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  • il y a 2 jours
L'envolée du déficit français et la hausse des taux asphyxient les finances publiques. Bloqué sans majorité à l'Assemblée, le gouvernement peine à faire voter le moindre arbitrage. L'inquiétude gagne les investisseurs : la prime de risque française grimpe et le spread avec l'Allemagne se tend nettement à 150 points de base.

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Transcription
00:05Générique
00:09Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Anthony Morlet, la vie d'Ali, vous êtes économiste au pôle macroéconomie-conjoncture chez Rex & Code et membre de
00:20BSI Economics.
00:21Bonsoir.
00:22Bonsoir Pauline.
00:23Nicolas Abraud, directeur associé chez Autingre Banque Privée.
00:26Bonsoir Nicolas.
00:27Bonsoir Pauline.
00:27Et Laurent Martin, trésorier à la direction administrative et financière de CIPTP France.
00:33Bonsoir Laurent.
00:33Bonsoir Pauline.
00:34Anthony, je vous propose de commencer avec ce cas français, avec cette dette française.
00:39Je disais en intro, l'endettement de la France a franchi un nouveau cap historique.
00:443 600 milliards de dollars, 79% du PIB.
00:50Est-ce que ce prime de risque politique est déjà pricé sur les marchés ?
00:54Et que peut-on dire de cette OAT à 10 ans, je le disais aussi, qui s'est envolé encore
01:00cet après-midi et ce depuis déjà plusieurs jours ?
01:03Alors, c'est compliqué de connaître le bon niveau de prime de risque sur un pays.
01:07Les modèles de dit fair value, on en a plein.
01:10On ne sait jamais à quel niveau forait été la France.
01:13Ce que l'on sait, c'est qu'on avait une prime de risque qui était quand même anormalement basse
01:17et faible pour un pays dont les fondamentaux sont quand même en dégradation depuis plusieurs années.
01:22Et là, il faut bien reconnaître qu'on a accumulé un certain nombre de signaux très négatifs.
01:26Le fait qu'on soit à 5,4% a priori de déficit public rapporté au PIB en 2026, ça
01:32a quand même été accueilli de manière très négative par les marchés.
01:35Donc ça, c'est un premier point.
01:38Et puis plus généralement, on n'a pas de croissance, pas beaucoup d'inflation, des taux qui montent.
01:41Donc ça veut dire un fameux R-G, effet boule de neige, qui va probablement devenir très positif dans les
01:47années à venir.
01:47Donc au sens négatif, puisque la charge d'intérêt va s'alourdir de par elle-même.
01:52Donc on a des fondamentaux qui, objectivement, se dégradent.
01:54Est-ce qu'aujourd'hui, c'est bien payer 150 points de base ?
01:58Pour certains, oui, mais probablement pas pour l'entièreté des acteurs.
02:01D'ailleurs, la preuve, c'est qu'on continue d'avoir des pressions.
02:04Il n'est pas impossible qu'à certains seuils, on ait des rachats.
02:07Par exemple, on peut se dire qu'à 200 points de base, on peut avoir des vagues de rachats,
02:11parce qu'un certain nombre d'acteurs se disent au fond, là, ça vaut le coup de re-rentrer.
02:13Mais on n'en est jamais complètement certain.
02:15Il y a un peu deux écoles, pour le dire en un mot.
02:16Il y a ceux qui vous disent, pas tant de risques que ça, parce qu'assez rapidement,
02:20plus les spreads augmentent, au fond, plus ça devient attractif et plus on va revenir.
02:23Et puis ceux qui se disent, oui, mais il y a un moment où le spread est un peu tellement
02:27incontrôlé,
02:29incontrôlable, que plus personne ne veut vraiment toucher à ça.
02:31Parce que quand vous ne savez pas bien où va le spread, quand vous rentrez,
02:34vous avez intérêt à ce que vous soyez bien sur un plafond.
02:36Sinon, vous continuez, surtout pour ceux qui sont en mark-to-market,
02:39sinon ils continuent de prendre des paumes.
02:41Et puis le dernier point que je mentionnerai, là, c'est vraiment pour être provoquant,
02:44mais la dette publique, objectivement, si vous la regardez telle qu'elle est sa dynamique,
02:49donc la soutenabilité de la dette publique,
02:51en France, à modèle inchangé, si on ne fait pas de réforme,
02:54notre dette est non soutenable.
02:55Ça, pour moi, je trouve que c'est le secret de politique.
