- il y a 8 heures
Ce vendredi 23 janvier, Raphaël Legendre a reçu Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC, et Sébastien Jean, professeur titulaire de la Chaire Jean-Baptiste Say d'économie industrielle au CNAM, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent les experts, Raphaël Legendre.
00:12Allez bonjour, bienvenue à tous, c'est les experts BFM Business.
00:15On va reparler un peu de budget ce matin.
00:17Pendant que les députés animent le circus politicus à l'Assemblée ce matin,
00:22où deux motions de censure, RN et LFI, vont très probablement être rejetées,
00:27il n'y a pas beaucoup de suspense.
00:28Les économistes, eux, travaillent.
00:30Et notamment Michel Didier, président honoraire de Rex & Code,
00:34qui publie ce matin une étude saisissante sur l'impôt sur la fortune.
00:38Son bilan est sans appel.
00:39Après plus de 40 ans d'existence sous différentes formes,
00:43impôts sur les grandes fortunes, impôts sur la fortune,
00:45aujourd'hui impôts sur la fortune immobilière,
00:49l'ISF apparaît inefficace sur le plan redistributif,
00:53négatif pour la croissance et contre-productif pour les finances publiques.
00:57Eh bien oui, car la France aurait perdu 9 milliards de recettes en réalité avec l'ISF.
01:03On va y revenir avec Anthony Morley-Lavid, leader Rex & Code,
01:06qui est sur le plateau ce matin justement.
01:09Est-ce que trop d'impôts tue l'impôt ?
01:11Ce sera le premier débat avec mes experts ce matin.
01:14On va se demander aussi si la France n'a pas une préférence pour les bas salaires
01:19après le renforcement de la prime d'activité et le coup de rabot sur les allégements de charges patronales
01:25qui sont passés de 3,5 à 3 SMIC en deux ans.
01:29Et puis on va débriefer Davos également avec cette question essentielle.
01:32L'Europe a-t-elle enfin appris à parler le Donald Trump ?
01:36Est-ce que la réponse européenne a été à la hauteur des pressions américaines ?
01:41Et puis, faut-il avoir peur du Mercosur alors que le bras de fer se tend entre la France et l'Allemagne
01:48sur l'application du traité qui rend fou jusqu'au niveau européen ?
01:52Voilà pour le programme du jour.
01:53Il est 10 heures passées de 2 minutes.
01:56Vous êtes sur BFM Business, vous y êtes bien, c'est les experts.
01:58Allez, c'est parti !
01:59Les experts, débats et controverses sur BFM Business
02:06Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Sébastien Jean.
02:14Bonjour Sébastien.
02:14Bonjour.
02:15Professeur titulaire de la chaire Jean-Baptiste Sey d'Economie Industrielle au CNAM
02:20et membre du Conseil d'Analyse Économique.
02:22Face à vous, Christian Parizeau. Bonjour Christian.
02:24Bonjour.
02:25Économiste et conseiller auprès de Aurel BGC
02:28et Anthony Morlaix-Lavie d'Ali.
02:29Bonjour Anthony.
02:30Bonjour.
02:31Je l'ai dit, économiste chez Rex & Code.
02:34Rex & Code avec qui on va débuter l'émission ce matin.
02:37Cette étude qui vient de sortir, faite main par Michel Didier,
02:40président honoraire économiste, grand économiste français,
02:44président honoraire de Rex & Code,
02:47dont les conclusions, je l'ai dit, sur l'ISF,
02:52sont implacables, inefficaces sur le plan redistributif,
02:56négatifs pour la croissance et contre-productifs pour les finances publiques.
03:00Ça fait beaucoup quand même pour un seul impôt.
03:04Alors ça fait beaucoup, mais en même temps,
03:06quand on regarde un petit peu aujourd'hui les folies fiscales
03:08qu'on voit émerger un peu partout,
03:09il me semble qu'on avait besoin de faire le bilan de certaines mesures
03:13et l'ISF était un petit peu tout trouvé,
03:16puisqu'on a 40 ans d'ISF derrière nous.
03:18C'était quand même l'occasion d'essayer d'évaluer ce type de mesures.
03:21On sentait bien quand même qu'a priori il y avait des effets négatifs
03:25qui étaient un peu non documentés ou en tout cas pas suffisamment mis sur la table.
03:28On avait deux pistes qui nous le suggéraient un peu,
03:30c'est que d'une part la plupart des pays,
03:31les 12 pays européens qui avaient un ISF en 90 l'ont abrogé,
03:35pour la plupart, donc déjà ça dit quelque chose.
03:38Est-ce qu'on est le dernier pays européen à avoir un impôt sur la fortune ?
03:40Alors au niveau national tel qu'il est calibré, oui, ça c'est très clair.
03:44Après il en existe des plus régionaux à la main des...
03:46Ça c'est différent avec pas mal d'exemptions.
03:48Donc on est quand même une singularité.
03:50Et puis nous-mêmes on a eu plus de 200 amendements
03:53qui ont fait bouger l'ISF au cours des 40 dernières années.
03:56Donc ça montre bien aussi qu'on est rarement parfaitement convaincus par cet impôt.
04:00Modifier plus de 200 fois ?
04:03Complètement.
04:04Ça donne un peu le côté très très politique de cet impôt.
04:08Ça montre bien qu'il y a probablement des effets négatifs
04:09quand c'est de corriger en permanence et on n'y arrive pas.
04:12Et les conclusions de l'étude au fond c'est de se dire
04:14qu'il y a plusieurs canaux qui sont souvent un peu éludés.
04:17Mais bien sûr il y a les départs qui contribuent effectivement à éroder la base fiscale.
04:20Donc ça c'est le premier point.
04:21Il est souvent mis sur la table.
04:22Mais il y en a d'autres.
04:23Par exemple le fait que quand un actionnaire d'une entreprise part
04:26et bien son entreprise génère moins de valeur ajoutée sur le sol français.
04:29Et donc c'est moins de recettes fiscales par ailleurs qui sont récoltées.
04:32Et puis peut-être quelque chose de plus difficile à évaluer.
04:35On a tenté de le faire, c'est toujours imparfait.
04:37Mais il nous semble-t-il que c'est le premier canal de perte de recettes.
04:39C'est toutes les entrepreneurs qui finalement au lieu de monter leur entreprise en France
04:44le font ailleurs ou les investisseurs étrangers qu'on aurait pu attirer sur le sol français
04:48qui ne viennent pas.
04:49Et donc ce contrefactuel-là qui est souvent mis un peu de côté
04:51c'est quand même à la fin du PIB en moins et une base fiscale qui s'érode.
04:56Donc on ne découvre pas l'Amérique en quelque sorte.
04:58Mais ça nous montre bien que quand on surfiscalise probablement une base
05:01et bien soit elle se déplace, soit elle s'érode.
05:03En tout cas ce n'est pas la solution à long terme.
05:05C'est la fameuse courbe de l'affaire finalement j'ai envie de dire Christian Parizeau.
05:08Si vous voulez réagir sur mon compte Twitter
05:10arrobase legenra et le gvnra
05:12faut-il supprimer définitivement l'IFI ?
05:15Aujourd'hui ce n'est plus qu'un impôt sur la fortune immobilière, un demi-ISF.
05:21Est-ce que cette courbe de l'affaire on l'a atteinte ?
05:23Moi ce qui me fait réagir c'est aussi Christian
05:26le rendement de la CDHR.
05:28Le CDHR, celle-là CDHR c'était la contribution différentielle
05:33sur les hauts revenus préparée par Michel Barnier à l'époque
05:37c'est-à-dire une surtaxe pour les ménages
05:39qui gagnent plus de 250 000 euros par personne
05:42donc 500 000 pour un ménage.
05:44Elle devait rapporter 2 milliards au départ
05:45elle a rapporté 400 millions au final.
05:48Est-ce qu'on est au pic de la courbe de l'affaire ?
05:51Je pense qu'on a un exemple.
05:53Ceux qui n'y croyaient pas, alors je sais que la courbe de l'affaire c'est simple
05:55c'est un petit dessin qui a été fait sur un coin de table
05:58c'est très difficile à démontrer
06:00la France vient de nous montrer un exemple concret
06:03que ça marche la courbe de l'affaire
06:05alors pas tout le temps, je suis d'accord
06:06on ne va pas le généraliser
06:07mais en tout cas ça marche
06:08alors juste un petit point quand même
06:10qu'il faut rappeler à nos chers politiques
06:12l'impôt, le premier objet de l'impôt
06:15c'est de rapporter de l'argent
06:16c'est du rendement
06:16donc arrêtons de vouloir nous empêcher
06:20de consommer du sucre par l'impôt
06:22par une taxe
06:23arrêtons de vouloir nous dire
06:24que ça c'est bien, ça c'est pas bien
06:27l'impôt doit rapporter
06:28et pour qu'un impôt rapporte
06:30c'est un petit taux, une base large
06:32donc là on a la preuve
06:34un bon principe
06:34c'est quoi ?
