- il y a 21 heures
Ce jeudi 15 janvier, Raphaël Legendre a reçuRoland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Thomas Grjebine, responsable du programme macroéconomie et finance internationales au CEPII, et Jean-Marc Daniel, éditorialiste BFM Business, , FONCTION dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Lejean
00:10Bonjour à tous, bienvenue, il est 10h, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts.
00:16Chine, Etats-Unis, Mercosur, et si on se trompait complètement de cible dans la guerre commerciale et le libre-échange ?
00:25Et si le premier des protectionnismes n'était pas les droits de douane de Donald Trump ?
00:29Toutes les subventions de Xi Jinping, mais bien nos barrières internes à l'Union Européenne,
00:35nos règles, nos normes qui ne cessent de varier d'un pays à l'autre.
00:40Un article passionnant publié hier dans le bulletin de la Banque Centrale Européenne donne ce chiffre incroyable.
00:46Une simple baisse de 2% de nos barrières administratives au sein du marché unique
00:52suffirait à terme à compenser le coût des droits de douane américains.
00:57Et oui, voilà tout le paradoxe européen, on s'agite sur Trump, on s'inquiète sur Pékin,
01:03mais le principal frein aux entreprises européennes, il est chez nous, en Europe.
01:08C'est 10% de PIB potentiel qui s'envole.
01:1210%, c'est 2000 milliards d'euros, l'équivalent de plusieurs plans de relance qu'on n'a finalement jamais lancé.
01:19Voilà pour le premier sujet des experts ce matin.
01:22Le pire protectionnisme est-il intra-européen ?
01:26Et puis on reviendra sur les excédents records de la balance commerciale chinoise.
01:301200 milliards de dollars d'excédents commerciaux.
01:35Jusqu'où ira la Chine et qu'à réponse de l'Europe ?
01:38Et puis en seconde partie de l'émission, on reviendra sur le prix des médicaments qui ne cessent de s'envoler.
01:43Comment réduire la facture ?
01:45Et puis enfin, partage de la valeur.
01:46On va voir pourquoi les dividendes augmentent cette année alors que les bénéfices stagnent.
01:52Voilà pour le programme du jour.
01:54Il est 10h passé de 2 minutes, vous êtes sur BFM Business, c'est les experts.
01:58Allez, c'est parti.
02:07Pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir Roland Gillet.
02:12Bonjour Roland.
02:13Professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'Université Libre de Bruxelles.
02:18À vos côtés, Thomas Grébine.
02:19Bonjour Thomas.
02:19Bonjour.
02:20Responsable du programme Macroéconomie et Finances International au CEPI.
02:25Et face à vous, Jean-Marc Daniel.
02:26Re-bonjour Jean-Marc, éditorialiste BFM Business,
02:30qui démarre une nouvelle saison au Théâtre de Poche avec un nouveau spectacle.
02:34C'est à partir du 19 janvier.
02:37C'est le chapitre 2.
02:38C'est le chapitre 2.
02:39Le chapitre 1 était un succès mondial évidemment.
02:41Alors, vous lancez le chapitre 2.
02:44Là, ça s'appelle la dette en vedette.
02:46La dette en vedette.
02:47Allez, tous courir le voir, c'est absolument formidable.
02:52C'est pas tellement d'actualité finalement.
02:54On en parle très peu.
02:56Non, et puis c'est un sujet dont on ne parlera pas à l'avenir.
02:59Certainement.
03:00Voilà, réussite des acteurs ces derniers temps en politique.
03:04On sait que Jean-Marc aura une grande carrière politique.
03:07Le Dupond-Moretti de l'économie.
03:09Jean-Marc Daniel.
03:10Voilà.
03:11Autant que tu sais voir davantage.
03:12Il se présente, il y a beaucoup d'hommes politiques maintenant qui se sont mis à faire des one-man-show.
03:17Éric Dupond-Moretti.
03:18Éric Dupond-Moretti notamment, un spectacle formidable.
03:22François-Xavier Bellamy aussi fait des conférences.
03:25Alors lui c'est différent, c'est des conférences de philosophie.
03:27Absolument, de très bon niveau d'ailleurs.
03:29Très haut de volée également.
03:32Puisqu'on est dans la haute volée intellectuelle, je vous parle du lancement aujourd'hui de l'Ordre du Monde.
03:39C'est le podcast à ne pas rater.
03:41C'est lancé aujourd'hui sur toutes les plateformes de diffusion YouTube, etc.
03:46Évidemment sur l'application et le site bfmbusiness.com.
03:51C'est le nouveau podcast d'Analisa Capellini et Mathieu Jolivet, nos deux éditorialistes internationaux.
03:56L'Ordre du Monde, pour décrypter et mieux comprendre un monde en pleine mutation.
04:03C'est aussi ce qu'on fait ici, autour des experts, sur les questions économiques.
04:07Là c'est de la géopolitique, c'est absolument passionnant.
04:11Ce sera tous les jeudis sur les plateformes de diffusion.
04:14Et au menu de ce premier épisode aujourd'hui, le Groenland, l'Iran et le Canada.
04:20Courrez-y, c'est formidable.
04:22Et puis toutes vos questions sur mon compte Twitter pour l'économie aujourd'hui.
04:25Vos réactions, vos questions, n'hésitez pas.
04:28Le compte, c'est le genre A, L-E-G-E-N-R-A, sur Twitter.
04:33X, ex-Twitter.
04:35Allez, le premier sujet, je voudrais qu'on parle de cette note de la BCE,
04:39enfin un article publié dans le bulletin de la Banque Centrale Européenne hier,
04:44qui explique qu'en baissant simplement de 2% la masse normative de nos textes,
04:51nos réglementations entre chacun des États membres,
04:56ça suffirait en réalité à compenser à terme le coût des barrières douanières
05:01mises en place par Donald Trump.
05:03C'était début avril, on ne parle que de ça depuis bientôt un an,
05:07mais en réalité, ce que dit cet article, je commence avec vous, Roland Gillet,
05:12c'est que le pire des protectionnismes, on l'a chez nous, sur notre marché unique.
05:17Oui, ce qui est le pire, c'est qu'on le fait entre nous.
05:18Donc, c'est même avant même d'aller à l'international.
05:21Regardez d'ailleurs, au niveau de ce qui s'est passé pour le moment,
05:23ceux qui ont des plus grosses difficultés et l'Allemagne,
05:26mais l'Allemagne est vraiment un des pays en Europe,
05:29avec l'Italie, qui exporte le plus en dehors de la zone euro.
05:31Les autres sont beaucoup des fournisseurs.
05:33En fait, il y a des nuances à ce que je dis, mais c'est un peu l'idée.
05:36Et eux ont des difficultés déjà depuis longtemps,
05:38parce que justement, on a difficile à créer d'abord des géants européens.
05:41On voit que quand on veut être très bon, on peut l'être.
05:43Airbus est une très belle réussite.
05:45Où là, on n'a pas eu de problème entre nous.
05:47Il y a eu d'autres essais, par ailleurs,
05:49où, et à l'époque, j'avais même été voir les textes,
05:52parce que je ne suis pas un spécialiste,
05:53quand je travaillais pour le gouvernement Michel en Belgique,
05:56c'était d'aller voir pourquoi Verstager avait bloqué
05:58Simmons-Alstom.
05:59Et quand on regardait, elle avait juste fait son travail.
06:02C'était clairement comme ça.
06:03Ça a évolué, mais on est encore loin de ce qu'on devrait faire
06:06pour un jour pouvoir un jour recréer des gens
06:08qui sont d'abord de taille,
06:10mais qui sont en plus de taille à être un leader.
06:12Il y avait un vrai débat sur cette fusion Alstom-Simmels.
06:14C'est pour ça que je reviens sur ce qu'on a créé,
06:16deux géants, et Alstom et Simmons.
06:17Et si vous regardez de l'autre côté,
06:19quand on parlait de Boeing par rapport à Airbus,
06:21on avait toujours une tendance à dire
06:22les Américains font un peu comme les Chinois,
06:25ou éventuellement, même certains pays du Golfe,
06:28comme à Dubaï, ils subventionnent beaucoup
06:30via le militaire Boeing.
06:32Je vois quand même qu'aujourd'hui, Airbus reste un leader
06:35et devenu de plus en plus leader, d'ailleurs, dans le domaine,
06:38même si Boeing est évidemment un de ses principaux concurrents.
06:41Mais ça montre que quand on est uni, on peut être très bon.
06:43Ça, c'est un des premiers éléments.
06:44Maintenant, si on rajoute en plus toute une série de choses,
06:46et je ne parle même pas du côté de l'intelligence artificielle,
06:48mais je le dis quand même,
06:50où là, on a tendance, nous, à déjà légiférer
06:52de façon très complexe,
06:55pour des raisons qui peuvent être au départ
06:56tout à fait louable de dire, on ne peut pas faire n'importe quoi
06:58avec l'intelligence artificielle, ce que vous voulez.
07:00Mais néanmoins, avant même de créer
07:02des semi-start-up
07:04qui peuvent rivaliser au niveau mondial,
07:06on met déjà beaucoup de législation partout.
07:09Donc, je veux croire que si on a des gens
07:11muselés par de la législation,
07:13dont certaines peuvent avoir un sens,
07:14mais qu'au niveau mondial, sur les blocs,
07:16tels que la Chine ou les États-Unis,
07:18alors qu'on a parfois déjà du retard,
07:20on continue dans cette voie-là,
07:21qu'on ne s'étonne pas, alors qu'effectivement,
07:23en dehors du commerce entre nous,
07:25où on se dispute quand même par du dumping
07:26pas mal de choses,
07:28on en est encore forcément à l'international,
07:30où c'est encore un peu plus concurrentiel,
07:31avec des directeurs très forts,
07:33dont un qui bouscule tout le monde,
07:34qui est les États-Unis,
07:35et de l'autre côté, un qui est très
07:36qualitatif et concurrentiel, la Chine.
07:37Donc, moi, je trouve que ce qui est là
07:39est bien dit, et que ça vienne
07:40d'un organe européen,
07:41pour tous les Européens,
07:43montre à quel point notre désunion
07:45crée la difficulté.
07:47La Chine, c'est la Chine,
07:48les États-Unis d'Amérique,
07:49c'est les États-Unis d'Amérique,
07:50et nous, on est encore une composition
07:51en voie de devenir sur des problèmes
07:53où on a besoin d'être globalisé.
07:55Thomas, les chiffres, ils sont spectaculaires,
07:56moi, je trouve, dans cet article,
07:57on parle quand même de plusieurs dizaines
07:59de milliards d'euros de coûts
08:01de ces sur-tropositions,
08:02de ces normes,
08:04qu'on parle des biens,
08:05on est entre 70 et 90 milliards de coûts,
08:08si on parle des biens ou des services.
08:11L'ennemi protectionniste,
08:12il est à l'intérieur.
08:13– Oui, c'est quelque chose
08:15qui était aussi très fortement décrit
08:17dans le rapport Draghi l'année dernière.
08:20Alors peut-être deux choses
08:21pour compléter ce qui a été dit.
08:24D'une part, il y a beaucoup d'évaluations
08:26des barrières protectionnistes
08:29au sein de l'Union européenne,
08:30et les évaluations, elles varient.
08:32C'est-à-dire que ça va d'équivalent
08:34de droits de douane autour de 15%
08:36selon certaines estimations,
08:37à plus de 60% sur les biens.