02:58La question que j'allais vous poser, est-ce que cette dette française est soutenable sur le long terme ?
03:02Le gouvernement adore dire maintenant à politique inchangée, le fameux tendanciel.
03:05En tendanciel, non.
03:06Pourquoi ? Parce qu'on est en train de prendre 3-4 points de PIB par an d'endettement public.
03:10On n'a pas fait de réforme suffisante sur les retraites, mais sur la santé aussi.
03:13Donc si vous tracez le tendanciel, vous allez juste dans le mur.
03:16Donc évidemment, les marchés se disent, la France va finir par réformer, ce qu'on espère tous.
03:20Mais en attendant, on est quand même sur des trajectoires qui, si vous tirez le trait,
03:24ce n'est pas soutenable.
03:25Et ça, je crois que c'est en train quand même de cristalliser un peu sur les marchés,
03:28en se disant, si on ne fait rien, ça va vraiment devenir de plus en plus compliqué
03:32de se dire, la France va finir par se réformer.
03:33Parce qu'on dit, c'est toujours demain, mais quand demain n'arrive jamais, ça pose un problème.
03:37Oui, c'est sûr.
03:37Et puis, il y a cette élection présidentielle aussi qui arrive.
03:40Il faudra voir après si une majorité sera élue à l'Assemblée
03:45pour faire passer effectivement toutes ces réformes, possiblement.
03:50Nicolas, Anthony mentionnait justement ce spread, l'écart entre la France et l'Allemagne
03:55à 150, 160 points de base, même dans les jours passés.
03:59Est-ce qu'il y a un seuil, alors Anthony disait 200 points de base,
04:03mais est-ce qu'il y a un seuil où la Banque Centrale Européenne,
04:06elle pourrait utiliser ses outils pour agir justement sur ce spread
04:10comme elle l'avait fait en 2022 avec l'Italie, par exemple ?
04:16Compliqué.
04:17J'essaie de compléter quelques éléments par rapport à ce qu'Anthony vient de nous dire.
04:23Si on se met deux mois en arrière, la seule chose qui était certaine,
04:28qui n'a pas changé, c'est l'échéance présidentielle.
04:30Et le cas de la dégradation française et des risques attachés à la notation française,
04:38à la prime de risque française, était identifié.
04:41Donc on s'est dégradé de 70 points de base, très rapidement.
04:47Et j'ai un peu l'impression, mais c'est un commentaire très basique,
04:51que c'est un scénario qu'on pouvait imaginer pour l'approche du premier tour
04:56ou l'entre-deux-tours.
04:57Sauf si c'est Mélenchon...
05:00Mais donc c'est arrivé bien avant, cette sérieuse ?
05:02Donc c'est arrivé avant.
05:03Bon, alors, peut-être que dans tout mal, il y a un bien.
05:08Il est tellement temps que ce sujet commence à prendre une importance politique.
05:14Et il vaut mieux qu'il s'invite, alors qu'on est encore à six mois,
05:18de mettre un bulletin dans les urnes, que les Français sont appelés à voter,
05:21plutôt que d'être sur tout sauf.
05:25Tout sauf la catastrophe.
05:28Je ne vais surtout pas rentrer dans les sujets politiques,
05:31mais la prise de position de Mme Le Pen hier
05:35met au moins le débat de l'économie et du financement de l'économie
05:41dans la balance électorale.
05:43On ne parle pas que de sécurité, d'immigration ou tant d'autres sujets
05:46qui sont plutôt des territoires naturels du Rassemblement national.
05:50Je ne veux pas positiver.
05:54Ça fait tellement longtemps que notre crédibilité a été cornée.
05:57Mais de ce point de vue-là,
06:02que les positions se révèlent.
06:06Deuxième chose, j'ai une impression
06:08qu'un certain nombre de traders ou de gens qui prennent des positions
06:14dans un horizon relativement court terme
06:16sont plutôt en train de clôturer leur position vendeuse.
06:20C'est le début peut-être d'un rééquilibrage
06:24ou de dire les choses autrement à 140-150 points de base.
06:28Ça commence à être pas mal pricé.
06:30Voir il y a des signes que des institutionnels,
06:34français, non français,
06:36commencent à regarder de nouveau
06:38en ayant envie de se repondérer, sensibiliser.
06:43Après, la Banque centrale, Emmanuel Moulin, je crois, a pris une position aujourd'hui.
06:47Il dit ce que tout le monde sait.
06:49Ce n'est pas le rôle de la Banque centrale
06:51de venir au secours de gouvernements
06:53qui ne font pas leur job.
