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  • il y a 3 heures
Longtemps marquée par une trajectoire en dents de scie, la mode de la fourrure connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, porté par l’essor du vintage, qui remet en lumière des vêtements de qualité et des matériaux naturels. Dans ce contexte, la maison Yves Salomon, fondée dans les années 1920 et restée familiale depuis sa création, a su faire évoluer son savoir-faire de fourreur vers le prêt-à-porter, puis, depuis deux ans, vers le design.

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Transcription
00:00Pour notre grande interview d'aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir sur notre plateau Yves Salomon,
00:09qui est président et fondateur de la marque de luxe Yves Salomon.
00:13Une activité qui remonte aux années 1920 et restée entre les mains de la famille depuis sa création.
00:20La marque a su préserver son savoir-faire de fourreur tout en s'ouvrant au prêt-à-porter et depuis deux ans au design.
00:27Alors nous allons revenir sur cette évolution avec son président et je suis également accompagnée en plateau du chroniqueur d'expérience Jamal Gould.
00:34Merci beaucoup d'être toujours avec nous.
00:36Avec plaisir.
00:37Yves Salomon, bonjour.
00:38Bonjour.
00:38Merci beaucoup d'être avec nous en plateau.
00:42On le remarque que nous sommes en décembre, il fait froid.
00:46Est-ce que c'est la période la plus importante pour vous au sein de cette marque qui présente des fourreurs notamment ?
00:53Sans aucun doute, nous observons régulièrement le thermomètre et évidemment qu'étant essentiellement une marque d'hiver,
01:07on est concerné par le climat ambiant.
01:12Bien sûr.
01:13Alors voilà, c'est vrai que la première question qui nous vient, je pense qu'on est tous les deux des années 90,
01:18comment est-ce qu'on porte encore la fourrure aujourd'hui ?
01:22Parce que c'est vrai que nous, ce n'est pas forcément la première chose que l'on porte en tant que représentant des années 90.
01:30Comment est-ce que ça se porte aujourd'hui la fourrure ?
01:33Écoutez, l'histoire de la fourrure a été historiquement ponctuée ou a été l'histoire d'une sinusoïde avec des très grands hauts et des très grands bas.
01:46Depuis des années, même depuis les années 30, il y a eu des périodes où la fourrure était en vogue et des fourrures où elle ne l'était plus.
01:55Et donc, c'est l'histoire, et c'est un peu l'histoire aussi de ma famille, d'une activité qui est montée en flèche et puis qui s'est effondrée.
02:04Et jusque très récemment, puisque je dirais qu'en 2018, on a vu le dernier effondrement avec les positions de certaines sociétés et de certaines marques contre la fourrure.
02:17Donc, je dirais que le métier de la profession de la fourrure a vécu un bas.
02:22Et puis, aujourd'hui, de manière très étonnante, et nous n'avons rien à voir avec cette résurgence et ce redémarrage assez fulgurant,
02:35c'est que les très très jeunes, et je dirais les générations 18-20 ans, ont décidé que de porter des fourrures vintage,
02:44c'était plus écologique et moralement plus acceptable que de porter de la fast fashion.
02:50Donc, il y a une espèce d'engouement actuel sur la fourrure vintage, qui fait que nous-mêmes, qui vendons évidemment des fourrures neuves,
03:02nous sentons quand même que nous entrons dans une phase plutôt positive, et donc, c'est ce qui explique un peu la situation actuelle.
03:13On va revenir sur toute cette appréciation de la fourrure, cette évolution des modes, etc.
03:18Mais tout d'abord, la maison familiale, créée dans les années 1920, est-ce que vous pouvez nous raconter quels sont les débuts de l'histoire de la maison ?
03:28C'est l'histoire d'une famille d'immigrés qui viennent de Russie, mon grand-père est arrivé de Russie,
03:39il a implanté la société à Paris, il a choisi Paris pour s'implanter,
03:44et il a pris le métier qu'on appelle pelletier, c'est-à-dire qu'il était négociant en pot,
03:51et il vendait aux grandes marques françaises et étrangères les matières premières qu'il avait récoltées dans le monde entier.
04:02Donc, ça, c'était son métier.
