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  • il y a 2 jours
De Daniel Buren à Eva Jospin, le programme "1 immeuble, 1 œuvre" a permis le déploiement de 1 000 œuvres d’art sur l’ensemble du territoire. Pensé comme un levier de dialogue entre création contemporaine et territoires, il s’appuie sur les artistes locaux et les dynamiques économiques et sociales. Arthur Toscan du Plantier, directeur général adjoint d’Émerige et président du club "1 immeuble, 1 œuvre", est l’invité d’ART & MARCHÉ pour décrypter ce dispositif déjà adopté par de nombreuses entreprises.

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Transcription
00:00Le programme a fêté ses 10 ans et a permis l'installation de près de 1000 oeuvres dans toute la France.
00:09C'est le programme Un immeuble, une oeuvre dont nous allons parler aujourd'hui avec Arthur Toscor du Plantier.
00:14Bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Vous êtes directeur général adjoint du promoteur immobilier Emerige et président du club Un immeuble, une oeuvre.
00:22Tout d'abord, rapidement, est-ce que vous pouvez nous expliquer quels sont les contours de ce programme ?
00:27Merci pour cette invitation.
00:30Le programme Un immeuble, une oeuvre, c'est une initiative d'entreprise privée qui s'engage à systématiquement commander une oeuvre à un artiste et à l'installer dans leurs immeubles.
00:39Le programme a une dizaine d'années.
00:41En fait, c'est 10 ans cette année et c'est un véritable succès.
00:44Comme vous l'avez rappelé, nous sommes à plus de 1000 oeuvres installées sur tout le territoire français, à Paris, comme en région, dans des territoires ruraux, comme dans des territoires urbains.
00:56Et petit point de précision à ne pas confondre avec le 1% artistique, qui là est un programme public obligatoire, alors qu'un immeuble une oeuvre, c'est vraiment selon la volonté de chaque entreprise privée.
01:10Exactement. En fait, depuis à peu près 70 ou 80 ans, la commande publique et la commande d'oeuvre dans l'espace public étaient l'apanage de la puissance publique.
01:18Il y a 10 ans, un petit nombre d'acteurs de l'immobilier ont décidé, à côté de la puissance publique, de soutenir la création artistique, de soutenir les artistes en commandant pour leurs propres immeubles des oeuvres à des artistes.
01:33C'est un financement totalement privé versus la commande artistique par l'État, dans le 1% artistique notamment, qui est de l'argent public.
01:41Et donc vous, vous étiez au démarrage, donc ça c'était en 2015, vous savez à l'époque, comment ça a été entendu ? Est-ce que ça a pris tout de suite ?
01:50Est-ce que beaucoup, je vois, j'ai vu qu'il y avait environ 90 entreprises qui étaient signataires de cette charte un immeuble une oeuvre, ça a vite pris ?
01:58Alors, ça a vite pris, oui. Au tout début, il y avait une quinzaine d'entreprises qui ont signé la charte, sous l'égide du ministère de la Culture.
02:05C'est une idée de Laurent Dumas, président du groupe Emmerich, qui est venue me voir à l'époque avec la ministre Fleur Pellerin pour nous soumettre cette idée.
02:12Immédiatement, on y a vu notre intérêt, l'intérêt pour les artistes et la création, c'est le soutien aux artistes.
02:18Mais on y a vu aussi un autre intérêt, c'est celui qui fait que l'oeuvre crée du dialogue, crée dans l'espace public, un mieux vivre ensemble.
02:27Et c'était très important à la fois pour le ministère de la Culture, dans ses missions du service public, mais également dans les missions d'un promoteur immobilier,
02:34qui est celui de fabriquer une ville plus inclusive, plus durable, et mettre une oeuvre d'art dans des espaces de vie en commun, dans l'espace public,
02:42nourrit et contribue cet objectif de mieux vivre tous ensemble.
02:47Comment est-ce que ça se passe ? Parce que j'imagine que s'il y a des entreprises qui nous regardent, ils doivent se demander comment est-ce qu'on choisit l'artiste,
02:53comment est-ce qu'on choisit l'oeuvre, comment est-ce que ça se passe pour être sûr de répondre à tous ces besoins de cohésion ?
03:00Il y a un principe absolu, c'est la liberté. Les entreprises sont des lieux de liberté d'entreprendre,
03:05et donc la liberté des entreprises est respectée dans le choix des oeuvres et des artistes qu'ils souhaitent commander et installer dans leurs immeubles.
03:12Pour autant, on a un sujet de qualité des oeuvres, on a un sujet de soutien à des artistes, et non pas à des artistes amateurs, copistes du week-end.
03:20Et c'est pour ça que l'action du ministère de la Culture est très importante, car c'est au sein du ministère de la Culture que sont enregistrées toutes les oeuvres.
03:28Les entreprises qui ne savent pas faire ou qui veulent s'inscrire dans ce programme, on a créé l'association Le Club Un Immeuble, Une Oeuvre,
03:36pour les accompagner dans les dimensions fiscales, dans les dimensions juridiques et dans les dimensions de sourcing des artistes.
03:44Il est très important dans le sourcing des artistes notamment, que de faire appel à des artistes du territoire,
03:49je le disais tout à l'heure, une oeuvre sur deux est installée en région, en dehors de Paris,
03:55et il est important de faire appel à ces artistes du territoire pour installer cette oeuvre et être le plus en dialogue possible
04:02avec les ressorts économiques, sociaux du territoire dans lesquels ils sont installés.
04:07Est-ce qu'il y a des critères qu'il faut vraiment respecter ?
04:10C'est-à-dire un artiste vivant, une oeuvre, est-ce qu'il y a quelques autres critères ?
04:15Il y a deux hypothèses, soit la commande d'une oeuvre à un artiste, soit l'acquisition d'une oeuvre, par exemple auprès d'une galerie.
04:21On promeut beaucoup la commande d'une oeuvre à un artiste, puisqu'on essaye de soutenir la création vivante et donc les artistes vivants.
04:29Donc la majeure partie, 85% des oeuvres qui sont installées sont commandées à des artistes.
04:34Ensuite, la question qui doit se poser, c'est est-ce qu'on fait appel ou non à un artiste ?
04:38Et on demande aux entreprises de s'assurer, par exemple, qui est un critère important, si ces artistes-là sont à la maison des artistes, par exemple.
04:45Et lorsqu'on est adhérent à la maison des artistes, on est de fait considéré comme un artiste avec le statut d'artiste.
04:51Après, encore une fois, c'est la liberté des entreprises, c'est la liberté de création, c'est la liberté de choix des entreprises par rapport aux oeuvres.
04:59Est-ce qu'il en va de la responsabilité de l'entreprise de conserver l'oeuvre, de faire attention que tout soit bien respectueux du cahier des charges, l'oeuvre aussi ?
05:09Respectueux du cahier des charges et surtout respectueux du droit de l'artiste.
05:13Et c'est pour ça que lorsqu'une oeuvre est commandée par un promoteur immobilier, par exemple, il appartient, in fine, l'oeuvre appartient à la copropriété,
05:21avec un engagement qui est celle de s'assurer de la conservation de l'oeuvre et de son bon entretien.
05:26Après, à l'échelle d'une grande copropriété, le coût de l'entretien de l'oeuvre est assez minime et ça ne pose généralement jamais de problème.
05:34Mais j'insiste sur la nécessité de respecter les droits des artistes dans leur inaliénabilité de leurs droits.
05:45Pour les entreprises, quels seraient les avantages ? Vous avez parlé de fiscalité, mais je crois que ce n'est pas pareil que le mécénat, par exemple.
05:51Non, ce n'est pas du tout. On pourrait, mais il faut répondre à un certain nombre de critères très objectifs, on pourrait se voir appliquer la loi sur le mécénat.
06:01Mais c'est en fait en charge travaux, c'est beaucoup plus simple.
06:04Et fiscalement, ce n'est pas très très éloigné de l'avantage fiscal du mécénat.
06:11Pour l'entreprise, il y a l'acteur immobilier.
06:13C'est, comme je le disais tout à l'heure, il y a la volonté de fabriquer une ville plus inclusive, plus durable.
06:20Donc, ça fait vraiment partie de la stratégie, notamment pour Ebrich, ça fait partie de sa stratégie de fabriquer une ville plus durable.
06:27C'est aussi embellir les espaces de vie en commun, c'est embellir les espaces publics.
06:32Car parfois, une oeuvre n'est pas uniquement dans l'immeuble lui-même, dans les parties communes,
06:35mais il peut se trouver à l'extérieur de l'immeuble, sur l'emprise foncière de l'immeuble.
06:39Enfin, c'est un formidable levier pour les salariés de l'entreprise.
06:44Parce que ce sont les salariés de l'entreprise qui s'emparent de ce programme, qui le pilotent.
06:50Et ils sont au cœur du dialogue entre l'architecte, qui est un acteur extrêmement important du programme,
06:55puisque dès le départ, on fait dialoguer l'architecte et l'artiste.
06:58Donc, le salarié est au cœur du dialogue entre l'architecte, l'artiste et l'entreprise générale.
07:02Et c'est lui qui, du début jusqu'à la fin, pilote le programme pour et au nom de l'entreprise.
07:08Parce que c'est pour des projets qui vont être en construction, on peut reprendre des projets ?
07:14Non, c'est un projet qui, ce qu'on appelle en VFA, y compris pour des ventes en état futur d'achèvement.
07:22D'accord.
07:22Tant pour le logement que pour le bureau.
07:25Mais ce sont des projets qui sont très en amont.
07:27Mais c'est ça qui est très intéressant dans le programme, c'est qu'on fait dialoguer dès l'origine l'artiste avec l'architecte,
07:33en prenant en compte également toute la complexité, tous les critères, tous les éléments qui constituent le territoire dans lequel l'œuvre va être installée.
07:41Qu'il s'agisse de critères sociaux, économiques, territoriaux.
07:45Parmi les actualités d'Emerich, la Pointe des Arts, projet porté par Emerich, commence à avoir son achèvement.
07:54Pointe des Arts, située sur l'île Seguin, à l'ouest parisien.
07:57J'imagine que dans tout ce programme, peut-être que vous pouvez utiliser ce programme pour nous donner un exemple
08:02de comment est-ce que vous avez travaillé un projet au sein de ce programme Animaux-Mune-Oeuvre ?
08:07La Pointe des Arts, il Seguin, est un projet porté par Emerich, par Ardian, et qui porte au plus haut les valeurs d'un immeuble neuf,
08:16puisque d'ici une quinzaine de jours, le 31 janvier 2026, va être inauguré le parc Gauthier-Mongin sur l'île Seguin,
08:24où plus d'une vingtaine d'œuvres d'art, soutenues par Emerich, curatées comme on dit par Emerich,
08:31vont être installées avec des œuvres historiques.
08:35Et ce projet de l'île Seguin, de ce parc des sculptures, répond notamment à diffuser l'art au plus grand nombre,
08:46et de façon gratuite.
08:48Car ce qu'il faut avoir en tête dans le programme Animaux-Mune-Oeuvre,
08:50c'est que cet art, les œuvres d'art, sont mises à la disposition du public de façon totalement gratuite.
08:57On sait très bien qu'il y a des barrières, parfois, pour rentrer dans un musée,
09:00qui est une barrière déjà naturelle vis-à-vis de l'art contemporain,
09:03mais c'est aussi parce que ça a un coût de rentrer dans des musées.
09:05Et là, via le programme Animaux-Mune-Oeuvre, via ce que l'on va faire sur le parc Gauthier-Mougin sur l'île Seguin,
09:12c'est un parc de plus d'une vingtaine de sculptures, ouvert à tous et gratuitement.
09:16Avec toute une circularité pensée pour que justement ces œuvres d'art soient vues par tous.
09:20Toute une circularité, et en lien avec les arts de l'île Seguin,
09:25puisqu'il y a la scène musicale, et demain il y a un centre d'art porté par Emerich,
09:29à la pointe des arts, qui est le nom qu'on a donné à ce lieu,
09:32où il y aura des cinémas, bref, toute une actualité,
09:35et un foisonnement culturel très important.
09:37Merci beaucoup Arthur Toscan du Plantier,
09:39je rappelle que vous êtes directeur général adjoint d'Emerich,
09:41et président du club Un Immeuble, Une Oeuvre.
09:44Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis, c'était Arrêt Marché.
09:46Merci beaucoup.
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