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  • il y a 21 heures
Siamo Tutti Antifastisti, tel est le titre co-signé par Étienne Augris, Julien Blottière, Jean-Christophe Diedrich et Véronique Servat, l'exposition Crossroads mais aussi celle d'Alexis Nivelle, on en parle dans la BAM

- La boîte à idées : Vincent Delerme au Théâtre de Thionville
- La boîte à idées : Les humoristes investissent le Galaxie d'Amnéville
- Exposition : Alexis Nivelle "Planning et Poème" (Galerie Modulab Metz)
- Exposition : "Crossroads, regards croisés sur monde" à l'Arsenal de Metz (avec Stéphane Scharlé leader du groupe Ozma)
- Rendez-vous : P.R2B au Gueulard+ de Nilvange
- 5ème Rencontres de Musiques de Chambre à Montigny-Lès-Metz
- "Siamo tutti antifascisti" : des chants contre l'oppression avec Jean-Christophe Diedrich et Etienne Augris
Transcription
00:01Votre dose quotidienne de spectacle avec le Casino 2000 de Montdorff-les-Bains au Luxembourg.
00:07Bonjour à toutes et à tous, ravie de vous retrouver pour ouvrir avec vous une nouvelle boîte à Malice,
00:12dans laquelle il sera question d'exposition.
00:15J'en ai fait pousser les portes de la galerie Modulab à Metz pour y rencontrer le dessinateur et peintre Alexis Nivelle,
00:21tandis qu'à la galerie de l'Arsenal s'exposent les clichés de 5 photographes du monde entier
00:25que le leader du groupe de jazz Osma a réuni.
00:28Au programme également, une belle rencontre avec les professeurs et historiens
00:32Jean-Christophe Diedrich et Étienne Augry, qui co-signent « Siamo tutti antifascisti » aux éditions du Détour,
00:39un livre qui réunit les champs de résistance à l'oppression,
00:43tout cela sans oublier quelques belles idées de sorties.
00:45Alors ne reste plus qu'à ouvrir la boîte à Malice, bienvenue.
00:58Et pour commencer, je vous propose d'ouvrir votre agenda pour y noter quelques belles idées de sorties,
01:17à commencer par le concert de Vincent Delerme qui aura lieu au Théâtre de Thionville,
01:21mercredi 11 février.
01:23Vincent Delerme qui a l'art de croquer le quotidien,
01:26la vie avec humour et poésie.
01:28Avec La Fresque, son huitième album,
01:30il peint en musique 14 fragments de notre existence.
01:34Paris, l'amour, la solitude,
01:36le voyage est sensible
01:37et les orchestrations sublimes.
01:39C'est une belle soirée qui vous attend au Théâtre de Thionville,
02:04mercredi 11 février à 20h.
02:07Prenez vite vos places.
02:08Et dans notre boîte à idées,
02:10on retrouve également une invitation à se marrer
02:12puisque plusieurs humoristes vont poser leur valise aux galaxies d'Amnéville.
02:16Si vous aimez l'humour noir,
02:17Fabrice Eboué vous donne rendez-vous le 5 février.
02:21Nino Arial qui cumule plus de 110 millions de vues sur YouTube
02:24sera sur scène le 13 mars.
02:26Le lendemain, c'est le flegmatique Paul Mirabel qui prendra le relais
02:28pour vous parler d'amour sous toutes ses formes.
02:31Et pour la touche féminine,
02:32il faudra compter sur Elena Nagapetian
02:35qui, avec ça valait le coup, raconte son parcours,
02:38son parcours d'une fille qui essaie d'assumer ses choix
02:40et surtout qui dit ce qu'elle pense et qui veut vivre comme elle le veut.
02:44Pour retrouver l'ensemble de la programmation du Galaxy
02:46qui vous réserve également de beaux concerts et de grands spectacles,
02:50rendez-vous sur le site apparu à l'écran.
02:51Et n'oubliez pas que vous pouvez également vous procurer des billets en VIP.
02:56Poussons maintenant les portes de la galerie Modulab à Metz
02:59qui accueille en ce moment les œuvres sur papier de l'artiste Alexis Nivelle
03:03qui, se plaît, vous allez le voir,
03:05à se jouer des formes simples rencontres.