04:03Mon père a continué exactement la même activité pendant des années,
04:08et moi-même, quand j'ai repris l'entreprise, je me suis dit que cette activité ne correspondait pas exactement à mes aspirations,
04:18et ayant depuis le début quand même l'idée de m'orienter vers un métier un peu plus artistique,
04:27j'ai décidé de lancer une activité de fabrication qui était quand même assez proche de la mode.
04:35Justement, à votre arrivée, c'est vous qui avez transformé la maison de métier de pelletier à une maison de luxe, une maison de mode.
04:43C'est ça ? Ça se base sur quels critères ? Comment est-ce qu'on devient une maison de mode ?
04:50Bon, alors, il y a des critères objectifs, et puis il y a des coups de chance.
04:55En ce qui me concerne, c'est plutôt la deuxième catégorie, donc c'est un énorme coup de chance,
05:00puisque, bon, c'était effectivement dans ma tête, mais j'étais jeune, j'avais pas d'expérience et aucune connaissance,
05:08donc j'ai été approché à l'époque par les Galeries Lafayette qui m'ont demandé d'ouvrir un corner aux Galeries Lafayette
05:18pour présenter une marque qui, à l'époque, était incroyablement créative, qui s'appelait Thierry Mugler,
05:25et j'ai accepté avec la condition qu'on lance en même temps U Salomon.
05:30D'accord.
05:31Voilà, c'était un espèce de coup de bluff, ou une espèce d'illumination, j'en sais rien, c'était un peu inconscient,
05:39mais, bon, je me suis dit que c'était le moment de saisir ma chance, et ça a démarré comme ça.
05:45Oui, c'est passé, et donc tout d'un coup, vous deviez créer tout un corner Yves Salomon ?
05:50Sans ayant la moindre connaissance, ni de la mode, ni de la fabrication, bon, mais j'ai appris,
05:56et on a lancé ce corner qui était partagé entre Yves Salomon et Thierry Mugler,
06:00et toute la suite de la société, de l'évolution de la société, c'était toujours d'être sur deux pieds,
06:10un pied très profondément orienté dans la collaboration avec des grandes marques,
06:15et donc j'ai eu l'occasion, grâce à ça, de rencontrer les plus grands créateurs du XXe siècle,
06:22et par ailleurs, développer parallèlement la marque Yves Salomon,
06:25avec tous les hauts et les bas que j'ai décrits tout à l'heure.
06:28Mais ça, ça passe par quoi ?
06:29Ça passe par faire des collections automne, été-automne, hiver ?
06:35Ça passe par des défilés ?
06:37Comment est-ce qu'on installe une marque de mode ?
06:39Ça passe déjà par la création d'une collection.
06:44Nous, en l'occurrence, au début, on n'avait qu'une seule collection,
06:47qui était une collection d'hiver, puisqu'on ne vendait que de la fourrure.
06:51Et puis, petit à petit, s'entend quand même que la fourrure était un secteur
06:56où on était en permanence sous le feu des projecteurs,
07:02et principalement pour être attaqués.
07:05Donc, on s'est dit, il y a deux manières de réagir.
07:09D'abord, de créer des moyens d'être totalement transparents
07:13sur ce qu'est la filière de la fourrure.
07:17Ça, c'est la première méthode.
07:18Peut-être qu'on y reviendra.
07:20Et la deuxième, c'est d'être extrêmement créatif
07:23et aussi de développer des produits annexes
07:26pour ne pas être qu'un fabricant de fourrure.
07:28Et aujourd'hui, on s'est vraiment transformé en marque de luxe.
07:33Et nous avons beaucoup de produits qui font qu'on n'est pas 100% dépendant de la fourrure,
07:38même si, et ça, je suis très attaché à ça.
07:44Pour moi, c'est un métier qui est fondé sur un artisanat d'exception
07:49et je souhaite absolument le protéger.
07:52Parce que ça représente quoi aujourd'hui, la fourrure,
07:53dans votre profession, dans votre chiffre d'affaires, on va dire ?
07:56Je dirais qu'aujourd'hui, c'est à peu près 40%, à peu près.
08:00Et donc, ce n'est évidemment pas majoritaire,
08:05mais ces 40%, c'est quand même le résultat
08:10de deux générations avant moi et d'une génération après moi,
08:15puisque mon fils est déjà dans l'entreprise
08:17et probablement continuera.
08:20Et donc, c'est une success story familiale.
08:24Et pour moi, la fourrure est au cœur de cette histoire.
