- il y a 9 heures
Mercredi 18 février 2026, retrouvez Véronique Reille Soult (cofondatrice et présidente, Backbone Consulting), Philippe Silberzahn (professeur en stratégie, EM Lyon Business School), François Clément-Grandcourt (président, Entreprise et Progrès) et Mehdi Caussanel-Haji (avocat en droit social) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:01Générique
00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans Smart Job, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:16Bien dans son job aujourd'hui, on s'intéresse aux entreprises,
00:19alors ce sont les municipales dans un peu moins d'un mois,
00:22est-ce qu'elles doivent inciter les salariés à voter ?
00:24On va répondre à cette question à travers un sondage présenté par François Clément-Grandcourt,
00:29et des présidents d'entreprises et progrès.
00:31Sondage très intéressant, on fera le point avec lui évidemment sur les éléments clés de cette étude.
00:37Le cercle RH, le CDI Jeunes, débat d'actualité évidemment, vous l'aurez compris, c'est notre débat d'actualité.
00:43Le CDI Jeunes ça avait été porté et ça a été porté il y a quelques jours par le MEDEF.
00:47Qu'en est-il exactement ? Ça a créé un tollé.
00:50Était-ce une bonne idée ?
00:51Oui, c'était une vieille mauvaise idée.
00:54On fera le point avec nos invités.
00:56Véronique Reilsout sera avec nous.
00:57Philippe Zilberzan, professeur OEM Lyon,
00:59et Mehdi Kossanel-Aji, qui est avocat en droit social.
01:03Ce sont nos trois invités pour ce débat d'actu.
01:06Tout de suite, c'est Bien dans son job.
01:20Bien dans son job pour parler.
01:22Alors c'est intéressant, c'est la première fois qu'on en parle d'ailleurs sur ce plateau,
01:24de parler élection politique avec le monde de l'entreprise.
01:29J'accueille François Clément-Grandcourt.
01:31Bonjour, cher président.
01:32Président d'Entreprise et Progrès depuis mai 2025.
01:36Et vous avez sous le bras une étude, alors que je trouve très très intéressante,
01:39puisque le think tank Entreprise et Progrès avec le sondeur Odoxa a sondé les cœurs,
01:45justement pour savoir s'il fallait que les entreprises incitent les salariés à aller voter,
01:53et en demandant l'avis aux Français.
01:55Intéressant, puisque les Français, majoritairement, je trouve ça plutôt légitime.
01:59Exactement, à quasiment 60%.
02:02Et en plus, ça confirme une étude qu'on avait tournée de la même façon il y a deux ans,
02:08et qui était au même pourcentage.
02:11Donc en fait, ça institutionnalise le rôle de l'entreprise comme étant l'un des acteurs
02:17qui permet aux employés, qui incite les équipes à aller voter.
02:23Donc ça veut dire, quand on se penche sur ce sujet, ça veut dire que le service RH,
02:28ça veut dire que les managers doivent, et vous êtes directeur général d'une grande entreprise,
02:32ça veut dire qu'il faut laisser du temps, il faut laisser des moments d'échange,
02:35il faut mettre des affiches dans les locaux syndicaux.
02:38Comment on fait là ? Parce que c'est un peu contre-intuitif qu'une entreprise incite les salariés à
02:43aller voter.
02:44Alors je dois dire que quand j'ai lu les résultats, à nouveau, je me suis posé la question en
02:48disant
02:48« Mais moi, est-ce que je me sens à l'aise de le faire ? »
02:50Toujours est-il que la réponse est quand même sans appel.
02:52Et je pense qu'en fait, ça peut se faire de façon très simple, autour d'un café, dans une
02:59réunion d'équipe,
03:00de façon totalement informelle.
03:02Je pense qu'il n'y a pas clairement le rôle de l'entreprise de faire des formations à la
03:06citoyenneté
03:07ou d'aller au-delà de ça.
03:09Si on regarde un peu à l'étranger, aux États-Unis, les élections se font pendant la semaine.
03:16Ça vote sur la longueur, sur la durée.
03:18Exactement. Et donc les employeurs, régulièrement, laissent du temps aux personnes qui vont voter pour justement aller voter.
03:26Voilà. Donc c'est une ouverture, ça n'est pas une prescription et encore moins une consigne de vote.
03:31Mais vous qui représentez ce think tank entreprise et progrès que vous présidez, sur lequel vous travaillez,
03:37sur beaucoup, beaucoup de travaux divers, de réflexions, ça vous décale, vous, en tant que dirigeant d'entreprise,
03:45en tant que directeur général, vous dites « c'est pas le rôle d'une entreprise de le faire »
03:48ou vous dites « ça peut être aussi le rôle d'une entreprise de le faire ».
03:52Je pense que le rôle de l'entreprise depuis très longtemps est un rôle sociétal et qu'on l'a
03:58oublié.
03:59On l'a oublié comme société avec un grand S.
04:02On l'a probablement également oublié en tant qu'entreprise.
04:05Et je trouve ça intéressant que ce soit les citoyens qui nous rappellent à ce rôle-là,
04:09aujourd'hui, en nous rappelant qu'il y a un rôle à tenir.
04:13Et c'est intéressant de voir également que les entreprises sont à ce niveau très élevé, 60%.
04:19Les ONG, et je dirais même presque plus les associations, sont derrière, mais pas très loin derrière, à 54%.
04:26Ce qui veut dire qu'en fait, il y a également une notion de proximité.
04:29Dans l'entreprise ou l'institution où on travaille, on a une proximité, comme avec l'association locale.
04:35Quand on va plus loin avec des politiques plus nationaux, ça semble quand même beaucoup plus difficile.