06:35c'est une barge très étroite
06:37avec un impôt élevé
06:38bon pourquoi la base très étroite
06:40ça pose problème
06:40parce que un, ça coûte très cher à collecter
06:42parce que si vous vous intéressez
06:44que sur une petite partie
06:46de la population française
06:47vous êtes obligé de les identifier
06:48de vérifier
06:50s'ils sont bien imposables
06:52et ça coûte très cher
06:53alors que si vous faites la TVA
06:54vous savez que toutes les personnes
06:56tout le monde va payer
06:56donc ça simplifie l'allouer
06:58donc si vous voulez un impôt efficace
06:59faites une base large
07:01en plus
07:01plus la base est restreinte
07:03plus les gens sont incités à contourner
07:04si vous taxez tout le monde
07:06avec un taux très faible
07:07les gens vont quand même
07:08accepter l'impôt
07:09si vous taxez une petite minorité
07:11de votre population
07:12ils ont l'impression
07:12d'être véritablement ciblés
07:14et ils vont tout faire
07:15pour l'éviter
07:15et en plus
07:16si vous êtes touché
07:17la population
07:18qui est la plus aisée
07:19qui a plus le moyen
07:19de payer des conseils
07:21pour éviter l'impôt
07:22ou alors de partir
07:24forcément le rendement
07:25de votre impôt baisse
07:26c'est tout simple
07:27donc arrêtons de vouloir
07:28faire des impôts
07:29trop ciblés
07:30alors dernière chose
07:32le taux
07:32il faut arrêter
07:34qu'en France
07:34qu'on mette des taux
07:35super élevés
07:35et plein d'exemptions
07:37derrière
07:37pour abaisser
07:38on vient de voter
07:38une surtaxe d'impôt
07:39sur les sociétés
07:40qui portent à 35,3%
07:41d'IES
07:42quand les Etats-Unis
07:43ça cince par exemple
07:44arrêtons de faire
07:44plein d'exemptions
07:45mettons un taux
07:46soutenable
07:48pour tout le monde
07:48et puis on arrête
07:49de faire
07:49la petite ligne
07:50parce que derrière
07:51après on s'étonne
07:51il y a des niches
07:52fiscales
07:52bah oui
07:53mais si vous faites
07:53plein d'exemptions
07:54derrière vous créez
07:54des niches fiscales
07:55donc revenons à la base
07:57un impôt doit rapporter
07:58un impôt doit être large
07:59par contre disons la vérité
08:00aux français
08:01le redressement
08:02des comptes publics
08:02tout le monde paiera
08:03à un moment donné
08:04il faut quand même
08:04faire
08:05casser cette idée
08:06que seul
08:071% de la population
08:09il suffit de taxer
08:101% de la population
08:10et qu'on réglera
08:12tout le déficit public français
08:13qu'on réglera
08:13l'endettement de la France
08:14en taxant
08:15qu'1% de la population
08:16tout le monde va payer
08:17il faudrait peut-être
08:17qu'un jour un politique
08:18ait aussi le courage
08:19de dire ça aux français
08:20dans les yeux
08:20en leur disant
08:21on a beaucoup
08:22on a vécu au-dessus
08:23de nos moyens
08:24maintenant
08:24il faut qu'on redresse
08:25nos comptes
08:26c'est pas dramatique
08:27il faut que tout le monde
08:27fasse un effort
08:28et ça touchera tout le monde
08:29parce que ça sera pas
08:30en prenant une petite partie
08:31de la population française
08:32qu'on réglera tous nos problèmes
08:33Christian Parizeau
08:35président
08:35moi je dis
08:36parole d'or
08:37Sébastien
08:38Sébastien Jean
08:39ce que dit Christian
08:40on l'entend depuis longtemps aussi
08:42c'est à dire
08:43que les bonnes règles
08:44de la fiscalité
08:45on les connaît
08:46base
08:46large
08:47taux
08:48étroit
08:48on n'a jamais été fichu
08:50de l'appliquer
08:52qu'est-ce qui cloche
08:53dans ce pays
08:53alors il y a différentes dimensions
08:54il y a aussi une dimension
08:55redistributive
08:56qui est partie intégrante
08:58des émissions de l'impôt
08:59et qui doit être remplie
09:02mais effectivement
09:04je crois que
09:04ce qui est intéressant
09:05dans cette vue longue
09:06je veux dire
09:07je ne peux pas m'exprimer
09:08sur le fond
09:08parce qu'il faudrait du temps
09:09pour analyser
09:10ce qu'est l'étude en question
09:12mais ce qui est intéressant
09:13c'est que ça permet
09:14d'avoir une vision
09:15dynamique
09:16dynamique
09:17de ces impacts
09:18de l'impôt
09:18et on a trop souvent
09:20que Bercy a trop rarement
09:21oui
09:22oui alors
09:23c'est complexe aussi
09:24mais on a trop souvent
09:25une photo
09:26à l'instant donné
09:27en supposant que
09:28les comportements ne changent pas
09:29qu'est-ce que ça donne
09:30c'est vrai que c'est le plus facile à faire
09:31qu'est-ce qu'il s'est passé
09:31sur la contribution différentielle
09:33sur les hauts revenus
09:34on sait pourquoi
09:35on pensait avoir 2 milliards au départ
09:37et 400 millions à la fin
09:39il est crucial
09:40de prendre en compte
09:41dans l'évaluation
09:41dans la construction
09:43de notre fiscalité
09:43cet impact sur les comportements
09:45et c'est vrai que
09:46plus on est sur des bases étroites
09:48avec des taux élevés
09:49plus on va avoir
09:50de problèmes
09:51donc il faut arriver
09:52à mieux anticiper ça
09:53et c'est je pense
09:54une des grandes leçons
09:55la deuxième
09:56c'est que
09:57c'est la vertu
09:58de la simplicité
09:59et au fond
10:00et c'est un peu ce qui vient d'être dit
10:01effectivement
10:02mais au fond
10:03on a empilé
10:05on a cessé
10:05et c'est frappant
10:06effectivement
10:07on se décompte
10:07du nombre de réformes
10:09alors il y a une complexité
10:10il y a un manque de cohérence
10:11dans le temps
10:11une variabilité
10:13une instabilité
10:14fiscale législative
10:15l'ISF modifiait
10:16plus de 200 fois
10:18depuis sa création
10:18alors que tout le monde
10:19sait qu'il faut de la stabilité
10:20et puis il y a une complexité
10:22qui empêche
10:23d'anticiper
10:25et qui surtout
10:25justement donne lieu
10:27à toutes sortes
10:28de
10:28d'effets secondaires
10:30indésirables
10:30sur les comportements
10:31parce que
10:32ça permet
10:33d'optimiser
10:34en utilisant
10:35les complexités
10:36d'un système
10:37donc ça manque de transparence
10:38c'est peu démocratique
10:39et ça manque d'efficacité
10:40le risque
10:41c'est de rater tous les buts
10:42Anthony
10:43oui sur la
10:44peut-être pour revenir
10:44sur la contribution
10:47sur la CDHR
10:47en général
10:48le lapin reste rarement
10:50dans le viseur du chasseur
10:51il faut bien comprendre
10:52de quoi il s'agit
10:53en fait
10:53l'idée c'était de dire
10:54pour un ménage
10:55célibataire
10:56qui a plus de 250 000 euros
10:58de revenu fiscal
10:59de référence
11:00et c'est 500 000
11:01pour un couple
11:01l'idée c'était
11:02qu'il paye
11:0220% de ce total
11:04s'il le payait déjà
11:05via l'impôt sur le revenu
11:07sa part était déjà donnée
11:08mais sinon
11:09il fallait qu'il paye
11:10la différence
11:10et on sait bien
11:11qu'une partie
11:11de ces ménages là
11:12se payent en versant
11:13des dividendes
11:13donc en fait
11:14ce qui s'est tout simplement
11:15passé
11:15c'est que les ménages
11:16n'ont pas réalisé
11:17les plus-values
11:18ne sont pas versés
11:18des dividendes
11:19donc au passage
11:20la double peine
11:21qu'on va avoir
11:21c'est que
11:22comme les dividendes
11:23passent déjà
11:23par l'imposition
11:24via le prélèvement
11:26forfaitaire unique
11:26par le PFU
11:27le rendement du PFU
11:28lui probablement
11:29a également été
11:29plus faible que prévu
11:30parce qu'effectivement
11:31les ménages s'adaptent
11:32si vous mettez
11:32c'est la double sanction
11:33bien sûr
11:34surtout sur une année
11:35en plus quand on dit
11:36qu'on fait une contribution
11:36ponctuelle
11:37et une surtaxe
11:38un one shot
11:38on se dit
11:39cette année
11:39je ne me verse pas
11:40de dividendes
11:40j'attendrai
11:41les années suivantes
11:42donc effectivement
11:42on se rend compte
11:43que les ménages
11:44sont rationnels
11:44modifient leur comportement
11:46à mesure que la fiscalité bouge
11:47on est en train
11:48de redécouvrir des choses
11:49qui sont quand même
11:49somme toute très basiques
11:50mais qui fonctionnent
11:52assez bien
11:52oui on a l'impression
11:53de les redécouvrir
11:54chaque jour
11:54en même temps
11:55alors que c'est
11:55un jour sans fin
11:56on essaie de taxer
11:59les riches
11:59on voit que ça ne fonctionne
12:00pas très bien
12:00ou en tout cas
12:01qu'il y a des effets
12:01parfois délétères
12:03on subventionne
12:05les bas salaires
12:06aussi
12:07je voulais qu'on revienne
12:08sur la hausse
12:09de la prime d'activité
12:11qui a été annoncée
12:12la semaine dernière
12:13par Sébastien Lecornu
12:14c'était une des concessions
12:15accordées au parti socialiste
12:17pour décrocher
12:18justement la non-censure
12:19qui est en ce moment même
12:21en train d'être votée
12:22à l'Assemblée nationale
12:24c'est Jean-Charles Simon
12:25un autre économiste
12:27qu'on connaît bien
12:27qui publie une tribune
12:29ce matin
12:30dans les échos
12:31et qui parle de préférence
12:32pour les bas salaires
12:34est-ce que c'est le cas en France
12:36est-ce que vous êtes d'accord
12:36avec ça Christian Paris
12:38alors là aussi
12:38je repars sur l'origine
12:40il faut quand même
12:40qu'est-ce qu'on a fait
12:41on a fait quelque chose
12:43qui à l'origine
12:43n'était pas forcément idiot
12:45c'est qu'on a basé
12:46le financement
12:46de notre système social
12:48sur les salaires
12:49oui sur le travail
12:50ce qui n'est pas très gênant
12:51quand vous êtes dans une économie
12:52plus ou moins fermée
12:53très peu ouverte sur l'extérieur
12:54très peu exposée
12:56à la concurrence étrangère
12:57mais le jour
12:58où le salaire
12:59qui est quand même
12:59le principal coût de production
13:00est taxé
13:02et représente un coût élevé
13:03vous êtes en concurrence
13:04avec des pays
13:05qui ont
13:05un coût du travail
13:07beaucoup moins fort
13:08et donc à ce moment-là
13:09vous avez un problème
13:10vous avez un problème
13:11de compétitivité
13:12donc l'État
13:13a dit
13:14voilà
13:14j'ai fait une erreur
13:15alors plutôt que de réfléchir
13:17à dire
13:17on va plus financer
13:18nos systèmes sociaux
13:19par les salaires
13:20on va peut-être le financer
13:20par l'impôt
13:21par d'autres
13:22consommation
13:23à TVA
13:24la fiscalité
13:24sur le capital
13:25on a dit
13:27non non
13:27on va juste lisser les choses
13:28et on a commencé à dire
13:31on va commencer
13:32à bidouiller la tuyauterie
13:34pour que
13:34les gens qui sont
13:35à faible
13:37à faible valeur
13:39faible valeur ajoutée
13:41qu'on booste leur salaire
13:42et on a monté
13:43des usines à gaz
13:44on est dans les usines à gaz
13:45maintenant
13:46la prime d'activité
13:47les allégements de charges
13:48les allégements de charges
13:50alors
13:50au bout d'un moment
13:51on a déséquilibré
13:52totalement
13:53notre financement social
13:54donc on s'est dit
13:54bon
13:55on a trop fait
13:56pour les bas salaires
13:57on va taper sur les hauts salaires
13:58parce qu'on va essayer
13:59de rééquilibrer
14:00pour que ça soit un peu plus neutre
14:01pour le financement social
14:01et on se retrouve
14:02avec une usine à gaz
14:03qui déconnecte
14:05la valeur travail
14:06par rapport
14:06à la création de richesse
14:08que vous produisez
14:08parce que normalement
14:09le salaire doit correspondre
14:10à la richesse
14:11alors je dis
14:12en théorie économique
14:13certains vont me dire
14:14que c'est pas vrai tout le temps
14:14mais on rentre pas dans les détails
14:16glos sur ce moment