06:55Ce n'est pas le rôle.
06:56Maintenant, la Banque centrale a des outils
06:58et la Banque centrale est en appui de ceux qui donnent des signes
07:03d'amorce de changement de trajectoire.
07:08Et alors après, est-ce que c'est 150 ou 200 ?
07:11À 150, ce n'est pas mal pressé.
07:13Mais si on se rappelle du cas de l'Italie,
07:15ça peut aller 50 ou davantage.
07:18C'était 250.
07:19On peut s'élargir encore.
07:20Quelques éléments d'appréciation.
07:23Bon, effectivement, vous l'avez rappelé,
07:25pas de politique sur ce plateau,
07:27même si tout est étroitement lié, Nicolas.
07:30Laurent, vos commentaires sur ce cas français,
07:33sur ce spread aussi, si vous voulez, franco-allemand,
07:36et peut-être aussi sur le sujet,
07:39c'est peut-être la rapidité de cette remontée de taux.
07:42Alors, en France, évidemment, en Europe plus globalement,
07:45et puis même à travers le monde.
07:46On parle des États-Unis, du Japon, du Royaume-Uni, etc.
07:51Alors, à travers le monde, j'en avais parlé sur ce même plateau
07:55il y a déjà un petit moment.
07:57J'avais appelé ça la guerre du capital.
07:59La guerre du capital entre les gouvernements
08:03qui émettent de plus en plus les besoins d'investissement
08:06à la défense, à la transition, etc.
08:09Le changement de politique de la Banque du Japon,
08:12à laquelle on a certainement fait trop peu attention
08:15et on commence à s'en inquiéter,
08:19et les investissements des hyperscalers colossaux
08:23dans l'intelligence artificielle,
08:25qui avant étaient plutôt investisseurs,
08:28avec une trésorerie et des cash flows très positifs,
08:30et qui aujourd'hui sont maintenant émetteurs de dettes.
08:33Donc tout ça crée un environnement
08:36où la croissance va plutôt pas mal dans le monde,
08:40où l'inflation a plutôt tendance à remonter
08:42parce qu'il y a de l'investissement et parce qu'il y a de l'activité.
08:45Donc que les taux longs globalement montent
08:48n'est pas une surprise.
08:51Après, il faut rester très humble,
08:52parce que vous m'aviez posé la question au mois de juin
08:57sur où seraient les taux français fin septembre 2026,
09:01j'aurais été assez loin de la cible.
09:04Donc ça, à un moment, il y a un équilibre qui se crée,
09:08c'est-à-dire que les taux trop élevés,
09:10plus les marges de crédit qui se tendent un petit peu quand même,
09:15pas énormément, mais ça se tend un petit peu,
09:17fait que certains investissements ne deviennent plus rentables,
09:20donc sont reportés.
09:21Donc tout ceci se rééquilibre.
09:25Sur l'accélération du spread,
09:29de la hausse du spread de France-Allemagne
09:31ces 15 derniers jours,
09:33lorsque j'ai entendu,
09:34c'est Jérôme Legras chez Axiom
09:37qui est très très bien connecté,
09:39qui m'a dit ça.
09:42Apparemment, il y a deux hedge funds
09:44qui avaient des positions de carry trade sur la dette française,
09:47c'est-à-dire qu'ils avaient emprunté
09:49dans d'autres devises
09:50où les taux d'emprunt sont nettement plus bas,
09:52et avaient des obligations françaises
09:55pour profiter de l'écart de taux
09:56et le fait que ça a été des ventes forcées.
10:00Et ce qui serait à peu près cohérent
10:03avec les mouvements de marché qu'on a vus,
10:05avec des écartements de spread
10:07quand même assez violents sur une ou deux journées,
10:09donc des ventes forcées.
10:11Et le début de cette vente d'OAT,
10:15ce serait plutôt des Japonais,
10:18parce que,
10:19donc là aujourd'hui on est à 3,80,
10:224,80, pardon.
10:24Même 4,80 dit au cours de la science.
10:264,80, donc le mois dernier,
10:29on était aux alentours de 4 sur le 10 ans,
10:31quand le 10 ans japonais était déjà à 3.
10:34Donc l'écart de taux entre le 10 ans japonais
10:37et le 10 ans français
10:38ne justifiait plus,
10:40ou beaucoup moins pour ces investisseurs,
10:42qui renouvellent leur position en francs,
10:45et plutôt qu'ils investissent sur un marché domestique.
