Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 16 heures
Lundi 13 avril 2026, retrouvez Stéphane Gorce (président, Société des ingénieurs Arts et Métiers), Marine Van Den Busch (fondatrice, SMOON) et Antoine Laurent (délégué général, Fédération des entreprises d'insertion) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de
00:13notre économie.
00:13Et voici le sommaire, c'est David Sussman, le président de Sifudia et de la Fondation Pure Océan,
00:18qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes, pour découvrir comment concilier pêche professionnelle et
00:25préservation de l'océan.
00:27Mais d'abord, je reçois Stéphane Gore, le président de la SOS, la société des ingénieurs arts et métiers.
00:32On fera le bilan des journées usines ouvertes, plus de 500 sites participants pour cette deuxième édition.
00:38Le zoom de notre émission sera consacré au financement de l'insertion professionnelle.
00:42On verra comment les collectivités locales peuvent développer les achats socialement et écologiquement responsables.
00:47Et puis, dans notre rubrique consacrée aux startups, vous découvrirez Smoone et ses culottes menstruelles sans couture.
00:54Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:03L'invité de ce Smart Impact, c'est Stéphane Gore. Bonjour.
01:07Bonjour Thomas.
01:08Bienvenue, vous êtes le président de la SOS.
01:10Alors, c'est le surnom qu'on donne à la Société des ingénieurs des arts et métiers.
01:13C'est une vénérable, elle existe depuis combien de temps cette association ?
01:16La Société a été créée en 1846.
01:19Elle a été déclarée d'intérêt public par décret impérial de 1860.
01:26Et aujourd'hui, on représente à peu près 30 000 camarades.
01:31Donc, nous sommes la plus importante association d'ingénieurs en France.
01:34Qu'on surnomme les Gazzars, évidemment, et je salue les Gazzars que je connais.
01:39Alors, on a deux thèmes à aborder, les journées usines ouvertes, et puis un observatoire des industries responsables que vous
01:45avez réalisé avec l'IFOB.
01:47Je vais donner quelques chiffres sur cette deuxième opération usines ouvertes.
01:52Plus de 500 usines participantes, c'était 230 en 2025.
01:57Donc, il y a vraiment une forte progression, plus de 35 000 visiteurs au total.
02:03C'est tout type d'usines.
02:04Quelles usines participent à une journée, à des journées d'ailleurs, comme celle-ci ?
02:09Voilà.
02:09Alors, effectivement, les journées usines ouvertes, c'est sur deux jours.
02:12Le vendredi, dédié aux scolaires et aux chercheurs d'emploi.
02:15Et puis, le vendredi, au grand public.
02:18Alors, tout type d'entreprise, des petites, des moyennes, des grandes.
02:21Alors, les grandes, en général, sont habituées à faire ces visites d'usines.
02:25En revanche, les plus petites sont moins rompues et on les aide pour que les choses se passent bien.
02:30Donc, on a l'ensemble, en termes d'activité, c'est tout type d'activité industrielle.
02:34Et puis, en termes de taille, on a des entreprises de quelques dizaines de personnes.
02:38Et puis, on va jusqu'au très grand groupe que nous connaissons tous.
02:42Avec un taux de satisfaction des participants.
02:44J'ai vu ça, c'est un score de République bananière.
02:47Mais c'est important de sonder, parce que c'est jamais que la deuxième édition.
02:52Mais en fait, pour nous, ce qui est important, c'est de se dire, est-ce qu'on a rencontré
02:55notre public ?
02:56Et le public, en fait, ce sont d'une part les entreprises et d'autre part les visiteurs.
03:01Alors, les entreprises sont satisfaites, effectivement, dans des proportions assez importantes.
03:05On parle de 95 ou 97%.
03:07La très, très grande majorité d'entre elles sont prêtes à recommencer l'an prochain.
03:13Donc, elles sont satisfaites.
03:14Ça veut dire qu'en réalité, elles ont besoin de se faire connaître.
03:18Elles recherchent souvent des compétences.
03:21Donc, elles considèrent que ça répond à...
03:23Ces journées inouvertes sont une opportunité qui correspond à un besoin.
03:27et en face, les visiteurs sont satisfaits dans les mêmes proportions.
03:31C'est 95%.
03:33Et là aussi, les gens sont curieux.
03:35Les gens sont ravis de découvrir des environnements et des activités
03:39dont ils ignorent parfois l'existence.
03:42En tout cas, ils ignorent ce qui s'y passe.
03:44Et pourtant, on sait l'importance de ces industries pour les territoires
03:47dans lesquels elles sont implantées.
03:49J'imagine bien pourquoi vous avez créé ces journées usines ouvertes.
03:56Quel objectif ?
03:57C'est des idées reçues contre lesquelles il faut lutter ?
04:01Peut-être des difficultés à recruter pour certaines de ces entreprises ?
04:08Un chiffre.
04:08L'an dernier, avec nos amis de l'IFOP, nous avons interviewé des Français.
04:14Et à la question, seriez-vous prêt à recommander à un de vos proches
04:19de rejoindre l'industrie ?
04:21En fin 2024, c'était 11% de réponses favorables.
04:26En 2025, on est tombé à 8%.
04:28L'industrie n'est pas connue.
04:31L'industrie peut être inquiète.
04:33Parce qu'on en parle, quand on en parle souvent dans les médias,
04:36c'est pour parler de fermeture d'usines.
04:38Alors qu'il y a des créations d'entreprises,
04:42il y a des développements d'usines, etc.
04:43On s'est dit, il faut faire quelque chose.
04:46Nous sommes légitimes à faire quelque chose.
