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  • il y a 2 jours
Mardi 2 juin 2026, retrouvez Pierre Duvernoy (directeur d'exploitation, Plurial Novilia), Virginie Seghers (cofondatrice, Prophil), Virginie Delay (Directrice RSE, SGH Medical Pharma) et Simon Peyronnaud (Cofondateur, Losanje) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de notre
00:13économie.
00:13Et voici le sommaire, c'est Virginie Delay, la directrice RSE de SGH Medical Pharma, qui sera l'invité du
00:19grand entretien tout à l'heure, 26 minutes,
00:21pour comprendre comment ce groupe français qui fabrique des dispositifs médicaux fait baisser son empreinte carbone
00:27et s'adapte aux pénuries de matières premières.
00:30Mais d'abord, je reçois Pierre Duvernois, qui est directeur d'exploitation chez le bailleur social Plurial Novilia.
00:36Il va nous emmener dans la Marne visiter le premier immeuble de logement imprimé en 3D béton sur site.
00:43Dans notre Zoom, on découvrira le rôle des fondations actionnaires, qui ont un rôle majeur dans la transmission d'entreprises.
00:50Près de 500 000 doivent changer de main dans la décennie à venir.
00:53Et puis comme chaque jour, on met, vous le savez, une start-up à l'honneur.
00:55Je vous présenterai Losange, qui veut faire passer l'upcycling à l'échelle industrielle.
00:59Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:07L'invité de ce Smart Impact, c'est Pierre Duvernois. Bonjour.
01:10Bonjour.
01:11Bienvenue, vous êtes directeur d'exploitation chez le bailleur social Plurial Novilia.
01:14On va commencer par présenter Plurial Novilia.
01:16Donc Plurial Novilia, on fait partie du groupe Action Logement.
01:19On est basé à Reims, dans la Marne, dans le 51, et on intervient du nord des Ardennes jusqu'à
01:25l'est de l'Île-de-France.
01:26On a 39 000 logements en patrimoine et on fait de la gestion locative de logements et de la construction
01:33de logements et de la réhabilitation.
01:35Uniquement des logements sociaux ou tout type de logements ?
01:38Non, on a tout un panel.
01:40Donc notre activité principale, c'est le logement social, mais on fait également de l'accession, des maisons en accession.
01:46On a vraiment tout le panel de logements à proposer au sein de notre entreprise.
01:52Double question.
01:53Un, le marché du logement en général.
01:55On a des retours qui sont quand même compliqués depuis un certain nombre de mois, voire plus d'une année.
02:00Où il en est aujourd'hui ?
02:02Et puis dans ce marché-là, le marché des logements sociaux, comment il se porte ?
02:04Donc le marché en accession est compliqué actuellement.
02:06On a du mal à vendre nos logements.
02:10Ensuite, côté locatif, nous, on réfléchit sur 50 ans.
02:14Donc on est un peu moins sujet aux problématiques actuelles.
02:20On a une vision à long terme.
02:22Donc on continue notre développement comme on l'a toujours fait depuis que Pluriel existe.
02:27Alors vous êtes venu parce qu'on voulait parler d'un projet, c'est plus qu'un projet.
02:31Un premier immeuble de logement imprimé en 3D béton.
02:37C'est une première en France, c'est ça ?
02:38Même en Europe.
02:39Même en Europe.
02:40Alors il ressemble à quoi ?
02:41Donc c'est dans la Marne, on est dans l'agglomération de Reims, c'est ça ?
02:44Voilà, tout à fait.
02:44À Bezanne.
02:45Il ressemble à quoi cet immeuble ?
02:46Donc cet immeuble, c'est un immeuble de 12 logements qui fait 800 mètres carrés
02:50et qui est donc dans l'agglomération hauremoise à Bezanne.
02:53À Bezanne, c'est là où il y a la gare TGV, où il y a la clinique Cour-Lancy.
02:58Donc c'est une commune dynamique qui a toujours été à la pointe de l'innovation,
03:02où on a déjà fait d'autres projets innovants par le passé et où on a continué avec un nouveau
03:08projet innovant.
03:09C'est un immeuble de logement, de logement social ?
03:12Quelles sont les caractéristiques ?
03:13Qui va y loger, a priori ?
03:14Donc c'est un immeuble de logement social.
03:16Donc voilà, c'est 12 logements sociaux.
03:19Donc après, ça sera des clients locataires qui sont déjà rentrés dans le bâtiment.
03:25Alors évidemment, moi j'ai une curiosité de base, c'est comment ça marche l'impression 3D béton.
03:31Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la machine est sur place, elle est sur le site ?
03:35Comment ça fonctionne ?
03:36Oui, tout à fait, la machine est sur le site.
03:38Donc en fait, il faut revenir un peu sur la jeunesse du projet.
03:40On a commencé par une première expérience sur un écoquartier à Reims, à Rémavert,
03:46où on a construit cinq maisons en impression 3D.
03:49Sauf que l'impression 3D, on avait fait, l'impression 3D se déroulait hors site à Rungis.
03:55Donc après, c'était comme des pré-murs, des murs préfabriqués qu'on transportait depuis Rungis
04:00et qu'on venait assembler sur site.
04:02Là, on a voulu passer le cap supérieur.
04:05Donc on a imprimé sur site notre immeuble.
04:08Donc c'est-à-dire que vous avez un gros portique avec une imprimante.
04:11Et cette imprimante imprime les murs tout en allant sur le site.
04:18Un portique, je veux juste qu'on essaye de visualiser.
04:22Ça doit être assez gigantesque.
04:24Ça doit pouvoir faire un mur complet, c'est ça ?
04:26Donc déjà, le portique, obligatoirement, il fait la taille de l'immeuble.
04:30Donc il faut bien que l'imprimante, elle passe au-dessus de l'immeuble.
04:32Donc voilà, le portique, il est aussi grand que l'immeuble.
04:35Et ensuite, l'imprimante peut coulisser dans les axes X et Y
04:42pour pouvoir réaliser l'impression.
04:46Bon, je commence à visualiser, à comprendre comment ça marche.
04:48Quels avantages, ça, l'impression 3D ?
04:50Donc le gros avantage de l'impression 3D, c'est déjà de changer l'image du boulot de maçon sur
04:56site.
04:57Parce que c'est vrai que le boulot de maçon, il ne fait pas toujours rêver.
05:00C'est des boulots pénibles physiquement.
05:03Voilà, donc on a voulu, on voudrait améliorer ce boulot.
05:10Et donc on a essayé de trouver des solutions pour améliorer les techniques de construction.
05:16Donc là, vous avez un opérateur avec une tablette numérique,
05:18un autre opérateur qui regarde comment le robot tourne
05:21et un autre opérateur qui met des liaisons entre les murs.
05:25Donc c'est plus du tout le même travail.
05:27Il y a beaucoup moins de bruit, il y a beaucoup moins de poussière,
05:31il y a beaucoup moins de désagréments, ça change complètement l'image de la construction.
05:36Et je pense que ça peut redonner envie à certains jeunes de venir dans notre secteur.
05:41Parce que c'est vrai qu'on est un peu en manque d'attractivité
05:43et on a du mal à recruter dans notre secteur.
05:46Alors est-ce qu'il n'y a pas aussi beaucoup moins de maçons ?
05:48C'est-à-dire que pour construire cet immeuble 3D, il y a beaucoup moins de main-d'oeuvre forcément
05:52?
05:52Il y a deux fois moins de main-d'oeuvre.
05:54On peut voir la question de deux façons.
05:57C'est dommage, sauf que vous venez de nous dire qu'il y avait des difficultés de recrutement.
06:01En fait, les entreprises, à peu près 30% des entreprises recherchent à recruter actuellement.
06:06Donc on a une pénurie de main-d'oeuvre en France pour les métiers de construction
06:10qui ont des difficultés à attirer.
06:13Donc le fait de pouvoir rendre le métier plus facile
06:18et aussi de le rendre un petit peu plus attrayant, un peu plus dans l'air du temps,
06:22ça va permettre de compenser ce problème.
06:27Alors il y a aussi évidemment l'aspect environnemental.
06:30J'imagine que vous avez modélisé l'impact environnemental d'un immeuble
06:37construit comme ça sur site avec une imprimante 3D
06:39et puis soit le système de construction hors site dont vous nous parliez tout à l'heure
06:44soit le système à l'ancienne.
06:46En fait, là sur le projet, on a fait un immeuble de 12 logements en impression 3D
06:50et un immeuble juste à côté de 18 logements en construction traditionnelle.
06:54Donc de ce fait, on a pu comparer les deux méthodes
06:57et on a pu voir quelle était la méthode la plus efficace
07:01et quelles étaient les différences entre les deux méthodes.
07:04Donc le projet...
07:05Sur l'aspect, on va dire bilan carbone déjà, qu'est-ce qu'on peut en dire ?
07:09Donc sur le bilan carbone, on utilise à peu près 10% de béton en moins en impression 3D
07:14et on a utilisé un béton bas carbone.
07:17Donc en gros, par rapport à un béton classique, on gagne 30% au niveau du bilan carbone.
07:22Ensuite, en termes de délai, on a mis 12 mois pour construire le bâtiment hors infrastructure,
07:29donc le bâtiment en impression 3D.
07:30On a mis 15 mois pour construire le bâtiment à côté en structure traditionnelle.
07:37Donc les trois mois gagnés ont été sur la période du gros œuvre
07:41puisque ça a été beaucoup plus vite en impression 3D qu'en traditionnelle.
07:44Ce n'est pas lié au nombre de logements à construire ?
07:46Non, ça ne change pas grand-chose.
07:47Ça n'aurait pas changé grand-chose.
07:49Il y a aussi la question des transports, forcément, qui rentrent dans le bilan.
07:52Oui, tout à fait.
07:53Donc quand vous construisez des logements traditionnels en béton armé,
07:59vous avez les toupies qui partent de la centrale et qui viennent vous livrer sur le chantier,
08:03que là, le mixte se fait sur site et ensuite il est injecté dans la primante par des tuyaux.
08:10Quels freins peuvent aujourd'hui limiter ?
08:13Parce que là, vous nous décrivez une technique qui est vraiment une technique,
08:16j'allais dire d'avenir, d'aujourd'hui, mais potentiellement d'avenir.
08:20Quel frein vous voyez ?
08:21C'est le coût. Pour le moment, c'est le coût.
08:23Ça coûte plus cher ?
08:23On est 30% plus cher qu'une construction traditionnelle.
08:27Voilà, tout à fait, c'est un vrai frein.
08:29Mais avec le temps, ça va s'améliorer
08:31puisque déjà, on pensait imprimer en 50 jours, on a imprimé en 34 jours.
08:36Donc ça veut dire qu'on a été beaucoup plus vite à imprimer que ce qu'on pensait.
08:41Donc obligatoirement, l'entreprise va le chiffrer moins cher.
08:44Également, entre le premier mur qu'on a imprimé et le dernier mur qu'on a imprimé,
08:48on a été 35% plus rapidement.
08:51Donc de ce fait, pareillement, ça va coûter un peu moins cher.
08:54Il fallait apprendre à utiliser la machine en quelque sorte ?
08:56Il fallait apprendre à utiliser la machine, à utiliser le mixte,
08:59à voir comment ça allait se passer.
09:01Les entreprises, elles chiffrent le risque aussi.
09:03Quand elles ne connaissent pas une façon de faire,
09:05obligatoirement, elles vont chiffrer le risque
09:07et prendre de la marge pour pallier à cette marge
09:11puisque le marché est global et forfaitaire.
09:14Pour l'instant, c'est plus cher.
09:15Est-ce que vous diriez qu'à l'avenir, ça pourrait rendre la construction moins coûteuse ?
09:20C'est notre objectif d'arriver au même prix que le traditionnel déjà.
09:23Donc on va lancer une autre opération dans la foulée en 2027
09:29pour essayer d'approcher le prix du traditionnel.
09:33Déjà, si on arrive au prix du traditionnel, ça sera très bien.
09:37Vous le faites pourquoi ?
09:38Est-ce que c'est un engagement environnemental de Plurial Novilia ?
09:41Est-ce que c'est une logique d'innovation, de recherche et développement
09:45qui consiste à dire qu'il faut qu'on invente le bâtiment du futur ?
09:48C'est une logique d'innovation.
09:49Plurial Novilia a toujours innové et vraiment, on est pionnier dans cet état d'esprit.
09:57Et un bailleur social, comme je vous l'ai dit au début, on investit sur le long terme.
10:02Donc nous, nos opérations, c'est sur 50, 60 ans qu'on les rentabilise.
10:06Donc si nous, on n'essaye pas d'innover, qui va le faire ?
10:10Ce n'est pas un promoteur qui doit toucher sa marge à la fin de l'opération.
10:15Ça peut vraiment être que les bailleurs sociaux qui peuvent innover,
10:18qui ont les moyens financiers de pouvoir payer peut-être un petit peu plus cher à un moment
10:21pour trouver de nouvelles solutions.
10:24Vous le disiez, c'est une première européenne.
10:26Ça veut dire que vous avez été espionné ?
10:29Il y a d'autres acteurs du secteur qui sont venus voir un peu comment vous faisiez ?
10:33Déjà, on avait une équipe européenne, puisqu'il y avait Perry, il était allemand.
10:39Le fabricant de béton, c'était Holstim Larfarge.
10:42Donc on avait une équipe européenne qui nous a aidés, qui nous a suivis dans ce projet.
10:49Donc après, on a été suivis, mais je ne pense pas espionnés.
10:53Non, mais c'était une boutade.
10:55Mais derrière cette question, il y a l'hypothèse de voir des chantiers comme le vôtre se démultiplier, en fait.
11:03Oui, tout à fait. Je pense que ça va se démultiplier en Europe.
11:08Après, c'est quelque chose qu'il faut reproduire.
11:11Et plus on va le reproduire, et plus on va arriver au coût du traditionnel.
11:15Avec, dernière question, ce portique, c'est ça ?
11:18Il est réutilisable, mais pour des immeubles d'un même gabarit, si j'ai bien compris ?
11:25Il est réutilisable. Après, un portique, au final, c'est des éléments assemblés.
11:29Donc vous pouvez le faire plus ou moins large, plus ou moins grand.
11:32Il n'y a pas vraiment de contraintes.
11:34Ça veut dire qu'il est démonté à la fin du chantier ?
11:35Il est démonté à la fin du chantier, et après, il est réutilisé sur un autre chantier.
11:39Après, les immeubles ont fait quand même un gabarit un peu toujours similaire.
11:43Puisqu'on part du sous-sol, vous avez votre place de parking,
11:45vous avez la circulation entre les places de parking,
11:48et l'autre place de parking de l'autre côté.
11:50Donc au final, nos immeubles, en termes de largeur, sont souvent à peu près identiques.
11:55Donc on va pouvoir réutiliser.
11:57Ça veut dire que vous avez déjà le prochain immeuble en 3D dans les tuyaux ?
12:01Pour le moment, on est en train de chercher le terrain où on peut le faire
12:05et trouver une commune qui est volontaire et qui est prête à nous accompagner dans cette innovation.
12:11J'imagine qu'il y avait pas mal de passants qui devaient s'arrêter et se dire « mais qu
12:14'est-ce qu'ils font là ? »
12:15Ah oui, tout à fait, ça fait énormément parler.
12:18Ça nous a intrigué les habitants de Beusanne.
12:20Merci beaucoup d'être venus nous présenter cette première européenne,
12:25donc un immeuble impression 3D dans la marme, dans l'agglomération de Reims.
12:30À bientôt Pierre Duvernois sur Bissarra.
12:31Merci à vous.
12:32On passe au Zoom de ce Smart Impact.
12:34On va parler des fondations actionnaires, l'enjeu majeur de la transmission d'entreprises,
12:40500 000 entreprises qui vont devoir changer de main dans les 10 prochaines années.
12:51Le Zoom de ce Smart Impact, on parle des fondations actionnaires avec Virginie Seguers.
12:56Bonjour.
12:57Bonjour à vous.
12:57Bienvenue.
12:58Vous êtes cofondatrice de Profil, fondatrice de la communauté.
13:00De facto, avant d'expliquer ce que sont les fondations actionnaires,
13:04je veux bien que vous nous présentiez d'abord Profil.
13:06Alors Profil, c'est une entreprise à mission qui est indépendante.
13:10C'est à la fois un cabinet de conseil en stratégie et un centre de recherche.
13:15Et notre particularité, c'est d'être dédié intégralement à la contribution des entreprises au bien commun.
13:22Ce qui est un vaste sujet, vaste programme et qui rejoint beaucoup des thématiques dont on parle dans cette émission.
13:29La communauté de facto, c'est quoi ?
13:31Alors la communauté de facto, cela signifie la dynamique européenne en faveur des fondations actionnaires.
13:37Et c'est un mouvement que j'ai fondé il y a maintenant 8 ans
13:41et qui fédère les pionniers français des fondations actionnaires dont nous allons parler et des experts européens.
13:48Et d'ailleurs, vous organisez, c'est le 9 juin à Bercy, les premières rencontres des fondations actionnaires.
13:55Alors déjà, c'est quoi une fondation actionnaire ?
13:57On va démarrer, on va commencer par de la pédagogie.
14:00Vous avez raison parce que le terme peut surprendre.
14:02Il allie deux sujets apparemment contradictoires.
14:06D'une part, les fondations, donc l'intérêt général, la philanthropie, le désintérêt.
14:12Et d'autre part, le vocabulaire d'actionnaire qui fait référence au capitalisme, à l'entreprise et plutôt au court
14:19terme.
14:20Et de cet oxymore, eh bien, naît une appellation qui nous a toujours semblé fertile
14:25et qui correspond à un modèle de transmission, de propriété, de gouvernance
14:30qui est extrêmement développé en Europe du Nord et qui était encore méconnu en France il y a une dizaine
14:35d'années.
14:36Et c'est pour ça que Profil a souhaité enquêter, explorer, investiguer
14:41et travailler à la fois au travers de ses activités de recherche avec les meilleurs chercheurs européens
14:48qui connaissent depuis parfois longtemps ce modèle.
14:51Il existe depuis plus de 100 ans au Danemark ou en Allemagne.
14:54Il n'existe que depuis une quinzaine d'années en France.
14:57Et donc, nous avons tenté de le défricher et de mieux le connaître pour mieux le promouvoir.
15:02Avec notamment, je vais les montrer les deux, deux tomes pour les études de profil
15:07qui nous parlent de ce modèle, panorama, exploration du modèle,
15:11et pionnier français, qu'est-ce qui ressort ?
15:13L'idée forte, alors il y a quelques centaines de pages, mais l'idée forte, c'est quoi ?
15:17L'idée forte, si je veux résumer en quelques mots 300 pages,
15:20c'est que certains entrepreneurs aujourd'hui, à l'heure de la transmission,
15:25réfléchissent à des modèles alternatifs.
15:27Ils ne souhaitent pas vendre et ils ne veulent pas
15:30ou ils ne peuvent pas transmettre à leurs héritiers.
15:33Et donc, ils cherchent une troisième voie.
15:36Et quand ils découvrent qu'ils peuvent se déposséder
15:38pour donner toute ou partie de l'entreprise à une fondation
15:41qui va sanctuariser le capital, protéger les valeurs,
15:45inscrire, évidemment, la propriété dans le long terme,
15:48avec une mission d'intérêt général,
15:51eh bien, ils sont tentés.
15:52Et ils sont de plus en plus nombreux aujourd'hui
15:54à être attirés par ce modèle qui combine altruisme et capitalisme
15:59et qui ouvre une voie nouvelle dans les modalités de transmission
16:03des entreprises, notamment familiales françaises.
16:06C'est d'autant plus important d'en parler, de promouvoir ce modèle
16:10qu'on va voir ce chiffre.
16:11Environ 500 000 entreprises devraient être transmises
16:15dans les dix prochaines années.
16:17Est-ce que c'est un chiffre classique
16:20ou alors est-ce que c'est une conséquence du baby boom,
16:23devenu papy boom, qui fait qu'il y a beaucoup d'entreprises
16:26qui se transmettent en ce moment ?
16:27Alors, c'est une conséquence, comme vous l'imaginez.
16:29Mais il faut relativiser ce chiffre si on s'intéresse
16:34à notre sujet des fondations actionnaires.
16:36Parce qu'évidemment, les fondations actionnaires,
16:38c'est un modèle qui est assez radical.
16:40Déjà, il faut être prêt à donner l'entreprise
16:42plutôt que la vendre.
