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  • il y a 3 heures
Samedi 31 janvier 2026, retrouvez Alexia Laroche-Joubert (CEO, Banijay France), Matthias Giroud (Mixologue et cofondateur, Alchimiste) et Yves Salomon (président, Yves Salomon) dans EXPERIENCES, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Expérience, l'émission qui vous fait vivre la culture autrement.
00:13Quelle sera votre prochaine aventure culturelle ?
00:16Embarquez avec nos invités, chroniqueurs pour une heure d'immersion au cœur du luxe, de l'art de vivre et de la littérature.
00:23Elles sont parfois si grossières qu'elles deviennent amusantes, mais certaines imitent le réel avec une précision troublante.
00:29Les images générées par intelligence artificielle envahissent Internet.
00:33C'est le phénomène du slope et on en parle dans quelques instants dans Culturoscope.
00:38Dans ses livres qui comptent, Anne Bassi reçoit Alexia Laroche-Joubert, présidente de Banigé France.
00:43Elle partage avec nous les ouvrages qui ont marqué sa vie, son parcours, nourri sa créativité, influencé sa vie personnelle et professionnelle.
00:52Vous en avez forcément entendu parler, le Dry January, ce mois sans alcool.
00:56Mais pour qu'il ne rime pas avec frustration, certains mixologues redoublent d'inventivité pour rendre des boissons sans alcool plus festives, plus gourmandes.
01:06Ça se passe dans Bouche B.
01:07Et enfin, à la fin de cette émission, la grande interview.
01:10En cette période de grand froid, nous recevons Yves Salomon qui est président de la marque Eponyme.
01:15Il revient sur l'évolution de sa marque qui s'est aussi tournée vers le prêt-à-porter, puis ensuite vers le design.
01:22Il revient sur le destin contrasté de la fourrure, dont la popularité aussi depuis des décennies.
01:29C'est parti pour Expérience.
01:34Vous les voyez tous les jours en ouvrant les réseaux sociaux et ce flot d'images porte un nom.
01:40Et Jem Algul nous en parle dans Culturoscope. Bonjour Jem.
01:42Bonjour Sybille.
01:44Oui, alors depuis quelques mois, il y a un mot qui revient de plus en plus sur les réseaux sociaux.
01:49C'est un mot qui n'est pas très élégant, qui est presque volontairement grossier, mais qui dit beaucoup de notre rapport au numérique.
01:56Alors en anglais, ça désigne une sorte de bouillie, un mélange informe.
02:00Ce mot, c'est quoi ? C'est slope.
02:01Sur Internet, le slope sont ces contenus qui sont générés par intelligence artificielle.
02:07Alors ça peut être des images, des vidéos, de la musique.
02:10En tout cas, le seul objectif, il est clair, c'est de créer de la rétention et de devenir viral.
02:17Donc à quoi ça ressemble concrètement, ces slopes ?
02:20C'est ça la question de la bouillie, c'est qu'en fait, c'est un peu de tout.
02:24On a des chats qui sont mis en scène, on a des catastrophes spectaculaires qui en fait n'ont jamais eu lieu.
02:31On a aussi beaucoup de bébés qui parlent, mais on a aussi Jésus en crevette, par exemple.
02:36Donc vraiment un peu tout et n'importe quoi.
02:39Et souvent, on ne sait pas très bien si ce que l'on regarde est vrai, faux ou simplement inutile.
02:46Le slope, ce n'est pas seulement une esthétique.
02:49Comme je l'ai dit, l'idée, c'est de retenir l'attention.
02:51Et c'est parce que c'est une véritable économie, en fait, une économie de la quantité, du recyclage, de la répétition.
02:58On ne cherche plus vraiment à créer quelque chose de singulier, mais à reproduire un contenu qui a déjà fonctionné.
03:06Et c'est là que l'IA va jouer son rôle en dictant la forme, le tempo, pour susciter de l'émotion et donc des réactions associées.
03:14Et j'imagine qu'il y a des contenus qui sont beaucoup plus problématiques que d'autres.
03:16Oui, on pourrait, effectivement, en sourire jusque-là et s'en désintéresser.
03:22Mais le problème, c'est que cette logique, elle ne s'arrête pas à l'absurde, au divertissement.
03:28Elle déborde très vite sur le chemin de la politique et de la désinformation.
03:32On l'a vu très récemment avec cette vidéo qui annonçait un coup d'État, donc cette fausse vidéo qui annonçait un coup d'État en France,
03:39avec un ton très crédible, des décors réalistes et un vocabulaire très journalistique.
03:43En fait, tout était fait pour tromper l'audience.
03:47Et pendant plusieurs heures, la vidéo a circulé, elle a été commentée, partagée, une vidéo virale.
03:53Et là, on voit que le faux peut aisément se mélanger au vrai, au point de devenir indiscernable, au moins pendant un moment.
04:00Puis après, on voit que c'est trop tard.
04:02Là, l'intelligence artificielle, elle ne se contente plus d'imiter notre monde.
04:06Elle fabrique vraiment un monde alternatif, parallèle, un monde un peu plus spectaculaire, plus riche en émotions
04:12et surtout plus rentable pour celles et ceux qui les diffusent.
04:16Cette avalanche de contenu, elle pose quand même une question qui est assez vertigineuse
04:19sur le devenir d'un Internet rempli de contenu produit par des machines,
04:24au point qu'Adam Mossry, donc le patron d'Instagram,
04:28il a publiquement reconnu que ce tsunami de contenu généré par IA posait un problème structurel.
04:34Oui, pourtant, il en est quand même un peu pour quelque chose.
04:36Oui, Adam Mossry, il a bon dos de se plaindre de ce problème-là,
04:40puisque le phénomène, il est quand même beaucoup encouragé par le fonctionnement des plateformes elles-mêmes.
04:46Les contenus qui sont générés par IA, c'est produit rapidement, c'est très peu coûteux,
04:51hautement viral, donc ils nourrissent parfaitement la logique algorithmique de ces plateformes.
04:57Dans les commentaires, puisque je me suis baladé dans le monde du slop,
04:59j'ai pu lire de plus en plus d'appels à la régulation de la part des utilisateurs,
05:05ou au moins des appels à ce que les contenus soient clairement identifiés comme étant de l'IA,
05:11et donc facilement repérables.
05:13Je tiens quand même à rassurer tout le monde.
05:16D'abord, il semblerait que les slopes ne fassent plus autant recettes qu'il y a quelques semaines, voire moins.
05:23Et puis surtout, c'est l'occasion, en fait, pour nous, en tant qu'utilisateurs,
05:27de reprendre le contrôle des contenus auxquels on a accès,
05:30de préserver la créativité humaine,
05:33et le tout en privilégiant les contenus authentiques comme ceux d'expérience.
05:37Merci beaucoup, Jane, de nous avoir éclairés sur ce monde du slop.
05:40Et tout de suite, on retrouve Anne Bassi pour ses livres qui comptent.
05:44Les livres nous façonnent, influencent nos vies, personnelles comme professionnelles.
05:52Dans ces livres qui comptent, Anne Bassi rencontre Alexia Laroche-Joubert,
05:56qui est présidente de Bani-Jé France, au sein de son bureau,
06:00qui nous raconte l'influence décisive de la lecture dans son parcours.
06:03Anne Bassi, je vous passe la parole.
06:05Merci Sybille, bienvenue dans ces livres qui comptent.
06:08Bonjour Alexia Laroche-Joubert.
06:10Bonjour Anne.
06:10Alors, on est là aujourd'hui pour parler des livres qui ont compté dans votre enfance,
06:15pendant votre adolescence, en tant qu'adulte.
06:18Les livres qui vous ont marqué, qui ont nourri votre créativité,
06:22qui vous ont parfois peut-être aidé à prendre des décisions,
06:25voire qui ont changé votre regard sur le monde.
06:28Eh bien, moi j'ai pris des notes, je le montre,
06:31parce que c'est tellement important pour moi la lecture
06:34que je voulais montrer un petit peu comment les livres m'ont accompagnée dans plein de sujets.
06:39Alors, je reviens un instant sur votre parcours.
06:42Vous avez fait des études de droit.
06:44Vous avez ensuite, tout de suite, commencé dans les médias, la production.
06:48Vous avez produit des séries cultes que tout le monde connaît, je ne les cite même plus.
06:52Et aujourd'hui, vous êtes présidente de Bani-Jé France.
06:55Vous adorez lire et vous lisez beaucoup.
06:58Je lis le maximum que le temps que j'ai, c'est-à-dire peu,
07:04c'est-à-dire en moyenne, c'est 10 à 20 minutes par jour,
07:07au-delà de toute la presse, etc.
07:09Je parle vraiment des livres.
07:11Et c'est le moyen que j'ai trouvé pour m'endormir sereinement et m'évader un peu.
07:15D'accord.
07:16Vous avez deux particularités.
07:18La première, c'est que vous adorez partager les livres que vous avez aimés.
07:22et vous faites régulièrement, vous offrez, vous mettez à disposition en bas de votre immeuble
07:28les livres que vous avez aimés pour que les gens de l'immeuble puissent aussi partager ça.
07:31Oui, ça, c'est un truc super.
07:33En fait, quand on avait une sorte de petite étagère au-dessus du radiateur,
07:37que je trouvais assez triste, et je me suis dit, tiens, je vais mettre des livres.