08:40– C'est ce qu'a l'air de dire la BCE, là,
08:41effectivement,
08:41la fourchette, elle est quand même assez large.
08:45Et ces équivalents de barrières tarifaires
08:48sont, quoi qu'il en soit,
08:49beaucoup plus importantes sur les services.
08:52Là, on est plutôt plus de 100%
08:53d'équivalents de droits de douane,
08:56d'échanges de services entre les pays.
08:59– Oui, pardon, d'ailleurs,
09:00je vous disais, de 70 à 90,
09:02ce n'est pas des milliards,
09:02c'est des pourcents, effectivement.
09:05Et on est à plus de 90% sur les services,
09:0695% selon la BCE.
09:08– Bon, alors, sur les biens, on voit…
09:10– Ça paraît dingue.
09:11– Ça paraît dingue, mais en même temps,
09:12les services, c'est quoi ?
09:13C'est en partie, par exemple,
09:14les services médicaux.
09:16Vous avez des réglementations
09:17au niveau national
09:18qui ne sont pas les mêmes
09:19entre les pays.
09:21Donc, vous avez aussi
09:22des particularités nationales
09:23qui font que ce n'est pas forcément évident.
09:26Sur les biens,
09:27on comprend assez facilement
09:29l'intérêt d'un grand marché,
09:30l'intérêt aussi d'avoir des acteurs
09:32de taille européenne
09:34pour rivaliser avec les géants
09:36américains et chinois.
09:40On voit bien que sur les services,
09:41c'est un peu plus compliqué.
09:42Donc, ce qui explique aussi
09:43que les échanges de services
09:45sont significativement plus faibles
09:47entre pays européens
09:48que les échanges de biens.
09:51– Non, mais pardon,
09:51on a à peu près le même mode de vie
09:55quand même au sein des 27.
09:57– Oui, mais vous n'avez pas exactement
09:58les mêmes systèmes de sécurité sociale.
10:00Vous avez un certain nombre
10:01de législations nationales
10:02qui sont différentes entre les pays.
10:04Donc, ce dont parle ce type d'études,
10:06c'est des gains de croissance potentielles.
10:09C'est différent des tarifs de trappe.
10:10– 10 points de PIB selon le rapport Draghi quand même.
10:12On parle de 2 000 milliards
10:14de croissance potentielle en plus.
10:17– Potentielle.
10:17Mais alors que les droits de douane
10:19ou le rouleau compresseur chinois,
10:20c'est potentiellement des pertes immédiates.
10:22Donc, c'est un peu différent.
10:23Et puis, la dernière chose que je voulais dire,
10:26c'est aussi potentiel
10:29parce que si on crée
10:30un grand marché commun,
10:31ce qu'il faut faire,
10:33mais vous êtes aussi en concurrence
10:34directement avec vos voisins.
10:37Et donc, c'est aussi le prix de la concurrence.
10:38Si vous êtes moins compétitif
10:40que vos voisins,
10:42on parlera tout à l'heure
10:43du secteur pharmaceutique,
10:45on voit bien qu'il y a des difficultés
10:46propres à la France.
10:47Et donc, plus vous ouvrez,
10:49plus vous enlevez ces barrières
10:51et plus vous affrontez directement
10:53cette concurrence avec, évidemment,
10:55ça peut être pour le meilleur,
10:56mais ça peut être aussi,
10:57si vous avez des coûts
10:58qui sont plus importants,
10:59ça peut être aussi un facteur
11:00très déstabilisant.
11:01– Bon, Jean-Marc,
11:01l'idée n'est pas non plus
11:02d'aligner l'ensemble des 27
11:04sur un même régime,
11:05il y a des spécificités nationales
11:07comme vient de le souligner Thomas,
11:08mais quand même,
11:09on a un sérieux travail
11:11de simplification à mener.
11:13– Oui, mais je pense que
11:14dans ce genre de rapport,
11:15comme on vient de le dire d'ailleurs,
11:16la façon de chiffrer
11:17est extrêmement aléatoire.
11:18On arrive à des résultats,
11:20on vient de le dire,
11:21quand on est de rapports…
11:22– L'institution sérieuse,
11:23la Banque Centrale Européenne,
11:24tout de même.
11:24– Oui, enfin,
11:25n'exagérons rien non plus.
11:26– Mais revenons quand même,
11:30je pense qu'il y a trois problèmes
11:33derrière tout ça.
11:33Le premier, c'est qu'effectivement,
11:35on est 40 ans après l'acte unique,
11:36c'était février 1986,
11:38la signature de l'acte unique.
11:40Donc on a créé un marché,
11:42mais on a gardé effectivement
11:44un certain nombre de…
11:44– On pensait avoir
11:45une libre circulation
11:46des biens, des services
11:47et des personnes.
11:48et on se rend compte
11:48que finalement,
11:49c'est plus compliqué ça.
11:50– Ce n'est pas une question
11:51de protectionnisme
11:52au sens strict du terme,
11:53de droit de douane,
11:53c'est une question effectivement
11:54de développement des règles
11:57et tout ça.
11:57D'ailleurs, au sein de l'Union Européenne,
11:59il y a quand même des endroits
12:01où il y a la même monnaie
12:01et puis il y a des endroits
12:02où il n'y a pas exactement
12:03la même monnaie.
12:04Il y a encore effectivement
12:04des pays qui n'ont pas l'euro.
12:06Et donc,
12:07ce n'est pas du protectionnisme
12:10en tant que tel.
12:10Je crois que l'approche,
12:11et alors la deuxième remarque
12:12que je ferais,
12:12en disant c'est des normes,
12:14c'est ceci, c'est cela,
12:15je pense que l'enjeu
12:16est plus,
12:16alors c'était à la mode
12:17à un certain moment,
12:18je pensais d'ailleurs
12:19que ça déboucherait
12:20sur davantage d'actions,
12:21c'était de dénoncer
12:22les rentes qui existent
12:23dans un certain nombre
12:24de l'activité économique.
12:25Et donc,
12:26le combat contre le protectionnisme
12:28qui avait été initié
12:29au 19ème siècle,
12:29c'était un combat
12:30contre les rentes.
12:31Or, cet aspect rente
12:32a totalement disparu
12:33du discours économique
12:35et politique.
12:36– C'était le grand combat
12:36d'Emmanuel Macron à Bercy.
12:38– Exactement,
12:38c'était le combat
12:39d'Emmanuel Macron à Bercy,
12:40c'était,
12:40vous prenez même
12:41le discours de François Hollande,
12:43le célèbre discours du Bourget
12:44où il dit
12:44je n'ai qu'un ennemi,
12:45c'est la finance,
12:46quand vous décortiquez
12:47le discours,
12:48à un moment donné,
12:48il dit,
12:49mais en réalité,
12:49je vais combattre les rentes
12:51parce que le président Mitterrand
12:52nous avait dit
12:52que ce qui était condamnable,
12:54c'était de gagner de l'argent
12:55en normand
12:55et pas de gagner de l'argent
12:56en entreprenant.
12:58Donc,
12:58ce discours sur les rentes
12:59est un discours
13:00qui s'est amoindri,
13:01qui a disparu
13:02et je crois que c'est ça
13:03le véritable enjeu,
13:03ce n'est pas la simplification
13:04dans l'absolu,
13:05c'est-à-dire,
13:06il y a des normes
13:06qu'il faut garder,
13:07il y a des,
13:08je veux dire,
13:08quand l'Europe abandonne
13:10toute ambition
13:10sur le plan écologique
13:12que le Green Deal
13:13passe à la trappe
13:14pour satisfaire les agriculteurs
13:16et éviter
13:16que les tracteurs
13:17deviennent les abonnés
13:19à la circulation dans Paris,
13:22on dit,
13:22on va arrêter
13:23de taxer les engrais,
13:26on va laisser rentrer
13:27les engrais
13:27puis on va rajouter
13:2824 milliards sur la PAC
13:29et puis,
13:30donc,
13:30effectivement,
13:31là,
13:31il y a des normes
13:32qui sont des normes
13:32qui sont utiles,
13:33on a parlé des médicaments,
13:34on va revenir là-dessus,
13:35il y a quand même
13:36un rôle à jouer,
13:37effectivement,
13:38dans la définition
13:39de,
13:39donc,
13:40sur les médicaments,
13:41l'autorisation de mise
13:42sur le marché,
13:43c'est quelque chose
13:43qui correspond à
13:44une norme qui est utile.
13:46Donc,
13:46je pense que...
13:46Non,
13:46mais encore une fois,
13:47il n'est pas question
13:47de supprimer
13:48l'enjeu des normes.
13:49Donc,
13:50je pense qu'il faut...
13:51Peut-être que la création
13:51d'un régime unique
13:52pour le statut d'entreprise,
13:53le fameux 28ème régime...
13:55Je pense qu'il faut,
13:56effectivement,
13:56avoir une logique
13:57qui est une logique
13:58de simplification,
13:59mais une logique
14:00de simplification
14:00dans le cadre
14:01de la lutte
14:02contre les rentes.
14:03Et le troisième enjeu
14:04que je mettrai en avant,
14:05c'est que les rentes
14:06qui sont les plus dramatiques,
14:08je pense,
14:08en Europe,
14:09sont les rentes
14:09de l'existence
14:10de secteurs publics
14:12surdéveloppés.
14:13C'est-à-dire qu'au lieu
14:14de dire,
14:15il faut abaiser...
14:16Je veux dire,
14:16il faudrait dire,
14:16écoutez,
14:17on a décidé de mettre
14:18la concurrence
14:19dans les chemins de fer,
14:19donc le prochain programme
14:20de l'Union Européenne,
14:21c'est la privatisation
14:22des chemins de fer.
14:24On a décidé
14:24de mettre de la concurrence
14:25dans l'énergie.
14:28Le prochain programme,
14:29c'est la disparition
14:30des monopoles énergétiques.
14:31Et ce n'est pas de dire,
14:32vous savez,
14:32si on bouge là
14:34et si on regarde
14:35telle lampe,
14:36si on va ramasser
14:372000 milliards...
14:38Donc c'est privatiser
14:39plus que simplifier.
14:40Privatiser,
14:41combattre les rentes
14:42et sur des mesures concrètes
14:43et pas sur des chiffres
14:44fragiles.
14:45Roland,
14:45puis Thomas.
14:46La dernière partie
14:47de Jean-Marc
14:48est évidente.
14:49Moi, je pense que
14:49c'est certain
14:50que si on veut faire des choses,
14:51il faut les faire vraiment
14:52à l'échelle de l'Europe
14:53et à ce moment-là,
14:54faire jouer la concurrence
14:55et obtenir des résultats
14:56sans doute aussi là-dessus.
14:57Par contre,
14:58sur le plan des chiffres,
14:59je suis d'accord avec toi,
15:00Jean-Marc,
15:01c'est compliqué
15:01d'avoir des chiffres exacts
15:04et Thomas l'a rappelé également.
