- il y a 11 mois
Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent, est l'invité de France Inter deux jours après le grand défilé de la maison qu'il dirige, lundi au pied de la Tour Eiffel.
Retrouvez « Le Grand portrait par Sonia Devillers » avec Sonia Devillers sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-9h10
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00:00France Inter, la grande matinale, Sonia de Villers.
00:07C'était lundi soir au pied de la tour Eiffel.
00:10Des milliers d'hortensias blancs dessinaient un Y, un S et un L
00:14entremêlés les initiales d'Yves Saint-Laurent, le sigle légendaire de la maison.
00:19À l'heure où je vous parle, ce tableau floral vu du ciel a déjà fait le tour du monde.
00:23Dans ses éphémères bosquets ont surgi les mannequins déambulants dans le jardin,
00:28habillés tour à tour de jupes et de blousons en cuir revenus des années 80,
00:32puis de trenchs colorés si fins, si translucides, qu'on ne sait plus s'ils habillent le corps ou s'ils le dénudent.
00:39Enfin, l'apparition. Les invités en sont restés le souffle coupé.
00:45Quinze robes de princesse, tissus aériens, couleurs éblouissantes de lumière et de profondeur.
00:51Dans les secondes qui suivaient, la presse hurlait à l'exploit.
00:55Ce défilé venait d'entrer dans l'histoire.
00:57Le maître s'appelle Anthony Vaccarello.
00:59Bientôt dix ans qu'il préside à la destinée de Saint-Laurent.
01:03Portrait numéro 22.
01:10Bonjour Anthony Vaccarello.
01:11Bonjour Sonia.
01:12Dans quel état vous étiez quelques minutes avant le clap de départ ?
01:16Un peu fébrile, mais très excité de montrer ce travail collectif.
01:25Combien de mois de travail ?
01:27Six mois.
01:28Six mois de travail.
01:29Dans quel état vous étiez au moment du salut ?
01:31J'étais un peu ailleurs parce qu'en regardant ce défilé Vaccarello, j'en sens vraiment
01:37l'émotion des ateliers parce qu'on est tous ensemble, l'émotion du studio.
01:41Et de voir les gens émus, avoir le défi sur les écrans, on est forcément un peu imprégné
01:47de tout ça.
01:48Vous avez senti ce qui s'est passé dans le public ?
01:50Pas dans le public.
01:52Les mois ? Profond, le choc ?
01:54Vous l'avez senti ?
01:54Oui, après.
01:56Après ?
01:56Vous avez compris ce qui s'est passé lundi soir ?
02:00Oui, j'ai senti que j'avais touché à quelque chose de personnel.
02:08Enfin, quelque chose de...
02:11Oui.
02:13Ce jardin d'Hortensia, c'est un théâtre ou c'est un tableau ?
02:19C'est un tableau.
02:22C'est un tableau...
02:25En fait, c'est une saison particulière dans la mode parce qu'il y a plusieurs maisons
02:31qui essayent de revenir.
02:34Et je voulais vraiment marquer une image forte.
02:36Il y a beaucoup de changements à la tête de grandes maisons historiques.
02:39Et je voulais vraiment imposer Saint-Laurent comme il se doit, là où Saint-Laurent devrait être.
02:48C'est-à-dire au cœur de Paris.
02:50Au cœur de Paris.
02:51C'est ça ?
02:51Oui.
03:12C'est toujours un peu.
03:14Ces robes de princesse, ces robes de contes de fées, à manches bouffantes, pleines de
03:22traînes et de volants qui ont littéralement émerveillé l'assistance, elles sont nées d'où ces robes ?
03:28En fait, j'étais parti d'une interview de Françoise Giraud qui disait que la femme
03:36salant est louche à midi et contesse à minuit.
03:41Et de cette phrase, j'ai eu envie d'explorer le côté historique de M.
03:45Salant que je n'avais jamais fait jusqu'à présent.
03:47Mais en enlevant tout ce qui est lourd, tout ce qui est broderie, tout ce qui est velours
03:51est de les faire vraiment très très légères, très aériennes, presque rien.