14:17vous touchez
14:19ce que vous produisez
14:20ce que la valeur ajoutée
14:21que vous créez
14:21donc si vous êtes
14:22à créer
14:23beaucoup de valeur ajoutée
14:24parce que vous êtes
14:25dans un secteur technologique
14:26vous êtes bien payé
14:27si vous êtes dans un secteur
14:29où il y a faible valeur ajoutée
14:30vous êtes moins bien payé
14:32et donc c'est pas l'État
14:33qui va changer
14:34cette équation économique
14:35donc l'État se heurte
14:36aujourd'hui
14:36à cette équation économique
14:37c'est-à-dire que la France
14:38crée beaucoup d'emplois
14:40dans les services
14:41dans le tourisme
14:41dans tout ça
14:42qui sont pas des secteurs
14:43où on a de la force
14:44de valeur ajoutée
14:44si on créait beaucoup d'emplois
14:45dans le secteur technologique
14:47si on avait Samsung électronique
14:49chez nous
14:50si on avait Apple chez nous
14:51là on aurait des hauts salaires
14:53qui seraient bien rémunérés
14:54donc l'idée aujourd'hui
14:55c'est qu'on est dans une situation
14:56complètement aberrante
14:57c'est-à-dire qu'on veut
14:59remonter les taxes
15:00on veut remonter le financement
15:02le coût du financement
15:03sur les hauts salaires
15:04en se disant
15:04on va pouvoir quand même
15:05leur prendre un peu plus
15:06pour aider les bas salaires
15:07mais du coup
15:09les gens qui sont des chercheurs
15:11les gens qui peuvent éventuellement
15:12faire évoluer vos entreprises
15:13vous augmentez leur coût
15:14et ils sont plutôt incités
15:15en plus ce sont des gens mobiles
15:16ils sont plutôt incités
15:17à travailler à l'extérieur
15:19donc c'est pas comme ça
15:20que vous allez monter en gamme
15:21c'est pas comme ça
15:22que vous allez réindustrialiser
15:23la France
15:23sur des secteurs
15:24à forte valeur ajoutée
15:25et ensuite
15:26on subventionne les bas salaires
15:28mais avec des systèmes
15:29qui aujourd'hui font
15:30que les gens qui sont
15:31dans les bas salaires
15:32si vous les augmentez d'un euro
15:33ils ont intérêt
15:34à ne pas refuser
15:36cette organisation
15:36on avait ce fameux chiffre
15:37qui avait été publié
15:38pour dire que pour augmenter
15:39de 100 euros net
15:40il fallait augmenter
15:41de 500 euros
15:42le brut
15:43il y a déjà ça
15:44il y a le coût pour l'entreprise
15:45il y a le coût pour la personne
15:46mais surtout maintenant
15:46on se retrouve avec les systèmes
15:49de compensation qu'ont fait
15:50les déclarations
15:50que quelqu'un qui peut être
15:52augmenté de 25 euros
15:53il n'aura plus sa prime d'activité
15:55qui était de 50 euros
15:56donc vous l'augmentez de 25
15:57il perd 25
15:58je grossis le trait
15:59c'est ce qui s'appelle
16:00une trappe à bas salaire
16:01on est dans une trappe à bas salaire
16:03donc on est dans un système
16:04est-ce que c'est ce qui explique
16:05une forme de smicardisation
16:06de la société française
16:08qui crée des colères quand même
16:10populaires absolument
16:11importantes
16:13on est allé très loin
16:15et aujourd'hui
16:16on s'aperçoit sans doute
16:17en grande partie
16:18trop loin
16:18dans ce principe
16:20qui quand même
16:21au départ
16:22et il faut le rappeler
16:23était une réponse
16:24au chômage des non qualifiés
16:26au début des années 90
16:28quand on a commencé
16:29à mettre en place
16:29ce type de dispositif
16:30ça a marché en tant que tel
16:32c'est-à-dire que
16:32question que j'allais vous poser
16:33oui ça a marché
16:34en tant que tel
16:35au moins
16:36dans un premier temps
16:37c'est-à-dire
16:38qu'en baissant le coût
16:40des non salariés
16:40effectivement
16:41on a augmenté leur emploi
16:42le problème
16:42c'est que plus
16:43on appuie
16:44sur ce mécanisme-là
16:46plus on se sert
16:46de ce mécanisme
16:49moins il marche bien
16:51et plus il crée
16:52d'effets pervers secondaires
16:53qui sont ceux
16:54qu'on vient de décrire
16:54c'est-à-dire
16:55que des gens
16:57qui sont dans des emplois
16:58qui sont à faible salaire
17:02mais à faible impôt
17:03si on leur augmente
17:03leur salaire
17:04on augmente aussi leur impôt
17:05donc pour l'entreprise
17:06c'est dissuasif
17:07donc ça ça pose
17:08un gros problème
17:09le deuxième aspect
17:09qu'il faut souligner
17:10c'est que
17:11ces baisses de charges
17:13sur les
17:14ces baisses de cotisations
17:15sur les bas salaires
17:16c'est pas du tout
17:18quelque chose
17:19qui était
17:19une solution
17:20en termes de compétitivité
17:21pourquoi ?
17:22parce que le secteur industriel
17:23emploie très peu de gens
17:24au SMIC
17:24c'est les services
17:25c'est les services
17:26qui sont concernés
17:27et donc
17:27c'était pas du tout
17:29une réponse
17:30à nos problèmes
17:30de compétitivité
17:31c'était le débat en 2012
17:32du rapport
17:33galois
17:34notamment
17:34mais pourquoi c'était le débat ?
17:35parce que le débat
17:36c'était de savoir
17:37jusqu'où on allait
17:37jusqu'à deux fois
17:39trois fois le SMIC
17:40et là
17:41on sait qu'il y a
17:42d'autres
17:43d'autres impacts
17:45qu'on peut avoir
17:45d'autres effets
17:46pervers
17:47sur le marché du travail
17:48les risques
17:49le fait que
17:51ces
17:52ces baisses de charges
17:54ça
17:55ce soit en fait
17:56les salariés
17:56qui les captent
17:57en gain de
17:58en gain de salaire
18:00parce qu'ils sont
18:01dans une position
18:02de négociation
18:03qui leur permettent
18:04de le faire
18:04donc c'est pas
18:05du tout la même problématique
18:06les hauts salaires
18:08que les bas salaires
18:08en France
18:09c'est-à-dire que l'entreprise
18:09est prête
18:11à payer beaucoup plus cher
18:12quitte à payer davantage
18:14de cotisations
18:15c'est-à-dire que
18:15si on augmente
18:16la demande de travail
18:17sur un segment
18:18du marché du travail
18:19où il y a déjà
18:21plus d'offres
18:22ou autant d'offres
18:23que de demandes
18:23voire plus d'offres
18:24à ce moment-là
18:25ça va simplement
18:25tirer les salaires
18:26vers le haut
18:26donc c'est bien
18:28pour les personnes concernées
18:29mais en termes
18:30de politique publique
18:31ça répond pas
18:31aux objectifs
18:32qu'on pensait atteindre
18:33si l'objectif
18:34était de compétitivité
18:35c'est raté
18:35et emploi
18:36c'est raté aussi
18:37donc voilà
18:38c'était la deuxième limite
18:39c'est ce qui a rendu
18:40cette partie-là
18:41du pacte de compétitivité
18:42à l'époque
18:43très contestée
18:45c'est un système
18:48très franco-français
18:49ce système
18:50des allègements de charges
18:51et de subventions
18:51des bas salaires
18:52on peut le trouver ailleurs
18:53en Europe
18:53alors à ce stade
18:54c'était très franco-français
18:55et il me semble
18:56qu'on était quand même
18:56on avait acté
18:57avec le rapport
18:58Bozio-Vasmeur
18:59qu'il fallait reprofiler
19:00justement les allègements
19:01de charges
19:01parce qu'on a créé
19:02cet énorme problème
19:03de dire
19:04quand une entreprise
19:05veut augmenter ses salariés
19:06plutôt peu rémunérés
19:07ça lui coûte une fortune
19:09et le gain net
19:09pour le salarié
19:10est très faible
19:10et la contrepartie
19:11dont on parle très peu
19:12on avait sorti
19:13une étude là-dessus
19:14c'est que
19:14si vous faites des allègements
19:16sur les bas salaires
19:16il faut quand même
19:17bien trouver des cotisations
19:18sociales quelque part
19:18il faut financer
19:19c'est la question
19:19que j'avais posé après
19:20comment on finance
19:21notre sécu
19:21qui est à 24 milliards
19:22de déficit
19:23donc c'est une surfiscalité
19:24sur le travail qualifié
19:26donc on est en train
19:26de pousser l'économie
19:28vers le bas
19:28c'est un peu la low-skill économie
19:30en subventionnant massivement
19:31les bas salaires
19:32en incitant les entreprises
19:33à recruter ce type
19:34de profil là
19:35par contre
19:36nos ingénieurs
19:36dont on aurait besoin
19:37si on veut être quand même
19:38à la pointe
19:38à la frontière
19:39on nous parle de révolution IA
19:40et la France
19:40en tout cas en Europe
19:41n'est pas si mal placée
19:42si on a une surfiscalité
19:44du travail qualifié
19:44ça pose un problème
19:45d'ordre 1
19:46donc c'est pas uniquement
19:48le fait de
19:48j'allais dire
19:49subventionner
19:50ou d'alléger très fortement
19:51les cotisations
19:51qui sont graves
19:52sur les bas salaires
19:52c'est qu'en plus
19:53on le retrouve derrière
19:54évidemment
19:54avec une surfiscalité
19:56sur le travail qualifié
19:57et ça vient très vite
19:58quand on parle de l'industrie
19:58par exemple
19:59dès que vous avez
20:00des profits
20:00d'un peu expérimentés
20:01très vite
20:02on tombe
20:02dans le moment
20:03où le coût de la main d'oeuvre
20:04en France
20:04est beaucoup plus élevé
20:05qu'ailleurs
20:05vous posez la question
20:07à des très belles entreprises
20:08pour ne pas les nommer
20:09des Airbus et Safran
20:10et que sais-je
20:10même dans des secteurs
20:11très performants
20:12vous disent
20:12le coût du travail en France
20:14à un niveau de compétences données
20:15est beaucoup plus élevé
20:16parce que par exemple
20:16en Allemagne
20:17les cotisations
20:18sont plafonnées
20:19et nous elles sont
20:20déplafonnées pour partie
20:20donc c'est un vrai sujet
20:21après juste pour compléter
20:23ce qui a déjà été dit
20:24c'est-à-dire qu'aujourd'hui
20:25est-ce qu'on a besoin
20:26de subventionner la distribution
20:28et d'avoir des bas salaires
20:30dans la distribution
20:30vous savez très bien
20:31qu'ils ne vont pas être
20:32concurrencés par l'étranger
20:34parce qu'on a besoin
20:35de subventionner
20:38l'emploi dans le tourisme
20:39sachant qu'il faut
20:40attirer les gens
20:41chez nous
20:42mais après derrière
20:43c'est pas là
20:44où il n'y a pas une concurrence
20:45des Chinois
20:45sur le tourisme
20:46donc le gros problème
20:47c'est que c'est clairement
20:49mal calibré
20:50là où on marche
20:52sur la tête quand même
20:52c'est qu'aujourd'hui
20:53on peut avoir des gens
20:53qui refusent des hausses de salaire
20:56c'est ça
20:56c'est là où on voit
20:57qu'on est tombé
20:58dans un système
20:59qui est abusif
21:00complètement dingue
21:00parce que des gens
21:01qui refusent des hausses de salaire
21:02parce que le système
21:03les incite à gagner moins
21:05pour toucher plus d'aides publiques
21:06c'est là où on a un vrai problème
21:07et donc les solutions
21:08qu'est-ce qu'il faut faire
21:09je veux qu'on apporte
21:10des solutions
21:10dans cette émission
21:11est-ce que c'est
21:12diffuser
21:13la base
21:15de financement
21:16de la sécurité sociale
21:17est-ce qu'il faut aller chercher
21:18des taxes
21:19sur la consommation
21:20sur la fiscalité
21:21du capital
21:22qu'est-ce qu'on peut faire
21:23pour remettre les choses
21:24à l'endroit
21:25Sébastien Jean
21:26Anthony
21:27et Christian
21:27vos trois solutions
21:28c'est pas de solution magique
21:29mais je crois que
21:30il faut simplifier
21:31il faut éviter
21:33d'abuser
21:33des leviers
21:34même ceux qui marchent
21:35en l'occurrence
21:36les baisses de charges
21:37sur les bas salaires
21:38ça veut pas dire
21:39qu'il ne faille pas
21:40les utiliser
21:40mais il faut les utiliser
21:41avec plus de modération
21:42avec un système
21:44plus transparent
21:45et plus simple
21:45ce que ça veut dire
21:46aussi
21:47c'est que
21:48ce ne sont pas
21:49ces politiques-là
21:50qui permettront
21:51de résoudre
21:51d'autres problèmes
