Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Lundi 15 juin 2026, retrouvez Thomas Bruno (délégué général, Cleantech Open France), Marine Olacia (fondatrice, SAO Textile), Romain Chayot (Cofondateur, Standing Ovation), Katia Tardy (co-fondatrice, Handi-Gaspi) et Alain Di Crescenzo (président, CCI France) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Générique
00:02Générique
00:03Générique
00:04Générique
00:06Générique
00:07Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:12Et voici notre sommaire du jour.
00:15C'est Alain Di Crescenzo, le président de CCI France, qui sera l'invité du grand entretien.
00:19Tout à l'heure, 26 minutes pour découvrir ce réseau des chambres de commerce
00:23avant la grande assemblée des entrepreneurs de la CPME, dont CCI France est partenaire, le 25 juin.
00:28Mais d'abord, je reçois Romain Chaillot, qui est le cofondateur de Standleague Ovation,
00:32startup française spécialisée dans la production de caséine.
00:36C'est une alternative au lait qui intéresse, notamment le groupe Bell.
00:40Dans notre débat, on dévoilera les résultats du baromètre CleanTech Open France.
00:44On verra comment accélérer le développement de ces technologies propres,
00:46en prenant l'exemple de SouthEx Time, qui transforme les filets de pêche usagés en fibres textiles.
00:53Et puis, dans notre rubrique startup, je vous présenterai Andy Gaspi.
00:56C'est une biscuiterie qui lutte contre le gaspillage alimentaire
01:00et favorise l'insertion des handicapés.
01:03Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:11L'invité de ce Smart Impact, c'est Romain Chaillot.
01:14Bonjour.
01:14Bonjour.
01:15Vous êtes le cofondateur de Standleague Ovation, créé en 2020.
01:18Vous étiez déjà venu nous en parler dans Smart Impact il y a deux ans.
01:23Mais on va quand même rappeler à nos téléspectateurs, nos téléspectatrices de quoi on parle.
01:26C'est de la caséine de lait.
01:27De quoi on parle ?
01:28Exactement.
01:29La caséine, c'est la principale protéine du lait.
01:31C'est 80% des protéines du lait.
01:33Normalement, c'est une protéine que tout le monde aime.
01:34C'est celle qui permet à une mozzarella de filet, à un yaourt d'être bien onctueux,
01:37ou à un lait d'être bien moussant.
01:38Moi, j'adore ça.
01:40Et je ne suis pas le seul.
01:41Sauf que nous, on la fabrique, on la produit par fermentation dite de précision.
01:45C'est-à-dire qu'on utilise des bactéries, des levures, des champignons,
01:48là où normalement on utilise, où on passe par la vache.
01:51On le fabrique dans des gros citernes.
01:53C'est de la fermentation comme tout le monde connaît,
01:54sauf qu'on fait une protéine un peu atypique.
01:56Comment est née l'idée ?
01:58On voit bien l'intérêt.
02:00On va le développer, l'alternative que ça peut représenter.
02:03L'industrie agroalimentaire, vous nous en parlerez, qui est intéressée.
02:06Mais comment est née l'idée ?
02:07À l'origine, on voulait, avec mon équipe, produire de façon décarbonée une protéine,
02:13mais pas faire quelque chose qui se substitue, pas quelque chose qui ressemble,
02:17mais vraiment 100% identique.
02:19Donc aujourd'hui, la protéine que nous produisons, c'est la protéine de vache,
02:22100% identique à la protéine d'origine animale,
02:26sauf qu'on passe par des petites bactéries ou des levures qui se multiplient extrêmement vite.
02:30Et comment vous mesurez l'impact environnemental de cette gazéine par rapport au lait traditionnel ?
02:36C'est un sujet qui est très sérieux.
02:38Et d'ailleurs, je pense qu'on aurait tout intérêt à ce que ce soit des technologies qui se développent.
02:43Nous, on a réalisé ce qu'on appelle une analyse de cycle de vie.
02:46C'est un terme un peu sérieux pour dire qu'on regarde tout ce qui est nécessaire pour produire un
02:51kilo de caséine
02:52et on compare à la même chose pour un kilo de cette même protéine d'origine animale.
02:56Ce n'est pas nous qui l'avons fait, c'est un organisme extérieur.
02:59Et d'ailleurs, cette étude, elle a été isocertifiée.
03:01C'est la première fois au monde où on a cette étude-là.
03:03Et elle démontre comme ça une réduction de 70%, par exemple, de gaz à effet de serre en moins.
03:08C'est massif.
03:09Nos partenaires industriels, nos partenaires commerciaux, ils viennent chercher cette protéine aussi pour ça.
03:14Alors justement, quand vous étiez venu il y a deux ans, je crois que vous avez déjà le groupe Bell
03:19qui était derrière vous.
03:21D'où ça a encore grandi, cette confiance, on va dire, des industriels ?
03:25Exactement.
03:26On vient d'annoncer une levée de fonds, une levée de fonds de série B de 30 millions.
03:30Donc dans le contexte actuel, c'est une belle levée de fonds.
03:32Ça veut dire que même si l'environnement est un peu changeant, mouvant autour de nous,
03:36on a confiance en l'avenir, on a confiance en cette technologie.
03:39On sait de toute façon que c'est un outil pour assurer la souveraineté alimentaire.
03:42Et dans le contexte actuel, parler de souveraineté alimentaire, c'est important.
03:45Et donc lors de cette levée de fonds, nous avons toujours le groupe Bell qui a réinvesti.
03:50On a aussi la BPI.
03:52La BPI, c'est un acteur puissant en France, en Europe, dans le monde.
03:55On a Crédit Mutuel et aussi on a le groupe Danone Venture.
03:58Donc c'est intéressant de montrer que deux acteurs comme ça, industriels, Bell et Danone,
04:03peuvent cohabiter au sein d'un même comité de direction, au sein d'un même board,
04:08pour mettre le focus sur une pépite.
04:13Comment elles intègrent votre production dans leur production ?
04:18C'est-à-dire, vous nous avez dit, c'est identique.
04:20Donc elles n'ont rien à changer ?
04:21Il n'y a pas grand-chose.
04:22En effet, si vous prenez un sac de 25 kg de protéines de lait d'origine animale,
04:27vous avez le même sac de 25 kg de protéines obtenues par fermentation de Standing Ovation.
04:31Sous quelle forme d'ailleurs ?
04:32C'est de la poudre ?
04:33Vous savez, c'est un peu comme un lait pour bébé, c'est de la poudre blanche.
04:36Vous la resuspendez dans l'eau, ça donne une solution qui ressemble à du lait.
04:40Si vous voulez faire un fromage, vous devez la faire cailler avec les mêmes processus, procédés laitiers classiques.
04:46Si vous voulez faire un lait moussant, il va falloir foisonner.
04:48Si vous voulez faire une glace, elles sont délicieuses.
04:49Bref, vous ne voyez pas de différence parce que c'est la même protéine que la nid.
04:53Il y a zéro différence ou quelques petites différences ?
04:56Alors, on peut faire exactement la même, et c'est aujourd'hui ce que nous proposons d'ailleurs à nos
05:00clients.
05:01Par contre, on a aussi la possibilité d'étendre un peu le champ des possibles.
05:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si vous voulez avoir une protéine issue d'un autre mammifère,
05:12un chameau, un yak, une brebis, une bufflone, on le fabrique également.
05:18On peut aussi aller sur des produits qui peuvent avoir une hypoallergénicité plus marquée.
05:24Donc, vous voyez, on vient aussi nous solliciter, pas uniquement pour faire un babybel ou un velouté,
05:28mais aussi pour avoir des produits encore peut-être un peu mieux pour la santé, hypoallergéniques,
05:33pour certains enfants, par exemple, qui pourraient avoir des intolérances ou des allergies.
05:36Et pour ces producteurs, ça veut dire que c'est du lait ?
05:41C'est-à-dire que, vous voyez ce que je veux dire, ils vendent un produit qui est le même
05:44produit,
05:44ou alors il faut informer le consommateur que ça n'a pas été produit par une vache ?
05:49Tout à fait. L'idée, c'est vraiment d'être transparent.
05:51Il faut que le consommateur puisse savoir en toute transparence de quoi on parle.
05:55Donc, c'est exactement la même protéine.
05:57Par contre, la solution, le liquide que nous produisons ne s'appellera jamais du lait.
06:02Il faut que ça soit bien clair.
06:03Le lait, c'est une substance extrêmement nutritive qui sort du pied d'une vache, d'un mammifère.
06:10Dans notre cas de figure, nous fabriquons, nous produisons la protéine par fermentation,
06:13mais on ne l'appelle pas du lait, on parle de caséine.
06:16Donc, sur le produit fini, il sera bien indiqué caséine ou protéine obtenue par fermentation.
06:22Il faut savoir que c'est...
06:23C'est la réglementation en Europe, c'est pareil aux Etats-Unis.
06:26Oui, d'ailleurs, on commence à commercialiser aux Etats-Unis dès 2026.
06:30Donc, ça, c'est aussi une belle annonce que je voulais partager avec vous.
06:32Le point, c'est vraiment que le consommateur doit connaître.
06:36Et en plus, cette technologie-là de fermentation de précision, vous l'avez déjà dans votre assiette.
06:39Ce n'est pas quelque chose de nouveau, ce n'est pas de la culture cellulaire.
06:42Un fromage, aujourd'hui, lorsqu'il faut le faire cahier, on utilise déjà des protéines pour faire cahier
06:47qui sont obtenues par fermentation de précision.
06:48Donc, il n'y a pas grand-chose de nouveau sur la technologie.
06:51Est-ce qu'il y a des enjeux d'autorisation de commercialisation systématique ?
06:55C'est-à-dire que vous arrivez dans un nouveau pied, un nouveau marché, il faut une autorisation, j'imagine.
06:58Tout à fait. Ce type de protéines nécessite un chemin réglementaire qui est extrêmement bien balisé.
07:06Et d'ailleurs, je trouve que c'est judicieux parce que comme ça, ça permet d'avoir beaucoup de transparence
07:11et de sécurité.
07:12Nous avons déjà obtenu les autorisations réglementaires pour les États-Unis.
07:15C'est pour ça que la commercialisation a débuté.
07:18Pour l'Europe, ça met un peu plus de temps d'une façon générale, même si le dossier est strictement
07:22identique.