04:39Je vous paraphrase, mais l'étude dit que les entreprises demeurent aujourd'hui l'acteur jugé le plus crédible,
04:46ça c'est intéressant, pour changer les choses en France.
04:49Ça c'est passionnant parce qu'on voit bien qu'il y a un décalage.
04:52Ce n'est plus la puissance publique.
04:54Les politiques aujourd'hui sont démonétisées.
04:56Les journalistes, on l'a vu récemment, sont en bas de la confiance des Français.
05:02L'entreprise reste forte.
05:03Ça c'est intéressant.
05:04L'entreprise reste forte et je dirais en fait, je citerais un sociologue, François Dupuis,
05:12un grand sociologue d'entreprise, qui en fait disait, et puis une discussion que j'ai
05:17eu avec lui et un anthropologue, et en fait il me disait une chose, dans certains moments,
05:21quand notamment les entreprises ont des grandes organisations, il se passe un phénomène
05:25qui est que le poids de l'équipe proche augmente et la confiance dans l'organisation diminue.
05:33Et en fait c'est une rupture de confiance de l'organisation au sens large et un gain
05:38de confiance dans l'équipe la plus proche.
05:41Et donc la question qui pourrait se poser ici, c'est quand on voit que l'entreprise
05:45d'un côté et de l'autre côté des associations ont un rôle important bien plus que les personnes
05:51au niveau national, est-ce qu'on est en train de voir un phénomène de ce type-là où en
05:55fait
05:55la confiance se fait avec les personnes avec qui on a une prise ?
05:58C'est aussi le contexte ou le sentiment à travers votre étude d'OXA Entreprises
06:03et Progrès quand même qu'il y a un contexte de défiance démocratique et que finalement
06:07on se rabat ou on va vers les choses les plus solides et l'entreprise fait partie
06:12de cela, non ?
06:13Et l'entreprise fait partie du quotidien, on y est tous les jours, qu'est-ce que soit
06:17que l'entreprise veuille dire, on y travaille tous les jours et donc cette proximité-là
06:22est extrêmement importante, oui.
06:24Quand même, Entreprises et Progrès, on voit évidemment la notion d'Entreprises et
06:27Progrès, c'est le nom de votre think tank, vous poussez à cela quand même, l'idée
06:32que l'entreprise doit être au-delà de ces simples enjeux capillais et que ce n'est
06:36pas qu'une entreprise qui fait de l'argent et crée de la valeur, c'est ce que vous portez
06:39aussi ?
06:39Exactement, en 1969 quand Entreprises et Progrès a été créé par les deux fondateurs,
06:44les DG de L'Oréal et de Danone, le principe était que le profit de l'entreprise doit
06:49être mis au même niveau que les équipes, le rôle central des équipes dans l'entreprise
06:55et la troisième chose, le développement durable.
06:57En 1969, et c'est intéressant parce que l'étude également dit une chose, les trois
07:02quarts des citoyens disent que l'entreprise doit justement avoir ces trois piliers-là.
07:08Donc, on est encore sur les mêmes dimensions qui étaient importantes à l'époque par les
07:13fondateurs.
07:14Il y a plus de 50 ans.
07:15Il y a plus de 50 ans.
07:16Merci François Clément-Grandcourt, cette étude est à découvrir évidemment sur le
07:20site du Sim Tank Entreprises et Progrès, étude intéressante puisqu'elle donne des
07:24détails aussi sur les catégories socio-professionnelles et on voit que les cadres sont très engagés
07:28sur ce sujet.
07:30Merci de nous avoir rendu visite, président Entreprises et Progrès, le nouveau président,
07:33maintenant vous êtes bien installé évidemment à votre poste de président et directeur
07:36général d'une très grande entreprise française.
07:39Merci de nous avoir rendu visite, vous reviendrez peut-être avec d'autres études
07:42sous le bras, aussi passionnantes.
07:44On tourne une page, c'est le débat d'actualité, le CDI Jeunes, ça a créé un tollé, c'est
07:49le thème d'actualité avec un sujet posé par le BDF, comment accueillir, intégrer,
07:55réussir à faire entrer les jeunes au sein des entreprises au moment où l'alternance
07:59s'arrête, qui reste un sujet de débat.
08:02On accueille mes invités, c'est le débat d'actu et c'est tout de suite.
08:17Le cercle est râche, le débat d'actu pour parler du CDI Jeunes, alors moi j'avais couvert
08:22quand j'étais jeune journaliste le CPE, ça me rappelle quelques souvenirs, il y a 20
08:27ans quand j'étais encore jeune et ça a créé le même tollé, le même débat, on va en
08:32parler avec mes invités.
08:34Est-ce que c'est une fausse bonne idée, une vieille bonne idée ? Je ne sais pas.
08:38Véronique Raïlsout est avec nous, bonjour Véronique, très heureux de vous accueillir,
08:42présidente de Backbone Consulting, et vous avez toujours sous vos petits carnets vos notes
08:46pour nous éclairer aussi sur comment ont réagi les Français au moment de ce débat
08:51qui a pris très très vite.
08:53A vos côtés, Philippe Silberzane, bonjour Philippe, professeur EM Lyon Business School,
08:58on démarrait le débat avant le débat puisqu'on parlait des bullshit jobs de ces jeunes qui
09:01parfois dans certaines écoles de commerce peinaient aussi à rentrer dans l'entreprise
09:05avec l'IA qui est en train de grignoter les emplois, et avec nous Mehdi Kossanel-Agi,
09:10avocat en droit social.
09:11Merci, et je crois que c'est la première fois que vous venez sur le plateau de Smart Job,
09:16sur ce plateau, en tout cas c'est un vrai plaisir de vous accueillir.
09:19Plaisir partagé.