16:43Ensuite, on se heurte à certains obstacles
16:45sur lesquels nous pourrons revenir.
16:47Il y a dix ans, quand nous avons commencé nos travaux,
16:50seulement quatre fondations actionnaires en France.
16:52Et la plus connue était Pierre Fabre.
16:54Parce que les laboratoires Pierre Fabre appartiennent,
16:56à 87% à une fondation reconnue d'utilité publique.
17:00Il y avait aussi le journal La Montagne,
17:02parmi vos confrères journalistes,
17:04et également deux autres entreprises.
17:08Elles étaient totalement méconnues.
17:10Personne ne connaissait cette possibilité
17:12de donner son entreprise à l'heure de la transmission
17:15à une fondation, à une structure assimilée.
17:17Nous en avons accompagné chez Profil une trentaine
17:19depuis dix ans par nos activités de conseil.
17:22Le conseil a enrichi la recherche.
17:24Il y a vraiment une fertilisation croisée
17:25entre nos deux activités.
17:27Et nous avons été clairs avec les pionniers.
17:29Nous leur avons dit, nous allons cheminer ensemble.
17:31Nous allons explorer ensemble.
17:33D'où la métaphore de la montagne
17:34et de l'exploration qu'on utilise pour cette publication
17:37et pour l'événement que nous montons
17:38au ministère de l'Économie et des Finances le 9 juin.
17:41Pour revenir à votre question des chiffres,
17:44aujourd'hui, il y a une cinquantaine d'entreprises
17:47détenues par une fondation
17:49ou qui sont en chemin déjà très avancé,
17:51dont des très belles ETI françaises.
17:53On peut très bien imaginer que la progression
17:56dans les dix prochaines années sera au moins au même rythme.
17:59Parce que quand nous avons commencé,
18:00personne ne comprenait ce dont nous parlions.
18:02Aujourd'hui, beaucoup d'acteurs en parlent.
18:04Et donc, on peut très bien imaginer
18:05500 fondations actionnaires dans une dizaine d'années,
18:08ce qui ne représenterait que 0,75%
18:12des 160 000 entreprises de notre cible.
18:15Parce que quand vous dites 500 000,
18:17en fait, ce sont essentiellement des TPE,
18:20des très petites entreprises.
18:21Celles qui nous concernent,
18:23qui sont concernées plutôt par le modèle,
18:25sont des entreprises de taille intermédiaire
18:27ou des belles PME.
18:28Il faut s'y préparer.
18:31On est dans une stratégie de long terme, forcément ?
18:34Il faut déjà se préparer à la transmission, tout court.
18:37Bien sûr.
18:37Et ensuite, différentes options s'offrent à vous.
18:40Et ce qui est très intéressant avec les fondations actionnaires,
18:42c'est que ça n'est pas un modèle exclusif.
18:45Vous n'êtes pas du tout obligé de transmettre 100%
18:47de votre entreprise à une fondation.
18:48Vous pouvez transmettre une petite partie,
18:51mais donner à la fondation des droits politiques renforcés
18:53sur certaines décisions stratégiques.
18:55Vous pouvez très bien lui donner la majorité
18:58et qu'elle devienne l'actionnaire de référence ou majoritaire.
19:00Vous pouvez transmettre la totalité.
19:02Vous pouvez aussi distinguer le droit de vote
19:05et le droit aux dividendes
19:06pour que des dividendes remontent
19:08pour financer l'action philanthropique
19:09et à côté donner le pouvoir à une autre structure.
19:12Donc en fait, il y a toute une ingénierie
19:14en effet qui nécessite une profonde réflexion.
19:17Ça n'est pas un sujet vers lequel on s'aventure
19:19en touriste, en amanteur,
19:21ni pour faire du greenwashing
19:22parce que c'est un engagement extrêmement fort
19:25qui va structurer la propriété de l'entreprise à long terme.
19:28Et donc la répartition des pouvoirs
19:30entre la fondation, le management,
19:34le ou les directeurs, directrices généraux, générales,
19:37les autres parties prenantes,
19:39ça dépend justement de ce que vous venez de décrire ?
19:43Ça dépend de la réflexion.
19:44Parmi les membres de Defacto,
19:46donc de cette dynamique,
19:47nous avons des entreprises de toutes tailles,
19:49de très belles ETI françaises.
19:52Certains des propriétaires avaient ou ont des enfants.
19:55Ils ont souhaité que les enfants restent actionnaires.
19:58Certains des enfants sont dirigeants,
19:59sont actifs dans l'entreprise,
20:01dans d'autres familles.
20:02Pas du tout.
20:02Et donc, selon les cas,
20:04Oui, donc cette répartition des pouvoirs,
20:05elle dépend de chaque cas particulier.
20:08Elle dépend totalement de la structuration de la famille,
20:09de la structuration de la gouvernance.
20:11Et souvent d'ailleurs,
20:11elle fait évoluer la structuration de la gouvernance
20:14parce qu'il y a un nouvel acteur
20:15dans le tour de table,
20:16qui est une fondation,
20:18qui est un acteur collectif,
20:19qui n'appartient à personne
20:20et qui ne peut pas être racheté.
20:22Quels sont les principaux freins
20:23que vous rencontrez aujourd'hui ?
20:25Ceux des freins culturels,
20:27psychologiques,
20:27d'habitude ?
20:28Vous avez raison.
20:29Le principal frein auquel nous nous sommes heurtés
20:32ou qui nous a surpris depuis dix ans,
20:34ça a été d'abord un frein culturel.
20:36Une fondation, a priori,
20:37n'a pas à se mêler d'économie.
20:39Et donc,
20:39quand nous avons monté un premier événement
20:41au ministère de l'économie,
20:42il y a dix ans,
20:43à l'occasion d'une toute première étude
20:44qui faisait le quart de l'épaisseur de la nouvelle,
20:48nous avons vu notamment des acteurs
20:50tout à fait éminents de la philanthropie
20:52s'étonnaient que les fondations
20:54puissent avoir un rôle économique.
20:56Un rapport a été confié
20:57à l'Inspection générale des finances
20:58sur comment développer le rôle économique
21:00des fondations.
21:01Et peut-être à la surprise de ces lecteurs,
21:04on a découvert qu'en effet,
21:05il y avait un potentiel de développement
21:07des fondations actionnaires en France.
21:09Mais il y a d'autres freins.
21:11Il y a d'autres freins techniques,
21:12juridiques, fiscaux, patrimoniales.
21:14On va les détailler,
21:14mais le fait que le modèle,
21:17vous nous l'avez dit en préambule,
21:19le modèle existe depuis plus d'un siècle
21:21au Danemark ou en Allemagne,
21:23ça doit rassurer quand même,
21:25de se dire ça marche ailleurs.
21:26En tout cas, nous, ça nous a rassurés.
21:28Ça nous a rassurés
21:29pour accompagner des pionniers français
21:31et plus que rassurés,
21:32ça nous a inspirés.
21:34Parce que c'est en allant voir
21:35ce que faisait au Danemark,
21:36en Suisse, en Allemagne.
21:38Exactement.
21:39Et on voit que des fleurons
21:41comme Carlsberg,
21:42comme Nouveau Nord-Dix,
21:43comme Bosch,
21:44comme Bertelsmann,
21:45comme Carl Zeiss,
21:46comme Velux,
21:47comme Rolex,
21:48pour citer des noms extrêmement connus,
21:49appartiennent depuis très longtemps
21:51à des fondations.
21:52Et si ces entreprises appartiennent
21:55à des fondations,
21:55encore une fois,
21:56ça veut dire qu'elles ne peuvent pas
21:57être rachetées.
21:58La partie transmise à la fondation
21:59n'appartient à personne,
22:00ne peut pas être rachetée.
22:02C'est une protection
22:03à très long terme
22:04contre des OPA.
22:06Mais c'est ce que j'allais vous dire.
22:07C'est aussi un enjeu de souveraineté
22:09majeur.
22:10Exactement.
22:10À l'heure où nous parlons tant
22:11de cet enjeu de souveraineté,
22:13c'est un enjeu, disons,
22:14crucial que de s'intéresser
22:15à ce modèle
22:16parce que ça permet
22:17de préserver des entreprises,
22:19autant PME,
22:19et T que grands groupes,
22:21sur le territoire national.
22:22Parce que la fondation,
22:23elle est de droit français,
22:25en l'occurrence.
22:26On a vu comment il fallait
22:28s'y préparer.
22:31Les héritiers,
22:32comment ils réagissent ?
22:33Parce que là aussi,
22:34il y a autant de réponses
22:35que d'entreprises
22:36et que d'héritiers,
22:36mais il peut y avoir
22:38un sentiment de dépossession.
22:40Tout à fait.
22:40Comment ils réagissent ?
22:41Écoutez,
22:42ça varie selon les familles.
22:45Nous avons accompagné
22:46beaucoup de familles
22:47et des enfants.
22:48Il faut évidemment
22:50un moment de pédagogie,
22:52de compréhension.
22:53Parce qu'avec la fondation actionnaire,
22:55on touche à beaucoup d'émotions.
22:56On touche au rapport au pouvoir,
22:58à la confiance,
23:00à la transmission,
23:01à l'héritage,
23:02à l'argent,
23:04à la mort.
23:05Parce qu'on pense forcément
23:06à ce qui va se passer après.
23:08Et donc,
23:09ça nécessite beaucoup d'écoute,
23:11beaucoup de psychologie
23:12et surtout,
23:14beaucoup de technicité.
23:15Et on a des enfants
23:17qui ont souhaité
23:19se déposséder.
23:20Parce que,
23:20je vous rassure,
23:21en France,
23:22on ne peut pas déposséder
23:23ces enfants.
23:24Contrairement à d'autres pays
23:25notamment d'Europe du Nord,
23:26mais surtout anglo-saxons.
23:28Donc,
23:29on ne peut pas donner
23:29plus que ce qui s'appelle
23:31sa quotité disponible
23:32à une fondation.
23:34Et si
23:34le patrimoine
23:36entrepreneurial,
23:37industriel,
23:37représente plus
23:38que cette quotité disponible,
23:39ce qui est bien souvent le cas
23:40dans le patrimoine
23:42des personnes
23:43que nous accompagnons,
23:44eh bien,
23:44il faut que les enfants
23:46soient d'accord
23:47pour empiéter
23:48sur leur réserve héréditaire.