03:12Bonjour, bienvenue à la galerie Modulab pour l'exposition Planning et Poème.
03:15Ce sont des peintures sur toile que je tends moi-même
03:31et des peintures à l'huile, à la gouache, à l'acrylique.
03:34Donc il y a tout un jeu sur les matières, la matité,
03:38le support également est très important.
03:41Les bordures sont très étudiées.
03:42C'est un objet que je construis à chaque fois.
03:44Et puis au fil du temps, à cette activité de peinture,
03:48si on considère qu'elle ressemble à un arbre ou un arbrisseau,
03:51c'est ajouter une espèce de surjon
03:52qui est un travail de dessin en crayon de couleur.
03:56Et ce dessin en crayon de couleur,
03:57c'est un travail de mise en scène
03:58et de mise en abîme de mon travail de peinture.
04:01Des toiles et dessins dans lesquels s'invitent
04:03boules et pelotes, branches et bâtonnets.
04:05Des formes simples qui témoignent de l'amour d'Alexis Nivelle
04:08pour la peinture dite géométrique ou construite
04:11et qui permettent aux spectateurs de projeter ses interprétations.
04:15Ici, pas de récits, mais une belle place faite à la rêverie,
04:18au fantasme, le tout teinté de référence picturale.
04:21Il n'y a pas de personnage, il n'y a jamais d'humain.
04:24On va avoir du mobilier, on va avoir des cartes de l'architecture
04:27et des peintures qui ressemblent aux miennes,
04:30qui sont comme des doublures mais qui sont mises en abîme.
04:31Ou on va avoir parfois un hommage, comme ici à Robert Walser,
04:38qui est un écrivain, un artiste que j'aime beaucoup,
04:40qui est un peu comme une espèce d'ami imaginaire pour moi,
04:42qui m'accompagne au quotidien.
04:44Comme les ectoplasmes accompagnent ces toiles et dessins.
04:47Ce sont ces formes molles qui dégoulinent,
04:50qui envahissent les continents, parfois les canapés, les architectures,
04:54qui sont à la fois un petit peu monstrueuses
04:56et en même temps que je trouve plutôt sympathiques.
04:58Elles ont un peu une fonction de parasitage.
05:01Elles peuvent se transformer également.
05:02Alors dans les dessins, on peut considérer que ce sont peut-être
05:04les formes qui sortent des tableaux, peut-être, pour envahir le monde.
05:08Des formes dont la texture est loin d'être laissée au hasard.
05:11C'est ainsi que la gouache et l'huile se rencontrent
05:13pour mieux se jouer des matières,
05:15dans une approche sensible de la peinture.
05:18Ce qui n'empêche pas Alexis Nivelle de collaborer avec d'autres artistes,
05:21comme la céramiste lilloise Alban Trollet,
05:24avec qui un jeu de ping-pong s'est instauré autour des assiettes.
05:27Donc Alban concevait l'assiette.
05:29Moi, je venais intervenir ensuite pour la trouer, la transformer,
05:32rajouter des éléments, puis elle la récupérait
05:34et à son tour la transformer.
05:36Et on est à nouveau, à mon sens, dans le domaine de l'équivoque
05:39et de l'ambiguïté, puisque l'assiette nous évoque
05:41l'utilitaire, le repas, le quotidien,
05:45et en même temps, elles sont parasitées par des formes étranges,
05:49suggestives ou vaguement naturelles,
05:52comme ici, on peut retrouver le motif de la branche.
05:54Je crois que ce qui me plaît, c'est à la fois le côté un peu ludique,
06:03la question du jeu de construction.
06:05Ça me fait penser aussi à quelque chose qui est proche de l'enfance.
06:08Bon bah bof, ça peut être un slogan ou peut-être une épitaphe au choix.
06:17Ça aurait pu être un titre d'expo.
06:19Il y a une allitération en B.
06:20et un travail aussi sur le lettrage qui m'amuse
06:25et c'est quelque chose que j'explore en ce moment.
06:27C'est assez neuf dans mon travail, mais ça m'intéresse.