07:40Et je me suis aperçue que les gens les prenaient.
07:43Mais les gens aussi remettaient des livres que moi, je prenais.
07:50Par exemple, j'en ai lu un sur la parmaculture.
07:52C'est quand même très spécial.
07:53Et donc, c'est une manière, c'est une sorte de connivence et de partage.
07:58Et je faisais autre chose qui était vachement sympa, que je conseille à tous les parents.
08:03Je rentrais dans une librairie avec ma fille aînée quand elle était un peu plus jeune.
08:06Pour lui donner le goût de la lecture, je lui demandais de choisir trois livres.
08:09Et moi, je choisissais trois livres pour adultes, donc elle pour enfants,
08:13mais trois livres qu'elle pouvait lire.
08:15Et le principe, c'est qu'on devait s'échanger un livre.
08:17Donc, elle me montrait ses trois livres et j'en piquais un.
08:19Et puis, elle, elle regardait mes trois livres et j'en piquais un.
08:21Et ça a été hyper sympa parce que déjà, on pouvait discuter après des livres.
08:25Et puis, ça nous ouvrait un champ de lecture beaucoup plus important,
08:28d'autant plus que la littérature jeunesse maintenant est très riche.
08:32Vous avez une deuxième petite particularité, dont vous ne vous cachez pas,
08:35c'est que vous êtes dyslexique.
08:37Et je me suis aperçue à cette occasion que la dyslexie,
08:39elle était commune à beaucoup de créatifs.
08:41Edgar Poe était dyslexique, Rodin était dyslexique,
08:44et Hans-Andersen était dyslexique.
08:46Et on disait de Hans-Andersen que ses manuscrits étaient truffés de mots avec des lettres inversées.
08:55Alors, j'ai une première question.
08:57Est-ce que la dyslexie, c'est un frein ?
09:00Et où est-ce qu'on découvre quelque chose d'autre grâce à la dyslexie dans la lecture, en fait ?
09:05Non, c'est un énorme frein, c'est un handicap qui est horrible à vivre,
09:10d'autant plus dans un schéma scolaire comme celui de la France,
09:13qui est fait par des instits, pour des enfants d'instits.
09:17En revanche, ce qu'on découvre, c'est pas qu'on le découvre,
09:20c'est qu'il y a un instinct de survie qui fait que si vous voulez à un moment exister,
09:26il faut que vous trouviez un autre talent, une autre capacité.
09:29Et donc, je pense que ces gens-là développent l'art, la parole, une sorte de créativité.
09:37Probablement qu'on ne pense pas comme tout le monde.
09:39Mais moi, je l'ai vécu comme un énorme handicap.
09:41Je n'arrive pas encore à écrire un mot à la main devant quelqu'un, je me cache.
09:46C'est quand même dur.
09:48Même moi, je n'arrive pas à me relire.
09:49Enfin bon, c'est quand même très compliqué.
09:51Mais ça ne vous empêche pas aujourd'hui de lire ?
09:53Non, mais la lecture ne m'a pas réglé le problème.
09:56Les profs disent toujours, mais tu as qu'à lire et tu apprendras les mots.
09:58Et je ne comprends pas, ça n'imprime pas.
10:01Donc, je lis, mais ça ne résout pas mon problème.
10:04D'accord.
10:05Alors, si on parle d'un livre qui vous a particulièrement marqué, qui vous a aidé,
10:11quelle que soit la période de votre vie, ça serait lequel ?
10:14Alors, j'ai un livre qui est pour moi fondateur, que j'ai lu et relu,
10:18et qui m'émeut à chaque fois.
10:20C'est « Des souris des hommes » de John Steinbeck.
10:22C'est très bizarre parce que ça se passe dans un ranch entre deux ouvriers de ce ranch.
10:31Je pense que j'ai été extrêmement touchée par cette amitié qui lit Léni et Georges.
10:36Léni étant une sorte de mollusse un peu retardé.
10:42Et Georges qui est un petit mec très nerveux et très intelligent.
10:46Et leur amitié, dans un drame, me bouleverse.
10:51Et il y a une fin tragique qui est…
10:55Je ne sais pas si les gens…
10:56C'est compliqué de spoiler la fin.
10:58Mais je ne spoile pas la fin.
11:00Si.
11:00Si, je peux la spoiler.
11:02À la fin, pour éviter l'emprisonnement, Georges va tuer Léni.
11:07Et pour que Léni s'endorme, il lui disait toujours
11:10« Je vais te raconter la maison qu'on aura, etc. »
11:14Et donc, il lui raconte, Léni regarde devant et boum, il le tue.
11:18Et je trouve que c'est un moment où il l'emmène comme ça dans une rêverie
11:21pour une mort subite qui est très fort.
11:25Donc, il y a ça.
11:26Il y a beaucoup de bouquins de John Irving qui m'ont énormément touchée
11:30parce qu'il parle beaucoup de l'abandon, de la maternité.
11:35Et donc, ça, c'est des films qui, moi, m'émeut énormément.
11:40Je regarde un peu, mais il y a un bouquin, justement, de lui,
11:44qui s'appelle « Veuve pour un an », d'une mère qui, par accident,
11:49tue ses deux enfants et elle refait sa vie de famille.
11:52Elle refait un enfant, mais elle va l'abandonner.
11:55Et c'est cette femme qui est brisée,
11:59qui, en fait, se sent incapable d'élever un enfant.
12:00Je trouve que c'est des sujets qui sont intéressants.
12:02Mais après, il y a tellement de livres dont je n'ai pas la mémoire.
12:07C'est pour ça que je prends des notes.
12:09Et ça m'habite beaucoup.
12:11Et en plus, j'ai une spécificité.
12:13Je vais parler toute seule comme ça.
12:15C'est que je lis plein de livres en même temps.
12:18Donc, j'ai une Kindle ou des livres physiques.
12:22Et je lis...
12:22Enfin, quand les livres correspondent à mon état d'humeur.
12:25Donc, je peux lire...
12:26Je suis une fan de tout ce qu'est IA, transhumanisme, etc.
12:30Mais en même temps, je lis le dernier livre de Justine Lévy sur sa mère.
12:36Et puis, je lis...
12:38Là, j'étais en train de lire aussi Solzhenistine.
12:44Donc, je me remets quand même dans ce mastodonte.
12:49Donc, c'est toujours une multitude de lectures.
12:53Et vraiment, je les ouvre et je les referme.
12:56Je peux les reprendre six mois après.
12:57Enfin, voilà.
12:58Et est-ce qu'il y a un livre que vous relisez régulièrement ?
13:00Non.
13:02Non, parce que je...
13:05Enfin, mis à part des souris des hommes,
13:07je suis quand même dans la curiosité permanente
13:10de ce qui va sortir, d'autres émotions.
13:13Donc, non.
13:15Non, mais en revanche, je peux lire des livres qui m'aident.
13:19Et ça, c'est un peu particulier.
13:20J'en avais parlé avec Léa Salamé sur Inter.
13:23Ça m'a un peu surpris tout le monde.
13:24Mais je me prépare au décès de mon père,
13:27qui est quelque chose qui est complexe pour moi,
13:30parce que j'ai une relation très forte avec lui.
13:32Et donc, je lis des livres sur ce sujet-là,
13:35comme si c'était pour me préparer.
13:37Il y a un livre magnifique de Noël Châtelet
13:39qui s'appelle Laisse courir ta main.
13:41Je crois que j'aimais autant pleurer dans un avion
13:44en lisant ce livre.
13:46J'ai lu Inconsolable d'Adèle Van Riet,
13:48qui est d'ailleurs la patronne...
13:50Enfin, la directrice des programmes d'Inter.
13:53Et donc, Justine Lévy,
13:56c'est quand même là-dessus aussi,
13:58sur la perte de sa mère.
14:00Et donc, ça m'accompagne
14:02et ça me permet d'anticiper la douleur.
14:08Ce qui ne veut pas dire que je ne la ressentirais pas,
14:09mais j'ai l'impression de la maîtriser
14:10en la connaissant mieux.
14:12Et alors, du coup,
14:13quel était votre univers de lecture
14:14quand vous étiez enfant avec votre père,
14:16votre mère, justement ?
14:18Alors, maman, il faut savoir qu'elle lit
14:19à peu près 3-4 livres par semaine.
14:22En fait, quand elle photographie les pages.
14:24Donc, c'est très déroutant.
14:25C'est-à-dire qu'elle ne lit pas.
14:26Elle fait comme ça.
14:27Donc, elle en lit de facto énormément.
14:29J'ai toujours eu une énorme bibliothèque à la maison
14:32et donc, je pouvais piocher.
14:33Enfin, je n'ai jamais été censurée.
14:35Donc, je pense que je me rappelle
14:37mes premiers émois.
14:39On va dire, d'érotisme.
14:40C'était avec la bicyclette bleue
14:42que j'ai dû lire à 12 ans.
14:45Donc, c'était extrêmement livre.
14:47Et il y avait un amour des livres.
14:49Voilà.
14:50Et maman avait besoin de s'échapper énormément.
14:53Ma mère est grand reporter de guerre.
14:54Donc, je pense qu'elle avait besoin,
14:56quand elle revenait des zones de combat,
14:58de partir dans un univers romanesque.
15:01Et voilà.
15:01Et donc, elle m'a beaucoup parlé de ses livres.
