais-Contente.
00:03:05Et finalement, il aura donc fallu attendre 127 ans pour que la révolution électrique, elle ait vraiment lieu.
00:03:11Alors, heureusement, les voitures électriques ne ressemblent plus à la Jamais-Contente.
00:03:14Les ventes ont fait un bond de 48% depuis le début de cette année.
00:03:17Ça a même été plus 69% au mois de mars.
00:03:20Est-ce qu'on est vraiment à un moment de bascule ou est-ce une bulle temporaire ?
00:03:25On va en parler avec nos invités. D'abord, tous les chiffres avec Nicolas Fleury.
00:03:34L'heure du décollage pour la voiture électrique.
00:03:37Au moment où les prix des carburants flambent, les ventes de véhicules neufs électriques s'emballent.
00:03:43Chez Citroën, leur part a plus que doublé au mois d'avril.
00:03:48Deux fois plus de commandes chez Renault, plus 73% chez Volkswagen au premier trimestre.
00:03:54Les constructeurs font le même constat.
00:03:57Au niveau des clients en particulier, là aussi, on a vu une accélération.
00:04:00Et je pense que la crise dans le golf actuellement n'a fait qu'accélérer ce phénomène.
00:04:06Donc on voit bien clairement que l'électrique, dès lors qu'on commence à parler peut-être plus que d
00:04:12'écologie, de pouvoir d'achat surtout, en fait, ça parle au français.
00:04:15En chargeant à domicile, malgré le coût de l'installation, la promesse d'un plein 3 à 7 fois moins
00:04:22cher que les voitures thermiques séduit.
00:04:25Résultat, sur les trois premiers mois de l'année, l'électrique représente 28% des ventes de voitures neuves en
00:04:32France.
00:04:32Un chiffre parmi les plus élevés de l'Union européenne, bien au-dessus de la moyenne, 19%.
00:04:38Même si l'on reste encore loin du Danemark, où 80% des véhicules neufs sont électriques.
00:04:47Si ces voitures attirent davantage, c'est aussi parce qu'elles ont évolué.
00:04:52Meilleure autonomie, recharge plus rapide et des infrastructures en plein développement.
00:04:58200 000 bornes de charge publiques aujourd'hui en France, un chiffre qui doit doubler d'ici 4 ans.
00:05:04Mais ce qui continue de freiner les acheteurs, c'est le prix élevé de ces véhicules.
00:05:09Les tarifs ont beau baisser légèrement, ce sont surtout les aides publiques qui font la différence.
00:05:15Jusqu'à 5 700 euros de primes, plus un bonus, jusqu'à 2 000 euros si la batterie est faite
00:05:20en Europe.
00:05:22Il y a aussi le leasing social.
00:05:25Ce dispositif s'ouvrira à 100 000 nouveaux foyers dès le mois prochain.
00:05:30Ces aides suffiront-elles à faire durer la tendance ?
00:05:33Près d'un franc et sur deux cite le prix comme un obstacle pour passer à l'électrique.
00:05:39Alors on va d'abord ausculter ces chiffres de vente si vous voulez bien.
00:05:42D'abord, même question à tous les trois.
00:05:43Est-ce que vous avez été surpris par cette hausse de plus 48% Bernard Julien ?
00:05:49Vous qui observez ce marché depuis des années ?
00:05:51Dans la mesure, merci de rappeler mon âge.
00:05:55Non, je ne voulais pas vous faire offence, pardonnez-moi, des années électriques.
00:06:00Non, effectivement, le chiffre, il est quand même très directement lié, comme le reportage le rappelait,
00:06:05aux aides publiques qui ont été décidées à la fin de l'année 2025
00:06:09et qui produisent les immatriculations qu'on a maintenant.
00:06:13Donc effectivement, il y a une perfusion d'aides publiques qui permet de générer cela.
00:06:19Et ce n'est finalement pas tellement le prix du pétrole qui influe sur ces chiffres-là,
00:06:25puisque ça est intervenu en avril et que les commandes que passeront les ménages
00:06:29ou les entreprises en avril ne se verront dans les immatriculations qu'un peu plus tard.
00:06:34Donc ça veut dire que...
00:06:35Parce que quand on dit plus 48% de vente, ce n'est pas plus 48% d'immatriculation,
00:06:40c'est plus 48% de vente dans les concessions, c'est des chiffres qui remontent des constructeurs.
00:06:44Quand on compte les immatriculations, on compte le nombre de véhicules qui sont mis à la route.
00:06:47Donc les véhicules mis à la route, ça correspond aux immatriculations.
00:06:50Donc les commandes, on les a par ailleurs, les commandes, elles ont grimpé très fortement en avril,
00:06:55mais ça ne sera perceptible dans les immatriculations qu'un peu plus tard.
00:06:58Ce qui rend relativement optimiste sur la tendance qui va se dessiner sur l'année 2026,
00:07:04qui va être durablement favorable, alors que l'on craignait un peu qu'une fois
00:07:08les failings sociaux passés sur le second trimestre,
00:07:11on est un creux qu'on n'aura probablement pas, étant donné les raisons,
00:07:17les bonnes raisons qu'il y a d'acquérir des véhicules électriques, même un peu chers.
00:07:21L'autre effet, évidemment, c'est le fait que les véhicules un peu moins chers
00:07:24sont en train d'arriver sur le marché.
00:07:25Donc ça, on s'attendait à ce que ça advienne.
00:07:28C'est maintenant, on a déjà une IC3 qui a ces caractéristiques-là.
00:07:34Renault tarde un petit peu à baisser les prix sur CR5, mais ça va venir.
00:07:37Et puis on a quand même chez Renault la Twingo.
00:07:40Et donc il n'y a pas forcément besoin d'aller chercher des véhicules chinois
00:07:43pour accéder à des véhicules un peu plus accessibles.
00:07:46C'est un petit peu la bonne nouvelle plus structurelle,
00:07:49au-delà des effets conjoncturels que je viens de rappeler,
00:07:51qui se manifestent en cette année 2026.
00:07:53Vous voyez au piné du chef, Pierre-Olivier Marie, vous en faites la même lecture ?
00:07:56Il ne faut pas tout de suite voir le rapport avec la guerre au Moyen-Orient et le choc pétrolier
00:08:00?
00:08:01Alors, il y a un rapport dans les commandes,
00:08:03puisque l'autre jour j'en parlais avec le patron de Citroën,
00:08:04qui disait qu'il observait clairement un effet guerre en Iran sur les commandes.
00:08:08Dès le mois de mars, il a vu une accélération qui l'alliait à ce conflit.
00:08:12Et il n'est pas le seul constructeur à faire ce constat.
00:08:15Ça se voit aussi dans le marché de l'occasion.
00:08:17En avril, les ventes de voitures électriques, ça a été plus 63%,
00:08:20les voitures électriques d'occasion.
00:08:21Sur un site comme la centrale, les requêtes ont presque doublé début mars,
00:08:25quelques jours après le conflit.
00:08:26Donc en fait, tous les gens, je pense, qui étaient un peu hésitants face à l'électrique,
00:08:30finalement, ça les aide un peu à franchir le pas.
00:08:33Ça les aide.
00:08:34Il y a l'indice prix, le fait de ne plus avoir à passer à la pompe, notamment.
00:08:38Mais comme le disait Bernard Julien,
00:08:40on arrive aussi à un moment où enfin,
00:08:42des véhicules un peu plus accessibles arrivent sur le marché.
00:08:45La voiture la moins chère aujourd'hui, elle coûte combien ?
00:08:48On va dire que c'est une voiture un peu sérieuse,
00:08:50avec laquelle vous pouvez un peu rouler, faire un peu de route.
00:08:52C'est une IC3 Citroën, autour de 13 000 euros.
00:08:55Aujourd'hui, c'est le modèle le moins cher sur le marché ?
00:08:58Après, il y a la Dacia Spring, un peu moins chère.
00:09:00Mais bon, des voitures un peu polyvalentes comme ça.
00:09:02Il y a cette C3, il y a la Twingo de Renault qui arrive dans les semaines à venir.
00:09:06Donc voilà, à moins de 15 000 euros,
00:09:08on commence à avoir un panel de voitures chinoises également,
00:09:11qui permettent vraiment de rendre tous les services nécessaires au quotidien.
00:09:14Finalement, on ne demande pas beaucoup plus à une voiture
00:09:16que de faire 30, 40 kilomètres par jour.
00:09:18Et là, on a des voitures qui ne sont pas très chères et qui arrivent sur le marché.
00:09:21Et quand vous dites moins de 15 000 euros, c'est sans les aides publiques encore ?
00:09:25Oui, oui, voilà, avec de petites aides.
00:09:27De toute façon, elles ont quand même été fortement réduites, les aides.
00:09:29Mais oui, oui.
00:09:30En prix catalogue, il n'y a pas quand même beaucoup de véhicules
00:09:32qui soient en dessous de 20 000.
00:09:34Donc ça veut dire que pour accéder à cette tranche de 15-20 000,
00:09:39il faut que les aides publiques soient là néanmoins.
00:09:41Bastien Gébel, vous vous réjouissez, j'imagine, de ces chiffres.
00:09:45Est-ce que vous vous dites qu'on est, ça y est,
00:09:47dans ce moment de bascule qu'on attend depuis longtemps ?
00:09:49Oui, tout à fait, mais c'est une tendance que l'on avait déjà observée
00:09:53sur la fin de l'année 2025, finalement, qui se prolonge sur le début de l'année 2026.
00:09:58Une tendance nationale en France, mais une tendance européenne plus largement.
00:10:02Les causes ont été très bien analysées par mes deux collègues.
00:10:07Je mette quand même l'accent sur, effectivement,
00:10:09l'arrivée de ces petits véhicules électriques qui font vraiment la différence,
00:10:13mais aussi sur l'électrification des flottes d'entreprises,
00:10:17qui est un autre levier très important.
00:10:20Les dispositifs fiscaux ont incité de plus en plus les entreprises à passer à l'électrique.
00:10:26Et en fait, ça devient maintenant une question de compétitivité pour les entreprises
00:10:30que d'adopter les véhicules électriques dans leurs flottes.
00:10:33Ça leur fait des économies d'usage.
00:10:35Et donc, en France, on voit vraiment un boom de ces véhicules-là.
00:10:38C'est très important d'électrifier les flottes des grandes entreprises,
00:10:42aussi parce que ces flottes-là alimentent rapidement le marché de l'occasion.
00:10:46Voilà, mais c'est aussi ce qui a apporté le marché de la voiture électrique
00:10:48depuis un moment, les flottes d'entreprises.
00:10:50Alors, depuis un moment, depuis les derniers mois,
00:10:52il y a eu un changement assez rapide vers l'électrique des flottes de grandes entreprises.
00:10:59Et donc, c'est important aussi parce que 80% des consommateurs,
00:11:02plus de 80% des consommateurs se fournissent sur le marché de l'occasion.
00:11:06Et donc, pour qu'ils aient des véhicules électriques qui soient abordables pour eux,
00:11:09eh bien, il faut que ces véhicules-là arrivent sur le marché de l'occasion.
00:11:13Je vais venir au marché de l'occasion, mais j'avais encore deux questions sur ce thème.
00:11:16Est-ce qu'il y a encore un match voiture électrique, voiture hybride, dans l'esprit des acheteurs ?
00:11:21Je crois que les acheteurs font bien la différence entre ces deux types de véhicules.
00:11:26Bien sûr, les motorisations hybrides représentent encore plus d'immatriculations
00:11:31que les motorisations électriques.
00:11:35Mais on voit que les acheteurs se tournent de plus en plus vers la motorisation électrique,
00:11:40qu'ils prennent aussi les habitudes qui vont avec le passage vers le véhicule électrique,
00:11:44la recharge, l'autonomie de la batterie, qui pouvaient être des points bloquants,
00:11:48le sont de moins en moins, à la fois parce que les modèles qui arrivent sont de meilleure qualité,
00:11:52mais aussi parce que tout un ensemble de freins psychologiques se lèvent au fur et à mesure.
00:11:57Est-ce qu'il y a un argument écologique dans l'acte d'achat aujourd'hui où, en fait, c
00:12:01'est vraiment le prix ?
00:12:03Non, on voit assez peu l'argument écologique émerger.
00:12:07En fait, les gens vont vers les véhicules électriques parce que c'est une bonne solution pour eux,
00:12:12qui est adaptée à leurs usages, parce que c'est un bon prix
00:12:15et parce qu'ils s'y retrouvent en termes d'usage,
00:12:18pas nécessairement parce qu'ils ont des grandes considérations,
00:12:20même si le véhicule électrique est plus écologique, bien sûr, que les autres options.
00:12:26Il y a peut-être aussi un paramètre à observer, c'est le mode d'achat.
00:12:29Est-ce que les voitures électriques qui sont vendues aujourd'hui sont vendues cash
00:12:32ou est-ce que c'est des leasing, des locations longue durée, locations avec options d'achat ?
00:12:36Ce qui tire le marché automobile, c'est la location LOA ou LLD.
00:12:40Voilà, c'est ça qui fonctionne. Il y a très peu d'achats, finalement.
00:12:43Et ce que les constructeurs nous vendent plus qu'un prix de 15 000 euros,
00:12:47ce sont des loyers peu élevés.
00:12:48Et c'est là-dessus qu'ils comptent Renault avec la R5.
00:12:51Ils ont un modèle d'entrée de gamme autour de 150 euros.
00:12:54Et voilà, c'est comme ça qu'ils vont écouler leurs voitures.
00:12:58Mais ce n'est pas du tout le prix d'achat.
00:12:59Bernard Julien ?
00:13:00Alors, de ce point de vue-là, si vous voulez, effectivement,
00:13:02et c'est tout à fait juste, l'essentiel des ventes de véhicules électriques
00:13:05se fait en location avec option d'achat.