09:19Véronique, juste pour se rappeler, la particularité de ce CDI 2.0, il pourrait être,
09:26il pourra ou pourrait, je ne mettrais plus que pourrait, être rompu sans motif pour
09:30les premières années de contrat avec une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté
09:34du salarié en cas de rupture.
09:35Donc ça c'est l'avocat qui va répondre, mais comment réagit les Français qui ont
09:38peut-être des jeunes en emploi ou en recherche d'emploi ?
09:42Dans les Français, il y a les, donc il y a les jeunes, les moins jeunes, les chefs
09:46d'entreprise, chaque catégorie a réagi de façon différente, mais globalement
09:50il y a une forme d'unanimité pour dire que ça s'appelle une vieille, fausse, bonne idée.
09:53D'accord.
09:54Donc voilà, on a déjà gagné du temps.
09:55On a répondu à ma question.
09:57Ensuite, pourquoi ? Parce que les jeunes, ils le décrivent comme deux ans de période
10:00d'essai, c'est un peu compliqué pour se construire, qu'au bout de six mois, quand
10:04vous prenez un stagiaire, vous commencez à avoir une idée quand même de la réalité,
10:08de sa capacité à apprendre et à s'organiser.
10:11Donc six mois, c'est déjà pas mal.
10:13Et puis par ailleurs, il y a quelque chose chez les jeunes où dans leurs conversations,
10:17ils sont étonnés du fait que l'apprentissage ne soit pas plus une solution prenait, en particulier
10:22comme nous vivons dans un monde où il n'y a pas forcément beaucoup de frontières,
10:26eh bien on se compare assez facilement.
10:28Est-ce que c'est pour se rassurer ? Je ne sais pas.
10:29Mais en tout cas, on se compare.
10:31Et en particulier, les jeunes Suisses expliquent combien le fait d'être un apprenti, ça
10:35n'est pas dévalorisant, voire même plutôt très valorisant.
10:38Et en France, ce n'est pas encore le cas, alors que l'apprentissage est une façon d'apprendre
10:44en ayant une logique de transmission du savoir et de l'expérience.
10:48Qui marchait très bien.
10:50Qui fonctionnait très bien, mais qui était plutôt...
10:52Non, mais c'était surtout, c'était souvent associé à des métiers manuels.
10:55Manuels, à l'origine.
10:57À l'origine, moins à des métiers intellectuels.
10:59Et puis surtout, on est en face d'une génération qui souvent se sent stigmatisée.
11:04On parle souvent de la santé mentale des jeunes.
11:06Oui, il n'y a pas d'emploi.
11:08Oui, les entreprises ne leur ouvrent pas toujours les portes.
11:10Mais ils ont aussi une réalité d'un manque de confiance en eux, de stigmatisation perpétuelle.
11:14Et si on vous dit deux ans pour être confirmé,
11:17ça ne va pas vous aider à vous sentir en confiance et à donner le meilleur de vous-même.
11:21On a plein de sujets posés sur la table par Véronique, Médi et Philippe.
11:26Mais l'alternance, ça marchait très bien.
11:29Le MEDEF utilise l'argument, et moi j'ai lu la conférence de presse, j'ai essayé de relire,
11:34l'argument utilisé par le patron du MEDEF le 28 janvier au siège du MEDEF,
11:38c'était de dire que ça se destinait aux NIT,
11:41c'est-à-dire ceux qui n'avaient ni emploi, ni formation, les 1,5 million de jeunes.
11:45L'alternance ?
11:46Non, le sujet du CDI jeunes.
11:48C'était quoi, un argussi ?
11:50Parce que j'ai eu le sentiment que c'était un peu fallacieux comme argument.
11:54D'abord, il faut reconnaître le mérite d'avoir posé le débat,
11:57parce qu'on a quand même une partie de la population dont personne ne se préoccupe.
12:01Donc je dirais qu'à minima, on pose enfin le débat sur la table.
12:04On abandonne une partie de la jeunesse.
12:06Plus d'un million et demi de jeunes.
12:07Voilà, donc c'est quand même colossal.
12:09Des jeunes qui sont sans perspective aucune,
12:11avec des souffrances économiques et psychiques qui sont bien décrites.
12:14Donc il faut se féliciter d'abord que ce débat-là se posait.
12:17Après, est-ce que c'est la bonne réponse ?
12:19Là, effectivement, c'est en question,
12:20parce qu'on est dans une tradition bien française,
12:24on fait un système compliqué qui crée plein de problèmes,
12:28et plutôt que de le résoudre,
12:30on va rajouter des rustines qui vont résoudre quelques problèmes
12:34et en créer encore plus d'autres.
12:35Et là, c'est vraiment cette logique.
12:37Donc, comme souvent, ça part d'un bon sentiment,
12:39c'est déjà bien,
12:40mais on sait que l'enfer est pavé de bons sentiments,
12:43et ça, ça n'est pas une solution.
12:47Mais vos étudiants, mettons les pieds dans le plat,
12:49on découvre aujourd'hui que certains étudiants de Stanford,
12:52auparavant, ils étaient embauchés,
12:53ils mettaient le pied à Stanford, ils avaient un emploi.
12:55Là, aujourd'hui, on voit des études qui arrivent aux Etats-Unis,
12:57on voit qu'ils mettent deux mois, trois mois, six mois,
13:00que les grandes entreprises Stanford.
13:02Alors, l'EM Lyon, j'imagine qu'ils sont tous embauchés,
13:05avec des très bons professeurs,
13:06mais on voit quand même qu'il y a des difficultés,
13:08même pour ces jeunes qui ne sont pas des NIT.