08:28Et je tiens, comme je l'ai dit tout à l'heure,
08:31la fourrure, c'est un artisanat.
08:33Ce sont des gens qui ont un savoir-faire absolument incroyable.
08:37Et je tiens absolument à protéger ce savoir-faire.
08:42Et le prêt-à-porter aussi, vous avez aussi ouvert cette gamme-là.
08:47Pourquoi c'était important ?
08:49Comment est-ce que vous avez travaillé pour le mettre dans l'ADN de la maison ?
08:53L'ADN de la maison, c'est d'être toujours ancré à la mode.
08:58Et c'est d'être proche ou dedans.
09:02Donc, je dirais que le lancement du prêt-à-porter,
09:05c'est une évolution tout à fait naturelle.
09:09Ça s'est fait de manière tout à fait logique,
09:14compte tenu de ce qui s'est passé
09:15et des mises en cause auxquelles on a dû répondre, certes,
09:20mais qui nous ont quand même affectés.
09:22Et on s'est dit, bon, on doit être une marque globale
09:25et pas être simplement une marque de fourrure.
09:27Et c'est comme ça que, grâce aussi à l'arrivée de notre DA,
09:32qui provient, elle, du domaine de la mode,
09:37on a pu développer une vraie collection d'hiver
09:41et par la suite, une collection d'été,
09:43puisque maintenant, on a deux collections par an.
09:46On pourrait peut-être s'arrêter deux minutes
09:47sur le processus de création.
09:50Est-ce que l'héritage familial, dans ces situations,
09:53c'est une source d'inspiration ?
09:55Ou est-ce que ça devient un fardeau ?
09:57J'imagine que c'est un petit peu des deux ?
09:59Alors, c'est vraiment pas un fardeau.
10:04C'est...
10:06L'héritage familial, c'est la connaissance,
10:10en termes de sourcing,
10:12des lieux où sont produites les matières,
10:17en l'occurrence les fourrures.
10:19Et c'est aussi un savoir-faire au niveau des achats,
10:23de choisir la meilleure qualité qui existe.
10:27Et donc, ça, pour moi, c'est 100% de bonus.
10:32Et je dirais que je suis tellement fier aujourd'hui
10:37de pouvoir dire que les manteaux qu'on va vendre,
10:41ou qu'on vend,
10:42c'est le résultat de ce choix très méticuleux,
10:47de cet apprentissage que j'ai fait au début,
10:50comment on apprend, comment on juge la qualité.
10:54Et grâce à ça,
10:56je peux dire que je suis vraiment un vrai expert
10:59à ce niveau-là.
11:00Et donc, c'est une garantie pour les gens
11:04qui peuvent acheter,
11:05de savoir que chez Yves Salomon,
11:07vraiment, la qualité est au top.
11:09Vous connaissez ce savoir-faire aussi ?
11:11Le savoir-faire de fourreur,
11:12de choisir les pots, etc.
11:15Ah oui, oui, vraiment,
11:16c'est le cœur de ma formation,
11:18puisque, je vous dis, au début,
11:20j'étais, en fait, entre guillemets,
11:21pelletier,
11:22et que j'ai évolué vers le métier de fourreur.
11:25Et donc, j'ai cette formation.
11:28Qu'est-ce que c'est, les spécificités ?
11:30Qu'est-ce qui fait que quelqu'un est un bon pelletier ?
11:36Il y a plusieurs critères.
11:38Déjà, il faut déterminer les critères de qualité.
11:43Bon, alors, ce qui est assez étonnant,
11:47c'est qu'une personne qui achète le manteau,
11:50elle va tout de suite voir les critères de qualité.
11:52Parce que c'est évident à l'œil,
11:56il y a quelque chose de magique qui se passe
11:58entre une belle qualité et une pas belle qualité.
12:01Mais, par contre,
12:02au début de la chaîne,
12:04c'est moins évident.
12:05Donc, il faut sélectionner les matières premières,
12:07on les sélectionne pour leur soyeux,
12:09leur légèreté,
12:10leur couleur,
12:13leur densité.
12:14Et ça, ça va se voir
12:17au niveau du manteau final.
12:19Et ça, j'ai appris à le faire.
12:22Et puis,
12:24enfin,
12:25et,
12:27bon, ça, c'est pas l'héritage,
12:29mais c'est ce qui s'est passé depuis 40 ans.
