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  • il y a 19 minutes
À LA UNE / Programmation militaire : 36 milliards pour quoi faire ?

Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, les députés ont entamé, lundi 4 mai 2026, un débat sur l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) qui avait été votée en 2023. Le nouveau projet de loi, qui fixe d'ici à 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises, prévoit une augmentation du budget de 36 milliards d'euros, pour atteindre 436 milliards d'euros. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, souhaite « préparer la France à ce qui vient ». Le texte met l'accent sur des postes d'investissements précis, notamment dans les munitions, avec 8,5 milliards d'euros supplémentaires alloués et dans la lutte anti-drones. Le gouvernement souhaite également créer un nouveau service national volontaire qui sera réservé aux jeunes de 18 à 25 ans. Enfin, pour faire face à d'éventuelle menaces « graves et actuelles », le projet de loi crée un nouvel état d'alerte de sécurité nationale, permettant aux autorités de déroger à plusieurs normes en matière d'environnement, d'urbanisme, de procédures publiques. Si la gauche redoute un « régime d'exception » aux critères d'activation « trop flous », plusieurs députés à droite jugent la portée du texte insuffisante. Cette actualisation de la LPM répond-t-elle aux nouveaux enjeux de défense ?

Invités :
- Thomas Gassilloud, député « Ensemble pour la République » du Rhône,
- Aude Leroy, journaliste spécialiste défense,
- Benoît Grémare, chercheur associé à l'IFAS, ancien officier de marine, auteur de « Histoire de la dissuasion nucléaire française » (Armand Colin).

Chroniques :

« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
« Périer Tranche » par Bertrand Périer

LA QUESTION QUI FÂCHE / Financement électoral : faut-il voler au secours du RN ?

À un an de la présidentielle, aucune banque française n'a accepté de prêter de l'argent au Rassemblement National (RN). Le parti cherche à réunir 10,7 millions d'euros, soit le plafond des dépenses électorales remboursables par l'État pour les candidats qualifiés au second tour. Le mercredi 29 avril, le président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal a jugé la situation « problématique ». De son côté, Sébastien Chenu, député RN, dénonce « une crise démocratique ». « Les prêts de particuliers ne peuvent pas financer une campagne présidentielle : donc, on fait quoi ? » insiste Marine Le Pen, présidente du groupe. Cette situation ravive le débat relatif à la création d'une « banque de la démocratie » : la possibilité pour les partis de se financer auprès d'organismes publics. Faut-il repenser les modes de financement de la campagne présidentielle ?

Invités :
- Edwige Diaz, députée « Rassemblement National » de Gironde,
- Philippe Gosselin, député « Droite Républicaine » de la Manche,
- Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados.

« Bourbon express » par Marco Paumier.

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News
Transcription
00:00:05Musique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP.
00:00:25Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats.
00:00:30En direct de l'Assemblée Nationale avec à mes côtés ce soir Bertrand Perrier.
00:00:34Bonsoir Bertrand.
00:00:35Bonsoir Adeline.
00:00:35Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:37Vous allez bien tous les deux ?
00:00:38Oui bien.
00:00:38C'est parti pour le sommaire de chaque voix compte avec à la une ce soir.
00:00:41Aller plus vite, frapper plus fort.
00:00:44La loi de programmation militaire est examinée jusqu'à demain par les députés.
00:00:49Le texte fixe les grandes orientations et les moyens de nos armées jusqu'à 2030
00:00:53avec un budget porté à 436 milliards d'euros.
00:00:57des investissements et quelques nouveautés qui font grincer quelques dents.
00:01:02On en parle avec vous Thomas Gassiou.
00:01:04Bonsoir.
00:01:05Député Renaissance du Rhône et membre de la commission défense de l'Assemblée Nationale
00:01:09que vous avez longtemps présidée.
00:01:10Merci d'être là aux côtés d'Aude Leroy.
00:01:12Bonsoir.
00:01:13Journaliste indépendante spécialiste des questions de défense.
00:01:16Merci de votre présence.
00:01:18Et bonsoir Benoît Grémard.
00:01:19Bonsoir.
00:01:19Vous êtes chercheur associé à l'IFAS, l'Institut français d'analyse stratégique,
00:01:23ancien officier de marine, c'est ça ?
00:01:24C'est ça.
00:01:25Et vous publiez Histoire de la dissuasion nucléaire française
00:01:28chez Armand Collin le 20 mai prochain.
00:01:31Merci d'être avec nous ce soir.
00:01:33À suivre également, quelle histoire ?
00:01:36Avec Olivier Ravanello.
00:01:37Avec un président qui aime chanter la bohème et faire de la diplomatie en même temps.
00:01:41Oui, c'est possible.
00:01:41Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche.
00:01:45Question ce soir sur le financement des partis politiques à un an de la présidentielle
00:01:49et alors que le RN peine à nouveau à trouver une banque pour lui prêter des sous, Bertrand Perrier.
00:01:56Eh oui, victimisation politique ou scandale démocratique.
00:01:59On essaiera de trancher.
00:02:00Et on en débattra tout à l'heure avec Edwige Diaz, député Rassemblement National de Gironde,
00:02:05Philippe Gosselin, député LR de la Manche
00:02:08et Arthur Delaporte, député PS du Calvado.
00:02:11Sans oublier Bourbon Express, le journal de l'Assemblée Nationale tout à l'heure avec Marco Paumier.
00:02:16Vous pouvez bien sûr interroger nos invités ou nous faire part de vos remarques avec ce petit QR code que
00:02:20vous flashez.
00:02:21Et c'est Olivier Ravanello qui nous transmettra toutes vos questions.
00:02:24Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:26Installez-vous confortablement.
00:02:27Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:36Se mettre en ordre de bataille, la semaine où l'on commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale.
00:02:41Les députés planchent depuis lundi et jusqu'à demain sur l'actualisation de la loi de programmation militaire.
00:02:48C'est une loi qui avait été votée en 2023, mais le texte est déjà dépassé à l'heure du
00:02:52retour de la guerre en Europe
00:02:54et du conflit au Moyen-Orient.
00:02:55Il s'agit donc de se mettre à jour en ajoutant 36 milliards d'euros à l'enveloppe de départ,
00:03:01en ajoutant aussi certaines mesures qui n'ont pas que des alliés.
00:03:04Les détails avec Hélène Bonduelle.
00:03:12Face au retour de la guerre en Europe, à l'embrasement du Moyen-Orient,
00:03:16nous devons continuer de veiller à ce que l'armée française dispose de tous les moyens dont elle a besoin.
00:03:22D'ici 2030, les moyens de l'armée française devraient augmenter de 36 milliards d'euros
00:03:28pour atteindre 436 milliards d'euros.
00:03:32C'est l'objectif de l'actualisation de la loi de programmation militaire.
00:03:37Parmi les postes d'investissement jugés nécessaires, le stock de munitions françaises.
00:03:43L'effort financier est considérable.
00:03:468,5 milliards d'euros sur la période 2026-2030.
00:03:51En économie de guerre, la première arme, c'est incontestablement l'usine.
00:03:57Le gouvernement souhaite intensifier la lutte anti-drone.
00:04:01Les aéroports pourraient avoir recours à des dispositifs de brouillage
00:04:05ou de neutralisation de drones, y compris en délégant à des sous-traitants.
00:04:09Le texte prévoit aussi un nouveau service national militaire et volontaire
00:04:14dont la campagne de recrutement a déjà commencé.
00:04:17C'est dans cet esprit qu'a été créé le service national.
00:04:21Un engagement volontaire pour les jeunes de 18 à 25 ans
00:04:25qui souhaitent contribuer directement à la défense du pays.
00:04:29Le coût, 2,3 milliards d'euros sur 5 ans.
00:04:34Enfin, un nouvel état d'alerte de sécurité nationale pourrait être créé.
00:04:39Il permettrait notamment de déroger à plusieurs règles
00:04:42en cas de menaces graves pour la nation.
00:04:47Voilà pour les détails de cette loi de programmation militaire.
00:04:50Thomas Gassiou, d'abord, quels sont exactement les objectifs visés
00:04:54avec cette actualisation ?
00:04:56Alors déjà, il faut rappeler qu'une loi de programmation militaire,
00:04:59c'est une programmation pluriannuelle des besoins en matière de défense.
00:05:02Je dis ça parce que beaucoup de pays n'en ont pas
00:05:04et nous l'envient pour à la fois donner de la visibilité
00:05:07et travailler un peu sur le temps long.
00:05:09On actualise effectivement celle qui est déjà existante
00:05:12pour continuer la montée en puissance de notre défense nationale,
00:05:16notamment au travers de la crédibilité de la dissuasion nucléaire
00:05:19et du renforcement des capacités conventionnelles,
00:05:22tout en essayant de renforcer la résilience de la nation
00:05:25au travers notamment de dispositifs normatifs.
00:05:27Benoît Grémard, est-ce que le texte vous paraît
00:05:29à la hauteur des enjeux du moment ?
00:05:32Il est à la hauteur des enjeux de 1990,
00:05:35mais dans le cadre où le modèle d'armée 2015, en fait, il répondait.
00:05:39C'est-à-dire que c'est un autre programme de programmation militaire.
00:05:41La précédente a été qualifiée de réparation.
00:05:43Celle-ci, on pourrait dire effectivement
00:05:45que c'est à peu près la même idée,
00:05:48dans le sens où, lorsque vous l'analysez,
00:05:52les effectifs n'augmentent pas, ou très peu,
00:05:55si ce n'est en fait où vous avez une augmentation
00:05:58au niveau de la réserve, de manière à ce qu'elle soit
00:06:00plus opérationnelle, dans le cadre d'en faire, en fait,
00:06:02une sorte de troisième division.
00:06:05Mais derrière ça, vous avez finalement,
00:06:07et je redirais les mots du colonel, du général Burkhard,
00:06:11c'est la cohérence plutôt que la masse.
00:06:12C'est-à-dire que là, on réarme véritablement
00:06:14un modèle d'armée cohérent, au moins pour envoyer une division,
00:06:17pour la projeter sur un terrain d'opérations, mettons, européennes,
00:06:20vis-à-vis, par exemple, de notre ami la Russie.
00:06:23Mais on est finalement dans une marche en avant
00:06:27d'une loi de programmation qui, historiquement,
00:06:29faisait cinq ans, là maintenant, elle fait sept ans.
00:06:31Donc on allonge aussi, si vous voulez,
00:06:33la durée de financement.
00:06:34Et c'est un problème ?
00:06:36C'est un problème dans le sens où, à la fin,
00:06:38si vous voulez, on revient après 30 ans
00:06:40de sous-investissement de l'institution,
00:06:44je dirais, des armées, terre-air-mer,
00:06:46et maintenant, vous avez aussi une nouvelle dimension,
00:06:48dans le sens où cette loi de programmation,
00:06:49alors elle permet, elle est bienvenue dans le sens où
00:06:54elle permet de compenser à la fois,
00:06:56votre reportage, je le disais, le manque de munitions,
00:06:58mais également, elle développe aussi des nouveaux programmes.
00:07:00Dans le sens où, aussi, elle se projette sur l'avenir,
00:07:03notamment avec les drones, avec le domaine spatial,
00:07:05avec le domaine de l'intelligence artificielle.
00:07:08Donc c'est une loi, finalement, je dirais,
00:07:09dans son air du temps, mais dont l'effort doit être,
00:07:12en fait, encore redoublé d'ici là,
00:07:13dans le sens où le domaine est un peu particulier,
00:07:15parce qu'on est à la fin aussi d'une mandature.
00:07:18Alors, dans un an, elle sera forcément remise en question.
00:07:20On aura l'occasion d'en reparler, mais Aude Leroy,
00:07:22je me trompe si je dis que c'est une loi de programmation militaire
00:07:24qui sert à rattraper d'abord des retards ?
00:07:27Oui, enfin, elle sert, elle l'actualise,
00:07:31mais elle ne change pas le format des armées.
00:07:34Donc, on rattrape cet retard, par exemple, sur les munitions.
00:07:37Oui, ça, c'est vrai.
00:07:38Mais on ne peut pas, surtout l'ensemble de la loi de programmation,
00:07:42ce serait beaucoup trop lourd.
00:07:43Donc oui, on peut dire que c'est sur les munitions, oui.
00:07:46Mais ça vous paraît contradictoire
00:07:48de faire cette actualisation de la loi de programmation militaire
00:07:51sans prévoir, vous en parlez tous les deux,
00:07:53sans prévoir un renforcement en hommes.
00:07:55Là, on prévoit des armes, des munitions,
00:07:57mais on garde le format d'armée, d'actives
00:08:00à 260 000 hommes, c'est ça ?
00:08:03Oui, enfin, dans un an, il y a quand même une présidentielle.
00:08:05Oui.
00:08:05Donc, tout peut être mis en jeu.
00:08:09Ça peut poursuivre ou ça peut être mis en jeu.
00:08:11Vous avez ça en tête dans l'hémicycle,
00:08:13de vous dire peut-être qu'on ne travaille pour rien en ce moment ?
00:08:15Non, on ne travaille pas pour rien,
00:08:16parce que déjà, il y a le budget 2027 à faire
00:08:18et ce n'est jamais inutile de tirer les conséquences
00:08:20de la revue nationale stratégique qui a été faite récemment.
00:08:23Simplement, il faut dire que cette loi de programmation militaire,
00:08:25c'est une loi de cohérence plus qu'une loi de format.
00:08:27On cherche à rendre plus efficace le dispositif existant,
00:08:31effectivement, avec l'ensemble de ce qui est nécessaire
00:08:33pour combattre, sans augmenter les volumes.
00:08:36Modulo, quand même, le doublement de la réserve opérationnelle.
00:08:38On va quand même passer de 40 000 à 80 000 réservistes.
00:08:41Donc, ça fait quand même un effectif global à 270 000 militaires,
00:08:45sans même compter les 100 000 militaires de la gendarmerie
00:08:47qui sont inclus dans le dispositif de défense nationale.
00:08:50Donc, c'est un point important.
00:08:51Et le deuxième point important, c'est qu'on a une série de dispositifs
00:08:54qui permettent de renforcer la résilience nationale,
00:08:57puisque si on dit que ce sont les armées qui gagnent les batailles,
00:09:00ce sont les nations qui gagnent les guerres,
00:09:01et il faut toujours se rappeler que les armées,
00:09:03ce sont 1% de la population active.
00:09:05Et donc, il faut aussi rappeler aux 99% restants
00:09:08qu'ils ont tous un rôle à jouer en matière de défense nationale.
00:09:12Justement, le texte instaure ce nouveau service national,
00:09:14militaire et volontaire dont la campagne de recrutement a commencé.
00:09:17Là, en janvier, on est au mois de mai, ça marche ?
00:09:19Et on a déjà plus de candidats que de places disponibles.
00:09:22Donc, il faut dire que la jeunesse est au rendez-vous.
00:09:24Alors, on commence avec 3 000 effectifs qui seront attendus
00:09:27pour commencer en septembre.
00:09:28Mais effectivement, la jeunesse est au rendez-vous.
00:09:31Il y a une soif d'engagement dans notre pays,
00:09:33et y compris pour les réserves opérationnelles,
00:09:34on a aujourd'hui plus de candidats que de places disponibles
00:09:37pour servir dans la réserve.
