- il y a 10 heures
Vendredi 19 juin 2026, retrouvez Emmanuel Levacher (Directeur Général d'Arquus, Président du Gicat) dans ÉMISSIONS SPÉCIALES.
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00:07Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur BeSmart for Change
00:11au salon Eurosatory 2026, le salon des acteurs de l'industrie de la défense
00:17mais aussi de la sécurité.
00:18Nous sommes avec, j'ai envie de dire, le patron de ce salon,
00:22le président du J4 Emmanuel Levaché. Bonjour.
00:24Bonjour.
00:25Vous êtes aussi directeur général d'Arcus,
00:27qui est maintenant dans le groupe John Coquery.
00:30Et d'ailleurs, on aperçoit certains des véhicules, des blindés
00:34que vous présentez sur ce salon Eurosatory.
00:36Alors déjà, une première question,
00:38quelles sont les nouveautés chez Arcus pour cette édition ?
00:40Alors effectivement, bonjour déjà.
00:42Je dirige Arcus depuis une dizaine d'années
00:46et on développe des plateformes qui intègrent des systèmes d'armes,
00:50des plateformes blindées.
00:51Ce sont essentiellement des véhicules à roues à destination des armées.
00:55Aujourd'hui, on présente un certain nombre d'innovations robotiques
00:59mais également des nouveaux concepts pour les véhicules du futur
01:03de la reconnaissance pour l'armée de terre française et belge.
01:06On a aussi proposé, on vient de dévoiler,
01:09un nouveau véhicule 6x6 qui porte une tourelle de gros calibre de John Coquery
01:14et donc qui permet de combiner mobilité et puissance de feu,
01:19mais tout ça dans un tonnage limité.
01:22Arcus qui a participé bien évidemment au programme Scorpion pour l'armée de terre.
01:28Toujours d'actualité, je suppose.
01:29C'est ce que j'allais dire, on y participe toujours.
01:31C'est un programme qui est en cours d'exécution.
01:34On est à peu près à la moitié de la production des griffons,
01:37des jaguars, des tourello, etc.
01:38Et donc ce programme se poursuit, dans de très bonnes conditions d'ailleurs.
01:43Et peut-être ce matin, vous avez pu observer les démonstrations dynamiques
01:47de l'armée de terre où les véhicules Scorpion sont vraiment à l'honneur.
01:51Démonstrations qui sont visibles durant toute la semaine du salon Rosatory.
01:56La nouveauté aussi pour Arcus, c'est d'être sous le pavillon John Coquery
02:00parce qu'il y a eu le rachat entre-temps du groupe belge.
02:03C'est ça.
02:04Donc Arcus a été racheté par John Coquery en juillet 2024.
02:08Donc ça va bientôt faire deux ans, effectivement.
02:11Donc c'est pour ça qu'on est passé sous le pavillon belge,
02:14c'est-à-dire l'entreprise est de nationalité belge.
02:17Mais bien sûr, Arcus conserve son entité juridique française
02:21et ses sites de production en France, ses sites aussi de développement en France.
02:26C'est une coopération européenne.
02:27Il fallait passer à l'échelle européenne pour développer l'entreprise ?
02:31Oui, je pense que c'est un bon exemple d'un début de consolidation au niveau européen.
02:36En plus, vous savez certainement que les Français et les Belges coopèrent aussi
02:41au niveau du programme des armées, mais aussi des programmes scorpions, justement.
02:46Donc ça s'appelle CAMO en Belgique.
02:47Donc c'est en fait un peu en s'appuyant sur cette très bonne coopération
02:53entre la France et la Belgique que les entreprises aussi se rapprochent.
02:56Donc ce monde industriel européen, effectivement, il faut qu'il arrive à se consolider,
03:00à se renforcer, à gagner aussi en échelle et en capacité de développement et d'innovation.
03:05Alors capacité de développement et d'innovation, mais j'ai envie de parler aussi
03:08de la capacité de production, parce qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus de commandes,
03:12que ce soit pour les armées françaises, mais aussi pour les armées européennes.
03:16Oui, tout à fait. D'ailleurs, c'est le challenge que les industriels, en général, ont face à eux.