13:10Alors, pour la première fois, effectivement,
13:12on a des diplômés qui ont des taux d'emploi inférieurs
13:15à des non-diplômés, à des plus faiblement diplômés,
13:17donc ça, c'est un vrai retournement qui, en soi, pose question.
13:20Peut-être qu'on a une surdiplomation,
13:22la fabrique d'élites excessives,
13:25ça, c'est un vrai sujet,
13:26mais je dirais qu'en termes de priorité,
13:29c'est quand même ces fameux NIT,
13:30c'est-à-dire ceux qui sont vraiment là,
13:31sans aucune perspective,
13:32parce que quelqu'un qui est diplômé,
13:34qui va rencontrer des difficultés,
13:36parce que peut-être le diplômé n'est pas bon.
13:37À terme, il le pourra.
13:38Voilà, globalement,
13:39ce n'est pas les plus mal lotis,
13:40même s'il ne faut pas sous-estimer
13:41la difficulté que ça représente,
13:42on a pu s'endetter, etc.
13:44Donc là, il y a un vrai sujet,
13:45qui est aussi un sujet de société,
13:46parce qu'on a une surdiplomation,
13:48alors surtout en France,
13:50mais en termes, je dirais,
13:51d'urgence et d'importance sociale,
13:53c'est quand même, effectivement,
13:54ceux qui sont sous-qualifiés.
13:56Mehdi Kossanel agit,
13:57avocat en droit social,
13:58là, on voit quand même,
13:59dans la particularité de ce fameux CDI jeune,
14:02CDI 2.0,
14:03comme il était appelé dans les médias,
14:05qu'on peut rompre le contrat sans motif,
14:08et on l'entend souvent dans la bouche des patrons,
14:11qui disent, mais c'est compliqué,
14:12on ne peut pas se séparer de collaborateurs,
14:14une fois qu'on a bon champ en CDI,
14:15ça ne marche pas.
14:15Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
14:17En fait, c'est totalement faux.
14:18J'ai l'impression que c'est comme une ancienne
14:21qui revient depuis 20, 30 ans,
14:24on veut plus de flexibilité,
14:26le droit du travail est trop rigide,
14:27mais en fait...
14:28Il est très volumineux, disons.
14:29Alors, il est très volumineux,
14:31mais en fait,
14:31il est ultra souple maintenant en France.
14:33Aujourd'hui, je peux déroger
14:34à la convention collective,
14:36je peux créer mon droit du travail
14:37à mon entreprise,
14:38on dit simplement, il faut négocier.
14:40Par contre, où je ne peux pas négocier,
14:42c'est le salaire minimum,
14:44certains impératifs,
14:45tu ne travailleras pas 7 jours sur 7,
14:46ni 24 heures sur 4.
14:47Alors, on touche au salaire minimum.
14:48Oui, bien évidemment.
14:49Mais en réalité,
14:50le SMIC jeune, il existe déjà.
14:52Tout à l'heure, vous disiez
14:53que l'apprentissage devrait se développer.
14:55Mais depuis 2018, il a explosé.
14:57On est passé de 300 000.
14:59Alors, il ne régresse pas encore.
15:00Il régresse pourquoi ?
15:01Parce que, non, non, il régresse
15:03parce que, j'allais dire,
15:04les exonérations patronales
15:06et l'aubaine financière,
15:08elle est en train de baisser.
15:09Et c'est ça, en fait,
15:10qu'on s'aperçoit.
15:11C'est qu'elle est en train de baisser
15:12pour les apprentis qui sont
15:13Bac plus 3, Bac plus 4, Bac plus 5,
15:17mais les Bac plus 2,
15:19ça existe toujours.
15:20Voilà.
15:21Exactement.
15:21Et donc, effectivement,
15:22ce CDI jeune,
15:23ça n'a aucun sens.
15:24Par contre, ce que vous disiez,
15:25il soulevait un point, Philippe,
15:27intéressant,
15:27c'est une espèce de surdiplomation
15:28des gens qui viennent
15:29avec des diplômes d'école de commerce
15:30et puis, finalement,
15:31on n'arrive pas à caser.
15:32C'est sûr le sujet
15:32qui est posé par l'ADF.
15:33Mais parce que le vrai sujet,
15:35en réalité,
15:35ce n'est pas simplement les diplômes,
15:37c'est aussi le savoir-être.
15:38Il y a probablement,
15:40au XXe siècle,
15:41au début du XXIe siècle,
15:42quand on apprend un métier,
15:43on avait certaines compétences
15:44techniques, intellectuelles,
15:45mais on apprenait
15:46aux côtés de personnes
15:48expérimentées.
15:49De maîtres, en quelque sorte.
15:50Exactement.
15:50Quel que soit le nom,
15:56plus intangible.
15:57Véronique veut prendre la parole.
15:58Philippe, un mot
15:59sur cette question de l'alternance
16:00parce que, OK,
16:01elle existe toujours,
16:02mais on voit que les exonérations
16:03ont baissé,
16:04l'aubaine fiscale,
16:05l'intérêt a baissé
16:07et on voit bien
16:08qu'aujourd'hui,
16:08ça marche beaucoup moins
16:09que les jeunes galèrent
16:10à trouver leur alternance.
16:11Comment vous l'expliquez ?
16:12C'est juste un problème de déficit ?
16:14Parce qu'on nous l'a vendu
16:15il y a trois ans,
16:16comme le Saint-Dessin,
16:16ça cartonnait.
16:17Alors, c'est une super réforme,
16:19sauf qu'elle a principalement
16:21bénéficié aux diplômes,
16:23aux diplômes de l'enseignement supérieur,
16:24qui, encore une fois,
16:26sont ceux qui ont plus de chances
16:28de trouver quelque chose
16:29et ceux qui auraient dû être
16:31la cible prioritaire.