12:32Nous nous appuyons sur des tanneries
12:35qui ont permis à la fourrure
12:36de devenir extrêmement souple et légère.
12:38Et donc, l'adjonction
12:40d'une technologie qui évolue
12:43et des matières qui sont les plus belles,
12:45ça donne un résultat
12:46que moi, j'apprécie vraiment
12:49et que je souhaite faire partager, évidemment.
12:52Avant de continuer sur la fourrure,
12:53j'ai une petite question sur
12:54votre communication.
12:56C'est vrai que dans un univers
12:57où les marques de luxe
12:59communiquent de manière hyper,
13:01parfois, ostentatoire, etc.,
13:02vous choisissez quand même la discrétion.
13:04Est-ce que c'est un choix conscient ?
13:06Vous souhaitez rester dans un univers
13:08assez, peut-être, intime,
13:11maison de luxe discrète ?
13:14Bon, d'abord, si on regarde nos collections,
13:18nous faisons partie d'un mouvement
13:22qui s'appelle le Quiet Luxury,
13:23c'est-à-dire un luxe sans exubérance
13:27et ça correspond à mon tempérament,
13:29ça correspond à mes goûts
13:30et je n'ai pas attendu
13:32que cette tendance revienne à la mode
13:34puisque c'est, je dirais,
13:36notre constance depuis le départ
13:37et je ne pense pas
13:40qu'une communication, je dirais,
13:43forte corresponde
13:45à ce qu'on a envie de dire
13:46et puis en plus,
13:48on est une petite société,
13:50on a un peu plus de 100 salariés à Paris
13:55et donc on vit avec nos moyens.
13:59100 salariés, combien de boutiques ?
14:01On a une quinzaine de boutiques dans le monde,
14:05principalement en France,
14:08en Angleterre, aux Etats-Unis
14:10et quelques-unes en Asie
14:13qui sont des boutiques rattachées,
14:17mais je dirais qu'on est un tout petit réseau
14:19et donc on est une mini-marque de luxe, voilà.
14:22Et quand, pour revenir sur les fourrures,
14:26quand vous parlez de ce retour
14:28à des fourrures vintage
14:30de la plus jeune génération,
14:32ça, c'est un tournant que vous souhaitez saisir ?
14:34Comment est-ce que vous pouvez l'approprier ?
14:36Peut-être qu'il y a des anciennes fourrures
14:38Yves Salomon
14:38que vous pouvez reconditionner, revendre.
14:41Comment vous saisissez ça ?
14:43Très simplement,
14:45on a un atelier dans notre boutique,
14:48Faubon-Saint-Honoré
14:49qui recoupe les anciennes fourrures
14:53qu'elles aient été vendues
14:54par Yves Salomon ou par d'autres.
14:58Ça fait partie
14:58du côté vraiment,
15:02je dirais, fondamental de la fourrure.
15:05C'est pour moi le seul produit
15:07vraiment de la mode
15:08qui est recyclable par nature.
15:10C'est-à-dire que quand une personne achète,
15:13j'ai une personne,
15:14parce qu'il y a des femmes,
15:15il y a aussi beaucoup d'hommes maintenant
15:16qui achètent de la fourrure,
15:17et donc quand une personne
15:19achète un manteau de fourrure,
15:21elle sait dès le départ
15:23que c'est un investissement
15:24et qu'elle aura la possibilité
15:26de le transformer
15:27et de le remettre au goût du jour régulièrement.
15:29Et quand vous achetez évidemment
15:31un manteau de tissu,
15:32vous savez très bien
15:32que vous ne pouvez pas le faire.
15:34Donc,
15:35je suis vraiment très très attaché
15:38à ce côté
15:39de recyclabilité,
15:41de circularité de ce produit.
15:43Quand vous parlez des hommes
15:44qui mettent de la fourrure,
15:45quelles sont les nouvelles tendances,
15:47on va dire,
15:48que vous devez appréhender
15:50aujourd'hui en 2025 ?
15:53Écoutez,
15:54je ne peux pas dire
15:56que ce soit une nouvelle tendance,
15:57mais je dirais que
15:59les hommes ont beaucoup moins
16:02de freins
16:04par rapport à ce produit,
16:08sachant que pour eux,
16:09c'est le combe du luxe
16:10et le combe du confort.
16:11Donc,
16:11les hommes se laissent aller,
16:13je dirais,
16:13plus facilement.