15:06Mais si on jette les chiffres
15:07en sachant quand même
15:08qu'on est les champions
15:09de la réglementation,
15:11d'ailleurs,
15:11tout le monde se moque de nous
15:12à l'extérieur
15:13et surtout,
15:14nos principaux concurrents,
15:15alors,
15:16comme tu l'as très bien dit,
15:16il ne faut pas jeter le bébé
15:17avec l'eau du bain,
15:18mais on est quand même
15:19des champions
15:20pour éviter d'avoir
15:20des leaders mondiaux
15:22et en plus,
15:23quand on a même
15:23une concurrence entre nous,
15:25en fonction des avantages
15:26compétitifs qu'on a
15:26l'un avec les autres,
15:27on se les balance à la tête
15:29pour savoir
15:29si on peut faire d'un côté
15:30à condition qu'on puisse
15:31le faire de l'autre.
15:32Et donc,
15:32on met des secteurs
15:33les uns en concurrence
15:34avec les autres
15:35et on organise même
15:36un dumping
15:36à certains moments.
15:38Donc,
15:38tout ça est mauvais,
15:39évidemment.
15:39Et c'est ça
15:40qu'on ait 2 000 milliards
15:41et qu'on puisse dire
15:42l'écart type
15:44ou l'écart
15:45par rapport à la réalité
15:46peut-être de 10 ou 15%.
15:47Ouais,
15:48so what ?
15:49Mais l'ordre de grandeur
15:50est quand même élevé
15:50et on tomberait même
15:51à 1 000 milliards,
15:52c'est encore 1 000 milliards
15:53dont l'Europe doit trouver
15:54parfois 300 milliards.
15:56J'ai vu quand même,
15:57chaque fois qu'on a dû
15:57trouver un peu d'argent,
15:58ce qu'on a dû faire
15:59pour y arriver,
16:00quand même on a dû faire
16:01parfois un emprunt européen
16:02parce qu'on ne sait même
16:03pas le faire sur dotation propre.
16:04Je rappelle quand même
16:05que les États-Unis,
16:05c'est 23% du PIB
16:07qui peut servir directement
16:08et mobiliser.
16:09Nous,
16:09on n'en a pas.
16:10Tout doit passer
16:11par des décisions qualifiées
16:13qui repassent devant
16:13le Conseil européen
16:14avec un petit budget global
16:16d'1%.
16:16Donc,
16:17quand on est petit là-dessus,
16:18on a besoin
16:19de beaucoup de moyens
16:19et donc même 1 000 milliards
16:21au lieu de 2 000,
16:22ça ne change rien au raisonnement.
16:23Bon,
16:23Thomas ?
16:24Je pense que le non-dit
16:25derrière ce débat
16:26sur le marché commun,
16:28c'est qu'il y a un moment
16:28où ce qui bloque,
16:29c'est le fait que les Européens
16:31ne sont pas non plus
16:31très allants
16:32pour développer
16:33une union politique.
16:34Oui.
16:35C'est-à-dire que Mario Draghi,
16:36dans son rapport,
16:37il y avait une cohérence,
16:38c'est-à-dire qu'il parlait
16:39de développer davantage
16:40le marché commun
16:41et il disait parallèlement
16:42qu'il faut renforcer
16:44l'union politique.
16:46Or,
16:46si on interroge aujourd'hui
16:47les peuples européens
16:49et je pense en particulier
16:50le peuple français,
16:51je ne suis pas sûr
16:52qu'on trouvera
16:53une majorité de Français
16:54pour renforcer
16:55les pouvoirs
16:56de la Commission européenne
16:57ou de Bruxelles.
16:58Surtout quand on explique
16:59que tous les problèmes
17:00viennent de Bruxelles
17:01et que toutes les réussites
17:02sont évidemment nationales.
17:03Et donc je pense que là aussi,
17:04si on veut unifier
17:07les services,
17:08il y a un moment,
17:09ça relève
17:10de décisions politiques
17:11et je pense que
17:12la situation
17:13dans laquelle on est aujourd'hui,
17:15où on le fait
17:15de façon un peu masquée,
17:17je vais prendre un exemple,
17:18c'est par exemple
17:18ce qui se passe
17:18sur les services numériques.
17:21Le gouvernement français
17:23ces derniers jours
17:24a lancé des initiatives
17:25pour essayer
17:26de réguler
17:28les réseaux sociaux
17:29pour les moins de 15 ans.
17:30Pendant des années,
17:31il y avait eu
17:32des difficultés
17:33parce que c'était devenu
17:34une compétence européenne.
17:36Donc on ne pouvait pas
17:36réguler les réseaux sociaux
17:38pour les moins de 15 ans
17:39parce qu'il y avait
17:39une directive européenne
17:41qui en fait de facto
17:42prenait cette compétence.
17:43Donc là,
17:44on est un peu revenu en arrière
17:45mais c'est juste pour dire
17:45que ça,
17:47les Français ne sont pas
17:47au courant
17:48que si on doit réguler,
17:49enfin si on veut réguler
17:51les réseaux sociaux,
17:52en fait,
17:52ça a relevé
17:53en partie de Bruxelles
17:54et ça,
17:55ça pose question
17:56puisque à une fois
17:57le gouvernement,
17:57les populations,
17:58voilà.
17:59Donc c'est juste un exemple
18:00pour dire qu'il y a
18:00une forme de schizophrénie
18:02malgré tout
18:02entre le fait
18:03qu'on voit
18:04d'un point de vue
18:05presque théorique
18:06tout l'intérêt
18:07qu'il y aurait
18:07à développer
18:09ce marché commun
18:09mais en même temps
18:10les peuples,
18:11ils sont réticents
18:12et parfois
18:12pour de bonnes raisons
18:13malgré tout.
18:14On vient d'avoir
18:14un bel exemple.
18:15Ça pose la question
18:15de l'éducation politique.
18:16Un bel exemple
18:17avec les tarifs.
18:17Les tarifs,
18:18c'est une des seules
18:18compétences européennes
18:19de la commission.
18:21On a bien vu
18:22ce que ça a donné.
18:23Il y avait d'abord
18:23la commission
18:24qui luttait
18:25de toute façon
18:26contre tous les tarifs
18:27pour trouver un accord
18:28et puis après
18:29vous regardiez
18:29les produits
18:30qui étaient pris en compte
18:31où on voyait
18:32manifestement
18:32qu'il y avait
18:33un lobbying
18:33de grands pays
18:35alors je viens d'un petit
18:36donc c'est facile
18:36de le dire
18:36dans ce sens-là
18:37mais raconter en Belgique
18:38c'est ce qu'il pouvait
18:39être dit.
18:40C'est-à-dire
18:40on est un petit pays
18:40où on a moins de poids
18:41donc nous on est
18:41moins forts là-dedans
18:42alors que des autres
18:43sont venus imposer
18:44et on voyait la logique
18:44en regardant les produits
18:45il y a l'homme politique
18:49qui parle
18:49et puis il y a une bulle
18:50au-dessus
18:50et il y a une traduction
18:52on aurait vu pourquoi
18:53donc clairement
18:54cette désunion
18:55alors on peut l'amener
18:56comme vous l'avez dit
18:57en disant
18:57le peuple lui
18:58entend ce que des politiques
18:59disent
18:59quand ça ne va pas
19:00c'est Bruxelles
19:01quand ça va bien
19:02c'est nous
19:02et donc c'est facile
19:03évidemment de retaper
19:04le problème sur la commission
19:05et de garder tout ce qui va bien
19:06chacun pour soi
19:07mais le résultat
19:08donne ça
19:09mais se priver de 1 000 milliards
19:10de 500 milliards
19:11ou de 500 milliards
19:12et voire 2 000
19:12c'est énorme
19:13tout le monde en profiterait
19:14quand même
19:15il peut y avoir
19:15un bien commun
19:16moi ce que je trouvais
19:17très bien
19:17pour le coup
19:19lui je le connais
19:19vraiment bien Mario
19:20j'avais trouvé
19:22qu'il fait toujours
19:23les choses
19:23dans un ordre
19:24qui fait que
19:24ça démontre
19:25à quel point
19:26on est faible
19:27quand on veut
19:27faire les choses
19:28dans l'importance
19:29si on regarde
19:30la transition écologique
19:31il avait mis devant
19:32ça coûtait
19:33de l'ordre
19:34je ne me souviens plus
19:35mais 5 500 milliards
19:36et puis il ajoutait
19:372 ou 300 milliards
19:39pour les défenses militaires
19:41et puis il restait
19:41pour la digitalisation
19:43et tout ce qu'on voulait
19:44renforcer
19:44et il avait mis
19:45dans ce sens là
19:45et là il ne restait plus
19:47que quelques milliards
19:48et on arrivait déjà
19:48à un global
19:49de 800 milliards
19:49mais c'était aussi
19:50en disant d'abord
19:51comment est-ce que
19:51vous allez le financer
19:52sans dette
19:53c'est sûrement pas
19:53par du budget
19:54vous êtes déjà quasiment
19:55les grands pays
19:55en déficit
19:562 à supposer
19:57que vous fassiez
19:57par dette
19:58vous avez vu
19:59ce qu'il reste
19:59pour le reste
19:59si vous gardez
20:00les ambitions
20:00telles quelles
20:01je ne suis pas en train
20:01d'être climato-sceptique
20:02c'est juste
20:03comme il les a tournées
20:04donc si à un moment donné
20:05quand on fait des choses
20:06mieux que les autres
20:06par la réglementation
20:07pour la transition écologique
20:09qu'on fait mieux
20:10pour éventuellement
20:11se réarmer
20:11étant donné
20:12ce que nous demandent
20:12d'ailleurs
20:12depuis longtemps
20:13ce qu'on s'est engagé
20:14à faire en 2014
20:15au niveau de l'OTAN
20:16et si on regarde
20:17ce qu'il nous reste derrière
20:18on se retrouve
20:18avec des petits milliards
20:19dont ce que vous venez
20:21de dire
20:21par rapport aux chiffres
20:222000 ou de 2000
20:23je suis d'accord
20:24avec Jean-Marc
20:252000 c'est sans doute
20:26la barre en dessous
20:27tous ces chiffres
20:28sont quand même
20:28très élevés
20:29par rapport à des enjeux
20:30où on a déjà difficile
20:31de réagir
20:32et à l'extérieur
20:33Jean-Marc
20:34il nous reste 5 minutes
20:35simplement pour parler
20:36quand même
20:36des excédents commerciaux
20:37chinois
20:371200 milliards
20:38excédents records
20:41alors même
20:42que les exportations
20:42de la Chine
20:43vers les Etats-Unis
20:43ont diminué
20:45de 20%
20:46l'année dernière
20:46donc on voit
20:47qui est au menu
20:48c'est l'Europe
20:49encore une fois
20:50de nouveau
20:51d'abord
20:51encore une fois
20:52pour conclure
20:54juste sur ce qu'il a dit
20:54précédemment
20:55moi ce qui me frappe
20:56encore une fois
20:56c'est que
20:57le maître mot
20:58ça devrait être concurrence
20:59et là on rejoint
20:59d'ailleurs
21:00ce qui se passe
21:01aux Etats-Unis aussi
21:02c'est à dire que
21:02vous regardez le rapport
21:03qu'avait remis
21:04Madame Yellen
21:04quand elle a quitté
21:05la réserve fédérale
21:06elle a dit que
21:07depuis 2008-2009
21:09la grande rupture
21:09de la récession 2009
