- il y a 3 mois
Ce jeudi 20 novembre, Raphaël Legendre a reçu Philippe Manière, président de Vae Solis Communications, Christian De Boissieu, économiste et vice-président du Cercle des économistes, et Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de l'Institut Harris Interactive, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Legendre
00:10Bonjour à tous, bienvenue sur Les Experts.
00:13La tension est à son comble entre les chefs d'entreprise et le gouvernement
00:16qui accuse les organisations patronales d'en faire trop
00:20sur les hausses d'impôts qui ne seront jamais votées.
00:24C'était le message adressé par Sébastien Lecornu à Choose France cette semaine.
00:28Il faut arrêter de faire comme si tout ce qui a été voté est définitif.
00:33Et c'est vrai qu'environ 80% des 53 milliards de hausses de prélèvements
00:39dénoncées par le patronat et votées à l'Assemblée nationale
00:42ne verront probablement jamais le jour.
00:45Soit parce qu'elles sont anticonstitutionnelles,
00:47soit parce qu'elles sont en contravention avec le droit international.
00:52Mais que vaut la parole d'un gouvernement qui, l'année dernière,
00:55promettait la main sur le cœur aux entreprises que l'effort ne durerait qu'un an
00:59et qui, un an plus tard, a trahi toutes ses promesses sur l'autel de la stabilité politique.
01:06Avec probablement près de 20 milliards de hausses d'impôts sur les entreprises
01:10dans le prochain budget, le coût de la stabilité n'est-il pas supérieur à l'instabilité ?
01:16Les patrons en font-ils trop sur le budget ?
01:18C'est le premier sujet des experts aujourd'hui.
01:21Et puis hier soir, la Commission des finances a adopté une proposition de loi
01:24de la France Insoumise portée par Aurélie Trouvé
01:26pour nationaliser ArcelorMittal en France.
01:29Le tout pour sauver la sidérurgie et financer sa décarbonation.
01:34On va voir ensemble si c'est une folie, est-ce que ce n'est pas la pire des idées finalement ?
01:38On va revenir sur les résultats aussi stratosphériques de Nvidia
01:41que tout le monde attendait hier soir.
01:43Le bénéfice net a bondi de 65% au troisième trimestre.
01:48Est-ce que ces bons résultats écartent le risque de bulles sur l'IA et la tech ?
01:52Et puis on finira avec le paquet de dérégulation numérique présenté hier à Bruxelles
01:56qui coïncide avec une très belle année pour l'industrie de la tech en Europe.
02:01Tech européenne, va-t-elle enfin se réveiller ?
02:03Ce sera le dernier sujet ensemble de l'émission.
02:06Il est 10h passée de 2 minutes.
02:08Nous sommes ensemble jusqu'à 11h.
02:10Alors c'est les experts, vous êtes bien sur BFM Business.
02:13A tout de suite.
02:21Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Christian de Boissieu.
02:27Bonjour Christian.
02:28Bonjour.
02:29Économiste et vice-président du Cercle des économistes.
02:31Face à vous Philippe Manière.
02:32Bonjour Philippe.
02:33Bonjour.
02:34Président de Veuille Solis, Communication et Jean-Daniel Lévy.
02:36Bonjour Jean-Daniel.
02:37Bonjour.
02:37Directeur délégué de l'Institut Harris Interactive.
02:41Le premier sujet, je me tourne vers vous Philippe Manière, c'est les patrons, le patronat.
02:47Le patronat en fait-il trop ?
02:49Sébastien Lecornu a indiqué cette semaine à Chousse France qu'il fallait arrêter de tirer la sonnette d'alarme
02:54sur les milliards qui valent à l'Assemblée nationale parce que la plupart de ces taxes finalement ne seront pas votées.
03:02Alors qui a raison ? Les patrons ou le gouvernement ?
03:06Vous avez presque tout dit dans l'introduction, Raphaël.
03:08C'est-à-dire qu'on nous promet une stabilité dont on n'est pas sûr de l'avoir
03:11et qui, si elle est la stabilité dans la configuration qu'on a, n'a que des inconvénients.
03:16Alors on ne voit pas très bien où est le deal.
03:17C'est perdant-perdant.
03:18En quelque sorte.
03:19J'aurais dû commencer par dire qu'à mon avis, les organisations patronales,
03:22comme d'ailleurs les organisations syndicales ouvrières, comme on dit,
03:25ont un mandat, que chacun fasse son boulot et les vaches seront bien gardées.
03:29Le mandat des organisations patronales, le MEDEF et les autres, c'est quand même de défendre les entreprises.
03:33Donc moi, je ne peux pas leur en vouloir quand je vois qu'ils défendent les entreprises.
03:37Et je trouve que c'est plutôt bien de le faire plus que pas assez.
03:39Alors après, quand on a dit ça, on n'a rien dit parce que est-ce que tout ça, c'est bon pour le pays ?
03:43Est-ce que tout ça, ça va dans le bon sens ?
03:45Moi, je crois que oui, parce qu'il se trouve que précisément ce contre quoi le MEDEF s'érige,
03:50ce sont des taxes et des comportements qui sont très mauvais pour le pays.
03:53Vous disiez vous-même la parole de l'État.
03:55La parole de l'État, ça n'est quand même pas tout à fait rien.
03:58Enfin, on est quand même dans une situation où le civisme élémentaire a plutôt tendance à s'éroder
04:02qu'à prospérer.
04:03Est-il, dans ce contexte-là, de bonnes méthodes de renier la parole de l'État ?
04:09Je ne crois pas que l'État dise l'an dernier,
04:11non, non, mais rassurez-vous, ça va faire mal, mais une seule fois avec cette année,
04:14naturellement, on continue.
04:15Ce n'est pas très sérieux.
04:16Ça interroge beaucoup les administrateurs étrangers au sein des conseils du CAC 40
04:19et des grands groupes français.
04:20Et les investisseurs étrangers.
04:22Moi, quelques jours, je voyais quelqu'un qui fait profession de faire venir des investisseurs étrangers
04:26qui a deux doigts de signer un deal de 2 milliards d'investissements en France.
04:30Et les gars lui ont dit, écoutez, on va peut-être attendre un petit peu
04:32parce que votre truc où toutes les semaines, on rajoute des impôts.
04:34Parce que quand on nous dit, n'ayez pas peur, ce que dit le Parlement, ça ne sert à rien.
04:38Pardonnez-moi, c'est un peu contre-intuitif.
04:39Si vous avez fait un tout petit peu d'études, si vous êtes un tout petit peu démocrate,
04:42vous avez tendance, naïvement, à penser que la délibération nationale
04:46a un peu vocation à fixer le droit.
04:48Alors que le Premier ministre dise, vous n'avez rien compris,
04:51le Parlement ne sert à rien, je trouve ça un peu violent
04:53sur le plan institutionnel, théorique, intellectuel et moral.
04:56Mais qu'en plus, ils disent, vous avez tort de gueuler contre ce qu'on ne fera pas,
05:00quoi qu'on dise qu'on va le faire.
05:02Là, ça va franchement un peu loin.
05:03Donc moi, je trouve que le MEDEF fait son boulot.
05:06Les patrons sont objectivement furieux
05:08parce qu'il leur tombe tous les ans une catastrophe de plus sur la tête.
05:12Alors quand on leur dit, pardon, dernier argument,
05:14et puis après je laisse la parole.
05:15Quand on dit, il y en aura 80%, ce ne sera rien.
05:18Il en reste 20, 80, je n'y crois pas.
05:20Mais enfin, mettons qu'il n'en reste qu'un tiers.
05:22Prenez le tiers de 53 milliards,
05:24vous n'êtes pas loin du double de ce qu'on a fait l'an dernier.
05:26Donc moi, je crains beaucoup le biais d'ancrage.
05:28On va leur dire, vous voyez, ça risquait d'être 53 milliards,
05:31ça n'est que 15 milliards, 20 milliards, 30 milliards.
05:33Soyez heureux.
05:34Non, c'est un désastre pour les entreprises
05:36et à mon avis pour le pays.
05:38Question de Brassieu.
05:38Écoutez, moi, je trouve que dans cette affaire,
05:40chacun est dans son rôle.
05:42Exactement.
05:42Et donc, les patrons, ils sont dans leur rôle.
05:46J'ajoute que sur cette affaire qui consiste à dire,
05:49vous ne vous affolez pas,
05:50je parle du Premier ministre qui dit au patron,
05:52vous ne vous affolez pas,
05:53tout ça va être en partie effacée.
05:55C'est effectivement un peu contradictoire
05:57avec le fait de jouer le jeu de ce compromis
05:59entre le gouvernement et le Parti Socialiste.
06:03Et puis, tout ça, ça fait du bruit.
06:06C'est-à-dire que même...
06:07C'est ce que dit le MEDEF,
06:09c'est qu'à la base,
06:10on entend quand même simplement
06:11des impôts, des impôts, des impôts,
06:12et ça gèle l'investissement et l'emploi.
06:14Tout le monde est très inquiet.
06:14Ça confirme l'idée que l'ajustement
06:18va se faire plutôt par la fiscalité
06:20que par la réduction des dépenses.
06:22Bien sûr.
06:23Excusez-moi, moi, ça fait deux, trois mois
06:25que, comme d'autres, autour de cette table,
06:27je suis invité à des débats.
06:28On ne parle que de la fiscalité.
06:30Oui.
06:31On n'a pas commencé,
06:33non seulement à l'Assemblée nationale
06:34et au Sénat,
06:36mais on n'a pas commencé,
06:37même dans les débats,
06:38j'allais dire médiatiques,
06:40à aborder vraiment le problème
06:42de la réduction des dépenses.
06:43François Bayrou l'avait fait précédemment,
06:46ça lui a coûté son patron.
06:47Non, mais je suis d'accord,
06:48mais là, moi, je ne vois pas le calendrier.
06:49Ou alors, le gouvernement sait
06:51qu'il va être obligé de passer,
06:53ou obligé,
06:53ou je ne sais pas s'il faut dire obligé,
06:55ou avoir à faire une ordonnance.
06:57Mais on est dans un jeu,
06:59au sens de la théorie des jeux,
07:01dans un jeu que je ne trouve pas très sain,
07:03où chacun, au fond,
07:06a du mal à croire à ce qu'il fait.
07:08Le Premier ministre, finalement,
07:10qui joue le jeu pour l'instant,
07:12loyalement,
07:12je trouve que le cornu se débrouille
07:13plutôt bien, par ailleurs.
07:15Oui.
07:16En tout cas...
07:17Est-ce qu'il n'est pas prêt
07:18à tout sacrifier sur l'automne
07:19de la stabilité
07:20et de la conservation du pouvoir à Matignon ?
07:23Je viens en disant,
07:23pour rejoindre Philippe,
07:24qu'il faut comparer
07:27le coût de l'instabilité politique
07:30au prix à payer
07:31d'une certaine stabilité.
07:33Au bout du compte,
07:34on aura peut-être les deux, d'ailleurs.
07:36On aura peut-être...
07:36La guerre et le déshonneur.
07:37Oui, on aura peut-être
07:38l'instabilité politique
07:39et en même temps
07:40cette surcharge fiscale.
07:43Mais moi, je trouve que
07:45le message envoyé,
07:47à l'heure actuelle,
07:49par ce spectacle quand même
07:50assez, je ne sais pas si il faut dire,
07:52lamentable ou étonnant,
07:53ou les deux,
07:55ce message est, à mon avis, utile.