07:23Et donc, les autorisations arriveront un peu plus tard.
07:26Ça veut dire que pour l'instant, en France, vous ne commercialisez pas encore ?
07:30Tout à fait. On vend nos produits, nos protéines pour que les industriels développent.
07:35Mais le produit fini de l'industriel ne se retrouve pas encore sur le marché européen.
07:39Par contre, il va se retrouver dès cette année sur le marché américain.
07:42Comment vous l'expliquez, ça ?
07:45On est plus exigeant ? On a une administration plus tatillonne ?
07:49Non, c'est un processus qui est un peu plus long.
07:51C'est-à-dire que là où, par exemple, les États-Unis demandent trois lots réglementaires, l'Europe en demande
07:56cinq.
07:57Là où les États-Unis s'engagent à couvrir ce programme-là en un peu moins d'un an, les
08:03Européens vont prendre deux ans.
08:05C'est juste un processus qui est un peu plus long.
08:07Mais encore une fois, du moment que les règles sont communes à tout le monde, moi, ça me convient bien.
08:12Ça veut dire que vous n'avez pas encore été confronté indirectement, on l'a bien compris, vous vendez à
08:17des industriels, aux consommateurs.
08:19Est-ce que vous avez testé sa réaction ?
08:21Tout à fait, oui. C'est un point important.
08:23D'ailleurs, on avait commencé à l'époque pendant le Covid.
08:26Alors, on profitait des longues files qu'il y avait devant les supermarchés.
08:30Et puis, on allait comme ça tester le concept.
08:32Maintenant, on va plus loin, puisque comme on a les autorisations, on peut aussi tester le concept, mais aux États
08:36-Unis en dégustant.
08:37Alors, les retours sont très intéressants.
08:40D'une façon générale, la jeune génération, elle plébiscite ce genre de produit parce qu'on a le même goût.
08:47On a les mêmes bienfaits au niveau santé, les acides aminés, la digestibilité, l'apport en calcium.
08:52Et l'impact environnemental, vous l'avez compris, il a fondu.
08:57Les populations plus vieillissantes, on va dire, elles, elles s'interrogent et elles demandent toujours comment ça se comporte par
09:03rapport à l'industrie de l'animal, par rapport à l'élevage.
09:06Et donc, c'est un point qui est important.
09:08Moi, je suis ingénieur agronome de formation et docteur en microbiologie.
09:12Mon intérêt est de travailler main dans la main avec les éleveurs et ne pas se substituer à l'éleveur.
09:18Vous jugez que vous êtes complémentaire des éleveurs ?
09:21Tout à fait. Alors, on a essayé de mettre d'ailleurs les actes en face de ces mots parce que
09:24c'est bien beau de dire, on nous sommes complémentaires.
09:26Et donc, on est allé un cran plus loin. Et d'ailleurs, je crois que nous sommes les seuls à
09:29le faire au niveau mondial.
09:31On est allé voir nos éleveurs, l'industriel laitier, les coopératives et on leur a demandé quels étaient les produits
09:36qu'ils ne valorisaient pas.
09:38Il y a un produit qui ressort en tête de liste. C'est ce qu'ils appellent le sérum acide.
09:42C'est un peu technique. Lorsque vous faites cahier du lait, vous avez un jus qui coule, c'est le
09:46petit lait.
09:47Ce petit lait, vous pouvez récupérer des protéines pour le marché des sportifs, la fameuse ouai.
09:52Et ensuite, il reste un jus, un jus un peu jaunâtre qui est chargé en acide.
09:56C'est un jus qui est assez mal valorisé. Nous, on le rachète.
10:00On le rachète et ce substrat-là, on le transforme en protéines. On transforme le plomb en or.
10:05Et donc, en fait, on travaille comme ça, main dans la main avec l'industrie agroalimentaire française, en l'occurrence,
10:10et puis internationale. On leur dit, on vous achète quelque chose que vous ne valorisez pas
10:14et on remet dans le système des protéines à haute valeur ajoutée.
10:17C'est une économie circulaire qui fonctionne à plein régime.
10:20Cette question de complémentarité avec les agriculteurs et les éleveurs,
10:24elle est d'autant plus importante qu'on sait, c'est l'INSEE qui nous donne ces chiffres,
10:28que d'ici 10 ans, un agriculteur sur deux sera parti à la retraite.
10:31J'imagine que ça concerne à peu près dans les mêmes proportions les éleveurs de vaches lectières.
10:36Donc, on est face à un enjeu de souveraineté, ce que vous avez employé le mot déjà.
10:39Tout à fait. Si l'État français nous aide, si la BPI investit, si le Crédit Mutuel,
10:45si les acteurs qui font de l'impact comme Astanor investissent chez nous,
10:49c'est parce que, aussi, nous mettons en place cette économie circulaire et nous assurons la souveraineté.
10:53Il y a un déficit croissant de protéines dans le monde.
10:56On parle de plus de 50 millions de tonnes.
10:59Donc, il faut travailler main dans la main avec les industriels qui existent déjà,
11:02avec les éleveurs, pour valoriser le produit de l'élevage, le produit de nos terres,
11:05mais pour le valoriser, pour refaire de la protéine à partir de produits, encore une fois,
11:10qui n'étaient peut-être pas très bien valorisés.
11:11Donc, c'est notre travail, c'est notre mission.
11:13On le fait en faisant de la protéine qui est bonne, qui est bonne pour la planète parce que décarbonée.
11:19Et puis, en plus, encore une fois, on remet un peu d'argent dans le système pour l'élevage.
11:22Notamment, en ce moment, on parle beaucoup du pouvoir d'achat des éleveurs.
11:25C'est quelque chose de significatif.
11:27Question de, j'allais dire gastronomique, de gourmand.
11:32Si je goûte, je ne sais pas, un camembert ou un comté fait avec votre caséine ou avec du lait
11:37de vache,
11:37je vois la différence ?
11:38Alors, c'est l'objectif de ne voir aucune différence.
11:41Aujourd'hui, il y a déjà des produits qui sortent soit de nos laboratoires, nos petites cuisines,
11:48soit directement des cuisines de nos industriels,
11:50où, en ce qui me concerne, je ne vois aucune différence.
11:52Et on l'a fait partager comme ça à des gens qui ont des papilles plus aguerries que les miennes,
11:56et on n'en voit pas.
11:57Il y en a d'autres où on a encore un cran,
12:00parce qu'il y a certains produits qui sont plus difficiles que d'autres.
12:03Donc, c'est tout le travail que nous sommes en train de faire.
12:05Donc, on parle de glace, on parle de fromage, on parle de yaourt, on parle de lait moussant.
12:09Et donc, ce sont ces produits-là qui sortiront prochainement sur le marché,
12:13d'abord américain, et puis très vite, Europe, Asie.
12:16Merci beaucoup, Romain Chaillot.
12:18A bientôt sur Bsmart for Change.
12:20J'en passe à notre débat, gros plan sur les startups de la clean tech, les technologies propres.
12:31C'est le débat de ce Smart Impact.
12:33On dévoile les résultats du baromètre Clean Tech Open France avec Thomas Bruno.
12:37Bonjour.
12:38Bienvenue, vous êtes le délégué général de Clean Tech Open France,
12:41et Marine Olassia, bonjour.
12:42Bonjour.
12:43Bienvenue, vous êtes la fondatrice de SAO Textile.
12:46Publié fin mai, ce baromètre.
12:49Déjà, de quoi on parle ?
12:50C'est quoi une clean tech française ?
12:54Oui, alors ça va dépendre des définitions qu'on peut trouver.
12:56Globalement, on va rester sur les clean tech, green tech, éco-solutions.
13:00On va dire que c'est la même chose.
13:01Ce sont des entrepreneurs qui développent des solutions pour l'environnement, autant au niveau carbone que biodiversité.
13:08Donc c'est de la technologie propre, si je parle en bon français.
13:12C'est quoi le profil type, justement, d'une startup de ce secteur ?
13:16Alors, le baromètre, on l'a fait justement sur notre écosystème Clean Tech Open France.
13:20Juste peut-être en un point, on existe depuis 2010.
13:22On va avoir vraiment tout type de maturité d'entreprise dans notre écosystème.
13:26Des plus jeunes, avec notre concours annuel, jusqu'à du Blablacar, par exemple, qui est passé par chez nous en
13:312010.
13:32Elle touche vraiment toutes les filières industrielles et économiques,
13:34que ce soit sur la préservation de l'environnement, que ce soit sur la biodiversité,
13:39en passant par le bâtiment, la construction, les énergies renouvelables, la chimie ou autre.
13:45Tous mes invités sur Smart Impact.
13:47Exactement.
13:48On pourrait faire de nombreuses choses.
13:50Ce n'est pas un hasard si vous êtes là.
13:52Et donc, SAO Textile, ravi de vous rencontrer.
13:55Vous avez créé en 2023, c'est quoi SAO Textile ?
13:57SAO, c'est une entreprise en mission qui collecte et transforme des filets de pêche en fin de vie
14:01en fibres de polyamide recyclé pour l'industrie de la mode et du textile.
14:05Ok, donc l'idée de départ, comment elle vous vient ?
14:08Moi, je suis toujours fasciné par ça.
14:09L'idée de départ, c'est que moi, j'ai travaillé pendant 15 ans dans la mode.
14:11C'était mon rêve d'enfant.
14:12Et lors de mon premier voyage au Bangladesh, je me suis dit que je ne pouvais plus fermer les yeux
14:16sur cette façon de créer et de produire la mode.
14:17Donc, je me suis engagée pour une association environnementale, pour la préservation des mers et des océans.
14:22Et c'est comme ça que j'ai voulu créer du lien entre l'impact environnemental et mon métier de
14:26cœur.
14:27Alors, si on regarde un peu ce baromètre, j'ai juste regardé le chiffre d'affaires moyen
14:32qui est en train de progresser année après année.
14:342024, on a un chiffre d'affaires moyen autour du million d'euros, 1,4 million d'euros.
14:422025, 1,1 million d'euros et prévision pour cette année, presque 2 millions.
14:46Donc, on est quoi ? On est dans une accélération un peu constante ?