16:14Actuellement,
16:15les femmes sont un peu plus prudentes,
16:17je dirais,
16:18compte tenu de l'image
16:21qui a été développée
16:22par des organisations
16:23qui ont véhiculé
16:25d'ailleurs des messages
16:26tout à fait erronés
16:29et mensongers.
16:30Mais,
16:30malgré tout,
16:31les femmes ont été un peu impressionnées
16:32par ces messages
16:33et les hommes,
16:35pas du tout,
16:35les hommes assument
16:36complètement leur goût
16:37et assument de porter ce produit
16:39qui pour eux est le combe du luxe.
16:42Quand vous dites
16:42qu'il y avait des hauts et des bas,
16:44est-ce qu'il y a eu un...
16:45C'est quoi ?
16:45C'est les années 90-2000
16:48ou il y a eu des législations ?
16:49Est-ce que c'est ça qu'il y a...
16:50Non,
16:51il y a eu un grand bas en 90.
16:54C'était l'époque
16:55
16:56la fourre était attaquée.
16:59d'un côté
17:01par Brigitte Bardot,
17:02de l'autre
17:03par des mannequins
17:05qui étaient tous,
17:06je dirais,
17:08financés
17:09par un groupe
17:10qui a passé son existence
17:12à nous attaquer.
17:14Et nous,
17:15je dirais que la réponse...
17:16Bon,
17:17évidemment,
17:17on a souffert,
17:18je ne peux pas le nier.
17:20Et la réponse,
17:21ça a été
17:21de se raccrocher
17:23de plus en plus
17:23à la mode,
17:24de se raccrocher
17:25des créateurs
17:26et de leur demander
17:27d'être les plus créatifs possibles.
17:29et je dirais
17:30que le premier
17:31qui a vraiment,
17:33dans ces années-là,
17:34relancé la fourrure à fond,
17:36c'est Jean-Paul Gauthier
17:36qui a complètement
17:38relooké
17:39ce qui était
17:40un manteau de fourrure
17:41et il a apporté
17:42vraiment
17:43un style
17:44et les autres
17:46ont suivi
17:47et la fourrure
17:47est repartie à fond
17:48dans les années 2000,
17:50au début de les années 2000.
17:51Et puis après,
17:52on a eu
17:53un nouveau...
17:55une nouvelle crise,
17:56je dirais,
17:57en 2018
17:59année
18:00qui a marqué
18:02un peu
18:02un tournant
18:03avec des groupes
18:05de luxe
18:05qui ont annoncé
18:06l'arrêt
18:07de la fourrure
18:07et donc
18:09à ce moment-là
18:10pardon
18:11nous,
18:12nous avons décidé
18:13d'élargir
18:14notre palette
18:15à tous les produits
18:17qui font aujourd'hui
18:17une marque de luxe
18:18c'est-à-dire
18:19du cuir,
18:20de la peau lénée,
18:20du cachemire,
18:21de la maille,
18:23du prêt-à-porter.
18:24Est-ce que vous avez
18:25déjà envisagé
18:26de renoncer
18:27à la fourrure
18:28à un moment
18:28de l'histoire
18:28de la maison,
18:29vous d'ailleurs
18:30ou vos prédécesseurs
18:31ou est-ce que votre fils
18:32qui est destiné
18:34à vous succéder visiblement,
18:35est-ce que lui,
18:35il envisage
18:36de renoncer
18:37à la fourrure ?
18:38Non, non, on ne peut
18:39évidemment pas envisager
18:40de renoncer
18:41à un produit
18:42qui, je dirais,
18:47remplit toutes les conditions
18:48de sostenibilité,
18:50durabilité
18:51et donc il n'y a
18:52aucune raison objective
18:54d'arrêter la fourrure.
18:56Je l'ai dit tout à l'heure,
18:57c'est un métier
18:59qui est fondé
18:59sur un artisanat
19:00incroyablement
19:02précis, développé,
19:08ancien
19:08qui fait appel
19:09à des techniques
19:10complètement inouïes
19:12que je peux développer
19:15avec passion
19:16pendant des heures
19:17et je pense que
19:19c'est l'histoire
19:21quand même
19:21d'une famille,
19:22c'est l'histoire
19:23d'une profession
19:24et je pense que
19:26mon fils
19:27se fera
19:27le défenseur aussi
19:29de ce produit
19:30qui est tout à fait
19:31merveilleux
19:32et je tiens à dire
19:33que, bon,
19:34on n'est pas resté
19:36non plus
19:36les bras croissants
19:38croisés
19:38donc depuis
19:391990
19:40on a mis au point
19:42des systèmes
19:43de traçabilité
19:44et le tout dernier
19:45s'appelle
19:46Firmark,
19:46c'est un label
19:47qui permet
19:48de...