07:58Voilà.
07:58Je parle du message envoyé
07:59par les chefs d'entreprise.
08:00Oui.
08:01Jean-Daniel Lévy,
08:02comment est perçu ce désordre
08:04dans l'opinion publique ?
08:05Eh bien, il est mal perçu,
08:07mais il faut voir aussi
08:08ce que peut être l'origine
08:09du point de vue des Français.
08:10C'est qu'il y a eu une dissolution
08:11et que cette dissolution
08:12n'a pas tranché véritablement un débat.
08:14Oui.
08:14Il y a un point qui est assez frappant
08:16et d'ailleurs qui revient
08:17de la part des Français
08:17sans être dans une forme
08:19de complotisme
08:19ou de critique absolue,
08:20c'est quel a été le mandat
08:22qui a été fixé d'une manière globale
08:23à l'égard de l'exécutif.
08:25Et ce mandat n'existe pas
08:26à proprement parler.
08:27Avec un point qui commence
08:28à ressurgir,
08:30c'est que les Français
08:31ne remettent pas en cause
08:32le fait aujourd'hui
08:33que nous avons une dette,
08:34un déficit qui est assez important.
08:36C'était même assez angoissé par le sujet.
08:38C'est que ça a progressé
08:39quand même assez nettement
08:40au cours des derniers mois.
08:42Mais pour autant,
08:43ils disent
08:43est-ce que ça a été l'objet
08:45du débat
08:46de la dissolution
08:47et des élections législatives
08:49dernières ?
08:49Absolument pas.
08:51Et ce qui est assez frappant,
08:51c'est que quand vous regardez
08:52ni dans les attendus
08:53qui ont été portés
08:54par Emmanuel Macron
08:55lorsqu'il a annoncé
08:56la dissolution,
08:57ni même lorsqu'il y a eu
08:58les échanges
09:00qui ont pu émailler
09:01les quelques semaines
09:02de confrontation politique
09:04au cours des mois
09:05de juin et juillet 2024,
09:08la question de la dette
09:09et des déficits
09:09n'ont absolument pas
09:11été abordées.
09:12Et de l'économie
09:12au sens large.
09:13Et donc, en fait,
09:14il y a une situation aujourd'hui
09:15où, objectivement,
09:16les Français ne disent pas
09:17qu'il y a une remise en cause
09:18du fonds,
09:19mais qui disent
09:20est-ce qu'il y a aujourd'hui
09:21une légitimité institutionnelle
09:23de la part des différents acteurs,
09:25que ce soit
09:25Michel Barnier,
09:26François Bayrou
09:27et aujourd'hui
09:28Sébastien Lecornu,
09:29à prendre un certain nombre
09:30de mesures
09:31qui sont des mesures
09:31qui n'ont pas été tranchées
09:32démocratiquement.
09:34Donc ils disent
09:34au moins
09:35la démarche
09:36qui a été entreprise
09:36par Sébastien Lecornu
09:37de dire
09:37je n'ai pas forcément
09:38la possibilité
09:39de pouvoir tout faire.
09:40Je vais confier
09:41aujourd'hui
09:42à l'Assemblée nationale.
09:44Le soin
09:45de légiférer
09:46et de trouver un accord
09:47est plutôt bien accueilli,
09:49même si aujourd'hui
09:49on ne voit absolument pas
09:51la lisibilité
09:52et la cohérence globale
09:53de ce que peut être
09:54l'ensemble du budget
09:55tel qu'il semble se dessiner.
09:56Plus personne n'y comprend rien.
09:57Tant et si bien
09:58qu'on est quand même
09:59dans une situation
10:00qui sera peut-être
10:00unique
10:02sous l'histoire
10:03de la cinquième politique
10:03et qui commence
10:04à se dessiner,
10:05avec un refus
10:07de la part
10:07de toutes les forces politiques
10:08de voter le budget
10:10et à chaque fois
10:11pour des raisons
10:12qui vont être
10:12des raisons différentes.
10:13On a trouvé
10:14une forme d'unanimité
10:15sur les bancs
10:16de l'Assemblée nationale.
10:17Tout le monde est d'accord
10:18pour dire non.
10:19Chacun a gagné quelque chose
10:22dans le cadre de ce budget
10:23mais pour autant
10:24les pertes qui sont perçues
10:25de la part des différentes
10:26forces politiques
10:27apparaissent comme étant
10:28plus importantes
10:28que les gains
10:29qui ont été opérés
10:30et qui ne permettent pas
10:31aujourd'hui d'avoir
10:31une clarté
10:32d'un point de vue global
10:33d'un point de vue d'opinion.
10:33Philippe Manière
10:34qui est à l'époque.
10:35La situation institutionnelle
10:36est vraiment complètement dingue.
10:37Je crois que c'est Prisca Thévenot
10:38qui disait ce matin
10:39dans l'opinion
10:39que c'est bien gentil
10:41de donner les clés
10:42du camion aux parlementaires
10:43mais l'exécutif est quand même
10:44là pour donner un cap.
10:45Or l'exécutif ne donne
10:46aucun cap d'ailleurs.
10:46Ce n'est pas surprenant
10:47puisqu'il n'en a pas.
10:48Pour être très honnête
10:48moi je suis un peu plus dur
10:50que Christian
10:51avec le Premier ministre
10:52je ne comprends pas
10:53ce qu'il veut faire.
10:53On n'a pas vu de l'île rouge
10:54on ne l'a pas vu s'exprimer.
10:56Il n'a pas eu de discours
10:56de politique générale
10:57sauf pour dire
10:58qu'il n'en a pas.
10:59Non mais malin
11:00enfin pardon
11:00mais ça je pense que
11:01Est-ce qu'on ne tord pas
11:02les institutions ?
11:03Est-ce que ce n'est pas le rôle
11:03du gouvernement de donner un cap ?
11:04Je pense qu'on est aux limites
11:05de ce qu'on peut faire
11:06si on veut respecter
11:07les institutions.
11:08On les respecte
11:09à peu près
11:10littéralement
11:11mais l'esprit est complètement violé.
11:13C'est-à-dire que l'exécutif
11:14sous la cinquième publique
11:15est tout de même là
11:16pour donner un cap.
11:16Naturellement
11:17tout ça normalement
11:18se passe dans un cadre
11:18où vous avez une majorité
11:19qui appuie le gouvernement
11:20donc on voit bien
11:21que là
11:21c'est une situation alternative
11:23un peu nouvelle
11:24et que ça peut expliquer
11:25un certain nombre de troubles
11:25mais là
11:26on n'a pas seulement un trouble
11:27on a toutes les parties prenantes
11:29qui profitent de la situation
11:31pour faire des numéros de claquettes
11:32Christian disait gentiment
11:33tout à l'heure
11:34qu'on n'était pas sûr
11:34de savoir
11:35s'il pensait ce qu'il disait
11:36moi je pense qu'on est certain
11:37du contraire
11:38c'est-à-dire que chacun
11:39des acteurs au Parlement
11:40a pour seule obsession
11:42d'envoyer des messages
11:43à son électorat
11:43dans la perspective
11:44des municipales
11:45et de la présidentielle.
11:47Personne n'envisage
11:48à un instant
11:48que ce budget
11:48puisse être raisonnable
11:49donc honnêtement
11:50il y a une vraie trahison
11:51du mandat électif
11:52d'une grande partie
11:52je ne veux pas les accabler de tous
11:53parce que certains
11:55sont très sérieux
11:55très responsables
11:56mais la très grande majorité
11:58des acteurs de ce jeu
11:59à l'Assemblée nationale
12:00je ne parle pas du Sénat
12:01qui est plus responsable
12:02sont irresponsables
12:03c'est-à-dire qu'ils n'ont pas
12:05du tout sincèrement
12:06le désir
12:06de faire que ce pays
12:08sorte avec un budget
12:09ils n'ont pas ce désir
12:10le seul désir qu'ils ont
12:11et c'est là où en fait
12:12ils se retrouvent tous
12:13c'est d'éviter
12:14alors ils vont finir par y arriver
12:16le temps passe
12:16c'est d'éviter une dissolution
12:18à voile municipale
12:19pour la raison qu'on sait
12:20c'est-à-dire que
12:20s'il y avait une dissolution
12:21il y aurait très probablement
12:22un score très élevé
12:23du Rassemblement national
12:23qui emporterait
12:25dans les municipales
12:26des tas de villes
12:27que le PS, LR
12:29et même les écolos
12:29espèrent bien garder
12:30c'est leur seul point
12:31donc tout le monde
12:32s'accroche à son fauteuil
12:33à l'Assemblée
12:33comme au gouvernement
12:35pardonnez-moi
12:35mais on ne peut pas
12:36être satisfait de cette situation
12:37c'est pas seulement
12:38qu'on est dans une situation
12:39absurde
12:40où effectivement
12:40tout le monde vote contre
12:41un budget
12:41alors que pour la première fois
12:42il y a la main de l'Assemblée
12:43ce qui est tout de même
12:44un peu paradoxal
12:45mais en plus
12:46tous les acteurs
12:47de notoriété quasi-publique
12:48les seuls qui ne le savent pas
12:50c'est ceux qui ne comprennent pas
12:51malheureusement
12:51qui sont assez nombreux
12:52donc là aussi
12:52déni de démocratie
12:53tous les acteurs
12:54sont là pour leur gueule
12:55pardon de le dire
12:56donc il y a un problème
12:57de niveau intellectuel
12:59d'un certain nombre
12:59et pardonnez-moi de le dire
13:00de niveau moral
13:01de la plupart
13:02le problème au fond
13:04c'est par rapport
13:05à ce qui se passe
13:06il n'y a pas de force de rappel
13:08oui
13:09il n'y a aucune force de rappel
13:11ou de limite
13:11je vous parlais de la suppression
13:15du 42
13:15mais de la promesse
13:16de non-utilisation
13:17avec ce qui se passe
13:17aux Etats-Unis
13:18Trump est en train
13:19de revenir un peu
13:21sur ses ambitions
13:22en termes de tarifs douaniers
13:24pourquoi ?
