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Vendredi 19 juin 2026, retrouvez Philippe Eudeline (Président, Normandie AeroEspace), Emmanuel Levacher (Directeur Général d'Arquus, Président du Gicat) et Guillaume Hue (Partner, Archery Strategy Consulting) dans ÉMISSIONS SPÉCIALES.
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00:00...
00:07Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur BeSmart for Change
00:11au salon Eurosatory 2026, le salon des acteurs de l'industrie de la défense
00:17mais aussi de la sécurité.
00:18Nous sommes avec, j'ai envie de dire, le patron de ce salon,
00:22le président du J4 Emmanuel Levaché. Bonjour.
00:24Bonjour.
00:25Vous êtes aussi directeur général d'Arcus,
00:27qui est maintenant dans le groupe John Coquery.
00:30Et d'ailleurs, on aperçoit certains des véhicules, des blindés
00:34que vous présentez sur ce salon Eurosatory.
00:36Alors déjà, une première question,
00:38quelles sont les nouveautés chez Arcus pour cette édition ?
00:40Alors effectivement, bonjour déjà.
00:42Je dirige Arcus depuis une dizaine d'années
00:46et on développe des plateformes qui intègrent des systèmes d'armes,
00:50des plateformes blindées.
00:51Ce sont essentiellement des véhicules à roues à destination des armées.
00:55Aujourd'hui, on présente un certain nombre d'innovations robotiques
00:59mais également des nouveaux concepts pour les véhicules du futur
01:03de la reconnaissance pour l'armée de terre française et belge.
01:06On a aussi proposé, on vient de dévoiler,
01:09un nouveau véhicule 6-6 qui porte une tourelle de gros calibre de John Coquery
01:14et donc qui permet de combiner mobilité et puissance de feu,
01:19mais tout ça dans un tonnage limité.
01:22Arcus qui a participé bien évidemment au programme Scorpion pour l'armée de terre.
01:28Toujours d'actualité, je suppose.
01:29C'est ce que j'allais dire, on y participe toujours.
01:31C'est un programme qui est en cours d'exécution.
01:34On est à peu près à la moitié de la production des griffons,
01:37des jaguars, des tourello, etc.
01:38Et donc ce programme se poursuit, dans de très bonnes conditions d'ailleurs.
01:43Et peut-être ce matin, vous avez pu observer les démonstrations dynamiques
01:47de l'armée de terre où les véhicules Scorpion sont vraiment à l'honneur.
01:51Démonstrations qui sont visibles durant toute la semaine du salon Rosatory.
01:56La nouveauté aussi pour Arcus, c'est d'être sous le pavillon John Coquery
02:00parce qu'il y a eu le rachat entre-temps du groupe belge.
02:03C'est ça.
02:04Donc Arcus a été racheté par John Coquery en juillet 2024.
02:08Donc ça va bientôt faire deux ans, effectivement.
02:11Donc c'est pour ça qu'on est passé sous le pavillon belge,
02:14c'est-à-dire l'entreprise est de nationalité belge.
02:17Mais bien sûr, Arcus conserve son entité juridique française
02:21et ses sites de production en France, ses sites aussi de développement en France.
02:26C'est une coopération européenne.
02:27Il fallait passer à l'échelle européenne pour développer l'entreprise ?
02:31Oui, je pense que c'est un bon exemple d'un début de consolidation au niveau européen.
02:36En plus, vous savez certainement que les Français et les Belges coopèrent aussi
02:41au niveau du programme des armées, mais aussi des programmes scorpions, justement.
02:46Donc ça s'appelle CAMO en Belgique.
02:47Donc c'est en fait un peu en s'appuyant sur cette très bonne coopération
02:53entre la France et la Belgique que les entreprises aussi se rapprochent.
02:56Donc ce monde industriel européen, effectivement, il faut qu'il arrive à se consolider,
03:00à se renforcer, à gagner aussi en échelle et en capacité de développement et d'innovation.
03:05Alors capacité de développement et d'innovation, mais j'ai envie de parler aussi de la capacité de production
03:09parce qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus de commandes,
03:12que ce soit pour les armées françaises, mais aussi pour les armées européennes.
03:16Oui, tout à fait. D'ailleurs, c'est le challenge que les industriels en général ont face à eux.
03:21C'est bien sûr de continuer à être innovants, de continuer à être un peu performants
03:25ou en avance sur leurs concurrents, mais aussi, effectivement, de produire en masse,
03:30d'être capables aussi de maîtriser leurs coûts de façon à, justement, passer à l'échelle
03:36vis-à-vis de clients ou d'armées qui ont des besoins de plus en plus urgents
03:40et de plus en plus importants en masse.