19:50qui est sur
19:52tous nos manteaux
19:53et qui permet
19:54de remonter
19:54toute la chaîne
19:55par un code barre
19:56toute la chaîne
19:58pour bien vérifier
19:59que la condition animale
20:00à l'origine
20:02a bien été respectée.
20:03donc
20:03on est fiers
20:06de faire ce métier
20:07et bien sûr
20:09on continuera.
20:10Et si je vous parle
20:11de fourrure synthétique
20:13etc.
20:14je vous fais très mal
20:14aux oreilles
20:15ou c'est quelque chose
20:17que vous pouvez appréhender
20:17avec
20:18qualité ?
20:20Non, pour moi
20:21la fourrure synthétique
20:23ce n'est pas un problème
20:25la fourrure synthétique
20:27c'est un tissu
20:28donc je dirais
20:29qu'aujourd'hui
20:30être contre
20:31la fourrure synthétique
20:32c'est être contre
20:33un tissu
20:35ce qui n'a
20:35évidemment pas de sens
20:36parce que
20:36le domaine du prêt-à-porter
20:38existe avec des tissus
20:39et les manteaux
20:40sont fabriqués
20:41avec des tissus
20:41ce que je peux juste dire
20:42c'est que
20:43toutes les expériences
20:44que nous avons faites
20:45concernant la fourrure synthétique
20:47est qu'elle n'est évidemment
20:49pas biodégradable
20:50elle pollue la planète
20:53parce que
20:54c'est un sous-produit
20:54du pétrole
20:55et donc
20:56en tant que marque
20:58je ne souhaite pas en faire
20:59mais
21:00ça s'arrête là
21:02Et donc depuis
21:04deux ans
21:04vous ouvrez au design
21:06c'est vrai que c'est quelque chose
21:07un département
21:09en tout cas
21:10sur lequel on n'attend pas
21:11forcément une maison de luxe
21:13qu'est-ce qui a motivé ce choix
21:15comment ça s'est passé
21:16racontez-nous ?
21:17Je dirais que c'est
21:18l'histoire d'une passion
21:20voilà
21:20bon
21:21vous avez bien compris
21:23quand même
21:23depuis le début
21:24c'est que
21:25pour faire ce que je fais
21:26il faut être un vrai passionné
21:27peut-être même au-delà
21:29du raisonnable
21:30bon
21:30mais en l'occurrence
21:32le design
21:32c'est tout à fait ça
21:33c'est depuis des années
21:35nous
21:37avec ma compagne
21:39on collectionne
21:40des objets
21:42de design
21:43on va aux puces
21:44le week-end
21:44on achète des meubles
21:45etc
21:46et puis
21:47un jour
21:49on s'est dit
21:49pourquoi
21:50ne pas
21:51faire converger
21:54la qualité
21:55exceptionnelle
21:56de nos artisans
21:58avec cette passion
22:00commune
22:01que nous avons
22:01du design
22:02donc
22:03de ça
22:05est née
22:05la collection
22:07la première collection
22:08qui était une collaboration
22:09avec
22:10le petit-fils
22:12d'un créateur
22:14des années 60
22:15qui s'appelle
22:15Pierre Chapeau
22:16et on a lancé
22:19une collection
22:20qui mélangeait
22:22cette technique
22:23du bois
22:24qu'est la marqueterie
22:25et donc
22:26on a aimé
22:27j'aime ces meubles
22:28parce qu'ils ne sont pas
22:30collés
22:31il n'y a pas de clous
22:32il n'y a pas de vis
22:33ils sont simplement
22:34encastrés
22:35et ça correspond bien
22:36avec une technique
22:38que nous utilisons
22:39dans l'EN du four
22:40ou de la pollinée
22:41qui s'appelle
22:43l'intarsia
22:44dans les meubles
22:46ça s'appelle
22:46la marqueterie
22:47c'est la même technique
22:48et donc
22:49je me suis dit
22:50il y a un vrai parallèle
22:51donc on a customisé
22:52ces meubles
22:53et on a lancé
22:53cette première collection
22:54et il y en a deux autres
22:56qui ont suivi
22:56cette année
22:57ça c'était en 2024
22:59et en 2025
23:00on a lancé deux autres