06:29Un travail qui parfois fait écho à la bande dessinée,
06:32quand Alexis Nivelle y voit davantage une évocation de l'art de l'affiche
06:35ou de l'architecture.
06:37Mais peu importe, finalement, il suffit simplement de laisser voguer son imagination.
06:41Vous avez jusqu'au 14 février pour découvrir l'exposition
06:51Planning et Poèmes d'Alexis Nivelle à la galerie Modulab
06:54qui se trouve 28 rue Mazel à Metz.
06:57Et autre exposition à découvrir à la galerie de l'Arsenal,
07:00cette fois Crossroads, exposition fruit de la rencontre
07:03du compositeur et batteur Stéphane Charlet du groupe Osma
07:06avec cinq photographes du monde entier.
07:09Une exposition qui n'est pas sans lien
07:10avec les concerts singuliers proposés par le groupe
07:13qui se produisait d'ailleurs à l'Arsenal
07:15le soir même du vernissage de l'exposition.
07:40Osma, c'est un groupe de jazz qui a été fondé en 2003
07:46et en 2010, on nous a proposé de faire un ciné-concert.
07:50Donc, ça a été notre premier pas dans un travail de musique à l'image
07:53et on a tiré le fil, en fait.
07:55Donc, on a fait plein de ciné-concerts,
07:57mais également des concerts avec arts visuels, etc.
07:59Et en 2018, à l'orée d'une tournée mondiale,
08:02je me suis dit que ce serait super de ramener autre chose
08:05que juste mes impressions, mes photos dans mon téléphone de cette tournée
08:08et d'essayer de rencontrer des artistes
08:09qui racontent leur pays à travers leur regard.
08:12Et c'est comme ça qu'est née l'idée de CrossRose.
08:14Ou la rencontre d'un musicien passionné
08:16avec cinq artistes engagés qui témoignent de la réalité de leur monde.
08:20Luxembourg, Maroc, Afrique du Sud, Chine, Inde.
08:23Cinq pays et avec eux cinq photographes
08:26qui viennent nourrir la musique d'Osma
08:27et aujourd'hui, cette exposition.
08:29C'est des artistes qui ont un regard vraiment très humaniste
08:33et bienveillant aussi, mais en même temps très critique
08:35sur les choses qui se passent,
08:37que ce soit Arco Dato sur le glissement politique
08:40de son pays depuis quelques années,
08:43que ce soit Leila sur la situation des migrants subsahariens,
08:46que ce soit Ras Maillet sur évidemment les combats
08:49qui ont mené à la fin de l'apartheid.
08:50Enfin voilà, c'est des artistes qui racontent quelque chose
08:53de très très fort sur la situation de leur pays.
08:56Véritable oiseau de nuit aux multiples facettes,
08:59Arco Dato imagine ainsi un Calcutta envahi par des dinosaures.
09:03Et si l'humour est au rendez-vous,
09:05le message reste d'une grande finesse.
09:08Il voulait démontrer que c'est toujours facile
09:12de trouver un ennemi de l'intérieur
09:14pour expliquer tous les problèmes.
09:15Et donc là, justement, c'est ce qui mène avec cette série.
09:18Il a créé un manifeste qu'on peut retrouver là-bas,
09:21le manifeste de l'Institut d'études contemporaines
09:23sur les dinosaures.
09:24Cet institut analyse justement l'invasion des dinosaures
09:28qui explique tous les mots qui arrivent à la société indienne.
09:31À chaque photographe, son univers,
09:33très inspirant pour les musiciens,
09:35dont l'objectif est vraiment d'entrer en résonance
09:37avec les images, de se mettre à leur service.
09:40On va être sur parfois des choses qui sont presque bruitistes.
09:43Quand, par exemple, là, sur cette série-là,
09:45on débute la série avec vraiment des sons d'usine
09:48qu'on reproduit avec nos instruments.
09:49Et autant, plus tard, sur Vang Fouchou,
09:56on va se rendre compte que c'est une série qui est très légère
09:58et on joue un reggae.
09:59Parmi les photographies marquantes de l'exposition,
10:17celle de la franco-marocaine Lela Alaoui,
10:19qui a perdu la vie lors de l'attentat terroriste à Ouagadoudou en 2016.