00:09:38Ça vous a étonné ?
00:09:39Non, ça ne m'a pas étonné,
00:09:40puisque je suis au contact, moi, dans ma circonscription de jeunes
00:09:43qui ont envie de s'engager.
00:09:45La jeunesse est parfaitement consciente, on va dire,
00:09:46des désordres qui traversent le monde.
00:09:49Et notre jeunesse, elle s'engage déjà au quotidien,
00:09:51elle a envie de le faire et elle sera disponible
00:09:52si un jour le pays en a besoin.
00:09:54Vous, Benoît Grémard, ça vous étonne,
00:09:56le succès de ce service volontaire ?
00:09:58Ah non, du tout, dans le sens où le lien à mes nations,
00:10:00en fait, il a toujours été développé, préservé
00:10:01et entretenu, notamment par les professeurs
00:10:03d'éducation nationale, et ce, depuis la fin,
00:10:07depuis la profétisation des armes,
00:10:09très exactement.
00:10:10Mais effectivement, le fait qu'on arrive
00:10:11à une limite, en fait,
00:10:14d'adhésion des jeunes, c'est aussi parce qu'il vous manque
00:10:16des infrastructures.
00:10:17Beaucoup de régiments, finalement, ont été,
00:10:19notamment sur Nicolas Sarkozy, avec la création
00:10:21des bases de défense, beaucoup de régiments ont été vendus
00:10:23ou donnés, en fait, à des villes.
00:10:24Ce qui fait aussi qu'on voudrait monter en masse,
00:10:26progressivement, on voudrait augmenter, doubler
00:10:28le format des armées en termes de soldats.
00:10:30Il nous manque des chambrés.
00:10:31Il nous voit exactement les infrastructures
00:10:33qu'il faut reconstruire et rebâtir.
00:10:35Après, ce serait intéressant de savoir
00:10:36quel est le profil de ces jeunes qui s'engagent.
00:10:38Parce qu'on a vu que pour le SNU,
00:10:40qui a fait pchit,
00:10:41c'était beaucoup des enfants,
00:10:43de corps de gens qui ont l'uniforme.
00:10:45C'est le cas ?
00:10:46Oui, il y avait un déterminisme.
00:10:47Et d'ailleurs, c'est dans la phase initiale du SNU,
00:10:49puisque le SNU avait vocation
00:10:50à être universel derrière,
00:10:51mais effectivement, dans la phase volontaire,
00:10:53il y avait beaucoup de déterminisme
00:10:54dans l'engagement, avec beaucoup d'enfants.
00:10:55Oui, mais aujourd'hui, depuis janvier,
00:10:57vous constatez ça aussi ?
00:10:58Alors, là, maintenant, on est dans la JDC,
00:11:00qui va s'appeler derrière la journée de mobilisation,
00:11:02qui est universelle.
00:11:03J'en ai participé à plusieurs d'entre elles.
00:11:05Et donc, aujourd'hui,
00:11:06c'est bien une mobilisation universelle.
00:11:08Tous les jeunes qui ont plus de 17 ans
00:11:10vont participer à cette JDM.
00:11:12Et ceux qui le voudront
00:11:13pourront aller s'engager davantage,
00:11:15que ce soit sur des formats militaires ou civils.
00:11:18Hier, au Sénat,
00:11:19de nombreux sénateurs de plusieurs bancs
00:11:21ont pointé les insuffisances
00:11:23et les fragilités de cette actualisation
00:11:25de la loi de programmation militaire.
00:11:27Cette loi ne nous prépare pas
00:11:28à un choc en 2030,
00:11:30dit notamment le sénateur LR Cédric Perrin,
00:11:32qui préside la commission défense du Sénat.
00:11:34Vous lui répondez quoi, ce soir ?
00:11:35Je réponds qu'une assurance,
00:11:36elle est nécessaire,
00:11:37mais elle n'est jamais totalement suffisante
00:11:39pour couvrir l'ensemble du spectre,
00:11:41puisque, aujourd'hui,
00:11:42la France n'est pas en guerre.
00:11:45Elle soutient un allié qui est en guerre,
00:11:49et elle se prépare à dissuader,
00:11:51au travers de ses doigts de programmation militaire,
00:11:52à décourager l'action
00:11:53de ceux qui voudraient éventuellement
00:11:55s'en prendre à elle
00:11:56ou à ses alliés,
00:11:57à l'échelle européenne notamment.
00:12:00Donc, il faut qu'on arrive, nous,
00:12:01en tant que représentation nationale,
00:12:03à trouver le bon niveau de l'assurance,
00:12:05puisqu'on ne peut pas non plus partir
00:12:06dans une fuite en avant
00:12:07des moyens militaires,
00:12:09puisque notre souveraineté est globale.
00:12:10Et puis, surtout,
00:12:11d'une part, notre industrie
00:12:12ne serait pas forcément capable
00:12:14de fournir autant d'armement
00:12:15que nécessaire,
00:12:16et on tient, nous,
00:12:16à commander français majoritairement,
00:12:19et d'autre part,
00:12:20la souveraineté, elle est globale,
00:12:21et si notre dette s'accroît trop,
00:12:23certes, on aura beaucoup d'armement,
00:12:24mais on risque de perdre en souveraineté
00:12:26dans d'autres domaines.
00:12:26Et oui.
00:12:27Et d'ailleurs,
00:12:27les sénateurs s'interrogeaient hier
00:12:29sur la trajectoire budgétaire,
00:12:31en rappelant qu'il nous a fallu 6 ans
00:12:32pour passer de 2 à 2,5% du PIB
00:12:34pour la défense.
00:12:35Là, il faudrait,
00:12:36en 5 ans seulement,
00:12:37passer de 2,5% à 3,5%.
00:12:38Est-ce que la France
00:12:39va en être capable,
00:12:41compte tenu de l'effort
00:12:43que ça demande,
00:12:44par rapport à nos finances publiques ?
00:12:45Alors, le Haut Conseil des Finances Publiques
00:12:46a émis un avis
00:12:48et nous a dit
00:12:48que c'était difficile,
00:12:49mais possible.
00:12:50Et surtout, je pense que 2027
00:12:52doit être l'occasion
00:12:53de poser des vraies questions
00:12:55quant aux priorités de la nation.
00:12:56Je rappelle que,
00:12:57dans les années 60,
00:12:58le modèle social français,
00:12:59c'était 15% du PIB
00:13:00et la défense, c'était 5%.
00:13:01Aujourd'hui,
00:13:02les dépenses de nature sociale,
00:13:03c'est 30%.
00:13:04Et la défense, c'est 2%.
00:13:06Et donc, dans le nouveau monde
00:13:07dans lequel on est,
00:13:09on aura ce débat en 2027
00:13:10pour voir quel est l'ordonnancement
00:13:11des différentes priorités
00:13:12et si la nation ne peut pas faire
00:13:14un effort supplémentaire
00:13:15pour notre défense.
00:13:16Olivier ?
00:13:16Alors, justement,
00:13:17ce nouveau monde en guerre,
00:13:18on l'a sous les yeux.
00:13:19Il y a eu 2 conflits récemment.
00:13:20Un premier conflit
00:13:21où, au début,
00:13:22on a dit
00:13:22que c'est le retour de la guerre de 14,
00:13:24c'est les tranchées,
00:13:25c'est les tanks,
00:13:26c'est énormément d'hommes
00:13:27engagés sur le terrain.
00:13:28Et là, depuis un mois,
00:13:29en Iran,
00:13:30on a un conflit hyper technologique
00:13:32où les hommes
00:13:33ne sont quasiment pas impliqués
00:13:34et où une hyperpuissance militaire
00:13:36est tenue en échec
00:13:37par une autre
00:13:38avec quelques drones.
00:13:40Comment est-ce que vous arrivez
00:13:41à trouver un chemin
00:13:42qui vous permette de dire
00:13:43on va acheter
00:13:44les bonnes armes
00:13:45sur les 20 ans qui viennent ?
00:13:46C'est une vraie difficulté
00:13:47puisque dans cette loi
00:13:48de programmation militaire,
00:13:50on finance des armements
00:13:51qui seront parfois en service
00:13:52à la fin du siècle.
00:13:53Et entre-temps,
00:13:54il y aura eu des ruptures technologiques,
00:13:56des évolutions de la manière
00:13:57de faire la guerre.
00:13:57Donc, on finance
00:13:58des armes obsolètes ?
00:13:59Non, en tout cas,
00:14:00on doit essayer
00:14:03de prévoir l'avenir.
00:14:04Et d'ailleurs,
00:14:05le ministère des armées,
00:14:05c'est un des peut-être
00:14:06derniers grands ministères
00:14:07qui pense sur le temps long,
00:14:09même au-delà de 2030.
00:14:12Et donc,
00:14:12ce qu'on constate
00:14:12en Ukraine et en Iran,
00:14:14c'est qu'on a un mélange
00:14:16de techniques anciennes
00:14:17de faire la guerre.
00:14:18En Ukraine,
00:14:18parfois,
00:14:19on a l'impression
00:14:19de se retrouver à Verdun,
00:14:20tout en ayant
00:14:21un environnement dronisé
00:14:22et peut-être
00:14:23les choses ne font que commencer.
00:14:25Donc, on cherche
00:14:26à trouver le bon mix capacitaire
00:14:28pour essayer
00:14:29de faire face
00:14:29à l'ensemble des menaces.
00:14:30Et c'est là
00:14:30toute la difficulté.
00:14:31C'est que non seulement
00:14:32on a plus de guerres,
00:14:33mais des guerres
00:14:34de plus en plus complexes
00:14:35où, au-delà
00:14:36des milieux traditionnels,
00:14:37on doit aussi combattre
00:14:38aujourd'hui dans l'espace,
00:14:39dans le champ cyber,
00:14:40dans le champ informationnel.
00:14:42Et c'est pour ça
00:14:43qu'on ne peut pas réellement
00:14:44gagner aussi en format
00:14:46puisque les sujets
00:14:47sont tellement variés
00:14:48qu'on ne peut pas
00:14:49tout concentrer
00:14:50sur un mode d'action
00:14:52en particulier.
00:14:53Vous parliez
00:14:54d'industrie tout à l'heure
00:14:55et on a entendu
00:14:56Catherine Vautrin
00:14:57la ministre de la Défense
00:14:58dire qu'en économie de guerre,
00:14:59la première arme,
00:15:00c'est l'usine.
00:15:02Benoît Grémard,
00:15:03l'industrie
00:15:04pourra-t-elle suivre
00:15:05la cadence ?
00:15:08Certaines entreprises
00:15:09ont réussi
00:15:10à s'adapter
00:15:10au format
00:15:11qu'exige
00:15:12la guerre en Ukraine,
00:15:13notamment,
00:15:13je pense à MBDA,
00:15:14Safran,
00:15:15qui permettent,
00:15:15en créant
00:15:16de nouvelles chaînes
00:15:16de logistique
00:15:17d'approvisionnement,
00:15:18fournir
00:15:19sans finalement
00:15:21prendre dans les stocks
00:15:23de l'armée française.
00:15:24C'est, je dirais,
00:15:25en fait,
00:15:26c'est une logique de plan,
00:15:27j'aurais dit plan quinquennal,
00:15:28mais en fait,
00:15:29on est plutôt maintenant
00:15:29sur du plan septennal,
00:15:32c'est de la commande publique,
00:15:34ce qui permet aussi
00:15:35aux industriels
00:15:36de voir sur le temps long,
00:15:37c'est aussi l'assurance
00:15:38d'avoir justement
00:15:38les budgets
00:15:39pour pouvoir avoir
00:15:41les financements nécessaires
00:15:42pour produire en cadence.
00:15:43Effectivement,
00:15:44on arrive,
00:15:44on revient finalement
00:15:46dans le type
00:15:46de la guerre industrielle
00:15:47où la production,
00:15:48la masse,
00:15:49fait toute la différence
00:15:49sur le terrain
00:15:50parce que vous tenez
00:15:50sur le temps long.
00:15:51Aude Leroy,
00:15:52ça repose sur l'industrie duale
00:15:54que le gouvernement
00:15:55veut soutenir.
00:15:56Vous pouvez nous expliquer
00:15:57de quoi il s'agit ?
00:15:58L'industrie duale,
00:15:59en fait,
00:15:59a priori,
00:16:00c'est une technologie
00:16:02ou un matériau
00:16:03qui est développé
00:16:04par le civil
00:16:05et qui va être appliqué
00:16:06vers le militaire
00:16:07ou inversement.
00:16:08En fait,
00:16:08les deux,
00:16:08ça marche dans les deux sens.
00:16:10Là,
00:16:10en l'occurrence,
00:16:12on peut imaginer,
00:16:13par exemple,
00:16:14que Renault
00:16:16va travailler
00:16:17sur un matériau
00:16:19particulier
00:16:19qui va être utilisé
00:16:21pour fabriquer
00:16:22un équipement militaire.
00:16:24C'est-à-dire que
00:16:24ça peut être
00:16:25un nouveau débouché
00:16:26pour les constructeurs
00:16:26automobiles
00:16:27qui ont tout ce qu'il faut
00:16:28en l'occurrence,
00:16:29des chaînes de production,
00:16:31la maîtrise des cadences.
00:16:32Un débouché,
00:16:34alors il y a plusieurs obstacles
00:16:35qu'il faut franchir.
00:16:36Déjà,
00:16:37un,
00:16:37il faut que ça leur rapporte
00:16:38quand même aux industriels,
00:16:39aux civils.
00:16:40Il faut qu'il y ait
00:16:40des commandes derrière
00:16:41parce que sinon,
00:16:42ils n'iront pas.
00:16:42Il peut y avoir aussi
00:16:44un problème d'acceptation
00:16:46au sein de leurs salariés
00:16:48qui font des voitures
00:16:50et qui ne veulent pas
00:16:51construire des obus,
00:16:52par exemple.
00:16:52Oui, ça peut poser problème.
00:16:54Et puis après,
00:16:57il faut,
00:16:57oui,
00:16:57c'est surtout la masse
00:16:58après qui va poser problème
00:17:02éventuellement.
00:17:03Thomas Guesnard.
00:17:03je disais que la population militaire,
00:17:05c'est 1% de la population active.
00:17:06La population des ouvriers
00:17:07et ingénieurs
00:17:08qui travaillent dans la BITD,
00:17:09la base industrielle
00:17:10et technologique de défense,
00:17:11c'est aussi 1%
00:17:12de la capacité industrielle
00:17:13du pays.
00:17:13Donc,
00:17:14on doit à la fois
00:17:14mieux mobiliser cette BITD.
00:17:16On le disait,
00:17:17nos grands champions
00:17:17industriels de défense
00:17:18produisent aujourd'hui davantage.
00:17:20On leur demande
00:17:20de le faire plus rapidement
00:17:21et moins cher.
00:17:22Et on doit aussi faire appel
00:17:24aux 99% des capacités restantes
00:17:26en disant,
00:17:27vous,
00:17:27en tant qu'industriel du civil,
00:17:28grâce à de l'innovation d'usage,
00:17:31est-ce que vous avez des produits
00:17:32qui peuvent concourir
00:17:33à notre défense ?