14:50Une accélération de l'accélération ? Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
14:52Oui, alors, on va dire que le secteur de la clean tech reste quand même, se porte bien,
14:56malgré le contexte qu'on peut connaître au niveau géopolitique, économique,
14:59et avec quand même beaucoup de défis sur le financement.
15:02Pour dire un petit peu plus sur le chiffre d'affaires,
15:05donc oui, il est en augmentation par rapport aux années précédentes,
15:08mais avec un point d'intention, puisque l'année dernière,
15:12il n'y avait que 6% des entreprises qui voulaient dépasser ce chiffre d'affaires,
15:16et aujourd'hui, il y en a quand même 18% qui n'ont pas encore de chiffre d'affaires
15:19cette année.
15:19Et à voir aussi qu'il y a à peu près 50% des clean tech qui ont un chiffre
15:24d'affaires inférieur à 250 000 euros,
15:26et que 3% qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros.
15:29Donc ça reste quand même à relativiser.
15:33Avec des levées de fonds qui sont plus difficiles en ce moment ?
15:35Alors oui, les levées de fonds chez les startups, c'est vraiment une partie inhérente de leur activité,
15:40mais c'est vrai que le contexte se resserre de plus en plus,
15:42et donc elles ont vraiment un besoin de financement,
15:45que ce soit dilutif ou non dilutif, auprès de l'ensemble des acteurs financiers.
15:49Et il y a beaucoup d'entreprises l'année dernière qui justement sont parties en cessation, en liquidation,
15:55parce qu'elles n'ont pas trouvé leur marché, elles n'ont pas réussi à trouver des financements.
15:58Donc un peu plus que les années précédentes, mais le secteur de la clean tech reste en stagnation
16:04par rapport à d'autres filières plus anciennes, là où c'est un peu plus compliqué.
16:08Et alors, où en êtes-vous Marie-Nalacia pour Sao Textile ?
16:11Donc on est 3 ans à peu près après la création de l'entreprise.
16:14Vous avez votre marché, vous avez vos clients, vous en êtes où ?
16:17Alors nous, on a mis 3 ans de R&D.
16:18Aujourd'hui, il n'existe aucune filière en France de collecte et de valorisation de ce déchet.
16:22Donc il a fallu un peu structurer ça.
16:243 ans de R&D, donc on a validé notre POC industriel à la fin de l'année 2025.
16:29Et là justement, on est en train de chercher notre marché.
16:31On est en relation tous les jours avec des clients, qu'ils soient industriels ou modes ou sports.
16:36Et cette année, le but, c'est de transformer l'essai, donc de passer, on va dire, de l'essai
16:40technique à l'entrée au marché.
16:42Donc la preuve de conseil a été faite.
16:45Est-ce que quand vous lancez Sao Textile, vous nous disiez tout à l'heure, vous connaissez ce secteur, vous
16:50y avez travaillé,
16:51vous savez qu'il y a une demande de la part de l'industrie de la mode, du vêtement,
16:57pour justement des fibres liées à l'économie circulaire en toute sorte ?
17:02Oui, tout à fait, parce qu'en fait, aujourd'hui, avec la loi AGEC,
17:04on nous impose en fait avoir une traçabilité sur toute notre chaîne de valeur
17:07et avoir des matières recyclées dans le développement de nos collections.
17:10Donc il y a une demande du marché, il y a une demande aussi des réglementations.
17:14Donc la place est à prendre, mais il faut rentrer dans le marché,
17:17parce que ce qui nous différencie de nos concurrents, c'est que toute notre chaîne de valeur
17:20et toute notre production est faite en France.
17:23Vraiment, chez Sao, on prend de la souveraineté et on prend de la relocalisation.
17:27Avec, oui, et avec une difficulté, ce que vous disiez, c'est que vous avez créé la filière en quelque
17:31sorte,
17:32c'est-à-dire que qu'est-ce qui devenait les filets de pêche usagée ?
17:34Malheureusement, aujourd'hui, les filets, ils sont envoyés en déchetterie ou en incinération.
17:38Il n'y a pas de valorisation concrète ou circulaire.
17:40Donc le but, c'était d'aller discuter avec les pêcheurs, les ports, et essayer de trouver une solution ensemble.
17:45C'est souvent le cas des créateurs d'entreprises, technologies propres de clean tech,
17:50c'est-à-dire qu'ils doivent quasiment, il y a le côté Shiva qu'on voit chez beaucoup d
17:55'entrepreneurs,
17:56mais ils doivent aussi créer des filières, souvent, parce qu'ils sont à ce point innovants ?
18:00Oui, alors ça peut être le cas.
18:02Et justement, cette innovation est disruptive, notamment dans les clean tech.
18:05On le voit beaucoup, pour prendre une expression d'une de nos start-up avec qui j'ai échangé dernièrement,
18:11quand on parle de réglementation ou de dossier administratif, ils doivent cocher des cases carrées avec des ronds.
18:17Et donc, il faut vraiment accompagner les entrepreneurs, les dirigeants et les dirigeantes à impact.
18:25Ils ne rentrent pas dans les cases de l'administration, on va dire ça comme ça.
18:27Exactement, et encore plus dans ces innovations disruptives.
18:30Oui, effectivement. Est-ce que le marché français, ou, allez, on va aller dire, européen,
18:35est quand même plus mature pour accueillir ces start-up de la clean tech que d'autres ?
18:40Ou alors, au contraire, il est moins mature ?
18:41Par rapport à l'international ?
18:42Oui.
18:43Alors, c'est vrai qu'il y a vraiment des enjeux de souveraineté en France et à l'Europe,
18:47face à la Chine ou aux États-Unis, qui mettent des moyens colossaux dans ces innovations.
18:53Je pense qu'on a quand même, en France et à l'Europe en termes général,
18:57beaucoup d'innovations et beaucoup d'acteurs qui peuvent accompagner ces start-up.
19:02Aujourd'hui, il faut, et par rapport au contexte qu'on peut voir,
19:06je pense essayer de simplifier cet aspect réglementation pour justement ne pas mettre sous l'eau les entrepreneurs.
19:12Et puis avoir un peu plus de financement comparé aux États-Unis ou en Chine,
19:17où là, il y a un peu moins de problèmes, pour éviter justement que ces solutions partent à l'international
19:21et les garder sur le territoire.
19:23Vous avez un peu de mal à faire rentrer des carrés dans des ronds aussi ?
19:26Oui, surtout que nous, on fait de l'économie circulaire, mais on est en boucle ouverte.
19:30C'est-à-dire qu'on va dans un déchet marin et on va vers l'industrie textile.
19:33Donc, c'est vrai que nous, on est plutôt ronds, carrés.
19:36Avec quels défis à relever ? Qu'est-ce qu'ils vous demandent, même si on a bien compris que
19:40vous êtes dans la phase de finalisation avec les clients,
19:46mais qu'est-ce qu'ils vous demandent ? Ils vous demandent quels critères il faut remplir, en fait ?
19:51Alors, ils sont hyper sensibles à l'engagement de SAO, donc à l'impact marin, etc.
19:56Oui, ils vont améliorer leur propre bilan environnemental, très bien.
19:59Enfin, la souveraineté, donc créer de l'emploi sur le territoire, etc. L'enjeu majeur, c'est le prix.
20:03Ça reste le prix parce qu'en gros, on veut du recycler, mais on veut être aligné au prix du
20:07marché asiatique.
20:08Ce qu'aujourd'hui n'est pas trop possible puisqu'on crée une filière de A à Z et on
20:12a les coûts qui sont complètement différents.
20:14Donc, on pourra optimiser. Le but, c'est d'être vraiment compétitif, mais ce n'est pas de fermer la
20:19porte au marché français.
20:20Oui, effectivement. On parlait de levée de fonds tout à l'heure. Vous en avez déjà réalisé ? Vous en
20:24préparez une nouvelle ? Vous en êtes où ?
20:26Oui, on a eu la chance d'avoir un business angel qui nous a accompagnés dès le départ de la
20:29création.
20:29Et aujourd'hui, on est en pleine levée justement pour lancer notre modèle, notre industrie et la production.
20:35Donc, on est en pleine levée, oui.
20:36C'est difficile ?
20:37Ce n'est pas simple. C'est challengeant, on va dire.
20:41Oui, mais ça, c'est vrai que la période est particulière.
20:44Est-ce que ce bâclage dont on parle souvent ici, qui est vrai aux États-Unis, qui est vrai en
20:50Europe aussi,
20:51il y a une remise en cause par certains politiques, mais certaines entreprises aussi des enjeux environnementaux, vous, vous le
20:56ressentez ?
20:57Oui, alors on le voit, c'est un chiffre justement qu'on a mis en exergue dans le baromètre,
21:01où 71% des startups se disent impactées par ce contexte politique.
21:07Donc, c'est vraiment une inquiétude.
21:10Nous, on reste quand même optimistes et les entrepreneurs à impact le sont également, mais c'est vrai que c
21:14'est un frein.
21:15Pour revenir sur les financements, 80% des startups ont besoin de financement et 71% ont besoin de lever
21:21d'ici la fin d'année.
21:22Donc, il y a vraiment un enjeu aujourd'hui et je pense qu'on pourra le voir aussi sur 2027
21:26par rapport aux présidentielles.
21:28Je pense que l'écosystème d'innovation sera attentif aux propositions qu'il pourrait y avoir.
21:31Il y a beaucoup de fonds européens à aller chercher pour les entreprises.
21:36Oui, et ça justement, aujourd'hui encore, je pense que de par ces complexités réglementaires
21:42et puis de beaucoup de projets qui existent, les startups peuvent encore aller chercher de ces fonds au niveau européen.
21:51Si je vous rappelle bien, dans la structure de capital des CleanTech,
21:54il n'y a que 4% des startups qui bénéficient de ces fonds européens.
21:58Quand vous créez l'entreprise, vous imaginez cette masse de défis, de difficultés, d'enjeux réglementaires ou pas forcément ?
22:10Non, quand je me lance, j'ai une conviction de faire autrement, de montrer qu'il y a un autre
22:14modèle qui est possible,
22:15que techniquement, on peut le faire en France, mais je ne m'attendais pas à autant d'enjeux, on va
22:20dire.
22:20Oui, ces enjeux européens, c'est-à-dire, par exemple, on vous a informé, vous avez les sources d'informations
22:26pour savoir qu'il y a peut-être de l'argent à aller chercher auprès de tel organisme en France
22:31ou auprès de tel organisme européen ?