21:11ça avait été
21:12de faire disparaître
21:13l'esprit de concurrence
21:14c'est à dire
21:14l'idée avec la théorisation
21:16du monopole
21:17comme étant un lieu
21:18avec la rande d'innovation
21:20qui est mise à l'avant
21:21par toute la technologie américaine
21:23et donc
21:23je pense que
21:25l'Europe
21:25mais aussi les Etats-Unis
21:26souffrent
21:27d'une absence
21:29d'assumer
21:29le rôle de la concurrence
21:30donc on dit
21:31bien davantage aux Etats-Unis
21:32qu'en France d'ailleurs
21:33Thomas Fillon
21:33et aux Etats-Unis
21:34ça devient effectivement
21:35un vrai problème
21:36c'est très clair
21:36un vrai problème
21:37alors concernant la Chine
21:38d'abord
21:39bon
21:40c'est des chiffres chinois
21:41je pense que
21:42entre la BCE
21:45et le parti communiste chinois
21:48ça correspond forcément
21:53à la célèbre formule
21:53vous avez le mensonge
21:57le fiefé mensonge
21:58au-dessus de tout
21:59vous avez la statistique
22:00alors ça c'est
22:01un principe
22:02que les Chinois
22:03ont adopté
22:03de leur rapport
22:04avec les Britanniques
22:05et donc
22:06d'autant plus que
22:07d'abord
22:07on dit 1200 milliards
22:092025
22:10c'est là aussi
22:13les exploits de la Chine
22:14qui sortent ses comptes
22:14toujours le 8 janvier
22:16l'INSEE par exemple
22:17pour avoir les comptes
22:18sur la France
22:19il faut attendre
22:20avec tous les ordinateurs
22:21qu'on a et tout ça
22:22à la mi-mars
22:23et c'est une évaluation
22:24provisoire
22:25la Chine
22:25dès le 8 janvier
22:26l'efficacité chinoise
22:27encore une fois
22:28Jean-Marc
22:28le niveau
22:31de l'excédent commercial
22:33et tout ça
22:34et alors
22:34le deuxième élément
22:35c'est que dans ces chiffres
22:36de la Chine
22:37vous avez
22:37ils ne parlent plus maintenant
22:39de leur excédent
22:39de balance des paiements courants
22:40alors vous êtes obligés
22:41d'aller chercher ailleurs
22:42l'excédent de balance
22:42des paiements courants
22:43et donc vous avez
22:44une appréciation
22:45au niveau du FMI
22:46et de la Banque mondiale
22:47qui est limitée
22:48pour l'instant
22:49à l'année octobre-octobre
22:51ils sont plus modestes
22:53donc l'excédent
22:54de la balance des paiements
22:55courants de la Chine
22:55c'est 500 milliards de dollars
22:57et si vous comparez
22:59la situation de la Chine
23:00à l'année précédente
23:00vous apercevez
23:01que la Chine avait
23:02en 2024
23:02un excédent commercial
23:04déjà de plus de
23:051000 milliards de dollars
23:06donc les 1200
23:07c'est un record
23:08mais ce n'est pas
23:08une explosion colossale
23:11par rapport à ce qui était
23:12déjà affiché
23:12l'année précédente
23:13sur la base
23:14d'un excédent
23:14de la balance des paiements courants
23:15enfin plus de 20%
23:16c'est quand même pas mal
23:17comme performance
23:17on a commencé à 998
23:21ensuite on était monté à 1100
23:22puis on est redescendu
23:23donc on est toujours
23:25dans ce même ordre de vendeur
23:26autour de 1000
23:27tout ça
23:27et jamais corrigé
23:29encore une fois
23:29je ne veux pas insister
23:30mais l'INSEE
23:31ils vous sortent
23:32c'est des chiffres provisoires
23:33à la Chine
23:34c'est fini
23:35c'est réglé
23:36le 8 janvier
23:36vous savez tout
23:37ce qui s'est passé en Chine
23:38et donc
23:39ce qui est intéressant
23:40c'est effectivement
23:40ce décalage entre
23:41les chiffres
23:42comment on explique
23:42cette différence
23:43alors vous avez
23:44deux éléments
23:45la balance des paiements
23:46et la balance des paiements
23:47vous avez trois éléments
23:48qui jouent en fait
23:48vous avez un premier élément
23:49quand vous regardez
23:50la balance des paiements
23:50publié par le FMI
23:52et la Banque mondiale
23:53à la fin vous avez toujours
23:54un poste qui s'appelle
23:55erreur et omission
23:55et donc celui de la Chine
23:58est un des plus élevés du monde
23:59poste erreur et omission
24:00mais c'est normal
24:01parce que c'est quand même
24:02enfin c'est plus facile
24:04de mesurer la balance
24:05des paiements courants
24:06de Monaco
24:06que de celle de la Chine
24:07c'est à dire
24:08bon donc
24:09juste simplement
24:09parce que ce n'est pas
24:10des sujets faciles non plus
24:11vous maîtrisez parfaitement
24:13Jean-Marc
24:14mais est-ce que
24:14vous pouvez nous rappeler
24:15la différence
24:16entre la balance des paiements
24:17et la balance commerciale
24:19tout simplement
24:19alors vous avez quand même
24:20vous avez
24:21quand vous regardez
24:22les comptes extérieurs de pays
24:23vous avez la balance commerciale
24:24qui sont les échanges de biens
24:25donc voilà
24:26les marchandises qui passent
24:27les produits chinois
24:28bon ensuite
24:29vous avez la balance
24:30des paiements courants
24:31vous avez en plus
24:31les flux qui sont liés
24:33non pas au déplacement
24:34des marchandises
24:35mais au déplacement
24:36d'une certaine façon
24:36des hommes
24:37donc vous avez le tourisme
24:38parce que là
24:38c'est les hommes
24:39qui se déplacent
24:40quand un chinois
24:40vient acheter
24:41aux galeries Lafayette
24:44de nos produits Vuitton
24:47c'est une exportation
24:48de la France
24:48mais qui ne va pas
24:49être enregistrée
24:49en exportation
24:50parce que ce qui s'est déplacé
24:52ce n'est pas
24:52le sac Vuitton
24:54c'est le chinois
24:55qui s'est déplacé
24:55vous avez les mouvements
24:57qui sont liés au fait
24:57que la population
24:58se déplace pour aller travailler
24:59donc vous avez
25:00des rémunérations
25:00puis vous avez le fait
25:02que les capitaux
25:02se déplacent aussi
25:03donc vous avez
25:03les placements
25:04qui sont réalisés
25:05et donc
25:06tout ça
25:07ça va faire le solde
25:08de la balance
25:09des paiements courants
25:09et en regard de ça
25:10vous avez la façon
25:11quand vous êtes en déficit
25:12comment vous financez
25:14vous compensez ça
25:14et quand vous êtes en excédent
25:16ce que vous faites
25:16de vos excédents
25:18et donc
25:18quand on regarde
25:19les comptes de la Chine
25:20tels qu'ils sont
25:21la Chine effectivement
25:22a un de nos gros excédents
25:23commercial
25:23mais elle a
25:25une situation
25:27dans ses parties
25:28donc des placements
25:29des capitaux
25:30et des hommes
25:30qui est très négative
25:31et moins favorable
25:32pas très favorable
25:33d'abord il y a le tourisme
25:34alors pourquoi ?
25:35il y a le tourisme
25:35c'est-à-dire
25:36les chinois
25:36ont beaucoup voyagé
25:37même si ça c'est
25:38après 2020
25:39après la Covid
25:40ça a beaucoup diminué
25:41il y a le fait
25:42que la Chine
25:43est beaucoup détenue
25:43c'est-à-dire que
25:44tous les joint ventures
25:45et il y a le fait
25:47que les placements
25:48faits par la Chine
25:49sont des placements
25:49qui sont assez peu
25:50rémunérateurs
25:51alors que les engagements
25:52qui sont pris
25:53par l'étranger en Chine
25:54sont eux relativement
25:55rémunérateurs
25:55c'est-à-dire que
25:56d'un côté
25:56les chinois
25:57achètent de la dette
25:58le public américain
25:59qui ne rapporte rien
26:00pour le monde
26:00achètent des entreprises
26:01ils co-investissent
26:03dans des entreprises
26:03ils co-administrent
26:06des entreprises
26:07c'est le cas du Japon
26:07quand vous regardez
26:08les comptes
26:08entre le Japon
26:09et la Chine
26:10ce que les gens
26:10regardent en ce moment
26:11ont vu la tension
26:12entre les deux pays
26:12vous avez percevé
26:13que d'une certaine façon
26:14les japonais
26:15ne peuvent pas aller trop loin
26:16parce que c'est une partie
26:17de leur revenu
26:18qui est apportée
26:19par les investissements
26:21qu'ils ont réalisés
26:21en Chine
26:22Thomas
26:22Trois points
26:24le premier point
26:25à nouveau sur les chiffres
26:27alors moi je pense
26:27aussi qu'on peut douter
26:28des chiffres du FMI
26:30c'est-à-dire que
26:31Jean-Marc disait
26:32que l'excédent courant
26:34chinois
26:34était autour de 500 milliards
26:35c'est-à-dire
26:36en prenant en compte
26:37à la fois les biens
26:38et les services
26:39il y a d'autres estimations
26:40qui considèrent au contraire
26:41que le FMI sous-estime
26:43presque de moitié
26:44l'excédent chinois
26:45qui serait plutôt
26:46plus proche
26:46de 1000 milliards
26:47donc ça c'est le premier point
26:48le deuxième point
26:49Juste pourquoi j'ai tout ça
26:52pourquoi est-ce qu'il y a
26:54à la surface de la planète
26:55les excédents des uns
26:57forcément
26:58tout ça s'équilibre
26:58et donc si les Chinois
27:00ont tel excédent
27:01il faut regarder
27:02où sont les déficits
27:03et donc là
27:04on s'aperçoit
27:04qu'on ne les trouve pas
27:05vraiment ces déficits
27:06donc vous avez un problème
27:07de mise en cohérence
27:08des excédents des uns
27:09et des déficits des autres
27:10Thomas
27:10le deuxième point
27:12c'est sur la libre concurrence
27:13moi je suis évidemment d'accord
27:15qu'il faut la libre concurrence
27:16mais justement
27:17qu'elle soit libre
27:18et non faussée
27:19et donc de ce point de vue-là
27:20il y a aussi
27:21une étude intéressante
27:22qui a été publiée
27:22par l'OCDE
27:23cette semaine
27:25sur l'expérience
27:26des panneaux solaires
27:27en Chine
27:28et qui montre
27:29justement
27:29comment
27:30d'une part
27:31ces panneaux solaires
27:32cette production
27:32de panneaux solaires
27:33ont été massivement
27:35subventionnées
27:36mais ce qui a conduit
27:38notamment
27:38à l'éviction
27:39quasi complète
27:40des producteurs
27:41européens
27:42de ce marché
27:45donc là aussi
27:46quand on parle
27:46de concurrence
27:47là il se trouve
27:47dans ce
27:48de ce produit
27:49on voit bien
27:50que cette concurrence
27:51n'est pas libre
27:51donc si vous mettez