04:48Et l'idée est partie un petit peu des journées du patrimoine.
04:52Et on s'est dit, à l'instar des journées du patrimoine,
04:55créons les journées usines ouvertes.
04:57L'idée, derrière tout ça, c'est contribuons au printemps de l'industrie,
05:02à la réindustrialisation de la France.
05:03Parce qu'il y a plein d'explications.
05:07Effectivement, la désindustrialisation dont vous parlez
05:09fait qu'on a perdu le lien avec ces entreprises-là ?
05:16La part de l'industrie dans le PIB, il est moins de 10%.
05:20Ça veut dire que le contact avec l'industrie s'est amenuisé, d'une part.
05:24Et puis d'autre part, on se rend compte que les prescripteurs
05:28qui sont de l'industrie, qui peuvent être les parents, les enseignants,
05:33les chargés d'orientation, etc., au fond, ne connaissent pas l'industrie.
05:37Et donc, il y a des préjugés qui sont nourris.
05:41C'est quoi les préjugés ?
05:42L'industrie, c'est sale, l'industrie, c'est pas bien,
05:46l'industrie, ça ferme, l'industrie, c'est polluant, plein de choses.
05:50Sachant que, quand on interroge les Français,
05:53ils sont convaincus qu'il se passe des choses dans l'industrie.
05:56Que l'innovation s'y passe, que l'innovation verte s'y produit, etc.
06:02Mais de là, à franchir le pas, à le recommander, on n'en est pas encore là.
06:06Et donc, ça vient de se passer, ces deux journées, on fait le bilan.
06:11Mais ils vont de surprise en surprise, souvent, les visiteurs ?
06:14C'est-à-dire que, pour aller contre cette liste d'idées reçues dont vous parliez ?
06:20D'abord, ils rencontrent des gens qui sont fiers de leur métier.
06:23Quand on est face à des gens, quel que soit leur niveau,
06:26qui ont la banane, qui présentent avec plaisir leur savoir-faire,
06:30leur machine, leur façon de travailler, c'est plutôt réjouissant.
06:33Et on fait en sorte que, lors de ces visites,
06:36ce soit bien les gens qui sont au travail, si je puis dire.
06:41Ce n'est pas une action de communication.
06:45Ce sont bien les gens qui sont sur des postes,
06:47les ingénieurs, les techniciens, qui expliquent, qui présentent,
06:51avec leurs mots, avec leurs pratiques, ce qu'ils font,
06:55leurs responsabilités, leur engagement.
06:58Est-ce que vous poussez le curseur, j'imagine que oui,
07:02à organiser aussi des visites dans les classes, dans les collèges, dans les lycées,
07:06pour justement changer l'image et inciter les plus jeunes à se dire
07:09« Tiens, peut-être que l'industrie, c'est pour moi. »
07:11Alors ça, c'est quelque chose que les Gadsars font depuis beaucoup plus longtemps.
07:13C'est ça, oui.
07:14On contribue à ce qu'on appelle la promotion des métiers scientifiques
07:18et des métiers d'ingénieurs.
07:19Et là, on a notre réseau, mais comme d'autres réseaux,
07:23contribue effectivement à aller dans les collèges et lycées pour expliquer.
07:26Alors quand on explique, on n'explique pas seulement l'industrie,
07:28on explique d'abord l'importance de la science,
07:32des matières scientifiques, les mathématiques, la physique, pardon,
07:35les sciences de l'ingénieur, les sciences de la vie et de la terre, etc.,
07:38qui sont les bases nécessaires pour ensuite, le cas échéant,
07:42aller vers des métiers de l'industrie.
07:44Avec un enjeu, on est en pleine actualité sur la maîtrise notamment des mathématiques,
07:48le patron de Thalès qui alerte sur la baisse du niveau en maths en France.
07:52Il y a quelque chose de dramatique.
07:53Mais évidemment, avec des effets qui risquent d'être délétères
07:57pendant plusieurs années, plusieurs décennies peut-être même.
08:00Cet observatoire, observatoire en collaboration avec l'IFOP,
08:03Observatoire Arts et Métiers des Industries Responsables,
08:06que vous avez publié il y a quelques mois, c'est ça ?
08:09C'était le premier ?
08:10Non, c'était le second.
08:11Ah, c'était le second.
08:13L'objectif, c'est justement de changer un peu l'image ?
08:15L'objectif, c'est d'avoir la température.
08:20On s'est dit, on pose des questions,
08:23donc année 1, on repose les mêmes questions,
08:26année 2, pour voir comment les choses évoluent.
08:29Et puis on a rajouté cette année une question supplémentaire
08:33sur le sentiment que les Français avaient de la réindustrialisation.
08:37On voulait voir un petit peu comment les gens réagissaient.
08:41Alors, quand je dis les gens, en fait, on interroge d'un côté
08:43à peu près 2000 gazards, donc des ingénieurs
08:45qui sont pour beaucoup dans l'industrie.
08:47Et puis donc, Jérôme Fourquet de l'IFOP interroge 1000 Français,
08:50et donc pour voir un peu ce que ça donne.
08:52Et ce dont on s'est aperçu, donc, pour cette édition 2025,
08:57c'est que les Français, comme les ingénieurs d'ailleurs,
09:00étaient un peu dubitatifs sur la réindustrialisation.
09:03On est plus dans l'incantatoire
09:05et pas encore dans les effets de l'action politique, quoi.
09:09Quand on demande, en particulier aux ingénieurs,
09:11qu'est-ce qui bloque sur cette réindustrialisation,
09:13il y a deux sujets, deux thèmes qui reviennent.