22:33Oui, oui.
22:33Ça peut manquer à un créateur.
22:35On est très bien accompagnés, justement, en faisant partie des écosystèmes comme avec CleanTech.
22:39Ça nous permet d'avancer un peu plus en sécurité, d'aller chercher les bons fonds au bon moment.
22:44Et ça, ça peut être le manque d'informations, on va terminer là-dessus, ça peut être un frein exprimé
22:48par les créateurs de ces entreprises ?
22:51Oui, et c'est pour ça, justement, qu'on fait le lien avec les startups.
22:53Nous, notre but, c'est vraiment de faire une veille sur l'ensemble de l'écosystème pour les accélérer.
22:58On travaille avec le ministère, avec les points de contact nationaux pour les programmes Life, Horizon Europe et leur pousser
23:03les solutions.
23:04On travaille aussi avec d'autres acteurs qui aident aux aides et financements régionaux, nationaux, européens.
23:09Et c'est pour ça que les écosystèmes comme CleanTech Open France, mais aussi comme tous les autres écosystèmes,
23:13avec qui on travaille, la French Tech, BPI France, les coques verts, parce que je crois que, Marine, tu fais
23:17partie aussi des coques verts,
23:18il y a vraiment ce besoin d'accompagnement auprès des startups.
23:21Merci beaucoup à tous les deux et bon vent à Sao Textile.
23:25Merci beaucoup.
23:26On vous souhaite le meilleur.
23:27On passe au grand entretien de ce Smart Impact avec Alain Di Crescenzo, le président de CCI France.
23:37C'est un grand entretien exceptionnel que je vous propose aujourd'hui, en amont de la Grande Assemblée des entrepreneurs
23:43de la CPME,
23:44le 25 juin au Parc des Princes, événement dont CCI France est partenaire.
23:49Je suis avec son président Alain Di Crescenzo.
23:51Bonjour.
23:51Bonjour.
23:51Merci de nous accueillir chez vous, dans les locaux de CCI France à Paris.
23:57C'est le réseau des 121 chambres de commerce et de l'industrie françaises.
24:00On verra comment les enjeux de responsabilité sociale, sociétale, environnementale sont intégrés à votre stratégie.
24:06Mais peut-être pour commencer un mot de présentation.
24:09Moi, quand je vois 121 chambres de commerce, je me dis voilà un maillage territorial impressionnant quand même.
24:15C'est l'un des plus efficaces d'une certaine façon.
24:17C'est peut-être l'un des derniers d'ailleurs.
24:20Efficacité, on y travaille depuis un certain nombre d'années.
24:23Les chambres de commerce et d'industrie sont des établissements publics dont la gouvernance est à la main des entrepreneurs.
24:29Élus au suffrage universel des entreprises.
24:31Voilà, ça c'est le principe.
24:34Nous avons bien sûr des collaborateurs qui sont là pour faire les opérations.
24:38On en a 13 600, donc c'est une belle structure.
24:41Et on a 9 000 élus bénévoles.
24:43Et nous avons trois missions.
24:44Une mission qui consiste dans l'accompagnement des entreprises, des porteurs de projets et des territoires.
24:50Je vous donne tout de suite une volumétrie.
24:51L'an dernier, entre porteurs de projets et entreprises, on a accompagné 1 167 000 entreprises slash porteurs de projets.
24:59Donc on est le premier accompagnateur des entreprises définitivement dans ce pays.
25:05La deuxième activité, c'est la formation.
25:07On oublie souvent que nous sommes le premier formateur après l'éducation nationale.
25:10On a formé l'an dernier 525 000 personnes, donc 100 000 personnes dans nos grandes écoles de commerce et
25:17d'ingénieurs.
25:17On a 7 écoles d'ingénieurs.
25:19Et on a formé 140 000 apprentis et 250 000 personnes en formation professionnelle.
25:24C'est des gens qui veulent changer de parcours aussi ?
25:26Pas seulement.
25:27Alors, les grandes écoles, ça peut être ça aussi.
25:29Moi, j'ai mon fils par exemple qui veut changer de parcours et qui va sans doute faire un master
25:32là-dessus.
25:33Mais pas que.
25:34Donc, il y a de la formation initiale, l'apprentissage.
25:36Et après, sur la formation tout au long de la vie, c'est-à-dire la formation professionnelle, c'est
25:40le fait de ne pas être obsolète.
25:43Vous savez, le monde va très vite.
25:45Il y a des nouvelles technologies.
25:46On va sans doute en parler.
25:47On va parler d'IA, oui, forcément.
25:48Et donc, si vous voulez, la seule façon de ne pas être obsolète, c'est de se former.
25:51Et c'est ce qu'on fait de notre côté.
25:53Et la dernière activité, c'est la gestion des infrastructures régionales.
25:56Oui, ce que tout le monde ne soupçonne pas forcément.
25:59Quand on parle d'infrastructures, c'est quoi ?
26:00Des ports ?
26:01Alors, pour être très précis, il y a des centres d'accueil des entreprises, donc où les entreprises peuvent avoir
26:08quelques mètres carrés.
26:09Donc là, c'est à peu près la moitié.
26:10Il y en a 250.
26:12Nous avons 110 ports, à la fois commerciaux, de plaisance, etc.
26:17Nous avons 50 aéroports et après, il y a des centres des concrets pour un total de 580.
26:22Nous sommes le premier gestionnaire en France d'infrastructures régionales.
26:25Alors, elles ont une particularité parce que vous savez que les grosses infrastructures, on les a perdues au profit du
26:31privé.
26:32Et donc, ça ne me gêne pas du tout.
26:33Moi, ce qui m'intéresse, c'est ces petites infrastructures qui font la vie économique des territoires.
26:37Et sans celles-ci, on ne pourrait pas développer les territoires.
26:41Et c'est ça, la première mission des chambres de commerce et de l'industrie, qui sont des établissements publics.
26:45C'est le rayonnement des territoires.
26:47Mais ces infrastructures, est-ce qu'elles sont rentables ou est-ce qu'on les maintient justement pour qu'elles
26:51permettent aux territoires de garder une attractivité économique ?
26:55Alors, donc, elles sont juste rentables.
26:58D'accord.
26:59Mais la rentabilité, c'est une rentabilité seconde que l'on cherche.
27:02Il nous faut une rentabilité primaire.
27:04C'est la rentabilité pour rénover, éviter l'obsolescence, etc. et faire vivre l'infrastructure.
27:09Mais la rentabilité secondaire, qui est la plus importante pour nous, c'est le retour sur l'investissement sur les
27:14territoires.
27:15Il n'existe pas de territoire qui se développe sans infrastructures.
27:17C'est notre métier.
27:18Et donc, on s'est fait cette spécialité d'infrastructures peu rentables.
27:23Donc, économiquement, mais très rentables pour les territoires.
27:26Il y a un mot important, c'est le mot réseau.
27:28Pourquoi il est important ?
27:30Réseau, premièrement.
27:31Alors, ça me touche vraiment, le réseau, parce que c'est un petit peu ma philosophie.
27:35Je parle du principe, si vous voulez, qu'il y a tellement de choses à faire.
27:40Vu la taille du monde et ce que nous représentons, il est illusoire d'imaginer que l'homme seul va
27:45réussir.
27:46Ou l'institution seule va réussir.
27:48Donc, c'est un réseau.
27:49Pourquoi ?
27:49Parce qu'on est là pour démultiplier les efforts, les actions.
27:52Donc, on le fait au sein du réseau des chambres de commerce et de l'industrie.
27:55Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est le réseau des entreprises.
27:57C'est le réseau de l'économie.
27:58Et donc, on voit les challenges qui sont en face de nous.
28:01Donc, on se dit, arrêtons de rêver.
28:03Il faut s'associer.
28:04Il faut prioriser et déployer ensemble avec une grande efficacité d'exécution.
28:08C'est ça, le réseau.
28:09Et le réseau, il est forcément public-privé ?
28:13Parce qu'on a cette image de deux mondes qui ont parfois eu du mal à communiquer entre eux, qui
28:21ne parlaient pas le même langage.
28:23Vous, finalement, vous faites la synthèse entre les deux.
28:26C'est marrant parce qu'il n'y a pas la première fois qu'on me parle de ça.
28:27Mais effectivement, on est une bonne incarnation de l'intégration du public et du privé.
28:32Maintenant, quant à l'idéologie qui consisterait à dire que les deux mondes ne se marient pas, ne peuvent se
28:37marier.
28:38Je crois qu'il faut tout de suite l'oublier.
28:39Il faut regarder l'état des finances publiques de la France et d'autres pays européens, d'ailleurs, voire au
28:43niveau mondial.
28:44Rien ne peut se faire sans le privé.
28:46Et la véritable force et la quintessence de l'économie d'un pays, c'est ce maillage qu'on peut
28:50avoir, c'est ce lien qu'on peut avoir, c'est ce réseau, peut-être, qu'on peut avoir
28:53entre, d'une part, une force publique importante et une force privée qui peut amener des initiatives et des capitaux.
28:59Alors, vous êtes aussi, CCI France, une vigie du moral des entrepreneurs français, puisque vous avez un baromètre mensuel pour
29:07évaluer ce moral.
29:07Comment ils vont en ce moment ?
29:08Il ne va pas.
29:11Je vous ai allé un peu vite sur le sujet.
29:14Il ne va pas, et c'est inquiétant.
29:15Il ne va pas parce qu'on a une chance dans cet établissement public qui est très vieux.
29:19Vous savez, c'est Henri IV qui a rêvé les chambres de commerce et d'industrie.
29:22Et en ce qui concerne le moral des entreprises, depuis 2015, tous les mois, on sonde nos entrepreneurs.
29:27Donc, on a eu l'occasion d'affiner les panels, d'affiner les questions, etc.
29:31Et il y a quatre questions qui ressortent tous les mois depuis 2015.
29:36Premièrement, donc, l'indicateur d'optimisme.
29:40Le dernier indicateur d'optimisme, c'est à 55.
29:42Au minimum, il a été à 49 lorsqu'on a fait le shutdown.
29:46On a tout fermé pendant le Covid.
29:47Donc, on est quasiment au niveau de la crise Covid-19.