00:17:33Et ce qu'on voit en Ukraine
00:17:34aujourd'hui,
00:17:35c'est qu'il y a beaucoup de produits
00:17:36qui sont détournés
00:17:37de leur usage civil,
00:17:38les drones,
00:17:38par exemple,
00:17:40pour contribuer au succès
00:17:41des opérations militaires
00:17:44et qu'au-delà de ces produits,
00:17:46nos industriels civils
00:17:47ont des capacités de production.
00:17:48Effectivement,
00:17:48le cas de Renault
00:17:49qui va fabriquer des drones
00:17:51et qui peuvent s'ajouter
00:17:52aux entreprises classiques
00:17:54de la BITD.
00:17:55Par exemple,
00:17:57mais Renault,
00:17:58d'après ce que j'ai vu,
00:17:59fabrique 1000 véhicules par jour.
00:18:02Il faut savoir
00:18:03que le programme Scorpion,
00:18:04en 10 ans,
00:18:05ils ont fabriqué
00:18:062000 véhicules militaires.
00:18:08Donc,
00:18:09il y a un tout indéniable.
00:18:12Effectivement,
00:18:12une usine d'armement,
00:18:13on va fabriquer
00:18:14quelques centaines
00:18:15de véhicules par an,
00:18:16alors qu'une usine
00:18:17qui fabrique des voitures,
00:18:18on fabrique quelques centaines
00:18:19de milliers.
00:18:19On n'est pas du tout
00:18:20sur les mêmes cadences.
00:18:21Dans l'armement,
00:18:22on est sur des biens
00:18:22très technologiques,
00:18:24c'est presque
00:18:25de la haute couture,
00:18:26alors que dans l'industrie civile,
00:18:27on fabrique de la masse.
00:18:28Et moi,
00:18:29je rappelle toujours
00:18:29qu'on ne gagnera pas la guerre
00:18:30qu'avec des Ferrari.
00:18:31Et donc,
00:18:32il faut aujourd'hui
00:18:32qu'on avance
00:18:33vers un mix capacitaire
00:18:34avec des équipements
00:18:34très technologiques
00:18:35et très coûteux
00:18:36et en parallèle,
00:18:37des équipements
00:18:38qui sont plus simples,
00:18:39plus rustiques
00:18:39et qui exploitent davantage
00:18:41les innovations
00:18:41du civil.
00:18:42Vous parliez des drones.
00:18:44Eh bien,
00:18:44nous nous sommes rendus
00:18:44dans une entreprise
00:18:45près de Toulouse
00:18:46qui s'appelle De L'Air
00:18:46qui vient de mettre au point
00:18:48des drones
00:18:49dont la France aurait bien besoin
00:18:50puisqu'on a accumulé
00:18:51beaucoup de retard
00:18:52en la matière.
00:18:53On est aussi allé
00:18:54chez un autre sous-traitant
00:18:55de l'armée.
00:18:56Tout le monde,
00:18:56vous allez voir,
00:18:56se tient prêt
00:18:57à assumer les prochaines commandes
00:18:59quand elles arriveront,
00:19:00c'est-à-dire
00:19:00quand le texte sera voté
00:19:02à l'Assemblée nationale.
00:19:03Reportage signé
00:19:04Alicia Rogues,
00:19:05Joanne Demarle
00:19:06et Igor Fonti.
00:19:15Dans cette entreprise
00:19:16toulousaine,
00:19:17on fabrique des drones
00:19:18à la fois civils
00:19:20et militaires.
00:19:21Il y a 5 ans,
00:19:22De L'Air était
00:19:22à 80% civils
00:19:24et 20% militaires.
00:19:26Désormais,
00:19:27c'est l'inverse
00:19:27et cela pourrait
00:19:28continuer de s'accélérer
00:19:30avec la nouvelle loi.
00:19:31La proportion des drones
00:19:33dans les budgets militaires
00:19:35en France
00:19:35ne fait qu'augmenter.
00:19:37C'était,
00:19:37je pense,
00:19:38de l'ordre de 10 millions
00:19:39par an
00:19:39il y a quelques années
00:19:41sur les petits drones
00:19:42comme ce qu'on fait ici.
00:19:43Je pense que là,
00:19:44on est en train
00:19:44de passer à 150 millions
00:19:45par an.
00:19:46Donc c'est quand même
00:19:47fois 15.
00:19:48Et pour en produire davantage,
00:19:50d'importants moyens
00:19:51ont été mobilisés.
00:19:53Nous,
00:19:53on est en train
00:19:54d'investir.
00:19:55Alors on investit
00:19:56dans une capacité
00:19:56de production
00:19:57pour en faire
00:19:58des dizaines de milliers
00:20:00en ce moment même.
00:20:01et on est en train
00:20:03de,
00:20:03là on est dans
00:20:04notre usine actuelle
00:20:05dans laquelle on est
00:20:05depuis 10 ans
00:20:07et on est en train
00:20:08d'investir
00:20:08dans une nouvelle usine
00:20:10pour pouvoir augmenter
00:20:12nos cadences de production.
00:20:13Ici,
00:20:13on faisait,
00:20:14il y a 5 ans,
00:20:15on faisait dans cette usine-là
00:20:16à peu près 5 millions
00:20:17de chiffres d'affaires.
00:20:18L'an dernier,
00:20:18on a fait 50,
00:20:19on devrait pouvoir faire
00:20:2080 millions de chiffres
00:20:21d'affaires dans cette usine.
00:20:23Monter en cadence
00:20:24et produire en France,
00:20:25un défi aussi
00:20:26pour les sous-traitants.
00:20:28Donc là,
00:20:28t'es monté à 80,
00:20:29avant, c'est parfait.
00:20:30Dans cette PME
00:20:32située en région parisienne,
00:20:34on fabrique des pièces
00:20:35détachées
00:20:35pour le secteur militaire.
00:20:37Ici,
00:20:38le patron explique
00:20:39que même si les commandes
00:20:40augmentent,
00:20:41il sera plus compliqué
00:20:42pour eux
00:20:42d'assurer le suivi.
00:20:44Si vous nous dites
00:20:45qu'il faut mutuer
00:20:45par deux ou par trois
00:20:46les volumes,
00:20:47on n'aura pas de personnel,
00:20:48on n'aura pas les machines,
00:20:49on n'aura pas tout ça.
00:20:50Parce que déjà,
00:20:51le personnel,
00:20:51on a du mal à le trouver.
00:20:52Puis c'est des produits
00:20:53très techniques,
00:20:54vous n'allez pas acheter
00:20:55une machine du jour au lendemain.
00:20:56C'est des machines,
00:20:56on met un an ou deux ans
00:20:58pour en avoir.
00:20:58Après,
00:20:59il faut former tout ça.
00:21:00Donc pendant deux ans,
00:21:01vous êtes en pleine formation.
00:21:02Si vous n'arrivez pas à produire,
00:21:03c'est plus difficile.
00:21:05D'autant que rien n'est garanti,
00:21:07il redoute que ce budget
00:21:08ne profite pas uniquement
00:21:09au sol français.
00:21:11Il ne faut pas croire
00:21:12que les 36 milliards,
00:21:13ils vont faire marcher
00:21:13le marché économique
00:21:14qu'en France.
00:21:15Ce n'est pas possible.
00:21:16D'accord ?
00:21:17Parce que non,
00:21:17parce que même
00:21:18les grosses entreprises,
00:21:19les gros comme Thalès
00:21:20ou Safran,
00:21:20ils vont acheter aussi
00:21:21un peu à l'étranger.
00:21:22Plus tôt dans l'année,
00:21:23Emmanuel Macron a prévenu
00:21:25« Si la production nationale
00:21:27ne suit pas,
00:21:28la France sera contrainte
00:21:29de se tourner
00:21:30vers des solutions européennes. »
00:21:33Thomas Gassiou,
00:21:34vous voyez vous agacer
00:21:35sur votre chaise
00:21:36à l'évocation
00:21:38d'éventuelles commandes
00:21:39à l'étranger
00:21:40avec le budget
00:21:41de 36 milliards.
00:21:43Le ministère des Armées
00:21:44et la France,
00:21:44c'est celui qui commande
00:21:45le plus de matériel
00:21:47souverain.
00:21:47C'est 90%
00:21:48de nos commandes.
00:21:50Et ce qu'on ne commande pas
00:21:51en France,
00:21:51c'est des choses
00:21:52qu'on n'est pas en mesure
00:21:52de produire
00:21:53parce qu'on en fait
00:21:53trop rarement.
00:21:54Par exemple,
00:21:55les catapultes du porte-avions,
00:21:56on fait un porte-avions
00:21:56tous les 15 ans,
00:21:57donc on a décidé
00:21:57de ne pas développer
00:21:59des catapultes.
00:22:00Mais je pense que
00:22:00ce qui était très bien
00:22:01dans ce reportage,
00:22:02c'est à la fois de dire
00:22:02que les commandes sont là,
00:22:04x15 sur le segment drone
00:22:05tel que ça a été cité,
00:22:07et que par ailleurs,
00:22:08on a intérêt
00:22:08à avoir des entreprises duales
00:22:10puisque ça leur permet
00:22:11de se développer
00:22:11en temps de paix,
00:22:12d'avoir des capacités
00:22:13si la situation l'exige.
00:22:15Et puis j'espère
00:22:16qu'un jour,
00:22:17on reviendra en temps de paix
00:22:18et que l'entreprise de l'air,
00:22:19par exemple,
00:22:19pourra utiliser ses drones
00:22:20pour faire de la détection incendie,
00:22:22surveiller des lignes
00:22:23haute tension
00:22:24ou avoir plein d'usages civils
00:22:25qui sont...
00:22:26Sans dépendre de commandes
00:22:28du ministère des Armées.
00:22:29le ministère des Armées
00:22:30a cette capacité
00:22:31d'impulsion de l'innovation
00:22:33comme ça a toujours été.
00:22:35Mais moi,
00:22:35je tiens à ce que
00:22:36le plus possible,
00:22:37nos entreprises
00:22:39aient une capacité duale
00:22:42parce que j'espère
00:22:43qu'un jour,
00:22:44le monde deviendra
00:22:45un peu plus calme.
00:22:46Maud Delorat,
00:22:46vous disiez,
00:22:46ça peut poser un problème éthique
00:22:48aux salariés des entreprises
00:22:49qui, au départ,
00:22:51n'ont rien à voir
00:22:51avec la défense.
00:22:52Vous parliez du constructeur
00:22:53automobile Renault.
00:22:54Est-ce qu'il y a aussi
00:22:55un sujet sur le secret défense
00:22:56à un moment ?
00:22:57Pas forcément.
00:22:59Ça dépend, en fait,
00:22:59de ce que l'industriel
00:23:00va fabriquer.
00:23:02De toute façon,
00:23:03c'est pas au sein
00:23:05de son établissement
00:23:05qui, par exemple,
00:23:06vont être déposés,
00:23:08vont être armés
00:23:09avec des charges explosives
00:23:10ou avec des matériaux
00:23:13particulièrement sensibles.
00:23:15C'est pas là
00:23:15où ça va être assemblé.
00:23:17Donc,
00:23:17s'ils se contentent
00:23:18de faire les trois quarts
00:23:20d'un objet militaire,
00:23:23la fin,
00:23:23ce sera ailleurs.
00:23:24Benoît Grémard.
00:23:25Olivier en parlait,
00:23:27la guerre au Moyen-Orient,
00:23:28c'est aussi une guerre
00:23:28de l'intelligence artificielle.
00:23:30Est-ce que la France
00:23:31est équipée ?
00:23:33La France s'équipe.
00:23:34Après,
00:23:35l'intelligence artificielle,
00:23:36vous savez,
00:23:36vous avez une course
00:23:36à la technologie
00:23:37au niveau des principales nations
00:23:39et du moins aussi
00:23:40les plus riches
00:23:41et les plus formées
00:23:42sur ce terrain-là.
00:23:43Et ce qui est bien,
00:23:44c'est que la France
00:23:44est aussi un pays d'ingénieurs
00:23:45et n'est pas à la traîne.
00:23:46C'est-à-dire,
00:23:46notamment,
00:23:47on est capable aussi
00:23:47de créer des moteurs
00:23:49d'intelligence artificielle
00:23:50pour justement pouvoir
00:23:51pouvoir aussi avoir
00:23:52des solutions souveraines.
00:23:53Après,
00:23:54vous avez toute une idée,
00:23:56toute une logique,
00:23:57justement,
00:23:57de data center
00:23:58qu'il faut se développer.
00:23:59Mais tout ce qui est
00:24:00cybersécurité,
00:24:01la France a investi
00:24:02ce domaine
00:24:03depuis quand même
00:24:03quelques années
00:24:04et elle n'est pas forcément
00:24:05la traîne.
00:24:06Mais le fait de...
00:24:08On parlait justement
00:24:09de la guerre en Iran,
00:24:11c'est aussi une guerre de masse,
00:24:13c'est une guerre balistique,
00:24:14une guerre de missiles.
00:24:15Et là,
00:24:16en fait,
00:24:16on rejoint justement
00:24:16ce dont on parlait
00:24:18sur la cadence de production
00:24:19mais aussi l'incité
00:24:20d'avoir des missiles
00:24:21je dirais plus rustiques,
00:24:22moins chers
00:24:23et en plus grand nombre
00:24:23pour faire face
00:24:24aux différentes éventualités
00:24:25et surtout tenir
00:24:26sur le temps long.
00:24:27Et puis,
00:24:28il faut qu'on aborde aussi
00:24:29deux des pommes
00:24:31de discorde
00:24:32majeures
00:24:32de cette loi
00:24:33de programmation militaire.
00:24:34Le texte crée
00:24:35un état d'alerte
00:24:37de sécurité nationale.
00:24:38Bertrand,
00:24:39je crois que vous avez
00:24:39une question.
00:24:40Oui,
00:24:40ça m'inquiète un peu.
00:24:42D'ailleurs,
00:24:42je ne suis pas le seul,
00:24:42il y a beaucoup
00:24:43d'associations de défense
00:24:44des droits de l'homme
00:24:44qui s'inquiètent
00:24:45de cet état d'alerte nouveau
00:24:48qui s'ajoute
00:24:49à l'état d'urgence
00:24:49avec des critères assez flous
00:24:51et en contrepartie
00:24:52des pouvoirs
00:24:53extrêmement étendus
00:24:55et des atteintes
00:24:56aux libertés fondamentales
00:24:57qui sont assez graves
00:24:58et assez inédites.
00:24:59Tout cela décidé
00:25:00par le gouvernement
00:25:02et sans le contrôle parlementaire
00:25:04qui s'applique
00:25:05en matière d'état d'urgence.
00:25:06D'où ma question.
00:25:08Comment s'articule
00:25:10cet état d'alerte
00:25:11avec cet état d'urgence ?
00:25:11Est-ce qu'on avait besoin
00:25:12de plus que l'état d'urgence
00:25:14pour protéger notre pays ?
00:25:16Regaccio.
00:25:17Alors,
00:25:17il y a déjà tout ce qu'il faut
00:25:18dans notre Constitution
00:25:19pour les événements très graves.
00:25:20L'état de siège,
00:25:22la mobilisation,
00:25:22l'article 16 de la Constitution.
