00:00La rubrique santé en partenariat avec la semaine.
00:05La rubrique santé avec le fonds de dotation Merci, Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
00:24Il est l'heure de prendre soin de vous comme chaque mercredi.
00:29Cette fois-ci, il sera question de technologie et d'imagerie médicale.
00:33Docteur Elisabeth Parizel, imagerie médicale, c'est un ensemble de techniques.
00:37Expliquez-nous.
00:38Tout à fait, c'est un terme générique.
00:40On parle d'imagerie, ça regroupe la radiologie qui utilise les rayons X,
00:44l'échographie qui utilise les ultrasons,
00:46la technique de l'imagerie magnétique par résonance, donc l'IRM,
00:50et la radiographie standard, bien sûr.
00:53C'est devenu un terme générique pour dire imagerie.
00:55Ce sont tous les examens que nous faisons pour arriver en soutien
00:59à toutes les demandes d'examens des praticiens
01:02pour faire face aux situations cliniques de leurs nombreux patients.
01:06Sur toutes les parties du corps, de la tête au pied.
01:08Tout à fait.
01:09L'ensemble des régions anatomiques peut être explorée.
01:12Alors, on va utiliser préférentiellement telle modalité ou une autre.
01:16Mais le résultat, effectivement, c'est ça.
01:17C'est une cartographie de ce qu'on veut voir.
01:20Maintenant que la définition est éposée, on se doute par rapport à plein d'autres domaines
01:26qui évoluent au quotidien, surtout ces dernières années.
01:29L'imagerie médicale évolue avec l'intégration de l'intelligence augmentée
01:33ou artificielle selon le vocabulaire.
01:35Au CHR particulièrement, ça fait plus d'un an qu'un logiciel est utilisé.
01:39Expliquez-nous les contours de ce logiciel.
01:41Oui, ce logiciel depuis un an est très impressionnant.
01:45Il était un game changer pour nous.
01:47Il faut savoir quand même qu'en amont de cela, les IA dont on parle,
01:53nous les avons déjà depuis plusieurs années.
01:55Mais elles n'étaient pas aussi visibles pour nous.
01:57C'était transparent.
01:58C'est ce qui nous a aidé à améliorer les techniques, à irradier moins le patient,
02:02à améliorer la fiabilité.
02:04Donc, il y avait déjà l'utilisation de cette technologie.
02:07Alors, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on utilise ?
02:09On utilise un logiciel, une IA, qui nous aide à détecter des fractures en urgence
02:15et puis aussi à déceler des anomalies pulmonaires.
02:19Voilà.
02:19Donc, comme on le voit sur les images, on utilise, on peut cibler comment ça se passe.
02:24C'est des choses que parfois, vous, vous ne voyez pas à l'œil nu ?
02:27Alors, effectivement, l'œil humain, et celui du radiologue aussi, est faillible.
02:31Surtout à 3h, 4h du matin.
02:32Celui de l'urgentiste aussi.
02:34En fait, ça vient en appui pour nous aider à, éventuellement, rattraper quelques petites choses
02:40qu'on pourrait passer inaperçues.
02:42Elle est extrêmement performante pour la détection des fractures,
02:45extrêmement performante pour la détection des luxations, des épanchements,
02:49et aussi pour les nodules pulmonaires et des épanchements.
02:54Alors, ce qui veut dire que le logiciel est un véritable outil complémentaire,
02:58l'humain reste primordial dans ce diagnostic, pardon.
03:02L'IA, exactement, est entraînée pour voir une fracture.
03:06Elle va être bien entraînée, elle va nous améliorer dans ce score,
03:09mais elle ne sait rien de la vie.
03:10Elle ne sait pas tout ce qu'on peut avoir quand on fait une radiographie standard
03:14ou une radiographie pulmonaire.
03:15Je vous donne un exemple assez pragmatique.
03:17Une radiographie de diolome en bras qui a été faite chez une dame
03:20et qui s'est embrochée avec une aiguille à tricoter.
03:23L'IA répond, la radio est normale.
03:25Pourquoi ? Parce qu'elle n'est entraînée qu'à voir les fractures,
03:28les luxations, les épanchements.
03:30Ça n'était pas le cas.
03:30Donc tout ce qui est à l'extérieur et tout ce qu'on peut voir éventuellement sur une radio,
03:35par exemple une tumeur bénigne, par exemple un corps étranger,
03:38elle n'est pas entraînée.
03:39Donc elle ne peut pas le voir.
03:41Et donc les IA en médecine, et nous en particulier,
03:44elles ne sont pas généralistes.
03:45Elles ne peuvent pas prendre en charge un patient.
03:47Elles peuvent répondre à une donnée très, très ciblée.
03:51Et donc, est-ce que ça vous a déjà aidé ?
03:53Vous avez des cas particuliers où vous étiez partie sur un premier diagnostic
03:56et au final, ce logiciel vous a aidé à y voir plus clair ?
04:00Oui, parce que l'arbre cache la forêt.
04:03Quand le clinicien nous dit en torse et qu'on trouve une fracture,
04:06effectivement, à l'endroit qu'il décrit, on est content.