16:32Encore une fois,
16:33les sous-qualifiés,
16:33ceux qui ont du mal,
16:34parce qu'ils n'ont pas nécessairement
16:36le capital social,
16:37encore une fois,
16:37les moins privilégiés,
16:38qui auraient vraiment dû être
16:40la cible de ça,
16:41en ont très peu profité.
16:42Donc, ce retour en arrière
16:44qu'on a va effectivement,
16:46probablement affecter
16:47les études supérieures,
16:49mais l'effort doit porter
16:51principalement,
16:51l'apprentissage,
16:52c'est une des grandes idées,
16:53enfin, c'est une idée
16:54extrêmement puissante,
16:56qui peut être une partie
16:57de la solution.
16:58De l'école et de l'entreprise.
16:59Voilà.
16:59Donc, on en connaît les vertus,
17:00mais il doit être dirigé
17:04en priorité sur ces cibles-là.
17:06Véronique Raïlsoud,
17:07qu'est-ce que vous en pensez de ça ?
17:08Parce que je vous sens
17:08plus hésitante sur le...
17:10D'abord, l'apprentissage
17:11et l'alternance,
17:12ça n'a pas les mêmes qualités
17:13et les mêmes vertus.
17:14L'alternance,
17:15c'est un sujet de subvention,
17:16mais il y a surtout un sujet
17:17de la réalité de l'entreprise.
17:19Avoir quelqu'un
17:19qui n'est pas tout le temps là,
17:21qui va s'absenter,
17:22alors selon les écoles,
17:23c'est...
17:2315, 15,
17:24une semaine, trois semaines.
17:25C'est pas toujours très clair,
17:26ça se négocie,
17:26c'est compliqué.
17:28C'est plus compliqué,
17:28les écoles en plus.
17:29Oui, c'est ça,
17:30donc c'est plus compliqué
17:31et ça convient pas forcément
17:33à des métiers,
17:35justement,
17:35pour les hauts diplômés
17:36parce qu'on leur demande
17:37d'être très engagés
17:38dans l'entreprise
17:39et on va pas dire,
17:39c'est la semaine
17:41où je peux pas m'engager
17:41parce que...
17:42Donc c'est un peu compliqué
17:43en termes d'organisation.
17:44Et en plus,
17:45accessoirement,
17:46ça ne touche pas
17:47les femmes unites
17:47puisqu'il faut être
17:48dans une école,
17:48donc ça ne fonctionne pas.
17:50En revanche,
17:51l'apprentissage,
17:51il a quelque chose
17:52d'intéressant,
17:52c'est pour ça que je vous disais,
17:53les jeunes eux-mêmes
17:54essayent d'être créatifs
17:55dans les solutions
17:56et disent,
17:56on pourrait imaginer
17:58des logiques d'apprentissage
17:59qui ne nécessitent pas forcément
18:01d'être à l'école
18:02à ce moment-là,
18:03qui est du compagnonnage.
18:05Le compagnonnage,
18:06on pense souvent
18:06au métier manuel,
18:07mais ça n'est pas forcément
18:08que ça.
18:08Les compagnons du Tour de France.
18:09Et donc, en fait,
18:10ils ont envie
18:11de proposer des solutions,
18:14de ne pas ressortir
18:15des vieilles chimères
18:16et par ailleurs,
18:17oui,
18:18être licencié,
18:19ce n'est pas si compliqué
18:20que ça,
18:21c'est un peu lourd
18:22pour l'entreprise
18:22et tant mieux,
18:23ça protège.
18:24Ils sont plutôt
18:25dans une logique
18:26où en fait,
18:26ils ont l'impression
18:27souvent d'être stigmatisés
18:28et leur sujet,
18:29c'est le premier emploi.
18:31Ce n'est pas tant les stages,
18:32ce n'est pas tant
18:32trouver un moyen d'un.
18:34La première marche,
18:35la première marche,
18:36elle est souvent compliquée.
18:38Ils entendent,
18:39je le disais
18:39sur des forums de jeunes
18:40où ils disaient,
18:42on dit tout le temps
18:43on ne s'engage pas,
18:45les jeunes ne s'engagent pas,
18:46les jeunes n'ont jamais
18:47été autant engagés
18:48par la société.
18:49On va dire,
18:50ah oui,
18:50ce sont des gens
18:51qui n'acceptent plus
18:53les contraintes
18:54et ne veulent avoir
18:55que des droits
18:56et pas d'obligations.
18:57La chaîne Z,
18:58pointée du doigt.
18:59Ce qui, de nouveau,
19:00n'est pas tout à fait vrai
19:00quand on regarde.
19:01C'est plus qu'ils ont
19:03une notion de la hiérarchie
19:04qui est un peu différente,
19:05une envie d'avancer.
19:07On leur sort souvent
19:08le sujet de l'IA
19:08alors que l'IA,
19:09c'est juste
19:11une tournure d'esprit,
19:12un apprentissage
19:13de comment est-ce
19:14que je dois réfléchir.
19:14Mais la réalité,
19:15c'est que personne
19:16ne sait plus
19:16ou moins
19:17ce qui va évoluer
19:18dans un métier.
19:19On commence à avoir
19:20à 2-3 ans
19:21une réalité de vision.
19:22Ça commence à se dessiner.
19:23Mais ce n'est pas ça
19:24qui fait que les jeunes
19:24ne sont pas embauchés.
19:25L'IA.
19:27Allez-y.
19:27Ce qui est le rôle,
19:28en fait,
19:28c'est que cette stigmatisation
19:29des jeunes,
19:30Laurence Parizeau,
19:31à l'époque,
19:32au nom du BNF,
19:33nous disait
19:34c'est scandaleux,
19:35il ne faut surtout
19:35pas faire ça.