29:50On est au Covid.
29:51Et la moyenne longue période est à 110.
29:53Vous voyez ?
29:54Donc, voilà où on est.
29:54Donc, divisé par deux par rapport à la moyenne longue période.
29:58Deuxième, les autres questions, les trois autres questions que l'on pose, c'est quelle est votre confiance dans votre
30:02entreprise, dans l'économie française et dans l'économie internationale ?
30:05L'entreprise, la confiance en son entreprise, c'est plus de 50% des entrepreneurs qui ont confiance dans leur
30:10entreprise.
30:11Mais c'est à peu près 30 points de moins que ce qu'on avait en régime nominal.
30:15D'accord ?
30:16Là où ça chute, malheureusement, d'une façon extraordinaire, c'est la confiance dans l'économie française.
30:20Il n'y a que 9% des entrepreneurs qui ont confiance dans l'économie française pendant la période Covid,
30:24quand on a tout fermé, c'était 11%.
30:27Et la confiance dans l'économie mondiale n'est au minimum, n'est à 11%.
30:30Ça veut dire quoi ?
30:31Ça veut dire qu'aujourd'hui, dans l'état d'esprit de nos entrepreneurs, qui ne sont pas des gens
30:35négatifs, qui se lèvent tous les matins pour essayer d'avancer...
30:37Non, l'optimisme, c'est une qualité obligatoire, je pense, quand on est en train de faire.
30:40Voilà, parce qu'autrement, on fait autre chose.
30:42Donc, dans l'état d'esprit, cet état d'esprit est incompatible avec plus de croissance, plus d'investissement et
30:47plus d'emploi.
30:48Et d'ailleurs, on le voit dans les chiffres.
30:50Les chiffres du premier trimestre sont trompeurs.
30:52On dit qu'on est flat en termes de croissance.
30:54Si on enlève le stock, puisqu'il ne vous a pas échappé qu'on ait peut-être des petits problèmes
30:58d'approvisionnement, on est à moins 0,7%.
31:00À moins 0,7%, donc on est négatif.
31:04Si vous regardez les chiffres du chômage, 8%, record.
31:07Si vous regardez les chiffres des difficultés des entreprises sur 12 mois glissants, on est à 70 000.
31:13Donc voilà, on n'investit pas beaucoup, on investit moins, on consomme moins.
31:17Et donc, on attend un big bang quelque part dans ce pays.
31:20On attend peut-être quelques bonnes nouvelles.
31:21Oui, effectivement, tout le monde les attend.
31:23Mais alors, je vais reprendre deux des aspects, le contexte économique français et le contexte international.
31:31Sur l'aspect français, je vais le lier à l'actualité politique.
31:35On sort de… on ne sort pas d'ailleurs.
31:37On est en plein, dans deux années, on va dire, de chaos provoqué par la décision de dissoudre l'Assemblée.
31:43Et on va encore attendre un an avant d'avoir un pouvoir politique validé par les urnes et, espérons-le,
31:50solide.
31:51Ce n'est pas encore garanti.
31:52Ça veut dire encore un an d'attentisme pour les chefs d'entreprise ?
31:55Vous êtes très optimiste parce que ce n'est pas un an.
31:57Parce qu'il ne vous a pas échappé que pour mettre en marche la mécanique, il faut quelques mois.
32:01Donc, en face de nous, nous avons un trou noir de 18 à 24 mois.
32:05Ce qui est totalement incompatible avec les capacités de la France aujourd'hui.
32:10Voilà.
32:10On ne te passe par mettre ce trou noir.
32:12Et moi, c'est le message que je porte.
32:13Mais on ne va pas y aller, c'est quoi ?
32:14Ben si, il faut lutter.
32:16Je crois qu'il faut être des rebelles.
32:17Je crois qu'il faut faire des propositions.
32:18C'est ce qu'on fait.
32:19Moi, j'ai fait dix propositions au Premier ministre.
32:20On est en train de travailler là, sans doute, pour resonder nos entrepreneurs,
32:24pour retrouver la quintessence des besoins des entreprises.
32:27Et là-dessus, on doit agir.
32:28On doit se violer, se pousser à agir.
32:31Parce qu'autrement, on va tout détruire.
32:34Mais avec la difficulté d'une majorité ou d'une absence de majorité politique pour le faire.
32:39Sébastien Lecornu a beaucoup d'habileté,
32:41mais il a l'une des plus faibles majorités de l'histoire des premiers ministres de la Ve République.
32:46Bref, donc malgré tout, vous pensez qu'il peut avoir une capacité
32:50à faire avancer un certain nombre de réformes structurantes ?
32:52Oui, je crois qu'il y a des propositions.
32:55On en reparlera peut-être.
32:56Moi, j'ai quelques idées.
32:57Ça tient en cinq verbes sur lesquels on pourrait travailler.
32:59Et donc, après, il faut forcer notre destin.
33:02Il y a un parlement, il existe.
33:03Moi, je rencontre tous les parlementaires, qu'ils soient de droite ou de gauche.
33:07Donc, je rencontre tout le monde.
33:09Et j'essaie de faire passer des idées.
33:11C'est pourquoi des idées et des actions, surtout des actions.
33:13Je crois que le concept, c'est vachement intéressant.
33:16Mais ce qu'il faut, c'est l'exécution.
33:18Voilà.
33:19Il y a quelques idées très simples à mettre en place
33:20qui nous permettraient de gagner quelques points de croissance
33:24qui sont fondamentaux pour notre pays
33:25et faire quelques économies,
33:27ce qui n'est pas de reste chez nous non plus.
33:29Est-ce qu'il va falloir que les patrons, on se voit parce qu'il va y avoir ce grand
33:35rassemblement annuel de la CPME au Parc des Princes ?
33:38Est-ce qu'il faut qu'ils pèsent sur la campagne présidentielle ?
33:41Et si oui, comment ?
33:42Je crois qu'il faut inspirer.
33:44Il y a deux choses.
33:45Inspirer et avoir des, comment dire en français, des commitments.
33:48Voilà.
33:49Je veux dire, ce n'est pas open bar être président de la République ou être ministre.
33:52Je crois qu'il y a des engagements.
33:54Et nous, on doit être...
33:55Là où on doit être bon, d'un côté, le monde patronal,
33:58ou le monde de l'entreprise, je préfère utiliser ce mot-là,
34:01là où on doit être bon, c'est qu'on doit avoir une voix.
34:04Une seule voix.
34:05Et on doit avoir quelques propositions synthétiques.
34:07Ce n'est pas 100 propositions, c'est 10 au maximum, tous alignés là-dessus.
34:11Et donc, notre boulot, c'est d'expliquer pourquoi c'est bon pour la France,
34:14pourquoi c'est bon pour notre économie,
34:16pourquoi c'est bon pour nos concitoyens,
34:18et faire en sorte que les candidats s'engagent auprès de nous.
34:21Alors, on dirait, les engagements, on peut changer.
34:23Mais déjà, un engagement devant nos concitoyens
34:26et un amont d'une campagne présidentielle, c'est fondamental.
34:29Donc, on doit chercher l'adhésion, la compréhension des candidats,
34:33et ensuite, on doit chercher l'engagement de nos candidats,
34:36la présidente de la République.
34:37Ce sera un mandat définitivement extraordinairement important,
34:40le futur mandat présidentiel.
34:41Et donc, il faut parler à tous les candidats, les candidates ?
34:44Je crois, qu'est-ce qui peut se passer ?
34:46Il y a un candidat qui ne vous plaît pas,
34:48ou une candidate qui ne vous plaît pas, qui est élue.
34:50Donc, on laisse mourir la France ?
34:52On ne peut pas laisser mourir la France.
34:54Ou alors, on change de métier.
34:55Il faut soutenir l'entreprise.
34:56Après, on peut avoir nos visions politiques,
34:58nos aspirations politiques.
34:59Mais au bout d'un moment, si on reste dans le bateau France,
35:02il faut que ce bateau avance.
35:04Et donc, il faut inspirer tout le monde.
35:06Ensuite, il y a le contexte économique et géopolitique international.
35:10Je vais poser une question très cache.
35:12Est-ce que Donald Trump est en train de plomber l'économie mondiale ?
35:15Oui, bien sûr.
35:17Je crois qu'il plombe la sienne aussi,
35:19parce que, courte période, il peut gagner un tout petit peu,
35:21mais longue période, si vous voulez,
35:23bon, malheureusement, c'est un client,
35:24ou heureusement, c'est un client et un fournisseur du monde.
35:27Voilà.
35:27Donc, on ne peut pas imaginer des États-Unis, aujourd'hui,
35:30qui seraient hyper prospères,
35:32et puis le reste du monde qui seraient en train de crever la dalle.
35:34Ça ne marche pas.
35:35Voilà.
35:35Donc, on a à la tête des États-Unis, je le crois,
35:39un monsieur qui est difficilement contrôlable.
35:42Donc, il faut que ça devienne...
35:44Il faut comprendre qu'on vit dans une période d'instabilité.
35:46Et là-dessus, il n'y a qu'une voie, pour moi,
35:48c'est la négociation.
35:50La négociation, ça veut dire qu'à la fois avec la carotte et le bâton,
35:53si je puis le dire ainsi, c'est-à-dire qu'il faut négocier.
35:55L'Europe doit négocier.
35:56Est-ce qu'elle le fait bien ?
35:58Elle le fait.
35:59Bon, est-ce qu'elle le fait bien ?
36:00Avec ses faiblesses intrinsèques,
36:01c'est-à-dire décider à 27, etc.
36:03Voilà, donc, j'étais avec ces journées hier.
36:07Ce n'est pas facile d'être à l'Europe et dans la gouvernance européenne
36:10parce qu'on n'est pas aligné.
36:11Regardez, on a un grand projet d'investissement à lancer.
36:14On a un grand plan à lancer pour la prochaine mandature.
36:16Et donc, on a du mal à faire voter.
36:18Voilà, il faut sans doute voir un petit peu le système de vote,
36:21de délibération européenne.
36:23Parce que, vous savez, des majorités ex-excessivement qualifiées
36:27ou quasiment à l'unanimité, ça ne marche pas dans notre monde.
36:29Est-ce qu'elle le fait mal ? Je ne sais pas.
36:31En tout cas, elle essaie de le faire.