09:16C'est d'une part la réglementation, la surréglementation,
09:19qui est un frein et un handicap au développement industriel.
09:24Et puis, deuxièmement, mais ça, vous le savez également,
09:26c'est le niveau des impôts de production
09:29qui freinent le développement des entreprises.
09:31Et ça, c'est quelque chose qui est dit.
09:35Observatoire des industries responsables,
09:38qu'elle parle à...
09:39Il y a des enjeux de décarbonation, évidemment,
09:41qui sont importants, et notamment dans les industries
09:45qui sont les plus consommatrices d'énergie.
09:48qui, c'est un levier de transformation d'image, justement,
09:52par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure.
09:54Bien sûr, parce que, de toute façon,
09:56il faut comprendre que la décarbonation de l'industrie
10:00ne se fera pas de l'extérieur.
10:02Ça ne sera pas de l'incantatoire,
10:04ça ne sera pas des discours.
10:06Ce seront les gens de l'industrie
10:08qui, progressivement, font évoluer l'industrie.
10:11Alors, ça ne se sait pas, ça ne se dit pas,
10:13c'est pas connu,
10:14mais il faut comprendre que les industriels
10:18sont très sensibles à ces sujets.
10:20Ils donnent des objectifs à leurs équipes.
10:23Les gens travaillent tous là-dessus.
10:25Alors, comme c'est sur du temps long,
10:27comme ça se fait dans, comment dirais-je,
10:30par du travail en équipe,
10:32et comme c'est fondé sur des connaissances très pointues,
10:35ça n'est pas forcément su,
10:37et ça n'est pas forcément facile à faire connaître.
10:40Mais en revanche, je connais un peu le secteur de l'aéronautique.
10:44Regardez comment, sur longue période,
10:46a évolué le niveau de consommation des avions en kérosène, par exemple.
10:51Mais c'est énorme, c'est très spectaculaire.
10:54Et ce sont bien des gens de l'intérieur qui le font.
10:57Et donc, l'industrie a besoin de compétences,
10:59a besoin d'enthousiasme et d'engagement pour se décarboner.
11:02Alors, je suis d'accord avec vous, ça vient d'abord de l'intérieur,
11:04mais il y a quand même la nécessité d'une impulsion réglementaire
11:07qui peut être française, qui peut être européenne.
11:09Si je prends l'exemple d'ArcelorMittal, de ce four que l'entreprise...
11:13Alors, l'engagement est pris, espérons que ça se fera.
11:15Il a fallu quand même que l'État EDF s'engage sur un prix d'électricité
11:20garanti, bas, pendant au moins une décennie, si je...
11:23Oui, oui, bien sûr.
11:24Mais il est normal qu'il y ait un environnement réglementaire
11:29qui soit incitatif.
11:31Mais néanmoins, n'oublions pas que les jeunes sont également sensibles
11:37à ces sujets environnementaux et ne pas traiter ces sujets environnementaux,
11:40c'est se couper de ressources qui ne viendront pas.
11:45Et donc, c'est un jeu sur lequel on doit prendre en compte
11:48l'ensemble des paramètres et les motivations des différentes parties prenantes.
11:52Merci beaucoup Stéphane Gorce, à bientôt sur Be Smart for Change.
11:56On passe tout de suite à notre Zoom, l'insertion professionnelle en question.
12:06C'est le Zoom de ce Smart Impact.
12:09On parle des enjeux du financement de l'insertion,
12:12notamment par la commande publique.
12:14J'accueille Antoine Laurent, bonjour.
12:15Bonjour.
12:15Vous êtes le directeur général de la Fédération des entreprises d'insertion.
12:18C'est quoi la Fédération des entreprises d'insertion ?
12:20Nous représentons toutes les entreprises d'insertion
12:23et les entreprises de travail temporaire d'insertion qui existent en France.
12:26Il y en a près de 2000, qui sont réparties sur tout le territoire,
12:30y compris en Outre-mer.
12:31La Fédération professionnelle qui est implantée dans toutes les régions,
12:34qui a un peu vos chapitres sur toutes les politiques liées à l'emploi
12:38et à l'insertion professionnelle des personnes éloignées de l'emploi.
12:40Alors justement, c'est la question que j'allais vous poser.
12:42De qui on parle, insertion professionnelle ?
12:46À qui s'adressent les entreprises que vous représentez ?
12:50Les entreprises d'insertion s'inscrivent dans une politique
12:52qui s'appelle l'insertion par l'activité économique,
12:54qui est assez méconnue, mais qui est déployée vraiment partout
12:59et qui est une politique importante,
13:00qui pèse plus d'un milliard, 1,4 milliard d'euros dans le budget de l'État.
13:03C'est important, c'est une des principales politiques du ministère du Travail.
13:06Les entreprises d'insertion captent 300 millions d'euros de soutien public.
13:13L'idée générale, c'est que ce sont des entreprises qui fonctionnent
13:16comme n'importe quelle autre entreprise, qui se positionnent sur des marchés
13:19principalement du service et qui ont dans leurs effectifs
13:23entre 30 et voire 60, 70 % de leurs effectifs qui sont des gens en insertion,
13:27c'est-à-dire des gens qui ont été reconnus selon certains critères fixés par la loi
13:31comme étant éloignés de l'emploi parce qu'ils sont au chômage depuis plusieurs années,
13:36parce qu'ils sont au RSA, parce que ce sont des étrangers qui viennent d'arriver,
13:39et des gens qui ont besoin d'un petit coup de pouce, de passer par une phase insas
13:44entre le chômage et pour venir se positionner ensuite sur le marché du travail.