03:43Surtout à l'heure actuelle, au vu des conflits ?
03:45Oui.
03:46Le théâtre ukrainien, mais aussi le théâtre au Moyen-Orient,
03:50même s'il n'y a pas d'aspect terrestre, bien évidemment.
03:51Oui, encore que. Vu des belligérants, il y a quand même des dimensions terrestres.
03:56Mais je crois aussi que cette prise de conscience mondiale, mais en particulier européenne,
04:02de la nécessité de réarmer ou en tout cas de se rééquiper en défense face à des menaces
04:08qui sont diverses, je pense que cette prise de conscience, elle est bien là.
04:11Et je pense qu'on le ressent d'ailleurs en parcourant les allées d'Eurosatori cette année.
04:17Mais la montée en puissance, elle est là, elle est visible, elle est très claire.
04:23On le voit sur certains pavillons des nations.
04:25On a vu le pavillon, notamment ukrainien, qui est impressionnant,
04:28avec de nombreux acteurs tout autour qui ornent justement ce pavillon.
04:34On voit aussi des pavillons saoudiens, émiratis.
04:37Il y a de plus en plus de présences étrangères sur ce salon aussi ?
04:40Vous êtes plus attractif, disons ?
04:41Alors déjà, c'est un salon dans sa globalité qui se développe.
04:44En nombre d'exposants, on est à plus de 30% quand même depuis la dernière édition de 2024.
04:50Donc il y a vraiment une croissance très forte.
04:52Plus de 2600 exposants, plus de 40 pavillons nationaux étrangers.
05:00Donc effectivement, 68 pays représentés.
05:03Donc vous voyez, c'est quelques chiffres qui vous montrent l'internationalisation,
05:08mais aussi la croissance de ce type d'événements.
05:11Et aussi en termes de technologie, parce que le conflit ukrainien,
05:16alors ce n'est pas nouveau, les drones existaient avant le conflit ukrainien,
05:19mais disons que le conflit ukrainien a quand même accentué l'utilisation du drone.
05:24On le voit aussi par rapport au conflit au Moyen-Orient avec les drones et la balistique.
05:29Clairement, aujourd'hui, c'est un vrai changement de paradigme.
05:32On dirait que la dronisation, la robotisation du champ de bataille est maintenant là et bien là.
05:38Donc effectivement, les capacités doivent s'adapter.
05:42Les militaires aussi doivent s'adapter à cette évolution.
05:45C'est vraiment, comme on dit, un game changer, clairement, sur le champ de bataille.
05:49Donc, la dronisation, mais aussi la cyber, la cyber-guerre, et donc en face la cyber-défense,
05:56mais aussi les frappes dans la profondeur, dans tout ce qui est missiles, munitions rôdeuses.
06:04Donc, toutes ces nouvelles capacités qui changent la donne.
06:09Qui changent la donne et on le voit d'ailleurs à une certaine aussi équilibrage des forces sur ces champs
06:15de bataille.
06:16Et vous le voyez, en fait, dans les allées du salon, tous les industriels, d'ailleurs, quel que soit leur
06:20domaine,
06:20sont de près ou de loin concernés par cette dronisation du champ de bataille.
06:24Alors, pour concrétiser ce propos, concrètement, vous, qu'est-ce que vous faites autour du drone chez Arcus ?
06:30Alors, chez Arcus, on est bien sûr des spécialistes du terrestre.
06:33Donc, pour l'instant, on n'a pas franchi le pas de faire des choses qui volent.
06:36Mais en revanche, sur le terrestre, il y a de plus en plus d'initiatives pour des robots, de la
06:41robotisation terrestre.
06:43Effectivement, vous l'avez aperçu aussi sur le stand ukrainien.
06:47Mais effectivement, nous, on propose des systèmes robotisés à roues
06:51qui permettent d'aider le combattant, aussi bien dans des activités de combat,
06:59mais aussi de logistique, des activités d'évacuation sanitaire
07:02pour éviter d'exposer des hommes inutilement à ces opérations.
07:06Désenvoyer plutôt les robots ?
07:07Exactement.
07:08À la limite de l'autonomie ?
07:10Alors, aujourd'hui, ils sont téléopérés, de plus en plus autonomes.
07:13Ils ne sont pas encore totalement autonomes, pour être honnête, sur le terrestre,
07:17et d'ailleurs, de façon générale.