04:10On a trouvé la raison de la douleur du patient et on donne la prise en charge possible.
04:15Mais on n'aura peut-être pas vu la petite fracture du cinquième orteil
04:18qui finalement a été associée à ça, mais on ne l'a pas vue à ce moment-là.
04:23Ça veut dire une meilleure prise en charge ?
04:24Ça veut dire une meilleure prise en charge, clairement.
04:26Alors ce logiciel-là, on imagine que ce n'est pas intuitif.
04:30Si vous l'avez entre les mains aujourd'hui et que vous n'avez pas été formé,
04:33peut-être qu'il peut y avoir des complications.
04:35Est-ce qu'aujourd'hui, on pense aussi à cette formation des radiologues ?
04:38Alors ça, c'est tout à fait important.
04:40Nous, nous effectuons à chaque changement d'interne une sensibilisation
04:44à cet outil et à ses limites.
04:46Oui, madame, ce n'est pas magique.
04:48Non, ce n'est pas magique, effectivement.
04:50Il y a des choses qu'il faut qu'il vérifie systématiquement.
04:53C'est-à-dire que le logiciel va apparaître, il va dire ce qu'il dit, fracture, etc.
04:57Mais après, le clinicien doit décrire, il doit regarder s'il y a autre chose.
05:02Et s'il valide, parfois, c'est un petit peu flou.
05:05Il peut décrire une fracture, mais ce sera une fracture ancienne.
05:07C'est aussi important pour le clinicien de le savoir.
05:09Donc l'œil humain, oui, à ce moment-là de la validation.
05:13L'œil humain, puisque vous en parlez,
05:14la présence humaine, elle est déjà là à la conception,
05:17c'est-à-dire à la sélection des bases de données,
05:21être sûr que ce sont bien des bases de données fiables, propres.
05:24Ensuite, l'œil humain, c'est lui qui tag,
05:26c'est-à-dire que c'est lui qui apprend à la machine au départ.
05:30C'est lui qui valide les sets d'expérimentation.
05:33Ça valide les déploiements.
05:35Et puis, la suite et l'amélioration de l'outil.
05:39Alors, est-ce que ce service-là, au cœur du CHR,
05:42est amené à encore plus évoluer ?
05:44Parce que vous parliez, par exemple, des cas d'urgence,
05:47à des horaires parfois improbables.
05:50Est-ce que, déjà, ça a été le déclic ?
05:51Ça, ça a été le déclic, parce que les urgentistes
05:53étaient très demandeurs d'avoir une aide,
05:55notamment dans les périodes nocturnes,
05:57où on sait que la tension fléchit à partir de 4 heures du matin.
06:00Donc, oui, ça nous sécurise et ça nous aide.
06:03Après, on a d'autres projets, effectivement.
06:05Vous savez peut-être que la détection des cancers du sein
06:07est très, très bien soutenue par les IA actuellement.
06:12Et nous avons une obligation de moyens.
06:14Et nous pensons que, dans l'avenir,
06:15il faudra se doter de ces outils qui vont nous aider
06:18à améliorer notre pertinence dans cette recherche de tumeurs.
06:22Tout à fait.
06:23Donc, au sein du service, vous avez eu un peu de recul,
06:27des remarques sur ce logiciel ?
06:29Oui.
06:30Est-ce que tout le monde l'a pris en main de la même manière ?
06:31Oui, alors il faut le répéter régulièrement.
06:34Il s'améliore aussi.
06:36On suit le constructeur qui le met en service.
06:39Et effectivement, on progresse de ce côté-là.
06:42La formation, elle est essentielle.
06:44Aujourd'hui, la formation dans les hôpitaux,
06:46elle se structure.
06:47On apprend aux gens exactement ce que c'est,
06:50quel est le flux de l'information,
06:51comment ça fonctionne.
06:53Il y a aussi une sensibilisation aux données éthiques
06:55et de sécurité.
06:58Donc, effectivement, la prise en charge et la maturité
07:02de l'implantation de ces dispositifs,
07:04ça vient et ça commence à être vraiment très contributif.
07:08Pour terminer cet entretien,
07:10est-ce que vous avez quelques chiffres à nous donner ?
07:12Le service d'imagerie médicale, le CHR,
07:13c'est combien de personnes ?
07:15Combien de patients ?
07:16Alors, combien de patients ?
07:17C'est plus de 200 000 passages annuels.
07:20Le passage aux urgences,
07:22c'est autour de 140 000 patients aux urgences,
07:25dont 60 à 70 % ont un examen d'imagerie.
07:29Donc, c'est considérable.
07:30Merci, docteur Parizel,
07:32d'avoir fait la lumière sur ce sujet
07:33qui prend de plus en plus de place
07:36dans le monde de la santé
07:37et donc dans le quotidien des soignants et des patients.
07:40L'info hors santé continue sur Moselle TV.
07:43Prenez soin de vous.
07:47La rubrique santé avec le fonds de dotation Merci,
07:59Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
08:04La rubrique santé en partenariat avec La Semaine.
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