13:25parce qu'il y a quand même
13:27un peu d'inflation
13:28aux Etats-Unis
13:29et que les primaires
13:30enfin pas les primaires
13:33les élections intermédiaires
13:35les demi-termes
13:35arrivent dans quelques trimestres
13:38etc
13:38on a l'impression
13:39que du côté américain
13:41pour arrêter un peu
13:42j'allais dire
13:43les folies
13:43ou en tout cas
13:44les excès
13:44il y a
13:45une forme de rappel
13:46y compris d'ailleurs
13:48du côté du dollar
13:48et des marchés financiers
13:49là aujourd'hui
13:50le problème qu'on a
13:51c'est que la France
13:52elle ne va pas bien
13:53mais elle n'a jamais
13:55on n'est pas encore
13:57on n'est pas sanctionné
13:57par les marchés
13:58on n'est pas encore
13:58complètement au fond
14:02de la piscine
14:03on n'est pas le Canada
14:04ou la Suède de 1994
14:06on n'est pas
14:08un certain nombre de pays
14:09qui étaient vraiment
14:10au bord du gouffre
14:11nous ça ne va pas bien
14:12mais il n'y a pas
14:14cette prise de conscience
14:15du fait que nous sommes
14:16au fond de la piscine
14:17et qu'il faut absolument
14:18de brouiller
14:19et j'ajoute
14:20moi d'un côté
14:22je suis content
14:23que la France
14:23arrive encore
14:24à placer son papier
14:25sans trop de dégâts
14:27le spread
14:28vis-à-vis de l'Allemagne
14:29il se tient
14:31oui
14:31mais pour des raisons
14:32qui n'ont rien à voir
14:33avec la France
14:33qui ont à voir
14:35avec le fait
14:35la faute à l'euro
14:36dit Philippe Pannère
14:36c'est vrai qu'on aurait le franc
14:37on aurait évalué
14:38si il n'aurait pas l'euro
14:38il y aurait eu 5 dévaluations
14:40il y aurait eu plusieurs dévaluations
14:41donc en fait
14:41c'est quand même une chance
14:43d'être protégé
14:43ce qui est fou
14:44c'est qu'on en arrive à dire
14:45je pense que la France
14:46creuse sa tombe
14:47à l'abri de l'euro
14:47je pense que c'est terrible
14:49d'avoir l'euro
14:50c'est rétrospectif
14:51alors évidemment
14:52je ne dis pas qu'il faut le démonter
14:53parce que je pense
14:53je ne sais pas s'il fallait le faire
14:56je sais qu'il ne faut pas
14:57le démonter maintenant
14:58ce serait un désastre
14:58mais je sais qu'objectivement
15:00aujourd'hui
15:00à l'abri de l'euro
15:01la France fait des folies
15:02qu'elle ne pourrait pas faire
15:03et qu'elle paiera seule
15:05parce qu'il ne faut pas
15:06se faire d'illusions
15:06les Européens ne vont pas
15:07prendre leur part du fardeau
15:08de nos bêtises
15:09donc l'euro nous protège
15:10jusqu'au moment
15:11où il ne nous protégera plus
15:12et on se réveillera
15:13et là on aura fait
15:14tellement de bêtises
15:15qu'on aura beaucoup de mal
15:16à se relever
15:16donc l'euro nous permet
15:18de faire des bêtises
15:18qu'on ne ferait pas sans lui
15:19et donc c'est
15:20si il nous dessert
15:21Christian de Boissy
15:22a la réponse
15:23vous le savez Philippe
15:25j'ai toujours été favorable
15:26à l'euro
15:26dans l'analyse
15:28l'analyse coût-avantages
15:29je ne savais pas dire
15:30qu'il n'y ait pas des coûts
15:30derrière l'euro
15:31j'ai toujours pensé
15:32que les avantages
15:32je l'emporte sur les inconvénients
15:34simplement
15:35c'est effectivement
15:37un anesthésiant
15:38c'est ce qu'on disait
15:39d'une certaine façon
15:40qu'il y aurait eu
15:41plusieurs dévaluations
15:42du franc
15:43s'il n'y ait pas eu l'euro
15:45mais que
15:45au fond
15:46moi je préfère
15:47évidemment
15:48on ne va pas sortir de l'euro
15:50je reste favorable
15:51à l'euro
15:51je dis derrière tout ça
15:52il y a le problème
15:53de la faiblesse
15:54de la gouvernance européenne
15:55parce que la force de rappel
15:57il veut dire
15:58et le fait que l'Allemagne
15:59bon élève
16:01qui paye les taux d'intérêt
16:03les plus faibles
16:03toutes choses égales
16:05par ailleurs
16:05en tout cas
16:07par rapport aux autres pays
16:08de la zone euro
16:08le fait que l'Allemagne
16:09lance ce programme
16:11d'ajustement massif
16:12qui va monter
16:13son déficit public
16:14certes
16:15l'Allemagne
16:16a une marge de manœuvre
16:17du côté de son ratio
16:18d'aide publique
16:18par rapport à nous
16:19mais je pense que
16:21ça
16:21ça
16:22ça camoufle un peu
16:24une partie des problèmes français
16:26parce qu'on se dit
16:26voilà il va y avoir une relance
16:27il n'y a pas que la France
16:28qui va avoir un déficit public
16:30supérieur à 3
16:31bon
16:31mais
16:32je termine en disant
16:34que
16:35pour moi la question de savoir
16:36s'il y a
16:37des barrières
16:38à ces comportements
16:39ce que j'appelle
16:40des forces de rappel
16:41qui viennent des marchés financiers
16:43qui viennent du taux de change
16:44qui viennent de la gouvernement
16:45de Bruxelles
16:45je pense que
16:47les forces de rappel
16:48sont aujourd'hui
16:48faibles
16:49parce que
16:50l'Europe
16:51du point de vue
16:52de sa gouvernance
16:52est faible
16:53et que
16:54la seule sortie
16:55et je termine là-dessus
16:56excusez-moi
16:57la seule sortie
16:58moi que je vois
17:00depuis un an
17:00depuis que le rapport
17:01Draghi a été présenté
17:02la sortie par le haut
17:03c'est de s'occuper
17:04de production
17:04c'est de s'occuper
17:05d'avoir plus d'entreprises
17:07de taille intermédiaire
17:08etc
17:08et qu'on n'est pas du tout
17:09ni au niveau européen
17:10ni en France
17:11dans cette problématique
17:12le budget va même
17:13dans l'autre sens
17:13absolu
17:14on en reparlera
17:14dans la seconde partie
17:15de l'émission
17:15je note que
17:16la Grèce
17:17qui bénéficie aussi
17:18de l'euro
17:18c'était 10,5%
17:20de déficit
17:20en 2010
17:21et que c'est 1,5%
17:23aujourd'hui
17:24que l'Espagne
17:24le Portugal
17:25ont fait le boulot
17:26chez eux
17:27en redressant
17:28la Grèce
17:29parce qu'on les a obligés
17:30à faire le boulot
17:31sinon ils bénéficiaient
17:32plus de l'euro
17:32donc malheureusement
17:33ça n'arrivera pas
17:34chez nous
17:35pas de cette manière
17:35bon
17:36chez nous
17:36on va nationaliser
17:37c'est ce que propose
17:38la France Insoumise
17:39c'était hier soir
17:40en commission des finances
17:41une proposition de loi
17:42d'Aurélie Trouvé
17:44pour nationaliser
17:46ArcelorMittal
17:47nationaliser
17:48la sidérurgie
17:49ça nous rappelle
17:50de vieux souvenirs
17:52l'idée
17:54l'idée
17:55c'est de
17:56protéger
17:57évidemment
17:57les emplois
17:58et d'aider
17:58à la décarbonation
18:00est-ce que c'est efficace
18:01à la nationalisation
18:02est-ce que c'est important
18:03d'abord de garder
18:04la sidérurgie
18:05c'est pas le boulot
18:06de l'état
18:06de propriétaire
18:07d'entreprises
18:08sidérurgiques
18:09d'ailleurs
18:10d'aucune entreprise
18:11à part des cas très rares
18:13alors
18:14comme toutes les règles
18:15on peut imaginer
18:16des exceptions
18:16même les Etats-Unis
18:18qui sont
18:18comme on le sait
18:19assez peu favorables
18:20traditionnellement
18:21enfin il y a Trump
18:22mais qui historiquement
18:22sont assez peu favorables
18:24à la détention collective
18:25des moyens de production
18:25oui et en même temps
18:26ils prendent des parts
18:27de plus en plus
18:28dans les entreprises américaines
18:29oui mais c'est nouveau
18:30ça c'est des trumperies
18:31mais avant
18:31rappelez-vous
18:32sous Obama
18:32ils ont nationalisé
18:33temporairement
18:34une partie de l'industrie
18:34automobile etc
18:35donc quand il y a une crise
18:36quand il y a une raison
18:37de penser
18:38l'Etat peut jouer au stratège
18:39non ?
18:39non mais non
18:39moi j'y crois pas beaucoup
18:40d'ailleurs regardez
18:41le track record
18:42de l'Etat comme stratège
18:43et puis il y a encore
18:43un autre argument
18:44c'est que
18:44si vous êtes actionnaire
18:46oui Alstom
18:47ça a pas mal marché
18:47si vous êtes actionnaire
18:49d'une entreprise
18:50vous, moi
18:51parce qu'on l'achète en bourse
18:52si ça se casse la figure
18:53on était volontaire
18:54pour prendre le risque
18:54quand c'est nationalisé
18:56c'est le contribuable
18:57qui prend le risque
18:57sans qu'on le consulte
18:58et tout le monde
18:59paye les pots cassés
19:00donc il y a quand même
19:00de très bons arguments
19:01pour être très réticents
19:02aux nationalisations
19:02mais effectivement
19:03il y a des exceptions
19:03j'évoquais le cas américain
19:05vous évoquiez à juste titre
19:06le cas d'Alstom
19:06on peut dire que
19:07dans certains cas
19:08une entreprise
19:09ou un secteur
19:10passe par un mauvais moment
19:11mais que ça va se redresser
19:12et que c'est l'intérêt
19:14de tous
19:15que l'Etat investisse
19:16parce qu'il ressortira
19:16à peu près convenablement
19:17moi je suis pas hostile
19:19à ça
19:19pourquoi pas
19:20simplement je me demande
19:21si on peut plaider
19:22que le marché de l'acier
19:23va se redresser
19:24de telle manière
19:25un jour
19:26de telle manière
19:26que l'Etat puisse ressortir
19:28d'ArcelorMittal un jour
19:28enfin d'Arcelor
19:29parce qu'il n'y aura plus de Mittal
19:30sans perdre de l'argent
19:32je n'y crois pas beaucoup
19:32alors le dernier argument
19:33c'est celui de la souveraineté
19:34est-ce qu'il est vraiment important
19:36qu'un pays produise de l'acier
19:37les Allemands
19:39les Italiens
19:39qui sont quand même
19:40jusqu'à nouvel ordre
19:40nos amis et nos voisins
19:41en font bien
19:43du bon
19:43faut-il se dire
19:44qu'on a absolument besoin
19:45d'une autre
19:46je n'en sais rien
19:46donc moi je serais
19:48plutôt rétif
19:49à cette idée là
19:50mais je pense pas
19:50qu'il faut la rejeter
19:51sur des raisons de principe
19:52surtout sur des raisons
19:53à partir de raisons
19:54d'analyse du marché
19:55de la situation spécifique
19:56de l'entreprise
19:57dont on parle
19:57est-ce que ça sonne bien
19:58encore dans l'opinion publique
20:00le mot nationalisation
20:01ça sonne très très bien
20:03ça sonne très très bien
20:04pas forcément
20:05d'une manière globale
20:05mais lorsque vous allez
20:07l'appliquer
20:08à des secteurs
20:09qui apparaissent
20:10comme étant
20:10pas forcément stratégiques
20:11en tant que tels