10:49j'en suis un bon exemple,
10:52le réflexe d'un investisseur institutionnel,
10:54c'est plutôt d'investir sur son marché domestique,
10:58parce que s'il y a un accident,
10:59on ne lui reprochera pas,
11:01sauf si le rendement justifie,
11:03et l'écart de rendement justifie d'aller chercher ailleurs.
11:08Donc cette partie-là,
11:08Japon,
11:09qui se désinvestirait de la dette française,
11:12je ne suis pas sûr que ce soit terminé,
11:14la spirale de vente forcée,
11:16je suis assez d'accord,
11:17je pense qu'on arrive peut-être un petit peu au bout,
11:20parce que la hausse du spread fait que
11:22tous ceux qui ont dû vendre,
11:24qui n'ont pas eu le choix de vendre,
11:25ont déjà vendu.
11:27Donc je serais plutôt dans le camp de la stabilisation,
11:32stabilisation dans la volatilité,
11:34mais je ne mettrai pas ma chemise sur la table là-dessus,
11:39je dirais avec parcimonie.
11:41On va suivre évidemment tous ces mouvements,
11:44Anthony ?
11:44Oui, je vais être le signe noir volontairement,
11:46parce que ça, ce n'est pas drôle,
11:48même si je suis largement d'accord avec ce que vient de dire Laurent,
11:50mais peut-être deux éléments.
11:52Déjà sur le Japon,
11:53on voit qu'ils se sont désengagés depuis la crise Covid-11,
11:55il y a déjà un mouvement,
11:56enfin il y en a des données FMI dessus,
11:57et puis même des données de balance des paiements
11:58qui nous montrent que ça fait déjà plusieurs années,
12:00mais le mouvement s'est amplifié récemment,
12:02ce qui fait que, quand on essaie de calculer,
12:04ce qui est très dur,
12:05la répartition de où est-ce que la dette française est détenue,
12:08chez les non-résidents,
12:09nous on arrive à un calcul que c'est après 5% qui est détenu par le Japon.
12:12D'accord.
12:12C'est beaucoup, mais en même temps,
12:14c'est plus que 5%,
12:15c'était plutôt 8% avant Covid.
12:17Donc, ça a diminué.
12:19Aujourd'hui, la capacité du Japon,
12:22même à faire pression sur la dette française,
12:24elle est un peu plus limitée.
12:26Ce que l'on a vu, par contre,
12:27c'est que les fortes émissions que l'on a faites au cours des dernières années,
12:29c'est plutôt des non-résidents qui les ont absorbées.
12:31Donc, il y a quand même un petit sujet,
12:32parce que forcément, c'est un peu plus volatile
12:33quand elle est détenue ailleurs.
12:36Et pour rejoindre ce qui a été dit,
12:38parce que je trouve que c'est le bon point,
12:39c'est de dire,
12:40oui, à la fois, c'est une très bonne nouvelle,
12:41je trouve que la campagne présidentielle
12:43porte désormais sur des questions budgétaires et économiques.
12:45C'est quand même la bonne nouvelle,
12:47parce que ça évitera qu'on se réveille après.
12:49La problématique, c'est que,
12:50même en ayant conscience du phénomène,
12:53comment voulez-vous être élu avec un budget
12:56qui vraiment tient la route
12:57et répond à l'ampleur du problème ?
12:59Honnêtement, vous n'avez aucune chance.
13:00Donc, soit vous masquez votre jeu
13:01et vous faites bien pire en arrivant au pouvoir,
13:04soit vous dites finalement,
13:05arrivé au pouvoir,
13:06je n'ai pas de consensus,
13:07et vous faites appel à la BCE
13:09ou à d'autres organisations internationales,
13:11aidez-nous,
13:11parce qu'on ne peut pas réformer le pays.
13:13Et puis, là-bas,
13:14elle est un peu partie.
13:14Sur les charges d'intérêt,
13:16on ne voit pas comment
13:17on pourrait être en dessous
13:18de 4% du PIB à horizon 2030.
13:204%, c'est du jamais vu
13:21depuis l'entre-deux-guerres.
13:22La Ve République n'a jamais connu ça.
13:24Donc, c'est quand même quelque chose
13:25à gérer pour un pouvoir politique
13:27qui est très dur,
13:27parce que vous mettez
13:28un niveau de pression
13:30sur le budget qui est colossal.