13:49Donc c'est des gens qu'on va recruter sur un contrat spécial
13:51qu'on appelle le contrat d'insertion et qui peut durer jusqu'à deux ans maximum.
13:55Et on va les mettre en situation de travail, à 35 heures,
13:59généralement payé au SMIC ou un peu plus, et en complément de ce travail
14:02qui va déjà les mettre un peu dans le rythme, les familiariser avec la vie au travail,
14:07la vie avec des collègues, avoir des tâches et un métier particulier à apprendre petit à petit.
14:12En parallèle de ça, les financements de l'État vont nous aider à financer de la formation
14:16et aussi à financer un accompagnement socio-professionnel.
14:19Et donc ces gens qui sont dans l'entreprise toute la semaine, toute la journée,
14:23en même temps que de travailler, on va les aider à lever tout un tas de freins à l'emploi,
14:28les freins périphériques à l'emploi, qui jusqu'à aujourd'hui les empêchaient
14:31de se positionner sur le marché de l'emploi et de pouvoir postuler.
14:34Est-ce que ce sont des entreprises où on manage forcément différemment ?
14:38Oui, ce sont des entreprises qui aiment à dire qu'elles sont un peu comme les autres
14:42parce qu'elles ne veulent pas être perçues comme assistées par l'État
14:47parce que leur modèle économique est parfaitement autonome
14:50dans le sens où l'activité économique et les services que l'on propose
14:53sont d'une qualité tout à fait équivalente au marché aux autres entreprises
14:57et sur un prix équivalent et on se finance par cette activité.
15:00Mais évidemment, quand on a environ la moitié de nos personnels en insertion,
15:05on s'organise différemment parce qu'il y a un accompagnement très intense,
15:09il y a une formation à l'entrée très intense
15:10et il y a une particularité qui fait aussi la difficulté de cette mission d'insertion,
15:15c'est que les gens ne restent pas.
15:16Et vous savez, quand on investit dans du capital humain...
15:18Et l'objectif, c'est qu'il ne reste pas, d'une certaine façon, c'est ça, on est bien
15:20d'accord.
15:20Et l'objectif, c'est qu'il ne reste pas, c'est ça, on est bien d'accord.
15:21Plutôt qu'il part, mieux c'est.
15:22Ça veut dire que vous avez réussi, quoi.
15:23C'est qu'on a réussi notre mission, une mission qui est fixée par l'État.
15:27L'État nous récompense si on arrive à faire sortir les gens plus rapidement,
15:31si on arrive à leur trouver un job derrière.
15:32Donc c'est particulier d'investir dans du capital humain,
15:35d'aider ces gens autant que possible, d'investir dans leur formation
15:38pour finalement les voir partir au bout d'un an, un an et demi.
15:40Alors on va parler de la commande publique dans un instant,
15:43mais je voudrais d'abord évoquer le contexte.
15:45Vous avez publié il y a quelques semaines un baromètre de confiance
15:48des dirigeants d'entreprises d'insertion.
15:50Qu'est-ce qui en ressort ?
15:51Aujourd'hui, la politique d'insertion par l'activité économique,
15:53elle est dans une situation assez charnière,
15:57puisque depuis 2018-2019, au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
16:01il y a eu une vraie volonté très forte du gouvernement de soutenir l'insertion,
16:05considérant que c'est une politique qui a beaucoup de sens en termes de création de valeur
16:12et de soutien à l'émancipation personnelle par le travail.
16:16C'est de l'argent public bien investi, on peut dire ça comme ça.
16:18Oui, c'est de l'argent public qui est vraiment proprement investi.
16:21Parce qu'en ce moment, il n'y en a pas beaucoup d'argent public.
16:23Exactement, l'État cherche à optimiser la dépense,
16:26cherche à s'assurer que la dépense publique soit efficiente et qu'elle obtienne des résultats.
16:30L'insertion fait ses preuves depuis 40 ans que les résultats sont très bons.
16:33Il y a plus de deux tiers des personnes que l'on accueille
16:35qui arrivent à trouver une activité derrière, ce qui est énorme.
16:38Mais depuis maintenant deux ans, malgré toute la volonté
16:42qui avait été engagée au début du premier quinquennat
16:44avec un budget qui avait considérablement augmenté,
16:46depuis deux ans, les budgets baissent à nouveau.
16:48Et donc, ça crée pas mal d'inquiétudes auprès des dirigeants.
16:52Tout cela corrélé à une conjoncture qui est vraiment défavorable pour les PME,
16:56qui fait qu'on a un manque de visibilité à cause de l'instabilité politique,
16:59la situation géopolitique.
17:00Donc, il y a un niveau de confiance qui est plutôt bas.
17:04La tension se dégrade et deux tiers des dirigeants d'entreprises d'insertion,
17:07aujourd'hui, selon notre baromètre, sont inquiets, inquiets de l'avenir.
17:10Il y a la moitié qui voit que les situations se détériorent
17:13sur leur situation économique, comme n'importe quelle PME.
17:16Et aussi, on a un autre facteur que l'on constate,
17:19c'est la dégradation de la situation sociale des gens que l'on accueille.
17:22La société se précarise.
17:23Les gens qui sont au chômage ont de plus en plus de mal à se positionner sur le marché de
17:28l'emploi.
17:29Et donc, pour nous, ça nécessite un travail supplémentaire d'accompagnement
17:32qui prend plus de temps, plus d'énergie, coûte un peu plus d'argent.
17:35Et donc, on a du mal à faire entrer les gens derrière sur le marché de l'emploi.
17:39Il y a un levier qui est réel, c'est la commande publique.
17:42Est-ce que vous parlez d'un angle mort ?
17:45Ou est-ce que c'est quand même en train de prendre la lumière ?
17:48Oui, ça prend la lumière.
17:50Il y a eu une volonté politique qui, aujourd'hui, commence à se concrétiser doucement.
17:54On est à un stade embryonnaire.
17:56La commande publique a souvent eu cette vertu d'essayer de concilier
18:03achat de services par des collectivités ou par l'État,
18:07efficient économiquement, d'une qualité de service importante,
18:10et de le concilier aussi, essayer de l'aligner avec des politiques publiques
18:12qui sont menées par ces acteurs-là.
18:13Mais depuis maintenant quelques années,
18:16notamment depuis la loi Climat et Résilience,
18:17où il y a eu une nouvelle obligation qui est rentrée
18:19sur le fait que les collectivités qui ont des gros portefeuilles de commandes,
18:23plus de 50 millions d'euros, sont obligées de mettre en place un plan
18:26de commande publique responsable, qu'on appelle ESPASER.
18:29Donc, schéma de promotion des achats socialement, écologiquement responsables.
18:32Voilà, un bel acronyme comme l'État s'est inventé.
18:35Comment c'est écrit.
18:36Et qui a vocation à fixer des objectifs de commande responsable
18:39sur le plan social et écologique,
18:42et donc à établir une feuille de route, une stratégie.
18:44Alors, on a constaté, on a fait des petites recherches
18:46en amont des élections municipales,
18:48démontrant que 9 collectivités sur 10,
18:51sur les grosses collectivités, ont mis en place ESPASER,
18:53ce qui est une très bonne chose.
18:54Donc, la loi commence à vraiment rentrer en vigueur.
18:57Après, quand on regarde dans les détails,
18:59malheureusement, toutes les collectivités n'ont pas encore un plan
19:01qui soit vraiment parfaitement opérationnel.
19:04Et c'est là où il y a encore un progrès à faire.
19:07Donc, la loi climat-résilience va avoir une nouvelle étape
19:10d'entrée en vigueur,
19:13puisqu'à l'automne prochain,
19:15il y aura une obligation de mettre en place des clauses sociales
19:18sur quasiment tout le spectre de la commande publique.
19:22Et donc, à partir de là,
19:23les entreprises d'insertion pourront prétendre
19:25se positionner sur ces marchés-là,
19:27sur ces marchés publics.
19:28Mais il reste encore du chemin, puisque...
19:30Ça veut dire que c'est assez inégalement réparti sur le territoire ?
19:33On a constaté des collectivités qui sont assez précurseuses.
19:37On a regardé l'espace air et les actions à Nantes,
19:42à Angers, à Brest, à Rennes, à Strasbourg,
19:44qui sont vraiment en pointe.
19:47Donc, collectivités de droite comme de gauche, d'ailleurs.
19:49Il n'y a pas toujours de ligne là-dessus.
19:52Ce qu'on constate, et les progrès à avoir,
19:53c'est que malheureusement, les collectivités
19:55appréhendent ce sujet de manière un peu nouvelle.
19:58Et on a du mal à concrétiser le fait
20:00que lorsqu'une collectivité lance un marché public,
20:04et souhaite l'aligner avec sa politique sociale,
20:07il dit « je vais mettre ce qu'on appelle une clause d'insertion »,
20:09c'est-à-dire qu'il dit « ceux qui répondent à mon marché,
20:11je vous impose de recruter dans votre personnel
20:14des gens qui sont éloignés de l'emploi,
20:16qui vivent dans des quartiers prioritaires de la ville,
20:18qui vivent dans des zones ultra-rurales ».
20:21Mais malheureusement, les entreprises d'insertion
20:23qui sont spécialisées là-dedans,
20:24c'est un vrai savoir-faire
20:26de faire travailler des gens qui sont éloignés de l'emploi,
20:29ne sont pas toujours sollicités par les collectivités,
20:31les marchés ne sont pas toujours très bien écrits,
20:34et il y a un peu un côté « checkboxing »,
20:36c'est-à-dire que c'est bon,
20:37on a X personnes qui sont des quartiers prioritaires,
20:39c'est bon, on a fait le travail d'insertion.
20:40Mais non, prendre quelqu'un dans un quartier,
20:42ça ne suffit pas, il faut aussi l'accompagner.
20:43On va revenir sur ces freins,
20:45comment les lever lesquels,
20:47et puis comment les lever auprès des collectivités locales,
20:49des municipalités,
20:50mais est-ce que vous êtes en concurrence
20:51avec les entreprises qui font de l'écologiquement responsable ?
20:56Vous voyez ce que je veux dire ?
20:57Est-ce que dans une mairie,
20:59on se dit « bon alors je fais quoi ?
21:00Je fais plutôt du social ou plutôt de l'environnement ? »
21:02Disons que les critères sociaux
21:05et les critères environnementaux
21:06qui sont parfaitement complémentaires
21:09et parfois liés,
21:10on est capable de faire les deux en même temps
21:11parce que c'est les mêmes moyens
21:13pour arriver aux finalités différentes.
21:16Après, c'est un choix des collectivités
21:17de pondérer les deux comme elles le souhaitent.
21:19Donc dans son marché public,
21:20elle va dire « moi je souhaite aller à fond sur le social,
21:22peut-être certaines vont mettre un peu moins d'énergie
21:24sur l'écologique »
21:25ou l'inverse.
21:26L'idéal évidemment,
21:27c'est d'aller à fond sur les deux.
21:28L'avantage, c'est que les entreprises d'insertion
21:29sont souvent sur des secteurs d'activité
21:32qui sont vraiment en transition
21:34et qui se positionnent,
21:35parce que c'est aussi l'ADN des chefs d'entreprise d'insertion
21:38de faire en sorte
21:39qu'au-delà de la mission sociale,
21:40ils soient écologiquement vertueux.
21:42Donc il n'y a pas vraiment de concurrence.
21:44Si on regarde les marchés
21:45les plus importants
21:47sur lesquels on se positionne
21:49en commande publique,
21:49c'est par exemple
21:50tout ce qui est la gestion des déchets
21:51qui par nature
21:53est imbriquée dans les enjeux écologiques,
21:56la gestion des espaces verts,
21:58le nettoyage des locaux,
22:00des locaux administratifs,
22:01des écoles,
22:01le nettoyage des rues.
22:03Après, il y a d'autres secteurs
22:04comme le numérique,
22:05comme le bâtiment,
22:06notamment le second œuvre.
22:07Donc tous ces secteurs-là,
22:09évidemment,
22:09on se met en concurrence
22:10avec des entreprises conventionnelles,
22:11notamment des grands groupes
22:12qui sont souvent très concurrentiels,
22:14mais on a ce petit bonus,
22:15ce petit plus
22:16qu'on offre à des collectivités,
22:17en plus de faire le job correctement
22:20et à un prix tout à fait abordable,
22:22eh bien on aide les gens
22:23de votre territoire
22:24à sortir de la précarité.
22:25Et c'est un objectif des élus
22:28et quand ils font leur bilan
22:30six ans après leur élection,
22:31évidemment,
22:32ça rentra en ligne de compte.
22:33Les freins à lever,
22:34parce que vous nous avez dit
22:36qu'on était plutôt
22:36dans une période
22:37de baisse d'emploi
22:42ou d'embauche
22:43liée aux entreprises d'insertion.
22:45Quels freins vous ressentez ?
22:46Restons sur la thématique
22:47des collectivités locales.
22:49Quel mot vous employez
22:50pour convaincre un maire ?
22:51Vous voyez ce que je veux dire ?
22:54On est là pour venir concilier
22:56toutes ces politiques publiques.
22:57Parce que, comme je disais,
23:00une politique d'achat,
23:01c'est pas rien dans le budget
23:03d'une collectivité.
23:04C'est un levier,
23:05c'est un vrai levier.
23:05Qui est un peu méconnu.
23:06C'est un peu un angle mort.
23:08C'est pas tant l'insertion
23:09qu'est l'angle mort,
23:09c'est la commande publique
23:10qui est un angle mort.
23:10Quand vous avez des élus
23:11qui prennent position,
23:12ce qui est le cas en ce moment,
23:13avec tous les nouveaux
23:14conseils d'administration,
23:14enfin les conseils municipaux
23:16et métropolitains
23:17qui se mettent en place,
23:18on va regarder les budgets,
23:19on va regarder les grands projets
23:20qui sont connus de tous.
23:21Mais la commande publique,
23:22c'est pas très connu.
23:24Et donc, les élus le découvrent
23:25alors que c'est une grosse enveloppe.
23:27Vous savez, ça pèse
23:2832 milliards d'euros par an
23:30à l'année,
23:31la commande publique des collectivités.
23:32Ça représente un tiers
23:33de la commande publique
23:34à l'échelle nationale.
23:35C'est quand même
23:35une énorme somme.
23:37Et donc, il y a un enjeu
23:38pour les élus
23:38à optimiser cette commande publique.
23:40D'abord, sur le plan
23:41purement économique,
23:43faire en sorte qu'ils sollicitent
23:44des entreprises
23:44qui font le travail correctement
23:47et pas forcément, du coup,
23:49financer des entreprises
23:50qui vont s'engraisser
23:51avec des bonnes marges
23:52et parfois faire évaporer
23:54les marges ailleurs.
23:54Et puis, surtout,
23:55de faire en sorte
23:56que lorsqu'on alimente
23:57une entreprise
23:58pour avoir un service,
24:00ça reste dans le territoire.
24:01Oui, c'est le tissu local
24:02qu'on va bien...
24:03Alimenter le tissu local,
24:04ne pas faire partir
24:04l'agent ailleurs.
24:06Et ça, les entreprises d'insertion,
24:07ce sont vraiment souvent
24:08des TPE, PME
24:09très implantées localement
24:10et qui vont savoir
24:12solliciter un personnel
24:13et un écosystème économique
24:15très, très local.
24:15Donc, c'est tout bénef
24:16pour une collectivité
24:17qui vraiment alimente
24:20sa propre économie locale
24:21et c'est tout à fait vertueux.
24:22Mais alors,
24:22je vais terminer
24:23par une question
24:23peut-être un peu plus compliquée
24:25parce qu'il y a à la fois
24:26les subventions au départ
24:27et la commande publique
24:29à l'arrivée.
24:30Ça rend quand même
24:30votre secteur,
24:32vos entreprises dépendantes
24:34de l'argent public.
24:36C'est une petite fragilité quand même.
24:38Ce qui nous rend dépendants,
24:39c'est le fait d'avoir fait le choix
24:41de faire une mission d'insertion.
24:42Une entreprise d'insertion
24:45pourrait, du jour au lendemain,
24:46ou en tout cas en changeant
24:47un peu sa manière de s'organiser,
24:49mais pourrait tout à fait choisir
24:50de continuer de faire son travail
24:52sans faire d'insertion.
24:53Oui, c'est vrai.
24:53Parce que la subvention ne finance
24:56que l'accompagnement
24:57des gens en insertion.