10:24Sa dernière série dévoile des portraits extrêmement touchants,
10:26capturés dans une usine textile indienne, via son studio mobile.
10:30Initialement, elle voulait photographier quelques sujets.
10:34Et c'est là où son humanité s'exprime.
10:36C'est qu'elle a vu ces femmes qui travaillaient,
10:38qui s'intéressaient à ce qu'elles faisaient, qui elles étaient.
10:40Finalement, elle a photographié les 200 ouvrières présentes dans l'atelier.
10:44Des portraits pris sur le vif,
10:46qui en un regard disent bien plus que des mots.
10:48Des photographies qui témoignent d'une société qui évolue aussi,
10:52comme on le découvre avec Wuan Fouchoun,
10:54peintre devenu cheminot,
10:55dont les photos ont été prises dans les trains pendant 40 ans.
10:59Cette série photographique, Chinese in the Train,
11:01elle est extrêmement touchante,
11:03puisqu'on voit vraiment l'évolution de cette société
11:06sur 40 ans à travers les trains.
11:08Et on voit que c'est des lieux de vie,
11:09des lieux où il y a des prisonniers,
11:12il y a des gens qui tombent amoureux,
11:13il y a des enfants, il y a toute une vie.
11:15Des scènes qu'on connaît tous,
11:17mais qui sont d'autant plus touchantes
11:18quand on les voit transposées à un autre pays,
11:21à un autre univers,
11:21parce que la Chine, c'est quand même une autre dimension.
11:23Des histoires différentes des nôtres,
11:25mais pourtant si proches,
11:27qui racontent la vie des gens,
11:28et que l'amour, l'art et la musique
11:30se plairont toujours à réunir.
11:32Sous-titrage Société Radio-Canada
12:02Croiser sur le Monde est à découvrir
12:03jusqu'au 22 mars à la galerie de l'Arsenal à Metz.
12:07Et je vous invite vivement à vous plonger
12:09dans le merveilleux jazz du groupe Osma
12:11que vous pouvez suivre sur les réseaux.
12:14Et puisque nous parlons musique,
12:16vous pouvez également noter dans votre agenda
12:17la venue de PR2B au Goulard Plus de Nil Vange.
12:21PR2B qui fait partie des révélations
12:23de la chanson électro de ces dernières années.
12:25La jeune autrice, compositrice, interprète
12:27et réalisatrice de 30 ans,
12:28livre aujourd'hui presque punk.
12:30Un deuxième album dans lequel
12:32elle chante les mots de l'époque,
12:34les réseaux sociaux, la solitude,
12:35le réchauffement climatique,
12:36les conditions de travail.
12:38Des mots qu'elle nous invite à contrecarrer
12:40à coups de beauté,
12:41de solidarité et de pulsation.
12:43Je vous invite vivement à découvrir
13:03cette belle artiste qui se produira
13:04sur la scène du Goulard Plus de Nil Vange
13:06le jeudi 5 février à 20h.
13:08Sachant qu'en première partie,
13:09vous pourrez également vous délecter
13:11des très belles chansons électro de Nuit Noire.
13:14Enfin, pour les amoureux de musique classique,
13:17notez que les cinquièmes rencontres
13:18de musique de chambre auront lieu
13:20du 30 janvier au 1er février
13:22à l'espace Europa à Montigny-les-Messes.
13:25Rencontres placées sur le thème
13:26Lumière d'Europe,
13:28au programme des œuvres de Beethoven,
13:29Debussy ou Brahms,
13:31menées par David Grimald au violon,
13:33Philippe Cassar au piano,
13:34Anne Gastinelle au violoncelle
13:36et Christophe Korzelski à l'Alto.
13:38L'entrée est libre sur présentation d'un billet
13:40à retirer à la mairie de Montigny-les-Messes.
13:43Closurons maintenant cette boîte à malice
13:45en musique et en mots
13:46avec Jean-Christophe Diedrich et Etienne Augry
13:48qui co-signent
13:49« Siamo tutti antifascisti »
13:51paru aux éditions du Détour,
13:53un livre dans lequel ils dévoilent
13:55une sélection de chants de résistance
13:56à l'oppression,
13:58un ouvrage de circonstance
13:59qu'ils m'ont présenté au bar
14:01Le Troubadour à Metz.