00:13:07Et pour pouvoir proposer des loyers relativement élevés,
00:13:11les constructeurs ont une sale habitude qui consiste à survaloriser la voiture à terme.
00:13:16Ils font comme si la voiture allait valoir beaucoup d'argent au bout de trois ans,
00:13:19alors qu'elle en vaut beaucoup moins.
00:13:21Et c'est une source de conflits très très fort entre les constructeurs et leurs distributeurs
00:13:26qui, eux, endossent ce risque-là, si vous voulez.
00:13:29Donc là, ce qui se passe aujourd'hui avec la guerre au Moyen-Orient,
00:13:32c'est qu'on a une très forte demande sur les véhicules électriques
00:13:34qui permet d'avoir des valeurs du véhicule d'occasion qui se tiennent mieux.
00:13:38Donc ça pacifie un peu le climat.
00:13:39Évidemment, ça ne fait que refermer cette plaie-là pour quelque temps.
00:13:45Tant que Donald Trump sera guerrier, quand il cessera de l'être,
00:13:49eh bien il est à craindre que cette problématique-là se retrouve.
00:13:54Et ça, c'est quand même un des problèmes qu'il va falloir régler
00:13:58parce que ça risque d'être un problème à terme pour l'ensemble du système, dirais-je.
00:14:03Vous parliez du marché de l'occasion.
00:14:04Plus 62% des ventes de voitures électriques d'occasion en avril,
00:14:08ça a fait un peu plus de 26 000 immatriculations.
00:14:10C'était 16 000 en avril 2025.
00:14:13Donc là, on a un vrai bon, un vrai retournement de tendance peut-être.
00:14:16On regarde d'abord le reportage de Maït Effremont, s'il vous plaît.
00:14:22Là, vous serez entre 5 et 6 fois moins cher qu'une voiture essence.
00:14:26Je parle mensuellement.
00:14:27L'allègement de votre facture, qui plus est face à la flambe des prix de l'essence,
00:14:32voilà l'argument numéro 1 utilisé par Alexandre depuis plusieurs semaines.
00:14:38Un de ses clients, de passer à l'électrique.
00:14:41Voilà, elle a un certain nombre d'années, mais elle a seulement 30 000 kilomètres et elle est reconditionnée.
00:14:45Ici, dans sa concession automobile d'occasion,
00:14:48Alexandre n'a plus beaucoup de voitures électriques disponibles à la vente.
00:14:52Raison, elles partent comme des petits pains.
00:14:55Effectivement, la tendance en ce moment pour l'électrique et l'hybride, elle s'est développée.
00:14:58Par rapport à avant, il y a eu une évolution importante.
00:15:00Je dirais qu'on est un bon tiers de ce qu'on propose.
00:15:04On vend une petite centaine de voitures par mois,
00:15:06donc entre 30 et peut-être même 50 voitures par mois électriques ou hybrides.
00:15:11Et ces chiffres reflètent les ventes de voitures électriques d'occasion en France.
00:15:15Plus 62% sur le seul mois d'avril.
00:15:18Mais la France bascule-t-elle vers le tout électrique ?
00:15:22L'essence en ce moment, le diesel est un peu cher.
00:15:24C'est-à-dire que je me suis dit autant passer sur une hybride
00:15:27où moi je peux rouler un peu en électrique et un peu en essence.
00:15:30Ce matin-là, il y a encore certains clients qui se montrent très réticents.
00:15:35Le diesel pour moi, ça reste fiable.
00:15:38Aujourd'hui, on trouve des diesels à 300 000, 400 000 kilomètres.
00:15:41J'ai un véhicule qui est devant, là-bas, qui est à 300 000 kilomètres
00:15:43et qui roule mieux que certaines voitures qu'on en 50 000.
00:15:46Malgré tout, sur la plus grande plateforme en ligne de voitures d'occasion,
00:15:50cela ne fait aucun doute.
00:15:51Il y a un engouement certain.
00:15:53On a observé une augmentation des recherches de véhicules électriques
00:15:56de plus 160% sur un mois.
00:15:59Un véhicule électrique d'occasion coûte deux fois moins cher
00:16:01qu'un véhicule électrique neuf.
00:16:03Donc c'est assez naturellement que lorsqu'on a une pression
00:16:06sur les prix du carburant,
00:16:08le consommateur va se tourner vers des véhicules électriques d'occasion.
00:16:12Des modèles électriques d'occasion qui ont baissé en moyenne de 10%.
00:16:15En un an, toujours un peu plus cher que les voitures thermiques,
00:16:20mais l'écart se resserre.
00:16:22Je crois qu'il y a une question téléspectateur, Olivier Ravanello.
00:16:25Oui, Bruno, qui demande une petite précision sémantique.
00:16:28Voiture électrique, quand la voiture est hybride,
00:16:31c'est-à-dire qu'il y a de l'électrique plus un moteur thermique,
00:16:33c'est aussi de l'électrique ?
00:16:35C'est une voiture thermique.
00:16:36Une hybride, c'est une voiture thermique.
00:16:38Voilà, tout simplement.
00:16:39Après, il peut y avoir des hybrides simples,
00:16:40qui sont des moteurs thermiques suppléés par un petit moteur électrique,
00:16:44ou des hybrides rechargeables avec un moteur électrique
00:16:47qui peut à lui seul propulser la voiture,
00:16:49mais ça reste des voitures électrifiées,
00:16:51pas des voitures électriques.
00:16:52Une voiture électrique, c'est une voiture qui...
00:16:54À 100% électriques.
00:16:56En termes de décarbonation, un véhicule hybride,
00:16:59c'est à peu près l'équivalent d'un véhicule diesel.
00:17:02Alors, pardon, ça fait sens quand un garagiste
00:17:05cumule ses ventes d'hybrides et d'électriques ?
00:17:06Non, ça ne fait pas sens.
00:17:07C'est une sale attitude,
00:17:09compris les constructeurs et les vendeurs de voitures,
00:17:11de mettre tout ça dans le même sac,
00:17:12alors que ça n'a pas grand sens,
00:17:14ni sur le plan commercial, ni sur le plan écologique.
00:17:17Moi, je me mets à la place d'un acheteur potentiel.
00:17:19Je me dis, si je veux acheter une voiture neuve
00:17:21ou une voiture d'occasion,
00:17:22déjà que j'ai des réticences,
00:17:24à aller vers le neuf.
00:17:25Mais alors, vers l'occasion.
00:17:27D'abord, c'est quoi les véhicules électriques d'occasion
00:17:29qui arrivent sur le marché ?
00:17:30On a parlé des flottes d'entreprises
00:17:31qui remettent ensuite les véhicules sur le marché,
00:17:34qui s'en séparent au bout de certaines années
00:17:35ou de certains mois, c'est ça ?
00:17:363 ans, en général.
00:17:383 ans.
00:17:383 ans ?
00:17:39Souvent.
00:17:40Ça vaut le coup d'acheter une voiture électrique
00:17:42il y a déjà 3 ans ?
00:17:43Oui, si vous vous assurez de l'état de sa batterie,
00:17:46en fait, vous pouvez obtenir ce qu'on appelle...
00:17:47On peut contrôler des bougies, des moteurs et tout ça.
00:17:50Oui, mais c'est encore plus facile
00:17:51de contrôler l'état d'une batterie.
00:17:52En fait, le moteur d'une voiture électrique,
00:17:53il est inusable quasiment.
00:17:54Il fera un million de kilomètres peut-être.
00:17:57Le moteur en tant que tel, il est très simple.
00:17:58Le problème éventuel, il vient de la batterie
00:18:00qui, elle, peut s'user,
00:18:02comme la batterie de votre téléphone.
00:18:03Je ne veux pas tout mélanger,
00:18:04mais c'est un peu l'idée.
00:18:05Et vous pouvez, par contre,
00:18:06faire contrôler l'état de cette batterie,
00:18:08son état de charge.
00:18:09On va dire qu'au bout de 200 kilomètres,
00:18:11elle sera à 85% de sa capacité initiale.
00:18:14Je schématise vraiment.
00:18:16Et de là, vous pouvez vous faire une idée
00:18:18vraiment de l'état de la voiture,
00:18:19de son groupe motopropulseur.
00:18:21Il faut ajouter qu'en matière de batterie,
00:18:23on n'a eu que des bonnes surprises.
00:18:25C'est-à-dire que moi qui suis âgé,
00:18:27comme vous le soulignez tout à l'heure...
00:18:28Non, arrêtez !
00:18:30Elle n'a pas dit ça.
00:18:31Merci, Anna.
00:18:32Il y a quelques années,
00:18:33on avait tendance à dire
00:18:34la batterie, ça durera 7 ans, 8 ans.
00:18:36Il faudra la changer
00:18:37au milieu du cycle de vie du véhicule.
00:18:39Aujourd'hui, on est plutôt en train de se dire
00:18:41qu'il est possible
00:18:42qu'il y ait des batteries qui survivent au véhicule.
00:18:45Et par conséquent,
00:18:45on a des batteries qui peuvent faire 10, 15 ans.
00:18:49On ne sait pas jusqu'où ça ira.
00:18:50Mais on n'a que des bonnes surprises.
00:18:51Ce qui veut dire que sur le marché de l'occasion,
00:18:53l'inquiétude originelle,
00:18:55elle existe encore dans la tête des gens,
00:18:57mais elle existe beaucoup moins
00:18:58chez les spécialistes ou les techniciens
00:18:59parce qu'en matière de batterie,
00:19:01on a de bonnes surprises.
00:19:02Et puis, accessoirement,
00:19:03on est en train d'apprendre à réparer
00:19:05ou à redonner un coup de jeûne aux batteries.
00:19:08Toutes choses qui font que
00:19:11le vieillissement
00:19:13ne sera pas probablement
00:19:14le problème qu'on croyait
00:19:15qu'il devait être au départ.
00:19:17D'accord.
00:19:17Comme vous le disiez,
00:19:19effectivement, l'état de la batterie,
00:19:20c'est encore un sujet
00:19:20qui peut inquiéter les gens.
00:19:22Et donc, ce que l'on pense...
00:19:23Par ignorance, hein !
00:19:24Oui, mais c'est tout à fait normal.
00:19:26C'est une nouvelle technologie
00:19:27qui arrive sur le marché.
00:19:28Il y a des doutes qui vont avec.
00:19:29Et donc, ce qu'il faut défendre,
00:19:31me semble-t-il,
00:19:32c'est l'obligation
00:19:34pour...
00:19:34Lorsque ces véhicules-là
00:19:35arrivent sur le marché de l'occasion,
00:19:37que ce diagnostic batterie soit fait,
00:19:39que l'acheteur potentiel
00:19:41puisse avoir de la visibilité,
00:19:43une forme de fiche technique
00:19:44très, très simple
00:19:45et très facilement lisible
00:19:46qui lui permette
00:19:47de comprendre très facilement
00:19:48que la batterie est en bon état
00:19:50et qu'il peut avoir confiance
00:19:51dans ce véhicule-là.
00:19:52Autre question, Olivier ?
00:19:53Ah, ben, évidemment.
00:19:54La voiture, ça fait parler.
00:19:55Ça, on le sait.
00:19:56Timo a une question.
00:19:57Il se pose la question
00:19:59de savoir à partir de quel moment,
00:20:01dans combien de temps,
00:20:02est-ce que ce sera,
00:20:03sur le long terme,
00:20:04plus rentable d'avoir
00:20:05une voiture électrique
00:20:05qu'une voiture thermique ?
00:20:07Ah !
00:20:07Plus rentable d'un point de vue économique ?
00:20:09Bien sûr.
00:20:10Alors, bon, ça va dépendre
00:20:11de la solution de recharge,
00:20:13ça va dépendre des modèles
00:20:15qui sont achetés.
00:20:17En fait, actuellement,
00:20:18il y a une différence
00:20:18de l'ordre de 2, 3, 4 000 euros
00:20:20en fonction du segment
00:20:22de la voiture
00:20:22entre une voiture électrique
00:20:24et une voiture thermique.
00:20:25Sur le prix de la recharge,
00:20:27c'est là où la voiture électrique
00:20:28rattrape son retard,
00:20:29vous avez une recharge
00:20:30qui est autour de 2 à 6 euros
00:20:32pour 100 kilomètres
00:20:34sur le véhicule électrique.
00:20:35C'est plus de 10 euros,
00:20:37actuellement,
00:20:37surtout avec le prix du carburant,
00:20:40pour le véhicule thermique.
00:20:42Vous faites l'équation,
00:20:43vous vous rendez compte
00:20:43que dans les cas
00:20:44les plus favorables,
00:20:45en 3, 4, 5 ans,
00:20:46vous avez amorti
00:20:47la différence de prix d'achat.
00:20:48Donc, en réalité,
00:20:49c'est un investissement
00:20:50qui est rentable
00:20:50Donc, après 3 ou 4 ans,
00:20:52je commence à gagner de l'argent
00:20:53par rapport à une voiture thermique.
00:20:53C'est ça,
00:20:53mais en particulier,
00:20:54si vous avez beaucoup
00:20:55la possibilité
00:20:56de vous recharger,
00:20:57c'est vous.
00:20:57C'est sur la recharge à domicile,
00:20:59qui est la moins chère,
00:21:00que vous allez vraiment
00:21:02faire votre bénéfice,
00:21:04que vous allez vraiment
00:21:05bénéficier de cette recharge
00:21:06de la voiture électrique.
00:21:07Alors là,
00:21:07il n'y a pas d'entretien,
00:21:08il n'y a pas les vidanges
00:21:09et tous ces trucs-là
00:21:10qui plombent le budget
00:21:11chaque année,
00:21:12c'est fini.
00:21:12Oui, c'est-à-dire
00:21:13qu'il faut cumuler.
00:21:14de faire installer des recharges.
00:21:16Il y a Patrick
00:21:17qui pose la question
00:21:18dans une copropriété.
00:21:20Alors, c'est un peu le sujet.
00:21:21C'est le sujet.
00:21:21En fait,
00:21:22si vous avez une maison,
00:21:23un jardin,
00:21:23vous installez une borne
00:21:24et c'est terminé
00:21:25et vous ne passerez plus
00:21:26jamais au thermique.
00:21:27Par contre,
00:21:28si vous êtes en copropriété,
00:21:30c'est beaucoup plus compliqué.
00:21:31En fait, finalement,
00:21:31c'est pour les gens
00:21:32qui habitent en ville
00:21:33qu'avoir une électrique
00:21:34est moins facile.
00:21:34C'est un comble.
00:21:35Voilà, ce qui est un peu absurde.
00:21:36Ce n'est pas forcément absurde
00:21:37parce que c'est quand même
00:21:38dans le monde peu dense
00:21:39qu'on fait le plus de kilomètres.
00:21:40Donc, il est très important
00:21:43d'électrifier
00:21:44les mobilités
00:21:45dans le monde peu dense
00:21:46parce que c'est là
00:21:47qu'il y a du carbone.
00:21:47Alors, justement,
00:21:48on y vient.
00:21:49C'est là qu'on a le plus de gains
00:21:51finalement de pouvoir d'achat
00:21:52parce qu'on fait le plus de kilomètres.
00:21:53Donc, ça a tout à fait du sens
00:21:54d'électrifier
00:21:55quand on est à la campagne.
00:21:56Il faut peut-être modérer
00:21:57cette affaire-là
00:21:58parce qu'on est toujours
00:21:59en train de comparer
00:22:00neuf contre neuf.
00:22:01Or, il y a huit achats sur neuf
00:22:04des ménages
00:22:04qui se font plutôt
00:22:05sur l'occasion.
00:22:06Et donc, pour eux,
00:22:07dès que le matériel d'occasion
00:22:08sera disponible,
00:22:09là, le gain,
00:22:10il va être immédiat, si vous voulez.
00:22:11Tout le problème aujourd'hui,
00:22:12c'est que sur le marché de l'occasion,
00:22:13il y a très peu de véhicules
00:22:15et c'est des véhicules
00:22:17qui commencent aujourd'hui
00:22:18à avoir un certain âge.
00:22:22Pour les premiers modèles,
00:22:24les premières Zoé
00:22:25sont effectivement
00:22:27un peu en deçà
00:22:28de ce qui est proposé aujourd'hui
00:22:30sur les mêmes catégories
00:22:31de véhicules.
00:22:32Et typiquement,
00:22:33les dernières des Zoé,
00:22:34ce sont de très bonnes affaires
00:22:35en occasion aujourd'hui.
00:22:37Mais évidemment,
00:22:38elles sont plutôt
00:22:39aux alentours de 8 ou de 10 000
00:22:41qu'aux alentours
00:22:42de 3 ou 4 000.
00:22:43Or, il faut quand même savoir
00:22:45que la moitié des véhicules
00:22:46d'occasion achetés
00:22:47par les ménages français
00:22:48sont des véhicules
00:22:49de 10 ans et plus.
00:22:50Donc, des véhicules
00:22:51qui sont plutôt
00:22:51en dessous de 4 000 euros.
00:22:53Donc, évidemment,
00:22:53le compte n'y est pas tout à fait
00:22:54pour la majorité des ménages.
00:22:56On n'y sera pas tout de suite.
00:22:57On parlait des bornes de recharge.
00:22:59Ça a longtemps été un frein.
00:23:01C'était la charge mentale
00:23:02de la charge électrique.
00:23:04Aujourd'hui,
00:23:05je parle vraiment
00:23:06en connaissance de cause.
00:23:08Aujourd'hui,
00:23:09on est libéré
00:23:09de cette charge mentale
00:23:11ou est-ce qu'elle reste encore
00:23:12un frein à l'achat ?
00:23:13À l'usage,
00:23:14on acquiert certaines habitudes
00:23:16et on s'organise un petit peu
00:23:17pour ne plus être confronté
00:23:19au stress de la charge finalement.
00:23:21Aujourd'hui,
00:23:22il y a 192 000 points
00:23:23de charge publics en France.
00:23:25Très trop, oui.
00:23:26Alors, j'ai appris
00:23:27qu'on était le deuxième pays d'Europe
00:23:28le mieux équipé
00:23:29après les Pays-Bas.
00:23:30J'étais très surprise.
00:23:31Et Bernard,
00:23:31vous dites qu'il y en a trop.
00:23:32Non, ce n'est pas ça.
00:23:33C'est un business model
00:23:35qui est très, très compliqué
00:23:35à trouver
00:23:36puisqu'on a des bornes nombreuses
00:23:38qui sont très peu utilisées.
00:23:39Du coup,
00:23:40pour un opérateur privé,
00:23:41installer une borne,
00:23:42c'est un enfer financier.
00:23:44Bernard, Julien,
00:23:45j'ai envie de vous dire,
00:23:45ça m'arrive de passer
00:23:46devant des stations-service
00:23:47qui sont désertes.
00:23:48Oui.
00:23:49Alors, c'est pareil
00:23:50pour des bornes de recharge ?
00:23:51Et toutes les municipalités
00:23:52qui avaient fait l'effort
00:23:53il y a quelques années
00:23:54se sont aperçues
00:23:55que leurs bornes
00:23:56étaient tellement peu fréquentées
00:23:57parce que les gens
00:23:58achètent des voitures électriques
00:23:59si et seulement si
00:24:00ils peuvent recharger
00:24:01à la maison,
00:24:01si vous voulez.
00:24:02Et du coup,
00:24:04la borne sur la voie publique,
00:24:05c'est une obsession
00:24:06des constructeurs.
00:24:07Évidemment,
00:24:07ce n'est pas eux qui payent.
00:24:07Ils adorent qu'il y en ait partout.
00:24:09Mais on a un problème
00:24:10pour équilibrer le système.
00:24:12Pourquoi Fabrice,
00:24:12qui revient de Suède,
00:24:13nous dit que là-bas,
00:24:15il y en a énormément
00:24:15et en France,
00:24:16il n'y en a pas assez
00:24:17et quand est-ce qu'on va s'y mettre ?
00:24:18Et Bernard, Julien,
00:24:18il dit qu'il y en a trop.
00:24:19Oui, je ne dis pas
00:24:20qu'il y en a trop.
00:24:20Je dis que poser la question ainsi,
00:24:22ce n'est pas forcément
00:24:23la meilleure manière
00:24:24de résoudre les cautions.
00:24:25Pour l'instant,
00:24:26si déjà les gens
00:24:27qui peuvent recharger
00:24:28à la maison
00:24:29avaient des véhicules électriques,
00:24:30on aurait quand même
00:24:31résolu une partie du problème.
00:24:33Après,
00:24:34on a cette fameuse question
00:24:35de la poule ou de l'oeuf.
00:24:36Est-ce qu'il faut mettre des bornes
00:24:37pour qu'il y ait des voitures électriques
00:24:38ou est-ce que,
00:24:39quand les voitures électriques
00:24:40seront là,
00:24:40il faudra mettre des bornes
00:24:41pour les recharger ?
00:24:42Moi, j'ai plutôt tendance
00:24:43à penser que si on doit
00:24:44mettre de l'argent public,
00:24:46c'est plutôt à aider l'industrie
00:24:47qu'il faut s'employer
00:24:47plutôt qu'à aider
00:24:48les quelques utilisateurs.
00:24:49On va y venir,
00:24:49mais juste un dernier mot là-dessus.
00:24:51Il se trouve qu'il y a quand même
00:24:52une loi qui a introduit
00:24:53un droit à la prise.
00:24:54Elle date de 2021.
00:24:56On avait pris quand même
00:24:57les choses suffisamment à l'avance.
00:24:58Ce n'est pas la même question.
00:24:59Oui, mais le droit à la prise
00:25:01qui est opposable
00:25:02au syndic de copropriété.
00:25:04Ça, c'est très important.
00:25:05Puisque vous disiez vous-même,
00:25:05Pierre-Olivier Marie,
00:25:06que c'est l'enjeu du moment,
00:25:08c'est de pouvoir équiper
00:25:09en borne de recharge
00:25:10les copros.
00:25:11Oui, oui, le droit à la prise existe,
00:25:12mais il est assez peu appliqué.
00:25:14Mais pour autant,
00:25:14il est tout à fait possible
00:25:15de saisir son syndic
00:25:16et d'organiser.
00:25:20Sauf quand ils passeront
00:25:21à l'électrique.
00:25:22Ils voudront votre prise.
00:25:23Ça progresse doucement.
00:25:25Ça progresse doucement.
00:25:26Et le gouvernement a mis
00:25:27des objectifs quand même
00:25:28assez ambitieux.
00:25:29Donc, on sent bien
00:25:29la volonté du gouvernement
00:25:31d'accélérer sur ce pan
00:25:33qui était peut-être
00:25:34un petit peu délaissé
00:25:35et en difficulté.
00:25:36Il y a une autre accélération
00:25:37qu'il faudrait avoir,
00:25:37c'est le temps de recharge aussi, non ?
00:25:40Quand on voit l'été,
00:25:42on commence à voir
00:25:43pendant les vacances
00:25:44des files d'attente
00:25:45sur les autoroutes
00:25:46pour recharger son véhicule électrique
00:25:48parce que sur certaines voitures,
00:25:49il faut bien 25 minutes.
00:25:50Est-ce qu'on finira
00:25:51par arriver à ce type
00:25:52de recharge en France ?
00:25:53Je ne sais pas si on peut voir
00:25:54les images
00:25:55de ce constructeur chinois
00:25:57à Pékin.
00:25:58qui, lui, installe
00:25:59carrément des stations
00:26:00d'échange de batteries.
00:26:01C'est-à-dire, hop,
00:26:02vous y allez,
00:26:02ça prend 5 minutes,
00:26:03on enlève votre batterie
00:26:04parce qu'elle est vide
00:26:05et puis on vous en met
00:26:05une plane et vous repartez.
00:26:07Ça arrivera en France,
00:26:08ça, ou c'est déjà ?
00:26:10En gros, c'est une formule
00:26:12qui a déjà séduit
00:26:13il y a pratiquement 10 années
00:26:14puisque chez Renault
00:26:16et Nissan,
00:26:16ils avaient essayé
00:26:18d'immiscer cela en vain.
00:26:20C'est très, très compliqué
00:26:21parce qu'il faudrait
00:26:21que tout le monde
00:26:22mette la batterie
00:26:22sur le même mode
00:26:23pour que les mêmes équipements
00:26:25permettent de récupérer
00:26:27la batterie.
00:26:27Et ça,
00:26:28ça n'arrivera pas.
00:26:28Évidemment,
00:26:29demander aux constructeurs
00:26:30qui déjà ne savent pas trop
00:26:31comment concevoir
00:26:32leur véhicule,
00:26:33de s'aligner tous
00:26:34sur une même manière,
00:26:36une même architecture,
00:26:37c'est infiniment compliqué.
00:26:39Et donc,
00:26:39aujourd'hui,
00:26:40on n'a pas d'accord
00:26:41de l'industrie
00:26:41autour de ça.
00:26:42On n'a pas non plus
00:26:43d'autorité publique
00:26:44qui voudrait imposer ça
00:26:45et par conséquent,
00:26:46je suis assez pessimiste
00:26:46sur les débouchés opérationnels
00:26:49de cette solution
00:26:50qui, sur le papier,
00:26:51est très sexy.
00:26:51Olivier,
00:26:51vous croulez sous les questions.
00:26:52Oui, énormément de questions.
00:26:53Il y a une question
00:26:54et il y en a même plusieurs
00:26:55qui tournent autour
00:26:56de l'idée de la taxe.
00:26:57On parle beaucoup
00:26:58sur les produits pétroliers
00:26:59en ce moment,
00:27:00de la taxe que prélève l'État
00:27:01et on voit bien
00:27:02qu'il n'a pas vraiment
00:27:03l'intention de la lâcher.
00:27:04Si on bascule sur l'électrique,
00:27:07cette taxe,
00:27:07elle va disparaître
00:27:08ou est-ce qu'elle va se reporter
00:27:10sur les bornes électriques ?
00:27:11Vous parliez,
00:27:12est-ce qu'on va payer
00:27:13une taxe sur la borne
00:27:13qu'on a dans son jardin ?
00:27:14On peut faire confiance
00:27:15au pouvoir public
00:27:16pour inventer une taxe
00:27:17sur le carburant électricité.
00:27:20Oui, oui.
00:27:20Donc, le gain,
00:27:21il ne va pas durer à longtemps,
00:27:22en fait.
00:27:22Non, mais moi,
00:27:22j'aimerais modérer quand même
00:27:24ce propos.
00:27:24Effectivement,
00:27:25il y a un flou
00:27:26qui est entretenu
00:27:26sur cette question
00:27:27et je pense que
00:27:28les candidats
00:27:29à la future présidentielle
00:27:33pour les ménages
00:27:34pour qu'ils aient
00:27:34de la visibilité
00:27:35pour s'engager vraiment
00:27:36dans cette solution électrique.
00:27:37Maintenant,
00:27:38si on regarde
00:27:38cette question
00:27:39d'un peu plus près,
00:27:40il y a effectivement
00:27:41une fiscalité importante
00:27:42sur les carburants
00:27:42mais il y a déjà
00:27:43une fiscalité sur l'électricité.
00:27:44Il y a des ASCIS
00:27:45qui sont payés
00:27:46sur l'électricité,
00:27:47il y a de la TVA
00:27:48qui est payée
00:27:48sur l'électricité
00:27:49et ensuite,
00:27:50il y a autre chose,
00:27:51c'est-à-dire
00:27:51si on passe
00:27:52de carburants fossiles
00:27:53importés
00:27:54à de l'électricité
00:27:55produite sur notre sol,
00:27:56on a des entreprises
00:27:58qu'on fait tourner
00:27:58et l'argent,
00:28:03l'aide de la TVA,
00:28:04de l'impôt sur les sociétés
00:28:05dessus.
00:28:06Donc en fait,
00:28:06il y a une forme
00:28:06de compensation
00:28:07qui n'est pas exacte
00:28:09mais qui est quasi approximative.
00:28:11On a un écart
00:28:11de l'ordre de 5 milliards
00:28:12de manque à gagner
00:28:13alors que parfois
00:28:14on parle de dizaines
00:28:15de milliards.
00:28:16Donc en réalité,
00:28:16quand on passe
00:28:17du modèle carburant
00:28:18au modèle électricité
00:28:20sans rien changer
00:28:20sur la taxation,
00:28:21on n'est déjà
00:28:22pas très loin de l'équilibre.
00:28:24Donc en fait,
00:28:24nous ce qu'on demande
00:28:25c'est que les candidats
00:28:26à la présidentielle
00:28:27s'engagent sur une stabilité
00:28:29du cadre réglementaire
00:28:29mais qui est essentielle
00:28:30parce que sinon,
00:28:31les consommateurs
00:28:32se trouvent floués
00:28:33si d'un coup
00:28:33le cadre réglementaire évolue
00:28:35et qu'ils ont l'impression
00:28:36d'être les vaches à lait
00:28:37de l'État finalement.
00:28:38Il y a un autre enjeu
00:28:39aussi devant nous,
00:28:40c'est l'enjeu
00:28:41de souveraineté industrielle.
00:28:43Vous en parliez tout à l'heure
00:28:43Bernard Julien,
00:28:44l'industrie.
00:28:45Comment on protège
00:28:46le marché
00:28:47des voitures chinoises ?
00:28:48D'abord,
00:28:49est-ce qu'il faut le protéger
00:28:50ou est-ce qu'il faut
00:28:51laisser faire ?
00:28:53On voit des constructeurs chinois
00:28:54qui promettent déjà
00:28:55des batteries
00:28:56à 1000 km d'autonomie,
00:28:58des chargeurs
00:28:59en 5 minutes.
00:29:01Alors,
00:29:02effectivement,
00:29:03on est parti
00:29:04sur l'électrique
00:29:05comme une espèce
00:29:06d'obligation
00:29:07de décarbonation
00:29:08et je dirais
00:29:09qu'on a mis
00:29:09en quelque sorte
00:29:11la charrue du marché
00:29:12avant les bœufs
00:29:13de l'industrie.
00:29:14Donc,
00:29:14on a demandé
00:29:15aux constructeurs
00:29:16de faire des voitures électriques,
00:29:18de les faire rapidement
00:29:19et puis,
00:29:22on a fonctionné
00:29:24selon un principe
00:29:25du type
00:29:25l'intendant suivra,
00:29:26on va y arriver
00:29:27et si possible,
00:29:28il faudra que ce soit
00:29:29nos constructeurs
00:29:30qui le fassent
00:29:31avec une production
00:29:32de batterie
00:29:33qui serait locale,
00:29:35toute chose
00:29:35qu'on a du mal
00:29:36à faire aujourd'hui.
00:29:37Et donc,
00:29:37il y a aujourd'hui
00:29:38une assez claire conscience
00:29:39de ce que,
00:29:40si on ne protège pas
00:29:41cette industrie émergente,
00:29:43alors,
00:29:44elle n'émergera pas.
00:29:46Parce que,
00:29:46quand une industrie
00:29:47est émergente,
00:29:47On applique des droits
00:29:48de douane,
00:29:48par exemple ?
00:29:49Alors, évidemment,
00:29:49on a déjà commencé
00:29:50d'appliquer des droits
00:29:51de douane,
00:29:52mais ils sont clairement
00:29:53très insuffisants.
00:29:55Et puis,
00:29:55on a aussi
00:29:56une industrie
00:29:57de la batterie
00:29:58qu'il faut probablement
00:29:58subventionner
00:29:59à la hauteur
00:30:00de ce qu'ont fait
00:30:01les Américains
00:30:01du temps de Biden,
00:30:03à la hauteur
00:30:03de ce que font
00:30:04couramment
00:30:05les Chinois.
00:30:06Et donc,
00:30:07on a effectivement
00:30:08un vrai problème
00:30:08pour remonter la pente
00:30:10en matière industrielle.
00:30:11Je crois qu'il y a
00:30:12un rapport
00:30:12qui a été remis
00:30:14récemment
00:30:15à Clément Beaune,
00:30:16qui est maintenant
00:30:16notre haut-commissaire
00:30:17à la stratégie
00:30:18et au plan,
00:30:18qui parle du rouleau
00:30:20compresseur chinois
00:30:20et qui montre
00:30:21qu'il y a quand même
00:30:22largement péril
00:30:23dans la demeure,
00:30:24si vous voulez.
00:30:24Alors,
00:30:25c'est vrai pour la batterie,
00:30:26c'est vrai pour
00:30:27l'ensemble des équipements,
00:30:29c'est vrai aussi
00:30:29pour les automobiles.
00:30:30Et donc,
00:30:30sans se protéger,
00:30:31on risque de courir
00:30:33à la catastrophe
00:30:33et d'avoir une soutenabilité
00:30:35politique de ce cap
00:30:36pris vers l'électrique
00:30:37qui sera amoindrie
00:30:38parce que les gens
00:30:39auront beau jeu
00:30:40de dire
00:30:41ceux qui ont décidé cela,
00:30:42ils ont trucidé
00:30:43notre industrie,
00:30:44ils ont trucidé
00:30:44nos emplois,
00:30:45etc.
00:30:45Toutes choses
00:30:46qui,
00:30:46évidemment,
00:30:47on doit absolument éviter
00:30:48si on ne veut pas
00:30:49qu'il y ait ce backlash.
00:30:50J'ajouterais juste
00:30:51que les constructeurs chinois
00:30:52vont devenir
00:30:52de plus en plus européens
00:30:54parce qu'ils vont récupérer
00:30:55des usines
00:30:55de constructeurs européens
00:30:56classiques
00:30:57qui, eux,
00:30:57ne sont pas en forme
00:30:58et qui seront très contents
00:30:59de leur céder leurs actifs
00:31:00et les constructeurs chinois
00:31:01qui prennent aussi
00:31:02des participations
00:31:03dans les groupes
00:31:03automobiles européens
00:31:04vont devenir des acteurs
00:31:06de plus en plus présents,
00:31:07finalement.
00:31:08Donc,
00:31:09ils sont là,
00:31:09les Chinois
00:31:10et il va falloir
00:31:10composer avec eux.
00:31:13Attendez,
00:31:13peut-être la jeunesse
00:31:14apporte l'optimisme
00:31:15sur ce plateau.
00:31:15Allez-y, Bastien.
00:31:16Peut-être pour dire que...
00:31:17C'est sympa
00:31:18pour les deux voisins.
00:31:20Peut-être pour dire
00:31:21que la situation
00:31:22de l'industrie automobile
00:31:23européenne
00:31:24est effectivement
00:31:24compliquée actuellement
00:31:25mais que c'est le résultat
00:31:27d'une stratégie
00:31:28des constructeurs
00:31:29qui,
00:31:29depuis le milieu
00:31:30des années 2000,
00:31:31ont délocalisé
00:31:32leur production
00:31:32vers des pays
00:31:33à Bakou,
00:31:34le Maghreb,
00:31:35l'Europe de l'Est,
00:31:37la Turquie.
00:31:38Donc,
00:31:38beaucoup d'emplois
00:31:38ont été perdus
00:31:39en 20 ans
00:31:40à cause
00:31:41de la stratégie
00:31:42des constructeurs.
00:31:43Et en fait,
00:31:44cette électrification
00:31:45de l'industrie automobile,
00:31:46ça peut aussi être
00:31:47une opportunité,
00:31:48une opportunité
00:31:48de recréer des emplois,
00:31:50de la valeur
00:31:51sur le sol européen
00:31:51en assemblant
00:31:52des voitures
00:31:53sur le sol européen
00:31:54mais aussi
00:31:54en ayant la valeur
00:31:55de toute la chaîne
00:31:56de l'électrique
00:31:58qui soit faite
00:31:58sur le sol européen.
00:31:59On a un super cluster
00:32:00de production
00:32:01de batteries
00:32:02dans le nord de la France
00:32:03qui ne demande
00:32:04qu'à se développer,
00:32:05qu'à monter en régime
00:32:05et donc,
00:32:06il faut qu'on protège
00:32:07effectivement
00:32:08cette chaîne naissante
00:32:09sur le sol français
00:32:10qui créait déjà
00:32:1130 000 emplois
00:32:12dans la batterie,
00:32:1325 000 dans la recharge.
00:32:14Donc,
00:32:15voilà,
00:32:15soyons positifs,
00:32:16il y a un risque,
00:32:17il y a une menace chinoise.
00:32:17Ça fait du bien
00:32:18un peu d'optimisme,
00:32:19non Bernard ?
00:32:19Mais il y a la capacité
00:32:20à en faire
00:32:21un pilier industriel
00:32:22de l'Europe,
00:32:22clairement.
00:32:23Il est vrai
00:32:24qu'on a eu quand même
00:32:25cet espoir-là
00:32:26très fortement
00:32:27dans les années 2020,
00:32:28du temps où
00:32:29Renault a dit
00:32:30nous allons faire
00:32:31nos petites voitures,
00:32:32celles-là même
00:32:32qu'il faisait en Turquie,
00:32:34en France.
00:32:35Donc,
00:32:35la R5,
00:32:35c'était cet espoir-là.
00:32:37Il se trouve
00:32:37que quelques temps plus tard,
00:32:38on a appris
00:32:39que la Twingo
00:32:40allait être faite
00:32:44les batteries
00:32:46qui équiperont
00:32:46les R5
00:32:47ne seront qu'en partie
00:32:48faites là-bas.
00:32:49Et donc,
00:32:49si vous voulez,
00:32:50le paysage
00:32:51est un peu moins
00:32:51enthousiasmant
00:32:52que ce qu'on évoquait,
00:32:53mais tout n'est pas perdu.
00:32:55Et par rapport
00:32:55à cette histoire
00:32:56de les Chinois
00:32:58sont déjà là,
00:32:58etc.,
00:32:59moi,
00:32:59je crois qu'on a encore
00:33:00les moyens
00:33:01de protéger l'industrie.
00:33:03Et si on n'arrive
00:33:04pas à discipliner
00:33:05les investisseurs
00:33:06directs,
00:33:07les investissements
00:33:07directs étrangers chinois,
00:33:09alors,
00:33:09il est vrai
00:33:09que ce sera tellement tentant
00:33:11de leur revendre
00:33:12nos usines
00:33:13plutôt que de les fermer
00:33:14qu'on va avoir,
00:33:15effectivement,
00:33:16et c'est ce qui est en train
00:33:16de se dessiner en 2026.
00:33:18On a une très forte accélération
00:33:19de ce phénomène-là
00:33:20et là,
00:33:20ça appelle
00:33:21une intervention publique
00:33:22parce que les consulteurs
00:33:23c'est trop pratique pour eux
00:33:25de bazarder leur usine
00:33:27à des Chinois
00:33:28plutôt que de devoir payer
00:33:29la fin de la dette.
00:33:29Il y a une toute dernière question
00:33:30téléspectateur,
00:33:31Olivier.
00:33:31Qu'est-ce qui peut nous protéger
00:33:32de l'obsolescence programmée
00:33:35sur les batteries,
00:33:37sur les logiciels
00:33:38qui sont embarqués
00:33:38dans ces...
00:33:38Olivier ?
00:33:40Rien,
00:33:41c'est la technique
00:33:41qui évolue
00:33:42mais une voiture
00:33:43qui aujourd'hui
00:33:45vous transporte
00:33:45d'un point A à un point B
00:33:46à une bonne batterie
00:33:47dans 10 ans,
00:33:48elle vous rendra
00:33:49toujours les mêmes services.
00:33:50Mais oui, voilà.
00:33:50Donc elle sera un peu moins
00:33:51perfectionnée que les nouveautés
00:33:52mais elle fera toujours le boulot.
00:33:52Et on n'a que des bonnes surprises.
00:33:53Ça, c'est pas propre à l'électrique.
00:33:55Les véhicules,
00:33:55ils sont obsolés
00:33:56parce qu'il y a de l'innovation
00:33:57dans l'automobile.
00:33:58Le fait d'avoir aujourd'hui
00:33:59des voitures de 20 ans,
00:34:00ça n'empêche pas
00:34:00les voitures de rouler.
00:34:01Ça fait qu'éventuellement,
00:34:02elles n'ont pas la clim
00:34:03ou qu'elles n'ont pas le GPS.
00:34:12On va parler de la fin
00:34:13des exemptions
00:34:14de frais de scolarité
00:34:16différenciés
00:34:17pour les étudiants étrangers.
00:34:18La fac va-t-elle passer
00:34:19au tri sélectif ?
00:34:20C'est pas de l'écologie
00:34:21mais on en parle dans un instant
00:34:22avec nos trois prochains invités.
00:34:24Avant cela,
00:34:24c'est quelle histoire ?
00:34:25Olivier Ravanello.
00:34:34Parler de voiture,
00:34:34Olivier veut nous parler
00:34:35de bateau maintenant.
00:34:36Oui, mais il n'est pas...