03:21C'est bien sûr de continuer à être innovants, de continuer à être un peu performants
03:25ou en avance sur leurs concurrents, mais aussi, effectivement, de produire en masse,
03:30d'être capables aussi de maîtriser leurs coûts, de façon à, justement, passer à l'échelle
03:36vis-à-vis de clients ou d'armées qui ont des besoins de plus en plus urgents
03:40et de plus en plus importants en masse.
03:43– Surtout à l'heure actuelle, au vu des conflits, le théâtre ukrainien,
03:47mais aussi le théâtre au Moyen-Orient, même s'il n'y a pas d'aspect terrestre, bien évidemment.
03:51– Oui, encore que, vu des belligérants, il y a quand même des dimensions terrestres.
03:56Mais je crois aussi que, en fait, cette prise de conscience mondiale,
04:01mais en particulier européenne, de la nécessité de réarmer,
04:04ou en tout cas de se rééquiper en défense face à des menaces qui sont diverses,
04:09je pense que cette prise de conscience, elle est bien là,
04:11et je pense qu'on le ressent d'ailleurs en parcourant les allées d'Eurosatori cette année,
04:17la montée en puissance, elle est là, elle est visible, elle est très claire.
04:23– On le voit sur certains pavillons des nations,
04:25on a vu le pavillon notamment ukrainien qui est impressionnant,
04:28avec de nombreux acteurs tout autour qui ornent justement ce pavillon,
04:34on voit aussi des pavillons saoudiens, émiratis,
04:37il y a de plus en plus de présence étrangère sur ce salon aussi,
04:40vous êtes plus attractif, disons ?
04:42– Alors déjà, c'est un salon dans sa globalité qui se développe,
04:44en nombre d'exposants, donc on est à plus 30% quand même,
04:48depuis la dernière édition de 2024, donc il y a vraiment une croissance très forte,
04:52plus de 2600 exposants, plus de 40 pavillons nationaux étrangers,
05:00donc effectivement 68 pays représentés,
05:03donc vous voyez, c'est quelques chiffres qui vous montrent effectivement
05:07l'internationalisation, mais aussi la croissance de ce type d'événements.
05:11– Et aussi en termes de technologie, parce que le conflit ukrainien,
05:16alors c'est pas nouveau, les drones existaient avant le conflit ukrainien,
05:19mais disons que le conflit ukrainien a quand même accentué l'utilisation du drone,
05:24on le voit aussi par rapport au conflit au Moyen-Orient,
05:26avec les drones et la balistique.
05:29– Clairement, aujourd'hui c'est un vrai changement de paradigme,
05:32on dirait que la dronisation, la robotisation du champ de bataille
05:36est maintenant là et bien là, donc effectivement les capacités doivent s'adapter,
05:42les militaires aussi doivent s'adapter à cette évolution,
05:45c'est vraiment comme on dit un game changer, clairement sur le champ de bataille,
05:49donc dronisation, mais aussi la cyber, la cyber-guerre,
05:54et donc en face la cyber-défense, mais aussi les frappes dans la profondeur,
06:00dans tout ce qui est missiles, munitions rôdeuses,
06:04donc toutes ces nouvelles capacités qui changent la donne,
06:09qui changent la donne et on le voit d'ailleurs à une certaine aussi
06:12équilibrage des forces sur ces champs de bataille,
06:16et vous le voyez en fait dans les allées du salon, tous les industriels,
06:19d'ailleurs quel que soit leur domaine, sont de près ou de loin concernés
06:22par cette dronisation du champ de bataille.
06:24– Alors pour concrétiser ce propos, concrètement vous,
06:28qu'est-ce que vous faites autour du drone chez Arcus ?
06:30– Alors chez Arcus, on est bien sûr des spécialistes du terrestre,
06:33donc pour l'instant on n'a pas franchi le pas de faire des choses qui volent,
06:36mais en revanche sur le terrestre, donc il y a de plus en plus d'initiatives
06:40pour des robots, de la robotisation terrestre, effectivement vous l'avez aperçu aussi
06:44sur le stand ukrainien, mais effectivement nous on propose des systèmes robotisés
06:50à roues qui permettent d'aider le combattant, aussi bien dans des activités de combat,
06:59mais aussi de logistique, des activités d'évacuation sanitaire,
07:02pour éviter d'exposer des hommes inutilement à ces opérations.
07:06– Désenvoyer plutôt les robots ? – Exactement.