15:03Elle a beaucoup échangé avec moi sur les livres.
15:05Donc, c'était très agréable.
15:06Et est-ce que la lecture ou certains livres ou la littérature,
15:13c'est une double question,
15:14vous a aidé ou vous aide pour construire des univers,
15:19enfin, des narrations pour les séries,
15:21ou est-ce que ça vous aide même pour envisager un univers ?
15:25Quand on parle de Koh-Lanta ou de Fort Boyard,
15:28c'est des univers très spécifiques.
15:30Alors, est-ce que cette littérature,
15:32elle vous aide soit pour construire des narrations,
15:33soit pour créer des univers ?
15:35Les deux.
15:36En vacante, il y a quand même une réalité
15:38dans le marché de la série en France,
15:40ou des films d'ailleurs.
15:41C'est qu'on est beaucoup sur l'adaptation.
15:43Par exemple, là, on vient d'adapter,
15:45Il était deux fois de Frontillesse,
15:46avec Odile Villemin,
15:47qui a été un succès sur France Télévisions.
15:49Moi, j'adapte là,
15:51donc je vais rentrer en tournage
15:52sur l'avant-dernier Joël Dicker,
15:54Animal Sauvage.
15:56Donc, il y a des adaptations de livres,
15:57et puis après, il y a des univers.
15:59Par exemple, là, je développe une série pour Disney.
16:03Je travaille sur l'univers à la fois un peu fantastique,
16:07d'aventures, des grandes épopées
16:09des navigateurs du XVIIe et du XVIIIe siècle.
16:15Voilà, donc par exemple,
16:16Les Naufragés du Batavia,
16:17qui est un bouquin que j'adore,
16:19peut m'aider à créer cet univers-là.
16:21Donc, on emprunte un peu partout.
16:24Ce qui est sûr, c'est que c'est un gain de temps aussi.
16:27Il faut être très clair.
16:28Quand vous adaptez un bouquin,
16:30et dans la mesure où l'auteur vous laisse un peu libre
16:32de l'adaptation,
16:33vous avez quand même une arche narrative
16:35qui est déjà construite,
16:36donc c'est beaucoup plus facile.
16:38Donc, c'est vrai qu'on achète pas mal de romans
16:41pour les adapter.
16:44Alors, vous m'avez dit aussi
16:45que vous adoriez les citations.
16:47Ah, j'adore les citations.
16:48Mais tout le temps, de tout le monde.
16:51Et alors, c'est pas que des citations d'écrivain.
16:54Ça peut être des citations, voilà,
16:55si vous me dites quelque chose qui, d'un seul coup, me touche,
16:57je le note et je le partage avec mes filles.
17:03Donc, c'est une note partagée.
17:06Et quelquefois, quand je ne vais pas bien ou quand j'ai rien,
17:09je scrolle comme ça.
17:11Et c'est comme une prophétie, quoi.
17:13Je tombe sur une citation.
17:15Alors, vous m'avez demandé d'en choisir deux.
17:17Donc, je les ai quand même écrites
17:18parce que je ne suis pas capable de les retenir par cœur.
17:21Donc, il y en a une qui m'aide énormément
17:23et qui a structuré ma carrière,
17:26qui est n'accepte jamais d'être jugée par un tribunal
17:29dont tu ne respectes pas les membres.
17:31Ça, c'est Kafka.
17:34Je trouve que quand la critique vient de quelqu'un
17:37qui, au final, quand vous prenez un peu de recul,
17:39vous ne le respectez pas,
17:41la critique, c'est un peu comme sur un canard,
17:44ça glisse.
17:45Voilà.
17:46Donc, ça, c'est important.
17:47Et il y en a une deuxième que j'ai adorée,
17:49pour le coup, c'est Tony Parker,
17:50qui l'a dit dans une émission de télévision.
17:53Il a dit, si petit, on ne se moque pas de tes rêves,
17:57c'est que tu rêves pas assez grand.
17:58Et ça, il le racontait parce qu'il disait
18:02à tous ses copains, quand il était teenager,
18:05je vais aller à l'NBA.
18:06Et tout le monde lui disait, vas-y,
18:08d'où un Français va aux États-Unis jouer à l'NBA.
18:11Voilà, il a joué à l'NBA.
18:13Il y en a une autre que vous aimez en particulier ?
18:15Tout ce qui est pris n'est pas à prendre.
18:18Mais ça, c'est un mantra.
18:20Enfin, tout ce qui est pris n'est plus à prendre.
18:22Ça, c'est un mantra.
18:23Il y en a plein, mais je...
18:25Vraiment, ça dépend.
18:27Il y a des périodes où j'ai eu besoin de courage.
18:29Il y a des périodes aussi où, par exemple,
18:33je lis pas mal sur l'âge.
18:36Moi, je viens d'avoir 56 ans.
18:38Je vis extrêmement bien mon âge.
18:40Mais je trouve qu'il faut aussi l'appréhender.
18:42Donc, par exemple, la touche étoile de Benoît de Groult.
18:46Alors, elle, elle parle de l'invisibilité de la femme
18:49qui atteint un certain âge.
18:50C'est aussi une manière de se dire
18:53« Bon, ben, moi, je serai pas invisibilisée. »
18:55Voilà.
18:56Donc, j'avais une phrase comme ça d'Anna Magnani
18:59qui disait « Ne m'enlevez pas mes rides. »
19:02J'ai mis tant de temps à les gagner.
19:04Qui est une très jolie phrase.
19:07Enfin, une très jolie phrase et philosophie, même.
19:10Donc, c'est essentiel pour moi.
19:14C'est essentiel pour moi.
19:15Et je le dis, alors, il y a aussi beaucoup de livres
19:17que je lis pour ma carrière.
19:20Et c'est très mignon.
19:20Quand j'ai pris mon poste de présidente,
19:23mon père m'a offert un livre qui est...
19:26Alors, attendez, je vais vous retrouver.
19:27C'est « Réussir sa prise de fonction ».
19:30Donc, il m'a offert ce livre-là.
19:31Donc, c'est « Réussir sa prise de fonction en 100 jours ».
19:33Et il y a deux, trois conseils quand même qui sont utiles.
19:36Il y a aussi des livres de management
19:38que j'ai lus sur comment manager des personnalités différentes.
19:42Et puis après, j'ai lu des livres aussi
19:44sur les différentes cultures.
19:46Il y a un très bon livre comme ça qui avait paru
19:48sur comprendre le commerce avec d'autres cultures.
19:52Parce que quelquefois, les affaires ne se font pas
19:54parce qu'il y a un problème de communication.
19:56Donc ça, ça m'a beaucoup aidée.
19:58Après, j'ai des livres qui sont un peu particuliers.
20:02Probablement, ce n'est pas pour rien que j'ai fait Koh Lanta.
20:03C'est que j'adore tous les livres sur la survie.
20:08Quoi faire en cas de cataclysme, pardon, en cas de je ne sais pas quoi.
20:13Donc, voilà, comment assainir l'eau.
20:19Donc, ça, j'ai beaucoup de curiosité.
20:22Là, en ce moment, j'ai fait une commande.
20:23Ma dernière commande sur une plateforme d'achat,
20:28c'était un livre sur le tricot.
20:30J'ai décidé de me remettre au tricot parce qu'avec ma grand-mère, je tricotais.
20:34Alors, je ne fais que des lignes droites, donc que des écharpes pour la faire courte.
20:37Mais donc, j'ai acheté des livres sur le tricot.
20:40Donc, vraiment, je suis hyper curieuse de plein de choses.
20:44Je pense que c'est avant tout ça.
20:45Et je trouve que la vieillesse, c'est avant tout la perte de la curiosité.
20:49Donc, en fait, si vous restez curieux, vous êtes toujours un peu jeune.
20:52Et vous avez une petite librairie de cœur ou vous n'êtes pas particulièrement fidèle à une librairie ?
20:57Vous achetez tant sur les plateformes que dans une librairie de quartier ou même des livres d'occasion ?
21:05Oui, je ne pense pas.
21:06J'ai une très jolie librairie.
21:08Moi, j'habite à côté de la plaise Colette, donc de la comédie française.
21:12Une très jolie librairie en face.
21:14Et surtout, quand ce n'est pas tant la librairie, c'est plutôt les critiques.
21:19Les vrais libraires, ils accrochent toujours cette petite fiche bristole sur les livres.
21:25Et quand vous trouvez un libraire qui correspond à vos goûts, c'est aussi une manière qui vous accompagne dans cette découverte-là.
21:34Non, la question, c'est que je n'ai pas le temps.
21:37J'aimerais avoir plus de temps, quoi.
21:41Et ça me manque.
21:42Et est-ce que vous alliez en bibliothèque quand vous étiez enfant ?
21:45J'allais, j'ai emmené ma fille en bibliothèque à l'île de Ré.
21:49Il y avait une bibliothèque.
21:51Aussi, il y avait un bouquiniste qui était dingue, qui archivait des centaines de bouquins, etc., au Porte-en-Ré.
21:58Et il trouvait n'importe quoi.
21:59Si, si, si, c'était marrant.
22:01C'était un lieu où il y avait pas mal de bouquins, en fin de compte.
22:04Donc, moi, est-ce que j'allais à la bibliothèque ?
22:06J'ai une scolarité un peu particulière, qui était une scolarité dans une école expérimentale.