21:52plus structurels
21:53le problème du chômage
21:54et le problème
21:55de la compétitivité
21:56donc ça renvoie
21:57à des politiques
21:59qui attaquent plus directement
22:00ces questions-là
22:01oui
22:01je vais être volontairement
22:03un peu provocant
22:03mais par exemple
22:04Christian a raison
22:05quand il nous dit
22:06au fond
22:07les secteurs abrités
22:08notamment les services
22:09il a besoin de les subventionner
22:10oui mais
22:10on a un salaire minimum
22:12qui est extrêmement élevé
22:13le groupe d'experts
22:14sur le SMIC
22:15quand il fait ses comparaisons
22:16internationales
22:16nous montre bien
22:17qu'à 62% du salaire médian
22:19on a le salaire minimum
22:20on a un SMIC
22:20qui lui est indexé
22:21sur l'inflation chaque année
22:22donc il continue
22:23de progresser
22:23quand le salaire médian
22:24est stagne
22:25on subventionne
22:26en quelque sorte
22:26parce que comme
22:27le salaire minimum
22:28rapporté aux médians
22:28est plus élevé qu'ailleurs
22:30pour quand même
22:31qu'on ait des emplois
22:32au niveau du SMIC
22:33on les subventionne
22:34Anthony on ne peut pas dire
22:34qu'on va baisser
22:35le salaire minimum
22:36on est complètement d'accord
22:37mais même le reprofilage
22:38il est très clair
22:39que politiquement
22:40c'est très difficile
22:41il faudrait aussi alléger
22:42probablement la fiscalité
22:44et les prélèvements
22:44sur le travail
22:45parce qu'on sait que
22:46taxer les facteurs de production
22:47à long terme
22:48c'est négatif pour la croissance
22:49problématique
22:50c'est qu'on voit bien
22:51on est en déficit de partout
22:52donc on a besoin d'argent
22:53c'est impopulaire de passer
22:54les prélèvements
22:55sur la consommation
22:56par exemple
22:57on voit bien
22:57que c'est des levées de boucliers
22:58dans tous les sens
22:58donc la réalité
22:59c'est qu'on est coincé
23:01politiquement
23:02avec un modèle
23:03qu'on peine à financer
23:05et puis pas de solutions crédibles
23:06qui peuvent trouver
23:07une majorité à l'heure actuelle
23:08en France
23:08donc on peut les trouver
23:09les solutions sur le papier
23:10les économistes sont bons
23:11pour le faire
23:12mais pour les porter politiquement
23:13là ça devient très compliqué
23:14Christian Parisot
23:15moi je dirais que
23:16un, il faut que les politiques
23:17arrêtent de dire
23:17que c'est l'État
23:18qui gère le pouvoir d'achat
23:19des Français
23:19ce serait déjà pas mal
23:20c'est ce qu'on a entendu
23:22dans le discours
23:23de Sébastien Lecornu
23:25l'État va vous donner
23:26du pouvoir d'achat
23:27avec la prime d'activité
23:28et c'est les entreprises
23:29les grandes entreprises
23:29qui vont payer
23:30avec la surtaxe
23:31d'IS
23:31bien sûr
23:32mais il faut à un moment donné
23:33ils se sont piégés eux-mêmes
23:34avec ce discours-là
23:36ils se sont piégés eux-mêmes
23:37parce que c'est pas à l'État
23:38de gérer le pouvoir d'achat
23:39des Français
23:40c'est l'État
23:40doit donner des conditions de travail
23:42doit donner des choses comme ça
23:43mais c'est pas l'État
23:44qui donne le pouvoir d'achat
23:45déjà premier élément
23:45ça serait bien d'arrêter
23:47de monter là-dessus
23:47ça simplifierait le débat politique
23:49et puis je pense que
23:50en deuxième
23:51c'est mettre la TVA sociale
23:52très clairement
23:53c'est faire une TVA
23:54quand vous avez une inflation
23:55le dernier qu'en a parlé
23:56c'était Jean-Louis Borloo
23:57il restait trois semaines à Bercy
23:58je vous dis juste
23:59au niveau conjoncturel
24:00en France
24:01on a une inflation de 0,8%
24:02avec Chypre
24:03on est le pays
24:04qui a l'inflation la plus basse
24:05en Europe
24:05donc 0,8%
24:07c'est même trop bas
24:07parce que vous savez très bien
24:08que quand on passe
24:09en dessous des 1%
24:10on n'est pas à l'abri
24:11avec les erreurs statistiques
24:13d'être limite en déflation
24:14donc aujourd'hui
24:16on a une inflation trop basse
24:16donc c'est le moment de le faire
24:17et ça affecterait moins les Français
24:19que si on avait une inflation
24:20un pic d'inflation
24:21donc c'est le moment de le faire
24:23l'inflation est très basse en France
24:24et ça permettrait
24:26d'assainir les choses
24:27pourquoi ?
24:28parce qu'aujourd'hui
24:28on ne peut pas revenir en arrière
24:30c'est-à-dire que vous ne pouvez pas dire
24:31aux gens
24:31qu'on déprime à l'emploi
24:32je vous le retire
24:33et bien oui
24:33une fois que c'est cranté
24:34c'est cranté
24:34mais surtout que c'est des salaires
24:36qui restent quand même
24:37extrêmement modestes
24:38c'est pas facile
24:40à 1 500 euros par mois
24:41je suis d'accord
24:42c'est pas politiquement tenable
24:44donc la seule façon
24:46quand on est dans des situations
24:47comme ça
24:47c'est d'acheter
24:48c'est d'acheter la paix sociale
24:49en actant finalement
24:51ce niveau-là
24:52mais
24:52avec une autre solution
24:54et ce serait le moment
24:55de passer par la TVA
24:56et d'alléger globalement
24:58le coût du travail en France
24:59et de faire peser en tout cas
25:01le financement social
25:02non plus sur le travail
25:03ce qui est une aberration
25:05et ça fait des années
25:06et c'est là-dessus
25:07qu'il faut accélérer
25:07et s'il y a une chose à faire
25:08maintenant
25:09c'est tout ce qui permet
25:10d'alléger le coût global
25:11du travail
25:12donc finalement
25:13couper ce lien
25:15financement social
25:17avec le travail
25:18c'est tout
25:18il y a un élément
25:19dont on n'a pas parlé
25:19c'est peut-être
25:20de moins dépenser aussi
25:21c'est de faire des économies
25:22si on dépense moins
25:23on a moins besoin
25:24de mettre de l'argent
25:25de l'efficacité
25:26de l'euro public
25:28dépensé
25:28mais on pourrait faire
25:29une émission complète
25:29dans une population qui vieillit
25:30il ne faut pas se leurrer
25:31on n'a pas un levier énorme
25:32on peut avoir un levier
25:33avec une meilleure organisation
25:35de notre système de santé
25:36avec un rôle
25:37un peu
25:38en jouant un rôle
25:39il y a une étude
25:40qui était très bonne
25:40de l'OCDE
25:41qui a comparé
25:42les différents systèmes
25:43de santé
25:44c'est-à-dire
25:44qui était l'efficacité
25:46des systèmes de santé
25:47et parmi les meilleurs
25:47systèmes de santé
25:48c'est le Japon
25:48ils dépensent beaucoup
25:49moins que nous
25:50mais ils ont une efficacité
25:51qui est bien meilleure
25:52donc je pense qu'il y a
25:53des choses à se rassurer
25:54alors c'est plein de choses
25:56c'est le rôle de la prévention
25:57c'est des choses
25:58qu'on connaît tous
25:58qu'on entend tous parler
25:59c'est le rôle de la prévention
26:00un groupe
26:01ce que disait le rapport
26:02de l'OCDE
26:02que notre grosse faiblesse
26:04en France
26:04c'est que l'hôpital
26:05est très inefficient
26:07et je ne dis pas ça
26:08vis-à-vis des gens
26:09qui travaillent à l'hôpital
26:09c'est l'organisation
26:11de l'hôpital
26:11qui est très inefficient
26:13parce qu'on a
26:14une médecine de ville
26:15qui est trop faible
26:16et qui surcharge
26:17les fonctions de l'hôpital
26:19et du coup
26:19l'hôpital dépense beaucoup
26:21sur des choses
26:21où on pourrait le faire
26:23en médecine de ville
26:24et ça
26:24ça crée des surcharges
26:25ça crée un mal-être
26:26parce que l'hôpital
26:27soigne mal
26:27entre guillemets
26:28parce qu'il y a des services
26:29qui sont très bons
26:30je ne veux pas non plus
26:30jeter la pierre
26:31aux gens qui travaillent
26:32très bien
26:32mais c'est un vrai problème
26:34d'organisation
26:35et d'efficacité
26:36c'est pas un problème
26:37de moyens
26:37mais bon c'est pareil
26:38pour l'éducation
26:38c'est pareil pour tout ça
26:39et je ne vais pas refaire le monde
26:40mais en tout cas
26:41on a un début
26:42de programme présidentiel
26:43moi je trouve
26:43il y a beaucoup d'idées
26:44autour de la table
26:45il y a plein de choses
26:45très intéressantes
26:46on va mettre tout ça
26:48par écrit
26:48merci beaucoup
26:49à tous les trois
26:49on se retrouve
26:49dans une très courte page
26:51de publicité
26:53pour parler international
26:54on va faire le bilan
26:56de Davos
26:56qui ferme ses portes
26:57aujourd'hui bien sûr
26:58et cet éveil européen
27:00dont on a parlé
27:01l'Europe a-t-elle appris
27:02à parler
27:03le Donald Trump
27:04en tout cas
27:05à lui répondre
27:06et puis on viendra aussi
27:08sur le Mercosur
27:09avec la décision
27:10du Parlement européen
27:11de porter le texte
27:13devant la Cour de justice
27:14de l'Union européenne
27:15quel avenir
27:15pour le Mercosur
27:16on en parle
27:17dans une minute
27:18à tout de suite
27:19BFM Business
27:25et la Tribune
27:25présentent
27:27les experts
27:28Raphaël Legendre
27:29Allez on est de retour
27:32pour la seconde partie
27:33de l'émission
27:34avec toujours
27:35autour de la table
27:36Sébastien Jean
27:37Christian Parizeau
27:38et Anthony Morlaix
27:39la vie d'Ali
27:39on va faire un peu
27:41le bilan de Davos
27:42Davos qui ferme ses portes
27:44aujourd'hui
27:45Davos qui est devenu
27:47presque un sommet
27:48plus politique
27:49qu'économique
27:50on n'a parlé
27:51que de diplomatie
27:52et de relations
27:54transatlantiques
27:56durant ce sommet
27:58du forum économique
27:59mondial
28:00il n'y avait pas
28:01un politique
28:01en 71
28:02quand
28:03Klaus Schwab
28:04l'a lancé
28:05aujourd'hui
28:06bon
28:06c'est un nouveau Davos
28:08sous présidence
28:09de Larry Fink
28:10le PDG
28:10de BlackRock
28:11une
28:12délégation américaine
28:16de plus de 800 personnes
28:17arrivée en masse
28:18qu'est-ce que vous retenez
28:20de cette semaine
28:21de discussion
28:21au sommet
28:22Anthony
28:23c'est très clairement
28:25de loin
28:25le sommet
28:26le plus géopolitique
28:27qu'on ait connu
28:28moi le point
28:29qui me frappe le plus
28:30et qui sera peut-être
28:31la pierre angulaire
28:32mon argumentaire
28:33c'est que l'Europe
28:34commence
28:35mais que très timidement
28:36parce qu'en fait
28:36c'est dans le discours
28:37à se rendre compte
28:38de son niveau de dépendance
28:40vis-à-vis des Etats-Unis
28:41quand on parle
28:42des services
28:43et vis-à-vis de la Chine
28:44quand on regarde
28:45l'industrie
28:45et on peut
28:47jouer à se faire plaisir
28:48en se disant
28:49qu'on est nous-mêmes
28:49très musclés
28:50etc
28:50la réalité
28:51c'est que quand même
28:52on a une dépendance
28:53absolument gigantesque
28:55mais gigantesque
28:56et donc le rapport de force
28:56ça ne veut pas dire
28:57qu'on ne peut rien faire
28:57attention
28:58mais prenons conscience
28:59quand même de l'Etat
29:00dans lequel on s'est mis
29:01mais c'est une servitude
29:02qui est volontaire
29:02Donald Trump
29:03il a le mérite
29:04de nous secouer
29:05un peu dans tous les sens
29:05c'est pas agréable
29:06mais sous Biden
29:07et sous les anciens présidents
29:09sous les anciens administrations
29:10on s'est mis
29:11dans cette situation
29:12en fermant les yeux
29:14en ne voulant pas regarder
29:15ce qui allait nous arriver
29:16mais je veux dire
29:17voilà les signaux
29:17on les connaît tous
29:18mais quand la DGSI
29:20nous dit
29:20je re-signe 3 ans
29:21avec Palantir
29:22c'est Peter Thiel
29:23c'est la CIA
29:23mais c'est juste
29:24le signal le plus terrible
29:25qu'on peut avoir
29:26donc quand on est dans ce
29:27niveau de...