00:25:24L'idée,
00:25:25c'est de créer
00:25:25un régime intermédiaire
00:25:26pour des situations
00:25:27dans lesquelles
00:25:28notre pays serait face
00:25:29à une menace grave
00:25:30et actuelle,
00:25:31notamment dans le cadre
00:25:32du soutien à un allié,
00:25:33par exemple,
00:25:34à l'est de l'Europe,
00:25:35sans non plus passer
00:25:36dans un régime
00:25:37totalement dérogatoire.
00:25:38Donc,
00:25:38ce texte
00:25:39qui a eu un avis favorable
00:25:41du Conseil d'État
00:25:42et qui prévoit
00:25:43simplement
00:25:44que pendant deux mois,
00:25:45le gouvernement
00:25:46peut prendre
00:25:46des conditions dérogatoires,
00:25:48notamment pour faciliter
00:25:49le travail
00:25:50de nos industries de défense,
00:25:51moi,
00:25:52me semble assez proportionné
00:25:53et justement est fait
00:25:55pour éviter
00:25:56d'avoir utilisé
00:25:57des outils
00:25:57qui existent déjà
00:25:58dans la Constitution
00:25:59qui seraient
00:25:59beaucoup plus impactants
00:26:01en termes
00:26:01de liberté individuelle.
00:26:03Donc,
00:26:03c'est moins fort
00:26:04que l'état d'urgence ?
00:26:05C'est moins fort
00:26:06que,
00:26:06en tout cas,
00:26:06l'état de siège
00:26:07de mobilisation
00:26:08ou l'article 16.
00:26:09C'est de nature différente
00:26:11concernant l'état d'urgence.
00:26:12Par exemple,
00:26:12l'état d'urgence
00:26:13ne prévoit pas
00:26:13les conditions administratives
00:26:14pour faciliter
00:26:16l'extension,
00:26:17le travail
00:26:17dans les entreprises
00:26:18d'armement.
00:26:19C'est d'une autre nature.
00:26:20On a du mal à comprendre
00:26:21à quel moment
00:26:22il serait déclenché,
00:26:23en fait.
00:26:23Eh bien,
00:26:23s'il y a une menace
00:26:24grave et actuelle,
00:26:25imaginons les Russes
00:26:26traversent la frontière balte,
00:26:28attaquent les pays baltes,
00:26:28qu'au titre
00:26:29de nos accords internationaux
00:26:30dans l'article 42.7,
00:26:31l'article 5 de l'OTAN,
00:26:32la France doivent prêter
00:26:33assistance aux pays baltes.
00:26:35On va devoir faire monter
00:26:36en puissance
00:26:37notre capacité
00:26:37de production d'armement
00:26:39et prendre des dispositions
00:26:40administratives
00:26:40pour libérer
00:26:41notre BITD
00:26:42de certains carcans administratifs
00:26:44qui pourraient l'entraver
00:26:45dans cette montée en puissance.
00:26:46Et tout ceci se fera
00:26:47sous contrôle quand même
00:26:48du Parlement
00:26:49puisqu'il n'est valable
00:26:50que deux mois
00:26:50si le Parlement
00:26:51ne le valide pas.
00:26:52Et par ailleurs,
00:26:53le gouvernement
00:26:53est sous contrôle
00:26:55permanent du Parlement.
00:26:56Nous avons chaque semaine
00:26:57des questions
00:26:58orales au gouvernement.
00:26:59Nous avons la possibilité
00:27:00même de censurer
00:27:01le gouvernement
00:27:02si toutefois
00:27:03il en faisait
00:27:03un usage illégitime.
00:27:05Et donc, voilà,
00:27:06le Parlement a montré
00:27:07sa capacité
00:27:07à contrôler le gouvernement,
00:27:08y compris dans le cadre
00:27:09de conditions
00:27:10un peu dérogatoires.
00:27:11Et on a du mal
00:27:11à comprendre
00:27:12quelles conséquences
00:27:12ça aurait sur notre quotidien
00:27:14à nous
00:27:15qui ne sommes pas
00:27:16des militaires,
00:27:17à nous civils,
00:27:18les associations,
00:27:19il y a la Ligue des droits
00:27:20de l'homme,
00:27:20il y a aussi
00:27:20le syndicat de la magistrature,
00:27:22il y a aussi la CGT
00:27:22qui ont signé
00:27:23une tribune collective
00:27:25contre cette mesure
00:27:27et qui s'alarment
00:27:29des possibilités
00:27:29de dérogation
00:27:30aux droits du travail
00:27:31dont vous parlez,
00:27:31aux droits de l'environnement
00:27:32et aux droits
00:27:33sur le patrimoine.
00:27:33Mais dans notre quotidien,
00:27:34ça change ?
00:27:35Dans notre quotidien,
00:27:36ça ne change pas grand-chose.
00:27:36Encore une fois,
00:27:37ça concerne les guignes d'armement.
00:27:38Est-ce qu'on est d'accord
00:27:39pour que les ouvriers
00:27:40qui travaillent
00:27:40dans les usines d'armement
00:27:42soient en mesure
00:27:43de travailler plus
00:27:44que 35 heures
00:27:45si toutefois
00:27:46il faut accélérer
00:27:46brusquement
00:27:47les cadences de production ?
00:27:48Moi, j'ai travaillé
00:27:48avec beaucoup d'ouvriers
00:27:49dans notre base industrielle
00:27:50et technologique de défense.
00:27:51Ce sont les premiers
00:27:52à être des patriotes
00:27:54et à vouloir avoir
00:27:55les conditions
00:27:56de travailler plus.
00:27:57Et cela n'exonère pas
00:27:58du dialogue social.
00:27:59Au contraire,
00:28:00nos entreprises vont
00:28:00maintenant discuter
00:28:02avec les représentants
00:28:04du personnel
00:28:04pour dire
00:28:04si cet état d'urgence
00:28:05était un jour actionné,
00:28:06comment on fait
00:28:07pour s'organiser
00:28:08collectivement
00:28:08pour être à l'autre
00:28:09des enjeux.
00:28:09Le droit du travail,
00:28:10pas plus.
00:28:10Notamment,
00:28:11il y a des règles
00:28:12administratives
00:28:12en cas de construction
00:28:14de nouveaux bâtiments
00:28:15par exemple.
00:28:16Aujourd'hui,
00:28:17vous avez par exemple
00:28:18des collectivités
00:28:18parfois dans leurs documents
00:28:21d'urbanisme
00:28:21qui ont restreint
00:28:22des extensions
00:28:22d'entreprises d'armement.
00:28:24Et en gros,
00:28:25les enjeux locaux
00:28:25viennent un peu
00:28:26s'opposer aux enjeux nationaux.
00:28:27Il n'y a rien
00:28:27sur les libertés fondamentales,
00:28:29c'est que du fonctionnement
00:28:31économique.
00:28:32À ma connaissance,
00:28:33c'est essentiellement,
00:28:34le débat n'a pas encore lieu
00:28:37des règles administratives
00:28:39qui encore une fois
00:28:40pourraient être prises
00:28:41dans le cadre
00:28:42de d'autres dispositions
00:28:43qui existent
00:28:43dans notre droit
00:28:44pour accélérer
00:28:47notamment
00:28:48la production d'armement.
00:28:51Aude Leroy,
00:28:52cette tribune collective
00:28:53dénonce une menace
00:28:54sur la séparation
00:28:55des pouvoirs
00:28:55et les libertés publiques.
00:28:57Elle vous interroge,
00:28:58cette mesure d'état
00:28:59d'alerte
00:29:00de sécurité nationale ?
00:29:01Oui,
00:29:01j'attends de voir
00:29:02un peu plus précisément
00:29:03ce que contient
00:29:05et comment ça se passe
00:29:08en vrai.
00:29:09Noël Grémard,
00:29:10c'est nécessaire ?
00:29:11Oui,
00:29:12dans le sens où
00:29:12ça commence déjà
00:29:13à créer un cadre juridique
00:29:14à ce qu'on appelle
00:29:15la guerre économique
00:29:15et pour parler
00:29:18assez franchement,
00:29:19ça donne aussi
00:29:20justement
00:29:20une notion,
00:29:22ça donne un sens juridique
00:29:24au régime
00:29:25confiscatoire
00:29:25dans le sens
00:29:26où les entreprises
00:29:27sont réquisitionnées
00:29:27pour accélérer
00:29:28la cadence
00:29:29parce qu'il y a
00:29:29une grave crise nationale
00:29:31qui n'implique pas encore
00:29:32le territoire national
00:29:33mais qui permet
00:29:33justement à la fin
00:29:34d'honorer ses engagements
00:29:36au niveau international.
00:29:37Donc ça permet déjà
00:29:38justement de mobiliser
00:29:38le personnel,
00:29:39de faciliter,
00:29:40on retrouve aussi
00:29:41un petit peu
00:29:41la méthode Notre-Dame
00:29:42dont Emmanuel Macron
00:29:43parlait,
00:29:43où on accélère
00:29:44les processus administratifs
00:29:45pour atteindre
00:29:46un résultat quantifiable.
00:29:47Si je peux me permettre,
00:29:48c'est aussi un outil
00:29:49de signalement,
00:29:50ça indique à nos compétiteurs
00:29:51attention,
00:29:52on est en train
00:29:52de changer de posture,
00:29:54on a pris en compte
00:29:54qu'il y avait
00:29:55une menace grave
00:29:56et imminente.
00:29:56C'est une façon
00:29:57de montrer les muscles
00:29:58que vous voulez dire ?
00:29:58Le signalement
00:29:59aujourd'hui est important.
00:30:00Encore une fois,
00:30:03dissuader ceux
00:30:04qui pourraient s'en prendre
00:30:05notamment aux seuls européens
00:30:06de dire écoutez,
00:30:07nous on ne veut pas la guerre
00:30:08mais si vous voulez,
00:30:09nous on sera prêts.
00:30:10Donc c'est un outil
00:30:11de signalement
00:30:11pour leur dire
00:30:11nous on passe
00:30:12à autre chose
00:30:14et donc il serait vain
00:30:16de tenter
00:30:17de faire quelque chose
00:30:18contre les intérêts
00:30:19français et européens.
00:30:20Bon,
00:30:20il y a une autre mesure
00:30:21controversée,
00:30:21c'est l'article 17
00:30:22du texte
00:30:23qui prévoit
00:30:24des restrictions
00:30:25sur la parole
00:30:26des anciens agents
00:30:27du renseignement
00:30:28et des anciens militaires
00:30:29pendant 10 ans
00:30:30après avoir quitté
00:30:31ces fonctions,
00:30:31un agent
00:30:32qui souhaite publier
00:30:33un livre
00:30:33sera tenu
00:30:34d'en faire la déclaration
00:30:35au ministre responsable
00:30:36de lui transmettre
00:30:37l'oeuvre avant publication
00:30:38sous peine
00:30:39de sanctions pénales.
00:30:41Disposition jugée
00:30:41contraire
00:30:42à la liberté d'expression
00:30:43par de nombreux intellectuels.
00:30:45Thomas Gassiou,
00:30:45vous l'entendez ?
00:30:46À ma connaissance,
00:30:47c'est une disposition
00:30:48qui contraint uniquement
00:30:50les anciens agents
00:30:51des services de renseignement,
00:30:52des six services
00:30:53de renseignement
00:30:53du premier cercle,
00:30:54des GSE,
00:30:55des GSI,
00:30:55des RM,
00:30:56des GSE,
00:30:58des RNED,
00:30:59également concernant
00:31:00les douanes.
00:31:01On leur demande
00:31:02simplement de dire
00:31:03si vous avez un projet
00:31:04de publication d'un livre,
00:31:05il y en a un certain nombre
00:31:06qui ont été,
00:31:07qui sont parus
00:31:08ces dernières années,
00:31:10informez-en
00:31:11votre ministère
00:31:12de tutelle
00:31:12pour qu'on puisse
00:31:13vérifier s'il n'y a pas
00:31:14des dispositions
00:31:15qui pourraient
00:31:17violer le secret
00:31:18de la Défense nationale
00:31:19et si toutefois
00:31:21c'est le cas,
00:31:22effectivement,
00:31:23on pourrait être en mesure
00:31:24de ne pas autoriser
00:31:25la publication de ce livre.
00:31:26Là encore,
00:31:27le Conseil d'État
00:31:27a été saisi
00:31:28et a trouvé
00:31:29que les dispositions
00:31:30qui étaient dans cet article 17
00:31:31étaient proportionnées
00:31:33avec les objectifs poursuivis.
00:31:35Benoît Grémard,
00:31:36vous êtes un ancien
00:31:37officier de marine,
00:31:38vous publiez le 20 mai
00:31:41Histoire de la dissuasion
00:31:42nucléaire française
00:31:43chez Armand-Colin.
00:31:44Vous avez fait soumettre
00:31:46votre œuvre
00:31:48au ministère des Armées
00:31:49éventuellement ?
00:31:49Pas du tout,
00:31:50dans le sens
00:31:51où j'ai quitté l'armée,
00:31:52je ne suis plus d'actif.
00:31:54Depuis plus de 10 ans ?
00:31:56Oui,
00:31:56oui en plus,
00:31:57oui c'est vrai,
00:31:57vous avez raison,
00:31:58depuis cette année,
00:31:58oui tout à fait,
00:31:59ça fait 10 ans
00:31:59et surtout je me suis basé
00:32:00sur des sources ouvertes
00:32:01et puis le travail aussi
00:32:03de deux autres collègues
00:32:04thésar-historiens,
00:32:05tout comme moi,
00:32:06des professeurs
00:32:07à l'université.
00:32:08Ce qui veut dire que non,
00:32:10je ne suis pas passé
00:32:11par une autorisation quelconque,
00:32:12sachant aussi
00:32:13qu'on est en responsabilité,
00:32:15mais sûr lorsqu'on prend la plume.
00:32:16C'est uniquement pour les agents
00:32:17ex des services de renseignement,
00:32:19pas sur l'ensemble
00:32:20de la communauté militaire
00:32:22qui ont déjà des...
00:32:23eux, on les laissera écrire des livres
00:32:24autant qu'ils veulent.
00:32:25Eux, ils peuvent écrire des livres,
00:32:26alors ils sont quand même soumis
00:32:27aux secrets de la défense nationale,
00:32:30comme tous ceux
00:32:31qui ont eu l'occasion
00:32:32de manipuler
00:32:33des données sensibles.
00:32:35Non mais après,
00:32:36ils peuvent aussi révéler,
00:32:37pour illustrer,
00:32:38parce que les éditeurs
00:32:39sont certainement,
00:32:40comme nos confrères,
00:32:40assez friands
00:32:41d'images,
00:32:42d'anecdotes,
00:32:43etc.
00:32:43Ils peuvent révéler
00:32:44des façons de faire
00:32:47qui seraient,
00:32:47qui sont embêtantes,
00:32:48entre guillemets,
00:32:49d'un point de vue
00:32:50de la défense nationale.
00:32:51Ça donne l'occasion
00:32:52de parler quand même
00:32:53un peu de la dissuasion nucléaire.
00:32:54Il y en a quelques lignes
00:32:55quand même dans cette loi
00:32:56de programmation militaire.
00:32:57Emmanuel Macron
00:32:58en a beaucoup parlé
00:32:59ces derniers temps.