07:19Mais ça suffit, en fait, de téléopérer un système pour aller, par exemple, déminer,
07:24pour aller acheminer des marchandises ou des munitions sur la ligne de front.
07:29Voilà.
07:30Donc, pour l'instant, j'allais dire, la recherche va très, très, très vite.
07:33Les cycles d'innovation sont de plus en plus rapides.
07:37Donc, je pense que d'ici quelques années, on aura certainement des systèmes totalement autonomes.
07:41Et les cycles, ils sont plus rapides, parce que les industriels peuvent compter aussi sur des PME,
07:46des start-up, des TPE par rapport à leur flexibilité, qui vous apportent justement cette rapidité ?
07:51C'est vrai. Alors, c'est une combinaison, c'est-à-dire à la fois l'urgence sur le champ
07:55de bataille.
07:55Je pense que c'est ça, le premier facteur qui oblige, en fait, à être extrêmement réactif.
08:00Mais comme vous le dites, justement, aussi, c'est tout un écosystème de start-up, de PME,
08:05qui sont certainement peut-être plus agiles, en tout cas, qui proposent des solutions,
08:08et donc, chargent à cet écosystème, en fait, de fonctionner entre les grands groupes, les PME, les start-up.
08:14D'ailleurs, c'est ce qu'on essaye d'organiser, de faciliter au J4.
08:18C'est là où vous me voyez venir, M. Levaché, justement, le J4, ça rassemble 80% de PME sur
08:26500 membres, c'est ça ?
08:27C'est ça, on a plus de 500 membres, dont 80% de PME et de start-up, donc le
08:32reste de TI et de grands groupes.
08:33Mais effectivement, il y a un tissu dans ces entreprises françaises, donc c'est uniquement d'entreprises françaises,
08:39qui est bouillonnant, foisonnant, très intéressant, avec aussi des aspects de dualité,
08:45c'est-à-dire des start-up qui développent des idées, des produits, des services pour le monde civil ou
08:51pour les marchés généraux,
08:52et puis qui regardent, en fait, des applications de défense.
08:55Donc, le J4 les accompagne pour, finalement, les aider à pénétrer ou à s'acclimater avec les spécificités des marchés
09:02de défense.
09:02Et peut-être que certaines PME ne sont pas membres du J4 encore, parce qu'elles sont uniquement dans le
09:06civil,
09:07mais il y a ce phénomène aussi, il y a certaines PME qui ne sont pas au courant que leur
09:12technologie peut servir à la défense.
09:13Oui, oui, tout à fait, c'est évolutif.
09:15Alors nous, on n'a pas forcément vocation à attirer tout le monde, mais vous avez raison, c'est très
09:21évolutif.
09:22Il y a, bon déjà, il faut de l'appétence pour ce genre de produit,
09:26mais aussi, ce n'est pas forcément facile pour une très petite structure de se familiariser avec les processus des
09:34marchés publics,
09:35des marchés de défense qui ont un cycle propre, parfois complexe, parfois long.
09:40Donc voilà, il faut qu'on arrive, nous, en J4, à les accompagner, à les coacher.
09:44C'est ce que nous faisons d'ailleurs au travers d'un accélérateur, par exemple, de start-up qui s
09:49'appelle Generate,
09:49et donc on accompagne, on coache des start-up pour leur mettre le pied à l'étrier dans la défense.
09:55Alors ça, c'est pour les start-up, il y a certaines PME qui sont touchées aussi par la montée
09:59en cadence.
10:00Et parfois, c'est compliqué de s'aligner sur les commandes, la hausse de cette cadence,
10:05notamment parce qu'elles n'ont pas forcément les moyens techniques, des machines,
10:09et il faut investir, et elles n'ont pas forcément les financements pour faire ces investissements.
10:12Comment vous les accompagnez ?
10:14Alors, tout à fait, donc là, c'est, bon, je pense que c'est propre à l'ensemble de l
10:17'industrie,
10:18en particulier des petites entreprises, de parfois avoir affaire à des crises de croissance
10:23ou des difficultés pour passer au stade supérieur.
10:27Mais effectivement, il y a plusieurs aspects.
10:30D'abord, on les aide en termes de concept, de réflexion, de compréhension du marché.
10:36On les aide aussi pour accéder au financement.
10:38Donc ça, c'est un aspect très important.
10:40Il y a quelques années, les banques, les fonds étaient un peu réticents vis-à-vis de la défense.