07:08– À la limite de l'autonomie ou ?
07:10– Alors aujourd'hui ils sont téléopérés, de plus en plus autonomes,
07:13ils ne sont pas encore totalement autonomes, pour être honnête, sur le terrestre,
07:17d'ailleurs de façon générale, mais ça suffit en fait de téléopérer un système
07:21pour aller, par exemple déminer, pour aller acheminer des marchandises
07:27ou des munitions sur la ligne de front, voilà, donc pour l'instant j'allais dire
07:31la recherche va très très vite, les cycles d'innovation sont de plus en plus rapides,
07:37donc je pense d'ici quelques années on aura certainement des systèmes totalement autonomes.
07:41– Et les cycles sont plus rapides parce que les industriels peuvent compter aussi
07:45sur des PME, des start-up, des TPE par rapport à leur flexibilité
07:48qui vous apportent justement cette rapidité ?
07:51– C'est vrai, alors c'est une combinaison, c'est-à-dire à la fois l'urgence sur le
07:54champ de bataille,
07:55je pense que c'est ça le premier facteur qui oblige en fait à être extrêmement réactif,
08:00mais comme vous le dites justement, aussi c'est tout un écosystème de start-up de PME
08:05qui sont certainement peut-être plus agiles, en tout cas qui proposent des solutions
08:08et donc chargent à cet écosystème en fait de fonctionner entre les grands groupes,
08:13les PME, les start-up. D'ailleurs c'est ce qu'on essaye d'organiser, de faciliter au J4.
08:18– C'est là où vous me voyez venir, monsieur Levaché, justement le J4,
08:23ça rassemble 80% de PME sur 500 membres, c'est ça ?
08:27– On a plus de 500 membres, dont 80% de PME et de start-up,
08:31donc le reste de TI et de grands groupes.
08:33Mais effectivement, il y a un tissu dans ces entreprises françaises,
08:37donc c'est uniquement d'entreprises françaises,
08:39qui est bouillonnant, foisonnant, très intéressant,
08:43avec aussi des aspects de dualité, c'est-à-dire des start-up qui développent
08:47des idées, des produits, des services pour le monde civil ou pour les marchés généraux
08:52et puis qui regardent en fait des applications défense.
08:55Donc le J4 les accompagne pour finalement les aider à pénétrer
08:58ou à s'acclimater avec les spécificités des marchés de défense.
09:02– Et peut-être que certaines PME ne sont pas membres du J4 encore,
09:05parce qu'elles sont uniquement dans le civil,
09:07mais il y a ce phénomène aussi, il y a certaines PME qui ne sont pas au courant
09:11que leur technologie peut servir à la défense.
09:13– Oui, oui, tout à fait, c'est évolutif.
09:15Alors nous, on n'a pas forcément vocation à attirer tout le monde,
09:19mais vous avez raison, c'est très évolutif.
09:22Il y a, bon déjà, il faut de l'impétence pour ce genre de produit,
09:26mais aussi, ce n'est pas forcément facile pour une très petite structure
09:30de se familiariser avec les processus des marchés publics,
09:35des marchés de défense qui ont un cycle propre, parfois complexe, parfois long.
09:40Donc voilà, il faut qu'on arrive, nous, en J4, à les accompagner, à les coacher.
09:44C'est ce que nous faisons d'ailleurs au travers d'un accélérateur,
09:48par exemple, de start-up qui s'appelle Generate,
09:49et donc on accompagne, on coach des start-up pour leur mettre le pied à l'étrier dans la défense.
09:55– Alors ça, c'est pour les start-up, il y a certaines PME qui sont touchées aussi
09:58par la montée en cadence.
10:00Et parfois, c'est compliqué de s'aligner sur les commandes, la hausse de cette cadence,
10:05notamment parce qu'elles n'ont pas forcément les moyens techniques, des machines,
10:09et il faut investir, et elles n'ont pas forcément les financements
10:11pour faire ces investissements.
10:12Comment vous les accompagnez ?
10:14– Alors, tout à fait.
10:14Donc là, je pense que c'est propre à l'ensemble de l'industrie,
10:18en particulier des petites entreprises,
10:20parfois d'avoir affaire à des crises de croissance
10:23ou des difficultés pour passer au stade supérieur.