29:27On est devenu une colonie
29:28numérique américaine
29:29ça c'est évident
29:30bien sûr mais il y a des réponses
29:31mais il faut quand même
29:32prendre conscience
29:33du niveau d'urgence
29:34et toujours aujourd'hui
29:35je trouve qu'on a beaucoup
29:35de discours qui relativisent
29:37et moi ça me fait
29:37terriblement peur
29:38parce qu'on est pris
29:38dans un étau
29:39il faut se rendre compte
29:40quand même des deux mâchoires
29:41qui nous entrent
29:42mais là il y a un wake-up call
29:43quand même
29:43avec la violence
29:44de Donald Trump
29:44on est un peu en train
29:45de réagir
29:46et de s'en rendre compte
29:46on communique
29:47est-ce que c'est pas
29:48le meilleur ami de l'Europe
29:49finalement Donald Trump
29:50parce qu'il n'est pas
29:51en train de nous...
29:51c'est la communication
29:52c'est-à-dire que
29:52quand Donald Trump nous parle
29:54tout ce qu'on arrive à faire
29:55c'est un tweet
29:56on se dit
29:57oui alors là il faut bouger
29:58la réalité c'est
29:58est-ce qu'on est en capacité
29:59concrètement de faire bouger
30:01les lignes
30:01pour l'instant
30:01notre capacité d'action réelle
30:03elle est très faible
30:03bon
30:04on a eu quand même
30:05des menaces de Donald Trump
30:06de nouveaux droits de douane
30:06sur les huit pays européens
30:08qui ont envoyé des soldats
30:10au Groenland
30:11notamment
30:12il a finalement
30:13fait marche arrière
30:14Donald Trump
30:15quand on a dit que
30:16on avait 93 milliards
30:18de dollars de rétorsion
30:20possibles
30:21nous aussi
30:21sur les produits américains
30:23et qu'on avait
30:23l'outil anti-coercition
30:25à disposition
30:27est-ce qu'on a avancé
30:29après un an
30:30de Donald Trump
30:31dans notre manière
30:32de réagir
30:33à l'offensive américaine
30:35Sébastien Jean
30:35je pense que
30:37ce recul
30:38c'est une illustration
30:38de plus
30:39du fait que
30:39l'incertitude
30:40de la volatilité
30:41c'est pas un accident
30:42c'est partie intégrante
30:43du système
30:44de gestion
30:45de Trump
30:46et au fond
30:47pour moi
30:47ce sommet
30:49il est vraiment illustratif
30:51on boucle la boucle
30:52d'une année
30:52de rupture
30:53historique
30:54dans l'organisation
30:55des relations économiques
30:56internationales
30:57une année de rupture
30:59parce que
31:01ça vient accentuer
31:02et accélérer
31:03un changement
31:05d'organisation
31:07de systèmes
31:08qui s'étaient déjà
31:09manifestés
31:09de différentes façons
31:10depuis la crise financière
31:11c'est-à-dire
31:12l'érosion dramatique
31:13des règles
31:15des institutions
31:16comme
31:16normes
31:18comme fixant
31:19des normes
31:20de comportement
31:20dans l'arène internationale
31:21si l'Europe
31:22est prise au dépourvu
31:23comme elle est aujourd'hui
31:24c'est parce que
31:25simplement
31:25on a vécu
31:26jusque-là
31:27dans un système
31:27différent
31:29où les règles
31:30sur le commerce
31:32même sur la finance
31:33ou la coordination
31:34macroéconomique
31:34avaient beaucoup plus
31:35d'importance
31:35que
31:36est-ce qu'on n'a pas manqué
31:37de lucidité
31:38Sébastien
31:38on est passé
31:39d'Emmanuel Kant
31:40à Thomas Hobbes
31:40mais est-ce que
31:41dans les relations
31:41internationales
31:42c'est pas Hobbes
31:43qui a toujours
31:43prédominé
31:44bien sûr
31:45parce qu'on n'a pas
31:46été naïfs
31:47bien sûr
31:48ça sert à rien
31:49de pleurer
31:50sur l'EDRC
31:51et de se dire
31:51on aurait dû
31:52se demander
31:52ce qu'on aurait dû faire
31:53la nostalgie
31:53n'est pas une stratégie
31:54a dit Carnet
31:56dans un grand discours
31:57à Davos
31:57mais je pense que
31:58moi c'est comme ça
31:59que je lis
31:59cette situation
32:00dans laquelle on est
32:01aujourd'hui
32:01où on a une Europe
32:02qui est riche
32:03mais qui en même temps
32:04est très dépendante
32:06et n'est pas taillée
32:07pour les rapports
32:07de puissance
32:08ça il y a un côté
32:09qui est intrinsèquement
32:10lié à la construction
32:11européenne
32:11qui n'est pas un état
32:12qui est une construction
32:14la paye dans son ADN
32:17la paye par le commerce
32:18donc on est face
32:20à un défi
32:20qui clairement
32:21pour nous
32:22nous sort de notre zone
32:23de confort
32:23qui nous oblige
32:24à essayer de réfléchir
32:25en termes
32:26de rapports de force
32:27et l'Europe
32:29ne va pas être
32:29une puissance du jour
32:30au lendemain
32:30mais de limiter
32:31nos vulnérabilités
32:32donc je pense qu'aujourd'hui
32:33il faut identifier
32:35les priorités
32:35pour le faire
32:36et il faut accepter aussi
32:38que ça va nous coûter
32:39et c'est ça je crois
32:40qu'on apprend aujourd'hui
32:41c'est à dire
32:41qu'on a fait la grosse
32:42l'erreur
32:43mais c'était certainement
32:44très difficile à éviter
32:45cet été
32:45de se dire
32:46non non
32:46il ne faut surtout pas
32:47qu'il y ait de coûts
32:48pour l'Europe
32:48donc il faut
32:49évidemment il faut limiter
32:51les coûts
32:51mais en fait
32:51il faut accepter aussi
32:53dans certains cas
32:55d'encaisser
32:57des problèmes
32:59des coûts
33:00des droits de douane
33:01pour montrer
33:02qu'on ne peut pas
33:03empiéter sur les intérêts
33:04européens
33:05sans qu'il y ait
33:06une réaction de notre part
33:07c'est ça je crois
33:07le signal important
33:08à envoyer
33:09Christian je voyais
33:10de ne pas être tout à fait
33:11d'accord
33:11parce que moi
33:12la vraie question
33:13c'est pourquoi Trump
33:13nous a fait une blague
33:14pourquoi il a changé
33:15d'avis
33:16parce qu'il fonctionne
33:17toujours comme ça
33:17il nous met d'abord
33:18une droite dans la figure
33:20puis après on discute
33:21il y a eu quelque chose
33:22et moi il y a quelque chose
33:23qui m'a assez marqué
33:23c'est dimanche soir
33:25quand il a fait ses annonces
33:27et tout ça
33:27du week-end
33:28et la première réaction
33:29de beaucoup d'américains
33:30et je parle de stratégistes
33:32américains
33:32je ne parle pas
33:32de gens sur le marché
33:33je ne parle pas
33:34d'américains de base
33:35la première
33:36il a été trop loin
33:38avec nos alliés
33:38parce qu'on a besoin
33:39quand même de l'Europe
33:40pour notre financement
33:41et rappelons une chose
33:42qui est quand même important
33:43si Trump l'année prochaine
33:44en demande de 50%
33:46son budget de la défense
33:47c'est grâce à l'argent
33:48des européens
33:48parce que n'oubliez pas
33:50que les Etats-Unis
33:50sont en déficit courant
33:52qu'une grosse partie
33:53de ce déficit courant
33:54est financé
33:55par l'Europe
33:58via des achats d'actions
33:59mais surtout d'obligations
34:00il y a eu cette fameuse note
34:01de Deutsche Bank
34:02qui disait
34:028000 milliards quand même
34:03d'obligations et d'actions
34:05sont détenues par les Européens
34:06qui sont dans les
34:07dans les intières
34:08de la dette fédérale
34:10américaine
34:10dans les intières
34:11il y avait les Chinois
34:12les Chinois
34:13sont en train de se désengager
34:14de la dette fédérale
34:14il y avait les Japonais
34:15mais les Japonais
34:16bon il y a une histoire
34:17un peu interne
34:18qui font qu'ils sont
34:19beaucoup moins cités
34:19à financer la dette américaine
34:21et ça risque de se poursuivre
34:22puisqu'on veut remonter
34:23les taux au Japon
34:24et donc ils n'iront pas
34:25forcément financer
34:26la dette américaine
34:26donc il lui reste
34:27les Européens
34:28et donc c'est quand même
34:29gentil de nous dire
34:30j'assure pas votre protection
34:31je vais utiliser
34:32mes porte-avions
34:34contre l'Europe
34:35et c'est l'Europe
34:35qui finance les porte-avions
34:36qui nous sert
34:37à nous taper dessus
34:39donc je veux bien
34:40mettre le principal risque
34:41qui était mis en avant
34:42par tous les stratégistes
34:43aux Etats-Unis
34:44c'est de dire
34:45est-ce que ça va pas faire
34:46réagir trop violemment
34:48les taux longs américains
34:49alors il y a eu en plus
34:50ces effets du Japon
34:51qui a joué pour beaucoup
34:52dans la réaction
34:52des taux longs américains
34:53il y a eu la baisse du dollar
34:54et il y a eu l'idée de
34:56on vend tous les actifs américains
34:58et je pense que ça
34:59ça a pris un impact
34:59mais est-ce que vous croyez
35:00à cette idée du sell America
35:01mais c'est pas une question
35:02alors attention
35:03on perdrait un argent dingue
35:04je ne crois pas du tout
35:05que c'est Mme von der Leyen
35:06qui va faire plier Trump
35:07ça c'est évident
35:08parce que la dette américaine
35:10la dette sur l'obligataire américain
35:12elle est détenue
35:13par des investisseurs privés
35:14mais sauf qu'à un moment donné
35:16il y a un problème
35:18de crédibilité du président américain
35:19il y a un problème de
35:20surtout je pense
35:21que ce qui a fait très mal
35:22c'est le fait
35:23on signe un accord commercial
35:24on le déchire du jour au lendemain
35:25et ça il y a un problème
35:26pour tout investisseur
35:28un investisseur
35:29la parole est la parole
35:30déjà on a beaucoup attaqué