10:44On a beaucoup travaillé, et maintenant, je pense qu'il y a une prise de conscience
10:48sur le fait que l'industrie de défense est absolument nécessaire et indispensable pour le pays.
10:54Donc les fonds et les banques sont revenus, et on arrive maintenant à établir beaucoup plus de relations.
11:00D'ailleurs, sur ce salon, Eurosatory, il y a une section qui est réservée à des fonds et des banques
11:07qui maintenant exposent carrément, et donc pour être en contact avec le secteur de la défense.
11:11Donc qui est redevenu, je pense, fréquentable et aussi attractif en termes d'un bon investissement.
11:17C'est pour une mise en relation ? Il y a certains fonds qui viennent identifier des potentielles opérations ?
11:23Oui, certainement. De façon générale, un salon comme ça, c'est un lieu d'exposition,
11:27mais aussi de rencontre, de contact, de partenariat.
11:30Donc évidemment, il y a des PME qui n'ont pas forcément des contacts réguliers avec des fonds.
11:34Là, c'est l'occasion de venir les voir et vice-versa.
11:36Donc effectivement, on essaye de faciliter ou de rendre possibles ces contacts.
11:42Autre sujet, ça ne concerne pas uniquement les PME, mais c'est aussi les grands groupes,
11:45c'est le sujet de ressources humaines, le recrutement.
11:49Il y a des besoins considérables aujourd'hui dans le secteur de la défense.
11:52Clairement. Donc l'ensemble du secteur, c'est 250 000 emplois.
11:56On estime à peu près 70 000 d'emplois supplémentaires qui devraient être créés dans les 4-5 ans qui
12:01viennent.
12:01Sur le terrestre seulement, donc c'est 15 000 emplois qui sont à pourvoir.
12:06Donc effectivement, cette année, d'ailleurs, on fait un effort particulier,
12:09là aussi pour essayer de rapprocher des candidats, d'ailleurs de tous niveaux, de tous âges,
12:16et de les rapprocher avec les entreprises qui recrutent.
12:18Donc nous, on a effectivement un besoin important.
12:21Bon, je pense que si l'industrie est redevenue ou devenue beaucoup plus attractive qu'elle a été à un
12:27moment,
12:27d'abord parce qu'il y a beaucoup de projets, beaucoup de nouveautés, beaucoup d'innovations,
12:31et aussi parce qu'on embauche, on offre des emplois qui sont non délocalisables, d'une certaine façon,
12:37puisque c'est des emplois qui doivent rester vraiment sur le territoire national.
12:42Donc voilà, c'est une filière qui est, je pense, très intéressante pour les candidats,
12:45quel que soit, encore une fois, leur niveau de formation, leur âge, leur sexe, etc.
12:49Il y en a vraiment pour tout le monde.
12:51Et il y a des événements qui sont organisés par la G4, justement, des sortes de job dating.
12:55On a ce qu'on appelle la tente des métiers, c'est-à-dire, et ça va être d'ailleurs
12:59cette année encore une année record pour ça.
13:01Donc jeudi et vendredi, on reçoit sur plus de 350 mètres carrés.
13:06Donc il y a une centaine d'entreprises qui viennent effectivement rencontrer les candidats,
13:11donc une sorte de job dating, comme vous dites.
13:13Et donc ça va se passer sur deux jours, jeudi et vendredi de cette semaine.
13:16mise en relation avec des industriels de la défense aéroterrestre qui ont des besoins pour justement faire face à cette
13:24hausse des cadences.
13:25Merci beaucoup Emmanuel Levaché, merci d'être passé sur le plateau de Bismarck Fortune.
13:30Je le rappelle, vous êtes le président du G4 qui organise le salon Eurosatory 2026, mais les autres éditions aussi.
13:37Et puis vous êtes aussi directeur général d'Arcus.
13:48Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Bismarck, la chaîne économique qui décrypte les enjeux économiques autour du
13:55regard des décideurs économiques.
13:58Nous sommes sur le salon Eurosatory, salon dédié aux acteurs de l'industrie de la défense.
14:04Et pour parler de ce sujet, nous accueillons Guillaume Hu.
14:08Bonjour.
14:08Bonjour.
14:09Vous êtes associé partenaire au sein de Archerie Stratégie Consulting, un conseiller, un cabinet de conseil qui accompagne notamment des
14:17acteurs industriels de la défense.
14:19Vous parlez de secteur de la souveraineté. Comment vous définissiez ce secteur de la souveraineté ?