00:33:00C'est au cœur aussi
00:33:01des discussions
00:33:03aujourd'hui mondiales
00:33:05avec l'OTAN,
00:33:07avec l'Allemagne aussi.
00:33:10Vous l'évoquez
00:33:11dans votre livre.
00:33:11Oui, notamment
00:33:12avec la dissuasion avancée
00:33:13d'Emmanuel Macron
00:33:15suite à son dernier discours
00:33:17à l'île longue
00:33:17et la loi de programmation militaire.
00:33:19Et là aussi,
00:33:20ce renfort budgétaire
00:33:21est là aussi
00:33:21pour concrétiser
00:33:22ce qui a été annoncé,
00:33:23c'est-à-dire l'augmentation
00:33:24de l'arsenal nucléaire,
00:33:25le nombre de têtes
00:33:26dont on ne connaîtra pas
00:33:28justement le nombre précis.
00:33:29Le nombre exact.
00:33:30Mais c'est ça aussi
00:33:31la loi de programmation militaire.
00:33:32C'est-à-dire que
00:33:33parfois dans certains domaines,
00:33:34vous aurez des lignes budgétaires
00:33:35et vous n'aurez pas en face
00:33:37à quoi ça correspond
00:33:37puisque vous êtes là
00:33:39dans le secret
00:33:39de la Défense Nationale
00:33:40ce qui donnerait,
00:33:41puisque c'est rendu public,
00:33:42une indication justement
00:33:43des forces ennemies
00:33:44du format des armées.
00:33:46Et ça ne pourra pas être
00:33:46une question piège
00:33:47au candidat à la présidentielle donc.
00:33:49Non, mais en tout cas
00:33:50soyons fiers
00:33:50de tous nos anciens
00:33:51qui ont œuvré
00:33:52depuis les années 60
00:33:53pour permettre aujourd'hui
00:33:54à la France
00:33:54d'être le seul état doté
00:33:55de la dissuasion
00:33:56dans l'Union Européenne.
00:33:57On rappelle que cette dissuasion
00:33:58est strictement défensive.
00:34:00Elle vit juste à dire
00:34:01si vous touchez
00:34:01à nos intérêts vitaux,
00:34:02on est en mesure
00:34:03de vous causer
00:34:04des dommages inacceptables.
00:34:05Donc ne le faites pas,
00:34:06nous sommes une puissance de paix
00:34:08et on entend le continuer à l'être.
00:34:09Eh bien merci à tous les trois
00:34:10d'être venus en parler ce soir
00:34:11sur le plateau
00:34:12de chaque voix compte.
00:34:14À suivre,
00:34:14la question qui fâche,
00:34:15on vient de le voir,
00:34:16l'argent c'est le nerf de la guerre
00:34:17mais c'est valable aussi
00:34:18pour les partis politiques.
00:34:20Faut-il obliger les banques
00:34:21à prêter de l'argent
00:34:21aux candidats
00:34:22ou alors est-ce qu'il faut
00:34:23un autre système ?
00:34:24On va en parler
00:34:25avec nos trois prochains invités
00:34:26avec Bertrand Perrier
00:34:26mais avant cela,
00:34:28eh bien c'est
00:34:28Quelle Histoire ?
00:34:29Et c'est Olivier Ravanello.
00:34:38Et vous vouliez revenir ce soir Olivier
00:34:39sur le voyage d'Emmanuel Macron
00:34:41en Arménie.
00:34:42Ça y est,
00:34:42il en est revenu
00:34:43et le moins qu'on puisse dire
00:34:44c'est qu'il a beaucoup aimé
00:34:45cette visite d'État.
00:34:46Ah oui,
00:34:47on a vu des vacanciers
00:34:49rentrer de voyage enthousiastes
00:34:50mais là,
00:34:51on atteint des sommets.
00:34:52Il a tout fait,
00:34:53il a mangé,
00:34:54il a bu,
00:34:54il a couru,
00:34:55il a ri,
00:34:55il a chanté,
00:34:56il s'est recueilli,
00:34:57il a fait des discours,
00:34:58il a embrassé des enfants.
00:34:59Ce n'est plus un président,
00:35:00c'est une pop star.
00:35:16Merci.
00:35:22All together.
00:35:23Merci pour ce que vous faites
00:35:24dans le livre.
00:35:26Ils ont ce qu'il y a une stabilité.
00:35:43Alors que dit au fond
00:35:44cette vidéo
00:35:47mise en ligne
00:35:47par le service de presse
00:35:49de l'Elysée ?
00:35:50Globalement,
00:35:51pas grand-chose
00:35:51à part cette phrase.
00:35:52N'oubliez pas
00:35:53que la France vous aime.
00:35:54Évidemment,
00:35:55il y a dans cette relation
00:35:56avec l'Arménie
00:35:57quelque chose de très profond.
00:35:58C'est le premier pays
00:35:59à avoir fait du christianisme
00:36:00sa religion d'État.
00:36:02C'était au IVe siècle.
00:36:03Alors évidemment,
00:36:04la fille aiglée de Lénise,
00:36:05ça a pu parler pendant longtemps.
00:36:07Souvenir et lien
00:36:09qui s'est renforcé
00:36:09par le souvenir
00:36:11du génocide
00:36:12de 1915.
00:36:13L'immigration
00:36:14qui s'en est suivie
00:36:16vers Marseille,
00:36:17la vallée du Rhône,
00:36:18Lyon,
00:36:18Paris,
00:36:19qui a fait aujourd'hui
00:36:21de la diaspora arménienne
00:36:23en France
00:36:23la plus importante
00:36:25en Europe.
00:36:25La France
00:36:26a quand même été
00:36:27le premier État
00:36:28à reconnaître ce génocide
00:36:29en 2001,
00:36:30ce qui a donné aussi
00:36:31à Paris
00:36:31une légitimité morale
00:36:32très forte à Erevan.
00:36:34Mais de tisser
00:36:36une relation spéciale
00:36:38avec un pays
00:36:39aussi éloigné,
00:36:40enserré au cœur
00:36:42du Caucase,
00:36:43c'est quand même
00:36:43pas simple.
00:36:44Et qu'est-ce qui a changé
00:36:45alors ?
00:36:45Ce qui a changé,
00:36:46c'est que jusqu'à la chute
00:36:48de l'URSS,
00:36:49l'Arménie était
00:36:49une république soviétique.
00:36:51Et puis,
00:36:52Erevan a toujours considéré
00:36:54qu'en gros,
00:36:55Moscou,
00:36:55les Russes étaient
00:36:57en tant que voisins
00:36:58une force de protection
00:36:59assez naturelle.
00:37:01Ça a duré
00:37:02jusqu'à la crise
00:37:03du Haut-Karabakh.
00:37:03Alors le Haut-Karabakh,
00:37:04on va le voir sur cette carte,
00:37:05c'est une enclave
00:37:06qui est disputée
00:37:07entre l'Arménie
00:37:08et l'Azerbaïdjan.
00:37:10Ça a donné lieu
00:37:11à des crises,
00:37:12à des conflits
00:37:14de moins en moins larvés
00:37:16et puis même
00:37:17à un conflit
00:37:17carrément ouvert
00:37:19et qui a fini
00:37:19en 2020
00:37:20par l'annexion
00:37:21par l'Arzerbaïdjan
00:37:23de cette enclave.
00:37:25Et Moscou
00:37:26n'a pas bougé.
00:37:27Et d'ailleurs,
00:37:27vous allez le voir
00:37:28sur ces images,
00:37:29très vite,
00:37:31les Azeris
00:37:32ont pris possession
00:37:33des lieux
00:37:33et ça,
00:37:33c'est le premier
00:37:34défilé militaire
00:37:35qui a eu lieu
00:37:35au Haut-Karabakh.
00:37:37Trahis mais réalistes,
00:37:38les Arméniens
00:37:40se sont dit
00:37:41qu'il fallait s'ouvrir
00:37:41à d'autres horizons.
00:37:42Ils ont donc demandé
00:37:43officiellement l'adhésion
00:37:44à l'Union européenne
00:37:46et Emmanuel Macron
00:37:47et la France
00:37:48a vu une ouverture
00:37:49et il s'est engouffré.
00:37:50Ça s'est concrétisé,
00:37:51on l'a vu avant-hier
00:37:53par la signature
00:37:54d'un partenariat
00:37:55stratégique
00:37:56avec Erevan,
00:37:57par la livraison
00:37:58d'équipements
00:37:59de surveillance,
00:38:01la formation
00:38:01de militaires armédiens
00:38:03et les mêmes questions
00:38:03de livraison
00:38:04de canons César.
00:38:06La France
00:38:06n'est plus simplement
00:38:08un partenaire,
00:38:09une grande sœur,
00:38:11elle n'a plus simplement
00:38:12un lien mémoriel
00:38:13et culturel très fort.
00:38:15Ça devient un partenaire
00:38:16stratégique
00:38:17et ça,
00:38:17Emmanuel Macron
00:38:18l'assume.
00:38:19Ce que l'Europe
00:38:20a apporté au monde
00:38:22nous lie très profondément
00:38:24et c'est que l'Europe
00:38:25est le partenaire
00:38:26le plus naturel
00:38:28de l'Arménie
00:38:29et du Sud-Caucase
00:38:30dans le moment
00:38:31que nous vivons.
00:38:33L'Europe qui pointe
00:38:34son nez
00:38:34à la frontière russe
00:38:35parce que c'est quand même ça
00:38:36qui ne va pas faire plaisir
00:38:37à Poutine,
00:38:39pas plus que les exercices
00:38:40militaires
00:38:40que l'Arménie
00:38:41mène régulièrement
00:38:42avec les Etats-Unis.
00:38:43Vous voyez derrière
00:38:44les images Instagram,
00:38:46le monde change.
00:38:47Et c'est bien d'être là
00:38:48pour nous le dire.
00:38:49Merci.
00:38:50Olivier,
00:38:50on passe à la question
00:38:51qui fâche.
00:39:00Les banques
00:39:00sont frileuses
00:39:01à l'égard
00:39:02de certains clients.
00:39:03On en a tous fait
00:39:04l'expérience
00:39:04de près ou de loin
00:39:05un jour
00:39:06dans notre vie.
00:39:07Les partis politiques aussi
00:39:08et en particulier
00:39:09le Rassemblement national
00:39:10à un an de la présidentielle
00:39:11se posent à nouveau
00:39:12le problème
00:39:14du financement
00:39:14de la campagne
00:39:15et on en parle avec vous
00:39:16ce soir Edwidge Giaz.
00:39:17Bonsoir.
00:39:18Bonsoir.
00:39:18Député RN de Gironde,
00:39:20merci d'être là
00:39:20aux côtés de Philippe Gosselin,
00:39:21député RN de La Manche,
00:39:23merci d'être là
00:39:24monsieur Gosselin
00:39:25et bonsoir Arthur Delaporte,
00:39:27député socialiste
00:39:27du Calvados.
00:39:28Oui,
00:39:28on est sur la côte ouest
00:39:30ce soir.
00:39:30Voilà,
00:39:30c'est comme ça.
00:39:31Et c'est Bertrand Perrier
00:39:32qui vous pose
00:39:32la question qui fâche ce soir.
00:39:40Bertrand,
00:39:40le RN déclare donc
00:39:42ne pas trouver de banque
00:39:43qui veuille financer
00:39:43sa campagne présidentielle.
00:39:45Est-ce que Marine Le Pen
00:39:46a raison de crier au scandale ?
00:39:47Je suis toujours
00:39:48un peu étonné Adeline
00:39:49d'entendre les partis politiques
00:39:50crier au scandale
00:39:51quand un banquier
00:39:52refuse de leur prêter
00:39:53de l'argent
00:39:54parce que ce refus de crédit,
00:39:55vous venez de le dire,
00:39:56c'est une situation
00:39:57que tous nos compatriotes
00:39:58connaissent,
00:39:59ça vaut pour les entrepreneurs,
00:40:00ça vaut par les particuliers,
00:40:01ça vaut pour les hommes politiques,
00:40:03ça vaut pour les candidats
00:40:03et ça vaut pour les partis
00:40:04parce qu'il ne faut pas oublier
00:40:05une chose extrêmement simple,
00:40:07c'est qu'en France,
00:40:08il n'y a pas de droit au crédit
00:40:10et le banquier
00:40:11peut absolument décider
00:40:12discrétionnairement
00:40:13de ne pas vous prêter
00:40:14de l'argent.
00:40:15Et donc,
00:40:16la vraie question,
00:40:17c'est comment concilier
00:40:19ce pouvoir discrétionnaire
00:40:20d'octroi du crédit
00:40:21avec le fait que l'argent
00:40:23est le nerf de la guerre,
00:40:25de la guerre électorale
00:40:25et de la guerre démocratique.
00:40:27Et c'est tout le paradoxe
00:40:28de notre situation,
00:40:29c'est que notre bien
00:40:30le plus cher
00:40:31qui est notre démocratie,
00:40:32aujourd'hui,
00:40:34elle est dans les mains
00:40:34de personnes privées,
00:40:36de banquiers.
00:40:37Pas de crédit,
00:40:39pas de campagne.
00:40:40Et c'est ce que dénonce
00:40:41depuis des années
00:40:41le Rassemblement National
00:40:42qui explique que
00:40:43les banques françaises
00:40:44traditionnelles
00:40:45refusent systématiquement,
00:40:47obstinément,
00:40:48de le financer
00:40:49et que cette situation
00:40:51est un défi
00:40:51lancé à la démocratie.
00:40:52Alors, évidemment,
00:40:54il y a dans cette posture
00:40:55rhétorique
00:40:56quelque chose
00:40:56d'un peu victimaire
00:40:58puisqu'on a l'impression
00:40:59que les banquiers,
00:41:00à l'instar d'ailleurs
00:41:01des juges,
00:41:03font tout
00:41:03pour empêcher
00:41:04le Rassemblement National
00:41:06de se présenter
00:41:07aux élections
00:41:08et de concourir
00:41:08au souffrage.
00:41:09Mais,
00:41:10il n'est pas non plus sain,
00:41:12objectivement,
00:41:13qu'un parti,
00:41:13comme le Rassemblement National,
00:41:15soit contraint
00:41:16d'aller chercher des fonds
00:41:17auprès d'une banque
00:41:19d'un État étranger.
00:41:19Parce que,
00:41:20lorsqu'il le fait,
00:41:21auprès de quel type de banque
00:41:23il souscrit
00:41:23des crédits ?
00:41:25Eh bien,
00:41:25auprès de banques
00:41:26qui appartiennent
00:41:27à des États
00:41:28dont les positions géopolitiques
00:41:30sont très éloignées
00:41:31des positions de la France
00:41:32et qui,
00:41:33à l'inverse,
00:41:34raisonnent davantage
00:41:35avec les positions du RN.
00:41:37C'est les prêts russes
00:41:3811 millions
00:41:39en 2014
00:41:41et c'est le prêt hongrois
00:41:4210 millions 6
00:41:43en 2022.
00:41:45Donc,
00:41:45on voit très bien
00:41:46que la dépendance financière
00:41:48rime rapidement
00:41:50avec ingérence,
00:41:51voire avec allégeance.