36:33Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle a été surprise, l'Europe.
36:36Après, ça peut être une opportunité aussi.
36:39Parce qu'un pôle américain instable
36:45qui inquiète potentiellement des investisseurs,
36:48ça peut être une chance pour l'Europe de les attirer.
36:50Oui, alors, on a vu Chouche-Sense hier,
36:52on a attiré des investissements.
36:53Mais, enfin, je veux dire, après, on peut tout se dire dans la vie.
36:56Mais on ne peut pas se passer du pôle Amérique.
36:59Voilà, c'est un débouché extraordinaire.
37:01C'est un tiers du business mondial.
37:02Donc, ce qu'il faut, c'est soit patienter qu'il ne soit plus là,
37:05soit faire en sorte que pendant qu'il est là,
37:07il puisse un petit peu infléchir ses positions
37:10qui ne sont pas bonnes ni pour les États-Unis.
37:13Et beaucoup d'Américains, moi, je suis en contact périodiquement
37:16avec des Américains, comprennent que ce n'est pas bon pour eux,
37:18ni pour les États-Unis, ni pour l'Europe, ni pour le monde.
37:20Et l'Europe, et ses 450 millions de citoyens et de consommateurs,
37:25on ne peut pas non plus s'en passer quand on est Américain ou Chinois, d'ailleurs.
37:28Il faut avoir ça dans l'équation.
37:29Permettez-moi de revenir là-dessus.
37:31Vous voyez, 450 millions de consommateurs,
37:33peut-être qu'on ne l'a pas assez compris en Europe, entre nous.
37:36Le premier business doit se faire entre nous.
37:39Et en termes de stratégie à l'international,
37:41ce que je dis, la priorité des priorités,
37:43c'est le business qu'on doit faire en Europe, entre nous.
37:45Où il n'y a pas de frontières,
37:47où on a une communauté d'intérêts, c'est l'Europe.
37:49Même si on est différent, même si c'est à part faire,
37:52faisons du business entre nous.
37:53Et ça peut nous permettre de tenir un certain nombre d'années.
37:55Alors justement, je vais ouvrir le chapitre consacré
37:57à la RSE, Responsabilité sociale, sociétale et environnementale
38:01des entreprises, par une question sur l'Europe.
38:03On assiste, alors il y a deux façons de voir les choses.
38:05Un détricotage du pacte vert, du Green Deal avec ses lois omnibus.
38:10On peut considérer que c'est un recul en arrière,
38:12ou alors on peut dire, c'est une simplification, bienvenue.
38:15Vous vous placez de quel côté ?
38:17Je vous dirais un truc, moi je trouve que c'est intelligent.
38:20Tout simplement, c'est intelligent.
38:22On ne peut pas être premier de cordée sur tous les sujets.
38:26D'accord ?
38:26L'environnement, ce n'est pas une question européenne,
38:29c'est une question mondiale.
38:30D'accord ?
38:31Si, parce que vous allez trop loin dans l'environnement,
38:33et je suis favorable à une politique de verdissement de nos économies,
38:37mais si vous allez trop loin et que vous détruisez votre économie,
38:40vous mourrez en bonne santé.
38:41Ce n'est pas ce qu'il faut faire.
38:42Voilà.
38:42Et donc je trouve qu'on est allé très loin sur certains sujets.
38:45Et donc le fait aujourd'hui de simplifier, d'amender,
38:49vous prenez le terme qui vous plaît,
38:50ce n'est pas une reculade, c'est du bon sens.
38:52C'est intelligent.
38:53Voilà.
38:53Donc je crois qu'il faut être pragmatique.
38:56Je crois que dans les politiques qu'on peut avoir sur plein de sujets,
38:59il faut bien sûr avoir l'intention,
39:01il faut avoir l'ambition, il faut avoir la stratégie,
39:03mais à un certain moment, il faut avoir le sens des réalités
39:05et adapter la stratégie donc aux réalités.
39:08Il y a ces amendements, ils sont les bienvenus.
39:11Mais est-ce que ça n'envoie pas un message aux entrepreneurs français et européens
39:17de dire, bon, après tout, on peut ralentir sur la transformation environnementale ?
39:23Non, écoutez, je crois que ce n'est pas le cas.
39:25Premièrement, je vais vous parler de la France.
39:27Donc on a fait un accompagnement qui a été, c'était ma première priorité
39:30sur les trois premières années de mon mandat,
39:32le verdissement de l'économie.
39:34Il n'existe pas une entreprise que je rencontre,
39:37et vous savez, on en voit à peu près un million par an,
39:39qui n'est pas lancée d'initiative là-dessus.
39:42Même les toutes petites ?
39:43Pourquoi ? Parce qu'il y a déjà l'économie d'énergie.
39:45Enfin, il ne faut pas rêver.
39:46Je peux vous dire qu'aujourd'hui, on s'excite un peu sur le sujet.
39:48Donc, tout le monde est sensibilisé au sujet.
39:50D'accord ?
39:51On a tous fait des opérations.
39:52Et maintenant, qu'il y ait une petite pause
39:54parce qu'on a aussi des technologies à implémenter,
39:57parce que le business est plus compliqué, etc.,
39:59c'est légitime.
40:01Et n'oubliez jamais le point suivant,
40:04c'est qu'une entreprise ne se bat jamais contre ses clients,
40:06contre son marché, contre son économie.
40:08Je prends un exemple.
40:09On a tous compris qu'on aurait un carbon score.
40:12C'est comme le Nutri-Score.
40:13A, B, C ou D.
40:14Vous êtes A ou B, on vous achète.
40:16Vous êtes C ou D, on ne vous achète pas.
40:17Donc, ça, c'est clair dans la tête des entrepreneurs.
40:20Donc, le verdissement, c'est clair en termes de composantes commerciales
40:24et même de recrutement.
40:25Les jeunes ne veulent pas travailler dans le D ou le C.
40:27D'accord ?
40:28Ça, c'est le premier point.
40:29Deuxièmement, on a tout compris
40:29qu'il y avait des savings à faire, des économies à faire.
40:32Et troisièmement, on voit le sens de l'histoire
40:34et ce qu'il faut pour notre planète.
40:35Donc, si vous voulez, c'est fermement ancré.
40:37Un petit pas de côté,
40:38d'un temps en temps, ça pourrait vous permettre
40:39de mieux vous relancer.
40:41Et c'est ce qu'on est en train de jouer aujourd'hui.
40:43Est-ce qu'il y a beaucoup,
40:44je reviens à la présentation que vous avez faite,
40:46CCI France,
40:47de formations d'accompagnement
40:49qui portent sur ces questions de stratégie de transformation ?
40:52C'est terrible.
40:52C'est terriblement important, si vous voulez,
40:53parce que l'an dernier,
40:54on a sensibilisé 120 000 entreprises.
40:57D'accord ?
40:57Et on a accompagné, c'est-à-dire une émission
40:59entre 1 et 5 jours, en moyenne,
41:02à peu près 20 000 entreprises.
41:03Donc, là-dessus, on a vraiment fait le travail.
41:05Et là, on est un bac de fondamentaux,
41:09pour le dire en anglais.
41:10On repart sur les fondamentaux, c'est quoi ?
41:11Il y a une période de crise énergétique
41:13et on va sur les économies
41:15et sur l'empreinte carbone.
41:16On a un petit outil qui s'appelle Lise,
41:18que l'on diffuse,
41:19qui permet de mesurer votre empreinte carbone
41:20et de faire des économies d'énergie.
41:22C'est là-dessus qu'on est focalisé
41:23et il y a beaucoup d'enthousiasme
41:25des entreprises françaises sur le sujet.
41:26– L'électrification ?
41:28Alors, les crises sont souvent
41:29des accélérateurs de changement.
41:31L'électrification, vous lui annoncez,
41:33je ne sais pas si elle ira aussi vite
41:34que prévue par le Premier ministre,
41:36dans la foulée de cette crise énergétique
41:40déclenchée par la guerre au Proche-Orient.
41:42Vous pensez qu'elle va assez vite ?
41:44Comment vous l'analysez, ça ?
41:45– Alors, vous savez que j'ai fait toute ma carrière
41:47dans l'électricité, vous ne le savez peut-être pas,
41:49j'ai 35 ans, 38 ans d'électricité,
41:51donc je faisais des logiciels pour l'électricité.
41:53– Des logiciels pour l'électricité, voilà.
41:55– L'électricité…
41:56– IGE plus EXAO, c'était ça.
41:58– Exactement.
41:59Et Schneider, aujourd'hui,
42:00donc j'ai vu que Schneider a signé
42:01des beaux contrats hier, c'est magnifique.
42:04L'électrification, c'est une évidence.
42:06Une évidence, si vous voulez.
42:07Et moi, je suis malheureux, si vous voulez,
42:09qu'on ait perdu des années.
42:11Imaginez, aujourd'hui, sur le nucléaire, je parle,
42:13qui est une énergie verte,
42:15qui est une énergie qui n'est pas chère
42:17et qu'on sait produire chez nous.
42:19Imaginez qu'on n'ait pas perdu ces 10 ans
42:21ou ces 5 ans sur le sujet.
42:23Aujourd'hui, vous aurez une disponibilité
42:25d'énergie verte extraordinaire, voilà.
42:28Donc, l'électricité, dans tous les cas,
42:30c'est un usage, c'est une utilité
42:32dont on a de plus en plus besoin.
42:34Et ce n'est pas que la voiture électrique.
42:36Parce que c'est une énergie facile à consommer,
42:39c'est une énergie facile à maîtriser,
42:41un peu de stockage à gérer,
42:43mais bon, là, il faut y travailler.
42:45Mais l'électrification, c'est sans doute
42:47l'avenir, si vous voulez, de l'énergie.
42:50Un bémol, quand même, sur la voiture électrique,
42:52j'en ai entendu, qu'on fabrique,
42:54il faut trouver des composants
42:57pour se substituer aux terres rares.
42:59Parce que si vous fabriquez des batteries,
43:01et qu'on vous dit, mon ami, des approvisionnements,
43:03il n'y en a plus demain,
43:04vous allez vous retrouver,
43:05on va se trouver comme des idiots,
43:06on va dire autre chose,
43:07avec des usines vides.
43:09Voilà.