19:36C'est étonnant
19:37que 20 ans après,
19:38hop,
19:38abracadabra,
19:39on ressort.
19:40Ça montre que c'est
19:40plutôt de la provoque
19:41en réalité.
19:42Oui,
19:42je ne sais pas
19:44si vraiment il y avait
19:44de la provoque
19:45dans l'esprit du BNF,
19:46mais il y avait quand même
19:46l'idée de poser
19:47sur la table
19:47un sujet
19:49auprès du ministre
19:50du Travail,
19:50du Premier ministre,
19:55Philippe Zilberzane.
19:56Vous avez des étudiants
19:57face à vous
19:58avec des profs
19:59qui se disent
19:59qu'on ne peut plus
20:00les noter
20:00puisque globalement
20:01tout le monde a l'IA,
20:02la pédagogie a changé.
20:03Non, je suis enseignante
20:04à Sciences Po.
20:05Ça note ?
20:06Bien sûr,
20:07mais moi je ne leur interdis
20:08pas du tout
20:08de se servir de l'IA.
20:10Là, vous les obligez
20:11à travailler sur la...
20:12Je vais noter la réalité
20:13de l'utilisation de l'IA,
20:14la pertinence,
20:15de la place qu'ils ont donnée.
20:16C'est de toute façon
20:17un outil qui est là.
20:17Donc moi ce qui m'intéresse
20:19c'est de voir
20:19l'appréhension qu'ils ont
20:20du sujet,
20:20la compréhension qu'ils ont
20:21et leur raisonnement
20:24et la place qu'ils donnent à l'IA.
20:26Et ensuite,
20:27vous avez toujours besoin
20:29de juniors,
20:30le fait que les juniors
20:31ne font pas...
20:31Vraiment ça ?
20:32Bien sûr.
20:33On embauche toujours des juniors,
20:34on a toujours des stagiaires.
20:36La seule chose
20:36c'est qu'on ne leur demande pas
20:37de faire ce qu'un IA peut faire,
20:38on leur demande
20:39de vérifier ce que l'IA
20:41aujourd'hui va vous donner,
20:42de réfléchir à des proms
20:43un peu intelligents,
20:44d'aller plus loin
20:45que la réalité
20:45de ce que l'IA peut proposer,
20:46de comprendre la mécanique
20:48d'auto-apprentissage
20:50par les LLM,
20:51enfin bref,
20:51on leur demande.
20:53Les postures,
20:53les soft skills
20:54dans vos cabinets,
20:56vous en prenez aussi ?
20:57Parce qu'on nous dit
20:57les avocats,
20:58avec l'IA,
20:59de toute façon,
20:59globalement,
21:00tous les métiers
21:01à tâches un peu rébarbatifs,
21:02c'est géré par l'IA.
21:04Tout ce qui est rébarbatif,
21:05bien sûr,
21:05c'est gérer une grosse partie
21:06par l'IA.
21:07Mais être avocat,
21:08ce n'est pas que ça,
21:09et heureusement.
21:09Vous êtes déjà dans l'IA,
21:10donc je comprends bien.
21:11D'accord.
21:12Et le reste,
21:13pour ces jeunes qui entrent,
21:14qu'est-ce qu'il faut ?
21:15On a des apprentis,
21:16ils viennent justement
21:16avec nous
21:18vérifier ce que dit l'IA,
21:19ou se positionner
21:20par rapport à l'IA,
21:21réfléchir avec nous,
21:22parce qu'un cerveau,
21:23c'est important,
21:23se positionner,
21:24apprendre les relations
21:25avec des clients,
21:26des magistrats,
21:27des confrères,
21:28prendre des positions,
21:29apprendre de la stratégie,
21:30parce que l'IA ne sait pas le faire.
21:32Bref,
21:32un ensemble de choses
21:33qui sont essentielles.
21:34Philippe,
21:35sur l'IA,
21:35vos étudiants,
21:36vous leur enseignez
21:37le management ?
21:38Alors moi,
21:39je leur enseigne
21:40à totalement maîtriser l'IA
21:42et à savoir totalement s'en passer.
21:45Je pense qu'il faut vraiment les deux.
21:46Passionnant !
21:47C'est-à-dire que,
21:48quand on regarde,
21:48par exemple,
21:49ce qui se passe
21:49dans des écoles d'art,
21:51les bonnes écoles d'art,
21:52la première année,
21:53vous ne touchez pas un ordinateur.
21:55C'est gomme, crayon, stylo.
21:56Parce qu'on sait
21:57qu'un bon utilisateur d'IA,
21:59c'est quelqu'un
22:00qui a les bases,
22:01fondamentalement.
22:01Et les bases,
22:02elles s'apprennent
22:02avec la main,
22:03avec le regard,
22:04avec la gomme.
22:05Un château de variété
22:05passe par le classique.
22:07On apprend des gammes,
22:08rien ne change.
22:09Comme bluesman.
22:10Et une fois que vous avez
22:12les bases de votre métier,
22:13vous serez un meilleur utilisateur
22:14de l'IA.
22:15C'est-à-dire que vous ferez
22:15de meilleurs promptes,
22:16vous évaluerez mieux
22:18les résultats
22:19et vous saurez
22:20quand utiliser
22:21ou ne pas utiliser l'IA.
22:23Ce sont un peu
22:23les trois grandes...
22:24Vous leur appreniez
22:24l'esprit critique sur l'IA.
22:25C'est une forme de philosophie
22:26autour de ça.
22:27Oui, c'est surtout...
22:28C'est comme un outil.
22:29C'est-à-dire que moi,
22:30je peux prendre un marteau
22:31et si je me débrouille mal,
22:32ça finit sur mon doigt.