00:41:52Et,
00:41:53cette situation
00:41:53n'est pas saine
00:41:54et je comprends
00:41:56la déclaration
00:41:57faite cette semaine
00:41:58par Sébastien Chenu
00:41:59qui dit
00:42:00que la situation
00:42:01est indécente
00:42:02et qui interpelle
00:42:03Gabriel Attal
00:42:04et Édouard Philippe
00:42:05avec les pouvoirs
00:42:05qui sont les leurs
00:42:06pour leur demander
00:42:08d'inviter
00:42:09les banques françaises
00:42:10à financer
00:42:11tous les candidats
00:42:12aux élections présidentielles.
00:42:14Mais l'équation
00:42:14qu'on va essayer
00:42:15de résoudre ce soir,
00:42:15elle paraît en fait impossible,
00:42:17Bertrand.
00:42:17Liberté du banquier,
00:42:18transparence du financement,
00:42:20indépendance des candidats.
00:42:21Alors,
00:42:21une chose est certaine,
00:42:22Adeline,
00:42:22il n'est pas acceptable
00:42:24qu'un candidat
00:42:25soit privé
00:42:25du droit de se présenter
00:42:26pour des raisons financières.
00:42:27Sinon,
00:42:28c'est le retour
00:42:28au suffrage censitaire,
00:42:29il faut être riche
00:42:30pour se présenter
00:42:31et démocratiquement,
00:42:32c'est inacceptable.
00:42:33La démocratie
00:42:34n'est pas un club privé
00:42:35dont les banquiers
00:42:36seraient les videurs.
00:42:38Bien sûr,
00:42:38on comprend
00:42:39la frilosité des banquiers
00:42:40qui ne sont pas
00:42:41des philanthropes.
00:42:42Qui prendra le risque
00:42:44de prêter
00:42:45à un candidat
00:42:45dont il n'est pas certain
00:42:46qu'il fasse 5%
00:42:48et que donc
00:42:48il obtienne
00:42:49un remboursement étatique ?
00:42:51Confère,
00:42:51Valérie Pécresse
00:42:52ou Anne Hidalgo
00:42:53en 2022.
00:42:54Qui prendra le risque
00:42:56d'être en défaut
00:42:57parce que le candidat
00:42:58n'aura pas son compte
00:42:59de campagne validé
00:43:00et n'aura pas non plus
00:43:01le remboursement étatique ?
00:43:03Confère,
00:43:04Nicolas Sarkozy
00:43:04en 2017.
00:43:06Donc,
00:43:06on comprend aussi
00:43:07leur prudence.
00:43:08Kant et Boursorama
00:43:09en a fait état récemment.
00:43:11Un certain nombre
00:43:12de banquiers
00:43:13reçoivent
00:43:13des messages
00:43:14de leurs clients
00:43:15les menaçant
00:43:16de retirer leurs fonds
00:43:17s'ils prêtent
00:43:18à tel ou tel candidat.
00:43:20d'où la nécessité
00:43:21et c'est tout l'objet
00:43:22du débat
00:43:22qui va s'ouvrir
00:43:23ici puis dans l'hémicycle
00:43:25d'un mécanisme
00:43:26de secours
00:43:26d'un palliatif
00:43:28aux déficiences
00:43:29du marché
00:43:30parce qu'en démocratie
00:43:31comme ailleurs
00:43:32le bonheur
00:43:33est dans le prêt.
00:43:34Bertrand Perrier
00:43:35je vous reconnais
00:43:36bien là
00:43:37Edwige Diaz
00:43:38une campagne
00:43:39ça coûte
00:43:40ça peut coûter
00:43:41plus de 10 millions
00:43:42d'euros
00:43:42en tout cas
00:43:43l'état rembourse
00:43:44à hauteur de 10 millions
00:43:457 pour un candidat
00:43:46du second tour.
00:43:47Où en est le Rassemblement
00:43:48National ?
00:43:49Là, on est le 6 mai.
00:43:50Oui mais nous sommes
00:43:51toujours en train
00:43:51de rechercher
00:43:52cette banque
00:43:53hélas
00:43:54c'est un mauvais scénario
00:43:55qui se répète
00:43:56pour nous
00:43:57à chaque élection
00:43:59présidentielle
00:43:59il y a vraiment
00:44:00une stigmatisation
00:44:02du Rassemblement National
00:44:03un acharnement bancaire
00:44:05à l'encontre
00:44:05du Rassemblement National
00:44:06et aujourd'hui
00:44:07tous les arguments
00:44:08avancés par les banques
00:44:11en fait
00:44:12ne tiennent pas
00:44:13Alors, quels arguments
00:44:14vous opposent
00:44:15les banques
00:44:15que vous démarchez ?
00:44:16En fait, vous savez
00:44:17ils n'ont pas l'obligation
00:44:18de nous dire
00:44:18mais en tout cas
00:44:19nous nous apportons
00:44:19des garanties sérieuses
00:44:22il faut déjà
00:44:23avoir ces parrainages
00:44:24en 2027
00:44:26nous devrions
00:44:27grâce à tous nos députés
00:44:28obtenir nos parrainages
00:44:29ensuite il faut
00:44:30que le candidat
00:44:31à l'élection présidentielle
00:44:32dépasse les 5%
00:44:33bon, sauf si
00:44:34tous les instituts
00:44:35de sondage
00:44:36se trompent
00:44:36depuis des années
00:44:37sur notre capacité
00:44:38à accéder au second tour
00:44:40ça veut dire que
00:44:40donc nous allons
00:44:41dépasser les 5%
00:44:42je ne vois pas
00:44:43pourquoi nous
00:44:44n'obtiendrions pas
00:44:45ce seuil
00:44:46et donc c'est vrai
00:44:47que je suis toujours
00:44:48d'un côté étonnée
00:44:49par ces réfugiés
00:44:50bancaires
00:44:51mais aussi attristée
00:44:52parce que c'est
00:44:53quelque part
00:44:53un verrouillage bancaire
00:44:55qui va à l'encontre
00:44:56de la vitalité
00:44:57démocratique
00:44:58de notre pays
00:44:59Arthur Delaporte
00:45:00même question
00:45:00est-ce que le PS
00:45:01va contracter un prêt
00:45:02pour la campagne de 2027 ?
00:45:03alors je ne peux pas
00:45:04vous dire
00:45:04où on en est aujourd'hui
00:45:06parce que moi je crois
00:45:06dans la nécessité
00:45:07du rassemblement de la gauche
00:45:08donc on aura forcément
00:45:09une dynamique
00:45:09et un prêt collectif
00:45:11à ce candidat
00:45:12qui sera
00:45:12je l'espère
00:45:13un socialiste
00:45:14mais on n'a jamais eu
00:45:15trop de problèmes
00:45:16nous à se financer
00:45:17parce qu'on a une gestion
00:45:19saine et prudente
00:45:20de notre parti
00:45:20et donc que les banques
00:45:21ont généralement
00:45:22fait confiance
00:45:23au parti socialiste
00:45:24et on a notamment
00:45:25un siège
00:45:26qu'on peut hypothéquer
00:45:27sur une campagne
00:45:28donc ça ne pose pas
00:45:28de difficultés particulières
00:45:31après
00:45:31même avec le score
00:45:32d'Anne Hidalgo
00:45:33en 2022
00:45:34il n'y a pas un...
00:45:34et le score d'Anne Hidalgo
00:45:35on avait été remboursé
00:45:36d'une partie
00:45:37mais sur l'autre
00:45:38on a pris sur les réserves
00:45:39enfin je veux dire
00:45:40il reste encore des sous
00:45:41oui à la différence
00:45:42d'autres partis
00:45:43oh pardon
00:45:43je fais un peu
00:45:45la banquière
00:45:45on a une gestion saine
00:45:47on ne vit pas
00:45:49au-dessus de nos moyens
00:45:50et je crois que
00:45:51voilà ce qui a posé
00:45:52problème au Rassemblement
00:45:53National
00:45:53ça a été justement
00:45:56un fort déficit
00:45:57des difficultés financières
00:45:59qui les ont contraint
00:46:00pendant des années
00:46:01aussi à ne pas paraître
00:46:03comme un bon emprunteur
00:46:04vis-à-vis des banques
00:46:05et donc c'est aussi ça
00:46:06qui...
00:46:07mais ça c'était avant
00:46:08que le RN
00:46:09ait plus de 100 députés
00:46:10à l'Assemblée Nationale
00:46:10je le dis parce que
00:46:11le RN a une dotation annuelle
00:46:13de plus de 14 millions d'euros
00:46:15donc voilà
00:46:17de 18 millions d'euros
00:46:18et la part des législatives
00:46:19c'est 14 millions d'euros
00:46:20donc aujourd'hui
00:46:22c'est vrai que
00:46:23si on gère bien ça
00:46:24on peut réussir
00:46:25à mettre un peu de côté
00:46:26chaque année
00:46:26et finalement
00:46:27les plafonds de dépenses
00:46:28de la présidentielle
00:46:29ne sont pas non plus
00:46:31si importants
00:46:31qu'une gestion saine
00:46:32ne permettent pas
00:46:33derrière
00:46:33à minima
00:46:34je fais une parenthèse
00:46:35mais en l'occurrence
00:46:36les subventions que vous avez
00:46:37grâce à vos députés
00:46:38à l'Assemblée Nationale
00:46:39elles vous servent sans doute
00:46:40à éponger la dette
00:46:40du RN non ?
00:46:42Alors déjà
00:46:43je ne voudrais pas laisser dire
00:46:44que nous n'avons pas
00:46:45au RN une gestion saine
00:46:47je peux vous dire
00:46:48que par exemple
00:46:48à chaque fois
00:46:49qu'il y a un candidat
00:46:49du RN qui se présente
00:46:51à une élection
00:46:51et que ce candidat
00:46:52ne dépasse pas les 5%
00:46:54comme ça s'est produit
00:46:54par exemple en 2020
00:46:56sur les villes de Toulouse
00:46:57de Bordeaux
00:46:58au moment des élections municipales
00:46:59il faut savoir que
00:47:00jamais le RN
00:47:01n'a abandonné
00:47:02ces candidats
00:47:03ça n'est pas le cas
00:47:03des autres partis
00:47:04c'est ce qui a expliqué
00:47:05en partie
00:47:06que nous avions
00:47:08accumulé de la dette
00:47:09je voudrais aussi revenir
00:47:10sur la question
00:47:11du prêt de chez Corus
00:47:12qui nous a été consenti
00:47:13en 2014
00:47:14c'était un peu
00:47:15la double peine pour nous
00:47:16parce qu'en fait
00:47:16non seulement
00:47:17il n'y a aucune banque française
00:47:18qui nous a prêté
00:47:18mais en plus
00:47:19nous avons donc dû
00:47:20aller se fournir
00:47:21en quelque sorte
00:47:22à l'étranger
00:47:23mais je tiens à le préciser
00:47:24ça n'était pas un taux d'amis
00:47:25avoir un taux de 6%
00:47:27en 2014
00:47:28c'était un taux
00:47:28extrêmement élevé
00:47:30absolument
00:47:30et donc forcément
00:47:31il faut rembourser tout cela
00:47:33donc je peux d'ores et déjà
00:47:34vous annoncer
00:47:35que ce prêt
00:47:35a été bien évidemment
00:47:37remboursé
00:47:37pour écarter
00:47:38vous l'avez soldé
00:47:39oui absolument
00:47:40il y a quelques mois
00:47:40pour écarter
00:47:41toutes les polémiques
00:47:42et toutes les accusations
00:47:44de soumission
00:47:45et donc là
00:47:45vous devez encore
00:47:46de l'argent aux banques hongroises
00:47:47que vous aviez sollicité
00:47:49pour la dernière présidentielle
00:47:49c'est en train d'être soldé
00:47:50voilà en fait
00:47:50nous avons vraiment
00:47:51une gestion financière saine
00:47:53et c'est pour ça que ça rend
00:47:56les raisons
00:47:57vous interdisez de retourner
00:47:57chercher un prêt à l'étranger
00:47:59pour la prochaine élection
00:48:00vous vous interdisez l'idée
00:48:02de retrouver un prêt à l'étranger
00:48:03je ne sais pas
00:48:04sur une banque américaine
00:48:04nous sommes des patriotes
00:48:05donc je le dis
00:48:06nous souhaitons
00:48:07souscrire un emprunt
00:48:08est-ce que vous vous interdisez
00:48:10de refaire la même chose
00:48:11en fait monsieur
00:48:12comment voulez-vous
00:48:13que l'on fasse
00:48:13je ne sais pas
00:48:14si jamais les banques françaises
00:48:16nous ferment la porte
00:48:17je rappelle au passage
00:48:18qu'on nous avait promis
00:48:19en 2017
00:48:19la banque de la démocratie
00:48:21promesse vite en derrière
00:48:22par Emmanuel Macron
00:48:23et donc il va bien falloir
00:48:24que nous trouvions des solutions
00:48:26évidemment
00:48:27nous lançons un appel
00:48:28aux patriotes de France
00:48:29pour qu'ils prennent
00:48:29leur adhésion
00:48:30au Rassemblement National
00:48:31ce qui nous permettra
00:48:31entre autres
00:48:32de financer l'élection présidentielle
00:48:33Philippe Gossin
00:48:34d'abord première question
00:48:34est-ce que ça va être
00:48:35un problème aussi
00:48:36pour les républicains
00:48:37de financer leur campagne
00:48:38de 2027
00:48:39Bruno Retailleau
00:48:40il fait le tour des banques
00:48:41en ce moment
00:48:41oui mais vous savez
00:48:42la plupart des partis politiques
00:48:43peuvent être confrontés
00:48:44à cette question
00:48:45et Arthur Delaporte
00:48:46fait état de la bonne gestion
00:48:48du PS
00:48:48et très bien
00:48:49dont acte
00:48:50mais même bien géré
00:48:51je pense que les républicains
00:48:53sont bien gérés
00:48:54Daniel Fasquel
00:48:54et le trésorier actuel
00:48:55ont fait le nécessaire
00:48:56vous avez évidemment
00:48:58un financement public
00:48:59qui diminue
00:49:00en fonction des voix
00:49:01que vous obtenez
00:49:02et du nombre de députés
00:49:03donc le financement
00:49:03qui est le nôtre aujourd'hui
00:49:05n'est pas celui
00:49:05que nous avions
00:49:07il y a quelques années
00:49:07par exemple
00:49:08or une campagne présidentielle
00:49:10elle n'est pas proportionnelle
00:49:12au nombre de députés
00:49:12par définition
00:49:13vous y mettez votre énergie
00:49:15et le fait est
00:49:16qu'aujourd'hui
00:49:17plusieurs partis politiques
00:49:18et pas que le RN
00:49:19pourrait avoir
00:49:20des difficultés
00:49:21de financement
00:49:22du reste
00:49:22alors lesquelles
00:49:23vous dites
00:49:24pas que le RN
00:49:25mais vous connaissez lesquelles
00:49:26le RN
00:49:27en a quelques-uns
00:49:28la France insoumise
00:49:30n'est pas totalement
00:49:30à l'écart de difficultés
00:49:32je rappelle
00:49:33et je ne porte pas d'accusation
00:49:34je rapporte simplement
00:49:35des faits
00:49:36dont la tresse fait état
00:49:38qu'il y a eu peut-être
00:49:39des surfacturations
00:49:41de la campagne présidentielle
00:49:43de Jean-Luc Mélenchon
00:49:44tout ça n'est pas encore
00:49:45totalement clair
00:49:47et puis c'est à la justice
00:49:48de voir ce qu'il en sera
00:49:49ça veut dire
00:49:50qu'éventuellement
00:49:51à l'avenir
00:49:51dans les mêmes conditions
00:49:52des comptes
00:49:53pourraient être invalidés
00:49:53on a eu
00:49:54les comptes
00:49:55ça a été dit tout à l'heure
00:49:56de Nicolas Sarkozy
00:49:57et le Sarkoton
00:49:59qui avait été
00:50:00voilà
00:50:01donc beaucoup de prudence
00:50:02et je peux attester
00:50:03puisque avec
00:50:04Yael Broun-Pivet
00:50:04nous avions fait
00:50:06un bilan
00:50:07de la loi confiance
00:50:07de 2017
00:50:09je peux attester
00:50:10on a vu les preuves
00:50:11que le RN
00:50:12et je ne peux pas être suspecté
00:50:13de passer le plat au RN
00:50:14n'a pas trouvé
00:50:16en France
00:50:17de financeurs
00:50:18et c'est un problème démocratique
00:50:20oui c'est un problème
00:50:21parce qu'on a fait le choix
00:50:22en France
00:50:22de ne pas dépendre
00:50:23des entreprises
00:50:24ou des particuliers
00:50:25contrairement au choix américain
00:50:27les Etats-Unis
00:50:27vous avez les entreprises
00:50:28qui amènent des millions
00:50:29voire des dizaines de millions
00:50:31voire des milliards
00:50:32voire des milliards
00:50:33alors après
00:50:34c'est pas nouveau
00:50:34c'est le spoil system
00:50:35vous avez un tel
00:50:36qui se retrouve ambassadeur
00:50:37à Paris
00:50:37à Berlin
00:50:38ou je ne sais où
00:50:39ce qu'on verrait jamais chez nous
00:50:40la doublette Trump-Must
00:50:41ne fait pas spécialement envie
00:50:42non mais voilà
00:50:43des particuliers
00:50:44qui donnent des sommes
00:50:45extraordinaires
00:50:46nous c'est plafonné
00:50:48à 7500 euros
00:50:497500 euros
00:50:51pour un particulier
00:50:52les entreprises
00:50:53enfin bref
00:50:54les personnes morales
00:50:55entreprises
00:50:55collectivités etc
00:50:56ne peuvent pas donner
00:50:57donc
00:50:57à juste titre
00:50:58à juste titre
00:50:59mais je n'ai pas de problème
00:50:59avec ça
00:51:00je veux dire rappelons quand même
00:51:01que
00:51:01oui ça va toujours mieux
00:51:02en le disant
00:51:02à juste titre
00:51:03je n'ai aucun problème
00:51:04avec ça
00:51:04mais ça veut dire
00:51:05qu'il y a une logique
00:51:05de financement
00:51:06qui est publique
00:51:08et bien si
00:51:10les partis politiques
00:51:11le RN
00:51:12comme d'autres
00:51:12ne peuvent pas
00:51:13se financer
00:51:14c'est
00:51:15me semble-t-il
00:51:17à la collectivité
00:51:18d'une façon
00:51:18ou d'une autre
00:51:19dit pour voir
00:51:20parce qu'on a fait
00:51:21le choix
00:51:22de ne pas avoir
00:51:23de conflit d'intérêt
00:51:24de ne pas avoir
00:51:25une volonté
00:51:26de s'immiscer
00:51:27dans la vie démocratique
00:51:28et je rejoins
00:51:29ce qui a été dit
00:51:30très bonne plaidoirie
00:51:31je rejoins
00:51:32ce qui a été dit
00:51:33en introduction
00:51:35c'est un sujet
00:51:36si seuls
00:51:37des partis
00:51:38qui ont de l'argent
00:51:39ou seuls
00:51:40certains
00:51:40qui auraient
00:51:41de l'argent
00:51:42dans des particuliers
00:51:43etc.