43:09Donc, il y a toute une volonté,
43:11d'ailleurs, qui fait partie de la volonté de la France,
43:13de se désensibiliser,
43:16donc, par rapport à ces matériaux,
43:17pour que ce qui est électrique,
43:19que nous fabriquons,
43:20comme des aimants,
43:21comme les batteries, etc.,
43:22nous ayons notre souveraineté européenne,
43:25un minima là-dessus.
43:25Parce qu'on en est loin,
43:27c'est la Chine raffine 90% des taras.
43:30Et les US, c'est 80-90%.
43:32Donc, mais, attendez,
43:33on a des chercheurs,
43:34on a des grandes écoles,
43:36on a des belles universités,
43:37mettez vos boulots sur le sujet,
43:39c'est un sujet de souveraineté nationale,
43:41et surtout,
43:41si on va tous là-dedans,
43:42il ne faut pas se retrouver dans un cul-de-sac.
43:44Vous dites sur le Made in France,
43:45si on va ouvrir un petit chapitre là-dessus,
43:47ne pas acheter français coûte plus cher.
43:49Pourquoi ?
43:49Parce que comment vous payez votre système social,
43:53comment vous payez tout ce qui fait la différence de la France ?
43:57Comment vous payez vos infrastructures ?
44:00Le français doit choisir.
44:01Moi, j'appelle ça le grand carrefour, si vous voulez.
44:05Il faut choisir ce qu'on veut.
44:06Est-ce que vous voulez conserver vos emplois en France ?
44:09Est-ce que vous voulez que vos enfants travaillent toujours en France ?
44:11Ou alors, ils peuvent aller travailler aux États-Unis,
44:14en Chine, vous voulez d'ailleurs ?
44:15Tout est possible.
44:16Est-ce que vous voulez maîtriser,
44:17conserver des infrastructures ?
44:19Est-ce que vous voulez conserver un rayonnement de ce pays ?
44:21Est-ce que vous voulez conserver le régalien dans la sécurité,
44:25dont on parle beaucoup dans ce pays ?
44:26Ou est-ce que vous voulez arrêter ?
44:27Si vous voulez conserver ça, ce n'est pas compliqué,
44:29il faut consommer français.
44:31Il n'y a pas d'autre solution.
44:34Deuxièmement, peut-être, puisqu'on parlait de l'environnement,
44:36je rappelle que la meilleure solution pour Verdir,
44:39c'est de fabriquer ici.
44:40Oui, vous allez éviter les transports, etc.
44:44Donc, je crois que le français doit réfléchir.
44:46Est-ce qu'il veut faire ?
44:47Et je sais que c'est difficile pour beaucoup de français,
44:49mais il y a des choix à faire.
44:51Est-ce qu'on préfère faire une économie de 3, 4, 5, 10 %
44:57et ruiner le pays ?
44:58Ou est-ce qu'on se dit, bon, maintenant,
44:59je vais faire un peu comme les autres,
45:01comme les Américains, comme les Allemands d'ailleurs,
45:03et dire, voilà, au four,
45:05j'ai une petite préférence pour mon pays, quoi.
45:06Et il le mérite, dans tous les cas.
45:08Ça vaut pour l'IA générative.
45:10Il y a une entreprise française qui s'appelle Mistral AI.
45:13À chaque fois que je croise quelqu'un qui est sur Tchad GPT ou un autre,
45:16je lui dis, mais pourquoi tu n'utilises pas le chat ?
45:18Il faut utiliser Mistral, déjà.
45:23Oui, après, on est sur des choses qui nous échappent un petit peu.
45:26C'est un petit peu mon métier.
45:28Oui, oui, parce que vous avez vendu des logiciels pendant...
45:31Oui, oui, et puis j'ai commencé par une thèse en intelligence artificielle
45:34en 1986, je crois.
45:37Oui, donc c'était assez...
45:38Mais vous y croyez un champion français de l'IA, de l'IA générative ?
45:43Non.
45:43C'est trop tard ?
45:44Non, ce n'est pas que j'y crois.
45:45Je veux dire, elle ira en bourse, la boîte.
45:48Et puis, une fois qu'on est en bourse, on est mondial, quoi.
45:51Mais ce qui est important, si vous voulez, c'est d'avoir cette technologie qui soit française,
45:56c'est qu'on ait développé des usages.
45:58Il y a les moteurs, donc, qui sont une chose, les moteurs d'intelligence artificielle.
46:02Donc, ce sont des bébêtes un peu complexes.
46:04Il y a quelques leaders que vous avez cités, etc.
46:06Et après, il y a des usages.
46:06Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'on développe des usages.
46:10L'IA pour le boulanger, l'IA pour le boucher, l'IA pour le garagiste,
46:14qui va nous permettre de gagner quelques petits points de compétitivité.
46:17Vous savez, quelle est la différence entre un pays qui gagne et un pays qui perd ?
46:21C'est trois points de PNB, ou deux points de PNB.
46:24C'est entre 1% de croissance et 3%.
46:27Et ça, l'IA, on peut l'avoir.
46:29Donc, ne soyons pas focus, c'est bien d'avoir Mistral, sur les moteurs.
46:34Développons les usages et déployons-les.
46:37OK, mais il y a quand même une question de souveraineté, de souveraineté des données.
46:40Ah, ça, c'est autre chose.
46:41Oui, mais ce n'est pas rien, parce que c'est un peu le pétrole de ce siècle.
46:45C'est une super bonne question.
46:47C'est mon sujet.
46:49On sait travailler sur la souveraineté des données.
46:51C'est-à-dire, vous pouvez avoir plusieurs moteurs d'IA.
46:54Pas forcément français.
46:55Pas forcément français, qu'on s'est isolés.
46:57D'ailleurs, il y a de l'open source aussi.
46:59Et qui vont travailler sur des données qui seront protégées et résidentes.
47:02Ça, on sait faire la décomposition.
47:03Et on sait même avoir des couches interface
47:06qui permettent, avec un même langage, d'attaquer plusieurs moteurs.
47:10Voilà.
47:10Là-dessus, c'est très intéressant, ce que vous dites,
47:12parce que c'est sans doute là-dessus qu'il faut travailler en termes de souveraineté.
47:14Je ne pense pas qu'on ait le monopole d'un moteur d'IA.
47:17Non, la vie n'est pas comme ça.
47:19Mais par contre, se dire qu'on doit être indépendant des moteurs d'IA
47:23et qu'on doit préserver deux choses.
47:25Nos scripts, nos promptes, si vous voulez, d'un côté.
47:27C'est-à-dire, votre matière intellectuelle.
47:29D'autre part, vos données.
47:30Ça, c'est une bonne idée.
47:31Et c'est là-dessus qu'on a travaillé.
47:32Et on doit ajouter des usages.
47:34Et est-ce que, tiens, on a parlé de formation en matière RSE environnementale.
47:38Sur l'intelligence artificielle, ça m'intéresse aussi de savoir où vous en êtes.
47:41Parce qu'il y a pas mal d'entreprises qui sont un peu dépassées
47:46par l'usage de l'IA Génératif par leurs collaborateurs.
47:49Oui.
47:49Et qui, justement, n'ont pas forcément protégé ce qui fait la spécificité,
47:56parfois même le cœur business de l'entreprise
47:59qui, d'un seul coup, est offert aux moteurs d'IA.
48:02Oui.
48:03Alors, après, vous savez, les moteurs savent déjà faire plein de choses.
48:06Donc, après, il vaut mieux protéger, bien sûr, mais la vie, elle est comme ça.
48:10Vous savez, malheureusement, on n'est pas que dépassé par nos collaborateurs.
48:14On est dépassé par nos clients.
48:15Et c'est là que ça devient emmerdant, le sujet.
48:17Donc, l'idée, si vous voulez, c'est de se remettre au niveau.
48:19C'est un vrai sujet d'IA.
48:21On sait que c'est un sujet hyper disruptif.
48:23Moi, je peux vous parler de mon expérience professionnelle.
48:25ce qui, avant, donc, coûtait, entre guillemets,
48:31plusieurs milliers d'annéums de travail.
48:33Aujourd'hui, on peut imaginer que ce soit quelques dizaines, un rapport de 1 à 100.
48:37Vous voyez, donc, il y a un facteur important.
48:39Bon, donc, de tout ça, qu'est-ce qu'on peut dire ?
48:41C'est que, premièrement, on n'a pas le choix, il faut y aller.
48:43Parce que si on n'y va pas, nos collègues vont le faire partout dans le monde.
48:46Deuxièmement, il ne faut pas y aller tête baissée.
48:48Bon, les données, les technologies, etc.
48:50Mais surtout, qu'est-ce qu'on fait ?
48:52Comment on le fait ?
48:53Et comment, entre guillemets, on réutilise nos talents ?
48:57Comment on va former, on va réorienter nos talents ?
49:01Parce que l'IA, on va être obligé d'y aller.
49:03Si on y va la tête dans le guidon, qu'est-ce qui va se passer ?
49:06On va avoir une casse sociale extraordinaire.
49:08Extraordinaire, ça veut dire pas bonne.
49:10Et voilà, donc, là-dessus, il y a un énorme travail à faire.
49:13On peut l'éviter encore la casse sociale.
49:14Oui, on peut l'éviter.
49:15Alors, on n'est pas des champions de l'anticipation.
49:17Mais ça, j'en parlais avec Clément Bonne.
49:19Donc, le haut-commissaire au plan.
49:21Là-dessus, il faut vraiment bosser.
49:23Parce qu'il y aura de la casse.
49:24On voit très bien les gains de main-d'oeuvre qu'on peut avoir sur le sujet.
49:28Mais on a des besoins à côté.
49:29Donc, il faut y aller, quoi.
49:30Il nous reste deux minutes.
49:31Je voudrais qu'on parle des deux événements qui nous réunissent.
49:34Vous êtes partenaire de la grande assemblée des entrepreneurs
49:37organisée par la CPME.
49:3825 juin au Parc des Princes.
49:40Bismarck, évidemment, sera présent.
49:434 000 personnes attendues.
49:44En quoi c'est majeur, un rassemblement comme celui-là ?
49:46Quelle est la maladie la plus terrible d'un entrepreneur ?
49:49La solitude.
49:50La solitude.
49:51Voilà, vous avez tout compris.
49:52On a besoin, entre autres, d'être en réseau.