00:34:37Vous vouliez nous parler
00:34:38ce soir du porte-avions
00:34:39Charles de Gaulle
00:34:40qui est en route
00:34:41pour le Golfe Persique.
00:34:42La France se tient donc prête
00:34:43à sécuriser le trafic maritime
00:34:45dans le détroit d'Hormuz
00:34:46s'il devait reprendre
00:34:47et l'affaire est pour le moins délicate.
00:34:50Oui, parce que quand vous décidez
00:34:51d'utiliser l'armée
00:34:52pour régler un problème civil,
00:34:54il y a parfois des tirs aimants
00:34:55mais on va y revenir.
00:34:56En attendant,
00:34:57le porte-avions français
00:34:57le Charles de Gaulle
00:34:58est en route.
00:34:59Vous le voyez,
00:35:00il est en train de descendre
00:35:01le canal de Suez
00:35:02direction le Golfe.
00:35:03On voit,
00:35:04quand on regarde attentivement
00:35:06ces images,
00:35:07sur le pont,
00:35:08il y a des chasseurs,
00:35:08évidemment,
00:35:09mais il y a surtout
00:35:10cet avion radar
00:35:11qui a cette coupole
00:35:13sur sa carlingue.
00:35:15C'est un Hawkeye,
00:35:16un œil de faucon.
00:35:17C'est un avion radar
00:35:19qui est capable
00:35:20de donner en temps réel
00:35:21une photo d'une zone
00:35:22très large,
00:35:23une sorte de vidéosurveillance
00:35:25géante
00:35:26qui est indispensable
00:35:26pour la mission de contrôle
00:35:28que se propose de faire
00:35:29le Charles de Gaulle.
00:35:31Je précise que ce sont
00:35:31des images
00:35:32de l'état-major des armées.
00:35:33Absolument,
00:35:34qui ont été diffusées
00:35:35et qui sont accélérées,
00:35:37évidemment.
00:35:37le porte-avion
00:35:38ne va pas à cette vitesse.
00:35:40Je crois qu'il est à peu près
00:35:42au maximum
00:35:42à une vingtaine de nœuds.
00:35:44Les autres navires
00:35:45qui accompagnent
00:35:46le Charles de Gaulle,
00:35:46vous savez qu'ils ne naviguent
00:35:47jamais seuls,
00:35:48seront là pour être capables
00:35:50de donner une sorte
00:35:50de bulle de sécurité,
00:35:52qu'elle soit sur des attaques
00:35:53aériennes,
00:35:54des attaques sous-marines,
00:35:55des attaques au ras de l'eau,
00:35:57pour éventuellement réagir
00:35:58s'il y avait une menace
00:35:59et faire bénéficier
00:36:01cette protection
00:36:02des navires civils
00:36:04qui font du commerce
00:36:05dans la région.
00:36:05On a vu qu'un cargo
00:36:06de l'armateur marseillais
00:36:08CMA-CGM
00:36:09avait été touché
00:36:10par des tirs.
00:36:11Ça aurait pu perturber
00:36:13cette opération
00:36:14très délicate
00:36:15que sont en train
00:36:15de mener les Français
00:36:16et les Britanniques.
00:36:18D'où cette communication
00:36:19qui,
00:36:19ça ne vous a évidemment
00:36:20pas échappé,
00:36:22était très claire
00:36:23de la part du gouvernement.
00:36:24Surtout,
00:36:24ne pas faire
00:36:25un casus belli
00:36:27avec la France.
00:36:27Je tiens à noter
00:36:30et à rappeler devant vous
00:36:31que le bateau CMA-CGM
00:36:34n'était pas
00:36:35sous pavillon français.
00:36:37Il s'agissait
00:36:38d'un pavillon maltais
00:36:40avec un équipage philippin
00:36:42à qui nous faisons part,
00:36:44bien sûr,
00:36:45de toute notre solidarité.
00:36:48D'autres ont par ailleurs
00:36:49été pris pour cible
00:36:51ces derniers temps,
00:36:52vous le savez.
00:36:53En l'État,
00:36:54ce n'est donc
00:36:55en aucun cas
00:36:56la France
00:36:57qui a été visée.
00:37:00Chaque mot est pesé,
00:37:01on sent bien
00:37:02qu'on marche sur des oeufs.
00:37:03Oui,
00:37:03écoutez même
00:37:04le vocabulaire militaire
00:37:06qui est employé,
00:37:07qui est toujours très précis
00:37:08pour décrire
00:37:08cette opération.
00:37:10La mission du Charles de Gaulle
00:37:11à ce stade
00:37:11est de se pré-positionner
00:37:14dans le Golfe,
00:37:14donc on se rapproche,
00:37:16afin d'envoyer
00:37:17un signal.
00:37:18On n'est encore pas
00:37:18dans le passage à l'action,
00:37:20signal que la coalition
00:37:22qui est montée
00:37:23par Paris
00:37:24et par Londres
00:37:24est prête
00:37:25à sécuriser
00:37:26le détroit d'Hormuz
00:37:27pour une mission,
00:37:28écoutez bien là aussi,
00:37:29une mission neutre
00:37:30et qui se tiendra
00:37:32à distance
00:37:32des belligérants
00:37:33parce que ces belligérants
00:37:35et notamment les Iraniens
00:37:36sur la côte
00:37:37que vous voyez
00:37:38du détroit d'Hormuz
00:37:39possèdent encore
00:37:40des positions de tir
00:37:41et des missiles
00:37:42qui pourraient être utilisés.
00:37:44On connaissait
00:37:44le principe
00:37:45des casques bleus,
00:37:46et bien ce qu'est
00:37:47en train de proposer
00:37:48la France
00:37:49et la Grande-Bretagne,
00:37:51c'est un principe
00:37:51de coques bleues
00:37:52des navires militaires
00:37:54mais qui mèneraient
00:37:55une mission
00:37:56de protection des civils
00:37:57alors même
00:37:58que les deux belligérants
00:37:59sont toujours
00:38:01dans un état
00:38:02de guerre suspendu
00:38:03et que les négociations
00:38:04ne sont pas achevées.
00:38:04Mais justement,
00:38:05est-ce que c'est réaliste
00:38:06avec un Donald Trump
00:38:07qui menace tous les quatre matins
00:38:08de pulvériser l'Iran ?
00:38:09C'est en tout cas
00:38:10la seule voie
00:38:11de la raison
00:38:11pour essayer
00:38:12de débloquer
00:38:13ce détroit d'Hormuz
00:38:14parce que c'est
00:38:15la conviction
00:38:16et l'urgence profonde
00:38:17selon Emmanuel Macron
00:38:18qui l'a encore redit.
00:38:20Et donc,
00:38:20pour moi,
00:38:21la seule option possible,
00:38:22c'est la réouverture
00:38:23du détroit d'Hormuz,
00:38:24la libre circulation
00:38:25de l'ensemble
00:38:26des portes-conteneurs,
00:38:28tankers,
00:38:29etc.
00:38:30et l'absence
00:38:31de tout péage
00:38:32ou de toute mesure
00:38:32de contrainte.
00:38:34Voilà donc le dilemme posé.
00:38:35Il est dans les mains
00:38:36de Trump
00:38:36et des passe-dents iraniens
00:38:38qui ont peut-être
00:38:39la réponse.
00:38:40Le dilemme,
00:38:41c'est celui-ci.
00:38:42Est-ce que vous êtes prêts,
00:38:43si négociations,
00:38:44à ne pas tout négocier
00:38:45en bloc ?
00:38:46Parce qu'évidemment,
00:38:46quand vous parlez de tout,
00:38:47vous cédez quelque chose
00:38:49pour essayer de récupérer
00:38:50autre chose
00:38:51d'un autre côté
00:38:52et ça peut durer longtemps.
00:38:53Donc,
00:38:53est-ce que vous êtes prêts
00:38:54à régler le problème d'Hormuz,
00:38:56débloquer ce détroit
00:38:57qui empoisonne la vie économique
00:38:59de l'ensemble de la planète
00:39:00et de mener des négociations
00:39:03militaires,
00:39:03stricto sensus d'un côté.
00:39:04Est-ce que vous êtes même
00:39:06prêts à aller plus loin,
00:39:07c'est-à-dire de parler
00:39:08du nucléaire encore plus tard ?
00:39:09Ça, c'est aussi une suggestion
00:39:11qui est faite par la France.
00:39:12Tout ça,
00:39:12ce sont des vieilles recettes
00:39:13de diplomates
00:39:14quand l'ensemble du package
00:39:15est trop difficile
00:39:17à négocier.
00:39:17Vous le saucissonnez.
00:39:19Vous faites penser
00:39:19à une citation
00:39:20d'Henri Kissinger.
00:39:22Un porte-avions,
00:39:22c'est 10 000 tonnes
00:39:23de diplomatie.
00:39:24C'est bien lui
00:39:24qui disait ça ?
00:39:26Merci, Olivier.
00:39:28La politique,
00:39:29tout de suite
00:39:29avec la petite histoire
00:39:30dans la grande.
00:39:31Anna Cabana.
00:39:37Ce soir, Anna,
00:39:38vous vouliez nous parler
00:39:38de Bruno Le Maire.
00:39:40Ça alors,
00:39:41il n'aurait, selon vous,
00:39:42renoncé à rien ?
00:39:43Eh oui,
00:39:43je vois, Adeline,
00:39:44à vos yeux
00:39:45que vous pensez
00:39:46qu'il est sorti du jeu.
00:39:48Eh bien,
00:39:48c'est que vous n'avez pas
00:39:49en tête la fameuse phrase
00:39:51non pas de Kissinger
00:39:52mais de Maurras.
00:39:53Tout désespoir en politique
00:39:54est une sottise absolue.
00:39:56Fin de citation.
00:39:57Bruno Le Maire,
00:39:58il sait bien qu'aujourd'hui,
00:39:59les planètes ne sont pas
00:40:00tout à fait alignées
00:40:01pour le conduire à l'Elysée.
00:40:02Les conditions de sa sortie
00:40:03du gouvernement,
00:40:04évidemment,
00:40:05avec le chiffre catastrophe
00:40:06de 1 000 milliards de dettes.
00:40:08Et puis,
00:40:08cette séquence hallucinante
00:40:09de son vrai et faux retour
00:40:11comme ministre de la Défense
00:40:12de Sébastien Lecornu
00:40:13qui avait entraîné,
00:40:14souvenez-vous,
00:40:15un tollé
00:40:16et la démission
00:40:17de Bruno Retailleau.
00:40:18Bref,
00:40:18il a compris le message,
00:40:19Bruno Le Maire,
00:40:20mais c'est plus fort que lui.
00:40:22Il ne se pense pas
00:40:23du tout carbonisé.
00:40:25Regardez comment
00:40:26il a rosi de plaisir
00:40:28il y a quelques jours
00:40:29sur le plateau
00:40:30de Quelle Époque
00:40:31quand Léa Salamé
00:40:32lui a posé cette question.
00:40:34Répondez sincèrement
00:40:34à la question
00:40:35que je vais vous poser maintenant.
00:40:36Est-ce que vous y pensez ?
00:40:38À quoi ?
00:40:42Ai-je besoin
00:40:43de finir ma phrase ?
00:40:44Je pense qu'il vaut mieux
00:40:45finir votre phrase.
00:40:46À l'année prochaine.
00:40:49Bruno, président.
00:40:50Je l'ai déjà.
00:40:51Bruno, président.
00:40:52Je vais vous répondre
00:40:53très sincèrement.
00:40:53Bruno, président.
00:40:55Elle a compris.
00:40:56La politique,
00:40:57ce n'est pas un métier.
00:40:59C'est comme l'écriture,
00:41:00c'est une vocation.
00:41:01Moi, je le trouve bel homme
00:41:02et il irait bien en président.
00:41:07Est-ce que vous allez
00:41:07vous présenter ou pas ?
00:41:09Est-ce que vous allez être
00:41:09le 49e ou le 52e ?
00:41:11Vous le dites vous-même,
00:41:12je pense qu'il y a déjà
00:41:13suffisamment de candidats
00:41:14sur la ligne de départ.
00:41:15En revanche,
00:41:16que je poursuive
00:41:17une activité politique
00:41:19sous une forme
00:41:19ou sous une autre,
00:41:20au niveau national
00:41:20comme au niveau européen,
00:41:22oui, c'est ma passion,
00:41:23c'est ma vocation.
00:41:24J'ai fait ça pendant 25 ans.
00:41:26J'ai adoré servir les Français
00:41:28et je compte bien
00:41:29continuer à le faire
00:41:29à un moment ou à un moment.
00:41:30Alors, vous avez vu,
00:41:31cet empourprement,
00:41:33il n'a renoncé à rien.
00:41:35Bruno Le Maire,
00:41:36et si vous avez un doute,
00:41:37ouvrez son nouveau livre.
00:41:38C'est-à-dire,
00:41:39il y a quoi dans son livre ?
00:41:40Eh bien, il serait facile
00:41:42d'ironiser
00:41:42s'il s'agissait
00:41:43à l'une d'un
00:41:44de ses livres politiques
00:41:45superficiels
00:41:45comme Il y en a tant,
00:41:46sans talent
00:41:47et sans autre objet
00:41:48que la promotion
00:41:49de leur auteur.
00:41:50Mais voilà,
00:41:50il se trouve que
00:41:51Bruno Le Maire
00:41:52est un véritable écrivain
00:41:53et qu'il l'a prouvé
00:41:54au fil des ans
00:41:55et au fil des ouvrages.
00:41:56Et encore,
00:41:57dans celui-ci,
00:41:58ça s'appelle,
00:41:59comme vous le voyez,
00:41:59Le temps d'une décision
00:42:00et c'est dans la prestigieuse
00:42:02collection blanche
00:42:03de Gallimard.
