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  • il y a 4 mois
Mardi 28 octobre 2025, retrouvez Charles Bocquillon (directeur général délégué, Repair and run), Swann Lamarche (chargé de relations partenariales et institutionnelles, IGN), Elisabeth Frot (directrice, Symsageb - EPTB du Boulonnais), Béatrice Garrette (directrice générale, Fondation Pierre Fabre) et Clémence Miray (Co-fondatrice, Chaise au Carré) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de notre économie.
00:14Et voici le sommaire, c'est Béatrice Garrett, la directrice générale de la Fondation Pierre Fabre,
00:19qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes, pour voir notamment comment la numérisation et l'intelligence artificielle peuvent sauver des vies.
00:28Mais d'abord, je reçois Charles Bocquillon, qui est le directeur général délégué de Repair & Run, spécialiste de la réparation de vélos et de trottinettes,
00:35qui propose désormais ces produits reconditionnés à la vente.
00:39Le débat de notre émission sera consacré au risque d'inondations, comment les modéliser pour mieux s'en prémunir.
00:46On verra notamment où en est l'IGN dans son projet au long cours de cartographie 3D de la France.
00:52Et puis dans notre week consacré aux startups éco-responsables, je vous présenterai chaise au carré qui pousse au réemploi dans le secteur du mobilier.
01:01Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact, tout de suite.
01:10L'invité de Smart Impact, c'est Charles Bocquillon, bonjour.
01:13Bonjour.
01:14Bienvenue, vous êtes le directeur général délégué de Repair & Run, qui a été créé en 2017.
01:19C'est quoi l'origine, l'étincelle à l'origine du projet ?
01:21Alors le besoin grandissant d'entretien et de réparation de vélos.
01:26A l'origine, l'idée était de venir réparer chez les clients ou au pied de leur domicile les vélos.
01:33Et puis progressivement, le modèle a évolué vers des boutiques ateliers,
01:36notamment du fait de la complexité des produits avec l'avènement du vélo électrique.
01:42On a privilégié un modèle de boutique plutôt que d'itinérance.
01:45Donc le côté, on va chez le client, ça s'est oublié.
01:50C'est combien d'ateliers aujourd'hui ?
01:52Aujourd'hui, il y a une quinzaine de boutiques ateliers en France.
01:55Et on prévoit d'en ouvrir dans les prochaines années 5 à 10 tous les ans.
02:005 à 10 sur un modèle de franchise ?
02:02Oui, on a évidemment des boutiques en propre dans des gros zones, Paris, Lyon entre autres.
02:08Mais le développement qu'on va faire à l'échelle nationale va se faire en franchise.
02:13Avec un potentiel de développement qui est lié évidemment, c'est la palissade, au développement de l'usage du vélo électrique.
02:21Ça veut dire que vous pouvez anticiper sur le besoin de réparation des Français dans les 5 à 10 prochaines années ?
02:27Il y a une croissance très forte de l'usage des mobilités douces ces dernières années.
02:32Là, ça se stabilise.
02:33Mais là où le besoin grandit, c'est sur l'entretien et la réparation.
02:36Le parc a explosé ces dernières années.
02:38Donc effectivement, dans toutes les grosses zones urbaines et même dans des zones un petit peu plus petites,
02:43aujourd'hui, le besoin se fait ressentir.
02:46Donc oui, on estime qu'aujourd'hui, on peut dépasser assez facilement une cinquantaine de boutiques pour les prochaines années.
02:52Et le marché, en tout cas sur la réparation, va continuer à croître.
02:54Qu'est-ce que vous réparez le plus ?
02:57Aujourd'hui, c'est le vélo électrique.
02:58Le vélo électrique, oui.
02:58C'était le vélo classique.
03:02Donc il y a le vélo électrique qui a une très très forte croissance par rapport au vélo classique dans toutes les zones urbaines.
03:07Et aussi la trottinette électrique qui est devenue un marché très important pour nous,
03:11qui va représenter presque la moitié de nos réparations.
03:14Qu'est-ce que vous conseillez à vos clients ?
03:16Est-ce qu'il faut un système un peu comme une voiture qu'on emmène pour une révision annuelle ?
03:23Il ne faut pas attendre la panne, en quelque sorte ?
03:25Non, c'est certain que l'entretien est primordial avec ces produits.
03:29Donc nous, on partage des conseils d'entretien que le client peut faire lui-même,
03:34que le digérateur peut faire lui-même pour éviter la dégradation du produit.
03:37Et évidemment, nous, en tant que professionnels, on recommande au moins une fois par an d'effectuer une révision.
03:43Est-ce que vous avez un modèle d'atelier qui se différencie des autres, finalement ?
03:49On essaie de standardiser les choses.
03:51Nous, la différence par rapport au reste du marché, c'est qu'on va attaquer le marché du vélo, vélo électrique d'une part,
03:57mais aussi de la trottinette.
03:58Et c'est vrai que c'est des métiers qui se recoupent, mais on a des enjeux techniques qui sont assez différents.
04:04Et c'est donc ça qui est assez rare.
04:07Et c'est là où on a beaucoup travaillé techniquement et avec un réseau de partenaires denses
04:12qui nous permet aujourd'hui d'intervenir sur l'ensemble du marché de la mobilité douce.
04:17On va se concentrer pendant quelques minutes, on va ouvrir un chapitre sur le marché des vélos d'entreprise.
04:22Je propose quelques chiffres.
04:2320 000 vélos d'entreprise aujourd'hui déployés auprès de salariés français,
04:27environ 2 000 employeurs qui mettent des vélos à disposition de leurs salariés.
04:31Ce qui n'est pas 2 000 employeurs, c'est bien, mais ce n'est pas beaucoup.
04:34Est-ce que vous avez déjà des entreprises, beaucoup d'entreprises parmi vos clients ?
04:40On travaille relativement peu, nous, en direct avec les entreprises.
04:44On a plutôt vocation à travailler pour les entreprises qui, elles, se spécialisent justement dans la distribution auprès de ces entreprises.
04:52Et nous, on va proposer des services d'entretien et de réparation à ces entreprises-là.
04:58Maintenant, effectivement, dans des grosses zones, on est amené aussi à travailler pour des grosses entreprises directement.
05:06Effectivement, on pense que c'est un marché qui va croître parce qu'on est relativement en retard par rapport à d'autres pays européens.
05:11On parle effectivement d'environ 20 000 vélos fournis par les entreprises à des salariés en France.
05:16On parle de 200 000 en Belgique ou de 2 millions en Allemagne.
05:19Donc, c'est l'un des axes où il y a énormément de marge.
05:23C'est quoi ? C'est un vélo de fonction, en quelque sorte ?
05:24Oui, c'est clairement un vélo de fonction.
05:27Nous, historiquement, sur le marché B2B, alors plutôt B2B2C, on va travailler pour les constructeurs, évidemment.
05:34On va travailler pour des distributeurs, on va travailler pour des assureurs.
05:37Et c'est vrai que ce marché du vélo de fonction, c'est celui sur lequel on mise pas mal d'espoir en termes de croissance.
05:42Comment ça fonctionne ? Si j'arrive avec ma trottinette électrique ou mon vélo électrique chez vous, la prise en charge se passe comment ?
05:52Alors nous, la promesse, c'est une prise en charge et un pré-diagnostic immédiat.
05:56Et dans 70% des cas, une réparation dans la journée.
05:59Donc, ça va être des petites réparations rapides, une révision, une crevaison.
06:04Après, quand on est sur des réparations un petit peu plus complexes, on va toucher à des besoins de diagnostiquer, de trouver des pannes électriques plus complexes.
06:11On va parfois immobiliser le produit et devoir sourcer une pièce spécifique.
06:16Et là, on travaille sur des délais le plus courts possible de quelques jours avec une transparence pour le client où on va lui annoncer le délai nécessaire.
06:23Est-ce qu'il y a un profil type du client de Repair & Run ?
06:27Alors, on mise de plus en plus sur la nouvelle génération d'utilisateurs de vélo.
06:32Donc, plutôt des personnes qui vont avoir passé le cap de l'utilisation du vélo, notamment pour le vélota, pour le domicile-travail.
06:45Et c'est des utilisateurs qui ne sont pas forcément historiquement des utilisateurs de mobilité douce.
06:49Et donc, ils vont avoir besoin de cette assistance en termes d'entretien.
06:52Et évidemment, on mise aussi beaucoup sur les grosses zones urbaines, sur les vélos relativement haut de gamme qui nécessitent une expertise assez forte techniquement.
07:01Il y a une nouveauté là depuis ce mois d'octobre, puisque vous proposez aussi des espaces dans les ateliers dédiés à la vente.
07:07On va en parler tout de suite.
07:08Mais est-ce qu'il y a un décalage entre le boom du vélo, là on va parler du vélo électrique par exemple, du boom du vélo électrique et les premières réparations ?
07:17Vous voyez ce que je veux dire ?
07:19Est-ce qu'un utilisateur, il va, alors il ne devrait pas, mais il va attendre parfois 2, 3, 4 ans avant de vous apporter son vélo ?
07:27Oui, on voit un petit peu ce phénomène.
07:29Il y a une bonne partie de nos réparations, je pense, qui auraient pu être évitées avec de l'entretien.