49:55Et donc, je crois que le fait de se voir, c'est d'une part,
49:57on se remonte le moral, on échange sur nos problématiques,
50:00surtout sur des solutions, et on fait pack.
50:02Je crois que c'est important qu'on ne soit jamais isolé.
50:05Voilà.
50:06Donc, ne soyons jamais isolés.
50:07Pour ça, il faut sortir.
50:08Et allons voir nos pères.
50:09Et allons les voir avec bienveillance.
50:11Et puis, quelque part, quand on voit ses pères, qu'est-ce qu'on fait ?
50:13On a des bonnes idées.
50:13Et puis, on peut même trouver du business.
50:15Donc, c'est ce qu'il faut faire.
50:17Autre événement, la Nuit des audacieux, organisée par Bsmart4Champs.
50:2126 novembre, vous êtes sponsoring dans la catégorie audace de s'engager,
50:26qui va valoriser les entreprises qui ont réalisé, justement, des transformations,
50:29ce dont on parlait, numérique, écologique, RH.
50:33Là aussi, pourquoi ce point particulier de la transformation ?
50:36Vous y avez en partie répondu depuis 25 minutes.
50:38Parce que vous avez compris qu'on est dans un moment de transformation permanente.
50:41et il ne faut plus se poser des questions, il faut y aller.
50:43Par contre, il faut accompagner, il faut aider, il faut coacher, il faut accélérer.
50:47Et donc, ça, c'est le rôle des chambres de commerce et de l'industrie.
50:48Et puis, après, le terme, l'audace.
50:50L'audace, c'est ce qui nous manque le plus, je crois.
50:53Il faut retrouver l'audace.
50:54L'audace des grands projets.
50:56L'audace d'aller de l'avant.
50:57L'audace de ne pas avoir peur de se tromper.
50:59C'est ça, l'audace.
51:00Et l'audace, c'est l'entreprise.
51:01Voilà.
51:02Donc, l'audace et la transformation,
51:04c'est un bon programme présidentiel, peut-être.
51:06On va terminer là-dessus.
51:07Merci beaucoup, Alain DiCrescenzo.
51:09Merci encore de nous avoir accueillis ici, dans les locaux de CCI France.
51:13À très bientôt sur Bismarck for Change.
51:15Et on se retrouvera, évidemment, 25 juin au Parc des Princes
51:18pour la grande assemblée des entrepreneurs de la CPME.
51:22En attendant, notre Smart Impact continue.
51:25Rubrique Startup, tout de suite.
51:33Smart Ideas avec Katia Tardy.
51:35Bonjour.
51:35Bonjour.
51:36Vous êtes la cofondatrice de Andy Gaspi.
51:38Vous l'avez écrit il y a 5 ans avec Louise Doulier et Alix Guillaume.
51:41Vous étiez venue nous en parler, d'ailleurs, dans Smart Ideas, il y a quelques années.
51:45Mais on va redire à nos téléspectateurs, nos téléspectatrices, c'est quoi Andy Gaspi ?
51:49Andy Gaspi, on a deux piliers forts, le handicap et l'anti-gaspi.
51:52On fabrique des biscuits à partir d'un vendu de pain.
51:55Et tout est entièrement fabriqué et conditionné par des personnes en situation de handicap.
51:58Donc, c'est des biscuits qui n'y ont.
52:00Et aujourd'hui, on a 30 personnes en situation de handicap
52:02qui s'activent au quotidien pour la fabrication de ces biscuits.
52:04Et ça permet de soulever 500 baguettes de pain invendues chaque jour.
52:08Alors, moi, ça m'intéresse toujours de savoir.
52:11Bon, il y a l'idée qui est super.
52:12Et puis après, il faut trouver la matière première, etc.
52:15La filière, elle existait.
52:17Il fallait la créer, récupérer le pain.
52:18C'est si simple que ça.
52:19Comment ça s'est passé ?
52:20Non, et puis on apprend en avançant.
52:22Au départ, on le faisait avec les boulangers traditionnels, les boulangeries de quartier.
52:26On s'est vite rendu compte que c'était compliqué, déjà d'un point de vue logistique,
52:29d'aller collecter toutes ces boulangeries pour avoir 500 baguettes de pain chaque jour.
52:32Le mieux, c'est qu'elles soient toutes au même endroit et qu'on n'ait pas le tour de
52:3450 boulangeries à faire.
52:35Et d'un point de vue traçabilité, d'un point de vue réglementaire,
52:38il faut qu'on ait toujours les mêmes approvisionnements, qu'on sache exactement quand est-ce que le pain a
52:41été fabriqué, par qui.
52:42Donc c'est plutôt des produits qui sont issus soit de chaînes de boulangerie et de grosses structures,
52:46soit d'industries qui ont des produits non conformes, des produits tombés de ligne en quelque sorte,
52:51qui sont trop gros, trop petits, où la baguette a été mal assurée.
52:54Et donc c'est vraiment ces produits-là qui n'ont même pas encore été commercialisés,
52:57auxquels on s'attaque et le gisement est conséquent dans les usines françaises.
53:00Oui, alors c'est ça la question que j'allais vous poser.
53:02Il y a tant d'invendus ou de tombés de lignes que ça ?
53:06Oui, il y en a même tellement qu'aujourd'hui les industriels viennent nous chercher
53:11pour tous les sujets de casse en usine.
53:13En fait, les gens qui nous appellent, c'est des gens qui fabriquent des tonnes à l'heure.
53:16Donc forcément, le gaspillage en pourcentage, il est très faible.
53:19Mais quand on fabrique des tonnes à l'heure, à la fin de l'année,
53:21la casse, elle se chiffre en dizaines ou en centaines de milliers de tonnes sur du pain au départ.
53:26Mais finalement, on nous appelle pour des coques de macarons,
53:28des brisures de crêpes, de brioches, de biscottes, des cosses de cacao,
53:32des matières qui sont nobles, mais qui aujourd'hui sont soit envoyées aux cochons,
53:36soit en méthanisation parce qu'elles n'ont pas de filière de valorisation.
53:38Et alors, tous ces déchets qui sont valorisés, vous pouvez tous les récupérer et en faire quelque chose ?
53:46Oui, alors jusqu'à présent, on pouvait les valoriser dans un autre atelier.
53:48Donc nous, on a un atelier semi-industriel.
53:50On fabrique 30 000 biscuits jour, mais à l'échelle d'une industrie, c'est très peu.
53:54Donc là, on est en train de faire évoluer la démarche pour l'injecter directement dans l'industrie
53:58et faire en sorte qu'on puisse valoriser les gisements là où ils sont
54:01et mettre des équipes en situation de handicap directement dans les usines françaises.
54:05Donc nos pilotes, c'est Tipia Kédona sur ce projet-là, pour voir comment est-ce que nous,
54:10on a appris à petite échelle sur l'anti-gaspi, on peut le mettre à disposition des gros acteurs
54:14et à travers eux, avoir une force de frappe industrielle quand nous, aujourd'hui, on est un petit acteur.
54:18Et à leur côté, alors ça, on a bien creusé la partie anti-gaspi.
54:24Sur l'engagement pour favoriser l'emploi des personnes en situation de handicap,
54:29je vais vous poser une question un peu provocatrice,
54:33mais il y a suffisamment de handicapés pour grandir comme vous le souhaitez ?
54:38Alors là, c'est comme les invendus, je pense qu'on n'est pas prêt de manquer de ressources humaines.
54:42En fait, on collabore avec les ESAT, les établissements et services d'aide par le travail,
54:46qui aujourd'hui sont en manque cruel d'activité,
54:48parce que c'est des structures qui sont de moins en moins subventionnées par l'État
54:51et de moins en moins sollicitées par les entreprises et les industries sur les territoires.
54:54Donc eux, ils ont toujours autant de personnes qui arrivent le matin,
54:56ils ne peuvent pas les mettre en chômage technique ou chômage partiel, ça n'existe pas.
55:00Et du coup, s'il n'y a pas de travail...
55:02Mais moi, j'avais l'impression inverse, qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui font la
55:05démarche...
55:05Qui le communiquent de le faire sur le fait qu'ils le fassent.
55:07C'est pour ça que je vous pose la question.
55:09En fait, il y a de plus en plus d'entreprises qui le communiquent,
55:10mais la réalité dans les territoires, et nous, on fait le tour des ESAT un peu partout en France,
55:14c'est qu'il n'y a pas assez d'activités qui leur sont confiées.
55:17Et le Covid a coupé beaucoup de contrats ESAT,
55:20où les entreprises qui, elles-mêmes allaient mal, ont coupé des contrats.
55:22Et donc aujourd'hui, la plupart des ESAT n'ont pas assez de travail.
55:25Donc en fait, les travailleurs en situation de handicap attendent derrière une table que la journée se passe,
55:30alors que le fait d'avoir un emploi en ESAT, ça va au-delà du fait de
55:33« je gagne ma vie à la fin du mois, j'ai une place dans la société, je m'épanouis,
55:36je monte en compétences ».
55:37Et la plupart des ESAT manquent d'activités.
55:39Et donc nous, ce qu'on fait, c'est qu'on...
55:41Là, jusqu'à présent, on était installés dans un ESAT avec notre biscuiterie.
55:44Mais là, on fait des équipes détachées qui vont dans les usines en France.
55:47Et donc là, on a des équipes qui sont chez Tipiac.
55:50Et donc c'est bien des équipes d'ESAT qu'on détache pour aller dans les usines.
55:54Donc pour l'industriel, c'est facile parce que c'est un peu une approche clé en main.
55:57C'est beaucoup plus simple que d'avoir à faire du recrutement direct.
56:00Et pour les ESAT, c'est hyper stimulant que d'aller dans des entreprises et des industries de renommée,
56:05d'aller sur des grandes lignes et dans des schémas où ils sont dans l'inclusion dans le milieu ordinaire.
56:10Donc en termes de mixité, en plus, c'est hyper puissant.
56:13Donc c'est vraiment ce qu'on essaie de construire avec les partenaires.
56:15Merci beaucoup, Katia Tardy et bon vent à Andy Gaspi.
56:19Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
56:22Je vous dis à demain pour une nouvelle émission sur la chaîne des Audacieuses.
56:26Il y en a une et des Audacieux.
56:27Salut.
56:28Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations