00:00Le programme a fêté ses 10 ans et a permis l'installation de près de 1000 oeuvres dans toute la France.
00:09C'est le programme Un immeuble, une oeuvre dont nous allons parler aujourd'hui avec Arthur Toscor du Plantier.
00:14Bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Vous êtes directeur général adjoint du promoteur immobilier Emerige et président du club Un immeuble, une oeuvre.
00:22Tout d'abord, rapidement, est-ce que vous pouvez nous expliquer quels sont les contours de ce programme ?
00:27Merci pour cette invitation.
00:30Le programme Un immeuble, une oeuvre, c'est une initiative d'entreprise privée qui s'engage à systématiquement commander une oeuvre à un artiste et à l'installer dans leurs immeubles.
00:39Le programme a une dizaine d'années.
00:41En fait, c'est 10 ans cette année et c'est un véritable succès.
00:44Comme vous l'avez rappelé, nous sommes à plus de 1000 oeuvres installées sur tout le territoire français, à Paris, comme en région, dans des territoires ruraux, comme dans des territoires urbains.
00:56Et petit point de précision à ne pas confondre avec le 1% artistique, qui là est un programme public obligatoire, alors qu'un immeuble une oeuvre, c'est vraiment selon la volonté de chaque entreprise privée.
01:10Exactement. En fait, depuis à peu près 70 ou 80 ans, la commande publique et la commande d'oeuvre dans l'espace public étaient l'apanage de la puissance publique.
01:18Il y a 10 ans, un petit nombre d'acteurs de l'immobilier ont décidé, à côté de la puissance publique, de soutenir la création artistique, de soutenir les artistes en commandant pour leurs propres immeubles des oeuvres à des artistes.
01:33C'est un financement totalement privé versus la commande artistique par l'État, dans le 1% artistique notamment, qui est de l'argent public.
01:41Et donc vous, vous étiez au démarrage, donc ça c'était en 2015, vous savez à l'époque, comment ça a été entendu ? Est-ce que ça a pris tout de suite ?
01:50Est-ce que beaucoup, je vois, j'ai vu qu'il y avait environ 90 entreprises qui étaient signataires de cette charte un immeuble une oeuvre, ça a vite pris ?
01:58Alors, ça a vite pris, oui. Au tout début, il y avait une quinzaine d'entreprises qui ont signé la charte, sous l'égide du ministère de la Culture.
02:05C'est une idée de Laurent Dumas, président du groupe Emmerich, qui est venue me voir à l'époque avec la ministre Fleur Pellerin pour nous soumettre cette idée.
02:12Immédiatement, on y a vu notre intérêt, l'intérêt pour les artistes et la création, c'est le soutien aux artistes.
02:18Mais on y a vu aussi un autre intérêt, c'est celui qui fait que l'oeuvre crée du dialogue, crée dans l'espace public, un mieux vivre ensemble.
02:27Et c'était très important à la fois pour le ministère de la Culture, dans ses missions du service public, mais également dans les missions d'un promoteur immobilier,
02:34qui est celui de fabriquer une ville plus inclusive, plus durable, et mettre une oeuvre d'art dans des espaces de vie en commun, dans l'espace public,
02:42nourrit et contribue cet objectif de mieux vivre tous ensemble.
02:47Comment est-ce que ça se passe ? Parce que j'imagine que s'il y a des entreprises qui nous regardent, ils doivent se demander comment est-ce qu'on choisit l'artiste,
02:53comment est-ce qu'on choisit l'oeuvre, comment est-ce que ça se passe pour être sûr de répondre à tous ces besoins de cohésion ?
03:00Il y a un principe absolu, c'est la liberté. Les entreprises sont des lieux de liberté d'entreprendre,
03:05et donc la liberté des entreprises est respectée dans le choix des oeuvres et des artistes qu'ils souhaitent commander et installer dans leurs immeubles.
03:12Pour autant, on a un sujet de qualité des oeuvres, on a un sujet de soutien à des artistes, et non pas à des artistes amateurs, copistes du week-end.