27:52sans droit de douane
27:53vis-à-vis des panneaux solaires
27:54ou sans subvention européenne
27:55vis-à-vis des panneaux solaires
27:56chinois
27:56vous ne pouvez pas
27:58rivaliser
27:59même aujourd'hui
28:00et ça m'amène
28:01à un dernier point
28:02justement
28:02en tirant cette métaphore
28:04du panneau solaire
28:05c'est que moi je pense
28:05qu'il y a un rouleau
28:06compresseur chinois
28:07qui aujourd'hui
28:08menace
28:09la production européenne
28:10à la fois la production
28:11domestique
28:12et aussi nos exportations
28:13sur les marchetières
28:14parce qu'ils sont
28:14beaucoup plus compétitifs
28:16pour un certain nombre de raisons
28:17et je suis très inquiet
28:19par la réaction
28:19de la commission européenne
28:21ce qu'elle a annoncé
28:22notamment
28:22mardi
28:24sur les véhicules électriques
28:26c'est-à-dire
28:27de proposer
28:29un prix plancher
28:30c'est exactement
28:31en échange
28:32d'une baisse
28:33des droits de douane
28:34imposée fin 2024
28:35et qui était déjà faible
28:37sur les véhicules électriques
28:38chinois
28:39jusqu'à 35%
28:41voilà
28:41mais par exemple
28:42BYD
28:42c'était autour
28:43de 17%
28:44et donc ça
28:45donc la commission européenne
28:47a répondu à un souhait chinois
28:48ce qui n'est pas forcément
28:49très bon signe
28:50en termes de
28:51là je ne comprends pas
28:52effectivement
28:52la logique
28:53parce qu'on peut rétablir
28:54les prix effectivement
28:55par les droits de douane
28:56les droits de douane
28:57c'est nous qui les encaissons
28:58en tant qu'européens
28:59et c'est nous qui les payons
29:00en tant qu'européens
29:01c'est aussi nous qui les
29:02oui mais le prix plancher
29:03c'est la même chose
29:04c'est-à-dire qu'au final
29:05vous payez la même chose
29:05mais d'un côté
29:06les recettes sont chez nous
29:07de l'autre
29:07elles sont chez les constructeurs chinois
29:09mais il y a plusieurs problèmes
29:09si vous êtes beaucoup plus compétitif
29:10ce qui est le cas des chinois
29:12c'est quelque chose
29:14que vous pouvez payer
29:17et d'autre part
29:17quand vous prenez un prix plancher
29:19vous ne pouvez pas tenir compte
29:20de tous les rabais
29:21les ristournes
29:21si vous allez demain
29:22devant un concessionnaire BYD
29:24il peut toujours vous faire
29:25une ristourne de 20%
29:26ça vous ne le verrez pas
29:27dans les chiffres
29:27et c'est très dire
29:28donc le problème
29:29de la concurrence chinoise
29:29c'est un problème de quantité
29:31avant tout
29:31c'est-à-dire
29:32on peut faire face
29:33à un faible volume
29:34d'exportation chinoise
29:35sur le marché européen
29:36maintenant si le marché
29:37est inondé
29:38ça va être très difficile
29:40et un dernier point
29:41pour finir sur les panneaux solaires
29:42c'est
29:43ces prix planchers
29:44c'est exactement
29:45ce que la commission européenne
29:46avait fait il y a 15 ans
29:47sur les panneaux solaires
29:49donc on voit que ça a
29:50formidablement marché
29:51depuis un dernier mot
29:52avant la coupure
29:52le dernier point
29:53pour moi de nouveau
29:54les chiffres
29:54encore plus la Chine
29:55bien entendu
29:56le FMI fait ce qu'il peut aussi
29:57étant donné les chiffres
29:58qu'il reçoit
29:58et ce qu'il peut trouver
29:59mais ce qui pour moi
30:00m'inquiète plus
30:01c'est juste l'évolution
30:03à cause
30:04grâce
30:05je ne sais pas comment le dire
30:06mais en tous les cas
30:07avec les droits de douane
30:09de Trump
30:09qu'est-ce qui s'est passé
30:10et aussi toutes les diversions
30:12entre les deux présidents
30:13Trump et Xi Jinping
30:15qu'est-ce qui se passe
30:16une bonne partie quand même
30:17de l'évolution sur un an
30:18l'excédent diminue aux Etats-Unis
30:22et chez nous
30:23c'est le contraire
30:23donc clairement
30:24on est encore un peu
30:25les dindons
30:26non pas de la farce
30:27mais de cette compétition
30:28donc la manière de réagir
30:30elle est multidirectionnelle
30:32mais c'est certain
30:33qu'aujourd'hui
30:33on voit où est la tendance
30:34quels que soient
30:35les montants absolus
30:36et bien voilà
30:37salut
30:38salut
30:38on se retrouve après
30:39une très courte pause
30:40une page de publicité
30:42on va parler du prix
30:42des médicaments
30:43on revient en France
30:44comment réduire la facture
30:45et puis du partage
30:46de la valeur
30:46les dividendes augmentent
30:48alors que les bénéfices stagnent
30:49est-ce que le dindon de la farce
30:51ce sera le salarié
30:52on en discute dans une minute
30:54ne quittez pas
30:55BFM Business et la Tribune
30:59présente
30:59les experts
31:01Raphaël Legendre
31:03on est de retour en direct
31:05sur BFM Business
31:06pour la seconde partie
31:08des experts
31:08il est 10h34
31:09et toujours au tour de la table
31:10Roland Gillet
31:11Thomas Grébine
31:12et Jean-Marc Daniel
31:14on a beaucoup parlé
31:15du monde
31:16de l'Europe
31:17de protectionnisme
31:18et de libre-échange
31:19on va revenir en France
31:21pour parler
31:21prix du médicament
31:23des prix qui s'envolent
31:2527 milliards d'euros
31:27en 2025
31:27ce sont les derniers chiffres
31:29parus hier
31:30avec des prix qui augmentent
31:33et un taux de remboursement
31:34qui lui aussi
31:35est en hausse
31:36en 5 ans
31:36c'est plus 20%
31:37quand même
31:38ça devient un véritable sujet
31:40budgétaire
31:41ma première question
31:42très simple
31:43est-ce que ces dépenses
31:44sont sous contrôle
31:45est-ce que c'est normal
31:46Thomas Grébine ?
31:48la population vieillit
31:49donc
31:49on pourrait se dire
31:50qu'il est aussi normal
31:51que le remboursement
31:53et le coût du remboursement
31:54des médicaments
31:55évoluent aussi
31:56je pense que quand on parle
31:57du médicament
31:57il faut voir ça
31:59à deux niveaux
31:59il y a un point de vue
32:00purement budgétaire
32:02et puis après
32:02il y a le point de vue
32:03plus industriel
32:04du point de vue budgétaire
32:07c'est vrai que
32:07le prix du médicament
32:09augmente
32:10enfin
32:10le coût
32:11des remboursements
32:12liés aux médicaments
32:13augmente
32:14après il faut quand même
32:15relativiser
32:17on est autour
32:17de 12-15%
32:19des dépenses
32:20des remboursements
32:22de l'assurance maladie
32:23si vous voulez
32:24un chiffre de comparaison
32:2560% des remboursements
32:27de l'assurance maladie
32:28c'est les remboursements
32:30liés aux affections
32:30longue durée
32:31les ALD
32:32donc c'est
32:3310-12
32:34versus
32:35on voit les ordres de grandeur
32:36versus les ordres de grandeur
32:38et on voit ensuite
32:39la difficulté
32:40en effet
32:41si on veut faire un effort
32:42sur
32:43ce déremboursement
32:46très très très partiel
32:47des médicaments
32:48il y avait
32:48il y a eu quelques tentatives
32:49dans le budget
32:50avec François Bayrou
32:52de passer
32:53de 1 à 2 euros
32:55ou de passer
32:55de la consultation
32:56de 2 à 4 euros
32:57on voit que
32:58c'était très compliqué
32:59juste pour préciser
33:01on a aujourd'hui
33:02en France
33:03le plus faible
33:03reste à charge
33:04de tous les pays
33:05de l'OCDE
33:06on est à 10%
33:08à peine
33:09moins de 10%
33:10me semble-t-il
33:10et il y a près de
33:11un quart de la population
33:12c'est-à-dire en gros
33:1318 millions de personnes
33:14qui ne sont pas soumises
33:16à ces restes à charge
33:17les personnes fragiles
33:18les enfants
33:18les femmes enceintes
33:19ne sont pas soumises
33:20à ce reste à charge
33:21donc on voit bien
33:22qu'il y a quand même
33:23une question
33:24bon
33:25et l'autre point
33:25qui me semble
33:26encore plus important
33:28c'est la très forte
33:29dégradation
33:30depuis 20 ans
33:31du secteur
33:32pharmaceutique
33:34en France
33:34ça c'est la question
33:35industrielle
33:35la question industrielle
33:36qui me semble majeure
33:37et qui est liée
33:38à ce prix du médicament
33:39c'est-à-dire qu'une des caractéristiques
33:40du secteur pharmaceutique
33:41c'est qu'il vit sur fonds publics
33:44et que d'autre part
33:44il y a un prix
33:45qui est régulé
33:46et qui est fixé
33:47en partie
33:47enfin qui est fixé
33:48par le législateur
33:49et le problème
33:50c'est que
33:50parce que la France
33:52cherche malgré tout
33:52à favoriser toujours
33:53le consommateur
33:54et à baisser
33:55un peu facialement
33:56le déficit
33:57de la sécurité sociale
33:58en fait on fixe
33:59un prix du médicament
34:01qui est très faible
34:01et beaucoup plus faible
34:02que dans les autres
34:03les médicaments
34:03coûtent beaucoup moins cher
34:05en France
34:05que ailleurs
34:06et donc ça
34:07c'est un problème
34:08d'un point de vue industriel
34:09parce que ça fait que
34:10c'est pas intéressant
34:12pour les grandes compagnies
34:13pharmaceutiques
34:14d'investir
34:14et de tester
34:15leur médicament
34:17en France
34:17ils vont plutôt le faire
34:18aux Etats-Unis
34:20et donc
34:21on a
34:22depuis une vingtaine d'années
34:23une très forte dégradation
34:24de ce secteur
34:25on était
34:25le premier producteur
34:27de médicaments
34:27au niveau européen
34:28il y a encore 20 ans
34:29aujourd'hui
34:29on est entre le 6
34:31et le 8ème rang
34:32comme l'agriculture
34:33et pour la première fois
34:34on risque d'avoir
34:35un déficit
34:35du secteur agroalimentaire
34:37c'est-à-dire qu'on n'a pas
34:38su prendre un virage
34:39technologique
34:40et industriel
34:40depuis 20 ans
34:41on importe
34:43des molécules
34:44à haute valeur ajoutée
34:45des molécules innovantes
34:46et on exporte
34:47des vieilles molécules
34:49et on vend
34:50du doliprane
34:50là c'est très inquiétant
34:51et en fait
34:52le risque
34:53aujourd'hui
34:53c'est que Trump
34:54va encore aggraver
34:55ce problème européen
34:57pourquoi ?