23:01une avec un
23:02un créateur italien
23:04qui est peut-être
23:05un des meilleurs créateurs
23:06de design
23:07à l'heure actuelle
23:07qui s'appelle
23:08Dimore
23:08un studio Dimore
23:10et l'autre avec Pierre-Marie
23:11qui est un designer
23:13très très talentueux
23:15qui est lui
23:16parisien
23:17donc à chaque fois
23:18vous faites dialoguer
23:18quand même
23:18les savoir-faire
23:20du salon
23:20avec le designer
23:22complètement
23:23on expose
23:25aux designers
23:26nos savoir-faire
23:29et eux créent
23:31avec notre aide
23:32évidemment
23:32sachant que la première
23:35collection
23:35elle a été entièrement
23:36designée
23:38créée chez nous
23:38dans nos ateliers
23:40et artistiquement
23:41qu'est-ce qui change
23:42entre la conception
23:43de vêtements
23:44et celle d'objets
23:45de design
23:46comment votre approche
23:47vous elle évolue
23:48avec cette nouvelle
23:49activité
23:50je dirais
23:53qu'il y a
23:54en fait
23:55une grande similitude
23:56parce que
23:57c'est l'histoire
23:58d'un processus
23:59créatif
24:00est-ce qu'un processus
24:01créatif
24:02d'un meuble
24:02est différent
24:03d'un processus
24:04créatif
24:04d'un vêtement
24:05pas vraiment
24:07sauf que
24:07dans la mode
24:09on est sur
24:10un autre rythme
24:11comme vous le savez
24:14il y a
24:14plusieurs collections
24:16par an
24:16donc on doit aller vite
24:18on doit créer
24:18et produire vite
24:20ce qui n'est pas
24:21du tout
24:21le rythme
24:22du design
24:25mais
24:26je dirais
24:27qu'on a fait
24:27plutôt rentrer
24:28le design
24:28dans notre rythme
24:29et ça nous a donné
24:32cette possibilité
24:33de créer
24:33trois collections
24:34en un an et demi
24:35et on va continuer
24:37dans les années
24:39qui viennent
24:39je pense
24:40peut-être pas
24:41à ce rythme là
24:42parce que là
24:42ça a été un peu fou
24:43mais
24:43ça nous donne
24:47aussi
24:48la possibilité
24:49d'apporter
24:50au design
24:50cette souplesse
24:52et cette réactivité
24:54qu'on a dans la mode
24:55et je ne parle pas
24:56d'Yves Salomon
24:56je parle de
24:57toutes les marques
24:58de mode en général
24:58Vous avez profité
25:00du coup
25:00de la semaine de l'art
25:01qui a eu lieu
25:01au mois de fin octobre
25:03en même temps
25:04de la foire
25:05d'art contemporain
25:06Art Basel
25:07vous avez aussi présenté
25:08vos objets
25:09design
25:10dans une foire
25:11satellite
25:12qui s'appelle
25:12Design Miami
25:13comment est-ce que
25:14quelle était la réaction
25:16avec ce nouveau public
25:17est-ce que c'était
25:18un nouveau public
25:19où justement
25:19les gens qui achètent
25:20de l'art contemporain
25:20et du design
25:21viennent aussi
25:22chez Yves Saint-Belomont
25:24Ben écoutez
25:25moi j'ai plutôt
25:27c'est un mélange
25:28de gens
25:29qui nous connaissaient
25:30déjà par la mode
25:31et d'autres
25:33qui découvraient
25:33complètement
25:34Yves Saint-Belomont
25:35et qui n'imaginaient pas
25:37qu'une marque
25:38de mode
25:40puisse d'un seul coup
25:41se lancer
25:41dans le design
25:42donc ils étaient
25:43évidemment très curieux
25:45et je dirais
25:46que
25:47bon
25:48et les relations
25:49les réactions
25:50pardon
25:50étaient tout à fait
25:52intéressantes
25:53puisqu'ils disaient
25:55vous apportez
25:56de l'oxygène
25:57vous apportez
25:58de la fraîcheur
25:59vous apportez
25:59de la nouveauté
26:00donc
26:00c'était un peu
26:02la manière
26:03de dire
26:04vous apportez
26:05un souffle
26:05qui existe
26:06dans la mode
26:07et pas forcément
26:07avec ce rythme là
26:09en tout cas
26:09dans le design
26:10et je dirais
26:11que
26:11vraiment
26:12la réaction
26:15était extrêmement
26:16positive
26:16et je dirais
26:18que
26:18ce que moi
26:20j'en ai retiré
26:22c'est quand même
26:22une immense motivation
26:24parce que
26:25quand vous avez
26:26une réaction positive
26:28et des encouragements
26:29ça vous donne
26:31une énergie fantastique
26:33pour continuer
26:34à avancer
26:34et développer
26:35et mes ateliers
26:36évidemment
26:37l'ont ressenti
26:38ont vu à quel point
26:41les efforts
26:43qui avaient été faits
26:45et la passion
26:46autour de tout ça
26:48pouvaient se transmettre
26:49au public
26:50voilà
26:50mais est-ce qu'il y a
26:51des personnes
26:51qui vous ont découvert
26:53du coup
26:53à Design Miami
26:54qui sont ensuite
26:55venus chez Yves Saint-Lomont
26:56ou
26:56écoutez c'est récent
26:59bon je dirais
26:59que
27:00j'ai pas encore
27:02donné là-dessus
27:02mais je pense
27:04que probablement
27:05que oui
27:06à terme
27:07il y aura une relation
27:08peut-être plus proche
27:10entre
27:10l'univers du design
27:13et nos clients potentiels
27:15et la mode
27:16puisque
27:16en fait c'est la même marque
27:18c'est la même approche
27:19et c'est la même démarche
27:20c'est un nouveau rayonnement
27:21de la maison
27:22et c'est une nouvelle manière
27:24de dire que
27:25Yves Saint-Lomont
27:26est une marque
27:28qui est aussi ancrée
27:28dans la culture
27:29dans l'art
27:30et j'y tiens beaucoup
27:32parce que
27:33malgré tout
27:33c'est un peu l'histoire
27:34de ma famille
27:34puisque
27:35ma mère
27:36avait une galerie
27:37de peinture
27:38dans les années 50
27:40et donc
27:40c'est vraiment
27:43l'expression
27:43de ma première passion
27:45puisque
27:46je vous avais dit
27:46qu'au départ
27:47je voulais pas
27:48avoir un métier
27:50100%
27:50business
27:51et je voulais avoir
27:52une dimension artistique
27:53c'est aussi
27:55une manière
27:56de donner à la marque
27:57cette dimension
27:59de culture
28:00et d'art
28:00et alors
28:01c'est quoi la prochaine étape
28:03après la mode
28:03le design
28:04est-ce qu'il y a des projets
28:05pour la maison ?
28:06écoutez
28:07le dernier étant
28:07très récent
28:08on va
28:08on va
28:09on va attendre
28:11quelques mois
28:11merci
28:13bien merci
28:15beaucoup
28:15Yves Saint-Lomont
28:16je rappelle que vous êtes
28:16président
28:17et fondateur
28:18de la maison luxe
28:19Yves Saint-Lomont
28:20merci beaucoup
28:20pour ce partage
28:21merci beaucoup
28:22chez Magoul
28:22pour m'avoir accompagné
28:24et merci à vous
28:25toutes et tous
28:26de nous avoir suivis
28:27cette expérience
28:28l'émission qui est déjà
28:29finie
28:30qui vous fait vivre
28:31la culture
28:32autrement
28:33merci donc à nos
28:33chroniqueurs
28:34intervieweurs
28:35reporters
28:36pour cette aventure
28:37collective
28:38Anne Bassi
28:39Laurent Mevres
28:39Béatrice Constant
28:40et aussi derrière la caméra
28:42Juliette Miquierina
28:43et Alexandre Loray
28:44merci à vous tous
28:45et toutes
28:45de nous avoir suivis
28:46c'était expérience
28:48et je vous dis
28:48au mois prochain
28:49m à montré
28:51de Jérôme
28:51et je pense à
28:52à la fin
28:53de la journée
28:54de Jérôme
28:54Jérôme
28:56Jérôme
28:57et je pense à
28:57faire un programme
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