13:32Donc, c'est très dur
13:32de trouver les arbitrages,
13:35parce qu'à la fin,
13:35il faut quand même expliquer
13:35à la population
13:36que tout le monde va payer.
13:37Je sais qu'aujourd'hui,
13:37on adore trouver un épouvantail
13:39ici ou là.
13:40La réalité, c'est que
13:41les 120 milliards
13:41qu'on doit aller chercher,
13:42et ça va même être un peu plus,
13:44ont pesé sur tout le monde.
13:45Mais donc, le programme
13:47présenté hier par Marine Le Pen,
13:49il tient la route
13:49ou il ne tient pas la route ?
13:50Non, il ne tient pas la route,
13:51mais il n'y a aucun programme
13:52qui tient la route aujourd'hui.
13:54Précisément,
13:54parce que si vous voulez être élu,
13:55il n'y a aucune chance
13:56que vous puissiez dire
13:58voilà, on va réformer les retraites,
14:00la santé,
14:00tickets modérateurs,
14:01on augmente.
14:02Tout ça, c'est inaudible.
14:04Et alors, même si vous êtes
14:05un peu sophistiqué,
14:06honnêtement, ça ne prend pas.
14:07Les Français ont envie d'entendre
14:08que c'est les autres
14:09qui vont faire des efforts.
14:10Au passage, souvent,
14:10les entreprises,
14:11ce n'est qu'un peu une mauvaise idée
14:12parce que si vous finissez
14:13par massacrer le tissu productif,
14:14c'est dans la durée
14:15que vous allez avoir
14:15beaucoup plus de problèmes.
14:17Donc, s'il y a peut-être,
14:18j'allais dire,
14:18une entité qu'il faudrait sauver
14:19dans cette affaire,
14:20ce serait les entreprises
14:20parce que c'est ce qui vous permet
14:21de redécoller
14:22quand ça va un peu mieux.
14:24Donc, j'ai envie de croire
14:26que oui,
14:26un bout de stabilité est possible,
14:27mais on est quand même
14:28embarqué dans une histoire
14:29où ça va se secouer
14:30pendant un petit moment.
14:31Et moi, j'aime bien employer
14:33l'image de la France,
14:34c'est un bel Airbus,
14:34on ne va pas se crasher,
14:35mais par contre,
14:35il y a des turbulences
14:36qui vont arriver
14:37et qui ne sont pas prêts
14:38de se calmer.
14:38Bon, Nicolas,
14:40si vous voulez réagir,
14:41mais sinon,
14:42au-delà du cas français,
14:44peut-être,
14:44j'ai quand même une question
14:45sur est-ce que c'est possible
14:47que ce risque France
14:49se diffuse
14:50à l'ensemble de la zone euro
14:51parce qu'il y a
14:52d'autres échéances
14:53pour d'autres pays
14:53de la zone euro,
14:55des échéances politiques,
14:56par exemple, en Espagne,
14:57alors ce n'est pas la même chose
14:58que chez nous, évidemment,
15:00mais élections anticipées
15:01fin novembre,
15:02des élections qui arrivent
15:03en Italie également,
15:04l'AFD évidemment en Allemagne
15:06et quand on regarde
15:08la devise
15:09qui est au plus bas
15:10depuis 17 mois,
15:12il me semble,
15:13depuis mai 2025
15:14par rapport au dollar
15:15et là aujourd'hui
15:16qui est encore
15:17à 1 euro dollar
15:19à 1,1180,
15:20le plus bas,
15:21c'était 1,1160 avant-hier.
15:24Est-ce que ce risque
15:25de diffusion
15:25est possible
15:26à l'échelle
15:27de la zone euro ?
15:29Toujours.
15:31Toujours.
15:32Il est déjà
15:33en partie à l'œuvre
15:34puisqu'il y a
15:34des phénomènes
15:35d'extension
15:36des spreads
15:37sur d'autres signatures.
15:39À dire vrai,
15:40je ne les ai pas regardés
15:41tellement ça bouge vite
15:42mais j'ai regardé
15:43en particulier
15:43le cas de l'Italie.
15:45Oui.
15:45Donc l'Italie
15:47est presque en train
15:48de recoller
15:49au mauvais élève
15:50qui est devenu la France
15:51après que l'Italie
15:52l'ait été.
15:54maintenant,
15:55nouvelle crise
15:56de la dette européenne.
15:59Écoutez,
16:00je serai dans le camp
16:01de l'optimisme
16:02malgré tout.
16:03Il y a un pilote
16:03dans l'avion.