20:12mais qui apparaissent
20:12comme étant emblématiques
20:13et que derrière
20:15la sidérurgie
20:16on a la perception
20:17à tort ou à raison
20:18qu'on a le départ
20:20de tout un parti
20:21de savoir-faire
20:22ou de franges de population
20:24ou de territoires
20:25qui peuvent être
20:25à leurs yeux
20:26sinistrés
20:26on a vu ce qui s'est passé
20:27notamment dans l'Est
20:29de la France
20:29on avait vu d'ailleurs
20:30à l'époque de François Hollande
20:31les débats à l'époque
20:32de Florence
20:32et que globalement
20:35le débat pour les français
20:36c'est pas savoir
20:36est-ce que ça marche
20:37ou est-ce que ça marche pas
20:38le débat c'est pas savoir
20:39est-ce que l'état
20:39est stratège ou pas stratège
20:40est-ce que c'est un secteur
20:41qui est un secteur d'avenir
20:42ou pas
20:43mais presque plus
20:44est-ce que c'est un secteur
20:45du passé
20:45dont on souhaite
20:46véritablement
20:47tourner la page
20:48c'est plus émotionnel
20:49que rationnel
20:49économiquement
20:50profondément émotionnel
20:52en se disant
20:54que c'est pas normal
20:54que ce soit des ouvriers
20:56qui payent entre guillemets
20:56les pots cassés
20:57en plus en France
20:58en général
20:58on aime pas tellement les gros
20:59et là pour le coup
21:00on a le sentiment
21:01qu'il y a des gros actionnaires
21:02individuels
21:02ou extérieurs
21:03qui sont intervenus
21:04qui ont bénéficié
21:06en plus
21:06et on a entendu parler de ça
21:08d'aide de la part de l'État
21:09et que par la suite
21:10à la suite de cela
21:11il y a une décision
21:12pour des raisons
21:13qui apparaissent comme étant
21:13obscures
21:14de fermer
21:15ou en tout cas
21:15de se retirer
21:16de cet aspect-là
21:17donc c'est pas
21:18la question de savoir
21:18est-ce que l'acier
21:19apparaît comme étant
21:20confondément stratégique
21:21c'est
21:21qu'allons-nous faire
21:22aujourd'hui
21:22de nos classes populaires
21:23et de nos catégories populaires
21:24ce qui n'est pas d'ailleurs
21:26sans effet
21:26d'un point de vue politique
21:27c'est très politique
21:28comme question
21:28c'est ce que j'allais vous dire
21:29le comportement électoral
21:31Philippe en parlait tout à l'heure
21:32c'est que malgré tout
21:33vous avez des enjeux
21:34qui sont des enjeux locaux
21:35massifs
21:35et quand vous regardez
21:36l'évolution politique
21:37qui s'est effectuée
21:38dans les endroits
21:38dans lesquels
21:39il y a eu
21:40pas uniquement le secteur
21:41que le secteur de l'acier
21:42mais le secteur industriel
21:44d'un point de vue global
21:44qui s'est retiré
21:45vous n'avez pas eu de montée
21:46mais vous avez eu
21:47une explosion
21:48du vote
21:48en faveur du Rassemblement National
21:50la France en est l'exemple
21:51pur et parfait
21:51et parce qu'on ne propose pas
21:53on ne propose pas
21:54aujourd'hui
21:55un avenir
21:56à ces catégories
21:57de population là
21:57et donc on va être
21:58sur la reconstruction
21:59d'un âge d'or
22:00à posteriori
22:00en se disant
22:01que c'était formidable avant
22:02qu'il y avait une reconnaissance
22:03qu'il y avait un savoir-faire
22:04qu'il y avait une camaraderie
22:05qu'il y avait
22:05tout un tas d'imaginaires
22:06et sans qu'on puisse dire
22:08aujourd'hui
22:08nous proposons
22:09un nouveau modèle
22:10et une nouvelle identité
22:12pour ces salariés
22:13dans ce contexte là
22:14pour leur capacité
22:15à pouvoir se dire
22:16ce secteur là
22:17peut-être
22:17qui n'est plus totalement stratégique
22:18peut-être qu'il ne peut pas fonctionner
22:19mais à la place
22:21voici ce vers quoi
22:22nous pouvons collectivement aller
22:23là vous nous décrivez parfaitement
22:24une forme de déni de réalité
22:26le coût du déni de réalité
22:27et de l'émotion
22:28c'est 3 milliards d'euros
22:28quand même
22:29pour nationaliser
22:30un ou deux mots
22:32j'entends bien
22:34que l'effet signal
22:35peut être positif
22:36à l'intérieur
22:37mais je pense qu'il est négatif
22:39vis-à-vis de l'extérieur
22:40et que la France
22:41n'a peut-être pas besoin
22:42aujourd'hui
22:42dans le contexte du débat
22:43fiscal
22:44que nous traversons
22:46compliqué
22:47atterrant par certains côtés
22:49je pense qu'il ne faut pas rajouter
22:50nécessairement
22:51un mauvais signal
22:52deuxième point
22:53moi je suis pragmatique
22:55comme vous deux
22:55c'est-à-dire que
22:56si c'est une solution
22:58de court terme
22:59nécessaire
23:00pourquoi pas
23:01ce qui me frappe
23:02c'est que
23:02quand je regarde
23:03les récents mouvements
23:06de nationalisation
23:07même en dehors de la France
23:08je pense à la crise bancaire
23:10de 2008
23:10qui a entraîné par exemple
23:12une nationalisation
23:13de certaines grandes banques
23:14aux Pays-Bas
23:15ils sont juste en train
23:16d'en sortir
23:17on est en 2025
23:19la nationalisation
23:21d'ABN Amro
23:22aux Pays-Bas
23:23date de 2008
23:25donc
23:25le temporaire
23:27risque de durer
23:28c'est ça que je suis en train
23:29de dire
23:29et troisième
23:30et dernière remarque
23:32je pense effectivement
23:33qu'on a besoin
23:34ça c'est au fond
23:36le débat post-Covid
23:37qu'on a ouvert
23:38et qu'on n'a pas
23:39à mon avis
23:40vraiment traité
23:40on a besoin
23:41d'une politique industrielle
23:43ambitieuse
23:44qui ne peut pas
23:46se réduire
23:47à des problèmes
23:47de propriété
23:48publique
23:49ou privée
23:49je veux dire
23:50moi je suis frappé
23:52de ce que
23:53au fond
23:54depuis
23:542020-2021
23:56qu'on a
23:57rouvert le débat
23:59moi en tant qu'économiste
24:00quand il y a 20 ou 30 ans
24:01je parlais de politique industrielle
24:03dans une ancêtre internationale
24:04je n'ai pas besoin de dire ma nationalité
24:06les gens avaient compris
24:08que je suis français
24:09on était un cas unique
24:10aujourd'hui
24:11aujourd'hui
24:11on est dans une attitude
24:13différente
24:14y compris
24:15mais les états sont davantage présents
24:16dans le capitalisme
24:17peut-être paradoxalement
24:18en 2025
24:19comme en 1980
24:20au niveau international
24:20je trouve que le débat
24:21je veux dire que
24:22par rapport à ce que je suis en train de dire
24:24sur une stratégie industrielle
24:27le débat
24:28sur les coopérations
24:29à plusieurs pays
24:31en Europe
24:32alors il y a eu les batteries
24:33comment répondre au GAFAM
24:35certainement pas au niveau national
24:38une nouvelle politique européenne
24:39la concurrence
24:40qui permet plus de fusion
24:42et d'acquisition
24:42qu'on a bloqué depuis 30 ans
24:44à Bruxelles
24:44pour des raisons
24:45qui m'ont toujours paru vaseuses
24:46etc
24:47tout ça
24:48ça m'intéresse
24:49à la limite
24:49ça me paraît plus
24:50le fondant
24:51une stratégie industrielle
24:53qu'une mesure locale
24:54qui peut être justifiée
24:55pour des raisons sociales
24:57préélectorales
24:58et
24:58je veux dire
24:59derrière ce que
25:00ce qu'on disait
25:02il y a aussi le débat
25:02sur les salaires
25:03moi je n'ai pas de problème
25:04à dire qu'il y a
25:06des cas dans lesquels
25:07il y a des marges de manœuvre
25:09pour augmenter les salaires
25:10je n'ai pas de problème
25:10probablement pas dans l'acier
25:11parce que précisément
25:12c'est un marché
25:12qui est horriblement concurrentiel
25:15c'est ça tout le problème
25:16moi je suis absolument désolé
25:18de ce qui arrive
25:19dans les régions
25:19qui en sont dévastées
25:20en plus c'est une torture
25:22ça fait 40 ans
25:22que ça dure
25:23on ferme petit
25:24on va les sauver
25:25ça referme
25:26c'est re-sauvé
25:27c'est coté
25:28c'est luxembourgeois
25:30puis ça se casse la figure
25:31puis il y a un agne
25:32et chaque fois
25:32il y a une espèce d'espoir
25:35qu'on va pouvoir y arriver
25:36la vérité
25:36pardon de le dire
25:37c'est que s'il y avait
25:38de la production sidérurgique
25:40dans l'est de la France
25:41ou dans le nord de la France
25:42parce qu'à l'époque
25:42il y avait d'abord
25:43les grands marchés de consommation
25:44étaient en Europe
25:45aujourd'hui ils sont en Asie
25:46et aux Etats-Unis
25:47qui a ses propres capacités
25:48en Amérique du Nord disons
25:49et aussi parce qu'il y avait
25:50du minerai de fer
25:51et du charbon
25:52et on se fiche complètement
25:54de ça aujourd'hui
25:54donc si aujourd'hui
25:57les gens français
25:58vu ce qui est important
26:00c'est-à-dire être près de
26:01il faut être sur l'eau
26:02on ne peut plus être enclavé
26:04personne n'aurait l'idée
26:06de mettre de la production
26:08sidérurgique en France
26:09ni a fortiori malheureusement
26:10et encore une fois
26:10je dis ça à la mort dans l'âme
26:11pour tous mes amis
26:12lorrains ou du nord de la France
26:13là où elle se trouve
26:14ou du sud
26:14donc si vous voulez
26:16on fait survivre quelque chose
26:18sans préparer l'avenir
26:19qui n'a pas de raison
26:21d'exister là où elle était
26:22aujourd'hui
26:23là où elle était avant
26:24elle n'a plus de raison
26:24d'exister aujourd'hui
26:25c'est triste à dire
26:25mais c'est comme ça
26:26moi je suis très sensible
26:27disais Jean Daniel
26:28c'est-à-dire que tu regardes
26:28la carte du vote extrême
26:30recouvre à peu près
26:31la carte des restructurations
26:32donc collectivement
26:32et là je bats ma coupe
26:33on a eu tort
26:34de prendre à la légère
26:35les conséquences sociologiques
26:37et électorales
26:37de la désindustrialisation
26:38on a pensé longtemps
26:40et encore une fois
26:41je l'ai pensé aussi
26:42que c'était assez normal
26:43que l'industrie
26:44baisse dans le PIB
26:45sans se rendre compte
26:46qu'il y avait derrière
26:47de l'innovation
26:48de la redistribution
26:49des salaires élevés
26:51pour des gens non qualifiés
26:52enfin on connait
26:52tous les avantages de l'industrie
26:53mais il a fallu du temps
26:54pour qu'on se réveille
26:55donc on a fait probablement
26:56des bêtises
26:56mais d'abord
26:57il y en a une partie
26:58qui sont inévitables
26:58dans un monde ouvert
26:59et puis surtout
27:00aujourd'hui
27:00on ne peut pas revenir dessus