07:33Et c'est aussi pour ça que c'est notre rôle de sensibiliser à l'entretien de ce qui peut être fait par l'utilisateur.
07:38Et nous, d'expliquer aux utilisateurs qu'il est important de passer chez un professionnel pour la révision.
07:46Donc cette offre-là, depuis le début de ce mois d'octobre, Repair & Urban Partners Experience, voilà comment vous l'avez nommé.
07:53C'est quoi ? C'est dans vos ateliers, vous avez créé un nouvel espace ? C'est quoi l'idée ?
07:57Alors l'idée, c'est que dans les grosses zones urbaines, Paris, là en premier lieu qu'on vient d'ouvrir, mais on va aussi le développer à Lyon, à Bordeaux ou encore à Lille.
08:07Le concept, c'est de dire que dans ces zones-là, il y a un besoin fort de renouvellement.
08:13Et nous, on est confronté à un certain nombre de clients qui se posent la question de renouveler leurs produits pour différentes raisons.
08:21Un produit qui commence à être un peu ancien ou parce que le trajet domicile-travail s'est allongé, par exemple, et il y a besoin d'un produit qui est plus adapté pour avoir plus de confort.
08:35Et donc dans ce cadre-là, nous, on propose dorénavant à ces clients-là de découvrir une gamme de produits et de lui reprendre son ancien matériel.
08:44Donc c'est vraiment dans une logique d'aller plus loin que simplement la réparation pour créer une économie circulaire autour de l'usage des mobilités douces.
08:53Donc on va principalement proposer de la reprise, une proposition d'un produit reconditionné.
08:59Et à défaut, selon les besoins du client, on a des marques partenaires qui nous permettent de proposer des produits neufs.
09:05C'est-à-dire que le marché, il est suffisamment mature pour avoir une offre d'occasion suffisamment importante ?
09:13Oui, il est en pleine explosion. On a un parc qui a vraiment explosé depuis quelques années et on commence à arriver dans un marché de renouvellement
09:24où effectivement il y a beaucoup de produits qui ont été achetés ces cinq dernières années qui vont arriver sur le marché de la seconde vie.
09:30Et donc nous, on veut proposer à ces clients, dans le cadre d'un renouvellement, de nous confier la reprise de leurs produits pour qu'on les remette sur le marché,
09:38notamment avec un reconditionnement et une remise sur le marché local.
09:42Est-ce qu'un vélo électrique d'il y a cinq ans, notamment on va parler peut-être de sa batterie, est-ce qu'il est un peu obsolète
09:50ou est-ce qu'il peut effectivement après être passé par vos ateliers et avoir une belle seconde vie d'une certaine façon ?
09:58Non, on a des durées de vie qui peuvent aller largement au-dessus de ça.
10:01Effectivement, la batterie est un gros sujet. Donc il y a des enjeux aujourd'hui, au-delà des remplacements de batteries, de les reconditionner pour pouvoir
10:10allonger leur durée de vie sans avoir besoin de les remplacer. Donc non, on peut prolonger largement la durée.
10:17Mais c'est un secteur où on innove ou pas tant que ça ? Est-ce que les vélos électriques qui sortent aujourd'hui sont très différents de ceux qui sortaient il y a cinq ans ?
10:24Il y a des évolutions, on n'est pas sur des grosses ruptures technologiques pour l'instant. On en attend peut-être quelques-unes pour les prochaines années.
10:31Il y a effectivement des acteurs qui réfléchissent à comment optimiser ce sujet de la batterie, qui est un enjeu écologique,
10:37qui est aussi un enjeu au niveau fonctionnel, parce que c'est effectivement quelque chose qui pèse. Il y a toute une réflexion autour de ça.
10:47Mais là, je dirais plutôt qu'il y a des évolutions technologiques plutôt que des ruptures pour l'instant.
10:50Comment vous imaginez le développement de Reaper & Run dans les cinq prochaines années ? Donc il y a la franchise dont vous parliez.
10:57Vous pourriez exister ailleurs qu'en France aussi ?
11:00Oui, alors déjà, on fait évoluer un petit peu le modèle. On va évoluer d'un modèle exclusivement de réparation.
11:07Un modèle de reprise et de redistribution. Ensuite, on s'est développé beaucoup en propre démarrage.
11:16Là, effectivement, pour la suite du développement en France, on va se concentrer sur de la franchise.
11:20Et on va ambitionner dans les prochaines années, effectivement, l'ouverture de Reaper & Run dans d'autres pays repères.
11:26Merci beaucoup Charles Bocillon et à bientôt sur Bismarck for Change.
11:30On passe à notre débat. Comment cartographier les risques, notamment les risques d'inondation ?
11:37C'est le débat de ce Smart Impact. On se demande comment cartographier, anticiper les risques,
11:47notamment les risques d'inondation avec Swan Lamarche. Bonjour, bienvenue.
11:51Bonjour.
11:52Vous êtes chargé de relations partenariales et institutionnelles à l'IGEN,
11:55l'Institut National de l'Information Géographique et Forestière.
11:58Et puis, on est en duplex également avec Elisabeth Fraud. Bonjour.
12:02Vous êtes la directrice du SimSageb Syndicat Mix pour le schéma d'aménagement et de gestion des eaux du Boulonnais.
12:10On va commencer par rappeler ce qu'est l'IGEN, Swan Lamarche, créée il y a 85 ans. C'est quoi votre mission ?
12:18Alors, le rôle de l'IGEN, c'est de pouvoir cartographier le territoire.
12:21On est souvent connu pour les cartes de randonnée, mais en fait, on fait énormément d'informations cartographiques pour décrire le territoire,
12:27décrire sa topologie, à quelle forme le territoire va avoir, mais également les éléments qui peuvent être dessus,
12:33savoir où sont les bâtiments, savoir où sont les forêts, notamment, puisqu'on a un gros travail de connaissance forestière au sein de l'IGEN.
12:40Avec des cartes qui sont disponibles en open source pour parler en mauvais français, tout le monde peut y avoir accès ?
12:47Effectivement, en fait, nos données sont libres d'accès et elles permettent à chacun de pouvoir y avoir accès.
12:52Elles permettent aussi, du coup, aussi bien en tant que citoyen de pouvoir s'en servir, mais également à d'autres partenaires pour pouvoir les réutiliser.
13:00Des collectivités, des entreprises ?
13:02Des collectivités, des partenaires publics, mais aussi des partenaires privés, qui peuvent venir récupérer cette donnée et la réexploiter en fonction de leurs besoins,
13:09de pouvoir la faire travailler pour savoir, en fonction de telle ou telle thématique, comment est-ce que cela peut apporter une connaissance supplémentaire pour leur utilité.
13:20Elisabeth Fraud, est-ce que vous pouvez nous présenter le rôle de ce syndicat, le CIMSAGEB ?
13:26Oui, le CIMSAGEB, c'est un établissement public de bassins qui coordonne la gestion de l'eau à l'échelle des bassins versants.
13:34Nous, on est sur un territoire qui fait environ 700 km².
13:38On regroupe six intercommunalités sur le territoire.
13:42On a environ 172 000 habitants.
13:46On travaille avec 81 communes.
13:49Et la ville principale est bien sûr Boulogne-sur-Mer.
13:53Le territoire est situé au cœur du parc naturel régional des Cap-et-Marais-d'Opale.
14:00Et on est en partie sur le grand site de France.
14:02On a des paysages incroyables et une vue sur l'Angleterre également.
14:08Oui, c'est vrai que les paysages sont sublimes pour avoir eu la chance d'y aller il n'y a pas si longtemps que ça.
14:12On peut conseiller à toutes celles et ceux qui nous regardent d'aller dans cette région.
14:18On va parler ensemble, parce que ça fait aussi partie de la réalité, du risque d'inondation.
14:25Premier risque naturel en France, si on regarde ces données, ces chiffres.
14:29Un Français sur quatre exposés à l'aléa inondation.
14:34Et près de 11 000 communes qui sont aujourd'hui couvertes par un plan de prévention des risques d'inondation.
14:39Comment ils évoluent ces chiffres ?
14:42Est-ce qu'il y a de plus en plus d'inondations en France, de zones potentiellement inondables en France ou pas, soit de la marge ?
14:49Alors, peut-être pour rappeler que cette politique de prévention des inondations, elle se fait avec de multiples acteurs.
14:55L'IGN prend sa part dans la description du territoire.
14:57Mais on a également les services centraux et déconcentrés du ministère de l'Écologie.
15:00Les opérateurs de l'État, tels que Météo France ou le CEREMA.
15:05Et également les collectivités qui travaillent dessus.
15:07Aujourd'hui, il faut savoir que vous avez cité le site de 11 000 communes concernées par un plan de prévention des risques d'inondation.
15:14Aujourd'hui, toutes les communes qui sont exposées à un risque d'inondation n'ont pas encore été pleinement couvertes par ce dispositif-là.
15:21On voit également des dispositifs de programmes d'action de prévention des inondations portés par les collectivités.
15:25Et en fait, c'est des chiffres qui ont tendance à augmenter de fait parce qu'on continue de travailler en tant que service de l'État à la connaissance de ce phénomène pour pouvoir couvrir les zones.
15:36Et puis, de l'autre côté, on a les premiers effets du réchauffement climatique qui se font sentir.
