00:00 Yassir Benjaïloun Twimi est cofondateur et directeur général d'Artex.
00:08 Il est notre invité pour nous détailler cette nouvelle manière d'investir dans l'art
00:12 à travers une bourse d'échange d'action d'œuvres d'art réglementée et supervisée
00:17 par l'autorité des marchés financiers du Lichtenstein.
00:20 Merci beaucoup d'être avec nous.
00:22 Merci à vous.
00:23 Est-ce que vous pouvez tout simplement d'abord nous expliquer comment une telle opération
00:28 est possible, comment ça s'est fait de créer une bourse d'échange d'action d'œuvres
00:33 d'art ?
00:34 On a regardé effectivement comment les gens peuvent investir de manière sûre dans l'art
00:41 et à ce moment-là on s'est rendu compte que historiquement il fallait acheter des
00:44 œuvres d'art très importantes.
00:46 Quand vous regardez les plus riches de ce monde, en moyenne c'est entre 19 et 24% de
00:51 leur richesse qui est investie dans l'art.
00:54 Ils investissent dans des œuvres majeures aussi ce qui permet de préserver leur capital.
00:59 En général ce qu'on a fait jusqu'à maintenant dans les 50 dernières années c'est qu'on
01:03 a utilisé des fonds.
01:04 Donc on investit de l'argent dans un fonds d'investissement, celui-ci est géré par
01:10 un gérant de fonds qui est payé pour ça, qui le garde chez lui jusqu'au moment où
01:14 il peut le revendre quelques années plus tard, en tirer des bénéfices et vous les
01:18 distribuer.
01:19 Et nous on a décidé d'aller complètement dans une autre voie qui n'est pas la même
01:29 qui est celle de créer carrément une bourse.
01:31 Pourquoi créer une bourse ? Parce que d'abord nous arrivons avec une bourse à avoir tout
01:37 le système bancaire qui travaille avec nous parce qu'on lui offre le cadre régulatoire
01:45 qui protège les investisseurs.
01:47 C'est important la protection des investisseurs, la bourse est l'une des choses les plus
01:51 régulées au monde et qui permet au système bancaire de distribuer des actions de manière
01:57 très simple à des investisseurs potentiels.
02:00 Et ensuite le système bancaire permet aussi d'atteindre n'importe qui, n'importe où.
02:06 Et c'est ça la force d'avoir, la difficulté c'était d'avoir une licence du régulateur
02:11 européen, ensuite de convaincre les banques de participer et c'est fait au bout de 4
02:18 ans de travail et de labeur, on a lancé notre première oeuvre au mois de mars, Francis Bacon.
02:23 Trois études pour un portrait de George Dyer.
02:25 Mais alors comment ça se passe ? Parce que du coup c'est vrai que ces oeuvres là ne
02:28 sont pas divisées en mille morceaux.
02:30 Comment ça se passe pour avoir une action d'oeuvre d'art ?
02:34 En fait ce qu'on fait c'est qu'on a une société au Luxembourg, donc à l'intérieur
02:39 de l'espace européen bien sûr, qui va émettre des titres d'une valeur nominale.
02:45 Le lancement pour la Francis Bacon c'est 92 euros, ça tourne toujours autour de 100
02:49 euros, on fait l'équivalent de dollars en euros.
02:52 Et donc on fait un processus d'introduction en bourse comme vous allez le trouver dans
02:58 un Oronext ou Deutsch Börs ou London Stock Exchange, c'est pareil.
03:02 Nous avons des banques qui vont prendre et qui vont nous aider dans le placement de ces
03:07 oeuvres d'art, de ces titres auprès d'investisseurs qui ont un compte, titre dans une banque ou
03:13 dans une institution financière.
03:14 Une société du coup qui va acheter l'oeuvre d'art et qui va ensuite émettre des titres
03:20 pour le compte de la société.
03:21 Voilà, donc elle va financer l'achat de l'oeuvre d'art par l'émission de titres.
03:28 Et par conséquent à la fin de ce processus d'introduction, vous détenez, si l'oeuvre
03:34 vaut 100 millions d'euros, il y a 100 millions de dollars, ça vaut 1 million de titres et
03:38 donc vous détenez un titre, un millionième d'un titre.
03:42 Et là cette oeuvre d'art, elle a été vendue en 2017 chez Christie's, c'est cette société
03:45 justement qu'il a achetée aux enchères ou il y a eu quelqu'un d'autre entre 3 ?
03:48 Non, en fait c'est le propriétaire qui l'a achetée pendant la vente aux enchères, qui
03:54 au lieu de la revendre à travers des maisons de vente aux enchères, a choisi de la vendre
03:59 à travers Artex.
04:00 Donc c'est lui qui avait les fonds au départ, parce qu'elle a été vendue à 50 millions
04:04 d'euros.
04:05 52 millions de dollars.
04:06 C'est ça.
04:07 Et le montant initial c'est 100 dollars, les titres ont été émis il y a 2 mois, comment
04:17 est-ce que le coût a évolué depuis ?