00:42:04Alors,
00:42:04je veux bien croire
00:42:05qu'il a un talent d'écrivain
00:42:06si c'est vous
00:42:06qui me le dites,
00:42:07Anna,
00:42:08mais est-ce qu'il assume
00:42:09ça et ses responsabilités ?
00:42:11Alors,
00:42:11c'est assez amusant
00:42:12de voir comment il expédie
00:42:13l'objection du
00:42:14« comment osez-vous ? »
00:42:15c'est dès les premières pages
00:42:16un Français ordinaire
00:42:18qui refuse de lui serrer la main
00:42:19et qu'il raconte
00:42:20avoir fini par convaincre
00:42:21de la justesse de son action
00:42:22après de longs palabres.
00:42:24Eh bien,
00:42:25il ne vous reste plus
00:42:26que 67 millions
00:42:28à convaincre.
00:42:29Monsieur le ministre
00:42:30aurait fini par dire
00:42:31le monsieur.
00:42:33Voilà donc
00:42:34pour cette auto-absolution
00:42:35de Bruno Le Maire.
00:42:36Une fois cela fait,
00:42:38il nous emmène
00:42:38pendant 300 pages
00:42:39dans un tour du monde
00:42:40nourri au fond
00:42:41d'une extraordinaire
00:42:42expérience du pouvoir.
00:42:43Alors,
00:42:43on voit défiler
00:42:44Trump,
00:42:44Xi,
00:42:45Poutine
00:42:45et de nombreux autres
00:42:46moins connus
00:42:47mais à peine
00:42:48moins puissants
00:42:49qui illustrent
00:42:49la thèse centrale
00:42:50de Bruno Le Maire.
00:42:51Tout a changé
00:42:52en ce début
00:42:53de XXIe siècle
00:42:54et nous,
00:42:54Européens,
00:42:56n'avons pas su
00:42:56prendre le train
00:42:57du numérique
00:42:58ni aucun train
00:42:59de souveraineté
00:43:00et donc on risque
00:43:00de voir partir
00:43:01nos biens
00:43:02les plus précieux
00:43:03que sont
00:43:04la démocratie
00:43:05et la paix.
00:43:06Et les voitures électriques
00:43:07aussi.
00:43:08Certes, oui.
00:43:09Quelle est la différence
00:43:10avec un Giuliano d'Ampoli ?
00:43:12Alors,
00:43:12dans son dernier livre,
00:43:13Giuliano d'Ampoli,
00:43:14se dépeint
00:43:14en scribe.
00:43:15Et c'est vrai,
00:43:16Adeline,
00:43:17qu'il y a parfois
00:43:18chez Bruno Le Maire
00:43:19cette tentation
00:43:19du scribe
00:43:20sachant écrire
00:43:21et décrire
00:43:22avec lucidité
00:43:23et mélancolie
00:43:23un monde
00:43:24en train de sombrer.
00:43:25Mais toujours,
00:43:26toujours,
00:43:27Le Maire est rattrapé
00:43:28au fond par sa volonté
00:43:29et son audace.
00:43:30Et sa volonté
00:43:31et son audace,
00:43:32c'est d'avoir
00:43:32un destin politique
00:43:34quoi qu'il en coûte,
00:43:36si j'ose dire.
00:43:37Il a déjà prouvé,
00:43:38Le Maire,
00:43:38qu'il savait rebondir,
00:43:39souvenez-vous,
00:43:40de cet échec cuisant
00:43:41en 2016
00:43:42à la primaire
00:43:42de la droite
00:43:43et du centre,
00:43:44cette stratégie
00:43:44du pas de cravate
00:43:46qui lui avait valu
00:43:46tant de moqueries.
00:43:48Eh bien,
00:43:48il avait,
00:43:49à l'époque,
00:43:49alors que tout le monde
00:43:50l'enterrait,
00:43:51très très vite rebondi
00:43:52en ralliant un certain
00:43:53Emmanuel Macron
00:43:55dont il avait dit
00:43:56beaucoup,
00:43:57beaucoup de mal
00:43:57pendant toute l'année précédente.
00:43:59Bref,
00:44:00Bruno Le Maire
00:44:00n'est pas du genre
00:44:02à se laisser arrêter
00:44:03par des scrupules.
00:44:04S'il n'a renoncé
00:44:05à rien,
00:44:06c'est aussi
00:44:06parce qu'il ne
00:44:07s'interdit rien.
00:44:09Et voilà.
00:44:09Merci,
00:44:10Anna.
00:44:11On passe à la question
00:44:11qui fâche.
00:44:19C'est une décision
00:44:21qui fait bondir
00:44:22notamment les syndicats
00:44:23étudiants.
00:44:24À partir de la rentrée
00:44:25prochaine,
00:44:2590% des étudiants
00:44:27extra communautaires
00:44:29devraient ne plus
00:44:30bénéficier
00:44:31d'exonération
00:44:31sur leurs frais
00:44:32d'inscription
00:44:33dans les facs françaises.
00:44:34Et pour certains,
00:44:35ça veut dire
00:44:36une facture
00:44:36de frais d'inscription
00:44:37qui serait multipliée
00:44:38par 10.
00:44:39Et on en parle
00:44:40ce soir avec vous,
00:44:41Claire Lejeune.
00:44:42Bonsoir.
00:44:43Vous êtes députée
00:44:44LFI de l'Essonne.
00:44:45Merci d'être là
00:44:45aux côtés d'Adjante.
00:44:46Bonsoir.
00:44:47Députée EPR
00:44:48des Français établis
00:44:49hors de France,
00:44:50ex-ministre de l'Éducation
00:44:51également.
00:44:51Merci d'être là.
00:44:52Et je salue également
00:44:53Paul-Henri Ouellet.
00:44:54Bonsoir.
00:44:55Vous êtes journaliste
00:44:56au Figaro.
00:44:57Merci d'être là.
00:44:57C'est Clément Perrault
00:44:58qui vous pose précisément
00:44:59la question qui fâche.
00:45:06C'est une augmentation
00:45:07qui ne dit pas son nom.
00:45:08Le gouvernement
00:45:09ne prévoit pas
00:45:10de modifier
00:45:11le montant
00:45:12des frais d'inscription
00:45:12à l'université
00:45:13pour les étrangers
00:45:14hors Union européenne.
00:45:16En revanche,
00:45:17il souhaite
00:45:18que ses étudiants
00:45:19soient beaucoup moins nombreux
00:45:20à bénéficier
00:45:21d'exonérations.
00:45:24Dans de nombreuses universités,
00:45:25il existe une série
00:45:26de mesures
00:45:26qui, en pratique,
00:45:28exonèrent
00:45:28la plupart de ses étudiants.
00:45:29Aujourd'hui,
00:45:30nous sommes à seulement
00:45:3110% d'étudiants
00:45:32extra-communautaires
00:45:33qui paient
00:45:34les droits différenciés.
00:45:35Ces frais d'inscription
00:45:36s'élèvent
00:45:37à 2895 euros
00:45:39pour une année de licence
00:45:40et 3941
00:45:42pour une année de master.
00:45:44Des prix mesurés
00:45:45par rapport
00:45:46à des pays
00:45:46comme les Etats-Unis,
00:45:48le Royaume-Uni
00:45:48ou, plus étonnant,
00:45:49les Pays-Bas.
00:45:50Les frais pratiqués
00:45:51par la France
00:45:52sont comparables
00:45:53à ceux de la Suisse
00:45:54ou du Japon.
00:45:55Ils sont plus importants
00:45:56qu'en Italie,
00:45:57Espagne ou Allemagne,
00:45:58des pays
00:45:59qui ne pratiquent pas
00:46:00systématiquement
00:46:01des tarifs plus élevés
00:46:02pour les étudiants étrangers.
00:46:04Ce plan,
00:46:04que le gouvernement
00:46:05entend passer par décret,
00:46:07est très critiqué
00:46:08par les associations
00:46:09et syndicats étudiants.
00:46:10C'est vraiment
00:46:11une volonté
00:46:12du gouvernement
00:46:12de taper dans le portefeuille
00:46:14des étudiants étrangers
00:46:15pour aller renflouer
00:46:16les caisses des universités.
00:46:17C'est des étudiants
00:46:18qui sont parmi les plus précaires
00:46:19aujourd'hui
00:46:19dans nos universités
00:46:20qui sont visés
00:46:21depuis plusieurs années
00:46:22par des politiques
00:46:23de précarisation.
00:46:24Les syndicats étudiants
00:46:25appellent à une mobilisation nationale
00:46:27mardi prochain
00:46:28contre ce plan.
00:46:29Et les principaux intéressés,
00:46:31qu'en pensent-ils ?
00:46:32Nous sommes allés
00:46:32leur poser la question
00:46:33à la Cité internationale
00:46:35universitaire de Paris.
00:46:36Ici, c'est relativement
00:46:38moins cher
00:46:39que, par exemple,
00:46:40les pays anglophones.
00:46:42C'est pour ça
00:46:42qu'on a choisi ici,
00:46:45en France.
00:46:46Oui, on peut le comprendre,
00:46:47mais je pense que c'est pas
00:46:48le bon choix
00:46:48et surtout si on veut
00:46:49un meilleur monde
00:46:50qui a plus de coopération,
00:46:52je pense que c'est pas
00:46:52la bonne voie
00:46:53et je suis pas pour ça,
00:46:55je suis contre.
00:46:55Si c'est un choix
00:46:56et qu'il est assumé
00:46:57de la part du gouvernement,
00:46:59c'est un choix aussi
00:46:59qu'il faut respecter.
00:47:01Notre question
00:47:02qui vache ce soir,
00:47:03faut-il faire davantage
00:47:04payer les étudiants étrangers ?
00:47:08Anne Geneté,
00:47:09pourquoi le faire maintenant ?
00:47:10D'abord, je voudrais rappeler
00:47:11le coût des études.
00:47:13Il faut quand même
00:47:13l'avoir bien en tête.
00:47:14Un étudiant en licence,
00:47:15c'est environ 12 000 euros
00:47:17par an, un petit peu moins.
00:47:18S'il est en classe préparatoire,
00:47:19il y a aussi des étudiants
00:47:20en classe préparatoire,
00:47:20on est plutôt sur du 18 000 euros
00:47:22par an.
00:47:23Et aujourd'hui,
00:47:23ces frais,
00:47:23quel que soit l'étudiant,
00:47:24quelle que soit sa nationalité,
00:47:26quelle que soit son origine,
00:47:27eh bien ces frais sont payés
00:47:28par le contribuable français
00:47:30et les impôts
00:47:30que nous versons.
00:47:32Donc ça, il faut quand même
00:47:33l'avoir en tête.
00:47:33Donc aujourd'hui...
00:47:34C'est un peu comme avec la carte vitale
00:47:35où on aurait le prix
00:47:36de ce qu'a coûté nos soins
00:47:37quand on va à l'hôpital
00:47:38ou quand on se fait soigner.
00:47:40En fait, il faut avoir en tête
00:47:41le vrai prix des choses,
00:47:42c'est ça ?
00:47:42D'une manière générale,
00:47:43il faut l'avoir.
00:47:44Ensuite, il faut également
00:47:45le comparer
00:47:45à ce que ça peut représenter.
00:47:46En effet, ça a été très mali
00:47:47dans votre reportage,
00:47:48dans d'autres pays,
00:47:49pour avoir une comparaison
00:47:50à avoir à l'idée
00:47:51parce qu'avoir des professeurs
00:47:52devant des élèves,
00:47:53avoir des chercheurs,
00:47:54parce que l'université,
00:47:54c'est aussi la recherche,
00:47:55ça a un coût.
00:47:56Le coût, il est celui-là,
00:47:57peut-être pas suffisamment élevé,
00:47:59je pense, même en France,
00:47:59il pourrait être bien supérieur
00:48:01si nous voulons être
00:48:01un pays d'innovation.
00:48:03Derrière, il faut se poser
00:48:04la question de savoir
00:48:04pourquoi des étudiants étrangers
00:48:06ont envie de venir étudier
00:48:07dans un pays autre que le leur,
00:48:09peut-être parce que leur système
00:48:10ne leur suffit pas,
00:48:11peut-être parce qu'ils veulent compléter,
00:48:12peut-être parce qu'ils veulent
00:48:13s'ouvrir au monde,
00:48:13il y a plein de raisons différentes,
00:48:15et là, il faut savoir
00:48:16ce qu'ils recherchent
00:48:16et ce que nous pouvons leur offrir.
00:48:18Et la France est en compétition
00:48:19avec beaucoup d'autres pays.
00:48:20Nous ne sommes pas tout seuls au monde.
00:48:22Il y a des pays qui,
00:48:22tous les pays,
00:48:23essaient d'accueillir
00:48:24des étudiants étrangers
00:48:24et je crois, en tout cas,
00:48:26je pense que c'est la mission d'un pays.
00:48:27Il nous faut essayer d'accueillir,
00:48:29me semble-t-il,
00:48:30en tout cas, c'est notre position,
00:48:31les meilleurs étudiants
00:48:32et qui nous pouvons offrir
00:48:33le meilleur pour,
00:48:34au-delà de leurs études,
00:48:35pouvoir conserver un lien intéressant
00:48:37pour être toujours ce pays innovant,
00:48:39notamment dans les secteurs
00:48:40de la recherche.
00:48:41C'est un élément important.
00:48:42Est-ce qu'on attire les meilleurs
00:48:42en augmentant les frais d'instruction ?
00:48:44Alors, aujourd'hui, posons-nous la question
00:48:45et quelques étudiants ont été interrogés.
00:48:47Ça va peut-être dépendre
00:48:48de certains pays.
00:48:50Mais aujourd'hui,
00:48:50nous avons, par exemple,
00:48:51des étudiants qui feraient
00:48:52n'importe quoi
00:48:53pour aller étudier aux Etats-Unis.