14:02Je vous laisse avec eux
14:03et je vous dis à la semaine prochaine.
14:05Bye-bye.
14:19Jean-Christophe Diedrich, Etienne Augry, bonjour.
14:22Bonjour.
14:22Merci beaucoup de m'accorder cet entretien.
14:24Vous êtes enseignant, historien.
14:27Vous m'avez donné rendez-vous au bar Le Troubadour
14:29à Metz pour me parler de lutte,
14:32d'espoir, de résistance
14:34à travers un ouvrage passionnant
14:36que vous co-signez
14:37avec Julien Blottière
14:39et Véronique Servat.
14:41Il s'agit de « Siamo tutti antifascisti »
14:44des chansons contre l'oppression.
14:46On y retrouve donc 25 chansons
14:48qui vont témoigner de notre histoire.
14:51Ces chansons, vous avez eu envie de les compiler
14:53et de les analyser suite au climat,
14:56en tout cas en raison de ce climat politique actuel,
14:59plutôt anxiogène ?
15:01Je dirais que c'est quelque chose
15:03qu'on étudie depuis très longtemps
15:05et il se trouve que même quand on regarde vers le passé,
15:09ça fait écho.
15:10Effectivement, certaines des chansons
15:11qu'on étudie dans cet ouvrage
15:14comme dans le précédent,
15:15elles sont parfois très anciennes,
15:17mais elles retrouvent une certaine jeunesse
15:18parce qu'elles servent aussi
15:20d'instrument de mobilisation.
15:21Donc c'est vrai qu'on ne pourrait pas dire
15:23que l'actualité nous conduit
15:25à nous intéresser à ces questions-là.
15:28On est par métier, par goût aussi,
15:31on aime bien regarder vers le passé,
15:33mais on n'est jamais très loin du présent,
15:35ça c'est certain.
15:36Et surtout, le titre nous ramène
15:38à quelque chose qu'on pensait révolu,
15:40le fascisme.
15:41Et finalement, on en voit...
15:43C'est troublant, en fait, c'est troublant
15:45comment le passé et le présent...
15:46On le sent un peu toquer un petit peu
15:47à toutes les portes
15:48et tout doucement infiltrer, infuser.
15:53Rampant.
15:54Il y a 25 chansons à peu près
15:55qui se trouvent dans ce livre.
15:57Comment est-ce que vous les avez sélectionnées ?
15:59Ça part de 1791.
16:00à 2024,
16:03puisque on part de la Révolution française,
16:07on termine en Iran.
16:08C'est ça, avec Barayé.
16:09Voilà.
16:10Comment vous les avez classés, répertoriés ?
16:12Il y a des thématiques ?
16:14En fait, on a cherché d'abord
16:16à élargir la géographie.
16:19On n'est pas resté seulement en France.
16:21On a essayé d'explorer un petit peu tous les continents.
16:25On a voulu aussi explorer les styles musicaux différents,
16:31les contextes historiques différents
16:33pour avoir un panel large.
16:35Oui.
16:36On se rend compte vraiment
16:36que les chansons agissent comme des armes.
16:38Elles fédèrent,
16:40elles permettent d'être solidaires.
16:42Elles sont reprises, comme vous le disiez aussi,
16:44après, comme des hymnes.
16:45Et elles agissent aussi comme des armes.
16:47Elles permettent vraiment de lutter.
16:48Oui.
16:49Et un des signes de ça,
16:50c'est que certaines de ces chansons sont anonymes
16:52parce que les auteurs,
16:54ceux qui les reprenaient,
16:56couraient un risque très important
16:58pour leur vie, pour leur sécurité.
17:00Donc, en fait, on a...
17:01Voilà.
17:02Bellacha, dont on en parlera peut-être tout à l'heure,
17:04ou The Cropper Lads,
17:04qui est une chanson sur les briseurs de machines.
17:06Ce sont des chansons anonymes,
17:08mais qui continuent à circuler de manière souterraine
17:10et qui constituent effectivement
17:11des instruments de mobilisation exceptionnels
17:14qui ont cet avantage de fédérer,
17:16de faire que, quand on chante une même chanson,
17:19on est tous ensemble,
17:20on est tous dirigés vers un même objectif.