14:25Nous, en effet, Archerie Stratégie Consulting, c'est un cabinet de conseil de direction générale qui accompagne les acteurs de
14:32trois filières, trois secteurs d'activité
14:35que sont aéronautique, défense, sécurité, transport logistique et énergie.
14:39Et on voit bien que ces industries-là, ce sont des industries qui sont, entre guillemets, nécessaires à la France.
14:46On a besoin de garder une certaine autonomie stratégique au sein de la France.
14:52Et donc, nous, on accompagne ces secteurs-là où l'État n'est jamais très loin en tant que client,
14:57en tant que donneur d'ordre ou en tant qu'actionnaire.
14:59Alors, souveraineté française, souveraineté européenne ?
15:01Eh bien, les deux. Nous, on est un cabinet franco-allemand. Enfin, on est né en France. Mais aujourd'hui,
15:06on a des capabilities en Allemagne. Donc, pour nous, c'est européen.
15:08Et puis, on voit, quand on voit les enjeux industriels, ça se passe à l'échelle européenne parce qu'aujourd
15:15'hui, la Commission européenne investit beaucoup dans ce domaine.
15:17Exactement. Donc, aujourd'hui, on accompagne un certain nombre de clients de la Défense en France, un certain nombre de
15:25clients de la Défense en Allemagne.
15:26Et on voit aussi qu'un certain nombre de ces clients sont franco-allemands quand on pense au groupe KNDS,
15:30quand on pense au groupe Airbus.
15:32Donc, en fait, ils ont un pied de chaque côté du Rhin.
15:35Alors, des acteurs, mais pas n'importe lesquels, des acteurs qui font un chiffre d'affaires supérieur à 150 millions
15:40d'euros.
15:41Vous visez vraiment les ETI, les grands groupes ?
15:43Alors, nous, notre positionnement, c'est plutôt, en effet, les ETI et les grands donneurs d'ordre des filières.
15:48Mais on peut également accompagner un certain nombre de PME dans des cas spécifiques.
15:55Et on accompagne notamment les fonds d'investissement qui souhaitent investir dans les PME de la BITD.
16:00Alors, concrètement, comment vous accompagnez ces entreprises ?
16:03À quel niveau de la filière, plutôt R&D, plutôt au moment de la production ?
16:08Alors, aujourd'hui, quand on parle des grands donneurs d'ordre de la filière défense, on les accompagne principalement, soit
16:15dans les phases de développement, en effet, soit dans les phases de ramp-up industrielle.
16:21Et aujourd'hui, les vrais sujets sur lesquels on accompagne les acteurs de la défense, c'est principalement la standardisation,
16:27ce qu'on appelle la productisation dans la politique produit.
16:30Et donc, cette capacité à standardiser, à modulariser ces offres pour être, je dirais, pour gagner en time to market
16:36et être plus rapidement sur le marché.
16:38Puisqu'on voit qu'il y a des besoins très rapides par rapport à ce qu'on a pu connaître
16:42par le passé.
16:43Et est-ce que vos clients acceptent de standardiser leur production et leur méthode de production ?
16:48Alors, il y a un petit changement de paradigme.
16:50C'est vrai qu'historiquement, on était plutôt dans une approche projet.
16:53Mais aujourd'hui, en effet, il y a plus de standardisation pour être capable de livrer en temps et en
16:59heure aux forces armées.
17:01Puisqu'aujourd'hui, c'est un des grands enjeux.
17:03Livrer en temps et en heure, justement, vous faites la transition.
17:05On voit le retour aux portes de l'Europe des conflits à haute intensité.
17:10On peut même dire en Europe.
17:11Je parle de l'Ukraine, bien évidemment, depuis 2022.
17:15On voit aussi les conflits au Moyen-Orient avec des besoins de plus en plus importants de munitions.
17:21On l'a vu via la lutte anti-drone, puisqu'il fallait essayer d'intercepter ces drones iraniens.
17:28Justement, vous parlez de besoin, de timing de production.
17:33Comment vous prenez en compte ces enjeux ?
17:35Et est-ce que les clients arrivent à prendre le pas, disons, à prendre le rythme de ces besoins ?
17:41Oui, les clients, de toute façon, se mettent en condition pour le faire.
17:47Aujourd'hui, ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'il y a deux types de situations.
17:51Il y a des situations sur lesquelles il y a des commandes fermes.
17:54Et donc, les industriels, en fait, se mettent en ordre de bataille pour les livrer.
17:59Donc, on a vu des commandes record de la DGA pour la France, mais aussi pour des pays alliés.
18:05Et donc là, il y a des investissements qui ruissellent dans la filière.