16:05Il y a beaucoup
16:05de choses
16:06qui sont connues.
16:06L'état des entreprises
16:08est de qualité.
16:10Il y a quand même
16:11un tissu industriel.
16:11même en France
16:13où c'est quand même
16:15la panade.
16:16Allez,
16:16j'ai essayé
16:17de trouver un mot
16:17qui n'est pas
16:18trop grossier
16:19où c'est du grand
16:21n'importe quoi
16:21et pourtant
16:22on est un pays de paysans
16:23où on sait
16:23en principe
16:24compter
16:24et ne pas mettre
16:25tous ses oeufs
16:25dans le même panier
16:26et savoir ce qu'on a
16:27dans la poche
16:27mais il n'y a pas
16:28le basique
16:30du bon sens
16:31collectif.
16:32Il n'y a pas
16:32de collectif.
16:33Non,
16:34il n'y a pas
16:34de collectif.
16:35Donc,
16:37je dirais non,
16:39le tissu
16:39des entreprises
16:40en Europe
16:40va bien,
16:42les taux d'épargne
16:43sont élevés,
16:44il y a des actifs,
16:46l'endettement
16:47des ménages
16:48est à peu près,
16:50Anthony serait sûrement
16:51plus précis que moi,
16:52à l'inverse
16:53de l'endettement
16:54des États.
16:55Donc,
16:55bon,
16:56c'est bien,
16:57on a du mal
16:58à sourire
16:59mais on ne va pas
17:00faire que se faire peur.
17:01Non,
17:02ce n'est pas la peine.
17:03Il est temps
17:04que la France
17:05mérite
17:06tout ce qui se produit
17:07et quelque chose
17:08qui est archi
17:09justifié
17:10de longue date
17:11et si ça n'intervient
17:12pas au moment
17:13où il y a
17:14un nouveau rendez-vous
17:16politique
17:16de l'ampleur
17:18d'une présidentielle
17:20avec les conséquences
17:22derrière sur les législatives,
17:23c'est maintenant
17:24que ça doit se produire.
17:25Je trouve ça plus sain
17:26que ce soit
17:27dans les prochains mois
17:29plutôt que
17:29au mois d'avril.
17:31C'est ce que vous disiez
17:33tout à l'heure.
17:33Maintenant,
17:34il faut être accroché.
17:35il faut être accroché.
17:36Mais,
17:36bon,
17:38peut-être aussi
17:39au-delà
17:40du cas français,
17:42bon,
17:42nous,
17:43on a connu
17:44huit années
17:45de taux
17:45ou six années,
17:46huit années
17:47de taux zéro
17:48un peu partout.
17:52Je ne suis pas
17:52très obligataire.
17:55Enfin,
17:56on est rémunéré.
17:58On ne découvre pas
17:59que les États-Unis
18:00ont un déficit.
18:02la soutenabilité
18:03de la trajectoire
18:06budgétaire américaine,
18:08on pourra peut-être
18:09en reparler tout à l'heure,
18:10mais elle est posée également.
18:12OK,
18:12il y a de la croissance,
18:13Laurent l'a dit tout à l'heure,
18:14il y a plein d'autres choses.
18:16Mais c'est un sujet
18:17qui est endémique.
18:20Ça glisse.
18:22mais à 5%
18:23sur du 10 ans américain,
18:26pour quelqu'un
18:27qui n'a pas
18:28de risque de change,
18:30il n'est pas certain
18:31qu'on ait 5%
18:33chaque année
18:34sur du risque equity.
18:37Oui,
18:39c'est sûr.
18:39Donc,
18:40ça devient regardable.
18:42Le bon côté des choses,
18:43c'est que ça devient...
18:44Ce n'est pas un non-sens.
18:46On a peur
18:46parce qu'on ne sait pas
18:47jusqu'où ça peut aller,
18:48mais ce n'est pas un non-sens
18:50que de dire
18:50j'achète des obliques.
18:51D'ailleurs,
18:52ce que je comprends,
18:53attention,
18:54ce n'est qu'un acteur,
18:55mais aux États-Unis,
18:57dans une maison
18:57comme Vanguard,
18:59qui est évidemment
19:01très connectée
19:01avec des flux
19:02de particuliers,
19:04il y a des flux
19:05quotidiens
19:06sur la dette américaine,
19:07des flux entrants,
19:08je précise,
19:09entrants.
19:10Donc,
19:12on n'aura pas
19:13le temps,
19:14je pense,
19:15d'aller dans le détail,
19:16comme vous le disiez,
19:18de cette dette américaine.