17:22C'est vraiment un instrument
17:25avec un pouvoir très fort
17:26qui est craint par le pouvoir.
17:28On a des artistes qui sont menacés
17:30dans leur intégrité physique
17:31pour ces chansons-là.
17:33Donc, signe de leur importance.
17:34Je pense à Barayé,
17:50qui est cette chanson
17:52qui a été composée grâce à des tweets
17:56et compilée par un jeune étudiant iranien
18:01au moment de l'assassinat de Masha Amini,
18:03donc en 2022.
18:05Et cette chanson a été reprise
18:09et vue 40 millions de fois en 48 heures.
18:13Et c'est devenu un hymne,
18:15un hymne de résistance
18:16et qui fait encore écho aujourd'hui
18:17puisque l'Iran est dans la rue actuellement.
18:20Alors, je ne sais pas si ils chantent,
18:23je vais la faire,
18:25ils chantent Barayé
18:26ou s'ils sont juste là
18:29à subir la baramine de la répression.
18:32Mais c'est vrai que ça donne du courage.
18:35Tout à l'heure, vous en parliez,
18:35mais je me dis,
18:36voilà, chanter ensemble,
18:38ça donne du courage.
18:39Et les gens qui résistent,
18:41ils en ont besoin quand même.
18:42Et ce jeune compositeur, d'ailleurs,
18:43donc sa chanson,
18:44ils ont essayé de la retirer des réseaux,
18:46mais trop tard,
18:46elle s'était propagée
18:47à la vitesse de la lumière.
18:49Mais il a subi quand même des arrestations.
18:53Il est inquiété jusqu'en 2024.
18:56Voilà, donc ça montre aussi
18:58que ces chanteurs prennent des risques.
19:00Parmi les interprètes
19:17qu'on découvre également dans l'ouvrage,
19:19Nina Simone,
19:20avec une chanson emblématique également,
19:23dans laquelle elle nous parle de ségrégation.
19:25Cette chanson,
19:25elle joue un rôle extrêmement important
19:27dans sa vie et dans sa carrière,
19:28parce que c'est un peu le moment
19:30où, enfin,
19:31elle fait ce que sa maman
19:32lui a toujours interdit,
19:33c'est-à-dire de parler des chansons,
19:35des chansons vraies.
19:36Voilà, elle a grandi
19:37dans un milieu assez religieux.
19:39Finalement, la musique,
19:40c'est la musique religieuse
19:41et il faut faire attention aux paroles.
19:43Mais elle est rattrapée par la réalité.
19:45La réalité, c'est la ségrégation
19:46dans les années 60,
19:47les meurtres.
19:49Quatre jeunes filles
19:50qui sont tuées
19:51dans une explosion d'une église
19:52et elle ne sait pas quoi faire.
19:54Alors, elle veut prendre des armes
19:56et on rejoint ce qu'on a dit tout à l'heure.
19:57Elle veut prendre une arme.
19:59Son mari, qui est policier,
20:00lui dit « Non, mais tu n'es pas faite pour ça.
20:01Fais de la musique.
20:01Il n'y a que ça que tu sais faire. »
20:02Ce qui est un peu réducteur,
20:04sans doute, par rapport à elle.
20:06Et elle se met à composer cette chanson
20:07qui est surtout jouée d'ailleurs en concert
20:09et dans laquelle, voilà,
20:11elle fait sortir cette rage,
20:12ce dégoût
20:13de ce qu'elle est en train de voir
20:15et de ce que subissent
20:17les Africains américains,
20:19les Noirs, dans ce pays-là.
20:21Et donc, elle exprime ça
20:21à travers une chanson,
20:23elle qui a un public, voilà,
20:25plutôt blanc.
20:26Et d'ailleurs,
20:27les enregistrements publics
20:28sont assez intéressants
20:29parce qu'on a un public très poli
20:30qui, d'un seul coup,
20:32est confronté,
20:32qui rit au départ
20:33et qui est confronté
20:34à cette réalité-là,
20:35crue,
20:36qui bien sûr existe,
20:38mais on se dit
20:39on vient écouter de la musique
20:40et en même temps, voilà,
20:41on va entendre un discours
20:43de nouveau puissant
20:45et qui agit plus fort qu'une arme.