00:51:43pouvaient se présenter
00:51:44à une élection
00:51:45il y a bien
00:51:46un sujet démocratique
00:51:47et je le dis
00:51:48aussi sans passer le plat
00:51:49que ce soit
00:51:51Mélenchon
00:51:51que ce soit
00:51:52Le Pen
00:51:52ou Bardella
00:51:53ou je ne sais qui
00:51:54quand on a
00:51:55des partis politiques
00:51:56qui ont autant
00:51:57de députés
00:51:58qui font autant
00:51:59de résultats
00:52:00dans les urnes
00:52:01ne pas pouvoir
00:52:02financer une campagne
00:52:03présidentielle
00:52:04ça serait un problème
00:52:05alors il y a plusieurs
00:52:06idées qui sont
00:52:07sur la table
00:52:08pour résoudre
00:52:08ce problème
00:52:09dont une proposition
00:52:10de loi
00:52:10que vous avez déposée
00:52:12avec les républicains
00:52:13et qui reprend l'idée
00:52:14de cette banque
00:52:14de la démocratie
00:52:15dont vous parliez
00:52:16les détails
00:52:16avec Nicolas Fleury
00:52:19trop dur de trouver
00:52:21des crédits
00:52:22et si pour financer
00:52:24leur campagne
00:52:24les partis politiques
00:52:26empruntaient
00:52:26directement à l'Etat
00:52:27ou plutôt
00:52:28à une banque publique
00:52:30créée spécialement
00:52:31pour l'occasion
00:52:31le premier
00:52:33à proposer l'idée
00:52:34c'est François Bayrou
00:52:35tout juste nommé
00:52:36garde des Sceaux
00:52:37en 2017
00:52:38pour avoir fait
00:52:39l'expérience
00:52:40qu'une banque privée
00:52:42est de fait
00:52:43droit de vie
00:52:43ou de mort
00:52:44sur une formation politique
00:52:45je propose
00:52:46que nous mettions
00:52:48en place
00:52:49que nous créions
00:52:50une banque
00:52:51de la démocratie
00:52:52François Bayrou
00:52:53démissionne
00:52:54quelques semaines
00:52:55plus tard
00:52:55l'idée finit
00:52:56par être abandonnée
00:52:59On se contente
00:53:00de créer
00:53:00un médiateur
00:53:01pour inciter
00:53:02les banques
00:53:03à prêter au parti
00:53:04mais il se révèle
00:53:05impuissant
00:53:06sur 13 saisines
00:53:08pour un prêt refusé
00:53:09le médiateur
00:53:10n'a réussi
00:53:10qu'une seule fois
00:53:11à faire changer
00:53:12la banque d'avis
00:53:13alors l'idée
00:53:14revient régulièrement
00:53:15notamment quand
00:53:16François Bayrou
00:53:17devient premier ministre
00:53:20Je souhaite
00:53:21la création
00:53:22d'une banque
00:53:23de la démocratie
00:53:24Cette semaine
00:53:25c'est un député
00:53:27LR
00:53:27qui a déposé
00:53:28une proposition
00:53:28de loi
00:53:29sur le sujet
00:53:29Quelles structures
00:53:31quelles conditions
00:53:32rien n'est tranché
00:53:35Autre solution
00:53:36proposée
00:53:36par les banques privées
00:53:37elle demande
00:53:38à l'Etat
00:53:38de se porter
00:53:39caution
00:53:40pour les partis
00:53:40Pourquoi n'y aurait-il
00:53:42pas une intervention
00:53:42publique
00:53:43dès le départ
00:53:44une garantie
00:53:44donnée à la banque
00:53:45qui prêterait
00:53:46puisque l'Etat
00:53:47rembourse
00:53:47autant qu'il apporte
00:53:48totalement sa contribution
00:53:50Don
00:53:51fonds publics
00:53:52selon leurs résultats
00:53:53électoraux
00:53:53dans les comptes
00:53:54de campagne
00:53:55les prêts bancaires
00:53:56restent minoritaires
00:53:57En 2022
00:53:58il couvrait en moyenne
00:53:5914% des dépenses
00:54:01pour les présidentielles
00:54:02et les législatives
00:54:05Donc Philippe Gosselin
00:54:06ce que vous voulez là
00:54:07on a compris
00:54:08c'est pas créer
00:54:08une banque
00:54:09c'est pas créer
00:54:10un nouvel établissement
00:54:11et une nouvelle usine à gaz
00:54:12vous voulez adosser
00:54:14une structure
00:54:14à la caisse des dépôts
00:54:16Comment ça fonctionnerait ?
00:54:17C'est le point de vue
00:54:17c'est le point de vue
00:54:17que j'ai défendu
00:54:18avec Yael Broun-Pivet
00:54:19il y a quelques années
00:54:20qu'on espérait mettre en place
00:54:22et puis il se trouve
00:54:22que le premier ministre
00:54:23qui s'appelait François Bayrou
00:54:24il y a quelques mois
00:54:26le 25 août
00:54:27s'est fait à Raqueri
00:54:28ce qui a été confirmé
00:54:29début septembre
00:54:29donc notre projet
00:54:30est tombé à l'eau
00:54:31mais pour autant
00:54:32il y a un vrai sujet
00:54:33on l'a dit tout à l'heure
00:54:34moi je pense
00:54:34qu'il ne faut pas
00:54:35recréer des structures
00:54:37il peut y avoir
00:54:37plusieurs solutions
00:54:38on peut créer
00:54:38une vraie banque
00:54:39entre guillemets
00:54:40un établissement public
00:54:41moi j'ai suggéré
00:54:43avec Yael Broun-Pivet
00:54:44il y a quelques mois
00:54:45qu'on puisse adosser
00:54:46l'ensemble
00:54:46à la Caisse des dépôts
00:54:47alors la Caisse des dépôts
00:54:48c'est une vieille dame
00:54:49elle a plein de cordes
00:54:51à son arc
00:54:52elle sait faire
00:54:54on a une structure
00:54:55qui a l'habitude
00:54:56et qui est assez souple
00:54:57et ça éviterait
00:54:58de créer quelque chose
00:55:00qui soit en effet
00:55:01une usine à gaz
00:55:02et à gaz écouteuse
00:55:03parce qu'il n'y a pas
00:55:04que l'élection présidentielle
00:55:05d'ailleurs le reportage
00:55:06le dit
00:55:07pour les candidatures
00:55:09aux législatives
00:55:10c'est le même sujet
00:55:12en gros
00:55:13une campagne législative
00:55:14c'est plafonné
00:55:15mais c'est
00:55:16aux alentours
00:55:17on peut faire
00:55:18beaucoup moins
00:55:18mais 15-20 000 euros
00:55:20oui là on est
00:55:21sur d'autres montants
00:55:22on est sur d'autres montants
00:55:23mais qui
00:55:23quel est le particulier
00:55:25qui peut apporter
00:55:2615-20 000 euros
00:55:27ou alors on considère
00:55:28qu'il faut être héritier
00:55:29c'est pas mon point de vue
00:55:30moi j'ai pas eu de problème
00:55:31à avoir un prêt
00:55:32parce que j'étais député
00:55:34sortant
00:55:34et qu'on a pensé
00:55:35que je ferais plus de 5%
00:55:36ce qui est pas tout à fait faux
00:55:37mais il n'empêche
00:55:39qu'on a eu
00:55:39notre candidate
00:55:40à la présidentielle
00:55:41c'est plus les législatives
00:55:43moins de 5%
00:55:44pas remboursé
00:55:45aujourd'hui
00:55:45ça peut amener
00:55:46une frilosité
00:55:47non seulement
00:55:48pour le parti
00:55:49au niveau national
00:55:50mais pour les candidats
00:55:51LR à l'avenir
00:55:52donc c'est vraiment
00:55:53un sujet de démocratie
00:55:54la caisse des dépôts
00:55:56pourrait je crois
00:55:57jouer ce rôle
00:55:58il peut y avoir
00:55:59une autre formule aussi
00:56:00c'est que l'état
00:56:01se porte garant
00:56:03c'est à dire caution
00:56:03d'une certaine façon
00:56:04des engagements
00:56:06des candidats
00:56:07reste en déterminer
00:56:08c'est à dire que
00:56:09l'état se porterait
00:56:11garant
00:56:11auprès d'une banque
00:56:13prêteuse
00:56:13et la banque
00:56:14serait remboursée
00:56:16en cas de défaut
00:56:16par l'état
00:56:17oui mais ça veut dire
00:56:18que ça peut pas être
00:56:19open bar non plus
00:56:20parce qu'on ne peut pas
00:56:20permettre à n'importe
00:56:22quel candidat
00:56:23de se présenter
00:56:24de le faire
00:56:24sinon ça sera ingérable
00:56:25Arthur Delaporte
00:56:26vous êtes ok
00:56:27mais vous voulez fixer
00:56:28des critères
00:56:28voilà moi je dis
00:56:29la banque de la démocratie
00:56:30sur le principe
00:56:31sur le papier
00:56:31c'est une bonne idée
00:56:32mais dès qu'on rentre
00:56:33dans le détail
00:56:33en fait ça devient
00:56:34tout de suite
00:56:34plus compliqué
00:56:35déjà qui prête
00:56:36et puis si la personne
00:56:38fait moins de 5%
00:56:39n'est pas remboursée
00:56:40qui paye
00:56:41le citoyen
00:56:42est-ce que n'importe qui
00:56:44peut déposer
00:56:46donc du coup
00:56:46quels sont les critères
00:56:47pour pouvoir être éligible
00:56:49à la banque de la démocratie
00:56:50parce que si
00:56:51n'importe qui
00:56:52veut se présenter
00:56:53aujourd'hui n'importe qui
00:56:54peut se présenter
00:56:54à une élection législative
00:56:55fait 0,5%
00:56:57et engage
00:56:58des dépenses
00:56:59de façon importante
00:57:00et bien derrière
00:57:01ça pose un vrai sujet
00:57:02donc il faudrait
00:57:03évidemment plafonner
00:57:04le maximum remboursable
00:57:05qui ne serait pas
00:57:06le plafond remboursable
00:57:07c'est très technique
00:57:08mais disons que
00:57:09si on va faire
00:57:10un petit score
00:57:10alors on fait
00:57:11un petit budget de campagne
00:57:12et dans ce cas là
00:57:13on peut être remboursé
00:57:14sur la moitié
00:57:14de ce petit budget
00:57:15mais je veux dire
00:57:16à un moment
00:57:16c'est vrai que ça peut poser
00:57:18quel signal
00:57:18si un candidat
00:57:19dont le compte de campagne
00:57:20serait invalidé
00:57:22on trouverait là
00:57:23l'opportunité
00:57:24de se faire rembourser
00:57:25sa campagne
00:57:25par l'Etat
00:57:25ce qui serait un biais
00:57:26absolument inacceptable
00:57:27et le deuxième sujet
00:57:28que moi je veux dire
00:57:29c'est qu'il faut aussi
00:57:29mettre des critères
00:57:31politiques et républicains
00:57:32c'est-à-dire que moi
00:57:33je pense que
00:57:34quand on prête
00:57:35quand l'Etat prête
00:57:36il doit prêter
00:57:36à quelqu'un
00:57:37qui est net moralement
00:57:40qui n'a pas été condamné
00:57:41par exemple
00:57:41pour des affaires
00:57:42de détournement d'argent
00:57:43pour des affaires
00:57:44d'abus de biens sociaux
00:57:45ou d'usurpation
00:57:47d'identité
00:57:48alors s'il a été condamné
00:57:49il a purgé sa peine
00:57:50a priori
00:57:51s'il a été condamné
00:57:51oui mais par exemple
00:57:52là vous voyez bien
00:57:53vous avez des gens
00:57:54qui peuvent être inéligibles
00:57:55dans des partis
00:57:56ou des partis qui peuvent
00:57:57être condamnés
00:57:57parce qu'ils ont pris
00:57:59de l'argent public
00:58:00à Bruxelles
00:58:00je pense au Rassemblement
00:58:01National
00:58:01moi ça me poserait problème
00:58:02de dire que ce parti
00:58:04qui a piqué dans la caisse
00:58:04de l'Europe
00:58:05peut derrière
00:58:06emprunter
00:58:07à l'Etat
00:58:08et aux citoyens français
00:58:09donc voilà
00:58:10ça c'est un problème
00:58:10plus moral
00:58:11politique
00:58:12qui mériterait
00:58:13d'être débattu
00:58:14nous au Rassemblement National
00:58:15nous considérons
00:58:16qu'en fait
00:58:16comme un droit au compte
00:58:18il faudrait qu'il y ait
00:58:18un droit au crédit
00:58:19avec une commission
00:58:20chargée
00:58:21les candidats
00:58:21qui seraient pas sérieux
00:58:23fantaisistes
00:58:24pour précisément
00:58:24éviter de faire porter
00:58:25le poids
00:58:26de ces dépenses électorales
00:58:28sur les épaules
00:58:29des citoyens
00:58:30et en fait
00:58:31l'Etat apporte déjà
00:58:32la garantie
00:58:32parce que sur un parti
00:58:33comme le nôtre
00:58:34avec 120 députés
00:58:35en fait c'est l'Etat
00:58:36qui nous verse
00:58:37notre subvention annuelle
00:58:38donc en fait
00:58:38l'Etat
00:58:39si jamais ça se passait mal
00:58:41pour nous
00:58:41au niveau des résultats
00:58:43l'Etat en fait
00:58:43pourrait utiliser
00:58:44l'argent qu'il nous verse
00:58:45tous les ans
00:58:46pour rembourser la banque
00:58:47donc nous en tout cas
00:58:47c'est la proposition
00:58:48que nous formulons
00:58:49mais vous soutenez
00:58:50la proposition de loi
00:58:51de Philippe Reims ?