19:20Laurent,
19:21il nous reste 5 minutes
19:22pour un tour de table rapide
19:23si vous voulez réagir
19:24sur les États-Unis,
19:26sur ce taux
19:26à 10 ans
19:27au-delà de 5% maintenant
19:28et sur ce que Nicolas
19:30vient de nous dire.
19:32Sur les États-Unis,
19:34je reviendrai avec plaisir.
19:35On en parlera plus
19:37en détail
19:38parce qu'il y aurait
19:39beaucoup de choses à dire.
19:41Je voudrais rebondir,
19:42moi,
19:42sur crise de la dette
19:43de la zone euro.
19:45Je n'y crois pas
19:46une seconde.
19:46D'accord.
19:48Pas oublier
19:49que la BCE,
19:50elle a quand même,
19:51outre le mandat
19:51de l'inflation,
19:52elle a le mandat
19:53d'assurer la stabilité
19:54de la zone euro.
19:55Et elle sera
19:55beaucoup plus rapide
19:56qu'en 2011-2012
19:59pour sortir le
20:00« whatever it takes
20:01and believe me
20:02it will be enough ».
20:04Donc ça,
20:05je n'y crois pas.
20:05Peut-être que les marchés
20:06vont tester un petit peu.
20:08Attention,
20:08c'est dur de se mettre
20:09en face d'une banque centrale.
20:11C'est très très dur.
20:12Parce que là,
20:13dans la situation
20:14dans laquelle on est
20:15où tout le monde
20:16se dit
20:17« mais il n'y a qu'un sens,
20:19les taux vont monter
20:20si les gens sont short
20:22et qu'il se passe
20:23quelque chose
20:23comme une banque centrale
20:24qui va dire
20:25« maintenant, ça suffit ».
20:26Elle ne le dira pas
20:26comme ça,
20:27mais quelque chose.
20:29Vous n'arriverez pas
20:30à vous racheter
20:31avant que ça vous coûte
20:32très très cher.
20:33Anthony,
20:34que regardez-vous
20:35au-delà de cette situation
20:36française
20:37pour la fin d'année
20:38et puis pour 2027
20:40au-delà de ces taux ?
20:41Est-ce qu'il y a
20:42d'autres centres
20:43d'attention
20:45sur lesquels
20:46vous prêtez attention ?
20:47J'ai été pessimiste,
20:48maintenant je vais devenir optimiste.
20:49C'est vrai qu'au fond,
20:51la zone euro,
20:51on a un problème
20:53de décrochage technologique.
20:54C'est surtout ça
20:54notre sujet,
20:55c'est qu'on est déclassé
20:56collectivement
20:57par rapport à ce qui se passe
20:57aux Etats-Unis
20:58et en Chine.
20:59Mais c'est vrai
20:59que nos comptes financiers
21:00vont bien,
21:01nos entreprises vont bien.
21:03Comme la dette publique
21:04augmente beaucoup en France,
21:05j'ai regardé un petit peu
21:06comment ont évolué
21:07les dettes publiques
21:07depuis une dizaine d'années.
21:09Quand vous prenez l'Europe
21:10dans son ensemble,
21:11les administrations publiques
21:12ne se sont pas endettées.
21:13On est très français
21:14donc on a l'impression
21:14que la dette publique
21:15augmente en Europe
21:15mais ce n'est pas vrai.
21:16En Europe,
21:17c'est le seul continent
21:18d'ailleurs où la dette publique
21:19n'a pas monté.
21:20Donc s'il y a bien une zone,
21:21j'ai envie de dire,
21:21au fond,
21:22où il y a de l'épargne
21:22et où on n'a pas trop
21:23de sujets d'endettement public,
21:24c'est bien l'Europe.
21:25C'est dur d'imaginer,
21:26comme vous le mentionniez,
21:28une éventuelle crise.
21:29Je pense que là-dessus,
21:29on est plus solide
21:30que la moyenne.
21:30Et puis nos entreprises
21:31vont pas mal.
21:32Alors la problématique,
21:33c'est que les cadres politiques
21:35ont souvent beaucoup d'influence
21:36et parfois négatif
21:37sur les entreprises.
21:39Mais si on les laisse
21:39faire leur job,
21:41honnêtement,
21:41on peut avoir un peu de croissance.