18:08On parle notamment des missiles, des munitions, des drones, vous en avez parlé.
18:11Donc, tout ça, il y a, je dirais, toute une structure qui se met en place pour livrer par rapport
18:15aux enjeux
18:16et par rapport, je dirais, aux jalons contractuels fixés avec les armées.
18:21Et puis, il y a des sujets où on parle, vous avez parlé d'économie de guerre.
18:26On n'y est pas tout à fait vraiment, mais en tout cas, il y a une préparation.
18:29Une préparation à l'économie de guerre.
18:30Comment elle pourrait se caractériser cette situation ?
18:33C'est quoi une entreprise qui est dans une situation d'économie de guerre ?
18:36Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'aujourd'hui, par exemple, en France,
18:39on n'est pas en économie de guerre véritablement, contrairement à ce qu'on peut dire.
18:44Aujourd'hui, les investissements dans la défense par rapport au PIB, il est de l'ordre de 2%.
18:49Là où, en Russie, il est plutôt de l'ordre de 7,5% et en Ukraine, on est plutôt
18:53aux alentours de 40%.
18:54Donc, on voit bien qu'on a un écart assez majeur entre ce qu'on peut appeler une économie de
18:59guerre d'un pays ou à l'autre.
19:01Donc, là-dessus, aujourd'hui, en France, il y a un certain nombre de velléités d'être prêts
19:07au cas où on passerait en économie de guerre et dans un conflit à haute intensité.
19:12Et aujourd'hui, les entreprises sont plutôt en mode scénario, construction de scénario prospectif,
19:17en se disant, si je dois augmenter mes capacités et les multiplier par 10, 20, 30, 100,
19:23qu'est-ce que je ferais ?
19:24Et donc, aujourd'hui, on est plutôt dans ce problème.
19:26Biomu, une deuxième partie de l'activité de Archerie Stratégie Consulting, c'est le financement.
19:31Où est-ce qu'on en est au niveau du financement ?
19:33Il y a des besoins de plus en plus importants puisqu'il faut répondre à des commandes.
19:35Je suppose que les besoins sont énormes.
19:37Tout à fait. Donc, ce qu'il faut savoir, c'est que la BITD, c'est quand même énormément d
19:43'entreprises,
19:44énormément de PME qui ont des besoins de financement pour assurer leur ramp-up industriel.
19:50Donc, nous, on accompagne principalement les fonds d'investissement qui souhaitent investir dans la BITD
19:56et on les accompagne dans ce qu'on appelle des due diligence stratégiques ou commerciales
20:01pour bien comprendre le marché, s'assurer que l'entreprise dans laquelle ils vont investir
20:06se positionne bien sur les bons segments de marché
20:08et généreront du retour sur investissement pour les fonds d'investissement.
20:13Et en effet, comme vous le dites, aujourd'hui, il y a, je dirais, énormément,
20:17tout un écosystème qui est en train de se mettre en place avec des fonds privés, avec des fonds publics,
20:24avec, on l'a vu notamment, le fonds de BPI.
20:26Donc, il y a tout un écosystème de financement qui est en train de se mettre en place
20:29pour la BITD et lui permettre de faire son ramp-up.
20:33Merci, Guillaume Hu.
20:35Merci à vous.
20:36Voilà, associé partenaire au sein du cabinet consulting Archery Stratégie Consulting,
20:42ici, sur le plateau de Bsmart, sur le salon Eurosatory,
20:46salon dédié à l'industrie de la défense.
20:56Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Bsmart for Change,
20:59au salon Eurosatory, Bsmart for Change, accueilli par Ametra Group,
21:04spécialiste de l'ingénierie industrielle sur ce salon.
21:07Ce salon, c'est le rendez-vous des industriels de la défense et bien évidemment,
21:11on va parler de la région Normandie, puisque cette région est dotée en industrielles dans la défense.
21:16Avec Philippe Eudeline, bonjour.
21:18Bonjour.
21:18Alors, président de Normandie Aéroespace, c'est cette association qui regroupe
21:21de nombreux industriels dans le secteur de la défense, l'aéronautique, le spatial.
21:25C'est ça, et la sécurité.
21:27Et de la sécurité en Normandie, vous avez été aussi directeur de l'innovation chez Thalès.
21:3122 entreprises normandes présentes cette année.
21:33Oui, et on aurait pu être plus, mais là, il y a une telle affluence qu'on a été limité
21:37en mètre carré.
21:38Mais oui, effectivement, 22, ce qui est une forte augmentation.