34:57parce que Trump
34:58qui voit aussi
34:59qu'il y a un problème
34:59de prix du médicament
35:02aux Etats-Unis
35:02il veut introduire
35:03une clause
35:04de la nation
35:05la plus favorisée
35:06donc c'est-à-dire
35:07qu'en gros
35:08le prix du médicament
35:09demain
35:09notamment pour tous
35:10les remboursements
35:12serait fixé
35:13en fonction du marché
35:15où le prix proposé
35:16est le plus faible
35:17et donc par exemple
35:18si demain
35:18une compagnie pharmaceutique
35:20met sur le marché
35:22un produit
35:23en France
35:24comme le prix du médicament
35:26est très faible
35:26ça va impacter
35:27directement
35:28le prix du médicament
35:30aux Etats-Unis
35:30donc demain
35:31les grandes compagnies
35:32pharmaceutiques
35:32peuvent avoir intérêt
35:33parce que le prix du médicament
35:35est trop faible en France
35:36à ne pas le mettre
35:37sur le marché français
35:38et donc à ce qu'il y ait
35:39des molécules innovantes
35:40qui ne soient plus
35:41mises sur le marché français
35:43donc arrête
35:44qu'on soit moins bien
35:45soigné
35:45à l'avenir
35:46à l'avenir
35:47on soit moins bien soigné
35:48c'est déjà le cas
35:48il y a certaines molécules
35:49innovantes
35:50qui ne sont plus
35:50mises sur le marché
35:51en France
35:52parce que le prix du médicament
35:53est trop faible
35:54comment ça fonctionne
35:54en Belgique
35:55Roland-Gilet
35:55est-ce que c'est le même système
35:56de fixation des prix ?
35:57on a une fixation des prix
35:58oui
35:59ça c'est vrai
36:00mais vous voyez par exemple
36:01parler des 2 euros tout à l'heure
36:02en Belgique
36:02c'est 7 euros
36:03donc le remboursement
36:04le solde à charge
36:05quand on a une visite médicale
36:06donc clairement
36:07on voit que c'est quand même
36:08fois 3
36:08donc la France a évidemment
36:10des particularités
36:11qui font que
36:12bon en Belgique
36:13on a essayé aussi
36:13de faire venir
36:15des grands acteurs
36:16c'est un non-GSK
36:18et ainsi de suite
36:18notamment dans ma partie du pays
36:20donc en Wallonie
36:21et donc on a pas mal
36:22de leaders médicaux
36:23qui se développent
36:25c'est beaucoup sur
36:26justement des molécules innovantes
36:27donc on prend quand même
36:28attention à ne pas les tuer
36:30ou ne pas les faire
36:31se délocaliser
36:32mais le problème
36:33est d'une certaine manière
36:35le même
36:36ce que je trouve en France
36:37c'est que c'est vraiment
36:37très étatisé
36:38donc les prix
36:39c'est essentiellement
36:40l'état administrat
36:41il peut y avoir des discussions
36:42avec des experts
36:43ou avec des besoins
36:44nécessairement associés
36:45alors je ne dis pas
36:46qu'il y a des médicaments
36:46qui n'ont pas de besoins
36:47mais ça veut dire
36:48qu'on est quand même
36:48dans une logique
36:49très étatique
36:50un peu comme un bureau du plan
36:51et effectivement
36:52dans une concurrence mondiale
36:53ce que vous avez dit
36:54je suis tout à fait d'accord
36:56et le plus grand danger aussi
36:57c'est que vous avez vu
36:58aujourd'hui
36:59on a de nouveau
37:00c'est comme le système
37:01des pensions
37:01avec la répartition
37:02par rapport à la capitalisation
37:04aux Etats-Unis
37:05il faut savoir
37:05que la concurrence
37:06elle se fait aussi
37:07entre des assureurs
37:08qui eux déjà
37:09sont très très
37:09puisque la majorité
37:10des gens ont une assurance privée
37:12s'ils veulent vraiment
37:12être couverts convenablement
37:13c'est ces gens-là
37:14qui négocient le prix
37:15du médicament
37:15et maintenant
37:16Trump vient s'ajouter
37:17en disant
37:17je le trouve encore trop cher
37:18donc clairement
37:19c'est pas du tout
37:20les mêmes logiques
37:21donc il faut regarder
37:22le processus
37:24de fonctionnement
37:25depuis le consommateur
37:26jusqu'aux industriels
37:27derrière
37:27qui font les molécules
37:28Jean-Marc expliquez-nous
37:29comment on fixe
37:30le prix des médicaments
37:31parce qu'il y a
37:31plusieurs acteurs
37:32autour de la table
37:33qu'est-ce que vous pensez
37:35de ces deux logiques
37:36quand vous étiez
37:37mais concurrence
37:38ou tarif
37:38factuellement
37:39je reprends d'ailleurs
37:40une formule
37:40que je dois à Alain Madelin
37:41quand nous en avions parlé
37:42à l'époque où il venait
37:43dans cette émission
37:44il disait
37:45c'est pas un prix
37:46c'est un tarif
37:47c'est quelque chose
37:48qui est fixé effectivement
37:49par une autorité
37:50alors c'est pas le législateur
37:51en fait
37:52le médicament
37:53il y a d'abord
37:53une première phase
37:54qui est l'autorisation
37:55de mise sur le marché
37:56la même
37:56qui est donnée par le
37:57ministère de la santé
37:58et ensuite
37:58le prix est fixé
37:59sur la base des travaux
38:01d'un comité
38:03des produits de santé
38:04qui est présidé en ce moment
38:05par une énarque
38:06évidemment
38:07énarque qui a fait
38:09toute sa carrière
38:10à la direction
38:10de la concurrence
38:11et de la consommation
38:12alors je ne vais pas critiquer
38:13puisque le prédécesseur
38:17était un administrateur
38:18de l'INSEE
38:18bon je ne vais pas critiquer
38:20le choix que l'on fait
38:21déjà à la tête
38:22de cet organisme
38:23mais quand vous regardez
38:24la composition
38:24de ce comité
38:25vous apercevez
38:27que le grand absent
38:28c'est quand même
38:29le pharmacien
38:29il y en a des pharmaciens
38:31mais vous avez
38:32tous les bureaux possibles
38:33et imaginables
38:34de l'administration française
38:35qui participent
38:36aux travaux
38:36de ce comité
38:37donc vous avez
38:38la direction
38:39de l'industrie
38:39qui ne s'appelle plus
38:40comme ça maintenant
38:40mais qui vient de défendre
38:41la nécessité
38:42de préserver
38:43l'innovation
38:44vous avez la direction
38:45de la concurrence
38:46et puis vous avez
38:47deux ou trois pharmaciens
38:48que l'on traite un peu
38:50avec une forme de distance
38:51en disant
38:51c'est monsieur Aumé
38:52vous savez monsieur Aumé
38:53le pharmacien de Flaubert
38:55le pharmacien
38:56bon bref
38:57le résultat c'est qu'effectivement
38:58on arrive à des systèmes
38:59de prix
39:00qui sont des systèmes
39:00de prix
39:01qui sont relativement aberrants
39:03avec surtout deux idées fortes
39:04qui sont le problème
39:05à mon avis
39:06de la sécurité sociale
39:07le problème c'est que
39:08la sécurité sociale
39:10doit être un système
39:11de solidarité
39:12quel qu'en soit le prix
39:13et deuxième chose
39:15c'est que
39:15le véritable problème
39:16de l'économie française
39:17ce sont les charges
39:19les charges
39:20or les charges
39:21effectivement
39:21il y a des impôts
39:22il y a des choses
39:23qui sont un peu surprenantes
39:24et puis les charges
39:25c'est des cotisations
39:26et on en revient
39:27à ce qu'on disait
39:27c'est-à-dire que
39:28la santé
39:29est devenue un produit
39:30qui n'a plus
39:31de véritable prix
39:32dans la réalité économique
39:33pour deux raisons
39:34parce que
39:35les prix qui sont affichés
39:36les tarifs sont fixés
39:37de façon administrative
39:38par notamment
39:40des comités divers et variés
39:41c'est la même chose
39:42pour l'hôpital
39:43et la deuxième chose
39:44c'est que
39:44les gens
39:46ne paient plus rien
39:47et n'ont plus aucune conscience
39:49de ce qu'ils paient
39:49et non seulement
39:50ils n'ont pas de prix
39:51et n'ont plus conscience
39:53de ce qu'ils paient
39:53mais on n'arrête pas de dire
39:54écoutez
39:54les cotisations
39:55sont trop importantes
39:57il faut encore
39:58augmenter les salaires
39:59le résultat
40:00c'est qu'on a
40:00une sécurité sociale
40:02qui est en déficit
40:03systématiquement
40:04et une sécurité sociale
40:05qui est de plus en plus
40:06entre les mains de l'État
40:07c'est-à-dire
40:08la logique ultime
40:09du plan Juppé
40:10c'est l'ondame
40:11dont les médicaments
40:12représentent environ 10%
40:14c'est l'ondame
40:15c'est l'État
40:15c'est le législateur
40:17c'est la puissance publique
40:18qui détermine le droit
40:19à être malade
40:20l'ondame on rappelle
40:21c'est l'objectif national
40:22des dépenses d'assurance maladie
40:24c'est-à-dire qu'on décide
40:25en amont
40:26que vous aurez le droit
40:27d'être malade
40:28dans l'année à venir
40:28ce que j'ai compris
40:29de l'économie
40:30c'est que
40:31le véritable régulateur
40:33quand il y a
40:33un véritable problème
40:34quand il y a des difficultés
40:35à déterminer un prix
40:36c'est la concurrence
40:37on en revient
40:38à la première partie
40:38de l'émission
40:39et donc je pense
40:40que le véritable enjeu
40:41maintenant
40:42c'est de dire
40:43le système
40:44qui était le système
40:45du conseil national
40:46de la résistance
40:47la solidarité
40:48tout ça
40:49il faut en parler
40:50avec des trémolos
40:50dans la voix
40:51simplement se souvenir
40:52qu'à l'époque
40:53Maurice Torres disait
40:54il faut produire
40:56avant de revendiquer
40:57et puis
40:58on retient ça
40:58de cette période-là
40:59et on passe à autre chose
41:00le système
41:01par les partenaires sociaux
41:03il a été
41:04emporté
41:05à partir des années 80
41:06dans le déficit
41:07les tentatives
41:08de reprise en main
41:09par Raymond Barr
41:10ayant échoué
41:11et on a choisi
41:11l'étatisation
41:12le bilan
41:13c'est qu'on a
41:14des prix du médicament
41:15qui sont totalement absurdes
41:16sur le plan économique
41:17et industriel
41:18on a des gens
41:19qui continuent à dire
41:20qu'il faut
41:20achever la sécurité sociale
41:22en baissant les charges sociales
41:24et on a des dépenses de santé
41:26qui sont relativement importantes
41:28par rapport aux services rendus
41:29si on le compare
41:30à nos pays voisins
41:31donc je pense qu'il faut passer
41:32à une autre phase
41:33la concurrence
41:34et la concurrence
41:35elle sera portée
41:35par des compagnies d'assurance
41:37c'est ça
41:38donc système plutôt inefficace
41:39il faut de la concurrence
41:40Thomas Gabine
41:40vous avez posé la question
41:42est-ce que le système
41:43est hors de contrôle
41:44il faut voir que
41:45même en ne faisant rien
41:46en 2026
41:47les dépenses de santé
41:48elles devraient augmenter
41:49de 10 milliards
41:50en ne faisant rien
41:51si on n'a pas
41:52le loi de financement
41:52de la sécu
41:53pour limiter l'augmentation
41:54des dépenses
41:54c'est plus 10 milliards
41:55il y a juste un chiffre
41:56pour se rendre compte
41:57de l'ampleur des enjeux
41:59on estime qu'en 2030
42:00il y aura 40% des français
42:02qui pourraient être atteints
42:04d'une maladie chronique
42:0540% des français
42:07donc on voit déjà aujourd'hui
42:08les dépenses d'affection
42:09de longue durée
42:1060% des remboursements
42:12de la sécurité sociale
42:14de l'assurance maladie
42:15qu'est-ce que ce sera
42:17dans quelques années