22:13Ce n'était pas la méthode Montessori, mais encore plus expérimentale que Montessori.
22:17Et on n'avait pas...
22:20En fin de compte, on pouvait changer de classe et on n'avait pas de mur.
22:22Donc, toutes les classes et tous les niveaux étaient mélangés.
22:26Et là, il y avait une grande, grande bibliothèque.
22:29Et donc là, oui, on avait même le droit de ne pas aller assister aux cours.
22:33Donc, je crois que j'étais assez souvent à la bibliothèque ou en cours de récré.
22:35D'accord.
22:36C'est vrai qu'on est une génération, on a été beaucoup en bibliothèque.
22:39Et la génération d'aujourd'hui, il va beaucoup moins.
22:41Or, c'est un lieu de partage aussi.
22:42C'est un lieu où on rencontre des gens.
22:43C'est un lieu de calme.
22:45Alors, c'est un peu moins le monde d'aujourd'hui.
22:47Mais nous, on a beaucoup connu ça.
22:49Ouais.
22:49Alors, après, moi, ma fille, par exemple, mes deux filles vont énormément à la bibliothèque,
22:53mais pour leurs études.
22:54Ouais, pour travailler.
22:55Ouais, pour travailler.
22:56Et puis, les bibliothèques, c'est un environnement.
22:57Il y a des bibliothèques qui sont magnifiques.
22:59Mais, en revanche, aller chercher des livres, non.
23:03Je ne crois pas.
23:04Enfin, en tout cas, je ne crois pas.
23:06Il y a un bouquin que j'ai adoré, que je conseille.
23:09C'est Arcadie d'Emmanuel Bayamak Tam.
23:13Et Arcadie, c'est sur l'histoire d'une petite fille qui est dans une secte.
23:18Et c'est son rapport au secte et même à la sexualité et à la liberté de cette secte
23:22qui prend un point de vue tellement différent de la vision qu'on a des sectes.
23:27Et j'ai trouvé ça très, très, très bien.
23:30Et elle se met dans la tête de cette petite fille,
23:33ce qui n'est pas toujours évident d'écrire à la première personne
23:38avec l'âge de 13-14 ans.
23:41Et c'est vraiment bien.
23:42Voilà, donc, c'est ça.
23:43Merci Alexia.
23:44Merci.
23:45Merci Anne Basty pour cet échange inspirant.
23:47Et tout de suite, on va apprendre à faire des mocktails
23:49pour terminer ce Dry January en beauté.
23:52C'est Bouche B.
23:53Quand l'option sans alcool se limitait parfois aux Périers ou aux Décas,
24:01elle pouvait avoir des allures de punition.
24:04Aujourd'hui, le mois sans alcool se part de bien plus belles couleurs.
24:07Béatrice Constant est allée tester la richesse et la créativité
24:11de nouvelles boissons qui séduisent la génération sans alcool.
24:14Lancée en 2013 au Royaume-Uni, le Dry January s'est complètement démocratisé.
24:20Ce mois de janvier 2026, vous avez été un quart à peu près de la population française
24:24à le faire.
24:25Plus de la moitié sur le segment 25-35 ans, ce qui est énorme.
24:28On a voulu décrypter cette tendance avec un mixologue
24:31qui est complètement spécialisé dans l'eau et le no-alcool.
24:35Suivez-moi.
24:35Mathias, merci beaucoup de nous recevoir dans l'atelier de l'alchimiste.
24:43Tu as co-créé il y a quelques années, au moment du Covid.
24:47Et tu vas nous présenter une création.
24:50Tout à fait, exact.
24:51Bienvenue dans notre atelier.
24:53Comme tu dis, c'est notre atelier de création dédié sur l'univers liquide
24:55des cocktails sans alcool et l'eau à l'alcool.
24:58Sans alcool, comme tu le sais, de plus en plus de personnes le touchent.
25:02Encore plus pendant le Dry January.
25:03Les gens me demandaient souvent pourquoi sans alcool.
25:06Moi, ça me permet, le sans alcool, de toucher toutes les générations,
25:09toutes les cultures, toutes les religions,
25:11toutes les personnes du monde entier.
25:12Comme tu le sais, j'ai beaucoup voyagé dans le monde pour faire des cocktails.
25:15Ça me permettait aussi de toucher tous ces gens dans le monde entier.
25:18On propose des choses différentes, complexes.
25:20Tu vois, des signatures un peu liquides.
25:22C'est celle qu'on va faire aujourd'hui, que tu vas tester.
25:24C'est notre signature un peu emblématique qui s'appelle le Five.
25:275 ingrédients, 5 univers de la nature, 5 pays différents.
25:30Tu vas avoir une feuille, un fruit, un poivre, un bois et une fleur.
25:35Donc la feuille, on va aller en Asie.
25:37On va travailler la feuille de shizo,
25:39qui est une sorte un peu de menthe, un peu japonaise-chinoise.
25:42Tu vois, une arbre aromatique sous forme de distillation.
25:44Ensuite, le raisin, on va le retrouver sous forme de verre jus,
25:47ce côté un peu jus de raisin jeune qui m'emmène l'acidité.
25:49Le poivre de la passion.
25:51Ça, je vais te faire sentir, c'est très sympa.
25:53Ça vient d'Afrique.
25:54C'est un univers, tu vois, c'est un poivre doux.
25:57Celui-là, c'est un bois qu'on avait découvert en Amérique du Sud,
26:01au Brésil, côté Amazonie, qui s'appelle Murapuhama, et la camomille.
26:05Et c'est vrai que tu parlais de sucrosité tout à l'heure.
26:08Oui.
26:08On a cette image qui colle à la peau du sans-alcool,
26:11de quelque chose d'extrêmement sucré, limite un peu écœurant, très enfantin.
26:17Là, est-ce qu'on arrive sur le sans-alcool à faire quelque chose ?
26:20Moi, j'adore les cocktails hyper amers.
26:22Moi, je n'aime pas les...
26:23Oui, là, tu vas être servi.
26:24Jusqu'à présent, dans notre histoire du bar,
26:26on nous apprenait que le cocktail sans-alcool,
26:28c'était des mélanges de jus de fruits,
26:30ou parfois, tu rajoutais un sirop,
26:31et parfois, tu rajoutais même un soda.
26:33Donc, tu imagines, c'est du sucre, du jus de fruits,
26:35du sucre, du sirop, du sucre, du soda.
26:36Donc, c'est pour ça aussi que dans l'imaginaire des gens,
26:39c'est très sucré.
26:40Et donc là, c'est un 360 degré qu'on fait en disant
26:42qu'on va travailler les produits différemment.
26:44On va dessucrer.
26:45Là, je vais te signer le glaçon, c'est assez joli,
26:47avec un stem, tu vas voir.
26:48C'est assez marrant, parce que ça réagit au froid.
26:52Tu vois, je ne l'ai pas chauffé,
26:53c'est juste les températures ambiantes.
26:55Et ça te permet, tu vois.
26:56Et donc là, si je vais vraiment te faire l'expérience,
26:58tu vois, qu'on pourrait faire...
26:59Alors, je ne te dis pas que tout le monde le fera à la maison,
27:01mais tu vois, c'est une expérience qu'on pourrait carrément refaire
27:03dans les bars ou dans les restaurants,
27:04sur certains de nos restaurants avec qui on travaille,
27:08ou barres, ils le font.
27:08En fait, on va te fumer le cocktail,
27:11qui est fumé avec le même bois que tu retrouves dedans.
27:14Donc, c'est assez marrant, parce que tu bois du bois,
27:16mais en plus, tu as un côté un peu fumé
27:18qui vient de cet appareil.
27:22Donc, on englobe le cocktail dans un nuage de fumée,
27:24qui est une technique, tu vois aussi,
27:26qu'on a détourné un peu de la cuisine.
27:27Donc là, tu vas le déguster.
27:29Bonne dégustation.
27:31Ça, c'est un cocktail que je peux boire,
27:32sachant que même les cocktails avec alcool,
27:34moi, c'est au-delà du negroni et l'américano,
27:37je ne sors pas, quoi.
27:38Oui, mais voilà.
27:39Et donc, tu vois, tu es une buveuse de negroni.
27:41Donc, ça veut dire que pour que je puisse te plaire,
27:43il faut que les curseurs soient quand même costauds,
27:44parce que negroni, c'est costaud.
27:46Génèle, merci beaucoup d'avoir partagé ça avec nous.
27:49Franchement, je me regarde.
27:50Et puis, il y a d'autres gammes,
27:50et tu travailles aussi avec des chefs.
27:52Oui, c'est ça.
27:52Donc, on a la gamme.
27:53Donc, ça, c'est notre signature,
27:54mais on en a, tu vois, quatre autres différentes.
27:56Donc, ça, c'est des signatures alchimistes.
27:58Et après, on fait pas mal de collaborations,
27:59avec des chefs, parce que les chefs nous inspirent,
28:02et que c'est toujours super inspirant
28:03de travailler avec d'autres univers
28:05pour créer des choses.
28:06Et la dernière en date,
28:07là, c'est notre collaboration
28:08avec les chocolats alénaux,
28:09où on a travaillé avec le chef chocolatier.
28:13Tout un univers, il a fait la tablette,
28:14il a créé la tablette autour du chocolat,
28:17du citron noir, de la clémentine.