22:33Donc, je dois apprendre
22:34à utiliser le marteau,
22:35savoir ce qu'il fait,
22:36ce qu'il ne peut pas faire,
22:37savoir comment je l'utilise,
22:38etc.
22:39C'est donc un outil
22:40très sophistiqué,
22:41mais ça reste un outil.
22:42Et si on n'a pas les bases,
22:44on va être un mauvais utilisateur
22:45de l'outil.
22:46Donc, en design, par exemple,
22:48on sait que les meilleurs
22:49utilisateurs de l'IA
22:50sont ceux qui ont
22:50les meilleures bases,
22:52encore une fois.
22:52Et ça sera pareil en musique,
22:53en comptabilité, etc.
22:55Mais avant de nous quitter,
22:55quand même,
22:56on évoquait l'INIT,
22:58cette jeunesse
22:58dont on ne sait pas trop
23:00comment l'attraper.
23:00Il y a des ONG
23:01qui travaillent dessus,
23:02il y a des fondations
23:03qui travaillent sur ces jeunes,
23:04mais il n'y a pas
23:04de politique publique
23:06sur ces jeunes en rupture.
23:07Et on l'évoquait tout à l'heure,
23:08parfois dans des addictions
23:09qui basculent dans la délinquance.
23:13Qu'est-ce que vous disent ?
23:14Et je ne sais pas
23:14si vous avez sans déliqueur,
23:15mais comment les Français,
23:16les Français,
23:17regardent ce sujet
23:18ou est-ce qu'ils en ont
23:19même conscience ?
23:20Parce qu'on est souvent
23:21nés sur notre guidon,
23:22on veut faire notre école,
23:23grandir et marcher.
23:25Mais on a quand même
23:25un million et demi de jeunes
23:26qui sont complètement
23:27sur le quai, quoi.
23:28Alors après,
23:28c'est toujours pareil.
23:29On a une vision différente
23:31selon la proximité
23:33du sujet qu'on étudie.
23:34Donc les gens ne peuvent pas
23:35vous parler de la même façon
23:36de leur enfant et des enfants.
23:37Mais oui.
23:38Des jeunes et de leurs jeunes.
23:40C'est vrai.
23:40Et puis il y a aussi
23:41une réalité d'une différence
23:43parce que jeunes,
23:44c'est quoi ?
23:45À partir de 15 ans ?
23:46À partir de 20 ans ?
23:47À partir de 30 ans ?
23:48Les vieux, c'est quel âge ?
23:48Voilà.
23:49Les vieux,
23:49on va dire que c'est à partir
23:51de 102 ans.
23:52103, 94, je suis d'accord.
23:54Mais globalement,
23:55on voit bien
23:55qu'il y a des perceptions
23:56très différentes.
23:57Il y a aussi des réalités
23:58très différentes
23:59selon les lieux de vie.
24:00C'est-à-dire qu'on a tendance
24:01à créer une grande catégorie
24:03des jeunes,
24:04mais ce n'est pas la même chose
24:05quand vous habitez
24:05dans une grande ville
24:06rurale ou pas,
24:08des types de métiers
24:09que vous avez envie de faire.
24:10Il y a des métiers
24:10qui, vos élèves,
24:12pour grande partie,
24:12ne savent pas exactement
24:13quel sera leur métier demain.
24:15Donc c'est un mindset
24:16qu'on va leur apprendre,
24:16une façon d'appréhender
24:18les problématiques.
24:18Il y en a d'autres,
24:19ce sont des métiers
24:19extrêmement précis
24:20comme les agriculteurs,
24:22par exemple,
24:22qui ne font plus le métier
24:24comme on le faisait hier,
24:25mais qui est une réalité
24:27très technique aussi.
24:29Et c'est d'ailleurs
24:30l'un des sujets
24:30qui est peu abordé
24:32dans les propositions
24:33du MEDEF,
24:33mais vous avez
24:35les filières professionnelles
24:37qui sont souvent
24:38là encore décriées
24:39ou en tout cas mal vécues
24:40par les parents
24:41quand on leur annonce
24:42que leur enfant va faire
24:43une filière professionnelle,
24:44alors que souvent,
24:45c'est là où on trouve
24:46le plus de travail
24:46pour le moment.
24:47Avec des emplois bien rémunérés.
24:48Avec des emplois
24:48extrêmement bien rémunérés,
24:50mais il ne faut pas se tromper
24:51parce que quand vous avez
24:51commencé à être électricien,
24:52si tout d'un coup,
24:53vous vous dites
24:53en fait,
24:54j'aurais bien fait de la mécanique,
24:55ce n'est pas la même chose.
24:56Donc,
24:57c'est un sujet
24:58d'orientation aussi.
24:59Vous êtes des chefs d'entreprise,
25:00vous êtes à la tête
25:01d'un cabinet,
25:02vous enseignez.
25:03Est-ce qu'il y a l'inquiétude
25:04quand vous regardez
25:04ce sujet lancé par le MEDEF,
25:06au-delà du fait
25:07que c'est une vieille,
25:08mauvaise idée
25:08et qu'assez rapidement,
25:10d'ailleurs,
25:10le MEDEF
25:10l'a remis dans sa poche,
25:12est-ce qu'il y a une inquiétude,
25:14là, je dirais,
25:14un peu existentielle
25:15sur la relation des jeunes
25:16au travail ?
25:17En tout cas,
25:18dans mon agence,
25:19non.
25:20Il y a une réalité
25:25casse.
25:25La GNZ,
25:26ça n'existe pas.
25:27Je crois qu'il faut arrêter.
25:28Ils sont tous différents.