21:41C'est notre sixième participation à Eurosatory.
21:43Mais là, très clairement, il y a un changement d'échelle, on sent cette année.
21:48Et là, on est très content, effectivement, de pouvoir offrir à 22 entreprises normandes
21:52la possibilité de montrer leur savoir-faire, leurs produits et de les mettre en contact
21:56de tous les grands donneurs d'ordre du domaine de la défense.
21:58Alors, on connaît les entreprises qui sont spécialisées dans l'aéronautique, dans la défense.
22:02Ça, c'est pour le Salon du Bourget.
22:04Mais alors, Eurosatory, c'est un peu moins connu.
22:06Et pourtant, il y a de nombreuses entreprises qui contribuent à cette industrie aéroterrestre.
22:10Alors, qu'est-ce qu'elles font concrètement ?
22:12En fait, ce sont pour beaucoup les mêmes, parce qu'en fait, pour équiper notre défense,
22:17on a besoin de matériel de qualité, du même niveau de qualité que l'on a dans l'aéronautique.
22:22Donc, en fait, on a commencé dans l'aéronautique, mais très vite,
22:27quand on a vu que les budgets de défense augmentaient, les besoins augmentaient,
22:32certains membres ont décidé de s'investir dans ce domaine de la défense.
22:37Alors, c'est des nouveaux acteurs.
22:38On a appris à les connaître, à se faire connaître.
22:41Et aujourd'hui, ça marche très, très bien.
22:44Et nos entreprises fournissent des pièces à la fois pour l'aéronautique,
22:47à la fois pour la défense, à la fois pour la sécurité.
22:50Voilà, mais c'est souvent sur les mêmes process.
22:53Alors, quelles sont les innovations présentées sur Eurosatory 2026 ?
22:57Alors, on a tout un coin de la partie NAE du stand,
23:01que l'on a dédiée justement à l'innovation.
23:03On a une trentaine d'innovations qui sont montrées dans cette partie-là.
23:08Alors, je peux en citer une qui est un peu emblématique,
23:10puisque nous sommes dans le secteur de la défense.
23:13Nous avons une société qui s'appelle Protécop, qui fait des gilets pare-balles.
23:16Et là, il s'est rendu compte qu'effectivement, les gilets pare-balles ont été conçus pour les hommes
23:20et pas conçus pour les femmes.
23:21Et donc, quand ce sont les femmes qui les mettent, il y a des faiblesses.
23:25Et donc, l'idée, ça a été de s'associer avec deux startups
23:28pour mettre en place des gilets pare-balles adaptés aux femmes.
23:33Voilà. Et donc, les tests ont commencé, les tests balistiques.
23:36Et pour l'instant, les résultats sont excellents.
23:38Donc, en fait, là, on vient présenter cette innovation pour vérifier que le business est bien là
23:43de façon, derrière, à pouvoir passer en production.
23:45Passer en production très prochainement.
23:47Alors, parce que je suppose que ça devrait être une demande, ça, de l'armée désarmée.
23:51Désarmée, parce qu'effectivement, pendant très longtemps, c'était très masculin.
23:55Mais aujourd'hui, on s'aperçoit que les armées, que ce soit françaises,
23:59mais aussi toutes internationales, la part féminine augmente très fortement.
24:03Et donc, il faut des équipements adaptés aux femmes.
24:06On pense aussi, bien évidemment, à la police, parce que c'est la volée sécurité.
24:09Et vous avez insisté, d'ailleurs.
24:11Dans votre périmètre d'activité au sein de l'ENAE, il y a aussi la sécurité.
24:15Donc, on peut penser aussi à la police, à la gendarmerie, par rapport à ce gilet pare-balles.
24:19Quel est l'objectif d'être présent avec encore plus d'entreprises ici ?
24:24En fait, ce salon-là, il est particulier, parce qu'il y a énormément de pays nouveaux qui sont présents.
24:29Il y a 68 pays qui sont présents, dont des pays de l'Est, par exemple, la Hongrie, la Bulgarie,
24:35qui sont des marchés à explorer.
24:37L'Ukraine est très fortement présente.
24:38Je crois qu'ils ont 80 représentants au niveau de l'Ukraine.
24:42Donc, tous ces marchés-là sont à explorer.
24:44Et donc, notre rôle, c'est de trouver des points de contact dans ces pays-là,
24:48de façon à les mettre en relation avec nos membres,
24:50pour qu'ils voient si on peut faire du business pour ces pays.
24:53Donc, clairement, orientation business.