28:18Et nous, on a relié le cocktail sans alcool.
28:20Et c'est une super expérience,
28:21parce que là, tu lis le solide et le liquide ensemble.
28:23Et ça, c'est super sympa.
28:25Génial.
28:25Merci beaucoup pour cette découverte.
28:27Franchement, je suis assez épatée.
28:29Merci à toi.
28:30Merci Béatrice.
28:31Tout de suite, on passe à la grande interview.
28:37Pour notre grande interview d'aujourd'hui,
28:39je suis ravie d'accueillir sur notre plateau
28:42Yves Salomon, qui est président et fondateur
28:44de la marque de luxe Yves Salomon.
28:47Une activité qui remonte aux années 1920
28:49et restée entre les mains de la famille
28:51depuis sa création.
28:53La marque a su préserver son savoir-faire
28:56de fourreur, tout en s'ouvrant
28:57aux prêt-à-porter et depuis deux ans
28:59au design.
29:01Alors, nous allons revenir sur cette évolution
29:02avec son président.
29:04Et je suis également accompagnée en plateau
29:05du chroniqueur d'expérience Jamal Gould.
29:08Merci beaucoup d'être toujours avec nous.
29:09Avec plaisir.
29:10Yves Salomon, bonjour.
29:11Bonjour.
29:12Merci beaucoup d'être avec nous en plateau.
29:15On le remarque, nous sommes en décembre.
29:18Il fait froid.
29:19Est-ce que c'est la période la plus importante
29:21pour vous au sein de cette marque
29:23qui présente des fourreurs, notamment ?
29:27Sans aucun doute, nous observons régulièrement
29:32le thermomètre.
29:33Et bon, évidemment que, étant, je dirais,
29:37pas que, mais étant essentiellement
29:38une marque d'hiver, évidemment qu'on est concerné
29:43par le climat ambiant.
29:45Bien sûr.
29:46Alors, voilà, c'est vrai que la première question
29:48qui nous vient, je pense qu'on est tous les deux
29:49des années 90, comment est-ce qu'on porte encore
29:53la fourrure aujourd'hui ?
29:55Parce que, c'est vrai que nous, c'est pas forcément
29:57la première chose que l'on porte en tant que représentant
30:02des années 90.
30:03Comment est-ce que ça se porte aujourd'hui, la fourrure ?
30:06Écoutez, l'histoire de la fourrure a été historiquement ponctuée
30:12ou a été l'histoire d'une sinusoïde
30:16avec des très grands hauts et des très grands bas.
30:19Depuis des années, même depuis les années 30,
30:23il y a eu des périodes où la fourrure était en vogue
30:26et des fourrures, elle ne l'était plus.
30:29Et donc, c'est l'histoire, et c'est un peu l'histoire aussi
30:32de ma famille, d'une activité qui est montée en flèche
30:35et puis qui s'est effondrée.
30:37Et jusque très récemment, puisque, je dirais qu'en 2018,
30:42on a vu le dernier effondrement avec les positions
30:47de certaines sociétés, de certaines marques
30:49contre la fourrure.
30:51Donc, je dirais que le métier de la profession de la fourrure
30:53a vécu un bas.
30:56Et puis, aujourd'hui, de manière très étonnante,
31:01et nous n'avons rien à voir avec cette résurgence
31:05et ce redémarrage assez fulgurant,
31:09c'est que les très très jeunes,
31:11et je dirais les générations 18-20 ans,
31:14ont décidé que de porter des fourrures vintage,
31:18c'était plus écologique et moralement plus acceptable
31:22que de porter de la fast fashion.
31:24Donc, il y a une espèce d'engouement actuel
31:28sur la fourrure vintage,
31:30qui fait que nous-mêmes,
31:32qui vendons évidemment des fourrures neuves,
31:35nous sentons quand même
31:37que nous entrons dans une phase plutôt positive.
31:41Et donc, c'est ce qui explique un peu
31:45la situation actuelle.
31:47On va revenir sur toute cette appréciation de la fourrure,
31:50cette évolution des modes, etc.
31:51Mais tout d'abord, la maison familiale,
31:53créée dans les années 1920,
31:56est-ce que vous pouvez nous raconter
31:57quels sont les débuts de l'histoire de la maison ?
32:02C'est l'histoire d'une famille d'immigrés
32:06qui viennent de Russie.
32:10Mon grand-père est arrivé de Russie,
32:12il a implanté la société à Paris,
32:16il a choisi Paris pour s'implanter,
32:18et il a pris le métier qu'on appelle pelletier,
32:22c'est-à-dire qu'il était négociant en pot,
32:24et il vendait aux grandes marques françaises
32:29et étrangères les matières premières
32:32qu'il avait récoltées dans le monde entier.
32:35Donc ça, c'était son métier.
32:36Mon père a continué exactement la même activité
32:40pendant des années.
32:42Et moi-même, quand j'ai repris l'entreprise,
32:45je me suis dit que cette activité
32:48ne correspondait pas exactement à mes aspirations.
32:50et ayant depuis le début quand même l'idée
32:55de m'orienter vers un métier un peu plus artistique,
33:01j'ai décidé de lancer une activité de fabrication
33:04qui était quand même assez proche de la mode.
33:09Justement, à votre arrivée,
33:11c'est vous qui avez transformé la maison
33:12de métier de pelletier
33:14à une maison de luxe, une maison de mode.
33:16Ça se base sur quels critères ?
33:21Comment est-ce qu'on devient une maison de mode ?
33:23Bon, alors, il y a des critères objectifs
33:27et puis il y a des coups de chance.
33:29Bon, en ce qui me concerne,
33:30c'est plutôt la deuxième catégorie,
33:32donc c'est un énorme coup de chance,
33:34puisque, bon, c'était effectivement dans ma tête,
33:37mais j'étais jeune,
33:38je n'avais pas d'expérience
33:40et aucune connaissance.
33:41Donc, j'ai été approché à l'époque
33:46par les Galeries Lafayette
33:47qui m'ont demandé d'ouvrir un corner
33:50aux Galeries Lafayette
33:51pour présenter une marque
33:53qui, à l'époque, était incroyablement créative,
33:57qui s'appelait Thierry Mugler.
33:59Et j'ai accepté,
34:01avec la condition,
34:02qu'on lance en même temps Yves Salomon.
34:04D'accord.
34:04Voilà, c'était un espèce de coup de bluff
34:07ou une espèce d'illumination,
34:11j'en sais rien,
34:11enfin, c'était un peu inconscient.
34:13Mais, bon, je me suis dit
34:14que c'était le moment de saisir ma chance
34:16et ça a démarré comme ça.
34:19Oui, c'est passé.
34:20Et donc, tout d'un coup,
34:20vous deviez créer tout un corner Yves Salomon.
34:24Sans ayant la moindre connaissance,
34:26ni de la mode,
34:27ni de la fabrication.
34:28Bon, mais j'ai appris.
34:30Et on a lancé ce corner
34:31qui était partagé entre Yves Salomon
34:33et Thierry Mugler.
34:34Et toute la suite de la société,
34:39de l'évolution de la société,
34:41c'était toujours d'être sur deux pieds.
34:44Un pied très profondément orienté
34:47dans la collaboration avec des grandes marques.
34:49Et donc, j'ai eu l'occasion,
34:50grâce à ça,
34:51de rencontrer les plus grands créateurs
34:53du XXe siècle.
34:55Et par ailleurs,
34:56développer parallèlement la marque Yves Salomon
34:58avec tous les hauts et les bas
35:00que j'ai décrits tout à l'heure.
35:01Mais ça, ça passe par quoi ?
35:02Ça passe par faire des collections
35:04automne, été-automne, hiver.
35:08Ça passe par des défilés.
35:10Comment est-ce qu'on installe
35:11une marque de mode ?
35:13Ça passe déjà par la création
35:16d'une collection.
35:18Nous, en l'occurrence,
35:19au début,
35:20on n'avait qu'une seule collection,
35:21qui était une collection d'hiver,
35:22puisqu'on ne vendait que de la fourrure.
35:23Et puis, petit à petit,
35:26s'entend quand même que la fourrure,
35:28c'était un secteur
35:30où on était en permanence
35:33sous le feu des projecteurs
35:35et principalement pour être attaqués.
35:38Donc, on s'est dit,
35:40il y a deux manières de réagir.
35:42D'abord,
35:43de créer des moyens
35:45d'être totalement transparents
35:47sur ce qu'est la filière de la fourrure.
35:50C'est la première méthode.
35:52Peut-être qu'on y reviendra.
35:53Et la deuxième,
35:54c'est d'être extrêmement créatif
35:56et aussi de développer
35:58des produits annexes
35:59pour ne pas être
36:00qu'un fabricant de fourrure.
36:02Et aujourd'hui,
36:03on s'est vraiment transformé
36:05en marque de luxe.
36:07Et nous avons beaucoup de produits
36:09qui font qu'on n'est pas
36:10100% dépendant de la fourrure,
36:12même si,
36:13et ça,
36:14je suis très attaché à ça.
36:17Pour moi,
36:18c'est un métier
36:19qui est fondé
36:20sur un artisanat
36:22d'exception
36:22et je souhaite
36:23absolument le protéger.
36:25Parce que ça représente quoi
36:26aujourd'hui,
36:26la fourrure
36:27dans votre profession,
36:29dans votre chiffre d'affaires,
36:29on va dire ?