00:48:54Nous savons,
00:48:55toutes les universités sont payantes.
00:48:57Sauf que, derrière,
00:48:58vous avez un système de bourse
00:48:59qui fonctionne également très bien.
00:49:01Et donc, c'est là
00:49:02qu'il faut se poser la question.
00:49:03Moi, personnellement,
00:49:03je préférais que ces étudiants
00:49:05hors Union européenne
00:49:06payent une partie.
00:49:07D'ailleurs, les prix
00:49:08qui vous sont indiqués,
00:49:09vous avez vu,
00:49:10qui étaient de l'ordre
00:49:10de 2 000 et quelques euros
00:49:12en licence.
00:49:122 895 euros pour la licence.
00:49:15Un peu moins de 4 000 en master.
00:49:16On est loin des prix
00:49:17que je viens de vous indiquer,
00:49:18du coût réel de la scolarité.
00:49:20Donc, c'est une contribution
00:49:21au coût de cette scolarité
00:49:23et qui permettrait, par ailleurs,
00:49:25de pouvoir, en revanche,
00:49:26moi, je souhaiterais
00:49:26que nous puissions étendre
00:49:27le volume de bourses
00:49:29aux mérites
00:49:29qui sont offerts à ces étudiants.
00:49:31Et aujourd'hui,
00:49:31nous en offrons beaucoup trop peu.
00:49:33Nous sommes sur un millier,
00:49:34à peu près, de bourses
00:49:34aux mérites annuellement,
00:49:35alors que les Allemands
00:49:36se sont 10 fois plus.
00:49:37Et là, nous pourrions attirer,
00:49:38là aussi,
00:49:38les meilleurs profils
00:49:40pour accompagner nos universités
00:49:41et notre recherche
00:49:42et notre coopération ultérieure.
00:49:44Il y a donc un appel
00:49:44à manifester mardi prochain.
00:49:45Vous serez dans la rue mardi ?
00:49:46Oui, tout à fait.
00:49:48Je serai aux côtés, bien sûr,
00:49:49des syndicats étudiants
00:49:50et je m'inscris en faux
00:49:52par rapport même
00:49:53à la conception
00:49:54de l'université française
00:49:55qui a pu être exprimée
00:49:57à l'instant.
00:49:58Vous avez utilisé
00:49:59la métaphore du tri.
00:50:00Lorsque vous avez parlé
00:50:01du débat qu'on allait avoir là,
00:50:03c'est exactement ça.
00:50:04C'est du tri social,
00:50:05pas selon le mérite,
00:50:06puisque là,
00:50:06c'est bien le portefeuille
00:50:08qui va discriminer
00:50:09entre ceux qui pourront
00:50:10continuer à venir étudier en France
00:50:12et ceux qui ne le pourront pas.
00:50:14Et c'est un tri
00:50:15sur des bases xénophobes
00:50:16parce que vous allez installer
00:50:17une discrimination
00:50:18au sein,
00:50:19y compris des groupes d'étudiants
00:50:21qui sont aujourd'hui
00:50:22dans nos universités,
00:50:23entre les étudiants communautaires
00:50:25au sein de l'Union européenne
00:50:27et entre les étudiants
00:50:28extra-communautaires
00:50:29alors que les liens de la France,
00:50:31les liens culturels,
00:50:32linguistiques,
00:50:33ce n'est pas que l'Union européenne,
00:50:34c'est aussi avec les pays
00:50:36de la francophonie
00:50:37parce que vous instaurez
00:50:38une discrimination
00:50:39alors que dans notre pays,
00:50:41nous avons un principe constitutionnel
00:50:42sur la gratuité de l'université
00:50:44qui a été rappelé
00:50:45par le conseil constitutionnel
00:50:46dans une décision
00:50:47qui date de 2019,
00:50:48il n'y a pas si longtemps.
00:50:49Vous avez des professeurs de droit
00:50:51qui s'expriment
00:50:52sur cette mesure
00:50:53en disant qu'elle va
00:50:54à l'encontre
00:50:55du principe constitutionnel
00:50:57de gratuité de l'université.
00:50:59Et si votre modèle,
00:51:00c'est le modèle américain
00:51:02ou le modèle britannique
00:51:03où tous les jeunes
00:51:04sont endettés jusqu'au cou
00:51:05et le reste pendant 10-15 ans
00:51:07après leur passage
00:51:08à l'université,
00:51:10ce sera votre choix.
00:51:12Mais en France,
00:51:13nous avons une longue tradition
00:51:14d'une université libre,
00:51:17d'une université ouverte
00:51:18à toutes et tous
00:51:19qui n'est pas seulement
00:51:21la production de savoirs
00:51:23utilitaristes
00:51:24pour nourrir la compétition
00:51:25ou l'innovation
00:51:26sur le terrain économique
00:51:27qui est un lieu
00:51:28de partage des savoirs,
00:51:30qui est un lieu
00:51:30d'apprentissage,
00:51:31de métissage culturel,
00:51:33de coopération internationale.
00:51:35Donc c'est bien
00:51:35à ce modèle-là
00:51:36de l'université
00:51:37que vous portez atteinte
00:51:39en introduisant
00:51:42cette mesure.
00:51:43Et ça touche
00:51:44d'ailleurs des étudiants
00:51:46qui sont actuellement
00:51:47sur notre sol.
00:51:49À Strasbourg,
00:51:49vous avez 47 étudiants
00:51:52qui vont se désinscrire
00:51:53l'an prochain
00:51:53puisqu'ils sont en L1
00:51:54cette année
00:51:54et qui ne peuvent pas payer
00:51:56les 3 000 euros
00:51:57qui sont dus
00:51:58l'an prochain.
00:51:59À Paris 1,
00:52:00c'est des centaines.
00:52:01Voilà.
00:52:02Et ils n'ont pas
00:52:02droit à des bourses ?
00:52:03Alors,
00:52:04ceux en question
00:52:05qui ne peuvent pas
00:52:06faire face
00:52:07à ces frais,
00:52:07ils n'ont peut-être
00:52:08pas accès
00:52:09à une bourse.
00:52:10Donc justement,
00:52:11la France s'honorait
00:52:12d'avoir ce rôle-là
00:52:13de pouvoir accueillir
00:52:14des étudiants
00:52:15de partout
00:52:16dans le monde.
00:52:16On ne peut pas accueillir
00:52:17tous les étudiants
00:52:18du monde entier.
00:52:19On est dans une compétition
00:52:20internationale.
00:52:20Nous pouvons offrir
00:52:23un enseignement de qualité
00:52:24par ailleurs
00:52:24un certain nombre de pays
00:52:25si je puis me permettre
00:52:26qui,
00:52:27dont les familles,
00:52:28dont les jeunes,
00:52:28regardent aussi
00:52:29le niveau de nos universités,
00:52:31regardent également
00:52:32le fait que
00:52:32dans un certain nombre de pays,
00:52:34peut-être pas dans tous,
00:52:34mais je peux vous dire
00:52:35que dans ma circonscription
00:52:36c'est le cas,
00:52:37le fait qu'une université
00:52:37soit gratuite
00:52:38n'est pas un gage de qualité.
00:52:39On peut le regretter.
00:52:40C'est là qu'intervient mon arbitre
00:52:41si vous voulez bien.
00:52:42C'est là qu'intervient
00:52:43Paul-Henri Ouellet,
00:52:44s'il vous plaît.
00:52:44On entend souvent
00:52:45qu'en étant trop peu cher,
00:52:46les facs françaises
00:52:47peuvent dévaloriser
00:52:50la valeur de leur diplôme
00:52:51dans la compétition internationale
00:52:53des universités.
00:52:54Le diplôme français,
00:52:55il a perdu de la valeur
00:52:56du fait que les études
00:52:57sont moins chères en France ?
00:52:59Alors effectivement,
00:53:00c'est quelque chose
00:53:01qu'on entend beaucoup.
00:53:03On voit que ça renvoie
00:53:05un signal
00:53:05qui parfois peut être
00:53:06interprété
00:53:07comme de mauvaise qualité.
00:53:09C'est-à-dire qu'on se dit
00:53:10un diplôme peu cher...
00:53:12C'est comme pour de la nourriture.
00:53:14Si c'est gratuit,
00:53:14ce n'est pas forcément très bon.
00:53:15Exactement.
00:53:16Et donc, effectivement,
00:53:18on a tendance à se dire
00:53:19que quand on augmente
00:53:19le prix des études,
00:53:22le niveau suit également.
00:53:24Et dans l'autre sens,
00:53:26on se rend compte aussi
00:53:27qu'un étudiant
00:53:27qui a payé
00:53:29pour suivre une formation,
00:53:30en général,
00:53:31il va être plus investi derrière.
00:53:32Parce qu'il faut
00:53:33qu'il amortisse.
00:53:34Exactement,
00:53:34parce qu'il a investi
00:53:35de l'argent dans son diplôme
00:53:36et donc il s'astreint
00:53:39à suivre
00:53:40avec beaucoup plus d'assiduité
00:53:41les cours
00:53:43de la formation
00:53:44dans laquelle il est engagé.
00:53:45et puis il essaye
00:53:48de ne pas redoubler,
00:53:49de ne pas faire
00:53:49d'années supplémentaires
00:53:50parce qu'on observe
00:53:50qu'il y a un certain nombre,
00:53:52une part significative
00:53:53des étudiants internationaux
00:53:55en France,
00:53:55notamment l'université publique,
00:53:57qui en fait
00:53:57ne valident pas
00:53:59leur diplôme
00:54:00dans les temps voulus.
00:54:00Et dans quelle proportion ?
00:54:02Alors ça dépend des pays,
00:54:05mais on a une statistique
00:54:07notamment sur les étudiants
00:54:07qui sont issus du Maghreb
00:54:08qui, à 75%,
00:54:12ne valident pas leur diplôme
00:54:13dans les temps.
00:54:1575% ?
00:54:1675%, effectivement.
00:54:17Et pour quelles raisons ?
00:54:18En général,
00:54:19parce qu'ils redoublent.
00:54:19Peut-être parce qu'ils ont
00:54:20des difficultés à gérer aussi
00:54:21en dehors de leurs études, non ?
00:54:23Exactement.
00:54:23Ce qui est très difficile
00:54:24pour l'estime de soi,
00:54:25je pense que n'importe quel étudiant,
00:54:26quand il est en échec,
00:54:27ça n'est pas une satisfaction personnelle.
00:54:29Et par ailleurs,
00:54:30ça a un coût pour l'estime de soi
00:54:31et pour la société française,
00:54:32en l'occurrence.
00:54:33Donc je crois que dans les deux cas,
00:54:34on est tous perdants,
00:54:35et l'étudiant, et nous.
00:54:36Je voudrais comprendre
00:54:36si le but, c'est de diminuer
00:54:38le nombre d'étudiants étrangers
00:54:39ou si c'est de faire des économies.
00:54:41Pour moi,
00:54:42c'est ni l'un ni l'autre.
00:54:43On est aujourd'hui
00:54:44dans une dimension internationale.
00:54:46Je veux quand même rappeler
00:54:47que la France n'a pas vocation
00:54:48à accueillir tous les étudiants
00:54:49de la Terre entière.
00:54:51Même si nos étudiants
00:54:52de nos universités
00:54:52étaient excellentes,
00:54:53on n'a pas cette vocation-là.
00:54:55En revanche,
00:54:55nous devons accepter
00:54:56des étudiants
00:54:57pour ce qu'ils ont de meilleur
00:54:59à nous apporter.
00:54:59C'est un échange.
00:55:00Et justement,
00:55:01un étudiant étranger,
00:55:02c'est très intéressant
00:55:03parce que nous pouvons avoir
00:55:04ce partage culturel
00:55:05que vous avez évoqué
00:55:06que je reconnais complètement.
00:55:07Moi, pour avoir longtemps
00:55:08vécu à l'étranger,
00:55:09je reconnais que c'est très important
00:55:10ces échanges.
00:55:11Ça nous ouvre
00:55:11à d'autres horizons
00:55:12dans les deux sens.
00:55:13Donc nous avons besoin
00:55:14de ces étudiants étrangers.
00:55:16Nous pouvons échanger
00:55:17de manière très positive,
00:55:18mais pour autant
00:55:19que pour l'estime de l'étudiant,
00:55:21pour l'estime de soi,
00:55:21qu'il soit assuré
00:55:22d'avoir un parcours de qualité,
00:55:24un parcours qu'il va réussir,
00:55:25un parcours qui lui permettra
00:55:26de se projeter
00:55:27dans un avenir de citoyen
00:55:28chez lui
00:55:29ou peut-être chez nous,
00:55:30peut-être pour quelque temps,
00:55:31ce que font les États-Unis,
00:55:31par exemple.
00:55:32Lorsque vous avez passé
00:55:33un master là-bas,
00:55:33vous avez le droit
00:55:34de travailler pendant un an
00:55:35aux États-Unis.
00:55:36Ensuite, voir comment
00:55:36vous pouvez poursuivre.
00:55:37Il y a des filières pour poursuivre,
00:55:38ça coûte très cher d'être
00:55:39après de poursuivre.
00:55:40Mais c'est éventuellement possible.
00:55:41Là aussi, la France doit
00:55:42envisager tout ça dans un tout.
00:55:44C'est les étudiants
00:55:44que nous formons.
00:55:45Quel avenir pour les extra communautaires
00:55:47pouvons-nous leur proposer
00:55:48sur le sol français
00:55:49dans cet échange
00:55:50que nous devons poursuivre ?
00:55:51Et d'ailleurs,
00:55:51dans les études,
00:55:52que deviennent
00:55:52les étudiants étrangers
00:55:54formés en France ?
00:55:54Ils restent ou ils partent ?
00:55:56Ça dépend lesquels.