03:55Dans un tissu très contemporain, très technique, très industriel.
04:00Donc c'est la rencontre entre la robe de princesse et une espèce de toile parachute
04:05qui flotte comme ça dans l'air ?
04:06Comme une robe de couture sportswear, quelque chose qui peut rentrer dans une poche et qui...
04:15J'avais envie d'enlever tout le côté précieux de la couture pour arriver à une espèce
04:20d'épure et une esquisse de rien.
04:25Une esquisse de rien avec des volants et des traînes.
04:27Oui, bien sûr.
04:28Et des poches.
04:29Et des poches.
04:30Oui, toujours chez Salant, la femme a les mains dans les poches.
04:33Pourquoi ?
04:33Parce que je trouve que c'est une femme sûre d'elle, une femme un peu masculine,
04:40une femme qui n'a pas besoin d'artifice, qui n'a pas besoin d'accessoires autres que
04:46le vêtement et que son attitude.
04:49Et puis il y avait dans l'histoire de Saint-Laurent, il y avait des satins, il y avait des mousselines,
04:54il y avait des soies, il y a toute une histoire de ces tissus extrêmement légers et extrêmement
04:59translucides.
05:00A l'époque, Saint-Laurent faisait défilé ses mannequins nus sous ses blouses, on voyait
05:05les tétons, on voyait le dessin du sein et ça faisait scandale.
05:08Oui, mais ça fait encore scandale aujourd'hui.
05:10C'est vrai ?
05:10Oui, je pensais qu'on était passé à autre chose, mais il y a pas mal de pays qui ne diffusent
05:16pas les images du défilé parce qu'on voit encore des tétons, parce qu'on voit encore...
05:20Oui, oui, encore aujourd'hui, c'est un peu choquant, mais...
05:24Et vous n'auriez pas considérablement rallongé vos jupes ? Anthony Vaccarello, c'est-à-dire
05:32qu'il y a une époque où vous étiez l'empereur du cours, très très court, il fallait libérer
05:36la jambe, il fallait qu'elle se dessine, il fallait qu'elle se voit, et puis là on a
05:40vu des jupes mi-longues ou des jupes longues.
05:43Oui, j'arrive plus à faire du cours depuis quelques années.
05:46Mais pourquoi ?
05:46Peut-être parce que je vieillis, je ne sais pas.
05:48Parce que quand tout le monde faisait long, vous faisiez cours, et quand tout le monde
05:50fait cours, vous faites long, c'est ça ?
05:52Exactement.
05:52C'est vraiment ça ?
05:53Non, je trouve qu'on peut aussi dévoiler le corps sans forcément que ce soit court.
05:57C'est même plus subtil et plus érotique de voir le corps de la femme dans du long que
06:01dans du court.
06:03Je crois que ma femme, à moi, c'est une vraie femme, c'est-à-dire que ce n'est pas une
06:07amazone, ce n'est pas une Barbarella, ce n'est pas une cosmonaute non plus, c'est
06:11une femme souvent en noir, de toute façon, parce que j'adore le noir, le noir est ma
06:16couleur favorite et je pense qu'une feuille blanche, c'est très ennuyeux et que sans
06:22le noir, il n'y a pas de trait, donc pas de ligne.
06:25C'est pour ça que ma femme est souvent en noir, parce que j'aime que les femmes ressemblent
06:29à des dessins, à une épure.
06:32C'était la voix de Saint-Laurent, puisque vous allez chercher dans les archives, nous aussi,
06:37et on a la sensation surtout que c'est un défilé dont le noir disparaît progressivement.
06:43J'ai fait beaucoup de noir.
06:44Beaucoup, beaucoup, beaucoup.
06:45Et j'ai découvert un peu la couleur il y a quelques années, ça m'amuse beaucoup
06:53de mélanger ces couleurs étranges, de faire des déclashs de couleurs un peu improbables,
06:58ça m'amuse.