42:18donc il y a véritablement
42:19urgence
42:20à essayer de trouver
42:21des solutions pérennes
42:22d'un point de vue financier
42:24et puis juste un point
42:24sur le marché du médicament
42:26Trump il a un point
42:28qu'il avance souvent
42:28c'est que ce sont
42:29les Etats-Unis
42:30qui financent
42:31la recherche médicamenteuse mondiale
42:33et ça je pense
42:34que c'est en partie vrai
42:35c'est-à-dire que nous
42:35on est toujours
42:36nous Européens
42:37on voit du point de vue
42:37du consommateur
42:38et on critique toujours
42:40le prix du médicament
42:40aux Etats-Unis
42:41mais il faut bien voir
42:42qu'aujourd'hui
42:42dans le marché du médicament
42:43c'est plus de 50%
42:44aux Etats-Unis
42:44et que nous par exemple
42:45nous Français
42:46on pèse que 3%
42:47du marché du médicament
42:48au niveau mondial
42:50donc on ne pèse
42:50quasiment rien
42:51et quand vous voyez
42:52des grands investissements
42:54de recherche
42:54et de développement
42:55c'est aux Etats-Unis
42:56et de plus en plus
42:57en Chine
42:58vous prenez un indicateur
42:59les mises sur le marché
43:00des nouvelles molécules
43:01avant l'Europe
43:01était presque toujours devant
43:03maintenant c'est d'abord
43:04les Etats-Unis
43:05et la Chine
43:06et l'Europe vient derrière
43:07donc ça aussi
43:07c'est un autre signal
43:08qui est très inquiétant
43:08encore un signal
43:09du déclassement européen
43:10Roland
43:10et par rapport
43:11à ce qui a été dit
43:12et un peu en résumant
43:13mais c'est sûr
43:14qu'on peut trouver
43:15des avantages
43:16dans le système français
43:17dans le système belge
43:18dans certains systèmes
43:18mais il y a un avantage
43:19sur le système
43:20avec des assureurs
43:21c'est que le coût
43:22on le voit très vite
43:23parce que ces sociétés
43:24sont viables ou pas
43:25tandis que les Etats
43:26avec le fait que c'est noyé
43:27dans l'ensemble
43:28des dépenses de l'Etat
43:29même si la sécurité sociale
43:32dérape en France
43:32et dans d'autres pays
43:33mais ça porte un autre nom
43:35c'est le reste du budget
43:36qui a tendance
43:37quand même
43:37ou la dette
43:38ou la dette
43:38ou la dette
43:39à le faire
43:39quand vous fonctionnez
43:40avec des entreprises privées
43:41ils sont des assureurs
43:42il y a deux solutions
43:43ou ça tient
43:45ou ça casse
43:46et alors il faut les sauver
43:47mais ça se voit
43:48beaucoup plus
43:48il faut les sauver
43:49donc ici
43:50il y a la concurrence
43:50mais il y a aussi
43:51la manière de l'organiser
43:52et je pense que
43:53ici
43:54avec des assurances
43:55regardez
43:55un autre pays
43:56qui pour autant
43:56est un pays
43:57qui est aisé
43:57la Suisse
43:58c'est aussi avec
43:59des systèmes
43:59des assurances
44:00mais je vois des gens
44:01qui sont pourtant
44:02des gens à revenu modeste
44:03qui sont bien contents
44:04d'avoir des couvertures complètes
44:05en ayant pris
44:06les options qu'ils choisissaient
44:07vous pouvez décider
44:07à un moment donné
44:08que vous prenez
44:08la première
44:09la deuxième
44:09la troisième option
44:09mais si vous voulez
44:10une couverture complète
44:11et c'est ça aussi
44:12qu'il faut voir
44:12c'est que l'avantage
44:13d'avoir des assurances
44:13c'est que vous prenez
44:14des options
44:14dans l'autre côté
44:15vous avez un système
44:16et vous vous retrouvez
44:17à certains moments
44:18et c'est vrai
44:19dans mon pays
44:20comme dans d'autres
44:20ou quand vous arrivez
44:21aux urgences
44:22un 31 août
44:23vous voyez
44:23le fait que
44:24ayant déjà difficile
44:26ailleurs
44:26on a difficile
44:26là également
44:27et donc c'est aussi
44:28en dehors même
44:29des médicaments
44:29même sur les soins
44:30que ça sera
44:31d'autant plus difficile
44:32de conserver
44:33cet équilibre
44:33si on n'a pas
44:34un système
44:35quand même privé
44:36à côté
44:36qui permet à des gens
44:37de se couvrir
44:37comme ils le veulent
44:38un peu à la carte
44:38finalement
44:39moi je cite encore une fois
44:41sur une chose
44:41c'est que la stratégie
44:42qui a été adoptée
44:43en 95
44:43avait comme objectif
44:44dans le plan Juppé
44:45d'équilibrer les comptes
44:46de la Sécu
44:47et l'étatisation
44:48a conduit
44:49à la gestion démagogique
44:50de la Sécu
44:51avec le discours
44:52les charges sociales
44:53sont trop élevées
44:53je pense que
44:55la question qui se pose
44:56c'est quel est le prix
44:57et un prix
44:58ça doit se répercuter
44:59sur le fait
44:59que ça doit être payé
45:01par le gens
45:01qui utilisent ce prix
45:03donc sinon
45:03ce sont ce que
45:04Jacques Rueff
45:05a volé des faux droits
45:06je disais off
45:07mais je suis prêt
45:08à le dire
45:08à l'antenne
45:09la parole célèbre
45:11de Saint Paul
45:11tout travail
45:12mérite salaire
45:13est suivie
45:14par une phrase
45:15après toujours
45:16Saint Paul
45:16dit
45:17tout salaire
45:18réclame travail
45:19c'est-à-dire
45:20tout le fait
45:20d'avoir accès
45:22à la Sécurité sociale
45:23gratuitement
45:24ça réclame
45:25effectivement
45:25du travail
45:26de la production
45:27et un effort
45:28qui n'est pas forcément
45:28sous la forme
45:29immédiatement monétaire
45:30mais qui est sous la forme
45:31de la capacité
45:32à générer
45:33la richesse
45:33dont on a besoin
45:34pour payer
45:34ses dépenses de santé
45:36oui mais Jean-Marc
45:36est-ce que le travail
45:37paie encore aujourd'hui
45:39vous m'arrivez parfaitement
45:40au dernier sujet
45:41du jour
45:42un dernier mot Roland
45:42peut-être
45:43mais rapidement
45:43mais avec
45:44Jean-Marc dit là
45:46oui mais derrière
45:46qu'est-ce qui se passe
45:47puisqu'on ne fait pas ça
45:48mais il y a donc
45:49quelqu'un qui paie
45:50quelqu'un d'autre
45:51qui paie
45:52quand on n'applique pas ça
45:53et donc c'est de voir
45:54aujourd'hui
45:54les déficits
45:55récurrents de la santé
45:56social dans le budget
45:57de l'État
45:57mais qui paye
45:57qui bénéficie
45:58c'est sûr ça
46:00encore une fois
46:00parce que là
46:00on va partir
46:01sur le débat
46:02c'est celui qui va être
46:03obligé de gérer
46:03la dette
46:04des jeunes actifs
46:04face aux seniors
46:06c'est plutôt les jeunes
46:08bébés
46:09qui ne sont même plus
46:10en train d'apparaître
46:11parce qu'on est en train
46:12c'est vrai aussi
46:13mais c'est vrai
46:14qu'il n'y a pas de repas
46:15gratuits
46:15il y a toujours
46:16quelqu'un qui paie
46:17ça nous amène
46:18au dernier débat
46:18de l'émission
46:19sur le partage
46:20de la valeur
46:20justement
46:21vous parlez du travail
46:22Jean-Marc
46:23on a une étude
46:25très intéressante
46:26d'Allianz Global Investors
46:27qui estime que
46:28plus de 450 milliards
46:29454 milliards d'euros
46:31très précisément
46:32de dividendes
46:33devraient être versés
46:34cette année
46:35par les entreprises
46:35européennes
46:37à leurs actionnaires
46:38c'est une hausse
46:39de 4%
46:40quand les bénéfices
46:41eux
46:42devraient être
46:43plutôt stables
46:44voire
46:44mais c'est
46:45sur les résultats
46:462025
46:47d'abord comment
46:48on explique cette dynamique
46:50et puis la grande question
46:51derrière
46:52c'est le partage
46:52de la valeur
46:53évidemment
46:54est-ce que ça veut dire
46:55qu'on va donner
46:55plus aux actionnaires
46:56et moins
46:57aux salariés
46:59Thomas Grébine
46:59je commence avec vous
47:01Pierre Roland-Gillet
47:01bon déjà
47:02cette hausse
47:03des dividendes
47:04elle est surtout
47:04au niveau européen
47:05malheureusement
47:06nous au niveau français
47:07alors c'est plus 2%
47:08effectivement
47:08c'est moitié moins
47:09c'est moitié moins
47:11ensuite
47:11je dirais
47:12il y a deux choses
47:13sur ce débat
47:14il y a d'une part
47:16le fait que
47:17comment ça se fait
47:18que alors même
47:19que les bénéfices
47:21sont faibles
47:22stagnent
47:25les dividendes
47:27augmentent
47:28bon mais ça en fait
47:28c'est un vieux résultat
47:30en finance d'entreprise
47:31il y avait un économiste
47:32américain
47:32dans les années 5 ans
47:33qui s'appelait
47:34Lindner
47:34qui avait fait une étude
47:35sur les entreprises américaines
47:37parce qu'il essayait
47:37de comprendre
47:37pourquoi les dividendes
47:39en fait sont lissés
47:40bougent peu
47:40alors même
47:41que les bénéfices
47:43bougent
47:44et donc
47:44il avait montré
47:47ce principe
47:47un peu
47:48que vous avez toujours
47:48intérêt à lisser
47:49vos dividendes
47:50parce que en fait
47:51les dividendes
47:51c'est un signal
47:52pour les entreprises
47:53et donc
47:53s'il y a des variations
47:56brutales
47:56même si la conjoncture
47:57se dégrade
47:58et si vous
47:58vous baissez
47:59le rythme
48:02des dividendes
48:03en fait
48:04ça vous envoyait
48:04un très mauvais signal
48:05au marché
48:06comme quoi
48:06votre entreprise
48:07est plus en difficulté
48:08donc une des tendances
48:09des entreprises
48:10mais c'est pas le propre
48:10dans la période récente
48:11c'est de nouveau
48:12c'est ce qu'on observe
48:14généralement
48:15c'est que vous allez
48:16avoir tendance
48:17à toujours lisser
48:18au maximum
48:19ces dividendes
48:20et que même
48:21vous allez avoir tendance
48:22quitte à vous endetter
48:24ou à baisser vos investissements
48:25pour assurer justement
48:26ce lissage
48:27ça c'est le premier point
48:28le deuxième facteur
48:29qui est peut-être
48:30plus inquiétant
48:31c'est le fait que
48:32si aussi
48:32vous maintenez
48:34un niveau
48:35relativement
48:36significatif
48:37des dividendes
48:40c'est aussi
48:40parce que
48:41vos perspectives
48:41d'investissement
48:43au niveau de l'entreprise
48:44sont relativement faibles
48:45c'est à dire
48:46que vous considérez
48:47que notamment
48:47et si vous voulez investir
48:48en Europe
48:49c'est peut-être
48:49moins intéressant
48:51et donc plutôt
48:52que d'investir
48:53au niveau
48:55de l'entreprise
48:56vous préférez
48:56donc ça n'est pas forcément
48:57au détriment du salarié
48:59c'est peut-être aussi
48:59tout simplement
49:00au détriment de l'investissement
49:02mais ce qui se paiera
49:03sur l'emploi
49:03à un moment
49:04en se disant
49:04que l'actionnaire
49:05aura lui
49:05un rendement plus élevé
49:06s'il investit
49:07de son côté
49:07ses dividendes
49:08deux points importants
49:10et des points de départ
49:10qui sont quand même
49:11angulaires
49:12par rapport aux dividendes
49:13c'est qu'un prix Nobel
49:14a été donné
49:14et on ne l'a toujours
49:15pas infirmé
49:16c'est la politique
49:17de dividendes
49:18toutes choses égales
49:19par ailleurs
49:19n'a aucun effet
49:22ça ne change rien
49:22sauf motif fiscal
49:24et alors là
49:24il faut voir
49:24comment les plus-values
49:25sont taxées
49:26par rapport aux dividendes
49:26donc on sait en finances
49:28que ça n'a pas d'importance
49:29pourquoi ?