27:01c'est-à-dire que si demain
27:02vous sauvez
27:02vous nationalisez
27:03les types qui votent
27:04RN à Florens
27:05ils ne vont pas se mettre
27:06à voter PS
27:07on est d'accord
27:07donc voilà
27:08malheureusement
27:09l'argument est très intéressant
27:10rétrospectivement
27:11il n'a aucun intérêt prospectif
27:12mais je le partage
27:13complètement évidemment
27:14donc voilà
27:15c'est triste
27:16mais c'est comme ça
27:16et je reviens
27:18sur ce que disait
27:18évidemment Christian à l'instant
27:20c'est-à-dire que
27:21la France n'a pas un rond
27:22et elle a une image
27:24très suspecte
27:25aux yeux de beaucoup
27:26d'investisseurs internationaux
27:27claquer 3 milliards d'euros
27:29passez-moi l'expression
27:30pour aller faire
27:31une nationalisation
27:32je ne pense pas
27:33que ça améliore énormément
27:34notre capacité
27:35à aller lever de l'argent
27:35bon
27:36c'était l'industrie
27:38probablement du passé
27:39pour la France
27:40on va parler
27:41juste après
27:42cette petite coupure pub
27:43de l'industrie du futur
27:45de Nvidia
27:46de l'intelligence artificielle
27:48et de la tech
27:49peut-être du réveil
27:50de la tech
27:50européenne
27:51et même de Bruxelles
27:53c'est dire
27:53restez avec nous
27:54on se rejoint
27:55tout de suite
27:55BFM Business
28:02et la Tribune
28:03présente
28:03les experts
28:05Raphaël Legendre
28:07allez on est de retour
28:09pour la seconde partie
28:10de l'émission
28:10avec toujours
28:11autour de la table
28:12Christian de Boissieu
28:13Jean-Daniel Lévy
28:13et Philippe Manière
28:15on parlait
28:16industrie
28:17avant la coupure pub
28:18on va parler
28:18intelligence artificielle
28:20les tech
28:20l'événement
28:21hier soir
28:22c'était évidemment
28:22les résultats trimestriels
28:24de Nvidia
28:25Wall Street
28:26et le monde entier
28:27d'ailleurs avait les yeux
28:28rivés sur ces résultats
28:29c'est un peu devenu
28:30le baromètre
28:31de la tech
28:32et de l'économie
28:33américaine
28:34de manière plus globale
28:36d'ailleurs
28:37et le géant
28:38des semi-conducteurs
28:39a rassuré
28:40avec des résultats
28:42absolument stratosphériques
28:43un bénéfice net
28:44en hausse
28:45de 65%
28:46à quelque
28:4732 milliards
28:49de dollars
28:50pour un chiffre d'affaires
28:51à 57 milliards
28:52et puis surtout
28:53à écouter
28:55le patron
28:56de Nvidia
28:56la bullia
28:58les marchés
28:59en bruce
28:59n'y est
29:00absolument pas
29:01on est encore
29:02parti pour
29:02des années
29:03et des années
29:03à Christian de Boissieu
29:04écoutez moi
29:05ça me rappelle
29:07les débats
29:08sur la bulle internet
29:1195-2000
29:13il y avait la bulle telco
29:14oui
29:14sauf qu'à l'époque
29:15il n'y avait pas
29:16d'application
29:16directe industrielle
29:18non mais moi je pense
29:18alors je ne parle pas
29:19de Nvidia
29:19je ne connais pas
29:20suffisamment
29:20je ne suis pas
29:22analyse financier
29:23ligne par ligne
29:24mais viré
29:25globalement parlant
29:26moi je pense
29:27qu'il y a quand même
29:27une sérieuse bulle
29:28sur l'intelligence
29:29artificielle
29:30et que
29:31pour l'instant
29:32elle est en train
29:35de se constituer
29:36les banques centrales
29:38ne sont pas d'humeur
29:39en ce moment
29:39à relever leur taux
29:40d'intérêt
29:41je dis tant mieux
29:41mais
29:43le jour où ça viendra
29:45parce que ça viendra
29:47là
29:48il y aura forcément
29:50des corrections
29:50à venir
29:51et
29:52vous avez
29:52c'est là où je fais
29:54le rapprochement
29:54quand même
29:55avec ce qui s'est passé
29:56entre 95 et 2000
29:57au moment de la constitution
29:59de la bulle internet
30:00vous vous souvenez
30:01ça a duré 5-6 ans
30:02la formation
30:03de la bulle internet
30:03et quand
30:04le marché a changé
30:06d'humeur
30:06que tout le monde
30:07s'est mis
30:09de l'autre côté
30:09du bateau
30:10si je peux dire
30:10a commencé à vendre
30:11à partir de mars 2000
30:13le dégonflement
30:16a duré aussi
30:17a pris un peu de temps
30:18le dégonflement
30:20ça a duré
30:21deux ans à peu près
30:22donc moi
30:24je pense
30:25que dans ce contexte
30:26on est dans un monde
30:27où il y a
30:28beaucoup de liquidités
30:29oui
30:29bon
30:30ça c'est la conséquence
30:31des politiques monétaires
30:32pendant 10 ans
30:32bon
30:33et dans ce monde
30:34où il y a beaucoup
30:35de liquidités
30:35moi j'aime beaucoup
30:36une formule
30:37qui vient d'un économiste
30:39anglais
30:39qui n'est pas Keynes
30:40pour une fois
30:41qui s'appelait
30:41Sir Dennis Robertson
30:43mais qui était contemporain
30:44de Keynes à Cambridge
30:45et qui disait
30:46the money which is nowhere
30:48must be somewhere
30:49bon
30:50donc la monnaie
30:51qui est nulle part
30:52elle va quand même
30:52quelque part
30:53il y a une partie
30:54qui va
30:55spéculer
30:57alors sur les cryptos
30:58le bitcoin baisse
31:00je ne parle pas
31:01en forme en ce moment
31:02on a du mal
31:03à comprendre
31:03vous avez quand même
31:05beaucoup de classes
31:06d'actifs
31:06qui sont l'objet
31:07de comportements
31:08spéculatifs
31:09aujourd'hui
31:10je ne parle pas
31:11de Nvidia
31:12je ne connais pas
31:13suffisamment la boîte
31:14pour en parler
31:15avec précision
31:15mais je parle
31:17de manière générale
31:17je pense que
31:18se constitue
31:19une bulle
31:20sur l'IA
31:21sur les valeurs
31:22l'IA
31:22et qu'il y aura
31:24un jour
31:25je ne sais pas quand
31:25je ne sais pas
31:26prévoir le calendrier
31:27il y aura des corrections
31:28en particulier
31:28le jour où
31:29les politiques monétaires
31:30se resserrent au rône
31:32Philippe Manière
31:33on est quand même
31:33à l'aune d'une révolution
31:34absolument dingue
31:35j'imagine que vous le voyez
31:36dans les entreprises
31:37que vous conseillez
31:37on n'en sait rien
31:38encore une fois
31:39je trouve que la grande différence
31:40avec la bulle des telcos
31:41du début des années 2000
31:42c'est que internet
31:43est venu un peu plus tard
31:44quand même
31:44il n'y a pas eu d'application
31:45tout de suite
31:45il y a eu l'innovation
31:47un peu presque trop tôt
31:48là on voit que tout le monde
31:49court après
31:49y compris tous les services
31:50qui vont autour de l'IA
31:51ça non plus sur la bulle internet
31:52tous les Google
31:54les Amazon
31:54enfin les géants d'aujourd'hui
31:55à part Nvidia
31:56qui est le new key
31:57dans le bloc
31:57tous les autres
31:58sont nés à ce moment-là
31:59plus ou moins
31:59de la bulle internet
32:00donc la bulle internet
32:01n'exculpe pas
32:02l'apparition de champions
32:03ni un bouleversement
32:05considérable
32:06dans le rapport de force
32:07à la fois économique
32:08et même géopolitique
32:09parce que l'existence
32:10de ces champions
32:11aux Etats-Unis
32:12est de zéro chez nous
32:13ça a quand même des conséquences
32:14c'est sûr que maintenant
32:14il y a l'équivalent en Chine
32:15donc on est vraiment
32:16gros gens comme devant
32:17donc oui
32:18il faut prendre ça au sérieux
32:19oui l'IA va changer
32:20beaucoup de choses
32:21oui ce serait bien
32:21qu'on ne rate pas
32:22cette révolution
32:23comme on a raté la précédente
32:24ça est vrai
32:25il n'empêche qu'à mon avis
32:26il y a incontestablement
32:27de la spéculation
32:28et très probablement
32:29quelque chose
32:29qui est bien plus grave
32:29à mon avis
32:30que la spéculation
32:31parce que la spéculation
32:31on s'en fiche
32:32les gens ils mettent de l'argent
32:32ils espèrent gagner
32:33ils perdront
32:34c'est pas bien grave
32:34enfin il y aura probablement
32:35un effet pigou à l'envers
32:36c'est-à-dire que les gens
32:37aujourd'hui qui dépensent
32:37beaucoup d'argent
32:38parce qu'ils ont l'impression
32:38de s'enrichir
32:39quand la bourse va s'effondrer
32:41ça va leur faire bizarre
32:42forcément il y aura
32:43un tout petit peu de conséquences
32:44sur la consommation
32:45mais moi ce qui m'ennuie le plus
32:46c'est pas ça
32:46c'est la mauvaise allocation
32:47des ressources qui m'ennuie
32:48c'est-à-dire que vous avez
32:49aujourd'hui
32:49vous savez c'est ce fameux
32:51acronyme américain
32:53que j'adore
32:53FOMO
32:54Fear Missing Out
32:55tout le monde investit dans l'IA
32:56parce qu'on ne veut pas rater l'IA
32:57comportement grégaire
32:58un petit peu
32:59oui sur les marchés
32:59c'est pas nouveau
33:00grégaire
33:00qu'on peut comprendre
33:01puisque si monsieur investit
33:03dans l'IA
33:04et que moi je n'investis pas
33:04et qu'il a bonne chance
33:05de me taper demain
33:06s'il a investi
33:07j'ai quand même intérêt à investir
33:08pour éviter qu'il me tape demain
33:09donc tout ça est rationnel
33:10du point de vue de chaque acteur
33:11mais ça aboutit
33:13à des comportements irrationnels
33:14et donc moi je suis absolument certain
33:16qu'il y a trop d'investissement
33:17dans l'IA
33:18on n'est même pas sûr
33:19qu'il y aura la demande
33:20parce que ce que j'entends
33:21des deux côtés là
33:21c'est qu'on est dans une surpromesse
33:23de révolution technologique
33:25la vérité Raphaël
33:26c'est qu'on ne sait pas
33:27mais la probabilité
33:28qu'il y ait autant de demandes
33:30qu'il est nécessaire
33:31pour amortir
33:33les investissements
33:34considérables
33:35qui sont faits aujourd'hui
33:35est faible
33:36donc il y aura
33:37des gens qui se casseront la gueule
33:39des rendements très décevants
33:40et puis il y aura sûrement
33:41un ou deux champions
33:42comme ceux qui sont apparus
33:43lors de la dernière bulle
33:44les Google, les Amazon etc
33:45ça n'empêche pas
33:47mais cette mauvaise allocation
33:48des ressources
33:49elle a quand même
33:50deux inconvénients
33:50d'abord
33:51dans un système capitaliste
33:52une mauvaise allocation
33:53des ressources
33:53c'est fâcheux
33:54parce que ce qui va là-dedans
33:55et qui va être détruit
33:55ça ne va pas ailleurs
33:56où ça aurait pu être utile
33:57et la deuxième chose
33:58c'est qu'on arrive
34:00à un moment de faux mots
34:01tellement hystérique
34:03que maintenant les gens
34:04ne mettent plus seulement