00:55:57En fait, ça dépend
00:55:58là aussi des pays.
00:56:00On constate par exemple
00:56:01que je me suis noté
00:56:02les étudiants chinois,
00:56:04les étudiants asiatiques
00:56:05d'une manière générale
00:56:05ont plutôt tendance
00:56:06à repartir.
00:56:08Si on regarde
00:56:09les étudiants qui sont arrivés
00:56:09en 2015,
00:56:11pour les Chinois,
00:56:12ils sont repartis à 14%.
00:56:14A l'inverse,
00:56:15les étudiants
00:56:15qui, eux,
00:56:16arrivent plutôt d'Afrique,
00:56:19du Maghreb
00:56:19et du Moyen-Orient
00:56:20ont tendance à rester.
00:56:22Le score record,
00:56:23c'est celui des Algériens
00:56:24qui reste à 61%.
00:56:26Claire Lejeune,
00:56:27le Royaume-Uni
00:56:28a appliqué à son tour
00:56:29des droits différenciés
00:56:30dans ces universités.
00:56:32Il a vu son nombre
00:56:33d'étudiants étrangers
00:56:33bondir de 60%
00:56:35depuis 2017.
00:56:36Donc ça veut dire
00:56:36que ce n'est pas un frein.
00:56:38Ça n'a pas fait reculer
00:56:39le nombre d'étudiants étrangers.
00:56:41Peut-être ont-ils dû
00:56:42faire des emprunts
00:56:43dans leur pays
00:56:43ou que sais-je.
00:56:44Mais en tout cas,
00:56:45ça n'a pas fait baisser
00:56:45le nombre d'étudiants étrangers.
00:56:46Encore une fois,
00:56:47je pense que ça n'est pas
00:56:48une bonne chose
00:56:49de défendre
00:56:49que toute une jeunesse
00:56:51soit obligée
00:56:51de s'endetter
00:56:53pour étudier.
00:56:54Et encore une fois,
00:56:55l'élément que vous avez donné
00:56:56sur le fait que
00:56:57si c'était gratuit,
00:56:59ça allait être
00:56:59de mauvaise qualité,
00:57:00alors avec cette logique-là,
00:57:03on ferme tous les services
00:57:04publics du pays.
00:57:06l'université et l'éducation,
00:57:07c'est un service public
00:57:08et c'est très bien ainsi.
00:57:10Et le principe de gratuité
00:57:11qui, encore une fois,
00:57:11est gravé dans notre constitution,
00:57:13il est là pour ça.
00:57:14Donc, encore une fois,
00:57:15les modèles anglophones,
00:57:16à mon sens,
00:57:17ne sont pas du tout
00:57:18un modèle.
00:57:19Le modèle norvégien,
00:57:20pareil.
00:57:21Et la réalité,
00:57:22c'est que peut-être
00:57:23qu'il y a une augmentation
00:57:24dans le modèle anglais,
00:57:25mais c'est quels étudiants
00:57:28étrangers viennent,
00:57:29ceux qui peuvent
00:57:30se le permettre financièrement.
00:57:31Donc, encore une fois,
00:57:32vous instaurez un tri social
00:57:35au sein des étudiants.
00:57:36La Norvège,
00:57:37elle a une autre argumentation,
00:57:39la ministre de l'éducation
00:57:40norvégienne,
00:57:40elle dit
00:57:41les étudiants norvégiens
00:57:42doivent payer
00:57:43des frais de scolarité
00:57:43quand ils vont étudier
00:57:44à l'étranger.
00:57:45Il n'y a aucune raison
00:57:45que ce soit différent ici.
00:57:47Donc, elle,
00:57:47c'est une logique
00:57:47de réciprocité.
00:57:49Et après tout,
00:57:49c'est vrai,
00:57:50les étudiants français
00:57:51qui partent étudier
00:57:51à l'étranger
00:57:52payent des sommes astronomiques
00:57:53pour aller étudier
00:57:54en fac à l'étranger.
00:57:55Est-ce que vous avez
00:57:56des programmes
00:57:57qui permettent
00:58:01que l'ensemble des pays
00:58:02fait ainsi
00:58:03que la France
00:58:04doit dégrader
00:58:06le fonctionnement
00:58:07qu'elle avait
00:58:08préalablement ?
00:58:08Aujourd'hui,
00:58:09on a 115 000 étudiants étrangers.
00:58:12Là-dedans,
00:58:13il y en a qui ne seraient pas là
00:58:14si les frais de scolarité
00:58:17avaient augmenté.
00:58:18Les facs françaises,
00:58:19elles sont assez bien classées
00:58:20pour attirer
00:58:21les étudiants étrangers ?
00:58:22Vous ne trouvez pas
00:58:23que pour venir en France
00:58:24sont multiples.
00:58:25Il peut y avoir
00:58:26un intérêt pour la langue française,
00:58:27pour une filière particulière
00:58:28qui se trouve en France
00:58:29et pas dans un autre pays.
00:58:30Un rapprochement peut-être
00:58:31avec une partie
00:58:32de la famille
00:58:32qu'on a en France.
00:58:34On est dans une école
00:58:36dans le pays
00:58:36où l'on se trouve
00:58:37et puis un professeur
00:58:37qui vous encourage
00:58:38à partir en France.
00:58:39Nos alliances françaises
00:58:40à l'étranger
00:58:41qui font un très joli travail
00:58:42pour inciter
00:58:43avec l'opérateur Campus France
00:58:45pour faire venir
00:58:45des étudiants en France.
00:58:46Donc on a des tas de raisons
00:58:48qu'on peut mettre en avant
00:58:49pour donner envie
00:58:49de venir étudier en France.
00:58:50Et puis nos universités
00:58:51sont de qualité,
00:58:52quoi qu'on en dise.
00:58:53Même si nous avons
00:58:54des difficultés
00:58:54pour d'autres raisons
00:58:55qui sont structurelles,
00:58:56qui n'ont rien à voir
00:58:56avec le niveau
00:58:57de nos universités
00:58:58pour être présents
00:58:58dans le fameux classement
00:58:59des universités mondiales.
00:59:01Nous restons
00:59:01avec une bonne formation supérieure.
00:59:03Sans compter nos écoles
00:59:04également autres.
00:59:05Nous avons également
00:59:05des systèmes d'écoles
00:59:06qui sont d'excellents niveaux.
00:59:08Je pense notamment
00:59:08aux écoles d'ingénieurs
00:59:09qui sont très très bonnes.
00:59:10Donc les raisons
00:59:10pour venir en France
00:59:11sont multiples.
00:59:11En revanche,
00:59:12moi je reste à dire
00:59:13que la France n'a pas vocation
00:59:14à financer notamment les études
00:59:16pour des étudiants
00:59:17qui sont dans des pays
00:59:18peut-être où le système
00:59:19universitaire n'est pas à la hauteur.
00:59:20En revanche,
00:59:21nous avons des programmes d'aide
00:59:22qui pouvons aider à développer
00:59:24des filières universitaires
00:59:25de haut niveau
00:59:26dans certains pays
00:59:27pour que les étudiants
00:59:27puissent aussi trouver
00:59:28chez eux.
00:59:29Ils sont restés chez eux.
00:59:29Exactement.
00:59:30Quitte à aller après
00:59:31faire un complément de formation
00:59:32comme les étudiants français
00:59:33peuvent être amenés à le faire,
00:59:34faire une année de licence,
00:59:35une année de master,
00:59:36un Erasmus Monde
00:59:37puisque ça existe
00:59:38et c'est extrêmement efficace
00:59:39pour aller s'ouvrir
00:59:40les yeux ailleurs.
00:59:41Je précise quand même
00:59:42que France Université
00:59:43qui est l'association
00:59:43des dirigeants
00:59:44de l'enseignement supérieur public
00:59:45dit que cette mesure
00:59:46heurte les valeurs humanistes
00:59:47d'accueil et d'ouverture.
00:59:49Ce que vous disiez tout à l'heure,
00:59:50Claire Lejeune,
00:59:52en 2019,
00:59:53il y avait eu la première réforme
00:59:54des frais d'inscription,
00:59:55celle en l'occurrence
00:59:55qui devrait s'appliquer aujourd'hui
00:59:57et que le gouvernement
00:59:58veut appliquer.
00:59:59Il y avait eu
00:59:59de grosses manifestations
01:00:00à l'époque.
01:00:01Là, il y a cet appel
01:00:02à manifester pour mardi prochain.
01:00:03Est-ce que vous redoutez
01:00:04pas ce mouvement de colère ?
01:00:05Est-ce que c'est le moment
01:00:06de se payer une colère étudiante
01:00:07à une jeuneté ?
01:00:08Je crois surtout
01:00:09qu'il faut prendre le temps
01:00:10d'expliquer.
01:00:10Vous avez cité
01:00:12dans votre reportage
01:00:12plusieurs étudiants,
01:00:13certains qui s'en étonnent,
01:00:14un autre qui disait
01:00:15si c'est le choix de la France,
01:00:16il faut le respecter.
01:00:17Je crois qu'il faut
01:00:18surtout beaucoup discuter,
01:00:19éviter d'être vertical,
01:00:20d'être autoritaire.
01:00:21Il y a une mesure
01:00:21qui a été prise,
01:00:22qui se justifie,
01:00:23elle est peut-être mal comprise.
01:00:24Mais au bout du compte,
01:00:25l'objectif est de pouvoir
01:00:27mondialement,
01:00:27dans cette économie
01:00:28de la connaissance,
01:00:29dans cet enjeu de connaissance
01:00:29qui est fondamental aujourd'hui,
01:00:31pouvoir former un maximum
01:00:32de jeunes au choix
01:00:33du destin qu'ils auront fait.
01:00:35Et ça, ça peut être
01:00:35à travers des étudiants étrangers
01:00:36qui viennent encore une fois
01:00:37en France de tout niveau
01:00:38et développer encore une fois
01:00:40nos bourses au mérite
01:00:41pour pouvoir aller chercher
01:00:42ceux qui peut-être,
01:00:43en effet, ne peuvent pas
01:00:44se financer des études
01:00:45en France ou ailleurs,
01:00:46mais ont envie
01:00:47d'étudier chez nous
01:00:48et pour les résultats académiques
01:00:50qu'ils ont,
01:00:50méritent largement
01:00:51d'être accompagnés,
01:00:52d'être épaulés.
01:00:52Paul-Henri Wallet,
01:00:53cette mesure,
01:00:54elle est censée rapporter
01:00:55combien ?
01:00:55250 millions d'euros.
01:00:57En tout cas,
01:00:57c'est ce qu'espère le gouvernement.
01:00:58Qui se réfléchit ensuite
01:00:59de quelle façon ?
01:01:01Ça, on ne le sait pas encore.
01:01:03Et en fait,
01:01:04il faut voir que
01:01:05ça ne va pas suffire
01:01:07à compenser
01:01:09la situation d'aujourd'hui
01:01:10dans les universités.
01:01:11Le déficit cumulé
01:01:12des universités,
01:01:13c'est près d'un milliard
01:01:15d'euros.
01:01:17Donc, clairement,
01:01:18ce ne sera pas suffisant.
01:01:19On a eu là,
01:01:20depuis, au cours
01:01:21des derniers mois,
01:01:21à la fin de l'année 2025,
01:01:24des universités
01:01:25qui, les unes après les autres,
01:01:26se sont plaintes
01:01:27d'être en déficit,
01:01:29d'avoir...
01:01:29La présidente de Paris 1
01:01:30avait dénoncé
01:01:31un budget,
01:01:32elle disait
01:01:32qu'elle était à l'os.
01:01:34Donc, clairement,
01:01:35ce n'est pas la mesure,
01:01:36ce n'est pas en finançant
01:01:39un peu plus
01:01:39les frais de scolarité étrangers
01:01:40qu'on va réussir à compenser.
01:01:42Un tout dernier mot,
01:01:42Claire Lejeune ?
01:01:43Oui, encore une fois,
01:01:44cette mesure,
01:01:44elle date du programme
01:01:46très mal nommé
01:01:46Bienvenue en France
01:01:48de quelques années.
01:01:49Et s'il n'a pas été appliqué,
01:01:51s'il y a eu des exonérations
01:01:52massives de la part
01:01:53des présidents d'universités,
01:01:54c'est qu'ils voyaient bien
01:01:55que ça allait créer
01:01:56un dysfonctionnement
01:01:57et que ça allait créer
01:01:58une discrimination
01:01:59au sein de l'université.
01:02:01Et encore une fois,
01:02:02c'est une béquille
01:02:02sur le jambe de bois
01:02:03si on prend l'angle budgétaire.
01:02:05parce que 100% des universités
01:02:07ont déclaré des budgets initiaux
01:02:10en déficit cette année.
01:02:11Donc, il y a un problème
01:02:12de financement,
01:02:13il y a un problème de moyens.
01:02:14Et à mon sens,
01:02:15ce genre de dispositions,
01:02:16c'est vraiment de la diversion
01:02:18pour ne pas regarder
01:02:20les problèmes réels
01:02:21qu'on a en France
01:02:21d'un point de vue budgétaire
01:02:23sur nos universités.
01:02:23Merci à tous les trois
01:02:24d'être venus en parler ce soir,
01:02:26en tout cas dans chaque voix compte.
01:02:27Merci Anna
01:02:28et merci Olivier.
01:02:30Merci à vous,
01:02:30chez vous,
01:02:30de nous avoir suivis.
01:02:32Cette émission est rediffusée
01:02:33tout à l'heure à 23h30
01:02:34et vous la retrouvez aussi
01:02:35en replay sur lcp.fr
01:02:37et sur les plateformes
01:02:37de podcast.
01:02:38Je vous souhaite
01:02:38une excellente soirée
01:02:40sur la 8
01:02:40et une belle fin de semaine.
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