03:20Et c'est pour ça que l'action du ministère de la Culture est très importante, car c'est au sein du ministère de la Culture que sont enregistrées toutes les oeuvres.
03:28Les entreprises qui ne savent pas faire ou qui veulent s'inscrire dans ce programme, on a créé l'association Le Club Un Immeuble, Une Oeuvre,
03:36pour les accompagner dans les dimensions fiscales, dans les dimensions juridiques et dans les dimensions de sourcing des artistes.
03:44Il est très important dans le sourcing des artistes notamment, que de faire appel à des artistes du territoire,
03:49je le disais tout à l'heure, une oeuvre sur deux est installée en région, en dehors de Paris,
03:55et il est important de faire appel à ces artistes du territoire pour installer cette oeuvre et être le plus en dialogue possible
04:02avec les ressorts économiques, sociaux du territoire dans lesquels ils sont installés.
04:07Est-ce qu'il y a des critères qu'il faut vraiment respecter ?
04:10C'est-à-dire un artiste vivant, une oeuvre, est-ce qu'il y a quelques autres critères ?
04:15Il y a deux hypothèses, soit la commande d'une oeuvre à un artiste, soit l'acquisition d'une oeuvre, par exemple auprès d'une galerie.
04:21On promeut beaucoup la commande d'une oeuvre à un artiste, puisqu'on essaye de soutenir la création vivante et donc les artistes vivants.
04:29Donc la majeure partie, 85% des oeuvres qui sont installées sont commandées à des artistes.
04:34Ensuite, la question qui doit se poser, c'est est-ce qu'on fait appel ou non à un artiste ?
04:38Et on demande aux entreprises de s'assurer, par exemple, qui est un critère important, si ces artistes-là sont à la maison des artistes, par exemple.
04:45Et lorsqu'on est adhérent à la maison des artistes, on est de fait considéré comme un artiste avec le statut d'artiste.
04:51Après, encore une fois, c'est la liberté des entreprises, c'est la liberté de création, c'est la liberté de choix des entreprises par rapport aux oeuvres.
04:59Est-ce qu'il en va de la responsabilité de l'entreprise de conserver l'oeuvre, de faire attention que tout soit bien respectueux du cahier des charges, l'oeuvre aussi ?
05:09Respectueux du cahier des charges et surtout respectueux du droit de l'artiste.
05:13Et c'est pour ça que lorsqu'une oeuvre est commandée par un promoteur immobilier, par exemple, il appartient, in fine, l'oeuvre appartient à la copropriété,
05:21avec un engagement qui est celle de s'assurer de la conservation de l'oeuvre et de son bon entretien.
05:26Après, à l'échelle d'une grande copropriété, le coût de l'entretien de l'oeuvre est assez minime et ça ne pose généralement jamais de problème.
05:34Mais j'insiste sur la nécessité de respecter les droits des artistes dans leur inaliénabilité de leurs droits.
05:45Pour les entreprises, quels seraient les avantages ? Vous avez parlé de fiscalité, mais je crois que ce n'est pas pareil que le mécénat, par exemple.
05:51Non, ce n'est pas du tout. On pourrait, mais il faut répondre à un certain nombre de critères très objectifs, on pourrait se voir appliquer la loi sur le mécénat.
06:01Mais c'est en fait en charge travaux, c'est beaucoup plus simple.
06:04Et fiscalement, ce n'est pas très très éloigné de l'avantage fiscal du mécénat.
06:11Pour l'entreprise, il y a l'acteur immobilier.
06:13C'est, comme je le disais tout à l'heure, il y a la volonté de fabriquer une ville plus inclusive, plus durable.
06:20Donc, ça fait vraiment partie de la stratégie, notamment pour Ebrich, ça fait partie de sa stratégie de fabriquer une ville plus durable.
06:27C'est aussi embellir les espaces de vie en commun, c'est embellir les espaces publics.
06:32Car parfois, une oeuvre n'est pas uniquement dans l'immeuble lui-même, dans les parties communes,
06:35mais il peut se trouver à l'extérieur de l'immeuble, sur l'emprise foncière de l'immeuble.