20:49Peut-être que certaines personnes,
21:00certains jeunes
21:00ne connaissent pas Nina Simone,
21:01mais ce livre,
21:02il sert aussi à ça,
21:03peut-être à sensibiliser les jeunes
21:04en passant par la musique,
21:07à leur donner envie
21:08de sensibiliser à l'histoire,
21:11de s'intéresser à l'histoire
21:12et puis surtout
21:13de rester éveillés.
21:14Les jeunes ne connaissent
21:15peut-être pas Nina Simone,
21:16mais ils vont connaître
21:17des morceaux
21:18qui ont été samplés.
21:19C'est aussi un travail
21:20qu'on aime bien faire,
21:21de leur montrer
21:21qu'il y a une continuité
21:22dans cette histoire
21:23des luttes
21:24et des chants
21:24contre l'impression,
21:25une continuité musicale aussi.
21:39Bella Ciao,
21:40c'est un hymne,
21:42on va dire,
21:42de combat aujourd'hui reconnu.
21:45Alors là,
21:45les jeunes,
21:46pour le coup,
21:46ils le connaissent
21:47grâce à la série
21:47Cazette des Papelles.
21:49Et puis,
21:50j'ai presque envie de dire,
21:50elle est galvaudée
21:52dans le sens où
21:53elle est reprise
21:54par des rappeurs,
21:56on en change les paroles.
21:57C'est ce que tu dis
21:58sur les rappeurs.
21:58Ouais,
21:59je vais faire gaffe quand même,
22:00c'est vrai.
22:00Mais là,
22:02c'est Maître Gims,
22:02donc apparemment...
22:03Elle est reprise
22:04par certains rappeurs
22:05et effectivement,
22:06il y a cet usage-là
22:06qui vide complètement
22:09le contenu subversif
22:11de cette chanson.
22:11On en dissout un peu
22:12son sens finalement
22:13de combat.
22:14Mais si on revient
22:15quand même à cette chanson,
22:17Étienne disait,
22:17on ne connaît pas toujours
22:19l'origine des chansons
22:20et c'est vrai que
22:20Bella Ciao,
22:21il y a une sorte de voile
22:22sur ses origines.
22:24En gros,
22:25il y a un mythe,
22:26c'est celui du Parti communiste
22:28qui avait dit
22:30que tout simplement,
22:31dans les années 30,
22:32des travailleuses des rizières
22:34auraient chanté
22:35cette chanson.
22:35Et puis,
22:36bon,
22:36c'est pas tout à fait vrai,
22:37on creuse,
22:38on cherche,
22:38etc.
22:38et il semblerait
22:40que c'est plutôt
22:40un chant de résistants
22:42composé entre 1943-1944,
22:46un peu perdu de vue
22:47et puis qui reprend,
22:50qui renaît un petit peu
22:50dans les années 60.
22:52En France,
22:53c'est Yves Montand
22:54qui reprend la chanson
22:55et qui en fait,
22:57on va dire,
22:57un premier succès.
22:59Mais le second succès,
23:00c'est vraiment
23:00la bande originale
23:03de cette série
23:04sur Netflix.
23:05Oui, oui.
23:05On s'en fait
23:06qu'il y a énormément
23:06de chansons,
23:06il y en a 25,
23:07on ne va pas parler
23:08de toutes les chansons.
23:09Mais peut-être,
23:10allez,
23:10on va terminer avec vous,
23:12Étienne,
23:12avec un titre
23:13du Yorkshire
23:14en Angleterre.
23:17Donc,
23:17The Crap Lads,
23:18en gros,
23:19c'est la lutte
23:20des brises,
23:20de ce qu'on a appelé
23:21les briseurs de machines
23:22au début du,
23:23enfin là,
23:241812,
23:24au début du 19e siècle
23:25dans un contexte
23:26d'industrialisation.
23:27Ça fait écho
23:28à la question
23:28du rapport
23:29à la technique
23:29et enfin moi,
23:30en le lisant,
23:31je me suis dit
23:31que ça me fait penser
23:32à l'intelligence artificielle.