24:59Vous avez par exemple
25:00dans nos entreprises
25:00des gens qu'on appelle
25:01des CIP,
25:02des conseillers d'insertion professionnelle,
25:03qui ne font que ça
25:04et qui sont financés
25:05par cette subvention.
25:06Sans cette subvention,
25:07on pourrait recruter des gens
25:08en CDD ou en CDI
25:10comme n'importe quelle entreprise
25:11et continuer de faire notre travail.
25:12Donc on n'est pas tant dépendants
25:13que cela.
25:14C'est juste que si l'État
25:15réduit la voilure
25:16sur le budget de l'insertion,
25:18malheureusement,
25:19on ne peut pas recruter
25:20autant de personnes
25:21que l'on souhaiterait en insertion
25:22et c'est dommage pour l'État.
25:23Après, la commande publique,
25:24on n'en est pas dépendants
25:26puisqu'on répond à plein d'autres marchés
25:28avec des acteurs privés,
25:29aussi avec des particuliers.
25:30Mais c'est juste
25:31que c'est un vecteur
25:32qui a tout son sens,
25:33que ce soit sur le plan économique
25:34ou sociétal.
25:35Merci beaucoup Antoine Laurent.
25:37A bientôt sur Bismarck for Change.
25:39C'est l'heure du grand entretien
25:40de ce Smart Impact.
25:42Comment concilier pêche professionnelle
25:45et préservation de l'océan.
25:53Smart Ideas avec Marine Vandenbuche.
25:54Bonjour.
25:55Bonjour.
25:55Bienvenue.
25:56Vous êtes la fondatrice de Smoon.
25:58C'est une marque de lingerie
25:59que vous avez créée en 2019.
26:00Alors, je veux bien qu'on remonte à l'origine.
26:02C'était quoi l'idée de départ,
26:04l'ambition quand vous avez créé Smoon ?
26:05Quand on a créé la marque,
26:07on est parti d'un constat assez simple.
26:08C'était que toutes les femmes
26:10ressentaient une certaine appréhension,
26:12quelle que soit la période de leur cycle.
26:13La peur de la tâche,
26:15de la fuite,
26:16du regard des autres
26:16ou juste la sensation
26:18de ressentir un certain inconfort.
26:20Et ça, ça crée une forme de charge mentale
26:23qui est permanente.
26:24Alors, on est parti de ce constat
26:26assez concret pour se dire
26:28comment on va pouvoir permettre aux femmes
26:29de ne plus y penser.
26:30Et c'est là que l'idée est née.
26:32Alors, on a commencé avec une gamme
26:33de culottes menstruelles.
26:35Et puis, la gamme s'est étoffée
26:36parce que finalement,
26:37ce n'est pas juste les règles,
26:38juste une semaine par mois.
26:40On s'adresse aussi aux petites pertes du quotidien,
26:42aux fuites urinaires à l'effort,
26:43à la transpiration, au postpartum.
26:45Et on se rend compte qu'en fait,
26:46toutes les femmes sont concernées.
26:47Donc, ce sont des culottes menstruelles.
26:49Il n'y a pas que ça dans la gamme,
26:50mais des culottes menstruelles
26:51qui viennent remplacer des protections,
26:54c'est ça ?
26:55Tout à fait.
26:55Ce sont des sous-vêtements
26:56ou des vêtements techniques.
26:57Alors là, vous vous avez référencé
26:58effectivement aux culottes menstruelles
26:59qui ont une partie technique,
27:01donc vraiment comme un vêtement de sport
27:03qu'on est venu développer
27:06avec un ingénieur textile.
27:07C'est quand même deux ans de R&D
27:08autour de ces produits
27:09et qui vont totalement remplacer
27:11les autres protections jetables.
27:12Donc, il y a quand même un intérêt,
27:14on va parler du confort,
27:16de performance,
27:16mais aussi d'avoir des produits
27:17qui sont plus respectueux
27:18de l'environnement
27:19et aussi de la santé des femmes.
27:20Évidemment.
27:21Alors, sur la santé, on y reviendra,
27:22mais sur l'environnement,
27:24évidemment, il y a beaucoup moins
27:25qu'en fait le bilan carbone
27:26de votre activité
27:27par rapport à des protections habituelles.
27:30Ça donne quoi ?
27:31Alors, aujourd'hui, on l'a mesuré.
27:33On a été accompagné de l'ADEME,
27:35donc de l'Agence de transition écologique,
27:38pardon, pour mesurer l'impact.
27:40Parce qu'on sait qu'on est
27:40sur un produit réutilisable et lavable.
27:42On a mesuré à peu près sa longévité,
27:44mais aujourd'hui, on arrive à dire
27:45qu'on est sur un produit
27:46qui est trois fois moins polluant
27:47que les protections jetables.
27:50Donc, en termes d'émissions de CO2,
27:52d'éutrophisation des eaux,
27:53enfin, sur toutes ces valeurs-là.
27:55Donc, nous, c'est des choses
27:56qui nous animent.
27:57Oui.
27:57Alors, de votre côté
27:58et du côté des clientes,
28:00est-ce que c'est un argument d'achat ?
28:03Oui.
28:04Alors, il y a beaucoup de...
28:05C'est marrant parce qu'au début,
28:06il y a eu l'argument.
28:07C'est peut-être pas le premier, quand même.
28:08Pour certaines, si.
28:09Il y avait vraiment...
28:10En plus, on s'est lancé en 2019.
28:12Il y a eu le Covid qui est arrivé après.
28:13Et je pense qu'il y a eu
28:15une certaine conscience écologique
28:16qui a été de plus en plus présente
28:18chez certaines femmes.
28:19C'était le bon moment d'essayer
28:20le produit à la maison.