34:04leur font propre
34:05ils s'endettent
34:05pour investir dans l'IA
34:06et si jamais
34:08les promesses ne sont pas tenues
34:09encore une fois
34:10je ne suis pas spécialiste
34:11je ne peux pas vous le dire
34:12mais il est très probable
34:13que certaines promesses
34:14ne seront pas tenues
34:15ceux qui sont endettés
34:16vont prendre quand même
34:17une sacrée claque
34:18et ça peut avoir
34:19pour le coup
34:20des conséquences systémiques
34:21c'est ça le problème
34:21de la bulle
34:22fondamentalement
34:23c'est la mauvaise allocation
34:24donc problème économique
34:25et l'endettement
34:27pour faire des investissements
34:29qui n'ont pas de rentabilité
34:30conséquences financières
34:31les conséquences financières
34:32pouvant avoir
34:33des conséquences économiques
34:34ceux qui prennent ça
34:35c'est ceux qui ont shorté
34:36Nvidia pour l'instant
34:37puisque il va être shorté
34:38vous avez vu
34:38qu'il y a quand même
34:39quelques signaux intéressants
34:40le monsieur
34:41qui avait eu l'idée
34:41du big short
34:42il dit maintenant
34:43qu'il short l'IA
34:44il va fermer son fonds
34:45il ne peut pas avoir raison
34:46tout le temps
34:46mais ça donne à penser
34:49Peter Thiel
34:50qui n'a quand même pas
34:51tout planté
34:51dans sa vie d'investisseur
34:52vend son Nvidia
34:53je ne sais pas
34:54s'il faut vendre ou acheter
34:55peut-être d'ailleurs
34:56comme c'est un être supérieur
34:57il vend son Nvidia
34:58avec ostentation
34:59pour pouvoir acheter
34:59après
35:00personne n'en sait rien
35:00vous avez quand même
35:01un faisceau de présomption convergente
35:04dans le sens de méfiance
35:06moi ma conclusion
35:07le mot ça serait méfiance
35:08et l'opinion publique
35:09qu'est-ce qu'elle en dit
35:10de l'intelligence artificielle
35:11elle est plutôt méfiante
35:12ou elle est enthousiaste
35:14techno-enthousiaste
35:15entre les deux
35:16mais il y a quand même
35:16un point qui est un point singulier
35:17c'est qu'aujourd'hui
35:18quand vous parlez IA
35:19vous avez quasiment
35:20100% des français
35:21qui globalement
35:22ont un avis
35:23et c'est quand même
35:25c'est déjà ça
35:25c'est déjà ça
35:28et puis deux
35:29c'est aussi une technologie
35:31qui il y a trois ans
35:32n'existait pas
35:33oui c'est incroyable
35:33enfin qui existait dans l'absolu
35:34parce qu'en fait
35:35on utilisait l'IA
35:36sans le savoir
35:36comme monsieur Jourdain
35:37faisait de la prose
35:38sans être vraiment au courant
35:39c'est l'arrivée de Tchadji
35:40qui a tout changé
35:42et quand vous prenez aujourd'hui
35:43les français dans le cadre
35:44de leur quotidien
35:45les salariés
35:46les dirigeants d'entreprise
35:47les investisseurs
35:48tout le monde utilise l'IA
35:50de manière volontaire
35:51et en ayant conscience
35:52qu'il l'utilise
35:52donc forcément
35:53on a un avis
35:54et on se dit globalement
35:56dans la cité française
35:56qu'il faut absolument y aller
35:58que d'une manière ou d'une autre
35:59c'est un indépassable
36:00et qu'il y aura un avant
36:02et un après l'IA
36:03donc on ne sait pas exactement
36:04où on ira
36:04mais globalement
36:05il y a avec une quasiment
36:07grande assurance
36:08et certitude
36:08des ambitions
36:10qu'on peut avoir
36:11ce qui est intéressant
36:12en parallèle
36:12c'est que lorsqu'on nous interroge
36:13notamment sur la question
36:14des géants etc
36:15on vient de réaliser une enquête
36:16pour un acteur
36:17qui s'appelle Google
36:17que j'ai présenté hier d'ailleurs
36:19au niveau du Parlement européen
36:20et on voyait bien
36:21que les français
36:22sont plus d'une manière globale
36:23sur la question de la protection
36:25que sur la question
36:26de l'investissement
36:27d'un produit global
36:28et que derrière la question d'IA
36:29se pose la question
36:30de la protection des données
36:31de la capacité à pouvoir
36:33avoir une information fiable
36:34etc
36:34et que lorsqu'on leur dit
36:35aujourd'hui il y a quand même
36:36des géants qui existent
36:38et qui ne sont pas forcément
36:38des géants européens
36:39est-ce qu'il s'agit d'un enjeu
36:40qui est un enjeu absolument
36:41stratégique au niveau européen
36:43ils ne sont pas intimement persuadés
36:44et on est vraiment dans un rapport
36:46qui est un rapport très français
36:47pas uniquement à l'égard de l'IA
36:48mais à l'égard d'une manière générale
36:50de ce que peut être
36:51l'investissement
36:51ou la projection vers le futur
36:52ça fait quasiment un parallèle d'ailleurs
36:54avec ArcelorMittal
36:55dont on a parlé tout à l'heure
36:57c'est-à-dire la protection
36:58la réassurance
37:00qui est une dimension
37:01qui est attendue
37:01de la part de nos compatriotes
37:02et l'idée de se dire
37:03qu'on va se projeter vers l'avenir
37:05ou l'idée de se dire
37:06qu'on a la capacité
37:06de pouvoir avoir une évolution
37:08de ce que peut être
37:09nos structures
37:09de salariats
37:10d'investissements
37:11ou de modèles
37:12d'un point de vue économique
37:13dans la cité française
37:14ça n'existe pas encore profondément
37:16donc on n'est pas non plus
37:17un pays qui est un pays d'investisseurs
37:19si on compare par exemple
37:20à nos amis britanniques
37:21ou à nos amis allemands
37:23on peut dire que le livret A
37:24constitue en fait
37:25un des points
37:27sur lesquels on va être amené
37:28à se focaliser
37:29d'un point de vue global
37:29ou éventuellement
37:30pas forcément
37:31l'investissement locatif
37:33mais en tout cas
37:33se dire que
37:34la pierre c'est solide
37:35on sait que ça reste
37:36etc
37:36donc on n'est pas forcément
37:38dans un pays d'investissement
37:39en tant que tel
37:39mais que d'une manière globale
37:41lorsqu'ils se projettent vers l'IA
37:42ils disent globalement
37:43on voit comment ça fonctionne
37:44on a vu internet
37:45on pense que ça sera présent partout
37:46et donc ça apparaît
37:47comme étant une technologie d'avenir
37:49avec quelques inquiétudes
37:50malgré tout
37:50qui se nourrissent derrière cela
37:51– Oui, je voudrais prolonger
37:53ce que vient de dire Jean-Daniel
37:55bon
37:58et Philippe
38:00nous sommes d'accord
38:01sur le fait
38:02que c'est quand même
38:03une innovation de rupture
38:04bon
38:05c'est quelque chose d'important
38:06et ce que j'ai dit
38:07ce que Philippe a dit
38:08ne contrevient pas
38:10n'est pas le contraire
38:11du point de vue
38:12de l'économie réelle
38:13excusez-moi
38:13de distinguer la finance
38:14et l'économie réelle
38:15du point de vue
38:16de l'économie réelle
38:16c'est important
38:17je pense qu'il y a un sujet
38:19pour Jean-Daniel
38:20qui intéresse aujourd'hui
38:21l'opinion publique
38:22de manière un peu inquiète
38:23c'est l'impact
38:24sur l'emploi
38:24bon
38:25et chaque fois
38:27que vous avez
38:27une innovation de rupture
38:28vous avez le même problème
38:29les canuts à Lyon
38:31qui détruisaient leurs machines
38:32bon
38:33donc
38:34et moi
38:35jusqu'à présent
38:36je croyais pas mal
38:37à la thèse
38:39d'Alfred Sauville
38:39démographe bien connu
38:41à l'époque
38:41qui disait
38:42au fond
38:42à court terme
38:43le projet technique
38:44est récessif
38:45c'est-à-dire
38:46détruit plus d'emplois
38:47qui n'en craint
38:48mais quand on raisonne
38:50dans la durée
38:50finalement
38:51c'est à ce qu'on pense
38:52et au total
38:53l'innovation
38:54n'est pas l'ennemi
38:55de l'emploi
38:56c'est ce que
38:57rétrospectivement
38:58c'est ce qu'on a constaté
38:59depuis deux ou trois siècles
39:00est-ce que cette thèse
39:02d'Alfred Sauville
39:03est-ce qu'elle s'applique
39:05en tout cas
39:05à court terme
39:06je pense que
39:07dans les débats
39:09auxquels on peut
39:10les uns les autres
39:10participer
39:11cette question
39:12de l'impact de l'IA
39:13sur la quantité
39:15la qualité
39:16le type d'emploi
39:17est une question importante
39:18bon
39:18c'est le grand débat
39:19entre Assez-Moglu
39:20et Philippe Aguillon
39:21Assez-Moglu
39:22exact
39:23et je t'ai mis en disant
39:24que par rapport
39:25à ce qu'on a dit
39:25que l'on a dit
39:25au fond
39:26on a posé d'emblée
39:28les uns les autres
39:29le problème de
39:29au fond de ce décalage
39:32qu'on a eu
39:32avec la bulle internet
39:33et d'autres bulles
39:34entre
39:35l'aspect réel
39:37physique
39:37si vous voulez
39:38l'aspect valorisation
39:39à un moment donné
39:40la finance
39:41pour des raisons
39:42qu'on a rappelé
39:43les uns les autres
39:44la spéculation
39:45l'abondance de liquidités
39:47le concours de beauté
39:49de Keynes
39:49où j'achète
39:50parce que je pense
39:51que les autres
39:51vont continuer à acheter
39:53même si
39:53le niveau de valorisation
39:56paraît déjà énorme
39:57si vous voulez
39:58voilà
39:59donc ça
39:59c'est cette idée
40:01que les marchés financiers
40:02fonctionnent comme un concours
40:03de beauté
40:04c'est ce que disait Keynes
40:05en 1936
40:06et je pense qu'il avait raison
40:07ce qui compte
40:07sont les anticipations
40:08non je termine
40:09juste en disant que
40:10derrière notre débat
40:11il y a ce problème
40:12de désarticulation éventuelle
40:14entre le réel
40:16et le financier
40:17tout à l'heure
40:18tout à l'heure
40:18vous parliez
40:18Jean-Daniel Lévy
40:19de la crainte
40:20des français
40:20autour de leurs données
40:21personnelles
40:22effectivement
40:22avec les géants
40:23les géants du numérique
40:24sont tous américains
40:24donc effectivement
40:25on ne sait pas
40:26où vont nos données
40:27c'est le RGPD
40:30qui a fait florès
40:31un peu autour du monde
40:32la réglementation générale
40:33sur les données personnelles
40:34qui a été créée
40:35il y a quelques années
40:36maintenant en Europe
40:36et qui est sur le point
40:38d'être un peu détricoté
40:40Bruxelles hier
40:41a présenté
40:42un paquet omnibus
40:43alors vous savez
40:44ces paquets omnibus
40:45c'est des grands mouvements
40:48de dérégulation
40:49promise par
40:51Vandalarian 2
40:52la nouvelle commission européenne
40:53dont on n'a pas vu
40:55grand chose