35:31les européens
35:33lorsque le congrès américain
35:34voulait mettre une taxe
35:35pour les détenteurs
35:36d'obligations étrangères
35:37on voulait taxer
35:38les intérêts versés
35:39et déjà Besant
35:40a mis un holà
35:41tout de suite
35:42en disant
35:42c'est un risque énorme
35:43pour notre financement
35:44et je pense que
35:45ce qui a arrêté
35:46c'est Besant
35:47qui joue toujours ce rôle là
35:49et malgré toutes les sorties
35:50et encore Trump
35:51hier il a dit Trump
35:52je vous déconseille
35:53de vendre
35:54les actifs
35:54sinon j'ai les moyens
35:56de rétorsion
35:57mais en gros
35:57ils ne sont pas à l'aise
35:58et ce n'est pas Macron
36:00ce n'est pas Madame Van Halen
36:01qui faisait des Trump
36:02c'est les marchés
36:03c'est toujours les marchés
36:04et la dette obligatoire
36:05je vois que Sébastien
36:05j'en ai pas d'accord
36:06et ensuite je passe la parole
36:07à Anthony
36:08oui je dirais
36:08la nostalgie n'est pas une stratégie
36:10mais les marchés non plus
36:11donc tout ça
36:11c'est effectivement
36:12c'est des réactions de marché
36:13on voit bien
36:13que ça fait partie
36:14des retours
36:17des mécanismes
36:18qui peuvent influer
36:19sur des limitations
36:20de Trump
36:21au fond
36:21et quand il bute
36:22sur le marché
36:23sur une réaction hostile
36:24qui a quand même
36:25des forces de rappel
36:26ça le limite
36:26ça lui donne des forces de rappel
36:27pour autant
36:28ça ne constitue pas
36:30une stratégie
36:31pour les Européens
36:31de se réfugier
36:32derrière le fait
36:33que ah oui
36:33c'est vrai
36:34qu'on finance énormément
36:36de dettes américaines
36:37maintenant
36:38ça n'est pas
36:40une décision
36:41de politique publique
36:42la décision de politique publique
36:43au fond
36:44celle à laquelle
36:44on est confronté
36:45et c'est ce que disait
36:45notamment le rapport Draghi
36:46c'est qu'il faut
36:48que cette épargne européenne
36:50s'investisse en Europe
36:51de façon positive
36:52300 milliards
36:53qui partent chaque année
36:54et qu'il faut se demander
36:55comment on gère
36:56cet allié
36:58qui est de moins en moins
36:59fiable
37:00qui parfois devient hostile
37:02et dont on est
37:03fortement dépendant
37:04voilà
37:04et on a vu un individuement
37:05quand même des français
37:06et des allemands
37:06qui ne sont jamais d'accord
37:07sur ce sujet
37:08absolument
37:08en début de semaine
37:09c'est dépendant
37:10parce qu'ils avaient
37:11une coloration
37:12complètement différente
37:13quand on était
37:13avec un allié historique
37:15à qui on avait
37:15volontairement confié
37:16notre sécurité
37:17à la fin de la seconde
37:18guerre mondiale
37:18c'est pour ça que je dis
37:19on est en train
37:19de changer d'air
37:20et c'est là
37:21qu'il faut s'adapter
37:22et il faut simplement
37:23le faire très vite
37:23mais juste un petit mot
37:25ce que je dis moi
37:26c'est que c'est pas
37:26que les marchés
37:27font la politique
37:28c'est que ce qui fait
37:29reculer Trump
37:30c'est pas les politiques
37:31ce qu'il faut bien comprendre
37:32c'est que Trump
37:33méprise les politiques
37:34européennes
37:35il les estime mauvais
37:36il ne sert à rien
37:37et lui il est au-dessus
37:38de tout ça
37:38et ce qui fait fléchir
37:40Trump c'est les marchés
37:41et il regarde que ça
37:41c'est son opinion publique
37:42et les marchés
37:43il n'y a que ça
37:44qu'ils peuvent lui agir
37:45après vous pouvez lui dire
37:46n'importe quoi au niveau européen
37:47vous pouvez vous dire
37:48on est tous unis
37:48tout ça
37:49il méprise les européens
37:50et les coûts
37:50la Chine l'a montré
37:53et je crois que c'est
37:54la grande erreur
37:54de l'accord de Turnberry
37:55cet été
37:56c'était pas
37:57d'essayer de trouver
37:59un compromis
37:59c'était de donner l'impression
38:00que l'Europe
38:01était absolument incapable
38:02de rentrer dans le
38:04rapport de force
38:04elle ne voulait pas
38:05du tout y aller
38:05et je pense que
38:07il faut
38:08malgré nous
38:09on est obligé
38:10d'accepter un rapport de force
38:11si on veut essayer
38:11de poser des limites
38:12parce qu'aujourd'hui
38:13là c'était les droits de douane
38:14mais demain
38:15ce sera un retour
38:15sur les réglementations
38:17du numérique
38:17ou de tel autre service
38:19et donc
38:20il faut
38:21imposer
38:22il faut essayer
38:22de montrer
38:23qu'on n'empiète pas
38:24sur les intérêts européens
38:25sans qu'il y ait
38:25d'Europe Résa
38:26et de notre part
38:26Anthony
38:28la problématique
38:28c'est pas crédible
38:29on peut dire que Donald Trump
38:31ne l'est pas
38:31mais certes des fois
38:32il bute sur les marchés
38:33il cherche une autre voie de passage
38:34à la fin
38:35il cherche quand même
38:35à tracer un signe
38:36nous l'Europe
38:36on ne l'est pas
38:37et Sébastien l'a très bien dit
38:39c'est les coûts
38:40on n'est pas prêt
38:40à les assumer
38:41est-ce que un peu
38:42parmi tous les politiques
38:43qui nous disent
38:43il faut faire l'affrontement
38:44avec les Etats-Unis
38:45en tout cas
38:46il faut leur répondre
38:46est-ce qu'il y en a un seul
38:48parmi tous
38:48l'Allemagne est en train de bouger
38:49doucement
38:49oui mais est-ce qu'on va voir
38:51la population en leur disant
38:51ça va coûter
38:52ce n'est pas gratuit
38:54ça veut dire qu'on aura du chômage
38:55on aura des baisses d'activité
38:56ça peut faire très mal
38:58dans la durée
38:58ça on n'est pas du tout prêt
38:59et on voit bien que
39:00Etats-Unis
39:01alors c'est plus ou moins vrai
39:01mais il a une capacité
39:03à demander peut-être plus
39:04à sa population
39:04puisqu'on voit bien
39:05que les droits de douane
39:05sont absorbés quand même
39:06par les entreprises américaines
39:07et les ménages
39:08puis les Chinois de l'autre côté
39:09alors là pour le coup
39:10la question ne se pose pas
39:10ils ont une capacité d'encaisse
39:12qui est juste hors norme
39:13par rapport à ce que nous
39:13on peut faire
39:14moi je suis très inquiet
39:15c'est que c'est bien gentil
39:16de dire on veut aller au combat
39:17mais est-ce qu'on est prêt
39:18à payer la facture
39:19de cet affrontement
39:20la réalité c'est que pour l'instant
39:21en Europe pas vraiment
39:22donc on essaye de jouer
39:23un petit peu en quelque sorte
39:24les grands gaillards
39:25mais à la fin
39:26il n'y a personne pour nous dire
39:27ben oui
39:28il y aura un prix à payer
39:29il peut être très élevé
39:30c'est peut-être le prix
39:31de nos valeurs
39:32et peut-être qu'il faut l'assumer
39:33mais il faut le dire clairement
39:34et là on joue un peu
39:35les doubles discours
39:36en disant à la fois
39:37on affronte Donald Trump
39:39en tout cas
39:39on ne veut pas qu'il nous marche
39:40sur les pieds
39:40mais en même temps
39:41la facture non merci
39:42c'est un coup aussi
39:43pour les Etats-Unis
39:45il ne faut pas l'oublier
39:46une guerre avec l'Europe
39:47on n'est pas totalement démunie non plus
39:49la Chine assez terre rare
39:51l'Europe
39:51on est en excédent commerciale
39:52c'est ça la différence
39:53c'est ça qu'il faut mettre
39:55le problème de l'accord cet été
39:56de Turnberry
39:57c'est qu'à la fin
39:58il n'y avait aucun coup
39:59pour les Américains
39:59et moi je crois qu'il faut sortir
40:01il faut changer un peu
40:02notre façon de raisonner
40:03par rapport à ces questions
40:04la façon principale
40:07un peu dominante
40:07c'est de raisonner
40:08en termes de ce qu'on appelle
40:09en théorie des jeux
40:10la maîtrise de l'escalade
40:11c'est-à-dire si on répond
40:12il va y avoir une surenchère
40:13et au bout du bout
40:14c'est les Américains qui gagnent
40:15parce que c'est eux
40:15qui ont la maîtrise
40:16c'est eux qui sont plus puissants
40:17militairement etc
40:18et du coup
40:20en fait il ne faut pas répondre
40:21mais je pense que c'est une impasse
40:22dans le sens où
40:23si on ne répond pas
40:24on laisse se diffuser
40:25l'idée qu'on peut
40:26empiéter sur les intérêts européens
40:29sans aucun coût
40:30pour les Américains
40:31c'est ça qu'il faut
40:32absolument combattre
40:33et l'Europe a répondu
40:34et c'est vrai que
40:35la première condition
40:36pour le faire
40:37c'est d'accepter
40:39de prendre des coups
40:40chez nous
40:40et c'est très difficile
40:41parce que nous sommes 27
40:43on voit bien même
40:43déjà au sein de chaque pays
40:44c'est compliqué
40:45mais en plus
40:46c'est facile pour nos adversaires
40:48ou nos partenaires parfois
40:49même de choisir
40:50entre les pays européens
40:51pour essayer
40:52de trouver un peu le maillot
40:53en fait
40:53c'est jeu des Etats-Unis
40:54bien sûr
40:55de mettre un coin
40:55au sein de l'Union Européenne
40:56effectivement
40:57on est obligé
40:57de construire
40:57une capacité
40:58à encaisser aussi
40:59et la réponse
41:00que je trouve
41:01politiquement
41:02très intéressante
41:03elle est venue
41:04du Parlement européen
41:05cette semaine
41:06qui a rejeté
41:06l'accord commercial
41:07US-UE
41:09pourquoi ?