49:30parce que c'est les bénéfices
49:31évidemment qui sont importants
49:32si vous distribuez
49:33enfin si vous baissez
49:33les dividendes
49:34en général
49:34ça s'impacte
49:35sur votre cours de bourse
49:36oui mais
49:36déjà mécaniquement
49:38parce que
49:38quand vous sortez
49:40le dividende
49:40normalement
49:41le cours de bourse
49:41toutes choses égales
49:42par ailleurs
49:42baissent du même montant
49:43puisque vous l'avez enlevé
49:44de ce qu'il y avait
49:44dans la trésorerie
49:45de la firme
49:45sur ce volet là
49:47en tous les cas
49:47on sait que ça n'a pas
49:48beaucoup d'importance
49:49sauf pour des raisons fiscales
49:50par contre
49:51et ça c'est le plus important
49:52c'est que
49:53je rejoins ce qui a été dit
49:54la théorie du signal
49:55et la théorie du signal
49:56elle est très simple
49:56c'est quand une société pense
49:58qu'elle va aller mieux
49:59de simplement
50:00avoir son dividende
50:02qui croit
50:03ça c'est une bonne chose
50:04mais de le faire
50:05plus croître encore
50:06monte non pas
50:07une capacité
50:08à prévoir
50:09le prochain bénéfice
50:10qui lui est peut-être
50:10ce qu'il est
50:11mais de donner un signal
50:12au marché
50:13sachant que le but après
50:14c'est de tenir
50:14cette croissance
50:15en disant
50:16rassurez-vous
50:17nos idées
50:18nous le management
50:18c'est que ça va aller très bien
50:19nous sommes confiants
50:20en l'avenir
50:21donc ça c'est cette idée
50:22importante
50:23et dernier élément
50:24on sait que dans différents pays
50:25aujourd'hui
50:27par rapport aux dividendes
50:28et par rapport à la manière
50:29de le faire monter
50:30il y a un élément
50:30très important
50:31qui est le rachat d'actions
50:32et donc clairement
50:33les dividendes
50:34il faut comparer
50:34d'une firme à l'autre
50:35parce que vous avez
50:36un dividende
50:36qui peut par action
50:37augmenter
50:38simplement du fait
50:39qu'il y a eu un rachat d'actions
50:40donc clairement
50:41je pense que le dividende
50:42aujourd'hui
50:43en termes de rentabilité
50:44pour l'actionnaire
50:45est un faux problème
50:45d'ailleurs
50:47les sociétés les plus profitables
50:48qu'est-ce qu'elles disent
50:48à leur conseil d'administration
50:49qui n'est jamais
50:51clémentation des actionnaires
50:52c'est
50:52on est tellement rentable
50:53que de vous le distribuer
50:55va vous donner
50:56une opportunité
50:58de rentabilité
50:58moins importante
50:59que si vous nous le laissez
51:00et donc
51:00elles ne distribuent rien
51:01donc clairement
51:02en dehors des besoins
51:03que ces sociétés là ont
51:04elles ont très facile
51:05à le vendre
51:05à leurs actionnaires
51:06puisque la profitabilité
51:07est largement plus élevée
51:08que celle que l'actionnaire
51:10pourrait trouver ailleurs
51:10donc je pense que le dividende
51:11c'est vraiment
51:12une mauvaise variable
51:13pour regarder la profitabilité
51:14les bénéfices
51:15c'est tout à fait différent
51:16et donc je crois plus
51:17dans l'évolution des bénéfices
51:18sur un ralentissement
51:19éventuellement
51:20de la profitabilité
51:21des entreprises européennes
51:22par rapport au passé
51:24ce qui ne veut pas dire
51:24que ce sera permanent
51:25que de regarder le dividende
51:27est-ce que c'est le salarié
51:28qui va payer cette hausse
51:29des dividendes ?
51:30je pense que c'est même
51:31une excellente nouvelle
51:32que les dividendes augmentent
51:33parce que le dividende
51:34c'est une façon
51:34de faire circuler l'épargne
51:35on l'a dit
51:36c'est-à-dire que
51:37le dividende
51:38il est versé
51:38parce qu'une partie
51:40des bénéfices
51:41n'a pas été réinvesti
51:42dans l'entreprise
51:42et donc ce que montre
51:44la théorie économique
51:45c'est qu'on a intérêt
51:45effectivement
51:46à ce que les entreprises
51:47évoluant
51:48la destruction créatrice
51:50ça suppose que les endroits
51:51où effectivement
51:52ont été faits des bénéfices
51:53transfèrent de l'épargne
51:54vers les endroits
51:55qui vont être les endroits
51:56de la création
51:56de la richesse de demain
51:58et donc effectivement
51:59ça veut dire que
52:00plus il y a de dividendes
52:00plus l'épargne circule
52:01plus il y a de possibilités
52:03d'investissement
52:04et donc c'est une bonne nouvelle
52:05parce que
52:06ça veut dire qu'on ne s'enferme pas
52:07dans un tissu productif figé
52:09mais on renouvelle
52:10le tissu productif
52:11et alors là
52:11on rejoint le deuxième
52:12raisonnement macroéconomique
52:13auquel je tiens
52:14c'est de revenir
52:15vers la balance des paiements
52:16vous regardez la balance des paiements
52:18la balance des paiements
52:18de l'Europe
52:19malgré tout ce qu'on a raconté
52:22sur la Chine
52:22continue à être excédentaire
52:24et non seulement
52:24elle est excédentaire
52:25mais l'excédent
52:26c'est légèrement amélioré
52:27toujours pareil
52:28sur la période octobre-octobre
52:29puisque
52:30et donc on a une balance des paiements
52:32de la zone euro
52:35qui maintenant dégage
52:36370 milliards d'euros d'excédent
52:38alors que l'année précédente
52:39on était à 320 milliards
52:41et quand vous regardez
52:42ce qu'on fait de ces excédents
52:44qu'est-ce qu'ils deviennent ?
52:45Ils deviennent des investissements
52:46à l'étranger
52:47tous ces dividendes
52:48cet épargne
52:48oui ils partent aux Etats-Unis
52:49notamment
52:50non non ils partent essentiellement
52:51quand vous regardez maintenant
52:52ils partent effectivement
52:53vers les pays d'Asie du Sud-Est
52:55toute mon obsession
52:56sur l'Inde
52:57et sur Mumbai
52:58ce qui me satisfait
53:00intellectuellement
53:01c'est que
53:01je commence à l'avoir
53:03dans les chiffres
53:04donc ces dividendes
53:05qui ne sont pas distribués
53:06on va chercher la croissance
53:07là où elle est
53:07vont chercher la croissance
53:09à l'endroit où elle est
53:10tout ce qui est très rationnel
53:11de quoi comme que je veux
53:12quand même nuancer
53:12ce que Jean-Marc dit
53:13quelqu'un qui gère très bien
53:15un portefeuille d'action
53:16quand il reçoit son dividende
53:17pour avoir un rendement
53:18lié à l'action
53:19il réinvestit dans la même action
53:20oui
53:21donc pour avoir le rendement
53:22c'est comme ça qu'on fait
53:23donc en fait
53:24il ne va pas ailleurs
53:24il retourne dans la société
53:25mais on vient de recevoir
53:26sous forme de trésorerie
53:27donc on sait qu'il n'y a pas
53:28entre guillemets
53:29de bénéfices comptables
53:30qui ne sont pas
53:31monétés
53:31il fait circuler quand même
53:32son épargne
53:33et deuxième chose
53:34Jean-Marc
53:34toutes les six caves
53:35de capitalisation
53:36permettent à quelqu'un
53:41ils ne reçoivent pas de dividende
53:42parce qu'ils ont décidé
53:43de ne pas avoir de dividende
53:44qu'est-ce qu'ils peuvent faire
53:45avec des sociétés cotées ?
53:46Ces ventes, les 2%
53:47ils ne sont pas dilués
53:49à ce stade-là
53:49d'action pour aller chercher
53:51et notamment pour des raisons fiscales
53:53et passer par des plus-values
53:54donc je pense
53:54de nouveau
53:55le dividende ne dit pas
53:57si moi je veux être liquide demain
53:58et que j'ai envie
53:59même à un moment
54:00imaginez que j'ai besoin
54:01effectivement de ces montants-là
54:02je ne vais pas attendre quand même
54:03le jour
54:03où on va payer le dividende
54:05qu'est-ce que je vais faire ?
54:06Je vais vendre 1%
54:07si je veux 1%, 2%
54:08et parfois avec un avantage fiscal
54:10parce que la plus-value
54:11est moins taxée en général
54:13que les dividendes
54:13donc clairement
54:14Je ne conteste pas ce raisonnement
54:16mais c'est un raisonnement
54:16micro-économique
54:17moi je pense
54:18que le raisonnement macro-économique
54:20fait que le dividende
54:21est une bonne nouvelle
54:22Oui mais ça ne change rien
54:23honnêtement
54:23on peut trouver de la liquidité
54:25sans faire ça
54:25et tout bon gestionnaire
54:27de portefeuille
54:27réinvestira toujours
54:28son dividende dans l'action
54:29d'autant plus s'il y croit
54:31Allez Garo
54:32débat sur les dividendes
54:33qui dit beaucoup de choses
54:34j'espère qu'on vous a éclairé
54:36c'était une émission passionnante
54:38une fois de plus
54:39merci Roland Gillet
54:40merci Thomas Grébine
54:41merci Jean-Marc Daniel
54:42cette émission est disponible
54:43en replay
54:43en podcast
54:44sur l'application
54:46BFM Business
54:46et le site internet
54:47bien sûr
54:48tout de suite
54:49vous retrouvez
54:50Antoine Larigauderie
54:50pour Tout pour investir
54:51quant à moi
54:52je vous retrouve demain
54:53même heure
54:54même endroit
54:54en direct
54:55sur BFM Business
54:56à 10h
54:57très bonne journée à tous
54:58à demain
54:58les experts
55:03débat et controverse
55:04sur BFM Business
55:05Sous-titrage Société Radio-Canada
55:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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