06:59Et de faire défiler ces femmes noires avec ces couleurs éclatantes que sont celles
07:08du vêtement, ça aussi c'est quelque chose que vous êtes allé chercher dans les archives
07:12de Saint-Laurent ?
07:13Non, ça j'ai toujours fait, j'ai toujours été attiré par cette diversité, même quand
07:22j'aime ma propre marque.
07:23Pour moi, c'est pas vraiment, c'est un non-sujet de...
07:30De femmes blanches ou de femmes noires, c'est un non-sujet.
07:32C'est un non-sujet, oui.
07:36Comment...
07:36Yves Saint-Laurent a laissé des milliers de dessins, des milliers de croquis que vous
07:40devez consulter régulièrement.
07:43Comment vous, vous faites naître une robe ? En la peignant, en la croquant, en l'esquissant ?
07:49C'est beaucoup des discussions, des discussions avec des femmes.
07:54Je travaille qu'avec des femmes au studio et c'est beaucoup des envies, des discussions,
08:01des réactions par rapport à ce que j'ai fait les saisons précédentes.
08:08Donc ça ne passe pas par le dessin ?
08:09Non, non.
08:10Jamais ?
08:10C'est des dialogues.
08:12Toujours des dialogues ?
08:13Oui.
08:14Et après, une toile.
08:15Des dialogues qui aboutissent à une toile et il y a un vrai travail avec les ateliers
08:20à partir de ces toiles, mais la base...
08:23Ça veut dire que le tissu précède la coupe ?
08:25Oui.
08:26C'est ça ?
08:26Oui.
08:27Et alors, qu'est-ce qu'il y avait dans vos jeux d'enfants
08:29qui pouvaient vous amener aux vêtements ?
08:33J'ai toujours été attiré...
08:36Enfin, j'étais un garçon dans les années 80-90, donc j'étais beaucoup dans la télé
08:42et j'ai toujours été très attiré par ces femmes que je voyais, ces femmes fortes.
08:50Donc attiré par de l'image ?
08:52Par de l'image, non.
08:53Pas par le tissu ?
08:54Non.
08:55Pas par le toucher ?
08:55Non, plutôt l'image.
08:56Vous n'avez pas de souvenir d'enfance qui soit...
08:59Voilà.
09:00Non.
09:00C'est l'image ?
09:01C'est l'image, oui.
09:02C'est uniquement l'image ?
09:03Et alors, c'était quelles images ?
09:05Ah, c'était...
09:06C'était beaucoup d'images de Jean-Paul Gauthier.
09:10Oui.
09:10Qui était là au défilé.
09:12Qui était là au défilé.
09:13Je suis toujours très ému de voir Jean-Paul Gauthier, parce que c'était un des designers
09:17qui m'a donné envie de faire ce métier.
09:18Et donc, oui, c'est lui, c'est Azdina Laya, c'est des images d'Elmoud Newton, c'est
09:25des images de Jean-Paul Gauthier.
09:27Elmoud Newton, qui photographiait les femmes Saint-Laurent.
09:30À l'époque, je ne le savais pas trop, c'était plus attiré par cette femme.
09:34Non, ce n'est pas grave, c'est un imaginaire.
09:35Oui.
09:35Bon, ça, ça vous fait rire, évidemment, parce que dans le genre « Femmes des années
09:5480 », en Jean-Paul Gauthier, largement photographiée dans la presse à l'époque, c'était Madonna.
10:00Ça, c'est son tube de 83, donc c'est toute votre enfance ?
10:04Oui, Madonna, c'est la personne, ce que j'ai toujours, qui a fait qui je suis aujourd'hui,
10:11d'une certaine façon, parce qu'elle était à l'avance sur tout l'époque.
10:15Donc, elle était là lundi soir avec sa fille et son compagnon.
10:19Pourquoi ? C'est elle qui a fait ce que vous êtes aujourd'hui.
10:22Parce qu'en fait, je suis belge, de Bruxelles, et ce n'est pas qu'on avait accès à beaucoup
10:27de cultures à l'époque.