04:18 On a eu d'abord, l'émission s'est faite à 92,2 euros et 20 centimes, il y a eu le
04:29 premier mois, je pense que le titre a pris 6% à peu près et durant le mois d'avril
04:34 il y a eu des prises de profit mais on est toujours autour de 94, 95 aujourd'hui, au-dessus
04:40 du... on est à plus de 3% depuis le lancement, on est monté jusqu'à plus de 6%, donc il
04:46 y a eu une prise de bénéfice qui est assez naturelle, qui suivent toujours les IPO et
04:51 je pense que voilà, aujourd'hui on traite autour de 94, 95 euros.
04:56 Et ça n'importe quel individu individuel peut acheter ?
04:59 Vous avez, il y a deux niveaux, en fait vous devez passer par une institution financière,
05:06 nous ne sommes pas une plateforme où vous pouvez aller vous loguer et acheter, parce
05:09 qu'on est une bourse et donc une bourse ne peut traiter qu'avec des intermédiaires
05:13 financiers réguliers, qui eux aussi doivent évaluer si vous pouvez investir, c'est ça
05:17 le niveau de protection qu'on offre et donc si vous avez votre compte à BNP Paribas,
05:23 crédit agricole, etc. s'ils font partie ou ils sont liés à notre bourse, vous pouvez
05:27 juste faire passer un ordre et s'exécuter comme si vous achetiez n'importe quelle autre
05:31 action en France, le BMA, le BMAH, whatever.
05:35 Et là il n'y a pas de temps, il n'y a pas de limite au temps, donc cette oeuvre d'art
05:39 elle reste sur cette bourse, il n'y a pas de... on ne termine pas la procédure ?
05:45 Non, c'est une oeuvre d'art qui va traiter, c'est un produit assez particulier parce que
05:51 le vrai comparable, on peut le comparer parfaitement à l'or.
05:54 L'or n'a pas de revenu, l'or arrive à combattre l'inflation à cause de sa rareté, donc
06:00 on est dans la même configuration.
06:02 C'est-à-dire que sur le long terme, investir dans l'art et dans de l'art de très haut
06:06 des trophées comme ce qu'on fait aujourd'hui, va forcément avoir des retombs plus importants
06:11 que garder de l'argent ou investir sur des rendements très bas.
06:15 Maintenant les variations intermédiaires pour arriver au long terme peuvent, le marché
06:20 peut monter, il peut descendre, nous sommes un marché comme un autre.
06:23 Avec tous les risques qu'il y a derrière ?
06:24 Bien sûr, avec tous les risques qu'il y a derrière.
06:26 Vous investissez dans un titre, aujourd'hui on a l'avantage d'être dans un marché qui
06:30 vient de commencer.
06:31 Dans la première oeuvre d'art, nous avons eu une omniprésence de la Suisse et de l'Angleterre,
06:39 surtout la Suisse qui a beaucoup et qui apprécie énormément, donc je dirais 70% de nos acheteurs
06:47 sont en Suisse.
06:48 Le marché français a un potentiel énorme pour nous, il prend un petit peu plus de
06:52 temps mais il est très naturel, on est en France, c'est l'art, donc forcément c'est
06:58 juste une question de temps pour nous.
07:00 Nous travaillons avec beaucoup d'intermédiaires bancaires et financiers français mais aujourd'hui
07:06 pour les prochains j'espère qu'on aura une participation en France beaucoup plus importante.
07:09 Et où est située l'oeuvre aujourd'hui ?
07:12 Aujourd'hui elle est à Genève, donc il y a un endroit où la plupart, beaucoup de
07:18 gens gardent les oeuvres parce qu'elle doit être préservée dans des conditions idéales,
07:23 elle doit être protégée, donc elle est au Franc-Port de Genève avant de choisir sa
07:32 destination vers un musée, l'un des musées européens.
07:36 C'est parce qu'on va pouvoir aller la voir après ?
07:38 Bien sûr, c'est notre vocation, c'est que toutes les oeuvres qui sont traitées à l'intérieur
07:44 d'Artex doivent aller, leur vocation c'est d'aller dans des musées au début l'Europe
07:50 et ensuite le monde entier si on peut.
07:52 Est-ce qu'idéalement vous allez faire ce genre d'opérations de manière très régulière,
07:57 vous vous êtes fixé une fréquence ?
07:59 On s'est fixé par exemple pour cette année, on veut faire entre 6 introductions à 8,
08:05 à l'année prochaine probablement une vingtaine et ensuite nous on va vouloir en faire toutes
08:11 les semaines si possible.
08:12 Donc c'est une cadence assez soutenue à partir du moment où ce mode de vente et d'achat
08:17 et de propriété d'oeuvres d'art devient un peu plus connu, un peu plus normal et développé,
08:27 il n'y a aucune raison de… et notre vocation c'est d'abord assez rapidement construire
08:31 un indice et ramener au moins les 30, 40 artistes les plus importants de notre histoire.
08:36 Merci beaucoup Yassir Belgenoun-Touimi, je rappelle que vous êtes cofondateur et directeur
08:40 général d'Artex, merci d'avoir été avec nous et quant à nous on se retrouve la semaine
08:45 prochaine pour un nouveau numéro d'Art et Marché.
08:47 Merci infiniment à vous.
08:48 Merci.
08:49 Merci.
08:50 Merci.
08:51 Merci.
08:52 Merci.
08:53 Merci.
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