10:27Mais effectivement, il y a plusieurs aspects.
10:30D'abord, on les aide en termes de concepts, de réflexion, de compréhension du marché.
10:36On les aide aussi pour accéder au financement.
10:38Donc ça, c'est un aspect très important.
10:40Il y a quelques années, les banques, les fonds étaient un peu réticents vis-à-vis de la défense.
10:45On a beaucoup travaillé.
10:46Maintenant, je pense qu'il y a une prise de conscience
10:48sur le fait que l'industrie de défense est absolument nécessaire et indispensable pour le pays.
10:54Donc les fonds et les banques sont revenus.
10:56Et on arrive maintenant à établir beaucoup plus de relations.
11:00D'ailleurs, sur ce salon, Eurosatory,
11:01il y a une section qui est réservée à des fonds et des banques
11:07qui maintenant exposent carrément
11:08et donc pour être en contact avec le secteur de la défense.
11:11Donc qui est redevenu, je pense, fréquentable
11:13et aussi attractif en termes d'un bon investissement.
11:17C'est pour une mise en relation ?
11:19Il y a certains fonds qui viennent identifier des potentielles opérations ?
11:23Oui, certainement.
11:23De façon générale, un salon comme ça, c'est un lieu d'exposition,
11:27mais aussi de rencontre, de contact, de partenariat.
11:29Donc évidemment, il y a des PME qui n'ont pas forcément des contacts réguliers avec des fonds.
11:34Là, c'est l'occasion de venir les voir et vice-versa.
11:37Donc effectivement, on essaye de faciliter ou de rendre possibles ces contacts.
11:42Autre sujet, ça ne concerne pas uniquement les PME,
11:44mais c'est aussi les grands groupes, c'est le sujet de ressources humaines.
11:48Le recrutement, il y a des besoins considérables aujourd'hui dans le secteur de la défense.
11:52Clairement, donc l'ensemble du secteur, c'est 250 000 emplois.
11:55On estime à peu près 70 000 d'emplois supplémentaires qui devraient être créés dans les 4-5 ans qui
12:01viennent.
12:01Sur le terrestre seulement, donc c'est 15 000 emplois qui sont à pourvoir.
12:06Donc effectivement, cette année, d'ailleurs, on fait un effort particulier,
12:09là aussi pour essayer de rapprocher des candidats, d'ailleurs de tous niveaux, de tous âges,
12:16et de les rapprocher avec les entreprises qui recrutent.
12:18Donc nous, on a effectivement un besoin important.
12:21Bon, je pense que si l'industrie est redevenue ou devenue beaucoup plus attractive qu'elle a été à un
12:27moment,
12:27d'abord parce qu'il y a beaucoup de projets, beaucoup de nouveautés, beaucoup d'innovations,
12:31et aussi parce qu'on embauche, on offre des emplois qui sont non délocalisables, d'une certaine façon,
12:37puisque c'est des emplois qui doivent rester vraiment sur le territoire national.
12:41Donc voilà, c'est une filière qui est, je pense, très intéressante pour les candidats,
12:45quel que soit, encore une fois, leur niveau de formation, leur âge, leur sexe, etc.
12:50Il y en a vraiment pour tout le monde.
12:51Et il y a des événements qui sont organisés par la G4 ?
12:54Oui, merci de Tente de la Perche.
12:56On a ce qu'on appelle la Tente des métiers, c'est-à-dire, et ça va être d'ailleurs
12:59cette année encore une année record pour ça.
13:01Donc jeudi et vendredi, on reçoit sur plus de 350 mètres carrés,
13:06donc il y a une centaine d'entreprises qui viennent rencontrer les candidats,
13:11dans une sorte de job dating, comme vous dites.
13:13Et donc ça va se passer sur deux jours, jeudi et vendredi de cette semaine.
13:17Mise en relation avec des industriels de la défense aéroterrestre
13:21qui ont des besoins pour justement faire face à cette hausse des cadences.
13:25Merci beaucoup Emmanuel Levaché.
13:27Merci d'être passé sur le plateau de Bsmart Fortune.
13:29Je le rappelle, vous êtes le président du G4
13:31qui organise le salon Eurosatory 2026, mais les autres éditions aussi.
13:37Et puis vous êtes aussi directeur général d'Arcus.
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