15:41On voit que certaines zones qui, auparavant, étaient peut-être moins exposées le sont ou vont le devenir.
15:47Et donc ça, c'est aussi notre devoir de pouvoir travailler là-dessus et d'apporter de la connaissance objective sur ces phénomènes.
15:55Est-ce que, Elisabeth Fraud, le territoire du Boulonnais, cette zone que vous nous avez décrite qui est si belle, elle est particulièrement sensible au risque d'inondation ?
16:05Il y a eu malheureusement des exemples récents.
16:08Oui, du fait de la configuration géologique du territoire, de la topographie qui est marquée, le bassin côtier du Boulonnais présente une forte densité de cours d'eau.
16:19Donc pendant les fortes pluies, ces cours d'eau adoptent un régime torrentiel et on a très rapidement des crues qui impactent plusieurs centaines d'hectares,
16:31que ce soit des habitations, des entreprises, mais aussi des milieux naturels.
16:35Et pour illustrer ces propos, en 40 ans, on a recensé environ 500 arrêtés de catastrophes naturelles sur le territoire.
16:44Et on a 400 habitations qui sont situées en zone à risque élevé dans les PPRI de la Liane et du Vimreux.
16:53Alors oui, bien sûr, avec les inondations de 2023, c'était aussi des pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur le territoire,
17:01près de 450 mm, de façon très répétitive, avec des sols très saturés, qui ont provoqué une pluie centenale.
17:10Ces plans de prévention, des risques, il y a ça, les plans de prévention, il y a aussi le programme d'action de prévention des inondations, le PAPI.
17:17Comment vous les utilisez localement, Elisabeth Fraud ?
17:21Alors nous, le plan de prévention des risques d'inondations, le PPRI, ce sont des documents réglementaires
17:27qui sont élaborés par les services de l'État et qui permettent de cadrer l'aménagement du territoire.
17:32Donc c'est un outil indispensable pour la prévention des inondations.
17:37Ces cartes PPRI élaborent des zones à enjeu, que ce soit rouge ou bleu, enjeu élevé,
17:44qui conditionnent la constructabilité du territoire ou l'adaptation aussi du bâti sur ces zones-là.
17:53Nous, on travaille directement avec le PAPI, qui est un programme d'action de prévention des inondations.
17:59Il correspond à une approche globale, puisqu'on prend tout le bassin versant du territoire et on réduit les impacts.
18:06Alors on a plusieurs axes qui agissent sur le PAPI, que ce soit la connaissance du risque, la sensibilisation,
18:17la surveillance des crues, le système d'alerte aussi.
18:21On aide aussi les communes à s'organiser pour la réponse à apporter en cas de crise,
18:27via notamment les plans communaux de sauvegarde.
18:29Et puis, on encourage l'urbanisation plus responsable.
18:35On soutient aussi des actions pour réduire la vulnérabilité du bâti.
18:39Et puis aussi, via des modélisations, etc., on travaille à ralentir les écoulements,
18:46à freiner via des solutions fondées sur la nature, telles que des haies, des fascines,
18:52ou des aménagements un peu plus structurants.
18:55Alors vous parliez de modélisation, justement.
18:57Je reviens vers vous, Swan Lamarche, parce que je crois que c'est depuis 2021, c'est ça ?
19:01Il y a une cartographie 3D de la France qui est en cours.
19:05Elle n'est pas terminée.
19:06C'est un projet qui va durer, t'ailleurs, jusqu'à quand ?
19:10Alors, c'est effectivement un projet qui va durer jusqu'à 2027, normalement.
19:14L'objectif de ce projet, c'est de pouvoir cartographier en 3D la France.
19:17En fait, on a des avions qui vont sillonner le ciel de la France avec un capteur laser.
19:21Et en connaissant le positionnement de l'avion en chaque seconde,
19:24on va avoir un certain nombre d'informations sur le sol.
19:26Il faut savoir qu'on a une dizaine d'informations par mètre carré sur le positionnement,
19:31une dizaine de points,
19:33qui nous permettent après de pouvoir cartographier ce territoire en 3 dimensions
19:37et de faire ce qu'on va appeler des modèles numériques,
19:39des modèles numériques de terrain ou des modèles numériques de surface.
19:42Et en fait, ces modèles numériques, ce sont les éléments nécessaires
19:46pour pouvoir après faire de la simulation d'inondations,
19:49qui vont être faites par d'autres acteurs,
19:51mais qui vont servir notamment pour la connaissance dans le cadre des plans de prévention des risques,
19:57dans le cadre des programmes d'action de prévention des inondations.
20:00Et nous, notre travail, justement, c'est de pouvoir décrire ce territoire
20:03pour permettre après au territoire de se préparer, d'estimer quel est leur risque.
20:08Qu'est-ce que ça apporte par une carte 3D ?
20:11Je peux l'imaginer, mais je veux bien que vous détaillez ça.
20:13Qu'est-ce que ça apporte, une carte 3D, par rapport à une carte traditionnelle ?
20:16En matière, restons sur notre thème, de prévention du risque d'inondation.
20:22Alors, il faut savoir que la carte 3D, on en fait déjà depuis plus d'une dizaine d'années.
20:26Ce que va apporter ce programme, c'est plusieurs choses.
20:28La première, c'est une précision accrue et une actualité.
20:32C'est-à-dire qu'on va être plus précis sur comment notre territoire est constitué.
20:36La deuxième chose, c'est une information à l'échelle de la France entière.
20:41C'est la première fois qu'on fait ça.
20:42Avant, on le faisait sur certains territoires ciblés, justement, pour les risques d'inondation.
20:47Là, on va le faire sur l'ensemble du territoire.
20:49Et donc, du coup, on va pouvoir, après, travailler à cette échelle-là.
20:52On va pouvoir aller chercher les axes de ruissellement.
20:55On va pouvoir aller chercher les zones basses.
20:57Et en fait, de savoir où sont les zones qui sont les plus basses,
21:01ça va permettre de savoir quand une rivière déborde, par exemple,
21:04où est-ce que cette eau va se répartir sur le territoire.
21:06Ça, c'est quelque chose qui est absolument nécessaire pour pouvoir,
21:10comme le disait Mme Fraud, après, aider à la compréhension de ces phénomènes.
21:14Est-ce que c'est une connaissance qu'on a un peu perdue, parfois, avec l'urbanisation ?
21:20Vous voyez ce que je veux dire ?
21:21C'est-à-dire que le développement des villes finit par masquer la topographie des lieux.
21:26Effectivement, en fait, le développement des villes va avoir pour impact de changer la topographie.
21:32On va penser à la construction de nouveaux bâtiments, on va penser à la construction de digues, etc.
21:38Et donc, ça nécessite pour cela une actualisation de la donnée.
21:41Des données qui étaient vraies il y a 10 ou 15 ans, aujourd'hui, elles présentent des défauts par rapport à la réalité.
21:46Et donc, du coup, le fait de pouvoir faire cette cartographie régulièrement,
21:49et de pouvoir la mettre à jour, ça permet justement d'apporter cette information.
21:53Cette notion de ruissellement, je veux bien vous entendre là-dessus, Elisabeth Faux,
21:58parce qu'évidemment, la problématique, la question du ruissellement est de plus en plus importante,
22:02avec des inondations qui vont se retrouver dans des zones très localisées.
22:09Comment vous l'appréhendez, cette notion de ruissellement ?
22:12On l'appréhende de différentes manières.
22:16En fait, le ruissellement, ce n'est pas un phénomène nouveau sur le territoire.
22:19Comme je vous l'expliquais tout à l'heure, on a des pentes marquées.
22:23On a aussi des sols très caractéristiques, l'immuno-orgileux,
22:27qui facilitent la génération de ce ruissellement.
22:34On se rend compte aussi qu'avec l'urbanisation, l'imperméabilisation des sols,
22:39l'appauvrisement des sols, et puis le dérèglement climatique,
22:42cette problématique s'est accentuée.
22:44Et du coup, la gestion des ruissellements et de l'érosion des sols est pour nous maintenant un enjeu stratégique.
22:54Je vois que le soleil est revenu sur la région du Boulonnais, c'est génial.
22:58Cette question de ruissellement, la cartographie 3D permet-elle de mieux l'appréhender ?
23:04En effet, le fait d'avoir cette cartographie 3D permet de voir les axes de ruissellement,
23:08ce qu'on va appeler les ravines.
23:10Donc c'est toutes les zones qui vont être amenées à accumuler de l'eau en périodes de pluie extrêmes.
23:17Il faut savoir aussi qu'à l'IGET, on a d'autres bases de données.
23:20Je peux citer notamment l'occupation du sol à grande échelle, l'OCSGE,
23:23qui est en fait une base de données qui va décrire si votre sol est actuellement
23:27plutôt une terre agricole, une terre enherbée, une terre urbanisée, etc.
23:33et qui va donner de l'information importante pour ces travaux-là,
23:36puisque l'eau ne va pas s'infiltrer de la même façon sur une zone qui va être enherbée que sur une zone bédonnée.
23:43Est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui utilisent les données de l'IGET
23:46ou est-ce qu'elles devraient être plus nombreuses à le faire avant de lancer un projet,
23:49avant d'imaginer, je ne sais pas, construire un nouvel entrepôt, une nouvelle usine ?
23:54Alors ça, c'est effectivement des choses aujourd'hui sur lesquelles on voit qu'il y a une appropriation
23:58qui commence à se faire, mais c'est vu que c'est la première fois qu'on fait ce programme à l'échelle nationale.
24:02C'est encore quelque chose sur lequel il faut qu'on travaille en accompagnant cette donnée
24:07par des moyens de l'utiliser et aussi de l'interpréter,
24:11pour pouvoir permettre à chaque entreprise, à chaque acteur du territoire,
24:15de l'aménagement du territoire, de pouvoir prendre en compte cette information topographique.
24:20Merci beaucoup, merci à tous les deux ici à Paris et donc dans le boulonnais.
24:26A bientôt sur Be Smart for Change.
24:28On passe tout de suite au grand entretien de ce Smart Impact
24:31avec la directrice générale de la Fondation Pierre Fabre.
24:39Prêt pour l'impact ?
24:40C'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie
24:44et je reçois aujourd'hui Béatrice Garrett, bonjour.
24:48Bonjour.
24:48Heureux de vous accueillir, bienvenue, vous êtes la directrice générale de la Fondation Pierre Fabre
24:53que vous allez nous présenter tout de suite.
24:55C'est quoi la Fondation Pierre Fabre ? Quel lien avec le groupe ?
24:58Alors la Fondation Pierre Fabre, c'est une fondation d'utilité publique
25:01dont la mission est d'améliorer l'accès aux soins et aux médicaments de qualité
25:04pour les populations défavorisées dans les pays pauvres ou les pays en crise.
25:11Et la particularité, effectivement, c'est que cette fondation d'utilité publique
25:15est en même temps l'actionnaire des laboratoires Pierre Fabre à 86%
25:18aux côtés des salariés du groupe qui sont à 10% également.
25:22Qu'est-ce que ça change ça ?
25:23Ça change que, alors, en France, cette possibilité d'une fondation d'utilité publique
25:29de posséder un groupe industriel et commercial, elle est liée à des contraintes très fortes
25:34qui sont qu'effectivement la fondation, bien que l'actionnaire, ne veut pas diriger le groupe.
25:38Elle doit se consacrer uniquement à sa mission humanitaire.
25:41Mais, évidemment, du fait de cet actionnariat, elle a des moyens durables de financer ses actions
25:46puisque, évidemment, les bénéfices du groupe Pierre Fabre vont aller majoritairement
25:50pour, évidemment, développer l'entreprise, qui est sur un secteur très fortement concurrentiel.
25:55Mais une partie de ses bénéfices, de la création de richesses,
25:57elle va aller à la fondation Pierre Fabre pour essayer de lutter
26:01contre les inégalités d'accès aux soins dans les pays les plus pauvres.
26:04D'accord, ça pérennise la fondation d'une certaine façon, ça l'inscrit dans le marbre.
26:08On pourrait presque dire ça comme ça.
26:09On peut dire ça.
26:11Ça donne aussi énormément de sens au travail des 10 000 collaborateurs du groupe Pierre Fabre
26:15qui savent qu'effectivement, in fine, cette création de richesses,
26:18elle va participer justement à des actions humanitaires.
26:22Et dans combien de pays, d'ailleurs ?
26:23Aujourd'hui, le périmètre d'action, d'intervention de la fondation, c'est quoi ?
26:27Alors, on est dans une vingtaine de pays, essentiellement en Afrique subsaharienne,
26:31en Asie du Sud-Est, au Liban aussi, compte tenu du contexte de crise
26:35qui s'est vraiment amplifié depuis 2019,
26:39et elle est également en Haïti, où on a un programme pour la DREP à nous suivre.
26:43Est-ce qu'il y a des... Comment je peux vous poser la question ?
26:46Est-ce qu'il y a eu des nouveaux pays ?
26:47Ou est-ce que vous... Comment vous choisissez de nouveaux pays ?
26:50Vous voyez ce que je veux dire ?
26:51C'est-à-dire pourquoi on se dit, tiens, là il faut qu'on agisse, là il faut qu'on intervienne ?
26:55Écoutez, c'est vrai que dans notre mission statutaire,
26:57on doit s'adresser à ces pays les moins avancés.
27:00C'est une catégorie qui est faite, c'est les Nations Unies qui ont des classements
27:04avec un certain nombre d'indicateurs,
27:06et en gros ça désigne les pays effectivement les plus démunis.
27:08Et donc on est en priorité sur ces pays-là,
27:10et malheureusement l'Afrique subsaharienne compte pour beaucoup dans ce classement.
27:16On a aussi, évidemment, parce qu'on est une entreprise française
27:20et une fondation française, culturellement on est aussi proche des pays francophones en Afrique,
27:27donc on a beaucoup développé aussi dans le Sahel.
27:31Compte tenu aussi de la situation actuellement,
27:32on a décidé aussi de déployer dans d'autres pays,
27:34parce que aussi nos solutions sont appropriées pour d'autres pays.
27:37Donc par exemple là, on développe un nouveau programme en Tanzanie et au Kenya,
27:41ce qui est assez nouveau.
27:43Et sinon l'Asie aussi, historiquement, c'est l'Asie du Sud-Est,
27:46le Cambodge, la hausse, le Vietnam,
27:47qui font toujours aussi partie des pays d'intervention depuis l'origine de la fondation.
27:51Avec un certain nombre d'axes stratégiques, de choix qu'il faut bien faire,
27:55quels sont ces axes ?
27:56Oui, tout à fait, parce que ce modèle de fondation,
27:58c'est ce qu'on appelle une fondation opératrice.
28:00C'est-à-dire qu'on ne finance pas des ONG ou des organisations internationales,
28:04on travaille directement avec les acteurs de la santé du pays.
28:07Ce qui permet de maîtriser les programmes aussi.
28:09Oui, et ce qui est surtout une condition de leur durabilité.
28:12C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour financer un hôpital,
28:15et puis ensuite, au bout de cinq ans, on change d'hôpital, etc.
28:19Enfin, je crois que plus personne ne peut travailler dans ce type de modèle.
28:21On essaye que ça soit durable.
28:23Donc on travaille avec les ministères de la santé,
28:24enfin, en disant en coordination avec eux.
28:27Mais on travaille avec des universités, avec des hôpitaux,
28:29avec des sociétés savantes de médecins,
28:34des associations aussi, par exemple, de patients
28:36ou des organisations de la société civile,
28:39pour renforcer en fait ces acteurs du pays,
28:41afin qu'eux-mêmes s'emparent et développent.
28:45Et on co-construit avec eux les programmes.
28:47Ce ne sont pas des programmes extérieurs.
28:48On co-construit avec eux et on leur apporte une aide financière et technique
28:51pour développer sur le long terme ces projets.
28:54Alors évidemment, on parle de maladie,
28:56mais pas seulement, d'une certaine façon,
28:57ça va au-delà de la prise en charge des malades ?
29:00Alors, pour être, disons, opérateur,
29:03il faut développer des expertises précises.
29:05Donc on a, depuis 25 ans, développé un certain nombre d'expertises
29:08qui sont liées à des problèmes importants,
29:11souvent sous-adressés.
29:13Je prends historiquement le problème des médicaments de mauvaise qualité,
29:17soit des médicaments falsifiés, soit sous standard.
29:20C'est un véritable fléau.
29:22On considère, l'OMS considère qu'il y a un médicament sur trois
29:25en Afrique subsaharienne qui est de mauvaise qualité.
29:28Dans certains pays comme la Centrafrique,
29:29je peux vous assurer que 80% des médicaments sont de mauvaise qualité.
29:32Il n'y a plus de circuit officiel de distribution des médicaments.
29:36Donc en fait, c'est des ONG qui utilisent des plateformes internationales
29:38pour faire entrer du médicament à peu près de bonne qualité.
29:42Et donc, dans ce domaine-là,
29:43on a vraiment développé des programmes
29:46pour donner au pays les compétences
29:49pour avoir ces bons médicaments.
29:50Donc on forme des pharmaciens, on forme des spécialistes
29:52qui vont aller, pas seulement dans les officines,
29:54mais aussi dans les ministères
29:55et dans toutes les agences pour pouvoir organiser ça.
29:58Ça, c'est un exemple.
29:59Après, on a choisi aussi des pathologies négligées,
30:02très importantes, comme la drépanocytose,
30:04dont peut-être vous avez entendu parler aussi.
30:06Alors, c'est quoi la drépanocytose ?
30:08C'est la première maladie génétique aussi en France.
30:11Et c'est la première maladie génétique au monde.
30:14Et ça touche particulièrement l'Afrique subsaharienne.
30:17C'est une mutation de l'hémoglobine.
30:19Donc c'est une maladie qui se transmet génétiquement,
30:23autosomique récessible, comme on dit.
30:25C'est-à-dire que si vous pouvez être porteur de la maladie
30:27et pas être malade, vous êtes transmetteur.
30:29Et donc deux parents qui sont porteurs, mais pas malades,
30:32ont une chance sur quatre d'avoir un enfant qui est malade.
30:36Et cette mutation, quand vous avez les deux gènes mutés,
30:40le problème, c'est que vos globules rouges ne sont pas normaux.
30:43Ils vont mourir très vite, donc vous serez anémiés.
30:45Et surtout, ils vont prendre une forme de fossile.
30:48Ils vont se bloquer dans les petits vaisseaux capulaires
30:50et donc empêcher l'oxygène, d'oxygéner les tissus,
30:53d'aller dans tous les tissus.
30:54Donc vous avez créé une expertise dans ce domaine
30:57et vous la diffusez, c'est ce que je comprends.
31:01On est dans la même logique.
31:02Tout à fait.
31:02Depuis 15 ans, on travaille avec énormément de spécialistes
31:06français et internationaux sur les domaines auxquels on s'adresse.
31:11Donc des hématologues, des pédiatres.
31:13Et on travaille avec les pays.
31:16Donc à la fois pour, sur le terrain, avoir une action.
31:19Par exemple, équiper des hôpitaux,
31:21former les personnels de santé, ça c'est très important.
31:23Sensibiliser la population aussi, c'est très compliqué à comprendre.
31:27C'est une maladie qu'on ne peut pas guérir,
31:29mais qu'on peut gérer et qui aussi fait l'objet
31:32de tas de croyances néfastes.
31:34Donc aussi, il faut éduquer la population.
31:36Et on travaille avec les gouvernements
31:37pour qu'ils mettent en place des politiques de santé spécifiques.
31:40C'est essayer d'avoir un petit peu toute la pyramide.
31:43Alors dans cette émission, on parle évidemment beaucoup
31:45et souvent de dérèglement de réchauffement climatique,
31:48des conséquences économiques de ce dérèglement
31:51et des conséquences sanitaires.
31:53Est-ce que vous, vous faites le lien
31:54entre dérèglement climatique et enjeux de santé ?
31:59Forcément, parce que le dérèglement climatique
32:01va amplifier les crises.
32:03Des crises, ça veut dire des déplacements de population.
32:06Quand vous déplacez des populations,
32:07vous les coupez de leurs moyens économiques de survie.
32:09Vous favorisez, bien évidemment, les épidémies.
32:15Vous empêchez encore plus l'accès aux soins.
32:19Donc ça, c'est évident qu'il va y avoir un risque.
32:21Je pense aussi qu'il y a certaines régions du monde
32:23qui vont être invivables.
32:24Donc c'est sûr que les gens partiront.
32:27Comment est-ce qu'ils pourront être pris en charge ?
32:30Et puis, il y a, je pense, directement aussi des liens
32:32entre la pollution et l'état de santé des gens,
32:35notamment sur les maladies respiratoires.
32:37Donc on ne fait pas assez d'études sur le lien
32:39entre la pollution et l'état de santé,
32:42notamment les maladies respiratoires des populations.
32:45J'ai un autre exemple aussi assez frappant,
32:48c'est qu'on travaille justement dans le domaine
32:49de l'accès aux soins dermatologiques des populations.
32:51Alors, en particulier en Afrique subsaharienne,
32:55parce qu'il y a très, très peu de spécialistes.
32:58Enfin, c'est une moyenne qui ne veut pas dire grand-chose,
32:59mais il y a à peu près un dermatologue pour un million d'habitants.
33:02Donc vous imaginez, l'accès aux diagnostics,
33:03il est quasi inexistant.
33:05Donc là, on a des programmes pour ça,
33:07pour essayer de, avec la délégation de tâches,
33:09pour former les agents de première santé au moins,
33:11pour prendre les maladies simples.
33:13Et on a découvert, enfin, on a découvert,
33:15c'est-à-dire qu'on s'est attaché depuis 7-8 ans
33:17à une population particulièrement vulnérable,
33:19c'est les personnes atteintes d'albinisme,
33:21qui n'ont aucune protection contre les rayons du soleil.
33:24Dans un continent avec l'ensoleillement maximum.
33:27Et cet ensoleillement, il va continuer.
33:30Et si on n'a pas des mesures d'adaptation,
33:32si on ne crée pas, justement, de la reforestation, de l'ombre,
33:36si on n'aménage pas les villes, les cités,
33:39pour protéger les gens du rayon du soleil,
33:40ces populations, elles vont encore plus souffrir.
33:43Elles sont, les conséquences, très directes,
33:45c'est des cancers de la peau qui démarrent très, très jeunes
33:49et qui, en l'absence de détection précoce, sont fatales.
33:52Alors, on va ouvrir un chapitre consacré à l'Odès Observatoire
33:57de la e-santé des pays du Sud,
33:59qui a été fondée en 2016,
34:01avec des projets que vous accompagnez,
34:0344 projets lauréats soutenus financièrement,
34:06techniquement, depuis l'origine.
34:08Ça représente plus d'un million cent mille euros alloués,
34:1080 pays bénéficiaires.
34:12Déjà, pourquoi la Fondation Pierre Fable a créé la e-santé ?
34:16On parle de e-santé dans les pays du Sud.
34:18Pourquoi ça vous a semblé, finalement,
34:21assez cardinal, majeur, cet enjeu ?
34:24Je dirais qu'il y a deux raisons.
34:27Parce que, déjà, de par notre mission,
34:29justement, de développer des systèmes
34:31qui soient pérennes et durables,
34:34on ne peut pas dire que nos systèmes de santé
34:36sont transférables.
34:37Notre organisation de la santé publique,
34:39elle n'est pas transférable, actuellement,
34:40dans les pays pauvres, elle ne le sera probablement jamais.
34:42Donc, il faut qu'ils inventent, eux, de nouvelles solutions,
34:46de nouveaux systèmes de santé.
34:48Et pour ça, il faut qu'ils utilisent
34:49les innovations actuelles et possibles.
34:52Et on a vu, là, depuis dix ans,
34:54l'émergence du digital qui transforme la vie des populations
34:57avec ce fameux saut de grenouille, le leapfrog,
35:02entre, justement, et l'exemple vraiment génial,
35:05c'est le mobile banking, c'est l'accès aux comptes bancaires.
35:09Vous avez des populations qui n'avaient jamais passé
35:11le seuil d'une banque, qui ne connaissaient pas ça,
35:13et qui, tout d'un coup, vont avoir un compte bancaire
35:16sur le mobile.
35:18Et c'est grâce à ça qu'ils ne passent pas
35:19par le système traditionnel.
35:20Et la même chose pour le téléphone.
35:21Oui, bien sûr, pour le téléphone.
35:23Et on peut faire la même chose pour la santé.
35:25C'est-à-dire, ce que je comprends,
35:26ou en tout cas, c'est l'ambition,
35:27de se dire qu'on ne peut pas dupliquer
35:30les systèmes de santé des pays occidentaux.
35:33Peut-être que la e-santé peut permettre d'accélérer ?
35:36Alors, pas, je dirais, il faut des médecins,
35:39il faut des infirmiers, il faut des hôpitaux, etc.
35:42Mais on peut pallier un certain nombre
35:44des obstacles à l'accès aux soins.
35:46Les obstacles à l'accès aux soins dans ce pays
35:48sont multiples.
35:48Bon, évidemment, ils sont économiques.
35:50C'est-à-dire que les budgets des ministères
35:52de la Santé sont vraiment insuffisants.
35:54Les gens n'ont pas d'argent,
35:55n'ont pas de couverture sociale.
35:56Dans les pays, il faut s'imaginer,
35:58l'équivalent de notre sécurité sociale,
35:59souvent, c'est 2% de la population.
36:01Maintenant, il y a un grand projet,
36:03c'est cette fameuse couverture sanitaire universelle,
36:06qui était le grand projet de Tedros Ghebreyesus,
36:09le directeur de l'OMS.
36:10Mais c'est quand même un projet
36:12et pas une réalité dans la majorité des pays pauvres.
36:15Il y a les obstacles géographiques.
36:19Souvent, il faut marcher peut-être 10 km
36:21ou 50 km pour trouver un centre de soins.
36:23Il y a les obstacles de ressources humaines.
36:25Il n'y a pas le nombre de médecins,
36:27infirmiers, sages-femmes, spécialistes.
36:29Donc, tous ces obstacles,
36:32comment on pense,
36:34et en fait, on le constate,
36:36des solutions numériques
36:37permettent d'apporter des solutions.
36:38Alors, je veux bien que vous donniez des exemples,
36:40notamment de programmes lauréats de l'ONESP.
36:44Tout à fait.
36:45Alors, déjà, la formation des personnels de santé.
36:49On a la formation à distance.
36:51Et c'est énorme.
36:52Maintenant, avec les solutions digitales,
36:54le téléphone,
36:55alors le téléphone simple
36:56et le téléphone qui est un peu plus diffusé,
36:58justement, dans le personnel médical,
37:00on peut avoir des programmes de formation.
37:02Donc là, un des lauréats de cette année,
37:04qui est un double lauréat,
37:05puisqu'on l'avait déjà repéré et soutenu en 2017,
37:09c'est Safe Delivery App.
37:12Donc, c'est une application,
37:13mais c'est plus qu'une application aussi,
37:15qui est donc opérée depuis 2014
37:19par la Maternity Foundation,
37:21qui est néerlandaise,
37:24et dont l'objectif est de former les sages-femmes,
37:27mais il n'y a pas toujours des sages-femmes,
37:29donc des fois des accoucheuses traditionnelles,
37:31des infirmières,
37:31des infirmières ou des assistants,
37:34pour renforcer leur capacité
37:36à gérer, justement,
37:37les problèmes liés à l'accouchement.
37:39Donc, tout ce qui est,
37:41sont les difficultés d'un accouchement
37:43qui n'est pas simple.
37:45Et malheureusement, il y a un indice...
37:46Pour lesquels il faut intervenir en urgence,
37:49on n'a pas le temps d'un transport médical,
37:51ou on n'en a pas les moyens,
37:52et il y a quelques gestes qui peuvent...
37:53Tout ce qui est le nouveau-né qu'il faut réanimer,
37:59tout ce qui est, bien sûr,
38:00les hémorragies postpartum, etc.
38:02Et puis aussi, bien gérer toute la phase de l'accouchement.
38:05Donc là, concrètement,
38:06c'est des centaines de milliers de personnes
38:10qui ont été formées ou qui sont en train d'être formées, c'est ça ?
38:13Actuellement, ils ont 450 000 personnes bénéficiaires.
38:17Ils sont effectivement dans 70 pays.
38:19Quand on les avait repérés en 2014,
38:21on avait été...
38:22Parce qu'on va toujours faire des enquêtes sur le terrain.
38:24On était allés en Éthiopie voir ça,
38:25dans un centre de santé très isolé.
38:27Ils étaient dans 30 pays déjà à l'époque.
38:29Ils sont dans plein de langues différentes.
38:31Ils s'adaptent.
38:33Et ils mettent aussi des systèmes
38:34où ils forment des formateurs.
38:36C'est-à-dire, pour faire le relais,
38:37ils vont former des sages-femmes
38:40en s'appuyant également sur tout ce qui est les ordres,
38:43les sociétés savantes,
38:44les associations de sages-femmes
38:46pour former des référents dans les pays
38:48qui, elles-mêmes, vont mieux former
38:50à l'utilisation de l'application.
38:51Et l'application, elle est offline.
38:54Tous les contenus peuvent être téléchargés
38:56quand il y a de l'Internet.
38:57Et quand il n'y a pas d'Internet,
38:58ce qui est souvent le cas,
38:59les contenus sont disponibles.
39:01Ils restent disponibles sur le téléphone.
39:03Il y a plein d'autres exemples.
39:05Là, j'en ai un.
39:06C'est autour de la santé infantile.
39:09Ça se passe en Inde.
39:10Ça s'appelle Kushi Baby, c'est ça ?
39:11Alors, de quoi il s'agit ?
39:13Alors, justement, un des sujets
39:16pour améliorer la santé publique,
39:18c'est la gestion des données médicales.
39:19On le sait bien, le carnet de santé.
39:22Pour pouvoir faire un lien,
39:23notamment pour les enfants,
39:24tout ce qui est suivi de la vaccination,
39:26des maladies infantiles, etc.
39:28Donc, il y a en Inde,
39:30les statistiques disent
39:32qu'il y a presque un demi-million d'enfants
39:34qui meurent de maladies évitables
39:37avant 5 ans.
39:38Et ces maladies seraient évitables
39:39grâce à la vaccination.
39:40Et parce qu'il n'y a pas
39:41une couverture vaccinale complète,
39:43il peut y avoir pas du tout de vaccins
39:44ou uniquement la première dose, etc.
39:46Donc, le suivi, en fait,
39:48des données médicales,
39:49c'est absolument clé partout
39:51pour pouvoir améliorer
39:53les chiffres de la mortalité infantile.
39:55Et donc là, c'est quoi le principe ?
39:57Alors, le principe, là,
39:58où ils ont été extrêmement smarts,
40:00c'est que dans le Rajasthan,
40:02ils ont développé un pendentif
40:04avec une puce NFC.
40:07Et ce petit pendentif,
40:08il faut aussi acculturer ces systèmes
40:11à des communautés
40:13où parfois, il y a de l'illettrisme,
40:16il y a des croyances, etc.
40:17Donc, il faut pouvoir intégrer ça
40:19et que ça soit acceptable socialement
40:21dans une communauté.
40:23Et ce petit pendentif,
40:24il ressemble beaucoup
40:25à un pendentif que,
40:25traditionnellement,
40:26on met au bébé
40:27pour les protéger du malheur,
40:30du mauvais oeil, etc.
40:31Donc, finalement,
40:32ils ont expliqué aux mamans
40:33qu'avec un petit pendentif,
40:34un petit cordon noir
40:36et ce petit pendentif transparent
40:39avec la puce à l'intérieur,
40:41voilà, c'était comme pour protéger le bébé.
40:43Donc, elles ont adopté ça.
40:45Et en fait, grâce à cette puce,
40:46on peut stocker
40:47toutes les datas médicales du bébé,
40:50de l'enfant,
40:51même de la maman.
40:52Et ça peut être lu ensuite
40:54par les professionnels de santé
40:55au lieu qu'ils transportent
40:57des, comment dirais-je,
40:59des carnets qui se perdent
41:01ou qui s'abîment en papier, etc.
41:03Ils peuvent, avec une tablette,
41:04lire les informations.
41:06En plus, pour avoir accès,
41:07ils doivent avoir aussi
41:08l'empreinte digitale de la maman.
41:10Donc, quelque part,
41:11c'est patient-centrique,
41:12comme on dit chez nous.
41:13C'est-à-dire que, malgré tout,
41:14il y a une autorisation
41:17qui est donnée par la maman
41:18d'avoir accès à ces données.
41:19Et ensuite, ces données,
41:20elles sont remontées
41:21au niveau des districts sanitaires.
41:23Et elles vont aider aussi
41:24à planifier les campagnes
41:26de vaccination,
41:27à repérer dans les villages
41:28les enfants qui ne sont pas vaccinés.
41:30Est-ce que c'est duplicable ?
41:31Vous voyez ce que je veux dire.
41:32Est-ce que,
41:33puisque vous êtes près
41:33dans une vingtaine de pays,
41:34est-ce qu'il y a une bonne idée
41:36qui a démontré son efficacité
41:38dans un pays
41:39où vous vous dites
41:40qu'il faut vraiment
41:40qu'on la développe ?
41:41Ou alors, est-ce qu'il y a
41:42parfois des différences culturelles
41:43qui font que ce n'est pas duplicable ?
41:45Alors, c'est exactement
41:46l'objectif de l'Observatoire.
41:47C'est-à-dire qu'il y a
41:49effectivement dix ans,
41:50quand on l'a monté,
41:51on s'est rendu compte
41:52qu'il y avait énormément
41:52d'expérimentations,
41:54de projets pilotes.
41:55Ce qui est normal
41:55quand il y a une nouvelle technologie.
41:57Mais c'était tellement important
41:59que certains parlaient parfois
42:01de pilotite aiguë.
42:04Parce que ces projets pilotes,
42:06ils étaient un peu sexy,
42:08ils avaient des financements
42:09pour se développer.
42:10Et après,
42:10que le résultat soit positif
42:12ou négatif,
42:12ça s'arrêtait là, en fait.
42:14Or, on s'est dit
42:15nous, on ne va pas investir
42:16dans les pilotes,
42:16on va repérer ce qui fonctionne.
42:18Et c'est cette petite pousse,
42:19on va l'aider à grandir
42:20et on va essayer
42:21de pousser les programmes
42:22qui ont cette capacité
42:23à être répliqués
42:24et montés à l'échelle.
42:26Et typiquement,
42:27les prix qu'on organise
42:28chaque année,
42:29c'est pour repérer
42:30ceux qui ont cette capacité
42:31justement de s'adresser
42:33à des populations larges
42:34dans différents pays.
42:35Même s'il y a des adaptations,
42:36vous avez raison,
42:37culturellement,
42:38il peut toujours y avoir
42:39des adaptations.
42:39Mais on a aussi beaucoup vu
42:41qu'il y avait beaucoup
42:41de duplications.
42:42En faisant justement
42:43tout ce travail un peu
42:43d'inventorier les solutions,
42:46on voyait bien
42:46qu'en fait,
42:47c'était quasiment
42:47les mêmes solutions parfois
42:49qui répliquaient.
42:50Et c'est là où il y a
42:50une perte de valeur
42:52et il faut qu'il y ait
42:52des modèles qui émergent.
42:54En plus,
42:54il faut que ces modèles,
42:55ils ne soient pas
42:56tout seuls,
42:57stand-alone,
42:57il faut qu'ils soient connectés
42:58au système de santé.
43:00On ne va pas résoudre
43:01les problèmes de la santé
43:01en multipliant les apps,
43:02on ne va pas avoir
43:03une application
43:04pour chaque maladie.
43:05À un moment donné,
43:05c'est plutôt des systèmes
43:06connectés
43:07qui peuvent répondre
43:08à la demande
43:09de structurer la santé.
43:11Dans cette émission,
43:12chaque jour,
43:13on demande à l'invité
43:13du Grand Entretien
43:14de poser une question
43:15à l'invité de la semaine suivante.
43:17En l'occurrence,
43:18Julien Pierre,
43:19ancien rugbyman
43:20international français
43:21de très haut niveau
43:22et président de Fairplay
43:24Fort Planète
43:24était à votre place
43:25la semaine dernière.
43:26Voici sa question.
43:28Je sais que la fondation
43:29Pierre Fabre
43:30est proche
43:31du castro-olympique
43:32rugby.
43:35Vos engagements
43:35avec la fondation,
43:37évidemment,
43:38c'est la santé
43:38dans les pays
43:39en voie de développement.
43:41Est-ce que,
43:43et sous quelle forme,
43:44vous pourriez utiliser
43:45le sport,
43:46justement,
43:46pour sensibiliser
43:47ces populations
43:48à la santé
43:49sur tous ces territoires ?
43:52Est-ce que le sport
43:53peut être un vecteur
43:54de santé, finalement ?
43:55Absolument.
43:56Non, non,
43:57je confirme.
43:58Et le rugby,
43:58en particulier,
43:59les valeurs du rugby,
44:01le jeu d'équipe,
44:03la solidarité,
44:04la tension.
44:06C'est une très bonne question.
44:07Et d'ailleurs,
44:08notamment,
44:09on intervient aussi
44:10pour la prise en charge
44:12des victimes
44:12de violences sexuelles
44:13et basées sur le genre
44:14dans des pays,
44:15dans des contextes de crise
44:16et où beaucoup de mineurs
44:18en fait sont victimes,
44:19malheureusement,
44:20soit directes,
44:20soit indirectes.
44:22Et on a pu constater
44:24que certains programmes
44:25de réhabilitation
44:27de ces victimes,
44:28qui passent pas seulement
44:29par les soins médicaux,
44:30mais aussi psychosociaux,
44:31que le sport est un moyen
44:33de regagner la confiance,
44:35de à nouveau se projeter,
44:37à nouveau rétablir
44:39des liens sociaux.
44:41Donc, je pense qu'effectivement,
44:41le sport a vraiment sa place.
44:43Et d'ailleurs,
44:44dernièrement,
44:44j'ai rencontré
44:45une association
44:46qui s'appelle
44:46Les Enfants de l'Oval,
44:47et justement,
44:48qui travaille
44:48dans les pays pauvres
44:49comme ça,
44:50pour aider
44:50avec du soutien scolaire
44:54et l'apprentissage du rugby,
44:56justement,
44:56pour développer
44:57les capacités des enfants,
44:58leur donner foi
44:59en l'avenir,
45:00leur donner une meilleure capacité
45:01d'apprendre,
45:02de prendre de l'initiative
45:03et d'être confiants.
45:04Vous nous avez parlé
45:05des médicaments
45:07falsifiés tout à l'heure.
45:11En préparant l'émission,
45:12je ne sais plus
45:12quel chiffre
45:12vous avez donné tout à l'heure,
45:13mais en préparant l'émission,
45:15on a trouvé un médicament
45:16sur trois
45:16de mauvaise qualité
45:17dans ces pays
45:18dont on parle.
45:20Mais alors,
45:20ça s'explique comment ?
45:22C'est quoi ?
45:22C'est parce que le système
45:26de santé est déficient ?
45:28C'est parce qu'il y a des trafics ?
45:31Comment ça s'explique, en fait ?
45:32Ah, mais c'est un trafic
45:34bien pire
45:34que le trafic de drogue.
45:35Comment ça s'explique ?
45:36C'est 200 fois plus lucratif
45:38que le trafic de drogue.
45:40Donc, c'est épouvantable.
45:42Malheureusement,
45:43il y a des endroits du monde,
45:44on le sait,
45:45la Chine, l'Inde,
45:46malheureusement,
45:47où il y a des usines entières
45:48qui fabriquent du faux médicament
45:50ou du médicament sous standard,
45:54c'est-à-dire que vous pouvez,
45:55par exemple,
45:55dans un médicament,
45:56avoir un principe actif
45:57qui est correctement dosé
45:59pour l'exportation
46:00dans les pays du Nord
46:01et le même médicament
46:03où on va diviser par deux
46:04le principe actif
46:05et ça va aller
46:07dans les pays pauvres.
46:08Et donc,
46:09tout le problème,
46:10c'est d'avoir
46:10toute la chaîne du médicament
46:12pour contrôler
46:13à la fois aux frontières
46:15mais aussi avec
46:15tous les organismes
46:16de régulation, etc.
46:17et pour acheter
46:17le bon médicament.
46:19Et malheureusement,
46:20les systèmes sont déficients.
46:21Un autre problème aussi,
46:23c'est la situation économique
46:25des populations.
46:26C'est-à-dire qu'un certain nombre
46:27de personnes
46:28sont conscientes
46:29qu'en achetant
46:30qu'il y a un cerise
46:31sur les médicaments,
46:32mais le médicament
46:33dans la pharmacie,
46:33d'abord,
46:34il n'y en a pas assez,
46:34souvent,
46:35elles sont dans les grandes villes.
46:36Le médicament dans la pharmacie
46:36ne va être pas accessible
46:37financièrement
46:38à une partie de la population
46:39qui, du coup,
46:40va se tourner,
46:41faire des médicaments
46:43qu'on va aller trouver
46:44dans des marchés informels.
46:46Souvent,
46:46le médicament,
46:47il est déconditionné.
46:48C'est-à-dire que vous allez avoir
46:49un grand pot
46:49avec les cachets rouges,
46:51un pot avec les cachets jaunes
46:53et le vendeur va expliquer
46:54que le cachet rouge,
46:55c'est pour l'un.
46:56Donc, ça veut dire
46:56qu'on sait qu'on achète
46:59un médicament
46:59qui est de mauvaise qualité,
47:00mais on n'a pas le choix,
47:01en fait.
47:01On n'a pas les moyens.
47:02Donc, vous,
47:02tout votre travail,
47:03c'est de casser cette logique-là.
47:05Il y a une partie de ça
47:06et tout notre travail,
47:07c'est de donner aux pays
47:08notamment les ressources humaines
47:10pour lutter contre ce mauvais médicament
47:12et faire du bon médicament.
47:13Donc, par exemple,
47:14on travaille beaucoup
47:15sur former des spécialistes
47:16du contrôle qualité du médicament
47:18et de façon à ce qu'ils mettent,
47:22ils ont,
47:23certains pays ont mis en place
47:25des laboratoires nationaux
47:26de contrôle de la qualité,
47:27mais encore faut-il
47:28qu'ils aient les personnels
47:29pour le faire.
47:30Et puis, il faut créer
47:31des inspecteurs,
47:32il faut faire des prélèvements
47:33et il faut la volonté politique
47:34pour agir contre ça.
47:36Nous, on travaille aussi
47:38en recherche, là,
47:39pour essayer de trouver
47:39des dispositifs
47:40qui permettraient
47:41de détecter le faux médicament
47:42de façon décentralisée.
47:44Parce que si tout doit passer
47:46par un laboratoire central,
47:47vous imaginez bien,
47:48c'est compliqué.
47:49Dans l'idéal,
47:50et là, on travaille actuellement
47:50pour tester la technologie
47:52proche infrarouge
47:53avec des systèmes portables.
47:57Dans l'idéal,
47:57pour l'instant,
47:58on en est très loin de là,
47:58on est sur des programmes
47:59de recherche.
48:00Mais si on avait un appareil
48:01qui, sur le terrain,
48:02permette d'analyser rapidement
48:05la composition d'un médicament
48:06avec, disons,
48:08une courbe
48:09qui est comparée
48:10à une courbe normative
48:12dans le cloud
48:13et qui vous dit
48:14est-ce que le principe actif
48:15est présent ou pas présent,
48:16vous voyez,
48:16ça, ça serait vraiment
48:17un facteur de changement
48:19absolument massif.
48:20Donc, on essaye
48:21de travailler
48:21avec différentes institutions
48:22pour essayer
48:23d'équiper les pays
48:24sur cette détection.
48:26Après, je pense
48:27qu'il faut aussi
48:27de la sensibilisation
48:29auprès de la population.
48:30Je voudrais qu'on termine,
48:31il nous reste deux minutes
48:31sur l'état des lieux,
48:34c'est-à-dire sur les financements
48:35internationaux
48:36en matière de santé.
48:37On a vu,
48:38à l'arrivée de Donald Trump
48:40à la Maison-Blanche,
48:41qu'il a sabré
48:43dans les dépenses
48:44liées au développement,
48:47d'aide au développement.
48:48est-ce que vous en voyez l'effet ?
48:49Est-ce qu'il y a un effet
48:50ricochet sur les dépenses
48:51de santé ?
48:51Il y a un effet
48:52très net.
48:53C'est-à-dire que
48:54ces dépenses entières
48:55de la santé publique
48:56étaient pris en charge,
48:57après, on peut trouver
48:58que c'est bien ou pas bien,
48:58mais qui étaient pris en charge
48:59par ces financements
49:00et qui disparaissent
49:01d'un jour à l'autre.
49:02Donc, c'est de la vaccination,
49:03c'est l'accès au planning
49:04familial pour les femmes,
49:06c'est un accouchement sécurisé,
49:07c'est la prise en charge
49:08des personnes atteintes
49:09de VIH, SIDA,
49:10et tout ça
49:11est massivement disparaît.
49:13Et c'est très problématique.
49:14Alors, nous,
49:15même si on n'est pas
49:16sur ces dispositifs-là,
49:18vous voyez,
49:18on travaille avec des hôpitaux,
49:20mettons qu'on a un programme
49:21sur la drépanocytose,
49:23mais à côté de ça,
49:24on dépend quand même
49:25de l'organisation des soins,
49:28où, par exemple,
49:29on fait notamment
49:29du dépistage néonatal
49:30des enfants atteints
49:31de drépanocytose.
49:32Mais si l'hôpital
49:34n'a plus les moyens
49:35de donner un accouchement sûr,
49:39de pouvoir donner
49:41les médicaments de base,
49:42etc.,
49:43évidemment,
49:43nos programmes aussi
49:44vont en souffrir.
49:45Et on se retrouve
49:45avec, effectivement,
49:46des besoins
49:47à essayer de couvrir
49:48plus importants.
49:49Et puis, malheureusement,
49:50c'est que l'aide,
49:51l'USN s'est complètement arrêtée,
49:53mais il y a eu
49:53un mouvement quand même global
49:54de baisse des financements
49:56pour l'aide internationale.
49:57C'est de l'ordre
49:58de moins 40 %,
49:59y compris en France.
50:00Donc, il faut comprendre
50:01que cet argent-là,
50:03c'est de l'argent
50:04hyper utile.
50:05C'est-à-dire que,
50:06voilà,
50:07on a une seule planète.
50:08On ne peut pas non plus,
50:09on ne va pas pouvoir vivre
50:10avec des écarts comme ça
50:11dans la vie.
50:13L'accès aux soins
50:13et l'accès à la santé,
50:15c'est un droit humain
50:15aussi épouvantable.
50:17Donc, là,
50:18du coup,
50:19le plaidoyer,
50:19c'est évidemment,
50:20s'il y a moins d'argent,
50:22il faut vraiment réfléchir
50:23à la façon
50:23dont on finance
50:25les dispositifs
50:26et il faut aller
50:27vers des dispositifs
50:28un maximum durables.
50:29Et il faut renforcer
50:30les systèmes de santé.
50:31On ne peut pas simplement
50:32agir maladie par maladie,
50:33il faut renforcer
50:34les systèmes de santé
50:35des pays.
50:35Merci beaucoup,
50:36Béatrice Garrett,
50:37et c'était passionnant.
50:38Et à bientôt
50:39sur Bsmart4Change.
50:40On passe tout de suite
50:41à notre rubrique start-up.
50:49Smart Ideas,
50:50notre rubrique consacrée
50:51aux start-up éco-responsables
50:53avec Clémence Mirey
50:54qui est avec nous
50:55en duplex,
50:56la co-fondatrice
50:57de Chaises au Carré.
50:58Bonjour,
50:59bienvenue.
50:59Vous l'avez créée
51:01avec Manon Dessirier
51:03en 2021.
51:04Et avec quelle idée ?
51:05Racontez-moi.
51:07Alors,
51:08notre idée de base,
51:08c'est de proposer
51:09une alternative
51:10aux produits neufs,
51:11aux assises.
51:12Notre activité principale,
51:14c'est de la chine
51:14sur mesure
51:15d'assises vintage
51:16pour toute typologie
51:18d'assises.
51:18Donc,
51:19on va du tabouret
51:20à la chaise,
51:21le fauteuil,
51:22la banquette,
51:23le canapé.
51:24Et on propose
51:24en fait d'aménager
51:25différents espaces,
51:27tous les espaces
51:27de lieu de vie
51:28B2B,
51:29donc hôtel,
51:30bureau,
51:30resto
51:31et un petit peu
51:32de particulier.
51:33Et là,
51:34donc,
51:34dans notre atelier,
51:35on chine sur mesure
51:37les assises vintage,
51:38on les personnalise,
51:40on les rénove
51:40et elles repartent
51:41du coup
51:42pour une seconde vie
51:43dans ces nouveaux
51:44lieux de vie.
51:45Pourquoi vous avez choisi
51:46ce modèle
51:47de restauration
51:48de chaises,
51:50de tabouret ?
51:51C'est quoi le...
51:52Vous vous êtes dit,
51:52il y a là un impact
51:53environnemental,
51:56impact carbone important
51:57à travailler ?
51:59Oui,
52:00bien sûr.
52:00En fait,
52:00avec Manon,
52:01on vient toutes les deux
52:02du monde du bureau,
52:04si on peut dire.
52:06Moi,
52:06je travaillais dans la promotion
52:07immobilière,
52:07donc je construisais la coque.
52:09Manon travaillait
52:10chez un aménageur,
52:11donc elle plaçait le mobilier
52:12à l'intérieur de la coque
52:14que je construisais.
52:16On a eu des réflexions
52:17pendant le Covid
52:18et un petit peu aussi
52:21nos activités personnelles,
52:23si on peut dire,
52:23parce que moi,
52:24je faisais de la tapisserie
52:25en loisirs.
52:26Pendant le Covid,
52:26Manon a rénové des chaises
52:28et m'a appelée
52:29en mode SOS,
52:30est-ce que tu peux
52:30me conseiller ?
52:33Et quand on est ressorti
52:35du Covid,
52:36on a rénové du coup
52:37notre première chaise
52:38à quatre mains
52:39et de là,
52:41du coup,
52:41l'idée,
52:41on a fait rapidement
52:42le parallèle
52:43avec nos activités professionnelles
52:45et on s'est dit,
52:46bon,
52:46il y a quelque chose à faire,
52:48mais c'était une petite graine
52:49qui était plantée,
52:50si on peut dire.
52:51Et un jour,
52:51Manon a eu un client
52:52qui lui a directement demandé
52:54de placer du mobilier vintage
52:56dans ses futurs bureaux.
52:59Son ancien patron de l'époque
53:00lui a répondu
53:01qu'il n'était pas le bon point
53:02et qu'il ne ferait pas
53:03cette activité.
53:05Et donc,
53:05nous,
53:05au détour de cette demande,
53:08on s'est dit,
53:09ok,
53:09nous,
53:09on va le faire.
53:10Et c'est comme ça
53:11qu'on a lancé chez Zocas.
53:12Mais alors,
53:12ça veut dire
53:13que vous proposez aussi
53:14du matériel
53:15qui va être,
53:16j'imagine,
53:17dépareillé.
53:17Est-ce que c'est un frein ?
53:19Quels arguments
53:20il faut déployer
53:21pour convaincre ?
53:23Alors,
53:24effectivement,
53:25c'était un des points
53:27qui existaient
53:28chez les potentiels clients
53:30d'avoir cet effet patchwork
53:32un petit peu brocante,
53:35pas forcément désiré
53:36sur un immeuble,
53:38enfin,
53:38sur un lieu de vie B2B.
53:41Et en fait,
53:41nous,
53:41on a vraiment créé
53:42un concept,
53:44une typologie
53:45et des familles
53:46de produits
53:47qui s'associent,
53:48qui nous permettent
53:49de monter en nombre
53:49puisque aujourd'hui,
53:50nos projets vont de 10
53:51jusqu'à 250 pièces.
53:53Donc,
53:53bien sûr,
53:54par rapport à du vintage,
53:56c'est un petit peu compliqué
53:57d'avoir 250 fois
53:59la même copie
54:00puisque on ne prend
54:01que des pièces existantes,
54:04des structures,
54:05on fait un duré emploi
54:07de la matière première.
54:08Donc,
54:09on propose
54:10ce qu'on appelle
54:10du déparé homogène.
54:13Donc,
54:13en fait,
54:14si vous me demandez
54:14une catégorie d'assises,
54:16à l'intérieur
54:17de cette famille d'assises,
54:18on va venir
54:19mettre des typologies
54:21d'assises
54:22qui sont semblables
54:23mais pas forcément
54:24la parfaite copie.
54:26Oui,
54:26d'accord,
54:27bien compris.
54:27Comment vous choisissez,
54:28on va terminer là-dessus,
54:29comment vous choisissez
54:30les chaises
54:31ou les assises
54:33à restaurer ?
54:34Vous nous disiez
54:34on chine,
54:35on fait les brocantes,
54:37c'est ça ?
54:38Alors non,
54:39on ne fait plus
54:40de brocantes,
54:41en tout cas,
54:41à titre personnel,
54:43on en fait encore,
54:43mais pour Chais au Carré,
54:45on a un réseau,
54:49si on peut dire,
54:49de gisements
54:51qui est plus stable
54:52que la brocante.
54:54Et en fait,
54:54sinon,
54:54c'est vraiment
54:55la chine sur mesure.
54:55Donc,
54:56on part du brief
54:56de notre client
54:57et on va lui faire
54:58des propositions
54:59par rapport
55:00à sa demande.
55:02D'accord,
55:02et alors,
55:03c'est quoi les sources
55:03d'approvisionnement ?
55:05Ça,
55:05c'est notre petit secret,
55:06on ne peut pas
55:07tout dérouler.
55:09Ok,
55:09d'accord,
55:09on va rester
55:10sur un secret.
55:12Merci beaucoup,
55:13Clément Smiré,
55:14d'avoir participé
55:15à cette émission
55:16Bon Vent à Chaises
55:18au Carré.
55:19Voilà,
55:19c'est la fin
55:20de ce numéro
55:20de Smart Impact.
55:22Merci à toutes et à tous
55:24de votre fidélité.
55:25Abysmark for Change,
55:27la chaîne des affaires,
55:28la chaîne des audacieuses
55:29et des audacieux.
55:30Salut !
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