24:55Il y a beaucoup d'entreprises aussi qui viennent faire du recrutement,
24:59parce qu'il y a des besoins de recrutement qui sont énormes.
25:02C'est un besoin aussi pour les entreprises normandes ?
25:04Oui, on a fait une GPEC qui montre qu'on a besoin de recruter 2200 postes par an pendant 5
25:09ans.
25:09Donc, effectivement, c'est un grand besoin.
25:11Donc, effectivement, vendredi va être une journée consacrée à l'emploi, formation, orientation.
25:16Donc, ça fait partie des objectifs.
25:19Et on regarde aussi quel type de métier, quelle est l'évolution des métiers,
25:23pour aussi travailler avec nos centres de formation, pour qu'ils s'adaptent aux futurs métiers.
25:28Et qu'on soit sûr de trouver dans 4 ans, dans 5 ans, des jeunes qui sortent de l'école
25:32et qui sont parfaitement adaptés aux besoins des industriels.
25:34La région normandie, elle est aussi pionnière, parce que c'est peut-être la première fois en France
25:39qu'une région va soutenir le secteur, et spécifiquement le secteur de la défense,
25:44parce que Hervé Morin, le président du conseil régional de Normandie,
25:47a créé un fonds dédié à la défense pour soutenir le tissu économique.
25:52Je suppose que c'est une satisfaction, c'est une opportunité pour vos entreprises.
25:55Oui, oui, tout à fait. On l'a fait ensemble.
25:57En fait, cette idée, elle a germé lors d'une réunion de travail que l'on avait avec le président
26:02de région
26:03et ses équipes, qui était de dire, voilà, M. Morin est ancien ministre de la Défense,
26:07donc c'est quand même un sujet qui lui tient à cœur.
26:10Et en fait, sa question, c'est comment je peux vous aider à vous développer ?
26:14Et un point qui est ressorti, c'est plutôt pour les start-up, les PME et les ETI,
26:20c'est qu'on a besoin de financement.
26:22Alors, ça a beaucoup évolué. Il y a deux ans, aucune banque ne prêtait pour la défense.
26:28Donc, depuis, ça a évolué. D'ailleurs, ici, il y a beaucoup de banques qui sont présentes pour la première
26:31fois.
26:31C'est une première, oui.
26:32C'est toute une première, mais c'est plutôt des gros tickets.
26:36Un million, deux millions, cinq millions, dix millions.
26:38Or, nos membres ont besoin plutôt de petits tickets, 100 000, 200 000, 500 000, quoi.
26:43Et donc, d'où l'idée de créer ce fonds Normandie Défense, à hauteur de 5 millions pour le premier
26:47lancement,
26:48et puis un deuxième peut se faire derrière, pour aider nos membres à monter leur fonds de roulement
26:55pour pouvoir accéder aux grandes commandes.
26:56Et c'est déjà en place ?
26:57C'est en place, les premiers dossiers sont en cours d'instruction.
26:59En cours d'instruction, du coup, les fonds seront versés quand au sein des entreprises ?
27:04Après, il y aura des comités de sélection, bien sûr.
27:07Et dès que ça va être validé, les fonds seront versés aussitôt, puisque l'argent a été déjà déposé.
27:11Donc, les 5 millions sont déjà en caisse.
27:13Donc, on peut travailler.
27:14Parce qu'on sait qu'il y a une urgence quand même en termes d'accélération des cadences,
27:17puisqu'on le voit, les cadences qui augmentent.
27:19Donc, je suppose qu'il y a beaucoup de dirigeants qui ont hâte, en tout cas, d'avoir ces fonds
27:24à disposition.
27:24On avait fait un recensement.
27:26Moi, je n'avais pas voulu lancer ça.
27:27Je ne voulais pas m'engager au président.
27:29Parce qu'on avait fait, bien sûr, une réunion, mais c'était verbal.
27:31Donc, j'avais demandé aux entreprises de s'engager par écrit.
27:36Et effectivement, on a eu énormément de demandes.
27:38Donc, la demande, elle est bien là.
27:39La demande qui est importante en Normandie.
27:41Merci beaucoup, Philippe Deligne.
27:42Merci.
27:42Merci d'être passé sur notre plateau à Bismarck Fortune, sur le stand Ametra Group.
27:47Je rappelle, vous êtes le président de NAE, Normandie Aéro-Espacé,
27:51l'association qui rassemble les industriels de la défense, de l'aéronautique, de la sécurité et du spatial.
27:56Merci.
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