00:58:53Oui mais nous
00:58:53on soutiendra
00:58:53tout ce qui va
00:58:54évidemment dans le bon sens
00:58:55parce que nous sommes
00:58:56les premières victimes
00:58:57de cette situation
00:58:58et permettez-moi de le dire
00:58:59parce que voilà
00:59:00pour l'instant
00:59:00nous n'avons pas encore
00:59:01trouvé cet emprunt bancaire
00:59:03donc qu'est-ce qu'il nous reste
00:59:04il nous reste
00:59:04les cotisations de nos adhérents
00:59:06voilà qui sont déductibles
00:59:07à hauteur de 66% des impôts
00:59:09il nous reste aussi
00:59:10les dons que les particuliers
00:59:11peuvent faire
00:59:12dans le cadre d'une campagne
00:59:13qui sont plafonnées
00:59:15à 4600 euros
00:59:16ben madame
00:59:17à un moment donné
00:59:17il faudra bien
00:59:18qu'on trouve des solutions
00:59:19parce qu'on n'envisage pas
00:59:20de priver nos électeurs
00:59:22d'une représentation
00:59:23de concourir
00:59:24à l'élection présidentielle
00:59:26tout ça parce que
00:59:27il y a un verrouillage bancaire
00:59:29qui empêcherait
00:59:30la démocratie
00:59:30de s'exprimer
00:59:31très rapidement
00:59:32la banque de la démocratie
00:59:33ce n'est pas forcément
00:59:34la seule solution
00:59:34le médiateur du crédit
00:59:36au parti politique
00:59:37ça ne marche pas
00:59:38attendez
00:59:39je n'ai pas fini ma phrase
00:59:40il propose quelque chose
00:59:41qui veut dire
00:59:42que les citoyens
00:59:43pourraient se porter prêteurs
00:59:45et donc là
00:59:45il y a peut-être un sujet
00:59:46parce que les citoyens
00:59:48peuvent prêter
00:59:48et à la fin
00:59:49ils peuvent être aussi gagnants
00:59:50puisqu'ils ont des intérêts
00:59:52et là
00:59:53on a évité
00:59:54on a évité
00:59:54Arthur Delaporte
00:59:55les personnes physiques
00:59:57justement pour éviter
00:59:58des conflits d'intérêts
00:59:59et des renvois d'accendants
01:00:01c'est pas vrai
01:00:01parce que sur une campagne
01:00:03législative
01:00:04une personne physique
01:00:05peut très bien prêter
01:00:06il n'y a pas de sujet
01:00:07non non elle peut prêter
01:00:08c'était bien la question
01:00:09qui fâche
01:00:09vous voyez bien
01:00:10en tout cas
01:00:10il y a un vrai sujet
01:00:12mais pour des raisons
01:00:13il va falloir l'inscrire
01:00:14à l'ordre du jour
01:00:15de l'Assemblée nationale
01:00:15on en est encore loin
01:00:17parce qu'il n'y a pas
01:00:17de majorité sur le sujet
01:00:18on est bien d'accord
01:00:19on va sur le temps
01:00:19il y aura la majorité
01:00:20merci à tous les trois
01:00:22en tout cas d'être venus
01:00:22en parler ce soir
01:00:23dans chaque voix compte
01:00:23tout de suite
01:00:24Bourbon Express
01:00:24Marco Pommier
01:00:30bonsoir Aline
01:00:30bonsoir Marco
01:00:31me pardonnerez-vous un jour
01:00:32pour tous ces retards
01:00:33que j'ai engendrés
01:00:34dans votre journal
01:00:36on commence avec
01:00:37cette proposition
01:00:38de nomination
01:00:38qui fait grincer
01:00:39des dents à l'Assemblée
01:00:40le communiqué
01:00:41de l'Elysée
01:00:42est tombé hier soir
01:00:43Emmanuel Macron
01:00:44envisage de nommer
01:00:45Emmanuel Moulin
01:00:46gouverneur
01:00:47de la Banque de France
01:00:48pour succéder
01:00:49à François Villeroy
01:00:50de Gallo
01:00:50ancien directeur
01:00:52du Trésor
01:00:52Emmanuel Moulin
01:00:53a travaillé
01:00:54pour Nicolas Sarkozy
01:00:55Bruno Le Maire
01:00:56Gabriel Attal
01:00:56mais c'est surtout
01:00:58l'ex-secrétaire général
01:00:59de l'Elysée
01:01:00il vient de quitter son poste
01:01:01sa proximité
01:01:02avec le chef de l'Etat
01:01:04fait tiquer
01:01:04à l'Assemblée
01:01:05à commencer par l'insoumis
01:01:07Eric Coquerel
01:01:07le président
01:01:08de la commission des finances
01:01:09au micro
01:01:10d'Antoine Palos
01:01:11et Thibault Linard
01:01:12j'ai dit mon opposition
01:01:13à cette nomination
01:01:15voilà tout simplement
01:01:16parce que
01:01:16l'un des piliers
01:01:18de la Banque de France
01:01:18c'est son indépendance
01:01:20notamment vis-à-vis
01:01:21des pouvoirs politiques
01:01:22et là
01:01:23il n'y a vraiment pas
01:01:24de lien d'indépendance
01:01:24donc ça c'est un vrai problème
01:01:27qui une fois de plus
01:01:28laisse penser
01:01:28qu'en fait
01:01:29que monsieur Macron
01:01:30essaye de nommer
01:01:31ses proches
01:01:32avant son départ
01:01:34je trouve que
01:01:35c'est pas comme ça
01:01:35qu'on procède
01:01:37Emmanuel Macron
01:01:38accusé de placer ses proches
01:01:39mais non
01:01:41il ironise
01:01:42rappelez-vous
01:01:43il avait déjà
01:01:44nommé
01:01:44Richard Ferrand
01:01:46à la présidence
01:01:46du conseil constitutionnel
01:01:48et plus récemment
01:01:49Amélie de Montchalin
01:01:50à la tête
01:01:51de la cour des comptes
01:01:52de son côté
01:01:52l'ERN
01:01:53met en doute carrément
01:01:54les compétences
01:01:55d'Emmanuel Moulin
01:01:55reste une étape importante
01:01:57pour lui convaincre
01:01:58les parlementaires
01:01:59des commissions
01:02:00des finances
01:02:00de l'Assemblée
01:02:01et du Sénat
01:02:02lors de deux auditions
01:02:03différentes
01:02:04les parlementaires
01:02:04peuvent bloquer
01:02:05sa nomination
01:02:06en réunissant
01:02:07une majorité
01:02:08des trois cinquièmes
01:02:09contre lui
01:02:09des auditions prévues
01:02:10le mercredi 20 mai
01:02:12on poursuit Marco
01:02:13avec cette fracture
01:02:14qui s'affiche désormais
01:02:16au grand jour
01:02:16entre Elisabeth Borne
01:02:17et Gabriel Attal
01:02:19oui deux anciens
01:02:20premiers ministres
01:02:20d'Emmanuel Macron
01:02:21Elisabeth Borne
01:02:23a décidé de claquer
01:02:24la porte de la direction
01:02:25de Renaissance
01:02:25je ne me retrouve pas
01:02:27complètement dans la ligne
01:02:29qui n'est pas forcément
01:02:30débattue au sein
01:02:32de Renaissance
01:02:33donc j'ai décidé
01:02:35de démissionner
01:02:37du conseil national
01:02:38de Renaissance
01:02:39de me mettre
01:02:41en retrait
01:02:41du bureau exécutif
01:02:44en désaccord
01:02:45donc avec la ligne
01:02:46portée par Gabriel Attal
01:02:47le secrétaire général
01:02:49du parti
01:02:49auquel Elisabeth Borne
01:02:51reste néanmoins
01:02:52adhérente
01:02:52un désaccord
01:02:53qui couvait
01:02:54depuis plusieurs mois
01:02:55souvenez-vous
01:02:55en août 2024
01:02:56Elisabeth Borne
01:02:58avait envisagé
01:02:58de prendre la tête
01:02:59du parti Renaissance
01:03:00avant de renoncer
01:03:01après un accord
01:03:02avec Gabriel Attal
01:03:03depuis les critiques
01:03:04contre lui
01:03:05n'ont jamais vraiment cessé
01:03:06sur la forme
01:03:07trop de communication
01:03:08selon elle
01:03:08comme sur le fond
01:03:09par exemple
01:03:10l'interdiction du voile
01:03:11pour les mineurs
01:03:12et on termine
01:03:13avec les questions
01:03:13au gouvernement
01:03:14cet après-midi
01:03:14à l'Assemblée
01:03:15un député
01:03:15a interpellé
01:03:16le gouvernement
01:03:16sur un sujet glaçant
01:03:18l'académie mondiale
01:03:19du viol
01:03:20c'était une révélation
01:03:21du média américain
01:03:22CNN
01:03:23enquête publiée
01:03:24en mars
01:03:24et qui révèle
01:03:25l'existence
01:03:26de plusieurs plateformes
01:03:27en ligne
01:03:28où des hommes
01:03:29s'échangent
01:03:29des conseils
01:03:30pour droguer
01:03:31et violer
01:03:31leurs conjointes
01:03:33toujours commencer
01:03:34par une faible dose
01:03:34si ça ne suffit pas
01:03:35tu augmentes
01:03:36de comprimer
01:03:36un peu d'alcool
01:03:37ça marche à tous les coups
01:03:38je peux t'envoyer un liquide
01:03:39150 euros la bouteille
01:03:40sans goût
01:03:41sans odeur
01:03:41elle ne se souviendra de rien
01:03:42voici ce qu'on peut y lire
01:03:44que l'on soit clair
01:03:45ce que nous décrivons ici
01:03:46ce ne sont pas
01:03:47des fantasmes
01:03:48ni des dérives isolées
01:03:49ce sont des viols aggravés
01:03:50ce sont des actes
01:03:51de soumission chimique
01:03:52ce sont des crimes
01:03:54organisés
01:03:55structurés
01:03:55revendiqués
01:03:56mais surtout
01:03:57totalement banalisés
01:03:58c'est choquant
01:03:59et parfois
01:03:59ces agressions
01:04:00sont même photographiées
01:04:02filmées
01:04:02et diffusées
01:04:03un des sites pornographiques
01:04:05est particulièrement
01:04:06pointé du doigt
01:04:07il abriterait
01:04:08plus de 20 000 vidéos
01:04:09de femmes droguées
01:04:10et agressées
01:04:11par leurs compagnons
01:04:12site qui aurait enregistré
01:04:13plus de 64 millions
01:04:15de visites en février
01:04:16selon le député
01:04:17Guillaume Gouffier-Valente
01:04:18il a demandé
01:04:19au gouvernement
01:04:20comment il comptait agir
01:04:22malheureusement
01:04:22dans notre pays
01:04:23beaucoup trop d'hommes
01:04:25consomment
01:04:26ces vidéos
01:04:27et cela infuse
01:04:28dans notre pays
01:04:29une culture
01:04:30qui est la culture
01:04:31du viol
01:04:32donc la France
01:04:32se saisit
01:04:33et se saisit
01:04:34pleinement
01:04:34à la fois
01:04:36signalement
01:04:36procureur de la république
01:04:37signalement
01:04:38à Pharos
01:04:39signalement à l'Arcom
01:04:40et il y a quelques jours
01:04:41justement
01:04:42l'Arcom
01:04:42indiquait avoir été
01:04:43saisie
01:04:44à propos de plusieurs sites
01:04:46le gendarme
01:04:46de l'audiovisuel
01:04:47cherche les procédures
01:04:48les plus pertinentes
01:04:49je cite
01:04:49pour arrêter
01:04:50ces diffusions
01:04:51de contenus illicites
01:04:52internet n'a pas de frontières
01:04:53merci beaucoup
01:04:54Marco
01:04:55merci à tous les trois
01:04:55d'être venus ce soir
01:04:56dans chaque voix compte
01:04:57on suivra le parcours
01:04:58législatif de votre texte
01:05:00parcours du combattant
01:05:01parcours du combattant
01:05:02merci Bertrand
01:05:04et merci Olivier
01:05:04et merci à vous
01:05:06de nous avoir suivis
01:05:06chez vous
01:05:07cette émission
01:05:08est rediffusée tout à l'heure
01:05:08à 23h30
01:05:09vous la retrouvez aussi
01:05:10en replay sur lcp.fr
01:05:11et sur Youtube aussi
01:05:13pourquoi pas
01:05:14je vous dis à demain
01:05:15en direct
01:05:16à 19h30
01:05:17pour chaque voix compte
01:05:17passez une excellente soirée
01:05:19sur la 8
01:05:19bye-bye
01:05:20bye-bye
01:05:21merci à tous
01:05:22merci à tous
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