21:43On a juste nos sujets
21:44d'innovation qui, moi,
21:45me paniquent toujours un petit peu
21:47parce que je sens bien
21:47qu'on n'a plus vraiment
21:48le goût du risque en Europe
21:49et ça dans un monde
21:50qui bouge vite,
21:51c'est toujours un peu compliqué.
21:52Mais sinon,
21:53c'est vrai que les fondamentaux
21:54pris au niveau européen
21:55ne sont pas mauvais.
21:56Il y a juste nous
21:56qu'il faut arriver à traiter
21:57dans cet ensemble.
21:58Nicolas,
21:59alors c'est à vous
22:00que revient le mot de la fin.
22:01Il en reste deux minutes.
22:02Peut-être un commentaire
22:03sur ce que vous regardez également
22:05mais surtout
22:06sur cette saison des résultats
22:07qui s'ouvre dès vendredi
22:09avec les résultats de Delta
22:10et puis la semaine prochaine,
22:11évidemment,
22:12avec le vrai top départ,
22:13les résultats des banques américaines.
22:16Bon,
22:16vous avez mis
22:18la première matière
22:19que j'attends avec impatience
22:20parce que c'est sûr
22:21que j'aime beaucoup
22:22la microéconomie.
22:23La macro,
22:24on ne peut pas faire sans.
22:25La micro traduit
22:26de façon concrète
22:28ce que les acteurs économiques font
22:30et comment ils réagissent.
22:31Donc,
22:32il y a des attentes
22:32qui sont élevées.
22:33Il y a aussi
22:34une attente
22:35de gens
22:36qui sont comme nous,
22:37comme moi,
22:37sur la défensive
22:38et qui espèrent
22:39que la qualité
22:42des publications
22:43sera à la hauteur
22:44de ce qu'on en attend.
22:45Il y a franchement
22:46pas mal d'indications
22:49que le momentum
22:50qu'on a constaté
22:51au troisième trimestre
22:52à l'occasion
22:54du deuxième trimestre
22:56se soit poursuivi cet été
22:58et raisonnablement confiant
23:00sur la fin d'année.
23:00Oui,
23:01des publications
23:01du deuxième trimestre
23:02qui étaient
23:03assez exceptionnelles.
23:04Même en Europe.
23:05Oui.
23:05Même en Europe.
23:06En fait,
23:07le fait nouveau,
23:08c'est surtout ça.
23:09C'est même en Europe.
23:09Après,
23:10il y a évidemment
23:11les mid-term elections
23:11avec des interprétations.
23:14On ne va pas se lancer
23:14là-dedans.
23:15Je regarderai surtout
23:16le côté peut-être
23:18data center.
23:20Là,
23:20ça peut être
23:21avec des applications
23:22concrètes de conséquence.
23:23Il ne faudra pas
23:24surextrapoler
23:25le message politique
23:26des mid-terms.
23:27Il y a le sujet anthropique.
23:30Il ira ou ira pas ?
23:31L'IPO.
23:32Voilà.
23:32Et puis,
23:32évidemment,
23:33connaître les plans
23:34de budget
23:36de l'AI,
23:37des géants,
23:38des hyperscalers.
23:39Voilà.
23:40Parmi tant d'autres choses,
23:4211-11
23:43et d'autres éléments
23:45liés à la consommation
23:47qui est vraiment
23:47le parent pauvre
23:48de l'investissement
23:49depuis déjà
23:50un petit moment.
23:51Merci beaucoup,
23:51messieurs.
23:52Nicolas Brault,
23:53Autingre Banque privée,
23:54Anthony Morley-Lavidali,
23:55économiste chez Rex & Code
23:57et membre de BSI Economics.
23:59C'est Laurent Martin,
24:00CI, BTP France.
24:01Merci à tous les trois
24:02d'avoir été sur ce plateau.
24:04Ce soir,
24:04on va regarder
24:05les minutes
24:06de la Réserve fédérale.
24:08La première réunion
24:09où la Fed
24:10a monté ses taux
24:11depuis 2023
24:12et à l'unanimité.
24:15On va rester
24:16attentifs
24:17à cette publication
24:17à 20h tout à l'heure.
24:19Merci à vous
24:19de nous avoir suivis.
24:20On se retrouve demain
24:22à 12h30
24:23sur Bsmart.
24:23Sous-titrage Société Radio-Canada
24:28Sous-titrage Société Radio-Canada
24:31Sous-titrage Société Radio-Canada
24:31Sous-titrage Société Radio-Canada
24:32Sous-titrage Société Radio-Canada
24:32Sous-titrage Société Radio-Canada

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