23:49Et donc,
23:50nous avons vécu
23:51des moments
23:51de grandes émotions
23:52dans des familles
23:53où des enfants
23:54ont souhaité
23:55signer devant
23:56deux notaires
23:56le fait qu'ils acceptaient
23:58d'être dépossédés.
23:59Et en fait,
23:59pour eux,
24:00c'était un soulagement.
24:01Pour certains,
24:02c'était un soulagement.
24:03Pour d'autres,
24:03nous avons des exemples
24:05d'une jeune génération
24:06qui a pris
24:07le pouvoir
24:08de l'entreprise,
24:08qui est à la direction générale
24:10ou à la présidence,
24:11et qui souhaite,
24:12en fait,
24:13ne pas continuer
24:14à être propriétaire.
24:15En disant,
24:15mais finalement,
24:16on a hérité
24:17de notre père,
24:17de notre grand-père,
24:18de cette belle entreprise,
24:19mais nous n'avons pas
24:20contribué à sa valeur.
24:21Elle ne nous appartient pas,
24:22en fait.
24:23Et donc,
24:23on est très fiers
24:24et très heureux
24:24de donner une partie
24:25à une fondation.
24:27Un dernier mot
24:28sur ce qui peut être
24:29la mission d'une entreprise.
24:30Vous disiez que
24:31Profit était une entreprise
24:32à mission.
24:32C'est vrai que
24:34ce que le fondateur
24:36ou celui qui décide
24:38de passer la main
24:39via une fondation actionnaire,
24:40comment on garantit
24:41que cette mission,
24:41elle est préservée
24:44dans le temps ?
24:44Alors,
24:45je vous réponds tout de suite,
24:46j'ajoute juste un point.
24:47Il nous reste une minute,
24:48avec ça.
24:48Alors,
24:48juste un point,
24:49la famille cohabite
24:50très souvent avec la fondation.
24:52Donc,
24:52la famille,
24:53souvent,
24:53quand elle accepte
24:54d'empiéter sur sa réserve
24:55et d'être déshéritée,
24:56continue à être active
24:57dans la fondation
24:58et à côté.
24:59Donc,
24:59ce n'est pas un modèle
25:00qui s'oppose à la famille.
25:01Et pour répondre
25:02à la protection
25:03de la mission,
25:03nous encourageons
25:05les fondateurs
25:06à rédiger
25:06ce qui s'appelle
25:07une charte d'engagement
25:09qui précise
25:09les engagements
25:10d'actionnaires
25:11sur lesquels
25:12la fondation
25:12doit être extrêmement vigilante
25:14et dont,
25:14en fait,
25:15elle est garante
25:15à long terme.
25:16Merci beaucoup,
25:17Virginie Séguers
25:18et à bientôt
25:19sur Bismarck for Change.
25:19À bientôt,
25:20merci de votre intérêt
25:20pour ce vaste sujet.
25:22On passe au grand entretien
25:23de ce Smart Impact
25:24avec la directrice RSE
25:26du groupe SGH Medical Pharma,
25:28Virginie Delay.
25:33Prêt pour l'impact ?
25:34C'est la question que je pose
25:35chaque jour
25:36à une personnalité
25:36qui compte
25:37dans notre économie
25:38et je reçois aujourd'hui
25:40Virginie Delay.
25:40Bonjour.
25:41Bienvenue.
25:42Vous êtes la directrice RSE
25:43de SGH Medical Pharma
25:45et vous êtes également
25:46présidente du groupe RSE
25:47du syndicat national
25:48de l'industrie
25:49des technologies médicales.
25:50Alors,
25:50je commence vraiment
25:51par la question de base.
25:52C'est quoi SGH Medical Pharma ?
25:54Alors,
25:54SGH Medical Pharma,
25:56c'est un fabricant
25:58de dispositifs médicaux,
26:00c'est-à-dire des produits
26:02qui accompagnent
26:02directement le soin
26:03et nous,
26:05nous fabriquons
26:06de simples consommables
26:07jusqu'aux administrations
26:09de médicaments
26:09pour l'industrie pharmaceutique.
26:11On fabrique des produits
26:12de catalogue,
26:13par exemple des pipettes doseuses
26:15essentiellement pour le pédiatrique,
26:16comme vous pouvez imaginer,
26:18jusqu'à des produits
26:18beaucoup plus complexes
26:19sur mesure
26:21demandés directement
26:22par les laboratoires pharmaceutiques.
26:23Quand on parle
26:24de dispositifs médicaux,
26:26finalement,
26:26c'est une gamme
26:27qu'on n'imagine pas,
26:29qui est très très vaste.
26:30Oui, oui.
26:31Le dispositif médical,
26:32déjà,
26:33qu'est-ce que c'est ?
26:33C'est un dispositif
26:35qui est utilisé
26:37pour un patient
26:37pour diagnostiquer,
26:39soigner
26:40ou prévenir une maladie.
26:41D'accord ?
26:42Alors, ça va du plus simple
26:43au plus complexe.
26:44Par exemple,
26:44on a les pansements,
26:46on a les prothèses,
26:47les dispositifs
26:49d'injection,
26:50les implants pacemakers,
26:51mais ça va jusqu'à l'IRM,
26:53au scanner.
26:55Vous fabriquez tout ça ?
26:56Alors, nous,
26:57non, on ne fabrique pas tout ça.
26:58Non, non, non.
26:59Mais c'est ce qu'on trouve
26:59dans les dispositifs médicaux.
27:01Voilà, c'est ce qu'on trouve.
27:01C'est vraiment une famille
27:02extrêmement vaste,
27:04avec un enjeu principal,
27:05évidemment,
27:06c'est donner accès
27:07aux patients
27:08aux meilleurs dispositifs médicaux,
27:10de manière fiable
27:11et durable.
27:12Et à ce titre,
27:13c'est une industrie
27:14qui est un petit peu particulière.
27:16En fait,
27:17on ne fabrique pas
27:17du consommable alimentaire,
27:19pas du tout
27:20de jugement de valeur.
27:21Oui, mais voilà,
27:21il y a quand même un enjeu
27:23qui est évidemment
27:23un enjeu de santé publique majeure.
27:26Avec donc,
27:27vous êtes directrice RSE,
27:29la prise de conscience
27:31de ces enjeux,
27:32elle date de quand ?
27:32Est-ce qu'elle est récente
27:33ou pas ?
27:35Alors,
27:36pour SGH Medical Pharma,
27:38ça ne date pas d'hier.
27:39Ça fait plus de 20 ans,
27:40en fait,
27:40qu'on traite ce sujet-là.
27:43Ce n'est pas de mon fait du tout,
27:45mais j'ai pris la succession,
27:47on va dire.
27:48Mais en gros,
27:48en 2006,
27:49on a déjà commencé
27:49à passer des normes environnementales,
27:52l'ISO 14001,
27:53le management de l'environnement.
27:54Très tôt,
27:55on a fait aussi
27:56un bilan carbone,
27:57d'accord,
27:58pour voir un peu
27:58ce que c'était.
27:59Alors,
27:59c'était le tout début
28:00avec l'ADEME.
28:01Bon,
28:02ils testaient un peu
28:02leur modèle,
28:03donc c'était très intéressant.
28:04Et puis,
28:05au sein de SGH,
28:07on a mis en place
28:08de fortes actions
28:12pour réduire notamment
28:14les impacts environnementaux,
28:16surtout process.
28:18Donc,
28:18par exemple,
28:19on substitue
28:21des presses à injection,
28:22nous,
28:22notre métier,
28:23c'est de transformer le plastique.
28:24Donc,
28:24on substitue
28:25des presses à injection
28:28hydrauliques
28:28par des presses
28:29hybrides
28:30ou électriques
28:31qui font diminuer
28:32jusqu'à 40%
28:33les consommations
28:34à la fois d'énergie,
28:35de matières premières,
28:36de rebuts,
28:37donc de déchets,
28:37etc.
28:38Donc,
28:38vous avez démarré,
28:39j'imagine,
28:40par une sorte de bilan,
28:41d'audit,
28:41pour savoir
28:44sur quoi on pollue le plus,
28:45où on a des émissions
28:47de gaz à effet de serre
28:48les plus importantes,
28:49les premiers leviers
28:50sont souvent les plus simples
28:51à activer.
28:51Comment ça s'est passé ?
28:52Donc,
28:53au tout début,
28:53ça a été l'environnement.
28:54C'est le plus facile,
28:55on ne va pas se mentir.
28:56En 2020,
28:57on a créé un poste,
28:57mon poste,
28:58donc c'était une volonté
28:59forte de la direction,
29:01le poste de responsable RSE.
29:03Pourquoi ?
29:04Parce qu'en fait,
29:05on voulait avoir
29:06une démarche structurée.
29:07Beaucoup d'entreprises
29:08font de la RSE
29:09sans le savoir,
29:10d'accord ?
29:10Ça ne s'appelait juste
29:11pas comme ça avant,
29:12maintenant ça s'appelle
29:12comme ça.
29:13Et simplement,
29:14le but,
29:15c'est de la structurer.
29:16Effectivement,
29:16vous l'avez dit,
29:17il faut bien savoir
29:18de quoi on part,
29:19d'accord ?
29:19Pour pouvoir mettre
29:20des actions en place,
29:21faisons un bilan.
29:22Donc,
29:22la première des choses,
29:23c'est le bilan carbone,
29:23c'est basique,
29:24mais voilà.
29:25Donc là,
29:25on a nos émissions,
29:27on sait où sont
29:27nos problématiques.
29:28Pour les industriels
29:29tels que nous,
29:30je ne vais pas vous mentir
29:31en vous disant
29:32que c'est le scope 3,
29:33d'accord ?
29:33C'est celui de nos achats,
29:36essentiellement nos achats
29:37et en ce qui nous concerne,
29:38nos achats de matières premières,
29:40le plastique toujours,
29:42qui sont les plus importants.
29:44Et une fois qu'on a fait
29:45notre bilan,
29:46eh bien ça nous permet
29:47de définir notre trajectoire.
29:50Donc,
29:50on s'équipe d'outils
29:52pour mesurer
29:53le plus finement possible
29:54et puis après,
29:55on définit une trajectoire
29:56avec des actions
29:57et puis évidemment
29:58des budgets.