10:28Et Madonna m'a ouvert au cinéma, à la musique, à Almodovar, à Abel Farah, c'est
10:37elle.
10:37C'est des gens que j'ai appris à connaître à travers elle.
10:42À travers elle.
10:43Vous êtes devenue producteur de cinéma, on va en reparler.
10:45Peut-être.
10:46Justement, avec les cinéastes de cette période-là.
10:50Madonna, c'est aussi toute une histoire avec Versace.
10:55Versace, c'est aussi une des grandes, grandes maisons dans lesquelles vous avez fait vos
10:59classes, juste après avoir eu votre propre marque.
11:03C'est peut-être, comment dire, votre retour à l'Italie.
11:07Parce que vous êtes de parents italiens, vous avez grandi en Belgique, mais vous êtes
11:10de parents italiens.
11:13Et je me suis demandé s'il n'y avait pas là, vous dites, c'est une période où il y a
11:17beaucoup de maisons qui reviennent, où il y a beaucoup de changements à la tête
11:19des maisons. Il y a aussi une page qui se tourne en ce moment, c'est l'année où
11:23Donatella Versace prend sa retraite, elle tire sa révérence après 30 ans de règne.
11:30Qu'est-ce qu'elle vous a appris, Donatella Versace ?
11:32Elle m'a appris la démesure.
11:35La démesure ?
11:36Oui, et de ne pas avoir peur d'en faire trop.
11:40Mais mon côté belge me donne envie d'épurer et d'enlever des choses.
11:45Je suis un peu entre rajouter et enlever.
11:47Entre l'Italie et la Belgique.
11:48Entre les gros bijoux baroques et nos robes en nylon transparente.
11:51C'est ça.
11:52Et maintenant que vous vivez en France depuis 15 ans, est-ce qu'il y a quelque chose de
11:56français qui est venu se surajouter à votre côté belge et à votre côté italien ?
11:59Oui, je pense qu'au bout de 15 ans, on devient un peu parisien.
12:02On devient parisien ?
12:03Oui.
12:03Et ça...
12:05Ça écrase le reste ?
12:07Non, ça rajoute à quelque chose, ça rajoute au reste.
12:10Oui.
12:10Alors les années 80, elles reviennent en boomerang aujourd'hui.
12:13Il y a toutes ces silhouettes au début de votre défilé.
12:16Les jupes crayons, les perfectos, les casquettes en cuir.
12:21Donc pour vous, on l'a dit, c'est plus qu'un cycle de la mode.
12:24Pour vous, c'est votre enfance ?
12:25Oui, j'aime raconter des histoires.
12:28Je trouve que les défilés sont là pour raconter des moments et pour raconter des
12:35histoires.
12:36Et ça raconte un peu de moi, oui.
12:38Vous parlez italien, vous ?
12:39Oui.
12:40Oui ?
12:40Un petit peu.
12:41D'accord.
12:42Qu'est-ce qui faisait vos parents comme métier quand vous étiez enfant ?
12:45Alors mes parents sont immigrés siciliens et mon père était cordonnier.
12:52Et qu'est-ce que c'était pour eux réussir ? Pour des Siciliens immigrés en Belgique ?
13:12C'était… En fait, j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai toujours pu faire ce
13:19que je voulais et en fait, c'est…
13:22Ce qui est rare pour un enfant d'immigrés.
13:24Oui.
13:25Souvent, quand on est un enfant d'immigrés, on a des injonctions très lourdes sur le dos.
13:29Oui, il ne l'a pas du tout.
13:30Là, il y a vraiment eu beaucoup d'amour et beaucoup d'amour et j'ai toujours été libre
13:38en fait et j'ai eu cette chance de sentir cette liberté et cette liberté de pouvoir
13:47m'exprimer toujours.
13:48Je n'ai jamais été… On ne m'a jamais dit « Fais-ci, fais-ça ». C'est une grande
13:52chance.
13:53Je suis très reconnaissant de ça.
13:55Et alors, là, on va écouter la bande-annonce du prochain film de Jim Jarmusch.
14:00C'était la voix, évidemment, de Tom Waits.
14:25Vous avez monté une très jeune maison de production.
14:30Vous êtes probablement le premier créateur de mode qui intègre la production cinéma
14:35à sa maison de couture.
14:38Et la maison de production en question produit Paolo Sorrentino, Pedro Almodovar, Emilia
14:44Perez de Jacques Audiard, se retrouvent à Cannes avec ses trois cinéastes.
14:50C'est fou.
14:50Et puis là, c'est Jarmusch.
14:52Et puis là, c'est carrément un lion d'or.
14:53Non, non, c'est incroyable parce qu'au début, on pensait que c'était, comme vous
14:57avez dit, un caprice, un caprice de chez Saint-Laurent.
15:02Et quand on voit la reconnaissance de l'industrie du cinéma dans ce choix de film, ça fait
15:12plaisir.
15:14Sauf que Audiard, Jarmusch, Almodovar, Claire Denis, que vous produisez aussi, Abel Ferrara,
15:20Cronenberg, ils ont tous 70 ans passés.
15:23Donc, je recommence.
15:25C'est les cinéastes de quand vous étiez ado.
15:28C'est encore une histoire de quand vous étiez petit.
15:30Je suis très, très attaché aux...
15:33Je suis très nostalgique et je suis très attaché à ces années 90.
15:36Et oui, pour moi, c'était une envie de les soutenir, de leur rendre hommage, de...
15:41Ouais.
15:44De les accompagner encore.
15:46Ouais.
15:47C'est bien plus que de faire émerger de jeunes cinéastes.
15:51Non, alors c'est important aussi, mais c'est très important de soutenir les jeunes
15:58cinéastes aussi.
15:58Mais pour commencer dans cette industrie, j'avais besoin de me raccrocher à quelque chose
16:06que je connaissais et que j'avais l'impression de maîtriser.
16:08Mais ça m'ouvre des portes et ça me donne envie de faire plus.
16:13Et d'aller vers les jeunes.
16:14Exactement.
16:14Et d'aller vers les jeunes.
16:16Donc, on le redit encore, cette année charnière de la mode, au sein de votre propre groupe,
16:22du groupe qui possède Saint-Laurent, il y a Demna Gvasalia, d'origine géorgienne,
16:27lui aussi formé en Belgique, comme vous, qui reprend Gucci.
16:32Bon, c'est plus qu'un créateur, c'est d'immenses phénomènes qui a révolutionné Balenciaga,
16:37qui fait aussi partie du groupe Autre Maison.
16:40Est-ce qu'il y a une pièce de lui ?
16:43D'abord, est-ce que vous avez parlé ensemble de ce changement à l'intérieur du groupe ?
16:47Est-ce que vous avez parlé ensemble de ce défi immense qui est de reprendre Gucci,
16:51comme c'était un défi immense pour vous, de reprendre Saint-Laurent ?
16:55Non, on n'en a pas parlé.
16:56Non, c'est une décision très intime.
16:58Oui, je pense qu'on est très, un peu retranché, pas retranché,
17:02mais il y a tellement à faire, ou une timidité, il y a quelque chose d'un peu de...
17:08Il est aussi timide que vous ?
17:09Je pense, oui.
17:10C'est vrai ?
17:11Chacun a une pudeur, un peu.
17:13Oui, oui.
17:14Qu'est-ce qui fait qu'on est si timide, et qu'on arrive à produire un show aussi éblouissant
17:19et aussi spectaculaire que ce que vous avez montré à Paris lundi soir ?
17:22Je me demande toujours, j'ai toujours l'impression qu'on n'est que d'être double et d'être
17:28un peu schizo, peut-être.
17:31Il y a deux Anthony Vaccarello, c'est ça, un sur scène et un très caché tout au fond.
17:36Il y a un qui déteste parler.
17:38C'est ça, mais il y est arrivé.
17:40Merci beaucoup.
17:41Merci infiniment Anthony Vaccarello.
17:43Merci.
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