36:30Je dirais qu'aujourd'hui,
36:31c'est à peu près 40%,
36:32à peu près.
36:34Et donc,
36:36ce n'est évidemment pas majoritaire,
36:38mais ces 40%,
36:39c'est quand même
36:42le résultat
36:43de deux générations
36:46avant moi
36:47et d'une génération
36:48après moi,
36:48puisque mon fils
36:49est déjà dans l'entreprise
36:50et probablement
36:52continuera.
36:53Et donc,
36:54c'est une success story
36:56familiale
36:57et pour moi,
36:58la fourrure est au cœur
37:00de cette histoire.
37:02Et je tiens,
37:02comme je l'ai dit tout à l'heure,
37:04la fourrure,
37:05c'est un artisanat,
37:06ce sont des gens
37:08qui ont un savoir-faire
37:09absolument incroyable
37:10et je tiens absolument
37:13à protéger
37:14ce savoir-faire.
37:16Et le prêt-à-porter aussi,
37:17vous avez aussi ouvert
37:19cette gamme-là.
37:21Pourquoi c'était important ?
37:22Comment est-ce que vous avez travaillé
37:24pour le mettre dans l'ADN
37:25de la maison ?
37:27L'ADN de la maison,
37:29c'est d'être toujours
37:30ancré à la mode
37:31et c'est d'être proche
37:34ou dedans.
37:35Bon, donc,
37:36je dirais que le lancement
37:38du prêt-à-porter,
37:39c'est une évolution
37:40tout à fait naturelle.
37:42Ça s'est fait de manière
37:43tout à fait,
37:46je dirais,
37:46logique,
37:47compte tenu
37:48de ce qui s'est passé
37:49et des mises en cause
37:52auxquelles on a dû répondre,
37:54certes,
37:54mais qui nous ont quand même affectés.
37:56Et on s'est dit,
37:57bon,
37:57on doit être une marque globale
37:59et pas être simplement
38:00une marque de fourrure.
38:01Et c'est comme ça que,
38:02grâce aussi à l'arrivée
38:04de notre DA
38:06qui provient, elle,
38:07du domaine
38:07de la mode,
38:10on a pu développer
38:12une vraie collection
38:13d'hiver
38:14et par la suite
38:15une collection d'été
38:16puisque maintenant
38:17on a deux collections par an.
38:19On pourrait peut-être
38:20s'arrêter deux minutes
38:21sur le processus
38:22de création.
38:23Est-ce que l'héritage
38:24familial
38:25dans ces situations,
38:26c'est une source
38:27d'inspiration
38:28ou est-ce que ça devient
38:29un fardeau ?
38:30J'imagine que c'est
38:31un petit peu des deux.
38:32Alors,
38:35c'est vraiment
38:36pas un fardeau.
38:37C'est...
38:38L'héritage familial,
38:40c'est la connaissance
38:42en termes de sourcing
38:45des lieux
38:46où sont produites
38:48les matières,
38:50en l'occurrence
38:51les fourrures.
38:53Et c'est aussi
38:54un savoir-faire
38:55au niveau des achats,
38:57de choisir
38:58la meilleure qualité
38:59qui existe.
39:00Et donc,
39:01ça,
39:01pour moi,
39:02c'est 100%
39:03de bonus.
39:05et je dirais
39:07que je suis
39:07tellement fier
39:09aujourd'hui
39:10de pouvoir dire
39:11que les manteaux
39:13qu'on va vendre
39:14ou qu'on vend,
39:16c'est le résultat
39:17de ce choix
39:19très méticuleux,
39:20de cet apprentissage
39:22que j'ai fait
39:22au début,
39:24comment on apprend,
39:25comment on juge
39:26la qualité.
39:28Et grâce à ça,
39:29je peux dire
39:30que je suis vraiment
39:31un vrai expert
39:32à ce niveau-là.
39:33et donc,
39:34c'est une garantie
39:35pour les gens
39:38qui peuvent acheter
39:39de savoir
39:39que chez Yves Salomon,
39:41vraiment,
39:41la qualité est au top.
39:42Vous connaissez
39:43ce savoir-faire aussi,
39:44le savoir-faire
39:45de fourreur,
39:46de choisir les pots,
39:47etc.
39:48Ah oui,
39:48oui,
39:49vraiment,
39:49c'est le cœur
39:50de ma formation
39:52puisque je vous dis,
39:53au début,
39:53j'étais en fait,
39:54entre guillemets,
39:54peltier
39:55et que j'ai évolué
39:56vers le métier
39:57de fourreur.
39:58Et donc,
39:59j'ai cette formation.
40:02Qu'est-ce que c'est
40:02les spécificités
40:03qu'est-ce qui fait
40:05que quelqu'un
40:06est un bon
40:07peltier ?
40:09Il y a plusieurs critères.
40:12Déjà,
40:13il faut déterminer
40:15les critères de qualité.
40:17Bon,
40:17alors,
40:19ce qui est assez étonnant,
40:21c'est qu'une personne
40:22qui achète le manteau,
40:24elle va tout de suite
40:24voir les critères
40:25de qualité
40:26parce que
40:26c'est évident
40:28à l'œil,
40:29il y a quelque chose
40:30de magique
40:31qui se passe
40:31entre une belle qualité
40:32et une pas belle qualité.
40:34Mais,
40:34par contre,
40:35quand on...
40:36Au début de la chaîne,
40:37c'est moins évident.
40:38Donc,
40:38il faut sélectionner
40:39les matières premières,
40:40on les sélectionne
40:41pour leur soyeux,
40:43leur légèreté,
40:44leur couleur,
40:47leur densité.
40:48Et ça,
40:49ça va se voir
40:50au niveau
40:51du manteau final.
40:53Et ça,
40:54j'ai appris
40:54à le faire.
40:54Et puis,
40:57enfin,
40:59et...
41:00Bon,
41:01ça,
41:01c'est pas l'héritage,
41:03mais c'est ce qui s'est passé
41:04depuis 40 ans.
41:06Nous nous appuyons
41:07sur des tanneries
41:08qui ont permis
41:09à la fourrure
41:09de devenir extrêmement
41:11souple et légère.
41:12Et donc,
41:13l'adjonction
41:14d'une technologie
41:15qui évolue
41:16et des matières
41:17qui sont les plus belles,
41:18ça donne un résultat
41:19qui est...
41:21que moi,
41:22j'apprécie vraiment
41:23et que je souhaite
41:23faire partager,
41:24évidemment.
41:25Avant de continuer
41:26sur la fourrure,
41:27j'ai une petite question
41:28sur votre communication.
41:30C'est vrai que dans un univers
41:30où les marques de luxe
41:31communiquent de manière
41:33hyper,
41:34parfois,
41:35ostentatoire,
41:36etc.,
41:36vous choisissez quand même
41:37la discrétion.
41:38Est-ce que c'est un choix
41:38conscient ?
41:40Vous souhaitez rester
41:40dans un univers
41:41assez,
41:43peut-être,
41:44intime,
41:45mais dans le luxe
41:45discrète ?
41:47Bon,
41:48d'abord,
41:49si on regarde
41:50nos collections,
41:50nous faisons partie
41:54d'un mouvement
41:55qui s'appelle
41:55le Quiet Luxury,
41:57c'est-à-dire un luxe
41:58sans exubérance
42:00et ça correspond
42:01à mon tempérament,
42:03ça correspond à mes goûts
42:04et je n'ai pas attendu
42:05que cette tendance
42:06revienne à la mode
42:07puisque c'est,
42:09je dirais,
42:09notre constance
42:10depuis le départ
42:10et je ne pense pas
42:13qu'une communication,
42:15je dirais,
42:16forte corresponde
42:19à ce qu'on a envie
42:19de dire
42:20et puis en plus,
42:21on est une petite société,
42:24on a un peu plus
42:27de 100 salariés
42:28à Paris
42:28et donc,
42:30on vit
42:30avec nos moyens.
42:32100 salariés,
42:33combien de boutiques ?
42:34On a une quinzaine
42:35de boutiques
42:36dans le monde,
42:39principalement
42:40en France,
42:42en Angleterre,
42:42aux Etats-Unis
42:43et quelques-unes
42:46en Asie
42:46qui sont des boutiques
42:48rattachées
42:49mais je dirais
42:51qu'on est
42:51un tout petit réseau
42:52et donc,
42:53on est une mini-marque
42:54de luxe.
42:55Et pour revenir
42:57sur les fourrures,
42:59quand vous parlez
43:00de ce retour
43:02à des fourrures vintage
43:03de la plus jeune génération,
43:05ça,
43:06c'est un tournant
43:06que vous souhaitez saisir ?
43:08Comment est-ce que
43:08vous pouvez l'approprier ?
43:09Peut-être qu'il y a
43:09des anciennes fourrures
43:11Yves Salomon
43:12que vous pouvez
43:13reconditionner,
43:14revendre ?
43:15Comment vous saisissez ça ?
43:17Très simplement,
43:18on a un atelier
43:19dans notre boutique
43:21Faubon Saint-Honoré
43:23qui recoupe
43:25les anciennes fourrures
43:26qu'elles étaient vendues
43:28par Yves Salomon
43:29ou par d'autres.
43:31Ça fait partie
43:32du côté vraiment,
43:36je dirais,
43:36fondamental
43:37de la fourrure.