29:59Ça passe par des labels.
30:01Vous nous avez parlé
30:02de la certification ISO 14001,
30:05il y a le label Lucy 26000 aussi.
30:08Pourquoi c'est important ?
30:09Pourquoi ça aide
30:10à structurer
30:11et peut-être aussi
30:12à progresser un label ?
30:13Oui.
30:14Alors,
30:14un label,
30:15quand on part
30:15de la page blanche,
30:17je dirais,
30:17c'est important
30:18parce que justement,
30:19ça permet de structurer,
30:21de rentrer dans des cases.
30:22Donc,
30:22on sait ce qu'on doit faire
30:23en clair.
30:24Le label Lucy,
30:25nous,
30:25nous a beaucoup aidé
30:26parce que ça m'a permis,
30:28moi,
30:28de voir,
30:28ok,
30:29là,
30:29on n'y est pas,
30:30là,
30:30sur le côté social,
30:31on a des choses,
30:32mais elles ne sont pas structurées
30:33ou on n'a pas de procédure rédigée.
30:35Donc,
30:36ça nous a permis vraiment
30:37de cadrer les choses.
30:38Donc,
30:38on l'a fait pendant un cycle.
30:40Un cycle,
30:41c'est combien de temps ?
30:41Trois ans.
30:42Trois ans.
30:42Voilà.
30:43Donc,
30:43c'était très bien
30:44parce que ça nous a vraiment
30:46mis le pied dedans,
30:47je dirais.
30:48Et ça nous a permis
30:49de structurer la démarche.
30:50Après,
30:50les labels,
30:51le problème,
30:52souvent,
30:53c'est qu'ils sont
30:55pour une typologie
30:56d'entreprise.
30:57Nous,
30:58on est une entreprise
30:58qui a beaucoup grossi
31:00rapidement
31:01et c'est vrai
31:02qu'après,
31:02on se sentait
31:03l'avantage d'être
31:04dans des casiers,
31:05c'est aussi son inconvénient,
31:07c'est qu'il faut rentrer dedans.
31:08Donc,
31:09on a eu envie
31:09de voler de nos propres ailes
31:11et puis de dire,
31:12ok,
31:12voilà notre démarche maintenant
31:14et puis on a vraiment notre,
31:15on déroule en fait
31:16une feuille de route RSE
31:18qu'on a validée.
31:20Alors,
31:20je l'ai dit en point de temps,
31:21vous présidez aussi
31:21le groupe RSE du SNITEM,
31:24le syndicat du secteur.
31:25Est-ce que
31:26toutes les entreprises
31:27sont aussi mûres
31:28que la vôtre ?
31:29Comment le secteur
31:30est en train d'évoluer
31:31en matière de,
31:32notamment,
31:33d'action environnementale,
31:34par exemple ?
31:35Alors,
31:35ce groupe a été créé
31:36il y a quatre ans
31:37et il y a quatre ans,
31:39le secteur était
31:40un tout petit peu
31:41en retard
31:42si on compare
31:43par exemple
31:43aux médicaments.
31:45Mais depuis lors,
31:46on a vraiment
31:48énormément progressé
31:49et beaucoup d'entreprises
31:50sont investies
31:51puisque le groupe
31:53aujourd'hui,
31:54il y a à peu près
31:55200 entreprises
31:57qui adhèrent
31:57à notre groupe,
31:58c'est le deuxième groupe
31:59le plus important
32:00au sein du SNITEM,
32:01il y a un peu plus
32:02de 600 entreprises adhérentes.
32:04Donc,
32:05et certaines entreprises
32:06sont évidemment
32:07très en amont
32:08et puis d'autres
32:09un petit peu plus en retard
32:10mais justement,
32:10elles viennent au sein
32:11du SNITEM
32:12pour s'outiller,
32:14avoir des conseils,
32:15discuter avec les personnes.
32:16voir ce qui fonctionne
32:16et dupliquer
32:18les bonnes pratiques.
32:19Tout à fait,
32:19ça ne sert à rien
32:20de réinventer la roue
32:21à chaque fois.
32:21Quand on voit
32:22qu'une action fonctionne,
32:24eh bien,
32:24essayons de l'appliquer.
32:25D'ailleurs,
32:26c'est ce que vous disiez
32:27lors d'un colloque
32:27du SITEM,
32:28c'était en avril dernier,
32:30l'éco-conception,
32:31c'est du bon sens avant tout.
32:33Alors,
32:33je lis cette citation,
32:35je me dis,
32:36ok,
32:36assez d'accord avec vous,
32:37mais avec de la R&D
32:39et de l'innovation
32:40au service du bon sens
32:41quand même,
32:41j'imagine.
32:42Oui,
32:42oui.
32:44Alors,
32:44l'éco-conception peut être vue
32:45comme une contrainte,
32:46d'accord ?
32:46Bon,
32:47voilà,
32:47c'est quelque chose
32:48qui est un peu complexe,
32:48on se dit,
32:49oulala,
32:49il va falloir réfléchir à tout.
32:51Mais en fin de compte,
32:52qu'est-ce que c'est l'éco-conception ?
32:54En ce qui nous concerne,
32:55c'est d'abord optimiser la matière,
32:57mettre le moins de matière possible,
32:59d'accord ?
33:00Bon,
33:00pourquoi ?
33:00Plus le dispositif est petit,
33:03moins on utilisera de matière,
33:04moins il y aura de rebuts,
33:05de déchets,
33:05etc.
33:06C'est donc éviter le gaspillage.
33:08Et puis,
33:09c'est penser dès le début
33:11à la fin de vie
33:12du dispositif.
33:14Qu'est-ce qu'on va en faire ?
33:14Est-ce qu'on va pouvoir le recycler ?
33:15Est-ce qu'on va pouvoir réutiliser
33:16une partie des matériaux,
33:19etc. ?
33:19Tout à fait.
33:20Dans notre,
33:22si je reviens à SGH,
33:23pour nous,
33:25penser éco-conception,
33:26ce n'est pas forcément sortir du plastique.
33:28Je suppose qu'on parlera plus tard
33:30du plastique.
33:30On parlera du plastique,
33:31évidemment.
33:31Mais c'est mieux le choisir,
33:34d'accord ?
33:34C'est-à-dire,
33:35réduire la matière,
33:36ça on l'a vu pour les plastiques de base,
33:38et puis substituer ceux
33:40qui sont problématiques,
33:43problèmes de recyclabilité,
33:45problèmes de filières pas existantes,
33:48et utiliser des matériaux
33:50de haute performance,
33:51par exemple,
33:52pour augmenter la durabilité
33:54ou la durée de vie des matériaux.
33:57Donc c'est ça, en fait,
33:57l'éco-conception.
33:59Et c'est aussi,
34:00il ne faut pas l'oublier,
34:00l'éco-conception,
34:01ce n'est pas que
34:02d'un point de vue environnemental.
34:04C'est aussi le côté social.
34:06C'est-à-dire,
34:07je réfléchis aussi
34:08à mes fournisseurs.
34:09Mes fournisseurs
34:10de matières premières,
34:12si tant est qu'on puisse
34:13avoir un poids sur eux,
34:14on privilégie
34:15ceux qui sont
34:16le plus proches possible.
34:17On crée de vrais partenariats
34:19avec nos fournisseurs.
34:20On leur assure du travail
34:22et eux, en échange,
34:24nous assurent
34:25nos dispositifs.
34:26Mais vous dépendez aussi,
34:28alors effectivement,
34:28de vos fournisseurs
34:29de matières premières
34:30ou peut-être
34:30de matières premières
34:32déjà en partie transformées.
34:33Donc, il faut les convaincre,
34:35parfois,
34:35d'intégrer l'éco-conception.
34:37Parce que si vous récupérez
34:39un dispositif
34:40qui n'est pas terminé
34:41mais qui est ultra complexe
34:42et qui est impossible
34:43à recycler,
34:44vous avez perdu.
34:44Oui.
34:45Alors, nous,
34:45on n'a pas ce point-là
34:47puisque nous,
34:47on achète la matière première
34:49sous forme de granulés plastiques.
34:51C'est nous qui transformons.
34:52C'est vraiment vous
34:52qui transformons
34:52et qui créez les...
34:53Et ça peut faire gagner
34:55jusqu'à combien
34:56en pourcentage
34:56sur le bilan carbone
34:58d'un dispositif médical ?
35:00Ah ben,
35:00ça peut être vraiment
35:01très important.
35:02On a fait l'exercice
35:03pour un de nos clients
35:05qui est venu nous voir
35:06avec cet angle
35:08éco-conception.
35:09On sait que vous faites ça.
35:10Aidez-nous.
35:12Son dispositif
35:13était à usage unique.
35:15Il n'était pas recyclable.
35:17Il avait une durée
35:18de vie limitée.
35:19Il utilisait
35:20une technologie bimatière,
35:22donc très difficilement recyclable,
35:25de la tempographie.
35:26On l'a complètement transformée
35:28et on a gagné
35:29jusqu'à 75%
35:32en émissions carbone.
35:33Donc, c'est énorme.
35:34Mais pourquoi ça ?
35:35Parce qu'on a recréé
35:37complètement
35:37le dispositif médical.
35:39Et ça rend...
35:40Est-ce que ça rend forcément
35:41le dispositif médical
35:42moins cher à produire ?
35:43J'aurais tendance à dire
35:44oui parce qu'on va utiliser
35:45moins de matière,
35:46mais c'est peut-être
35:46plus compliqué que ça
35:47parce que parfois,
35:47il faut remplacer du plastique
35:48qui ne coûte pas cher
35:49par du plastique
35:50qui coûte un peu plus cher,
35:51c'est ça ?
35:51Donc, la réponse,
35:52c'est une réponse de Normand,
35:53c'est oui et non.
35:53D'accord, oui.
35:54D'un point de vue...
35:56Alors, tout va dépendre
35:58comment on fait.
35:58Effectivement,
35:59si on dit qu'on substitue
36:00un matériau très bon marché
36:02comme le polyéthylène
36:04par un matériau
36:05beaucoup plus cher,
36:08recyclé, biosourcé, etc.,
36:09où on a une augmentation,
36:11on va dire,
36:11entre 20 et 40%
36:12du prix d'achat,
36:13donc ce n'est pas rien.
36:15Mais si on diminue
36:17la quantité dont on a besoin,
36:19ça s'équilibre à la fin.
36:22Et donc,
36:22le but,
36:23c'est ça,
36:23c'est d'essayer
36:24d'être à minima
36:26isoprix
36:27et quand on peut,
36:28moins cher,
36:28bien entendu.
36:29Mais très honnêtement,
36:31c'est un challenge
36:32puisqu'il ne faut pas oublier
36:33le dispositif médical,
36:35on est dans un cadre
36:36extrêmement réglementé.
36:37Est-ce que c'est un investissement
36:39stratégique,
36:40l'éco-conception ?
36:41Est-ce que vous vous dites
36:42que de toute façon,
36:43ceux qui ne le font pas
36:45verront des marchés
36:47leur échapper à terme ?
36:48Oui, oui,
36:48tout à fait,
36:49c'est un enjeu
36:49d'économie aussi
36:52et de concurrence.
36:54Donc,
36:55c'est tout à fait
36:56l'intégrer dès le départ,
36:57surtout dans le dispositif médical,
37:00c'est primordial.
37:02On ne peut pas,
37:04dans le dispositif médical,
37:05facilement changer
37:07une matière par une autre
37:08ou dire,
37:09tiens,
37:09on va juste
37:10passer du plastique
37:12au carton.
37:13Ça,
37:13ça ne marche pas forcément.
37:15Pourquoi ?
37:16Parce qu'en fait,
37:16on est dépendant
37:17du réglementaire
37:17et du dossier technique
37:19qui est complexe.
37:20C'est pour ça
37:21que l'important,
37:22c'est de le penser
37:23au départ.
37:24Et tant qu'on est au départ,
37:26on est compétitif,
37:27il n'y a rien à faire.
37:28Alors évidemment,
37:29on va parler de plastique.
37:31Plastique qui est produit
37:33à base de pétrole,
37:36produit de l'industrie
37:37pétrochimique.
37:38vous ne pouvez pas
37:39vous en passer ?
37:40Est-ce que,
37:41vous vous êtes dit,
37:42dans cette logique
37:43d'éco-conception,
37:44est-ce qu'il y a
37:45certains de nos dispositifs
37:46sur lesquels
37:47on pourra dire,
37:48ah tiens,
37:49on évite complètement
37:50le plastique
37:50ou est-ce que c'est
37:51tout simplement impossible ?
37:53Alors,
37:53comme tout,
37:54en fait,
37:55il ne faut pas raisonner
37:56tout ou rien.
37:57Il y a des usages
37:58dans le plastique
37:59qui ne sont absolument
38:00pas nécessaires.
38:01Mais il faut garder
38:02à l'esprit
38:02pourquoi on a autant
38:04de plastique.
38:04Si vous regardez
38:05dans votre studio,
38:06il y en a partout.
38:08Pourquoi on utilise
38:11le plastique
38:11et en particulier
38:12en santé ?
38:13Pour ses raisons primaires
38:15en fait.
38:16Sa plasticité,
38:17les modulaires,
38:18on peut le tordre
38:19dans tous les sens.
38:19Souvent,
38:20on a besoin de transparence
38:21dans une pipette doseuse.
38:23Si vous ne voyez pas
38:24la graduation,
38:25ça va être problématique.
38:26On a besoin
38:27de stérilisation aussi.
38:29Il n'y a pas beaucoup
38:29de matériaux
38:30qui permettent ça.
38:31On a besoin également
38:33que ça soit recyclable
38:34facilement,
38:36transformable,
38:36le renforcement,
38:38et puis surtout,
38:38c'est l'hygiène.
38:39D'accord ?
38:39Donc en fait,
38:40c'est toujours un pendant
38:41entre la santé
38:44qui est au cœur du sujet.
38:46Oui, c'est ce que vous produisez.
38:47Voilà.
38:48Et puis,
38:49les impacts environnementaux.
38:50Donc le but,
38:51c'est toujours
38:52d'être le maximum
38:55protecteur pour le patient
38:56tout en réduisant
38:58au minimum
38:58l'impact.
39:00Donc nous,
39:00on challenge
39:01en fait nos clients.
39:02Nos clients,
39:02ce sont les laboratoires
39:03pharmaceutiques
39:04puisque nos dispositifs
39:06vont en complément
39:07du médicament.
39:08On les challenge
39:09quand ils nous disent
39:10« Ah ben nous,
39:10votre pipette,
39:11on veut qu'elle ait
39:12un emballage,
39:13un suremballage. »
39:14On leur dit
39:14« Pourquoi ? »
39:16Est-ce que vraiment
39:16c'est utile ?
39:17Parce qu'il va être utilisé
39:19une fois jeté
39:20et après la pipette
39:21elle va être utilisée
39:22au quotidien
39:23et elle ne va pas être remise
39:23dans un paquet stérile,
39:25etc.
39:25Donc on essaye
39:26de les challenger
39:27sur ces sujets-là.
39:29C'est difficile,
39:31on est très marqué,
39:32surtout en France.
39:33Oui, alors est-ce que
39:34c'est une question
39:35d'état d'esprit,
39:36un peu d'habitude,
39:37une question culturelle
39:38ou est-ce que c'est
39:39quand même beaucoup lié
39:40aux exigences
39:41de sécurité sanitaire,
39:43tout simplement
39:44même d'autorisation
39:45de mise sur le marché
39:45qui fait que
39:46vous êtes bien gentil,
39:47vous arrivez avec un dispositif
39:48où il y a beaucoup
39:48moins de plastique
39:49mais ça ne passe pas
39:50le cut.
39:50Oui, alors il y a les deux.
39:53Il y a des habitudes,
39:55surtout des services qualité
39:56qui ne veulent pas
39:57prendre de risques
39:58parce qu'il y a eu
39:58des scandales sanitaires
39:59et voilà.
40:00Et c'est d'ailleurs pour ça
40:01que la réglementation
40:02s'est durcie.
40:04Le dispositif médical répond
40:07à un nom un petit peu barbare,
40:08le MDR 2017-745
40:11qui est un règlement européen
40:12qui est supervisé en France
40:13par la NSM
40:14qui en gros,
40:16si je caricature,
40:17en gros,
40:17il y a trois grosses exigences.
40:19C'est avoir le marquage CE
40:21qui est le quidam,
40:22l'autorisation de mise
40:23sur le marché
40:24par la rédaction,
40:25la production
40:26d'un dossier technique
40:27hyper documenté
40:28dans lequel, entre autres,
40:30on va démontrer
40:32la sécurité d'usage
40:34et la performance
40:35par différents tests,
40:37y compris des tests cliniques
40:38et puis ensuite,
40:39on a cette fameuse
40:40post-surveillance,
40:43post-commercialisation,
40:44pardon,
40:45qui est un suivi.
40:46Une fois que le dispositif
40:47est sur le marché,
40:48est-ce qu'il y a des effets secondaires ?
40:49Est-ce qu'on est capable
40:50de le rappeler tout de suite
40:51en cas de problème, etc.
40:52Donc, on est quand même
40:53très encadré.
40:55D'accord ?
40:55Et de ce fait,
40:56il y a des choses
40:56qu'on ne peut juste pas faire.
40:57D'accord.
40:59Donc, voilà,
41:00c'est toujours très compliqué.
41:01C'est un équilibre
41:02entre les deux.
41:02Voilà, tout à fait.
41:03Il y a un principe
41:04dans cette émission,
41:04c'est que l'invité
41:05du Grand Entretien
41:05pose une question
41:06à celui ou celle
41:07qui lui succède.
41:08La semaine dernière,
41:09on avait Nicolas Ponçon
41:10qui est l'un des fondateurs
41:12associés du groupe immobilier.
41:14Renman, on l'écoute.
41:16Bonjour Virginie.
41:17Alors, la question
41:17que j'ai envie de vous poser,
41:18c'est de savoir
41:19comment vous arrivez
41:22à faire coexister
41:23les contraintes économiques,
41:25les engagements
41:25que vous avez
41:27et la notion
41:28de souveraineté
41:30parce qu'effectivement,
41:31aller, j'imagine,
41:33faire des...
41:34et proposer
41:35des dispositifs médicaux.
41:37On a vu ce qu'il en était
41:38lors des dernières crises sanitaires.
41:40Il ne faut pas dépendre
41:41de tout le monde,
41:42pas dépendre de trop de monde.
41:43Et est-ce que vous arrivez
41:43à concilier
41:44ces trois enjeux ?
41:47Merci à Nicolas Ponçon.
41:48Cette notion de souveraineté
41:50et d'accessibilité
41:52des matières premières,
41:54comment vous le...
41:55Et puis, je peux le relier
41:57à l'actualité
41:58du détroit d'Hormuz
41:59qui est quasi fermé
42:00depuis trois mois.
42:02Quelles conséquences
42:03ça peut avoir pour vous ?
42:04Alors déjà,
42:05souveraineté sanitaire,
42:08il ne faut pas se mentir,
42:09on ne pourra pas en France
42:10aujourd'hui avoir 100%,
42:12être 100% en souveraineté.
42:14pour la raison première,
42:15des matières premières déjà,
42:17que évidemment,
42:19en ce qui concerne le plastique,
42:21il n'y a pas de production
42:21en France,
42:22voire très peu en Europe.
42:24Donc, c'est un vrai problème.
42:27Donc, pour nous,
42:28il faut qu'on choisisse
42:29nos combats en fait.
42:30Le fait de dire
42:31un dispositif médical
42:33fabriqué 100% en France,
42:35non.
42:35En revanche,
42:36il faut qu'on sécurise
42:39nos sources,
42:41d'accord ?
42:42Et il faut que
42:45certaines activités
42:46soient soutenues
42:47par l'État
42:47par une vraie volonté
42:48de reconstruction
42:49de la filière.
42:50Si je reprends
42:51l'exemple du Covid,
42:52au moment du Covid,
42:52on s'est rendu compte,
42:53oups,
42:54on ne s'est plus fabriqué
42:55de masques,
42:55de gants en France.
42:57Donc, vite, vite, vite,
42:57de l'argent a été mis
42:58sur le terrain,
43:00des usines sont sorties
43:01de terre,
43:01elles ont commencé
43:03à produire
43:04et puis là,
43:06il n'y a plus de commandes
43:06en fait.
43:07Donc, elles ferment
43:09les unes après les autres.
43:11Donc, ça serait pas mal
43:12quand même que
43:13les hôpitaux,
43:14par exemple,
43:14qui sont soumis
43:15au code de commande
43:16publique,
43:18lui-même,
43:19sous l'influence
43:21de la directive européenne,
43:25qui impose déjà
43:26quelques règles,
43:27non-discrimination,
43:29égalité de traitement
43:30dans les candidats,
43:31transparence,
43:32anticoncurrence,
43:33etc.
43:33Mais un hôpital français,
43:35aujourd'hui,
43:35ne peut pas choisir
43:37un distributeur
43:38ou un fabricant français
43:40uniquement parce qu'il est français.
43:42D'accord.
43:42C'est dommage.
43:43Ben oui,
43:43la loi l'interdit.
43:44OK.
43:45Et alors,
43:45ce détroit d'Ormousse
43:46fermé ou quasi fermé
43:47depuis trois mois,
43:48ça provoque quoi ?
43:49Une hausse déjà
43:50du prix des matières premières ?
43:51Alors, oui,
43:53ça provoque une grosse hausse
43:54des matières premières.
43:56en ce qui concerne SGH,
43:5840% au mois d'avril,
43:5960% en mai.
44:00OK.
44:01Voilà.
44:03Ça, évidemment,
44:05ça engendre des pénuries.
44:08C'est un tout petit...
44:09Alors, en ce qui nous concerne
44:10pour l'instant,
44:11on passe à travers
44:12parce que nous,
44:14on a l'obligation,
44:15en fait,
44:16de faire du stock
44:17de matières premières.
44:18Juste, voilà.
44:19Mais si ça dure plus longtemps,
44:22on sera comme les copains.
44:24Et on a déjà
44:25beaucoup de nos confrères,
44:27alors pas forcément
44:27en santé,
44:28mais en plasturgie en général,
44:30qui, eux,
44:30souffrent énormément,
44:32effectivement,
44:32de ces ruptures-là.
44:33Alors, vous publiez
44:34avec le Syndicat national
44:35de l'industrie
44:36des technologies médicales
44:37de SNITEM
44:38un baromètre.
44:39La dernière édition
44:40a été présentée
44:40le 2 avril dernier.
44:43C'est quoi, déjà,
44:44l'objectif de ce baromètre ?
44:46De faire quoi ?
44:47Une sorte de bilan
44:48des actions RSE
44:50dans le secteur ?
44:51C'est quoi votre objectif ?
44:52L'objectif,
44:53c'est d'aider les acheteurs
44:54des établissements de santé
44:56à intégrer une obligation
44:58qui leur est faite, là,
44:59très prochainement,
45:00au mois d'août,
45:01d'intégrer une question RSE
45:04au sein de leur questionnaire.
45:06Ça devient un des critères
45:08d'achat et de sélection.
45:08Tout à fait.
45:10Et,
45:10ce ne sont pas des spécialistes,
45:12les acheteurs,
45:13donc,
45:13ils ont besoin,
45:15la plupart étaient perdus,
45:17ou ils posaient
45:18des questions multiples.
45:19Donc,
45:20l'idée,
45:20c'était de se dire,
45:21OK,
45:22on veut poser,
45:23enfin,
45:24on veut avoir un cadre
45:25qui permet aux acheteurs
45:26de choisir
45:27et donc de discriminer
45:29deux dispositifs médicaux
45:30sur des critères précis
45:33et qui leur permettent,
45:34donc,
45:34de comparer,
45:35j'achète ce pansement à X
45:38ou ce pansement à B
45:39sur la même typologie,
45:41évidemment,
45:42en fonction aussi
45:44de ce que leur hôpital
45:46avait choisi comme priorité,
45:48eh bien,
45:48de choisir de manière
45:49éclairée un dispositif.
45:51Mais alors,
45:51le critère RSE,
45:52il va peser pour quoi ?
45:54Pour 1 %,
45:554 %,
45:565 %,
45:56ça peut aller jusqu'à combien ?
45:58Alors ça,
45:59c'est à la discrétion
46:00des hôpitaux,
46:01évidemment,
46:01mais jusqu'à maintenant,
46:03moi,
46:04je remplissais beaucoup
46:05de questionnaires RSE
46:06et à la fin,
46:07c'était 1 %.
46:09Donc,
46:10c'est en train
46:10d'augmenter,
46:11ça va autour de 5 à 10 %
46:13et même certains acheteurs
46:15commencent à dire
46:15que ça va prendre
46:16beaucoup plus d'ampleur.
46:19Mais cet index,
46:20c'est vraiment...
46:21L'avantage de cet index,
46:22c'est qu'on l'a construit
46:23en intelligence collective,
46:25c'est mon grand dada,
46:29entre acheteurs,
46:31établissements de santé,
46:32mais aussi fabricants
46:34de dispositifs médicaux.
46:36Et ça nous a pris
46:37à peu près 18 mois
46:39pour se mettre d'accord
46:40parce qu'on ne parlait pas
46:41la même langue au départ.
46:42ça vous permet
46:42d'avoir un référentiel commun,
46:45en fait.
46:45Voilà.
46:46En ayant les contraintes
46:47de chacun,
46:49donc nous,
46:50d'un côté,
46:51fabricants,
46:51on voulait quelque chose
46:52qui ne vienne pas en plus
46:54du fameux dossier technique
46:55du MDR
46:56qui est déjà une usine à gaz.
46:58Donc,
46:58on voulait avoir
46:58des informations
46:59qui soient disponibles
47:00rapidement,
47:02facilement
47:03et surtout
47:03qui aient un sens,
47:04en fait,
47:04et qui permettent
47:05de dire,
47:06ok,
47:06mon dispositif,
47:07il est fabriqué
47:09avec,
47:10je ne sais pas,
47:10de l'or
47:11et du métal,
47:13de l'alu,
47:14mon concurrent,
47:15lui,
47:15il le fabrique
47:16en plastique,
47:17par exemple,
47:18ça donne à l'acheteur
47:20le poids réel
47:21de son dispositif
47:23et à lui
47:23de choisir
47:24ce qu'il veut.
47:25Et donc,
47:26ça doit permettre,
47:27maintenant que vous parlez
47:28le même langage,
47:29de voir la part
47:31de ces critères RSE
47:33mécaniquement augmenter,
47:33c'est le pari que vous faites ?
47:35Vous disiez,
47:36ça peut être 1%,
47:39l'idée,
47:39c'est que ça monte
47:40à 5 ou 10% déjà ?
47:41Oui,
47:41il y a deux objectifs.
47:42Effectivement,
47:43que la partie RSE
47:44augmente dans les appels
47:46d'offres,
47:46ça c'est évident
47:47et l'autre partie,
47:48c'est de faire progresser
47:49les fabricants également
47:50en RSE
47:51parce que si,
47:52au bout d'un moment,
47:53je perds
47:54l'appel d'offres
47:55face à mon concurrent
47:57et que mon acheteur
47:58est sympa
47:59et me dit,
47:59écoute,
48:00là,
48:00tu vois,
48:00sur le côté social,
48:03par exemple,
48:04ton concurrent direct,
48:05il est plus avancé.
48:07Je pense qu'aucun fabricant
48:09ne va pas être piqué
48:09et va se dire,
48:10allez,
48:11il faut que j'y aille.
48:12On y va,
48:13on va travailler
48:13pour améliorer sa note
48:15et donc sa performance
48:17globale.
48:17On est tous gagnants
48:19dans cette histoire.
48:19Oui,
48:20effectivement.
48:21Dans les leviers
48:22de transformation,
48:24et d'action,
48:26il y en a plein d'autres.
48:27On a parlé évidemment
48:28de la matière première,
48:29il y a la question
48:30des transports,
48:31des sources d'énergie.
48:32Comment vous intégrez ça
48:33à la stratégie
48:34de votre entreprise ?
48:36Alors,
48:37parce que les premiers choix
48:38sont souvent les plus simples
48:39et puis après,
48:40quand on va continuer
48:40de progresser,
48:41ça se complique.
48:43nous,
48:44chez SGH,
48:44on a fait le plus simple
48:45jusqu'à maintenant.
48:46On a traité
48:47scope 1 et 2,
48:48donc tout ce qui est énergie.
48:50Donc ça,
48:50c'est le plus facile.
48:51Le gros morceau pour nous,
48:52là,
48:53c'est les matières premières.
48:54Les matières premières
48:54et les emballages.
48:55Donc on est en train
48:56de voir comment
48:57on intègre
48:58cette politique-là,
49:01comment on va réduire
49:02nos émissions.
49:04Et une façon simple
49:05de le faire,
49:05c'est en faisant
49:06la fameuse matrice
49:07de double matérialité
49:08de la CSRD.
49:12Et ça permet
49:13de mettre en avant
49:14quels sont réellement
49:14les impacts
49:16pour l'entreprise
49:18et donc,
49:18derrière,
49:19de mettre
49:19des actions en place.
49:22Et donc,
49:22de construire
49:23sa feuille
49:23de décarbonation,
49:25notamment,
49:26nous,
49:26ça va passer
49:27par le SBTI.
49:28Oui,
49:29donc basé sur la science.
49:30Voilà,
49:30basé sur la science.
49:31C'est effectivement
49:32un critère
49:33qui est un critère,
49:33on va dire,
49:34ambitieux
49:35ou en tout cas
49:35exigeant.
49:36Très ambitieux.
49:37Oui.
49:37Très ambitieux,
49:38très exigeant
49:39et honnêtement,
49:40ça nous met vraiment
49:41une grosse pression.
49:42Mais alors qu'on est soumis
49:44à rien du tout,
49:45nous,
49:45on n'a aucune obligation.
49:46Oui,
49:47vous n'êtes pas une entreprise
49:49assez importante
49:49pour être tenue
49:51d'un rapport CSRD
49:53selon les nouvelles
49:54régroupées.
49:55Néanmoins,
49:56on a pris la décision,
49:57la direction a pris
49:58la décision de le faire
49:59et ça,
50:00c'est vraiment important.
50:01à ma question d'origine,
50:02c'est un enjeu stratégique.
50:04C'est-à-dire que vous vous dites
50:04si on veut continuer
50:06de progresser,
50:07de grandir,
50:08de gagner des marchés,
50:09on a besoin
50:10d'afficher cette action ?
50:13Oui, c'est un enjeu concurrentiel.
50:15La RSE est un enjeu
50:16concurrentiel stratégique.
50:18Si on met en place
50:20nous-mêmes
50:20des actions,
50:22on est alors en mesure
50:24d'accompagner
50:24nos clients.
50:25Et c'est exactement
50:26ce qu'on propose en fait.
50:27on propose à nos clients
50:30plutôt que vous nous dites
50:32Dizier.
50:33Oui,
50:34attention,
50:35attention,
50:35vous êtes en retard,
50:37faites ça
50:37et dans l'urgence,
50:38vous prenez les devants.
50:39Voilà,
50:39c'est ça.
50:40Allons-y ensemble,
50:42travaillons ensemble en fait
50:43parce que nos intérêts
50:45sont les leurs
50:45et vice-versa.
50:47Donc,
50:47si on travaille ensemble
50:48sur un sujet,
50:49sur leur dispositif
50:50à réduire l'épaisseur,
50:52à réduire la taille,
50:53à diminuer le packaging,
50:54à être beaucoup plus efficace,
50:56on y gagne tous.
50:58Encore une fois,
50:58on y gagne tous.
50:59Donc,
51:00voilà.
51:01Merci beaucoup Virginie Delay.
51:02A bientôt sur
51:03Be Smart for Change.
51:04On passe à notre rubrique
51:05Startup et Innovation.
51:13Faire passer l'upcycling
51:15à l'échelle,
51:15c'est le thème de notre Smart Ideas
51:17avec Simon Perronot.
51:17Bonjour.
51:18Bonjour.
51:18Bienvenue,
51:19vous êtes le cofondateur
51:20de Losanges,
51:21entreprise créée en 2020
51:22avec Mathieu Coury
51:23et avec quelle idée ?
51:25L'idée à l'origine,
51:26c'était de proposer
51:27une solution vertueuse
51:29pour la revalorisation
51:29des gisements textiles
51:31qui sont disponibles,
51:32notamment ceux qui sont
51:33dans les centres de tri.
51:34On jette énormément
51:35de vêtements
51:35et très peu,
51:36finalement,
51:37ont une seconde vie.
51:38Et l'upcycling,
51:39finalement,
51:40c'était une de ces méthodes-là,
51:41une méthode formidable
51:43qui consiste à découper
51:44à l'intérieur
51:45de produits finis,
51:46par exemple,
51:46dans des jeans,
51:47des morceaux
51:47qui sont ensuite assemblés
51:48pour faire un nouveau produit,
51:50un vêtement,
51:50un accessoire.
51:51Le seul problème,
51:52c'était qu'il était
51:52très difficile
51:53de le passer à l'échelle,
51:54un problème d'industrialisation
51:55et c'est toute la raison
51:57d'être de l'osange.
51:58Effectivement,
51:58c'est vrai qu'il y a
51:59plein d'initiatives,
52:01d'entreprises
52:02qui se sont créées
52:02autour de l'upcycling
52:03mais qui vont plutôt faire
52:05des petites quantités
52:06et qu'il faut vendre cher.
52:08Donc,
52:08il y a un problème
52:08de modèle économique.
52:09C'est quoi l'idée de l'osange
52:10pour justement
52:12contourner cet obstacle ?
52:14L'idée,
52:14en fait,
52:14c'était vraiment
52:15de se dire
52:15que l'upcycling,
52:16c'est une méthode
52:16qui est beaucoup trop formidable
52:17pour qu'elle ne puisse pas
52:19passer à l'échelle
52:19au niveau industriel.
52:21Pour ça,
52:22il fallait lever des fonds,
52:23développer des automatismes.
52:26Nous,
52:26on a développé
52:27des robots
52:28qui font de la découpe
52:28automatisée
52:29de ces vêtements-là
52:30pour avoir les morceaux
52:31en quelques secondes
52:32alors qu'avant,
52:33de manière artisanale,
52:34c'était en plusieurs
52:34dizaines de minutes.
52:35Et ces morceaux-là,
52:36une fois qu'ils sont découpés,
52:37ils sont prêts
52:38à être assemblés
52:39par des ateliers
52:40et finalement,
52:40on se retrouve
52:41avec des coups de revient
52:42qui sont similaires
52:43entre l'upcycling
52:44et l'industrie
52:45plus traditionnelle
52:45ce qui permet du coup
52:46de véritablement
52:47faire passer à l'échelle
52:48la méthode de production
52:49aujourd'hui reconnue
52:50comme étant la plus écologique
52:51au monde
52:52et de très loin.
52:53Alors,
52:53on y reviendra
52:53sur le bilan écologique
52:54mais vous en êtes où
52:55aujourd'hui
52:56de 6 ans après
52:57la création de Los Angeles ?
52:586 ans après,
52:59Los Angeles,
53:00on a levé à peu près
53:0010 millions d'euros
53:01depuis 2023.
53:03On a eu une première
53:04phase exploratoire.
53:05Ensuite,
53:05on a eu une phase
53:06vraiment d'automatisation.
53:07Là,
53:07on est en pleine phase
53:08d'industrialisation.
53:09L'enjeu pour nous,
53:10c'est de réussir
53:12à passer la vitesse d'après,
53:13à faire en sorte
53:14que l'upcycling
53:15s'impose petit à petit
53:16dans le paysage de la mode
53:16que les gens trouvent
53:18dans les rayons.
53:18C'est déjà le cas
53:19depuis quelques temps.
53:20On a par exemple
53:21une collaboration
53:22très réussie
53:22avec la marque Fago
53:23qui a une soixantaine
53:24de magasins en France
53:25et qui a distribué
53:26de manière très large
53:27des produits upcyclés
53:28réalisés par les équipes
53:29de Los Angeles.
53:30Aujourd'hui,
53:30on est un peu plus de 25.
53:31On devrait être 35
53:32d'ici un an.
53:33Donc,
53:33il y a une belle croissance
53:34portée aussi par un marché
53:35qui est en demande
53:36de produits différents
53:38avec une très jolie histoire
53:39et aussi avec un bel impact
53:40et c'est tout le propre
53:41de l'upcycling.
53:42Avec un site industriel
53:43qui existe déjà,
53:46avec la chaîne de découpage
53:47et les ateliers
53:48dans le prolongement ?
53:50Alors nous,
53:50on n'a pas d'atelier
53:51d'assemblage.
53:52On incorpore en interne
53:53les choses les plus complexes
53:54en upcycling,
53:55c'est-à-dire la conception.
53:56Donc,
53:56on a un bureau d'études
53:57d'une dizaine de personnes
53:58qui fait du design,
53:59qui fait du modélisme,
54:00du patronage,
54:00du prototypage,
54:01des choses que les marques
54:02ne savent pas faire aujourd'hui
54:03en upcycling
54:03parce que c'est très particulier.
54:05Ensuite,
54:05on a une grande partie usine
54:08dans laquelle on a
54:08la réception des produits finis
54:10parce que nous,
54:10on ne reçoit pas des rouleaux,
54:11on reçoit des tonnes
54:14ensuite découpées en effet
54:15dans une zone de découpe
54:16où il y a de la découpe
54:17automatisée
54:17via des lignes robotiques.
54:19Le bilan environnemental
54:21d'un vêtement upcyclé
54:23par rapport à un vêtement neuf,
54:24c'est quoi ?
54:24C'est assez bluffant.
54:26Entre un produit classique,
54:29par exemple,
54:29prenons l'exemple d'un jean,
54:30on considère qu'en moyenne,
54:31un jean,
54:32pour être fabriqué,
54:33ça va être entre 18 et 22 kg de CO2
54:37par produit.
54:38En upcycling,
54:38on est entre 1 et 2 kg max.
54:40Donc en fait,
54:41on est sur des économies
54:42de plus de 90 %,
54:43on divise par 2 l'impact du produit
54:45et en plus,
54:46il n'est pas plus cher.
54:48Quel verrou vous rencontrez
54:49aujourd'hui
54:50pour que
54:51à la fois votre activité
54:52et puis le marché
54:53en général de l'upcycling
54:54grandissent ?
54:55En fait,
54:56pour que le marché
54:57de l'upcycling grandisse,
54:58il fallait déjà répondre
54:59aux verrous
54:59qui étaient
55:00les plus basiques,
55:02qui étaient ceux
55:03du tri,
55:04réussir à trouver
55:05de la matière
55:06puisqu'en fait,
55:07on part de l'existant,
55:08cet existant,
55:08il faut le massifier
55:09et pour pouvoir massifier
55:10cet existant-là,
55:11il fallait travailler,
55:12changer la manière
55:13avec laquelle travaillaient
55:13les centres de tri,
55:14que ce soit en France
55:15et en Europe,
55:15donc ça a été un long travail.
55:17C'est aussi un travail
55:17de conception
55:18que nous,
55:19on a mené avec nos équipes,
55:21spécialiser des personnes
55:22qui sont certes du textile
55:23mais qui ne connaissent pas
55:23l'upcycling
55:24et puis ensuite,
55:25développer des outils industriels.
55:26Le dernier verrou,
55:27je dirais maintenant,
55:28c'est celui de la consommation
55:29et celui des marques.
55:30Il faut que les marques
55:31s'engagent
55:31dans cette démarche
55:32qui est l'upcycling,
55:33qui est un peu différente
55:34de ce qu'elles ont l'habitude
55:34de faire
55:35plutôt que de dire
55:36je veux ce produit-là,
55:37dans ce bleu-là,
55:38dans ce coton-là,
55:39etc.
55:40Là, on part de l'existant
55:40donc on est peut-être
55:41plus limité
55:42mais d'un côté,
55:43ça libère aussi
55:44une énergie créative
55:44bien supérieure
55:45pour les équipes
55:46et souvent,
55:46les marques sont très contentes.
55:48Aujourd'hui,
55:48toutes les entreprises
55:49avec lesquelles on a travaillé
55:50ont des performances
55:52supérieures
55:52à ce qu'elles imaginaient
55:53avec les produits upcycliers.
55:55Merci beaucoup,
55:55Simon Perrono
55:56et bon vent à Losange.
55:58Merci beaucoup.
55:59Voilà,
55:59c'est la fin de ce Smart Impact.
56:01Merci à toutes et à tous
56:02de votre fidélité.
56:03à Be Smart for Change
56:04à la chaîne des affaires,
56:06des audacieuses
56:06et des audacieux.
56:07Salut.
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