41:10notamment parce que
41:11les Etats-Unis
41:11s'étaient engagés aussi
41:12à ne pas toucher
41:13à notre réglementation
41:14sur le numérique
41:15en échange
41:17de cet accord
41:18qui effectivement
41:19eux leur ouvrait le marché
41:20avec zéro droit de douane
41:21et on a eu
41:22des coups de boutoir
41:22non-stop
41:24de l'administration américaine
41:25sur notre réglementation
41:27donc ils ne respectent rien
41:28ce que ça montre
41:29c'est que la complexité institutionnelle
41:31parfois ça peut être
41:32un atout de négociation
41:33on le voit depuis des années
41:34dans la façon
41:34dont les américains
41:35négocient leurs accords commerciaux
41:37le fait que le congrès
41:38ait une part importante
41:39mais en fait
41:40ça peut être un atout
41:41si c'est géré
41:42de façon un peu coordonnée
41:44un peu organisée
41:45en revanche
41:45ça peut être un très fort handicap
41:47si on a les institutions
41:48qui ne tirent pas
41:49dans le même sens
41:50et c'est ça un peu
41:51le risque européen
41:52en l'occurrence
41:53je dirais
41:53on a de la chance
41:54on a de la chance
41:55dans le timing
41:57c'est-à-dire que
41:58ces menaces sur le Go and Land
41:59arrivent juste au moment
42:00où on allait ratifier
42:02enfin où la pause
42:04arrivait à son terme
42:06donc en fait
42:06il y avait une bonne complémentarité
42:07un peu par hasard
42:08il faut bien le dire
42:09ça n'arrivera pas
42:10on peut avoir de la chance
42:10un peu de temps en temps
42:11oui oui
42:12et de manière générale
42:13il faut qu'on se mette au travail
42:14très vite
42:14si on veut un peu plus
42:15d'indépendance européenne
42:16pas simplement
42:17des annonces de ripost
42:18mais comment on fait
42:19d'un point de vue serviciel
42:20pour trouver un bout d'autonomie
42:21et même sur l'industrie
42:22comment on fait
42:23pour moins dépendre
42:23d'un tron extérieur
42:24parce que sinon à la fin
42:25ça sera ça aussi
42:26les leviers
42:26sur lesquels
42:27nos partenaires
42:29ou parfois rivaux
42:29feront pression
42:30pour obtenir de nous
42:31beaucoup plus de concessions
42:32après moi ce que je pense
42:34qu'il faut quand même retenir
42:35c'est que ces premières semaines
42:36de janvier
42:36ont beaucoup changé de choses
42:37ça va marquer les esprits
42:39parce qu'on parle
42:40beaucoup de l'Europe
42:41mais on parle aussi
42:41de tous les pays
42:42le Japon
42:43la Corée
42:44qui ont fait la même chose
42:45que l'Europe
42:45il ne faut pas l'oublier
42:46ils ont tous signé
42:47des accords commerciaux
42:48très déséquilibrés
42:51en disant
42:52vous m'avez parlé
42:53de guerre commerciale
42:54moi je n'ai pas de guerre commerciale
42:55j'ai relevé mes droits de douane
42:56personne
42:57tout le monde
42:58va acheter mon gaz
42:59tout le monde va investir
43:00aux Etats-Unis
43:01moi je n'ai pas de guerre commerciale
43:02j'ai gagné
43:03j'ai montré que j'étais le plus fort
43:04et donc tout le monde
43:05s'est dit
43:06bon il y a Trump
43:06il est là pour 4 ans
43:08en espérant que ça change
43:09voire les mis de terme
43:10pour faciliter les choses
43:11mais on ne veut surtout pas
43:12se mettre à dos
43:13monsieur Trump
43:14parce que
43:14et on fait la paix
43:15et tout le monde
43:15a plié la tête devant Trump
43:18et là ce qu'on s'aperçoit
43:19et c'est là
43:21et ce mois-ci
43:22et ça restera
43:22dans beaucoup de pays
43:25c'est qu'il a déchiré
43:26un accord commercial
43:27c'est-à-dire qu'il nous a dit
43:28l'accord commercial
43:29ne tient que
43:30jusqu'à ce que je le veux bien
43:31et si demain
43:32les prix des médicaments
43:35ne me plaisent pas
43:35si demain
43:37je ne suis pas d'accord
43:38parce que vous avez dit
43:39quelque chose
43:39qui ne me plaît pas
43:40je redéchire l'accord commercial
43:42et on repart à zéro
43:42et ça
43:43je peux vous dire
43:44que ça fait très mal
43:44l'Inde est en train
43:45de négocier en ce moment
43:46et ne veut pas céder
43:47on voit que c'est des négociations
43:49là ils ne sont plus incités
43:50à signer un accord commercial
43:51avec les Etats-Unis
43:52et là
43:52ce qui est carné
43:53marque une rupture
43:54et je pense que
43:55dans l'histoire
43:55on retiendra plus
43:56le discours de carné
43:57que de M. Trump
43:58parce qu'il dit en gros
43:59tous les pays
44:00unissez-vous
44:01contre les Etats-Unis
44:02alors la Chine se frotte les mains
44:03super
44:04mais en gros
44:05c'est un message
44:06qui est envoyé très fort
44:07aux Etats-Unis
44:08et c'est pour ça
44:09que je pense qu'il a fait
44:10une erreur
44:10et je pense que
44:11alors si ce n'est pas Trump
44:13dans son administration
44:14on va commencer
44:15à lui faire comprendre
44:16qu'il faut quand même
44:16un peu ménager les choses
44:18donc je pense qu'il y a une rupture
44:19il a fait une erreur
44:20de communication importante
44:21mais il n'a cessé
44:22de faire ce type de comportement
44:24c'est-à-dire
44:24de dire tout et son contraire
44:26il a commencé son mandat
44:27en mettant des droits additionnels
44:29contre le Mexique
44:30et le Canada
44:30qu'il avait forcé
44:31à signer un accord
44:33qui était la renégociation
44:35de l'ancienne Aléna
44:36donc l'accord
44:37que lui-même
44:38avait forcé
44:39il y a quelques années
44:40il le déchirait
44:40au début de son mandat
44:42et c'est pour ça
44:42que je dis
44:43l'inconstance
44:44l'incertitude
44:44fait partie intégrante
44:45de sa stratégie
44:47je suis d'accord
44:48sur le fait
44:48je suis d'accord
44:49sur le fait
44:50que c'est très problématique
44:51simplement parce que
44:52ne serait-ce que
44:53même dans la confrontation
44:54à la Chine
44:54la rivalité stratégique
44:56avec la Chine
44:56un des atouts majeurs
44:57des Etats-Unis
44:58ce sont leurs alliés
44:59et là
45:00de fait
45:01Trump
45:02s'alienne
45:03ses propres alliés
45:05d'une façon
45:06qui me paraît
45:07être une erreur stratégique
45:10donc il a gagné
45:10tactiquement
45:11l'an dernier
45:11c'est clair
45:12il a réussi
45:12à imposer
45:13de façon unilatérale
45:15sa protection
45:16sans réaction
45:17de marché durable
45:17il y en a une
45:18mais elle n'a pas duré
45:18sans représailles
45:20autre que celle
45:20de la Chine
45:21le problème
45:21c'est qu'elle est
45:22la stratégie
45:22derrière
45:23et là
45:23c'est beaucoup moins clair
45:24je suis d'accord
45:25sur le fait
45:25que le discours
45:27de Carnet
45:27et de Marc Carnet
45:28était très
45:30important
45:31et assez symbolique
45:33moi je le lis
45:35surtout
45:35comme étant justement
45:36le fait de dire
45:37voilà
45:37on acte
45:38la fin
45:39d'une fiction utile
45:41comme il l'a décrite
45:42c'est-à-dire
45:43en fait
45:44d'un ordre international
45:46fondé sur des règles
45:47sous le leadership
45:48des Etats-Unis
45:49et ça
45:49ça n'est pas possible
45:51quand on a un leader
45:52qui se comporte comme ça
45:53j'ajoute que
45:54le deuxième leader
45:55c'est la Chine
45:56et les excédents massifs
45:58que la Chine impose
45:59au reste du monde
46:00fait que ça ne peut pas
46:01être non plus aujourd'hui
46:02un ordre international
46:03structuré par la Chine
46:04bon
46:04à l'Europe de l'évent
46:05c'est la troisième voie
46:06on a un discours de Marc Carnet
46:07et puis dans le même temps
46:08on repousse la ratification
46:10du Mercosur
46:11oui
46:11alors vous me faites
46:12une transition parfaite
46:13sur le dernier thème
46:14du sujet
46:14effectivement
46:15parce que
46:16on vit nous-mêmes un peu
46:17ses propres turpitudes
46:18le Mercosur
46:1825 ans de négociations
46:20et cette semaine
46:21le Parlement européen
46:22a porté le texte
46:25a fait une saisine
46:26de la Cour de justice
46:27de l'Union Européenne
46:28il a manqué
46:28que l'on se voit
46:29au Parlement
46:30c'était vraiment
46:31de très peu
46:31mais est-ce que
46:32vous pouvez nous expliquer
46:33concrètement
46:34ce qui se joue là
46:36et ce qui va se passer
46:37ce qui est terrible
46:38alors tous les pays
46:39ne sont pas sur la même ligne
46:40mais la position de la France
46:41par exemple
46:41elle est hallucinante
46:42parce qu'on est dans un monde
46:43où justement
46:44on cherche un peu
46:44des alliés
46:45avec lesquels commercer
46:47sur des règles
46:47peu ou prou équitables
46:48tout n'est pas parfait
46:50avec a fortiori
46:50des pays émergents
46:51d'Amérique latine
46:52mais on a quand même
46:52des marchés importants
46:53à les conquérir
46:54on sait bien
46:55on sait bien que nos agriculteurs
46:56ils sont dans une souffrance
46:57terrible
46:57mais ce n'est pas du tout
46:58lié au Mercosur
46:59ou aux accords commerciaux
47:00c'est parce qu'on a
47:00une politique agricole nationale
47:02qui est juste malthusienne
47:04donc nos problèmes
47:05ils sont internes
47:06c'est-à-dire qu'on cause
47:06les propres problèmes
47:07de nos agriculteurs
47:08avec en plus des normes
47:10absolument effrayantes
47:11qui font monter les prix
47:12des français au passage
47:13qui regardent
47:14quand ils font leurs courses
47:16regardent si c'est français
47:16mais pas tellement non plus
47:18donc à un moment donné
47:18on aura quand même
47:19envie de dire
47:19et puis c'est souvent plus cher
47:20tout simplement
47:21bien sûr
47:21mais on se pose la question
47:22quand même de ce qu'on demande
47:23aux agriculteurs
47:23en termes de production
47:24ce que le consommateur veut
47:25et puis on a tout à y gagner
47:27dans ce type d'accord
47:27donc là on est exactement
47:29dans un moment très populiste
47:30où on finit par dire
47:31que effectivement
47:33certaines professions
47:34notamment
47:34on pense aux éleveurs de bovins
47:36peuvent perdre
47:37mais c'est dans des proportions
47:38vraiment très limitées
47:39on rappelle que c'est 1,2%
47:41du marché européen
47:43de consommation
47:43les importations du Mercosur
47:45et on reste dans des postures
47:45comme ça
47:46mais les discours malheureusement
47:47de 200 000 à 300 000 tonnes
47:48McCartney ça ne peut pas fonctionner
47:49c'est-à-dire qu'on voit bien
47:50à quel point
47:51il y a une crispation
47:52dans un grand nombre de pays
47:54la mondialisation
47:54a probablement été mal vécue
47:56par beaucoup de populations
47:57et aujourd'hui
47:58on est en incapacité
47:59de signer des traités
48:00qui sont pourtant
48:00objectivement favorables
48:02Il faut avoir peur du Mercosur
48:04ou pas Sébastien Jean ?