43:38C'est pour moi
43:39le seul produit
43:40vraiment de la mode
43:41qui est recyclable
43:43par nature.
43:44C'est-à-dire que
43:44quand une personne achète,
43:46j'ai une personne
43:47parce qu'il y a des femmes,
43:48il y a aussi beaucoup d'hommes
43:49maintenant qui achètent
43:50de la fourrure
43:50et donc
43:51quand une personne
43:52achète un manteau
43:54de fourrure,
43:55elle sait dès le départ
43:56que c'est un investissement
43:58et qu'elle aura
43:58la possibilité
43:59de le transformer
44:00et de le remettre
44:01au goût du jour
44:02régulièrement.
44:03Et quand vous achetez
44:04évidemment un manteau
44:05de tissu,
44:05vous savez très bien
44:06que vous ne pouvez pas le faire.
44:07Donc
44:08je suis vraiment
44:11très attaché
44:12à ce côté
44:12de recyclabilité,
44:14de circularité
44:15de ce produit.
44:16Quand vous parlez
44:17des hommes
44:17qui mettent de la fourrure,
44:18quelles sont
44:19les nouvelles tendances
44:20on va dire
44:21que vous devez
44:22appréhender
44:24aujourd'hui
44:24en 2025 ?
44:26Écoutez,
44:28je ne peux pas dire
44:29que ce soit
44:30une nouvelle tendance
44:31mais je dirais
44:32que les hommes
44:35ont beaucoup moins
44:36de freins
44:37par rapport
44:40à ce produit
44:40sachant que pour eux
44:42c'est le comble
44:43du luxe
44:43et le comble
44:43du confort.
44:45Donc les hommes
44:45se laissent aller
44:46plus facilement
44:47actuellement.
44:48Les femmes sont
44:49un peu plus prudentes
44:50je dirais
44:51compte tenu
44:52de l'image
44:54qui a été développée
44:55par des organisations
44:56qui ont véhiculé
44:58d'ailleurs des messages
45:00tout à fait erronés
45:02et mensongers
45:03mais malgré tout
45:04les femmes ont été
45:05un peu impressionnées
45:06par ces messages
45:07et les hommes
45:08pas du tout
45:09les hommes
45:09assument complètement
45:10leur goût
45:11et assument
45:12de porter ce produit
45:12qui pour eux
45:13est le comble du luxe.
45:15Quand vous dites
45:15qu'il y avait
45:16des hauts et des bas
45:17est-ce qu'il y a eu
45:18c'est quoi
45:19c'est les années
45:1990-2000
45:21ou il y a eu
45:22des législations
45:22tout ça ?
45:23Est-ce que c'est ça
45:23qu'il y a ?
45:24Non, il y a eu
45:25un grand bas
45:26en 90
45:27c'était l'époque
45:29
45:29la fourre était attaquée
45:33d'un côté
45:34par Brigitte Bardot
45:36de l'autre
45:36par des mannequins
45:38qui étaient tous
45:39je dirais
45:41financés
45:42par un groupe
45:43qui a passé
45:45son existence
45:46à nous attaquer
45:47et nous
45:48je dirais
45:48que la réponse
45:49bon évidemment
45:50on a souffert
45:51je ne peux pas
45:52le nier
45:52et la réponse
45:54ça a été
45:55de se raccrocher
45:56de plus en plus
45:57à la mode
45:57de se rapprocher
45:58des créateurs
45:59et de leur demander
46:00d'être les plus créatifs
46:01possibles
46:02et je dirais
46:03que le premier
46:05qui a vraiment
46:05dans ces années-là
46:07relancé la fourrure
46:08à fond
46:09c'est Jean-Paul Gauthier
46:10qui a complètement
46:12relooké
46:13ce qui était
46:14un manteau de fourrure
46:14et il a apporté
46:16vraiment
46:16un style
46:18et les autres
46:19ont suivi
46:20et la fourrure
46:21est repartie à fond
46:22dans les années 2000
46:23au début
46:23des années 2000
46:24et puis après
46:25on a eu
46:26un nouveau
46:27une nouvelle crise
46:29je dirais
46:30en 2018
46:32année
46:33qui a marqué
46:35un peu
46:35un tournant
46:36avec des groupes
46:38de luxe
46:39qui ont annoncé
46:39l'arrêt de la fourrure
46:41et donc
46:42à ce moment-là
46:43pardon
46:44nous
46:45nous avons décidé
46:46d'élargir
46:48notre palette
46:49à tous les produits
46:50qui font aujourd'hui
46:51une marque de luxe
46:52c'est-à-dire du cuir
46:53de la peau lénée
46:54du cachemire
46:54de la maille
46:55du prêt-à-porter
46:57voilà
46:57est-ce que vous avez
46:59déjà envisagé
46:59de renoncer
47:00à la fourrure
47:01à un moment
47:01de l'histoire
47:02de la maison
47:02vous d'ailleurs
47:03ou vos prédécesseurs
47:04ou est-ce que votre fils
47:06qui est destiné
47:07à vous succéder visiblement
47:08est-ce que lui
47:09il envisage
47:09de renoncer
47:10à la fourrure ?
47:11Non
47:11on ne peut
47:12évidemment pas
47:13envisager
47:14de renoncer
47:15à un produit
47:15qui
47:16je dirais
47:20remplit toutes les conditions
47:22de sostenibilité
47:23durabilité
47:24et donc
47:26il n'y a aucune raison
47:27objective
47:27d'arrêter la fourrure
47:28bon
47:29je l'ai dit tout à l'heure
47:31c'est un métier
47:32qui est fondé
47:33sur un artisanat
47:34incroyablement
47:36précis
47:39développé
47:40ancien
47:42qui fait appel
47:43à des techniques
47:44complètement inouïes
47:45que je peux développer
47:49avec passion
47:49pendant des heures
47:50et
47:51je pense que
47:53c'est l'histoire
47:54quand même
47:55d'une famille
47:55c'est l'histoire
47:56d'une profession
47:57et je pense que
47:59mon fils
48:00se fera
48:01le défenseur
48:02aussi
48:02de ce produit
48:04qui est tout à fait
48:04merveilleux
48:05et je tiens à dire
48:07que
48:07bon
48:08on n'est pas resté
48:09non plus
48:10les bras croisés
48:11donc depuis
48:121990
48:14on a mis au point
48:15des systèmes
48:16de traçabilité
48:17et le tout dernier
48:18s'appelle
48:19Firmark
48:20c'est un label
48:20qui permet
48:21qui est sur tous
48:26nos manteaux
48:26et qui permet
48:27de remonter
48:28toute la chaîne
48:28par un code barre
48:30toute la chaîne
48:31pour bien vérifier
48:32que la condition animale
48:34à l'origine
48:35a bien été respectée
48:36donc
48:37on est fiers
48:39de faire ce métier
48:40et bien sûr
48:43on continuera
48:43et si je vous parle
48:44de fourrure
48:45synthétique
48:47etc
48:47je vous fais très mal
48:48aux oreilles
48:48ou c'est quelque chose
48:50que vous pouvez appréhender
48:51avec
48:51qualité
48:53non
48:54pour moi
48:55la fourrure synthétique
48:57ce n'est pas un problème
48:58la fourrure synthétique
49:00c'est un tissu
49:01donc je dirais
49:03qu'aujourd'hui
49:03être contre
49:04la fourrure synthétique
49:05c'est être contre
49:06un tissu
49:08ce qui n'a
49:09évidemment pas de sens
49:09parce que
49:10le domaine du prêt-à-porter
49:12existe avec des tissus
49:13et les manteaux
49:14sont fabriqués
49:14avec des tissus
49:15ce que je peux juste dire
49:16c'est que
49:17toutes les expériences
49:18que nous avons faites
49:19concernant la fourrure synthétique
49:21est qu'elle n'est évidemment
49:22pas biodégradable
49:24elle pollue la planète
49:26parce que
49:27c'est un sous-produit
49:28du pétrole
49:29et donc
49:29en tant que marque
49:31je ne souhaite pas en faire
49:33mais
49:33ça s'arrête là
49:36et donc
49:37depuis deux ans
49:38vous ouvrez au design
49:39c'est vrai que c'est quelque chose
49:41un département
49:43en tout cas
49:43sur lequel
49:44on n'attend pas forcément
49:45une maison de luxe
49:46qu'est-ce qui a motivé ce choix
49:48comment ça s'est passé
49:49racontez-nous
49:50je dirais que
49:52c'est l'histoire
49:53d'une passion
49:53vous avez bien compris
49:56quand même
49:56depuis le début
49:57c'est que
49:58pour faire ce que je fais
49:59il faut être
49:59un vrai passionné
50:01peut-être même au-delà
50:02du raisonnable
50:03mais en l'occurrence
50:05le design
50:06c'est tout à fait ça
50:07c'est depuis des années
50:08nous
50:10avec ma
50:11compagne
50:13on collectionne
50:14des objets
50:15de design
50:16on va aux puces
50:17le week-end
50:18on achète des meubles
50:19etc
50:19et puis
50:21un jour
50:22on s'est dit
50:23pourquoi
50:23ne pas
50:25faire converger
50:27la qualité
50:28exceptionnelle
50:29de nos
50:30de nos artisans
50:31avec
50:32cette passion
50:33commune
50:34que nous avons
50:35du design
50:36donc
50:37de ça
50:38est née
50:39la collection
50:40la première collection
50:42qui était une collaboration
50:43avec
50:43le petit-fils
50:46d'un
50:46créateur des années 60
50:48qui s'appelait
50:49Pierre Chapeau
50:49et
50:50on a lancé
50:52une collection
50:53qui
50:54mélangeait
50:55cette technique
50:57du bois
50:57qu'est la marqueterie
50:58et donc
50:59on a aimé
51:01j'aime ces meubles
51:02parce qu'ils ne sont pas
51:03collés
51:04il n'y a pas de clous
51:06il n'y a pas de vis
51:06ils sont simplement
51:08encastrés
51:08et ça correspond bien
51:10avec une technique
51:11que nous utilisons
51:12dans l'EN du four
51:14ou de la pollinée
51:15qui s'appelle
51:17l'intarsia
51:17dans les meubles
51:19ça s'appelle
51:19la marqueterie
51:20c'est la même technique
51:22et donc
51:22je me suis dit
51:23il y a un vrai parallèle
51:24donc on a
51:25customisé ces meubles
51:26et on a lancé
51:27cette première collection
51:28et il y en a deux autres
51:29qui ont suivi cette année
51:30ça c'était en 2024
51:32et en 2025
51:33on a lancé deux autres
51:34une avec un
51:35un créateur
51:36italien
51:37qui est peut-être
51:38un des meilleurs créateurs
51:39de design
51:40à l'heure actuelle
51:41qui s'appelle
51:41Dimore
51:42un studio
51:42Dimore
51:43et l'autre
51:44avec Pierre-Marie
51:45qui est un designer
51:46très très talentueux
51:48qui est lui
51:49parisien
51:50donc à chaque fois
51:51vous faites dialoguer
51:51quand même
51:52les savoir-faire
51:53du salon
51:53avec le designer
51:55complètement
51:56on expose
51:58aux designers
51:59nos savoir-faire
52:02et eux
52:03créent
52:04avec notre aide
52:05évidemment
52:06sachant que
52:08la première collection
52:09elle, elle a été
52:09entièrement
52:10designée
52:11créée chez nous
52:12dans nos ateliers
52:13et artistiquement
52:15qu'est-ce qui change
52:15entre la conception
52:16de vêtements
52:17et celle d'objets
52:19de design
52:19comment votre approche
52:20vous elle évolue
52:21avec cette nouvelle
52:22activité
52:23je dirais
52:27qu'il y a
52:28en fait
52:28une grande similitude
52:29parce que
52:30c'est l'histoire
52:32d'un processus créatif
52:33est-ce qu'un processus
52:35créatif
52:35d'un meuble
52:36est différent
52:36d'un processus
52:37créatif
52:37d'un vêtement
52:38pas vraiment
52:40sauf que
52:41dans la mode
52:42on est sur
52:43un autre rythme
52:44comme vous le savez
52:47il y a
52:48plusieurs collections
52:49par an
52:49donc on doit
52:50aller vite
52:51on doit créer
52:52et produire vite
52:53ce qui n'est pas
52:54du tout
52:55le rythme
52:55du design
52:58mais
52:59je dirais
53:00qu'on a fait
53:01plutôt rentrer
53:01le design
53:02dans notre rythme
53:03pour
53:03et ça nous a donné
53:05cette possibilité
53:07de créer
53:07trois collections
53:08en un an et demi
53:09et on va continuer
53:11dans les années
53:12qui viennent
53:13je pense
53:13peut-être pas
53:15à ce rythme là
53:15parce que là
53:16ça a été un peu fou
53:16mais ça nous donne
53:20aussi la possibilité
53:23d'apporter au design
53:24cette souplesse
53:26et cette réactivité
53:27qu'on a dans la mode
53:28et je ne parle pas
53:29d'Yves Salomon
53:30je parle de toutes
53:31les marques de mode
53:31en général
53:32vous avez profité
53:33du coup
53:33de la semaine de l'art
53:34qui a eu lieu
53:35au mois de fin octobre
53:37en même temps
53:38de la foire
53:38d'art contemporain
53:39Art Basel
53:40vous avez aussi
53:41présenté
53:41vos objets
53:42design
53:43dans une foire
53:45satellite
53:45qui s'appelle
53:46Design Miami
53:46comment est-ce que
53:48quelle était la réaction
53:49avec ce nouveau public
53:51est-ce que c'était
53:51un nouveau public
53:52où justement
53:53les gens qui achètent
53:53de l'art contemporain
53:54et du design
53:55viennent aussi
53:56chez Yves Saint-Blemont
53:57Ben écoutez
53:58moi j'ai plutôt
54:00c'est un mélange
54:01de gens
54:02qui nous connaissaient
54:03déjà par la mode
54:05et d'autres
54:06qui découvraient
54:07complètement
54:08Yves Saint-Blemont
54:09et qui n'imaginaient pas
54:10qu'une marque
54:11de mode
54:13puisse d'un seul coup
54:14se lancer dans le design
54:15donc ils étaient
54:17évidemment très curieux
54:18et je dirais que
54:20bon
54:21les relations
54:22les réactions
54:23pardon
54:24étaient tout à fait
54:25tout à fait intéressantes
54:27puisqu'ils disaient
54:28vous apportez
54:30de l'oxygène
54:31vous apportez
54:31de la fraîcheur
54:32vous apportez
54:33de la nouveauté
54:33donc c'était un peu
54:35la manière
54:36de dire
54:37vous apportez
54:38un souffle
54:39qui existe dans la mode
54:40et pas forcément
54:41avec ce rythme là
54:42en tout cas
54:43dans le design
54:43et je dirais que
54:45vraiment
54:46la réaction
54:48était extrêmement
54:49positive
54:50et je dirais que
54:52ce que moi
54:54j'en ai retiré
54:55c'est quand même
54:56une immense motivation
54:58parce que quand
54:59vous avez
55:00une réaction
55:00positive
55:01et des encouragements
55:02ça vous donne
55:05une énergie
55:05fantastique
55:06pour continuer
55:07à avancer
55:07et développer
55:08et mes ateliers
55:10évidemment
55:10l'ont ressenti
55:12ont vu
55:14à quel point
55:15les efforts
55:16qui avaient été faits
55:18et la passion
55:20autour de
55:20tout ça
55:21pouvait se transmettre
55:23au public
55:23voilà
55:24mais est-ce qu'il y a
55:24des personnes
55:25qui vous ont découvert
55:26du coup
55:26à Design Miami
55:28qui sont ensuite
55:29venues chez Yves Saint-Lemont
55:30ou
55:30écoutez c'est récent
55:32bon je dirais
55:33que
55:33j'ai pas encore
55:35donné là-dessus
55:36mais je pense
55:37que probablement
55:38que oui
55:39à terme
55:40il y aura
55:41une relation
55:42peut-être plus proche
55:43entre
55:44nos
55:45l'univers du design
55:47et nos clients
55:47potentiels
55:48et la mode
55:49puisque
55:50en fait c'est la même marque
55:51c'est la même approche
55:52c'est la même démarche
55:53c'est un nouveau rayonnement
55:54de la maison
55:55et c'est une nouvelle manière
55:58de dire que
55:59Yves Saint-Lemont
56:00est une marque
56:01qui est aussi ancrée
56:02dans la culture
56:03dans l'art
56:04et j'y tiens beaucoup
56:05parce que malgré tout
56:07c'est un peu l'histoire
56:07de ma famille
56:08puisque ma mère
56:09avait une galerie
56:10de peinture
56:11dans les années 50
56:13et donc
56:14c'est
56:15c'est vraiment
56:16l'expression
56:17de
56:17de ma première passion
56:19puisque je vous avais dit
56:20qu'au départ je ne voulais pas
56:21avoir un métier
56:23100%
56:24business
56:25et je voulais avoir
56:26une dimension artistique
56:27c'est aussi
56:28une manière
56:29de donner à la marque
56:30cette dimension
56:32de culture
56:33et d'art
56:34et alors
56:35c'est quoi la prochaine étape
56:36après la mode
56:37le design
56:37est-ce qu'il y a des projets
56:38pour la maison ?
56:40écoutez le dernier
56:41étant très récent
56:41on va
56:42on va
56:43on va attendre quelques mois
56:45merci
56:46bien merci beaucoup
56:49Yves Saint-Lemont
56:49je rappelle que vous êtes
56:50président
56:51et fondateur
56:51de la maison luxe
56:53Yves Saint-Lemont
56:53merci beaucoup
56:54pour ce partage
56:55merci beaucoup
56:55chez Magoul
56:56pour m'avoir accompagnée
56:57et merci à vous
56:59toutes et tous
56:59de nous avoir suivis
57:01cette expérience
57:02l'émission qui est déjà finie
57:03qui vous fait vivre
57:04la culture autrement
57:06merci donc à nos chroniqueurs
57:07intervieweurs
57:08reporters
57:09pour cette aventure collective
57:11Anne Bassi
57:12Laurent Mevres
57:13Béatrice Constant
57:14et aussi derrière la caméra
57:15Juliette Miglierina
57:16et Alexandre Lauret
57:18merci à vous tous et toutes
57:19de nous avoir suivis
57:20c'était expérience
57:21et je vous dis
57:22au mois prochain
57:22merci à vous
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