40:55non mais c'est de la dérégulation
40:57c'est comme les aides
40:57aux entreprises
40:58c'est un tout petit
40:59allègement
41:00d'un truc énorme
41:01la dérégulation
41:02et c'est d'ailleurs
41:03on fait le même procès
41:04à l'Union Européenne
41:06sur ce que vous êtes
41:07en train d'évoquer
41:08qu'on fait depuis
41:09des mois
41:10aux entreprises françaises
41:12au titre des aides
41:13je crois qu'il y a 211 milliards
41:14d'aides aux entreprises françaises
41:15mais il y a des millions
41:17c'est le chiffre du rapport
41:18sénatorial
41:19présidé par le sénateur
41:21communiste Gay
41:22qui est très contesté
41:22nette de charge
41:24les entreprises françaises
41:26sont les plus taxées d'Europe
41:27nette d'aide
41:28pardon entre guillemets
41:28les entreprises subissent
41:29des charges
41:29qui sont plus élevées
41:30que partout ailleurs
41:31là c'est pareil
41:32pour enlever
41:32ces trois petits machins
41:33sur lesquels on va discuter
41:34maintenant pendant un quart d'heure
41:35on restera de très loin
41:36les plus
41:37indéfendablement
41:40je ne pense pas que ça existe
41:41mais je crée
41:41ce mot pardonnez-moi
41:43indéfendablement
41:44surrégulé
41:45sauf que c'est la demande
41:46pardon
41:46mais encore une fois
41:47des citoyens
41:49en tout cas des citoyens français
41:50c'est ce que dit
41:50le problème c'est que ça ne marche pas
41:52la RGPD
41:53comme toujours
41:54en Europe
41:55il faut reprendre
41:56dans l'antiquité
41:57c'est la grande naïveté
41:58c'est Vénus face à Mars
42:01et donc on est toujours
42:02dans les bonnes intentions
42:03et très souvent
42:04ça se retourne contre nous
42:05moi la RGPD
42:06je trouvais ça sympa
42:07comme tout le monde
42:07et puis un jour
42:08assez tôt dans le procès
42:09j'ai entendu Mark Zuckerberg
42:11à Paris d'ailleurs
42:11faire un grand numéro
42:12de Caliquette
42:12pour dire qu'il trouvait ça
42:13tellement bien
42:14qu'il allait le mettre partout
42:15même là où il n'était pas obligé
42:16et là vous vous dites
42:17attendez
42:17le truc est fait
42:18pour limiter
42:20l'impérium
42:21des grands acteurs
42:22du numérique
42:23et l'un des plus
42:24iconiques d'entre eux
42:25applaudit des deux mains
42:26on a peut-être raté
42:28quelque chose
42:28et quand vous regardez
42:29on ne va pas faire ça maintenant
42:30on n'a pas le temps
42:30mais quand vous regardez
42:31dans le détail
42:31et ce n'est pas ma spécialité
42:32mais j'ai regardé
42:33à plusieurs reprises
42:34vous voyez qu'en réalité
42:36la manière qu'on a
42:38de demander aux gens
42:39leur consentement
42:40favorise paradoxalement
42:41les grands acteurs
42:42parce que vous cochez
42:44toujours le oui
42:44pour les trucs
42:45genre Google ou Amazon
42:46vous n'allez pas cocher non
42:47en revanche
42:48pour les petits sites
42:49où vous pourriez aller
42:50vous rentrez dans le machin
42:51pour la première fois
42:52on vous demande
42:53je vais aller sur Amazon
42:55comme d'habitude
42:55j'y vais à la serpe
42:56mais ce RGPD
42:58n'est pas très protecteur
43:00c'est une grande fierté européenne
43:02et au titre des intentions
43:03c'est légitime
43:05sur le plan opérationnel
43:06je suis beaucoup plus dubitatif
43:08et ce que je comprends
43:09de ce que veut faire
43:10Mme van der Leyen
43:11dont je ne suis pas du tout
43:12un supporter acharné
43:13je tiens à le dire
43:14consiste à alléger un peu
43:16et en particulier
43:18à faire qu'un certain nombre
43:20de choses
43:20qui devaient être faites
43:21différemment
43:22auprès de différents bureaux
43:23ou qui devaient être faites
43:24concomitamment
43:25convergent de telle manière
43:26qu'il y ait une seule
43:27démarche à faire
43:28moi je n'ai pas tellement
43:30l'impression
43:30qu'il y ait de quoi
43:30se relever la nuit
43:31et à la serpe là encore
43:34je dirais
43:34ça va probablement
43:35plutôt dans le bon sens
43:36alors comme je ne crois pas
43:37beaucoup que le RGPD
43:38nous protégeait beaucoup
43:38et que je ne pense pas
43:39que ce truc là
43:40soit très considérable
43:41alors oui
43:41là où elle n'a pas de chance
43:42c'est que les Américains
43:44qui ne lâchent pas l'affaire
43:45qui investissent massivement
43:46en lobbying à Bruxelles
43:47qui eux
43:48minent business
43:48sont précisément
43:49en train de demander
43:50des allégements
43:51et Trump
43:52se lève en disant
43:53je vais leur mettre
43:54des droits de douane
43:55s'ils nous enquiquinent
43:55avec leurs règles
43:56donc on peut avoir
43:57l'impression
43:57que Mme van der Leyen
43:58fait quelque chose
43:59pour faire plaisir à Trump
44:00la vérité c'est qu'à mon avis
44:01elle va surtout rendre plaisir
44:02à l'Europe
44:02si elle la lèche
44:03ce bazar
44:03l'idée c'est
44:04de donner accès
44:05aux PME
44:06et aux ETI
44:06la donnée c'est
44:08le nouvel or noir
44:08quand même
44:08le contexte
44:10il y a quand même
44:11un très fort ventre
44:12de dérégulation
44:14comme on dit
44:14qui vient des Etats-Unis
44:16et donc la commission
44:18qui a été très loin
44:19dans le sens de la
44:19régulation et réglementation
44:21se dit
44:22on va avoir des problèmes
44:24de perte de compétitivité
44:26au plan international
44:27compte tenu
44:28on dit traditionnellement
44:30que les Chinois produisent
44:31les Américains
44:31et l'Europe
44:32ce que vous venez
44:33d'évoquer
44:34Raphaël
44:34à propos du RGPD
44:37la protection des individuels
44:38vous avez exactement
44:39le même débat
44:40à propos de l'extra-financier
44:42c'est-à-dire
44:43c'est-à-dire
44:44l'Europe a été
44:46sans doute
44:46trop vite
44:47trop loin
44:47vis-à-vis des entreprises
44:49en particulier des PME
44:50dans l'arrivée
44:52d'un certain nombre
44:52de contraintes
44:53sur le
44:54ce qu'on appelle
44:55le reporting
44:55les critères ESG
44:57les critères
44:58la CS3D
44:59la CSRD
45:01la CS3D
45:02le devoir de vigilance
45:03etc.
45:04l'entreprise
45:05qui doit se demander
45:06si dans la chaîne
45:07de valeurs
45:08dans laquelle elle se situe
45:09il y a du travail
45:10des enfants
45:10il y a des normes sociales
45:11qui sont pas
45:12en trois
45:12c'est important
45:13ce que je dis simplement
45:14on est allé trop loin
45:16le calendrier
45:17a été trop rapide
45:18et l'Europe
45:20revoit à la hausse
45:21les seuils d'application
45:23pour permettre
45:24à un certain nombre
45:24de PME
45:25d'échapper à ces contraints
45:26dans ce contexte
45:27où les américains
45:28n'ont pas besoin
45:28de faire du dessin
45:29le premier acte
45:31signé par Trump
45:32en janvier
45:32ça a été la sortie
45:33à nouveau
45:34de l'accord de Paris
45:36donc on est
45:37je veux dire
45:38et ça rejoint
45:39excusez-moi
45:40moi je suis un obsédé
45:41du rapport Draghi
45:42que je trouve quand même
45:43qui devrait être un peu
45:43notre bible
45:44au niveau européen
45:45sur beaucoup de sujets
45:46quelle est la bonne balance
45:50entre le contrôle
45:52la surveillance
45:53et la concurrence
45:56l'Europe a été trop loin
45:58sur certains textes
45:59je pourrais donner
46:00un autre exemple
46:01sur lequel
46:03comme d'autres je travaille
46:03qui est le problème
46:04de la réglementation
46:05bancaire
46:06mais j'allais le dire
46:07on s'est tiré
46:08une balle dans le pied
46:09on a prétendu
46:10travailler avec les américains
46:12depuis 25 ans
46:13pour avoir des règles uniques
46:14naturellement
46:15dès qu'on les avait trouvés
46:16les américains
46:16s'en sont abstraits
46:17et nous on les durcit
46:18sans arrêt
46:19avec là encore
46:20un régulateur
46:21qui est vétilleux
46:21au dernier degré
46:22je ne sais pas si vous avez vu
46:23ce qui a été dit
46:24récemment
46:25à la fois par le président
46:26de la société générale
46:27et par le président
46:27d'Arkea
46:28sur ce sujet
46:29mais vous avez un régulateur
46:30sur votre épaule
46:31quand vous êtes dans ce métier là
46:32la compliance
46:33est absolument proliférante
46:35dans les banques
46:36et naturellement
46:36ça se traduit
46:37par moins de crédit bancaire
46:38donc nous on fait ça
46:39et pendant ce soir
46:39les américains font
46:40la folie symétrique
46:41c'est-à-dire qu'ils autorisent
46:42des non-banks
46:43comme on dit
46:43à prêter n'importe quoi
46:45à n'importe qui
46:46n'importe comment
46:47ça commence à se payer
46:48il va y avoir des crises
46:49mais ils nous taillent des coupures
46:50exactement
46:51nous on est très sérieux
46:52et on mourra guéri
46:54et eux
46:55ils se prendront
46:55une grosse taloche
46:56et comme d'habitude
46:57ils repartiront
46:57et nous avons
46:59une naïveté réglementaire
47:00après avoir eu
47:02pendant longtemps
47:03une naïveté monétaire
47:04sur le taux de change
47:05de l'euro
47:06heureusement que Draghi
47:08en 2014
47:10si je ne m'abuse
47:11il faut peut-être regarder
47:12le taux de change
47:13de l'euro
47:13qui à l'époque
47:14était très élevé
47:15bon etc
47:16donc il faut que l'Europe
47:18sorte de cette naïveté
47:19et moi c'est comme ça
47:20excusez-moi
47:20je le cite pour la première fois
47:22que j'interprète aussi
47:23le diagnostic
47:24et les recommandations
47:25du rapport Draghi
47:25pour lequel
47:27pratiquement aujourd'hui
47:29nous sommes nulle part
47:30il faut dire les choses
47:30comme elles sont
47:3114% du rapport Draghi
47:32a été implémenté
47:34mis en exécution
47:35depuis sa présentation
47:36mais les choses avancent
47:37quand même
47:37les choses avancent
47:37enfin vous citiez l'ARSE
47:38mais il y avait aussi
47:39plus d'autres
47:39sur la tech
47:40l'IAAC
47:41le RGPD
47:41sur les normes environnementales
47:44sur l'ARSE
47:45est-ce qu'on n'est pas
47:45en train d'assister
47:46à une forme de réveil
47:48européen
47:49face au monde
47:50qui bouge
47:50certes
47:51un peu plus vite
47:51en tout cas ce que fait
47:52Mme van der Leyen
47:52dont on vient de parler
47:53c'est un peu
47:54la mise en oeuvre
47:55de rapports Draghi
47:56à certains égards
47:56on y arrive
47:57quand même
47:57ça fait un an
47:58qu'on dit que
47:59ça tarde
47:59ça tarde