48:05Le Mercosur
48:06pour moi aujourd'hui
48:07c'est une vraie impasse politique
48:09mais je pense que
48:10c'est un accord
48:11qui a pris
48:12une importance politique
48:13complètement démesurée
48:15par rapport à sa véritable
48:16importance économique
48:18dans les deux sens
48:18parce qu'il est tout à fait vrai
48:20que les problèmes
48:21de l'agriculture française
48:22aujourd'hui
48:22ne sont pas liés
48:23au Mercosur
48:23et que l'impact du Mercosur
48:27sera à mon avis
48:27assez limité
48:28en tout cas
48:29c'est ce que suggère
48:30la plupart des études
48:32un peu approfondies
48:33là-dessus
48:34ça c'est un premier point
48:36mais il ne faut pas croire
48:37non plus
48:38que le Mercosur
48:38est une solution
48:39aux questions géopolitiques
48:41dont on parle aujourd'hui
48:42ça dans le sens
48:43où c'est un accord d'hier
48:44c'est un accord fondé
48:46sur un marchandage
48:47d'accès au marché
48:48je te donne de l'accès
48:49à mon marché agricole
48:50et tu me donnes
48:51de l'accès
48:51à ton marché automobile
48:55pour un partenaire
48:56qui rappelons-le
48:57fait 2%
48:58des exportations
48:59extra communautaires
49:00de l'Union
49:00qui est à des milliers
49:02de kilomètres de chez nous
49:02c'est pas avec eux
49:03qu'on va faire des chaînes
49:04de valeur approfondies
49:06en plus
49:07essayer de leur rendre
49:08est-ce qu'on laisse
49:08le territoire aux chinois
49:10ou est-ce qu'on essaie
49:12de tisser des liens
49:12non mais je ne dis pas
49:14qu'il faut
49:14entre l'Espagne
49:15et l'Amérique latine
49:15oui mais
49:16c'est pas
49:17je veux dire
49:18effectivement
49:19on va se positionner
49:20un peu mieux
49:21en termes de rapports
49:22concurrentiels là-bas
49:23mais je pense qu'aujourd'hui
49:25la vraie question
49:25qui nous est posée
49:26c'est comment
49:27est-ce qu'on stabilise
49:29nos relations extérieures
49:31pour éviter
49:33de prendre de plein fouet
49:33les chocs politiques
49:34les chocs géopolitiques
49:36auxquels on est confronté
49:36est-ce que cet accord
49:37fait ça
49:37mais non
49:38la réponse c'est non
49:39il y a très peu de choses
49:40dans cet accord
49:41qui permettent de sécuriser
49:43par exemple
49:43nos approvisionnements
49:44l'Amérique du Sud
49:45le Mercosur
49:46c'est des pays
49:48qui ont des ressources
49:49très importantes
49:49mais il y a très peu
49:50de dispositions
49:50parce que c'était pas
49:51prévu pour ça
49:52pour éviter
49:53qu'ils prennent
49:55des mesures
49:56qui soient défavorables
49:57qui posent problème
49:58en termes d'approvisionnement
49:59donc je crois
50:00comprendre
50:01si je comprends bien
50:02c'est ajouter
50:02en fin de négociation
50:03de demander
50:05qu'ils prennent
50:05des engagements
50:06de ne pas mettre
50:07en place des restrictions
50:08aux exportations
50:09mais voilà
50:11je pense que c'est plutôt là
50:12que va être le cœur
50:13du problème
50:13et y compris
50:15détendre ce type
50:16de négociation
50:16à d'autres partenaires
50:17donc voilà
50:18en pratique
50:19l'impact de cet accord
50:22il va pas être énorme
50:23ce qui est vrai
50:24et c'est pour ça
50:24que je dis
50:25que c'est une impasse politique
50:26c'est que
50:26c'est 50 milliards
50:27c'est 50 milliards
50:28d'enjeux de business
50:29pour l'Union Européenne
50:31pour le dire autrement
50:31le rapport
50:32entre le gain agrégé
50:33et les impacts distributifs
50:35pour un accord comme ça
50:36de mon point de vue
50:37économique
50:37il est très mauvais
50:38voilà
50:38donc ça veut pas dire
50:40que c'est négatif
50:41oui
50:41il peut y avoir
50:42des petits gains agrégés
50:44mais ça pose aussi
50:45des problèmes de cohésion
50:46et des problèmes politiques
50:47qui sont aussi très aigus
50:48aujourd'hui en Europe
50:50donc voilà
50:51je pense que
50:52son importance
50:52elle est démesurée
50:53dans le débat européen
50:54mais parce que
50:55ça pointe
50:57ça cristallise des crises
50:58qui existent depuis longtemps
50:59et en France
50:59on sait que l'agriculture
51:00sont pas négligeables non plus
51:02Christian
51:03oui juste
51:04je voudrais dire un petit mot
51:05quand même sur le recours
51:05à la Cour de justice européenne
51:07parce que la Cour de justice
51:08va pas porter un jugement
51:09sur le fond
51:10elle va pas dire
51:11si c'est bien ou pas
51:11pour l'économie
51:12tout ça
51:12il y a trois points juridiques
51:14voilà
51:14elle va faire un point juridique
51:15et l'un des points juridiques
51:16le plus important pour moi
51:17c'est qu'elle va devoir
51:19statuer pour savoir
51:20si l'accord
51:21respecte ou pas
51:22les engagements
51:23qu'a l'Europe
51:24notamment en termes
51:25de climatique
51:26en termes d'émissions de CO2
51:27etc
51:28c'est à dire que
51:29c'est quand même un risque
51:29on ouvre quand même
51:30une boîte de Pandore
51:31derrière
51:31parce que si elle dit
51:32voilà
51:33il y a quand même des clauses
51:34dans l'accord
51:35pour vérifier que
51:36ça soit respecté
51:38mais enfin bon
51:38en Amazonie
51:39je suis pas sûr que ça soit
51:40très respecté
51:41et donc si elle dit
51:42les clauses sont pas suffisantes
51:43que ces pays-là
51:45ne respectent pas
51:46les engagements climatiques
51:47de l'Europe
51:47et donc dans ce cas-là
51:48on doit pas
51:48commercer avec eux
51:50on doit pas avoir
51:51de traité de libre-échange
51:52pas commercer
51:53c'est surtout qu'on doit pas avoir
51:54que ça caduque
51:55le traité de libre-échange
51:56ça veut dire
51:57qu'on va plus faire du tout
51:57de libre-échange
51:58avec personne
51:58parce que la Chine
52:00même si la Chine avance
52:01dans ce domaine-là
52:02elle respecte pas
52:03aujourd'hui nos engagements
52:04et aucun pays le fait
52:05donc attention
52:07qu'on n'aille pas ouvert
52:07une boîte de Pandore juridique
52:09tout simplement
52:09en voulant montrer
52:11son opposition
52:12nos politiques
52:13ont peut-être
52:13attaqué un terrain
52:14parce que
52:15qu'on le veuille ou non
52:15la traçabilité
52:16dans ces pays-là
52:17il n'y a même pas
52:18la même traçabilité
52:18qu'en Europe
52:19il ne faut pas se leurrer
52:20mais on n'importe plus rien
52:21dans ce cas-là
52:21parce que vous croyez
52:23que les Chinois
52:24les commerçants chinois
52:25ont une traçabilité
52:25sur les vêtements
52:27qu'ils nous vendent
52:27dans ce cas-là
52:28on ne devrait pas en acheter
52:29parce qu'ils ne font pas
52:31les normes européennes
52:32on ne devrait rien acheter
52:32de Chine
52:33parce qu'il y a quand même
52:34des vrais problèmes
52:35aujourd'hui
52:36ou alors l'Europe
52:39de A à Z
52:40et puis on met des inspecteurs
52:41dans ces pays-là
52:42mais dans ce cas-là
52:43on est sur quelque chose
52:43qui n'est pas gérable
52:44donc on n'échange plus
52:45donc attention
52:46parce que là
52:47on a ouvert peut-être
52:48une brèche juridique
52:49qui peut se retourner
52:49aussi contre nous
52:50voilà
52:51c'est attention à ça
52:53Juste pour compléter
52:54sur Sébastien
52:55je suis d'accord
52:56pour le dire
52:57que ce n'est pas
52:57une panacée économique
52:58très clairement
52:58le gain
52:59on parle quand même
53:01On a monté
53:02c'est vrai qu'on en a fait
53:03quelque chose de gigantesque
53:05C'est vrai
53:05mais alors ça ne va pas
53:06révolutionner l'économie européenne
53:07ce type de traité
53:08en termes de symboles
53:09Est-ce qu'on pense vraiment
53:10qu'on va être en capacité
53:12justement d'aller voir
53:13d'autres pays
53:13pour approfondir
53:14nos relations
53:15j'y crois très peu
53:16et par ailleurs
53:17ce que ça révèle aussi
53:18et là c'est terrible
53:18parce que là aussi
53:19ça compromet notre capacité
53:20à signer d'autres traités
53:21de libre-échange
53:22c'est qu'on ne peut pas
53:22avoir que des gains
53:23dans un traité
53:24quand on le signe forcément
53:25les pays avec
53:26Il y a des gagnants
53:26et des perdants
53:27Bien sûr
53:27mais c'est le propre
53:28quand même d'un deal
53:30donc l'Europe se regarde
53:31en disant
53:31il n'y a que moi
53:32qui dois en profiter
53:33mais non
53:33c'est un peu normal
53:34aussi qu'en face
53:35ils y retrouvent
53:36leurs petits
53:37donc je pense
53:37qu'il faut être prudent
53:38c'est vraiment
53:39me semble-t-il
53:40quand même
53:41si on n'arrive pas
53:41à avancer
53:42sur cette question-là
53:42on compromet
53:43beaucoup d'accords futurs
53:45Surtout avec l'un
53:46Surtout avec l'un
53:48Il y a des accords majeurs
53:49qui sont en cours
53:50de négociation
53:50Complètement
53:51et comme tu le mentionnais
53:52Raphaël
53:53la problématique
53:55c'est que derrière
53:56j'ai très très peur
53:57qu'on n'avance pas
53:58sur un grand dossier
53:59et les autres grands pays
53:59vont prendre ces pays-là
54:00on voit bien que
54:01l'Amérique latine
54:02est dominée de manière
54:02croissante
54:03Le premier partenaire
54:04commercial
54:04c'est aujourd'hui la Chine
54:05Oui en Afrique
54:06la Chine est partout
54:07aujourd'hui
54:07donc il faut quand même
54:08être très prudent
54:09on ne parle pas beaucoup
54:10de l'expansionnisme chinois
54:11il m'effraie
54:12très clairement
54:13Bon
54:14ce sera un dernier mot
54:16de la fin
54:16Sébastien
54:17Oui oui
54:18ces questions se posent
54:20maintenant
54:20l'accord Mercosur
54:24en soi
54:24ce n'est pas
54:25une réponse économique
54:26je pense
54:27qui va changer
54:28la nature des questions
54:29là où effectivement
54:31je vois une impasse politique
54:32c'est qu'il y a
54:34la capacité
54:35de l'Europe
54:35à négocier
54:36aller de l'avant
54:37qui est mise en question
54:38et ça c'est assez
54:39problématique
54:40ces tiraillements
54:41au sein des pays
54:42entre pays membres
54:43après autant de temps
54:44avancer à 27
54:45ça devient vraiment problématique
54:47merci à tous les trois
54:48Sébastien Jean
54:49Christian Parizeau
54:50et Anthony Morley
54:52Lavidali
54:53pour cette émission passionnante
54:54disponible en podcast
54:55et replay
54:56à propos de podcast
54:57on en lance un nouveau
54:58aujourd'hui
54:59Air et Défense
55:00animé par Jean-Baptiste
55:02Thuet de BFM Business
55:02et Michel Cabirol
55:04de La Tribune
55:05avec une invitée
55:06exceptionnelle
55:07Catherine Vautrin
55:08ce nouveau podcast
55:10dédié
55:11aux questions
55:12de défense
55:13bien sûr
55:14Catherine Vautrin
55:14ministre des armées
55:15et des anciens combattants
55:16ce sera diffusé
55:17aujourd'hui
55:18à 12h30
55:19sur l'antenne
55:19de BFM Business
55:20et vous pouvez évidemment
55:21retrouver également
55:23ce podcast
55:24tous les jours
55:25et toutes les semaines
55:25sur l'application
55:27BFM Business
55:28tout de suite
55:28c'est tout pour investir
55:29animé par Christopher Dambic
55:31bonne journée
55:32bon week-end à tous
55:32on se retrouve lundi
55:3310h en direct
55:34sur l'antenne
55:35bon week-end
55:36Les experts
55:40débats et controverses
55:42sur BFM Business
55:43paix
55:46et
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