28:21Et donc, plusieurs choses
28:22se sont combinées.
28:23Mais aujourd'hui,
28:24dans la vie d'une femme,
28:25c'est entre 11 000 et 15 000 protections
28:27qu'on va jeter.
28:28C'est énorme
28:29de pouvoir se dire
28:30qu'on va éviter ces déchets.
28:31Alors, la culotte,
28:32elle ne va pas accompagner la femme
28:33pendant 40 ans de sa vie.
28:35Mais une culotte,
28:35c'est 5 ans à peu près
28:37de durée de vie.
28:37Donc, c'est non négligeable.
28:39Et alors, pour la santé des femmes,
28:40là aussi,
28:41quels sont les bienfaits,
28:42les différences ?
28:43Alors, déjà,
28:43on évite une protection interne
28:45qui n'est quand même pas très bonne.
28:46Et surtout, aujourd'hui,
28:47nous, on a à cœur
28:48d'utiliser des produits,
28:49des matières
28:50qui sont certifiés Ecotex,
28:52qui sont sans PFAS,
28:53donc qui n'ont vraiment
28:54aucun impact
28:55sur la santé des femmes.
28:57Et ça, c'est des choses pareilles
28:58qu'on mesure.
28:59Je parlais des PFAS
29:00qui ont été un grand sujet récemment.
29:02Ces polluements éternels,
29:03mais qui sont aussi très nocifs
29:05pour nous.
29:07Et qu'on a voulu
29:08être sûrs de l'absence
29:10dans les matières qu'on utilise.
29:12Dès les premiers jours,
29:15parce que les PFAS,
29:16c'est vrai qu'on en parle beaucoup
29:17en ce moment.
29:18On parle d'une bombe à retardement
29:20parce qu'on a du mal
29:21à les éliminer
29:23de nos stations d'épuration.
29:25Mais vous y pensiez
29:26dès le début,
29:27dès 2019-2020 ?
29:28L'EPIFAS, non,
29:29mais la certification Ecotex,
29:30qui est quand même
29:31une certification
29:31qui nous permet
29:33d'avoir gage de sécurité
29:35sur le fait qu'on n'utilise
29:36aucun produit chimique nocif.
29:38Donc l'EPIFAS en faisait partie.
29:39Aujourd'hui,
29:40on parle de certains seuils.
29:41C'est pour ça qu'on a voulu
29:42en avoir le cœur net
29:42et faire des tests complémentaires
29:44quand le sujet a popé.
29:46Vous avez choisi
29:48de devenir une marque
29:49certifiée Bicorp,
29:51choisi et c'est en même temps
29:52un défi à relever.
29:53C'est compliqué ?
29:55Oui, c'est compliqué.
29:57Surtout que
29:58on était la première marque
30:00de culotte Montréal
30:01à être certifiée Bicorp.
30:02C'est un audit
30:02qui est très rigoureux,
30:03qui nous a pris beaucoup de temps.
30:04On est une petite équipe.
30:05Aujourd'hui, on est 15,
30:06mais à l'époque,
30:06je pense qu'on était encore 5
30:08dans l'équipe.
30:08Donc ça nous a pris
30:09beaucoup de temps.
30:10Et puis ça demande
30:10un engagement
30:11de tous nos partenaires
30:12puisque c'est vraiment
30:12toute la chaîne de valeur
30:13qu'on va venir regarder.
30:15Pour nous,
30:15c'était aussi un objectif
30:16d'avoir une roadmap
30:17et une certaine ligne d'horizon
30:19de comment on voulait
30:20faire grandir la marque.
30:22On sait qu'on est
30:23sur des produits lavables
30:24et réutilisables,
30:25mais notre engagement,
30:26on va dire,
30:27écologique,
30:28il allait plus loin,
30:29que ce soit sur les fournisseurs
30:31avec qui on a travaillé,
30:32tout le transit de nos matières,
30:33le packaging qu'on allait avoir.
30:35Et donc ça,
30:35c'était important
30:36de pouvoir le mesurer
30:37sur des socles très...
30:40C'est un outil de progression aussi
30:41parce qu'il faut améliorer la note.
30:43Il faut améliorer la note.
30:44Sinon, on perd sa certification.
30:45Donc il faut pouvoir l'améliorer.
30:46Cette année,
30:47on est en recertification Bicorp.
30:50Vous avez identifié
30:51les leviers sur lesquels travailler
30:52pour améliorer la note ?
30:53Oui,
30:54il y a toute la partie
30:55fin de vie de nos produits.
30:57On sait qu'aujourd'hui,
30:58un produit va être utilisé 5 ans,
31:00mais qu'est-ce qu'on en fait après ?
31:01On travaille aujourd'hui
31:02avec des organismes
31:03sur le don,
31:05sur toute la partie
31:08upcycling
31:08de la filière textile,
31:09qui est un gros sujet
31:10et qui n'est pas simple.
31:11L'engagement de nos fournisseurs,
31:13diminuer les déchets,
31:14enfin toute la partie matière,
31:15donc optimiser nos plans
31:16de couple, etc.
31:17pour jeter moins de matière.
31:19Donc oui,
31:20il y a pas mal de choses
31:20sur lesquelles on travaille.
31:22Merci beaucoup Marine Vandenbuche
31:23et bon vent à SMOUN.
31:25Merci.
31:25Voilà, c'est la fin
31:26de ce Smart Impact.
31:27Merci à toutes et à tous
31:28de votre fidélité.
31:29A très vite
31:30sur la chaîne
31:31des audacieuses
31:31et des audacieux.
31:33Salut !
Commentaires

Recommandations