47:59est-ce qu'on n'y est pas
48:00en train d'arriver
48:00est-ce que vous saluez
48:02l'un ou l'autre
48:03oui
48:03moi je salue
48:04non mollement
48:05je vois que vous n'êtes pas
48:06tout à fait convaincu
48:07par le grand mouvement
48:08des régulations européennes
48:09en marche
48:09il y a des choses
48:10qu'on peut faire
48:10sans changer les textes
48:12modifier
48:13l'interprétation
48:14des articles du traité
48:15sur le contrôle
48:17des fusions acquisitions
48:18permettre plus de fusions acquisitions
48:20à Bruxelles
48:20alors qu'on en a bloqué
48:22beaucoup
48:22qui auraient été importantes
48:23non
48:23là pour le coup
48:24je n'ai pas d'accord
48:25bon mais
48:25rappelez-vous le scandale national
48:28qui était le refus
48:29du rapprochement
48:30le grand Schneider
48:30aujourd'hui on a deux grands champions
48:32ça ne nous a nullement dérangé
48:34au contraire
48:35ça a probablement rendu sa vie
48:36sur deux entreprises
48:36moi je pense que
48:37il faut que l'Union Européenne
48:39amende un petit peu
48:40son logiciel
48:41qui était excessivement orienté
48:43vers le consommateur
48:43et pas assez vers le producteur
48:44mais il ne faut pas non plus
48:46lui demander
48:46de faire des bêtises
48:47au nom de la production
48:49et qu'il serait payé
48:50par le consommateur
48:50moi je pense que
48:52la politique de la concurrence
48:52moi je crois qu'il y a très peu
48:53de légitimité
48:54à l'intervention publique
48:54dans l'économie
48:55on se connaît suffisamment
48:56Christian vous en aviez
48:56le soupçon j'imagine
48:57ma confession ne lui surprend pas
48:58il y en a une
48:59qui me semble fondamentale
49:00c'est faire régner la concurrence
49:02parce que s'il n'y a pas de concurrence
49:03l'économie libérale
49:04se traduit par la constitution
49:05de la rente
49:06et la rente
49:07c'est pas social
49:08donc moi comme libéral social
49:09je suis pour le marché
49:11et pour les interventions publiques
49:13pour faire régner la concurrence
49:14laquelle ne règne jamais
49:15toute seule
49:16parce qu'il n'y a aucun acteur économique
49:18qui aime ses concurrents
49:19donc il faut un tiers
49:20pour imposer la concurrence
49:21non mais du coup
49:22moi je suis pour la concurrence
49:24ça je ne serai pas économiste
49:25mais je dis simplement
49:27que l'Europe
49:28c'est quand même
49:28beaucoup privé
49:29du jeu des effets de taille
49:30et du jeu des économies d'échelle
49:32en refusant
49:33un certain nombre d'opérations
49:34pas beaucoup
49:35il y en a très peu de refusées
49:38et celles dont on peut regretter
49:39rétrospectivement qu'elles l'aient été
49:41se comptent sur les doigts d'un doigt
49:43et bien moi il y en a une
49:43que je regrette
49:44par rapport au débat
49:45sur l'intégration
49:46la fragmentation financière
49:48ou l'intégration
49:48de marchés financiers en Europe
49:50c'est quand la commission
49:51a bloqué dès le départ
49:52le rapprochement
49:53entre Francfort et Euronext
49:54voilà
49:55on n'est plus là-dedans
49:56est-ce que c'est la commission
49:57ou est-ce que c'est les états
49:58c'est cette idée de bourse européenne
50:00qui devrait s'imposer
50:01effectivement
50:01ils ne font plus le même métier
50:02l'un et l'autre pratiquement
50:03enfin je veux dire c'est
50:04oui mais alors du coup
50:05on est dans autre chose
50:07mais parce que
50:09c'est pas les mêmes types de capitaux
50:10c'est pas les mêmes types
50:11de services qui rendent
50:12enfin c'est plus des homologues
50:13de Deutsche Börse et Euronext
50:14c'est intéressant
50:16non non mais c'est un débat
50:17qui est très très intéressant
50:18tout comme vous vouliez parler
50:19Christian de l'union
50:20des marchés de capitaux
50:20qu'on attend depuis
50:2115 ou 20 ans maintenant
50:23et puis qui peine
50:24je me souviens du livre
50:25de 2015
50:26le plan d'action
50:27pour ce qu'on appelait
50:29l'union des marchés de capitaux
50:30qui a été fait un an
50:31avant le vote
50:32du référendum
50:33sur le Brexit
50:34donc en 2015
50:35on pensait faire
50:36l'union des marchés de capitaux
50:37avec Londres
50:38aujourd'hui il faut la faire
50:40sans Londres
50:40et même contre Londres
50:41c'est déjà plus compliqué
50:43deuxièmement
50:44Francfort et Euronext
50:45se tirent la bourre
50:46bon et donc
50:47frontalement
50:49et donc je pense
50:51que ça limite les choses
50:52alors il y a des dossiers
50:53qui sont ouverts
50:53le financement
50:55et attirer les PME
50:56vers la bourse
50:57relancer la titrisation
50:58sur une base européenne
51:00moi j'étais régulateur
51:01à l'AMF
51:01où déjà il y a quelques années
51:03on parlait de la relance
51:05de la titrisation
51:05sur une base européenne
51:06etc
51:07c'est un truc qui n'avance pas
51:09alors l'union des épargnes
51:11et des investissements
51:12comme vous savez
51:14il y a 300 milliards
51:15c'est le premier chiffre
51:17de rapport Draghi
51:17quasiment
51:18d'épargne européenne
51:19qui va financer
51:20les Américains
51:21les Etats-Unis
51:22c'est ça
51:22alors qu'on a terriblement
51:23besoin de ces investissements
51:25en Europe
51:25mais Jean-Marc Daniel
51:26le dit ici tous les matins
51:27cette épargne
51:28c'est tout logiquement
51:29et très logiquement
51:30qu'elle doit s'investir
51:31là où il y a du rendement
51:31là où il y a des gens
51:32Jean-Marc parle de Mumbai
51:34pratiquement tous les matins
51:35comme la destination
51:36que les Européens
51:37devraient protéger
51:37pour leur investissement
51:39mais en attendant
51:39que Mumbai se développe
51:40et Jean-Marc aura sûrement
51:41raison à un terme
51:42comme toujours
51:42c'est assez logique
51:43d'investir aux Etats-Unis
51:44où les rendements
51:45sont plus élevés
51:45enfin personne n'investit
51:47les gens investissent
51:49pour avoir ce qu'on appelle
51:50un terri
51:50c'est-à-dire des sous
51:51donc tant que la France
51:53et l'Europe
51:54ne régneront pas
51:55les conditions de la compétitivité
51:56les gens investiront ailleurs
51:57il y a un très bon exemple
51:58de ça
51:58vous voyez on revient en Lorraine
51:59vous êtes dans le nord
52:01de la Lorraine
52:01à côté du Luxembourg
52:02c'est relativement dévasté
52:04ça ne se porte pas trop mal
52:05parce qu'il y a des gens
52:06qui gagnent leur vie
52:07au Luxembourg
52:07justement
52:08mais l'activité locale
52:09elle n'est pas
52:10vibrillonnante
52:11vous passez la frontière
52:13vous avez des usines
52:14des bâtiments
52:14des machins
52:15pourquoi ?
52:16c'est la même
52:17géographie
52:18c'est le même climat
52:19parce que les conditions
52:20de la compétitivité
52:21sont réunies au Luxembourg
52:22tous les matins
52:23vous avez des dizaines
52:24de milliers de français
52:25qui traversent la frontière
52:26pour aller bosser au Luxembourg
52:27au Luxembourg
52:27il n'y a plus que des français
52:28dans les magasins
52:29et c'est la même chose
52:30si vous allez à Baden-Baden
52:31et comme vous le savez
52:32c'est la même chose
52:33dans une repartie de la Suisse
52:33bon
52:34qu'est-ce que ça montre ?
52:35ça montre qu'on ne fait pas le boulot
52:37si on pouvait investir
52:39avec un rendement en France
52:40les gens investiraient
52:41avec un rendement en France
52:42c'est pas par masochisme
52:43ou par haine de la France
52:46que les gens investissent
52:46plutôt au Luxembourg
52:47non mais moi je suis d'accord
52:48vive la concurrence
52:50vive le jeu
52:51d'une concurrence loyale
52:52bon
52:53il n'y a rien de déloyal
52:54dans la concurrence
52:55non mais si
52:55c'est pas ce que je suis en train de dire
52:57d'accord
52:57je veux dire vive la concurrence
52:59en particulier
52:59la concurrence loyale
53:00s'il n'a rien à voir
53:01avec le débat sur
53:02l'épargne qui va s'investir
53:03aux Etats-Unis
53:04qui a raison de s'investir
53:06compte tenu de nos faiblesses
53:07pour l'instant
53:08donc corrigeons nos faiblesses
53:10c'est vrai
53:10c'est-à-dire qu'on a besoin
53:14de ces fonds
53:15pour financer
53:15nos propres start-up
53:17nos licornes
53:18il y a eu un rapport
53:18très intéressant
53:19il y a
53:19on a besoin aussi
53:20qu'on ne taxe pas trop
53:21les gens qui peuvent investir
53:22parce que pardon
53:23la fortune dite improductive
53:25enfin là encore
53:26je reviens sur les députés
53:27qui généralement
53:28pas tous encore une fois
53:29je veux saluer
53:30ceux d'entre eux
53:30qui bossent bien
53:31et qui font le travail
53:31mais beaucoup de députés
53:33ignorent complètement
53:34ce qu'on est en train de dire
53:35c'est à la nécessité impérieuse
53:36qu'il y ait des capitalistes
53:36pour qu'il y ait du capital
53:37par exemple
53:38vous chassez les capitalistes
53:39si vous vous étonnez
53:39de ne plus avoir de capital
53:40c'est tout de même
53:41la marque d'une forme
53:42de naïveté
53:42ou de cynisme
53:43tous les jours
53:44je les appelle
53:45à écouter les experts
53:46sur BFM Business
53:47en direct
53:48de 10h à 11h
53:49pour peut-être avoir
53:51un tout petit peu
53:52plus de lucidité
53:53sur la manière
53:55dont fonctionne l'économie
53:56et sur les conséquences
53:57de ce qui peut y être voté
53:58merci à tous
53:59d'avoir suivi cette émission
54:00Philippe Manière
54:01Jean-Daniel Lévy
54:02et Christian de Boissieu
54:03merci d'y avoir participé
54:05tout de suite
54:05vous retrouvez
54:06Antoine Larigauderie
54:06pour Tout.Investir
54:07aujourd'hui
54:08événement spécial
54:09tout pour investir
54:10au pavillon d'Armenonville
54:11vous pouvez vous inscrire
54:12sur le site de BFM Business
54:14n'hésitez pas
54:15quant à moi
54:16je vous retrouve demain
54:17toujours de 10h à 11h
54:19l'émission est disponible
54:20en podcast et replay
54:21bien sûr
54:22bonne journée
54:22à demain
54:23les experts
54:28débat et controverses
54:29sur BFM Business
54:30pour les prochaines
54:311h
54:321h
54:331h
54:341h
54:351h
54:361h
54:361h
54:371h
54:371h
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54:391h
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