06:39Enfin, c'est un formidable levier pour les salariés de l'entreprise.
06:44Parce que ce sont les salariés de l'entreprise qui s'emparent de ce programme, qui le pilotent.
06:50Et ils sont au cœur du dialogue entre l'architecte, qui est un acteur extrêmement important du programme,
06:55puisque dès le départ, on fait dialoguer l'architecte et l'artiste.
06:58Donc, le salarié est au cœur du dialogue entre l'architecte, l'artiste et l'entreprise générale.
07:02Et c'est lui qui, du début jusqu'à la fin, pilote le programme pour et au nom de l'entreprise.
07:08Parce que c'est pour des projets qui vont être en construction, on peut reprendre des projets ?
07:14Non, c'est un projet qui, ce qu'on appelle en VFA, y compris pour des ventes en état futur d'achèvement.
07:22D'accord.
07:22Tant pour le logement que pour le bureau.
07:25Mais ce sont des projets qui sont très en amont.
07:27Mais c'est ça qui est très intéressant dans le programme, c'est qu'on fait dialoguer dès l'origine l'artiste avec l'architecte,
07:33en prenant en compte également toute la complexité, tous les critères, tous les éléments qui constituent le territoire dans lequel l'œuvre va être installée.
07:41Qu'il s'agisse de critères sociaux, économiques, territoriaux.
07:45Parmi les actualités d'Emerich, la Pointe des Arts, projet porté par Emerich, commence à avoir son achèvement.
07:54Pointe des Arts, située sur l'île Seguin, à l'ouest parisien.
07:57J'imagine que dans tout ce programme, peut-être que vous pouvez utiliser ce programme pour nous donner un exemple
08:02de comment est-ce que vous avez travaillé un projet au sein de ce programme Animaux-Mune-Oeuvre ?
08:07La Pointe des Arts, il Seguin, est un projet porté par Emerich, par Ardian, et qui porte au plus haut les valeurs d'un immeuble neuf,
08:16puisque d'ici une quinzaine de jours, le 31 janvier 2026, va être inauguré le parc Gauthier-Mongin sur l'île Seguin,
08:24où plus d'une vingtaine d'œuvres d'art, soutenues par Emerich, curatées comme on dit par Emerich,
08:31vont être installées avec des œuvres historiques.
08:35Et ce projet de l'île Seguin, de ce parc des sculptures, répond notamment à diffuser l'art au plus grand nombre,
08:46et de façon gratuite.
08:48Car ce qu'il faut avoir en tête dans le programme Animaux-Mune-Oeuvre,
08:50c'est que cet art, les œuvres d'art, sont mises à la disposition du public de façon totalement gratuite.
08:57On sait très bien qu'il y a des barrières, parfois, pour rentrer dans un musée,
09:00qui est une barrière déjà naturelle vis-à-vis de l'art contemporain,
09:03mais c'est aussi parce que ça a un coût de rentrer dans des musées.
09:05Et là, via le programme Animaux-Mune-Oeuvre, via ce que l'on va faire sur le parc Gauthier-Mougin sur l'île Seguin,
09:12c'est un parc de plus d'une vingtaine de sculptures, ouvert à tous et gratuitement.
09:16Avec toute une circularité pensée pour que justement ces œuvres d'art soient vues par tous.
09:20Toute une circularité, et en lien avec les arts de l'île Seguin,
09:25puisqu'il y a la scène musicale, et demain il y a un centre d'art porté par Emerich,
09:29à la pointe des arts, qui est le nom qu'on a donné à ce lieu,
09:32où il y aura des cinémas, bref, toute une actualité,
09:35et un foisonnement culturel très important.
09:37Merci beaucoup Arthur Toscan du Plantier,
09:39je rappelle que vous êtes directeur général adjoint d'Emerich,
09:41et président du club Un Immeuble, Une Oeuvre.
09:44Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis, c'était Arrêt Marché.
09:46Merci beaucoup.
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