25:29Ce n'est pas vrai
25:30qu'ils ne sont pas motivés.
25:31Il n'y a pas une sociologie
25:31un peu typologique
25:32dans la manière de...
25:33Je ne crois pas du tout.
25:34Je suis aussi administratrice
25:35de l'Institut de l'engagement
25:36et on voit que
25:37les jeunes sont très variés,
25:39ont des modalités
25:40d'engagement très variées.
25:41C'est intéressant.
25:42Donc, en fait,
25:42il y a une réalité.
25:43Les jeunes,
25:44ils ont envie de travailler.
25:45C'est plus par moments
25:46à décalage.
25:47J'ai l'impression
25:47qu'on ne croit pas tous
25:48des mêmes jeunes
25:48parce que les NITS,
25:49en fait,
25:49ce sont ceux
25:50qui n'ont même pas eu
25:51de CAP,
25:51même pas eu de BPM.
25:52Et les grandes orientations
25:54des politiques publiques,
25:56c'est justement,
25:57tout le monde est d'accord,
25:57même les économistes,
25:58disent qu'en fait,
25:59il y a un mauvais problème
26:01qui a été traité.
26:02On parle de l'apprentissage
26:03de l'éternance
26:04pour ceux qui sont déjà
26:06un peu dans notre thème là-dessus.
26:09Mais en réalité,
26:10c'est l'orientation en soi
26:11qu'il faut aller réformer.
26:13Le vrai problème,
26:14c'est une très très longue politique.
26:16Ce n'est pas dans deux ans
26:17qu'on aura des résultats.
26:18Donc, ça veut dire
26:18que c'est très très long.
26:19Ce million et demi de jeunes
26:20dont on ne sait plus quoi faire,
26:21on ne va pas régler le problème
26:22dans un mandat présidentiel.
26:24On ne sait plus quoi faire.
26:26On n'arrivera.
26:26Mais sous prétexte
26:26qu'on ne va pas le résoudre immédiatement,
26:28on ne va jamais le résoudre.
26:29C'est un peu le problème.
26:30On ne s'y attelle jamais.
26:31Comme c'est compliqué,
26:32on se dit,
26:32on va essayer de trouver
26:33un fixe rapide
26:35sous forme d'une espèce de gimmick
26:36comme on sait tellement bien faire
26:37en France,
26:38avec un plan,
26:39trois mesures
26:39et puis un petit peu de subventions
26:40avec de l'argent qu'on n'a pas.
26:41Et une fois de plus,
26:43on aura rejeté.
26:44Alors, peut-être qu'effectivement,
26:45c'est une mauvaise idée,
26:46mais on n'a rien à la place.
26:48Et donc,
26:48on va tous rejeter la mauvaise idée.
26:50On ne va rien faire
26:51parce qu'il faudrait investir,
26:53etc.
26:53Il faudrait travailler.
26:55Comme ce n'est pas une mesure phare,
26:57on ne va laisser passer le choix.
26:58Il existe quand même
26:59des contrats d'orientation
27:00où justement,
27:01les nids sont la récupère.
27:02Le vrai problème,
27:03c'est que ça ne touche pas son public.
27:04Et je me suis à penser
27:05que c'est ça le vrai problème.
27:06Et en plus,
27:07personne ne le connaît.
27:07Et ça a un coût très élevé
27:08quand même d'apprentissage.
27:10Mais quand on regarde,
27:11parce que les femmes unites,
27:12ils s'expriment.
27:13Bien sûr.
27:13Et eux, ils ont envie
27:14de contrats d'apprentissage.
27:15Ils ont bien compris
27:16qu'ils étaient sortis du système,
27:17mais ils ont envie.
27:18Ils sont un peu perdus
27:19face aux démarches à effectuer.
27:22Argument, je le redis,
27:23parce que le MEDEF
27:24a été quand même
27:24brocardé sur cette mesure
27:26il y a dix jours
27:27qui avait déjà disparu
27:28de l'actualité.
27:28Au final,
27:29elle posait quand même
27:30ce sujet
27:31de la place
27:32de ces jeunes
27:3418-25
27:35sortis des écrans
27:36et qui sont désinsérés.
27:37Et il va falloir un jour
27:38qu'on s'en occupe
27:39et qu'on en fasse d'ailleurs
27:40un débat sur SmartJob.
27:41Je ne sais pas si on réglera
27:42le problème,
27:42mais il faudra en débattre.
27:44Merci à vous trois.
27:45Merci Véronique Raïd,
27:46sous le président
27:46de Backbone Consulting,
27:47prof à Sciences Po,
27:48qui laisse les étudiants
27:50utiliser l'IA.
27:50Mais c'est important
27:51de l'entendre
27:51de la bouche
27:52des professeurs,
27:53des enseignants.
27:53Merci à Philippe Ziberzan.
27:55Ils peuvent utiliser l'IA,
27:56mais ils doivent
27:57s'en séparer très vite.
27:58C'est ça.
27:59Savoir s'en séparer.
28:00Savoir s'en séparer.
28:00professeur à l'EM Lyon
28:02Business School.
28:03Et merci à Mehdi Kossanel,
28:04Agi,
28:04d'être venu avocat
28:05en droit social
28:06et qui embauche
28:07des jeunes.
28:08Bien sûr.
28:08Ça, c'est important.
28:09C'est essentiel.
28:10Merci à vous trois.
28:10Merci aux équipes.
28:11Merci à Angel,
28:12à la réalisation.
28:12Merci à Paul,
28:13au son.
28:14Et merci évidemment
28:14à Nicolas Juchat
28:15qui était dans mon oreille.
28:17Merci à vous.
28:18Merci de votre fidélité.
28:19Je vous dis à très, très bientôt.
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