23:33Quand on a écrit ça,
23:34on n'en parlait pas tellement encore
23:35mais on en parle
23:36de plus en plus.
23:37Moi,
23:37ce qui me frappe
23:37dans cette chanson,
23:39là aussi anonyme,
23:40c'est que ça raconte
23:41cette mobilisation
23:42et on a l'impression
23:43d'être avec
23:44les tondeurs de laine
23:45la veille de leur opération
23:48autour d'une bière brune.
23:50C'est ce qu'ils disent
23:50dans la chanson.
23:51On va préparer
23:52cette expédition
23:53et ce bris de machine,
23:55il n'est pas conçu
23:57comme un discours
23:59anti-progrès,
24:00anti-toutou-changement
24:01mais ils défendent
24:03leur pain,
24:04ils défendent
24:04leur travail
24:05et contre eux,
24:07ils ont à la fois
24:07les possédants
24:09et la force publique.
24:11Et on voit
24:11des discours
24:12de libéralisme,
24:13de dérégulation
24:15et puis de répression féroce.
24:18Le bris de machine,
24:19c'est la peine de mort
24:20à cette époque-là.
24:20Les 25 chansons
24:34se trouvent ici,
24:34elles sont toutes traduites
24:35en français.
24:36On va retrouver
24:37l'ensemble des couplets
24:38et des refrains
24:39avec à chaque fois
24:40en complément
24:40de cette analyse
24:42un zoom,
24:43une sorte de zoom
24:43qui se trouve
24:44en fin de chapitre.
24:45Un encadré.
24:46Ce qu'on a voulu faire aussi,
24:47c'est que celui
24:48qui écrit l'encadré
24:49ou le zoom
24:49n'est pas celui
24:50qui a écrit la chanson.
24:51L'idée,
24:52c'est de partir
24:53d'un élément,
24:54comme tu dis,
24:55un détail
24:55de la chanson
24:57qui va nous emmener
24:58ou bien vers
24:58d'autres chansons
25:00qui abordent le même thème
25:01ou alors qui va nous
25:01faire des passerelles
25:03avec aujourd'hui.
25:04C'est vrai que
25:04c'est une fenêtre.
25:05C'est vrai qu'on découvre
25:06plein de choses.
25:06Il y a
25:06« Gimme Hope »,
25:08« Joanna »,
25:08« Gimme Hope »,
25:09cette fameuse chanson.
25:10Moi, je n'avais jamais réalisé
25:11que Joanna,
25:12c'était Johannesburg
25:13pour parler d'apartheid.
25:14Donc là,
25:14vous nous parlez
25:15de révolution,
25:16d'apartheid,
25:16du régime semblant
25:18de Franco
25:18et plus encore
25:19à travers ses 25 chansons.
25:21« Siamo tutti antifascisti »
25:231781 quasiment à nos jours.
25:25Malheureusement,
25:26ça dit qu'il faut rester
25:27toujours encore
25:27le point levé.
25:28vigilant,
25:31conscientisé
25:32sur nos valeurs,
25:35sur nos valeurs de liberté
25:37et puisque le livre
25:39débute avec la révolution française,
25:40Liberté, Égalité, Fraternité,
25:42on peut s'y tenir encore.
25:44Merci infiniment
25:45à tous les deux.
25:46« Siamo tutti antifascisti »,
25:47« Chanson contre l'oppression »,
25:48c'est aux éditions du Détour,
25:51mettre entre toutes les mains.
25:52Et on a le code barre
25:53avec la playlist
25:54pour pouvoir écouter
25:55ces 25 chansons
25:56et passer aussi
25:57un très bon moment
25:57et garder le point levé.
25:59Merci infiniment.
26:00Merci.
26:01C'est QR code,
26:02c'est pas code barre.
26:03Tu dis code barre.
26:06Mais tout le reste
26:07était parfait,
26:08c'est dommage.
26:08Votre dose quotidienne de spectacle
26:29avec le Casino 2000
26:30de Montdorff-les-Bains
26:31au Luxembourg.
26:32C'est quoi ?
26:32Un %,
26:32un peu.
26:33C'estobra.
26:35Un %,
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